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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 01:18




LIBREVILLE - AFP / 24 octobre 2008 21h04 - Des représentants du gouvernement, de l'opposition et de deux groupes rebelles de Centrafrique ont entamé vendredi à Libreville une réunion sur l'application de "l'accord global de paix" signé en juin, a constaté une journaliste de l'AFP.

"C'est une réunion du comité de suivi de l'accord global de paix du 21 juin 2008", a indiqué le ministère gabonais des Affaires étrangères. Aucune autre déclaration n'a été faite à la presse à l'ouverture de la rencontre, au siège de ce ministère, et qui doit se dérouler sur deux jours.

De source diplomatique, les discussions doivent porter sur les modalités de l'application de l'accord pour permettre de ranimer le "Dialogue politique inclusif" actuellement en panne et ouvrir la voie à un règlement de la crise sécuritaire et financière en Centrafrique.

Parmi les participants à la réunion, figurent les ministres centrafricains de la Communication, Cyriaque Gonda, et de l'Intérieur, Paul-Raymond Ndougou.

Les représentants des rebelles Jean-Jacques Demafouth, président de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), et Djanib Grebaye de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), ainsi que Me Henri Pouzère, de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), principale coalition de l'opposition en Centrafrique, sont également présents.

Les autorités de Bangui avaient signé le 21 juin à Libreville avec l'APRD et l'UFDR un accord de paix, préalable à la tenue d'un "Dialogue politique inclusif" qui est toutefois resté au point mort.

Mi-septembre, les différentes parties s'étaient déjà retrouvées dans la capitale gabonaise, ce qui avait "permis une reprise du dialogue", selon François Lonsény Fall, le représentant spécial des Nations unies en Centrafrique.

L'APRD et l'UFVN dénoncent notamment la loi d'amnistie promulguée le 13 octobre et considérée comme un des préalables à la tenue du "Dialogue politique inclusif".

Elles estiment que le texte élaboré par un comité parlementaire mixte a été modifié par les parlementaires de la majorité présidentielle, qui ont été les seuls à le voter 29 septembre.

L'amnistie concerne à la fois les "forces de sécurité et autorités civiles" et "les responsables et les membres des groupes politico-militaires se trouvant sur le territoire national ou en exil" depuis le 15 mars 2003, quand le général François Bozizé a renversé le président Ange-Félix Patassé (1993-2003).

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:03

L’ancien PM Elie Doté recasé à la présidence par Bozizé





Bozizé ne pouvait pas le laisser tomber purement et simplement. Il vient de le nommer aux termes d’un décret, aux fonctions pompeuses de ministre d’Etat, conseiller spécial à la présidence pour les investissements. Il avait été le chercher à Tunis où il travaillait à la BAD pour faire de lui son PM post élection en juin 2005. Présenté à l’époque comme grand technocrate et homme providentiel qui allait permettre à la RCA de décoller enfin, l’avènement de Elie Doté a déçu plus d’uns et même été plutôt un désastre pour le pays.

Il s’est très vite révélé être un grand cupide et un dépensier hors pair des finances publiques. Sur son exigence, Bozizé lui a permis de cumuler ses fonctions de premier ministre avec celle de ministre des finances mais quelque temps après, il lui a retiré le portefeuille des finances et décidé de présider lui-même le comité de trésorerie, ce qu’il continue de faire jusqu’à ce jour d’ailleurs.

Elie Doté entre temps, s’est d’emblée octroyé un salaire de premier ministre que ses prédécesseurs auraient envié et augmenté aussi le plafond de ses fonds spéciaux, porté à un niveau sans précédent dans le pays. Il est devenu vers la fin, un grand complice de Bozizé pour avoir cosigné avec lui, des documents maffieux de prétendus hommes d’affaires louches qui allaient investir plusieurs centaines de milliards en RCA mais en réalité, c’était pour pomper le trésor national.

Puis avec le concours de Sylvain Maliko, Elie Doté a orchestré deux table-ronde à Bruxelles censées également déverser d’autres centaines de milliards sur le pays. Le seul résultat probant de ces brassages de vent est qu’ils ont permis à Sylvain Maliko de devenir ministre d’Etat, Bozizé ayant été mystifié par ces numéros d’illusionnisme à Bruxelles. Le pays attend toujours ces milliards sans doute coincés en route…

 

Avec Bozizé  la direction générale de la police nationale est bicéphale




Il n’y a pas longtemps, Bozizé a limogé, on ne sait trop pour quelles raison d’ailleurs, le directeur général de la police nationale, le commissaire Ernest Latakpi. Il a été officiellement remplacé par Jérôme Ngbissiatoulou lequel est secondé par un certain Yves Gbéyoro, commissaire de police, ex directeur de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), pour qui a été crée spécialement le poste de directeur général adjoint de la police, fonction qui n’existait pas jusqu’ici dans l’organigramme de ce corps. C’est cet office (OCRB) qui vient à nouveau d’être épinglé dans le rapport des Nations unies (BONUCA) concernant les nombreuses exécutions sommaires extrajudiciaires.

Autre difficulté dont souffrent les responsables officiels de la police nationale centrafricaine, c’est l’existence à la présidence, précisément au cabinet de Bozizé, d’une autre direction générale parallèle de la police. En réalité, c’est même cette direction générale de la police qui se trouve à la présidence qui gère réellement les choses et prend les décisions. Elle est patronnée par l’ineffable Joël Sinfei Moidomsé, ancien directeur général de la police à l’époque du président Patassé devenu depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003 chef de cabinet particulier de Bozizé. C’est ce monsieur qui centralise les multiples fiches de renseignement, dont on sait à Bangui que la plupart ne font que colporter des fabulations et des mensonges mais dont s’en sert néanmoins le pouvoir en place.  

 

Bozizé fait retarder les obsèques du commissaire Trépassé





Froidement assassiné dans la nuit précédant le départ de Bozizé de Bangui pour le Québec, le défunt commissaire Hervy Setté Trépassé devrait initialement être inhumé le samedi 25 octobre mais selon des informations émanant d’une source proche de la famille, Bozizé qui s’invite à ses funérailles, a souhaité qu’elles fussent reportées, le temps qu’il revienne de Ndélé où il devrait célébrer en différé la journée mondiale de l’alimentation déjà passée le 16 octobre dernier.

Pourquoi Bozizé tient-il à prendre part aux obsèques du commissaire Trépassé ? Allez-y savoir ! N’a-t-il pas la conscience tranquille ?  Depuis qu’il a été abattu comme un chien, le pouvoir observe un silence assourdissant sur ce crime. Pas un mot de condamnation ; pas un communiqué quelconque du ministère de l’intérieur ni de la direction générale de la police, rien, absolument rien ! Tout cela est lourd de signification et tend à montrer que les commanditaires de cet odieux assassinat ne doivent pas se trouver ailleurs que dans les cercles mêmes du pouvoir. Comme par hasard, du côté de l’enquête, rien n’avance non plus !

