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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 16:26

 

 

 

Tshisékédi en campagne

 

 

Libération.fr 9 déc 2011


Les résultats de la présidentielle congolaise à nouveau reportés

 

On devrait savoir vendredi si Kabila, favori, l'emporte en RDC sur le camp Tshisekedi. Ce nouveau report renforce les suspicions sur la validité du scrutin.

 

L'annonce du résultat de la présidentielle en République démocratique du Congo, initialement prévue mardi et reportée à jeudi, a une nouvelle fois été repoussée, à vendredi, de quoi alimenter les soupçons envers la Commission électorale (Céni), déjà accusée de manquer de transparence.

 

"Nous devons comparer si les résultats reçus sur procès-verbaux correspondent à ceux reçus par valise satellite. C'est un travail énorme et nous devons le faire pour assurer la crédibilité et la conformité des chiffres que nous allons communiquer", a justifié devant la presse le président de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda.


Depuis le 2 décembre, le pasteur livrait quasiment chaque jour des chiffres partiels du scrutin, par province et pour les 11 candidats, pour un taux de bureaux de vote. Il donnait ces résultats par oral, sans qu'aucun écrit ne soit publié, ni taux de participation.

 

Selon les derniers chiffres partiels mardi sur un peu plus de 89% des bureaux de vote, Kabila, 40 ans, élu en 2006, était nettement en tête (49%) avec 2,6 millions de voix d'avance sur le vieil opposant de 78 ans Etienne Tshisekedi (33,3%).

 

Le camp de Tshisekedi a rejeté ces chiffres dès le début du décompte, le qualifiant d'"illégal, opaque et tendancieux" et réclamant un comptage par bureau de vote et non par province.

La France et les observateurs de l'Union européenne ont également fait cette demande, "par souci de transparence".


«Hold up électoral»

 

Les chiffres de la Céni ne reflètent pas "la vérité des urnes" a toujours clamé le parti de l'opposant, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), pour qui "le peuple congolais s'est clairement exprimé pour l'alternance".

 

"Aucun coup de force, aucune tentative de hold-up électoral ne pourra tenir", a prévenu Tshisekedi.

 

Peu après le scrutin, il avait mis en garde "M. Ngoy Mulunda et (le président) Kabila pour qu'ils respectent la volonté du peuple", ajoutant qu'"en cas de besoin" il lancerait un "mot d'ordre", sans plus de précisions.

 

Trois autres candidats ont demandé l'annulation du scrutin.

 

A Kinshasa, au moment où les résultats devaient être donnés jeudi soir, des partisans de Tshisekedi, dont des femmes et enfants, sont sortis dans les rues de quartiers populaire pour chanter, danser, ou siffler. "Nous voulons que Tshisekedi soit notre président, notre guide, notre berger, notre pasteur", a dit l'un d'eux l'AFP.

 

Les fans de Kabila avaient choisi une salle du Grand hôtel de Kinshasa, dans le quartier chic de la Gombe, pour faire la fête. A un mur est accroché un écran géant avec un portait de leur héros et l'inscription: "Kabila président, merci !". Le concert prévu a été annulé, mais le buffet généreux a vite été dégarni.

 

Folle semaine

 

Le nouveau raté de la Céni prolonge une folle semaine d'accusations de fraudes ayant alimenté les craintes de violences, après une fin de campagne meurtrière, un double scrutin présidentiel et législatif chaotique, avec de nombreuses irrégularités et des accusations de fraudes.

 

Jeudi, l'ONG International Crisis Group a tiré la sonnette d'alarme en estimant que le pays "pourrait plonger à nouveau dans un important cycle de violence".

 

ICG a appelé l'ONU, l'Union africaine et l'UE à "envoyer de toute urgence une mission de haut niveau pour entamer une médiation entre factions rivales et trouver une solution alternative à la crise".

 

La contestation de la victoire probable de Kabila pour un second quinquennat fait en effet craindre des troubles, particulièrement à Kinshasa, sous haute surveillance policière depuis quelques jours.

Les rassemblements des partisans de l'opposition y sont systématiquement dispersés.

 

ICG redoute également des violences dans la province du Katanga (sud-est), fief de Kabila selon les chiffres de la Céni, et celles des Kasaï Occidental et Oriental, région d'origine de Tshisekedi.

 

Officiellement, le nom du vainqueur sera proclamé le 17 décembre par la Cour suprême de justice (CSJ), après traitement du contentieux. Le prochain président prêtera serment le 20 décembre.

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 03:58

 

 

 

Etienne Tshisékédi

 

L’enjeu du “deuxième tour dans la rue”

 

8 décembre 2011


Alors que la proclamation des résultats est imminente, Kinshasa tétanisée par l’attente vit toujours au ralenti.

Les écoles sont fermées, ceux qui le peuvent s’abstiennent d’aller travailler en ville, la police est omniprésente, particulièrement visible du côté de Limete, fief des « combattants » de Tshisekedi. Le vice-président de la Commission électorale indépendante, Jacques Ndjoli, (issu de l’opposition) a tenté de rassurer l’opinion, déclarant qu’il n’y avait pas de vide du pouvoir et que le président actuel (dont le mandat expirait le 6 décembre) restait en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président.

 

Il apparaît que Joseph Kabila a de fortes chances de se succéder à lui-même, avec une avance de 13% sur son rival Tshisekedi.  Ces chiffres continuent à faire  hurler l’opposition :  elle crie à la fraude généralisée,  relève que la CENI n’a pas communiqué les taux de participation et que, dans plusieurs provinces (Bandundu, les deux Kivu et même le Katanga)  les résultats finaux diffèrent fortement des premières estimations communiquées le soir même des élections.

