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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 14:57




L'Ambassadrice de l'UNICEF, Mia Farrow

 

Youphil.com 09/10/2009

 
Par Pierre Salignon (Ancien directeur général de Médecins Sans Frontières France. Il est spécialiste des questions humanitaires).


Des milliers de Centrafricains souffrent de la faim et de la pauvreté dans une indifférence totale.

  S'il y a des crises dont on ne parle pas, des crises oubliées - comme on dit dans le jargon humanitaire - qui restent loin de l'attention des médias et de l'intérêt de l'opinion publique, la République Centrafricaine est certainement l'une des premières de la liste. Depuis des mois, plusieurs organisations humanitaires internationales ne cessent d'alerter sur le sort des populations civiles de cette ancienne colonie française en Afrique.

Ce pays est l'un des plus pauvres de la planète et l'incurie de son gouvernement est connue de tous. Comme le souligne l'ONG Action Contre la Faim (ACF), "80% de la population y vit avec moins de 2 dollars par jour. L'espérance de vie y diminue en moyenne de 6 mois chaque année depuis 1966 et est passée en dessous des 40 ans. Le taux de prévalence du sida est l'un des plus élevés d'Afrique centrale…". Rien de surprenant à ce que le pays soit classé au 178ème rang sur 179 au classement du PNUD sur l'Indice du Développement Humain (en pdf). Que se passe-t-il dans ce que l'on peut s'aventurer à appeler un enfer sur terre?

Malnutrition aiguë

Au sud du pays, dans les préfectures de Mambéré Kadei, Sangha Mbaéré et Lobaye, l'UNICEF estimait en août dernier que "16% des enfants de moins de 5 ans souffraient de malnutrition aiguë et 6,6% de malnutrition aiguë sévère".

L'agence onusienne soulignait alors que ces niveaux de malnutrition sont supérieurs aux seuils d'urgence fixés à 2% pour la malnutrition aiguë sévère et à 15% pour la malnutrition aiguë globale. "Près de 700 .000 enfants de moins de 5 ans sont dans une situation considérée comme inacceptable. Beaucoup d'entre eux glissent vers l'extrême limite de la survie".

Des causes multiples

Des évaluations conduites au courant de l'été 2009 par les équipes d'ACF et Médecins Sans Frontières (MSF) sont venues confirmer la gravité de la situation sanitaire, et les programmes de nutrition ouverts ces derniers mois pour prendre en charge en urgence les cas les plus graves traitent déjà des milliers d'enfants dénutris.

D’après les secouristes, les causes de cette nouvelle crise nutritionnelle sont multiples. "50% des Centrafricains ne mangent qu'une fois par jour une nourriture quasi exclusivement à base de manioc", indiquent-ils. En dépit de conditions agro-écologiques favorables, le régime alimentaire est pauvre et la malnutrition est déjà chronique.

Crise du secteur minier et délabrement du système de santé

"L'activité dominante dans la zone est restée centrée sur l'exploitation minière, à tel point que la population est amenée à importer les produits alimentaires d'autres régions", estime ACF. De son côté, MSF note également que "la crise qui touche le secteur minier, principale source de subsistance pour la majorité de la population" ne permet plus aux familles de faire face. "La crise a privé un grand nombre d'hommes de leur emploi, les laissant sans aucune autre source de revenu; de nombreux bureaux d'achat d'or et de diamant ont dû fermer ces derniers mois".

Si les patients souffrent de malnutrition, ils sont aussi les victimes d'autres maladies meurtrières comme le paludisme, la tuberculose, les diarrhées ou le sida. Le délabrement du système de santé national est tel qu'ils n'ont le plus souvent pas accès aux soins, faute de pouvoir payer, ou "faute de personnel de santé formé et en nombre suffisant", comme le souligne dans une campagne de sensibilisation publique l'ONG britannique Merlin.

Instabilité politique

Sans parler de son instabilité politique chronique et des rumeurs continues de coups d'Etat qui secouent régulièrement la capitale Bangui, le nord du pays est, depuis 2005, le théâtre de combats entre forces gouvernementales et divers groupes rebelles, avec les déplacements de population et les souffrances accumulées que cela implique. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) parle de près de 300 000 personnes déracinées et regrette que "la crise humanitaire au nord de la République Centrafricaine (soit) largement éclipsée par la crise au Darfour et dans l'est du Tchad". Depuis, L'UNICEF a conduit d'autres enquêtes qui montrent combien la mortalité des enfants est élevée, tout comme les violences dont ils sont les victimes.

La République Centrafricaine mérite à n'en pas douter une attention plus soutenue des principaux Etats bailleurs de l'aide internationale, pour appuyer les efforts des ONG nationales ou internationales qui tentent de faire face à la situation, et contraindre le gouvernement à une autre gouvernance... Faute de mobilisation internationale digne de ce nom, les Centrafricains risquent de continuer à mourir en silence encore longtemps.

