Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 01:30





APA Bangui 2008-10-25 (Centrafrique) Le président centrafricain François Bozizé s’est rendu ce samedi à Ndélé, chef-lieu de la préfecture du Bamingui Bangoran, dans le nord-est de la Centrafrique, pour assister aux manifestation marquant la Journée mondiale de l’alimentation (JMA), célébrée cette année sous le thème «la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies».

«En s’inspirant de ce thème, la République centrafricaine a choisi pour la journée de la femme rurale le thème «femme rurale, mieux composer avec l’environnement pour la sécurité alimentaire, la paix durable et la réduction de la pauvreté», a déclaré le chef de l’Etat, soulignant que la journée mondiale de l’alimentation est célébrée cette année dans un contexte mondial particulier, caractérisé par les crises alimentaires et énergétiques.

Selon Bozizé, la femme rurale a un rôle important à jouer dans la quête de la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté en République centrafricaine. Il a lancé un appel à communauté internationale pour aider à la mécanisation de l’agriculture centrafricaine, afin d’aider son pays et lui permettre de faire face aux défis des changements climatiques et de la sécurité alimentaire.

En 2009, la JMA sera célébrée à Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut Mbomou, à l’extrême Est du pays, à la frontière avec le Soudan.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 01:13




 

 "Mr Omar Bongo Odimba is President of Gabon. He had contributed to oust by coup the legal leader of Central African Republic. As he gives support to Bozize, it is right, he participates in the organisation of National Inclusive Dialogue on this country which faces crises. Then it is appropriate that Mr Omar Bongo Odimba sets this dialogue in Libreville capital of its country. He must bring peace in Central African Republic. If not, its credibility will be tarnished among democrats, those believe in pluralism politics in Economic and Monetary Community of Central African States." 

  

Central African Republic is worth to deserve democracy which could be defined not only by pluralism politics but also by the fact to hate lying on realities of tremendous events and issues plunging her in doom and gloom. Truth is required for progress in all scope of activities. Politicians are submitted to this principle if they wish the good of this country. They should be responsible of their action and choice. To tell true they act according to their own free agency by doing the good or the evil. Yet, they have done so worse in Central African Republic that reality is dying every day, each day and every time, putting citizens in scarcity of despair, anger then uncertainty.

 

Bozize is a qualified liar. When he brings conflicts and clashes, murders and assassinations, frauds and corruption, violation of Human Rights and civil Laws, confusion and contradiction  on the country ; he thinks tell truth to citizens or to International Community, Regional  Community on Central African Republic : no he lies. He comes to the Power of State by coup; only this fact justifies its inclination to lie. Its principle of democracy is not suitable to pluralism politics which considers pluralism of ideas as the base of democracy. That explains clearly the reason why reality in Central African Republic is dying reinforcing dictatorship and oppression. Lying could not yield growth, sustained economy, development, technology or innovation the tool of competition.

 

Lying could not enhance democracy in the institutions of State. Lying embroils the country in insecurity, fear, violence and nepotism. Sure, it is a case of Central African Republic where the notion of good life, right institution and vertue is ignored by Bozize regime. What is to be done? Frankly, from the lying to pluralism politics, Central African Republic should ponder for the latter which means "persuasion", "meeting room" or the sacred need to collapse Bozizé regime. As Bozize regime opposes to dialogue, fails in its political agenda and now in torment of its lying. Evidence is that dialogue could be taken place but for nothing.

 

Bozize and its government are reached the crucial point of dictatorship that it will be difficult or impossible for them to accept the pluralism politics. What is missing to this government is the culture of the pluralism values. Citizens realise that and now turn away because of lying. They are tired to hear more lying about their country. At this stage reality is dying ; Central African Republic is condemned to be in leeway. Bozize is not well-indicated to shore this country to the values of pluralism politics. He is to be turned down. for the Common Good of the country.

 

***************************************************************************

 

La vérité, ici. La réalité, là. Le mensonge, très loin. Personne ne pense au mensonge. Tout exige la transparence, synonyme de la réalité et amie de la vérité. Le philosophe le sait. Alors la cité grecque antique,  le paradigme du politique et de la politique est l'exemple à citer à plus d'un titre. La vérité, ce qui est bon, juste, de haute valeur c'est-à-dire de la  plus grande valeur. La vérité est la vertu des systèmes de pensée. Parmi ces systèmes, il y a la politique. Et le politicien use de la vérité pour asseoir ce qu'est projet politique, son agenda de société. Ce, au travers la démocratie traduction du pluralisme politique ou pluralisme des idées et des valeurs.  

Et la Centrafrique mérite cette démocratie, mais à la seule condition que ce pluralisme des idées et des valeurs démocratiques inonde le gratin politique. Il n'en est pas le cas ; l'incertitude, l'insécurité, la violence, les meurtres, les assassinats, la méprise des Droits de l'Homme, la dictature écartent la Centrafrique de ce pluralisme des idées. La conséquence immédiate : " la réalité se meurt".  Le régime Bozizé entretient les conflits, le népotisme les fraudes, la corruption et la confusion dans l'esprit des citoyens qui d'ailleurs sont fatigués et le dégoûtent. Le mensonge le caractérise.

 

C'est pourquoi, le changement longtemps proclamé par Bozizé n'a pas encore été opéré. Aucun citoyen n'a pas encore goûté au produit de son changement. à l'exception des membres de son groupe.Trop de mensonge. Le  mensonge institutionnalisé. Le progrès, la technologie, la croissance économique et l'innovation ne peuvent pas se réaliser dans le mensonge. Celui-ci tue le progrès. Mais, Bozizé ne jouit pas de culture de la vérité organisée autour du pluralisme politique. 