 

Afin de désamorcer la contestation, la CENI a cependant accepté la suggestion de l’Eglise catholique et de l’Union européenne, et, non contente de se référer aux procès-verbaux des centres locaux de compilation des résultats, elle tiendra compte des PV établis directement dans les bureaux de vote. Ces derniers peuvent être considérés comme la source la plus crédible, car ils ont été rédigés immédiatement après la clôture du vote et contresignés par tous les témoins présents, majorité, opposition et société civile.

 

Malgré le calme apparent, se déploie aussi une intense activité diplomatique : la Cour pénale internationale a fait savoir que ses équipes au Congo actaient et enregistraient tout, les faits mais aussi les déclarations incendiaires des uns et des autres, Roger Meece, le représentant de l’ONU à Kinshasa ainsi que les principaux ambassadeurs accrédités ont rencontré plusieurs ministres et plaidé pour la transparence, tandis que mercredi, les ambassadeurs de Belgique, de France et de Grande Bretagne se sont rendus à Limete, pour communiquer à Etienne Tshisekedi leur préoccupation face aux manifestations violentes qui se sont tenues à Matonge-Bruxelles, Paris, Londres ainsi qu’en Afrique du Sud. Au Cap, le consulat français a été attaqué et un membre du personnel diplomatique a trouvé la mort. Dans la capitale française, l’ambassade a été attaquée et occupée durant plusieurs heures.


Les diplomates européens ont clairement demandé au leader de l’UDPS de lancer un appel pressant à ses partisans pour leur demander de ne pas se livrer à des actes de violence. Mais M. Tshisekedi, critiquant vivement le président de la CENI, le pasteur Mulunda qu’il accuse de fraudes, n’a pas désavoué les « combattants » et il a estimé qu’il s’agissait d’ « expressions de la colère populaire » et d’ « actes spontanés ».

 

Cette spontanéité est cependant mise en question. En effet,  dans les capitales où la diaspora congolaise a exprimé son rejet des résultats présumés du scrutin, on s’interroge sur le caractère simultané de ces diverses manifestations, qui pourraient aussi répondre à un plan bien orchestré. A Bruxelles en effet, les observateurs ont été surpris de retrouver, au-delà de figures connues et de « bataillons » de jeunes révoltés, des membres de la diaspora venus de Paris ou de Londres, qui se trouvaient en arrière des casseurs. Une telle organisation permet de se demander si, utilisant sur la colère des jeunes manifestants mobilisés par la lecture d’Internet et des militants de l’UDPS convaincus de la victoire de leur leader, -même avant le vote-, une « main invisible »  n’aurait pas été tentée de perturber le jeu.

 

La manœuvre passe par les combattants de l’UDPS convaincus de la légitimité de leur action et poussés à l’avant plan,  mais aussi par d’autres, qui essayeraient d’organiser, dans la rue, un « deuxième tour » des présidentielles.

 

Ceux qui ont suivi de près les évènements de Bruxelles relèvent que certains de ces « manifestants sans frontières » auraient déjà participé, en septembre dernier, aux démonstrations organisées à Paris pour protester contre la visite du président rwandais Paul Kagame et qui s’étaient également traduites par des violences (voiture brûlée sur le périphérique, jeune femme Tutsie arrosée d’essence…) A Paris, cette semaine, des manifestants s’en sont à nouveau pris à l’ambassade du Rwanda et les services anti terroristes ont été sollicités.

 

Les services de sécurité craignent que ces manifestants violents, qui ont des relais à l’intérieur du Congo, ne jouent la provocation afin d’inciter les forces de l’ordre à faire des victimes. A Kinshasa déjà, le samedi 26 novembre, lorsque des  manifestants avaient lancé des pierres sur des voitures officielles se dirigeant vers l’aéroport de N’Djili où le président Kabila était censé atterrir, des coups de feu étaient partis de la foule, ce qui avait amené les forces de l’ordre à tirer sur les civils, faisant plusieurs morts (18 selon Human Rights Watch, un chiffre contesté par les autorités qui ont ouvert une enquête.) Si, au moment de la publication des résultats, les forces de l’ordre, provoquées ou non, ouvrent le feu et font des victimes, le vainqueur verra sa légitimité érodée davantage encore que par les accusations de fraude.

 

La but de ce « deuxième tour dans la rue » pourrait être d’obliger le candidat gagnant,  au nom de la réconciliation nationale, à « ouvrir son jeu » et à inclure certaines forces d’opposition dans le pouvoir. Bref, opérer enfin le tour de table que Kabila récusait avant les élections, expliquant que c’est précisément pour éviter cette négociation qu’il tenait tant à ce que le scrutin ait lieu dans les délais prévus !

Signalons cependant qu’Etienne Tshisekedi, convaincu de sa victoire complète, ne se sent pas concerné par ce scenario du partage du pouvoir. Reste à savoir si son parti, qui compte beaucoup de députés nouvellement élus, partagera le radicalisme de son leader.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 02:46

 

 

 

Mathurin-Dimbele-Nakoe.jpg

 

 

 

BANGUI AFP / 08 décembre 2011 20h49 - Le directeur général de la Société centrafricaine de stockage des produits pétroliers (Socasp) a été arrêté le week-end et est accusé d'un détournement d'un montant évalué provisoirement à près de 2 milliards FCFA (3 millions d'euros), a déclaré jeudi à la radio nationale Alain Tolmo procureur du Tribunal de Grande instance de Bangui.

