Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Centrafrique : les Casques bleus pris en tenaille à l’approche d’un affrontement entre groupes armés à Bambari
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:49
La Cour pénale spéciale suscite beaucoup d'espoir en RCA

 

La Cour pénale spéciale suscite beaucoup d'espoir en RCA

 

http://www.dw.com/

 

L'institution doit juger les auteurs de graves violations des droits humains perpétrés en Centrafrique depuis 2003. La nomination de son procureur, mercredi, est considérée comme un pas vers la paix et la justice.

 

La Cour pénale spéciale qui se met progressivement en place doit juger les violations des droits humains commises dans le pays depuis 2003. Mercredi, une étape de plus a été franchie avec la signature du décret de nomination du procureur spécial en la personne du colonel Toussaint Muntazini Mukimapa, originaire de RDC. A Bangui, ce geste est vu comme une avancée vers la paix et la restauration progressive du système judiciaire centrafricain, affaibli par la récente crise militaro-politique que connaît ce pays.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:43
Le président de la Commission de l’UA veut aider la RCA à sortir de la crise

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 17/02/17 - Le nouveau président de la Commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Mahamat Moussa Faki, a fait part de son souhait de travailler étroitement avec les Nations Unies afin d’accompagner le Gouvernement et le peuple de la République centrafricaine dans sa quête de sortie de crise, rapporte un communiqué de la MINUSCA.

 

Selon le communiqué rendu public à Bangui à l’issue d’une rencontre jeudi à N’Djamena avec le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, le président de la Commission de l’UA a assuré à son interlocuteur de son « entière disponibilité et celle de l’institution qu’il dirigera pour accompagner le Gouvernement et le peuple centrafricains pour une sortie durable de la crise qui affecte leur pays.».

 

Il a ajouté que l’UA ne ménagerait aucun effort pour travailler étroitement avec les Nations Unies, souligne le communiqué non sans relever que Moussa Faki a encouragé le Représentant spécial dans ses efforts en vue de la stabilisation de la RCA.

 

« L’essentiel est de parvenir d’abord à l’arrêt des hostilités, la présence dissuasive des forces internationales est importante, ce n’est pas par la violence qu’on parviendra à une résolution de la crise», a notamment déclaré l’ex ministre tchadien des Affaires étrangères.

 

Il a, sur la même lancée, appelé les acteurs centrafricains à surmonter leurs différences et faire montre de patriotisme pour régler les causes profondes des différences qui les opposent.

 

Le Représentant spécial a félicité le diplomate tchadien pour sa brillante élection et émis « l’espoir de voir le continent bénéficier de ses immenses qualités humaines et professionnelles et de sa grande connaissance de l’Afrique pour faire avancer la cause de la paix sur le continent africain et en particulier en RCA », a indiqué le communiqué.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:40
RCA: « Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix » Parfait Onanga

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Par Pierre Pinto RFI vendredi 17 février 2017

 

En Centrafrique, la guerre fait rage depuis plus de trois mois dans le centre-est du pays entre factions issues de l'ex-Seleka. La «coalition» FPRC-MPC menée par Nourreddine Adam veut prendre Bambari, 2e ville du pays, où l'UPC d'Ali Darass a son quartier général. Pour l'instant, la Minusca empêche la progression des éléments de la coalition qui ne renonce toutefois pas à son objectif. Les médiations se sont multipliées ces derniers temps, notamment sous l'égide de l'Union africaine, pour tenter (en vain) d'obtenir un cessez le feu, et de pousser les groupes armés à reprendre les discussions sur le DDR, le désarmement. Parfait Onanga Anyanga est le patron de la Minusca, l'opération de maintien de la paix des Nations unies en RCA. Il est l'invité de RFI.

 

RFI : La ville de Bambari peut-elle tomber aux mains du FPRC-MPC ?

 

Parfait Onanga Anyanga : Non, pas tant que les forces opérationnelles seront présentes. Les forces de la coalition ont avancé, nous sommes aujourd’hui, disons, sur le même terrain. La Minusca fait face aux éléments de la coalition. Notre souhait évidemment est d’éviter tout engagement militaire. L’usage de la force n’est que vraiment en dernier recours. Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix vaut mieux que tout autre.

 

En empêchant la coalition de prendre la ville, est-ce que vous n’aidez pas d’une certaine manière l’UPC ?

 

Non, non… Il faut comprendre la raison pour laquelle la Minusca a dû demander aux belligérants, aussi bien aux éléments de la coalition qu’à l’UPC, d’éviter qu’il y ait un embrasement, qu’il y ait une guerre à Bambari. Ce pays a trop souffert. Le sang n’arrête pas de couler. Nous avons dit qu’au moment où le pays commençait à renouer justement avec l’ordre constitutionnel, que les efforts de paix louables sont en cours, il n’était pas question qu’on puisse rester impuissant à l’avancée des forces qui voulaient se donner Bambari comme champ de bataille. Et donc c’est la raison pour laquelle nous avons dit non aux deux camps. Pour l’instant, les forces de l’UPC sont présentes à Bambari, mais non pour y faire la guerre. Donc nous disons que Bambari ne doit pas tomber – pas seulement que Bambari ne doit pas tomber – que Bambari ne devrait jamais être un champ de bataille parce que ceux qui en paieront le prix, encore une fois ce seront les populations civiles.

 

Est-ce qu’Ali Darass doit quitter Bambari ?

 

Cela est une demande que nous avons entendue. Je crois que pour la sérénité des populations civiles centrafricaines Bambari ne devrait jamais être sous la coupe de groupes armés, quels qu’ils soient.

 

Un certain nombre de médiations internationales ont été engagées. Est-ce que vous avez l’impression que le message passe auprès des groupes armés ?

 

Je crois. Moi, j’ai bon espoir. Nous sommes au contact, nous parlons aux uns et aux autres et partout j’ai entendu une volonté d’aller au dialogue, de trouver des solutions. Evidemment, chacun ne met pas dans l’issue de ces consultations la même chose, mais ce qui est important c’est qu’il semble y avoir un vrai désir d’aller à la paix et c’est bien pour cela que les Nations unies vont s’associer à cet effort.

 

Le programme DDR reste une priorité ?

 

Absolument ! Il faut tout faire pour réduire le niveau d’armement dans le pays, surtout les armes qui sont dans des mains qui n’en ont pas le droit. Malgré les difficultés, on est dans un Etat de droit. Donc la légitimité de la force doit résider avec l’Etat et donc nous allons poursuivre autour du gouvernement cet effort pour que le programme du DDR avance.