 

Ainsi, "la réalité se meurt"  et la Centrafrique est dans la dérive. Le Dialogue Inclusif National ne peut pas être utile à la Centrafrique si le régime Bozizé rejette toute valeur du pluralisme démocratique. La meilleure solution se trouve dans la persuasion, le meeting-room; mais c'est illusoire avec le régime Bozizé. Il faut le déposer par tout moyen. Bozizé et son régime ne constituent un terreau pour le dialogue. Cela dit, le pluralisme politique et ses valeurs sont en conflit avec Bozizé. Que la démocratie l'emporte sur l'ignorance.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 02:37

par Djim-Arem Maïtart 
 










Qui eût cru que Bozizé, d'ordinaire si taciturne, affectionnant déblatéra dans l'antichambre, pût prendre l'initiative de solliciter un “face-à-face avec JJ,Démafouth, son ennemi juré, dans un débat contradictoire? Cela mérite un salut très bas tant l'évènement est inhabituel. Chacun a pu suivre avec intérêt son entretien sur RFI avec Boisbouvier, entretien au cours  duquel Le Général-Président s'était retrouvé dans une position inconfortable de coupable se perdant en conjectures face aux questions très précises du journaliste sur les réalités de son régime. Les bafouillages indignés de Bozizé, très mal aux entournures, montrent très clairement que c'est un Président dépassé par les évènements, se dressant, tel un tigre prêt à griffer, contre La Radio “RFI ”qu’il n'hésite pas à accuser de vouloir “ternir l'mage de la République centrafricaine, pourtant déjà ternie! Mais l'amnésie de Bozizé l'amène à oublier qu'il n'avait point hésité à se servir de  cette même « RFI»pour s'exprimer sur sa rébellion et ses atteintes aux Institutions républicaines. A cette époque la « RFI» en lui tendant son micro ne ternissait pas l'image du régime démocratiquement établi de Centrafrique!

 

Son surprenant « coup de gueule » contre cet acronyme n'aurait irrité personne si Bozizé, une fois de plus, n'avait cru prendre les Centrafricains pour des oies sauvages. Lorsqu'un Président, dont la politique basée sur la violence, jette des centaines de milliers de citoyens sur le chemin de l'exil, s’ils ne sont pas sommairement exécutés, pendant que d'autres se terrent en brousse disputant aux animaux les grottes et les terriers, se permet des sorties aussi indignes et cyniques Il est clair que pour lui les souffrances de ces concitoyens n'ont aucune espèce d'importance. Mais comment Bozizé peut-il sans rire clamer que la paix est revenue dans tout le pays et que la situation est maîtrisée? La barbarie, érigée en méthode de gouvernement dans laquelle excellent le sinistre Ngaïkoïssé et les tueurs de sa garde présidentielle, continue de faire des ravages et des victimes  dans le nord. Les Centrafricains sont pris en otage et contraints à l'exil à l'intérieur du pays, puisqu'ils ne peuvent aller dans leur région, pour les ressortissants du Nord et du Nord-Ouest, et d'une région à l'autre sous peine d'exactions de la part des coyotes de la garde présidentielle.

 

Mr Bozizé jette l'anathème sur l'A.P.R.D. en taisant soigneusement les crimes au quotidien commis, sur ses ordres, par les bourreaux du sérail. Nos parents sont pourchassés comme de vulgaires criminels, obligés de se cacher en brousse où ils vivent dans des conditions abominables et inhumaines. Bozizé ne peut pas continuer à jouer avec le vie des Centrafricains. Il doit partir s'il ne veut pas saisir l'opportunité qui lui est offerte à travers l'organisation du Dialogue Politique inclusif. Est-il conscient du bourbier dans lequel lui et ses courtisans se sont fourrés? Croit-il qu'il exterminera tous les Centrafricains du Nord et du Nord-Ouest et qu'il se maintiendra éternellement au pouvoir? Tout ce qu'il a fait dans le Nord et le Nord-Ouest le poursuivra toute sa vie et tout crime étant imprescriptible, les ressortissants de ses régions, qui ont perdu les leurs dans sa “sale guerre ” contre les nordistes, se réserveront le droit de le poursuivre pour ses crimes si d'ici-là il ne les reconnaît et qu'il ne demande pardon.

 

Les propos de Bozizé sur RFI sont une véritable insulte à la mémoire des milliers de nos compatriotes lâchement assassinés par ses hommes et par ses soins. On ne peut moralement pas prétendre gouverner un peuple et cultiver la haine viscérale contre une partie de ce peuple. Etre Président de la République c'est accepter d'être un père de famille qui se préoccupe de ses enfants, de tous ses enfants. Il est à cet égard, un père veillant sur tous en se gardant de réserver à une catégorie des traitements de faveur. Bozizé est loin de répondre à ses critères. Et il l'a une fois de plus montré dans son laïus à l'occasion de son anniversaire. Les “libérateurs”( qui ont-ils libéré?) sont seuls à représenter quelque chose à ses yeux, fraternité de crime oblige. Le Bonuca, qui pendant longtemps avait couvert ses crimes et ses médiocrités, ne peut plus continuer à tromper le Secrétaire Général des Nations unies par des faux rapports décrivant la situation centrafricaine conforme aux vues de Bozizé. Il pond un rapport accusateur contre le régime impopulaire et dictatorial de Bozizé, rejoignant les ONG internationales qui ne cessaient d'attirer l'attention sur le drame centrafricain, mais qui faisaient systématiquement l'objet d'attaque en règle de la part des opportunistes de sa cour qui le poussent vers la sortie sans le savoir.

 

Qu'il débatte avec Démafouth si ça lui dit, mais que va-t-il dire que les Centrafricains ne sachent pas? Je serai curieux de suivre cette joute qui s'annonce d'emblée inégale dans le mesure où Bozizé, dont on connaît les qualités oratoires types, devra faire preuve d'intelligence et de perspicacité pour répliquer à un Démafouth intrépide, rompu dans le débat par un long passé de militant; Car il n'aura personne à côté pour lui mâcher les réponses et autres contradictions à porter et à apporter à son vis-à-vis. Je m'imagine déjà le caractère cocasse d'une telle aventure risquée de ce débat. On sait déjà ce que Bozizé va dire, donc ce n'est pas l'important; ce qui est important c'est de savoir comment il se comportera. Attendons et voyons!   “Mboutou Ndou, adou so ndou”

 

MAITART Djim-Arem

“La voix qui crie dans le désert”

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 01:43




 

        A son Excellence, M .BOZIZE FRANCOIS, président de la république Centrafricaine.



Excellence  depuis quelques mois, les efforts consentis par le gouvernement sous votre tutelle commence à donner ses fruits car :

Ø  Le salaire est régulier,

Ø  La Bourse est régulière,

Ø  L’armée Nationale porte les couleurs de toutes les Ethnies, pour ne citer que ces exemples.

