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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 19:20




RCA : Les dessous du retour au bercail de l’ex président Ange Félix Patassé

Un coin du voile commence à se lever sur les conditions dans lesquelles l’ex président Patassé a subitement mis fin à son exil loméen et précipitamment quitté le Togo pour un autre séjour mouvementé de deux mois en Libye. Chose curieuse, en dehors du président de l’assemblée nationale togolaise Abbas Bonfoh, du fait de ses relations familiales avec la défunte épouse de Patassé Angèle, aucune autre personnalité officielle du Togo ne l’a reçu pour ses prétendus adieux. Aucun membre du gouvernement togolais, ni le premier ministre, et encore moins à plus forte raison le président Faure Gnassingbé.

A l’occasion du 40ème anniversaire de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, le colonel Moammar Khadafi avait tenu à inviter tous les Chefs d’Etat africains signataires de la Charte de création de l’Union Africaine à Syrte le 9 septembre 1999, qu’ils soient en fonction ou pas. C’est ainsi que plusieurs anciens Chefs d’Etat africains dont Ange Félix Patassé et autres Mathieu Kérékou, Joachim Chissano, Moussa Traoré, Goukouni Weddeye, ont été invités.

 C’est donc en sa qualité d’ancien Chef d’Etat centrafricain signataire de cette Charte qu’Ange Félix Patassé avait été invité mais lui, avait une autre idée derrière la tête. Il a demandé aux autorités libyennes de lui envoyer un avion pour son déplacement. Un avion est alors dépêché à Lomé et contre toute attente et à la grande surprise des Libyens, Patassé annonce avec fracas la fin de son exil togolais et son retour définitif au bercail via Tripoli. Il débarque alors à Tripoli avec toute sa famille (13 personnes) et tous ses bagages.

A l’issue des festivités du 40ème anniversaire de la Révolution de la Grande Jamahiriya, puisque le Guide recevait individuellement chaque invité après les cérémonies, il s’est présenté à l’audience avec la veuve du défunt Pr Simon Bédaya Ngaro qu’il présente au colonel Moammar Khadafi comme sa nouvelle épouse, et sollicite son appui financier pour les prochaines élections de 2010 en Centrafrique en prétextant que de nombreuses sollicitations lui parviennent du pays et que cette situation le contraignait à être candidat. De son côté sa compagne ex Mme Angéline Bédaya Ngaro va demander au leader libyen, une maison à Bangui et une voiture.

 Le colonel Khadafi demande alors à Patassé de ne plus chercher à revenir au pouvoir mais de se comporter comme un Père de la nation, en renonçant par conséquent à ses ambitions politiques et de rentrer au pays pour œuvrer pour la paix sans interférer dans la vie politique centrafricaine. Pour les dispositions pratiques à prendre pour son retour au pays, Khadafi recommande à Patassé de prendre attache avec ses proches collaborateurs. Après cet entretien, une enveloppe contenant une certaine somme d’argent, quelques dizaines de milliers de dollars US lui est remise. Khadafi promet aussi en outre, de remettre une voiture à la compagne.

Après cette entrevue, Ange Félix Patassé revient vers les collaborateurs de Khadafi avec de nouvelles exigences avant son retour :

- il voulait un avion spécial pour son retour à Bangui et des agents de sécurité libyens

- il voulait un avion et trois hélicoptères pour sillonner la RCA

 - il voulait enfin de l’argent pour sa future campagne électorale

 Les collaborateurs de Khadafi lui rappellent les conseils de ce dernier et s’en suit une vive discussion mais toutes les requêtes de Patassé sont purement et simplement rejetées. Les Libyens ne retiennent que le principe de mettre à sa disposition un avion pour le ramener à Bangui mais il n’est pas question de lui redonner de l’argent, ni des avions ni des agents de sécurité.
 
En réalité, le premier voyage pour Bangui était prévu le 22 octobre mais a dû être annulé par Patassé lui-même qui a prétexté que ses partisans à Bangui n’avaient pas fini les préparatifs de son retour. Le 28 octobre, veille de son retour annoncé, il a encore vainement insisté pour voir Khadafi afin de lui demander encore de l’argent mais une fin de recevoir lui est fermement opposée. Il est donc in fine, rentré bredouille à Bangui…

 Correspondance particulière à Tripoli

Dimanche 1 Novembre 2009

Source : lindependant-cf.com

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 18:58




 

Incontournables questions après le retour au bercail de Patassé


Le retour effectif au bercail de l’ex président Patassé permettra d’en savoir un peu plus dans les prochains jours sur l’attitude politique du président Bozizé à l’égard de ce dernier. Des questions difficilement contournables se posent qui appellent de promptes réponses. On a jusqu’ici prêté à Bozizé l’intention de coopérer avec la CPI si celle-ci décide de demander quelques comptes au commanditaire de l’intervention des troupes du MLC de Jean-Pierre Bemba en 2002 et 2003 en Centrafrique avec les dégâts que l’on sait. Le procureur Moreno Ocampo de la CPI doit également clarifier sa position à l’égard de l’ancien président Patassé. Emettra-t-il un mandat d’arrêt à son encontre ou pas ; voudra-t-il seulement l’entendre comme témoin dans le dossier Jean-Pierre Bemba ou non ? A ces questions, des réponses claires du parquet de la Cour Pénale Internationale doivent être apportées sans ambiguïté ces prochains jours afin d’édifier l’opinion. Cela pourrait aussi avoir d’évidentes conséquences sur le calendrier du procès de Jean-Pierre Bemba.

 

Un ministre d’Etat de Bozizé dans le collimateur de la justice




                         Anicet Parfait Mbay

Un juge d’instruction du pôle financier auprès du tribunal de grande instance de Bangui détient un dossier de malversation financière au niveau du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC) impliquant le ministre d’Etat chargé des transports Anicet Parfait Mbay. Un proche du dossier déclare à notre rédaction que l’inculpation de Mbay ne dépend plus que de Bozizé qui doit signer le décret mettant l’intéressé à la disposition de la justice. On se demande donc ce qu’attend encore Bozizé à qui on prête également l’intention de procéder à un prochain remaniement gouvernemental avant d’entrer en campagne électorale. Toujours selon nos informations, Bozizé devrait semble-t-il, se séparer de deux importantes personnalités dont le ministre d’Etat Anicet Parfait Mbay qui est précisément dans le collimateur des juges et Cyriaque Gonda notamment. Pour ce dernier, les divergences politiques avec Bozizé ne sont plus un mystère. Elles porteraient sur les ambitions de l’actuel ministre d’Etat chargé de la Communication et de la Réconciliation nationale de briguer la présidence en 2015 afin de faire échec au funeste projet de Bozizé de voir son fils Jean Francis lui succéder au pouvoir.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 18:23



 

 

Source : Koaci.com  dimanche 1er novembre 2009

L’ancien président de la République Centrafricaine (RCA), est revenu dans son pays vendredi soir. Après plus de 5 ans d’exil. Il revient dans l’espoir de reconquérir le pouvoir qu’il a perdu en 2003 suite à un coup d’état de l’actuel président, le général Bozizé.

