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27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 12:37
HOMMAGE À UNE GRANDE DAME, CHRISTINE KALLOT NEE MASSOUA par Félix Yépassis Zembrou
HOMMAGE À UNE GRANDE DAME, CHRISTINE KALLOT NEE MASSOUA par Félix Yépassis Zembrou
HOMMAGE À UNE GRANDE DAME, CHRISTINE KALLOT NEE MASSOUA par Félix Yépassis Zembrou
HOMMAGE À UNE GRANDE DAME, CHRISTINE KALLOT NEE MASSOUA par Félix Yépassis Zembrou
HOMMAGE À UNE GRANDE DAME, CHRISTINE KALLOT NEE MASSOUA par Félix Yépassis Zembrou

 

 

En Centrafrique, c’est le choc. Le Covid-19 a encore frappé l’une des nôtres et non des moindres, madame Christine Kallot, une valeureuse fille du pays. 

Oui, notre sœur, mère, tante, grand-mère, arrière-grand-mère Christine  Kallot, s’est éteinte le 23 juin 2020 à Bangui, victime du coronavirus. Elle avait 76 ans.

Madame Kallot, de son nom de jeune fille Massoua  est née le 21 juin 1944 à Bangui. Elle était la veuve du commissaire de police Joseph Kallot (du commissariat central), arrêté en avril 1969 et mort dans le cadre de l’affaire Banza. Les deux hommes, le colonel Alexandre Banza et le commissaire Joseph Kallot étaient très proches car appartenant tous deux à la région Grand-Ouest (l’un, originaire de Carnot dans la Haute-Sangha, actuelle Mambere Kadei et l’autre natif de Nola, ancienne sous-préfecture de la Haute-Sangha, aujourd’hui chef lieu de la Sangha-Mbaere). On raconte qu’au moment de son arrestation malgré ses menottes  Kallot s’était jeté sur Bokassa et l’aurait étranglé de ses propres mains n’eut été l’intervention salutaire des militaires pour l’en empêcher.  Incarcéré dans l’isolement à la prison centrale de Ngaragba, il succombera de ses sévices probablement en juin 1969. Son corps n’a jamais été remis à sa famille.

Sa femme Christine Kallot fut également arrêtée et déportée à Berberati puis à Obo dans le Haut-Mbomou ainsi que les enfants Kallot dont le dernier, encore un bébé, Stéphane.

Le 6 juin 1971, madame Kallot est libérée à l’occasion de la fête des mères en même temps que Marine épouse Banza  qui, elle, avait été déportée à Birao dans l’extrême nord du pays avec ses enfants. Présentée au palais de la Renaissance, Bokassa a rappelé à madame Kallot que son « mari n’aurait pas dû taper sur son vieux père ». Signalons qu’au soir de l’exécution de Banza, le 12 avril 1969, sa deuxième femme Julienne Kombo originaire de Berberati, s’était présentée au palais de la Renaissance à moitié dénudée et dans un geste de désespoir, elle aurait craché au visage de Jean-Bedel Bokassa. Elle a connu aussi comme les autres les affres de l’incarcération. Elle sera libérée le 24 juin 1972. Au cours de la même année, soit un an après sa sortie de prison, madame Christine Kallot est nommée première directrice du Centre de la Mère et de l’Enfant Catherine Bokassa qui venait d’être construit et remis au gouvernement centrafricain par l’Union Soviétique, lequel était placé sous tutelle du ministère de la Santé publique et de la Population. Un établissement qu’elle a su diriger avec dévouement et efficacité ce qui lui a valu la médaille d’officier dans l’ordre du mérite centrafricain en 1975. 

Dans le sillage de madame Zanifei-Touambona, madame Kallot a su œuvrer pour la défense et la promotion de la femme centrafricaine au lendemain de l’indépendance. Elle incarnait la gent féminine digne qui faisait honneur à la république au point que certaines premières dames du continent n’hésitaient pas à effectuer des visites d’Etat en Centrafrique. 

 Nous saisissons l’occasion pour rendre ici hommage à toutes ces braves dames qui ont écrit leurs noms dans les annales de la République Centrafricaine. il s’agit entre autres de Mesdames Florence Dacko née Yagbao, Brigitte Dacko née Teya, Zanife-Touambona, ex-Franck née Valaga Ndede, Mireille Kolingba née Kotalimbora, Lucienne Patassé née Lemotomo, Pauline Mbamba, Marie Kenguele, Pauline Loubanda, Elisabeth Domitien, Marie Christiane Yombo, ex-Gbokou née Yombo, Irène Decugis, Augustine Psimhis née Yamboroko, Ruth Rolland, Rosalie Pouzere, Charlotte Fayanga ex-Aguide, Marie-Mathurine Silinghiat, Angélique Toleque née Songomali, Marie Kossi-Maytongol, Thérèse Dejean née Yekawe, Jacqueline Mayte, Catherine Samaba-Panza née Souga pour ne citer que celles la et dont la plupart ne sont plus parmi nous.

Cela dit, quittant l’enfer de Bangui, madame Kallot s’est installée en France où elle a travaillé dur comme aide-soignante pour élever seule ses enfants Edmond, Ghislaine, Josiane, Francine et Stephanie ce, jusqu’à sa retraite.

Après quoi, elle est rentrée à Bangui où elle tenait un kiosque de prêt-à-porter et de produits de beauté au marché central. Sa clientèle ne tarissait pas d’éloge sur sa simplicité, sa gentillesse quand bien même elle avait un caractère bien trempé. En somme elle était une femme qui n’allait pas avec le dos de la cuillère pour dire ses quatre vérités. C’est d’ailleurs ce tempérament qui l’avait animé au cours d’une émission sur une chaîne de télévision française lorsqu’elle est revenue avec beaucoup d’émotion sur cette page sombre de son histoire en relatant les conditions inhumaines dans lesquelles elle avait été enfermée pendant deux ans avec ses cinq enfants.

Au demeurant, madame Kallot était pour son entourage en particulier ses enfants, ses nièces et ses amies plus qu’une mère, une tantine, une marraine, une sœur. En clair, elle était tout simplement une copine, une confidente qui savait être à l’écoute des uns et des autres.

Va, brave dame de Centrafrique. Tu demeureras à jamais gravée dans nos cœurs. Toutes nos condoléances à la famille Kallot.