 

Mais comment faire pour amener à la table des discussions des groupes armés qui refusent toujours le DDR – le FPRC notamment – sans tomber dans les systèmes déjà expérimentés et qui ne fonctionnent pas ?

 

Cela va être un défi pour les Centrafricains. J’ai sous les yeux un texte du FRPC dans lequel il déclare accepter d’observer le programme politique et le plan de sortie de crise amorcé par les autorités nationales et la communauté internationale. Cet engagement me paraît clair et donc il faut donner une chance à ce dialogue. Je crois comprendre également que le président de la République lui-même n’a pas de vue dogmatique sur l’issue de ce dialogue, pourvu qu’il reflète évidemment les attentes des Centrafricains qu’ils ont exprimées lors du forum de Bangui.

 

Mais comment discuter d’un éventuel cessez-le-feu avec des groupes armés qui se battent toujours sur le terrain ?

 

C’est un problème. Ces appels ont été lancés par la CEEAC, par l’Union africaine. Mon ami et frère Mohamed Hassan Lebat disait bien hier que toute poursuite d’hostilité ressemblerait à un sabotage des efforts de paix. C’est un message qui est lancé aux groupes armés. Je crois qu’il a entendu. Au moment où je vous parle, il y a une baisse de tension appréciable. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aller plus loin. C’est un défi qui est lancé à ces groupes armés. Le pays ne pourra pas se construire s’il ne donne pas une chance à la paix. Nous sur le terrain, évidemment, nous avons le mandat de poursuive nos efforts. Nous ne pensons pas que la force soit une solution aux problèmes de fond. Il faut aller aux racines du problème centrafricain qui sont profondes. Mais la force sera nécessaire toutes les fois où ceux qui auront été invités autour de la table choisiront de poursuivre des œuvres funestes, à ce moment-là la communauté internationale et nationale se mettront ensemble pour que le droit que cette force-là s’exprime. Mais pour l’instant, je crois qu’il faut garder le dialogue comme une option forte. Il n’a pas encore eu lieu d’une manière satisfaisante, donc espérons que ces appels au dialogue ont été entendus et surtout ces appels à une cessation immédiate des hostilités.

 

Est-ce que vous ne craignez pas que la paix finalement se fasse au détriment de la justice ? C’est-à-dire que les chefs de guerre obtiennent une amnistie en échange de la paix.

 

Il y a toujours un risque, mais qu’il faut prendre. Il faut prendre le risque d’aller dialoguer. Je fais confiance à la sagesse des Centrafricains. Il y a d’autres expériences à travers le monde où aujourd’hui des criminels eux-mêmes, les bourreaux d’hier, reconnaissent le mal qu’ils ont commis à leur société. Ce n’est jamais une négociation facile entre la paix et la justice, mais je crois qu’on peut atteindre les deux d’une manière qui soit équilibrée, pour que le pays tire une ligne pour refuser de faire de l’impunité la recette de sortie de crise. Ce n’est pas facile. Mais dès que les Centrafricains auront accepté de se parler, ils iront puiser au fond d’eux-mêmes les ressorts pour se donner une chance de rebâtir le contrat social centrafricain. Il faut le faire autour des autorités centrafricaines, il faut renforcer leur légitimité et aller vers un dialogue qui permettra à la Centrafrique de sortir une fois pour toutes de ces crises à répétition.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 01:06
Le prix Mundo Negro arrive au pays

 

Le prix Mundo Negro arrive au pays

 

http://www.pcrc-rca.org/   16/02/2017 – Bangui

 

Selon l'Imam Oumar Kobine Layama, ce prix est décerné en récompense du travail que la PCRC effectue en République Centrafricaine. C'est pour encourager les Centrafricains à rebâtir leur fraternité et reconstruire leur pays dans la paix. « La République Centrafricaine a été honorée par ce prix qui donne un exemple pour tant d'autres leaders religieux ». Dans le cadre de la cohésion sociale, L'Imam Oumar Kobine poursuit que ce prix est un encouragement pour tous les Centrafricains qui sont impliqués dans la cohésion sociale afin que cela devienne une réalité et que la RCA redevienne la Suisse Africaine.

 

« Si le monde témoigne du travail que font les leaders religieux de la République Centrafricaine et s'inspire de ses expériences, ceux-ci pensent que l'avenir du monde va se reposer sur l'expérience centrafricaine pour que les leaders religieux des autres nations puissent s'impliquer pleinement dans les activités du retour de la paix et la cohésion sociale dans le monde ». Il met en exergue le parrainage de la mise en place des plateformes religieuses dans certains pays par la PCRC. « Les leaders religieux d'Espagne ont pris l'engagement de mettre en place une plateforme des confessions religieuses dans la ville de Grenade en Espagne, c'est le même cas au Pays Bas, aux Etats Unis d'Amérique et un peu partout où nous sommes parrains de la création des Plateformes des Leaders Religieux ». L'Imam Omar Kobine Layama exhorte les Centrafricains à profiter de cette expérience et de l'estime que le monde a pour la PCRC.

 

« Si les gens nous jettent des fleurs et reconnaissent en nous la capacité de ramener les consciences et rassembler les Centrafricains, c'est un exemple dont nous (Centrafricains) devons tous en profiter ». Il a profité de l'occasion pour lancer un appel à tous ceux qui détiennent les armes par devers eux et qui pensent que c'est par les armes que l'on accède à la victoire, que la victoire ne demeure que dans la parole de Dieu. « Les armes ne peuvent jamais amener la paix. Qui tue par les armes, mourra par les armes. Ce que vous faites à l'autre on vous le ferra demain. Il faut construire la paix pour que d'ici demain à notre tour, les autres nous fassent la paix dans nos quartiers partout où nous sommes ».

 

C'était sur invitation de la revue Comboniene Mundo Negro (Monde noir, revue qui fait la promotion de l'Afrique) que leurs Eminences Imam Oumar Kobine Layama et Dieudonné Cardinal Nzapalainga deux leaders de la PCRC, étaient partis en Espagne pour recevoir le PRIX DE LA PAIX ET DE LA FRATERNITE décerné à la PCRC. La revue Mundo Negro est une œuvre de la Congrégation des Missionnaires Comboniens.

 

Avec Mundo Negro, la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique est à son 7e prix, après le PRIX COMMON GROUND en 2014, SERGIO VIEIRA DE MELLO en 2015, AL IMAM AL HASAN BIN ALI PEACE en 2016.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 00:45
Centrafrique : la France préoccupée par les affrontements entre groupes armés

 

 

 

http://adiac-congo.com/ Jeudi 16 Février 2017 - 12:00

 

Au nom de la France, Olivier Gauvin appelle les groupes armés centrafricains à rentrer dans les rangs et à cesser les violences. Les fauteurs de troubles seront poursuivis.

