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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 00:17
Congo B : un scénario à la tchadienne pour la succession de Sassou 

Lu pour vous

 

Congo Brazzaville: un scénario à la tchadienne pour la succession de Sassou 

 

https://mondafrique.com/ par Francis Sahel 4 septembre 2021

Annoncé pour ce week-end, le retour du président congolais Denis Sassou Nguesso à Brazzaville après un séjour hospitalier en Suisse ne devrait pas mettre fin aux bagarres pour sa succession. Son fils Denis Christel pourrait lui succéder, comme l’a fait Mahamat Idriss Déby Itno en avril dernier au Tchad.  

Cette fois, l’alerte sur l’état de santé de Denis Sassou Nugesso, 78 ans dont 37 au pouvoir, qui connaitrait des sérieux moments d’absence, semble plus sérieuse que les précédentes. Le président congolais, qui séjourne à Montreux, en Suisse, pour « une batterie d’examens médicaux » n’est pas apparu en public depuis le 15 août, date de la fête de l’indépendance nationale. La première dame du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, était attendue hier vendredi au chevet de son mari, après avoir subi des contrôles médicaux dans des hôpitaux parisiens. Pour rassurer l’opinion, l’entourage de Sassou a annoncé son retour, déjà reporté une première fois, pour ce week-end à Brazzaville.  

Mourir au pays 

Un fin connaisseur du Congo évoquait samedi matin l’hypothèse que le président congolais, que l’on savait souffrant depuis plusieurs années, ait choisi de revenir au pays pour sa fin de vie. Il ne veut surtout pas, selon lui, connaitre le sort de son gendre, le président gabonais Omar Bongo Ondimba, décédé en 2009 à Barcelone, en Espagne, après 41 ans au pouvoir. Dans l’hypothèse d’une disparition prématurée de Sassou, qui a été réélu en mars dernier pour un quatrième mandat, son fils Denis Christel tient aujourd’hui la corde pour lui succéder. Comme au Tchad, rien ne garantit à ce jour qu’au Congo le mécanisme constitutionnel, qui prévoit une période intérimaire suivie d’une présidentielle anticipée, sera respecté. Entré au gouvernement à la faveur du remaniement de mars, Denis Christel, naguère connu pour son appétence pour les revenus pétroliers, est super ministre de la Coopération internationale et des partenariats publics/privés. A 46 ans, « Kiki », de son petit nom, bénéficie d’un important réseau au sein du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) dont il est membre du bureau politique. 

Soutien de l’armée 

La clé de la succession de Sassou, en cas de disparition inattendue, devrait être entre les mains de l’armée congolaise. Ce qui devrait profiter à Denis Christel. En 37 années de pouvoir, Sassou, lui-même ancien supérieur officier, a façonné une armée entièrement dévouée à son clan et à son ethnie tant sur les plans du recrutement, de la formation et de la nomination aux postes stratégiques et sensibles. Pour la hiérarchie militaire, Denis Christel offrirait les garanties de la poursuite de la jouissance de ses privilèges mais surtout l’assurance de l’impunité pour les crimes commis lors des années de répression (1998-2005 ; 2016-2017) dans la région du Pool, sud du pays.  

Restera, après le soutien de l’armée et du PCT, à Denis Christel de faire passer la pilule de la succession dynastique à la communauté internationale.  A ce niveau, les exemples du Mali et du Tchad montrent que tout se joue au rapport de forces.  Si la communauté internationale s’est accommodée d’une transition militaire dirigée au Tchad le général Mahamat Idriss Déby, d’une autre transition militaire conduite au Mali par le colonel Assimi Goïta, elle pourrait, à priori, plus facilement s’en remettre à une transition militaro-civile dirigée au Congo par Denis Christel. En tout cas, ce n’est pas la moribonde Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) qui pourrait s’y opposer. A l’échelle internationale, Denis Christel pourra alors compter sur le soutien de la Chine, premier partenaire économique du Congo, et de la Russie dont son père s’est fortement rapproché ces dernières années. 

 

 

Le président Denis Sassou Nguesso soigné en Suisse

By La redaction de Mondafrique 3 septembre 2021

Après les vacances du président camerounais Paul Biya à Genève, un autre chef d’Etat a choisi les rives du Léman comme destination estivale. Ce jeudi, Africa Intelligence, une lettre d’information sur l’Afrique généralement bien informée, confirmait la présence du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, 78 ans, qui cumule trente-sept ans à la tête de l’Etat pétrolier.

Selon cette publication, le vieux chef d’Etat subit depuis deux semaines «une batterie d’examens médicaux» dans une clinique de Montreux. Un séjour très discret. Cette fois, pas de manifestants faisant le siège du palace ou de la clinique, où résiderait le chef d’Etat, comme lors des nombreuses visites du président camerounais Paul Biya à l’hôtel Intercontinental.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 23:10
RCA : Un ancien chef d'une milice accusée de crimes de guerre arrêté

 

Un ancien chef d'une milice accusée de crimes de guerre arrêté en Centrafrique

 

05.09.2021 à 17:00

Un important ancien chef d'une des milices accusées de crimes contre l'humanité par l'ONU durant la guerre civile en Centrafrique a été arrêté à Bangui, a annoncé dimanche à l'AFP le ministre centrafricain de la Justice.

L'ex-capitaine Eugène Barret Ngaïkosset est un ancien cadre de la garde rapprochée de l'ex-président François Bozizé, renversé en 2013 par une coalition de groupes armés à majorité musulmane, la Séléka. Il a ensuite été un chef important des milices anti-balaka, à majorité chrétienne et animiste, fondées par M. Bozizé pour lutter contre la Séléka.

Ces deux groupes ont plongé le pays dans une sanglante guerre civile et ont été accusés en 2015 par l'ONU de "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" durant les années 2014 et 2015, au paroxysme du conflit.

M. Ngaïkosset "a été arrêté samedi lors de l'inauguration de la nouvelle base logistique des forces armées centrafricaines" dans la périphérie de la capitale, a assuré à l'AFP le ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene.

"Il avait précédé les autorités sur le lieu des cérémonies" présidées par le président Faustin Archange Touadéra, a-t-il ajouté, sans plus de détail. Les chefs d'accusations retenus contre lui seront précisés "dans les prochains jours", a conclu le ministre.

La Cour pénale internationale (CPI) de la Haye comme une Cour Pénale Spéciale (CPS) à Bangui sont chargées de juger les criminels de guerre présumés en Centrafrique.

M. Ngaïkosset est surnommé par la presse centrafricaine "le boucher de Paoua" en référence à des massacres commis dans cette ville du Nord-Ouest par l'armée, de 2005 à 2007, lorsqu'il était un des commandants de la redoutable garde présidentielle de M. Bozizé.

Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) de 2009, "des diplomates à Bangui avaient (alors) insisté auprès du président François Bozizé pour qu'il engage des poursuites judiciaires contre Eugène Ngaïkosset, commandant d'une unité de la garde présidentielle impliquée dans des atrocités généralisées commises dans le Nord-Ouest".

"A l’époque, il y avait eu un mandat d’arrêt international contre lui", a précisé M. Abazene.

L'ex-capitaine avait créé une faction des milices anti-balaka après la chute de M. Bozizé en 2013. Et un rapport de l'ONU, qui a gelé ses avoirs à l'étranger et émis un avis d'interdiction de voyager, l'a accusé en 2015 de "s’être livré ou avoir apporté un appui à des actes (...) contraires au droit international des droits de l’Homme".

La guerre civile a considérablement baissé d'intensité depuis 2018 mais des groupes armés, issus ou non de l'ex-Séléka et des anti-balaka, occupaient encore fin 2020 plus des deux tiers de la Centrafrique. Certains ont lancé en décembre une rébellion contre le pouvoir du président Touadéra. Ce dernier a été finalement réélu le 27 décembre et son armée, grâce à l'appui de centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, a aujourd'hui largement reconquis le territoire.