FYZ 

 

(Crédit photos, la famille Kallot)

 

Prosper N'DOUBA, sa famille ainsi que toute la rédaction de Centrafrique-Presse s'associe à cet hommage et adresse toutes ses condoléances les plus attristées à sa famille, ses enfants et tous ses proches 

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 14:08
Centrafrique, la connexion avec les groupes armés du Sahel
Centrafrique, la connexion avec les groupes armés du Sahel
Centrafrique, la connexion avec les groupes armés du Sahel

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris -26 juin 2020

 

La connexion avec des groupes armés peuls du Sahel se rapproche dangereusement de Bangui. 

Il n’ y a guère que les protagonistes de l’Accord de Khartoum et les parties à cet Accord de paix et de réconciliation, signé à Bangui le 6 février 2019, qui s’accordent pour voir des progrès dans la mise en œuvre de ce pacte de non-agression entre quatorze chefs rebelles et le pouvoir exécutif de Bangui. Pendant ce temps-là, une nouvelle alliance peule vient de naître.

Les implacables réalités 

Le communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU du 22 juin 2020 admet que la situation en Centrafrique est « instable », mais les « progrès » dans la mise en œuvre de cet accord sont encore salués et le président Touadera recueille toujours les encouragements et les félicitations pour son action en faveur de la paix. Certes, des textes ont été adoptés, les élections sont toujours programmées fin décembre 2020, et la situation dans Bangui est sous contrôle, avec les florissantes retombées du business de guerre.

Cette économie hors sol, alimentée par le siphonnage des aides extérieures et la présence de 13 000 Casques bleus ne devrait pas masquer les réalités que vivent d’innombrables Centrafricains. Le 22 juin 2020, l’ONU et l’Union africaine ont rappelé que 2,6 millions de Centrafricains, sur une population globale estimée à environ 5 millions d’habitants, avaient besoin d’une assistance humanitaire, que 619 000 Centrafricains étaient réfugiés dans les pays voisins et que 697 00 autres étaient déplacés à l’intérieur de pays. Ces chiffres se passent de commentaires pour apprécier les résultats de l’accord du 6 février 2019.

La déclaration d’entente UPC-3R

Alors que les affrontements dans les fiefs rebelles du sud-est, tenus par l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), et du nord-ouest, sous l’emprise du mouvement Retour, Réclamation Réhabilitation (3R) se multiplient, avec désormais des engagements militaires contre la Minusca et les Forces Armées Centrafricaines, une Déclaration d’entente, du 17 juin 2020, aurait dû alerter le Conseil de sécurité, dans sa séance du 22 juin 2020.

Les deux chefs rebelles que sont le Peul Nigérien Ali Darassa Mahamat, « général d’armée »  autoproclamé de l’UPC et le Peul Camerounais Bi Sidi Souleymane, alias  Abass Sidiki, autoproclamé  » général »  du mouvement 3 R, ont conclu, le 16 juin 2020, une forme de coalition, sous l’appellation sibylline « Déclaration d’entente ». Cette convergence politique entre ces deux groupes armés d’autodéfense de la communauté Peule, signataires de l’Accord de Khartoum, est sans ambiguïtés. Après avoir rappelé cyniquement leur attachement aux engagements de l’Accord de Khartoum, alors que leurs hommes les violent quasi quotidiennement, les deux chefs rebelles solidement établis dans l’arrière-pays, mais également ministres-conseillers militaires à la Primature, ne cachent plus leur objectif commun de défendre leur communauté, sans se  soucier de l’intérêt national. 

Extraits :  » Cette collaboration se veut avant tout politique et vise à explorer les moyens, qui par des synergie communes, sont destinés à bénéficier à la communauté peulh dans son ensemble. La mise en commun des expériences liées  à l’élevage…en corrélation. avec la mise en place des Unités spéciales mixtes de sécurité (USMS) devrait sans nul doute apporter des solutions locales et ainsi améliorer le contexte sécuritaire… ». 
Les cultivateurs des régions concernées apprécieront et les populations devront se plier aux exigences des groupes armés de défense des éleveurs peuls, comme cela est déjà le cas dans les régions de l’Ouham, l’Ouham-Pendé, la Nana-Mambere, la Ouaka et le Haut-Mbomou.

Le rapprochement avec des groupes sahéliens 

La communauté peule est certes diversifiée dans son espace sans frontières allant du fleuve Sénégal aux deux Soudan. Toutefois, elle connaît des valeurs communes, un mode de vie immuable, des héros mythifiés, un passé loin d’être pacifique et un attachement irréductible à un islam conquérant. Mondafrique avait déjà mis en exergue cette montée en puissance de ce peuple sans frontière dans l’article ci-joint intitulé  » Les Peuls, une communauté sans frontières en révolte ».
La nouvelle alliance UPC-3R reprend les thématiques relatives à l’élevage qui se retrouvent dans la plupart des groupes armés sahéliens de défense des Peuls : la protection des parcours de transhumance du cheptel, les représailles contre les vols de bovins et les homicides crapuleux et l’hostilité guerrière envers les communautés sédentaires attachées à leur territoire. On pourrait aussi y ajouter, leur sentiment d’abandon par le pouvoir central et une discrimination dont ils s’estiment victimes, notamment au niveau politique.  Contrairement au Sahel, en Centrafrique la dimension religieuse se surajoute car les musulmans peuls sont souvent confrontés à une population largement animiste/chrétienne. 

Les massacres prennent de plus en plus des caractères inter religieux, ce qui n’était pas le cas encore récemment dans la crise centrafricaine. Ce tournant est particulièrement inquiétant. Il pourrait bien attirer des combattants sahéliens qui ont bien d’autres préoccupations que la protection des parcours de transhumance. Ali Darassa Mahamat, ancien bras droit du rebelle peul Baba Ladde, avait déjà des contacts avec ses coreligionnaires nigériens. L’âpreté des combats, y compris contre la Minusca, les massacres, d’ampleur jusqu’ici inconnue, constituent des signaux qui éclairent un peu plus la Déclaration d’entente du 17 juin 2020.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 13:26
« Les papillons menacés en Centrafrique »
« Les papillons menacés en Centrafrique »

 

Lu pour vous

 

Ouest-France le 26/06/2020 à 06h10 Patrick David (Hauts-de-Seine) :

 

Environnement. « Dans ce pays miné par les conflits armés, comment préserver la faune sauvage alors que l’État n’a pas les moyens de faire respecter la réglementation ? »

 

Il peut paraître surprenant de s’émouvoir des risques de réduction des espèces animales et plus spécifiquement des espèces de papillons en Centrafrique, un pays traumatisé par les violences faites aux populations depuis maintenant plus de sept ans.

