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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:09




               Jean-Pierre Oyiba l'ex dircab de
                  Ali Bongo qui a démissionné

16/11/2009 12:24:36 | Jeune Afrique | Par : François Soudan

L'onde de choc du scandale du Bureau de Paris, révélé par J.A., n'a pas fini d'éclabousser les personnalités de la région...

Jean-Marie Ogandaga Ndinga est un homme prudent. Délégué du gouverneur au Bureau extérieur de Paris de la Banque des États de l’Afrique centrale, le BEP, depuis juillet 2008, ce haut cadre gabonais avait, en avril dernier, volontairement omis de remettre à la mission du contrôle général de la Beac chargée d’enquêter sur les détournements de fonds en son sein une dizaine de copies de chèques douteux en sa possession. Motif: l’identité « sensible » de leurs bénéficiaires. Mais une fois le scandale révélé par Jeune Afrique et le tsunami déclenché, il a bien fallu qu’il s’exécute.

Dans le rapport d’enquête qu’elle vient de rédiger, la direction du contrôle précise donc que lors de son dernier séjour à Paris, fin septembre, sa mission s’est finalement fait remettre lesdites copies des chèques qualifiés de frauduleux. Et l’on comprend mieux, à la lecture des noms des quatre bénéficiaires, que le délégué du gouverneur ait (sur ordre?) longuement tergiversé avant de livrer aux enquêteurs les photocopies qu’il avait lui-même reçues de la Société générale.

Si l’on en croit le rapport, ont bénéficié de « chèques supposés frauduleux, qui n’ont pas été retracés régulièrement dans la comptabilité ou dont la prestation ne semble pas avoir été réalisée au bénéfice de la banque » : Mme Annie Mebiame, épouse de Léon Mebiame, ancien Premier ministre du Gabon ; le général André Oyini, ancien commandant de la garde républicaine d’Omar Bongo Ondimba, neveu de ce dernier et donc cousin de l’actuel président Ali Bongo Ondimba ; Mathias Dzon, ex-ministre congolais de l’Économie et des Finances, ancien directeur national de la Beac à Brazzaville et candidat à la présidentielle de juillet 2009. Enfin : Jean-Pierre Oyiba, ex-directeur de l’Office des ports et rades du Gabon, l’Oprag, et actuel directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, dont il est l’un des très proches.

Les montants en cause varient entre l’équivalent de 14 millions de F CFA (André Oyini) et 136 millions (Mme Mebiame), en passant par 58 millions (Mathias Dzon) et 65,6 millions (Jean-Pierre Oyiba). Ces chèques, qui remontent pour la plupart à la période 2005-2007, émanent tous du compte ouvert par le BEP à l’agence Champs-Élysées de la Société générale. Le rapport d’enquête de la Beac est formel : que leurs bénéficiaires en aient ou non été informés, il s’agit là du produit de détournements réalisés au moyen de chèques frauduleux (imitation de signatures, doubles paiements…) établis par le comptable Armand Brice Ndzamba et ses complices « pour approvisionner leurs comptes personnels ou ceux de leurs relations ». 

Grosses surprises

Un nouveau rebondissement, donc, qui touche au cœur du nouveau pouvoir gabonais – selon nos informations, le président Ali Bongo Ondimba, très engagé dans son opération de « nettoyage », aurait signifié à son ami Oyiba qu’il ne le couvrirait pas s’il s’avérait qu’il avait fauté –, mais sans doute pas le dernier, puisqu’une revue des comptes de la Beac depuis le début des années 1990, préconisée par les partenaires occidentaux de la banque, risque de révéler de grosses surprises.

Contraint par le FMI, qui a gelé ses programmes et décaissements en faveur des pays membres en attendant que toute la lumière soit faite sur ce scandale, le conseil d’administration de la Beac, institution jusque-là réputée pour son opacité, se livre depuis la mi-octobre à un bel exercice de transparence. À la publication sur le site Internet de la banque des principales pièces du dossier succèdent les auditions en chaîne des coupables et des responsables. L’ancien vice-gouverneur et ex-ministre congolais des Finances, Pacifique Issoibeka, et l’actuel directeur général de l’exploitation de la Beac, l’Équato-Guinéen Lucas Abaga Nchama, sont ainsi venus s’ajouter à la liste des dirigeants passés ou présents dont la responsabilité est – à des degrés divers – engagée : Jean-Félix Mamalepot, Philibert Andzembé, Gata Ngoulou, Rigobert Roger Andely. Quant aux coupables, à la fois auteurs et bénéficiaires des malversations, ils sont pour certains en prison (Armand Brice Ndzamba et son épouse), inculpés ou en voie de l’être (Maurice Moutsinga), et, pour d’autres, recherchés par Interpol en France et au Maroc (l’ex-secrétaire du BEP Marie-France Robert).

