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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 23:42





NAIROBI, 18 août 2009 (IRIN) - Des conflits ethniques dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA) et les activités des rebelles ougandais dans le sud-est du pays ont entraîné le déplacement interne de milliers de personnes qui se retrouvent sans nourriture, protection ou abri, selon un responsable des Nations Unies.

  « [Il y a eu] une recrudescence des violences ethniques dans la région de Vakaga, dans le nord-est du pays, en particulier entre les Goulah et les Karah. Ces affrontements ont poussé d'autres personnes à quitter la région, et pour certains, à se réfugier au Tchad », a indiqué Nick Imboden, chargé de la gestion de l'information auprès du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en République centrafricaine.

  « La situation se détériore depuis plusieurs mois, avec de fréquents affrontements, des victimes et des maisons incendiées », a-t-il ajouté.

 Depuis le début de l'année, environ 18 000 personnes se sont réfugiées au Tchad. Certains fuient les affrontements entre les forces du gouvernement et les rebelles, d'autres tentent d'échapper aux accrochages interethniques.

  Récemment, Catherine Bragg, Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence des Nations Unies, a qualifié la situation humanitaire en République centrafricaine d'« unique ». Le pays est le deuxième sur la liste des pays les plus pauvres du monde après la Sierra Leone.

  Les institutions gouvernementales sont « quasi absentes » à l'extérieur de Bangui, la capitale, les forces de sécurité, très faibles, l'insécurité, permanente, et les groupes rebelles semblent se satisfaire de la situation et n'avoir aucun agenda spécifique, a ajouté Mme Bragg, qui est également Sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires, en s'adressant à des journalistes à New York.

  En juin, plus de 600 foyers ont été brûlés et 3 700 personnes ont été déplacées à la suite de violences ethniques à Birao (également dans la région de Vakaga), quelque 1 200 kilomètres au nord-est de Bangui.

  D'après Sitta Kai-Kai, représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies en RCA, le nombre de déplacés à Birao a plus que triplé depuis les récentes attaques. En août, le PAM a distribué ce qui lui restait de vivres prépositionnés à 14 000 personnes, incluant des personnes déplacées et des populations locales.

  « La saison des pluies rend les routes pour accéder à Birao difficiles, voire impraticables », a-t-elle ajouté. « Le PAM cherche d'urgence 500 000 dollars pour organiser un pont aérien afin de répondre aux besoins de ces populations en septembre et reconstituer les stocks épuisés qui ne peuvent être acheminés par la route ».

  Attaques de la LRA

  Dans le sud-est du pays, plus de 1 000 habitants des régions voisines se sont temporairement installés à Obo, dans l'extrême est de la RCA, suite à des attaques des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) sur Goubéré (cinq kilomètres au nord-ouest d'Obo) et Ligoua (20 kilomètres au sud-est d'Obo), selon les autorités locales.

  On rapporte que 100 autres villageois de Ligoua sont accueillis dans des familles à Obo.

  « Les attaques de la LRA sont incessantes. On rapporte chaque semaine de nouveaux incidents. Ils ne sont pas majeurs, mais fréquents », a indiqué M. Imboden.

  Environ 2 000 personnes déplacées et réfugiés de la RDC vivent dans la région d'Obo, mais il est probable que d'autres vont y affluer. « Le problème [à Obo], c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'organisations humanitaires. C'est pourquoi nous n'avons pas pu mener une évaluation adéquate de la situation », a-t-il poursuivi.

  Les Nations Unies planifient la mise sur pied d'une mission inter-agence de deux semaines afin de distribuer de l'aide et d'évaluer la situation, a-t-il ajouté. A l'heure actuelle, COOPI et ACTED sont les seules ONG internationales présentes sur place.

  Les rebelles de la LRA ont fui leurs bases en RDC pour la RCA et le sud du Soudan après avoir été la cible d'interventions militaires.

  Déplacement de population dans le nord-ouest

  En 2007, les combats, en particulier autour de Paoua, dans le nord-ouest du pays, ont entraîné un déplacement de population à grande échelle. Plus de 100 000 réfugiés ont fui au Tchad et au Cameroun et 100 000 autres personnes se sont installées dans la brousse.

  Pour l'instant, la paix se maintient dans cette région et il n'y a pas eu d'attaques majeures récemment. Les habitants craignent toujours de retourner chez eux malgré la signature, en 2008, d'un accord de paix entre les rebelles qui contrôlent la région et le gouvernement, puis la formation, en janvier, d'un gouvernement d'union nationale.

  D'une manière générale, la situation en RCA a été aggravée par le déclin économique des zones minières du sud-ouest du pays. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la RCA a été plus rapidement et plus fortement affectée par la crise économique mondiale que la plupart des autres pays africains.

  « Outre les rebelles dans le nord du pays, l'agitation sociale potentielle dans le sud pourrait définitivement freiner les fragiles progrès que le pays a faits depuis l'élection démocratique de 2005 », a indiqué le 12 août la Humanitarian and development partnership team (HDPT) en RCA.

  Selon M. Imboden, les élections prévues pour 2010 risquent d'aggraver les tensions existantes. « [L'an dernier], nous étions plutôt optimistes, mais 2009 nous a démontré que nous avions tort : il y a eu des tensions entre les rebelles et la population dans le nord-ouest, de plus en plus d'affrontements interethniques dans le nord-est et l'apparition d'un nouveau groupe rebelle ».

  Le nouveau groupe, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), a été créé début 2009 et a installé son quartier général sur la route entre Ndele et Ngarba [le long de la frontière tchadienne], dans le nord-est.

  Plus tôt cette année, la CPJP a affronté les forces du gouvernement, obligeant des civils à quitter la région et même, pour certains, à se réfugier de l'autre côté de la frontière à Daha, dans le sud du Tchad. Depuis, c'est l'impasse, et les premières tentatives de médiation du gouvernement doivent encore être acceptées par la CPJP.



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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 16:42






(Le Figaro 18/08/2009)

Les Gabonais redoutent que la succession d'Omar Bongo, en théorie très ouverte, se fasse dans la violence le 30 août prochain.

Les gabonais sont circonspects. Trois jours après le début officiel de la campagne électorale pour désigner un successeur à Omar Bongo, mort début juin, le pays demeure étrangement calme. «Il y a une psychose qui se répand dans la population, une vraie peur que tout le processus tourne au désastre et à la violence», explique un observateur local.

Le scrutin prévu le 30 août prochain suscite encore de nombreuses interrogations. À commencer par la capacité pour le Gabon d'organiser une élection vraiment libre. La présence d'Ali Bongo dans la liste pléthorique des candidats - 23 en tout -, fils du défunt président et favori autoproclamé du vote, n'y est pas pour rien. Au Gabon, comme dans tant d'autres pays africains, la tentation d'une succession dynastique est bien réelle.

«Passage en force»

Peu populaire, Ali Bongo possède en revanche des moyens financiers sans rapport avec ceux de ses rivaux et de puissants leviers de pression sur les administrations et les médias locaux. Sa démission à contrecœur vendredi du poste de ministre de la Défense, sous la pression de ses opposants et de la présidente par intérim Rose Francine Rogombé, n'a pas vraiment rassuré. «On redoute un passage en force du clan Bongo», souligne l'observateur.

Les rumeurs de fraudes sont également nourries par le mode de scrutin à un seul tour et surtout par des listes électorales peu fiables - toujours pas arrêtées à deux semaines du vote. De l'aveu même du premier ministre, elles compteraient 120 000 doublons. Et on y trouverait au moins 700 000 électeurs, un chiffre étonnamment élevé pour un pays de 1,5 million d'habitants.