Le dernier massacre à Ndélé, après des combats entre milices rivales, remonte à mars et avril et a fait de nombreuses victimes parmi la population civile.

La Centrafrique est riche en espèces de papillons : plus de 180 ont été répertoriées uniquement dans le parc national de Dzanga-Ndoki.

En décembre 2019, une mission française s’est rendue en Centrafrique pour tenter de traquer le papillon de jour africain le plus grand, à savoir, le papilio antimachus. Objectif : observer sa chenille et sa chrysalide.

Sangaris, nom de l’opération de maintien de la paix menée par les forces françaises en Centrafrique, est celui d’un papillon.

Aujourd’hui, les espèces de papillons en Centrafrique courent de grands risques. Traditionnellement et cela depuis longtemps, les ailes colorées de papillons sont recueillies pour la confection de tableaux. De leur côté, les collectionneurs n’hésitent pas à mettre le prix pour les spécimens les plus rares. Ceci donne lieu à un trafic très actif.

Par ailleurs, l’utilisation de produits nocifs tels que le mercure et le chlore par les exploitants de mines d’or et de diamants participe au désastre écologique qu’est la pollution des cours d’eau, des zones marécageuses et des lacs, où les papillons viennent s’alimenter en sels minéraux.

L’espoir réside dans les actions menées par certaines associations, parfois de manière « musclée », car les braconniers sont armés et n’hésitent pas à tirer, pour réduire ces dommages.

Cela dit, que peuvent-elles contre le braconnage pratiqué par des populations aux abois économiquement et des milices armées déterminées qui, pour se procurer de l’argent, participent à tous les trafics : or, diamants, bois, espèces animales ?

Le problème de la préservation de la faune sauvage est posé dans un pays où l’État n’a pas les moyens de faire respecter la réglementation internationale et la loi centrafricaine en la matière.

Pendant longtemps, malgré les aléas de l’histoire, la Centrafrique était une zone préservée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

 

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 13:21
Lutte contre les incendies dans le monde: missions impossible
Lutte contre les incendies dans le monde: missions impossible

 

Lu pour vous

 

The Economist, no. 950 Samedi 20 juin 2020

 

Lutte contre les incendies dans le monde: missions impossible

 

L'ONU en a trop dans son assiette

 

MANKEUR NDIAYE, un ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal qui dirige la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine (RCA), est un homme de grande taille avec une grande tâche. L'accord de paix entre la RCA et 14 groupes armés signé en février 2019 est le huitième depuis 2013, lorsque l'intervention française a évité de justesse un génocide. La situation reste fragile dans un pays riche en diamants et en or mais pauvre à d'autres égards. Les élections se profilent en décembre. Avec un budget de 1 milliard de dollars, le double de celui du gouvernement national, les quelque 12 000 soldats et 2 000 policiers de la mission de l'ONU opèrent sur un territoire de la taille de la France et de la Belgique réunies. Dans certaines régions, l'État n'a pas de présence effective. La RCA a des frontières poreuses avec d'autres endroits troublés, comme la République démocratique du Congo, le Soudan et le Soudan du Sud. L'espoir est que les soldats de la paix et l'aide internationale donnent une chance à l'État fragile.

L'idée d'une opération militaire internationale non violente a été inventée pour nettoyer le mess de Suez en 1956, avec beaucoup d'imagination et d'improvisation (les premiers "casques bleus" ont été créés en pulvérisant les doublures de casques de l'armée américaine facilement disponibles en Europe ). Aujourd'hui, le maintien de la paix est un domaine dans lequel le Conseil de sécurité fonctionne bien. Quelque 100 000 personnes originaires de 120 pays participent à 13 missions, allant de la surveillance du cessez-le-feu à Chypre et au Liban à de vastes opérations complexes comme celles menées en RCA, au Congo et au Mali. L'ONU prétend protéger environ 125 millions de personnes vulnérables dans le monde avec un budget à peine supérieur à celui du service de police de New York.

Le rôle des soldats de la paix s'est élargi pour soutenir les États fragiles et protéger les civils. Au mieux, c'est admirable. En 2013, l'ONU a ouvert ses installations militaires au Soudan du Sud à des dizaines de milliers de personnes fuyant le massacre. "Aucune décision prise depuis 1945 - à quelque niveau que ce soit à l'ONU - n'a jamais permis de sauver directement plus de vies que celle-là", estime Andrew Gilmour, jusqu'en décembre dernier, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux droits de l'homme.

Mais la paix devient de plus en plus difficile. Le travail des casques bleus consistait à préserver la stabilité après un règlement. "Vous avez maintenant des forces de maintien de la paix dans des zones où il n'y a plus de paix à maintenir", a déclaré M. Guterres. Au Congo, par exemple, les rebelles se cachant dans les forêts proches de la ville de Beni, au nord-est du pays, enlèvent fréquemment des personnes et les tuent à mort avec des machettes. Les manifestations contre la MONUSCO, la mission de maintien de la paix des Nations Unies, sont courantes. "Les rebelles nous tuent, si vous ne pouvez pas les tuer, alors rentrez chez vous", explique Kizito bin Hangi, un leader de la société civile à Beni. Lorsque huit personnes ont été tuées à moins de 2 km des bureaux de la MONUSCO en novembre dernier, une manifestation du lendemain est devenue incontrôlable. Des civils furieux lancés dans des cocktails Molotov ont mis le feu à l'endroit et envoyé du personnel s'enfuir. Aujourd'hui, les anciens bureaux sont constitués de briques noircies, éparpillées autour d'un champ herbeux.

La nature changeante des conflits n'aide pas. Les guerres entre États, que l'ONU devait mettre en place, sont devenues rares. La plupart des combats se déroulent désormais à l'intérieur des pays, impliquant souvent de nombreuses parties. Les conséquences humanitaires sont désastreuses. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays a plus que doublé en une décennie pour atteindre un record de 51 millions, selon le Norwegian Refugee Council. Parmi eux, 46 millions ont été déplacés à l'intérieur de leur propre pays à cause des conflits et de la violence. Les guerres civiles sont particulièrement difficiles à arrêter par la négociation, car la fixation peut sembler trop risquée.

De nombreuses organisations se pressent pour aider. L'art de la paix est de plus en plus l'art du partenariat avec des acteurs comme l'Union africaine, la Banque mondiale et l'Union européenne. La diplomatie privée est également en augmentation, alors que des groupes tels que le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) à Genève ou la Fondation Berghof basée à Berlin tentent de construire des ponts là où les canaux officiels sont manquants ou méfiants. L'ONU et les entreprises privées s'efforcent d'impliquer davantage de femmes, de faire en sorte que la paix fonctionne plus inclusivement.

