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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 17:35
François Bozizé : plus que 6 mois pour regagner la Centrafrique, sans passeport et contre l’ONU

Lu pour vous

 

(Ecofin Hebdo) vendredi, 13 septembre 2019 10:58 - Chassé du pouvoir en 2013 par les rebelles de la Séléka et abandonné par ses pairs, l’ex-président centrafricain François Bozizé est annoncé sur le chemin du retour vers ses terres natales. Son objectif, participer aux élections de décembre 2020, n’est un secret pour personne. Pour celui qui est resté très populaire à Bangui l’ex-coquette, la tâche est loin d’être impossible, malgré les multiples sanctions de l’ONU.

En République centrafricaine, à la mi-juillet, le secrétaire général du parti de François Bozizé, le Kwa Na Kwa (KNK), a annoncé le retour de l’ancien président à Bangui. « François Bozizé rentrera de manière sûre et certaine dans les semaines à venir », a déclaré Christian Guenebem. Ce dernier a également confirmé que l’ancien président revenait pour les prochaines échéances électorales.

« Le candidat du KNK à la prochaine échéance présidentielle, c’est François Bozizé ». Pourtant, un tel retour ne semble pas si évident pour un ancien président, sanctionné par l'ONU et privé de passeport. Qu'à cela ne tienne.

« Le candidat du KNK à la prochaine échéance présidentielle, c’est François Bozizé ». Pourtant, un tel retour ne semble pas si évident pour un ancien président, sanctionné par l'ONU et privé de passeport. 

Alors que les compagnies aériennes sont censées être inaccessibles pour François Bozizé, ce dernier semble plus que jamais mobile et déterminé à reprendre le pouvoir. Pour avoir le droit de participer aux élections du 27 décembre 2020, l'ancien chef d'Etat a encore 6 mois pour rentrer en Centrafrique. Pour n'importe qui d'autre, la mission serait tout simplement impossible. Mais pour François Bozizé et sa longue histoire avec la Centrafrique, sait-on jamais...

 Prémices d'un retour annoncé il y a 5 ans

Si le retour dans l'actualité de François Bozizé peut surprendre, il n'en était pas moins annoncé, et ce, depuis plusieurs années. A l'époque, il faut reconnaître que le message était noyé dans un discours dicté par les émotions du moment. Il y avait d'abord l’amertume, teintée de déni, provoquée par la perte brutale de son fauteuil présidentiel.

Dans une interview, il avait réclamé, en 2015, que le pouvoir, perdu 2 ans plus tôt, lui soit rendu. « Une chose est sûre : je n’ai pas achevé mon mandat, lequel expire en 2016. Ce retour à la lettre de la Constitution (sa réhabilitation; ndlr) est donc un préalable, ce n’est pas négociable. Une fois cela fait, je suis ouvert, comme je l’ai toujours été, au dialogue avec tous les Centrafricains, y compris Michel Djotodia et ceux qui se sont fourvoyés avec lui », avait-il déclaré.

A son amertume, l'ex-président ajoutait de la colère, due à un sentiment de trahison et d'abandon, suscité par le peu de soutien offert par ses pairs lorsqu'il perdait le pouvoir. « Mes pairs m’ont trompé, surtout Idriss Déby Itno. Je lui ai fait confiance. Combien de fois n’avons-nous pas mangé ensemble ? » Mais, déjà à cette époque, dans ce dédale émotionnel, on voyait déja poindre la détermination de l'homme à revenir triompher sur ses terres.

« Mes pairs m’ont trompé, surtout Idriss Déby Itno. Je lui ai fait confiance. Combien de fois n’avons-nous pas mangé ensemble ? »

« Mon pays, c’est la Centrafrique. Tôt ou tard, j’y retournerai ». Pour François Bozizé, son retour n'a jamais été qu'une question de temps, d'agenda. Cette certitude, les sanctions de l'ONU, ne semblent pas l'entamer.

Il faut dire que ce n'est pas la première fois que l'ancien chef d'Etat se retrouve dans une position défavorable. Tout au long de sa tumultueuse histoire avec la Centrafrique, il a souvent connu l'exil et toujours, en est revenu.

 Eternel revenant

François Bozizé a toujours su trouver le chemin du retour vers la Centrafrique. Il faut dire que ses premières années, ce spécialiste de l'exil, les a passées loin de son pays.