 

Des soupçons graves ont été signalés sur sa gestion de ces trois dernières années ciblées. L'inspection générale des finances a effectué plusieurs missions de contrôle (...) Il en est résulté des transferts douteux de fonds opérés par le directeur général de Socasp à l'extérieur coïncidant avec ses multiples voyages. Des profits tirés de ses sorties, le manque à gagner est provisoirement évalué à 1.949.628.503 FCFA, a déclaré le procureur Tolmo.

 

Le Procureur note aussi la non traçabilité des dépenses effectuées avec des sorties frauduleuses de fonds, des appels d'offres internationaux lancés après le début du démarrage des travaux, l'attribution par Mathurin Dimbélé Nakoé des marchés à hauteur de 200 millions FCFA (300.000 euros), de gré à gré en violation flagrante de la loi sur les entreprises publiques et offices publics, ainsi que les marchés publics, attribution cavalière des marchés publics.

 

Le président centrafricain François Bozizé a annoncé au mois de septembre vouloir prendre toutes les mesures pour mettre hors d'état de nuire les auteurs de malversations financières lors de l'ouverture d'états généraux des finances publiques à l'Assemblée nationale.

La Centrafrique est classée 154e - sur 182 pays - dans le dernier indice de perception de la corruption (2011) de l'organisation Transparency international.

 

 

 

 

NDLR : A quand le tour de Guillaume LAPO ? Il y a manifestement deux poids, deux mesures pour les auteurs de détournement de deniers publics sous ce régime de Bozizé. Certains volent des milliards et sont laissés en liberté totale, Bozizé poussant même la provocation jusqu’à leur restituer personnellement leur passeport que la justice a confisqué tandis que d’autres voleurs de milliards croupissent eux, à la SRI. Après ses exploits en matière de détournement à la Direction Générale du Trésor où il se faisait entre autre réparer ses chiottes à coup de 10 millions de F CFA, Guillaume LAPO vient d’être promu Chef d’Etat-Major des FACA.

 

Ce Mathurin Dimbélé Nakoé qui était un des thuriféraires du bozizisme n’a-t-il pas pensé et compris qu'il faut, afin de bénéficier de la protection des plus hautes autorités de la bozizie, qu'il fallait mouiller la barbe de certains ou quoi ? Tous les milliardaires voleurs doivent être traités de la même manière. Quelques-uns ne doivent pas croupir en taule et d’autres en liberté. Ce n’est pas juste. Ou ils sont tous dehors, ou ils sont tous en taule !

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 02:41

 

 

 

pont provisoire Langbassi

 

 

pont de Sica 3


Radio Ndéké Luka jeudi, 08 Décembre 2011 13:09


La ville de Bangui fait face de plus en plus à une détérioration avancée des ouvrages d’art. Après l’écroulement du pont de Langbassi sur l’avenue David Dacko, celui de Jackson sur l’avenue Barthélemy Boganda est dans un état très critique. Les supports qui sont installés pour renforcer le pont sont presque amortis. Les gros porteurs qui passent par-là ont aggravé la situation. On redoute un probable écroulement très prochainement selon plusieurs observateurs.

 

Le Pont Jackson est le deuxième pont sur l’Avenue Boganda, après le Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique, en allant vers le KM5. Visiblement, les colonnes qui soutiennent l’ouvrage présentent un degré avancé d’usure. A la surface, sur le parapet, la couche de goudron étalée sur la dalle présente des fissures.

 

Cette situation présente déjà un danger, surtout avec le passage des camions gros porteurs, des tracteurs, des taxis, bus et autres véhicules de particuliers. L’autre constat est qu’à chaque passage de véhicules, on ressent comme un frémissement de l’ouvrage.

 

Ce pont doit être reconstruit comme la plupart de nombreux autres édifices publics. La majorité des ponts de la ville de Bangui sont très âgés et ont besoin de réhabilitation. Plusieurs personnes rencontrées par Radio Ndeke Luka sur place prédisent que « la capitale centrafricaine risque de passer 2012 sans pont puisque personne ne se soucie de les réparer ».

 

 

 

NDLR : Tout le fric que brasse le Fonds d’Entretien Routier profite à la DG de cette structure et au ministre de l’Equipement. Avec tout l’argent détourné par Guillaume LAPO, SINFEI MOIDAMSE, Francis BOZIZE et tous ceux qui se revendiquent d’être des milliardaires aurait pu permettre de réhabiliter ces ponts.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 02:05

 

 

 


Antoine-Gambi.JPG

 

 

Radio Ndéké Luka jeudi, 08 Décembre 2011 13:10

 

Les Ministres des pays membres du comité consultatif permanent des Nations Unies, chargé de la Sécurité en Afrique Centrale sont réunis ce 8 décembre 2011 à Bangui, capitale de la Centrafrique. Leur rencontre fait suite à celle des experts dont les travaux se sont achevés mercredi dans la soirée. Principale décision, écrire au chef rebelle Tchadien Abdel Kader Baba Laddé et lui demander « d’arrêter ses exactions sur les populations civiles en Centrafrique ».

 

Antoine Gambi, ministre centrafricain des Affaires Etrangères a précisé à cet effet que « tout sera mis en ordre avec le soutien des 11 pays membres du comité consultatif ».  Le ministre Gambi qui a d’ailleurs affirmé que « les rebellions étrangères présentes dans le pays et qui commettent des pires exactions, doivent en être chassées par la seule Centrafrique, ou avec l’aide de nos voisins ou des pays amis ».