© 2021 AFP

 

 

Centrafrique : arrestation du chef anti-balaka Eugène Ngaïkosset

https://www.aa.com.tr/ Lassaad Ben Ahmed   |05.09.2021 AA / Peter Kum

- Cet ancien membre de la garde rapprochée de l'ex-président François Bozizé, a été arrêté samedi sur la base logistique des Forces armées centrafricaines à Liton au PK22.

Le capitaine Eugène Barret Ngaikosset, chef anti-Balaka, a été arrêté samedi au PK22 en RCA et transféré au siège de la section des recherches et d'investigation (SRI) à Bangui, a appris l’Agence Anadolu des autorités centrafricaines.

Eugène Barret Ngaikosset alias « Boucher de Paoua », a été arrêté par la garde présidentielle lors de la cérémonie inaugurale de la principale base logistique des Forces armées centrafricaines (Faca) présidée, samedi, par le président centrafricain à PK22 au village Liton sur la route de Damara.

« Alors que le Président de la République était attendu pour la cérémonie de l’inauguration de la base logistique principale, le capitaine de l’armée poursuivi par la CPI (Cour pénale internationale) pour les crimes commis dans la partie septentrionale du pays, a été aperçu en tenue militaire sur les lieux, alors qu’ il ne faisait pas partie du dispositif militaire devant sécuriser ladite cérémonie », a indiqué à l’Agence Anadolu, Arnaud Djoubaye Abazene.

Dans un rapport publié le 17 décembre 2015, le Conseil de sécurité de l’ONU avait souligné que M. Ngaïkosset est l’un des principaux auteurs des violences qui ont éclaté à Bangui à la fin du mois de septembre 2015.

« Lui et d’autres combattants anti-balaka se sont alliés à des rebelles de l’ex-Séléka en vue de déstabiliser le gouvernement de transition de la République centrafricaine », avait relevé le rapport.

Le 8 octobre 2015, les autorités centrafricaines avaient annoncé l'ouverture d'une enquête au sujet de Ngaïkosset et d’autres personnes pour leur participation aux violences perpétrées à Bangui en septembre 2015.

Le capitaine Ngaïkosset et ses coaccusés étaient nommément cités pour leurs « comportements flagrants, qui sont constitutifs d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, de complot, d’incitation à la guerre civile, à la désobéissance civile, à la haine, et de complicité ».

Le Gouvernement avait instruit les autorités judiciaires compétentes aux fins d’ouvrir une enquête à l’effet de rechercher et d’arrêter les présumés auteurs et complices.

A l'entrée de la coalition Séléka, le 24 mars 2013, date de la chute du pouvoir de François Bozizé, le capitaine Eugène Baret Ngaïkosset s'était réfugié en République démocratique Congo.

Il s'était ensuite retrouvé au Cameroun en novembre et sera rattrapé dans sa course par la justice au Congo-Brazzaville où il va être arrêté et mis en prison en compagnie de son frère cadet pendant 2 ans, à compter du 1er décembre 2013.

Il est libéré et expulsé en République Centrafricaine le mardi 12 mai 2015.

A sa descente d'avion, le capitaine Baret Ngaïkosset avait été systématiquement conduit de l’aéroport Bangui M'Poko à la SRI, où il disparaîtra de ce lieu de détention dimanche 17 mai 2015 dans des circonstances non élucidées.

 

RCA : Un ancien chef d'une milice accusée de crimes de guerre arrêté
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 22:27
Guinée : la dérive autoritaire d’Alpha Condé rattrapée par les putschistes

 

Tentative de coup d’Etat en Guinée : la dérive autoritaire d’Alpha Condé rattrapée par les putschistes

 

https://www.leparisien.fr/ Le 5 septembre 2021 à 22h29

 

Des militaires des forces spéciales ont annoncé avoir capturé ce dimanche le président Alpha Condé élu depuis 2010 à la tête du pays. Ces derniers mois, le chef d’Etat avait été fustigé pour ses dérives autoritaires et la répression menée contre l’opposition guinéenne.

La confusion règne en Guinée. Ce pays d’Afrique de l’Ouest parmi les plus pauvres du monde, a été le théâtre ce dimanche d’une tentative de coup d’État dont l’issue reste encore incertaine. Des militaires des forces spéciales ont annoncé avoir capturé le président Alpha Condé et dissous les institutions en vigueur dans le pays. Des annonces qui ont aussitôt suscité la condamnation de la France et de l’ONU mais aussi des scènes de liesse dans la capitale, Conakry, preuve de la défiance d’une partie du peuple envers Condé.

Ancienne colonie française, la Guinée a été dirigée pendant des décennies par des régimes autoritaires, voire dictatoriaux, qu’il s’agisse de Sékou Touré, ou de son successeur Lansana Conté, au pouvoir jusqu’à sa mort en 2008. Deux ans plus tard, les Guinéens se rendaient à leur premier scrutin démocratique pour élire à la tête de leur pays celui qui faisait à l’époque figure d’opposant historique, Alpha Condé. Puis, cet ancien enseignant de profession est réélu en 2015 pour un deuxième mandat, au terme d’un vote émaillé de violences et d’accusations de fraude.

Une pauvreté alarmante, malgré des ressources considérables

Les tensions s’accentuent lors de sa candidature à un troisième mandat. L’élection sera précédée et suivie par l’arrestation de dizaines d’opposants. Malgré des recours dénonçant des « bourrages d’urnes » et des irrégularités, Alpha Condé est proclamé président pour un troisième mandat, le 7 novembre 2020.

Depuis des mois, le pays d’Afrique de l’Ouest traverse ainsi une profonde crise politique et économique, aggravée par la pandémie de Covid-19. Et ce malgré, des ressources minières et hydrologiques considérables. L’État est l’un des premiers producteurs mondiaux de bauxite, principal minerai pour la production d’aluminium. Le pays compte encore des gisements de fer, d’or, de diamant et de pétrole. En parallèle, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec moins d’un euro par jour, selon l’ONU.

Des dérives autoritaires

Aujourd’hui âgé de 83 ans, Alpha Condé a été fustigé pour ses dérives autoritaires, remettant en cause les acquis du début de son mandat. Il a rejoint aux yeux de ses adversaires et des organisations internationales, les rangs de certains dirigeants africains se maintenant au pouvoir au-delà du terme prévu, en usant d’arguments légaux.

Ainsi, il avait fait adopter en mars 2020, malgré une contestation déjà vive, une nouvelle Constitution pour, selon lui, « moderniser [les] institutions » et accorder une plus grande place aux femmes et aux jeunes. L’opposition y voyait un « coup d’État » constitutionnel. La contestation a, elle, été à plusieurs reprises durement réprimée.

De son côté, le chef de l’État se targue d’avoir fait avancer les droits de l’homme et d’avoir redressé un pays qu’il dit avoir trouvé en ruines. Interrogé en octobre 2020 sur France 24, il se défendait de vouloir instaurer une « présidence à vie », assurant être « un démocrate ». La nouvelle Constitution lui permet théoriquement de se représenter dans six ans. Mais la tentative de coup d’État, mené par les putschistes pourrait redistribuer les cartes du pouvoir dans les prochaines semaines.

 

Alpha Condé

Du MND au RPG

En 1977, dans la foulée de la rencontre tripartite de réconciliation à Monrovia entre les présidents Sékou TouréFélix Houphouët-Boigny et Léopold Sédar Senghor, Alpha Condé crée le Mouvement national démocratique (MND) avec le professeur Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres membres fondateurs. Le MND subira plusieurs mutations de la lutte clandestine à la lutte semi-clandestine et enfin à la lutte légale depuis 1991. Le MND devient d’abord l’UJP (Unité, justice, patrie), le RPG (Rassemblement des patriotes guinéens), puis RPG (Rassemblement du peuple de Guinée) pour enfin être l’actuel RPG-Arc-en-ciel[réf. nécessaire].