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 01:54

 



Les Afriques  
22-10-2008

Le gouvernement centrafricain a retiré l’agrément d’exportation minière à huit des dix bureaux d’achat officiellement agréés pour collecter l’or et le diamant : Ordica, CAD,  ADC, Beldiam, Diamstar, Diamond Distributor Centrafric, Gem-CA et Primo.

Cette mesure, entrée en vigueur pour une durée indéterminée, est l’une des actions « visant à lutter contre la fraude minière », a expliqué le ministre des Mines, le lieutenant-colonel Sylvain Ndoutingaï.




Le tout puissant Sylvain Ndoutingaï 




Ndlr Centrafrique : En réalité, l'indéboulonnable ministre des mines joue avec ce pouvoir qu'il détient de faire du chantage aux bureaux d'achat. C'est de cette façon qu'il renfloue sa caisse noire et reste ainsi indispensable à Bozizé. Il n'y a rien de bien nouveau sous le soleil. Depuis qu'il a pris cette décision de retrait d'agrément, plusieurs de ces bureaux d'achat ont déjà dû passer le voir à son bureau et cracher au bassinet.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 03:02






Entretien de Christophe Cassiau-Haurie avec Didier Kassaï


juin 2008 (par MSN entre Maurice et la RCA)

publié le 21/10/2008

 

Né en 1974 à Sibut, en République centrafricaine, Didier Kassaï symbolise bien tous les paradoxes avec lesquels doivent composer la plupart des dessinateurs africains. Lauréat du prix italien Africa é Mediterraneo en 2006 et sélectionné la même année au concours Vues d'Afrique, il est très présent dans de nombreuses publications collectives mais ne compte qu'une seule œuvre individuelle à son actif. Publié fin octobre 2008 aux éditions centrafricaines Les rapides, son premier album - premier album commercial centrafricain publié localement - est l'adaptation de l'ouvrage de Pierre-Samy Mackfoy, L'odyssée de Mongou. Rencontre avec un dessinateur talentueux qui évoque sa passion pour le dessin et les difficultés auxquelles il est confronté dans un contexte politique et économique peu propice aux artistes.

D'où vous vient votre passion pour le dessin ?

En fait, je suis un véritable autodidacte. Dès l'âge de 5-6 ans, j'ai commencé à dessiner avec du charbon de bois sur les planchers de la maison de mes parents. J'imitais ma mère qui était dessinatrice de motifs sur des tissus et des calebasses ainsi que mon frère aîné, Frédéric, qui avait commencé à dessiner un peu plus tôt que moi (1).

Une vocation vite contrariée…

Oui, j'ai très vite rencontré l'hostilité de mes parents qui envisageaient un autre avenir pour moi, car pour eux, le dessin n'était pas un métier qui garantirait la survie de son homme. Cela m'a obligé à poursuivre mon chemin dans la clandestinité.

Comment a débuté votre carrière de bédéiste ?

En 1990, je me suis fait découvrir lors d'un atelier de BD organisé par le Centre Culturel Français de Bangui. Dès lors, ma notoriété naissante a dépassé le cadre scolaire, obligeant du coup mes parents à changer d'attitude à mon égard. D'autant plus que j'ai été engagé deux ans plus tard, à temps partiel, comme illustrateur de presse biblique à l'imprimerie de la Mission protestante baptiste de Sibut où j'ai travaillé jusqu'en 1996. Ce fut un hasard salutaire, car à la même époque, mon père ne travaillait plus et n'avait plus la possibilité de s'occuper de ses sept enfants dont j'étais le second. Grâce à mes modestes revenus dans le dessin, toute la famille a pu survivre et mes frères aller à l'école.

Qu'est ce qui vous décidé à faire du dessin votre métier ?

En 1997, à quelques mois du Bac, je suis tombé gravement malade et je n'ai pas pu passer les examens. En parallèle, mes employeurs avaient été évacués vers les États-Unis à cause d'une rébellion qui a secoué la capitale centrafricaine pendant près de deux ans. Faute de moyens financiers et pour continuer à survivre, j'ai dû travailler comme caricaturiste au quotidien Le Perroquet, un véritable outil médiatique crée par le MLPC, le parti du Président Patassé, pour combattre les mutins et l'opposition politique (2). Tout ça pour un salaire de misère.

Quelle fut la suite de votre carrière après Le perroquet ?

Entre 1997 et 98, j'ai décroché successivement deux concours nationaux d'affiches organisés par le Fonds des Nations Unies pour la Population et fin 1998, je me suis présenté à un concours de BD organisé conjointement par l'Alliance française de Bangui et le CICIBA (Centre international des Civilisation Bantu). J'ai décroché l'unique place pour participer aux Journées africaines de la BD (JABD) de Libreville alors que j'étais le seul amateur parmi une dizaine de professionnels. La même année, j'ai été engagé pour illustrer le Programme M'Buki et le bulletin d'informations de l'Alliance française. Dès lors, le cercle de la BD s'est ouvert pour m'accueillir dans différents festivals : la 2e édition des JABD en 99, le 4e Salon africain de la BD de Kinshasa en 2002 ; le FESCARHY (Festival International de Caricature de d'Humour de Yaoundé) en 2003 et 2004 et le festival d'Angoulême en 2006. J'ai représenté pendant 3 ans (de 2002 à 2004) la République centrafricaine (RCA) au sein du réseau des auteurs de BD d'Afrique centrale, le Béd'Afrika [Le programme Béd'Afrika était un programme de l'Union européenne mais n'a jamais réellement démarré, ndlr].

Vous n'avez édité aucun album personnel jusque-là ?

J'ai participé à plusieurs résidences de BD à Bangui en 2003, autour du projet "les grands quelqu'un", à Tokyo avec le projet "Baobab et Bonzaï" en 2005 et à Fès au Maroc avec "Carnet de Fès" en 2007. Malheureusement, aucun de ces projets n'est arrivé à une maison d'édition par manque de volonté des partenaires.

Vous avez en revanche gagné en visibilité en participant à plusieurs expositions ?

Oui, J'ai participé à plusieurs expositions de BD : "À l'ombre du baobab" au festival d'Angoulême en 2001, "Bulles d'Afrique" au Centre belge de BD en 2003 ; "Africa comics" au Studio Museum Harlem aux États-Unis en 2005-2006 et "Picha", exposition de BD africaine au musée d'Afrique de Berg en Dal (Pays-Bas) (3).

Vous êtes aussi un spécialiste des albums collectifs…

Oui…. J'ai participé à Shégué aux éditions camerounaises Akoma Mba en 2003 [Shégué signifie "gamin des rues" en lingala, ndlr], Africa Comics aux éditions italiennes Laï Momo en 2002 et 2003, Aventures en Centrafrique aux éditions Les classiques ivoiriens en 2005, Une journée dans la vie d'un Africain d'Afrique avec l'Afrique dessinée en 2007 (4), Vies volées chez Afrobulles en mars 2008…

De 2005 à 2007, j'ai illustré les aventures de Gipépé le pygmée, des ouvrages illustrés à vocation pédagogique, édités chez Les classiques ivoiriens.