Pierre Salignon



NDLR :
« contraindre le gouvernement à une autre gouvernance... » Voilà qui a le mérite de la clarté ! La gouvernance de Bozizé est désastreuse. Ce n’est pas l’opposition centrafricaine qui le dit, c’est un observateur étranger qu’on ne peut accuser d’anti-bozizisme primaire qui le clame. Le sombre tableau de la situation de la République centrafricaine qu’il dresse doit interpeller tout le monde. La part de responsabilité de Bozizé et son gouvernement dans ce bilan est évidemment écrasante. Comment avec un tel échec, Bozizé peut-il oser vouloir briguer un autre mandat à la tête du pays !

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:40





 

03 Octobre 2009 Par Blandine Flipo Mediapart

 

Quand début septembre, depuis le Brésil, où il était en déplacement, le président de la République a officiellement félicité Ali Bongo pour sa victoire à l'élection présidentielle gabonaise, organisée  le 30 août, la déclaration a jeté un trouble. D'autant plus que Robert Bourgi, officieux conseiller africain auprès de l'Elysée, héritier auto-proclamé de la Françafrique, a une nouvelle fois évoqué son rôle d'intermédiaire de l'ombre entre Paris et quelques capitales africaines. Faut-il croire que la Françafrique, cette hydre diabolique, a-t-elle une fois de plus prévalue sur la «nouvelle» diplomatie française? Pas sûr. Contrairement aux apparences, l’épisode gabonais inaugure une nouvelle ère.

 Robert Bourgi le sait bien. L’homme au verbe truculent (il est avocat), grand admirateur de Jacques Foccart, le monsieur Afrique du gaullisme, a perdu avec Omar Bongo un de ses meilleur relais. Mediapart avait rencontré Robert Bourgi en juin 2008. A l’époque, il venait de défrayer la chronique (il a récemment réitiré au micro de RTL) pour avoir dévoilé les secrets d’alcôve de son client et ami Omar, qui avait obtenu la tête de Jean-Marie Bockel. Le secrétaire d’Etat à la francophonie et au développement avait osé proclamer la mort de la Françafrique. Selon Robert Bourgi, Omar Bongo en avait pris ombrage et réclamé la destitution de l’imprudent. Une requête que Nicolas Sarkozy s’était empressé de satisfaire. Belle histoire, n’est-ce pas? Excellent conteur, Robert Bourgi avait su captiver son audience. Il s’était fait un plaisir d’évoquer ses souvenirs. Ceux qui réclamaient la mort de la Françafrique avait trouvé là une cible, un nom. Et la preuve de la permanente collusion d’intérêt entre la France et ses anciennes colonies.

 Aussi fascinant et médiatique qu’il soit, Robert Bourgi ne saurait représenter la Françafrique. Bien que proche de Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, il n’a en fait pas survécu à l’arrivée du sarkozysme. Trop bavard, trop proche de Dominique de Villepin, même s’il dit avoir «rompu» avec lui. Sa place n’est pas  restée vide pour autant. Patrick Balkany s’y est vite intéressé. Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) s’est illustré dans quelques «coups» typiques de la méthode «françafricaine». Il a notamment mis sur orbite Areva en République démocratique du Congo, grâce à l’aide du businessman belgo-congolais Georges Forrest. Mais il est plus exact de dire que Georges Forrest s’est servi de Patrick Balkany pour rendre service à Joseph Kabila, le président congolais, emmenant Areva dans son sillage. Ce petit jeu à trois bandes, mêlant intérêts politiques, économiques et discussion feutrée a lancé Patrick Balkany sur les traces de ses illustres prédécesseurs, Foccart et compagnie.

Les nouveaux «messieurs Afrique»

 Cependant, le contrat d’Areva en République démocratique du Congo ne saurait se réduire aux manoeuvres de la paire Balkany-Forrest. L’entreprise d’Anne Lauvergeon n’a besoin d’aucun émissaire pour faire valoir ses intérêts auprès de la France. La compagnie française a pu en effet bénéficier de bons coups de pouce de la part du pouvoir. Ces derniers mois, la France s’est particulièrement illustrée par son silence quant aux écarts démocratiques du président nigérien Mamadou Tanja, notamment quand celui-ci a organisé le 4 août un référendum lui garantissant un mandat à vie. Francafrique ou realpolitik? Il en va avec le Niger comme avec la Chine: quand les affaires sont en jeu, la France de Nicolas Sarkozy sait se faire discrète sur les entorses à la démocratie.