Élection présidentielle de 1993

Alpha Condé rentre en Guinée, à la suite de l'ouverture démocratique des années 1990, fruit d'un long combat mené entre autres par Bah Mamadou BhoyeSiradiou Diallo, Mansour Kaba, etc., le multipartisme intégral adopté par le régime du président Conté autorise la présence de plusieurs partis d’opposition en Guinée. Puis, Alpha Condé prend part à la première élection multipartite du pays, en décembre 1993, après trente ans de régime autoritaire. Lors du scrutin, Condé est un des challengers de Lansana Conté, président depuis le coup d'État de 1984. Le général Conté est déclaré vainqueur avec 51,7 % des voix[5], tandis que les observateurs nationaux et internationaux chargés de la supervision du scrutin dénoncent un fort climat de fraude et que l’opposition conteste unanimement les résultats officiels. Les partisans de Condé s’insurgent particulièrement contre l’annulation par la Cour suprême de la totalité des résultats pour les préfectures de Kankan et Siguiri, où Alpha Condé était vraisemblablement fortement majoritaire. Condé demande à ses militants de ne pas prendre le risque d’entraîner une guerre civile et de concentrer leurs efforts sur le scrutin suivant.

Scrutin présidentiel de 1998

Aux élections présidentielles suivantes, en décembre 1998, Alpha Condé se présente de nouveau mais il est arrêté et emprisonné, à la suite d'une tentative d'évasion, avant la fin du scrutin[6].

Les résultats officiels publiés par le gouvernement déclarent Lansana Conté vainqueur du premier tour avec 56,1 % suivi de Mamadou Boye Bâ (24,6 %). Le 16 décembre, deux jours après le scrutin, nombreux dirigeants de l'opposition sont arrêtés pour préparation présumée d'une rébellion contre la dictature en place. Les mois suivants, des exactions vont être commises par des forces militaires sur les sympathisants de l'opposition.

Emprisonnement et condamnation

Alpha Condé est maintenu en prison pendant plus de vingt mois avant que le gouvernement ne constitue une cour spéciale pour le juger. Cette incarcération sans procès soulève un fort mouvement de protestation international. Amnesty International dénonce une violation des droits de l'homme et le Conseil de l’Union interparlementaire une violation de l’immunité parlementaire dont Alpha Condé bénéficie en tant que député guinéen. De nombreuses voix s’élèvent tout au long de son emprisonnement pour demander sa libération immédiate. Parmi lesquelles celles d’Albert Bourgi, qui organisent un important mouvement de soutien « le comité de libération » à Alpha Condé, ou de Tiken Jah Fakoly, auteur de « Libérez Alpha Condé » adressé au général Lansana Conté, et que la jeunesse transforme en hymne à la gloire des martyrs et prisonniers politiques africains. Condé reçoit également le soutien de chefs de diplomatie étrangers, à l’instar de Madeleine Albright (États-Unis) qui se déplace à Conakry même. En France, le Président Jacques Chirac s’implique personnellement[7]. Sa mobilisation vient renforcer les multiples requêtes d’autres chefs d’État en demandant officiellement la relâche rapide d’Alpha Condé.

Condé est condamné, en 2000 à cinq ans de prison pour « atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national » au terme d’un procès retentissant décrié dans la presse africaine et internationale[8]. Il est finalement libéré en 2001, faisant l’objet d’une grâce présidentielle.

L’« affaire Alpha Condé »[9], comme elle est souvent décrite dans la presse, donne lieu à un procès retentissant et marque un tournant politique important pour la Guinée.

Alpha Condé est libéré le 18 mai 2001, date à laquelle il fait l’objet d’une grâce présidentielle, 28 mois après son arrestation et huit mois après son procès organisé par la « Cour de sûreté de l’État guinéen », qui est spécialement constituée à cet effet.

Ce procès de cinq mois qui débute le 12 avril 2000, après plusieurs reports, le condamne tout d’abord à cinq ans de réclusion criminelle pour « atteinte à la sûreté de l’État guinéen » et « emploi illégal de la force armée », le lundi 11 septembre 2000.

Junte militaire et élection présidentielle de 2010

À partir de la mort de Lansana Conté et de la prise du pouvoir par la junte militaire de Moussa Dadis Camara, en 2008, Alpha Condé appelle au retour d’un pouvoir civil et à la tenue d’élections transparentes. Il le fait au sein des Forces vives, constituées de l'opposition, des syndicats et des autres acteurs de la société civile. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde en janvier 2010, il déclare que les massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry mettent en évidence la nécessité d’une rupture complète avec le passé[10],[11].

En février 2010, il annonce la candidature de son parti au scrutin présidentiel de juin. Alpha Condé arrive en deuxième position du premier tour, avec 18,25 % des voix, se qualifiant ainsi pour le second tour[12]. Le 15 novembre 2010, il est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avec 52,52 % des voix, face à l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo[13]. La Cour suprême valide l'élection le 3 décembre suivant[14] et Cellou Dalein Diallo reconnaît sa défaite.

Président de la République de Guinée

Investiture

Alpha Condé est investi président de la République le 21 décembre 2010 à Conakry, en présence de 13 chefs d'État africains et de délégations gouvernementales d'autres continents. Il promet « une ère nouvelle » et annonce son intention de devenir « le Mandela de la Guinée » en unifiant et développant son pays[15]. Trois jours après son investiture, il nomme l'économiste Mohamed Saïd Fofana au poste de Premier ministre[16].

Attaque de sa résidence

Le 19 juillet 2011, des militaires attaquent sa résidence privée de Conakry, dont une partie est soufflée par une roquette[17]. Alpha Condé s'en sort indemne, mais un membre de la garde présidentielle est tué[17].

Liberté de la presse

Le 28 juillet 2011, quelques jours après l’attaque de sa résidence, l'ONG Reporters sans frontières publie un rapport dans lequel elle demande à Alpha Condé « d'affirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse et au respect du pluralisme des médias », tandis que la France l'appelle à ne pas entraver la liberté de la presse et à organiser des élections législatives dans les meilleurs délais[18].

Situation économique

Entre 2010 et 2017, le pays connaît une croissance annuelle relativement importante (4 % en moyenne), malgré une stagnation du PIB en 2015[19]. Dans le même temps, le chômage reste stable, à 4,5 %[20], et l'inflation passe de quelque 20 % à 10 %[21]. Par ailleurs, le pays voit sa dette publique passer de 68 % à 19 % du PIB[22], tandis que le déficit public, qui s’élevait à 14 % en 2010, devient un excédent (0,6 %) en 2017[23].

Réélections

Il est réélu pour un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2015, avec 57,9 % des voix au premier tour.

En septembre 2019, à New York, il suggère l'organisation d'un référendum pour modifier la Constitution guinéenne et lui permettre ainsi de briguer un troisième mandat[24]. En réaction, un important mouvement de contestation, le Mouvement FNDC, fédérant les principaux partis d’opposition (l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré) ainsi que les plus importantes organisations de la société civile, se dresse contre l’initiative présidentielle[25].

Il fait reporter les élections législatives du 16 février 2020 au 1er mars suivant, et annonce la tenue simultanée d'un référendum constitutionnel. L’opposition guinéenne s’oppose à la tenue d’un référendum sur la réforme de la Constitution.

Le 31 août 2020, son parti annonce qu’Alpha Condé sera candidat à un troisième mandat lors du scrutin prévu le 18 octobre 2020. Depuis des mois, cette perspective suscite une vague de protestation qui a fait des dizaines de morts[26]. Alpha condé se présente alors comme le candidat « des femmes et des jeunes »[27].

Il est réélu pour un second mandat à l’issue du premier tour l'élection présidentielle de 2020, avec 59,5 % des voix. Son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, qui s’était proclamé vainqueur du scrutin avant la publication des résultats, est crédité de 33,5 % des suffrages par la Commission électorale nationale indépendante.

 

Faits divers

Enquête sur le fils du président guinéen

 

Le train de vie et les activités de Mohamed Alpha Condé, fils du chef d'Etat de Guinée-Conakry, intriguent la justice française.