Quels sont vos projets actuels ?

Je travaille sur deux projets de BD : le premier, en collaboration avec l'Alliance française de Bangui, consiste à adapter en BD L'Odyssée de Mongou, de Pierre Sammy-Mackfoy (5). Le second est un projet personnel, provisoirement intitulé Pousse-Pousse, qui raconte la galère d'un jeune homme (Edégo) qui fuit son village pour aller vivre en ville après avoir été accusé de "flagrant délit de drague" pour avoir tenté de séduire la petite Ibina. De malchance au hasard et de petits métiers en petits métiers, il devient livreur de viande avec un pousse-pousse (d'où son pseudonyme). À force de courir tous les jours, ce que font les pousseurs de viande ici, il finit par attirer l'attention d'un encadreur sportif qui lui propose, en remplacement d'un athlète malade, de participer aux compétitions des Jeux Africains. Ce pseudo-athlète qui court les pieds nus surprend tout le monde et, contre toute attente, obtient la médaille d'or. Edégo, alias Pousse-pousse, est désormais une vedette, mais sa réussite ne l'empêche pas de penser à Ibina qu'il a toujours aimé et qui ne lui a jamais accordé un seul baiser. Ainsi décide-t-il de retourner au village où il est devenu le chouchou de tout le monde, même de ses anciens bourreaux. Mais il ne pourra jamais conquérir le cœur d'Ibina, car celle-ci est devenue maman et son mari n'est autre que Déh Mézoh, l'ex-chasseur d'insectes et éternel rival devenu un grand chasseur de buffles…

Quelle est l'histoire de votre dernière production, Vies volées, qui semble avoir eu beaucoup de succès ?

Cette BD de 15 pages a été créée dans le cadre du programme national de lutte contre le SIDA en Centrafrique. Elle a été publiée pour la première fois en 2002 sous le titre La fille libre en noir et blanc dans la revue Wandara BD grâce au financement du PNUD en RCA. Tirée à près de 1000 exemplaires, elle a servi de support de sensibilisation sur le SIDA en milieu urbain et reste encore aujourd'hui l'unique BD importante sur le sujet en terme de volume de production. Cette BD m'a permis de dénoncer le comportement à risque des jeunes Centrafricains attirés par l'argent (pour les filles) et la beauté (pour les garçons) et l'attitude irresponsable des adultes qui expose la nouvelle génération à la contamination au VIH, afin que tous prennent conscience du danger que court notre société. Le message paraîtra simpliste pour vos lecteurs européens, il ne l'est pas tant que ça dans mon pays : le SIDA est l'affaire de tous, en se protégeant, on protège les autres. Je sais que c'est une vieille chanson, mais chez nous, le taux de prévalence est de 15 %, alors il faut marteler les messages les plus simplistes possibles ! En 2003, lors de mon passage à Bruxelles, j'ai rencontré Alix Fuilu qui m'a présenté ses 2 premiers numéros d'Afrobulles. Par la même occasion, je lui ai donné un exemplaire de cette BD. En 2007, il m'a recontacté - par votre intermédiaire d'ailleurs ! - pour me demander mon autorisation pour l'édition des planches dans sa maison d'édition. Cela a donné lieu à ce fameux album en couleur, Vies volées. Cela me fait tout drôle d'être en tête de gondole à la Fnac car en dépit de nombreux succès aux concours internationaux de BD, je peine encore à me faire un nom dans le monde du 9e art.

Comment l'expliquez-vous ?

Peut-être que d'autres personnes me contrediraient mais, en Centrafrique, les chances de réussir en tant qu'illustrateur sont très minces. Cela explique que nombre d'artistes aient abandonné, dégoûtés de vivre dans la précarité, et se soient reconvertis pour mieux vivre dans d'autres domaines. Le niveau de vie du Centrafricain moyen ne lui permet pas d'acheter un album de BD, bien que cela ne coûte pas plus cher que 4 bouteilles de MOCAF consommée en une soirée par une seule personne [créée en 1953, la MOCAF est le nom de la brasserie et d'une bière locale, très prisée. Elle fait partie du groupe Castel, ndlr]. Une illustration vendue au prix du pain ne permet pas de nourrir toutes les bouches que l'auteur peut avoir chez lui. De plus, il doit se soumettre à la loi du marché : la rareté des commandes et la corruption qui en résulte. Il faut souvent proposer, en échange du boulot, un important pourcentage du marché à celui qui vous en informe ou à l'intermédiaire. Tout cela se fait au détriment de l'artiste qui doit, en plus, investir une partie de ses gains dans le matériel acheté très cher à l'étranger. Alors, parler de développement de la BD en Centrafrique…..

Parlons politique, votre région vote comment ?

Honnêtement, depuis l'indépendance, ma ville n'a eu de préférence que pour des candidats influents. L'appartenance ethnique a peu d'importance. La seule exception se situe lors de la première élection de Patassé en 1993, où presque tous les Centrafricains ne voulaient plus de Kolingba et de son parti unique, le RDC. Les gens de mon ethnie, comme l'ensemble de ma région, subissent l'influence du pouvoir central. Au temps de Kolingba, la majorité était RDC. À l'époque de Patassé, presque tout Sibut était MLPC. Maintenant, avec Bozizé, ces mêmes personnes qui étaient censées représenter le MLPC ou qui militaient dans le parti du " Kwatiyanga (6)", comme on désignait Patassé, sont passées dans le camp du KNK (7).

Votre ville d'origine, Sibut, a dû subir les conséquences de la guerre…

Sibut a été tenu par les rebelles de Bozizé pendant cinq mois, de novembre 2002 à mars 2003. Les gens y ont tellement souffert de cette sale guerre qu'ils ont passé toute cette période dans la nature. Il y a eu bien des misères : pillages, vols de petits bétails, violences sur la population, échanges de tirs entre l'armée et les hommes de Jean Pierre Bemba (8)… Les Banyamulenge (9) ont fini par déloger les rebelles avant de se faire chasser à nouveau par les hommes de Bozizé. Ces derniers n'ont pas commis d'exactions à Sibut mais on dit que ça a été le cas dans d'autres villes comme Bossangoa, Bouca, Bossembélé, Bozoum et… Bangui.

Avez-vous été menacé ?

J'ai été victime de violences des hommes de Bozizé. Des éléments Tchadiens m'ont agressé deux jours après le coup d'état du 15 mars 2003 et m'ont arraché mon téléphone portable à un arrêt de bus du quartier Gobongo devant les passants et certains rebelles centrafricains*. J'ai failli être tué par ces soldats dont l'un avait déjà levé le cran de sûreté de sa Kalachnikov et qui a tiré en l'air après avoir pris le téléphone.

