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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:35


 



 

25/05/2009 12:37:09 - Jeune Afrique  par Jean-Dominique Geslin 

Partira? Partira pas? Au-delà du cas Mamadou Tandja, plusieurs dirigeants africains en délicatesse avec la communauté internationale ou, tout simplement, en désaccord avec le politiquement correct tentent de donner des signes de bonne volonté.


Ainsi l’homme fort de Conakry, le capitaine Moussa Dadis Camara, vient-il d’annoncer, le 10 mai, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle (voir p. 39). Une décision qui intervient moins d’un mois après que ce bouillant officier a menacé d’« ôter l’uniforme » pour briguer la magistrature suprême…
 

Parole de soldat!


Ce revirement montre à quel point la décision de postuler – ou de renoncer – au pouvoir est difficile à prendre. Le 12 mai, Andry Rajoelina, tombeur du président Marc Ravalomanana le 17 mars dernier, aurait annoncé à une poignée de diplomates qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle promise d’ici à la fin de 2010. Mais l’information a été démentie par le gouvernement, avant que l’intéressé ne revienne sur la question le lendemain. Lors d’une conférence de presse, Rajoelina a expliqué qu’il renoncerait, en effet, à se présenter à la condition que les anciens chefs de l’État malgache en fassent autant. « Je veux montrer au monde entier que Andry Rajoelina ne s’accroche pas à un siège, que Andry Rajoelina n’est pas assoiffé de pouvoir », a-t-il expliqué.


D’autres dirigeants, par le passé, se sont illustrés par de semblables virages à 180 degrés. Ainsi, le général Robert Gueï, qui succéda à Henri Konan Bédié à l’issue du putsch de Noël 1999, en Côte d’Ivoire, déclarait à Jeune Afrique quelques jours après le coup d’État
: « Si je remplis ma mission, d’ici à un ou deux mois, je m’en irai. » Ce qui ne l’empêcha nullement d’être candidat face à Laurent Gbagbo en octobre 2000.


De même, le Centrafricain François Bozizé nous confiait, moins d’un mois après le renversement d’Ange-Félix Patassé, survenu le 15 mars 2003
: « Je n’ai pas l’intention d’être candidat. À la fin de la transition, j’aurai mis en place les institutions démocratiques et ramené la paix. J’aurai donc rempli ma mission. Après, je me retirerai. Sauf si le peuple me demande le contraire. » Il sera finalement élu à la présidence le 24 mai 2005, et devrait très vraisemblablement se représenter en 2010.


Les militaires n’ont pas le monopole de ces volte-face plus ou moins spontanées. Certains chefs régulièrement élus n’ont pas été dissuadés par les dispositions constitutionnelles limitant le nombre des mandats, et ont clairement exprimé leur désir de prendre leur retraite… avant de se représenter une énième fois devant les électeurs. Ce fut notamment le cas du Togolais Gnassingbé Eyadéma, qui déclarait sur RFI, en juillet 1999
: « En 2003, à la fin de mon mandat, j’irai me reposer au village. Non seulement la Constitution ne sera pas révisée, mais mieux, je la respecterai. Parole de soldat! » Trois ans plus tard, le général faisait modifier la Loi fondamentale, et remportait la présidentielle de juin 2003.
 

Constitutions amendées


En juin 2001, Idriss Déby Itno tenait, lui aussi, des propos explicites
: « Je ne serai pas candidat en 2006. Je ne modifierai pas la Constitution. Je le dis haut et fort: ce qui me reste à faire au cours de mon dernier mandat, c’est de préparer le Tchad à une alternance démocratique, pacifique, sans rupture! » Ce qui n’a pas empêché le Parlement de changer les règles du jeu électoral en 2004, ouvrant ainsi la voie à la réélection de Déby Itno deux ans plus tard.


Avec le souci affiché de maintenir la stabilité de l’État et celui de poursuivre « l’œuvre » entamée, la volonté populaire demeure, pour beaucoup, l’ultime argument. C’est notamment le cas pour le Nigérien Mamadou Tandja, qui, le 5 mai dernier, a dévoilé son intention d’être de nouveau candidat à sa propre succession, en novembre 2009. Une annonce qui contredit ses propos du 27 mars, tenus à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy à Niamey et selon lesquels il s’engageait à se retirer à l’issue de son second mandat. C’est également à la vox populi que semble vouloir se soumettre Denis Sassou Nguesso, interviewé en février 2007. À la question
: « La Constitution sera-t-elle amendée en ce qui concerne la limitation du nombre de mandats? », le chef de l’État congolais répond de manière évasive: « Elle ne le sera pas de mon fait. »


Enfin, la position du président djiboutien sur ce sujet est un modèle d’ambiguïté. Interrogé sur son éventuelle intention de briguer un troisième mandat en 2011, malgré le verrou constitutionnel, Ismaïl Omar Guelleh se montre catégorique. Il ne se reconnaît pas dans la tradition chère à l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny selon laquelle « un chef baoulé meurt au pouvoir », et souligne qu’il « n’est pas du genre à déchirer une Constitution parce qu’elle ne [lui] plaît pas ». Mais tout en affichant un profond respect pour l’esprit des lois, il finit néanmoins par s’en remettre à la sagesse divine
: « Je suis croyant et je sais que l’avenir ne m’appartient pas. Il est à Dieu. Nous aurons donc, le moment venu, à en reparler. » Dieu reconnaîtra les siens…

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:28




lundi, 25 mai 2009


1 an déjà ! Jean-Pierre Bemba vient de commémorer le premier anniversaire de son incarcération par la Cour pénale Internationale (CPI) de La Haye. Accusé d'avoir diligenté une campagne de tortures, de meurtres et de viols massifs en République Centrafricaine. Depuis, Jean-Pierre Bemba rejette en bloc les accusations de la CPI. Retour sur 1 an d'incarcération.


Les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) accusent l'ancien chef de guerre et ex-vice-président congolais Jean-Pierre Bemba d'avoir ordonné des viols en série en République centrafricaine pour terroriser des civils. L'ancien chef rebelle, arrêté en mai 2008 en Belgique en vertu d'un mandat de la CPI, encourt cinq chefs d'inculpation pour crimes contre l'humanité et cinq autres pour crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003.


Il est accusé d'avoir mené, à la tête de rebelles de la République démocratique du Congo (RDC), une campagne d'exactions marquée par des tortures, des meurtres et des viols massifs dans la République centrafricaine voisine. Les accusations qui le visent portent sur la période 2002-2003, durant laquelle Ange-Félix Patassé, alors président de la République centrafricaine, avait demandé au Mouvement de libération congolais (MLC) de Bemba d'écraser des tentatives de coups d'Etat dans son pays.


Pour l'accusation, les combattants de Bemba avaient reçu pour instructions de "traumatiser et terroriser" la population pour l'empêcher de soutenir la moindre résistance au gouvernement de Patassé.


Karim Asad Ahmad Khan, avocat de la défense, a rejeté les accusations portées contre Jean-Pierre Bemba en faisant valoir qu'il ne pouvait être tenu responsable de crimes commis par ses soldats parce que ceux-ci étaient placés sous "le commandement et le contrôle" du gouvernement de Patassé. "Les uniformes, la nourriture et l'argent, tout cela était fourni aux soldats du MLC, non par les autorités de la RDC, non par M. Bemba (...), mais par le chef d'Etat de la République centrafricaine", explique son avocat, ajoutant que l'accusation n'avait pas pu établir d'intentions criminelles imputables à l'accusé.

Jean-Pierre Bemba espère un non-lieu fin juin.



F. Mwamba et J. Bemba : l’Opposition républicaine de la sagaie ?


Digital Congo Kinshasa, 25/05/2009 / Politique


La commémoration, le week-end dernier du premier anniversaire de l’incarcération de Jean-Pierre Bemba dans les installations de la Cour pénale internationale à La Haye a donné lieu, samedi 23 mai à Kinshasa, à une matinée politique organisée à cet effet par les dirigeants de son parti, le Mouvement de libération du Congo.

Que les partisans du « Chairman » aient pensé que la conjoncture se prêtait à une manifestation de témoignage de leur solidarité et d’adresse de vœux en vue de sa relaxation, il ne serait à  personne, même pas au pouvoir en place l’idée de leur en refuser ce droit. Les deux orateurs du jour, en l’occurrence François Mwamba Tshisimbi et Jeannot Bemba Saolona ayant dernièrement visite au détenu de La Haye, on comprend pourquoi l’assistance a été particulièrement nombreuse. Et, dans les rangs des invités, un parterre de leaders de l’Opposition de tous bords et de tous poils : les JB Bomanza, Eméry Okundji, JC. Mvuemba, R. Lumbala, Lisanga Bonganga – sauf erreur de notre part, nous ne garantissons pas la présence effective de toutes les pointures de l’Opposition – et autres à cette manifestation.