 

https://www.leparisien.fr/ Le 28 septembre 2015 à 06h39

Déjà la cible de vives critiques liées aux modalités de son accession à la tête du pays en 2010, le président guinéen Alpha Condé pourrait connaître une fin de mandat mouvementée. En effet, voilà plusieurs mois que la justice française s'intéresse aux activités et au train de vie de l'un de ses plus proches conseillers : son propre fils, Mohamed Alpha Condé. Agé de 45 ans, l'homme qui possède la double nationalité guinéenne et française, et officie comme « chargé de mission » au sein de la présidence, est l'objet d'accusations d'infractions financières, au premier rang desquels des abus de biens sociaux et des détournements de fonds publics. Ces soupçons ont poussé le parquet financier à diligenter une enquête préliminaire depuis fin avril.

Les enquêteurs spécialisés cherchent à savoir si Mohamed Alpha Condé a bénéficié, en France, de prestations de luxe (logement, transports, versement d'argent présumé...) payées par des entreprises françaises qui ont des intérêts dans l'industrie minière guinéenne. Au centre des interrogations, la jouissance d'un vaste appartement du XVIIe arrondissement de Paris, ainsi que l'emploi régulier, pour plusieurs dizaines de milliers d'euros, de compagnies de limousines de luxe pour ses déplacements dans la capitale.

« On parle de prestations particulièrement coûteuses qui ne correspondent pas au salaire de 800 000 mensuels déclarés par Mohamed Alpha Condé en tant que chargé de mission », déplore Grégory Mathieu, secrétaire général de l'ONG Fondation pour la gouvernance et la démocratie, et ancien porte-parole de l'ex-commissaire européen aux droits de l'homme Alvaro Gil-Robles.

Jets privés et hôtels de luxe

Grégory Mathieu indique aussi que de nombreux témoignages assurent que Mohamed Alpha Condé utiliserait régulièrement des jets privés afin de relier des destinations exotiques où il séjournerait au sein d'établissements hôteliers de grand luxe. « Il est fondamental que la justice française enquête sur un système de corruption qui n'a comme effet immédiat que de privilégier une minorité de personnes en Guinée et non l'ensemble de la population », explique- t-il.

Selon plusieurs sources, deux hommes d'affaires possédant des parts dans des sociétés d'extraction minière, et ayant des intérêts en France et en Guinée, seraient au centre des investigations. « La question est de savoir si Mohamed Alpha Condé tire un bénéfice financier ou autre, notamment lors de ses voyages en France, de la part d'hommes d'affaires impliqués dans l'industrie minière guinéenne, et qui, de fait, bénéficieraient d'avantages auprès de décideurs publics guinéens », résume une source proche de l'affaire.

« En payant le fils, on achète le père », conclut Grégory Mathieu, qui s'inquiète du niveau de corruption en Guinée-Conakry, ajoutant que le pays occupait en 2014 la 145e place sur 174 pays du classement de l'indice annuel de perception de la corruption, établit par l'ONG Transparency International. Cette affaire, dans le cas où la justice déciderait de pousser plus avant ses investigations, pourrait fragiliser le pouvoir guinéen à l'approche de l'élection présidentielle du 11 octobre. Contactée à plusieurs reprises, l'ambassade de Guinée n'a pu être jointe.

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 22:20
Guinée : La CEDEAO et l'UA condamne avec la plus grande fermeté
Guinée : La CEDEAO et l'UA condamne avec la plus grande fermeté
Guinée : La CEDEAO et l'UA condamne avec la plus grande fermeté

 

Guinée La CEDEAO « condamne avec la plus grande fermeté cette tentative de coup d’Etat » et exige le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions.

 

« Le Président en exercice de l’Union africaine, Felix Tshisekedi et le Président de la commission africaine Moussa Faki Mahamat condamnent toute prise de pouvoir par la force et demande la libération immédiate du président Alpha Condé », a déclaré l’Union africaine (UA) à travers un communiqué.

La CEDEAO, quant à elle, « condamne avec la plus grande fermeté cette tentative de coup d’Etat » et se dit contre tout changement politique anticonstitutionnel.

 

www.burkina24.com

Guinée : La CEDEAO et l'UA condamne avec la plus grande fermeté
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 20:58
RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION BILATÉRALE ENTRE LA LIBYE ET LA RCA.
RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION BILATÉRALE ENTRE LA LIBYE ET LA RCA.

 

VERS LE RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION BILATÉRALE ENTRE LA LIBYE ET LA RCA.

https://www.facebook.com/Renaissance.cf/

Le Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA a présidé en fin d’après-midi du jeudi 02 septembre 2021, une réunion de haut niveau avec une délégation des diplomates libyens, conduite par le Vice-ministre des Affaires Étrangères, Chargé des Affaires Africaines, M. Mohamed Khalleel Idi Issa.

La délégation libyenne est porteuse d’un message du Président du Conseil Présidentiel Son Excellence Mohammed El-Menfi à son homologue centrafricain, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA.

Ensuite, une réunion bilatérale a eu lieu dans la Salle du Conseil de Ministres du Palais de la Renaissance.

Cette rencontre avait pour objectif, le renforcement des relations bilatérales entre la République Centrafricaine et la République soeur de la Libye.

Interrogé à la sortie de cette réunion, le Vice-Ministre des Affaires Étrangères de la Libye a fait savoir que les discutions avec les autorités centrafricaines a permis de faire un tour d'horizon sur l'ensemble des actions que ces deux pays frères pourraient entreprendre, pour renforcer leur coopération diplomatique. Aussi, de faire part de la volonté de son pays d’accroitre ses investissements dans plusieurs domaines en République Centrafricaine à travers l’entreprise Laïco.

Il a annoncé l’ouverture prochaine de l’ambassade de la Libye en République Centrafricaine.

Enfin, Monsieur Mohamed Khalleel Idi Issa a affirmé que la Libye entendait jouer sa partition dans les instances de l’Union Africaine et la CENSAD dont le siège qui avait déménagé pour des raisons de guerre, sera bientôt de retour dans son pays.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 20:47
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA
Inauguration de la base logistique des FACA

 

LES FORCES ARMÉES CENTRAFRICAINES SE DOTENT D’UNE GRANDE BASE LOGISTIQUE A LITON ET EST EN PASSE DE PASSER D’UNE ARMÉE DE PROJECTION A UNE ARMÉE DE GARNISON.

https://www.facebook.com/Renaissance.cf/

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA a rehaussé de sa présence, ce jour, samedi 03 septembre 2021 au Pk22 village Liton route de Damara, la cérémonie de l’inauguration de la Base Logistique Principale des Forces Armées Centrafricaines.

En effet le Président TOUADERA ne ménage aucun effort depuis le début de son accession à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain, pour redonner aux Forces Armées Centrafricaines leurs lettres de noblesse.

La journée du 03 septembre 2021 va être gravée dans l’histoire de la RCA car elle marque la remise au ministère de la défense de la première base logistique des Forces Armées Centrafricaines, construite sur fonds propres du gouvernement.

Dans son allocution de circonstance, le Ministre de la Défense Rameaux Claude BIREAU a affirmé que la construction de cette première base logistique des FACA constitue un impératif majeur pour la République Centrafricaine, non seulement pour l’expansion de Bangui sa capitale qui fait face à une croissance rapide de sa population, mais aussi de permettre à l’armée nationale d’avoir les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions régaliennes.

La construction de cette base logistique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de la défense, approuvé en 2017 qui définit l’organisation, fondamentale de l’armée centrafricaine comme une armée de garnison.

Pour le père de la nation et de la refondation des Forces Armées Centrafricaines, l'inauguration de cette base n'est que le début des multiples actions qui vont faire passer le principal outil de défense de son pays, jadis une armée de projection à une armée de garnison. "Il est nécessaire que notre armée ait une base logistique. Bien entendu, ce n'est que le début de ce vaste projet. On a plus de 176 hectares et on en a utilisé que 15. C'est progressivement que nous allons tout mettre en œuvre pour avoir tous les équipements dignes d'une base logistique aux normes .