Les questions s'accumulent aussi sur la position de la France dans ces élections. La rue imagine volontiers l'ex-métropole, très présente au Gabon au cours des quatre décennies de règne d'Omar Bongo, accordant un soutien actif à Ali Bongo. Les dénégations de Nicolas Sarkozy lors de son passage à Libreville, affirmant que «la France n'avait pas de candidat», n'ont pas levé les soupçons. Ni surtout les déclarations de Robert Bourgi, un avocat franco-libanais très influent, conseiller officieux du président français, ayant assuré «qu'à titre personnel» il soutenait Ali Bongo.

Risque de troubles

Les grands rivaux du candidat du pouvoir, les anciens ministres Casimir Oye Mba et Jean Eyéghé Ndong, ou les opposants Pierre Mamboundou Zacharie Myboto et Paul Mba Abessole tirent depuis lors à boulets rouges sur Ali Bongo et sur cette Françafrique qui manipulerait le Gabon. Tous s'accordent aussi pour dénoncer le risque de troubles si l'élection devait laisser la place à la contestation. Un danger que personne ne sous-estime.

Le mode de scrutin à un tour semble en effet garantir un éparpillement des voix. L'élu, quel qu'il soit, sera-t-il mal élu ? L'absence de véritable passé politique à l'aune duquel juger les prétendants complique tout pronostic sur les lendemains de l'élection. «On peut redouter que certains n'acceptent pas la défaite, surtout si le vote est entaché de fraudes», souligne un diplomate.

Dans cette atmosphère de méfiance, la campagne pourrait devenir plus tendue. Lundi, lors d'un discours à l'occasion de la fête nationale, la présidente par intérim a tenté de calmer les esprits. Elle a prévenu que «les fauteurs de troubles, où qu'ils soient et quels qu'ils soient, seront punis conformément à la loi».

Tanguy Berthemet

© Copyright Le Figaro
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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 00:40






Communiqué

 

Suite aux inondations des 16 juin et 3 juillet 2009, qui ont touché les 2e, 4e, 5e et 6e arrondissements de Bangui,  le  gouvernement français a accordé une subvention exceptionnelle de 25.000 euros, soit 16.398.925 F CFA, afin de venir en aide aux populations sinistrées.

 

Annoncée par l'ambassadeur de France lors de la célébration de la fête nationale française, le 14 juillet dernier, cette aide s'est concrétisée rapidement. En effet, conformément à la demande de la Croix-Rouge centrafricaine, cette subvention a permis l'achat de matériels permettant, d'une part, la reconstruction ou la réhabilitation d'habitations endommagées et, d'autre part, le curage des canaux d'évacuation. Il s'agit de ciment, de tôles, de bois et d'outils, achetés sur place afin de mieux contribuer à la dynamisation du tissu économique local.

 

Ce mercredi 19 août, à 10 h 00, S. Exc. M. Jean-Pierre Vidon, ambassadeur, Haut représentant de la République française auprès de la République centrafricaine, procédera à la remise officielle de ces matériels à la Croix-Rouge centrafricaine. La cérémonie se déroulera dans les locaux de la Croix-Rouge centrafricaine de Bangui, dans l'enceinte du Centre Henri Dunand situé avenue Koudoukou (km 5).

 

 Matériels donnés par la France à la Croix-Rouge centrafricaine :

 

462

 

sacs de 50kg  de ciment

552

 

tôles 2 mètres

550

 

chevrons 8x8x400 BR

448

 

lattes 4x8x400 BR

100

 

paquets de 5 kg pointes 80 (5kg)

300

 

kg de pointes tôles

200

 

faîtières 2 mètres

62

 

brouettes

80

 

pelles (avec manches)

80

 

machettes

41

 

pioches  (avec manches)

40

 

fourches  (avec manches)

80

 

dossards



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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 00:12





Selon des informations émanant de sources proches de lui et citées par le site internet tchadien www.dabio.net, le chef rebelle du FDPC Abdoulaye Miskine aurait quitté le territoire libyen depuis le 3 août dernier après avoir adressé une longue lettre au colonel Khadafi en date du 1er août 2009.

On se rappellera que suite à la signature par son mouvement le 3 juillet dernier à Syrte de l'Accord de Paix Global, plusieurs éléments de Miskine qui vivaient avec lui à Tripoli ainsi que certains membres de l'aile politique du FDPC dont André Ringui Legaillard et Christophe Gazambety étaient rentrés à Bangui à bord du même avion qui avait ramené Bozizé de Syrte.

Depuis, on pouvait légitimement s'interroger sur le sort du leader du FDPC au sujet duquel Bozizé n'arrêtait pas d'exercer d'énormes pressions sur les autorités libyennes. Les combattants du FDPC doivent être pris en compte dans les effectifs des ex-combattants du DDR.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 17:06




Linternationalmagazine.com,  le 15/08/2009
Ali Bongo Ondimba, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba et candidat à la présidentielle du 30 août au Gabon, a été déchargé de ses fonctions de ministre de la Défense, selon une déclaration de la présidente intérimaire vendredi, à la veille de l’ouverture de la campagne

"Pour faire bonne mesure et mettre l’ensemble des candidats sur un (...) pied d’égalité, j’ai tenu à ce que ceux d’entre eux anciennement membres du gouvernement de la République soient déchargés de leurs fonctions", a déclaré la présidente Rose Francine Rogombé dans un message à la Nation diffusé vendredi soir par la télévision publique RTG1.


Mme Rogombé n’a pas cité de nom, mais le seul candidat jusqu’alors membre du gouvernement était Ali Bongo, ministre de la Défense sans discontinuer depuis 1999 et investi par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir). Joints par l’AFP, la présidence et le cabinet du Premier ministre n’étaient pas immédiatement en mesure de dire qui remplaçait M. Bongo à la tête de ce ministère stratégique.


Dans le gouvernement formé le 22 juillet, Ali Bongo avait été reconduit à son poste en même temps que Pierre-Claver Maganga Moussavou (Enseignement technique), candidat d’un parti de la majorité, alors que trois autres candidats avaient été remerciés.


Leur maintien au gouvernement avait été régulièrement dénoncé par de nombreux la plupart des candidats, des hommes politiques et membres de la société civile, alors que le parti au pouvoir a fait état d’un faux débat, en indiquant qu’aucune loi n’exigeait la démission d’un ministre candidat.


M. Maganga Moussavou a annoncé le 6 août sa démission pour se consacrer à sa campagne. Le lendemain, le 7, une marche visant à protester notamment contre la présence d’Ali Bongo au gouvernement avait été marquée par des affrontements entre manifestants et policiers à Libreville, faisant plusieurs blessés.


Le temps de l’élection n’est un temps de non-droit pour personne


Dans son message à la Nation, Rose Francine Rogombé a exhorté ses compatriotes à aller "dans la sérénité et la concorde nationale" à cette présidentielle anticipée, après le décès en juin, en cours de mandat, d’Omar Bongo qui a dirigé le Gabon pendant 41 ans. "Comme arbitre, garant des institutions, j’ai oeuvré pour que cette échéance électorale soit préparée le mieux possible. (...) Le respect scrupuleux de la loi électorale revient à se conformer à de véritables obligations juridiques dont la violation expose leurs auteurs à de graves sanctions", a affirmé Mme Rogombé.