 

Lors du point de presse, le sous-directeur de la presse du Quai d’Orsay, Olivier Gauvin, a déclaré : « la France est préoccupée par la poursuite des affrontements entre groupes armés dans la région d'Ippy et de Bambari. Elle condamne fermement ces violences et appelle l'ensemble des groupes armés à cesser les hostilités et à rejoindre le processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) conduit par les autorités centrafricaines. Tous les responsables de violences et de violations des droits humains devront en répondre devant la justice ».

 

Ajoutant : « La France réitère son plein soutien au président Faustin Archange Touadéra et aux autorités centrafricaines en vue du rétablissement de la sécurité et de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire. La France renouvelle également son appui à l'action menée par l'opération des Nations unies (MINUSCA) et l'encourage à poursuivre la mise en œuvre robuste de son mandat, afin d'assurer la protection des populations civiles. La France soutient pleinement la mission de l'Union européenne EUTM-RCA, à laquelle participent des militaires français, dans son travail de restructuration et de formation des forces armées centrafricaines ».

 

Depuis le retrait des troupes françaises engagées depuis trois ans en Centrafrique dans le cadre de l’opération Sangaris, la situation est restée instable. Les troubles persistent dans le pays. Le processus de réconciliation intercommunautaire rêvé n’a pas tenu ses promesses. La mise en œuvre d’un outil de formation de la nouvelle armée centrafricaine et le déploiement de la mission des Nations unies « pour garantir la sécurité sur le moyen terme » promise ne se ressent pas dans le pays. La spirale de violences entre les rebelles pro-Séléka et les milices anti-balaka persiste. Un habitant sur dix est déplacé. Le désarmement reste une belle promesse ; les groupes armés continuent de menacer les populations.

 

Le désengagement des troupes françaises se serait fait trop d’après les Centrafricains artisans de la paix. La paix est aujourd’hui dans une nouvelle impasse, même s’il a réussi à élire un président. Celui-ci se retrouve à la tête d’un Etat sans armée, ni vraie autorité, sous la tutelle de fait des Nations unies et sous la menace de certains de ses compatriotes, consanguins extrémistes, appartenant à des groupes armés adeptes de la violence.

 

Il ne se passe pas une semaine en Centrafrique sans représailles, sans perte de vie humaine à cause des incidents entre rebelles musulmans et milices chrétiennes. A cela s’ajoutent la famine, la maladie, les exactions, les défiances. Les missions de bons offices, les prières, les moyens mobilisés n’ont pas suffi. Des fléaux s’installent tels que l’insécurité alimentaire, des incertitudes sur la poursuite de la scolarité dans certaines régions, des inondations, des épidémies de choléra…

 

Noël Ndong

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:41
Lu pour vous : Centrafrique : les crimes impunis risquent de se répéter
Lu pour vous : Centrafrique : les crimes impunis risquent de se répéter
Lu pour vous : Centrafrique : les crimes impunis risquent de se répéter

 

Centrafrique : les crimes impunis risquent de se répéter

 

http://www.jeuneafrique.com/  16 février 2017 à 11h49  par Balkissa Idé Siddo  chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty International

 

Ce 15 février 2017, le ministre centrafricain de la Justice a annoncé la nomination de Toussaint Muntazini Mukimapa de la République démocratique du Congo (RDC) comme Procureur de la Cour Pénale Spéciale (CPS).

 

Ceci marque un pas important vers la concrétisation de cette cour hybride et vers la réalisation des attentes du peuple centrafricain de voir enfin jugés les suspects présumés auteurs des crimes de droit international commis pendant la crise de 2013.

 

« J’ai perdu confiance dans la justice de mon pays. Et je ne pense pas qu’un jour ceux qui ont tué mon bébé puissent être jugés », dit Sandrine.

 

Ces mots résonnent encore dans ma tête quatre mois après ma rencontre avec Sandrine dans le cadre d’une mission de recherche sur les crimes commis pendant la crise que traverse leur pays depuis 2013.

 

Je la revois encore dans sa modeste robe en wax, tenant dans ses mains menues les quelques faibles éléments de preuve dont elle dispose et qui attestent de la tragédie dont elle a été à la fois témoin et victime.

 

Amina, quant à elle, a relaté les difficultés auxquelles elle a été confrontée lorsqu’elle a tenté d’engager une procédure judiciaire au tribunal de grande instance de Bangui, sur le viol dont elle et sa petite fille Aicha ont été victimes pendant le même conflit. Et suite auquel Aicha a contracté le VIH et est tombée enceinte.

 

Sandrine et Amina, à l’instar des dizaines de personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenues en juin et octobre de l’année dernière, avaient exprimé des réserves, voire des doutes sur les capacités de la justice nationale, en l’état actuel, à rendre justice.

 

De même, des inquiétudes existent quant à la mise en place de la Cour pénale spéciale (CPS) qui comblera les lacunes du système judiciaire national miné entre autres par l’insécurité, la perte de confiance de la population en la justice, l’absence d’institutions judiciaires fonctionnelles sur toute l’étendue du territoire, le manque de personnel juridique compètent et la faiblesse du système pénitentiaire.

 

Nul n’est au-dessus de la loi et tous les auteurs présumés de crimes, quels que soient leur bord, leur position actuelle, doivent répondre de leurs actes

 

Mardi 14 février, lors d’un atelier de restitution et de réflexion qu’Amnesty International a organisé à la suite de la publication du rapport « République centrafricaine. Le long chemin vers la justice. L’obligation de rendre des comptes », les acteurs de la société civile partageaient l’avis de Sandrine et Amina en affirmant que « nul n’est au-dessus de la loi et tous les auteurs présumés de crimes, quels que soient leur bord, leur position actuelle, doivent répondre de leurs actes. » Ils ont également exprimé leurs désirs de voir la CPS devenir rapidement opérationnelle.

 

Mais aujourd’hui, l’annonce par le ministre Centrafricain de la Justice de la nomination de Toussaint Muntazini Mukimapa de la RDC comme Procureur spécial de la CPS constitue un grand pas vers l’opérationnalisation de ce tribunal hybride qui doit avoir des magistrats et personnels internationaux et nationaux et juger les cas de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, de génocide et d’autres violations graves des droits humains.