 

Si Areva semble jouir de sa position d’entreprise stratégique pour la France, il n’en va pas de même pour d’autres compagnies, qui ont pourtant par le passé jouit des privilèges du lien entre l’Afrique et la France. On connait beaucoup de choses des pratiques de Vincent Bolloré, entre autres sa façon d''utiliser ses media au service de ses intérêts sur le continent noir. Les critiques semblent avoir éclaboussée l’entrepreneur breton. On peut se demander si ce n’est pas ce vent-là qui a poussé Michel Roussin, le monsieur Afrique du Medef, à quitter le navire Bolloré. Selon les rumeurs, l'ex-lieutenant de Jacques Chirac ne s’entendait plus avec Dominique Lafont, directeur général de la division Afrique du groupe, qui lui disputait des prérogatives trop proches. Quoi qu’il en soit, Michel Roussin officie désormais chez Veolia, sous la houlette d’Henri Proglio (parti tout récemment à EDF).

 Spécialisée en informations exclusives franco-africaines (d’aucuns dirait Françafrique), la Lettre du Continent s’est amusée, dans son édition du 14 mai, à faire le tour des nouveaux «messieurs Afrique » en poste dans les grandes entreprises françaises. Outre Michel Roussin, le journaliste Antoine Glaser évoque Claude de Peyron, 84 ans, qui officie pour Thalès International depuis 1979. En voilà un qui ne dépareille pas avec le mythe «françafricain». Dans cette liste, on croise aussi Jacques Marraud des Grottes, 56 ans, qui a démarré sa carrière au Gabon, et fut Président d’Elf Gabon ou Philippe Bohn chez EADS. Les autres sont parfois des novices du secteur.

 En tout, ils sont une dizaine d’habitués des raouts «Afrique» organisés par le Medef. A noter que pour les entreprises familiales, présentes sur le continent africain depuis plusieurs générations, les patrons traitent leurs affaires eux-mêmes avec le pouvoir africain. Tel est le cas d’Alexandre Villegrain, de Somdiaa (agroalimentaire), ou de Francis Rougier pour le groupe éponyme (bois tropicaux et exotiques).

L'Afrique n'est plus un continent à part

 Mais le plus intéressant dans l’enquête de la Lettre du Continent, c’est que la plupart des autres «monsieurs Afrique» des grandes entreprises françaises sont désormais des Africains. La Lettre du Continent cite les noms d’Amadou Kane (BNP-Paribas), Zephirin Diabré (Areva) et Mahamadou Sako (Deloitte France). Ce changement illustre parfaitement l’évolution en cours dans les relations franco-africaines. Courtisés de toutes parts, en proie à des jeux politiques de plus en plus complexes, les chefs d’Etats africains deviennent des partenaires moins accessibles pour les entreprises françaises. Celles-ci s’étaient habitués, par le passé, à se nourrir des liens privilégiés que la France entretenait avec ses anciennes colonies. Petit à petit, ce lien s’est distendu et ne subsiste que la realpolitik. Jusqu’à présent, le cas gabonais faisait mentir sérieusement ce constat.

 Il reste encore quelques pays où les émissaires de l’ombre peuvent encore agir directement, comme au Cameroun ou en Guinée-Equatoriale. Cependant, là aussi, il demeure de plus en plus difficile de faire fonctionner le téléphone rouge et de se passer des intermédiaires locaux. La Françafrique n’est donc pas morte avec Omar Bongo. Mais il n'est pas certain qu'elle survive à l'accession au pouvoir d'Ali Bongo.

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:14




03 Octobre 2009 Par Blandine Flipo Mediapart

 

Le 15 septembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la démocratie, s’est tenue au Botswana une conférence parlementaire sur la démocratie en Afrique. Le choix de fêter cette journée dans ce petit pays d’Afrique australe n’était pas anodin. Le Botswana est souvent cité en exemple pour son respect des institutions sur le continent. Il n’est pas le seul: le Bénin, et le Ghana, qui a récemment permis une alternance sans heurts (voir l’article que Mediapart lui avait consacré), font eux aussi honneur aux principes démocratiques.

 Cependant, les parlementaires africains en visite au Botswana avaient sans doute autre chose à faire que de s’en féliciter. Les événements en Guinée-Conakry survenus peu de temps après cette rencontre, les élections contestées au Gabon, le référendum abusif auquel s’est livré le président nigérien Mamadou Tandja en août dernier ou le coup d’Etat en Mauritanie sont dans toutes les têtes. La démocratie, clairement, est malmenée sur le continent.

En effet, si on fait le bilan, il n’y a pas de quoi se réjouir. La dérive autoritaire semble toucher de nombreux pays, tout comme la tendance à la préservation du pouvoir autour d’un homme ou de sa famille. En Afrique de l’Ouest d’abord: si le Sénégal semble résister tant bien que mal aux tentatives multiples de la part du président Abdoulaye Wade pour se maintenir – lui ou sa progéniture – au pouvoir, le président Mamadou Tandja a de son côté obtenu un référendum lui permettant de s’asseoir sur la Constitution au Niger. Sans que la communauté internationale ne s’en offusque.