Malgré ces efforts (et parfois à cause d'eux, au fur et à mesure que les nombreux acteurs se chevauchent), les frustrations abondent. Les conflits commencent toujours, mais les nouveaux grands accords de paix sont devenus plus rares: seulement sept ou huit au cours de la dernière décennie, selon David Harland de HD, contre une trentaine au cours des 20 années qui ont suivi la chute du mur de Berlin. Au Moyen-Orient depuis 2011, une succession d'envoyés de l'ONU - trois au Yémen, quatre en Syrie et six en Libye - ont tenté de résoudre les guerres civiles, sans succès. Une médiation bien intentionnée peut finir par favoriser un côté par rapport aux autres. En Syrie, par exemple, des cessez-le-feu locaux ont donné au président Bachar al-Assad une chance de se regrouper.

M. Guterres a tenté de tirer parti de la pandémie pour la paix. Le 23 mars, il a appelé à un cessez-le-feu mondial pour lutter contre le virus. Un nombre surprenant de groupes armés semblaient intéressés par une excuse pour donner une chance aux pourparlers. Au Yémen, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a annoncé puis prolongé un cessez-le-feu unilatéral. En Afghanistan, pour la première fois depuis des années, l'ONU a convoqué une réunion numérique du gouvernement afghan et de six voisins plus l'Amérique et la Russie (une formule "six plus deux" qui a également amené l'Iran et l'Amérique autour de la même table). Mais la guerre persiste en Afghanistan et les cessez-le-feu en Colombie et aux Philippines ont été rompus. Et, alors que l'Amérique et la Chine se disputaient le libellé d'une résolution, le Conseil de sécurité n'a pas réussi à peser sur l'initiative.

Si la fin des conflits est devenue plus difficile, qu'en est-il de s'attaquer à leurs causes et conséquences? Cela ouvre de vastes perspectives pour aider l'humanité. Peut-être trop vaste.

La tâche à court terme est l'aide humanitaire, qu'elle provienne de catastrophes d'origine humaine ou naturelle. Ce travail - nourrir les affamés, héberger les réfugiés, protéger la santé - est énorme. L'année dernière, environ 18 milliards de dollars de financement humanitaire, soit 70% du total mondial, ont été acheminés par le biais des Nations Unies, estime Mark Lowcock, le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, aidant plus de 100 millions de personnes. Environ 60% de l'argent provient d'Amérique, d'Allemagne, de Grande-Bretagne et de l'UE. La Chine fournit très peu.

Le long et le court

Au début de cette année, des troubles supplémentaires ont surgi, avec l'assaut d'Idlib en Syrie ainsi que des criquets qui pullulent à travers l'Afrique. Maintenant, Covid-19 menace de multiplier la misère. M. Lowcock suggère que les secours humanitaires cette année pourraient devoir augmenter de 20% environ; et peut-être 60 milliards de dollars de financements bon marché des institutions financières internationales devraient être destinés à la protection sociale. Il pense que cela pourrait largement protéger 700 millions de personnes dans plusieurs dizaines de pays parmi les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. Cela pourrait également aider à éviter qu'un problème d'un an ne devienne un problème de dix ans.

Agir tôt est logique, et pas seulement sur covid-19. La rigidité du financement (dont une grande partie est liée à des programmes spécifiques) restreint la marge de manœuvre de M. Lowcock, mais il tient à anticiper les crises grâce à la mutualisation des risques et à l'utilisation intelligente des données. Il estime que quelque 10% des urgences mondiales, y compris les ouragans et les sécheresses, sont assurables. Et 10 à 15% supplémentaires sont dans une certaine mesure prévisibles. Plus d'efforts sur "l'action d'anticipation" signifieraient obtenir des réponses moins chères et plus rapides avec moins de souffrance.

Au Bangladesh, par exemple, donner de l'argent aux gens tôt pour éviter les inondations s'est avéré efficace. Certains scientifiques pensent qu'ils peuvent prédire les épidémies de choléra en Afrique avant qu'un seul cas ne soit enregistré, une fois qu'un seuil est atteint dans les mesures de déclenchement; une action précoce pourrait réduire considérablement les dégâts. M. Lowcock aimerait expérimenter avec un engagement de débloquer de l'argent contre des problèmes pré-convenus qui se prêtent à cette approche. "Vous pouvez vous tromper sur beaucoup de choses", dit-il, "et cela peut toujours avoir du sens."

À moyen terme, l'attention se tourne vers les objectifs de développement durable (ODD), un ensemble d'aspirations dans 17 grandes catégories (avec 169 cibles) convenues par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2015 et censées être atteintes d'ici 2030. Elles font un liste du développement humain, couvrant tout, de l'élimination de la pauvreté et de la faim à la lutte contre les inégalités et la pollution. Si tous les objectifs étaient atteints, l'humanité serait heureuse. Mais dans de nombreux domaines, ils sont très en retard sur le calendrier, et covid-19 les retardera davantage. Cette année, pour la première fois au cours de ce siècle, la proportion de personnes vivant dans l'extrême pauvreté devrait augmenter, annulant presque tous les gains des cinq dernières années, sinon davantage. Les ODD sont de toute façon davantage un appel à l'action qu'un plan réaliste. Dans cette veine, l'ONU fait campagne pour une "Décennie d'action" pour honorer ces promesses.

M. Guterres a commencé comme secrétaire général en mettant l'accent sur la prévention des crises, mais cela s'est avéré difficile, compte tenu des divisions entre les grandes puissances et de la complexité croissante des conflits. Depuis, la crise climatique est apparue, à la fois en raison de son importance intrinsèque à long terme et parce qu'elle semble offrir à l'ONU un moyen de résonner auprès des jeunes. À New York, en septembre dernier, M. Guterres a organisé un sommet sur l'action climatique. Greta Thunberg, une militante suédoise adolescente, a averti les dirigeants que "les jeunes commencent à comprendre votre trahison".

La pandémie a entraîné le report du sommet de la COP26 sur le climat à Glasgow (ainsi que d'un sommet sur la biodiversité à Kunming et d'une conférence sur l'océan à Lisbonne), auxquels les pays devaient apporter des engagements nationaux plus audacieux pour réduire les émissions de carbone. Mais le retard a une doublure verte. M. Guterres a tenté de relier les deux crises, plaidant pour des politiques qui garantissent que la reprise de Covid-19 contribue à sauver la planète.