 

Les travaux des experts ont permis de faire un état des lieux de la situation géopolitique et sécuritaire en Afrique Centrale. Tous les pays conviés à ce grand rendez-vous sont présents ; ce qui a fait dire à Honoré Nzessiwé conseiller Diplomatique du Ministre centrafricain des Affaires Etrangères, lors de la cérémonie de clôture que « l’Afrique centrale est désormais déterminée à mettre fin aux aventures barbares de Baba Laddé et ses hommes sur le territoire centrafricain. Aujourd’hui, tous les pays de l’Afrique centrale aspirent à la paix, et aucun pays membre du conseil consultatif n’accepte plus ce genre de comportement ».

 

Entre temps, Baba Laddé a démenti le 7 décembre, les actes de violences perpétrés lundi contre un convoi au Village de Libi pour lequel ses éléments ont été mis en cause. Il soutient au contraire que « cette attaque est l'œuvre de rebelles manipulés par l'ambassade du Tchad à Bangui ». Il a toutefois reconnu que ses hommes prélèvent « une cotisation en contrepartie des services rendus pour assurer la tranquillité et la sécurité des éleveurs peuhls ».

 

Le gouvernement centrafricain pour sa part, a publié un communiqué, révélant avoir déployé dans le secteur des éléments de la Garde républicaine qui « ont mis en déroute les malfrats ». Le communiqué précise encore qu’ « à l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations ».

 

Les travaux des Ministres des pays membres du comité consultatif permanent des Nations Unies, chargé de la Sécurité en Afrique Centrale prennent fin le 9 décembre.

 

 

 

 

 

NDLR : "Le gouvernement centrafricain pour sa part, a publié un communiqué, révélant avoir déployé dans le secteur des éléments de la Garde républicaine qui « ont mis en déroute les malfrats ». Le communiqué précise encore qu’ « à l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations ».

 

On a appris ce soir que contrairement à ces affirmations du gouvernement, plusieurs boeufs appartenant au Pr Nestor Mamadou Nali ont été volés dans les environs de Damara par des hommes dont tout semble indiquer que ce sont les hommes de Baba LADDE qui visiblement rodent toujours dans la zone. Si les souhaits et autres incantations avaient suffi, Baba Laddé et ses hordes auraient déjà quitté le territoire centrafricain depuis belle lurette.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 03:28

 

 

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

Lettre ouverte au Peuple de l'Azawad

                                                                   Général Baba Laddé: "Vive le peuple de l'Azawad"

 

Peuple de l'Azawad, j'ai décidé de vous faire une déclaration, après un évènement qui nous concerne, vous et moi.

Il y a quelques temps d'anciens membres du Ganda Koy et du Ganda Iso ont fait savoir qu'ils souhaitaient me rejoindre pour avoir une formation militaire. J'ai compris q'ils voulaient faire une milice terroriste et j'ai refusé. Je leur ai dit la même chose qu'aux Peuls de Mauritanie, du Cameroun, de Guinée et au Peuls Mbororo de République Démocratique du Congo, qui m'ont fait une demande il y a quelques mois: "Vous êtes les bienvenus auprès de moi.

 

Mais je vous formerai au maniement des armes blanches uniquement pour vous défendre des bandits, et vous aurez une formation obligatoire pour être éleveur, cultivateur, forgeron, réparateur de moto, vous devrez apprendre les grandes langues internationales et les langues locales, certains pourront avoir une petite formation d'enseignant ou d'aide-soignant".

 

Si vous ne me connaissez pas, je tiens à me présenter. Je suis le général Abdel Kader Baba Laddé né le 21 juillet 1970 né à Gounou-Gaya dans le Mayo Kebbi au Tchad. Je suis Peul du Tchad et je dirige un mouvement politico-militaire, le Front Populaire pour le Redressement, basé en ce moment en République Centrafricaine. Nous nous battons contre la dictature d'Idriss Déby Itno du Tchad.

 

Venons en à la situation du Nord- Mali, l'Azawad. J'aime cette région, ses paysages de l'Adrar des Ifoghas, les villes de Gao ou Tombouctou et surtout j'aime sa population. Que vous soyez Peuls, Songhais, Touareg ou Arabes, vos cultures sont riches et il faut les protéger. Vous devez être unis pour développer votre région. Touareg, Arabes, Songhais, Peuls, vous êtes frères et vous vivez dans un beau pays, vous êtes le fier peuple de l'Azawad et je dis "Vive le peuple de l'Azawad".

 

Votre problème politique est complexe. Je soutiens certaines revendication du Ganda Koy et du Ganda Iso car ces gens ont peur, peur d'être dominé, d'être des citoyens de seconde zone dans un Azawad indépendant.

Je comprend aussi les revendications du Mouvement National de Libération de l'Azawad. Vous voulez la liberté car les régions de Kidal, Tombouctou et Gao sont marginalisées et pauvres. Vous voulez que la culture Tamashek soit reconnus à sa juste valeur. Je vous comprend amis du MNLA.

 

Mais réfléchissons, pourquoi l'état du Mali ne vous correspond pas? Oui il y a de la corruption et du clientélisme mais il existe partout. Comparé au Tchad, le Mali est une démocratie. Alors je ne sais pas, faut il un Mali uni, un Mali fédéral ou un Azawad indépendant. Ce n'est pas à moi de vous donner la réponse mais je souhaite vous aider à réfléchir à ce sujet. Surtout j'interviens pour qu'il y est la paix entre les différentes tribus touaregues, qui ne sont pas d'accord entre elles, et qu'il y est la paix avec les Arabes, les Songhais et les Peuls.