Reste une troisième liste: celle des « simples » bénéficiaires présumés de détournements, selon les rapports d’enquête. Ils sont plusieurs dizaines, dont, on l’a vu, certaines personnalités « sensibles ». Si les faits étaient confirmés, la moindre des exigences à leur égard serait qu’ils remboursent à la Beac cet argent mal acquis.

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:03


LE MONDE | 14.11.09 | 14h24  •  Mis à jour le 14.11.09 | 14h24

Ce n'est qu'un symbole, mais il est de taille. Le continent africain aura franchi le seuil du milliard d'habitants au cours de l'année 2009. Ce passage, discrètement relevé dans un récent bulletin du Population Reference Bureau, une organisation indépendante basée à Washington, marque le spectaculaire envol démographique d'un continent resté longtemps sous-peuplé, saigné par la traite négrière (11 millions d'hommes en trois siècles) et les épidémies.

Il intervient à un moment où inquiétudes et fantasmes se concentrent plus que jamais sur l'Afrique. Vu de la partie développée et vieillissante du monde, le continent noir peut être perçu comme celui de tous les dangers - pauvreté, faim, émigration, terrorisme, conflits armés - qu'une démographie incontrôlée peut exacerber.

Le choc des chiffres, il est vrai, est rude. Alors qu'en 1950 l'Afrique (225 millions d'habitants) n'accueillait qu'un humain sur dix, le continent abrite aujourd'hui un homme sur sept. Et cette proportion devrait atteindre un sur cinq à l'horizon 2050, lorsque la population africaine aura doublé pour atteindre 2 milliards.

Aujourd'hui, déjà, un enfant sur quatre naît en Afrique, continent qui cumule les records démographiques : la plus forte fécondité (4,6 enfants par femme contre 2,5 de moyenne mondiale) et celui de la jeunesse (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans). Le troisième pays de la planète par sa natalité est le Nigeria, pays où naissent, chaque année, plus de bébés (6 millions) que dans l'ensemble de l'Union européenne (5 millions). Quant à l'Ouganda, c'est le pays le plus jeune du monde : 56 % de sa population a moins de 18 ans.

Ces marques de dynamisme se doublent d'indicateurs nettement moins enthousiasmants : la durée moyenne de la vie d'un Africain ne dépasse guère 53 ans en moyenne, soit quinze ans de moins que la moyenne planétaire ; la mortalité infantile y est vingt fois plus élevée qu'en Europe de l'Ouest, et la contraception 2,4 fois moins pratiquée qu'en Europe ou en Asie.

"C'est le moment de l'Afrique", estime néanmoins Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED). "On a l'impression que rien ne change, que les Africains ont toujours beaucoup d'enfants. C'est à la fois vrai et faux", nuance le démographe, en soulignant la baisse continue de la natalité sur le continent. A un tableau immuable et catastrophique, il préfère la description d'une réalité contrastée, variant entre les Etats et entre zones rurales et urbaines.

Déjà, en dehors même du Maghreb, en pleine transition démographique (2,3 enfants par femme en Algérie et au Maroc, 1,9 en Tunisie), certaines zones du continent sont marquées par une nette baisse de la fécondité : 5 enfants par femme au Kenya contre 8 voilà trente ans ; 4,5 au Sénégal contre 7 il y a vingt-cinq ans. Même l'espérance de vie a fait de - lents - progrès, en dépit du sida : seize années ont été gagnées depuis 1950, grâce notamment aux campagnes de vaccination.