Hélas,ceux que vous avez choisi de vous accompagner dans cette marche du progrès ne font qu’abuser de votre largesse d’esprit à l’instar d’un de vos camarades de la convergence KNK,dénommé FEIKERE, lequel vous avez placé à la Direction des bourses et Stages. Le pis, c’est que FEIKERE se moque de vous en faisant des jeunes de votre ethnie, sujets de la risée publique. Pour vous aider à voir clair dans l’ombre de votre laxisme, nous vous conseillons de mettre en place une commission d’audit à la Doté Elie, pour vous signifier combien de fois FEIKERE vous manque de considération,vous qui êtes supposé porter la marque de l’estime de tous Centrafricains et Centrafricaines car étant le garant de l’unité Nationale, ce qui risquerait de vous faire plonger dans la disgrâce voire le discrédit, par conséquent vous pousser à la sortie à l’exemple de PATASSE qui à fait des sergents de l’armée des Leaders politiques puisque quiconque pouvait s’opposer à lui :

ü  FEIKERE envoie des jeunes de BOYE ARABE avec de faux Bacs pour étudier à l’étranger,

ü  Des Bacheliers de la série B pour faire la Pharmacie avec la bourse de l’Etat,

ü  Il renouvelle la Bourse à des gens qui n’ont même pas validé l’année,

ü  Il refuse aux étudiants Centrafricains Musulmans, Kaba, Yakoma et autres, la Bourse de l’Etat Centrafricain bien qu’ils soient méritants.

ü  Il a donné la bourse de deux ans à des étudiants en dernière année d’études afin qu’il vienne partager avec ces derniers,

ü  Il autorise les Redoublants de lui envoyer des relevés de notes falsifiés afin de leur renouveler la bourse.

Demandez à FEIKERE, si les étudiants Centrafricains à qui il a renouvelé la bourse au Mali au titre de l’année 2007-2008, étaient tous admis en classe supérieure ???

Si oui, prenez l’arrêté interministériel 2007-2008 et vérifiez auprès des établissements concernés, l’authenticité de ces relevés et attestations de réussite, FEIKERE  oblige ces étudiants  de devenir fraudeurs même dans un pays étranger .Au Bénin, Féikéré  a transformé les étudiants à des commerçants car il s’ arrange avec ces derniers de fréter  des bagages à leur propre nom une fois arrivée à Bangui il se sert de ça.

Pour plus d’informations, contacter les établissements fréquentés par des étudiants Centrafricains boursiers pour que le gouvernement se situe sur ceux sur qui compte l’Etat Centrafricain au nom de la gestion du célèbre FEIKERE.

Et si cela serait approuvé, pourquoi avez-vous accepté de chasser PATASSE du pouvoir ??? Vous qui avez suscité l’espoir du peuple Centrafricain ???? en voulant Restaurer les valeurs d’un Etat digne de ce nom ???

Nous vous situerons prochainement sur la gestion de FEIKERE pour les autres pays. 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Nation
25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 01:41





LIBREVILLE - AFP / 25 octobre 2008 01h12) - Gouvernement, opposition et rébellions de Centrafrique ont décidé vendredi lors d'une réunion à Libreville de créer un groupe de travail sur les modalités de désarmement des combattants rebelles, a annoncé vendredi le gouvernement gabonais.

Il a été "adopté le principe d'un processus de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) en trois phases pour les combattants des mouvements politico-militaires", a déclaré le ministre gabonais des Affaires étrangères Paul Toungui, dans un communiqué lu devant la presse par sa porte-parole, Mme Brigitte Anguile-Diop.

"A cet égard, un groupe de travail a été mis en place pour déterminer les modalités de mise en oeuvre du processus de DDR. Ce groupe soumettra son rapport au comité de suivi le 18 novembre", ajoute le texte.

La décision a été annoncée vendredi en soirée à l'issue d'une réunion du comité de suivi l'accord global de paix signé en juin.

Aucun détail supplémentaire n'a été fourni à ce sujet et les participants n'ont voulu faire de commentaire.

Etaient notamment présents les ministres centrafricains de la Communication, Cyriaque Gonda, et de l'Intérieur, Paul-Raymond Ndougou, ainsi que les dirigeants des rébellions de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), Jean-Jacques Demafouth, et de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), Djanib Grebaye.

Le chef de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN, principale coalition de l'opposition), Me Henri Pouzère, ainsi que des représentants d'organisations régionales, de l'ONU, de l'Union européenne, de la Francophonie ont également participé.

Le comité de suivi a aussi appelé les parties centrafricaines à "privilégier le dialogue" dans l'application de la loi d'amnistie promulguée le 13 octobre.

L'amnistie est considérée comme un préalable à la tenue du "Dialogue politique inclusif", rassemblant toutes les parties mais l'APRD et l'UFVN ont dénoncé la loi votée par le Parlement fin septembre. Selon eux, le texte élaboré par un comité parlementaire mixte a été modifié par les députés de la majorité présidentielle qui ont ensuite été les seuls à le voter. L'APRD réclame la révision de la loi.

L'amnistie concerne et les "forces de sécurité et autorités civiles" et "les responsables et les membres des groupes politico-militaires se trouvant sur le territoire national ou en exil" depuis le 15 mars 2003, quand le général François Bozizé a renversé le président Ange-Félix Patassé (1993-2003).

La rébellion s'était retirée du processus de paix mais une première réunion du comité de suivi mi-septembre avait permis de réamorcer le dialogue.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 01:18




LIBREVILLE - AFP / 24 octobre 2008 21h04 - Des représentants du gouvernement, de l'opposition et de deux groupes rebelles de Centrafrique ont entamé vendredi à Libreville une réunion sur l'application de "l'accord global de paix" signé en juin, a constaté une journaliste de l'AFP.

"C'est une réunion du comité de suivi de l'accord global de paix du 21 juin 2008", a indiqué le ministère gabonais des Affaires étrangères. Aucune autre déclaration n'a été faite à la presse à l'ouverture de la rencontre, au siège de ce ministère, et qui doit se dérouler sur deux jours.

De source diplomatique, les discussions doivent porter sur les modalités de l'application de l'accord pour permettre de ranimer le "Dialogue politique inclusif" actuellement en panne et ouvrir la voie à un règlement de la crise sécuritaire et financière en Centrafrique.

Parmi les participants à la réunion, figurent les ministres centrafricains de la Communication, Cyriaque Gonda, et de l'Intérieur, Paul-Raymond Ndougou.

Les représentants des rebelles Jean-Jacques Demafouth, président de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), et Djanib Grebaye de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), ainsi que Me Henri Pouzère, de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), principale coalition de l'opposition en Centrafrique, sont également présents.

Les autorités de Bangui avaient signé le 21 juin à Libreville avec l'APRD et l'UFDR un accord de paix, préalable à la tenue d'un "Dialogue politique inclusif" qui est toutefois resté au point mort.

Mi-septembre, les différentes parties s'étaient déjà retrouvées dans la capitale gabonaise, ce qui avait "permis une reprise du dialogue", selon François Lonsény Fall, le représentant spécial des Nations unies en Centrafrique.