C’est un retour qui ne fait pas forcément plaisir. Non seulement, ce retour est de nature à agacer le président Bozizé qui est le tombeur de Patassé et dont le retour pourrait réveiller les vieux démons, mais aussi, c’est un come back qui devrait irriter l’ancien premier ministre Martin Ziguélé. Ce dernier ayant été investi par le congrès du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, parti de Patassé) comme candidat pour le scrutin présidentiel de 2010. Un choix bien sûr contesté par l’ancien président qui avait, après cette investiture, annoncé qu’il convoquerait un congrès extraordinaire de ce parti dès son retour à Bangui, la capitale de la RCA.

Les mécontents devront s’y faire car il est enfin à Bangui. L’avion ramenant l’ancien chef de l’Etat, qui regagne ainsi son pays après 6 années d’exil à Lomé au Togo, s’est posé à 19h 20 sur la piste de l’aéroport de Bangui M’poko "quadrillé pour l’occasion par un imposant dispositif de sécurité, qui a tenu à bonne distance les partisans d’Ange Félix Patassé ainsi que les curieux et les journalistes venus assister à l’évènement" selon l’agence centrafricaine de presse.

"Encadrée par des véhicules de la Force de maintien de la paix de la CEEAC (MICOPAX) et de la gendarmerie centrafricaine, une camionnette bleue nuit de marque japonaise a conduit l’ancien président à 11 km au nord de la ville de Bangui, dans un établissement religieux situé au pied de la colline du Bas-Oubangui qui surplombe la capitale centrafricaine et dont l’accès a été formellement interdit par les éléments de sécurité, au grand dam des journalistes et autres photographes" indique l’agence de presse.

Ce retour annonce des manoeuvres et batailles politiques en perspective. D’abord au sein du MLPC où l’ancien président devra ferrailler avec Martin Ziguélé pour le contrôle du parti. Ensuite, avec son tombeur, le général président François Bozizé dans l’optique de l’élection présidentielle de 2010 à laquelle il a l’intention de participer. A moins que des ennuis judiciaires ne se déclenchent contre lui. Comme ce fut le cas pour l’ancien président centrafricain Jean Bedel Bokassa qui fut arrêté et jugé pour trahison, meurtre, cannibalisme et détournement de fonds à son retour d’exil après son renversement.

Renversé par le général François Bozizé le 15 mars 2003 après près de 10 années à la présidence de la République Centrafricaine, Ange Félix Patassé a annoncé, en août dernier depuis le Togo, son intention de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle prévue pour mars-avril 2010.


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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 17:51




30-10-2009

Faustin-Archange Touadera, le premier ministre de Centre-Afrique en déplacement dans la région pour le 9ème forum Eurafric, n’a pas pu rencontrer les représentants locaux et territoriaux. C’était pourtant la personnalité la plus importante du forum.

Le premier ministre de Centre-Afrique est parti comme il est venu. Soit, quasi-incognito. Arrivé en France un jour plus tôt pour rencontrer la communauté Centrafricaine à Vaulx-en-Velin, en marge du forum, le chef de gouvernement a été accueilli par Michel Forissier, maire de Meyzieu, ville comptant à peine plus de 30 000 âmes. Pourtant, le maire de Lyon, le président du département, le président de la région et le préfet étaient au courant de sa visite. Faustin-Archange Touadera figurait parmi les éminences présentes au forum Eurafric pour l’eau et l’énergie, qui s’est tenu à la Cité internationale du 27 au 30 octobre. De plus, c’est un client potentiel pour les entreprises locales spécialisées dans ces domaines.

Loin de vouloir créer la polémique, le premier ministre centrafricain a simplement déclaré que son pays a « un défi à relever, celui de l’approvisionnement en eau et en énergie. Le forum est l’occasion de tisser des relations et de développer des partenariats pour combler notre déficit en matières énergétiques. Nous proposons ainsi de nombreux projets. La région Rhône-Alpes est riche d’une diversité industrielle et agricole qui pourrait nous permettre de mettre en valeur nos terres arables non exploitées et de réduire nos coûts en électricité. Nous avons aussi des ressources naturelles à transformer. Pour cela, il faut de l’énergie ». Il n’est pas venu en touriste, alors pourquoi les autorités locales et territoriales l’ont-elles snobé ?

Le chef du gouvernement Centrafricain, accompagné d’une délégation de sept personnes dont le ministre des PME et le ministre délégué aux énergies et à l’hydraulique, souhaitait rencontrer Gérard Collomb. Mais le maire de Lyon, qui connait pourtant bien l’Afrique et le protocole d’usage, a prétexté avoir un certain nombre d’impératifs avant de décliner l’invitation. « A Ouagadougou, et dans la plupart des pays où il s’est rendu, il a été reçu comme un roi » précise une source proche du sénateur-maire. Par ailleurs, aucun service de sécurité n’a été déployé à l’aéroport Saint-Exupéry, à l’arrivée de la délégation Centrafricaine comme au départ.


Abdelwahid Djaballah

 

Source : http://www.lyonmag.com/article/12423/pas-de-tapis-rouge-pour-le-premier-ministre-centrafricain

 
NDLR : En réalité, selon des informations dignes de foi, le premier ministre Faustin Archange Touadéra s'était surtout rendu à Lyon pour récupérer sa mère qu'il avait laissée chez un de ses parents pour des soins médicaux dans cette ville lors de son escale en France en partance pour représenter Bozizé à la dernière Assemblée Générale des Nations Unies à New York en septembre dernier. Véritable potiche et figurant dans le régime de Bozizé, les traitements humiliants qui  sont faits au premier ministre Touadéra ainsi que le nombre de couleuvres qu'on lui fait avaler, lui importent peu. C'est par un véritable accident de l'hisoire qu'il a été porté à la tête du gouvernement de la RCA par Bozizé. Il se fait fort aujourd'hui d'être le complice de ce dernier dans sa quête de rempilage en 2010.

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 17:12




 

APA Bangui 31-10-2009 (Centrafrique) L’ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé a regagné Bangui vendredi, après un exil de six ans à Lomé, au Togo, a constaté APA.

Le retour de Patassé s’est fait dans la discrétion. L’ancien président est arrivé à bord d’un vol spécial en provenance de la Libye qui s’est posé à 19h20 sur la piste de l’aéroport de Bangui M’poko qu’arrosait une pluie fine.

L’aéroport était quadrillé par un imposant dispositif de sécurité qui tenait à bonne distance les partisans de M. Patassé qui arboraient des tee-shirts à son effigie, ainsi que des badauds et des journalistes.

Une fois descendu de l’avion, l’ancien président a pris place à bord d’une voiture blanche. Suivi par un cortège des véhicules de la Force de maintien de la paix de la CEEAC (MICOPAX) et de la gendarmerie centrafricaine, la voiture a pris la direction d’un établissement religieux situé au pied de la colline du Bas-oubangui, à 11 km de Bangui.

C’est dans cet établissement que va d’abord résider M. Patassé qui fut renversé le 15 mars 2003, par un coup d’Etat fomenté par le général François Bozizé, son ancien chef d’état-major, devenu depuis lors le président de la République centrafricaine.