 La Guinée-Bissau, fidèle à ses habitudes, a connu un coup d’Etat cette année (le président Nino Viera a tout simplement été assassiné), tout comme la Mauritanie, qui a renversé son président élu. En Guinée-Conakry, la mort du dictateur Lansana Conté n’a pas chassé les militaires du pouvoir. La sanglante répression du 28 septembre est là pour le rappeler. Les militaires sont également bien représentés aux côtés de Blaise Compaoré au Burkina-Faso, qui jouit cependant d’une relative liberté de presse.

 Toujours en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, censée organiser des élections en novembre, est toujours au point mort. Le Nigeria fait face à une démocratie clientéliste complètement dévoyée. Il reste néanmoins quelques ilôts de résistance de la démocratie, comme le Bénin, le Ghana et le Mali. Encore que du côté du Mali, quelques dérives quant aux droits de l’homme, sous couvert de lutte contre le terrorisme (Al-Qaida a resserré ses bases sur la bande sahélienne), inquiètent un peu.

 L’Afrique centrale ne peut s’enorgueillir d’être l’exemple même de la démocratie elle non plus. Malgré les millions de dollars reçus pour la “bonne gouvernance”, la République démocratique du Congo peine à sortir de l’ornière de la violence. Le Congo-Brazzaville dirigé par Denis Sassou-Nguesso, ainsi que la Guinée-Equatoriale d’Obiang Nguema, donnent dans les élections contestables depuis des décennies, sans que personne ne trouve à redire. Le constat est à peu près le même concernant le Togo du fils Eyadema et le Cameroun du très contesté Paul Biya. Corruption, manipulations électorales… le constat est sans appel.

La malédiction de l'“homme africain”

 Du côté de l'Afrique de l’Est, ce n'est pas mieux. Le Kenya, jadis montré en exemple, a connu une alternance très violente l’année passée. Le Burundi s’apprête à se rendre aux urnes l’année prochaine dans un climat électrique. Le Rwanda, plus calme, est tenu d’une main de fer par Paul Kagame dans un style très militaire. La Tanzanie et l’Ouganda se débattent dans la corruption généralisée. Dans la corne de l’Afrique, les dictateurs font la loi, sauf en Somalie, où règne uniquement le chaos.

 Un tour d’horizon vers l’Afrique australe redonne un peu espoir avec le Botswana ou, dans une certaine mesure, l’Afrique du Sud. Mais ce serait oublier le Zimbabwe. Dans ce pays semblent perdurer les habitudes du continent, à savoir le maintien au pouvoir grâce à l’absorption des opposants. Enfin, on ne saurait terminer ce tour d'horizon sans évoquer l’Afrique du Nord, où la démocratie relève largement du fantasme.

Comment expliquer ces écueils démocratiques sur le continent africain ? Pour répondre à cette question, il faut d’abord se débarrasser des explications commodes, voire simplistes, par exemple en se contentant de souligner une certaine “réalité africaine”, ethnique, insoluble avec le principe démocratique synonyme de modernité. Le discours de Dakar, prononcé par le président Nicolas Sarkozy, est issu en droite ligne de cette pensée: l’homme africain, ayant des difficultés à “entrer dans l’Histoire”, est par essence encore trop anti-moderne (sic). Trop ethnique, trop traditionnelle, l’Afrique est condamnée à rater son rendez-vous avec la démocratie. Un raisonnement complètement faux.

 «Il n'y a évidemment aucune incompatibilité génétique entre le continent africain et la démocratie», répond René Otayek, directeur du Centre d’études d’Afrique noire (CEAN) à Bordeaux, référence en matière de recherche sur le domaine en France. Il tient particulièrement à défaire quelques petits a priori bien ancrés, et l’un de ses préférés est la fameuse non-modernité de l’Afrique. «Si on fait le panorama de la démocratie dans le monde, il existe deux régions du monde qui accusent un “retard”, c’est l’Afrique et, encore plus, le monde arabe, commence-t-il, avant d’ajouter: ce n’est pas en raison de l’absence de modernité dans les sociétés africaines, mais bien par cette modernité que s’explique ce déficit démocratique

 En effet, d’un point de vue historique, les Etats-nations en Afrique sont extrêmement jeunes, et portent en eux un lourd passif autoritariste. Les sociétés africaines anciennes étaient fondées sur la domination d’un groupe, rappelle René Otayek. Ensuite, l’Etat colonial s’est résumé moins à un pouvoir politique organisé qu’à la manifestation administrative d’une autre domination. La vague de démocratisation de la fin des années 90 n’a pas eu raison de l’âpre combat pour le pouvoir que se livrent les élites africaines depuis les indépendances. Une construction éminemment moderne, dans laquelle s’inscrit la question de l’ethnicité, considérée, à tort, comme expliquant les difficultés de la démocratie. 