L'APRD et l'UFVN dénoncent notamment la loi d'amnistie promulguée le 13 octobre et considérée comme un des préalables à la tenue du "Dialogue politique inclusif".

Elles estiment que le texte élaboré par un comité parlementaire mixte a été modifié par les parlementaires de la majorité présidentielle, qui ont été les seuls à le voter 29 septembre.

L'amnistie concerne à la fois les "forces de sécurité et autorités civiles" et "les responsables et les membres des groupes politico-militaires se trouvant sur le territoire national ou en exil" depuis le 15 mars 2003, quand le général François Bozizé a renversé le président Ange-Félix Patassé (1993-2003).

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:03

L’ancien PM Elie Doté recasé à la présidence par Bozizé





Bozizé ne pouvait pas le laisser tomber purement et simplement. Il vient de le nommer aux termes d’un décret, aux fonctions pompeuses de ministre d’Etat, conseiller spécial à la présidence pour les investissements. Il avait été le chercher à Tunis où il travaillait à la BAD pour faire de lui son PM post élection en juin 2005. Présenté à l’époque comme grand technocrate et homme providentiel qui allait permettre à la RCA de décoller enfin, l’avènement de Elie Doté a déçu plus d’uns et même été plutôt un désastre pour le pays.

Il s’est très vite révélé être un grand cupide et un dépensier hors pair des finances publiques. Sur son exigence, Bozizé lui a permis de cumuler ses fonctions de premier ministre avec celle de ministre des finances mais quelque temps après, il lui a retiré le portefeuille des finances et décidé de présider lui-même le comité de trésorerie, ce qu’il continue de faire jusqu’à ce jour d’ailleurs.

Elie Doté entre temps, s’est d’emblée octroyé un salaire de premier ministre que ses prédécesseurs auraient envié et augmenté aussi le plafond de ses fonds spéciaux, porté à un niveau sans précédent dans le pays. Il est devenu vers la fin, un grand complice de Bozizé pour avoir cosigné avec lui, des documents maffieux de prétendus hommes d’affaires louches qui allaient investir plusieurs centaines de milliards en RCA mais en réalité, c’était pour pomper le trésor national.

Puis avec le concours de Sylvain Maliko, Elie Doté a orchestré deux table-ronde à Bruxelles censées également déverser d’autres centaines de milliards sur le pays. Le seul résultat probant de ces brassages de vent est qu’ils ont permis à Sylvain Maliko de devenir ministre d’Etat, Bozizé ayant été mystifié par ces numéros d’illusionnisme à Bruxelles. Le pays attend toujours ces milliards sans doute coincés en route…

 

Avec Bozizé  la direction générale de la police nationale est bicéphale




Il n’y a pas longtemps, Bozizé a limogé, on ne sait trop pour quelles raison d’ailleurs, le directeur général de la police nationale, le commissaire Ernest Latakpi. Il a été officiellement remplacé par Jérôme Ngbissiatoulou lequel est secondé par un certain Yves Gbéyoro, commissaire de police, ex directeur de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), pour qui a été crée spécialement le poste de directeur général adjoint de la police, fonction qui n’existait pas jusqu’ici dans l’organigramme de ce corps. C’est cet office (OCRB) qui vient à nouveau d’être épinglé dans le rapport des Nations unies (BONUCA) concernant les nombreuses exécutions sommaires extrajudiciaires.

Autre difficulté dont souffrent les responsables officiels de la police nationale centrafricaine, c’est l’existence à la présidence, précisément au cabinet de Bozizé, d’une autre direction générale parallèle de la police. En réalité, c’est même cette direction générale de la police qui se trouve à la présidence qui gère réellement les choses et prend les décisions. Elle est patronnée par l’ineffable Joël Sinfei Moidomsé, ancien directeur général de la police à l’époque du président Patassé devenu depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003 chef de cabinet particulier de Bozizé. C’est ce monsieur qui centralise les multiples fiches de renseignement, dont on sait à Bangui que la plupart ne font que colporter des fabulations et des mensonges mais dont s’en sert néanmoins le pouvoir en place.  

 

Bozizé fait retarder les obsèques du commissaire Trépassé





Froidement assassiné dans la nuit précédant le départ de Bozizé de Bangui pour le Québec, le défunt commissaire Hervy Setté Trépassé devrait initialement être inhumé le samedi 25 octobre mais selon des informations émanant d’une source proche de la famille, Bozizé qui s’invite à ses funérailles, a souhaité qu’elles fussent reportées, le temps qu’il revienne de Ndélé où il devrait célébrer en différé la journée mondiale de l’alimentation déjà passée le 16 octobre dernier.

Pourquoi Bozizé tient-il à prendre part aux obsèques du commissaire Trépassé ? Allez-y savoir ! N’a-t-il pas la conscience tranquille ?  Depuis qu’il a été abattu comme un chien, le pouvoir observe un silence assourdissant sur ce crime. Pas un mot de condamnation ; pas un communiqué quelconque du ministère de l’intérieur ni de la direction générale de la police, rien, absolument rien ! Tout cela est lourd de signification et tend à montrer que les commanditaires de cet odieux assassinat ne doivent pas se trouver ailleurs que dans les cercles mêmes du pouvoir. Comme par hasard, du côté de l’enquête, rien n’avance non plus !

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Nation
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 01:54

 



Les Afriques  
22-10-2008

Le gouvernement centrafricain a retiré l’agrément d’exportation minière à huit des dix bureaux d’achat officiellement agréés pour collecter l’or et le diamant : Ordica, CAD,  ADC, Beldiam, Diamstar, Diamond Distributor Centrafric, Gem-CA et Primo.

Cette mesure, entrée en vigueur pour une durée indéterminée, est l’une des actions « visant à lutter contre la fraude minière », a expliqué le ministre des Mines, le lieutenant-colonel Sylvain Ndoutingaï.




Le tout puissant Sylvain Ndoutingaï 




Ndlr Centrafrique : En réalité, l'indéboulonnable ministre des mines joue avec ce pouvoir qu'il détient de faire du chantage aux bureaux d'achat. C'est de cette façon qu'il renfloue sa caisse noire et reste ainsi indispensable à Bozizé. Il n'y a rien de bien nouveau sous le soleil. Depuis qu'il a pris cette décision de retrait d'agrément, plusieurs de ces bureaux d'achat ont déjà dû passer le voir à son bureau et cracher au bassinet.  