Centrafrique: l'ex-président Patassé de retour à Bangui

 

BANGUI (AFP) - vendredi 30 octobre 2009 - 22h19 – L’ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, exilé au Togo depuis 2003 et qui projette de participer à la présidentielle de 2010 dans son pays, est rentré vendredi à Bangui, a appris l'AFP auprès d'un de ses proches.

 

Vers 17H30 locales (16H30 GMT), "il est arrivé à bord du premier avion qui a atterri. Il a ensuite été conduit dans le salon d'honneur de l'aéroport", a affirmé à l'AFP Sosthène Nguetel, un proche de l'ancien président présent dans le salon.

 

La presse a été repoussée à environ un km de la zone aéroportuaire par un important dispositif sécuritaire composé de gendarmes et de militaires, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. M. Patassé, qui arrivait en provenance de Libye, n'a pas fait de discours ni de déclarations à la presse.

 

L'ancien président, qui avait annoncé fin août son intention de revenir dans son pays disputer la présidentielle, a présidé la Centrafrique de 1999 à mars 2003, quand il a été renversé par François Bozizé, toujours au pouvoir.

 

Selon son entourage, il devrait "rencontrer rapidement, dans les prochains jours, le président François Bozizé" avant de s'exprimer ensuite "longuement devant la presse et ses partisans", selon des déclarations de son entourage en France à l'AFP.

 

M. Patassé a quitté l'aéroport vers 19H00 locales, encadré par une importante escorte vers un lieu tenu secret. Deux logements ont été préparés par ses proches dans le 4e et le 8e arrondissement de Bangui, mais il est possible que les autorités jugent qu'il doive dormir ailleurs, selon son entourage en France.

 

Lors de son premier retour au pays pour le Dialogue politique inclusif (DPI, forum rassemblant gouvernement, opposition et rébellions) en décembre, M. Patassé avait été conduit en hélicoptère à Boali (100 km au nord de Bangui). A l'époque, une importante foule était présente pour l'accueillir.

 

Cette fois-ci, seule une centaine de partisans et badauds étaient présents à son arrivée initialement prévue jeudi et reportée à vendredi en raison d'un problème d'avion. "L'important dispositif sécuritaire et le passage incessant de véhicules a sans doute dissuadé de nombreux partisans de venir", a estimé un observateur.

 

Mercredi, M. Patassé avait annoncé dans un communiqué qu'il rentrait, "après sept années d'exil au Togo". Il remerciait les "chefs d’Etat (...) qui l'ont fortement encouragé à regagner le sol national pour prendre part aux futures élections devant marquer un tournant décisif pour l'instauration de la véritable démocratie en République Centrafricaine".

 

M. Patassé affirmait au "gouvernement centrafricain son entière disponibilité à contribuer pour la paix dans un climat fraternel et serein, favorable au processus d’élection crédible, juste et fiable de 2010". Il demandait aussi "à tous ses militants et sympathisants" de respecter "scrupuleusement l'ordre et la discipline" à son arrivée à Bangui.




Ange-Félix Patassé est de retour à Bangui

par  RFI  le 31/10/2009

L'ancien président centrafricain est arrivé vendredi dans la soirée à Bangui. Ange-Félix Patassé a présidé la Centrafrique de 1993 à mars 2003, date à laquelle il a été renversé par François Bozizé, l'actuel président au pouvoir. Exilé au Togo depuis 2003, il avait annoncé fin août son intention de rentrer pour disputer la présidentielle fixée au premier semestre 2010.

Une arrivée discrète, sans bain de foule ni déclaration à la presse. Pour cause de dispositif sécuritaire imposant. C'est en catimini qu'Ange-Félix Patassé fait son grand retour au pays. Un retour annoncé avec pour objectif non dissimulé de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le mandat de son successeur au pouvoir, François Bozizé arrive à expiration en mai prochain. Et même si les élections ne sont pas formellement annoncées, elles doivent avoir lieu au plus tard d'ici la fin du premier semestre 2010.

D'ici-là, Ange-Félix Patassé aura du pain sur la planche. Avant même de penser à affronter François Bozizé, un autre combat l'attend. Le parti qu'il a fondé, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), a aujourd'hui un nouveau chef, Martin Ziguélé, son ancien et dernier Premier ministre.

C'est Martin Ziguélé qui a mis en ballotage et affronté au deuxième tour des dernières élections présidentielles, François Bozizé. Or Ange-Félix Patassé revendique toujours la présidence et l'investiture du MLPC.

Sera-t-il reconquérir ses militants alors que Martin Ziguélé et lui ont le même fief, le nord-ouest du pays dont ils tirent l'un comme l'autre l'essentiel de leurs suffrages ?



Centrafrique: Accueil mitigé pour Patassé

Le Journal du Dimanche 31/10/2009 - 16:30

A son retour du Togo vendredi soir, à Bangui, l'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé, renversé en 2003 lors d'un coup d'État militaire, a juré de participer aux élections de 2010. Des dizaines de milliers de partisans ont bravé l'important dispositif de sécurité en promettant de le remettre en selle dans ce pays enclavé d'Afrique centrale, l'un des plus déshérités et oubliés du continent. D'autres Centrafricains se sont souvenus des atteintes aux droits de l'homme perpétrées par ses forces et leurs alliés durant les combats qui ont débouché sur sa chute. "On peut nous empêcher de l'accueillir à son retour au pays, mais personne ne nous empêchera de le réélire à la présidence en 2010", scandait la foule en colère sous des trombes d'eau

 

 

 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 03:59


 

Publié le 29 octobre 2009 par VOA

L’ancien président centrafricain Ange Félix Patassé qui vit en exil au Togo a annoncé son retour à Bangui pour se présenter à la prochaine présidentielle. Joint à Paris par la Voix de l’Amérique au téléphone, son avocat Maitre Lin Bamikepa estime qu’il est légitime qu’à un moment donné, M. Patassé « rentre tout simplement chez lui… Pas pour polémiquer ou créer des troubles, mais seulement en tant que centrafricain.»

S’agissant de la question de son éventuelle candidature à la présidence, maître Bamikepa a estimé que nulle juridiction, à ce jour, ne lui a signifié une interdiction d’exercer ses droits civiques, y compris le droit d’éligibilité. Ce sont, dit-il, des opportunités, des éventualités, une question qui relève exclusivement de la volonté des militants du MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), dont il est le président légitime.

Les autorités à Bangui ont affirmé à l’AFP attendre confirmation du retour de M. Patassé. « C’est la énième fois que le retour de l’ex-président Patassé est annoncé (…) Au niveau du gouvernement nous attendons que cela se confirme pour que les dispositions nécessaires soient prises », a affirmé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Cyriaque Gonda



NDLR : Selon des témoins sur place à l'éroport Bangui-Mpoko, le général Jules Bernard Ouandé, ministre de la sécurité publique était lui-même à l'aéroport. Toujours d'après les mêmes témoins, une certaine irritation était perceptible chez certains partisans de Patassé qui commencent à douter sérieusement de la venue de leur vedette avec tous ces nombreux reports.
 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 22:46





LIBREVILLE - L'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, exilé au Togo depuis 2003 et dont le retour à Bangui était annoncé pour jeudi après-midi, a dû remettre son voyage à vendredi en raison de problèmes d'avion, a appris l'AFP auprès de son porte-parole.