Seulement voilà : comme il fallait s’y attendre et le craindre, la manifestation a tourné en une messe noire et les deux concélébrant ne se sont pas fait faute de viriliser leur discours en glissant sans transition dans une diatribe particulièrement acrimonieuse et pour le moins inattendue contre le pouvoir. La démagogie et l’intox ont fait un retour occasionnel samedi à cette rencontre politique du Mlc.

En effet, plutôt que d’éclairer la lanterne de leurs militants sur l’ensemble des problèmes et des questions qui entourent l’incarcération de Jean-Pierre Bemba, dont entre autres la complexité et la lourdeur de la machine administrative de la Cpi, l’un et l’autre intervenants à cette rencontre politique des militants et des sympathisants du Mlc ont décoché des flèches empoisonnées sur le gouvernement en place qu’ils ont accusé de tous les péchés d’Israël.

Le gouvernement a fossoyé l’économie du pays, le peuple congolais connaît une situation de paupérisation tellement catastrophique qu’il doit utiliser de tous les moyens légaux pour se sortir de cette calamité, et patati et patata ! Très monté, François Mwamba a même imprudemment fait allusion au passé militaire de son mouvement dont il a dit qu’il n’a déposé les armes qu’à contre-cœur en 2002, parce qu’ « on nous l’a demandé » avant d’aller au Dialogue inter congolais !  dixit le secrétaire général du Mlc .

 « Qui » a demandé au Mlc de déposer les armes alors que  ses troupes se dirigeaient sans doute victorieusement vers Kinshasa  pour  prendre le pouvoir ? Dommage que le secrétaire général du Mlc ait subitement compris l’énormité des propos séditieux qui venaient de sortir de sa bouche. Aussi, s’est-il, pour la suite de la harangue gardé de franchir le Rubicon, tout satisfait dans son fors intérieur d’avoir réussi à tenir en éveil l’ardeur belliqueuse qui nourrit le militantisme de ses hommes. A n’en pas douter, ceux-ci sont souvenus, nous ne pouvons que le penser en nous plaçant dans la logique des propos de François Mwamba, des démonstrations de force faites dans la capitale par leurs hommes.

Le 27 juillet 2006, alors qu’il rentrait à Kinshasa pour tenir son dernier meeting électoral à la veille de l’organisation du premier tour de la présidentielle, le « chairman » a plutôt poussé ses militants à faire une démonstration de force qui a tourné au drame. Le ministère de la Jeunesse et des Sports situé sur le Boulevard Sendwe à un doigt du stade Tata Raphaël où s’est tenu le meeting de JP Bemba a été mis à sac, et les femmes et filles y travaillant soumises à des traitements les plus dégradants. Même scénario le même jour et au moment à proximité de là, au siège de l’Eglise Armée de l’Eternel du pasteur Sony Kafuta Rockman. La rivière Kalamu qui borde le site du culte a même servi de lieu de supplice pour un agent de police contre lequel la horde des militants du Mlc s’est défoulée. Le malheureux qui s’était jeté dans la rivière pour échapper à ses bourreaux a été achevé à coups de grosses pierres !

Deux mis plus tard, alors que les hauts magistrats de la République siégeaient à la Cour suprême de justice pour examiner la requête introduite par Jean-Pierre Bemba en contestation des résultats du second tour de la présidentielle, les mêmes militants du Mlc ont encerclé les lieux qu’ils ont pillés de fond en comble avant de les incendier. Les magistrats n’ont eu leur salut qu’en prenant la poudre d’escampette, tandis que six agents de police appréhendés par les hommes du Mlc surexcités ont été exécutés sommairement.

Ce n’est pas tout. D’autres événements tout aussi dramatiques sont survenus les 22 et 23 mars 2007. Alors que l’Etat-major général des Forces armées de la Rdc lui intima l’ultimatum de reverser dans l’armée régulière tous les éléments de sa garde rapprochée estimée à plus de 2.000 hommes parqués dans ses résidences, pour ne se contenter que de la dizaine de policiers prévus pour la sécurité de chacun des quatre Vice-présidents de la République, le « chairman » avait refusé de se soumettre à cet ultimatum. On en connaît la suite. Deux jours durant, Kinshasa avait vécu les affres d’une situation de guerre que les habitants de la capitale ne sont pas prêts d’oublier, ni de voir se répéter.

Ce n’est qu’avec l’installation des institutions issues des élections démocratiques que la paix a refait surface, et que les esprits se sont mis à s’apaiser.

 Mais bien qu’il ne soit pas bon de le souligner, l’élément catalyseur de cette paix reste incontestablement la tournure prise par le dossier ouvert par le gouvernement centrafricain à charge du « chairman » auprès de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre commis par les soldats du Mlc en République de Centrafrique en 2002 partis à la rescousse du président centrafricain d’alors Ange-Félix Patassé et à son invitation.

C’est donc en exécution de cette plainte que Jean-Pierre Bemba avait été « mappé » par la Cpi et mis au frais, en attendant que soit fixée la date du procès. Et c’est donc cet anniversaire qui a donné à son paternel et à François Mwamba l’occasion de se livrer samedi dernier aux écarts d’un langage qui rappelle les douloureux événements dans lesquels s’étaient illustrés leurs hommes de troupe aussi bien à Kinshasa que dans la capitale centrafricaine.

Les harangues dont les deux orateurs de samedi ont abreuvé leurs militants samedi à l’occasion de l’anniversaire de l’incarcération du « chairman » montrent à l’évidence que l’Opposition républicaine par la sagaie sont à notre avis les termes qui illustrent le mieux le comportement de François Mwamba, lui qui se complait à dire que depuis qu’il est devenu parti politique, le Mlc entend faire une Opposition républicaine et apportant sa pierre de contribution à la construction de l’édifice. Mais comment peut-on concilier ces propos et ceux qu’il tient en dehors du Parlement ?

Incapable de résoudre cette contradiction, il ne nous reste plus qu’à nous contenter d’observer avec intérêt la dernière défection survenue au sein du brain-trust idéologique du Mlc avec le départ en douceur de Philippe Masegabio Zanzu. Brillant cerveau et l’un des cadres les plus en vue du Mlc, Masegabion a pris ses distances vis-à-vis de l’appareil du parti. Pour quelle raison ? Pour l’instant, bornons-nous de constater les faits, sans chercher à en connaître les mobiles, ce qui risquerait de nous mener jusque vers la découverte du sexe des anges.


Hamza/MMC

 

 

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 01:50



 

 

De retour de son escapade vietnamienne, Bozizé est arrivé à l’aéroport Charles de Gaulle à Paris aux premières heures du vendredi matin 22 mai dernier . Il a cette fois-ci posé ses valises non plus Plazza Athénée mais au Hilton de Roissy en attendant d’embarquer à nouveau en début d’après midi à bord du petit avion de douze places affrété par ses mystérieux amis S’agissant du bref séjour de Bozizé au Plazza Athénée avant de se rendre au Viet Nam, nous avons fini par connaître l’identité de ceux des membres de la suite de Bozizé qui s’amusaient à vider systématiquement les bouteilles d’alcool du minibar de leur chambre et même ceux d’autres. Il s’agit d’Abel Sabono, 1er conseiller de l’ambassade de Centrafrique à Bruxelles qui occupait la chambre 132 et de Barthélemy Feidoka Kpemssérè, directeur général de la presse présidentielle.

Puis dans le salon d’honneur de l’aéroport du Bourget, Bozizé a dû recevoir la visite de deux conseillers de Nicolas Sarkozy, MM. Bruno Joubert et Rémi Maréchaux de la cellule africaine de l’Elysée venus s’entretenir avec lui. Leur entretien a duré plus d’une heure et demi selon des témoins présents au Bourget. Ces deux interlocuteurs élyséen n’ont certainement pas fait l’économie d’aborder avec lui les sujets qui fâchent et ils sont nombreux. Pêle-mêle on peut citer entre autres le cas de l’escroc Saifee Durbar ; le problème des élections générales en Centrafrique et leur financement notamment par la France, l’affaire du détournement du prêt CEMAC pour financer le programme DDR, etc… Il faut croire que cela n’a vraisemblablement pas dû bien se passer pour Bozizé.