 

Depuis sa création en juin 2015, cette Cour a suscité beaucoup d’espoir au sein de la population et de la société civile centrafricaine. La nomination de Muntazini et l’information sur sa probable prise de fonction au mois d’avril prochain, les avancées notées dans le recrutement des magistrats nationaux et internationaux, le démarrage des sessions de sensibilisation de la société civile et la planification de la rédaction des règlements de procédure et de preuve, sont des actions à encourager qui redynamiseront probablement les attentes des populations sur la CPS.

 

En attendant l’opérationnalisation effective de la CPS, il ne faut pas oublier les actes déjà posés pour relever les défis d’une justice équitable dans un contexte où l’impunité continue de contribuer à l’insécurité en RCA.

 

En effet, il y a plus de 20 mois, le Forum de Bangui a été organisé, et l’ensemble du peuple centrafricain a été unanime à faire valoir son adhésion « au principe du dialogue et de la réconciliation, mais pose comme condition première la justice et la réparation des dommages subis » pour y parvenir.

 

À cela s’ajoute le démarrage en 2014 des enquêtes de la CPI sur les crimes commis pendant la crise récente ; et l’élection du président Faustin Archange Touadera qui, à maintes reprises et plus récemment lors de la rencontre des bailleurs en novembre 2016, avait affirmé que la « réconciliation ne pourra se faire au prix de l’impunité ».

 

À présent que le Procureur spécial a été nommé, il est important que d’autres avancées soient faites telles que la mise en place d’une équipe compétente, la finalisation des règlements de procédure et de preuve, la prise en charge de la question relative à la protection des témoins et victimes et la stratégie de communication avec la société civile et la population.

 

En outre, la communauté internationale, comme l’a mentionné le ministre de la Justice Flavien Mbata qu’une équipe d’Amnesty International a rencontré ce 15 février, doit se mobiliser pour transformer en actions réelles les promesses faites à Bruxelles en novembre 2016 et assurer un financement durable à la CPS.

 

La RCA et la communauté internationale ont l’opportunité de réaffirmer leur volonté de lutter contre l’impunité et répondre aux attentes de Sandrine, Amina et du peuple Centrafricain. En cela, le ministre de la Justice a été formel en indiquant que la paix et la justice sont deux notions complémentaires : « Si les crimes commis par le passé sont tolérés, ils risquent de se répéter à l’avenir. L’amnistie n’a jamais rien réglé», avait-il dit à Amnesty International.

 

Balkissa Idé Siddo

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:08
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : L’étau se resserre autour de Ali Daras, chef de l’UPC

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 16 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 16 février 2017 (RJDH)—La pression sur Ali Darass, chef militaire de l’UPC est de plus en plus pressante. Le départ de Bambari de ce chef militaire, principales cible des autres tendances de la Séléka, serait en discussion depuis le week-end dernier.

 

Le retrait de Ali Darass de Bambari, selon des sources généralement bien informées, aurait été réclamée par la Minusca. Le sort du chef de l’UPC, selon le patron d’une ONG humanitaire à Bambari serait incertain. Cette source anonyme a rapporté qu’« il a été demandé à Ali Darass de quitter la ville afin d’éviter que la bataille touche Bambari où résident nombreux citoyens ». L’humanitaire dit ignoré la position du chef de l’UPC mais, « la tension est réelle ».

 

Des regroupements des agents humanitaires sont signalés depuis mercredi 15 février hors de Bambari. Il s’agirait, d’après des sources concordantes, des mesures des dispositions relatives à la pression exercée sur Ali Darass. Sur cette mesure préventive, une source proche de la Minusca de Bambari a indiqué que «la pression sur ce chef militaire qui dispose de nombreux hommes armés, peut dégénérer. C’est pourquoi, les humanitaires sont obligés de prendre des mesures de précaution ».

 

Un proche de Ali Darass a confirmé qu’il y a une discussion avec la Minusca. Pour lui, mais il s’agit de discussions habituelles qui ne concerne pas le retrait de Ali Darass retrait. « Ce n’est pas aujourd’hui que l’UPC discute avec la Minusca. Ce sont des partenaires avec qui nous échangeons sur la situation de Bambari. Nos contacts ne portent pas sur le retrait de l’UPC de Bambari », confie ce proche de Ali Darass.

 

La ville de Bambari, au centre du pays est sous tension depuis qu’une colonne de la coalition FPRC-MPC avait tenté samedi de franchir la ligne rouge tracée par la Minusca à quelques kilomètres de Ippy. La pression faite sur Ali Darass pourrait être une réponse de la mission onusienne à la frappe contre la position de la coalition ennemie à l’UPC de Ali Darass.

 

 

Centrafrique : 20 000 déplacés par les combats opposant l’UPC et le FPRC vers Bambari

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 16 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 16 février 2017(RJDH) — Les affrontements fratricides entre le FPRC et l’UPC le samedi dernier ont occasionné un déplacement de 20.000 personnes qui se sont réfugiées soit dans la brousse et à Bambari. Bilan fait par la Minusca et le Gouvernement centrafricain le 15 février 2017 à Bangui lors de la conférence de presse conjointe.

 

Difficile de connaitre les camps où sont réfugiés ces habitants qui ont fui les violents combats entre l’UPC et le FPRC le samedi dernier dont l’effectif selon les porte-paroles de la Minusca et du Gouvernement varie entre 20 000 et 30 000. A cela s’ajoute plusieurs victimes.

 

Une guerre qui d’après Vladimir Monteiro, « augmenterait la souffrance des populations civiles innocentes et qui entraverait le travail des humanitaires et constituerait un obstacle à la restauration de l’autorité de l’Etat ». Il a appelé les groupes armés sur le territoire centrafricain à mettre fin aux affrontements et exactions contre la population civile.

 

Quant au porte-parole du Gouvernement, le Ministre Théodore Jousso, « ces personnes vulnérables seront assistées progressivement après leur recensement ». Il a aussi indiqué qu’à partir des témoignages recueillis, « les déplacés avoisinent 20 000 à 30 000 entre Bria, Yppi et Bambari. Bien attendu, il y a des pertes en vies humaines et matérielles », a-t-déclaré sans précision.

 

Depuis samedi, des personnes qui se sont réfugiées à Ippy ont commencé à se rendre à Bambari, Chef-lieu de la Préfecture de la Ouaka. Le porte-parole de la Minusca a indiqué que « l’exode se poursuit à cause de ces exactions ».

 

C’est depuis fin 2016 que les factions rebelles de la Séléka, alliées hier, se déchirent en quête des sites miniers et en conflit d’autorité.