La démocratie, un sport de combat

 «L’Afrique n’a pas le monopole des revendications identitaires», considère René Otayek, rappelant au passage que les ethnies étaient largement des «constructions coloniales» prévues pour mieux identifier les groupes. A cet égard, les guerres ethniques à l'africaine ne sauraient se différencier de ce qui s’est passé dans les Balkans dans les années 90 également en Europe. Largement manipulée politiquement, l’ethnicité, «n’est en aucun cas un obstacle à la démocratie», dit le directeur du CEAN. Lequel s’insurge contre certains intellectuels, occidentaux ou africains, qui s’en servent pour justifier le déficit démocratique de l'Afrique. Un raisonnement d’autant plus absurde, selon lui, que «la plupart des Etats africains n’ont pas connu de problèmes ethniques ! Alors que des dérives autoritaires, si...».

 En réalité, la plus simple explication du déficit démocratique en Afrique pourrait se trouver dans ce qui constitue la démocratie elle-même. Etymologiquement, la démocratie signifie l’exercice de la souveraineté par le peuple. Cette souveraineté, si elle n’est pas directe, est synonyme de combat pour l’obtenir. Or ce combat n’a jamais été aussi fort sur le continent noir.

 «Ce qu’on appelle la société civile, considérée par les différentes ONG comme garante de la démocratie, ne représente pas grand-chose, analyse René Otayek. Mais les remises en cause des pouvoirs, que ce soit via la presse, l’opposition, les syndicats, n’ont de cesse de se multiplier.» Au Mali, au Sénégal, les gens n’ont pas hésité à s’en prendre à l’Etat lors des émeutes de la faim en 2008. Ali Bongo s’est largement fait chahuter au Gabon, pour avoir bourré les urnes. Les différents peuples africains, s’ils tolèrent leurs “chefs”, ne leur donnent plus carte blanche. Les combats indépendantistes des années 90 ont laissé leur place aux revendications directes envers l’Etat.

 A cet égard, ce qui s’est passé le 28 septembre dernier en Guinée est tout à fait révélateur de ce que vit, d’un point de vue politique, l’Afrique contemporaine. Dans un article daté du 29 septembre, le journal burkinabé Le Pays en fait une excellente synthèse. Avec ce carnage, le président Dadis Camara, au pouvoir depuis à peine un an, annonce clairement la couleur: comme ses prédécesseurs, il entend conserver le pouvoir sans partage. En manifestant leur désaccord, et en bravant les militaires, les opposants ont également signifié au Président que l’avenir politique du pays, et par là-même le sien, ne se fera pas sans les Guinéens. «Une nouvelle ère commence en Guinée», écrit Le Pays. Une nouvelle ère certes, loin des guerres de pouvoir des années 80/90, mais qui, hélas, s’écrit elle aussi dans le sang. 

 

 

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 18:30




APA Bangui 2009-10-08 12:54:34 (Centrafrique) Le président centrafricain François Bozizé vient de promulguer le code électoral en vue des élections prévues dans son pays en 2010, a appris APA.

Ce projet de loi, déjà adopté par l'Assemblée nationale, est très controversé par la classe politique centrafricaine.

Avant la promulgation qui a eu lieu lundi dernier, le chef de l’Etat avait demandé à la cour constitutionnelle de vérifier si le projet de loi était conforme à la Constitution.

Après avoir statué sur la question, la haute juridiction a indiqué que deux articles du projet étaient anticonstitutionnels et d’autres l’étaient partiellement.

Dès lors, il fallait expurger le texte des deux articles jugés anticonstitutionnels ou le renvoyer pour relecture à l’assemblée nationale.

Le 3 août dernier, le même projet de loi portant code électoral a fait l’objet d’une première promulgation par le chef de l’Etat, en violation de la Constitution et au mépris de la décision de la Cour constitutionnelle qui avait relevé l’anti-constitutionnalité de certaines dispositions du texte.

Tout en réaffirmant sa ferme détermination à aller aux élections de 2010, pourvu que les conditions de leur transparence soient réunies, le collectif de l’opposition avait sa participation au processus de mise en place de la Commission électorale indépendante (CEI), en attendant la décision de la Cour constitutionnelle.

Le collectif de l’opposition avait introduit une requête auprès de la haute juridiction demandant l’annulation de la loi portant code électoral en vue de d’aller aux élections de 2010 dans la transparence.

Lors de son audience du 25 septembre dernier, la Cour constitutionnelle a invité le gouvernement à s’en tenir à l’exécution de la décision rendue le 30 juillet 2009 dans toute sa rigueur, à défaut de toute promulgation des articles censurés et sanctionnés par les dispositions de l’article 2 de l’alinéa 2 de l’article 77 de la Constitution qui dispose que tout texte déclaré inconstitutionnel est nul et de nul effet, et ne peut être ni promulgué ni appliqué».