 

Les questions d'indépendance sont toujours difficiles. A titre personnel, je me battrais contre ceux qui veulent l'indépendance du sud du Tchad, car ça serait une fracture religieuse alors que d'énormes choses unissent les Tchadiens entre eux.


J'étais partisan que l'Erythrée prenne son indépendance de l'Ethiopie. Je suis partisan que l'Ogaden prenne son indépendance de l'Ethiopie et soit rattaché à la Somalie, je suis pour que le Puntland et le Somaliland réintègre la Somalie dans un cadre fédéral. J'ai été heureux que le Kosovo devienne indépendant, mais je suis contre la division de la Bosnie entre Serbes, Croates et Musulmans car ils ont toujours vécu ensemble. Pour la Tchétchénie, je suis pour qu'elle forme un état indépendant et fédéraliste avec les autres républiques du Caucase. Je suis pour que le Sahara Occidental soit indépendant du Maroc.

 

D'autres questions m'interroge: Certains Tchadiens veulent former un " grand Tchad" réunissant le Tchad, la République Centrafricaine, le Darfour, les régions kanouri du Cameroun, du Nigeria, du Niger, les régions toubous du Niger et de Libye. C'est un beau projet pour former un pays fort mais fédéral, qui est unis historiquement et culturellement, mais les Centrafricains seraient ils d'accord, je ne sais pas et c'est à discuter.

 

J'ai des doutes aussi sur certaines revendications et évènements. Que pensez de l'indépendance du Sud-Soudan, cela ne va t-il pas créer de nouvelles guerres? Le Soudan du Sud ne va t-il pas tomber sous l'influence de l'Ouganda, dont le dictateur était un agent de la CIA et occupe une partie de la République Démocratique du Congo, du Sud-Soudan, de la Centrafrique et est présent en Somalie.

 

La population de la Casamance veut elle son indépendance? La divison du Nigeria serait elle une bonne chose?

Et regardons la joie des Ivoiriens après la fin de la division de leur pays, Sénoufo, Dioula, Bété, Baoulé étaient fier d'être ivoirien. Sans parler de la chute du mur de Berlin et la réunification allemande.

 

Surtout peuple de l"Azawad, ne soyez pas manipuler: les Américains et les Algériens poussent pour que les Touareg rentre en guerre contre AQMI. Certains Touareg sont pret à l'accepter pour obtenir des armes et les retourner contre Bamako. Mais pensez que les hommes d'Al Qaida au Maghreb Islamique sont des êtres humains, certes dans l'erreur, mais des humains. Voyant le monde désastreux où capitalisme, sexualité perverse et corruption règnent, ils ont choisit de détruire ce monde. Il y a 70 ans ils auraient été communistes, il y a 110 ans ils auraient été anarchistes, en 2011 ils sont salafistes jihadistes.

 

J'ai aimé parler avec eux, même si je suis en désaccord total sur la facon de changer le monde. J'ai essayer de leur expliquer que c'est par l'éducation qu'ils trouveront un métier, seront reconnus dans leur communauté et ainsi ils pourront faire changer le monde.

Les jihadistes sont les enfants de Dieu, mais le MNLA est tout autant enfant de Dieu et les Ganda Iso sont aimé de Dieu. Les soldats maliens sont dans le coeur de Dieu. Bref, tous les enfants de l'Azawad sont aimé d'Allah.

 

Parlons aussi du trafic de drogues, de cigarettes et de voitures qui existent dans l'Azawad. Cela sera impossible à éliminer, la population vie grace à ça. Mais cela doit diminuer, comment? Encore par l'éducation, et par le tourisme.

 

Enfin je finirais par dire qu'il ne faut pas accuser les occidentaux de tous les maux du continent noir. Oui ils pillent l'Afrique, mais nous avons notre part de responsabilité. Mais le pire, c'est que certains occidentaux qui détestent leur propre civilisation mais ne connaissent pas l'Afrique non plus, disent que l'Afrique va mal car les Européens l'ont découpé sans tenir compte des ethnies. Souvenons nous des empires du Ghana, du Mali, Songhai, du Kanem-Bornou, des Almoravides. Tous ces états précoloniaux étaient pluri-ethniques. Il y a toujours eu des états en Afrique et ils ont toujours été multiethniques et c'est une richesse!


Et regarder le Cameroun. Un Kanouri de l'extrême nord peut parler arabe, foulbé, bamiléké, fang, français, anglais et avoir des notions d'allemand.

L'Afrique est sur la bonne pente, nos étudiants réussissent dans les écoles occidentales mais gardent leur culture africaine et vont venir relever l'Afrique.

Nous politico-militaires sommes là pour renverser les dernières dictaures puis nous abandonnerons les armes.

 

Donc MNLA, discutez avec le président ATT, dialoguez avec Ganda Iso, éduquez AQMI, et là vous prendrez votre décision: l'Azawad sera il mieux en tant qu'état indépendant ou dans un Mali fédéraliste. Dans mon coeur le Touareg est autant malien qu'un Bambara ou un Soninké.

C'est au peule de l'Azawad de choisir. Vive le peuple de l'Azawad.