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Economie
22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 03:02






Entretien de Christophe Cassiau-Haurie avec Didier Kassaï


juin 2008 (par MSN entre Maurice et la RCA)

publié le 21/10/2008

 

Né en 1974 à Sibut, en République centrafricaine, Didier Kassaï symbolise bien tous les paradoxes avec lesquels doivent composer la plupart des dessinateurs africains. Lauréat du prix italien Africa é Mediterraneo en 2006 et sélectionné la même année au concours Vues d'Afrique, il est très présent dans de nombreuses publications collectives mais ne compte qu'une seule œuvre individuelle à son actif. Publié fin octobre 2008 aux éditions centrafricaines Les rapides, son premier album - premier album commercial centrafricain publié localement - est l'adaptation de l'ouvrage de Pierre-Samy Mackfoy, L'odyssée de Mongou. Rencontre avec un dessinateur talentueux qui évoque sa passion pour le dessin et les difficultés auxquelles il est confronté dans un contexte politique et économique peu propice aux artistes.

D'où vous vient votre passion pour le dessin ?

En fait, je suis un véritable autodidacte. Dès l'âge de 5-6 ans, j'ai commencé à dessiner avec du charbon de bois sur les planchers de la maison de mes parents. J'imitais ma mère qui était dessinatrice de motifs sur des tissus et des calebasses ainsi que mon frère aîné, Frédéric, qui avait commencé à dessiner un peu plus tôt que moi (1).

Une vocation vite contrariée…

Oui, j'ai très vite rencontré l'hostilité de mes parents qui envisageaient un autre avenir pour moi, car pour eux, le dessin n'était pas un métier qui garantirait la survie de son homme. Cela m'a obligé à poursuivre mon chemin dans la clandestinité.

Comment a débuté votre carrière de bédéiste ?

En 1990, je me suis fait découvrir lors d'un atelier de BD organisé par le Centre Culturel Français de Bangui. Dès lors, ma notoriété naissante a dépassé le cadre scolaire, obligeant du coup mes parents à changer d'attitude à mon égard. D'autant plus que j'ai été engagé deux ans plus tard, à temps partiel, comme illustrateur de presse biblique à l'imprimerie de la Mission protestante baptiste de Sibut où j'ai travaillé jusqu'en 1996. Ce fut un hasard salutaire, car à la même époque, mon père ne travaillait plus et n'avait plus la possibilité de s'occuper de ses sept enfants dont j'étais le second. Grâce à mes modestes revenus dans le dessin, toute la famille a pu survivre et mes frères aller à l'école.

Qu'est ce qui vous décidé à faire du dessin votre métier ?

En 1997, à quelques mois du Bac, je suis tombé gravement malade et je n'ai pas pu passer les examens. En parallèle, mes employeurs avaient été évacués vers les États-Unis à cause d'une rébellion qui a secoué la capitale centrafricaine pendant près de deux ans. Faute de moyens financiers et pour continuer à survivre, j'ai dû travailler comme caricaturiste au quotidien Le Perroquet, un véritable outil médiatique crée par le MLPC, le parti du Président Patassé, pour combattre les mutins et l'opposition politique (2). Tout ça pour un salaire de misère.

Quelle fut la suite de votre carrière après Le perroquet ?

Entre 1997 et 98, j'ai décroché successivement deux concours nationaux d'affiches organisés par le Fonds des Nations Unies pour la Population et fin 1998, je me suis présenté à un concours de BD organisé conjointement par l'Alliance française de Bangui et le CICIBA (Centre international des Civilisation Bantu). J'ai décroché l'unique place pour participer aux Journées africaines de la BD (JABD) de Libreville alors que j'étais le seul amateur parmi une dizaine de professionnels. La même année, j'ai été engagé pour illustrer le Programme M'Buki et le bulletin d'informations de l'Alliance française. Dès lors, le cercle de la BD s'est ouvert pour m'accueillir dans différents festivals : la 2e édition des JABD en 99, le 4e Salon africain de la BD de Kinshasa en 2002 ; le FESCARHY (Festival International de Caricature de d'Humour de Yaoundé) en 2003 et 2004 et le festival d'Angoulême en 2006. J'ai représenté pendant 3 ans (de 2002 à 2004) la République centrafricaine (RCA) au sein du réseau des auteurs de BD d'Afrique centrale, le Béd'Afrika [Le programme Béd'Afrika était un programme de l'Union européenne mais n'a jamais réellement démarré, ndlr].

Vous n'avez édité aucun album personnel jusque-là ?

J'ai participé à plusieurs résidences de BD à Bangui en 2003, autour du projet "les grands quelqu'un", à Tokyo avec le projet "Baobab et Bonzaï" en 2005 et à Fès au Maroc avec "Carnet de Fès" en 2007. Malheureusement, aucun de ces projets n'est arrivé à une maison d'édition par manque de volonté des partenaires.

Vous avez en revanche gagné en visibilité en participant à plusieurs expositions ?

Oui, J'ai participé à plusieurs expositions de BD : "À l'ombre du baobab" au festival d'Angoulême en 2001, "Bulles d'Afrique" au Centre belge de BD en 2003 ; "Africa comics" au Studio Museum Harlem aux États-Unis en 2005-2006 et "Picha", exposition de BD africaine au musée d'Afrique de Berg en Dal (Pays-Bas) (3).

Vous êtes aussi un spécialiste des albums collectifs…

Oui…. J'ai participé à Shégué aux éditions camerounaises Akoma Mba en 2003 [Shégué signifie "gamin des rues" en lingala, ndlr], Africa Comics aux éditions italiennes Laï Momo en 2002 et 2003, Aventures en Centrafrique aux éditions Les classiques ivoiriens en 2005, Une journée dans la vie d'un Africain d'Afrique avec l'Afrique dessinée en 2007 (4), Vies volées chez Afrobulles en mars 2008…

De 2005 à 2007, j'ai illustré les aventures de Gipépé le pygmée, des ouvrages illustrés à vocation pédagogique, édités chez Les classiques ivoiriens.

Quels sont vos projets actuels ?