"L'avion qui devait emmener le président Patassé à Bangui avait des problèmes techniques. Un autre avion a été affrété mais il n'est arrivé qu'en fin d'après-midi en Libye. Le président ne voulait pas arriver de nuit à Bangui pour des motifs de sécurité. Il partira demain (vendredi)", a affirmé par téléphone à l'AFP Guy Simplice Kodegue depuis l'aéroport de Tripoli.

"Le président veut que son retour se passe bien. Il ne veut pas de dérapages ou de problèmes, c'est plus prudent d'arriver en plein jour. A la nuit tombée, la situation sécuritaire n'est plus sûre", a ajouté M. Kodegue.

L'avion de M. Patassé devrait quitter Tripoli vendredi à 09h00 locales pour arriver à Bangui en début d'après-midi (4 heures de vol environ), selon la même source.

M. Patassé, qui avait annoncé fin août son intention de revenir dans son pays disputer la présidentielle, a présidé la Centrafrique de 1999 à mars 2003, quand il a été renversé par François Bozizé, toujours au pouvoir.

A Bangui, une cinquantaine de journalistes s'étaient déplacés à l'aéroport pour attendre l'ancien président. Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été prises avec un déploiement important des forces de l'ordre. Les journalistes ont été refoulés à plusieurs centaines de mètres du salon d'arrivée avant que le report du vol ne soit connu.

Mercredi, M. Patassé avait annoncé dans un communiqué qu'il rentrait, "après sept années d'exil au Togo". Il remerciait les "chefs d'Etat (...) qui l'ont fortement encouragé à regagner le sol national pour prendre part aux futures élections devant marquer un tournant décisif pour l'instauration de la véritable démocratie en République Centrafricaine".

M. Patassé affirmait au "gouvernement centrafricain son entière disponibilité à contribuer pour la paix dans un climat fraternel et serein, favorable au processus d'élection crédible, juste et fiable de 2010".

Il demandait aussi "à tous ses militants et sympathisants" de respecter "scrupuleusement l'ordre et la discipline" à son arrivée à Bangui.

"Il n'y a jamais eu de problème par rapport au retour de l'ex-président Patassé dans son pays", avait déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Cyriaque Gonda.

M. Gonda avait toutefois prévenu: "C'est un ancien chef d'Etat, cela (le retour) doit se faire dans l'ordre (...) Nous ne voulons pas que ce retour soit instrumentalisé aux fins de présenter le gouvernement comme un obstacle".

(©AFP / 29 octobre 2009 18h58)

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 12:59




 

Source: Humanitarian and Development Partnership Team - Central African Republic (HDPT CAR) 26 Oct 2009


Points saillants

- Près de 250 nouveaux refugiés congolais à Zémio - Ali Bongo, nouveau Chef d'Etat Gabonais en visite de travail à Bangui - « Demandez à la cour », le nouveau programme de la Cour Pénale Internationale - L'Université de Bangui dotée d'une salle de lecture alimentée par les Nations Unies


Contexte et sécurité

Des refugiés en provenance de la RDC à Zémio

Selon les autorités locales, 250 personnes en provenance de la localité de Sukadji en République Démocratique du Congo (RDC) sont arrivées le 25 octobre à Zémio dans le sud-est de la RCA. Avec l'arrivée de cette dernière vague de refugiés congolais, ils sont maintenant au nombre de 400 dans la ville. Cet afflux de refugiés congolais vers la ville de Zémio avait débuté le 15 octobre. Ils étaient alors 158 à fuir les exactions commises par les éléments de Lord's Resistance Army (LRA).

Contactez benamse@un.org pour plus d'informations. Find more information on http://www.hdptcar.net/blog/

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 12:31




Bangui 29 oct 2009 (Xinhua) - Trois évènements prévus pour ce jeudi devraient contribuer à éclaircir l'horizon du processus censé aboutir aux élections législatives et présidentielles en République centrafricaine (RCA) initialement fixées au mars 2010 et dont il apparaît de plus en plus qu'il pourrait accuser un certain retard.

Il s'agit de la tenue d'une table ronde des bailleurs de fonds susceptibles d'appuyer la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité, de l'examen à huis clos par les députés d'une proposition visant à prolonger leurs mandats ainsi que celui du président de la République François Bozizé, et du retour de l'ex-président Ange Félix Patassé, annoncé mercredi par son entourage.

L'issue de la table ronde des bailleurs de fonds donnera une indication sur les chances pour l'Etat centrafricaine, dépourvu de ressources, de mobiliser les financements nécessaires pour mettre en œuvre les mesures préconisées par un séminaire national organisé du 14 au 17 avril 2008 et censées rétablir dans l'ensemble du pays la sécurité considérée comme premier axe de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et condition sine qua non du bon déroulement des prochaines élections.

Le débat à huis clos des députés situera l'opinion sur la capacité des acteurs politiques centrafricains, qui sortent d'un long bras-de-fer autour du code électoral et de la mise en place de la Commission électorale indépendante (CEI), à faire bloc face au péril qui guette les institutions avec la perspective d'un vide constitutionnel dû à l'expiration prévisible des mandats de Bozizé et des députés avant la tenue des prochaines élections.

Redoutant cette éventualité, un groupe de députés de la majorité a rédigé et fait circuler depuis un mois une proposition visant à suggérer au président de la République "la mise en place d'un comité composé de constitutionnalistes et des hommes politiques avisés, chargé d'élaborer un projet de loi constitutionnelle pour proroger les mandats du Président de la République et des députés pendant une période à déterminer".

Il reste à savoir s'ils parviendront à convaincre leurs homologues de l'opposition qui ne manquent aucune occasion pour accuser la majorité et le pouvoir exécutif de tout mettre en œuvre pour retarder les échéances électorales.

En attendant l'issue de ce débat parlementaire, la commission électorale, récemment mise en place, a déjà conçu un chronogramme d'activité qui laisse apparaître la tenue du premier tour des élections au mois d'avril prochain.

Quant au retour au bercail annoncé de Patassé, il constituerait un test à plus d'un titre. Au plan politique, il permettrait de clarifier la situation à la tête du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), parti qui l'a conduit au pouvoir entre 1993 et 2003 et qui a préféré investir son ancien Premier ministre Martin Ziguélé pour porter ses couleurs à la prochaine élection présidentielle.

Au plan judiciaire, il s'agirait de voir si le gouvernement centrafricain prendrait, le cas échéant, la décision d'arrêter l'ancien chef de l'Etat et de l'extrader vers la Cour pénale internationale (CPI), réputée susceptible de délivrer contre lui un mandat d'arrêt afin qu'il comparaisse dans le dossier des crimes imputés au chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, dont les troupes étaient intervenues en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003 pour soutenir l'armée centrafricaine et le régime de Patassé mis en difficultés par les rebelles du général Bozizé.

Un éventuel transfèrement de Patassé à La Haye, fût-ce avec l'accord de l'intéressé, qui affirme être prêt à s'y rendre " en accusateur ", ne serait sans doute pas de nature à apaiser le climat politique, qui ne manquera pas de s'échauffer à mesure que se rapprocheront les échéances électorales.