 

Pour le Tchad nous demandons des discussions sous l'égide de l'ONU, que tous les prisonniers politiques soient libérés et que le Tchad deviennent fédéraliste. En Centrafrique nous sommes beaucoup critiqués par les médias à cause de notre chasse aux zaraguinas et autres bandits, mais le peuple nous approuve. Nous souhaitons même collaborer avec les FACA, la gendarmerie, la police, l'APRD, l'UFDR, la CPJP, le MLCJ d'Abakar Sabone, le FPDC d'Abdoulaye Miskine pour que tous ensemble nous chassions la LRA de Joseph Kony de RCA.

 

Par ailleurs nous condamnons l'incendie de la bourgade Bokassa près de Baoro (environ de Bouar, Bozoum et Carnot) par des éleveurs. Cultivateurs et éleveurs doivent êtres unis. En Centrafrique, au Tchad et dans l'Azawad.

 

Si des gens de l'Azawad veulent dialoguer, ma nouvelle page facebook http://fr-fr.facebook.com/pages/général-Baba-Laddé/139225036167556

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 02:33

 

 

 

Boz-invest.jpg


Mbour, 7 déc 07/12/2011 22:54 GMT (APS) - La République Centrafricaine ambitionne de suivre l’exemple sénégalais en matière de parité, a annoncé, mercredi à Saly-Portudal, à 80 Km au sud de Dakar, la députée centrafricaine Marie-Solange Pagonendji-Ndakala.


Ancienne ministre centrafricaine, aujourd’hui parlementaire, Mme Marie-Solange Pagonendji-Ndakala est la présidente de la commission "Genre, population, développement et droits de l’homme" à l’Assemblée nationale de la Centrafrique.

 

Elle est à la tête d’une délégation qui prend part à l’atelier préparatoire de la mission de vulgarisation de la loi sur la parité au Sénégal, à l’initiative de l’Assemblée nationale sénégalaise et de l’Union européenne.

 

Selon elle, le Sénégal, à travers la loi sur la parité et la signature du décret d’application de la loi sur la parité et la création d’un observatoire de la parité constituent des exemples à suivre pour aller vers une promotion effective des femmes.

 

"Nous remercions le gouvernement et le parlement sénégalais pour leur accueil. Comme l’a dit le président Wade (Sénégal), la femme c’est le développement. Pour le président Bozizé (Centrafrique), il faut surtout mettre l’accent sur la parité, pour aller vers une promotion effective des femmes", a rapporté la parlementaire centre africaine.

 

"Nous avons une loi sur la protection des femmes contre les violences. Maintenant, nous voulons suivre l’exemple du Sénégal, pour que la parité soit une réalité en Centrafrique. Nous sommes sur la bonne voie", a-t-elle indiqué.

 

Elle estime, à l’image de la ministre d’Etat Awa Ndiaye, en charge de la Culture, du Genre et du Cadre de vie, que les femmes doivent s’impliquer pour arriver à un développement dans tous les pays, mais particulièrement dans les pays sous-développés.


 

 

NDLR : Arôme Maggi est vraiment partout...! Après le Bénin pour la secte du christianisme céleste de Bozizé et le recrutement de Bio Tchané pour les relations avec le FMI, c'est maintenant vers le Sénégal que se tourne  la bozizie pour la parité homme - femme. Théodore Jousso ministre boziziste en charge de l'aviation civile s'y était aussi rendu récemment pour faire appel à Karim Wade et aux experts sénégalais. Pourquoi faut-il toujours des modèles étrangers à la bozizie ? 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:48

 

 

 

Gbagbo-CPI.jpg


7 décembre

 

Par Pierre Jacquemot, chercheur associé à l’IRIS

Laurent Gbagbo ; l’ancien président ivoirien est à la Haye depuis quelques jours. Il est accusé d’être le coauteur indirect de quatre crimes contre l’humanité, « meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains », commis dans son pays, alors qu’il refusait de quitter le pouvoir qu’il occupait depuis 10 ans, après avoir été battu aux élections en décembre 2010. Cette démarche mettant en branle la justice internationale n’est probablement pas contestable. Pourtant elle pose quelques interrogations.

On observe d’abord que l’Afrique au sud du Sahara contribue largement à la justice internationale. Après le Libéria, le Soudan, le Congo, la Centrafrique, à présent, c’est la Côte d’ivoire qui envoie devant la Cour Pénale Internationale l’un des ses autocrates, auteurs d’exactions sur sa population. Et il est le deuxième chef de l’Etat, après Charles Taylor. Un troisième, Omar El Béchir, est inculpé depuis 2009, mais il continue d’exercer ses fonctions et de voyager en toute impunité.

A part l’ex-Yougoslavie, qui aura donné autant ? Peut-on s’attendre à ce que la révolution arabe transfère bientôt ses tortionnaires à la Haye ? Ou faut-il craindre une justice à deux poids deux mesures ?

Comment les Ivoiriens interprètent-ils cette extradition ? Il faudrait assurément le leur demander. Mais il est certain qu’ils s’attendent à ce que les auteurs de crimes de l’autre bord, ceux des Forces nouvelles, soient aussi interpellés. Il y a eu 3000 tués pendant la guerre civile et, les torts sont certainement en partie partagés. Il faut donc une justice équitable. Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a promis de sanctionner aussi les responsables du camp Ouattara soupçonnés de crimes de guerre et contre l’humanité, mais aucun n’a encore été inculpé. Au contraire, certains chefs militaires de l’ex-rébellion ont été promus.

Il faut également une justice responsable, qui tienne compte du contexte ivoirien. Le pays est meurtri et divisé. Le processus de réconciliation entre les ennemis d’hier est en cours. Il mettra du temps. Le transfèrement de l’ex-président ne peut que susciter des frustrations. Le 11 décembre auront lieu les élections législatives. Les Ivoiriens peuvent se sentir légitimement lésés ne pas avoir « leur » procès dans leur pays, ce qui aurait été un moment fort dans le traitement du drame.