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 18:28




APA Bangui 08-10-2009 (Centrafrique) Le vice-président du Comité de suivi des recommandations du dialogue politique inclusif (CSRDPI), Pascal Koyaméné, a invité le gouvernement centrafricain à mettre à exécution certaines recommandations de ce forum qui a regroupé la classe politique centrafricaine du vendredi 20 au samedi 21 février 2009.

Au cours d’un point de presse, mercredi à Bangui, au terme à la 3ème session ordinaire d’évaluation du CSRDPI, M. Koyaméné a assuré que l’application de certaines recommandations ne nécessitait pas des moyens financiers colossaux.

« Sur 68 recommandations confondues, le degré d’applicabilité est loin des réalités », a-t-il dit, déplorant notamment la non prise en compte de la recommandation relative à l’organisation des élections municipales et l’inexistence d’un cadre de concertation permanent des acteurs politiques et sociaux.

Selon M. Koyaméné, l’état d’avancement de l’opération Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) laisse planer des inquiétudes sérieuses sur sa réussite, avant les élections de mars 2010, tout comme la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) qui piétine depuis sa mise en place il y a deux ans.

 « Le Comité de suivi des accords de paix global de Libreville qui devrait se tenir assez régulièrement pour évaluer les forces et faiblesses de la mise en œuvre des Accords et y apporter des solutions idoines tend à disparaître », a-t-il encore fait observer.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 18:25




 

APA-Yaoundé 2009-10-08 00:33:24 (Cameroun) Un groupe de transporteurs assurant le trafic transfrontalier entre le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad et qui dénonce l’«arnaque systématique» des forces de l’ordre, a été reçu mercredi en mi-journée par le secrétaire général adjoint des services du Premier ministre, Emmanuel Nganou Ndjoumessi.

Les protestataires, qui ont multiplié les incidents ces dernières semaines sur cet axe qui dessert la région de l’Est et les pays voisins du Cameroun sans Littoral, tenaient à ce qu’une solution rapide soit trouvée face aux tracasseries diverses rencontrées sur leur parcours.

Au terme d’échanges jugés «constructifs», il a été décidé de la mise en place d’une commission paritaire destinée à «étudier le problème».

Sur le tronçon Ayos-Abong Mbang-Bertoua, actuellement en chantier, des déviations ont été prévues et des restrictions posées, dont l’application par les forces de l’ordre est jugée aléatoire par les transporteurs.

Le 18 septembre dernier, la direction générale des douanes prescrivait «systématiquement» l’usage de l’axe en question «pour les marchandises en transit vers le Tchad et la République centrafricaine».

Pendant que la route en construction reste officiellement interdite à la circulation des gros porteurs et que les déviations annoncées restent attendues, les forces de gendarmerie en «profitent pour instaurer le racket, l’arnaque, la corruption à ciel ouvert et le rançonnement des conducteurs et des usagers», indique le document.

Ainsi, explique le président de la CGSTC, Pierre Nyemeck, «le taux appliqué est de 20.000 à 25.000 FCFA par poste de contrôle et par camion, soit un total de 160.000 FCFA par véhicule».

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 03:13




 

THOMAS HOFNUNG  LIBÉRATION 07/10/2009 à 18h49

Ils auraient été capturés par une faction touareg rebelle, qui s'oppose au président Tandja et dénonce le soutien que lui apporterait Areva.

Quatre employés d'Areva, dont trois géologues, ont été enlevés durant quelques heures, ce mercredi, dans le nord du Niger, dans la région d'Arlit, où Areva exploite des mines d'uranium stratégiques.

D'après le groupe français, ils ont été libérés sains et saufs par leurs ravisseurs. Selon une source bien informée, ces quatre personnes - trois Français et un Nigérien - auraient été capturés par une faction touareg rebelle dirigée par l'ancien ministre du tourisme, Rhissa Ag Boula.

Ce dernier, qui dirige le FFR (Front des forces du redressement), a publiquement affirmé, par le passé, vouloir s'en prendre aux intérêts du groupe nucléaire français, qu'il accuse de soutenir le régime du président Mamadou Tandja. A cet égard, le bref enlèvement des employés d'Areva peut être interprété comme un avertissement.

Depuis mai dernier, plusieurs groupes rebelles, dont la principale faction, le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice), ont entamé, en Libye, des pourparlers de paix avec le pouvoir central de Niamey. Mardi, le colonel Kadhafi a d'ailleurs affirmé que plus de 1000 combattants touaregs du Niger avaient déposé les armes.

La Cogema, rebaptisée par la suite Areva, exploite depuis près de quarante ans des mines d'uranium dans le nord du Niger. En mai dernier, le groupe d'Anne Lauvergeon a officiellement lancé les travaux pour l'exploitation d'une mine à ciel ouvert gigantesque, à Imouraren. Un tiers des centrales d'EDF sont alimentées par de l'uranium originaire du Niger.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 02:32




Selon l’état-major du Front Populaire pour le Redressement (FPR) de Baba Laddè, désormais actif aux confins Tchad-Centrafrique, il n’est pas exclu que leurs éléments attaquent le site pétrolier de Doba, si jamais, l’armée tchadienne envisagerait de les poursuivre à l’intérieur du territoire centrafricain.