Je travaille sur deux projets de BD : le premier, en collaboration avec l'Alliance française de Bangui, consiste à adapter en BD L'Odyssée de Mongou, de Pierre Sammy-Mackfoy (5). Le second est un projet personnel, provisoirement intitulé Pousse-Pousse, qui raconte la galère d'un jeune homme (Edégo) qui fuit son village pour aller vivre en ville après avoir été accusé de "flagrant délit de drague" pour avoir tenté de séduire la petite Ibina. De malchance au hasard et de petits métiers en petits métiers, il devient livreur de viande avec un pousse-pousse (d'où son pseudonyme). À force de courir tous les jours, ce que font les pousseurs de viande ici, il finit par attirer l'attention d'un encadreur sportif qui lui propose, en remplacement d'un athlète malade, de participer aux compétitions des Jeux Africains. Ce pseudo-athlète qui court les pieds nus surprend tout le monde et, contre toute attente, obtient la médaille d'or. Edégo, alias Pousse-pousse, est désormais une vedette, mais sa réussite ne l'empêche pas de penser à Ibina qu'il a toujours aimé et qui ne lui a jamais accordé un seul baiser. Ainsi décide-t-il de retourner au village où il est devenu le chouchou de tout le monde, même de ses anciens bourreaux. Mais il ne pourra jamais conquérir le cœur d'Ibina, car celle-ci est devenue maman et son mari n'est autre que Déh Mézoh, l'ex-chasseur d'insectes et éternel rival devenu un grand chasseur de buffles…

Quelle est l'histoire de votre dernière production, Vies volées, qui semble avoir eu beaucoup de succès ?

Cette BD de 15 pages a été créée dans le cadre du programme national de lutte contre le SIDA en Centrafrique. Elle a été publiée pour la première fois en 2002 sous le titre La fille libre en noir et blanc dans la revue Wandara BD grâce au financement du PNUD en RCA. Tirée à près de 1000 exemplaires, elle a servi de support de sensibilisation sur le SIDA en milieu urbain et reste encore aujourd'hui l'unique BD importante sur le sujet en terme de volume de production. Cette BD m'a permis de dénoncer le comportement à risque des jeunes Centrafricains attirés par l'argent (pour les filles) et la beauté (pour les garçons) et l'attitude irresponsable des adultes qui expose la nouvelle génération à la contamination au VIH, afin que tous prennent conscience du danger que court notre société. Le message paraîtra simpliste pour vos lecteurs européens, il ne l'est pas tant que ça dans mon pays : le SIDA est l'affaire de tous, en se protégeant, on protège les autres. Je sais que c'est une vieille chanson, mais chez nous, le taux de prévalence est de 15 %, alors il faut marteler les messages les plus simplistes possibles ! En 2003, lors de mon passage à Bruxelles, j'ai rencontré Alix Fuilu qui m'a présenté ses 2 premiers numéros d'Afrobulles. Par la même occasion, je lui ai donné un exemplaire de cette BD. En 2007, il m'a recontacté - par votre intermédiaire d'ailleurs ! - pour me demander mon autorisation pour l'édition des planches dans sa maison d'édition. Cela a donné lieu à ce fameux album en couleur, Vies volées. Cela me fait tout drôle d'être en tête de gondole à la Fnac car en dépit de nombreux succès aux concours internationaux de BD, je peine encore à me faire un nom dans le monde du 9e art.

Comment l'expliquez-vous ?

Peut-être que d'autres personnes me contrediraient mais, en Centrafrique, les chances de réussir en tant qu'illustrateur sont très minces. Cela explique que nombre d'artistes aient abandonné, dégoûtés de vivre dans la précarité, et se soient reconvertis pour mieux vivre dans d'autres domaines. Le niveau de vie du Centrafricain moyen ne lui permet pas d'acheter un album de BD, bien que cela ne coûte pas plus cher que 4 bouteilles de MOCAF consommée en une soirée par une seule personne [créée en 1953, la MOCAF est le nom de la brasserie et d'une bière locale, très prisée. Elle fait partie du groupe Castel, ndlr]. Une illustration vendue au prix du pain ne permet pas de nourrir toutes les bouches que l'auteur peut avoir chez lui. De plus, il doit se soumettre à la loi du marché : la rareté des commandes et la corruption qui en résulte. Il faut souvent proposer, en échange du boulot, un important pourcentage du marché à celui qui vous en informe ou à l'intermédiaire. Tout cela se fait au détriment de l'artiste qui doit, en plus, investir une partie de ses gains dans le matériel acheté très cher à l'étranger. Alors, parler de développement de la BD en Centrafrique…..

Parlons politique, votre région vote comment ?

Honnêtement, depuis l'indépendance, ma ville n'a eu de préférence que pour des candidats influents. L'appartenance ethnique a peu d'importance. La seule exception se situe lors de la première élection de Patassé en 1993, où presque tous les Centrafricains ne voulaient plus de Kolingba et de son parti unique, le RDC. Les gens de mon ethnie, comme l'ensemble de ma région, subissent l'influence du pouvoir central. Au temps de Kolingba, la majorité était RDC. À l'époque de Patassé, presque tout Sibut était MLPC. Maintenant, avec Bozizé, ces mêmes personnes qui étaient censées représenter le MLPC ou qui militaient dans le parti du " Kwatiyanga (6)", comme on désignait Patassé, sont passées dans le camp du KNK (7).

Votre ville d'origine, Sibut, a dû subir les conséquences de la guerre…

Sibut a été tenu par les rebelles de Bozizé pendant cinq mois, de novembre 2002 à mars 2003. Les gens y ont tellement souffert de cette sale guerre qu'ils ont passé toute cette période dans la nature. Il y a eu bien des misères : pillages, vols de petits bétails, violences sur la population, échanges de tirs entre l'armée et les hommes de Jean Pierre Bemba (8)… Les Banyamulenge (9) ont fini par déloger les rebelles avant de se faire chasser à nouveau par les hommes de Bozizé. Ces derniers n'ont pas commis d'exactions à Sibut mais on dit que ça a été le cas dans d'autres villes comme Bossangoa, Bouca, Bossembélé, Bozoum et… Bangui.

Avez-vous été menacé ?

J'ai été victime de violences des hommes de Bozizé. Des éléments Tchadiens m'ont agressé deux jours après le coup d'état du 15 mars 2003 et m'ont arraché mon téléphone portable à un arrêt de bus du quartier Gobongo devant les passants et certains rebelles centrafricains*. J'ai failli être tué par ces soldats dont l'un avait déjà levé le cran de sûreté de sa Kalachnikov et qui a tiré en l'air après avoir pris le téléphone.

*[Le président actuel, François Bozizé, est arrivé au pouvoir en 2003 avec le soutien armé de soldats tchadiens. ndlr

Avez-vous reçu, en tant que bédéiste reconnu, une forme de reconnaissance de la part des autorités locales ?

Depuis mes débuts, je n'ai bénéficié d'aucun soutien centrafricain. C'est plutôt grâce aux contacts que je prends lors des festivals à l'étranger et le soutien de la coopération française que j'existe… J'ai été décoré en 2006 après mon succès au festival d'Angoulême, et ce grâce à l'appui de Monsieur Jean Luc Lebras, conseiller de coopération à Bangui, que je remercie vivement, qui a poussé les autorités centrafricaines à m'encourager pour les efforts faits pendant plusieurs années au nom de la RCA.