Ses interlocuteurs à peine repartis sans adresser un mot à la presse qui les attendait, il était visiblement d’une humeur massacrante. Il a abandonné son épouse Monique, son ambassadeur à Paris M. Jean Willybiro Sako et les autres membres de sa délégation qui l’attendaient dans un autre salon pour se pointer lui-même au pied de l’avion sur le tarmac et exiger qu’on descende tous les bagages de la soute. Il procèdera ainsi lui-même à une reconnaissance des bagages. Il faut dire que l’avion n’étant qu’un douze places, il ne pouvait pas embarquer tous les membres de sa délégation. Or ceux qui devraient attendre le prochain vol régulier pour Bangui, (il s’agissait de quelques éléments de sécurité, de la presse et du protocole) avaient cru devoir faire embarquer leurs bagages à bord de l’avion spécial. De ce fait, il s’est trouvé que les bagages de Bozizé et son épouse acheminés au dernier moment ne pouvaient plus être montés en soute, celle-ci étant déjà pleine.  

Très énervé, Bozizé a embarqué en premier et pris place à bord de l’appareil sans même attendre d’y être invité par le protocole, abandonnant au salon d’honneur son épouse, son ministre des affaires étrangères le général Antoine Gambi, la ministre du commerce Mme Emilie Béatrice Epaye, le ministre délégué à l’élevage Youssoufa Mandjo, son conseiller financier Mme Lina Rosalem, son aide de camp, bref le reste de sa suite. L’ambassadeur Jean Willybiro Sako a dû monter après dans l’avion pour lui dire au revoir.

Selon nos informations, l’avion devrait faire une escale à N’djaména où Bozizé tenait à rencontrer son suzerain Idriss Déby Itno. On peut aisément deviner que l’affaire du président de la rébellion de la CPJP le colonel Charles Massi, capturé dans un premier temps sur le territoire tchadien il y a quelques jours puis relâché, devrait sans doute faire partie des nombreux sujets de l’entretien qu’il ne manquerait pas d’avoir avec son célèbre interlocuteur.

     

 

Correspondance particulière depuis Paris pour Centrafrique-Presse  

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 01:44



général de corps d'armée Timothée Malendoma


Dans ses réponses lors de  l’interview qu’il a accordée à Christophe Boisbouvier sur les antennes de radio France Internationale au lendemain de la mort du Pr Abel Goumba, Bozizé avait avec un superbe aplomb, sorti un grossier mensonge en prétendant que lors des élections présidentielles de 1993, il était à Paris mais n’avait pu voter. Et d’ajouter que s’il avait pu le faire à l’époque, il aurait sûrement voté pour Abel Goumba. Dans une de nos précédentes parutions, nous n’avions pas manqué de relever ce mensonge en rétablissant les faits. Bozizé n’était pas à Paris en août et septembre 1993 mais bel et bien à Bangui. Mieux, il était candidat à l’élection présidentielle au même titre qu’Abel Goumba. Il était arrivé avant dernier de cette compétition électorale avec 1,5 % des suffrages, juste devant Mme Ruth Rolland.
 

Voilà que le samedi 23 mai dernier, date des obsèques du même Abel Goumba à Bangui, RFI diffuse encore une interview d’un autre général et homme politique centrafricain, Timothée Malendoma accordée encore à Christophe Boisbouvier. Toujours à propos de ces fameuse élections présidentielles de 1993, répondant à une question du journaliste, Malendoma dira que Goumba n’avait été battu que de quatre mille voix parce qu’en Afrique, les présidents sortant ne perdent jamais les élections qu’ils organisent étant au pouvoir. Faux !


En 1993, le président André Kolingba qui était candidat président était battu dès le premier tour. Au second tour, c’est le candidat Ange Félix Patassé qui avait battu Abel Goumba et non Kolingba. Ces généraux sont-ils frappés de généralose ? Cela ne fait que seize ans seulement que ces élections de 1993 s’étaient déroulées. Quelle pourrait être la raison et la cause de cette amnésie dont font preuve Bozizé et Malendoma ?


Le même Timothée Malendoma faisait partie des leaders des partis politiques qui avaient rencontré Bozizé au lendemain de son putsch du 15 mars 2003 pour lui exiger de démettre Abel Goumba qu’il venait de nommer premier ministre parce qu’ils ne voulaient pas de lui. Ils en connaissent les raisons. Abel Goumba mort, tout le monde ne voit en lui que des mérites et des qualités de grand homme d’Etat, de grand patriote et autres vertus. Maintenant qu’il est mort et enterré, il faut peut-être avoir le courage de se souvenir et rappeler quelques vices et défauts de Goumba dont les mêmes qui l’encensent à  présent l’accablaient naguère. Cette réaction teintée d’hypocrisie de la classe politique centrafricaine après la mort de Goumba ressemble comme par hasard, à celle qu’elle avait eue après la mort du président David Dacko.


Voici un extrait combien édifiant d’un courrier adressé à feu le Pr Abel Goumba par un de ses grands militants qui n’en pouvait plus de garder un silence coupable devant les comportements et attitudes frisant la couardise du président du FPP :


 
« A quoi servez-vous donc comme « Médiateur de la République » lorsque, même pas un an après l'adoption de la Nouvelle Constitution et les élections générales, présidentielle et législatives, des fils et des filles du pays sont incarcérés, « détenus politiques » ? Lorsque la guerre civile reprend de plus belle dans le Nord et dans l'Est du pays et que le sang des enfants du pays coule à nouveau ? Lorsque le dialogue entre l'opposition et le pouvoir du Général BOZIZE est réduit à une peau de chagrin ? Le crépuscule de votre vie est un abîme de reniements, de collusion et de trahison. »

Fait à SENS le 9 août 2006


Simon-Pierre KOYT


 
 Ces phrases pleines de réalisme et de vérité de Simon Pierre Koyt peuvent paraître dures à certains mais sonnent comme le véritable hommage non pas posthume mais du vivant de l’illustre disparu.


 


 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 00:48

 


Le Conseil de sécurité a été exhorté à rejeter la demande du président visant à interrompre les enquêtes de la Cour dans son pays.


Par Katy Glassborow à La Haye et Mélanie Gouby à Londres (AR No. 197, 16-Jan-09)


Il est probable que le président de la République centrafricaine, RCA, François Bozizé ait suivi l’audience de confirmation des charges contre Jean-Pierre Bemba qui a eu lieu cette semaine à la Cour pénale internationale, CPI, avec un sentiment de réussite – mais aussi d’anxiété.

Bozizé a eu ce qu’il voulait – un de ses anciens ennemis est en procès à La Haye, accusé de crimes présumés à l’époque du renversement par Bozizé de l’ancien président du pays Ange-Félix Patassé.

Cependant, l’été dernier, Bozizé, craignant apparemment que la CPI puisse aussi lancer une procédure contre lui, a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies, CSNU, d’interrompre les enquêtes de la Cour qui avaient lieu dans le pays.


Dans une lettre datée d’août 2008, Bozizé, autrefois chef des armées, appelait le CSNU à déclarer les tribunaux de RCA compétents pour juger tout crime de guerre commis sur le territoire du pays depuis la fin du coup de 2003 au cours duquel il avait pris le pouvoir. La CPI est capable d’intervenir uniquement pour poursuivre les violations du droit international si un pays est dans l’incapacité ou n’a pas la volonté de le faire lui-même.


Mais des groupes locaux de défense des droits de l’Homme ont indiqué que le pays n’a pas la capacité de juger des crimes de guerre ou crimes contre l’humanité. Ils avertissent que la requête de Bozizé semble être ni plus ni moins qu’une tentative d’échapper à la justice pour les crimes commis par des troupes sous son commandement.


“Bozizé…a ce qu’il voulait – Jean-Pierre Bemba devant la Cour – et il pense qu’il pourrait peut-être avoir Patassé. Mais il ne veut pas que lui-même ou ses alliés soient jugés,”
a indiqué Marceau Sivieude de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, FIDH.

En 2004, Bozizé avait demandé à la CPI d’enquêter sur des crimes prétendument commis par les alliés de Bemba et Patassé avant et pendant le renversement.

Son renvoi fut approuvé par la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire du pays, qui a indiqué que le système judiciaire national était incapable de mener les procédures complexes nécessaires pour enquêter sur les crimes de guerre et les poursuivre.