Le Président TOUADERA est décidé à faire monter en puissance les Forces Armées Centrafricaines en dépit des circonstances difficiles que son pays traverse actuellement: "Notre volonté c'est de construire la sécurité du pays à travers son armée et aussi les Forces de Sécurité Intérieure. Pour y parvenir , il faut des moyens et des structures. Le Gouvernement sur fonds propres a décidé de démarrer une base logistique pour nos forces. c'est un endroit indispensable pour une armée qui se veut opérationnelle et dynamique. Nous inaugurons les premières installations. Le Gouvernement va continuer ses efforts pour équiper cette base, parce qu'il y a encore beaucoup à faire. C'est pour que notre armée puisse monter en puissance et remplir convenablement sa mission qui est de protéger le territoire, protéger les institutions et les centrafricains" a déclaré le Président TOUADERA à la presse.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 20:16
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée
Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée

Lu pour vous

 

Guinée, l’apprenti sorcier Alpha Condé renversé par son armée

 

By La rédaction de Mondafrique 5 septembre 2021

Le président Alpha Condé vient d’être arrêté par les forces spéciales, ce dimanche 5 septembre. Depuis le début de la matinée, le quartier du palais présidentiel est le théâtre de tirs nourris. Cette tentative de putsch est menée par les éléments du Groupement des forces spéciales.

En début d’après-midi dimanche, le meneur de ce qui se révèle être un coup d’État, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, est apparu sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Il y affirme détenir le chef de l’État. «Nous avons décidé, après avoir vu le président qui est avec nous, de dissoudre la constitution en vigueur, dissoudre le gouvernement, et la fermeture des frontières terrestres et aériennes», a déclaré le putschiste, justifiant ce revirement politique par «le dysfonctionnement des institutions républicaines», «l’instrumentalisation de la justice» et «le piétinement des droits des citoyens».

Ancien légionnaire de l’armée française, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya commande le Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d’élite de l’armée extrêmement entraînée et équipée. Selon le magazine Jeune Afrique, il aurait tenté, ces derniers mois, de renforcer l’indépendance du GPS vis-à-vis du ministère de la Défense, suscitant de facto la méfiance de l’exécutif. En mai, des rumeurs auraient même fait état, à tort, d’une possible arrestation de Mamady Doumbouya à Conakry.

Les principaux dignitaires du régime auraient été également interpellés.

 

Portrait d’un démocrate, Alpha Condé, devenu un autocrate qui soufflait sur les braises communautaires d’une société fragilisée

Arrestations d’opposants, morts en détention, répression des manifestations… Le climat politique est tendu en Guinée-Conakry. Régulièrement, les principales organisations de défense des droits de l’Homme alertent sur la politique liberticide du régime. C’est une constante dans l’histoire contemporaine de ce pays, mais l’élection en 2010 d’Alpha Condé, alors présenté comme le premier président démocratiquement élu et fort d’un passé d’opposant lui-même brimé par le pouvoir et passé par la case « prison », avait laissé penser qu’une nouvelle ère démocratique s’ouvrait pour cette ancienne colonie française. Las, comme ses prédécesseurs, Condé a très vite adopté un mode de gouvernance autoritaire, s’en prenant notamment aux médias. 

Rien qu’en 2018, au moins 21 personnes sont mortes lors de manifestations, selon Human rights watch et Amnesty International. En 2020, ces deux organisations ont recensé au moins seize personnes tuées par balle entre le 18 et le 24 octobre, au lendemain de l’élection présidentielle remportée par Condé. « Après l’élection, les autorités ont traqué les opposants et des membres de la société civile, indiquait récemment un collectif d’organisations (lien : https://www.hrw.org/fr/news/2021/06/01/la-france-doit-appeler-la-liberation-des-militants-detenus-arbitrairement-en-guinee).

Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées. Aujourd’hui, des figures de l’opposition et des militants associatifs  sont détenues dans des conditions de détention inhumaines. Dans les prisons surpeuplées, l’accès aux soins est pratiquement impossible ». Ces organisations alertaient en outre sur le risque de voir s’amplifier « les tensions ethniques ». En réalité, elles n’ont jamais vraiment disparu depuis 2010, Condé jouant régulièrement sur cette corde sensible pour conforter son pouvoir, en ciblant essentiellement les Peuls.

Nombreux et sédentarisés

Cela aussi, c’est une constante dans l’histoire de la Guinée : les préjugés contre les Peuls sont tenaces dans ce pays où ils occupent une place particulière. Par leur importance démographique tout d’abord : ils représenteraient au moins un tiers de la population guinéenne – le seul recensement comprenant des informations sur l’appartenance communautaire remonte aux années 1950, et fournissait les données suivantes : Malinkés et apparentés, 30 à 34 % ; Peuls, 29-30 % ; Soussous et apparentés, 17-18 %, Forestiers, 17-18 %. Par leur prépondérance dans l’économie ensuite : le monde des affaires, le commerce notamment, est en effet dominé par des Peuls. C’est une particularité de la Guinée : les Peuls, ici, sont en grande partie sédentarisés, et ne pratiquent plus guère la transhumance comme leurs cousins des autres pays d’Afrique de l’Ouest. « Nos réalités sont très différentes de celles des Peuls du Macina ou du Niger, indique un opposant en exil qui est influent dans les réseaux peuls. Nous appartenons à la même communauté, mais nous ne nous connaissons pas vraiment en fait. Et nous ne rencontrons pas les mêmes problèmes ». « Nous sommes des commerçants, eux sont des pasteurs », résumait il y a quelques années un habitant de la ville de Labé, dans le Fouta-Djalon, une région vallonnée dont le nom a marqué l’histoire de ce peuple : c’est ici que les Peuls ont constitué l’un de leurs premiers empires aux 18ème et 19ème siècles.

Les préjugés dont ils sont victimes remontent à l’époque de Sékou Touré : le « père » de l’indépendance dénoncera, durant son règne brutal, plusieurs tentatives de déstabilisation menées contre lui, dont le « complot Diallo Ibrahim » en 1960, à l’issue duquel il élimine cet avocat peul devenu adversaire politique, et surtout le « complot peul » en 1976, au cours duquel sera arrêté et tué le célèbre opposant Boubacar Diallo Telli. À cette époque, Touré prononce plusieurs discours anti-Peuls qui sont restés gravés dans les mémoires : il les accuse de débauche et de vol, les suspecte d’être des agents de puissances impériales occidentales souhaitant renverser le régime, et évoque même l’idée de supprimer les bourses aux étudiants peuls partis à l’étranger.

Péché originel

Dans une tribune publiée en 2018 (lien : https://theconversation.com/en-afrique-le-fantasme-dune-communaute-peule-radicalisee-102276), le chercheur Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré rappelait que les Peuls, dans ce pays, « étaient accusés d’avoir peu soutenu le référendum ayant fait accéder la Guinée à l’indépendance en 1958, deux ans avant les autres colonies françaises d’Afrique de l’Ouest ». Une sorte de « péché originel » dans un pays fier d’avoir dit « non » à De Gaulle. « Les rivalités politiques étaient sans doute la source principale de la stigmatisation, les stéréotypes ethniques et le racisme venant rationaliser les positions de l’Etat a posteriori, ajoutait-il. En effet, une grande part des opposants aux politiques de Sékou Touré étaient peuls. »

Après une légère accalmie suite à la mort de Touré en 1984, les tensions communautaires sont réapparues en 2009, lors de la période de transition consécutive à la mort de Lansana Conté. Certes, dans les années 1990 et 2000, la dimension ethnique est toujours au coeur des campagnes électorales. Mais elle n’aboutit que rarement à des violences verbales ou physiques. La donne change lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2010. « La mort de Conté en 2008, en ouvrant la perspective d’une véritable compétition électorale, a stimulé le jeu ethnique, le projetant dans l’espace public », constate l’année suivante International crisis group.

« L’idée que la Guinée s’organise en quatre blocs ethnico-géographiques, déjà ancienne, poursuivent les chercheurs, est en train de se vulgariser, au point de devenir une clé de lecture standard des situations politiques : sur la plaine côtière, les Soussou et les groupes associés ; dans les monts du Fouta Djallon, les Peul ; dans la savane orientale, les Malinké ; dans les forêts du Sud-Est, l’ensemble disparate des Forestiers […] Beaucoup de Guinéens et d’observateurs extérieurs posent qu’une ethnie est au pouvoir quand un de ses membres occupe la présidence, comme si le tout tenait lieu de la partie. Les Malinké peuvent donc affirmer avoir perdu le pouvoir avec la mort de Sékou Touré en 1984, les Soussou l’avoir perdu à leur tour avec la mort de son successeur, Lansana Conté en décembre 2008, et les Forestiers de ne l’avoir gardé qu’un an, jusqu’à la chute du capitaine Moussa Dadis Camara en décembre 2009. Pour leur part, les Peul peuvent se plaindre de n’avoir jamais exercé le pouvoir ».

