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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 02:11
Ali Bongo, éternel convalescent

 

Lu pour vous

 

By  La redaction de Mondafrique  4 septembre 2019

 

 

Par Jocksy Ondo Louemba 

 

Depuis son AVC survenu en Arabie saoudite le 24 Octobre 2018, l’état de santé réel d’Ali Bongo intrigue. Un état de fait alimenté par la communication opaque et médiocre des autorités du Gabon. 

 

C’était il y a près d’un an. Alors qu’il participe au « Davos du Désert » en Arabie Saoudite, Ali Bongo est foudroyé par un Accident Vasculaire Cérébral (AVC). Très vite l’information circule et pudiquement la presse du royaume saoudien parle d’un malaise ayant conduit à une hospitalisation du chef de l’Etat gabonais. Au Gabon la polémique enfle et les autorités se résignent à donner leur version des faits. 

 « Fatigue sévère contre AVC »

Alors que la Presse parle d’un AVC, la Présidence du Gabon préfère parler de « fatigue sévère » (Sic). Puis voulant se montrer rassurante face aux importantes fuites, la Présidence du Gabon ajoute qu’Ali Bongo est victime d’une fatigue « sévère suivie de saignements » (sic). Il faudra attendre que le Vice-Président de l’époque Pierre Claver Maganga Moussavou affirme contrairement aux préconisations qu’Ali Bongo avait été victime d’un AVC et qu’il avait une profonde empathie pour lui. 

Contradictions permanentes

La suite est une succession de contradictions. Ali Bongo se trouve « en convalescence » au Maroc mais on présente un décret qu’il aurait signé au même moment à Libreville. Le 22 Mars 2019, le gouvernement du Gabon déclare Ali Bongo totalement rétabli et on organise son retour que l’on veut triomphal. Moins de deux jours après, il est évacué sanitairement à Londres. Combien d’aller retours médicaux Ali Bongo a-t-il effectué ? Difficile de le dire.  Entre deux voyages, on tente montrer par diverses manœuvres qu’Ali Bongo est toujours aux commandes mais la communication présidentielle ne parvient pas à lever les doutes. 

Le fiasco d’Août 2019

Alors que les festivités célébrant l’accession du Gabon à la souveraineté internationale approchent et que l’opinion publique gabonaise s’interroge sur sa participation. La Présidence du Gabon annonce qu’Ali Bongo à nouveau « totalement rétabli » participera effectivement aux festivités et marquera par la même occasion son grand retour. Mais résultat n’est pas glorieux.  Ali Bongo apparaît lourdement handicapé malgré le contrôle des images et la campagne de presse bien huilée. Et le soir même de la fête nationale du Gabon alors qu’il ne s’était pas levé une seule fois pour saluer le passage des troupes surtout de sa garde prétorienne (Garde Républicaine), il est selon l’Agence Bloomberg évacué vers Londres, pris en charge médicalement ce qui n’empêche pas sa santé de se détériorer. 

Pour répondre à l’information de l’agence de Presse américaine, Sylvia Bongo publie une photo d’Ali Bongo ne contenant aucun élément de datation et la Présidence du Gabon reconnait dans un communiqué qu’Ali Bongo se trouve « en séjour privé dans sa résidence londonienne où il a pris quelques jours de congé́ en famille », avant de poursuivre « A cette occasion, il effectue des examens médicaux de routine et poursuit normalement sa rééducation ».

Or la même présidence du Gabon n’a jamais déclaré – comme le veut pourtant les usages – qu’ Ali Bongo avait pris des congés et quitté le Gabon..

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 01:43
LE CAMEROUN DÉPLOIE UN CONTINGENT DE 1100 NOUVEAUX HOMMES EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

Lu pour vous

 

CAMEROUN – MINUSCA: LE CAMEROUN DÉPLOIE UN CONTINGENT DE 1100 NOUVEAUX HOMMES EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

https://www.camernews.com

 

Le contingent conduit par le colonel Tabot Orock Samuel a reçu ce 3 septembre 2019, le drapeau national au cours d’une cérémonie présidée par le ministre de la Défense Joseph Beti Assomo à la Brigade du quartier général de Yaoundé. Le 6e contingent camerounais est composé de 750 militaires et 350 gendarmes.

Un an après l’envoi du 5e contingent camerounais en République Centrafricaine dans le cadre de la Mission Multidimensionnelle Intégrée de Stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA), le 6e contingent composé de 750 militaires et 350 gendarmes (1100 nouveaux hommes) est en route pour la RCA.

La cérémonie de remise du drapeau national au colonel Tabot Orock qui conduit les troupes a eu lieu ce 3 septembre 2019, à la Brigade du quartier général de Yaoundé, précise nos confrères de la CRTV.

Le ministre de la Défense Joseph Beti Assomo qui présidait ladite cérémonie, a rappelé  aux 1100 désormais casques bleus de l’ONU, qu’ils devraient «assurer la mission de paix et de stabilité avec professionnalisme en Centrafrique. Ils devraient  faire preuve d’exemplarité pendant leur mission». Ces casques bleus devraient donc éviter «le recours à la force, sauf en cas de légitime défense, la partialité dans leur intervention». 

Des sanctions  sont prévues si des actes  d’indiscipline  sont identifiés  a prévenu le MINDEF au cours de cette cérémonie. En tant que représentants du Cameroun et des Nations-Unies, les hommes du colonel Tabot Orock Samuel, devraient: «assurer le retour de la paix et de la stabilité en RCA en crise depuis des années, soutenir les actions des organisations humanitaires, travailler en collaboration  avec les frères centrafricains», relève nos confrères.

Ce 6e contingent camerounais va séjourner en RCA pendant un an.

 

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 01:31
Faustin Touadera (président centrafricain) sur RFI : «La France va se réengager» en RCA
Faustin Touadera (président centrafricain) sur RFI : «La France va se réengager» en RCA

 

 

Par Christophe Boisbouvier RFI : vendredi 6 septembre 2019

 

« La France va se réengager à nos côtés », se réjouit le président centrafricain Faustin Archange Touadera à l'issue de sa rencontre hier, jeudi 5 septembre, à l'Elysée avec son homologue français Emmanuel Macron. Il y a trois ans, en octobre 2016, la France a retiré de Centrafrique ses soldats de l'opération Sangaris. Qu'est ce que la France promet aujourd'hui à la Centrafrique ? Que se sont dits les deux chefs d’État pendant leur tête à tête de 50 minutes ce jeudi ? Faustin Archange Touadera répond sans détour aux questions de RFI.