En mai de l’année dernière, Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo, RDC, a été inculpé pour des crimes commis en RCA voisine entre 2002 et 2003. Les Procureurs de la CPI indiquent que son Mouvement pour la libération du Congo, MLC, aurait aidé Patassé à essayer d’étouffer le soulèvement contre lui – et aurait eu recours au viol, à la torture et semé la terreur parmi les civils pour ce faire.

Jusqu’à présent, Bemba est la seule personne inculpée pour des atrocités dans le pays, mais les enquêtes de la Cour continuent et d’autres actes d’accusation sont attendus.

LES ENQUÊTES DE LA COUR CONTINUENT EN RCA
 

Bien que les Procureurs de la CPI ne soient pas désireux de donner des détails au sujet des enquêtes en cours, les experts pensent qu’ils sont actuellement en train d’étudier des rapports faisant état d’atrocités qui auraient été commises par les troupes gouvernementales qui luttent contre un mouvement de révolte dans le nord du pays depuis 2005. Le conflit a éclaté parce que des rebelles ont accusé le gouvernement de négliger cette région tombée dans l’anarchie, qui manque de routes, d’écoles et de centres de soins.


“Nous savons qu’un grand nombre de violations des droits de l’Homme ont été commises par l’armée contre les rebelles, ou des gens perçus comme rebelles, dans des prisons ou centres de détention. Nombreux sont ceux qui sont détenus de manière arbitraire, torturés et maltraités,”
a indiqué Sivieude à l’IWPR.

“Il y a de nombreuses autres violations commises par l’armée qui ont été documentées dans des rapports par le BONUCA [mission de l’ONU en RCA].”


Godfrey Byaruhanga
d’Amnesty International, AI, a indiqué que le gouvernement craint d’être tenu responsable de ces crimes si les enquêtes de la CPI continuent.

“Nombre des personnes susceptibles d’être poursuivies sont des dirigeants au sein du gouvernement et des forces de sécurité,” a-t-il dit.


Erick Kpakpo
, coordinateur de l’Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse, OCODEFAD, a indiqué que Bozizé avait réalisé qu’il s’était exposé en invitant la CPI à enquêter sur les crimes commis en RCA.

“Il a pris une tronçonneuse, et il a coupé la branche sur laquelle il était assis. Il pourrait tomber maintenant,” a-t-il dit.


L’appel de Bozizé au CSNU visant à mettre fin aux activités de la CPI dans le pays est intervenu juste deux mois après que le chef de la CPI Luis Moreno-Ocampo lui ait écrit, demandant que les actes de violence continus dans le nord de la RCA fassent l’objet d’une attention particulière.

Le CSNU peut suspendre les procédures de la CPI en lien avec une situation particulière pour une durée d’un an maximum.


Le président du Soudan Omar al-Bashir – le premier chef d’État a avoir été accusé de crimes de guerre par les Procureurs de la CPI – a cherché à obtenir ce délai par rapport à la région agitée du Darfour, réclamant qu’une chance soit donnée aux efforts de paix avant qu’un mandat d’arrêt contre lui ne soit délivré.


Des avocats de RCA, activistes des droits de l’homme et journalistes indiquent que l’annonce par Moreno-Ocampo en juillet 2008 qu’il avait prévu de demander aux juges de la CPI d’inculper Al-Bashir a fait peur à Bozizé, dans la mesure où cela a clairement démontré qu’un président n’était pas à l’abri de poursuites.


Dans sa lettre envoyée au CSNU le mois suivant, Bozizé a indiqué qu’en 2004, il avait demandé à la CPI d’étudier les crimes commis à l’époque du changement de régime et souligné que les tribunaux de RCA avaient été déclarés inaptes à juger des évènements qui avaient eu lieu par la suite.


Employant des arguments utilisés par Al-Bashir, Bozizé a soutenu que les appels de Moreno-Ocampo à ce qu’une attention particulière soit portée à la violence en cours allaient mettre en danger l’Accord de paix global, APG – signé en juin 2008 entre le gouvernement et les mouvements rebelles – si les combattants étaient par la suite arrêtés.


 
Il a également dit que les lois d’amnistie mises en place par l’APG avaient mis fin à des différends entre le gouvernement et les rebelles, permettant aux autorités de tourner “une nouvelle page dans l’intérêt de la réconciliation nationale et de la paix”.


LES AMNISTIES DU GOUVERNEMENT IGNORENT LES DROITS DES VICTIMES

Alors que des amnisties ont été prévues pour Patassé et les chefs rebelles pour des crimes commis pendant et après le coup, des experts indiquent qu’elles ne s’étendent pas aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les activistes des droits de l’Homme indiquent qu’en délivrant des amnisties, le gouvernement n’a pas abordé la question du droit des victimes à obtenir justice pour les crimes commis contre elles.

“Les amnisties ont déroulé le tapis rouge pour les criminels,” a indiqué l’avocat des droits de l’Homme de RCA, Mathias Morouba, qui travaille avec des victimes du conflit.

Renner Onana, chef de la section des droits de l’Homme au sein du BONUCA, a indiqué que les lois d’amnistie n’avaient pas permis d’aborder la question de la justice pour les crimes de guerre.

“Soit vous allez devant la CPI pour poursuivre ces crimes, ou vous construisez un système de justice transitionnelle. Vous ne pouvez pas dire que l’amnistie couvre tout. Elle doit être soutenue par un mécanisme de justice – soit un mécanisme de justice internationale comme la CPI ou un mécanisme de justice nationale,” a indiqué Onana.


Morouba doute également de la volonté affichée de Bozizé de juger les suspects en RCA, indiquant que s’il voulait convaincre le CSNU que les tribunaux de ce pays sont capable de le faire, les enquêtes et les poursuites auraient déjà du commencer à le démontrer.

“A ma connaissance, rien n’a encore été initié,” a-t-il dit.

“Je crains que [la lettre de Bozizé] n’ait pour objectif de satisfaire les criminels et de promouvoir l’impunité. Je crains qu’il ne s’agisse alors d’un travesti de justice – nous allons prétendre poursuivre et juger les gens, mais ils seront de retour dans les rangs des milices le jour suivant.”
 

TRIBUNAUX MILITAIRES INADAPTÉS


Actuellement, les soldats suspectés d’avoir commis des atrocités peuvent être jugés par les tribunaux militaires.

 Au fil des années, Bozizé a déclaré que ceux qui étaient responsables des crimes dans le nord – y compris les troupes de l’armée – seraient soumis à cette forme de justice.


Mais la FIDH indique que le tribunal – qui, en raison d’un manque de moyens, siège uniquement quelques fois par an – a principalement jugé des délits, tels que le vol, plutôt que des crimes graves.

Lorsque vous envisagez les crimes qui sont prétendument encore en train d’être commis par l’armée dans le nord – y compris les exécutions sommaires et les pillages – les poursuites qui ont eu lieu jusqu’à présent sont mineures en comparaison, a indiqué Sivieude.

Lors d’un récent voyage en RCA, un représentant de la FIDH a demandé au Procureur du tribunal militaire pourquoi les membres de la garde présidentielle n’avaient pas été inculpés pour les crimes présumés.

“Le Procureur a indiqué qu’il avait fait des annonces à la radio appelant les victimes à témoigner pour qu’il puisse ouvrir une enquête, mais aucune victime ne s’est manifestée ….alors le Procureur n’a jamais ouvert d’enquête,” a indiqué Sivieude.


PAS DE CAPACITÉ POUR JUGER LES CRIMES DE GUERRE
 

Entre temps, certains observateurs indiquent que les tribunaux nationaux du pays ne sont pas capables de poursuivre les personnes suspectées d’avoir commis des atrocités, parce que le gouvernement n’a toujours pas passé de loi relativement aux crimes de guerre.

“Etant donné que [ces] lois ne sont pas intégrées dans notre législation nationale, comment le système judiciaire peut-il avoir la compétence pour juger de tels crimes du jour au lendemain? Ce n’est pas possible,” a indiqué Marie-Edith Douzima-Lawson, qui coordonne un réseau d’ONG de défense des droits de l’Homme en RCA et représente aussi les victimes dans le procès Bemba à la CPI.


En raison d’un manque apparent de volonté politique, un projet de loi relative aux crimes de guerre qui est en attente devant le ministère de la justice depuis 2006, n’a pas encore été discuté par le cabinet.