Le jour de la Terre, le 22 avril, il a proposé un cadre en six points à cet effet. Ses suggestions sont extrêmement larges - lier les sauvetages des entreprises à la création d'emplois verts, par exemple, mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles et, sans surprise, "travailler ensemble en tant que communauté internationale" - mais elles sont un avant-goût d'une campagne à venir. Le plaidoyer pour une action climatique drastique est devenu une sorte de cri de ralliement pour l'ONU. Comme Richard Gowan, directeur de l'ONU à l'International Crisis Group (ICG), une ONG, le souligne: "Les optimistes de l'ONU sont principalement des personnes ayant la vision la plus sombre du climat, car ils s'imaginent que c'est ce qui rassemble l'ONU."

M. Guterres a-t-il bien défini ses priorités? La critique qui pique le plus est personnelle. C'est que le secrétaire général place la politique au-dessus des principes fondamentaux et tire ses coups dans un domaine qui n'est ni à court, ni à moyen ni à long terme, mais intemporel: les droits de l'homme. M. Guterres est accusé de ne pas avoir défendu la charte (qui engage l'ONU à promouvoir le "respect universel et le respect des droits de l'homme") en dénonçant les abus de gouvernements puissants, notamment la détention de Ouïghours par la Chine et le meurtre de Jamal par l'Arabie saoudite. Khashoggi, un critique du régime. Certains prédécesseurs, comme Kofi Annan, ont été plus énergiques. Même Ban Ki-moon, souvent invisible, a lancé Human Rights up Front, une campagne pour insérer la question dans le travail de l'ONU. Zeid Ra'ad al-Hussein, ancien commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, a condamné la "faiblesse" de M. Guterres. Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch, une ONG, a averti que son mandat devenait "défini par son silence sur les droits de l'homme".


Les défenseurs de M. Guterres disent que de telles attaques sont injustes. Il a choisi ses moments pour s'exprimer en public, que ce soit sur les Ouïghours en Chine ou les Rohingyas au Myanmar, et a défendu les droits des femmes, à l'ONU et au-delà. Oui, il évite les affrontements qui seraient contre-productifs (il ne critique jamais Donald Trump par son nom, par exemple). Mais cela lui donne la possibilité de transmettre un message fort dans les coulisses. Quelle poudre il doit garder au sec. "A l'ONU, il n'y a pratiquement aucun pouvoir", dit-il. "Quand vous êtes au gouvernement, vous avez un certain pouvoir. Ici, c'est fondamentalement un bluff ou une illusion." Une deuxième critique, plus large, à l'égard de l'ONU est qu'elle fait tout simplement trop. C'est, en effet, essayer de sauver le monde à plusieurs reprises. Ses nombreux objectifs peuvent être merveilleux et interconnectés, mais il n'a pas la capacité de tous les poursuivre efficacement. Il a pris plus que ce pour quoi il a été conçu. Et le design lui-même a besoin d'un nouveau look.

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Centrafrique-Presse.com
26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 01:07
Message de condoléances de SM le Roi au président centrafricain
Message de condoléances de SM le Roi au président centrafricain
Message de condoléances de SM le Roi au président centrafricain
Message de condoléances de SM le Roi au président centrafricain

 

Message de condoléances de SM le Roi au président centrafricain suite au décès de l'Ambassadeur de ce pays au Maroc

 

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances au président de la République centrafricaine, M. Faustin-Archange Touadéra, suite au décès de l'ambassadeur de ce pays au Maroc, Ismaila Nimaga.

"J'ai appris avec émotion le décès de feu Ismaila Nimaga, Ambassadeur de la République centrafricaine auprès de Notre Majesté", souligne le Souverain dans ce Message

"Incarnant sa fonction, son Excellence œuvra à promouvoir l'excellente coopération maroco-centrafricaine et contribua à entretenir l'esprit de fraternité et de solidarité qui la caractérise", ajoute Sa Majesté.

En cette triste circonstance, SM le Roi adresse Ses condoléances les plus sincères au président centrafricain et exprime Sa profonde compassion aux membres de la famille et aux amis du défunt.

 

MAP: 23/06/2020

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Centrafrique-Presse.com
26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 01:05
RCA-Nord : des hommes armés braquent l’ONG internationale War children

 

RCA-Nord : des hommes armés braquent l’ONG internationale War children

 

Publié le 25.06.2020 à 19h15 

 

Plusieurs matériels ont été emportés par les assaillants, identifiés comme des combattants rebelles du FPRC, selon plusieurs sources sécuritaires locales.

Les faits se sont produits dans la nuit du dimanche à lundi 23 mars 2020 à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran,  au nord de la République centrafricaine.

Dans la nuit du dimanche à lundi 23 mars, aux environs de 24 heures, un groupe des assaillants, lourdement armé, ont fait leur apparition par effraction dans les locaux de l’ONG internationale Warchildren avant d’emporter des matériels informatiques et bureautiques.

Les assaillants, dont les identités n’ont pas été dévoilées, seraient des combattants rebelles du FPRC, dirigé par le général Noureddine Adan, selon plusieurs sources sécuritaires locales interrogées par CNC.

Justement, du côté du FPRC, on veut à tout prix montrer aux yeux du monde que la situation est maîtrisée, et que la paix est revenue à Ndélé.

Selon l’État-major du FPRC à Ndélé, il est temps que chacun rentre chez soi. La paix est déjà revenue, a-t-il ajouté. Mais du côté des déplacés, l’annonce de leur retour à la maison ne passe pas. Certains redoutent des représailles une fois rentrées.

Cependant, depuis lundi dernier, certains éléments du FPRC ont mené des opérations d’intimidation, avec leurs armes, dans le camp des déplacés situé devant la base de la Minusca proche de l’aéroport. Plusieurs points de vente dans le camp ont été fermés par force, et certains déplacés ont été contraints de rentrer à la maison sous pression du FPRC.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 01:00
(COVID-19) RCA : le nombre de cas d'infection franchit la barre des 3.000

 

(COVID-19) Centrafrique : le nombre de cas d'infection franchit la barre des 3.000

 

 

French.xinhuanet.com| Publié le 2020-06-24 à 09:52

 

BANGUI, 23 juin (Xinhua) -- La République centrafricaine (RCA) a annoncé mardi 88 nouveaux cas de COVID-19, portant le nombre total d'infections à 3.051, selon un communiqué de presse du ministère centrafricain de la Santé et de la Population.

A ce jour, 522 patients ont été guéris tandis que 37 sont décédés. Parmi ces 37 décès, 31 ont été signalés "en milieu extra-hospitalier", d'après la même source.