 

 

Centrafrique : Les militaires et gendarmes retraités réclament le paiement de 5 mois d’arriérés de salaire

0

PAR JUDICAEL YONGO LE 16 FÉVRIER 2017

 

16 février 2017(RJDH) —-Les retraités militaires et gendarmes de 2005-2006 ont réclamé du gouvernement le paiement de 5 mois d’arriérés de salaire. Aimé Pendali, délégué de ces retraités a indiqué que plusieurs démarches menées demeurent vaines. Il a interpellé le gouvernement sur cette affaire.

 

Ils sont 33 militaires et gendarmes retraités qui ont accumulé 10 mois d’arriérés de salaire entre 2005 et 2006 dont 5 mois ont été déjà versés grâce au financement de l’Union Européenne en Centrafrique.

 

Pour que ces anciens soldats entrent en possession de leurs droits, ils ont mené plusieurs démarches a rappelé Aimé Pendali, leur délégué qui a regretté que « toutes les correspondances émises aux autorités pour nous satisfaire demeurent jusqu’alors sans suite ».

 

« Les militaires retraités étaient 33 et nous avons enregistré 7 cas de décès déjà. Nous demandons les autorités en charge du dossier des explications », a-t-il réclamé.

 

Le montant de reliquat des 5 mois d’arriérés de salaire s’élève à 27. 000. 570 Francs CFA. Contactées par le RJDH, les autorités en charge du dossier ont observé un silence sur cette affaire.

 

 

Centrafrique : Des enfants associés aux groupes armés en démobilisation dans l’Ouham

0

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 16 FÉVRIER 2017

 

BOSSANGOA, 16 Février 2017 (RJDH)—La directrice de l’Association des Femmes Rurales de Batangafo pour le Développement (AFRB) à enregistré de décembre 2015 à juillet 2016, environ 4000 enfants associés aux groupes armés dans les sous-préfectures de Batangafo et de Paoua. Ces enfants ont bénéficiés des initiations aux activités génératrices de revenu, afin de leur insertion dans la société.

 

Environ 4000 enfants associés aux groupes armés ont été démobilisés, dont 1700 à Batangafo et 2500 Paoua et encadrés par l’association des femmes rurales de la ville de Batangafo.

 

La présidente de l’AFRBD a relevé que « l’association a travaillé de juillet à décembre 2016 auprès d’environ 4000 enfants enrôlés de force dans les groupes armés (EFGA). Avec l’appui de l’Unicef et l’Espace Amis des Enfants, nous avons enregistré 1700 enfants à Batangafo et 2500 dans la Sous-préfecture de Paoua », a précisé la présidente qui a ajouté qu’ « ils ont été orientés vers les services psycho-sociaux ».

 

Pour leur réinsertion sociale, ces anciens enfants-soldats ont reçu des formations sur les petits métiers, a déclaré Rachel Ningaong Malot, « nous les occupons par des initiations aux activités génératrices de revenu dans plusieurs domaines. L’objectif visé c’est la réinsertion de ces enfants dans la vie communautaire. Ils sont relocalisés avec l’appui de l’Unicef, afin d’éviter leur retour dans les groupes armés. Nous avons eu à travailler parmi les mineurs dans les sous-préfectures de Batangafo, de Paoua, de Ngaoundaye, Koui, Markounda », a-t-elle précisé.

 

La responsable de l’AFRBD a déploré que certains groupes sont hostiles aux retrait des enfants de leur mouvement armé, parce qu’ « ils sont utilisés comme des enfants de course, des esclaves sexuels. Nous avons profité de la faveur de certains d’entre eux pour effectuer la démobilisation. Nous voulons réduire l’effectif pléthorique des enfants amenés de force dans les groupes armés ».

 

Cette association note que les enfants continuent à être démobilisés dans les rangs des groupes armés en Centrafrique.

 

Selon les données officielles, entre 6000 à 10000 enfants sont toujours enrôlés dans les groupes armés.

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 17:50
Idriss Deby reçoit en audience Parfait Onanga Anyanga

 

 

NOTE DE PRESSE

 

LE REPRESENTANT SPECIAL ET CHEF DE LA MINUSCA RECU PAR LE PRESIDENT TCHADIEN

 

Bangui, 16 février 2017 – Dans le cadre de ses efforts pour une sortie de crise en République centrafricaine, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, a été reçu jeudi à N’Djaména par le Président tchadien, Idriss Deby Itno.


 

A sa sortie d’audience, le Représentant spécial a déclaré que compte tenu des liens historiques qui lient le Tchad et la RCA ainsi que le rôle joué par le Chef d’Etat tchadien dans la sous-région, l’appui du Président Deby Itno est indispensable dans le recherche de solution à la crise. “Le Président encourage la poursuite des efforts déjà entrepris en vue de ramener la paix et la stabilité. Des progrès considérables ont déjà été réalisés en RCA. Des élections ont été organisées, des institutions nouvelles ont été mises en place mais tous les problèmes n’ont pas été réglés”, explique Onanga-Anyanga.

 

Lors de l’entretien a N’Djamena, le Représentant spécial a annoncé l’appui des Nations Unies et en particulier de la MINUSCA à l’initiative de l’Union africaine (UA) pour un accord de paix et de réconciliation entre le Gouvernement et les groupes armés. “Nous serons aux côtés de la CEEAC et de l’UA pour porter cette initiative”, indique Onanga-Anyanga.

 

La rencontre entre le Président tchadien et le Chef de la MINUSCA s’inscrit dans les efforts de la communauté internationale pour résoudre la crise en RCA et en particulier pour parvenir à une cessation totale des hostilités entre la coalition dirigée par le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) et le Mouvement pour l’unité et la paix en Centrafrique (UPC) dans les environs de Bambari, préfecture de la Ouaka (centre).

 

Le Représentant spécial réitère son appel à tous les acteurs nationaux, régionaux et internationaux susceptibles de faciliter le retour de la paix en RCA à redoubler d’efforts afin que triomphe la paix et la stabilité, la réconciliation nationale et le respect de la légitimité constitutionnelle en RCA.

 

______________________________________________________________________________

 

Bureau de la Communication et de l'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

 

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

 

 

Idriss Deby reçoit en audience Parfait Onanga Anyanga

 

Par présidence - 16/02/2017

 

La recrudescence de la tension en RCA était au cœur des échanges entre le chef de l'Etat tchadien et le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RCA, par ailleurs Chef de la MINUSCA

 

Le président de la République Idriss Deby Itno a accordé ce jeudi 16 février 2017, une audience au Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RCA et Chef de la mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine, Parfait Onanga Anyanga. La recrudescence de la tension en RCA a constitué le point de mire des discussions.



Préoccupé par le regain de tensions en Centrafrique, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres a dépêché à N’Djaména son Représentant spécial en RCA auprès du président tchadien.