"Je le redis afin que cela soit clair pour tous et que nul n’ignore : le temps de l’élection n’est un temps de non-droit pour personne, ni pour les électeurs, ni pour les candidats. Les fauteurs de troubles, où qu’ils soient et quels qu’ils soient, seront punis conformément à la loi", a-t-elle prévenu.


La campagne électorale s’ouvre samedi pour deux semaines sur fond d’appels au report du vote de plusieurs candidats.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 00:55




 

Depuis Bangui, la capitale centrafricaine, une radio pas comme les autres, s’échine à parler des problèmes vitaux d’une population délaissée par le pouvoir en place.


Une opposition politique "taciturne"


Cette chronique boucle provisoirement la première édition de la journée. Mesdames, Messieurs, vous restez en compagnie de Gérard Bissawene pour l’animation de la matinée. Gardez votre confort d’écoute !". Il est 8h20 sur 100.8 FM à Bangui. La note de fin du journal matinal est donnée par le présentateur. La conférence de rédaction de Radio Ndeke Luka peut commencer, sous la direction de Sylvie Panika, la très solide rédactrice en chef au physique de handballeuse professionnelle…

Son interview en poche, Joël rentre à la rédaction pour monter son émission "Iri timbi godobe", "Je m’appelle enfant de la rue". Un thème emblématique des missions de cette antenne qui répète dans ses jingles qu’elle est la radio du développement, de la paix, de la bonne gouvernance, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.


"Bonjour grand père". Dans les studios, Joël croise Lucien Dambale, petit bonhomme de 66 ans, qui vient d’enregistrer ses deux émissions hebdomadaires de contes. Entré en radio en 1958, ce conteur vedette a vu l’ascension de l’empereur Bokassa, a connu des dizaines de coups d’État, et a été renvoyé de la radio nationale pour avoir poussé trop haut la critique. A Ndeke Luka, sa voix chaude et puissante est le symbole enthousiaste de la résistance au silence. Il séduit les adultes avec ses histoires intemporelles et parle aussi bien aux enfants à qui il transmet avec humour quelques leçons de vie. Il est pour beaucoup dans la cote de popularité de la radio, comme l’exprime Gabriel Siony, un Ancien de 76 ans, fidèle auditeur de 100.8 FM : "Radio Centrafrique ne fait que diffuser les communiqués du gouvernement. Moi, j’aime Ndeke Luka. Lucien Dambale est notre grand-père à tous et cette radio dit la vérité".


En ce début juillet, l’actualité s’avère exceptionnellement débordante. La capitale centrafricaine connaît des coupures répétées et continues d’électricité depuis que deux turbines du barrage hydroélectrique ont lâché, il y a quinze jours. Les quartiers de la ville ne sont plus alimentés que quelques heures par jour, les uns après les autres. Un vrai désastre pour la population qui est le plus clair de son temps plongée dans le noir, dès le coucher du soleil.


"Au Cameroun, les gens s’agitent quand il y a de tels problèmes. Mais ici, personne ne bouge", s’énerve Sylvie Panika, tout en relativisant : "En même temps, ce n’est pas à nous, journalistes, d’inciter les gens à descendre dans la rue. Mais je pose la question : est-ce qu’il existe une opposition en Centrafrique ?". "Elle est taciturne", répond, le sourire aux lèvres, Richard Pouambi, le journaliste politique de l’équipe. "On entend les hommes politiques jusqu’à ce qu’ils soient au pouvoir. Ensuite, ils ont la bouche pleine et la bouche pleine ne parle pas. C’est vraiment malheureux pour la RCA", fumine la rédactrice en chef avec la conscience de devoir se répéter un peu trop souvent.


L’oeil protecteur de l’ONU


Le ton est donné. Au sein de cette radio, dont le nom signifie en sango "l’hirondelle qui vole", on prend son rôle d’opposition très au sérieux. Créée en 1998 par la mission des Nations unies en Centrafrique, Ndeke Luka a pris son indépendance en 2000 sous l’égide de la Fondation suisse Hirondelle (cf. encadré). Dans un paysage médiatique dominé par les antennes progouvernementales, elle joue les trublions. "Le pouvoir ne nous aime pas beaucoup car nous posons beaucoup de questions", explique Sylvie Panika. "Mais comme il y a l’oeil de l’ONU derrière nous, il n’ose pas nous dire grand chose".


Inlassablement, les journalistes décryptent les événements et formulent, à chaque reportage, la même question à leurs interlocuteurs : "quel est le message que vous voulez faire passer auprès des autorités centrafricaines ?". Recentrer le pouvoir sur ses responsabilités représente une tâche titanesque au regard des moyens accordés aux quinze membres de l’équipe : un petit local, cinq bureaux, trois ordinateurs de travail, deux de montage, deux studios, une voiture, et un groupe électrogène qui fait des siennes. Leurs atouts ? Une antenne émettant 24h sur 24 et 7 jours sur 7, une grande empathie avec la population, et une équipe qui insuffle un optimisme et une énergie indispensables au maintien de ce ton unique dans un désert étatique et civil où la corruption des uns fait la résignation des autres.


"Je prends mon magnéto et on y va"


Il est 9 heures Joël Bandiba doit se rendre à l’association La Voix du Coeur pour interviewer son directeur dans le cadre de son émission hebdomadaire sur les enfants des rues. Muni d’un seul magnéto ,grand comme un paquet de cigarettes, le voilà qui pousse la porte d’un des rares refuges de la ville pour les enfants en déshérence.


Ils sont 3000 dans les rues de Bangui à décharger au petit matin les camions du marché, à appeler des taxis dans la rue en échange de quelques francs CFA, à dormir sur un carton à la nuit tombée. Une centaine d’entre eux font un détour quotidien par La Voix du Coeur. Ils peuvent s’y faire soigner, suivre un cours d’alphabétisation, jouer, se laver et prendre un repas. Un moment d’apaisement sous la haute surveillance de Victor.


Celui qu’on surnomme "grand frère" a connu la lutte dans la rue pendant deux ans. Orphelin de père et de mère, il a fui une tante qui le maltraitait. Après des passages répétés dans ce centre, il a fini par intégrer l’équipe des 60 enfants qui ont la chance de dormir dans un lit car ils ont été retenus comme internes. Aujourd’hui, à 25 ans, Victor a rattrapé son retard scolaire, est rentré à l’Université des lettres anglaises, et veut embrasser la carrière de diplomate. Un exemple soigneusement mis en avant par les équipes pour motiver les enfants tombés à la rue à cause de la pauvreté, du décès des parents, du VIH/Sida, de la maltraitance ou de l’accusation de "sorcellerie"."Nedeke Luka dit la vérité"


Radio Ndeke Luka sur Internet : www.radiondekeluka.org


 
Stéphanie Senet

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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 00:17




La Côte d’Ivoire et la Tunisie présagent une nouvelle configuration de l’élite du basket africain

 

 

APA-​Tri­po­li 16 août 2009 à 20:45 (Libye) La 25ème édi­tion du Cham­pion­nat d’Afrique des na­tions de bas­ket (hommes) «Afro­bas­ket 2009 », qui s’est ter­mi­née sa­me­di soir à Tri­po­li, en Libye, a per­mis à l’An­go­la se confir­mer sa su­pré­ma­tie et à d’autres na­tions comme la Tu­ni­sie et la Côte d'Ivoire, de faire leur re­tour sur la scène conti­nen­tale.