Le premier cas de nouveau coronavirus a été confirmé le 14 mars dernier dans le pays, un patient venu d'Italie. Si les premiers cas ont été importés, les cas de transmission locale prennent de plus en plus le dessus, et ce malgré l'application d'une série de mesures barrières édictées par le gouvernement.

Le 12 juin dernier, les autorités centrafricaines ont assoupli certaines contraintes, en procédant notamment à la réouverture des écoles, des lieux de culte, des restaurants, des caves et d'autres lieux de distraction.

 

NDLR : Au 25 juin, les chiffres officiels sont de  3244 cas de Covid dont 607 guérisons et 40 décès en Centrafrique.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 00:51
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Des élus de la nation boycottent la session extraordinaire pour réclamer le départ du ministre de la sécurité publique

 

BANGUI,  25 juin 2020 (RJDH) ---Des élus de la nation ont boycotté ce jour l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale pour exiger du Premier Ministre, le limogeage du ministre de la sécurité publique et l’arrestation du chef rebelle Sidiki.

La réaction de la trentaine de députés fait suite à l’embuscade des rebelles de 3R contre un convoi des forces nationales à l’Ouest du pays. Cette embuscade qui a fait le 21 juin dernier 4 morts et une dizaine de blessés dans les rangs des FACA, intervient quarantaine de jours après que le chef rebelle Sidiki dont les éléments ont été formés dans le cadre de l’accord de paix, s’est retiré avec ses éléments alors qu’il était dans le convoi conjoint du président de l’Assemblée Nationale et du ministre de la sécurité publique.

Un des députés porteurs de l’initiative, interrogé par le RJDH, parle « d’un sentiment de ras le bol qui s’inscrit dans le cadre de la défense des intérêts du pays », a-t-il expliqué sous le coup de la colère tout en quittant la plénière. Malgré l’appel au calme du président de l’Assemblée Nationale, une trentaine de députés ont quitté la salle au moment où le chef de l’Assemblée Nationale devrait prononcer son discours de circonstance.

Le Premier Ministre, présent sur les lieux était visiblement dépassé mais il est resté écouter l’allocution du président de l’Assemblée Nationale qui s’est transformé en un appel aux élus de la nation.

La réaction des députés n’est pas une surprise. Déjà lors de la dernière interprétation du gouvernement, plusieurs élus avaient appelé au départ du ministre de la sécurité publique jugé très proche du rebelle Sidiki qui ne cesse de narguer le pouvoir de Bangui. Comme pour répondre et démentir les élus, le président de la République accorde une promotion au ministre de la sécurité publique en le nommant général de division, un geste qui a secoué ceux qui appelaient à des sanctions contre ce gendarme de carrière devenu ministre depuis presque trois ans.

Henry Wanzet Linguissara est le ministre de l’actuel gouvernement dont le nom est lié à plusieurs affaires louches mais jamais le chef de l’Etat qui est l’un de ses parents, ne l’a inquiété. En 2018, il était cité dans des combines avec Ali Darass de l’UPC qui avait boycotté la journée mondiale de l’Alimentation à Bambari, à l’Est du pays.

Ketsia Kolissio  

 

 

Centrafrique : les opérations du DDR se poursuivent dans le nord du pays

 

NDELE, 25 juin 2020 (RJDH)---140 armes ont été déjà déposées par les combattants rebelles du FPRC dans le cadre du processus du DDR à Ndélé, lancé le lundi 22 juin.

Lancées depuis le lundi 22 juin, à ce jour, les opérations de désarmement ont permis de collecter 140 armes des mains des combattants rebelles du FPRC par l’équipe mobile du désarmement présente dans le Bamingui Bangoran, précisément à Ndélé. Selon le Capitaine Guy Sylvère Goni, chef de mission de l’équipe mobile de désarmement, les armes restituées répondent aux normes fixées par le Programme National de Désarmement et concernent 579 combattants du FPRC.

« Sur les 579 ex-combattants inscrits sur la liste, nous avons désarmé plus de 140 éléments qui attendent la démobilisation et nous avons collecté 80 armes de guerre. Les opérations du désarmement se poursuivent jusqu’à toucher ces 579 inscrits », a expliqué le Capitaine Guy Sylvère Goni, qui précise aussi que les opérations se déroulent sans incidents, « nous avons constaté une bonne évolution dans ces opérations. Nous travaillons avec les professionnels ainsi que les grands experts de la Minusca si bien qu’ en ce qui concerne la qualité des armes il n’y a pas question à s’inquiéter », répondant ainsi aux allégations qui font état des armes artisanales restituées.      

RJDH

 

 

Centrafrique : Deux principaux groupes rebelles-Peulhs se coalisent pour des intérêts liés à la transhumance

 

BANGUI, 25 juin 2020 (RJDH)--- Sidiki Abbas, leader des 3R, et Ali Darassa de l’UPC, ont signé le 17 juin dernier une déclaration d’entente, s’engageant à œuvrer de concert pour la défense des intérêts peuls liés à la problématique agro-pastorale et communautaire.

Contre toute attente, les deux principaux leaders armés peuls en Centrafrique, ont annoncé à travers une déclaration d’entente signée, le 17 et rendu public le 21 juin, leur engagement à œuvrer de concert pour la défense des intérêts peuls liés à la problématique agro-pastorale et communautaire.

C’est sur les réseaux sociaux que la nouvelle de cette alliance a été publiée. Mais, cela a suscité de doute pour certains observateurs de la vie politique dans le pays. « Je puis vous dire que le document est authentifié », a fait savoir Moussa, le Porte-Parole de l’UPC contacté par le RJDH le 23 juin dernier.

Selon le document, « Cette collaboration se veut avant tout politique et vise à explorer les moyens, qui par des synergies communes sont destinées à bénéficier à la communauté peule dans son ensemble », a mentionné le communiqué.

Et, à travers cet engagement, « Le Chef d’état-major de l’UPC, le général d’armée Ali Darassa Mahamat et le général Président du Mouvement 3R, le général Sidiki Abass souhaitent ainsi souligner leurs engagements sans faille et continuent d’œuvrer pour le retour de la paix, dans le cadre de l’APPR-RCA en favorisant le dialogue et l’échange bilatéral sur les problématiques agro-pastorales et communautaires », ont-ils souligné. 

A en croire l’avis de certains observateurs, ce rapprochement 3R-UPC est une alliance peulh. Le plan de la partition de la RCA continue toujours et la mainmise sur le pâturage et eau pour nourrir les troupeaux de bœufs sahéliens.