Le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RCA et Chef de la mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (Minusca), Parfait Onanga Anyanga a fait, au cours des entretiens qui ont duré une heure, un compte rendu détaillé du dernier développement de la situation au quartier Pk5 à Bangui à Ouaka, dans le centre-est de la RCA et Bambari.

 

Parfait Onanga Anyanga a également expliqué au Chef de l’Etat tchadien les démarches de son institution pour venir à bout du chaudron centrafricain. Pour le Idriss Deby Itno, seul le dialogue réunissant autour d’une même table les frères ennemis centrafricains est à même de ramener la paix et la stabilité dans ce pays frère et limitrophe.



Idriss Deby Itno a encouragé le diplomate onusien dans sa mission tout en l’assurant de son soutien au pays de Barthélémy Boganda. Aussitôt après l’audience présidentielle, la délégation onusienne conduite par Parfait Onanga Anyanga a repris son avion pour rejoindre Bangui.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 13:01
Le député Martin ZIGUELE s'exprime sur les problèmes d'insécurité dans le pays

 

 

 

INTERVIEW DANS LE JOURNAL L'HIRONDELLE N°3955 DU JEUDI 16 FÉVRIER 2017

 


L’Hirondelle (LHRD) : Honorable Matin Ziguélé, bonjour ! En votre qualité de Député de Bocaranga 3, la Rédaction de L’hirondelle aimerait bien vous accorder la parole en ce qui concerne votre circonscription. Mais avant tout, on aimerait faire un tour de l’actualité avec vous – actualité qui est marquée aujourd’hui par l’intervention conjointe de la Minusca et les forces de sécurité intérieurs au Km5 ayant abouti à la neutralisation de ceux qui s’opposent à la paix et ainsi à la satisfaction générale des Centrafricains. Malheureusement, les représailles qui en ont suivi ont été à l’origine du départ à nouveau des populations sur les sites des déplacés. Quelle en est votre lecture ?


Martin Ziguélé (MZ) : Bonjour Monsieur le Journaliste ! Je vous remercie pour cette importante question relative à la sécurité que vous me posez. Vous avez également parlé des représailles et des victimes, je voudrais saisir cette occasion pour m’incliner devant la mémoire des victimes et dire toute ma compassion à ceux qui sont blessés, ceux qui ont perdu leurs biens et à toutes les victimes innocentes de cette situation que personne n’a souhaité. Quand j’étais Premier ministre, Jean Paul Sankagui était mon Conseiller en communication jusqu’en 2003 quand on a été évincé. Malheureusement, ces événements lui ont été fatals.


Je voudrais dire plus généralement que ces événements nous rappellent plus que jamais que nous sommes dans une situation d’insécurité grave et que tous les efforts doivent être faits de manière intelligente et efficace pour que le monopole de violence revienne à l’Etat. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’un fait anodin, il s’agit de la primauté de l’Etat qui doit imposer son impérium sur le plan sécuritaire dans toute la République centrafricaine. Le problème que nous vivons commence à lasser tout le monde, que ce soit nous les Centrafricains qui ne croyons pas à la violence ou les amis qui viennent d’ailleurs pour nous aider. Tout le monde commence à s’interroger si nous voulons réellement la paix. C’est pour cela que j’encourage tous ceux qui travaillent pour la restauration de l’autorité de l’Etat, pour la restauration de l’autorité s'imposant à tous, pour la réconciliation véritable et pour la cohésion sociale à aller de l’avant malgré cette situation déplorable.

 

LHRD : Lorsque vous dites que le monopole de violence doit revenir à l’Etat, dans la Ouaka, ce sont des factions rivales des groupes armés qui s’affrontent. Il y en a d’autres qui s’adjugent la mission libératrice de la population en vertu de laquelle elles se combattent. Qu’en dites-vous ?


MZ : Je crois qu’il faut revenir à l’essentiel. Quand on parle de la Ouaka, la Kemo, la Nana Gribizi, de la Basse-Kotto, du Mbomou, etc. ce sont des préfectures que j’ai personnellement sillonnées par route, village par village, en 2007, en 2008, en 2009 et en 2010 et pendant les dernières élections. Ce qui est en train de se passer dans ces contrées de notre pays est tout simplement inadmissible parce que, tout comme pour Bangui, les premières victimes, ce sont d’abord les populations qui ne savent à quel saint se vouer. On ne peut pas faire le bonheur de quelque contre lui-même, en le mettant en insécurité ou on en lui ôtant la vie.


La priorité numéro 1 de tous les Centrafricains qu’ils expriment de toutes les manières possibles, c’est la paix et la sécurité. Ceux qui aujourd’hui ont l’effectivité de la force militaire, c’est-à-dire la Minusca doivent tout mettre en œuvre pour que non seulement ces combats cessent mais aussi que ces mêmes groups armés qui s’étaient inscrits dans le processus du DDRR respectent leur signature. C’est le minimum qu’on puisse leur exiger parce qu’aujourd’hui, nous sommes en présence d’une guerre ouverte et on ne sait pas jusqu’où cela va mener. Une personne qui est décédée aujourd’hui, un bien détruit, des écoles détruites… c’est quelque chose qui est définitivement perdue. C’est pourquoi force doit toujours revenir à la Loi.


La réalité c’est qu’au niveau de Bangui, nous ne savons pas ce qui arrive à nos concitoyens dans l’arrière-pays. Nous risquons un jour de nous réveiller devant une véritable hécatombe.

 

LHRD : L’actualité, c’est aussi l’embargo que les armes à destination de la République centrafricaine qui est à nouveau prolongé jusqu’en janvier 2018. Ce qui est vécu comme un choc au niveau de la population et de l’autre côté, une appréciation assez mitigée. Comment appréciez-vous ce prolongement ?


MZ : Je pense que le devoir d’un homme politique c’est d’être lucide et de tenir un discours de vérité au peuple. Il faut que les Centrafricains sachent que la question de l’embargo, c’est comme une procédure judiciaire devant le tribunal. Vous êtes accusé et on vous prive d’un certain nombre de vos droits. Dès ce moment, il faut réunir les éléments qui prouvent le contraire pour que la sentence soit revue. J’invite donc chaque Centrafricain quel que soit son niveau de responsabilité à étudier le dossier de l’ensemble des faits qui nous sont reprochés, de réunir tous les éléments qui peuvent nous permettre de négocier sereinement la levée de cet embargo.