*[Le président actuel, François Bozizé, est arrivé au pouvoir en 2003 avec le soutien armé de soldats tchadiens. ndlr

Avez-vous reçu, en tant que bédéiste reconnu, une forme de reconnaissance de la part des autorités locales ?

Depuis mes débuts, je n'ai bénéficié d'aucun soutien centrafricain. C'est plutôt grâce aux contacts que je prends lors des festivals à l'étranger et le soutien de la coopération française que j'existe… J'ai été décoré en 2006 après mon succès au festival d'Angoulême, et ce grâce à l'appui de Monsieur Jean Luc Lebras, conseiller de coopération à Bangui, que je remercie vivement, qui a poussé les autorités centrafricaines à m'encourager pour les efforts faits pendant plusieurs années au nom de la RCA.

Comment arrivez-vous à vivre de votre travail ?

Je suis obligé de consacrer la plupart de mon temps à faire de la "BD alimentaire", ces petits travaux épuisants et mal rémunérés qui me permettent juste de payer mon loyer et d'assurer la survie de ma petite famille : cartes postales style BD, cartes de vœux, estampes de scènes de vie quotidienne et quelques vignettes par-ci par-là… Pour joindre les deux bouts, je travaille de temps en temps comme illustrateur pour des projets de recherche en archéologie et j'anime des ateliers de dessin à l'alliance française ou au lycée français Charles De Gaulle de Bangui.

Et du côté des éditeurs privés ?

Il n'existe aucune maison d'édition locale à Bangui*. Cela nous amène parfois à tenter notre chance auprès d'éditeurs étrangers, notamment africains. Un autre problème se pose, celui des droits d'auteurs. On a beau imaginer un contrat bien ficelé, tant qu'on n'a pas la possibilité de se pourvoir en justice, la paperasse reste ce qu'elle est, surtout s'il s'agit d'un éditeur au sud du Sahara. Dans mon cas, les quatre titres de Gipépé le Pygmée, qui se sont vendus à plusieurs milliers d'exemplaires, ainsi que les Aventures en Centrafrique, sont parus chez Les Classiques ivoiriens. Ceux-ci auraient dû me verser mes droits depuis janvier 2007 mais n'ont encore rien fait. Depuis lors, l'éditeur joue à cache-cache. Autre exemple, l'album Shégué auquel j'avais participé en 2003 et qui a été édité par les éditions Akoma-mba au Cameroun, grâce au financement de l'Union européenne, n'a pas été mis sur le marché parce que l'éditeur ne voulait pas nous accorder nos droits d'auteurs. Cela ne l'a pas empêché d'empocher la subvention. Bref, ce ne sont que des exemples qui compromettent l'avenir de la BD sur le continent et qui ne donnent aucune envie de renouveler l'aventure avec un autre éditeur africain.

* [Entretien réalisé avant la création de la maison d'édition Les rapides avec le soutien de l'Alliance française de Bangui]

Quelles seraient, selon vous, les solutions possibles ?

Puisque la traversée de la Méditerranée demeure encore moins sûre, il ne nous reste qu'une possibilité : recourir à la presse locale. Mais le constat est effrayant. Sur une dizaine de journaux privés, seuls trois publient des caricatures. Cela n'est pas dû au manque d'illustrateurs ni au manque de projets intéressants, mais simplement parce que les éditeurs de presse payent très mal les travaux qu'ils publient, quand ils paient ! L'autre raison est que tous les journaux centrafricains sont politiques et ne s'intéressent pas à la culture générale. Il est donc très difficile d'espérer de ce côté-là. J'avoue être un peu découragé… À moins d'un miracle, la BD centrafricaine est mort-née.

Christophe Cassiau-Haurie a coécrit (avec Vincent Carrière) les textes de l'exposition sur "L'histoire de la BD centrafricaine" qui s'est tenue du 01 au 18 octobre à l'Alliance française de Bangui.

1. Frédéric Kassaï qui travailla au journal gouvernemental Ele Songo en 1992-1993 fait partie des pionniers de la caricature de presse en Centrafrique.

2. Accusé de détournement, l'ancien président Ange-Félix Patassé a été condamné par contumace le 30 août 2006 par la cour criminelle de Bangui à 20 ans de travaux forcés. Il est actuellement réfugié au Togo

3. L'exposition Picha (visible sur http://www.picha.nl/index.php?page=_) s'est tenue jusqu'au mois d'août 2008. Elle devient itinérante par la suite et se déplacera au Museu de arte (Brésil) et au Center of contemporary art (Nigeria) fin 2008 et en 2009. Didier Kassaï a également participé à l'exposition Vues d'Afrique en 2006, qui comptait 10 lauréats d'un concours organisé par le Ministère des Affaires Etrangères français.

4. L'Afrique dessinée est une association dont Christophe Ngalle Edimo (scénariste du Retour au pays d'Alphonse Madiba, dit Daudet que la revue Trame 9 a édité en épisode) est le secrétaire.

5. L'Odyssée de Mongou est un classique de la littérature centrafricaine. Ce livre, qui raconte l'arrivée des blancs dans un peut village de l'Oubangui, sera suivi des Illusions de Mongou. Mackfoy a également écrit un récit de guerre : De l'Oubangui à La Rochelle ou le parcours d'un bataillon de marche : 18 juin 1940 - 18 juin 1945. Il est considéré, avec Etienne Goyémidé (Le dernier survivant de la caravane) comme le plus grand écrivain centrafricain

6. Signifie barbu en sango.

7. kwa na kwa : "du travail rien que du travail", nom de la mouvance du président Bozizé

8. Ancien rebelle congolais (RDC) basé à Gbadolite (ville proche de la frontière avec la RCA), Jean Pierre Bemba était intervenu en faveur de Ange Patassé lors de la guerre de 2002 - 2003, cherchant à préserver sa base arrière. Devenu vice-président de la RDC puis principal opposant de Joseph Kabila (42% des voix au 2nd tour de la présidentielle 2006), il est actuellement détenu devant la Cour Internationale de Justice du fait des crimes de ses troupes à Bangui.

9. Tutsis congolais qui constituaient l'essentiel des troupes de Bemba.

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Centrafrique-Presse.com - dans Livres - Médias
22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 02:43




21/10/2008 à 05:17 TU











Christophe Boisbouvier RFI : M. le président bonjour,

François Bozizé : bonjour

C B (RFI) : Le Bureau des Nations unies en Centrafrique le BONUCA a remis un rapport assez alarmant sur la situation des droits de l’homme dans le Nord Ouest de la République centrafricaine en ce début d’année 2008, où de nombreuses exactions et des exécutions sommaires commises par l’armée centrafricaine…

F B : Oh vous savez, dans ce genre de situation, en ce qui concerne la République centrafricaine, on a toujours voulu exagérer les choses. La paix s’instaure en RCA. C’est un pays qui a connu beaucoup de soubresauts. Nous préférerions que les institutions internationales nous aident dans l’effort que déploie le gouvernement pour faire asseoir la sécurité dans le pays. C’est un pays où la pauvreté est criarde. La pauvreté de la population ce n’est pas aussi une question de droits de l’homme ?