Autant dire que la République Centrafricaine se trouve plus que jamais à la croisée des chemins.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 01:28




Une enquête approfondie a également révélé de nombreux cas de viols

(New York) - Octobre 27, 2009 - Une enquête approfondie sur les meurtres et les viols perpétrés lors de la répression d'un rassemblement pacifique dans la capitale guinéenne Conakry le 28 septembre 2009 a révélé que ces actes ont été organisés, et qu'ils ont été pour la plupart commis par des unités d'élite de la Garde présidentielle dénommées « Bérets rouges », a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. À l'issue de sa mission de recherche de dix jours effectuée en Guinée, Human Rights Watch a également constaté que les forces armées ont tenté de dissimuler les preuves de ces crimes en retirant des corps du stade et des morgues de Conakry, pour les enterrer dans des fosses communes.

Human Rights Watch a constaté que des membres de la Garde présidentielle ont massacré de façon préméditée au moins 150 personnes le 28 septembre, et ont brutalement violé des dizaines de femmes. Les Bérets rouges ont tiré sur des partisans de l'opposition jusqu'à ce qu'ils aient épuisé leurs balles, puis ont continué à tuer avec des baïonnettes et des couteaux.

« Le gouvernement ne peut plus continuer à alléguer que les victimes ont été tuées par inadvertance », a déclaré Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il est clair qu'il s'est agi d'une tentative préméditée de museler l'opposition. »

« Les forces de sécurité ont encerclé et bloqué le stade, puis ont fait irruption à l'intérieur avant de commencer à tirer froidement sur les manifestants jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de balles », a ajouté Mme Gagnon. « Ils ont commis des actes atroces, des viols collectifs et des meurtres de femmes, sous les yeux de leurs commandants. Ce n'était pas un accident. »

Un groupe d'officiers militaires se nommant le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a pris le pouvoir quelques heures seulement après le décès le 22 décembre 2008 de Lansana Conté, qui a présidé la Guinée pendant 24 ans. Le CNDD est dirigé par le président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara.

Human Rights Watch a réitéré son appel en faveur de la mise en place rapide d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur ces violences conformément à la proposition de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Cette commission sera dirigée par l'Organisation des Nations Unies avec la participation de l'Union africaine. L'ouverture d'une enquête criminelle menant à des poursuites justes et efficaces - par l'intermédiaire d'instances nationales ou à défaut internationales - est essentielle, comme l'a rappelé Human Rights Watch.

Une équipe de quatre enquêteurs de Human Rights Watch a interrogé plus de 150 victimes et des témoins en Guinée du 12 au 22 octobre. Parmi les personnes interrogées ont figuré des victimes blessées pendant l'attaque, des témoins présents au stade, des proches de personnes disparues, des officiers militaires ayant participé à la répression et la dissimulation, des membres du personnel médical, des responsables d'organismes humanitaires, des diplomates ainsi que des dirigeants de l'opposition.

Massacres du 28 septembre dans le stade

D'après les récits de nombreux témoins, des forces constituées de centaines de soldats de la Garde présidentielle dénommés « Bérets rouges», de gendarmes travaillant à l'unité de lutte antidrogue et contre le crime organisé, ainsi que de certains membres de la police antiémeute et des dizaines de milices irrégulières en civil sont entrées dans le stade vers 11h30, le 28 septembre. Elles ont ensuite bloqué la plupart des sorties avant que la police antiémeute ne commence à lancer des grenades lacrymogènes dans le stade. Des dizaines de milliers de manifestants pacifiques en faveur de la démocratie avaient rempli le stade pour protester contre le régime militaire et la candidature présumée de Dadis Camara aux prochaines élections présidentielles.

Quelques accrochages entre les partisans de l'opposition et forces de sécurité avaient eu lieu au cours de la matinée. Dans plusieurs incidents meurtriers, les forces de sécurité ont tiré sur des membres de l'opposition pour tenter de les empêcher d'accéder au stade. En réponse à ces tirs mortels, les partisans de l'opposition en colère ont mis le feu au commissariat de police de Bellevue.

Cependant, des témoignages et des preuves sur vidéo obtenus par Human Rights Watch font état d'une atmosphère pacifique joyeuse dans le stade juste avant les tirs, avec des partisans de l'opposition en train de chanter, de danser ou de faire le tour du stade en brandissant des affiches et le drapeau guinéen, ou même de prier. Human Rights Watch n'a trouvé aucune preuve indiquant que les partisans de l'opposition aient été armés, et aucun membre des forces de sécurité n'a été blessé par des partisans de l'opposition dans le stade, ce qui laisse supposer que ceux-ci ne posaient aucune menace pouvant justifier de façon légitime la violence qui s'est ensuivie.

Des témoins ont déclaré que dès que les forces de la Garde présidentielle sont entrées dans le stade, elles ont commencé à tirer à bout portant directement sur la foule massive des manifestants, tuant des dizaines et semant la panique. Les assaillants, en particulier les membres de la Garde présidentielle, mais aussi des gendarmes rattachés à l'unité chargée de la lutte antidrogue et du grand banditisme, ont continué à tirer sur la foule jusqu'à avoir vidé les deux chargeurs de balles pour fusils AK-47 que beaucoup d'entre eux portaient. Comme la plupart des sorties avaient été bloquées et le stade entouré par les assaillants, il était extrêmement difficile pour les manifestants pris au piège de s'évader et beaucoup ont été piétinés à mort par la foule prise de panique.

Un partisan de l'opposition âgé de 32 ans a décrit à Human Rights Watch comment les Bérets rouges sont entrés dans le stade et ont commencé à tirer directement sur les manifestants, et la manière dont les tueries ont continué lorsqu'il a essayé de s'enfuir :

« Ils ont d'abord commencé à lancer des grenades lacrymogènes à l'extérieur du stade et de nombreuses cartouches de gaz lacrymogènes ont été tirées dans le stade. C'est à ce moment que les Bérets rouges sont entrés par le grand portail du stade. Une fois à l'intérieur, ils ont commencé à tirer directement sur la foule. J'ai entendu un soldat crier : Nous sommes venus faire du nettoyage! J'ai décidé de courir à la porte située à l'extrémité. Lorsque j'ai regardé derrière moi, j'ai vu de nombreux corps gisant sur la pelouse. J'ai tenté de sortir en courant du stade. À la grille située à l'extrémité, l'une des portes était ouverte, mais il y avait tellement de personnes qui essayaient de fuir et j'ai décidé d'escalader la porte fermée...

J'ai couru vers le mur de l'enceinte. Près du terrain de basket, un groupe de Bérets rouges et des gendarmes de Tiégboro [du capitaine Moussa Tiégboro Camara, secrétaire d'État chargé de la lutte contre le trafic de drogue et contre le grand banditisme, aucun lien de parenté avec le président du CNDD, Dadis Camara] nous ont poursuivis. Ils ont tiré sur huit personnes de notre groupe et seulement trois ont pu s'en tirer vivants. Les cinq autres ont été tuées par balle près du mur donnant sur l'université [Gamal Abdel Nasser].