Laurent Gbagbo doit s’attendre à rester longtemps à la Haye avant son procès, comme Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président congolais, détenu depuis trois ans. Les procédures de la CPI sont longues. Il restera le « diable » pour certains, un martyr pour d’autres. Encore une fois, les Ivoiriens se sentent dépossédés, comme ils le furent lorsque la Communauté internationale, via les Nations Unies, décida qui, d’Alassane Ouattara ou de Laurent Gbagbo, avait gagné les élections présidentielles. Il s’agit de prendre garde à ne pas nourrir l’irréductible ressentiment.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:43

 

 

 

Kabila


Le Carnet de Colette Braeckman 6 décembre

 

Depuis dix ans, il est à la tête du pays, son portrait s’affiche partout, il a multiplié inaugurations et meetings dans toutes les provinces, sa conférence de presse de trois heures a été largement diffusée. Malgré cela, pour beaucoup de Congolais, Joseph Kabila demeure un mystère. Auprès des uns, abreuvés de rumeurs ou tout simplement déçus, il est l’objet d’une haine intense, quasi hystérique, traité de Rwandais, de complice des Occidentaux et on en passe. Auprès de ceux qui le soutiennent, il suscite l’estime pour son calme, sa persévérance, sa volonté de réunifier, de pacifier puis de reconstruire son pays. Mais même aux yeux de ses proches, cet homme de 40 ans demeure un mystère, et il ne provoque ni adulation ni culte de la personnalité. Esquivant les questions trop personnelles, il répète : « vous ne connaissez pas le président Kabila… »

 

Il y a plusieurs explications à cette réserve. Lorsque Joseph Kabila voit le jour à Lulenge, en 1971, dans le territoire de Fizi, son père, Laurent Désiré Kabila, est l’homme le plus recherché du pays : il dirige la «zone rouge » un maquis installé sur les bords du lac Tanganyika et tous les agents de Mobutu ont pour consigne de retrouver et mettre hors d’état de nuire cet homme qui a été le  compagnon de Lumumba et l’interlocuteur de Che Guevara. Joseph et sa sœur jumelle, Jaynet, n’ont pas cinq ans lorsque la famille est obligée de fuir et de s’installer en Tanzanie, les conditions  dans le maquis devenant trop dures. A Dar es Salaam,  le père inscrit  les jumeaux à l’école française, tenant à ce qu’ils maîtrisent la langue de leur pays d’origine. Mais les enfants ont pour consigne de ne pas révéler leur véritable identité, qui les exposerait aux agents mobutistes. C’est là que Joseph apprend à se taire, à se composer un masque impassible. A se débrouiller aussi. Les opposants se gaussent de lui : « il conduisait un taxi, il exerçait de petits métiers, sa mère vendait des légumes… » Et alors ? Refuser de pactiser avec Mobutu, cela se paie par la misère… D’après les témoins, Joseph est l’interlocuteur favori de son père, qui lui inculque ses théories politiques et son nationalisme de combattant.

 

Grâce au soutien d’amis étrangers, le jeune Joseph est envoyé à l’Université Makerere en Ouganda, mais  en 1996, un autre projet bouscule soudain la vie des exilés. «  Cette fois c’est la bonne » assure le vieux maquisard, qui s’allie aux Rwandais et aux Ougandais pour démanteler les camps de réfugiés hutus au Kivu et in fine chasser Mobutu.  Laurent-Désiré Kabila, relégué à l’arrière, charge son fils de demeurer dans le sillage de James Kabarebe, le chef d’état-major rwandais qui dirige les opérations militaires. « Afande Joseph » (le commandant Joseph) progresse aux côtés de l’armée rwandaise, assiste de près à la traque et aux massacres des réfugiés hutus et… fait  rapport à son père. Il soupirera plus tard : «J’ai su très vite qu’un jour nous aurions la guerre avec ces gens-là… »


Lorsqu’il arrive à Kinshasa, le « fils du chef », venu de l’Est, s’exprime en swahili et se montre plus à l’aise en anglais qu’en français. Ses amis sont rares, il se montre réservé, sinon « chiche » selon certains. Son père, aussi sévère avec lui qu’avec ses autres collaborateurs, a la colère facile et la main lourde. L’apprentissage, interrompu par un stage en Chine,  ne dure pas longtemps : en 1998, la guerre reprend,  déclenchée par le Rwanda et Joseph se retrouve à défendre l’aéroport de N’Djili contre les infiltrés rwandais, avant d’être renvoyé dans l’Est avec pour mission de réactiver les anciens maquis et de recruter les combattants Mai Mai, qui résistent à l’envahisseur avec des armes traditionnelles et magiques. Suivant la formule « l’ennemi de mon ennemi devient mon ami » Joseph prend également contact avec les rebelles hutus qui appuient les troupes gouvernementales.

 

En 2001, lorsque son père est assassiné, Joseph est ramené du Katanga par les Zimbabwéens et les compagnons de son père le désignent à sa succession. Il a 28 ans et deux objectifs : mettre fin à la guerre, réunifier son pays. Pour cela, lors des négociations de paix de Sun City, il accepte de partager le pouvoir avec quatre vice-présidents dont deux sont issus des mouvements rebelles, tout en veillant à se trouver au-dessus de la mêlée. En 2006, le pari des élections démocratiques est gagné et Joseph est élu, contre Jean-Pierre Bemba, avec 58% des voix. A l’époque déjà, Bemba,  le  « chairman » avait conquis la capitale en se faisant appeler « Igwe » l’enfant du pays.