Comment arrivez-vous à vivre de votre travail ?

Je suis obligé de consacrer la plupart de mon temps à faire de la "BD alimentaire", ces petits travaux épuisants et mal rémunérés qui me permettent juste de payer mon loyer et d'assurer la survie de ma petite famille : cartes postales style BD, cartes de vœux, estampes de scènes de vie quotidienne et quelques vignettes par-ci par-là… Pour joindre les deux bouts, je travaille de temps en temps comme illustrateur pour des projets de recherche en archéologie et j'anime des ateliers de dessin à l'alliance française ou au lycée français Charles De Gaulle de Bangui.

Et du côté des éditeurs privés ?

Il n'existe aucune maison d'édition locale à Bangui*. Cela nous amène parfois à tenter notre chance auprès d'éditeurs étrangers, notamment africains. Un autre problème se pose, celui des droits d'auteurs. On a beau imaginer un contrat bien ficelé, tant qu'on n'a pas la possibilité de se pourvoir en justice, la paperasse reste ce qu'elle est, surtout s'il s'agit d'un éditeur au sud du Sahara. Dans mon cas, les quatre titres de Gipépé le Pygmée, qui se sont vendus à plusieurs milliers d'exemplaires, ainsi que les Aventures en Centrafrique, sont parus chez Les Classiques ivoiriens. Ceux-ci auraient dû me verser mes droits depuis janvier 2007 mais n'ont encore rien fait. Depuis lors, l'éditeur joue à cache-cache. Autre exemple, l'album Shégué auquel j'avais participé en 2003 et qui a été édité par les éditions Akoma-mba au Cameroun, grâce au financement de l'Union européenne, n'a pas été mis sur le marché parce que l'éditeur ne voulait pas nous accorder nos droits d'auteurs. Cela ne l'a pas empêché d'empocher la subvention. Bref, ce ne sont que des exemples qui compromettent l'avenir de la BD sur le continent et qui ne donnent aucune envie de renouveler l'aventure avec un autre éditeur africain.

* [Entretien réalisé avant la création de la maison d'édition Les rapides avec le soutien de l'Alliance française de Bangui]

Quelles seraient, selon vous, les solutions possibles ?

Puisque la traversée de la Méditerranée demeure encore moins sûre, il ne nous reste qu'une possibilité : recourir à la presse locale. Mais le constat est effrayant. Sur une dizaine de journaux privés, seuls trois publient des caricatures. Cela n'est pas dû au manque d'illustrateurs ni au manque de projets intéressants, mais simplement parce que les éditeurs de presse payent très mal les travaux qu'ils publient, quand ils paient ! L'autre raison est que tous les journaux centrafricains sont politiques et ne s'intéressent pas à la culture générale. Il est donc très difficile d'espérer de ce côté-là. J'avoue être un peu découragé… À moins d'un miracle, la BD centrafricaine est mort-née.

Christophe Cassiau-Haurie a coécrit (avec Vincent Carrière) les textes de l'exposition sur "L'histoire de la BD centrafricaine" qui s'est tenue du 01 au 18 octobre à l'Alliance française de Bangui.

1. Frédéric Kassaï qui travailla au journal gouvernemental Ele Songo en 1992-1993 fait partie des pionniers de la caricature de presse en Centrafrique.

2. Accusé de détournement, l'ancien président Ange-Félix Patassé a été condamné par contumace le 30 août 2006 par la cour criminelle de Bangui à 20 ans de travaux forcés. Il est actuellement réfugié au Togo

3. L'exposition Picha (visible sur http://www.picha.nl/index.php?page=_) s'est tenue jusqu'au mois d'août 2008. Elle devient itinérante par la suite et se déplacera au Museu de arte (Brésil) et au Center of contemporary art (Nigeria) fin 2008 et en 2009. Didier Kassaï a également participé à l'exposition Vues d'Afrique en 2006, qui comptait 10 lauréats d'un concours organisé par le Ministère des Affaires Etrangères français.

4. L'Afrique dessinée est une association dont Christophe Ngalle Edimo (scénariste du Retour au pays d'Alphonse Madiba, dit Daudet que la revue Trame 9 a édité en épisode) est le secrétaire.

5. L'Odyssée de Mongou est un classique de la littérature centrafricaine. Ce livre, qui raconte l'arrivée des blancs dans un peut village de l'Oubangui, sera suivi des Illusions de Mongou. Mackfoy a également écrit un récit de guerre : De l'Oubangui à La Rochelle ou le parcours d'un bataillon de marche : 18 juin 1940 - 18 juin 1945. Il est considéré, avec Etienne Goyémidé (Le dernier survivant de la caravane) comme le plus grand écrivain centrafricain

6. Signifie barbu en sango.

7. kwa na kwa : "du travail rien que du travail", nom de la mouvance du président Bozizé

8. Ancien rebelle congolais (RDC) basé à Gbadolite (ville proche de la frontière avec la RCA), Jean Pierre Bemba était intervenu en faveur de Ange Patassé lors de la guerre de 2002 - 2003, cherchant à préserver sa base arrière. Devenu vice-président de la RDC puis principal opposant de Joseph Kabila (42% des voix au 2nd tour de la présidentielle 2006), il est actuellement détenu devant la Cour Internationale de Justice du fait des crimes de ses troupes à Bangui.

9. Tutsis congolais qui constituaient l'essentiel des troupes de Bemba.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Livres - Médias
22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 02:43




21/10/2008 à 05:17 TU











Christophe Boisbouvier RFI : M. le président bonjour,

François Bozizé : bonjour

C B (RFI) : Le Bureau des Nations unies en Centrafrique le BONUCA a remis un rapport assez alarmant sur la situation des droits de l’homme dans le Nord Ouest de la République centrafricaine en ce début d’année 2008, où de nombreuses exactions et des exécutions sommaires commises par l’armée centrafricaine…

F B : Oh vous savez, dans ce genre de situation, en ce qui concerne la République centrafricaine, on a toujours voulu exagérer les choses. La paix s’instaure en RCA. C’est un pays qui a connu beaucoup de soubresauts. Nous préférerions que les institutions internationales nous aident dans l’effort que déploie le gouvernement pour faire asseoir la sécurité dans le pays. C’est un pays où la pauvreté est criarde. La pauvreté de la population ce n’est pas aussi une question de droits de l’homme ?