 Nous ne pouvions pas sortir de là, alors nous nous sommes retournés en courant vers le mur effondré près de la route de Donka. Un groupe de Bérets rouges et leurs deux camions nous y attendaient. Ils étaient armés de baïonnettes. J'ai vu un Béret rouge tuer trois personnes sous nos yeux [avec une baïonnette] et j'ai voulu revenir sur mes pas. Là, mon ami avec qui j'étais m'a dit : ‘Nous sommes nombreux, essayons de forcer le passage' et c'est ainsi que nous nous sommes échappés. »

L'un des dirigeants de l'opposition a décrit à Human Rights Watch comment à partir de la tribune où il se trouvait, il a été témoin d'un meurtre qu'il avait du mal à croire :

« Nous sommes montés sur la tribune et lorsque les gens ont su que les chefs étaient là, beaucoup d'autres personnes sont venues remplir le stade. Nous étions sur le point de quitter le stade et de dire aux gens de rentrer chez eux lorsque nous avons entendu des coups de feu à l'extérieur et des tirs de grenades lacrymogènes. Les soldats ont mis les portes en métal sous tension en coupant les câbles électriques avant d'encercler le stade.

Ils sont ensuite entrés dans le stade en tirant. Ils ont commencé à tirer à partir de la grande porte d'entrée au stade. Nous étions montés sur la tribune et avons vu comment les gens tombaient. C'était incroyable. Une fois que tout le monde s'est enfui, il y avait des cadavres partout et nous sommes restés sur la tribune. »

Des témoins ont également décrit le meurtre de nombreux autres partisans de l'opposition par la Garde présidentielle et les autres forces de sécurité sur le terrain entourant le stade, entouré par un mur d'une hauteur de deux mètres. Plusieurs manifestants qui tentaient d'escalader les murs pour s'échapper ont été abattus par les assaillants. Les partisans de l'opposition ont raconté qu'ils ont également été attaqués par des hommes en civil armés de couteaux, de pangas (machettes), et de bâtons pointus.

D'après les témoignages recueillis par Human Rights Watch, il ne fait aucun doute que le massacre et les viols collectifs (documentés ci-dessous) étaient organisés et prémédités. Cette conclusion est confirmée par les preuves provenant des témoignages et des vidéos qui ont démontré que les forces de sécurité ont commencé à tirer immédiatement sur les manifestants à l'entrée du stade et que la manifestation de l'opposition était pacifique et ne constituait aucune menace nécessitant une intervention violente. Le déroulement du massacre, à savoir l'arrivée simultanée de plusieurs corps des forces de sécurité, la fermeture des sorties et des voies d'évacuation et la fusillade mortelle simultanée appuyée par un grand nombre de membres de la Garde présidentielle, porte à croire qu'il y avait une certaine organisation, planification voire préméditation.

Dimension ethnique

Lors des entrevues, de nombreux Guinéens se sont déclarés choqués par le caractère ethnique apparent de la violence qui risque de déstabiliser encore la situation en Guinée. La grande majorité des victimes étaient de l'ethnie peule dont la quasi-totalité est musulmane, tandis que la plupart des commandants dans le stade et même les principaux membres du CNDD au pouvoir y compris le capitaine Dadis Camara, chef de la junte militaire, appartiennent à des groupes ethniques de la région forestière du sud-est qui sont en grande partie chrétiens ou animistes.

Des témoins ont déclaré qu'un grand nombre des tueurs et des violeurs faisaient des commentaires à caractère ethnique au cours des attaques, proféraient des insultes et semblaient viser en particulier les Peuls, l'ethnie majoritaire des partisans de l'opposition en affirmant que ces derniers ont voulu s'emparer du pouvoir et qu'il fallait leur « infliger une bonne leçon ». Human Rights Watch s'est également entretenu avec des témoins d'un entraînement militaire avec la participation de plusieurs milliers d'hommes de la région de la forêt sud-est dans une base près de Forécariah, une ville située au sud-ouest. Cet entraînement était apparemment destiné à former une unité de commando dominée par des membres des groupes ethniques de la région forestière.

Un grand nombre des victimes peules ont indiqué avoir été menacées ou maltraitées en raison de leur appartenance ethnique. C'était le cas d'une femme qui a été violée par des hommes en uniforme, portant des bérets rouges. Elle a raconté comment ses agresseurs ont évoqué à plusieurs reprises son origine ethnique en lui disant : « Aujourd'hui, nous allons vous infliger une bonne leçon. Oui, nous sommes fatigués de vos astuces... On va en terminer avec tous les Peuls ». Un jeune homme détenu pendant plusieurs jours dans le camp militaire Koundara décrit comment un Béret rouge, a mis un pistolet sur sa tête et lui a tenu les propos suivants : « Vous dites que vous ne voulez pas de nous, que vous préférez Cellou [Cellou Dalein Diallo, le principal candidat de l'opposition issu de l'ethnie peule]... on va tous vous tuer. Nous allons rester au pouvoir ».

Nombre de morts et dissimulation par le gouvernement des preuves de crimes

Les recherches de Human Rights Watch confirment que le bilan du massacre du 28 septembre a été beaucoup plus élevé que le chiffre officiel de 57 morts avancé par le gouvernement. Il serait très probablement d'environ 150 à 200 morts. Selon les données des hôpitaux, les entrevues avec des témoins, le personnel médical et aussi d'après les documents rassemblés par les partis politiques d'opposition et les organisations locales de défense des droits humains, au moins 1 000 personnes ont été blessées pendant l'attaque au stade. Human Rights Watch a découvert des preuves irréfutables que le gouvernement tente systématiquement de dissimuler les preuves de ces crimes. Au cours de l'après-midi du 28 septembre, les membres de la Garde présidentielle ont pris le contrôle des deux morgues centrales de Conakry et les familles ont été empêchées de récupérer les corps de leurs proches.

Dans les heures qui ont suivi les événements, les témoins et les membres des familles de victimes ont raconté que les soldats, la plupart portant des bérets rouges, ont enlevé des corps dans les morgues de la ville et récupéré les corps du stade avant de les emmener sur des bases militaires pour les cacher. Human Rights Watch a mené des enquêtes sur plus de 50 cas de décès confirmés dans le massacre et a constaté que la moitié des corps de ces victimes avait été enlevée par les militaires, dont au moins six qui avaient été pris à la morgue principale de l'hôpital Donka.

Par exemple, le corps de Mamadou « Mama » Bah, un étudiant de 20 ans tué le 28 septembre, a été transporté à la morgue de Donka par la Croix-Rouge locale. Le corps a disparu et n'a pas pu être récupéré. Son père s'est confié à Human Rights Watch sur ce qu'il a vécu :

« La Croix-Rouge a emmené le corps de mon fils à la morgue de l'hôpital Donka, et je l'ai suivie moi-même. À l'hôpital, j'ai parlé aux médecins qui m'ont dit de revenir le lendemain pour récupérer le corps. Mais, le lendemain, la morgue a été encerclée par les Bérets rouges qui ont refusé l'accès à tout le monde. Nous avons essayé de négocier avec eux, mais en vain. Le vendredi, je suis allé à la Grande Mosquée Fayçal où les dépouilles provenant de la morgue de l'hôpital de Donka étaient exposées, mais son corps n'y était pas. Il avait tout simplement disparu. »

Hamidou Diallo, un vendeur de chaussures âgé de 26 ans a été tué au stade après avoir reçu une balle dans la tête. Un ami proche lui aussi blessé a vu les « Bérets rouges » emmener le corps du jeune Diallo du stade pour une destination inconnue. Malgré les vastes recherches à la morgue et dans les bases militaires, la famille n'a pas pu retrouver son corps.