 

RFI : Il y a encore plusieurs dizaines de violations de l’accord toutes les semaines. N'est-ce pas le signe que l’accord du 6 février est extrêmement fragile ?

Faustin-Archange Touadéra : Vous savez, on a signé le 6 février mais ça ne voulait pas dire que dès le 6 février, tout allait revenir à la normale. Il fallait mettre en place le mécanisme de suivi. Il y a encore des armes. Mais ce qu’il faut reconnaître, c’est qu’il y a eu un apaisement remarquable. Des barrières ont été levées. Il y a des centres administratifs qui ont été libérés permettant le retour des administrations. Il y a bien des avancées qui sont notables depuis la signature de cet accord. C’est un processus qu’il faut travailler, pour la paix. Et nous invitons la presse, notamment RFI, à aussi travailler dans ce sens pour que la paix revienne [et pas juste] épingler des cas pour décourager les gens ou donner un sentiment que les choses ne vont pas.

L'élection présidentielle approche, ce sera en décembre 2020. Serez-vous candidat à votre succession ?

Je suis à mi-mandat. Je crois que [nous en sommes] à trois ans et demi aujourd’hui et le mandat est de cinq ans. Il y a encore du travail, il y a du temps. C’est tout un processus qu’il faut préparer et le gouvernement travaille avec les autres institutions pour que nous ayons des élections en temps [et en heure], conformément à la Constitution. Mais en tant que président de la République, je dois travailler, je continue de travailler. Il n’est pas question de dire aujourd’hui : le moment viendra où cette question sera peut-être à l’ordre du jour. Pour l’instant, je suis en fonction donc, je continue de travailler pour faire avancer les choses.

Beaucoup d’opposants vous reprochent d‘avoir conclu un pacte avec les groupes armés afin de pouvoir faire campagne dans les territoires qu’ils contrôlent alors que les autres candidats resteront bloqués à Bangui.

Ça, c’est une vue de l’esprit. Comment voulez-vous ? Nous avons signé un accord qui été apprécié par tout le monde, soutenu par toute la communauté internationale. Ce n’est pas un pacte entre Touadéra et les groupes armés. Aujourd’hui, tous les Centrafricains, politiques ou pas, devraient soutenir cet accord pour que la paix revienne. Sans la paix, qu’est-ce que l’on peut faire ? Au lieu de soutenir cet accord, au lieu de faire en sorte que nous puissions aller vers la réconciliation, on dit un certain nombre de choses que je regrette. Je demande à ces compatriotes de se raviser.

En octobre 2018, au sommet de la francophonie à Erevan, Emmanuel Macron vous a demandé de ne plus laisser carte blanche à votre partenaire russe à Bangui. Alors ce jeudi à l’Elysée, lorsqu’il vous a refait la même demande, que lui avez-vous répondu ?

Ecoutez, vous revenez à chaque fois sur la question des relations avec la Fédération de Russie. Le problème est qu'en Centrafrique, ce n’est pas d’aujourd’hui que nous avons des coopérations avec la Fédération de Russie, ça date de très longtemps. La France est notre partenaire historique et privilégié avec qui nous avons toujours travaillé. Il y a aussi d'autres partenaires et nous demandons à tous nos amis de nous aider à sortir de ce conflit. La Fédération de Russie nous a apporté un soutien en faisant des dons de matériel ; des armes pour nos forces de défense et de sécurité. C’est un soutien que nous apprécions. Les partenaires sont en complémentarité et les autorités et moi-même faisons des efforts pour que les choses se passent en toute transparence.

C’est ce que vous avez dit à Emmanuel Macron ce jeudi, mais êtes-vous sûr de l’avoir convaincu ?

Nous avons échangé sur le renforcement de la coopération entre la République centrafricaine et la France, et aussi sur le soutien et le réengagement de la France à nos côtés. Parce que c’est important. Il y a eu beaucoup de progrès, la France nous appuie dans le cadre de la reconstitution de l’armée. Vous savez qu’aujourd’hui la France a pris la tête de l’EUTM, qui est la mission de formation. Nous optons pour une armée de garnison et nous avons besoin du soutien de la France pour la mise en place des différentes garnisons, notamment à Bouar ou dans les autres zones de défense. Nous avons besoin de ce soutien et c’est ce sur quoi nous avons échangé. Il y a aussi le soutien diplomatique. Aujourd’hui, la République centrafricaine est sous embargo [de l'ONU]. Eh bien, nous avons besoin que la France nous appuie pour qu’il y ait la levée de l’embargo pour que les forces de défense nationale -qui sont formées par l’EUTM- puissent être dotées des moyens permettant leur mission. Et bien d’autres choses, sur lesquelles nous avons échangé aujourd’hui, qui sont positives et montrent l’engagement de la France à nos côtés et le renforcement de notre coopération.

Donc pour vous, la France, depuis de le départ de Sangaris, n’est pas assez engagée chez vous. Vous lui avez demandé de se réengager. Est-ce que vous croyez avoir été entendu ?

On a besoin de plus d’engagement de tous les partenaires. Aujourd’hui, que ce soit l’Union européenne, les Nations unies, la France, les autres, … nous demandons davantage de regard sur la République centrafricaine pour permettre de tourner définitivement cette page. Et c’est ce que nous sommes venus demander aussi et discuter avec le président Macron qui nous a entendu, effectivement, et qui a pris des engagements pour continuer à nous soutenir. Surtout avec cet accord que nous avons obtenu pour que vraiment la paix revienne en République centrafricaine.

Peut-on dire que maintenant votre partenaire numéro un en matière de sécurité, ce n’est plus la France mais la Russie ?

En Centrafrique, il y a l’Union européenne, il y a les Nations unies, il y a la France, il y a aussi d’autres partenaires qui interviennent. Nous allons demander à ce que par exemple, au niveau de la sécurité et la force de défense intérieure, il y ait une mission de l’Union européenne pour former nos policiers et nos gendarmes. Et ça, nous avons demandé au président Macron d’intervenir auprès des États membres pour qu’une telle mission puisse se déployer. Les Américains aussi nous appuient. Nous avons aussi des appuis de la part de la Chine à travers un certain nombre de formations et nous avons besoin de soutien de la part de notre partenaire privilégié et historique, la France, et d’autres partenaires aussi qui nous appuient.