 

Der­rière l’An­go­la qui vient de rem­por­ter son dixième titre et son sixième consé­cu­tif (1989, 1992, 1993, 1995, 1999, 2001, 2003, 2005, 2007 et 2009), la Côte d’Ivoire et la Tu­ni­sie ont mon­tré du­rant le tour­noi des ar­gu­ments qui peuvent, à l’ave­nir, per­mettre de bous­cu­ler les Pa­lan­cas Ne­gras.

La Côte d’Ivoire, vice cham­pionne, dont les deux sacres conti­nen­taux re­montent à 1981 et 1985, confirme qu'elle de­meure une va­leur sûre du bas­ket­ball afri­cain.

Après un pre­mier et se­cond tours mar­qués par trois vic­toires et trois dé­faites, la Côte d’Ivoire a pu se res­sai­sir en quarts de fi­nale face au Sé­né­gal (84-78).

Grâce à cette per­for­mance, l’équipe ivoi­rienne a fait ou­blier son éli­mi­na­tion en quarts de fi­nale de l’édi­tion de 2007 en Al­gé­rie par le Ca­me­roun (76-56).

Sur les trousses de l’An­go­la, ar­rive la Tu­ni­sie mé­daillée de bronze alors qu'elle ne fi­gu­rait pas dans les pro­nos­tics des ob­ser­va­teurs. Sa meilleure per­for­mance re­mon­tait à 2001 au Maroc où elle était clas­sée qua­trième.

Au­pa­ra­vant, elle n’avait gagné qu’une mé­daille d’ar­gent à do­mi­cile en 1965 et deux de bronze en 1970 en Egypte et en 1974 en Cen­tra­frique.

D’autres équipes ont éga­le­ment pro­gres­sé, no­tam­ment la Cen­tra­frique et le Rwan­da.

Clas­sée sixième, la Cen­tra­frique, deux fois qua­trième (1970-​1972), ne s’est pas im­po­sée de­puis 1987 en Tu­ni­sie après son sacre à do­mi­cile en 1974. A Tri­po­li, elle a fait des pro­grès à prendre en compte lors des pro­chaines édi­tions.

A côté d’elle, on voit ar­ri­ver le Rwan­da, nou­veau venu dans la com­pé­ti­tion, qui a ob­te­nu une neu­vième place mal­gré son manque d’ex­pé­riences. En de­van­çant dans le clas­se­ment gé­né­ral des pays comme l’Egypte, quin­tuple cham­pion d’Afrique, le Rwan­da a fait mieux qu’en 2007 en Al­gé­rie où il était éli­mi­né au pre­mier tour avec un cumul de trois dé­faites face à l’An­go­la (109-​66), au Cap-​Vert (71-68) et au Maroc (74-68).

La com­pé­ti­tion qui s’est dé­rou­lée du 5 au 15 août a re­grou­pé 16 équipes ré­par­ties en quatre poules lo­gées à Ben­gha­zi et à Tri­po­li jusqu’aux quarts de fi­nale.




APA-Tripoli 18 août 2009 (Libye)


Des seize pays ayant participé à la 25ème édition du Championnat d'Afrique des nations de basket (hommes) «Afrobasket 2009» qui s'est terminée samedi soir à Tripoli, en Libye, certains ont enregistré des contre-performances alors qu'ils étaient attendus dans le carré d'as de par leurs succès lors des éditions précédentes.


Le vice champion de 2007, le Cameroun, et les deux quintuples champions d'Afrique, le Sénégal et l'Egypte, ont brouillé les pronostics des observateurs en Libye.

Le Cameroun, qui a chuté en demi-finale face à la Côte d'Ivoire (61-68) a raté l'occasion de rééditer sa performance de 2007 en Algérie. Après un tour préliminaire marqué par trois succès et trois revers avant de battre le Nigeria en quart de finale (80-84), le Cameroun semblait prêt à revenir sur la scène continentale et ajouter une médaille à son palmarès monotone. Il n'avait plus accédé au dernier carré depuis 1974 en Centrafrique.

Eliminé en quarts de finale par la Côte d'Ivoire (84-78), le Sénégal semblait détenir les arguments pour briser son mutisme de 12 ans. De par son parcours au premier tour (trois victoires), le Sénégal était pourtant assez bien parti pour reconquérir le titre continental.

Arrivé quatrième après les tours préliminaires avec une bonne côte (10 points + 35), il n'a pas pu confirmer son palmarès marqué par cinq trophées (1968, 1972, 1978, 1980 et 1997) et six titres de vice champion (1970, 1974, 1975, 1992, 1995 et 2005).

L'Egypte, quatrième en 2007, est sans doute l'une des déceptions de l'Afrobasket 2009 pour avoir remporté cinq fois le trophée continental (1962, 1964, 1970, 1975, 1983).

Après sa victoire en match d'ouverture contre le Mozambique (62-72), l'Egypte a essuyé cinq défaites successives. Sortie au second tour, elle arrive à la 10ème place au classement général en battant le Maroc (88-62) avant de s'incliner devant le Rwanda (80-76).

Auparavant, les Pharaons, quasi présents parmi les quatre meilleures équipes africaines pour voir disputé au moins une finale sur deux de la compétition, courent derrière un sixième trophée 26 ans après leur dernier titre.

Le Cap-Vert, révélation de l'édition précédente en Algérie avec une médaille de bronze, a peiné à passer le premier tour. Après sa victoire en match d'ouverture face à la Tunisie (71-52), il a enregistré deux défaites successives contre le Rwanda (67-77) et le Maroc (83-86).
Sa 13ème place en Libye constitue une déception alors qu'il semblait désormais venu confirmer sa performance de 2007.

A côté de ces contreperformances, arrive le Nigeria accrédité d'une bon tour préliminaire (11 points +79) soit cinq victoires et une défaite face à l'Angola (85-93). Quatrièmes en 2007, les D-Tigers sont classés cinquièmes en Libye suite à leur revers en quarts de finale face au Cameroun (80-84).

Placé troisième (10 points + 59) à l'issue du second tour derrière l'Angola et le Nigeria, le Mali a chuté en quarts de finale devant la Tunisie (73-74).

Outre sa médaille de bronze en 1972 au Sénégal, sa meilleure performance continentale reste une série de quatrièmes places remontant en 1970, 1987, 1989 et 1992.

Quant au pays organisateur, la Libye, encore parmi les néophytes de la compétition, il n'a pas pu surmonter les obstacles angolais et malien pour arriver en quarts de finale. Victorieuse de l'Egypte (73-75), la Libye est éliminée au second tour et arrive à la onzième place au classement général.

Sorti au second tour avec une série de trois revers et trois succès (9pts -47), le Maroc peine à rééditer sa performance de 1980 à domicile où il avait remporté la médaille de bronze. Auparavant, il avait gagné une médaille d'argent en 1964 et 1968 à domicile avant de triompher en 1965 en Tunisie.

Le rendez-vous de Libye s'est révélé peu convaincante pour les Marocains avec une douzième place.

Par ailleurs, le Mozambique, l'Afrique du Sud et le Congo qui arrivent respectivement 14ème, 15ème, 16ème places, n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Outre les deux premiers qui ont au moins enregistré une victoire, le Congo a essuyé une série de cinq défaites en autant de rencontres.

C'est en match de classement que le Mozambique a obtenu son unique succès (69-67) face à l'Afrique du Sud qui à son tour a battu le petit poucet congolais.

La compétition qui s'est déroulée du 5 au 15 août a regroupé 16 équipes réparties en quatre poules logées à Benghazi et à Tripoli jusqu'aux quarts de finale.
 