 

Aujourd’hui, même si son score s’est amélioré, cet  homme réservé, père de deux enfants, n’a toujours pas conquis Kinshasa, qui préfère les tribuns comme Mobutu et Bemba ou les héros populistes comme Tshisekedi.

 

Même si son français s’est fluidifié, si sa dégaine s’est assouplie, Kabila ne parle toujours pas le lingala, ne tient pas de meeting dans la capitale, (celui qui devait clôturer sa campagne au stade des Martyrs a été annulé in extremis…) et ses loisirs se résument à se retirer dans sa ferme,  à faire du jogging le long du fleuve ou à circuler en moto, casquette sur la tête, vérifiant au passage l’état d’avancement des chantiers. Ses photos, omniprésentes durant la campagne, se veulent rassurantes, mais en réalité, malgré son sourire engageant, le président inspire une certaine peur et même s’il n’est impliqué dans rien, on constate que ses rivaux, comme Bemba, ont été écartés, que ses critiques les plus virulents, comme le militant Floribert Chebeya ou l’avocat Firmin Yangambi ont été assassiné ou condamné à perpétuité…

 

Alors que ses adversaires ont parcouru l’Europe pour y récolter des soutiens, il a préféré, lui, inaugurer des chantiers, pensant que ses œuvres parleraient en sa faveur, ou entretenir ses relations africaines, se présentant aux pays de la région comme un gage de stabilité.

 

Investi d’une tâche herculéenne, reconstruire ce pays effondré, il a commencé par les routes, les infrastructures. Mais le développement est une affaire de longue haleine et ses compatriotes estiment que, dans leur assiette, ils n’ont rien vu venir et constatent qu’entre les riches et les pauvres le fossé s’est creusé.

Là n’est cependant pas le pire des reproches : au fil des années, s’est constitué un « cabinet parallèle » autour de l’inamovible et très discret conseiller Augustin Katumba Wanke. C’est là, dans la concession dite  «Eternit »,  que sont prises les grandes décisions, que sont signés les contrats, c’est là, dit-on, que sont versés des  dessous de table qui se chiffrent en millions de dollars. Interrogé sur le sujet, le président répète « donnez-moi des preuves »  et il insiste sur  la « tolérance zéro » face à la corruption et la réforme de la magistrature.  Et chacun de se demander si « le Raïs » est otage ou complice de son entourage. Mais ces questions-là, on ne les pose pas à haute voix, et chacun se dit que, même après dix ans, on  ne connaît toujours pas Joseph Kabila…

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:05

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

BANGUI AFP / 07 décembre 2011 12h00 - Le chef rebelle tchadien Baba Laddé du Front populaire pour le redressement (FPR), dont les hommes vivent actuellement dans le centre de la Centrafrique, a démenti mercredi les actes de violences dont il est accusé et s'affirme toujours prêt à négocier.

Nous n'avons rien à voir avec l'attaque de lundi. Cette attaque est l'oeuvre de rebelles manipulés par l'ambassade du Tchad, a affirmé à l'AFP par téléphone satellitaire le général Baba Laddé à propos de l'attaque lundi d'un convoi par des coupeurs de route qui a fait trois morts à Libi village entre Damara (60 km nord de Bangui) et Sibut (100 km nord Bangui).

Dans un communiqué mercredi, le ministère centrafricain de la Défense a affirmé avoir déployé dans le secteur des hommes de la Garde républicaine qui ont mis en déroute les malfrats. A l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations.

Nous avons toujours lutté contre les coupeurs de route. C'est nous (le FPR) qui avons sécurisé les axes dans le passé, a-t-il assuré alors que le président centrafricain Bozizé l'a accusé lors des fêtes du 1er décembre d'être un escroc et un voleur de bétail qui dépossède les éleveurs peuls de leur bétail.

Il affirme être un défenseur des éleveurs peuls, mais c'est tout à fait le contraire. Il les traque, il vole leur bétail, il vole leur argent. Mais ceux-ci finiront par se retourner contre lui, avait déclaré le président Bozizé, alors que le préfet de la région de Bambari a accusé les hommes du FPR de vivre de pillage et de racket, ainsi que d'enrôler des jeunes peuls de force.

Joint depuis Libreville, Baba Laddé a aussi démenti ces accusations, reconnaissant toutefois prélever une cotisation en contrepartie des services rendus pour assurer la tranquillité et la sécurité des éleveurs peuls. Ce sont nos gens, nous les protégeons. Je peux comprendre le président Bozizé, nous sommes dans son pays, a-t-il ajouté Mais, nous voulons la paix. Nous sommes toujours prêts à négocier.

Baba Laddé a accusé le président tchadien Idriss Deby Itno de ne pas vouloir négocier. Il dit qu'il veut discuter avec tous les Tchadiens mais de quels Tchadiens parle-t-il ? Nous voulons des négociations avec la présence de la communauté internationale, a ajouté Baba Laddé.

Le FPR occupe depuis début août la localité de Pladama Ouaka située entre les villes de Bambari (centre) et Kouango, sans que les tentatives de négociation aient pu aboutir.

Le 10 août, le médiateur centrafricain Mgr Paulin Pomodimo avait affirmé avoir convaincu le général Abdel Kader Baba Laddé de se rendre à N'Djamena pour discuter, mais celui-ci s'était refusé fin août à toute négociation sans la présence de l'ONU.


(©)

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