Le FPR annonce aussi que la localité de Ngougourou dans le Moyen-Chari, serait depuis le matin le  théâtre d’affrontements avec les forces gouvernementales.

Par ailleurs, selon l’AFP, le gouvernement tchadien, aurait refusé de confirmer ni d’infirmer les combats à la frontière Tchad-RCA et s’est abstenu de donner  un bilan.


La rédaction du blog de Makaila
7 octobre 2009

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 01:26




République centrafricaine

 

 Chaque année depuis 1990, le Rapport sur le Development Humain a publié l'indice de développement humain (IDH), qui va au-delà du PIB à une définition plus large du bien-être. L'IDH est une mesure composite faisant intervenir trois dimensions du développement humain: vivre une vie longue et en santé (mesurées par l'espérance de vie), recevoir une éducation (mesurée par l'alphabétisation des adultes et taux brut de scolarisation dans l'enseignement) et avoir un niveau de vie décent (mesuré par l'achat de parité de pouvoir, PPP, revenu). L'index n'est pas en aucune façon une mesure globale du développement humain. Il n'aborde pas, par exemple, inclure des indicateurs importants tels que le sexe ou l'inégalité des revenus, ni plus difficile à mesurer des notions comme le respect des droits de l'homme et des libertés politiques.  Ce qu'il fait est de fournir un prisme élargi pour l'affichage du progrès humain et la relation complexe entre revenu et bien-être.

 

 Parmi les composantes de l'IDH, le revenu brut de scolarisation seulement et sont quelque peu sensibles aux variations à court terme des politiques.  Pour cette raison, il est important d'examiner les changements de l'indice de développement humain au cours du temps. Les tendances de l'indice de développement humain raconter une histoire importante à cet égard. Entre 1980 et 2007, l'IDH de la République centrafricaine est en hausse de 0,36% par an de 0,335 à 0,369 aujourd'hui. IDH dans toutes les régions ont augmenté progressivement au fil des ans (figure 1) mais elles ont toutes connu des périodes de ralentissement de la croissance, voire empiré.

L'IDH de cette année, qui se réfère à 2007, met en évidence les écarts très importants dans le bien-être et les chances de vie qui continuent de diviser notre monde de plus en plus interconnecté.

L'IDH pour la République centrafricaine est 0,369, ce qui donne au pays un rang de 179 e sur 182 pays avec les données (tableau 1).

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 01:22





Charles W. Corey 6 Octobre 2009

 

Leurs propos au Sommet américano-africain des entreprises

Améliorer le niveau de vie de la population est la seule raison qui puisse justifier qu'un dirigeant demeure au pouvoir en Afrique, a déclaré le président ghanéen, M. John Evans Atta Mills, lors du Septième Sommet américano-africain des entreprises, le 30 septembre, mettant aussi l'accent sur le rôle important que joue l'intégration régionale dans la promotion du développement économique.

Dans son allocution prononcée lors de la session plénière au sommet, M. Mills a indiqué que rien n'était plus important que de créer « un climat propice aux affaires, non seulement au niveau local mais aussi pour attirer les investissements étrangers directs », qui « n'ont ni loyauté ni nationalité particulière mais s'effectuent là où ils sont le mieux accueillis ».

Le président Mills, qui est professeur de droit et ancien doctorant Fulbright, a participé à cette session plénière en même temps que de trois de ses homologues africains, en l'occurrence, M. Paul Kagamé, du Rwanda, M. Fradique Bandeira Melo de Menezes, de Sao Tomé-et-Principe, et M. Denis Sassou-Nguesso, de la République du Congo. Y prenait part également le président de la Commission de l'Union africaine et ancien chef de la diplomatie gabonaise, M. Jean Ping. A l'instar de M. Mills, ces personnalités ont souligné la nécessité de renforcer l'intégration régionale sur le continent.

Selon M. Mills, les Ghanéens ont pris conscience du fait que « nous ne pouvons pas réussir si nous sommes isolés des autres pays. L'époque de la xénophobie est révolue. De nos jours, les États sont interdépendants et nous sommes convaincus que "charité bien ordonnée commence par soi-même", d'où l'importance de l'intégration régionale », a souligné le président ghanéen.