 

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 00:53
Paris-Bangui: Emmanuel Macron demande des garanties au président centrafricain Touadéra
Paris-Bangui: Emmanuel Macron demande des garanties au président centrafricain Touadéra

 

Macron appelle au respect des accords de paix

 

septembre 05, 2019  AFP

 

Le président français Emmanuel Macron a rappelé jeudi à son homologue centrafricain Faustin Archange Touadéra, en visite à Paris, la nécessité de "faire tous les efforts pour que l'accord de paix soit bien respecté par les groupes armés", a indiqué la présidence française.

Six mois après la signature de l'accord conclu en février entre le gouvernement et 14 groupes armés, la paix tarde à revenir en Centrafrique, où les provinces sont toujours contrôlées à 80% par les groupes rebelles.

Les combats entre groupes armés et les attaques contre la population civile se poursuivent -- meurtres, viols, braquages, détentions arbitraires, attaques sur les personnels humanitaires -- avec 10 à 70 violations de l'accord enregistrées chaque semaine par la Mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca).

Le chef de l'Etat français, qui avait déjà reçu M. Touadéra en septembre 2017, "a aussi rappelé au président centrafricain son attachement à l'organisation d'élections libres et inclusives" fin 2020 et ajouté que le partenariat entre la France et l'Afrique centrale était "indispensable notamment pour la sécurité avec les pays voisins".

L'Elysée n'a pas précisé si les deux hommes avaient parlé du rapprochement entre la Centrafrique et la Russie, qui préoccupe Paris.

L'ancienne colonie française de 4,5 millions d'habitants, classée parmi les pays les plus pauvres au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé.

La France y était intervenue entre 2013 et 2016 (opération Sangaris) pour faire cesser les violences.

Paris a remis en décembre dernier 1.400 fusils d'assaut aux forces armées centrafricaines (Faca), après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU, tout comme la Russie, qui a fait une entrée remarquée dans l'ancienne colonie du "pré carré" français en livrant des armes aux Faca début 2018.

Actuellement l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national et des groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail.

La France compte aujourd'hui quelque 300 soldats français en Centrafrique, qui mènent des actions de formation des forces armées nationales et assurent si nécessaire un appui à la force de l'ONU (Minusca, 13.000 hommes).

 

Rencontre Présidents F.A.Touadera et E.Macron : « La présence russe en République Centrafricaine a été également au menu de ces échanges », a rapporté la Présidence de la RCA 

 

Le Président de la République, Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera a effectué une rencontre de travail ce matin du 05 septembre 2019 à l’Elysée avec son homologue français Emmanuel Macron.

Les échanges entre les deux hommes d’Etat qui ont été très fructueux, ont porté essentiellement sur le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale.

Au plan bilatéral, les deux chefs d’Etat ont réitéré la volonté de renforcer la coopération dans l’intérêt de leurs deux pays.

 

Sur le plan multilatéral, le Président Touadera a sollicité du Président Macron, l’accomplissement du défi de la mise en œuvre de l’Accord du 6 février, notamment l’opérationnalisation dans les meilleurs délais, des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité, solution transitoire au redéploiement des FACA et la mise en place de la Commission, Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation délai.

Quant à la MINUSCA, le Président Touadera a sollicité le plaidoyer de la France pour la mise en place d’un mandat qui tienne compte des recommandations de l’Accord politique pour la paix et la sécurité entre le gouvernement et les groupes armés.

 

La réactivation des commissions mixtes avec le Tchad et les autres voisins de la RCA comme le Congo RDC, le Soudan et le Soudan du Sud a été également à l’ordre du jour de ces échanges qui ont duré un peu plus d’une heure.

Notons que le Cameroun et le Congo Brazzaville ont récemment tenu des commissions mixtes avec la RCA.

 

Enfin, la question de la présence russe en RCA a été également au menu de ces échanges. Il en résulte que la RCA demeure un pays ouvert à toutes formes de coopération dans tous les domaines, notamment économiques, si elles sont basées sur le respect du code minier, des codes, des textes ou de la réglementation en vigueur.

Les questions de l’élection présidentielle et les législatives ainsi que la levée de l’embargo sur les armes ont été également abordées par les présidents Macron et Touadera.

 

Source : Présidence : La Renaissance

 

Lu pour vous 

 

Paris-Bangui: Emmanuel Macron demande des garanties au président centrafricain Touadéra

 

 https://www.lopinion.fr Pascal Airault  06 septembre 2019 à 17h45

 

Le président français a reçu son homologue centrafricain, le 5 septembre à l’Elysée, pour évoquer la situation politique, économique et sécuritaire à Bangui

 

La France s’est profondément réinvestie en Centrafrique ces derniers mois pour contrer les influences russe et chinoise. Le président de ce pays, Faustin-Archange Touadéra, était reçu ce jeudi matin à l’Elysée pour faire le point sur la relation bilatérale et évoquer l’avenir politique du pays à un peu plus d’un an d’une présidentielle qui suscite déjà beaucoup de convoitises.

Il a eu droit à un recadrage de la part de son homologue qui attend des résultats. Emmanuel Macron, selon l’AFP, a rappelé au président centrafricain son attachement à l’organisation d’élections libres et inclusives fin 2020. Il a ajouté que le partenariat entre la France et l’Afrique centrale était « indispensable notamment pour la sécurité avec les pays voisins. »

De son côté, le président centrafricain a insisté sur la souveraineté de son pays, qui s’est ouvert à la Chine et à la Russie, tout en louant le partenariat historique et privilégié de la France.

Depuis l’indépendance de l’ex Oubangui-Chari en 1960, la France a souvent fait la pluie et le beau temps dans ce pays. Son influence est réelle, même si elle avait fortement réduit son dispositif avant la crise de 2013. L’armée française forme et entraîne les forces armées centrafricaines (les « Faca ») quasiment sans discontinuer. Elle y a aussi conduit une demi-douzaine d’interventions militaires pour rétablir l’ordre ou protéger ses ressortissants dont la dernière est l’opération Sangaris, entre 2013 et 2016.