C’est une question qui touche à la vie de notre pays. Et, je ne m’inscris pas dans la démarche qui consiste à rejeter la responsabilité sur Pierre ou sur Paul. Nous sommes devant une situation et nous sommes en face d’un peuple qui est rituellement massacré. L’urgence de la situation nous impose de regarder de manière sérieuse, sereine et lucide ce qui pourra nous permettre de négocier la levée de l’embargo.


Nous savons qu’à chaque fois que les Nations unies se déploient dans un pays, c’était le cas à RD. Congo, au Soudan, en Côte d'Ivoire et ailleurs, cela s’accompagne toujours des restrictions sur le mouvement des armes. Mais comment dans ces pays les autorités, les citoyens et les personnalités en charge des ces questions ont pu faire pour obtenir la levée de l’embargo ? Il faut qu’on sache cela, en se documentant, en s’organisant politiquement, juridiquement pour défendre notre cas devant le Conseil de sécurité. Et plutôt on le fera, mieux cela vaudra pour notre pays. Donc il ne s’agit pas d’ouvrir des polémiques ou de bagarres théoriques improductives face à la détresse et à l’urgence.

 

LHRD : Revenant à notre sujet premier, Honorable, vous étiez membre d’une délégation des Parlementaires élus de l’Ouham-Pendé à effectuer une mission de bons offices dans la localité pour vous enquérir évidement de ce qui advient dans cette partie du pays, surtout que la population est en situation d’insécurité aggravée. Seulement après cette mission, on constate que la tension n’a pas baissé et la population continue de mourir ou de partir en exode. N’y avait-il pas eu des engagements ou les Elus n’ont-ils pas rempli leur part du contrat et qu’il y ait encore des vies humaines à déplorer ?


MZ : Je dois préciser que cette mission a été décidée à l’initiative des Députés de l’Ouahm-Pendé et d’une partie de la Nana Mambéré. Nous avons demandé au Président de l’Assemblée nationale de nous aider à effectuer cette mission, ce qu’il a fait en nous mettant en contact avec la Minusca qui nous a appuyé.


Nous sommes allés dans l’Ouham-Pendé parce que les populations ce cette préfecture sont en détresse. Ce n’est pas de Bangui que nous allons leur téléphoner pour leur demander comment ils se portent ou bien de faire des commentaires creux ici à Bangui. C’est ainsi que nous avons décidé de nous rendre là-bas sur-place et de rencontrer tous les protagonistes, de discuter avec eux. Arrivés à Paoua, nous nous sommes déplacés dans les bases des rebelles du MPC qui sont alliés à la R-J dans les villages Pougol où nous avons discuté jusqu’à la nuit tombée et puis nous avons repris les discussions le lendemain matin à Gouzé. Nous sommes allés ensuite à Bocaranga où nous avons rencontré les autorités locales, les chefs de villages, les notables, etc. Nous avons également discuté avec les Anti-balaka pendant trois heures d’horloge avant de continuer à Koui. Là-bas, nous avons rencontré le Sultan de Koui Yaya Daouda avant de rencontrer Sidiki et son état-major.

 

A chaque fois, nous expliquions que nous ne sommes pas membres de l’Exécutif, et que par conséquent nous n’avons pas de décision à prendre ni de promesses à leur faire. Mais, nous sommes venus les écouter comme Elus locaux qui ne font pas la distinction entre les Centrafricains quelle que soit leur appartenance confessionnelle. Nous voulons savoir pourquoi des populations qui ont longtemps vécu en symbiose commencent à se massacrer, à s’entretuer, à piller les biens des uns les autres. Dans toutes ces rencontres, notre message est de demander aux groupes armés de donner le gage de leur bonne volonté en se retirant des agglomérations et de rester dans leurs base de cantonnement en dehors des populations civiles pour attendre que le gouvernement puisse mettre en œuvre le DDR.

 

Notre constat est que dans toutes ces localités que nous avons sillonnées, il n’y a pratiquement pas d’autorité locale. A Paoua, le Sous-préfet est absent depuis onze mois pour des raisons de santé ; il y a un Commandant de Brigade à la Gendarmerie mais avec très peu d’éléments et très peu d’armement. Au niveau de la Police, il ya un Commissariat de police mais sans Commissaire ni policiers et bien sûr sans aucune arme. A Bocaranga, il n’y a ni Sous-préfet ni Commandant de Brigade ni un Policier. Pire à Koui, il n’y a aucune autorité. L'autre volet de notre démarche est de faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour que les autorités locales, au moins dans les localités où leur sécurité n’est pas directement mise en péril, soient présentes, ne fut-ce qu’à titre dissuasif, pour garder le contact avec la population et d’essayer de sauver ce qui peut être sauvé, car la nature a horreur du vide, dit-on.

 

Nous avons eu des uns et des autres la promesse qu’ils n’utiliseront plus les armes et qu’ils vont se cantonner. La deuxième mission doit être effectuée après le compte rendu que nous avons fait au Président de l'Assemblée nationale avec copie aux autorités et à la Minusca, pour mettre chacun devant ses responsabilités. Nous n’allons pas baisser les bras parce que la situation s’est dégradée, c’est pourquoi notre action de plaidoyer pour la paix doit continuer. Dès que nous aurons construit un consensus autour des taches de la deuxième opération, nous allons nous rendre sur-place. Nous souhaitons que cela soit pour une durée un peu plus longue, le temps d’aller au fond des choses. Dans le cas de Koui et Bocaranga distants de 40 km, les populations vivent ensemble depuis des siècles et se marient entre elles. Mais d’où vient la rupture de confiance ? Il faut identifier cela en allant au fond des choses. Parce que le premier désarmement, c’est le désarmement des cœurs et ensuite les armes peuvent être déposées.

 

Mais notre action doit être accompagnée par des mesures aussi bien administratives par la présence des autorités locales et la présence de la Minusca pour empêcher les groupes armés à attenter à la vie des populations comme nous l’avons vécu récemment.

 

LHRD : Honorable, les groupes armés vous ont certainement fait part de leurs désidératas. En cela, on ne peut pas déjà circonscrire ce qui justifie ces fréquentes attaques et les affrontements entre les groupes d’auto-défense et les rebelles.

 

MZ : Si nous avons rencontré tous ces groupes armés, c’est justement pour savoir pourquoi ils se battent. A chaque fois, la raison est la même : chacun justifie ses actions par des actions précédentes de l’autre groupe contre sa propre communauté. Et lorsque vous observez bien cela, vous trouverez au milieu, le fait qu’il n’y a aucune autorité administrative pour imposer et maintenir la paix civile. Comme je vous l'avais dit la nature a horreur du vide. L’absence de l’autorité de l’Etat fait qu’en cas d’un petit incident, cela entraine immédiatement des représailles et des affrontements entre deux communautés parce que chacun s’identifie d'abord à sa communauté. Donc tout incident est susceptible de devenir un grand événement dramatique.