C B (RFI) : Il n’empêche qu’il y a eu quand même des accusations très précises qui ont été portées notamment à l’égard de l’office central de répression du banditisme (l’OCRB). Il y aurait eu des tortures dans les locaux de l’OCRB. Qu’est ce que vous allez faire pour améliorer la situation ?

F B : Non ! non ! Ce sont des faits qui se sont déroulés il y a au moins deux ans. Ce ne sont pas des faits récents. Vous voulez, on est toujours en train de remuer le couteau dans la plaie pour ternir l’image de la République centrafricaine qui effectue de grands efforts. La paix existe. La situation est maîtrisée dans le pays.

C B (RFI) : Est-ce qu’il n’y a pas tout de même des violences graves dans le Nord Ouest de votre pays ? est-ce qu’il n’y a pas par exemple des gens décapités, des têtes coupées qui sont promenées par des responsables…

F B : C’est vous qui le dites. C’est RFI qui le dit. Chaque matin nous écoutons RFI ternir la République centrafricaine au lieu d’aider ce pauvre pays à sortir de la situation dans laquelle elle se trouve. Venez avec moi, noua allons traverser le Nord de l RCA, vous verrez que les gens vivent en paix et vaquent à leurs occupations normalement mis à part les éléments de l’APRD qui se transforment en bandits pour attaquer les paysans, les éleveurs, les commerçants, dans leurs activités.

C B : C’est le rapport…Alors justement, vous parlez de l’APRD de Jean Jacques Demafouth. Votre gouvernement a signé en juin dernier à Libreville un projet d’accord avec ce mouvement rebelle qui prévoyait un dialogue à Bangui aux termes d’une loi d’amnistie mais maintenant tout est bloqué parce que les anciens rebelles disent que cette loi d’amnistie,  elle ne va pas les protéger, elle ne les concerne pas directement ; ils resteront menacés.

F B : Non ! non ! Je crois que euh…  Si vous voulez faire venir M. Demafouth à RFI à une table ronde, nous allons expliquer tranquillement les choses. Les accords de Libreville, il était question d’une loi d’amnistie pour que chacun vienne à Bangui. La loi d’amnistie a été prise. Elle a été publiée. Elle concerne Demafouth, Patassé, Abdoulaye Miskine, qu’est ce que voulez que nous puissions faire de plus ? Cette loi d’amnistie est claire. Demafouth a son problème avec la justice depuis l’époque Patassé et ça le gène énormément, mais qu’il n’accuse pas le pouvoir en place sur quoi que ce soit.

C B : Est-ce que la meilleure façon de parler avec M. Demafouth n’est pas de l’amnistier ?

F B : Mais il est amnistié. Je viens de vous le dire ; ainsi que tous ses combattants sont amnistiés depuis le 13 de ce mois.

C B : Donc pour vous, tout est réglé ?

F B : Tout est réglé ! Tout est réglé ! C’est la raison pour laquelle je vous demanderai de provoquer une émission radiodiffusée où Demafouth parle ; nous nous parlons et vous connaîtrez la vérité. Demafouth est libre de venir chez lui en Centrafrique.

C B : Sans être poursuivi par la justice ?

F B : Mais comment ? La loi…je vais vous la remettre. Vous allez le lire tranquillement.

C B : Est-ce qu’on peut dire la même chose de tous les chefs rebelles et de tous les opposants en exil ; je pense à Charles Massi par exemple…

F B : Charles Massi a quitté la République centrafricaine de lui-même. Qu’est-ce qu’il vous dit ?

C B : Il dit qu’il souhaite le dialogue avec vous.

F B : Mais est-ce que nous l’avons empêché ? Il a quitté la RCA tranquillement. Est-ce que nous l’avons chassé ? Non ! non !

C B : Vous venez de parler de votre prédécesseur Ange Félix Patassé. Il y a une procédure en ce moment à la CPI contre tous les responsables des exactions de 2002, 2003, à commencer par Jean-Pierre Bemba qui est en prison. Qu’est-ce qui va advenir d’Ange Félix Patassé qui était chef de l’Etat à l’époque ?

F B : Vous savez, c’est une affaire de justice et le tribunal international…qu’on lui laisse  le temps de faire son travail. Ne me demandez pas de faire le travail à sa place.

C B : Simplement, on peut s’étonner que Jean Pierre Bemba qui n’était que l’exécutant des ordres d’Ange Félix Patassé soit en prison et qu’Ange Félix Patassé soit en liberté au Togo. Quel est votre sentiment là-dessus ?

F B : Oui mais c’est le tribunal qui doit se prononcer. Vous voulez que j’aille arrêter euh..l’autre là…Patassé ? Je ne peux pas faire le travail à la place du TPI.

C B : En fait, pour faire la paix dans votre pays, il ne faudrait pas que M. Patassé soit amnistié lui aussi.

F B : Pourquoi ? Il est amnistié. J’ai toujours dit depuis le changement jusqu’à ce jour que Patassé pouvait rentrer chez lui en RCA sauf s’il a des problèmes avec la justice. Et voilà que pour le confirmer, je l’ai amnistié ainsi que tous ses co-auteurs. C’est clair !

C B : Alors la CPI enquête sur les événements de 2002, 2003, mais elle veut aussi enquêter sur les événements de 2005 après votre arrivée au pouvoir. Et de ce point de vue, vous avez écrit une lettre au Secrétaire général Ban Ki Moon pour lui demander justement que la CPI n’enquête pas. Pourquoi avez-vous écrit cette lettre ?

F B : Non ! non ! C’est un document que la TPI aura à utiliser. Je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus.

C B : M. le président, merci.

 (Retranscrit par la rédaction de Centrafrique-Presse)


Ndlr Centrafrique-Presse : Le moins que l'on puisse dire est que les propos de Bozizé sur la paix, la sécurité qui existeraient bel et bien en République centrafricaine sont un pieux mensonge totalemnt aux antipodes de la réalité que vivent, depuis qu'il est à la tête du pays jusqu'à ce jour, les Centrafricains. De quel pays parle Bozizé, est on obligé de se demander. Parle-t-il de son village Bézambé ou vraiment de la République centrafricaine ?