Les gens veulent investir en Afrique pour de nombreuses raisons, a-t-il dit à son auditoire composé de cadres, de chefs d'entreprise, de délégués de pays africains et de représentants du gouvernement des États-Unis, réunis à Washington pour participer pendant trois jours à ce Sommet américano-africain. Les chefs d'entreprise veulent trouver de nouveaux marchés pour leurs produits et les investisseurs iront là où règnent la stabilité politique et un climat dans lequel « il est facile de faire des affaires » à un coût raisonnable. C'est pourquoi l'intégration régionale est plus nécessaire que jamais en Afrique, a ajouté M. Mills. « Les gens, dont le vote nous a porté au pouvoir, ne nous doivent rien », a-t-il déclaré. « Tout ce que nos populations nous demandent de faire est d'améliorer leur niveau de vie (...) Qu'ont-elles d'autre que l'espoir d'un avenir meilleur ? Et nous ne devons pas les décevoir. »

Se faisant l'écho de ce sentiment, le président rwandais, M. Kagamé, a dit que son gouvernement et le peuple rwandais voulaient « donner toute leur mesure » pour parvenir à la prospérité. A noter que la Banque mondiale, dans son récent rapport 2010 Doing Business sur la facilité de faire des affaires, a classé le Rwanda en premier sur sa liste des gouvernements ayant réalisé le plus grand nombre de réformes.

« Nous avons accompli ce que tous les autres peuvent accomplir. Ce n'est pas magique », a dit M. Kagame. « Nous nous sommes concentrés sur le besoin de stabiliser notre pays, faisant le nécessaire pour bâtir la paix et la sécurité (...) et les institutions gouvernementales qui  oeuvrent pour le bien du peuple comme cela se doit. »

M. Kagame a souligné que son gouvernement avait des liens de commerce et d'affaires à l'échelle mondiale ainsi que dans le cadre régional, et qu'il avait cherché à faciliter le climat des affaires au Rwanda en tenant des consultations avec ses partenaires internationaux afin de simplifier les mécanismes, éliminer les obstacles et s'assurer que tout le processus fonctionne bien. «Vous pouvez avoir de bonnes lois, une bonne réglementation, toutes sortes de documents bien rédigés et impressionnants, mais s'il n'y a pas de suivi (...) les choses ne marcheront pas. »

Par ailleurs, M. Kagamé a mis l'accent sur l'importance de l'infrastructure pour faciliter les affaires. « Vous ne pouvez pas envisager d'accroître le volume du commerce s'il n'y a ni routes ni voies ferrées, et que les transports aériens sont problématiques (...) Vous ne pouvez pas parler d'accroître les investissements à moins de prouver que vous pourrez fournir de l'électricité aux usines. Et vous ne pouvez pas élargir le secteur des télécommunications et de l'informatique (...) à moins d'être en mesure de connecter le pays à l'Internet » et aux réseaux internationaux et de donner à la population accès à la Toile. « Les affaires sont le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté », a déclaré M. Kagamé.

Le président de Sao Tomé-et-Principe, M. Melo de Menezes, a lui aussi mis l'accent sur l'intégration régionale et le rôle important qu'elle joue dans le développement en Afrique. Sao Tomé-et-Principe fait partie d'une zone de développement commune avec le Nigéria, a signé un accord avec le Portugal pour établir une parité fixe entre sa monnaie, le dobra, et l'euro, et a créé un code financier qui vise à aider les investisseurs étrangers qui souhaitent faire des affaires sur cet archipel. « Nous pensons que l'intégration régionale est vitale au développement de notre pays », a dit M. Melo de Menezes à l'auditoire. Bien que l'agriculture soit le secteur prédominant à Sao Tomé-et-Principe qui exporte de grandes quantités de cacao, les revenus pétroliers du pays sont mis en dépôt dans un compte transparent au Trésor des États-Unis pour les sauvegarder pour les générations futures, a-t-il ajouté.

Le président de la République du Congo, M. Denis Sassou-Nguesso, a lui aussi lancé un appel en faveur de l'intégration régionale. La population de la région du bassin du Congo représente plus de 100 millions de consommateurs et un énorme marché potentiel. Ce dont a besoin cette région est d'un effort coordonné de développement économique avec des projets d'infrastructure, de routes, de voies ferrées, d'aéroports et de distribution d'électricité.

Représentant l'Union africaine, M. Jean Ping a déclaré que bâtir l'infrastructure et améliorer l'intégration régionale stimuleront le commerce transnational sur le continent. L'Afrique est divisée aujourd'hui par 165 frontières que partagent 53 pays. « Vous voyez donc la nécessité de combiner nos efforts », a souligné M. Ping.

Le continent africain compte un milliard d'habitants, selon les statistiques des Nations unies, a dit M. Ping, et l'on prévoit que la croissance démographique portera ce chiffre à 1,4 milliard en 2020. « Nous vivons sur une planète qui est définie par la mondialisation (...) et l'intégration régionale », a affirmé M. Ping, faisant remarquer que deux organisations africaines oeuvrent actuellement pour renforcer cette intégration, à savoir la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC).

« L'Afrique veut tout simplement être un continent comme les autres (...) débarrassée de la pauvreté (...) des craintes et de la peur de la tyrannie (...) de la violence (...) et des guerres », a déclaré M. Ping. « Nous voulons vivre en paix. »

 

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