 
 


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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 17:18





L'ambassadrice de l'UNICEF Mia Farrow
avec les mères et enfants centrafric
ains


NAIROBI, 13 août 2009 (IRIN) - Dans trois préfectures du sud de la République centrafricaine (RCA), au moins 16 pour cent des enfants demoins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, et 6,6 pour cent de
malnutrition aiguë sévère, d'après le Fonds des Nations Unies pourl'enfance (UNICEF).

  Ces niveaux de malnutrition, qui sont supérieurs aux seuils d'urgence fixés à deux pour cent pour la malnutrition aiguë sévère (SAM) et à 15 pour cent pour la malnutrition aiguë globale (GAM), ont été observés dans les préfectures de Mambéré Kadei, Sangha Mbaéré et Lobaye.

  « Si on tient compte à la fois du nord, touché par le conflit, et du sud, plus stable, près de 700 000 enfants de moins de cinq ans sont dans une situation considérée comme inacceptable », a indiqué Jeremy Hopkins,
représentant de l'UNICEF en RCA. « Beaucoup d'entre eux glissent vers l'extrême limite de la survie  ».

  La RCA est classée 178e sur 179 pays dans l'Indice de développement humain des Nations Unies. Un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans, et moins de la moitié sont scolarisés jusqu'à la fin de l'école
primaire. Seulement 31 pour cent de la population ont accès à des installations sanitaires adaptées.

  « La situation des enfants du sud est particulièrement préoccupante, car leur état nutritionnel se détériore, tandis que les perspectives de financements sont de plus en plus sombres », a déclaré M. Hopkins.

  D'après l'UNICEF, dans les régions étudiées, environ 16 710 enfants sont en danger. Dans l'ensemble du pays, plus d'un dixième des enfants âgés de six à 59 mois souffrent de GAM, et 2,3 pour cent de SAM.

  L'UNICEF a lancé un appel aux donateurs, dans l'espoir de réunir 1,5 million de dollars pour financer des aliments thérapeutiques, des médicaments et d'autres ressources permettant de sauver des vies.

  « Nous devons nous assurer que tous les enfants malnutris reçoivent les compléments alimentaires nécessaires à la restauration de leur état nutritionnel », a dit M. Hopkins à IRIN. « Pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, c'est une question de vie ou de mort ».

  « Les risques de mortalité sont neuf fois plus élevés chez les enfants [souffrant de malnutrition aiguë sévère] en raison de leur état nutritionnel catastrophique », a-t-il ajouté. « A l'heure actuelle, nous disposons des moyens minimum pour intervenir dans les poches de malnutrition croissante qui ont été identifiées ».

  Le conflit actuel et l'insécurité dans le nord et le nord-est de la RCA ont rendu les populations particulièrement vulnérables. Le pays n'a as connu de période de sécurité durable depuis l'indépendance, en 1960 les attaques de bandits et autres groupes armés restent courantes, algré la signature de plusieurs accords de paix.

  En juin, plus de 600 maisons ont été incendiées et 3 700 personnes éplacées suite à des violences ethniques à Birao, à environ 1 200 ilomètres à l'est de Bangui, la capitale. Cette zone est complètement
inaccessible pendant la saison des pluies (de mai à octobre) car les outes sont impraticables, ce qui limite les possibilités d'intervention humanitaire.

aw/mw/il/ail[FIN]

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 17:04




ICC-CPI-20090814-PR443

 

Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo


Aujourd'hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo.

L'exécution de cette décision est reportée dans l'attente de la détermination de l'Etat sur le territoire duquel Jean-Pierre Bemba Gombo sera libéré et de la détermination des conditions qui lui seront imposées.

Conformément à l'article 60 (3) du Statut de Rome et à la règle 118 (3) du Règlement de procédure et de preuve, la Chambre préliminaire II a réexaminé sa
décision précédente relative au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo du 14 avril 2009. Préalablement à la décision de ce jour, la Chambre préliminaire II avait tenu une audience le 29 juin 2009 sur toutes les questions relatives au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo avant son procès.

La Chambre préliminaire II a conclu que l'évolution des circonstances depuis le 14 avril 2009 justifiait la modification de sa décision précédente sur la détention, dans la mesure où les conditions pour un maintien en détention telles que prévues par l'article 58 (1) (a) et (b) du Statut de Rome n'étaient plus réunies. En effet, après avoir évalué tous les éléments pertinents de l'affaire dans leur globalité et après les avoir mis en perspective, la Chambre préliminaire II a conclu que le maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo ne paraissait plus nécessaire pour garantir (i) la comparution de ce dernier, (ii) qu'il ne fera pas obstacle à l'enquête ou à la procédure devant la Cour, ni n'en compromettra le déroulement et (iii) qu'il ne poursuivra pas l'exécution du même crime ou d'un crime connexe relevant de la compétence de la Cour et se produisant dans les mêmes circonstances que dans la présente affaire.

La Chambre préliminaire II a invité tous les Etats sur le territoire desquels Jean-Pierre Bemba Gombo a souhaité être libéré, à présenter leurs observations détaillées sur les questions relatives à sa mise en liberté provisoire ainsi que sur les conditions restrictives de liberté qui pourraient être imposées.

Les audiences devraient avoir lieu entre le 7 et le 14 septembre 2009. 

14.08.2009 -
Decision on the Interim Release of Jean-Pierre Bemba Gombo and Convening Hearings with the Kingdom of Belgium, the Republic of Portugal, the Republic of France, the Federal Republic of Germany, the Italian Republic, and the Republic of South Africa


Pour de plus amples informations, veuillez vous mettre en rapport avec Mme Jelena Vukašinovi´c, juriste ajoint de 1re classe (tél. : +31 (0)70 515 8094 ou +31 (0)6 50 29 57 38 ;

jelena.vukasinovic@icc-cpi.int )  



M. Bemba mis en liberté provisoire par la Cour pénale internationale


LE MONDE | 15.08.09 | 15h18  •  Mis à jour le 15.08.09 | 15h19

La Haye Correspondance

L a Cour pénale internationale (CPI) a ordonné, vendredi 14 août, la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba. Accusé de "crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour meurtres, viols et torture" commis en Centrafrique en 2002 et 2003, le chef du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), le principal parti d'opposition à Kinshasa, reste néanmoins toujours incarcéré dans sa cellule de Scheveningen, aux Pays-Bas, faute d'avoir trouvé un pays d'accueil.

 

 

Aucun des six Etats sollicités pour accueillir le sénateur congolais (Belgique, France, Italie, Allemagne, Portugal, Afrique du Sud) n'a, à ce jour, donné son accord. Or, la libération de l'accusé ne pourra être effective qu'avec la "coopération des Etats", écrit la juge bulgare, Ekaterina Trendafilova, qui souhaite auditionner, en septembre, des représentants des Etats susceptibles d'accueillir M. Bemba.

Dans sa décision, la juge fait crédit à l'accusé qui, mettant en avant son "plan de carrière politique", affirme qu'il n'entend pas devenir "un fugitif" et ruiner "des années de sacrifices".


Si le procureur, Luis Moreno Ocampo, a fait appel de la décision du juge, celle-ci n'en constitue pas moins, pour lui, un nouveau revers. Déjà, en juin, M. Ocampo, qui accusait Jean-Pierre Bemba d'être directement responsable des crimes commis en Centrafrique, n'a pas été suivi. Les juges ont estimé qu'en l'état du dossier, le chef du MLC serait poursuivi pour le seul fait de ne pas avoir puni ou empêché les crimes perpétrés par ses hommes. Une nuance qui pourrait avoir du poids lors du procès.