Face à cela, la classe politique centrafricaine ne cache pas du tout son inquiétude. « Nous avons pris connaissance d’un document dans lequel, un prétendu général Ali Darassa, un coupeur de route qui a commencé sa carrière justement dans la région de mont Ngaoui, et qui aujourd’hui dit qu’il est général d’armée, a signé un document avec Sidiki pour dire qu’ils s’unissent. Ils s’unissent pourquoi, ils s’unissent pour tuer les centrafricains. Ils s’unissent pour accroitre leur capacité de nuisance contre le peuple centrafricain », a fait savoir Martin Ziguele, Président du MLPC au cours d’une rencontre avec la presse.

L’Accord politique pour la paix et la réconciliation, n’a pas non plus épargné l’épineuse question de la transhumance. L’article 14 dudit accord stipule, « Les partis conviennent de la mise en place du système de gestion efficace et équitable de la transhumance pour en faire une activité sécurisée et pacifiée, essentielle au développement économique harmonieux des éleveurs et agriculteurs basés sur un schéma directeur national et de schémas locaux, qui seront développés en concertation avec les communautés concernées », c’est l’esprit de cet article qui a mis en place les USMS.  

Au début du mois de juin, Abbas Sidiki s’est retiré de l’APPR-RCA. Au terme de son accord avec l’UPC les deux parties affirment vouloir ainsi souligner leurs engagements sans faille et continuent d’œuvrer   pour le retour de la paix dans le cadre dudit accord.

Cyrille Wegue

 

 

Centrafrique : Moussa Fadoul, ancien maire du 3e arrondissement de Bangui, s’en est allé

 

BANGUI, 24 juin 2020 (Moussa Fadoul, ancien maire du 3ème arrondissement de Bangui, arrêté et détenu en la prison du camp militaire de Camp de Roux, est décédé dans la soirée de ce mardi 23. Ses parents, quant à eux, ont fait savoir qu’il aurait été maltraité et subi des tortures psychologiques en prison.

Détenu à la prison militaire de Camp de Roux à Bangui, il y a 14 mois, Moussa Fadoul est décédé dans la soirée de ce mardi 23 juin alors qu’il a été transféré dans un hôpital de la place pour des soins intensifs. A en croire ses proches parents, les services pénitenciers sont les seuls responsables de son décès car, depuis plus deux semaines son état de santé s’est dégradé, et ce, malgré leur incessante demande de pouvoir le conduire à l’hôpital.

En réponse aux allégations de mauvais traitement qu’aurait subi l’ancien maire du 3e, les services pénitenciers de leur côté ont indiqué que le défunt aurait consommé des produits dopants, ce qui selon eux, serait à l’origine de sa mort.

Les autres détenus, face à cela, ont manifesté pour revendiquer de meilleures conditions de détentions. Mais un dialogue est ouvert entre eux et les responsables de prison pour apaiser la situation.

Pour rappel, il a été arrêté au mois d’avril 2019 au quartier Ngou-ciment, dans le 5e arrondissement de Bangui, par l’OCRB (office central de répression du banditisme) lors d’une tentative de vol d’un minibus de l’ONG internationale DRC (Conseil danois pour les réfugiés). Il est mort sans être jugé par la Cour d’Appel de Bangui.

Vianney Ingasso

 

 

Centrafrique :  les violations de l’accord de paix rendent difficile sa mise en œuvre, selon l’ONU

 

BANGUI, 23 juin 2020 (RJDH)---Devant le Conseil de sécurité, le chef des opérations de paix de l’ONU a décrit une situation politique toujours fragile et une insécurité persistante en République centrafricaine (RCA), 16 mois après la signature de l’accord de paix et à six mois des élections.

Deux principaux points ont été relevés dans le rapport présenté par Jean Pierre La Croix, Chef des opérations des Nations Unies hier lundi, partant du climat sécuritaire et politique, en toile de fond les élections à venir.

De réelles inquiétudes ont été relevées par le numéro 2 de l’ONU en soulignant que « la mise en œuvre de l'accord politique (pour la paix et la réconciliation) est devenue plus difficile dans le contexte actuel ». Il s’est dit profondément préoccupé par les violations persistantes de l'accord, principalement par certains de ses signataires.

Sur le plan sécuritaire, à titre d’exemple, dimanche, une patrouille conjointe de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) et des Forces armées centrafricaines (FACA) a été attaquée dans la préfecture de Nana-Mambéré. L’attaque meurtrière attribuée au 3R a coûté la vie à deux soldats des FACA et blessée sept autres soldats centrafricains dans une embuscade tendue contre eux. M. Lacroix, a condamnée « une attaque lâche ». Il a surtout mis en évidence, l’Insécurité persistante dans le nord et le dans le nord-est du pays.

A cela s’ajoute, poursuit-il, « la situation politique qui demeure fragile », a rappelé le Secrétaire général adjoint aux membres du Conseil. C’est dans ce contexte que le pays doit tenir en décembre 2020 des élections présidentielles et législatives. Selon le dernier rapport de l’ONU sur la RCA.

Toutefois, l’ONU a noté des progrès importants dans les préparations aux élections auxquels la MINUSCA apporte son soutien. « Des progrès ont également été constatés pour ce qui concerne le financement des élections par les partenaires internationaux avec de généreuses contributions de l’Union européenne et des Etats-Unis. Mais sur les 41,8 millions de dollars nécessaires pour organiser les élections, un quart (10,5 millions de dollars) manquent toujours », conclut-il.

RJDH

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 00:49
DDRR: près de 100 éléments du FPRC désarmés en 48H à Ndélé
DDRR: près de 100 éléments du FPRC désarmés en 48H à Ndélé

 

Centrafrique/DDRR: près de 100 éléments du FPRC désarmés en 48H à Ndélé

 

Radio Ndeke Luka mercredi 24 juin 2020 18:40

 

Le processus du Désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement des ex-combattants en République centrafricaine se poursuit. Le lundi 22 juin 2020, le processus a été lancé à Ndélé dans le Bamingui Bangoran. En 48 heures, plus de 80 combattants du groupe armé Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) ont déposé les armes.

Deux mois après l'avis favorable, donné par le responsable militaire du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), le processus du désarmement et de démobilisation des anciens combattants est arrivé à Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran. Lancé en décembre 2018 à Paoua, dans l'Ouham-Péndé par le Président Faustin Archange Touadera, ce processus suit son cours pour enfin arrivé dans la zone Nord-est du pays. Au total, ils sont 579 ex-combattants du groupe FPRC, dirigé par Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, deux principaux leaders du mouvement déclarés éligibles.