En effet, l'histoire de François Bozizé commence au Gabon, à Mouila, où il nait le 14 octobre 1946. Il revient sur ses terres durant ses études secondaires qu'il effectue au collège militaire de Bouar. En 1975, il est promu capitaine puis commandant et enfin général de brigade en 1978, sous le régime de Jean-Bedel Bokassa. En 1979, lorsque ce dernier est renversé, François Bozizé devient ministre de la défense dans le gouvernement du président David Dacko. Malgré ses fonctions, il continue de se former, notamment à l´École de guerre, en France. C'est là, en pleine formation, qu'il apprend, le 1er septembre 1981, le coup d´État du général André Kolingba. Ce dernier lui confie le département de l´information et de la culture. Seulement, six mois après, dans la nuit du 2 au 3 mars 1982, François Bozizé organise un coup d´État qui n'aboutira pas. Il fuit alors la Centrafrique. Il trouvera refuge au Tchad, dans un premier temps, puis au Bénin.

Seulement, six mois après, dans la nuit du 2 au 3 mars 1982, François Bozizé organise un coup d´État qui n'aboutira pas. Il fuit alors la Centrafrique. Il trouvera refuge au Tchad, dans un premier temps, puis au Bénin.

En juillet 1989, il y est arrêté puis extradé vers Bangui où il est emprisonné pour complot. Finalement, il sera libéré en décembre 1991. En 1993, il se présente à l´élection présidentielle qui sera remportée par Ange-Félix Patassé. Le nouveau président nomme François Bozizé chef d´état-major des forces armées, en 1996. Ce dernier s'impose comme un des piliers du régime. A cette époque, François Bozizé est littéralement l'ange gardien du président. Pourtant, le 26 octobre 2001, cinq mois après l'échec d’un coup d´État attribué à l´ancien président André Kolingba, François Bozizé est limogé. Menacé d´arrestation et sentant sa vie en danger, il se retranche d'abord dans sa résidence de Bangui avant de s'enfuir, à nouveau au Tchad. Depuis ce pays, il coordonne des incursions sur le territoire centrafricain au grand dam du président. Ce dernier, soutenu par l'armé libyenne et le MLC de Jean-Pierre Bemba réussit à tenir... jusqu’au 15 mars 2003. Ce jour-là, Ange-Félix Patassé est au Niger, lorsque François Bozizé marche sur Bangui et prend la capitale qui lui résiste peu grâce à l'armée au sein de laquelle beaucoup lui sont resté loyaux. Il prend le pouvoir et oblige Ange-Félix Patassé à s'exiler.

Menacé d´arrestation et sentant sa vie en danger, il se retranche d'abord dans sa résidence de Bangui avant de s'enfuir, à nouveau au Tchad.

Il promet alors de mettre le pays sur le chemin de la démocratie, d'organiser des élections et de ne pas s'y présenter. A d'autres... Surfant sur quelques semaines de propagande durant lesquelles il vote, entre autres, une loi en faveur de la liberté de la presse, il décide de se présenter aux élections qu'il remporte avec 64% des suffrages.

 Qui chasse par le putsch...

En 2011, François Bozizé est réélu. Seulement, un an après, la Séléka, un groupe de rebelles dirigés par Michel Djotodia marche vers la capitale. A la porte de Bangui, les rebelles sont stoppés par la présence de troupes tchadiennes.

 Des accords de paix sont négociés dans la foulée en janvier, à Libreville, au Gabon. Un gouvernement de transition sera mis en place. Mais François Bozizé fait tout pour retarder ou limiter l'application des clauses de l'accord de paix. Les rebelles ne sont pas intégrés dans l'armée régulière comme convenu. Les prisonniers politiques ne sont pas libérés et les postes concédés à l'opposition au sein du gouvernement sont doublés par des nominations de proches du Président.

Les rebelles ne sont pas intégrés dans l'armée régulière comme convenu. Les prisonniers politiques ne sont pas libérés et les postes concédés à l'opposition au sein du gouvernement sont doublés par des nominations de proches du Président.

Les rebelles finiront par reprendre les armes et chasser François Bozizé du pouvoir en mars 2013. Son implication dans des tentatives de déstabilisation du pays, après sa chute, lui vaudra des sanctions du conseil de sécurité de l'ONU. Depuis, il prépare son retour pour les élections de 2020. Et alors que le pouvoir de son successeur Faustin-Archange Touadéra vacille, le moment semble opportun. D’autant qu’à Bangui, on n'a pas oublié celui qui se décrivait en 2003 comme « le soldat au service du peuple centrafricain ».