Jean-Serge Bokassa, membre du Parlement de RCA et fils de l’ancien dictateur Jean-Bedel Bokassa, a indiqué qu’il reconnaissait l’importance d’insérer la législation sur les crimes de guerre dans les codes.
 

Un obstacle supplémentaire à la poursuite des crimes de guerre sur le plan national qui a été cité est l’état du système judiciaire national, particulièrement dans le nord agité où l’infrastructure est en ruines.

 “Dans le nord, les tribunaux ne peuvent pas fonctionner parce qu’ils ont été mal entretenus. Même à la meilleure époque, ils ne marchaient pas bien de toute façon, et plusieurs années de conflit ont détruit le peu qu’il restait,” a indiqué Byaruhanga.

“Les magistrats ont été mutés ou écartés ou ont fui ces zones pour leur propre sécurité.”


SYSTEME JUDICIAIRE RONGÉ PAR LA CORRUPTION


Le BONUCA, qui travaille avec le projet de développement de l’ONU, PNUD, à l’amélioration du système judiciaire de la RCA, cite la corruption endémique comme un autre problème frappant les tribunaux du pays.

Selon la mission de l’ONU, les politiciens interviennent dans le système judiciaire du pays, et il est de notoriété publique que le ministre de la justice interfère dans les procédures, en arrêtant des gens et en demandant expressément à ce que certains jugement ne soient pas passés.

“Le système judiciaire…est indépendant sur le papier mais en pratique, [il] doit souffrir des souhaits de l’exécutif. Il y a des gens au pouvoir qui ont commis des crimes et ne sont pas inquiétés. Ils ont un parapluie, ils sont protégés,” a indiqué Kpakpo.

Lambert Zokoezo, qui a travaillé comme juge pendant 12 ans, et est maintenant président de l’Organisation centrafricaine des droits de l’Homme, OCDH, a déclaré que les juges font souvent l’objet d’intimidations, “Si un juge regarde une affaire de trop près, il peut être menacé.”

Prospert Yaka Maide, journaliste de l’Agence Centrafrique Presse, pense également que l’intimidation est un sérieux problème dans le système judiciaire de la RCA.

Il explique que les avocats sont menacés par la garde présidentielle – qui est prétendument là pour protéger à la fois le président et les juges du pays – et sont aussi menacés de perdre leur emploi.

“[Les juges et les groupes d’avocats] envoient régulièrement des déclarations à la presse dénonçant de tels abus,” a-t-il dit.


Le BONUCA tout comme le PNUD reconnaissent ces problèmes et consacrent des fonds à reconstruire le système judiciaire de la RCA. Dans une initiative lancée ce mois-ci, les organisations vont surveiller les tribunaux, organiser des formations, et reconstruire les infrastructures qui sont tombées en ruines après des années d’abandon.


Sébastien Gouraud de l’Unité État de droit du PNUD a indiqué que le projet prévoyait la construction de salles d’audience, d’installations pour les archives, et le développement des casiers judiciaires pour les rendre accessibles à d’autres autorités telles que la police.

LES AUTEURS DE CRIMES DOIVENT ÊTRE TENUS RESPONSABLES
 

Entre-temps, des avocats et groupes de défense des droits de l’Homme demandent que la CPI continue ses enquêtes dans leur pays pour traduire les auteurs de crimes de guerre en justice.

“Les victimes marginalisées attendent que la CPI leur rende justice,” a indiqué Morouba.

Goungaye Wanfiyo*, président de la ligue centrafricaine des droits de l’Homme, a déclaré que la communauté internationale devait ignorer l’appel de Bozizé à bloquer les activités de la Cour et a exhorté la Cour à poursuivre ses enquêtes.

 Il a averti que si la CPI se retirait de RCA, les conséquences pourraient être dévastatrices.

“Si [la Cour] part, les gens vont perdre foi en la paix. Ils voient l’impact de la CPI parce que les dirigeants ont peur,” a-t-il dit.

“C’est encore une période troublée ici, il y a des tensions et si les gens ne sont pas protégés, si les rebelles et les factions voient qu’elles peuvent agir en toute impunité, cela va aller vraiment mal.”


L’IWPR a, à plusieurs reprises, approché le ministre de la justice de la RCA Monsieur Thierry Maleyombo, lors de l’audience de confirmation des charges contre Jean-Pierre Bemba à La Haye, pour des commentaires sur les affirmations faites dans cet article et les motifs ayant poussé Bozizé à demander à la CPI de suspendre les enquêtes dans son pays; la compétence du système judiciaire national ; et l’indépendance des juges.
 

Nous nous sommes vus à plusieurs reprises refuser notre demande d’interview, ou de détails par d’autres personnes au sein du ministère de la justice à Bangui qui auraient pu répondre à nos questions.

Cependant, l’IWPR a pu parler à Abakar Nyakanda, haut commissaire pour les droits de l’Homme en RCA, une institution soutenue par le gouvernement, au sujet de la requête de Bozizé. Nyakanda a indiqué que cela avait été fait dans l’intérêt du processus de paix.

“Il a demandé à la CPI de suspendre son travail, pour trouver un moyen pour sortir de la violence en cours. Je pense que la demande du président a du sens et la CPI aurait mis la paix en danger parce que le dialogue était basé sur les amnisties."


Concernant les allégations d’abus commis par les soldats dans le nord du pays, il a indiqué, “Nous sommes en temps de guerre – les droits de l’Homme sont quelque peu torpillés. Lorsque les gens se révoltent contre le pouvoir étatique, il doit répondre. Les forces étatiques ne font que se défendre. Ce sont les rebelles qui attaquent."


Katy Glassborow est reporter de justice internationale à La Haye. Mélanie Gouby est stagiaire auprès de l’IWPR à Londres.


* le 27 décembre, quelques jours à peine après avoir parlé à l’IWPR dans le cadre de ce rapport, Goungaye Wanfiyo a été tué lorsque la voiture qu’il conduisait a été percutée par un camion.

Goungaye devait représenter les victimes de RCA lors de l’audience de confirmation des charges contre Bemba cette semaine.

La présidence française de l’Union européenne avait alors indiqué que Goungaye était un “activiste courageux, dont le dévouement tenace pour la défense et la promotion des droits de l’Homme en République centrafricaine a été reconnu par tous.
 

“Il a notamment fait campagne en faveur de la justice pénale internationale pour les victimes de la violence par son soutien au travail de la CPI. Ce dévouement l’a également conduit à participer activement au forum sur le dialogue politique inclusif qui vient juste de se terminer à Bangui [capitale de la RCA].”


En raison de ses activités, Goungaye avait reçu des menaces de mort plusieurs fois, et avait également été arrêté il y a trois mois.

La FIDH, avec laquelle Goungaye était étroitement lié, a exigé une enquête impartiale et indépendante pour déterminer la cause exacte de sa mort.


“Goungaye Wanfiyo était un avocat d’une grande intégrité, quelqu’un qui travaillait [pour] une justice indépendante et équitable dans ce pays. La communauté des droits de l’Homme pleure la perte d’un défenseur irremplaçable des droits de l’Homme,”
a indiqué Sidiki Kaba de la FIDH.

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 17:37




Bangui, Samedi 23 Mai 2009 - 17:34- (ACAP) Les obsèques nationales du professeur Abel Goumba, ancien Premier ministre et vétéran de la classe politique centrafricaine, se sont déroulées, samedi 23 mai sur l'avenue des Martyrs, à Bangui, en présence du président François Bozizé, de tous les corps constitués de l'Etat et du corps diplomatique.


Devant quelque 3 000 personnes de tous âges, compagnons de lutte, anciens collaborateurs, amis et parents, réunis sur l'avenue des martyrs en fin de matinée, le président de la République François Bozizé a élevé à titre posthume son ancien Premier ministre à la dignité de grand Croix du mérite centrafricain.

Après une série de 5 témoignages, dont celui d'Alexandre Goumba, fils et successeur de son père à la présidence du Front patriotique pour le progrès (FPP), l'oraison funèbre du doyen de la classe politique centrafricaine a été prononcée par le ministre chargé du Secrétariat Général du Gouvernement et des relations avec les Institutions, Désiré Zanga Kolingba, qui a retracé l’itinéraire scientifique, politique et les fonctions occupées de son vivant par l'illustre professeur avant de laisser place à un défilé funèbre auquel civils et militaires ont participé.