Match Peuls/Malinkés

En 2010, Cellou Dalein Diallo, le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) qui n’hésite pas à mettre en avant son appartenance communautaire. Mais il joue avec le feu. « Cela a été mal perçu par les autres communautés, qui y ont vu une volonté d’hégémonie », affirme un diplomate ouest-africain en poste à Conakry à l’époque.

Lors du premier tour, le vote ethnique joue un rôle majeur. La plupart des candidats réalisent leur meilleur score dans leur zone d’origine et ont du mal à mobiliser ailleurs. Cellou Dalein Diallo, principal adversaire de Condé, obtient plus de 80 % des suffrages dans plusieurs villes du Fouta-Djalon. Alpha Condé, de son côté, fait le plein de voix dans la région de Kankan, majoritairement malinké.

Mais c’est durant l’entre-deux tours que les tensions ethniques vont dégénérer. Une bataille verbale sans limite débute. « Plus que Condé, Diallo s’est identifié – et s’est laissé identifier – à sa communauté peule, dont la puissance économique, le poids démographique et les prétentions hégémoniques supposées ont été utilisés par ses adversaires comme autant d’arguments pour essayer de mobiliser le vote des autres communautés, » constatait International crisis group en 2011. La richesse supposée des Peul et leur « ethnocentrisme » sont dénoncés pour mobiliser parmi les autres communautés. » C’est ainsi que Condé a pu rassembler le vote malinké, mais aussi celui des autres communautés, autour de son nom : en tenant des discours enflammés contre les Peuls. Plusieurs d’entre eux ont été attaqués, et certains tués, durant la campagne et surtout après, lorsque les résultats ont donné Condé vainqueur. Les manifestations pro-Diallo ont été violemment réprimées.

Discours de haine

Depuis lors, toute la vie politique est soumise à cette opposition Condé/Diallo, qui prend les traits plus larges d’un match Malinkés/Peuls. De nombreuses manifestations, régulièrement organisées dans des quartiers de la capitale essentiellement habités par des Peuls, ont été réprimées dans le sang. D’un côté, on dénonce une « épuration ethnique », voire un « génocide » au prétexte que ce sont principalement des Peuls qui sont victimes de la répression. De l’autre, on crie à la « manipulation ethnique », car on estime que Diallo et l’UFDG s’appuient uniquement sur la communauté peule dans leur course au pouvoir. Ce qui est sûr, c’est que les deux camps attisent les tensions communautaires à l’approche de chaque échéance électorale.

Ces discours de haine ont d’ailleurs une nouvelle fois alimenté la dernière campagne présidentielle, qui opposait pour la troisième fois Condé à Diallo – et qui a vu pour la troisième fois le premier l’emporter. Au cours d’une visioconférence devant ses partisans, Condé a déclaré en langue malinké : « Cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre ». Dès son premier discours de campagne, il avait dégainé l’argument identitaire : « Si vous votez pour un candidat malinké qui n’est pas du RPG [le Rassemblement du peuple de Guinée, son propre parti, NDLR], c’est comme si vous votiez Cellou Dalein Diallo » – et donc pour les Peuls, ainsi que l’ont compris de nombreux Guinéens. En octobre 2020, l’ONU notait que « les appels aux affiliations ethniques, en particulier aux ethnies Malinké et Peul, ont été de plus en plus répandus et ont créé des divisions pendant la campagne ».

La réélection contestée de Condé, alors qu’il n’aurait pas pu se représenter s’il n’avait pas modifié la Constitution, n’a évidemment pas calmé la colère de ses opposants. Les tensions se cristallisent toujours autour de l’appartenance communautaire, même si l’on trouve de toutes les ethnies au sein de l’opposition, y compris la plus radicale. Certains craignaient que cela ne dégénère un jour en « pogroms ». D’autres évoquaient la menace jihadiste. « Les groupes jihadistes ne sont pas si loin que ça de nous. On voit qu’ils gagnent du terrain dans le sud du Mali. Bientôt, ils seront à nos frontières. Et on sait qu’ils recrutent beaucoup chez les jeunes sans-emploi. Ils pourraient profiter de la frustration de notre jeunesse », s’inquiète un notable de la ville de Labé.

 

Guinée, Alpha Condé « encerclé » par les Peuls

By Francis Sahel 16 mai 2021

Fâché avec ses homologues Macky Sall et Umaro Umbalo Sissoco Embalo, à qui il reproche d’accueillir ses opposants peuls, le président guinéen Alpha Condé a fermé ses frontières avec le Sénégal et la Guinée Bissau

Depuis le mois de septembre 2020, des milliers de familles guinéennes, qui vivent du commerce transfrontalier avec le Sénégal et la Guinée-Bissau, ne savent plus à quel saint se vouer. Sur une simple saute d’humeur, Alpha Condé a d’abord décidé de fermer la frontière entre la Guinée et le Sénégal. Il tenait alors à manifester son mécontentement au président Macky Sall sur sa bienveillance supposée envers l’opposition guinéenne.

En réalité, le Sénégal a historiquement été le lieu de repli de la communauté peule de Guinée qui tentait d’échapper dans les années 1970 à la répression du premier président guinéen Ahmed Sekou Touré

Le Sénégal, base arrière

 Bien plus tard, l’Union forces démocratiques de Guinée (UFDG) du chef de file de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo a pu recruter de très nombreux militants au Sénégal où le parti dispose de sa section la plus active en dehors du territoire national.  

Selon plusieurs sources, Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et ancien ministre dans de nombreux gouvernements, a effectué d’importants investissements au Sénégal où il a ses habitudes et ses entrées dans les premiers cercles du pouvoir, y compris dans l’entourage de Macky Sall. Le hasard de la vie a fait par ailleurs que le président sénégalais Macky Sall est issu de la communauté peule tout comme Cellou Dalein.  

Alpha Condé y a vu des relations de connivence entre le Sénégal et son opposition, surtout la composante peule. Il a surtout vu des risques réels de déstabilisation de son pouvoir par « une connexion peule » sous-régionale qui passe également par la Guinée-Bissau où, autre hasard de la vie, le président Umaro Sissoco Embalo est également issu de la communauté peule.  

Dans sa volonté d’éviter un « encerclement peul » de son pouvoir, Alpha a donc fermé les frontières communes avec le Sénégal et la Guinée-Bissau, jetant dans la pauvreté des centaines de milliers de Guinéens, notamment les producteurs agricoles qui vivent des exportations des produits maraîchers vers le Sénégal. 

Au nom de la »Sécurité Nationale » 

L’argument de « la sécurité nationale » invoquée à Conakry pour justifier la fermeture de la frontière avec le Sénégal et la Guinée-Bissau n’a convaincu personne. Si tel avait été, rétorque-t-on dans la capitale guinéenne, pourquoi la frontière longue de plus de 800 km avec le Mali d’où partent les attaques terroristes dans la sous-région jamais été fermée. Les Guinéens sont d’autant moins convaincus par les raisons de sécurité nationale que la frontière avec la Côte d’Ivoire, autre voisin de la Guinée déjà attaqué plusieurs fois par les groupes terroristes, n’a jamais été fermée elle non plus. 

 Après une longue période de silence, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est résolue à interpeller le président guinéen sur sa décision de fermer les frontières de son pays avec ses voisins sénégalais et bissau-guinéen. En effet, le Protocole constitutif de la CEDEAO signé par la Guinée garantit la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire. Ce que la Commission de la CEDEAO basée à Abuja a rappelé au chef de l’Etat guinéen qui a accueilli par le mépris cette injonction. 