En effet, l'équipe mobile du DDRR, arrivée la veille dans la ville de Ndélé a officiellement lancé le processus le lundi 22 juin 2020. Une cérémonie déroulée en présence des autorités locales. Le responsable de suivi des opérations à Ndélé, présentant les différentes étapes de ce désarmement, indique que tout se passe bien depuis le lancement de ces opérations.

"Les différentes étapes consistent à désarmer l'ex-combattant, le démobiliser et ensuite procéder à sa visite médicale, avant d'insérer son profil dans nos bases de données. Son aptitude sera également vérifiée pour faciliter son orientation. Les opérations se poursuivent très bien. Pour le moment, nous avons pu recueillir 41 armes de guerre, dont 6 collectives. Des mortiers, mitrailleuses et armes antichars ont été récoltés" a affirmé Capitaine Guy Silvère Ngoni, responsable de suivi des opérations.

Pour le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique, le désarmement de ses éléments vise à ramener la paix non seulement dans la préfecture du Bamingui-Bangoran, mais également dans toute la République centrafricaine. Toutefois  après ce désarment, aucune exaction ne sera tolérée sur la population civile.

"La motivation de désarmement de nos éléments, c'est le message de la paix. Tout le monde veux voir la Centrafrique en paix. Je peux pas garantir sur le message d'autres groupes armés car nous n'avons pas la même politique et la même vision des choses. Le FPRC est engagé sur la voie de la paix dans tout le pays" a fait savoir Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC.

Ce processus du désarmement, démobilisation et réinsertion débuté le 22 juin 2020 à Ndélé va durer 20 jours. Les deux premiers jours de l'opération ont été fructueux. Entre lundi 22 et mardi 23 juin 2020, plus de quatre vingt (80) ex-combattants ont déposé les armes.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 00:46
Offensive contre le 3R, la milice peule dont Bangui veut se débarrasser
Offensive contre le 3R, la milice peule dont Bangui veut se débarrasser

 

Lu pour vous

 

Centrafrique : offensive contre le 3R, la milice peule dont Bangui veut se débarrasser

 

https://www.francetvinfo.fr/ Jacques Deveaux le 25/06/2020 | 09:31 le 25/06/2020 | 09:31

 

En cinq ans, d'exaction en exaction, la milice d'auto défense peule a étendu son emprise sur le nord-ouest du pays.

Deux militaires de l'armée centrafricaine ont été tués et cinq autres blessés dans une embuscade tendue par des éléments du 3R, dimanche 21 juin. Le convoi participait à l'opération conjointe FACA-Minusca "de restauration de l'autorité de l'Etat" dans le nord-ouest du pays, dans le secteur de Besson. "L'opération vise à mettre fin aux violences commises contre les civils par le 3R, contraindre ce groupe à cesser son implantation dans le nord et l'ouest de cette région de la RCA (République centrafricaine), protéger les populations et rétablir l'autorité de l'Etat", explique le communiqué de la Minusca.

Le 3R (pour Retour, Réclamation et Réhabilitation) est devenu le groupe armé le plus puissant de Centrafrique. Son chef, Abass Sidiki, est un Camerounais opposant au régime de Yaoundé. Traqué par les forces armées camerounaises, il a fini par s'installer en Centrafrique.

Protéger les Peuls

La vocation du mouvement, quand il est apparu fin 2015, était de protéger les éleveurs peuls présents dans le nord-ouest du pays des attaques des anti-balaka. Le 3R dénonce en particulier les déplacements massifs et contraints des Peuls vers les pays voisins : Cameroun, Tchad et République démocratique du Congo. Le mouvement veut également aider au retour des familles peules et de leurs troupeaux dans la région ainsi que le rétablissement de leurs droits.

Mais rapidement, Abass Sidiki et ses hommes ont été accusés de nombreuses exactions. Si bien que les membres du 3R sont devenus la bête noire des troupes de la Minusca, chargées du maintien de la paix. La milice est désormais accusée de mener une guerre ethnique, en chassant les non-peuls de la région. En 2016, Human Rights Watch écrivait "Les actes de ce groupe armé ont provoqué le déplacement d’au moins 17 000 personnes : 14 000 autour de la ville de Bocaranga et 3 000 à la frontière avec le Cameroun."

Des milliers d'habitants déplacés

Pour le groupe armé, ces opérations sont des ripostes aux attaques des anti-balaka contre les éleveurs peuls. Un double langage qui a conduit à une situation de mi-guerre, mi-paix. Ainsi, avec 13 autres mouvements rebelles, le 3R a même signé en février 2019 un accord de paix avec le gouvernement centrafricain. En retour, Abass Sidiki a obtenu un siège de "conseiller spécial militaire" auprès du Premier ministre.

Pourtant, cela n'a pas empêché les attaques de se poursuivre, notamment dans la région de Paoua (près de la frontière tchadienne), qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Le 3R en a rejeté la responsabilité sur des éléments incontrôlés, et pour preuve de sa bonne foi a remis trois responsables des massacres aux autorités. Dans un communiqué, il rappelait "sa ferme volonté à continuer à œuvrer pour la paix".

"Double jeu", accusent les Casques bleus

Mais finalement, les masques sont tombés. Après avoir démissionné de son poste au bout de quatre mois, Abass Sidiki a franchi un nouveau pas en se retirant des négociations sur l'accord de paix. Il demande même à ses hommes de "répliquer avec la dernière force en cas d’attaque" par les forces gouvernementales.

Depuis, les Forces armées de la Centrafrique (FACA) et la Minusca sont passées à l'offensive, bien décidées à se débarrasser des 3R, ou tout du moins à les contraindre à négocier. "Plusieurs de leur check-points ont été démantelés et nous continuerons dans ces zones pour s'assurer que le mouvement disparaît définitivement dans la région", a annoncé le 20 juin Vladimir Monteiro, le porte-parole de la Minusca.

Mais Abass Sidiki n'a visiblement pas envie de se laisser faire. Le 9 juin déjà, des éléments du 3R avaient attaqué une base militaire de l'armée centrafricaine à Bouar et blessé 14 personnes d'une unité mixte composée de soldats réguliers et d'anciens combattants rebelles.

La Minusca parle de "double jeu" de la part du 3R et met en doute sa volonté d'œuvrer pour la paix. Elle rappelle que "les attaques contre les Casques bleus des Nations unies peuvent constituer des crimes de guerre passibles de poursuites judicaires".

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