Abel Goumba, qui est né le 18 septembre 1926 à Grimari dans la préfecture de la Ouaka, marié et père de seize (16) enfants était titulaire d'un diplôme de diététique supérieure et nutritionnelle obtenu à Bordeaux en France, en 1968, diplômé de santé publique, agrégé de médecine de santé publique et de biologie à Paris en 1971.


Dans la fonction publique centrafricaine, le Professeur fut nommé, président de la commission de recrutement et d’avancement du personnel du corps académique de l’Université de Bangui, chercheur (travaux de recherche sur l’exploitation rationnelle des plantes médicinales).
 

En politique, il fut vice président du conseil du gouvernement de l’Oubangui, du 14 mai 1957 au 30 novembre 1958, ministre des Finances et du Plan en 1960, Vice président de la République en 2004 et Médiateur de la République, de 2005-2009.


 

Rappelons qu’après les obsèques officielles, qui ont duré 3 heures, le cercueil a été transféré à la Cathédrale Notre Dame de l'Immaculée Conception de Bangui pour une messe de requiem, à laquelle le président de la République François Bozizé et son épouse Monique ont pris part.

 

Il convient d'ajouter que le cortège funèbre a quitté Bangui en milieu d'après-midi pour la ferme familiale de Gbango (45 km au nord-est de Bangui), où reposera désormais celui qui laissera dans l'histoire de la République Centrafricaine l'image d'un infatigable lutteur.



Dernier hommage à Abel Goumba





RFI
 23/05/2009


Les obsèques d'Abel Goumba ont lieu ce 23 mai à Bangui. Grande figure de la politique centrafricaine, il est décédé il y a une douzaine de jours à l'âge de 82 ans. Après les cérémonies funéraires à Bangui, sa dépouille a été transportée dans son village de Gbango, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, pour l'inhumation.


Après la levée du corps à la morgue du centre national hospitalier universitaire de Bangui, la dépouille du professeur Goumba a d’abord été transférée au domicile de celle qui fut sa première épouse.


Ensuite, elle a été conduite à sa résidence au nord de Bangui. L’occasion a permis le recueillement des membres de la famille, de plusieurs centaines de sympathisants et habitants de son quartier.


Troisième étape : celle de l’université de Bangui où il a été considéré comme le premier agrégé du pays et un fidèle compagnon du président fondateur, Barthélemy Boganda, qui a libéré « ses compatriotes de la servitude ».


Avant la messe en la cathédrale Notre-Dame de Bangui, le cercueil porté par les éléments de la garde républicaine a été déposé sur l’avenue des martyrs pour les honneurs officiels. Devant les corps constitués de l’Etat, le corps diplomatique, parents, amis, des connaissances et une foule nombreuse, le président François Bozizé lui a décerné une distinction honorifique en l’élevant à la dignité de grand-croix dans l’ordre du mérite centrafricain.
 

Le chef de l’Etat centrafricain a qualifié Abel Goumba « d’homme de grande intégrité qui a servi son pays avec honneur, dignité et fidélité ». La journée a été décrétée « journée de deuil national ».

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 16:02


                Omar Bongo Ondimba


Par Lucien Pambou Grioo.com 23/05/2009



Le Président Bongo est malade, il souffrirait d’un cancer intestinal et il aurait été transporté dans une clinique espagnole (Barcelone Est) dans un état relativement sévère. Le Président Bongo est le doyen des chefs d’Etat africains, il a 74 ans. Sa maladie, et je m’en excuse auprès de sa famille, est une question familiale certes, mais nationale pour le Gabon, africaine pour l’Afrique centrale et l’Union africaine et internationale pour le monde et surtout pour la structure de la Françafrique.


La maladie du Président, j’espère qu’il guérira, soulève néanmoins des questions importantes au niveau de la géopolitique en Afrique centrale. En accédant au pouvoir dans les années 60, Albert Bernard Bongo, devenu aujourd’hui Bongo Ondimba, a connu tous les gouvernements français de De Gaulle à Nicolas Sarkozy. Il est au cœur de ce que nous appelons la Françafrique constituée par des relations à la fois claires, officielles, non officielles, entre la France et la plupart des pays francophones d’Afrique, surtout ceux d’Afrique centrale.




La clinique de Barcelone où se trouve Omar Bongo Ondimba


La mort récente de Lucie Edith Bongo, épouse du chef d’Etat, a obligé les autorités gabonaises à déclarer que le chef d’Etat gabonais au nom de la coutume devait se reposer et ne pas intervenir dans la vie politique gabonaise pour respecter le deuil de son épouse. Il y a une part de vérité mais il y a une part de dissimulation politique que la maladie déclarée du Président oblige à penser le contraire.

Je souhaite un bon rétablissement au Président Bongo en espérant que les autorités sanitaires espagnoles feront le nécessaire pour que le Président se rétablisse et retrouve ses fonctions de président à la tête du Gabon.


Néanmoins, aller se faire soigner à l’étranger montre bien, après les indépendances, au delà de la dénonciation du colonialisme et du néo colonialisme français, l’incapacité de nos chefs d’Etat, souvent envahis par des considérations ethniques et familiales, donc personnelles, de penser en terme de construction nationale les infrastructures sanitaires de leur pays. Il en est ainsi des autres domaines de l’économie, de la culture et de l’éducation et du logement. Je vais même plus loin, il ne s’agit même pas d’une question tribale ou familiale mais simplement d’un manque de vision politique des chefs d’Etat noirs, car tel est bien le problème, pour le développement économique de leur pays.


Ces chefs d’Etat noirs, toute Afrique confondue, vous parlent de démocratie, d’élections, de libéralisation de l’économie, de planification, de manière très politique et jamais réelle. Les oppositions, quand elles existent, ne sont pas en reste, souhaitent accéder au pouvoir en prenant la place du Président en exercice, ou quand elles ne le peuvent pas, ces oppositions essayent d’apporter leur allégeance en trahissant les populations qui les ont choisies comme représentantes.


Nous critiquons souvent la Françafrique et nous incriminons trop souvent la France et ses dirigeants. Or, les chefs d’Etat et les partis d’opposition d’Afrique Centrale sont les propres suppôts de la Françafrique en dépit de leurs discours de distance vis-à-vis de celle-ci.

L’analyse sociopolitique et historique montre que les pouvoirs en place en Afrique Centrale et les oppositions sont le recto et le verso d’une même conduite vis-à-vis de la Françafrique. Seuls les peuples ne comprennent pas les turbulences et les changements et positionnements politiques des responsables politiques de l’Afrique Centrale, car analphabètes ou impliqués dans un processus d’ « éthnicisation » les peuples acceptent sans trop comprendre d’être les bras armés des guerres ethniques ou des révolutions de palais entre les descendants des chefs d’Etat africains.




                           Ali Bongo

J’espère que ce qu’il se passe au Togo entre les deux enfants de Eyadema ne se passera pas au Gabon. Le Président Bongo a depuis de nombreuses années fait appel à une partie de sa famille pour gérer les affaires du Gabon. Il ne me revient pas de discuter de la pertinence du choix, néanmoins force est de constater que la maladie du Président précipite les stratégies autour de sa succession alors qu’il n’est pas encore mort. L’analyse politique de la vie gabonaise montre qu’il n’y a pas une entente réelle entre les enfants du Président. Nous risquons de nous retrouver dans la situation togolaise. Mais pourquoi doit-on accepter ce type de situation ? Mais pourquoi, au-delà des déclarations des uns et des autres, la situation risque de ne pas changer ?





              Pascaline Bongo

Les réponses sont liées à plusieurs éléments :


1. La Françafrique a besoin de stabilité. La France, qui est la directrice de cette Françafrique, fera le bon choix pour que le Gabon, pays pétrolier, ne soit pas déstabilisé et que cette déstabilisation ne se transmette pas au Cameroun, au Congo Brazzaville, Centrafrique, au Tchad dont le pouvoir est disputé par certains rebelles et en République démocratique du Congo.


2. Le Président Bongo est une valeur sûre de la Françafrique et il possède dans sa tête et dans ses écrits cachés une série de révélations inédites sur la Françafrique. Sa disparition serait un défi à la Françafrique et pourrait ouvrir la porte à l’influence de l’Amérique dont on connait la présence déjà en Angola dans l’exploitation et la gestion du pétrole. Mais, rassurez-vous, la Françafrique veille.