Nombreux sont désormais en Guinée ceux qui redoutent que cette longue fermeture des frontières n’appauvrisse considérablement les populations frontalières et prépare un terreau favorable au recrutement des jeunes par les groupes terroristes qui sont déjà aux portes du Golfe de Guinée, après avoir écumé le Sahel.  

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 19:27
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins
Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins

 

GUINEE : Alpha CONDÉ conduit au camp Makombo par les mutins, ce qui s’est réellement passé au palais présidentiel ?

Par ISMAEL AIDARA 5 septembre 2021 (Confidentiel Afrique) Mis à jour 5 septembre, 2021 à 14H03

Tirs à l’arme lourde ce dimanche matin aux environs du palais présidentiel. Selon des sources sécuritaires parvenues à Confidentiel Afrique, des officiers des forces spéciales avaient pris le palais Sékoutoureya pour cible. Aux dernières nouvelles, le Président Alpha Conde est entre les mains des hommes du colonel Mamadi Doumbouya et serait acheminé vers le QG du camp Makombo. Détails exclusifs

Le Colonel Mamadi Doumbya, un ancien légionnaire de l’armée française est le nouvel homme fort de Conakry.

Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, c’est lui qui a pris la tête du peloton des opérations de déposer du pouvoir le Président Alpha Condé (83 ans), a la tête du pays depuis 2010.  Le chef des mutins avait été arrêté depuis un mois et transféré au camp Dubreka. Son arrestation avait fait grincer des dents au sommet de l’armée guinéenne et braquer certains jeunes officiers contre le ministre de La Défense Mamadi Diané et l’entourage immédiat du clan présidentiel. L’affaire n’avait choqué personne au palais de Conakry. 

Selon des informations exclusives parvenues à Confidentiel Afrique, de jeunes officiers qui lui vouent respect et qu’il a formés sont allés le libérer hier soir samedi et ils l’ont mis devant pour nettoyer le reste. Une forte résistance a eu lieu de 11-12 h au camp présidentiel avant que Alpha ne soit lâché par sa garde rapprochée et les tireurs commandos du palais. Les dés sont pipés pour celui qui a dirigé la Guinée avec une main de fer, en embastillant dans classe politique oppositionnelle, sa société civile. L’économie est au trépas et les régies financières de l’État asséchées depuis la réélection du président Alpha Condé, suite au forcing de son troisième mandat, qui a engendré plus d’une cinquante de morts. Alassane Ouattara dès le début de la mutinerie ce matin avait pris l’option d’affréter un hélicoptère sur Conakry pour venir chercher son ami Alpha Conde.

Cette mutinerie intervient quatre jours après le retour du Président Alpha CONDE de ses vacances estivales effectuées sur l’île paradisiaque de la moelle en Italie, un domaine appartenant au milliardaire éthiopien d’origine juive. Confidentiel Afrique avait révélé d’ailleurs ce vendredi dans son édition électronique les destinations favorites de nos Chefs d’État africains durant leurs vacances estivales.

Message du colonel Mamady Doumbouya, commandant des forces spéciales de l'armée guinéenne, à la radio-télévision nationale.  

Guinée-Conakry : les forces spéciales revendiquent l'arrestation du président Alpha Condé

Une unité d'élite de l'armée a pris d'assaut le palais présidentiel dimanche matin, où résidait Alpha Condé, 83 ans, président depuis 2010.

Vers 8h ce dimanche matin, des tirs nourris d'armes automatiques ont retenti dans le centre de Conakry, aux alentours du palais présidentiel où se trouvait le chef de l'État, Alpha Condé. En début d'après-midi, le meneur de ce qui se révèle être un coup d'État, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, est apparu sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Il y affirme détenir le chef de l'État. «Nous avons décidé, après avoir vu le président qui est avec nous, de dissoudre la constitution en vigueur, dissoudre le gouvernement, et la fermeture des frontières terrestres et aériennes», a déclaré le putschiste, justifiant ce revirement politique par «le dysfonctionnement des institutions républicaines», «l'instrumentalisation de la justice» et «le piétinement des droits des citoyens».

Un peu plus tard, les putschistes sont apparus sur la chaîne publique guinéenne RTG, où le leader du coup d'Etat s'est à nouveau exprimé à l'adresse du «peuple vaillant de Guinée». «Nous n'avons plus besoin de violer la Guinée, nous avons juste besoin de lui faire l'amour», a-t-il clamé dans un discours manifestement improvisé.

Après un long silence des autorités guinéennes, le ministère de la Défense a cherché à démentir le coup d'Etat en début d'après-midi, dans un communiqué affirmant que l'attaque des forces spéciales avait été «repoussée»... Une annonce qui tranche avec les images circulant sur les réseaux sociaux, montrant le chef de l'Etat de 83 ans enfoncé dans son canapé, la mine sombre, entouré des soldats d'élite. «On a touché à un seul de vos cheveux ? On vous a brutalisé ?», interroge l'une des forces spéciales, pour obtenir confirmation du président qui, de son côté, reste muet.

Un civil retrouvé mort

Ancien légionnaire de l'armée française, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya est à la tête du Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d'élite de l'armée extrêmement entraînée et équipée. Selon le magazine Jeune Afrique, il aurait tenté, ces derniers mois, de renforcer l'indépendance du GPS vis-à-vis du ministère de la Défense, suscitant de facto la méfiance de l'exécutif. En mai, des rumeurs auraient même fait état, à tort, d'une possible arrestation de Mamady Doumbouya à Conakry.

Des habitants joints ont rapporté à l'AFP avoir vu toute la matinée de nombreux soldats intimant aux résidents de rentrer chez eux et de ne pas en sortir. Certains ont également signalé qu'un civil avait été abattu sur la presqu'île de Kaloum, centre de la capitale guinéenne où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d'affaires.

Un troisième mandat décrié

A l'issue de leur prise de parole à la télévision nationale, les putschistes ont pourtant été acclamés en passant par les quartiers populaires de Conakry, où les images témoignent de scènes de liesse.

Depuis des mois, ce pays d'Afrique de l'Ouest parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables, est en proie à de profondes crises politique et économique. Alpha Condé, 83 ans, a été définitivement proclamé président pour un troisième mandat le 7 novembre, malgré les recours de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, et de trois autres candidats qui dénonçaient des «bourrages d'urnes» et des irrégularités de toutes sortes.

La candidature du chef de l'État à un troisième mandat, après une réforme de la constitution fortement controversée, avait provoqué avant et après l'élection des mois de tensions qui ont causé des dizaines de morts dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes. L'élection a été précédée et suivie par l'arrestation de dizaines d'opposants.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 15:16
Guinée: confusion à Conakry, le président Condé arrêté
Guinée: confusion à Conakry, le président Condé arrêté
Guinée: confusion à Conakry, le président Condé arrêté

 

Discours du Colonel Mamady Doumbouya  

 

Chers compatriotes,

Le geste que nous posons aujourd’hui n’est pas un coup d’État mais une action inaugurale permettant de créer les conditions d’un État. Plus précisément un État de droit. Car l’histoire politique de notre pays, marquée par des violences, des injustices et inégalités, prouve qu’en Guinée la volonté du plus fort a toujours supplanté le droit, et donc que depuis l’accession à l’indépendance l’esprit #autoritaire a triomphé sur l’esprit du juste et du raisonnable. Et c’est d’ailleurs parce que nous jugeons cette situation profondément anormale et injustifiable que nous avons décidé d’agir, de poser un geste autour duquel nous voulons mobiliser toutes les bonnes #consciences afin de sortir notre pays de la malédiction politique.

Chers compatriotes,

Notre action n’a rien d’un coup d’État. Il traduit seulement l’aspiration légitime des personnes à vouloir vivre dans un environnement où les besoins humains de base peuvent être satisfaits ; où il est possible à chacun, sans crainte, de jouir de la vie, d’étudier, de se soigner, de travailler humblement sans être soumis aux contraintes de réseaux informels ; où enfin le pouvoir est responsable de sa population. Pour ainsi réconcilier la politique et l’humain.