Attaques. Cette opération a permis de faire baisser les tensions intercommunautaires et interconfessionnelles, notamment à Bangui. Mais les provinces du pays sont toujours contrôlées à 80 % par les groupes armés essentiellement crées par des anciens mercenaires des ex-présidents Patassé et Bozizé reconvertis en rebelles sans réelles revendications politiques. En février dernier, le gouvernement et 14 groupes armés ont signé un accord de paix à Khartoum, parrainé par la Russie et son allié d’alors soudanais dont l’exécution tarde à venir. L’Elysée a insisté, jeudi, pour le respect de cet accord par les groupes armés. Les forces internationales sont régulièrement prises à partie par les rebelles et les attaques contre la population civile se poursuivent – meurtres, viols, braquages, détentions arbitraires, attaques sur les personnels humanitaires – avec 10 à 70 violations de l’accord enregistrées chaque semaine par la Mission de l’ONU en République Centrafricaine (Minusca).

« Cet accord de Khartoum fait figure de leurre, explique Jean-Pierre Mara, député centrafricain. Un des chefs des groupes armés notamment issu de la communauté peule se dit demi-frère du président Touadéra. Si cette relation est avérée, elle expliquerait en partie l’impunité dont bénéficient ces derniers. Par ailleurs, en ayant signé un accord avec les groupes armés et installé des structures de son parti (le MCU) dans les zones occupées par les groupes armés, le président pourra y faire campagne – ce que ne pourra pas faire l’opposition – et obtenir ainsi le soutien des populations pour la présidentielle de décembre 2020. En échange, il est prêt à leur offrir une immunité et leur permet de poursuivre leurs activités illicites  ».

Au nord du pays, les chefs de guerre peuls comme Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki) et Ali Darrassa vivent de nombreux trafics et de taxes perçues sur les commerçants. L’opposition dénonce le non-respect de l’accord de paix alors que les groupes armés ont obtenu des postes au sein des institutions à Bangui. Sidiki est conseiller militaire du Premier ministre mais n’a pas facilité la mise en place des unités mixtes associant milices et Forces armées centrafricaines.

La Centrafrique reste le pays de l’économie illicite, notamment du commerce informel du diamant. Les maigres recettes de l’Etat proviennent des impôts sur les importations de marchandises transitant par le Cameroun

« Les chefs de guerre se sont engagés à Khartoum sur plusieurs actions politiques comme préalables à leurs entrées dans le gouvernement. Entre autre engagement, la dissolution de leurs groupes armés pour monter des partis politiques, poursuit Jean-Pierre Mara. Or, aucun de leur engagement n’a été respecté à ce jour !  » Le processus de désarmement ne progresse guère. Et les Faca, en cours de formation, restent cantonnés au sud du pays (notamment à Bangui et Kaga-Bandoro)… au grand dam des populations qui dénoncent l’incapacité des forces de défense et des troupes onusienne à les défendre.

Economie illicite. La Centrafrique reste le pays de l’économie illicite, notamment du commerce informel du diamant. Les maigres recettes de l’Etat proviennent des impôts sur les importations de marchandises transitant par le Cameroun. Sans l’aide internationale, le pays ne pourrait s’en sortir. Paris insiste pour que l’Etat améliore sa gouvernance et cherche de nouvelles ressources. La France a proposé un appui pour structurer et formaliser la filière diamant dont le produit s’évapore clandestinement par toutes les frontières.

Face à la mal gouvernance, l’opposition et la société civile semblent prêtes à aller au bras de fer avec le pouvoir. Réunies au sein de la plateforme É Zingo Biani qui compte des hommes politiques comme Anicet-Georges Dologuélé, Jean-Serge Bokassa et Karim Meckassoua, elles envisagent de demander la destitution du chef de l’Etat. Elles tentent actuellement de rassembler une majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale pour déposer un acte de mise en accusation pour« violation de serment », « affairisme », « homicides politiques » et « entretien de milices ». Le but est d’obtenir ensuite une destitution du chef de l’Etat par la Cour constitutionnelle et une comparution devant la Haute Cour de Justice.

Il sera toutefois difficile de rassembler le nombre d’élus nécessaires, certains restant fidèles au président Touadéra, d’autres estimant qu’il est contre-productif d’engager un bras de fer à un peu plus d’un an de la fin de son mandat.

La présidentielle est déjà dans toutes les têtes. Les proches du chef de l’Etat discutent actuellement du retour de l’ex président Bozizé, toujours en exil en Ouganda. Il pourrait lui être accordé le statut d’ex-chef d’Etat, incluant des émoluments, en échange d’un coup de pouce électoral.

Code électoral. « Le recensement n’est pas fait et ne peut être réalisé en l’état sécuritaire actuel, déplore Jean-Pierre Mara. On ne sait même pas qui pourra voter ». La cour constitutionnelle et l’Autorité nationale des élections sont accusées de partialité et de travailler à la réélection du chef de l’Etat. Un nouveau code électoral a été adopté, après moult discussion, mais beaucoup redoutent que le clan au pouvoir utilise l’identification à venir pour jouer sur la liste électorale. Dans le collimateur, la société Al Madina détenu dirigée par Aziz Nassour, un diamantaire libanais très proche du clan Touadéra. Cette société a gagné de gré à gré le juteux contrat des cartes nationales d’identité, également convoité par une entreprise française.

L’attribution de contrats pour la confection de pièces d’Etat civil et autres documents officiels (permis, carte grise…) donnent lieu depuis trois à des querelles jusqu’au sein du pouvoir où les ministres s’opposent pour confier les marchés à des entreprises « amies ».

Mais l’opposition craint surtout qu’Al Madina aide le clan Touadéra à conserver le pouvoir en distribuant des cartes d’identité en priorité à leurs partisans. « L’ONU, l’Union africaine et la France n’auront plu aucun moyen de s’assurer que la présidentielle soit transparente », explique un diplomate européen.

D’après le code électoral, la nouvelle carte nationale d’identité est le document requis pour se procurer sa carte d’électeur. Son prix a été ramené à 6 000 francs CFA alors qu’Al Madina avait prévu de la faire payer 15 000 francs CFA. Toujours trop. Certains experts dénoncent une sélection par l’argent et craignent que de nombreux Centrafricains ne puissent accéder au document en raison de son coût. L’opposition redoute aussi que le clan au pouvoir se serve de cette carte d’identité pour recruter du « bétail électoral », notamment dans la zone des frontières avec le Tchad et le Cameroun, sous contrôle des chefs rebelles.