3. La maladie du Président Bongo est une maladie diplomatique même si elle est réelle. Elle doit être considérée d’abord à l’aune diplomatique car il en va de la survie de la Françafrique et de son rayonnement. Quoiqu’en disent les opposants à la Françafrique et leurs discours, ces opposants n’ont ni le courage, ni la volonté, ni les moyens politiques et financiers de s’affranchir de la régence française en Afrique centrale. Il y a le temps des discours et des logorrhées diplomatiques et il y a la réalité financière qui oblige les Etats de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest à faire allégeance à la France par réalisme politique. La maladie du Président Bongo accélère ce processus.


Le Président Bongo est malade, je souhaite son rétablissement car il a introduit une certaine "stabilité" en Afrique centrale depuis les années 60. Si les oracles, les divinités africaines et Dieu en décident autrement, il y a fort à craindre pour le Gabon (pour lequel on souhaite qu’il n’y ait pas de guerre de succession et de guerre militaire et fratricide tout court, comme souvent le Congo Brazzaville voisin a été le théâtre depuis l’indépendance) rentre dans une zone de turbulence qui risque d’avoir des conséquences sur les autres pays d’Afrique centrale (Tchad, Congo Brazzaville, Cameroun, RDC République démocratique du Congo, Centrafrique).


Comme on peut le voir, maladies et chefs d’Etat en général et en Afrique en particulier et géopolitique sont intimement liés sur un point : la succession politique au haut niveau de l’Etat … la présidence de la République.

 

 

 

 

             

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 14:37

 

 





Bangui, 23 mai 09 (C.A.P) - Finalement, les techniciens de la société d’aviation basée au Portugal à qui Bozizé a confié la réparation de son épave d’Hercules C 130 qui étaient revenus à Bangui il y a quelques jours, sont arrivés au bout de leur peine. Le fameux appareil a quitté Bangui ce matin et se trouve dans les airs. Première escale prévue : Cotonou, puis Dakar, Casablanca et enfin le Portugal.

 

Il faut rappeler que la réparation au Portugal de cette épave a été accordée par Bozizé à cette société pour la bagatelle de deux millions (2.000.000 d’euros) soit 1.500.000.000  (1,5 milliards) de F CFA. Lors de leur premier séjour à Bangui, les représentants de la société portugaise avaient perçu un acompte de cinq cent millions (500.000.000 F CFA) décaissé du trésor national au moment de la signature du contrat. Bozizé s’est engagé à solder le reste par des versements mensuels de deux cent cinquante millions (250.000.000 f CFA).

 

Selon nos informations, Bozizé avaient exigé lors de la signature de l’accord avec les Portugais que l’appareil lui soit ramené en septembre prochain car il entendait démarrer rapidement sa campagne électorale à l’intérieur du pays, naturellement à bord de son Hercules C 130.

 

On comprend ainsi pourquoi Bozizé tient à présider lui-même les réunions de trésorerie afin de disposer à sa guise des liquidités du trésor public, chose qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Mais, la RCA est naturellement un pays à part.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 21:26



Les familles Luc Dondon-Konamabaye, Alphonse Sanghamy-Kilo, Mme Thérèse Danagoro et ses enfants,  ont la profonde douleur de faire part aux parents amis et connaissances et nous prient d’annoncer le décès de Monsieur Jean Paul Roland Danagoro, leur cousin, oncle, mari, et père,  décès survenu à l’hôpital de Reims (France) le jeudi  21 Mai 2009 à 23h30 des suites d’une longue maladie.

Monsieur Jean Paul Roland Danagoro était sociologue, spécialiste d'économie du développement rural, enseignant à l’Université de Bangui. Il fut aussi ancien Directeur Général chargé des Finances et du Matériel à la présidence.

Contact : Mme Danagoro Thérèse 00 (33) 3 26 49 61 93

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 18:04


 

Mais les Procureurs de la CPI indiquent qu’ils manquent de preuves pour établir sa responsabilité pénale individuelle pour les crimes.


Par Katy Glassborow à Bangui (AR No. 211, 7-Mai-09)


Une femme, visiblement perturbée, se tient de côté alors que nous parlons à un groupe de personnes dans les rues de Bangui au sujet de la justice à l’encontre de l’ancien président du pays qui a selon eux entraîné les gens ordinaires dans une bataille après avoir perdu le contrôle du pouvoir.


Bernard, notre traducteur, nous dit qu’Elisabeth vit à PK12, une zone située juste à l’extérieur de la capitale de la République centrafricaine, RCA, qui fut dévastée lors des “évènements” de 2002 à 2003, lorsque l’ancien chef de l’armée et Chef d’État actuel François Bozizé avait arraché la présidence des mains d’Ange-Félix Patassé après plusieurs mois de combats.

Alors qu’Elisabeth marmonne entre ses dents, nous remarquons qu’elle n’a plus de dents de devant. Soudain, elle élève la voix au dessus de celle du groupe et crache avec colère,
“Patassé… doit [être traduit en] justice pour répondre de ce qu’ [il] nous a fait.
“Les Banyamulengue ont brûlé nos maisons. Les femmes ont été violées et leurs maris tués. Aujourd’hui, les femmes n’ont plus de maris mais elles ont le sida, et leurs enfants ont le sida.”


Elisabeth nous explique que ses dents de devant ont été démolies avec la crosse d’une arme pendant les évènements.

Banyamulengue est le nom que les habitants donnent au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, une milice congolaise dirigée par Jean-Pierre Bemba, qui aurait été amenée par Patassé en 2002 pour l’aider à repousser les rebelles.


 
Patassé, qui vit aujourd’hui en exil au Togo, aurait également recruté d’autres milices des pays voisins, y compris celle dirigée par Abdoulaye Miskine, homme politique et rebelle tchadien basé en Libye.

Les Procureurs de la Cour pénale internationale, CPI, indiquent qu’entre octobre 2002 et mars 2003, les civils furent violés, assassinés, torturés et que leurs biens furent volés par le MLC et les propres troupes de Patassé, apparemment en représailles de leur soutien présumé à Bozizé.

Depuis le début de leur enquête en RCA en 2007, les Procureurs ont souligné que le nombre des civils violés était tel qu’il ne pouvait être ignoré en droit international, et que les rapports de violence sexuelle incluaient souvent “des aspects aggravants de cruauté”, tels que des auteurs multiples, et la participation forcée des membres de la famille.


Suite à ces enquêtes, Bemba a été inculpé par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et il est actuellement en détention dans l’attente de son procès. Les Procureurs indiquent qu’il conclut avec l’ancien président un accord commun, et qu’ils avaient un arrangement réciproque en vertu duquel Bemba apportait une aide militaire à Patassé en échange de son soutien stratégique et logistique.

Bemba aurait cherché à obtenir l’aide de Patassé pour renforcer la frontière entre la République démocratique du Congo, RDC, et la RCA après que l’ancien président de la RDC Laurent Kabila soit entré par la RCA pour attaquer le MLC de Bemba en 1998. Il est également accusé de s’être allié à Patassé pour empêcher que des liens se nouent entre le président de la RCA de l’époque et Kabila.

 Mais bien que les Procureurs reconnaissent que Patassé a été impliqué dans les atrocités, ils n’ont pas émis de mandat d’arrêt contre lui.


Elisabeth indique qu’il ne suffit pas qu’un chef de milice étrangère soit traduit en justice pour ce qui s’est passé en RCA. Pour elle, l’homme qui a fait venir les Banyamulengue dans le pays doit aussi être tenu responsable.

 Des sentiments similaires sont exprimés à Bangui et dans les zones environnantes.

A PK12, à une distance de 12 kilomètres en bus depuis la ville, nous sommes assis et parlons à Jeudi, un chef de communauté de l’un des quartiers de la zone.

“Mon quartier a été maudit par Dieu,” déclare-t-il.


“[Lors du coup d’état, les forces] ont violé les femmes, [celles qui étaient] épouses [tout comme celles qui ne l’étaient pas], 10 ou 15 hommes sur une femme. La plupart des femmes ont été affectées, les Banyamulengue les ont contaminées,”
explique Jeudi.

Assis dans une clairière entre les huttes à l’écart de la principale route marchande qui traverse PK12, Jeudi nous raconte que sa communauté a été dévastée au cours des évènements.

Il nous emmène voir des femmes qui nous parlent de multiples viols en réunion que nombre d’entre elles ont subi.

Elles nous montrent aussi leurs maisons rudimentaires, désignant du doigt les fenêtres dont les cadres en bois ont été, selon elles, démontés et brûlés par les soldats lors des combats.