 

Servan Ahougnon

 

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Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 17:34
"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU Minusca

 

https://www.dw.com 11.09.2019

 

Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 16:03

 

 

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Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

 

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

 

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

 

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

 

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

 

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

 

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

 

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

 

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

 

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

 

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

 

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

 

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

 

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

 

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

 

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 16:03

 

 

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Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

 

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

 

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

 

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

 

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

 

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

 

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

 

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

 

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

 

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

 

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

 

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

 

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

 

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

 

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

 

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 16:03

 

https://www.dw.com 11.09.2019

 

Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

 

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

 

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

 

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

 

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

 

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

 

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

 

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

 

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

 

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

 

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

 

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

 

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

 

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

 

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

 

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU

 

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Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

 

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

 

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

 

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

 

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

 

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

 

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

 

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

 

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

 

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

 

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

 

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

 

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

 

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

 

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

 

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU

 

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Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

 

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

 

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

 

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

 

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

 

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

 

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

 

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

 

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

 

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

 

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

 

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

 

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

 

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

 

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

 

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU

 

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Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 16:03
"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU

 

https://www.dw.com 11.09.2019

 

Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 16:03
"Il n'y a pas de solution militaire à la crise en RCA" Mankeur Ndiaye RSSG ONU

 

https://www.dw.com 11.09.2019

 

Minusca: Mankeur Ndiaye n'exclut pas le recours à la force mais privilégie la négociation

 

Interview avec Mankeur Ndiaye, chef de la Minusca, mission de l'ONU en Centrafrique

 

Pour Mankeur Ndiaye, il est important de discuter avec tous les acteurs de la société centrafricaine, et d'exiger des groupes armés signataires de l'accord de paix qu'ils respectent leurs engagements.

Il évoque également les déplacés de Centrafrique. Et ses espoirs d'une solution politique à la guerre.

***

DW : Dans quelques jours, il va se tenir à New York l'Assemblée générale de l'Onu. Quels sont les points clés que vous porterez au nom de la République centrafricaine à la tribune de cette Assemblée générale ?

Mankeur Ndiaye : Merci pour l'intérêt que vous portez à la Minusca et à ses activités en Centrafrique. Naturellement, la situation en Centrafrique sera l'objet d'échanges au cours de cette rencontre aux Nations Unies.

DW : D'aucuns disent que vous plaidez pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Qu’est ce qui justifierait cette présence des casques bleus dans le pays ?

Mankeur Ndiaye : Vous savez, la Minusca est une opération de maintien de la paix. C'est comme la Minusma au Mali ou la Monusco en République  Démocratique du Congo. La Minusca est là depuis cinq ans. Elle travaille sur la base de principes qui régissent  toutes les opérations de maintien de la paix. L'autre principe aussi important c'est le non recours à la force. Parfois, les gens ne comprennent pas. Une mission de paix est là pour la paix. Cette mission qui est déployée pour faire la paix compte accompagner le processus de paix. Donc une mission de maintien de la paix n'est pas une mission de guerre. 

DW : Une mission de paix oui mais la situation sur le terrain est délétère. Comment allez-vous faire pour accompagner cette paix dont vous parlez ?

Mankeur Ndiaye : Notre mission est une mission multidimensionnelle. Nous avons un accord de paix qui a été signé depuis le 6 février 2019 et que nous appelons l'Accord de Bangui parce qu'il a été signé à Bangui même s'il a été négocié et paraphé à Khartoum en usant de nos bons offices et en travaillant avec le gouvernement et les 14 groupes armés qui l'ont signé. Nous sommes dans tous les mécanismes de suivi qui ont été mis en place depuis la signature de cet accord. 


La violence a baissé


DW : Justement parlant de cet accord de paix qui a été conclu entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés, la situation est cependant loin de s'améliorer, sept mois après la signature dudit accord. Est-ce que ce n’est pas un échec ?

Mankeur Ndiaye : Il faut être patient. Les accords de paix c'est comme ça que ça fonctionne. On a parfois des avancées parfois des reculs. Et je donne toujours l'exemple de l'accord de paix signé au Mali qu'on appelle l'Accord d'Alger signé depuis  plus de cinq. Vous voyez également l'accord de paix signé en Colombie. Il y a quelques temps, vous avez vu que le numéro deux des FARC s'en est retiré pour reprendre la guérilla. Donc, vous voyez c'est comme ça que les accords de paix fonctionnent. Mais, il faut faire le maximum pour que les signataires restent dans l'accord. Il y a toujours des exactions sur les populations civiles, il y a toujours des barricades qui sont installées et des taxations illégales qui sont perçues sur le terrain mais nous constatons qu'il y a une baisse des violences. Il faut s'en féliciter. Un comité exécutif de suivi de l'accord existe et lors de ce comité nous allons interpeller les uns et les autres sur les cas de violations. Il faut être patient pour qu'on avance un peu dans la consolidation de la paix dans ce pays.