A Bangui, le président russe a nommé un nouvel ambassadeur en janvier, Vladimir Titorenko, qui semble avoir de meilleures relations que son prédécesseur avec les diplomates français

Garantie. En ayant ouvert son pays à la coopération militaire russe et chinoise, le président Touadéra s’assure la garantie que le Conseil de sécurité de l’ONU ne devrait pas lui être hostile. La France s’est inquiétée de l’investissement russe en Centrafrique et de la présence nombreuse de « contractors » de Wagner, la société de Evgeny Prigogine, un proche du Kremlin qui opère aussi en Syrie. Jusqu’à une période récente, la France redoutait aussi les critiques dont elle a été l’objet dans la presse et les réseaux sociaux. Elle a vu la main de la Russie dans cette opération de French bashing, via le financement des médias locaux. « Les attaques contre la France sont moins nombreuses, poursuit le diplomate européen. La reprise du dialogue franco-russe y est certainement pour quelque chose même si Vladimir Poutine ne maîtrise pas forcément tous ses services de renseignement sur le terrain ».

A Bangui, le président russe a nommé un nouvel ambassadeur en janvier, Vladimir Titorenko, qui semble avoir de meilleures relations que son prédécesseur avec les diplomates français. Moscou fait aujourd’hui profil bas. Les contractors de Wagner ont beaucoup été critiqués pour leurs frasques nocturnes. Ils sont aujourd’hui plus discrets, restant cantonnés entre le Camp de Roux à Bangui et l’ex palais de Bokassa à Berengo. « Les Russes sont présents dans le commerce de l’or, du diamant et de la viande », ajoute le diplomate européen. Convoitant les ressources du pays, les chinois ont, quant à eux, acquis des concessions pétrolières et minières.

« Peu importe l’issue de l’accord de Khartoum, nous devons refuser la reproduction des comportements qui génèrent l’injustice sociale et qui empêchent l’adhésion de tous derrière un programme de reconstruction à mettre en place par consensus », conclut le député Jean-Pierre Mara.

 

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 03:03
Obo : Les déplacés de Gougbere informés des dispositions prises pour leur retour
Obo : Les déplacés de Gougbere informés des dispositions prises pour leur retour

 

https://fr.africanews.com/  04/09 - 19:50

 

C’est aux fins de diagnostiquer les problèmes sécuritaires auxquelles font face les déplacés de Gougbere à Obo et de les sensibiliser sur l’Accord politique et le Mandat de la MINUSCA qu’une équipe du bureau régional de la MINUSCA, accompagnée d’autorités locales avec à leur tête le préfet de Haut Mbomou, s’est rendue le 3 septembre 2019 sur le site qui les accueille.

Pour l’histoire, Gougbere est un gros village d’un millier d’habitants dont environ 300 se sont déplacés à Obo (extrême sud-est de la Centrafrique), suite aux malheureux évènements survenus récemment dans cette région du pays. Ces derniers manifestent justement le désir de rentrer chez eux, mais craignent que les conditions de sécurité sur place ne soient pas encore réunies.

D’où l’importance de cette descente sur le terrain, pour expliquer les efforts qui sont en train d’être faits pour faciliter leur retour pacifique. « Le chef de Bureau de la MINUSCA et moi sommes en train de faire des efforts pour que la route qui mène chez vous soit réhabilitée, pour permettre les patrouilles de routine jusqu’à Gougbere. Cela permettra de garantir la sécurité en cas d’urgence. Ainsi vous pouvez retourner en paix », leur a dit le préfet de Haut Mbomou.

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 02:54
RCA :  "Le PAM attend 35 millions de dollars de l'Allemagne et des USA" : Hervé Verhoosel

 

Lu pour vous

 

INTERVIEWS EXCLUSIVES

 

https://www.dw.com 04.09.2019

 

" Le PAM attend 35 millions de dollars de l'Allemagne et des USA pour doubler son aide à la Centrafrique" (Hervé Verhoosel)

 

Le PAM réclame un financement supplémentaire pour 1,8 millions de Centrafricains en détresse alimentaire

L'organisme d'aide alimentaire de l'ONU plaide pour un appui financier supplémentaire en faveur de 1,8 millions de Centrafricains en détresse alimentaire. Selon le porte-parole du  Programme alimentaire mondial, la République centrafricaine est la 3e plus grande crise humanitaire au monde après le Yémen et la Syrie, si on considère la proportion de la population totale qui a besoin d’une aide humanitaire. 

 Hervé Verhoosel et la star de la musique centrafricaine Ozaguin OZ ont visité la semaine dernière la ville de Bambari, dans le centre du pays, pour attirer l’attention de la communauté internationale sur cette crise oubliée. Occasion pour lui de présenter la situation actuelle dans le pays.


DW : Après Genève, vous vous êtes rendu à Bambari, avec la star de la musique centrafricaine Ozaguin OZ pour attirer l'attention de la communauté internationale sur les besoins en assistance alimentaire. Pourquoi le choix de la ville de Bambari?

Hervé Verhoosel : Bambari est une ville qui héberge des camps de réfugiés. En République centrafricaine qui est un pays qui compte un peu plus de 4 millions cinq cent mille habitants, vous avez 600 000 déplacés internes et avec le chanteur Ozaguin OZ nous sommes allés visiter un camp de déplacés, le camp des élevages avec principalement des Peuls. Dans ce camp en particulier il y a huit mille cinq cents personnes qui étaient dans leur situation quotidienne. Et le fait que nous ne pouvions aider qu'un tiers de ses habitants, nous aidons un petit peu plus de 2500 personnes dans ce cas précis.

DW :  A Bambari quel est le constat général que vous avez fait par rapport à l'état de la population qui était sur place.

Hervé Verhoosel : J'ai tout de même, du côté positif vu une certaine indifférence au niveau de la sécurité à l'intérieur de la ville. Je sais qu'il y a un quartier en particulier qui pendant la nuit n'est peut être pas très sûr mais dans les rues de Bambari je n'ai plus vu d'hommes en armes comme on les voyait avant. C'est donc une chose relativement extraordinaire. J'ai vu les magasins qui étaient tous ouverts à la vie économique qui reprenait. C'est une chose importante. Ensuite dans le camp que nous avons visité la façon avec laquelle nous utilisions les coupons alimentaires. Qu'est-ce que c'est un coupons alimentaires? C'est un peu comme un chèque, plutôt que distribuer de la nourriture tous les mois, nous distribuons un coupon qui a une valeur de moins de 10 euros par personne par mois et donc les familles peuvent aller chez le commerçant local avec lequel le Programme alimentaire mondial a un accord particulier pour choisir et acheter eux mêmes leur propre nourriture. L'intérêt c'est que la nourriture est plus variée plus adaptée au type de famille mais aussi que cela permet à l'économie locale aux magasins par exemple mais également aux producteurs locaux d'avoir beaucoup plus de business et de vente. 
 