Il y a une compréhension inégale au sujet de la CPI et de son travail parmi les gens à qui nous parlons. Alors que certains semblent n’en avoir jamais entendu parler, d’autres savent qu’à La Haye, un tribunal étudie les crimes commis contre eux.

Cependant, Jeudi, est au courant du travail de la Cour et comme les autres, il appelle à ce que Patassé soit traduit en justice à La Haye. “[Il] devrait être emmené à la CPI,” déclare-t-il.

Marie Edith Douzima Lawson, une avocate de RCA qui représente les victimes devant la CPI, a noté que “lors de l’audience de confirmation des charges de Bemba le nom de Patassé est apparu comme celui du co-auteur des crimes”.


Elle indique qu’il est difficile d’expliquer aux victimes pourquoi la CPI n’a pas émis de mandat d’arrêt contre Patassé même si la Cour a indiqué qu’il était impliqué dans les violences dans des documents officiels et des audiences publiques.


Il y a eu de nombreuses spéculations quant à la raison de savoir pourquoi Patassé n’a pas été inculpé. Fatou Bensouda, procureur adjoint à la CPI, a expliqué que les Procureurs n’avaient pas agi parce qu’ils manquaient de preuves par rapport à sa responsabilité pénale individuelle.

“Nous sommes satisfaits des preuves dont nous disposons quant à la responsabilité pénale individuelle de Bemba. Voilà pourquoi nous avons continué à poursuivre Bemba. Nous ne disposons pas encore de ces éléments contre Patassé. Voilà pourquoi nous n’avons pas réclamé un mandat d’arrêt contre lui, même si il est co-auteur avec Bemba,” a-t-elle expliqué.

Bensouda a déclaré que Patassé avait sans aucun doute été un acteur très important dans le conflit de RCA entre 2002 et 2003, et a ajouté qu’il était l’un de ceux qui avaient fait venir les troupes du MLC dans le pays.


 
Cependant, elle a déclaré que cela ne suffisait pas pour monter un dossier d’accusation contre lui, “Nous sommes dirigés par les preuves et les preuves seulement. Nos enquêtes continuent, [mais] nous poursuivrons Patassé uniquement si nous sommes convaincus que sa responsabilité pénale individuelle est établie.”


Elle a également souligné que personne n’est à l’abri de la justice de la CPI, précisant qu’un chef d’état en exercice – Omar El Béchir du Soudan – avait été inculpé par la Cour.

Alors que les citoyens de RCA s’inquiètent du fait qu’aucun ressortissant de leur pays n’ait été inculpé par rapport aux atrocités commises en 2002 et 2003, Bensouda a expliqué qu’il n’y avait rien d’étrange à cela.

“Ce n’est pas une surprise qu’un chef de milice étranger ait été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA. A cette époque, Jean-Pierre Bemba était le chef incontesté du MLC, et de ces mêmes Banyamulengue qui ont violé, pillé et tué les civils en RCA,” a-t-elle dit.


Bensouda a déclaré que beaucoup de victimes interviewées avaient désigné ceux qui avaient commis des crimes contre eux comme “les hommes de Bemba”.

“Je pense que cela dit tout,” a-t-elle dit. “Les victimes de ces crimes semblent satisfaites, soulagées et reconnaissantes par rapport au fait que Jean-Pierre Bemba ait été arrêté et qu’il soit sur le point d’être jugé.


“Lorsque nous avons annoncé l’arrestation de Bemba vous pouviez voir sur le marché de nombreuses personnes qui écoutaient la nouvelle, la radio colée à l’oreille. C’était un rêve que Bemba soit jamais amené à responsabilité pour ce qu’il a fait.”

Les avocats de Bemba ont déclaré que la CPI s’en prenait à la mauvaise personne.

Lors de l’audience de confirmation des charges contre Bemba en janvier dernier à La Haye, sa défense avait soutenu que le MLC avait été déployé à la demande de Patassé et qu’il avait obéi à ses ordres, et que Bemba ne pouvait donc pas être tenu responsable pour les crimes prétendument commis par ses troupes en RCA. Une fois que les MLC avaient franchi la frontière du Congo, ils n’étaient plus “les hommes de Bemba” mais subordonnés à Patassé, ont déclaré les avocats.


Jeudi a expliqué que les gens à PK12 étaient perplexes par rapport à la question de savoir pourquoi ils avaient été soumis à une telle violence par des troupes prétendument soutenues par le dirigeant d’alors du pays.

“Les [forces] ont donné le prétexte qu’elles étaient là pour chasser les rebelles. Elles seules peuvent expliquer pourquoi elles ont violé les femmes. Si c’était des soldats ordinaires, ils seraient juste venus pour chasser les ennemis, pas pour violer,” a-t-il dit.


De retour à Bangui, nous nous arrêtons pour parler à Bonaventure, assise pour se reposer à l’ombre d’un arbre, alors que des filles vendant des bananes, mangues et des cartes de recharge pour portables passent lentement dans la chaleur du jour.

“Si la CPI fait son travail, Patassé doit aussi être jugé. S’il n’est pas arrêté, cela signifie qu’il n’y a pas de justice dans le monde pour les gens comme moi,” nous dit Bonaventure.

Pierre, originaire de Bossangoa, la ville natale de Bozizé, se joint à notre conversation.

“Patassé doit répondre de ce qu’il a fait. Les Banyamulengue ont fait beaucoup de choses, ils ont commis beaucoup de crimes,” a-t-il dit.

“Ils ont dit aux maris de se déshabiller et de sortir et ils leur ont tiré dessus. Patassé a fait venir Bemba ici, alors lui aussi doit répondre devant la CPI.”


Parlant à l’IWPR depuis sa maison au Togo, Patassé a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était “au courant de rien” après avoir été informé que les citoyens de RCA l’accusaient d’avoir invité les hommes de Bemba dans le pays, et de ne pas avoir mis un terme aux atrocités qu’ils ont prétendument commises.

Patassé a déclaré qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.”

Réinterrogé sur cette dernière question, il a répondu, “Posez cette question à l’actuel président. Je répète, ces questions ne me concernent pas.”

“Les plaintes portées par Bozizé à la CPI sont illégales. Ce n’est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c’est à moi qui représentait le gouvernement légal à l’époque.”


Nous partons pour un voyage en car d’une demi-heure vers un autre quartier périphérique de Bangui appelé Combattant, et nous asseyons avec un groupe de femmes du voisinage. Elles parlent d’abord lentement, et il y a de longues pauses dans la conversation.

 Puis elles commencent à nous raconter ce qui leur est arrivé lorsque les hommes de Bemba sont venus à Bangui, laissant la désolation dans leur sillage.


“Quand les Banyamulengue sont arrivés, nous nous sommes enfermées dans nos maisons. Nous avions très peur. Il était difficile de trouver de la nourriture. Ils sont restés ici longtemps, jusqu’à ce que Bozizé arrive au pouvoir. Ils traitaient très mal les gens. Ils tuaient les gens et les jetaient dans la brousse,”
a déclaré une femme.

“Ils ont violé beaucoup de femmes, même des grand-mères Cinq hommes ont violé la même femme. Cette maladie, le sida s’est désormais répandue ici. Patassé les a amenés [les Banyamulengue] ici pour sa sécurité mais nous ne savons pas pourquoi ils nous ont violées.

“Leur arrivée a été soudaine. Si un homme réagissait, ils lui tranchaient la gorge. Puis ils couchaient avec toutes les femmes et en tuaient aussi certaines. S’ils entraient dans la maison et ne trouvaient pas de femmes, ils violaient les hommes.


 
“Certaines femmes furent violées avec des fusils et gravement blessées à l’intérieur. Beaucoup de femmes sont tombées enceintes mais beaucoup d’enfants sont morts et les femmes mouraient juste après l’accouchement.

“Les gens [s’en sont pris à] Patassé en raison du comportement des Banyamulengue.

“Le viol est la pire des choses. Le viol est un moyen d’humilier la population. Les victimes ont déclaré qu’elles voulaient faire passer une pétition à La Haye pour que Patassé y soit transféré. Nous espérons que cela permettra aux gens d’arrêter de violer, sachant qu’ils pourraient être traduits en justice.”


Katy Glassborow est reporter de l’IWPR à La Haye. Le Dr Jan Coebergh, un docteur basé à La Haye qui se spécialise dans l’étude des taux de mortalité dans les situations de conflit, et Mélanie Gouby, reporter basée à Londres, ont contribué à cet article.

Certains des noms reproduits dans cet article ont été modifiés pour des raisons de sécurité.

 

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