La seule chose positive qu'on peut retenir de cette interview est la proposition que fait Bozizé pour que RFI puisse organiser un débat entre lui et Jean Jacques Demafouth. Interrogé par nos soins, ce dernier est parfaitement d'accord pour un tel débat comme suggère Bozizé. Un tel débat sera en effet bien utile pour la clarification de certaines zones d'ombre et la gouverne de l'opinion publique ainsi que celle des Centrafricains. Que RFI se dépêche de le réaliser...! 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 03:50




Source: Humanitarian and Development Partnership Team - Central African Republic (HDPT CAR)

Date: 20 Oct 2008


Points saillants

- Loi d'amnistie, promulguée par le Président Bozizé le 14 octobre, récusée par l'APRD

- Près de 15 millions de dollars accordés par la Banque africaine de développement pour le développement économique

- Tribunaux réhabilités dans quatre villes

- Route Azène-Ndélé rendue praticable

Contexte et sécurité

Loi d'amnistie récusée par l'APRD

La loi d'amnistie, un des préalables à la tenue du Dialogue politique inclusif devant rassembler en Centrafrique pouvoir, opposition, société civile et rébellions, a été promulguée par le président François Bozizé le 14 octobre.

Jean-Jacques Démafouth de l'Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) a affirmé que cette loi d'amnistie était "inacceptable". Il conteste notamment qu'on ne peut regrouper et cantonner les combattants des rébellions en deux mois. Si le cantonnement n'a pas lieu dans ce délai prescrit par la loi, les rebelles perdront le bénéfice de l'amnistie.

Chef de l'immigration tué

Le commissaire Hervé Trépassé, Directeur-général de l'immigration, un service du Ministère de l'intérieur, a été tué le 15 octobre à Bangui. Il s'agissait apparemment d'un règlement de compte.

Actualités

Près de 15 millions de dollars pour l'économie

La République centrafricaine recevra un don de 14,8 millions de dollars destinés à l'appui du programme de réformes économiques du pays approuvé par le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

La balance des paiements est financée par un don de 10,1 millions de dollars du Fonds africain de développement et un autre don de 4,7 millions de dollars provenant du compte d'excédents de la BAD, approuvés par le conseil d'administration le 15 octobre à Tunis. L'argent servira au financement du Programme d'appui aux réformes économiques 2008-2009 et de la réponse de la Banque à la crise alimentaire en RCA.

Le Programme économique vise à contribuer à l'amélioration de la gestion des finances publiques et à consolider la gouvernance économique dans le secteur public. Les ressources du compte d'excédents de la BAD seront utilisées pour acheter des intrants agricoles tels que les engrais, les semences améliorées et des outils agricoles afin d'accroître la production vivrière en RCA.

Tribunaux réhabilités dans quatre villes

Le Projet d'appui à la sécurité juridique pour le développement, au système judiciaire et aux droits humains (PRASEJ) vise à promouvoir une justice de proximité dans les zones cibles à l'intérieur du pays.

Le projet a remis huit véhicules aux juridictions de Bozoum, Bossangoa, Sibut et Kaga-Bandoro cette année au mois de février. Le PRASEJ a également terminé la réhabilitation des palais de justice de ces quatre villes au mois de septembre. Ces Tribunaux de Grande Instance ont été réceptionnés par le Ministère de la justice. Les avocats et leurs assistants, qui feront un travail de sensibilisation des populations sur l'accès au conseil juridique, ont été présentés aux autorités locales.

Par ailleurs, quatre régisseurs femmes et 12 gardiennes de prison ont reçu une formation de base à l'Ecole nationale de l'administration avant leur déploiement dans les zones d'affectation. A Bossangoa, un bâtiment à réhabiliter a été affecté pour servir de prison pour femmes.

Le PRASEJ, qui est dans sa seconde phase de mise en oeuvre, est le résultat d'une coopération entre le gouvernement centrafricain, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la France, qui finance la majorité de ces activités.

Pour plus d'informations : christian.ndotah@undp.org

Route Azène-Ndélé rendue praticable

L'ONG française Agence d'Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED) a construit ou réhabilité 12 ponts et trois buses sur la route nationale 8 entre Azène et Ndélé, en coordination avec le Ministère de l'équipement et du désenclavement et en appui aux travaux de réhabilitation de la chaussée réalisés par l'Office national du matériel. Ces travaux conjoints ont permis de rendre à nouveau praticable, malgré la saison des pluies, cet axe routier essentiel pour atteindre les populations des préfectures de Nana-Gribizi et de Bamingui-Bangoran dans le nord-est du pays.

Le chantier a été réalisé grâce au travail de 386 journaliers qualifiés et non-qualifiés, recrutés parmi les personnes les plus vulnérables dans les villages à proximité de chacun des ouvrages. Ils ont été rémunérés en espèces et ils ont reçu un repas de midi fourni par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) pendant les travaux. Les repas distribués ont permis de maintenir la motivation des équipes de travail tout en contribuant à leur équilibre nutritionnel et en permettant aux familles de faire quelques économies.

Depuis le 27 septembre, jour d'achèvement des ouvrages, les cours d'eau entre Azène et Ndélé peuvent être franchis toute l'année, et le temps du trajet routier est réduit d'un tiers. Le projet a été financé par le Fonds de réponse aux urgences (ERF), désormais remplacé par le Fonds humanitaire commun (CHF).

Ce projet s'inscrit dans la continuité des autres chantiers routiers mis en oeuvre par ACTED dans la Nana-Gribizi autour de Kaga-Bandoro ainsi qu'entre Kaga- Bandoro et Mbrés.

Pour plus d'informations : yannick.deville@acted.org

Coordination

Le réseau de relèvement précoce en action

Depuis le mois de juillet, le réseau de relèvement précoce, un des secteurs du dispositif de coordination humanitaire en RCA, est soutenu par un coordonnateur à temps plein mis à disposition par le PNUD. Le réseau de relèvement précoce a désormais multiplié ses activités avec l'élaboration d'un plan de travail et des lignes directrices, outils de mobilisation de ressources.

Par ailleurs, le réseau sert de sous-comité d'évaluation technique de propositions des projets de relèvement soumis pour financement au Fonds de consolidation de la paix. Ainsi, 20 projets ont été évalués. En outre, 12 projets ont été révisés et sélectionnés pour inclusion dans le Programme d'aide coordonné 2009 et trois projets ont été priorisés pour financement par le CHF.

Le réseau collabore également avec la cellule de la mise en oeuvre du Document de stratégie de réduction de la pauvreté. Enfin, il soutient le PNUD pour une étude d'état des lieux des actions de relèvement précoce des partenaires dans les zones de conflit.

Pour plus d'informations : ibrahima.sakho@undp.org

Pour toutes informations, veuillez contacter: UN OCHA RCA
Nancy Snauwaert, snauwaert@un.org|+236 75 54 22 78
Gisèle Willybiro, willybiro@un.org|+236 75 54 90 31

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 02:02



Bozizé bientôt en Afrique du Sud

On prête à Bozizé l’intention de se rendre en Afrique du Sud dès après son retour du Québec. La démission de Thabo Mbéki avec qui il avait conclu des accords de défense et obtenu la mise à disposition d’un contingent de militaires sud africains pour sa sécurité, constitue des soucis pour lui. Il n’est en effet pas évident que le successeur de Mbéki, Kgalema Motlanthe et son équipe, puissent accepter de reconduire sans conditions cet accord.En tout état de cause, le rappel éventuel des troufions sud africains ferait entrer Bozizé dans une zone de turbulences certaine.