A l'automne 2002, Jean-Pierre Bemba avait envoyé sa milice en Centrafrique pour soutenir le régime d'Ange-Félix Patassé, alors menacé par des rebelles qui allaient réussir à le chasser du pouvoir.


SOUTIENS EN EUROPE


Chef de l'opposition au régime en place en République démocratique du Congo, M. Bemba bénéficie de nombreux soutiens, y compris à l'étranger. Selon ses avocats, "une autorité de l'Union européenne" ainsi qu'un responsable belge "ayant rang de ministre" se sont portés garants devant la CPI qu'il se tiendrait à la disposition de la justice. Leur identité n'a pas été dévoilée.


Mort au début du mois de juillet, le père de l'accusé, Jeannot Bemba Saolona, un homme d'affaires prospère, avait affirmé au Monde, début 2009, qu'il utiliserait "tous ses contacts " pour faire sortir son fils de prison.

L'enquête sur les crimes commis en Centrafrique est ouverte depuis 2007, mais le procès de Jean-Pierre Bemba n'est toujours pas inscrit au rôle de la Cour pénale internationale, devant laquelle un seul procès a été ouvert depuis sa mise en place, il y a sept ans.

 

Stéphanie Maupas

Article paru dans l'édition du 16.08.09

Jean-Pierre Bemba : Colis encombrant cherche preneur

lundi 17 août 2009



Né avec une cuillère d’argent dans la bouche, il avait tout l’or du monde à portée de main pour réussir son aventure terrestre sans verser la moindre goutte de sueur comme l’enseigne l’évangile. En effet, devrions-nous rappeler, Jean-Pierre Bemba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, naquit au cœur de l’abondance d’un père, patron des patrons congolais, ancien ministre de l’Economie nationale et de l’Industrie, Jeannot Bemba Saolona, et la plus grosse fortune de l’ex-Zaïre. Mais hélas, devrions-nous en convenir, le gros bébé ne pouvait se contenter de si peu, se découvrant un destin national au moment même où le concert des armes, lourdes comme légères, rythmait le quotidien de ses compatriotes.


Ainsi, à tort ou à raison, s’offrira-t-il une parcelle de pouvoir en créant le Mouvement de libération du Congo (MLC), dont les tentacules franchiront allègrement les frontières de la Centrafrique en 2002 pour tenter de sauver le fauteuil du président Ange Félix Patassé, convoité par la rébellion armée d’un certain François Bozizé. A Bangui comme à Kinshasa, échec et mat, le rêve se transformera en cauchemar, l’ange barbu ayant été contraint, sous les menaces qu’on abatte son avion, qui rentrait d’un sommet de la CENSAD tenu à Niamey, de migrer à mille lieux sans demander ses restes.


Mais le mal était déjà fait et les barbouzes du Mouvement de libération du Congo s’en retourneront avec un tableau des plus sombres. Non seulement, ils n’ont pu sauver le fauteuil présidentiel de Patassé, en exil forcé chez ses beaux parents togolais, mais aussi, ils se seront tristement illustrés dans les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures, viols en séries sur le front centrafricain ; un honteux palmarès qui vaut depuis un an à Jean-Pierre Bemba, entre-temps devenu, pour les besoins de la paix, fictif vice-président de son Congo natal, d’être locataire de la cage hermétiquement fermée de la Cour pénale internationale (CPI) par les bon soins du procureur Luis-Moreno Ocampo. Un an maintenant donc que Jean-Pierre Bemba ne peut plus danser la rumba politique, en dépit des cris de putois de sa garde, qui n’a cessé de répéter que dans le deal centrafricain leur mentor était plutôt complice que commanditaire ou acteur, puisque absent du champ de bataille au moment des faits qui lui sont reprochés.


Peine perdue, la Cour ne l’entendra point de cette oreille, qui rappellera à ceux qui l’auront déjà oublié que c’est le même chef de guerre, si ce n’est de gang, qui clamait urbi et orbi que ses troupes, entièrement à sa dévotion, exécuteraient tous ses ordres et feraient tout ce qu’il leur dicterait. Alors, de quoi se plaint-on maintenant ? Mais la sentence n’est pas encore tombée qu’une petite lueur d’espoir pointe à l’horizon pour notre agneau circonstanciel de la Haye, qui pourrait, juste, faire un pas de l’enfer doré de sa cellule vers le purgatoire, la Cour pénale internationale ayant ordonné vendredi dernier sa mise en liberté provisoire dans l’attente de son procès.


Peut-être Jean-Pierre Bemba réussira-t-il à reprendre goût à la vie, mais il devrait toutefois prendre son mal en patience, l’exécution de cette décision des plus salutaires pour celui aujourd’hui accusé de meurtres, viols et pillage, le temps que les Etats susceptibles d’accueillir le colis explosif qu’il est, se fassent entendre. Aussi devrait-il prier tous les dieux afin que l’appel du célèbre procureur, Luis-Moreno Ocampo, soit de nul effet. Alors, qui donc de la Belgique, de la France, du Portugal, de l’Afrique du Sud, de l’Italie ou de l’Allemagne pour se risquer ?


En attendant, n’est-ce pas là pain bénit pour Jean-Pierre, qui s’est déjà engagé solennellement à respecter strictement toutes les conditions de cette mise en liberté provisoire si elle venait à être confirmée au mois de septembre à la faveur des prochaines audiences, et à honorer toutes les charges financières que ce sursis coûterait à tout pays d’accueil ?
 

En tous les cas, dans cette Afrique où les rapaces sont légion, dans certains palais et dans les maquis, l’on est tout ouï, car l’intransigeance de la Cour pénale internationale se révèle un avertissement sans frais. Voilà, en effet, le tout-puissant Jean-Pierre implorant le ciel pour une petite récréation, pendant que la cause semble entendue pour Charles G. Taylor, le célèbre rouquin de Monrovia, mais la liste pourrait utilement s’allonger si le procureur venait à ouvrir l’œil et le bon sur tous ces prétentieux qui, ici comme ailleurs, la main sur la détente, n’ont de religion que le paradis terrestre, quoique cette folie meurtrière puisse coûter à l’humanité.


La rédaction


L’Observateur Paalga

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 16:51




 

 

«La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes» disait en substance celui qui fut le premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 puis de 1951 à 1955, le très pragmatique, l’honorable Sir Winston Leonard Spencer-Churchill".


Ce postulat a fini par traverser à la fois des années de troubles, d’incertitudes puis d’accalmies et de reconstruction qui ont succédé à la deuxième guerre mondiale au demeurant meurtrière. Le bon sens qui a toujours animé le premier ministre britannique s’est transformé définitivement en une évidence indiscutable. La démocratie, bien que érodée et ébranlée par la coalition de régimes autoritaires a tenu bon. Désormais le concept démocratique dont les racines dit-on remonte aux cités grecques et qui a subi à travers siècles, révolutions et maintes remises en question pour s’adapter au temps moderne pouvait se répandre comme « la panacée ». Ce concept multi séculaire a fini tant bien que mal par s’imposer aussi bien dans les anciens pays du bloc de l’est que dans les monarchies et autres pays colonisés devenus indépendants. La démocratie n’est donc pas un système figé mais plutôt un système évolutif par conséquent il appartient à chaque nation de trouver dans la pratique la forme la plus fonctionnelle, la plus utile et la plus acceptable par tous.