Un témoin de la scène à l'intérieur du camp militaire Almamy Samory Touré a décrit à Human Rights Watch comment dans les premières heures après le massacre, l'armée a ramené 47 corps du stade dans le camp, puis plus tard dans la soirée les soldats se sont rendus à la morgue (il a appris que c'était celle de l'hôpital Ignace Deen) et récupéré 18 autres corps. Le témoin a en outre déclaré que les 65 corps ont été transportés de la base militaire au milieu de la nuit, sous prétexte d'être enterrés dans des fosses communes.

Viols collectifs et violences sexuelles

La Garde présidentielle et, dans une moindre mesure, des gendarmes ont commis des viols et violences sexuelles contre des dizaines de filles et de femmes au stade, souvent avec une brutalité extrême, de sorte que leurs victimes sont mortes suite aux blessures infligées.

Human Rights Watch a interrogé 27 victimes de violences sexuelles, dont la majorité a été violée par plus d'une personne. Les témoins affirment avoir vu au moins quatre femmes tuées par des membres de la Garde présidentielle après avoir été violées, y compris des femmes qui ont reçu des balles ou des coups de baïonnette dans le vagin. Certaines victimes ont été pénétrées avec des canons de fusils, des chaussures et des bâtons.

Les victimes et les témoins ont décrit comment les viols ont eu lieu publiquement dans le stade, ainsi que dans plusieurs zones aux alentours du terrain du stade, y compris dans la salle de bain qui se trouve à proximité, les terrains de basket, et l'annexe du stade. En plus des viols commis dans le stade, de nombreuses femmes ont décrit comment elles ont été conduites, par la Garde présidentielle, à partir du stade et d'une clinique médicale où elles cherchaient un traitement à destination de résidences privées, où elles ont enduré jours et nuits des viols collectifs brutaux. Le niveau, la fréquence et la brutalité de la violence sexuelle ayant eu lieu pendant et après les protestations suggèrent fortement que cela faisait partie d'une tentative systématique de terroriser et d'humilier l'opposition et non pas des actes isolés par des soldats voyous.

Une enseignante âgée de 35 ans a décrit à Human Rights Watch comment elle a été violée dans le stade:

« Lorsque les tirs ont commencé, j'ai essayé de courir, mais les Bérets rouges m'ont attrapé et m'ont traîné au sol. L'un d'eux m'a frappé deux fois sur la tête avec la crosse de son fusil. Et quand je suis tombée, les trois se sont jetés sur moi. L'un a dégainé son couteau et a déchiré mes vêtements tout en me blessant au dos. J'ai essayé de me débattre, mais ils étaient trop forts. Deux m'ont maintenu à terre tandis que l'autre me violait. Ils ont dit qu'ils allaient me tuer si je ne les laisse pas faire ce qu'ils voulaient. Ensuite, le second m'a violée, puis le troisième. Ils me battaient tout le temps, et ont dit à maintes reprises qu'ils allaient nous tuer tous. Et je les croyais. A environ trois mètres, une autre femme avait été violée, et lorsqu'ils ont fini, l'un d'eux a pris sa baïonnette et l'a enfoncée dans son vagin puis a léché le sang qui s'y trouvait. J'ai vu cela, juste à côté de moi... J'ai été tellement effrayée qu'ils ne le fassent à moi aussi. »

Une femme professionnelle âgée de 42 ans a été séquestrée dans une maison et violée pendant trois jours. Elle a décrit son calvaire à Human Rights Watch:

« En essayant de m'enfuir des coups de feu, j'ai vu un petit groupe de Bérets rouges violer une jeune femme. L'un d'eux a enfoncé son fusil dans son sexe et a tiré. Elle n'a plus bougé. Oh Dieu, chaque fois que je pense à cette fille mourir de cette façon... Je ne peux pas le supporter. Et tout de suite après, un autre Béret rouge m'a attrapé par derrière me tenant très fort et me dit : ‘Viens avec moi, ou je vais te faire la même chose.' Il m'a conduit à un camion militaire sans fenêtres. Il y avait là environ 25 jeunes hommes et six femmes, y compris moi. Après une certaine distance ils se sont arrêtés et les soldats ont dit à trois ou quatre femmes de descendre. Plus tard, ils se sont arrêtés devant une deuxième maison où ils ont dit aux femmes qui sont restées de descendre. J'ai immédiatement été conduite dans une pièce et la porte a été fermée à clef derrière moi.

 Quelques heures plus tard, trois d'entre eux sont entrés dans la chambre. Tous habillés en tenues militaires et avec des bérets rouges. L'un d'eux avait un petit récipient de poudre blanche. Il y trempa son doigt dedans et l'a forcé dans mon nez. Puis, tous les trois m'ont abusée. Le lendemain, ils m'ont abusé à nouveau mais après, d'autres sont venus deux par deux. Je ne sais pas combien ou qui sont-ils. Je sentais mon vagin brûler et meurtri. J'étais tellement fatiguée et hors de ma tête. Les trois premiers se regardaient entre eux quand ils me violaient.

J'étais là pendant trois jours. Ils ont dit : ‘Tu ne penses vraiment pas sortir d'ici en vie, n'est-ce pas ?' Et parfois ils discutent entre eux : ‘Faut-il la tuer maintenant ?' ‘Non... utilisons-la d'abord avant de la tuer.' Chaque fois j'entendais des pleurs de femme à partir d'une pièce voisine : ‘S'il vous plaît, s'il vous plaît... oh mon Dieu, je vais mourir.' Le dernier jour à 6 heures du matin, les soldats ont mis une couverture sur ma tête et m'ont conduite pendant un certain temps pour me laisser au coin d'une rue, toute nue. »

Les commandants présents sur les lieux étaient manifestement conscients des viols collectifs, mais ils n'y a aucune preuve qu'ils ont fait quoi que ce soit pour les arrêter. Un leader de l'opposition a déclaré à Human Rights Watch comment il fut conduit hors du stade par le lieutenant Abubakar « Toumba » Diakité, le commandant de la Garde présidentielle a, sur son chemin, dépassé au moins une douzaine de femmes qui se faisaient agresser sexuellement par les Bérets rouges. Il a remarqué comment Toumba n'a rien fait pour arrêter les viols:

« J'ai vu beaucoup de cas de viol. On a fait sortir lentement du stade les dirigeants de l'opposition, donc nous avons vu beaucoup de choses. En descendant de la tribune, j'ai vu une femme nue sur le terrain entourée de cinq Bérets rouges et violée sur l'herbe. J'ai vu d'autres femmes nues y être emmenées par les Bérets rouges [pour être violées]. Il y a eu des viols, même plus à l'extérieur du stade. Juste à l'extérieur du stade, où les douches sont, il y avait une femme nue sur le terrain. Il y avait trois ou quatre Bérets rouges au-dessus d'elle, et l'un d'eux avait enfoncé le canon de son fusil dans son [vagin]. Elle criait si fort de douleur que nous avons eu à la regarder et à voir. Tout au long de ce passage, il y avait environ une douzaine de femmes violées. Le lieutenant Toumba était à côté de nous et a tout vu, mais il n'a rien fait pour arrêter les viols. »

Responsabilité du massacre, des actes de violence sexuelle et d'autres abus

En s'appuyant sur les preuves rassemblées, Human Rights Watch a conclu que les violences sexuelles et le massacre commis au stade le 28 septembre semblent avoir été à la fois planifiés et organisés. Toutes les personnes responsables, y compris celles ayant donné des ordres, devraient répondre de leurs actes devant un tribunal pénal, tout comme les personnes ayant essayé de dissimuler les crimes et de faire disparaître les indices. Le caractère apparemment systématique des meurtres, des actes de violence sexuelle et de la persécution basée sur des motifs ethniques laisse penser qu'il pourrait s'agir d'un crime contre l'humanité. Dans ce cas, le principe de responsabilité de commandement s'applique. Les personnes occupant des postes à responsabilité, qui auraient dû être au courant des exactions (ou de leur planification) et qui ne les ont pas empêchées ou n'ont pas lancé de poursuites contre les coupables devraient rendre compte de leurs actes devant la justice pénale.

Human Rights Watch estime que des enquêtes criminelles indépendantes visant à identifier et à poursuivre les responsables, y compris les personnes impliquées par le principe de commandement, doivent être organisées sans délai. Parmi ceux dont la possible responsabilité criminelle dans le massacre et les actes de violence sexuelle devrait être examinée se trouvent :

Le capitaine Moussa Dadis Camara, président du CNDD : alors que l'on pensait que Camara ne se trouvait pas au stade le 28 septembre, il a essayé d'empêcher la manifestation d'avoir lieu. Tous les témoignages ont indiqué que les meurtres ont été exécutés par des membres de la Garde présidentielle, dont Camara est en fin de compte le commandant, et que l'officier commandant les Bérets rouges dans le stade était le lieutenant Abubakar Diakité, dit « Toumba », l'aide de camp personnel de Camara qui est également à la tête de sa protection rapprochée. Les preuves laissent penser que la Garde présidentielle s'est rendue au stade après avoir quitté le camp militaire Alpha Yaya Diallo où Camara est basé. En outre, il n'existe aucune preuve montrant que Camara ait engagé à l'encontre de ses subordonnés directement impliqués dans les meurtres et les viols des procédures disciplinaires ou des mesures garantissant que ces personnes rendent compte de leurs actes.

Le lieutenant Abubakar Diakité, dit « Toumba » : plusieurs témoignages recueillis par Human Rights Watch font état de la présence de Toumba dans le stade, où la Garde présidentielle, coupable du massacre et des actes de violence sexuelle perpétrés sur place, était sous ses ordres directs. Il n'existe aucune preuve laissant penser qu'il ait essayé d'empêcher les militaires de commettre des meurtres ou des actes de violence sexuelle.

Le lieutenant Marcel Kuvugi : il est l'assistant de Diakité et occasionnellement le chauffeur personnel de Camara. Des témoins, dont plusieurs dirigeants de l'opposition, ont déclaré qu'il a violement attaqué et menacé à plusieurs reprises de tuer les dirigeants politiques de l'opposition présents dans le stade. Ces derniers ont affirmé que lors de leur transfert du stade vers l'hôpital pour y recevoir des soins de première urgence, Kuvugi a menacé de leur tirer dessus s'ils sortaient de la voiture et de jeter une grenade sur eux, les empêchant ainsi de recevoir des soins médicaux.

Le capitaine Claude Pivi, dit « Coplan », ministre chargé de la sécurité présidentielle : il existe des rapports contradictoires quant à la présence de Pivi au stade pendant le massacre. Des témoins ont déclaré qu'il a participé à des attaques contre les maisons des dirigeants de l'opposition dans la soirée du 28 septembre et à des attaques violentes visant des quartiers majoritairement habités par les partisans de l'opposition les jours qui ont suivi.

Le capitaine Moussa Tiégboro Camara : en tant que secrétaire d'État chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le grand banditisme, Tiégboro dirige l'unité de gendarmerie d'élite qui a pris part au massacre du stade. Des témoins ont déclaré que Tiégboro s'y trouvait personnellement, et que les forces de gendarmerie ont tenté à plusieurs reprises d'arrêter les manifestants avant que ces derniers n'atteignent le stade, en tirant quelques coups de feu dans leur direction et en tuant au moins trois d'entre eux. Toujours selon les témoignages, l'unité de gendarmerie qui a participé au massacre du stade n'a pas commis autant de meurtres et de viols que la Garde présidentielle. Au moins 72 manifestants ont été placés en détention préventive par l'unité de gendarmerie à la suite du massacre. Les personnes arrêtées ont déclaré avoir été violemment battues.

Nécessité d'une commission internationale d'enquête et de poursuites criminelles

Étant donné la nature grave des crimes commis par les forces de sécurité de Guinée, en particulier par la Garde présidentielle, le 28 septembre et les jours qui ont suivi, la communauté internationale devrait répondre avec force. Human Rights Watch appelle donc l'Union africaine (UA), la CEDEAO, l'Union européenne (UE) et les Nations unies à :

apporter tout leur soutien à la commission d'enquête internationale sur les événements du 28 septembre proposée par la CEDEAO et déjà mise en place par le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Un tel soutien permettrait de garantir à la commission les ressources nécessaires au déroulement de son enquête et à la publication rapide de ses conclusions. Human Rights Watch appelle les représentants de la communauté internationale cités ci-dessus à insister auprès des autorités guinéennes afin qu'elles collaborent pleinement à cette enquête.

exhorter les autorités guinéennes à garantir qu'une enquête indépendante, équitable et publique soit menée sans délai sur les crimes et leur dissimulation, afin de poursuivre de manière juste et conforme à la loi ceux considérés comme responsables, y compris selon le principe de commandement, dans le respect du droit international. Dans le cas où les autorités guinéennes ne pourraient garantir cette enquête et ces poursuites, le gouvernement guinéen, l'UA, la CEDEAO, l'UE et les Nations unies devraient apporter tout leur soutien à des enquêtes et des poursuites internationales, y compris par la Cour pénale internationale (CPI), sous réserve d'une conformité avec les conditions de ses statuts. La Guinée est un État partie à la CPI ; par conséquent, la cour a compétence à l'égard de génocides, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis sur son territoire. À la suite des violences du 28 septembre, le procureur de la CPI a indiqué que la situation en Guinée fait l'objet d'un examen préliminaire, qui est l'étape précédant l'ouverture d'une enquête.

Human Rights Watch prévoit de rendre public un rapport complet sur ses conclusions. Au vu de la gravité des abus commis et du besoin d'une action internationale immédiate afin de poursuivre les coupables, Human Rights Watch rend public ses principales constatations dès aujourd'hui.

 

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