 

Les festivités du soixante deuxième anniversaire de Bozizé





Avant de s’envoler de Bangui pour le Québec, Bozizé avait juste eu le temps de fêter son 62ème anniversaire. Le maître d’œuvre des festivités n’était autre que le ministre d’Etat aux mines, Sylvain Ndoutingaï, dont on dit qu'il aurait de sérieux ennuis de santé. Il a été décidé que cela se fasse dans une caserne afin de mettre à l’honneur les ex « libérateurs » qui, depuis leur conquête du pouvoir, ne voient que très rarement leur vedette Boizé. Ceux-ci se plaignent en effet d’être des laissés pour comptes.

Bozizé aurait donc décidé de mettre en place très prochainement un comité chargé spécialement de s’occuper du sort des ex « libérateurs », de les aider à résoudre leurs difficultés et d’améliorer leurs conditions d’existence. Disposant du trésor de guerre émanant des dessous de table et autres commissions occultes du secteur minier, Ndoutingaï est donc chargé de la gestion des ex « libérateurs ».

Il est aussi question qu’ils restent vigilant afin qu’on puisse à tout moment leur faire. Plusieurs d’entre eux avaient été envoyés suivre une formation commando au Burkina Faso et se tiennent prêts à prendre part aux équipées des nombreux escadrons de la mort qui sont mis sur pied. Les circonstances dans lesquelles le commissaire Hervy Trépassé a été récemment assassiné semblent relever du genre de sale besogne commandité dans l’entourage même de Bozizé. Il n’est donc pas étonnant que la prétendue enquête criminelle ouverte depuis cet assassinat n’avance pas beaucoup. Les auteurs de ce crime courent donc toujours.  

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 01:38





Paris, 20 octobre 08 (C.A.P) – Dépourvu d’avion, c’est par vol régulier d’Air France que Bozizé s’est rendu au XIIème sommet de la francophonie qui vient de s’achever à Québec au Canada. Il s’en souviendra longtemps. Déjà au départ de Bangui, il a dû poireauter deux heures d’horloge à bord de l’avion qui a connu quelques ennuis technique la veille. Au lieu de quitter Bangui le jeudi soir, il n’a pu redécoller que le vendredi en fin de matinée pour se poser à Roissy Charles de Gaulle aux environs de 18 h 30 heure locale. Bozizé a juste eu le temps de changer d’avion et le voilà reparti pour Québec à bord d’un autre avion d’Air France retardé de deux heures de temps environ à cause de l’arrivée du vol ayant le président centrafricain à bord, ce qui a eu la particularité de mécontenter  les autres passagers. Avec le nombre d’heures de vol qu’il a totalisé, ajouté à l’effet du décalage horaire, Bozizé n’était pas dans les meilleures conditions pour prendre part efficacement à cette réunion au sommet des chefs d’Etat. Il  dormait littéralement dans la salle.

En marge du sommet, il a passé son temps à faire de « l’avion-stop ». Il a fait le tour de certains de ses pairs de l’Afrique centrale pour négocier son retour du Québec à bord de leur avion mais personne n’a accepté de le prendre dans son coucou. Idriss Déby lui a dit niet arguant qu’il n’avait pas de place. Il n’a pas osé solliciter le  président gabonais qui lui a semble-t-il, soufflé dans les bronches au sujet de « sa loi d’amnistie » controversée. Une réunion est d’ailleurs convoquée à nouveau à Libreville dans les tout prochains jours afin de dénouer l’affaire de cette loi controversée.

La mort dans l’âme, Bozizé est donc obligé de revenir du Québec par vol régulier où il est arrivé à Paris dans la matinée du lundi 20 octobre. Le prochain et unique vol hebdomadaire direct d’Air France pour Bangui partira mercredi 22 octobre ce qui ne semble pas beaucoup l’arranger. Il n’a malheureusement pas beaucoup de choix. Une solution consisterait pour lui à prendre le vol d’Air France du jour pour N’djaména mais à l’arrivée au Tchad, il ne voudrait pas encore négocier avec son parrain Déby qui lui avait déjà opposé une fin de non recevoir à Québec.

Il décide donc de faire appel à son ami indo-pakistanais Saif Durbar qui réside à Londres et qui possède un coucou qu’il a l’habitude de prendre. Problème : le coucou de Durbar est désormais interdit de se poser à Paris, ce dernier a des ennuis avec la justice française. Il propose à Bozizé de s’arranger pour rejoindre soit Londres où est basé l’avion, soit Bruxelles d’où il pourrait aussi embarquer dans le coucou pour être ramené à Bangui. Bozizé marque son accord avec cette suggestion mais personne dans sa suite ne parlant la langue de Shakespeare, Londres est écarté au profit de Bruxelles.

Le président centrafricain aura vécu cette galère toute l’après midi et le début de soirée de ce lundi 20 octobre 2008. Il finira par se retrouver en milieu de soirée à la gare du Nord de Paris pour poireauter encore comme un vulgaire aventurier dans la salle d’attente des passagers devant prendre le dernier train Thalys pour Bruxelles, des problèmes de réservation devant encore être résolus. Un de ses obligés qui traînait derrière lui, Abel Sabonou qu’il a nommé comme chargé d’affaire à Bruxelles, a cru devoir se soustraire à un moment donné pour tenter de rejoindre Bruxelles en voiture afin d’accueillir son président à son arrivée à la gare de Bruxelles Midi. Souhaitons pour lui que les Belges aussi ne décident pas à leur tour d’interdire que l’avion de Durbar se pose dans leur royaume car la galère de du président centrafricain pourrait se prolonger. Un chef d’Etat en errance dans les aéroports et gares des capitales européennes. Cela rappelle la mésaventure du même Bozizé en juin 2004 à Düsseldorf en Allemagne où il avait été appréhendé par la police des frontières transportant sur lui une mallette de diamants qu’il cherchait à écouler lui-même. Il avait été conduit sous bonne escorte dans un hôtel et remis dans l’avion le lendemain.

Bozizé avait pourtant laborieusement acheté aux USA un Hercules C 130 presque en état d’épave, pour environ 6 milliards f CFA. Que devient ce coucou ainsi que les vieux hélicoptères ukrainiens qu’il a aussi acquis ?  URAMIN lui avait aussi versé 20 millions de dollars. Il a préféré acheter des armes pour tuer les Centrafricains.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 15:36




QUEBEC, 19 octobre (Xinhua) -- La Francophonie a affirmé  dimanche, à l'issue son sommet à Québec (Canada), la volonté  d'aider au renforcement de la sécurité au Tchad, en République  Centrafricaine, et dans l'ensemble de la sous-région.  