Nous avons observé tout cela, et nous avons fait des recommandations. Il fallait bien commencer quelque part. La fondation reste la présence de l’autorité de l’Etat et de forces de sécurité intérieure, puis que la Minusca fasse effectivement son travail de protection de la population civile. Cela peut déjà instaurer un climat de sécurité.


Si nous prenons le cas de l’Ouham-Pendé par exemple, il n’y a pas eu ces problèmes jusqu’en 2016. Le problème est né du vide sécuritaire et administratif et chacun groupe armé se prévaut des prérogatives de la puissance publique pour faire exactement qu’il pense vouloir faire.

 

LHRD : La misère et le vol de bétails ne sont-ils pas des facteurs agissants à l’origine de certains affrontements ?

 

MZ : Comme je vous l’ai dit, nous avons discuté avec tout le monde. Nous, Députés, nous sommes à l’écoute de tout le monde et c’est ce que nous avons fait. Chacun a avancé des arguments. Chacun en s’expliquant, incrimine l’autre partie. Mais cela, relève, en temps normal, de l’autorité de l’Etat. Voilà qui nous ramène encore à la présence de l’Etat, puis de la présence effective et efficace de la Minusca pour rétablir le droit. Donc, nous ne pouvons pas nous fonder sur les déclarations d’un groupe pour avancer dans la recherche de la réconciliation. Par contre, nous observons les éléments qui reproduisent systématiquement ces événements et nous disons voilà les cause des problèmes. Et si on travaille sur les causes, les conséquences seront éteintes.

 

LHRD : A l’Assemblée nationale, vos Collègues vous ont confié une lourde charge, celle du Président de la Commission Finances. Parlant de la Table ronde de Bruxelles et selon vous, est-ce qu’il y a des critères ou des conditions à remplir pour que le décaissement de ses fonds soit plus ou moins immédiats, eu égard à l’urgence de la reconstruction nationale telle que souhaitée et voulue par le peuple centrafricain ?

 

MZ : Je pense que c’est une bonne chose que la Table ronde de Bruxelles ait eu lieu et que l’attention de la communauté internationale puisse être toujours portée sur la RCA. Les promesses des dons qui ont été faites s’élèvent, comme vous le savez, à 2,4 milliards de dollars. Effectivement, ces fonds ont été annoncés aussi bien par des institutions politiques comme l’Union européenne que par des institutions financières comme la Banque mondiale et autres ou par des pays sur le plan bilatéral, et par d'autres institutions internationales. Tout naturellement, que ce soit des institutions ou des pays, chacun a ses procédures de décaissement propres. Et, je pense qu’au retour de Bruxelles, le gouvernement a mis en place un Secrétariat Technique et un Comité Directeur Conjoint pour faire en sorte que les promesses qui ont été faites deviennent des réalités. Je crois que c’est la préoccupation de tous.

 

Devant l’urgence des questions auxquelles fait face notre pays, il faut mettre les bouchées doubles. Il faut mobiliser tous les moyens, toutes les bonnes volontés pour que ces décaissements soient effectifs pour faire face aux questions de la sécurité, de la présence de l’Etat sur tout le territoire. Les urgences sont tellement immenses que chaque jour qui passe nous rapproche dangereusement de la mort clinique, j’aillais dire.

 


Mais au-delà des promesses de Bruxelles, il faudra que sur le plan de la mobilisation de ressources au niveau interne, des efforts soient faits pour augmenter ces ressources. Il faut mettre fin à la parafiscalité de fait. Nous devons faire montre de notre volonté de nous aider nous-mêmes, et les autres nous aideront davantage. Toutefois, je dis que l’aide est une nécessité absolue pour notre pays. Je le sais en tant que Député de Bocaranga 3 où lorsqu’on y arrive, c’est le dénuement total sur tous les plans, notamment l’eau, la santé, l’école… C’est comme si la République s’est arrêtée il y a trente à quarante ans.

 

C’est pourquoi chacun de nous doit s’impliquer dans ce processus et rester disponible pour faire en sorte que notre pays ait les moyens de s’en sortir.

 

LHRD : La Loi des Finances de Fiances de cette année table sur un budget d’environ 130 milliards de Francs Cfa de ressources propres, ceci en amélioration par rapport à l’année dernière. Lorsque vous parlez des efforts à faire, à quelle marge de manœuvres faites-vous allusion pour une mobilisation optimale de ressources ?

 

MZ : Je parle sous le contrôle du Ministre des Finances qui a également dit qu’il y a des marges de progression à faire en matière de mobilisation de ressources internes. Je dirais simplement que les ressources intérieures ne sont géographiquement mobilisées aujourd’hui que sur 30 à40% du territoire national, c’est-à-dire Bangui et ses environs, plus les préfectures de la Lobaye, la Sangha Mbaéré, la Mambéré Kadéi, la Nana Mambéré, l'Ombella-Mpoko, une partie de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé et de la Kémo. Donc tout le reste échappe à l’Etat sur le plan fiscal. Cela veut dire que les marges à faire sont liées à la sécurité, car plus l’autorité de l’Etat va accroitre, plus les ressources vont s’accroitre.

 

Aussi au niveau interne, il y a certaines ressources perçues au niveau de certains Départements ou certaines institutions et que nous devons, partant du principe de l’unicité des caisses, chercher à faire rentrer dans le budget de l’Etat. C’est ce que j’identifie comme marges de progressions qui existent en matières de ressources internes et qu’il faut inventorier, mobiliser puis canaliser vers le Trésor Public , et trouver aussi des réponses par rapport à la spécificité de certains Départements qui demandent des décaissements rapides.

 

Toutefois, il faut que devant le miroir, qu’il y ait la totalité des ressources de l’Etat et qu’il y ait également la totalité des dépenses de l’Etat en sorte que le budget de l’Etat soit crédible et que le peuple centrafricain sache que ce qui devrait être prélevé l’a été effectivement et que ce qu’il a autorisé comme dépenses est effectivement réalisé dans l’objectif défini. Il s’agit de faire l’effort d’améliorer chaque jour la transparence et l'efficacité du budget de l’Etat. Ce sera notre principal avocat pour négocier et obtenir des ressources budgétaires additionnelles, comme les aides budgétaires directes.

 

LHRD : Honorable Martin Ziguélé, je vous remercie.

 

Propos recueillis par Sylvestre KROCK

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com