C B (RFI) : Il n’empêche qu’il y a eu quand même des accusations très précises qui ont été portées notamment à l’égard de l’office central de répression du banditisme (l’OCRB). Il y aurait eu des tortures dans les locaux de l’OCRB. Qu’est ce que vous allez faire pour améliorer la situation ?

F B : Non ! non ! Ce sont des faits qui se sont déroulés il y a au moins deux ans. Ce ne sont pas des faits récents. Vous voulez, on est toujours en train de remuer le couteau dans la plaie pour ternir l’image de la République centrafricaine qui effectue de grands efforts. La paix existe. La situation est maîtrisée dans le pays.

C B (RFI) : Est-ce qu’il n’y a pas tout de même des violences graves dans le Nord Ouest de votre pays ? est-ce qu’il n’y a pas par exemple des gens décapités, des têtes coupées qui sont promenées par des responsables…

F B : C’est vous qui le dites. C’est RFI qui le dit. Chaque matin nous écoutons RFI ternir la République centrafricaine au lieu d’aider ce pauvre pays à sortir de la situation dans laquelle elle se trouve. Venez avec moi, noua allons traverser le Nord de l RCA, vous verrez que les gens vivent en paix et vaquent à leurs occupations normalement mis à part les éléments de l’APRD qui se transforment en bandits pour attaquer les paysans, les éleveurs, les commerçants, dans leurs activités.

C B : C’est le rapport…Alors justement, vous parlez de l’APRD de Jean Jacques Demafouth. Votre gouvernement a signé en juin dernier à Libreville un projet d’accord avec ce mouvement rebelle qui prévoyait un dialogue à Bangui aux termes d’une loi d’amnistie mais maintenant tout est bloqué parce que les anciens rebelles disent que cette loi d’amnistie,  elle ne va pas les protéger, elle ne les concerne pas directement ; ils resteront menacés.

F B : Non ! non ! Je crois que euh…  Si vous voulez faire venir M. Demafouth à RFI à une table ronde, nous allons expliquer tranquillement les choses. Les accords de Libreville, il était question d’une loi d’amnistie pour que chacun vienne à Bangui. La loi d’amnistie a été prise. Elle a été publiée. Elle concerne Demafouth, Patassé, Abdoulaye Miskine, qu’est ce que voulez que nous puissions faire de plus ? Cette loi d’amnistie est claire. Demafouth a son problème avec la justice depuis l’époque Patassé et ça le gène énormément, mais qu’il n’accuse pas le pouvoir en place sur quoi que ce soit.

C B : Est-ce que la meilleure façon de parler avec M. Demafouth n’est pas de l’amnistier ?

F B : Mais il est amnistié. Je viens de vous le dire ; ainsi que tous ses combattants sont amnistiés depuis le 13 de ce mois.

C B : Donc pour vous, tout est réglé ?

F B : Tout est réglé ! Tout est réglé ! C’est la raison pour laquelle je vous demanderai de provoquer une émission radiodiffusée où Demafouth parle ; nous nous parlons et vous connaîtrez la vérité. Demafouth est libre de venir chez lui en Centrafrique.

C B : Sans être poursuivi par la justice ?

F B : Mais comment ? La loi…je vais vous la remettre. Vous allez le lire tranquillement.

C B : Est-ce qu’on peut dire la même chose de tous les chefs rebelles et de tous les opposants en exil ; je pense à Charles Massi par exemple…

F B : Charles Massi a quitté la République centrafricaine de lui-même. Qu’est-ce qu’il vous dit ?

C B : Il dit qu’il souhaite le dialogue avec vous.

F B : Mais est-ce que nous l’avons empêché ? Il a quitté la RCA tranquillement. Est-ce que nous l’avons chassé ? Non ! non !

C B : Vous venez de parler de votre prédécesseur Ange Félix Patassé. Il y a une procédure en ce moment à la CPI contre tous les responsables des exactions de 2002, 2003, à commencer par Jean-Pierre Bemba qui est en prison. Qu’est-ce qui va advenir d’Ange Félix Patassé qui était chef de l’Etat à l’époque ?

F B : Vous savez, c’est une affaire de justice et le tribunal international…qu’on lui laisse  le temps de faire son travail. Ne me demandez pas de faire le travail à sa place.

C B : Simplement, on peut s’étonner que Jean Pierre Bemba qui n’était que l’exécutant des ordres d’Ange Félix Patassé soit en prison et qu’Ange Félix Patassé soit en liberté au Togo. Quel est votre sentiment là-dessus ?

F B : Oui mais c’est le tribunal qui doit se prononcer. Vous voulez que j’aille arrêter euh..l’autre là…Patassé ? Je ne peux pas faire le travail à la place du TPI.

C B : En fait, pour faire la paix dans votre pays, il ne faudrait pas que M. Patassé soit amnistié lui aussi.

F B : Pourquoi ? Il est amnistié. J’ai toujours dit depuis le changement jusqu’à ce jour que Patassé pouvait rentrer chez lui en RCA sauf s’il a des problèmes avec la justice. Et voilà que pour le confirmer, je l’ai amnistié ainsi que tous ses co-auteurs. C’est clair !

C B : Alors la CPI enquête sur les événements de 2002, 2003, mais elle veut aussi enquêter sur les événements de 2005 après votre arrivée au pouvoir. Et de ce point de vue, vous avez écrit une lettre au Secrétaire général Ban Ki Moon pour lui demander justement que la CPI n’enquête pas. Pourquoi avez-vous écrit cette lettre ?

F B : Non ! non ! C’est un document que la TPI aura à utiliser. Je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus.

C B : M. le président, merci.

 (Retranscrit par la rédaction de Centrafrique-Presse)


Ndlr Centrafrique-Presse : Le moins que l'on puisse dire est que les propos de Bozizé sur la paix, la sécurité qui existeraient bel et bien en République centrafricaine sont un pieux mensonge totalemnt aux antipodes de la réalité que vivent, depuis qu'il est à la tête du pays jusqu'à ce jour, les Centrafricains. De quel pays parle Bozizé, est on obligé de se demander. Parle-t-il de son village Bézambé ou vraiment de la République centrafricaine ?

La seule chose positive qu'on peut retenir de cette interview est la proposition que fait Bozizé pour que RFI puisse organiser un débat entre lui et Jean Jacques Demafouth. Interrogé par nos soins, ce dernier est parfaitement d'accord pour un tel débat comme suggère Bozizé. Un tel débat sera en effet bien utile pour la clarification de certaines zones d'ombre et la gouverne de l'opinion publique ainsi que celle des Centrafricains. Que RFI se dépêche de le réaliser...! 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview