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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 20:35
Lu pour vous : Centrafrique: les grands mammifères, victimes collatérales du conflit

 

 

https://www.sciencesetavenir.fr  Le 10.07.2017 à 20h25

 

 

Éléphants et buffles comme ceux du parc national de Tsavo East au Kenya, ici le 16 février 2017, ont quasiment disparus de Centrafrique-AFP/Archives/TONY KARUMBA

 

La grande faune a été décimée en Centrafrique, pays en proie à un violent conflit depuis 2013 qui favorise le braconnage, selon un communiqué d'organisations environnementales consulté lundi par l'AFP.

 

"Toutes les espèces de grands mammifères affichent des populations en fort déclin en comparaison des données collectées en 2005 et 2010", indique le communiqué de l'ONG Wildlife Conservation Society (WCS) et du programme Écofaune+ de l'Union européenne qui ont réalisé en mars-avril un recensement aérien dans les réserves et parcs du nord du pays, avec l'appui du gouvernement centrafricain.

 

"Aucun éléphant, ni trace de présence, n’ont été observés durant le recensement", déplorent les organisations, qui rappellent que 35.093 éléphants avaient été recensés en 1977, contre 68 seulement en 2010.

 

Subsistent encore "en petit nombre" quelques populations de girafes de Kordofan (menacées d'extinction en Afrique), d’élans de Derby, de buffles, d’antilopes rouannes, selon le communiqué.

 

La faune sauvage pâtit du conflit en Centrafrique qui laisse le pays perméable aux trafics en tous genres (or, diamants) et au braconnage.

 

"Des braconniers lourdement armés, en particulier depuis les pays voisins du Tchad et du Soudan, avec l’appui de braconniers originaires de la zone", sont à l'origine de "ce déclin systématique, les périodes d’instabilité amplifiant le phénomène", dénonce le communiqué.

 

"Au cours des trois dernières années, plusieurs groupes armés ont entrepris un ratissage systématique pour chasser le gibier et expédier, grâce à des réseaux bien en place, la viande vers le nord ou vers Bangui", ajoute le texte.

 

Les écologistes dénoncent "l'exploitation illégale de ressources naturelles par des groupes armés (centrafricains ou étrangers)" dans les zones protégées et la responsabilité des éleveurs transhumants dans le "trafic illégal transfrontalier de ressources naturelles".

 

La Centrafrique est en proie à des violences impliquant des groupes armés, qui se battent notamment pour le contrôle des ressources minières.

 

Le pays a basculé dans les massacres en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par la rébellion seleka, qui a entraîné des représailles de groupes anti-balaka. Ces violences provoquent le déplacement et la fuite des populations du centre et du nord du pays.

 

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Centrafrique-Presse.com
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 18:55
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Plus de 25 milliards Francs CFA de la Banque mondiale pour la réhabilitation des pistes rurales

 

 

Par Bienvenu Matongo le 10 juillet 2017

 

 

BANGUI, 10 JUIN 2017(RJDH)—15.000 Km de pistes rurales seront réhabilités grâce à un financement de la Banque mondiale. Le coût est estimé à hauteur de 45 millions de Dollars soit environ 25.825.000.000 Francs CFA, a confié au RJDH Alain Guy Kamégba –Bafounga Directeur Général de la planification, du suivi et évaluation et prospectives  au Ministère des transports, de l’aviation civile  et de l’équipement.  

 

« Depuis 4 ans, nous n’avons pas intervenu en province. Les routes sont actuellement dans un état de dégradations très avancées. Avec le retour à l’ordre constitutionnel, nous essayons de reprendre la réhabilitation ou la remise à niveau de ses routes », a indiqué Alain Guy Kamégba  Bafounga.

 

Une programmation est en cours pour attaquer ces travaux, « avec les bailleurs de fonds qui nous appuient, nous allons faire des programmations annuelles et triennales pour essayer de joindre les deux bouts.  Nos priorités pour l’instant concernent les routes en terre. Il faut d’abord rendre ses routes carrossables avant de penser à leurs revêtements », a-t-il projeté.

 

Le réseau routier centrafricain est à 25 000 Km et est constitué des routes nationales, des routes régionales et des pistes rurales qui représentent à elles seules 15 000 Km. « En réhabilitant ses routes nationales, nous allons passer aux greffages de ses pistes rurales qui vont faciliter le circuit de commercialisation », a-t-il ajouté.

 

Alain Guy Kamégba  Bafounga rappelle qu’une convention a été signée entre la Banque Mondiale et la République Centrafricaine, concernant le bitumage de l’axe Baoro-Bouar dont le financement est déjà disponible.  « Le marché est déjà lancé, nous attendons l’acquisition. L’enveloppe de 25.825 000.000 Franc CFA concerne les pistes rurales plus précisément dans la Ouaka, la Nana-Mambéré, l’Ouham et l’Ouham-Pendé », précise-t-il.

 

Les routes sont très dégradées en Centrafrique. L’insécurité dans l’arrière-pays ainsi que le manque de financement ne permettent pas de faire des travaux.

 

 

Centrafrique : Le DSIC organise la soutenance de la 5ème promotion des étudiants journalistes

 

Par Noura Oualot le 10 juillet 2017

 

 

BANGUI, 10 juillet 2017(RJDH)— Ouverture ce 10 juillet 2017 à l’Université de Bangui des séances de soutenance de la 5ème promotion des étudiants du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (DSIC). Le chef dudit département lance un appel d’aide pour l’amélioration de la qualité de la formation technique de ses étudiants.

 

Cette soutenance est la 5ème promotion depuis la création du DSIC en 2008. Sur vingt étudiants inscrits en 3ème année, seulement neuf sont soumis à cet exercice de cette session de juillet 2017.

 

Jean Claude Redjemé, chef de DSIC donne des explications sur l’effectif des étudiants soumis à cet exercice.  « Normalement, les étudiants doivent valider toutes les matières avant de soutenir. Or depuis toujours, nous avons donné l’occasion à tout le monde mais malheureusement après avoir soutenu, ces étudiants ne reviennent pas composer. Donc, pour éviter ces désagréments, nous avons décidé de faire soutenir ceux qui ont validé toutes leurs matières », a-t-il justifié.

 

Le chef du département déplore le niveau des élèves journalistes qui dégringole chaque année faute de la pratique professionnelle. « Nos premiers étudiants ont eu beaucoup d’atouts grâce au projet de Panos Paris et l’Unesco, qui leur permettaient de faire un journal école et des émissions. Depuis 2014, la qualité technique a régressé. Nous demandons aux bonnes volontés de nous appuyer pour une bonne formation », a-t-il lancé.

 

Neuf étudiants sont en lice pour cette soutenance du Rapport de Stade, qui a débuté ce matin avec Suzan Cédrick Daworo, étudiant journaliste qui a effectué son stage au Réseau des Journalistes pour les droits de l’Homme (RJDH).

 

« L’audience et les publics du site du Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme » est le thème de son rapport de stage effectué sur trois mois au RJDH. «  J’ai eu 17/20 et je suis soulagé,  vu toutes les années universitaires et les tracasseries que nous avons subies. Je remercie le corps professorat de l’Université de Bangui et tout le personnel du RJDH et surtout les membres de mon jury qui ont apporté des critiques constructives à mon rapport de stage », s’est-t-il exprimé.

 

Parfait Teddy Komesse, a aussi soutenu sur le RJDH. «Rôle et Importance du webmaster dans la presse en ligne, cas du RJDH, c’est mon thème. J’ai eu 17/20 et je me réjouis de cette note. Mais ce n’est pas la note qui va travailler. Je vais me battre pour approfondir ma connaissance dans le domaine du webmaster », a-t-il promis.

 

Depuis la sortie de la 1ère promotion des étudiants du DSIC jusqu’à la dernière promotion,  bon nombre de ces journalistes sont recrutés par le secteur privé et les organisations internationales au détriment de l’Etat centrafricain qui n’a pas encore intégré un seul dans la fonction publique.  Ceux qui sont dans les médias publics demeurent des stagiaires.

 

Le Département des Sciences de l’Information et de la Communication est créé en 2008, suite aux recommandations des Etats généraux des médias en 2007.

 

 

Centrafrique : Les situations socio-économique et humanitaire toujours préoccupantes à Kaga-Bandoro

 

Par Daniel Nguerelessio le 10 juillet 2017

 

BANGUI, 10 Juillet 2017 (RJDH)— Plus de 15.000 déplacés internes installés sur les sites de Kaga-Bandoro réclament l’amélioration de leur condition de vie. Par contre les habitants du centre commercial où la vie a repris s’inquiètent de la timidité des marchés.

 

Les récents événements du 1er Juillet 2017 ont contraint plus d’un millier d’habitants des 9 villages installés tout au long de l’axe Ouandago au Nord, depuis Kpokpo jusqu’au village Ngouaka 3 et presque la moitié de la population du 8ème arrondissement au Nord de la ville de Kaga-Bandoro à fuir vers le site proche de la base des Casques Bleus.  Les activités socio- économiques sont ainsi paralysées dans les zones.

 

 Selon les responsables du site des déplacés de Kaga-Bandoro, «Les déplacés sont enregistrés dès leur arrivée au site. Une aide alimentaire d’urgence constituée de vivres PAM leur a été distribuée. Mais nous déplorons la situation du fait qu’ils n’ont pas de kits de couchage. Ils n’ont ni nattes, ni couverture ni pagnes pour couvrir les enfants de moins de cinq ans. Ils dorment à même le sol », ont-ils précisé.

 

Selon les sources humanitaires, « les retournés des quartiers Sud de la ville tels que : Balékara, Bodolo, Malo, Bokada et Bamou ont réintégré le site de l’Institut UFEB et celui de Bamou  tous deux dans le 2ème arrondissement de la ville de Kaga-Bandoro. Ce qui permettra au nouveau gestionnaire des sites des déplacés de Kaga-Bandoro, l’ONG Plan International, de bien évaluer pour un plan de réponse », font-elles savoir.

 

Signalons qu’au centre commercial où la vie a repris, la population déplore pourtant le manque des denrées alimentaires sur le marché. Les commerçants se plaignent également de la reprise timide des activités commerciales.

 

Les mêmes sources ont indiqué que « les événements du 1er Juillet à Kaga-Bandoro ont engendré à nouveau de crises humanitaires et économiques. Deux ONGs internationales de la place à savoir IRC et Intersos ont évacué leur personnel à Bangui après l’acte de pillages qui s’est opéré dans leurs sièges. La nouvelle construction de la radio communautaire a été à moitié saccagée », ont conclu les sources.

 

L’attaque abordée par les éléments de la Seleka contre les déplacés logés proche de la base de la Minusca  intervient après l’accord de Sant’Egidio. Elle a comme conséquences des pertes des vies humaines, des biens détruits et la situation humanitaire dégradée. Un calme précaire reprend dans la ville de Kaga-Bandoro grâce à l’intervention des forces de la Munisca à travers les patrouilles militaires qui se multiplient dans les zones.

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 18:39

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com  Lundi 10 Juillet 2017 - 17:43

 

Les évêques des six pays qui composent l’ACERAC sont réunis jusqu’à mercredi à Yaoundé pour leur 11è assemblée plénière.

 

C’est sur le thème : « Œcuménisme et dialogue interreligieux en Afrique Centrale »,  que se tient depuis samedi, à Yaoundé au Cameroun, les travaux de l’assemblée plénière des évêques d’Afrique Centrale. Venus du Congo (Brazzaville), du Gabon, du Tchad, de Centrafrique, de Guinée Equatoriale et du Cameroun, les hauts-prélats se penchent sur un thème qui se pose avec de plus en plus d’acuité aussi au cœur de l’Afrique. Naguère épargnée, la région commence à souffrir visiblement de tensions que l’on croyait cantonnées aux seuls pays de la ligne de fracture entre les zones islamiques et chrétiennes.

 

Mais le djihadisme pousse. La République Centrafricaine est devenue emblématique de ces tensions nouvelles entre groupes qui vivaient jusque-là en apparente  intelligence. Ces agitations n’ont pas échappé au Vatican où, justement, on s’implique assez profondément pour que les violences interreligieuses ne viennent pas « pourrir » le centre de l’Afrique. D’ailleurs dans un message très insistant, le cardinal français Jean-Louis Tauran en charge au Vatican du dicastère (ministère) des relations entre religions demande aux évêques catholiques de la région Afrique centrale de n’épargner aucun effort pour s’engager dans un dialogue actif et pacifique avec les autres religions.

 

Le cardinal Tauran souligne le bien-fondé du thème choisi pour leur 11è assemblée plénière; « un thème qui doit être pris sérieusement en considération ». Car « l’Afrique n’est pas absente dans les problèmes provoqués au niveau global par la montée des extrémismes violents ». Il note que « la secte Boko Haram continue de semer ses victimes surtout au Tchad et au nord-Cameroun », où vit une population à grande majorité musulmane « mais qui n’est pas épargnée pour autant par les violences sectaires ».

 

Ces violences à prétention religieuse ne font rien pour améliorer une situation générale déjà plombée, dit-il, par « l’instabilité politique qui influe même au niveau économique et sur la vie des communautés ». Il y a donc urgence à améliorer les rapports entre l’Eglise catholique et les autres religions dans la sous-région. « Dans la situation difficile et complexe » des pays de l’Afrique Centrale, écrit en particulier le cardinal Tauran, « les chrétiens ont la responsabilité spéciale de maintenir vive l’espérance de leurs concitoyens, en les aidant à rechercher les raisons pour une vie authentique et crédible afin d’affronter le futur avec confiance ».

 

Il exhorte les évêques du Gabon, du Congo, de Centrafrique, du Tchad, du Cameroun et de Guinée Equatoriale (qui forment l’association des conférences épiscopales de la région Afrique centrale, ACERAC) à poursuivre « sur la voie courageuse de la lutte pour le développement intégral de la personne humaine, la promotion de la justice et de la paix entre toutes les composantes des Nations représentées ». Les travaux des évêques se tiennent avec la participation pour le Congo du président de la conférence des évêques catholiques Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi. Ouverts samedi 8 juillet, ils prennent fin ce mercredi 12 juillet.

 

Lucien Mpama

 

Le Vatican appelle les évêques d’Afrique centrale à « prendre au sérieux » la thématique des violences entre croyants
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 13:59

 

 

 

Potentat

 

«Biens mal acquis» : fin de procès pour le «kleptocrate» Teodorin Obiang

 

Par Renaud Lecadre Libération —

 

Le parquet de Paris a requis mercredi matin trois ans de prison contre le fils du président de la Guinée équatoriale, et la confiscation de ses possessions dans l'hexagone portant sur 150 millions d'euros.

 

 «Ce procès est une mascarade, un complot colonial de la France.» Ainsi s’exprime à distance Obiang Jr, fils de son Président de père, récemment propulsé au titre de vice-président de la Guinée équatoriale pour mieux bétonner son immunité diplomatique. Il aura refusé de comparaître en personne devant le tribunal correctionnel parisien, mais un trio d’avocats aura dénoncé des vices de procédure et multiplié les coups tordus en son nom. Peu lui importe la peine de prison qui lui sera éventuellement infligée pour blanchiment –en France – de détournement de fonds publics – en son propre pays. Seule la confiscation de ses biens pourrait éventuellement chagriner cette caricature de «kleptocrate» le terme fut sur toutes les bouches au cours des audiences.

 

Frapper au portefeuille

 

«Ce procès est historique, votre jugement sera très attendu en Afrique et ailleurs, il sera à l’honneur de la justice française.» C’est William Bourdon qui plaide, avocat de l’ONG Transparency, qui bataille depuis dix ans pour faire émerger cette première affaire dite des «biens mal acquis», recyclés en France en toute impunité par des dignitaires africains, arabes ou d’ailleurs. Un rude combat, mené initialement contre l’inertie du parquet de Paris, peu soucieux de déranger des potentats amis de la France. Puis contre diverses mesures de rétorsion : «Nos témoins ont tous été harcelés, menacés sur place, un exilé victime d’une tentative d’assassinat. Jusqu’où ira la barbouzerie ?» Me Bourdon ne désespère pas de convaincre la justice française d’être en pointe contre la ploutocratie internationale.

 

«Cette affaire est très simple à juger, les faits de blanchiment sont établis Dans un registre apparemment plus technique, le procureur Jean-Yves Lourgouilloux a requis ce mercredi matin trois ans de prison contre Teodorin Obiang, et surtout de le frapper au portefeuille : amende de 30 millions d’euros et confiscation du solde de son patrimoine hexagonal. Très honnêtement, il admet les retards initiaux du parquet, ferraillant des années contre la plainte déposée en 2007 par Transparency avant que la Cour de cassation ne la valide finalement en 2015 : «Pendant des années, la France a fermé les yeux, je le reconnais. C’était l’impunité absolue pour les responsables étrangers et leurs familles possédant des biens en France.» Avec l’intervention de «marionnettistes de l’Elysée», précise Me Bourdon. Le proc, qui n’était pas en fonction lors de l’étouffement initial de l’affaire des «biens mal acquis», entend signifier que les temps changent : «On ne peut plus accepter que la France soit un paradis judiciaire, permettant à des dirigeants étrangers d’y profiter de l’argent sale, de l’argent du crime.» Et si la justice française paraît moins active à ce jour sur les avoirs des familles Bongo ou Sassou (régnant au Gabon et au Congo-Brazzaville), ce serait à cause de la difficulté de recenser leurs innombrables ayants droit au festin, quand le cas Obiang se réduirait à sa seule personne, donc plus facile à juger : «Mais des personnalités publiques exposées comme lui, j’en ai des dizaines, et bien plus puissantes !»

 

Mascarade et simulacre

 

En défense, Obiang Jr fait produire un providentiel jugement, rendu par un tribunal de Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, qui l’exonère de tout soupçon. Pondu le 12 juin dernier, une semaine avant l’ouverture du procès français, et rendu «au nom du chef de l’Etat», soit Teodoro Obiang Sr. «Situation assez cocasse, ironise le parquet français. Cela ne se voit qu’une fois dans une carrière de magistrat : un jugement rendu au nom du père de notre prévenu…» Pour Jean-Pierre Spitzer, avocat d’un collectif d’une vingtaine d’associations équato-guinéennes, également partie civile, ce jugement local ne serait que «mascarade, simulacre, le prévenu créant le droit dans son propre pays au fur et à mesure de ses besoins.»

 

Reste, en cas d’éventuelle condamnation, la question de son application. Une peine de prison risque d’être symbolique, Obiang Jr refusant par avance le jugement de la justice française. Tout au plus un mandat d’arrêt international pourrait l’empêcher de voyager dans la plupart des pays occidentaux, obligeant le flambeur à vivre reclus en son pays. Il y a l’amende, que le parquet propose de fixer à 30 millions d’euros. Elle serait acquise au Trésor public français, quoique le procureur ait précisé qu’il «serait hors de question que la France profite de l’argent détourné au préjudice du peuple équato-guinéen.» L’essentiel réside donc dans la confiscation de ses biens hexagonaux, évalués par l’accusation à «plus de 150 millions d’euros». Dont son somptueux hôtel particulier avenue Foch - plus de 1 000 m2 promptement reconvertis en local diplomatique. A ce titre, la Guinée équatoriale a traîné la France devant la Cour européenne de justice, qui devrait statuer l’automne prochain – mais «il est rare qu’une ambassade aménage une discothèque en ses locaux», pointe Jean-Yves Lourgouilloux.

 

Une solution à l’américaine pourrait se dessiner. Aux Etats-Unis, Obiang Jr a signé l’an dernier une transaction, sans reconnaissance formelle de culpabilité, versant 30 millions de dollars (26,5 millions d’euros) contre l’extinction des poursuites pénales, l’argent étant dédié à des bonnes œuvres locales. «Il ne faudrait pas que la poche droite alimente la poche gauche», prévient par avance le parquet français. L’imagination du tribunal parisien est désormais au pouvoir.

 

Renaud Lecadre

Lu pour vous : «Biens mal acquis» : fin de procès pour le «kleptocrate» Teodorin Obiang
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 13:27
Lu pour vous : L’Afrique, pensées critiques

 

 

Analyse

 

L’Afrique, pensées critiques

 

Par Sonya Faure et Catherine Calvet Libération — (mis à jour à )

 

Longtemps le continent africain pouvait écrire ou parler, il n’était pas entendu. Aujourd’hui sa voix, ses voix, veulent sortir d’un face-à-face stérile avec l’Occident et peser pour inventer demain.

 

Le roman Americanah de la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie (Gallimard, 2015) a été traduit en une trentaine de langues. Après avoir investi le légendaire Collège de France en 2016, l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de faire son entrée dans le Petit Larousse. Dans son livre Afrotopia, paru l’an passé, (éd. Philippe Rey), l’économiste et écrivain Felwine Sarr affirme que l’Afrique est le continent de l’alternative. Son essai est en cours de traduction pour les Etats-Unis et l’Italie. Quant à l’historien camerounais Achille Mbembe, l’auteur de Politiques de l’inimitié (La Découverte, 2016), il est devenu un intellectuel reconnu dans le monde, lui qui enseigne à la fois à l’université de Johannesburg et à Duke University, Etats-Unis.

 

Pour Sarr, 44 ans, et Mbembe, 59 ans, le renversement est là : «La pensée critique la plus actuelle ne vient plus d’Europe. C’est aujourd’hui le tour de l’Afrique.» (lire leur interview ci-contre). Pour eux, longtemps cantonnée à un «hors monde», l’Afrique est au contraire le lieu capable de produire aujourd’hui un discours monde. Et ils comptent bien le promouvoir. «C’est une pensée totale, mêlant aussi bien littérature, philosophie, et plus largement les sciences humaines et sociales», observe lui aussi Jean-Pierre Bat, chargé d’études Afrique aux Archives nationales (1).

 

Deux lignes forces rassemblent les auteurs du continent ou de sa diaspora : créer une pensée sans frontières - puisque l’histoire a fait des Africains, souvent à leur corps défendant, un peuple qui a migré sur tous les continents ; et cesser de se penser en rapport à l’Europe. «Il s’agit de sortir d’un face à face stérile avec l’Occident, d’énoncer un propos ne visant pas à répondre à l’injure, au mépris ou à des injonctions civilisationnelles, confirme l’écrivaine Léonora Miano, née au Cameroun. Il est question de mettre en place un modèle de civilisation original.»

 

Ces intellectuels et artistes, ceux d’expression française notamment, se reconnaissent et parfois se soutiennent, écrivant ou parlant à plusieurs voix. C’était le cas à l’automne dernier, avec la première édition des Ateliers de la pensée, organisée à Dakar par Felwine Sarr et Achille Mbembe pour «relancer une pensée critique qui ne se contenterait pas de se lamenter et de persifler». Un livre collectif, Ecrire l’Afrique-Monde vient de paraître, restituant la richesse des débats (éd. Philippe Rey-Jimsaan). Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne y croisait Alain Mabanckou, l’historien Mamadou Diouf ou le jeune économiste Ndongo Samba Sylla. «Lors des débats, de jeunes gens interpellaient les plus âgés en se demandant s’il n’était pas temps d’en finir avec le concept de négritude de Césaire - il faut oser s’attaquer à un tel mythe, loue la politologue Françoise Vergès, spécialiste des notions de genre et de race, auteure de le Ventre des femmes (Albin Michel, 2017). L’épuisement des idéaux portés par les mouvements décoloniaux permet par ailleurs à de nouvelles utopies d’émerger. Le productivisme, le développement ne suscitent plus l’espoir des populations africaines.» Grand réveil de la pensée africaine ? «L’Afrique n’a jamais cessé de penser, nuance le politologue français Jean-François Bayart, professeur au Graduate Institute de Genève. Les années 50 ont été un âge d’or, avec Frantz Fanon notamment. Il s’est prolongé après les indépendances avec des auteurs comme Ahmadou Kourouma et Sony Labou Tansi. La particularité de la génération actuelle est d’être postnationale plutôt que postcoloniale. Elle s’est émancipée de l’idéologie nationaliste et n’a gardé que le meilleur des études postcoloniales.»

 

L’histoire singulière de l’Afrique - au cœur de toutes les vicissitudes de l’histoire mais toujours présentée comme un continent à la marge -, lui permet aujourd’hui de postuler comme meilleur analyste du monde contemporain. «Très vieille à l’échelle de l’humanité et très jeune par sa population, l’Afrique ne s’est pas enfermée dans la temporalité linéaire du progrès, analyse la chercheuse Françoise Vergès. Pour connaître, l’Occident a toujours voulu tout répertorier, tout maîtriser, torturé par l’angoisse que quelque chose lui échappe. L’Afrique admet l’opacité, l’invisible, l’incomplétude. A l’heure du désastre écologique et du capitalisme prédateur, cela peut bouleverser la pensée contemporaine.»

 

Calixthe Beyala, Léonora Miano, Ken Bugul, Fatou Diome… les personnages de ces romancières de la diaspora montrent des frontières officielles «niées, effacées, transgressées, vaincues par des passages forcés, notait Benaouda Lebdai, spécialiste de littératures africaines, lors des Ateliers de la pensée. Les écrivains de la diaspora sont les précurseurs d’un monde nouveau qui placerait l’Afrique au centre des enjeux de pouvoirs.» Migrants aussi, les chercheurs. «A l’image du XXIe siècle, la pensée africaine est connectée, mobile, comme en témoigne la trajectoire de Mbembe (Cameroun, France, Etats-Unis, Afrique du Sud) qui transcende les clivages postcoloniaux», rapporte l’historien Jean-Pierre Bat.

 

«L’africanisation de la question planétaire» sera peut-être, rêve Achille Mbembe, l’événement majeur du XXIe siècle. Tous ne partagent pas son enthousiasme. Si des lieux émergent, sur le continent africain - la librairie dakaroise Athéna, de Felwine Sarr, les centres d’art comme Doual’art au Cameroun ou RAW Material Company à Dakar, des revues ou des blogs - beaucoup sont encore économiquement bien fragiles. «Les universités africaines manquent de moyens et ne peuvent éviter la fuite des cerveaux et le marché du livre reste pauvre sur la majorité du continent», remarque l’historien français Pierre Boilley, spécialiste de l’Afrique subsaharienne contemporaine à Paris-I.

 

Léonora Miano publiera, à la rentrée, Marianne et le Garçon noir, un livre collectif sur l’expérience des hommes noirs en France. «L’exposition médiatique dont certains intellectuels d’ascendance subsaharienne jouissent en France aujourd’hui éclaire le retard et les lacunes de l’Hexagone, estime-t-elle. Cela ne signifie aucunement que le propos de ces auteurs soit valablement pris en compte et devienne un outil de transformation. On se divertit de les écouter le temps d’une interview, on pioche dans leurs écrits une phrase ou deux, appréciées parce que porteuses d’une promesse de rédemption.» Mais l’Europe n’a peut-être pas vraiment le choix. Elle devra se mettre, modestement, à l’école du monde, selon Achille Mbembe. «Comme nous tous, sur tous les continents. C’est une question de survie.»

 

(1) Contributeur du blog Africa 4 sur Libération.fr.

Sonya Faure , Catherine Calvet

 

 

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 13:23

 

MUSIKI de Paris en concert

Concert de MUSIKI de Paris
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 12:09
Rapport mondial 2017  https://www.hrw.org  République centrafricaine
Rapport mondial 2017  https://www.hrw.org  République centrafricaine
Rapport mondial 2017  https://www.hrw.org  République centrafricaine

 

 

 

Centrafrique: un rapport de HRW pour les juges de la Cour pénale spéciale

 

L'ONG américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch vient de publier un important rapport sur la Centrafrique. Six semaines après le «Mapping Report» de l'ONU qui détaillait les exactions commises entre 2003 et 2015 dans le pays, Human Rights Watch recense également de son côté un certain nombre de crimes, de meurtres et de destructions commis par les groupes armés entre 2014 et avril de cette année. Un recensement non exhaustif qui a pour ambition, comme pour le rapport de l'ONU, de nourrir le travail des enquêteurs de la Cour pénale spéciale, la CPS en cours d'installation à Bangui.

 

Des centaines de meurtres, des viols, des milliers de maisons détruites. Des exactions commises par les groupes armés qu'ils soient antibalakas ou issus de l'ex Seleka, recensées surtout dans le Centre et l'Est du pays ces trois dernières années. Le travail de Human Rights Watch est loin d'être exhaustif mais il vise à donner à la Cour pénale spéciale de quoi traduire en justice des chefs de guerre.  Avec une crainte, explique Lewis Mudge de Human Rights Watch, que les leaders de groupes armés parviennent à se faire amnistier à la faveur d'un accord de paix. 
  
En finir avec l'impunité 

  
Pour l'ONG américaine, la mise en place de la CPS est une occasion unique pour la Centrafrique de rompre avec le cycle de crises à répétition nourries par l'impunité généralisée.  « Il est complètement hors de question de donner cette amnistie, martèle Lewis Mudge à RFI. Il faut avoir un mécanisme pour mettre fin à l'impunité, pour donner un signe aux autres groupes armés, aux autres dirigeants que le temps de l'impunité est fini ! »

    
Alors qui pour arrêter ces chefs de guerre dans un pays sans armée et avec des forces de sécurité indigentes ? La Minusca peut le faire et l'a déjà fait, poursuit Lewis Mudge. « Il ne faut pas oublier que la Minusca a déjà arrêté pas mal de combattants, côté anti-Balaka et côté Seleka ». Et Lewis Mudge de rappeler l'arrestation du chef des MPC, Idriss El-Bachar. 

  
Aller plus loin que le Mapping Report de l'ONU

    
« On n’est pas des juges, on n’est pas des procureurs, mais c’est vrai qu’on a essayé de publier un rapport assez détaillé pour donner une première piste - peut-être - pour les enquêteurs de la Cour pénale spéciale », poursuit Lewis Mudge qui salue le Mapping Report des Nations unies. « C’est un gros travail et franchement, à Human Rigths Watch, on les félicite de ce travail. 

  
Mais malheureusement dans ce rapport, selon leurs règles, ils ne sont pas capables de donner les noms. Dans notre rapport nous avons identifié les chefs des groupes armés dont les combattants ont commis des crimes de guerre. Les gens qui sont à la tête des groupes, sur place, sur le terrain». 

   
Human Rights Watch estime que le financement international de la CPS, qui assure un an de fonctionnement pour le moment, est insuffisant. L'ONG exhorte aussi la Minusca à remplir son mandat de protection des civils de manières plus ferme.

 

 

Rapport mondial 2017  https://www.hrw.org 

 

République centrafricaine  Événements de 2016

 

Le 30 mars 2016, l’ancien Premier ministre de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra a prêté serment en tant que président, après plus de deux ans de gouvernement d’intérim. Malgré une passation de pouvoir d’une rare sérénité, et des élections relativement pacifiques, la situation du pays est demeurée précaire, instable et marquée par de graves violations des droits humains.

 

Les violences sectaires et les attaques contre les civils ont continué à affecter les régions du centre et de l’ouest du pays, en particulier les provinces de Ouaka, Nana-Grébizi, et Ouham-Pendé, où les groupes rebelles principalement musulmans de la Séléka, les milices anti-balaka majoritairement chrétiennes et animistes, ainsi que d’autres groupes armés sont restés actifs. Les civils ont continué à pâtir des combats et les groupes armés ont violé et agressé sexuellement des femmes et des filles. On estime que 467 800 personnes, pour majorité des Musulmans, sont toujours réfugiées dans les pays voisins, tandis que 384 300 autres restent déplacées à l'intérieur du pays.

 

La mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, a déployé environ 10 050 soldats de la paix et environ 2000 policiers dans de nombreuses régions du pays au cours de l’année, mais a peiné à rétablir la sécurité dans les zones clés, et à assurer une protection suffisante aux civils. Les efforts de la MINUSCA ont été entachés par des allégations d’exploitation et d’abus sexuels commis par des soldats de maintien de la paix sur des civils, parmi lesquels des enfants. Des accusations crédibles selon lesquelles des soldats de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) auraient tué 12 civils à Boali en 2014 se sont vues renforcées par la découverte d’une fosse commune dans cette ville, au mois de février.

 

L’impunité pour les exactions et crimes de guerre passés est restée la norme. Le processus de mise en place d’une Cour pénale spéciale au sein du système judiciaire national n’a progressé que lentement. La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a poursuivi ses enquêtes, ouvertes en septembre 2014, sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans le pays depuis août 2012.

 

Environ 2,3 millions de personnes, sur une population de 4,6 millions avaient besoin d’aide humanitaire. Sur ces 2,3 millions, seuls 1,9 millions ont pu accéder à une forme d’assistance.

 

Attaques perpétrées contre des civils

 

La Séléka, un mouvement rebelle majoritairement musulman composé de différentes factions affiliées de manière peu structurée, a continué à attaquer des civils et à faire de nombreux morts, souvent au prétexte de se protéger contre les anti-balaka. En septembre, les combattants de l’Union pour la Paix en Centrafrique, une faction de la Séléka, ont attaqué des villages sur la route reliant Kouango à Bianga, dans la province de Ouaka.

 

En octobre, les forces de la Séléka ont attaqué et incendié un camp de personnes déplacées à Kaga-Bandoro, faisant au moins 37 victimes civiles, malgré la présence de Casques bleus de l’ONU. Au moins quatre personnes handicapées figuraient parmi les victimes. L’insécurité croissante dans la province de Nana-Grébizi a entraîné des dizaines d’attaques contre les organisations humanitaires internationales, commises par des groupes armés et des bandits d’août à octobre, entravant ainsi une aide vitale.

 

Un groupe armé nommé 3R (pour « Retour, Réclamation et Réhabilitation »), composé de musulmans peuls, s’est constitué dans la province de Ouham-Pendé à l’ouest du pays, sous le commandement du Général Sidiki Abass. Les affrontements entre 3R et anti-balaka s’étant intensifiés en 2016, de nombreux civils ont été tués tant parmi les bergers peuls musulmans que les paysans non-musulmans. Des témoignages crédibles indiquent que les deux parties ont commis des viols, illustrant la problématique généralisée des violences sexuelles dans ce conflit, depuis 2013.

 

Le groupe rebelle ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA) est resté actif dans le sud-est, et selon certaines allégations le nombre de meurtres et d’enlèvements de civils a augmenté.

 

Si la situation de la capitale, Bangui, s’est stabilisée fin 2015 après les violences des mois précédents, des milices armées ont violé ou agressé sexuellement au moins 25 femmes et filles dans le camp de personnes déplacées de M’poko et aux environs, entre septembre et décembre 2015. Dans certains cas, les auteurs de ces agressions ont affirmé violer les femmes et les filles pour les punir de leurs liens présumés avec des personnes de la communauté ennemie selon le clivage sectaire. Les survivantes de violences sexuelles sont restées confrontées à la stigmatisation, au rejet et à d’autres obstacles pour accéder aux services de base et à la justice.

 

Réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays

 

La situation des déplacés internes et des réfugiés est restée difficile. Beaucoup de personnes déplacées, comme celles des provinces de Ouaka et de Ouham, n’ont pas reçu d’aide humanitaire, ou très peu. Dans les camps de déplacés internes, les personnes handicapées ont été confrontées à des obstacles pour accéder à des installations sanitaires, à l’alimentation et à une aide médicale. Environ 20 000 personnes vivaient dans le camp de déplacés de M’poko, à Bangui, à la fin de l’année.

 

Dans le sud-ouest du pays, de petits groupes de Musulmans vivaient dans des enclaves protégées par des Casques bleus de l’ONU. Au centre et au nord-ouest du pays, les violences ont provoqué une augmentation du nombre de personnes déplacées. Les attaques de la Séléka dans la province de Ouaka, au sud, ont entraîné le déplacement de 3 500 personnes, et les combats dans la province de Ouham-Pendé ont provoqué le déplacement de 5 000 à 10 000 personnes. Environ 20 000 personnes ont été déplacées suite à l’attaque par la Séléka du camp de déplacés internes de Kaga-Bandoro, au mois d’octobre.

 

Élections

 

Lors d’un référendum organisé en décembre 2015, les électeurs ont approuvé massivement une nouvelle constitution. Des élections législatives et présidentielles ont eu lieu deux semaines plus tard, et Faustin-Archange Touadéra a remporté ce dernier scrutin le 14 février 2016.

 

Au moins huit dirigeants des anti-balaka ont participé aux élections parlementaires, dont trois ont obtenu des sièges, et notamment Alfred Yékatom, également connu sous le nom de « Rombhot ». Amnesty International a accusé Alfred Yékatom d’avoir participé à et commandité des meurtres de civils en 2014, et l’ONU a imposé des sanctions à son encontre en 2015. Le Groupe d’experts des Nations Unies sur la République centrafricaine a identifié Alfred Yékatom comme responsable d’actes d’intimidation contre des électeurs et de harcèlement contre des adversaires politiques à Mbaïki, sa circonscription, au cours de la campagne électorale de 2016. Un autre candidat victorieux, le chef de milice Éric Pogola, a menacé l’équipe d’un rival politique et aurait envoyé des combattants armés dans des bureaux de vote, le jour des élections, dans la province de Sangha-Mbaéré.

 

Violations commises par des soldats de maintien de la paix

 

Début février, Human Rights Watch a publié un rapport détaillant les actes d’abus et d’exploitation sexuels commis par les Casques bleus de la MINUSCA sur au moins huit femmes et filles, entre octobre et décembre 2015, aux environs de Bambari dans la province de Ouaka. Parmi les cas documentés figuraient le viol d’une fille de 14 ans et le viol en réunion d’une femme de 18 ans. En réaction à ces allégations, la MINUSCA a immédiatement renvoyés chez eux 120 Casques bleus originaires de la République du Congo.

 

Le contingent de soldats de la paix de la République démocratique du Congo, qui faisait également l’objet de plusieurs autres allégations d’exploitation et d’abus sexuels, a été rapatrié fin février, pour non-respect des normes de l’ONU en matière de matériel et de préparation. Une procédure pénale a été engagée à Kinshasa par les autorités de la RDC, concernant les accusations d’abus sexuels et d’exploitation commis par des Casques bleus de ce pays, mais a été ajournée en juin pour étudier la possibilité d’interroger les victimes.

 

En mars, des médias internationaux ont signalé de nouvelles allégations d’abus et d’exploitation sexuels commis par des Casques bleus de la MINUSCA. Cette dernière a alors annoncé l’ouverture d’une enquête sur ces affaires, et son intention de prendre des mesures contre les coupables.

 

Le procès militaire à Paris de cinq Casques bleus français, accusés d’avoir passé à tabac un Centrafricain, s’est ouvert en septembre. Les procès militaires en cours de soldats de la paix français accusés en 2015 d’abus sexuels se sont poursuivis.

 

En juin, le gouvernement de la République du Congo a annoncé qu’une procédure judiciaire était en cours contre un nombre non précisé de Casques bleus congolais de la MINUSCA, basés à Mambéré, qui auraient battu à mort deux hommes en 2015.

 

En février, une fosse commune découverte à Boali est apparue révéler les restes de 12 personnes qui auraient été tuées par des soldats de la paix de l’UA, originaires de République du Congo, en 2014. En décembre 2013, des Casques bleus de l’UA également originaires de République du Congo auraient battu à mort deux combattants anti-balaka, qu’ils avaient placés en détention à Bossangoa. En février 2014, ils auraient également exécutés deux combattants anti-balaka à Mambéré. En juin 2016, le gouvernement de la République du Congo a annoncé qu’une procédure judiciaire était en cours concernant les évènements de Boali et de Bossangoa. A l’heure où nous écrivons, aucune action n’a été engagée concernant les meurtres commis à Mambéré en 2014.

 

Efforts nationaux et internationaux pour la justice

 

L’impunité est restée l’un des principaux défis à relever pour faire face aux atrocités passées et à celles qui se perpétuent. En août et en septembre, la cour pénale de Bangui a jugé 55 affaires, dont certaines concernaient des crimes graves tels que des viols ou des meurtres. La cour n’a cependant pas traité les exactions ou crimes de guerre présumés liés au conflit.

 

Les ressources limitées et les obstacles administratifs ont freiné la mise en place de la Cour pénale spéciale, un tribunal hybride comprenant à la fois des juges et des procureurs nationaux et internationaux, et qui se concentrera sur les graves crimes internationaux commis depuis 2003. Dans ce qui représente une avancée positive, le Ministre de la Justice a annoncé en juillet que le procureur spécial de ce tribunal serait nommé avant la fin de l’année 2016. En août, l’ONU et le gouvernement ont signé un document précisant leurs missions et responsabilités relatives à ce tribunal.

 

Le Bureau du Procureur de la CPI a poursuivi tout au long de l’année son enquête sur les crimes graves commis par la Séléka et les anti-balaka. La CPI n’a émis aucun mandat d’arrêt en 2016.

 

Une enquête précédente de la CPI a conduit à la condamnation de Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la République démocratique du Congo. Les forces du Mouvement pour la Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba étaient intervenues en République centrafricaine en 2002 et 2003, sur ordre du Président de l’époque, Ange-Félix Patassé, pour réprimer une tentative de coup d’état menée par François Bozizé, qui était alors général.

 

Le 21 mars 2016, les juges de la CPI ont jugé Jean-Pierre Bemba coupable de viol, de meurtre et de pillages, aux termes du principe juridique de « responsabilité de commandement ». Le 21 juin, la Cour l’a condamné à 18 ans de prison. En septembre, les avocats de Jean-Pierre Bemba ont fait appel. La Procureure, qui avait requis une peine de 25 ans, a indiqué que son bureau ferait appel de la sentence pour qu’elle « reflète intégralement la culpabilité de Bemba ». Le 19 octobre, les juges de la CPI ont jugé Jean-Pierre Bemba et quatre complices coupables de subornation de témoins, après qu’ils aient tenté d’acheter des témoins.

 

Principaux acteurs internationaux

 

La France a entamé le retrait de ses forces de maintien de la paix en octobre. Elle devrait garder environ 300 soldats dans le pays.

 

Lors de la Conférence internationale de Bruxelles pour la République centrafricaine, le 17 novembre, l’Union européenne, principal bailleur du pays, s’est engagée à verser 409 millions d’euros (450 millions de dollars US) sur cinq ans pour les efforts de réconciliation, de développement et l’aide humanitaire. L’ensemble des dons promis lors de la conférence a atteint 2,06 milliards d’euros au total (2,28 milliards de dollars).

 

En 2016, les États-Unis ont apporté 95 millions de dollars d’aide humanitaire (soit 88 millions d’euros). La totalité de la réponse humanitaire n’a permis de couvrir que 32,2 pour cent des besoins financiers du pays. Les Pays-Bas, les États-Unis et l’ONU étaient les principaux bailleurs de la Cour pénale spéciale, mais le budget sur cinq ans de cette instance n’était toujours que partiellement assuré.

 

En avril, l’UE a autorisé la mise en place d’une mission de formation militaire, l’EUTM RCA, opérationnelle pour une période initiale de deux ans, afin de former deux bataillons de l’armée nationale. En août, l’armée ougandaise a entamé le retrait de ses troupes engagées dans une offensive coordonnée par l’UA contre la LRA, au sud-est. A l’heure de la rédaction de ce chapitre, les États-Unis avaient décidé de poursuivre leurs opérations contre la LRA dans le pays. 

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:58
Centrafrique : L’ambassadeur de France Christian Bader accuse des personnalités nationales et étrangères hostiles à la justice

 

 

 

 

Par Judicael Yongo le 8 juillet 2017

 

 

BANGUI, 08 Juillet 2017(RJDH)—« Plusieurs personnes tant des groupes armés que des chefs d’Etat voisins de la RCA ne veulent pas que la justice se fasse ». C’est l’avis du diplomate Haut représentant de la France Christian Bader, exprimé lors de la clôture de l’atelier de formation des journalistes sur la couverture médiatique des procédures judiciaires à Bangui.

 

Selon l’Ambassadeur, la solution à la crise centrafricaine n’est pas militaire mais plutôt judiciaire. Le diplomate français a tenu ce propos alors que le Tchad a élevé la protestation contre le rapport Mapping des Nations Unies et dans un contexte où des voix s’élèvent au sein des groupes armés pour demander un dialogue politique inclusif avant la justice.

 

Pour qu’il y ait la paix et la stabilité dans le pays, la solution n’est autre que la justice selon Christian Bader, « j’attends depuis mon arrivée, il y a un an en RCA, qu’il n y a pas de solution militaire à la crise. Je suis d’accord avec cela mais je dirais qu’il y a une solution judiciaire à la crise » a-t-il lâché aux journalistes. Selon lui, la justice commence avec les opérations de maintien de la paix par la gendarmerie et  la police pour rompre avec le cycle d’impunité dans ce pays.

 

Il a en outre ajouté que tout le monde est sujet de droit, « les gens doivent être arrêtés. Les criminelles dans la brousse et à Bangui doivent etre déférés devant la justice et être condamnés» poursuit-il.

 

Christian Bader pointe du doigt les volontés rétrogrades à la justice de certaines personnalités en ces termes :« je vous répète qu’il y a des gens que vous les connaissez aussi bien que moi à l’extérieur qu’à l’intérieur y compris certains chefs d’Etat voisins qui, tout simplement n’ont pas envie que cette justice ait lieu. Mais je dirais la victime principale c’est la stabilité de ce pays et la justice que demande tous les centrafricains » a-t-il regretté.

 

Flavien Mbata ministre de la Justice appelle les professionnels des médias à la vulgarisation des textes et des juridictions du pays. L’atelier intervient alors que la CPS prend sa forme dans le pays

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:52

 

 

 

 

vendredi, juillet 7th, 2017 http://www.lactuacho.com    Pape Ismaïla CAMARA

 

L’Assemblée de l’Union africaine (UA) a nommé le président libérien et ancien président de l’autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO Ellen Johnson Sirleaf en tant que membre de son groupe de Sages chargée de la région occidentale de la Corps continental.

 

Lors de la session ordinaire de la session 29e de l’UA qui s’est terminée le 4 juillet 2017 à Addis-Abeba, en Éthiopie, l’UA a également nommé Dr. Speciosa Kazibwe (Ouganda) et M. Armah Moussa (Egypte) au sein du groupe pour être responsables respectivement des régions de l’Est et du Nord, tandis que Mme Catherine Samba-Panza de la République centrafricaine a été nommée pour la région d’Afrique centrale, tout comme l’ancien président de la Namibie, M. Hifikepunye Pohhamba représentera la région de l’Afrique australe sur le panel. Ils devraient assumer un mandat de trois ans.

 

En ce qui concerne les décisions, l’Assemblée de l’UA a approuvé, conformément à l’article 11 (2) du Protocole du Conseil de paix et de sécurité (PSC), les recommandations formulées par le Président de la Commission concernant la nomination des nouveaux membres du Comité de l’UA des Sages.

 

L’Assemblée a en outre décidé que les membres sortants du Panel of the Wise deviendraient membres du groupe d’amis du Panel conformément à la décision de l’Assemblée (AU / Dec 2015) et au rapport de la Présidente de la Commission.

 

La présidente Ellen Johnson Sirleaf a également prononcé sa dernière allocution lors de la 29e Assemblée dans laquelle elle a décrit les prochains scrutins au Libéria comme «le premier décennie dans un environnement qui a connu onze années de paix ininterrompue». Elle a exprimé sa profonde reconnaissance pour le soutien régional et sous-régional qui a amené le Libéria là où il est aujourd’hui. Le pays d’Afrique de l’Ouest se dirige vers les scrutins en octobre 2017.

 

En rendant des hommages à la CEDEAO en particulier et à d’autres organismes internationaux, elle a déclaré: « Nous devons beaucoup à la CEDEAO, à nos frères et sœurs de l’Union africaine et à la Mission des Nations Unies au Libéria pour avoir contribué à la consolidation de la paix et à la consolidation avec notre économie largement restaurée; Notre dette durable et notre nation pleine d’espoir et de promesses  »

 

Elle a reconnu le soutien de l’UA dans la lutte contre Ebola soulignant que la région était confrontée à des moments difficiles avec le virus alors que la solidarité de l’Union africaine était phénoménale. Elle a également souligné le rôle joué par quelque 855 agents de santé africains de divers pays du continent qui ont apporté leur soutien dans les trois pays les plus touchés, dont le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone.

 

Soulignant que c’était un privilège de faire partie de l’UA qui a pris de l’ampleur dans l’exploration des stratégies et la lutte contre les défis pour accélérer le développement, le Président Sirleaf a exprimé sa profonde appréciation pour l’occasion offerte de donner des remarques de clôture et de parler au corps distingué de l’UA Pour la dernière fois en sa qualité de président de la République du Libéria.

Union africaine : Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, nommée membre de son groupe des sages
Union africaine : Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, nommée membre de son groupe des sages
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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:50

 

 

 

Le 7 juillet 2017

 

République centrafricaine

 

Q – La situation en Centrafrique ne cesse de se dégrader avec une MINUSCA en difficulté  et un gouvernement qui peine à asseoir son autorité. Que propose la France pour essayer de débloquer cette situation ?

 

R – Comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer à plusieurs reprises ces dernières semaines, la France suit avec attention la situation en République centrafricaine, en étroite concertation avec ses partenaires africains, européens et internationaux.

 

La France réitère son soutien au président Touadéra et aux autorités centrafricaines et appelle l’ensemble des partenaires de la RCA à rester engagés à leurs côtés. Nous encourageons l’ensemble des acteurs centrafricains à agir dans un esprit d’unité et de réconciliation nationale.

 

La France condamne fermement les violences perpétrées par les groupes armés et appelle à un cessez-le feu immédiat et à la mise en oeuvre rapide du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement.

 

La France salue l’action de la MINUSCA, qui paie un lourd tribut pour la protection des populations civiles en République centrafricaine. Elle encourage la mission à poursuivre la mise en oeuvre robuste de son mandat. La France soutient le renforcement des moyens de la MINUSCA et vient à cet effet de déployer une unité de 7 drones au sein de la mission.

 

En étroite coordination avec les autres bailleurs, la France participe également, à titre bilatéral et européen, à l’aide au développement, en appuyant le renforcement des capacités de l’administration centrafricaine et la fourniture de services aux populations, notamment en matière d’éducation et de santé.

 

Nous soutenons également le processus de montée en puissance de l’armée centrafricaine, avec l’apport de la mission européenne de formation EUTM, à laquelle nous contribuons activement.

 

La France appuie par ailleurs les demandes de la RCA en matière de lutte contre l’impunité et soutient notamment la mise en place de la cour pénale spéciale en RCA par la mise à disposition d’un magistrat français et une contribution à la formation des magistrats.

 

Distribué par APO pour Ministère des Affaires Etrangères de la République Française.

Centrafrique : Déclarations de la porte-parole et agenda du ministre, de la ministre chargée des affaires européennes et du secrétaire d’Etat – 7 juillet 2017
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