DW : Quand vous parlez de la distribution de coupons alimentaires, en franc CFA cela fait autour de 2800 ou 5800 francs équivalent de 1 ou 2 coupons alimentaires. Pensez-vous qu'un ménage, un individu puisse manger à sa faim pendant 28 jours, 30 jours?

Hervé Verhoosel: Bien sûr le coupon humanitaire n'est pas spécialement l'équivalent de l'ensemble de la nourriture dont la famille a besoin. Donc il y a également des distributions de denrées alimentaires que nous faisons nous mêmes. Mais c'est vrai que ce n'est pas toujours suffisant et qu'il faut faire plus. Mais aussi les gens eux mêmes commencent à travailler un petit peu dans des petits business parfois ou à trouver des suppléments financiers qui leur permettent de tenir le coup. 

DW : De Genève à Paris votre message est le même. Le PAM a besoin d'un financement supplémentaire. C'est pour quel type d'assistance précisément et quel est le gap aujourd'hui recherché?

Hervé Verhoosel : Aujourd'hui nous aidons 600.000 personnes en République centrafricaine tous les mois. Nous allons passer à l'avant de la fin de l'année à 800.000 personnes. Nous allons en fait ajouter 200 000 enfants femmes enceintes et allaitantes et l'année prochaine. Nous voulons ensuite doubler ce chiffre. C'est donc une énorme augmentation que nous voulons. Mais pour cela nous avons besoin de 35 millions de dollars supplémentaires. C'est de l'argent que nous devons trouver avant la fin de l'année afin de pouvoir planifier cette aide de l'année prochaine. A noter que notre second plus grand pays donateurs est l'Allemagne notre premier pays donateurs sont les Etats-Unis.

DW : La crise humanitaire centrafricaine est elle comparable à celle d'autres pays à l'exemple du Yémen ou encore de la Syrie.

Hervé Verhoosel : Exactement. En fait les gens ne se rendent pas compte de cette crise. Cette crise est un petit peu une crise oubliée. Les médias internationaux ont tendance à en parler de moins en moins. Mais ce que les gens ne se rendent pas compte c'est que c'est en réalité la troisième ou en fonction des chiffres la quatrième crise humanitaire dans le monde après le Yémen et après la Syrie et cela proportionnellement par rapport à la taille du pays et le nombre d'habitants bien sûr.

DW : Quels sont les challenges qui se posent à votre équipe qui est sur le terrain pour pouvoir porter assistance aux quelque 600 000 personnes répertoriées aujourd'hui?

Hervé Verhoosel : Aujourd'hui les challenges sont divers. Bien sûr il y a le challenge de la sécurité dans le pays en général. Des groupes armés qui sont toujours actifs même après les accords de Khartoum. Ensuite il y a le problème d'infrastructures même si on voit des efforts qui sont faits dans le côté de l'infrastructure. La route que nous avons prise entre Bangui et Bambari par exemple est tout de même une route de bonne qualité avec des travaux en cours pour la Manche. Mais dans d'autres régions du pays cela peut mettre plusieurs semaines nos camions de quitter Bangui pour arriver à des villes plus éloignées et cela peut être dû également à la météo. En période de pluies ces routes sont parfois presque impraticables et nous mettons plusieurs semaines pour arriver dans des zones où parfois les besoins sont urgents.

DW : Quelles sont les perspectives du PAM en termes de réponse aux besoins urgents de la population en Centrafrique.

Hervé Verhoosel : Nous voulons vraiment doubler doubler ce que nous faisons aujourd'hui des 600 mille personnes que nous aidons aujourd'hui 800.000 si tout va bien à la fin de l'année. Nous voulons doubler ce chiffre de 800.000 l'année prochaine pour aller jusqu'à un million cinq millions six voire plus. Nous sommes pour l'instant en contact avec des donateurs potentiels en espérant que cette crise oubliée ne le soit plus. Et bien sûr ne soit plus une crise. Dès que possible toute l'équipe du PAM ici à Bangui mais également au niveau international est vraiment très motivée pour aider ce pays qui en a vraiment besoin. 1,8 million de Centrafricains sont ce mois-ci en insécurité alimentaire alors que le pays en compte plus ou moins 4 millions et demi, un peu plus de 4 millions et demi.

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 02:43
LA COUR D’APPEL DE BANGUI PRÉPARE SA PREMIÈRE SESSION CRIMINELLE

 

 

https://minusca.unmissions.org/  4 sept 2019

 

Des réunions préparatoires sont en cours pour la tenue de la première session criminelle, pour l’année 2019, de la Cour d’appel de Bangui. Elle aura lieu du 18 septembre au 17 octobre, avec plusieurs dossiers relatifs à des violations graves des droits de l’Homme, en lien avec le conflit qu’a connu la République centrafricaine en 2013. Un total de 29 cas seront répartis en 16 dossiers criminels allant de l’assassinat, à la rébellion, en passant par le vol à main armée et le viol.

 

Si du retard a été pris par rapport à la première session de l’année, Ghislain Gresebguet, Magistrat et 1er avocat général explique que ce dernier sera rattrapé. « Nous sommes en plein dans les préparatifs de la première session qui se tiendra mi-septembre, où nous examinerons les différents dossiers on hold” déclare-t-il. 

Le tirage au sort des 30 jurés se fera le 9 septembre. Parmi eux, 6 seront à nouveau tirés au sort chaque jour pour constituer les jurys quotidiens de la session. En plus des 6 jurés, la cour criminelle sera composée du Président de la Cour, de deux Magistrats et de l’Avocat général.

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 02:35
Exténués mais soulagés, des réfugiés centrafricains rentrent au pays
Exténués mais soulagés, des réfugiés centrafricains rentrent au pays

 

 

4 septembre 2019 AFP

 

A l’arrière du camion, la chaleur est étouffante. Une trentaine de réfugiés centrafricains sont entassés sous la bâche. Les adultes serrés sur les bancs, les enfants en bas-âge et les animaux de compagnie à même le sol de la benne, dans un enchevêtrement de jambes.