DW : Vous avez déploré la persistance des cas de violations des droits humains. Pourquoi des sanctions ne sont pas prises à l'encontre des auteurs ?

Mankeur Ndiaye : Il y a l'article 35 de l'accord qui parle de sanctions mais ne définit pas la nature et quels types de sanctions si un groupe signataire de l'accord viole ses engagements. Quels types de sanctions on peut lui appliquer. Ce travail n'avait pas été fait et certainement le sera dans les prochaines semaines.

DW : Malgré cet accord et malgré la présence des casques bleus, on a assisté à un regain de violences à Birao dans le nord du pays. Comment vous réagissez à cela?

Mankeur Ndiaye : Nous avons condamné cela fermement parce qu'il s'est agi d'une violation flagrante de l'accord qui interdit tous les mouvements militaires non autorisés dans cette confrontation entre les FPRC et MLCJ à Birao avec des morts et surtout des conséquences humanitaires catastrophiques. Aujourd'hui, nous avons plus  de 13 000 personnes déplacées et nous sommes en train de sécuriser la ville. Nous avons mis en garde tous les groupes armés pour qu'ils évitent toute reprise des combats. Et je pense que jusque-là, la situation est calme. Nous allons encourager toutes les initiatives de médiation parce qu'il ne faut pas que le conflit se transforme en conflit interethnique extrêmement grave. Nous avons pris contact avec le sultan. Nous sommes en train de parler aux uns et aux  autres afin que la situation se calme, que la Minusca contrôle la ville, que tous les groupes armés sorte de Birao. 


La force contre les groupes armés


DW : Est-ce qu'on peut s'attendre également à l'usage de la force ?

Mankeur Ndiaye : Mais l'usage de la force n'est pas absolument interdit. Je l'ai dit, l'un des principes essentiels des opérations de maintien de la paix, c’est le non recours à la force. Mais l'usage de la force est autorisé dans des conditions précises. Mais, comme je le dis, encore une fois, il n'y a pas de solution militaire à une crise comme celle qui sévit en Centrafrique. La solution ne peut être que politique. Tous les acteurs le comprennent, que ce soit  le gouvernement ou les groupes armés.

DW :  Le Comité des Nations unies va se pencher bientôt sur la problématique de l'embargo imposé sur les armes à destination des forces armées centrafricaines. Quel discours tiendrez-vous à cette occasion ?

Mankeur Ndiaye : Cela est l’affaire du Conseil de sécurité. Nous n'intervenons pas sur la question des sanctions. C'est une demande forte du gouvernement que l'embargo soit levé. Il appartiendra au Conseil de décider de la levée ou non de cet embargo

DW :  En cas de non levée de l’embargo, pourrait-on s'attendre à des mécanismes pour mieux bloquer le circuit des trafics d'armes à travers ce pays ?

Mankeur Ndiaye : Oui, les gens ont raison de signaler que les groupes armés profitent de la situation d'accalmie pour se réarmer. Les frontières du pays sont poreuses. Un pays très vaste où l'Etat n'est pas présent sur tout le territoire national, ce qui facilite les trafics de tout genre. Je pense que l'on doit également mettre fin à cela et empêcher les groupes armés de s'armer.

DW : Quelle lecture faites-vous des dernières sorties  de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua qui déclare la guerre au président Faustin Archange Touadéra sur fond d'accusations de corruption ?

Mankeur Ndiaye : Nous ne nous mêlons pas du jeu politique intérieur. Nous  respectons la souveraineté du pays. Ce que nous souhaitons, c'est que le débat politique soit un débat serein. Que tous les discours de haine soient bannis et que la démocratie fonctionne. Ce pays va vers les élections l’année prochaine. L'organisation des élections est extrêmement importante. Nous travaillons avec le gouvernement pour aider à ce que les élections se déroulent dans la sérénité à la satisfaction de tous les partenaires de la Centrafrique dont  les Nations unies.

 

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