L’idéal serait une démocratie centrafricaine débarrassée de cet« idéalisme démocratique » et de ses scories.


Le concept démocratique bien que répandue comme système de gouvernement contient cependant un certain nombre d’inconvénients, de dysfonctionnements et de contradictions.

Pour exemples, la lenteur dans la prise de décision, la sous représentation ou la sur représentation dans certains cas de la population posent problème. L’impossibilité de faire des projets à long terme du fait de la limitation de plus en plus courte de la durée des mandats par souci d’alternance encourage la démagogie. Celle-ci est entretenue par les élus dans l’espoir d’être réélu. Elle constitue l’une des conséquences notoires et fâcheuses d’une démocratie au rabais. Le fonctionnement de la machine démocratique exige également des moyens financiers et humains appropriés que ne disposent toujours pas notre pays. Notre démocratie fonctionne avec l’argent et les idées des autres. Une fois seulement tous les cinq ans la population est sollicitée pour se prononcer par un vote. L’élu dispose ainsi de toute la durée du mandat pour représenter et décider au nom de la population au risque de faire le contraire de ce que l’on attendait de lui. Nous avions vu que dans le cas de la république centrafricaine, la démagogie, le mensonge, le populisme sont devenus malheureusement la règle alors que nous sommes issus de la culture orale et de la valeur combien importante que l’on accorde à la parole donnée. Face à l’immoralité grandissante, entretenue par des gouvernants irresponsables et qui fait des ravages dans la société centrafricaine, les hommes politiques ne devront-ils pas s’inspirer des valeurs de la parole donnée, de la loyauté pour exercer leur mandat ?


Si le principe défini par Abraham Lincoln qui est celui de la sacralisation d’un gouvernement de l’homme, par l’homme et pour l’homme est acquis. Ce, par le biais du vote universel et du sacro saint « un homme, une voix», il n’en demeure pas moins que la « DEMOCRATIE » se conjugue au pluriel. Celle-ci demande une pratique conforme aux réalités de chaque pays. Par conséquent, il appartient à la république centrafricaine d’adapter le concept démocratique aux réalités sociaux économique de notre pays pour que la pratique démocratique soit compris et accepter par tous. Ainsi, nous pourrions tous à l’unisson nous prémunir et nous rassembler autour d’hommes élus, conscients de la souffrance de notre peuple, sensibles aux valeurs humaines et avertis des enjeux de notre temps. Tout ceci, sera basé bien entendu sur les seuls critères de compétence, d’intégrité et de sagesse. Ainsi, porteuse d’un idéal commun, cette démocratie centrafricaine une fois débarrassée de « l’idéalisme démocratique » et de ses scories pour ne préserver que les enseignements d’une pratique utile et vraie. Pratique démocratique dans laquelle, les centrafricains à n’en pas douter se reconnaitront, s’identifieront et consentiront volontiers à son épanouissement.


DE LA DEMOCRATIE … AUX DEMOCRATIES


Entre l’Inde, qui par sa population est considérée comme la plus grande démocratie du monde, les états unis d’Amérique qui par sa puissance économique sont considérés comme la démocratie la plus libérale et les vieux pays d’Europe qui sont qualifiés de plus anciennes démocraties existent de réelles différences dans la pratique. Pourtant, tous se réclament de la grande famille des pays qui ont adopté la démocratie comme mode de gouvernement avec toutefois des différences appréciables aussi bien dans le mode de fonctionnement que dans la forme de participation de leurs citoyens respectifs. Une différence qui provient de la spécificité de chaque pays notamment de l’histoire socio culturelle de ces pays. Toute l’intelligence des gouvernants de ces pays résident dans le fait d’adapter la pratique du concept démocratique aux réalités, aux us et coutumes de leur pays respectifs.


Retenons tout simplement pour mémoire que plusieurs étapes et plusieurs adaptations ont été nécessaires pour que de la démocratie telle qu’elle était pratiquée à Athènes d’où les esclaves et autres métèques en étaient excluent ne disparaisse et laisse apparaitre sa version contemporaine avec la notion de participation et d’égalité de tous les citoyens devant le vote. C’est ainsi que de la démocratie… aux démocraties, le droit de vote a été conquis à travers de longues luttes sociales qui ont marqué l’histoire de la démocratie comme celle des afros américains aux États-Unis, celle menée par des mouvements féministes un peu partout en Europe ou encore par la secte des intouchables en Inde et d’autres groupes minoritaires à travers le monde.


En République centrafricaine par exemple, l’histoire de la démocratie et du vote pendant la période coloniale à travers le deuxième collège et du vote des évolués sont une autre facette de l’adaptation du concept démocratique. Ainsi donc et globalement, le vote universel a pris le pas sur les différentes formes de vote censitaire qui a pour inconvénient d’exclure une partie de la population. Désormais, tous les hommes sont définitivement égaux en droit du moins dans les pays dits démocratiques par conséquent devant le vote. Un principe qui reste discutable dans les pays économiquement faibles parce que la démocratie a un coût financier et humain. Ces derniers facteurs influent sur les consciences surtout des plus pauvres et des moins instruits au moment du vote. Les plus pauvres qui sont par ailleurs les plus faibles économiquement se soumettent par un processus de dépendance aux plus fortunés donc à la loi des plus forts. Ceux-ci exercent différentes pressions pour s’enquérir de leur voix. Nous avons vu que pour les élections de 2010, le KNK a commencé déjà avant l’ouverture officielle de la campagne présidentielle à exercer différentes pressions psychologiques voir physiques sur les maires de communes, les chefs de délégations, chefs de village, les préfets et autres citoyens.


C’est pourquoi, les gouvernants et les législateurs centrafricains doivent ici et maintenant faire un effort de réflexion, de proposition pour adapter le concept de la démocratie à la spécificité de notre pays. Ce n’est que par la confrontation des idées et le désir d’un véritable changement dans le sens positif du terme que naitra la vraie démocratie centrafricaine.

DEMOCRATIE TRONQEE, EGALE DEMOCRATIE BIAISEE EN CENTRAFRIQUE

Dès le début de son introduction, la démocratie centrafricaine est une démocratie tronquée.

Les textes fondamentaux qui régissent, voir qui incarne l’esprit qui se dégage de son fonctionnement dans leur transposition ont été tronqués soit par pure omission, par manque de discernement, par paresse intellectuelle ou encore par simple mépris d’un environnement bien spécifique qui est celui de la république centrafricaine. Dès lors, elle ne peut être que biaisée. Ces textes qui régulent le fonctionnement de notre démocratie manquent d’historicité donc d’un certain ancrage dans la mémoire collective. Ces textes ne correspondent pas à notre quotidienneté et ne sont aucunement la justification d’une lutte sociale passée. Ils sont la copie conforme d’un modèle séculaires dont notre pays n‘a retenu seulement que les chroniques imperfections et autres dysfonctionnements. C’est pourquoi, nous devons garder à défaut d’un autre système qui serait« meilleur », la démocratie comme mode de gouvernement tout en intégrant dans son fonctionnement ce qui fait la spécificité centrafricaine.


Par ailleurs, le concept démocratique suggère des notions de libertés et celle d’égalité. Or, ni l’une ni l’autre ne sont effectives dans notre pays bien qu’elles soient inscrites dans les textes fondamentaux.