A chaque trou de la piste, une violente secousse les fait rebondir sur le métal brûlant. La poussière s’engouffre par l’arrière, se colle à la sueur, se glisse entre les plis des vêtements et des paupières. Les dos sont meurtris.

Pourtant, le soulagement se lit sur les visages: après plusieurs années passées au Congo, ces réfugiés centrafricains sont enfin de retour au pays.

Comme eux, près d’un quart des 4,7 millions habitants de la République centrafricaine, selon l’ONU, ont fui leur domicile depuis qu’une coalition à majorité musulmane, l’ex-Séléka, a renversé en 2013 le président François Bozizé. Depuis, le pays est plongé dans une guerre civile opposant divers groupes armés aux forces de sécurité, ou entre ces milices elles-mêmes. Parmi ces déracinés, plus de 600.000 Centrafricains vivent toujours à l’étranger, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Mais depuis la signature, le 6 février à Khartoum, d’un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés, plusieurs provinces connaissent une relative accalmie.

Aussi, en juillet et août, Bangui et le HCR ont signé des accords de rapatriement avec le Cameroun, la République démocratique du Congo et la République du Congo, des voisins qui accueillent la majorité des réfugiés centrafricains.

« Ceux qui retournaient chez eux de manière spontanée ne disposaient d’aucun accompagnement. Il s’agissait de fixer un cadre légal pour garantir aux volontaires un rapatriement dans la dignité et la sécurité », explique Stella Fatime, porte-parole du HCR. Ainsi, 4.983 réfugiés au Congo ont demandé à rentrer en vertu d’un de ces accords depuis le 1er août.

Parmi eux, Albert Bekpa, un pêcheur originaire de Bangui qui savoure l’instant malgré les secousses du camion. « C’est un jour de fête ! » s’exclame-t-il en brandissant une élégante canne en bois sculpté, trésor qu’il garde précieusement depuis son départ du pays en 2014.

Une clameur lui répond au dehors. Tout le long des 20km de piste qui séparent la frontière congolaise du camp de transit du HCR de Mongoumba, les villageois ont bravé la chaleur pour acclamer leurs compatriotes de retour. Des enfants accourent, agitant des branches de palmier en guise de rameaux. Les anciens se lèvent de leurs fauteuils.

« Une vie d’esclave »-

De quoi inciter Valérie à l’optimisme. Cette commerçante chrétienne du PK5, quartier à majorité musulmane de Bangui, veut oublier les violences communautaires qui l’ont forcée à partir en 2013: « Dans les camps, on vivait très bien ensemble. On fera pareil au pays », lâche-t-elle à son arrivée à Mongoumba.

L’espoir est enfin permis, après des années de galère. Rations et médicaments insuffisants, scolarisation difficile, absence de perspectives d’emploi… les réfugiés du convoi sont unanimes pour dénoncer les conditions de vie dans les camps du Congo.

« Quelques-uns se débrouillaient pour travailler comme journaliers dans les champs. Moi, je devais attendre la nuit pour aller pêcher en cachette, et trouver quelque chose à manger. C’était une vie d’esclave ! », s’emporte Albert. « Dépendre du PAM (Programme alimentaire mondial) et du HCR, ce n’est pas une vie », abonde Youssouf, un commerçant du PK5. Parmi les 365 rapatriés « volontaires » du jour, nombreux sont ceux qui, comme Albert et Youssouf, se disent « obligés » de rentrer. Pour pouvoir nourrir leurs familles.

Car malgré l’accord de Khartoum, la paix reste fragile dans un pays dont 70% du territoire est toujours contrôlé par les groupes rebelles.

Et une fois de retour au pays, encore faut-il pouvoir retourner vivre chez soi. Dès leur arrivée au camp de Mongoumba, les nouveaux venus sont avertis: « Si votre maison est occupée par quelqu’un, ne le chassez pas, vous devez aller parler au chef de quartier », conseille un organisateur au micro.

Albert et sa famille écoutent avec inquiétude: « j’avais des terrains à Bangui et je ne sais pas ce qu’ils sont devenus… », souffle l’homme, qui devra parcourir avec sa famille encore quatre heures de piste en camion avant de retrouver la capitale.

Abdelaziz, lui, ne se fait pas d’illusion: « notre maison a été détruite en 2013. On va se débrouiller », assure ce jeune chef de famille. Les 150.000 francs CFA (230 euros) par adulte fournis par le HCR lui permettront de louer pour quelques temps un logement à Bangui. Il faudra ensuite se débrouiller pour vivre, ou survivre, dans un pays classé parmi les plus pauvres au monde.

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 02:30
Pour parler écologie avec Macron, le président congolais vient à bord d’un… Boeing 787 !
Pour parler écologie avec Macron, le président congolais vient à bord d’un… Boeing 787 !

 

Lu pour vous

 

 

Par Le Parisien avec AFP  Le 4 septembre 2019 à 09h17

 

La protection d’une forêt cruciale pour l’équilibre du climat était au menu de la rencontre entre le président français et Denis Sassou Nguesso.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso est venu discuter mardi avec son homologue français Emmanuel Macron du sort de la forêt du bassin du Congo, cruciale pour l'équilibre du climat, à bord d'un luxueux Boeing 787 Dreamliner privé, a rapporté l'AFP mardi. Sollicitées à ce sujet par l'agence à Brazzaville et à Paris, les autorités congolaises n'avaient pas réagi mardi soir.

L'appareil, immatriculé 2-DEER, qui s'est envolé dimanche soir de Brazzaville (0h46, lundi, heure de Paris), s'est posé à l'aéroport parisien du Bourget lundi peu après 8 heures, selon son plan de vol détaillé publié par les sites internet spécialisés FlightAware et Flightradar24.

Mis en service en 2016, l'appareil est l'un des plus luxueux disponibles sur le marché. Capable à l'origine de transporter plus de 200 passagers mais réaménagé pour 40, il dispose d'une vaste cabine de 220 mètres carrés comprenant un salon-salle à manger pour une quinzaine de convives, une chambre et une salle de bain ainsi qu'une vingtaine de sièges d'un confort de première classe.

Plus de 450 000 euros

Son heure de vol serait facturée environ 70 000 dollars américains (63 800 euros) selon les chiffres couramment évoqués par la presse, qui n'ont pu être confirmés de source indépendante par l'AFP. Ce qui placerait le coût d'un aller-simple Brazzaville-Paris à quelque 500 000 dollars (456 000 euros).