     Dans la Déclaration de Québec, les chefs d'Etat et de  gouvernement de la Francophonie se sont engagés à "veiller à la  protection et à l'assistance aux réfugiés et aux personnes  déplacées et à la création de conditions favorables à leur retour  en toute liberté".  

     Ils ont promis d'"appuyer le processus de dialogue politique  inclusif en République Centrafricaine et le travail de la  Commission de consolidation de paix, ainsi que le renforcement du  dialogue national dans le cadre de l'accord politique du 13 août  2007 au Tchad".  

     "Nous nous félicitons du renouvellement du mandat de la  Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (Minurcat) et de la décision de déployer, au 15 mars 2009, une  force onusienne en relève de la Force de l'Union européenne (Eufor) ", selon le texte.  

     "Nous saluons l'action déterminée du secrétaire général de la  Francophonie et la participation de l'OIF à la commission  d'enquête sur les événements de février 2008 au Tchad et invitons  la Francophonie à redoubler d'efforts en vue de l'instauration  d'une paix et d'une stabilité régionale durables", ont ajouté les  dirigeants de la Francophonie.  

     Début février, des rebelles tchadiens ont lancé une offensive  militaire sur la capitale Ndjamena, tentant de renverser le  président Idriss Déby Ito, mais ont été mis en déroute par l'armée tchadienne, avec l'aide française.    
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 01:50

De plus en plus de citoyens français d'origine centrafricaine s'engagent en politique, non sans quelque succès, sur leur lieu de résidence. Ce fut le cas lors des dernières éléctions municipales françaises où quelques-uns ont été élus sur certaines listes, surtout PS, et siègent actuellement dans des conseils municipaux de certaines villes. C'est encore le cas de Youri Mazou-Sacko qui vient de remporter au second tour, l'élection cantonale partielle du Val d'Oise(95) dans le canton de Sarcelles, fief de Dominique Strauss-Kahn, contre un candidat de l'UMP .

Ndlr Centrafrique-Presse


Youri Mazou-Sacko (PS) : d’animateur de quartier à conseiller général du Val-d’Oise

 





(19/10/2008 23:51)


C’est un destin peu commun que celui de Youri Mazou-Sacko élu, dimanche, conseiller général de Sarcelles Nord-Est avec 59.30 % des suffrages. Rien ne le prédestinait à entrer au conseil général du Val-d’Oise. Le nouvel élu est né en Centrafrique. Il habite Sarcelles depuis 1983, c’est un ancien emploi jeune passé par les concours de la fonction publique. Sa victoire a été accueillie sous les applaudissements et des cris de joie en mairie.

Comme au soir du premier tour, de jeunes supporters de Youri Mazou-Sacko ont scandé son surnom de campagne «Obama», ses proches préférant « Vive Mazou ». Le maire de Sarcelles lui est tombé dans les bras avant que sa mère ne parvienne à s’extirper de la foule pour embrasser longuement son fils. « Bravo madame, vous pouvez être fière », lançait un vieux monsieur avant que le candidat UMP, Jacques Kas, viennent féliciter chaleureusement le socialiste victorieux.

« C'est un grand moment de démocratie, a déclaré Youri Mazou-Sacko. Les sarcellois ont montré que quelles que soient les origines, quelle que soit la couleur de la peau  c'est l'individu qui prime. Les Sarcellois ont fait preuve d'une grande maturité ».

 « Ce soir les électeurs de Sarcelles ont fait tomber quelques tabous », déclarait, un peu plus tard dans la soirée, François Pupponi, le maire PS de Sarcelles sur la scène de la salle André Malraux où les proches du candidat, dont de nombreux jeunes, et des militants PS s’étaient réunis au milieu de responsables socialistes, parmi lesquels le 1er secrétaire fédéral Dominique Lefebvre et le président du Conseil général du Val-d’Oise Didier Arnal, ainsi que de nombreux conseillers généraux.

«Un candidat peut être élu quelle que soit sa couleur de peau quand on mène une politique pour les gens de tous les quartiers. Ils votent pour un candidat qui les soutient», a déclaré François Pupponi.

Le nouveau conseiller général a remercié « deux personnes qui ont fait que je suis ici : bien sûr François Pupponi et aussi Dominique Strauss-Kahn ». Youri Mazou-Sacko explique que « sans les emplois jeunes » lancés sur la ville par l’ancien ministre « je ne serai pas là où je suis aujourd’hui ».

Youri Mazou-Sacko a fait du chemin depuis son poste d’animateur sous contrat emploi jeune. Ancien président du club de foot local, il est cadre B de la fonction publique territoriale, maire adjoint délégué à la jeunesse et désormais conseiller général du Val-d’Oise. Sa victoire permet à la gauche de garder la présidence du département.


O.Z.

 

Mazou-Sacko (PS) «l’Obama de Sarcelles»: histoire d'un surnom

(19/10/2008 23:00)






Scandé par des supporters de Youri Mazou Sacko, le soir du premier tour, puis repris par Martine Aubry en visite sur le marché de Lochère, le nom du candidat démocrate américain a contribué à populariser la candidature du socialiste Youri Mazou-Sacko dans les derniers jours du scrutin. Le candidat PS a été élu, dimanche soir, avec 59.7 % des suffrages.

Etait-ce ou non calculé ? On ne sait pas qui a donné, le premier, le surnom d’«Obama» à Youri Mazou-Sacko et à quel moment pendant la campagne, mais il s'est répandu comme une trainée de poudre dans la dernière semaine : un surnom qui s’est imposé d’abord lentement puis jusqu’à faire les titres des journaux. Pour François Pupponi, maire PS de Sarcelles, "tout est parti de quelques jeunes pour s'amuser", affirmait-il dimanche soir.

Le surnom a vite dépassé la blague entre copains. Premier signe d’un surnom qui s’installe : le soir du premier tour, le nom du candidat démocrate américain a été scandé, à l’hôtel de ville de Sarcelles, à l’annonce des résultats du 1er tour de la cantonale partielle qui plaçait en tête Youri Mazou Sacko. Et c’est finalement Martine Aubry qui a définitivement popularisé ce surnom lors de sa visite de soutien entre les deux tours.

« C’est l’Obama de Sarcelles comme chacun le sait », a lancé, aux journalistes désignant son candidat, la maire de Lille. Et comme pour enfoncer le clou, Martine Aubry a offert à Youri Mazou-Sacko, devant caméras et flashs d'appareils photos, un tee-shirt à l’effigie du candidat démocrate américain.

Un surnom qui a agacé son adversaire de droite : "M. Mazou-Sacko se prend pour obama, je lui propose un débat à l’américaine, un débat télévisé sur VOtv », a déclaré, mercredi dernier, Jacques Kas.

Le socialiste, lui, a affirmé ne jamais avoir voulu jouer de l'image de Barak Obama. Elle a cependant contribué à forger une notoriété à celui dont les adversaires reprochaient de profiter de la popularité du maire de Sarcelles pour se faire élire.

OZ

 

 

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