La première des libertés qui est celle d’aller et venir est confisquée par le régime et ses « libérateurs cupides sans foi ni loi» aux travers des multiples exactions commises sur des barrages et contrôles routiers portant un coup fatal à la circulation des biens et des personnes. Cette liberté confisquée joue directement sur une économie déjà moribonde dont les flux et autres mouvements commerciaux empruntent essentiellement les axes routiers. Cette confiscation empêche également nos laborieux paysans de se rendre à leur champ à moins qu’ils aient pour des raisons de sécurité trouvés refuge en forêts ou dans les pays voisins dont on annonce la présence par milliers notamment au Tchad et au Cameroun.


La deuxième des libertés est celle de pouvoir s’exprimer, autrement dit la liberté d’opinion. Elle s’exprime à travers les médias et les partis politiques de l’opposition. Or, les journalistes sont mis aux arrêts et condamnés à des peines de prison fermes, les journaux sont sommés arbitrairement d’arrêter leur publication. Tandis que les leaders de l’opposition politique sont bâillonnés, contraints au silence ou menacés quotidiennement, les leaders d’opinions sont de leur côté tout simplement éliminés physiquement. Quant aux syndicats, ils sont tout simplement méprisés.


Pour ce qui concerne la notion d’égalité devant le vote, elle est aussi fictive que celle de la liberté.

L’égalité devant le vote ramène insidieusement à la notion de liberté de conscience encore faut-il pouvoir l’exprimer correctement puisque qu’elle nous renvoie à son tour à celle d’autonomie. Or pour être autonome, il faut être indépendant financièrement, intellectuellement et socialement ensuite l’affirmer par des initiatives et des actes. En sachant que l’électorat en Centrafrique est composé de 80% de personnes âgées de moins de 40 ans dont un peu plus du tiers sont au chômage ou quasiment. Ces personnes vivent souvent au dépend d’un chef de famille qui leur dicte la conduite à tenir lors des votes, par conséquent, il s’agit là d’une liberté de conscience par substitution.

Outre cet aspect de dépendance, et ce n’est pas faire insulte à notre brave et laborieuse population que d’affirmer que notre pays compte hélas ! Parmi ceux qui détiennent le triste record du taux le plus bas de l’alphabétisation, résultat d’un manque de politique dans ce sens depuis des décennies. La République centrafricaine est constituée d’autant de personnes qui ne sont pas pratiquement éduquées ou très peu éduquées des véritables enjeux politiques. Ces personnes ne saisissent toujours pas le sens de leur vote et de leurs véritables implications. Pour la majeure partie de la population non avertie de la chose politique et dépourvue d’outils d’appréciations objectifs, le vote ne se résume qu’à leur propre famille, au clan auquel elle appartient et à l’ethnie, alors que l’élection présidentielle relève d’autres enjeux et participe d’une autre logique.


PROPOSITIONS DE FINI KODé POUR UNE DEMOCRATIE UTILE EN CENTRAFRIQUE


1° Conscient que le vote au suffrage universel pour les élections présidentielles a montré ses limites par le fait que les véritables enjeux ne sont pas toujours compris par une population peu avertie et que les voix sont achetables, il est urgent et responsable que cette élection prenne une forme indirecte à travers les grands électeurs.


Le processus démocratique dans notre pays doit commencer par les élections locales pour aboutir à l’élection présidentielle. Les chefs de quartiers, les conseillers municipaux, les maires, les députés seront élus dans leur quartier, leur arrondissement, leur circonscription au scrutin uninominal et aux suffrages universelles directs. Une fois élus, ils constitueront le corps des grands électeurs qui éliront à leur tour le président de la république.


Puis, introduire dans la constitution une procédure de destitution du président de la république qui ne détient plus qu’un pouvoir symbolique, de représentation et rassembleur de la nation.

Un projet politique crédible nécessite du temps, c’est pourquoi il faudra remettre la durée du mandat présidentiel à 6 ans sans limitation, puisque le président de la république ne jouera qu’un rôle symbolique sans véritable pouvoir.


Par contre, il faudrait donner le vrai pouvoir exécutif au premier ministre issue de la majorité parlementaire. Car seul le premier ministre issue de la majorité parlementaire détient la vraie légitimité.


Les représentants du peuple, réunis en assemblée nationale ne joue pas du tout leur rôle dans le contrôle de l’exécutif. Elle ne se révèle être finalement qu’une chambre d’enregistrement. Par le jeu des alliances contre nature pour dégager souvent une majorité hétéroclite en somme toute relative qui se soumet aux ordres du pouvoir en place. Le débat est alors inexistant, par conséquent, le danger réel existe pour faire adopter une loi « scélérate » par une « majorité parlementaire « de circonstance, qui, en fait est une addition de représentants d’entités minoritaires.

C’est pourquoi, notre système doit intégrer de plus en plus le référendum comme mode de décision en ce qui concerne les grandes décisions qui engagent l’avenir de notre pays sur des générations. Ainsi les 800 000 électeurs centrafricains (La lettre du continent n°182 (25/02/93) Seront appelés régulièrement pour se prononcer sur les grands enjeux. Ainsi, un régime corrompu et irresponsable ne pourra pas décider avec quelques élus du sort de notre population en signant des accords qui compromettent l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants.


C’est pourquoi 3 partis politiques de masses et 3 partis politiques de cadres sont largement suffisants pour un pays aussi petit que le nôtre. Au total environ 6 partis politiques peuvent se partager et animer le paysage politique en Centrafrique d’autant plus que pratiquement tous les partis politiques centrafricains se réclament de l’idéologie socialiste, bien que cela ne veuille rien dire dans le contexte qui est le nôtre.
 

Un parti politique vainqueur des élections qui gouverne

2 à 3 partis politiques qui pourront faire alliance et participer au gouvernement.

2 à 3 partis politiques qui pourront s’opposer dans lesquels on mettra en place un « Shadow cabinet » ou encore appelé « le cabinet fantôme » comme cela existe en Angleterre ou au canada. Les membres du cabinet fantôme percevront des indemnités. Ils sont sensés préparer une alternative responsable.


L’on veillera et encouragera les partis politiques à créer des courants politiques dans leur parti respectif. Ces partis politiques seront subventionnés, les membres du bureau percevront des indemnités et des primes. Ainsi nous n’aurions plus que 6 candidats aux élections présidentielles. Il est plus simple et moins coûteux d’organiser une élection à 6 candidats qu’à 10 ou 15 candidats.


En définitive, la démocratie centrafricaine doit être une démocratie de proximité, juste et pragmatique.

 

Pour des raisons économiques et pour éviter toute sorte d’alliance contre nature, les élections législatives, municipales et régionales se feront au scrutin uninominal, à un tour, à la majorité relative. Nous avons observé que lors des précédentes élections des candidats qui ont obtenus des résultats insignifiants et qui n’ont rien de commun entre eux se sont ralliés par nécessité pour battre le candidat pourtant arrivé en tête avec un écart de 10 à 20 points au premier tour.

 
Conscient que la multiplication des partis politiques pose problème. 40 partis politiques pour seulement 4 millions d’habitants, c’est trop ! Il faudrait en restreindre le nombre par un certains nombres de conditionnalités même si cela parait arbitraire ou antidémocratique. La démocratie qui est en train de s’installer en Centrafrique a besoin d’être protéger des  idéologues de tout bord qui pensent à tort que le grand nombre de partis politiques dans le pays est synonyme du degré de démocratie.
 
Conscient que le concept de la démocratie représentative tel que nous l’appliquons aujourd’hui demeure le système qui pourra rendre la gouvernance de notre pays acceptable à condition de l’adapter à nos réalités.

Franck SARAGBA

« Fini Kodé »

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