Les images de l'atterrissage en France de l'avion, reconnaissable à son empennage marqué de virgules violette et orange, ont été diffusées sur le compte Twitter officiel de la présidence congolaise @congosouverain. On y voit Denis Sassou Nguesso, accompagné de son épouse, Antoinette, descendre d'une passerelle extérieure.

Le président congolais a eu à Paris un premier entretien bilatéral avec son homologue français mardi, consacré notamment à la protection de la forêt et de la biodiversité du bassin du Congo, selon la présidence.

Un puits de carbone

Lors de ce tête-à-tête, Denis Sassou Nguesso a réitéré son soutien à l'Initiative pour la forêt de l'Afrique centrale (CAFI), un partenariat lancé par la Norvège et doté d'environ 60 millions d'euros. Le Congo-Brazzaville s'est en particulier engagé à mettre en place un plan de protection de la forêt, de la biodiversité et des tourbières, en échange d'une aide financière, ont indiqué la présidence française et un responsable congolais.

Greenpeace avait demandé en juillet « l'annulation de tous les blocs pétroliers dans la forêt humide de la République du Congo ». Les tourbières de cette forêt humide stockent 30,6 milliards de tonnes de carbone, soit trois fois la production mondiale annuelle de CO2, selon l'ONG, citant des recherches de l'Université de Leeds.

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé en juillet qu'il allait accorder 448,6 millions de dollars sur trois ans à Brazzaville pour relancer son économie plombée par la chute des prix du pétrole, tout en souhaitant une meilleure « transparence » de ses comptes publics.

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 02:15
Des étudiants centrafricains à l’IUT
Des étudiants centrafricains à l’IUT

 

Lu pour vous

 

https://www.lanouvellerepublique.fr Publié le 05/09/2019 à 03:56 | Mis à jour le 05/09/2019 à 07:55

 

Aux termes d’un accord entre l’ambassade de France et l’université de Bangui, l’école de journalisme de Tours accueille neuf étudiants de Centrafrique.

Suzanne-Claire, Armando, Brice et Fridolin ont été accueillis lundi à l’École publique de journalisme de Tours. Centrafricains, âgés de 28 à 34 ans, ils vont préparer un master dans le prolongement d’une licence déjà obtenue à l’université de Bangui.
 

« C’est une première », indique Laurent Bigot. Le nouveau directeur de l’EPJT explique que ce projet de coopération internationale a été initié par l’Ambassade de France « et accueilli avec enthousiasme par une université centrafricaine très demandeuse de ce type de formation ».
 

Une haute conception de leur métier

 

Les liens que l’EPJT de Tours entretient déjà avec la Tunisie, le Liban, Madagascar et les Comores ont sans doute pesé dans la balance.
Les quatre jeunes gens rappellent qu’en Centrafrique, quatre personnes sur dix sont analphabètes « et que la désinformation bat son plein à la radio ». Dans ces conditions, il faut trouver les moyens de « faire passer » une info fiable, complète, exigeante.


« Ce n’est pas vraiment le diplôme de master qui nous motive mais la possibilité de parfaire notre formation afin d’apporter notre pierre à l’édifice. Notre ambition, c’est de pouvoir changer l’image de la presse centrafricaine et d’avoir une approche très professionnelle plutôt que de sombrer dans la propagande. »


Jeunes, les quatre étudiants ont déjà de l’expérience. Suzanne-Claire est productrice et reporter d’une association de femmes, professionnelles de la communication ; Armando est présentateur, sur une radio, de débat public où sont confrontés les représentants du pouvoir et de l’opposition ; Brice a travaillé en qualité de présentateur et de reporter sur une radio catholique (NDLR : religion majoritaire en Centrafrique) et Fridolin a intégré un réseau de journalistes militant pour les droits de l’homme.
Ils vont passer deux ans en Touraine et seront rejoints, dès décembre, par cinq autres jeunes compatriotes qui suivront, pendant un an, des cours en formation continue.

 

 

Tours : première rentrée pour le master de journalisme de l'EPJT

 

 

https://www.lanouvellerepublique.fr Publié le | Mis à jour le 

 

Alors que l’École publique de journalisme de Tours (EPJT) fête ses 50 ans, elle semble partir sur une nouvelle dynamique. « Depuis septembre 2018, en lien avec l’UFR lettres et langues, l’EPJT va former aux niveaux bac + 4 et bac + 5, comme la grande majorité des quatorze écoles reconnues en France », indique Laurent Bigot, responsable presse écrite de l’EPJT.


Lundi après-midi, les trente-six étudiants de la première promotion du master de journalisme ont fait leur rentrée dans les locaux de l’IUT de Tours-Nord. Trente-six étudiants sélectionnés, parmi 591 dossiers de candidatures. Une véritable surprise puisque l’école s’attendait à recevoir quelque 300 candidatures, le temps de faire découvrir l’école, le nouveau diplôme… « C’est le signe de l’attractivité de notre école, estime-t-il. Ce qui fait cette attractivité, ce sont les partenariats avec de grands médias et les prix remportés par les étudiants » L’année dernière, quatre étudiants en ont gagné un.


Chez ces futurs journalistes, les profils sont très variés. « Les étudiants ne viennent pas seulement des sciences humaines. Ils viennent aussi de Staps ou des sciences dures. Il y a aussi une diversité sociale puisque l’on a un taux de boursiers important (40 %). Cela faisait partie des critères qui nous paraissaient importants. »


Soucieux de l’employabilité des étudiants, le passage au master semblait presque suivre une certaine logique. « Côté employeurs et étudiants, il y avait ce sentiment qu’une formation complète était une formation à bac + 5. Certains de nos étudiants continuaient en master après leur passage à l’EPJT. Ce n’est pas logique dans ce sens-là, ils doivent se professionnaliser à la fin de leur cursus », insiste Laurent Bigot.


Cette année, les étudiants de master cohabiteront avec les dernières promotions de DUT, de licence professionnelle et d’année spéciale. Les projets déjà en place vont continuer. Ainsi, les assises du journalisme feront partie du cursus des élèves comme le projet éditorial à Marrakech des 2e année de DUT ou la participation aux 1res assises du journalisme de Tunis les licences. Il précise : « Dès l’année prochaine, ces projets seront basculés sur le master. »

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