Notre geste donc n’est rien d’autre que l’expression de notre désir de dignité que certainement vous partagez avec nous.

 Or, c’est parce que le respect de notre dignité est bafoué depuis 1958 par une minorité qui confisque le pouvoir et ses avantages économiques que nous avons pris l’initiative, convoqués par le sens du devoir, de créer les conditions d’un nouveau départ politique et social. L’action que nous accomplissons aujourd’hui se veut par ce fait même un premier pas, un moment inaugural.

Chers compatriotes,

Nous n’avons aucune mission prophétique. Ce n’est pas le peuple de Guinée que nous voulons sauver, mais la Guinée avant tout. Car un peuple ne peut pas être sauvé alors que l’espace dans lequel il vit est un enfer. Il faut éteindre le feu d’abord. C’est ce rôle de pompier que nous avons voulu assumer. Notre pays ne souffre pas d’un manque de ressources humaines, moins encore est-il victime d’une précarité des ressources naturelles. Non : nos maux se nomment manque de courage politique ; tyrannie de l’argent ; extraversion ; absence de moralité collective. 

Ce dont nous manquons et que nous avons manqué, ce sont des hommes capables de traduire politiquement et économiquement cette richesse qu’est la Guinée. 

Notre problème, ce n’est même pas l’absence de démocratie, mais le manque de vision, de valeur politique et sociale. C’est pour mettre fin à cet aveuglement volontaire, qui a rendu #misérable la vie du Guinéen, que nous décidons aujourd’hui d’assumer notre responsabilité. Pour que nous autres guinéens accédions enfin à la lucidité, celle qu’exige justement l’état de droit.

Aux partenaires extérieurs de la Guinée, nous ne demandons pas forcément un soutien financier, mais une compréhension de votre part. Avant de brandir l’idée de #restauration de l’État, demandez-vous avant s’il n’a jamais existé un État en Guinée. Avant de brandir des sanctions, cherchez à savoir si la sanction n’a toujours pas été le lot infernal des Guinéens, de Sékou Touré à Alpha Condé. Nous, nous contestons notre condition injuste ; nous jugeons que notre situation politique n’est pas acceptable et est humaine condamnable. Nous espérons de votre part donc un soutien moral.  

Nous invitons tous les #responsables de la société civile et les différents partis politiques a une rencontre d’urgence pour que collectivement nous sortions de ce moment inaugural et amorcer la seconde étape, celle d’organiser la société guinéenne sous les principes de l’État de droit. Ce qui inclura essentiellement une réorganisation de l’armée afin de mettre un terme à sa longue et tragique politisation.

 Colonel Mamady Doumbouya 

 Fait à Conakry le 5 septembre 2021

 

Guinée: confusion à Conakry, le président Condé arrêté

https://www.rfi.fr/ 05/09/2021 - 15:16

Vive tension et confusion à Conakry, la capitale guinéenne. Des éléments de l'armée guinéenne se seraient mutinés, selon plusieurs sources concordantes. Les insurgés se seraient heurtés aux forces loyalistes, notamment dans la zone du palais présidentiel, situé dans la commune de Kaloum, le quartier administratif et des affaires de la ville.

Pour l'instant, silence radio des autorités. La confusion prévaut.

Selon plusieurs sources, des soldats se sont mutinés. Des tirs ont été entendus au centre-ville non loin du palais présidentiel, du ministère de la Défense et du siège de l'état-major des armées.

En début d’après-midi de ce dimanche 5 septembre, toutes les casernes, par exemple le camp Alpha Yaya, étaient sous haute protection et la sécurité a été renforcée autour des résidences des officiels guinéens.

On ne sait pas où se trouve le chef de l'État, Alpha Condé. Selon une bonne source, il était bien présent à Conakry samedi soir. C'est en effet aux premières heures de la matinée que les habitants du centre-ville de Conakry et de la proche banlieue ont été réveillés par des détonations de tirs d'armes automatiques.

PUBLICITÉLes populations, prises au piège, étaient terrées chez elles en début d’après-midi. Pour le moment, ces évènements ne concernent que la presqu'île de Kaloum. Le calme prévaut dans la grande banlieue de Conakry.

Joint par RFI, un habitant de cette commune qui a tenu à conserver l’anonymat, témoigne : « Depuis ce matin, on était à la maison, on n’est pas sortis… On a d’abord entendu des tirs partout, de gauche à droite… Personne ne peut sortir. On a entendu des armes lourdes que je n’ai jamais entendues, sauf dans les guerres. Ça tire vers le palais présidentiel. »

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 14:13
Nouvelles nationales sur RFI

 

Centrafrique : le chef anti-balaka Eugène Ngaïkosset arrêté

https://www.rfi.fr/ 04/09/2021 - 22:03

Eugène Ngaïkosset, chef anti-balaka et ancien membre de la garde rapprochée du président François Bozizé, a été arrêté. L'information a été confirmée à RFI par le ministre centrafricain de la Justice, mais les circonstances de cette arrestation ne sont pas encore connues. Eugène Ngaïkosset est accusé de nombreux crimes en RCA.

Eugène Ngaïkosset, 54 ans cette année, est un ancien compagnon d'armes du chef d'État François Bozizé, devenu ensuite capitaine au sein de la garde présidentielle.

Il doit son surnom de « boucher de Paoua » à son rôle dans les opérations menées pour mater la rébellion qui avaient éclaté dans le nord-ouest après l'élection de François Bozizé à la tête du pays en 2005. Pendant deux ans, la garde présidentielle aurait massacré plusieurs centaines de civils dans la région.

Pendant cette période, Human Rights Watch affirmait que les militaires tiraient sur la foule, pillaient et incendiaient des milliers d'habitations, rasant parfois des villages entiers. Eugène Ngaïkosset était à la tête d'une des unités impliquées, selon l'ONG.

Arrêté au Congo après la chute de Bozizé, puis extradé, il s'est échappé à Bangui en 2015 avant de prendre les armes.

Le Conseil de sécurité de l'ONU l'accuse d'être l’un des principaux auteurs des violences qui ont eu lieu dans la capitale quelques mois plus tard. « Lui et d’autres combattants anti-balaka se sont alliés à des rebelles de l’ex-Seleka en vue de déstabiliser le gouvernement de transition », selon les Nations unies. Depuis, il était introuvable.

 

 

Centrafrique: quelle place pour les groupes armés dans le futur dialogue national?

https://www.rfi.fr/ 04/09/2021 - 00:16

Le président Touadéra a officiellement installé le comité en charge d'organiser le dialogue républicain. L'opposition appelle à la participation des membres de la CPC à ce dialogue.

Le sujet est loin de faire consensus. « Le gouvernement, suite à la défection d’un certain nombre de membres de groupes armés qui ont décidé de regagner la CPC, a décidé de prendre certaines mesures par rapport à certains de ces groupes », explique le ministre Jean-Willybiro Sako, l'un des représentants des pouvoirs publics au sein du comité d'organisation du dialogue.  

Les groupes armés qui ont participé à la CPC n’auront donc pas voix, confirme Jean-Willybiro Sako. « Lors de la concertation qui a eu lieu avant la préparation proprement dite pour le dialogue, tous ont reconnu que pour l’instant, nous ne pouvons pas faire participer ces organes membres de la CPC à ces différentes rencontres. »

Le ministre rappelle aussi que les groupes armés ont déjà un cadre de dialogue : le comité exécutif de suivi de l'accord de paix. Mais pour l'opposition leur présence est au contraire essentielle.

« Ces groupes armés qui sont actuellement dans la CPC étaient hier les alliés du pouvoir, rappelle Sosthène Guetel, le président en exercice de la COD2020. Il est indispensable que ces groupes armés soient au dialogue inclusif pour dire que cela ne va plus se répéter. Une fois qu’on aura compris leurs problèmes, si l’on peut trouver des solutions, qu’on les trouve, et qu’on ne peut plus parler de groupes armés en Centrafrique. C’est cela notre démarche. »

Par ailleurs, Sosthène Guetel ne fait pas de la présence de François Bozizé une condition pour la tenue de ce dialogue.

Nouvelles nationales sur RFI
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