"La voie qu'empruntera l'Afrique subsaharienne vers la baisse de la fécondité sera probablement différente des autres régions du monde, indique M. Pison. Croire que des obstacles culturels y font irrémédiablement barrage n'est pas forcément juste. Ceux qui expliquaient voici quelques années que les machos sud-américains auraient toujours besoin de faire beaucoup d'enfants pour montrer leur virilité se sont trompés. On sous-estime la capacité de changement des sociétés."

SCOLARISATION

Tout porte à croire que la baisse de la fécondité continuera d'être plus lente en Afrique qu'ailleurs. La polygamie, clé de voûte de la structure familiale, favorise la multiplication des naissances. Mais cette inertie n'est pas à mettre au seul débit des populations. L'un des principaux vecteurs de ce changement est la scolarisation, singulièrement celle des filles, qui retarde les grossesses et facilite l'accès à la contraception. Or, pour l'heure, seuls 30 % des jeunes Africains fréquentent un établissement d'enseignement secondaire, soit la moitié de la moyenne mondiale.

"La contraception peut se diffuser à vive allure dans des campagnes africaines peu favorisées socio-économiquement", écrit Emmanuelle Guyavarch, de l'INED, qui, avec Gilles Pison, suit trois villages sénégalais sur une longue durée. Les freins et les échecs, estime-t-elle, "ne tiennent pas tant à une méconnaissance de la contraception (...) ou à un refus qu'à la difficulté d'y accéder."

Enquête à l'appui, les démographes montrent comment, dans un dispensaire rural, le seul remplacement d'un infirmier actif et convaincu par un autre, plus réticent, peut faire dégringoler la pratique de la contraception. Pointant les effets de "services souvent mal organisés et peu efficaces", ils concluent : "Les femmes et les hommes d'Afrique sont, plus qu'on ne l'imagine, prêts au changement."

Si plusieurs pays - Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Zimbabwe - mènent une véritable politique de planning familial, la contraception reste souvent perçue en Afrique comme le produit d'une intervention étrangère. "Certains responsables entonnent un discours politiquement correct, favorable à la limitation des naissances, quand ils s'adressent aux bailleurs de fonds internationaux, constate un observateur africain averti. Mais entre Africains, ils n'en pensent pas un mot." Les influences religieuses encouragent aussi ce double langage, qui revient à présenter la contraception comme une arme des pays riches offensant les traditions locales.

Philippe Bernard

 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 13:51




17/11/2009 11:51:19 | Jeune Afrique | Par : Christophe Boisbouvier
 

« Nous avions le doyen de la sous-région, maintenant nous avons le Petit Poucet… Nous savons bien que le leadership du Gabon c’est fini, reconnaît un diplomate de Libreville. Mais nous voulons être un maillon fort de la nouvelle chaîne de commandement. » Avec quel autre maillon? C’est toute la question.

Par les liens de famille, ABO aurait dû se tourner naturellement vers le Congo. Mais depuis le décès, le 14 mars, d’Édith Lucie Bongo, épouse du président gabonais et fille du président congolais, les rapports entre les deux pays se sont compliqués. Ces derniers mois, le Gabon s’est plutôt tourné vers le Cameroun. Dès le 15 juin, veille des obsèques du « doyen » à Libreville, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Centrafricain François Bozizé sont allés voir discrètement le Camerounais Paul Biya dans sa villa de la Cité de la démocratie et lui ont dit: « C’est toi, le nouveau doyen. » Et le 15 août, quand le Congolais Denis Sassou Nguesso a suggéré à Brazzaville – lors du sommet ad hoc de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) – l’idée de faire adopter par tous les candidats gabonais un code de bonne conduite, Ali n’a pas trop apprécié. Il a d’ailleurs été reconnaissant à Paul Biya de ne pas avoir fait le déplacement de Brazzaville.

Logiquement, c’est donc à Yaoundé que, dès le 11 septembre, le président élu a effectué sa première sortie à l’étranger. « Nous voulons renforcer l’axe Gabon-Cameroun, commente un décideur à Libreville. Comme la France et l’Allemagne, il faut que nos deux pays règlent toutes leurs divergences à huis clos avant de parler avec les autres pays de la sous-région. Le problème, c’est que Biya n’est pas très assidu aux sommets… »

Premier test fin novembre à Bangui (Centrafrique), à la prochaine conférence des chefs d’État de la Cemac. Après la révélation par Jeune Afrique du scandale de la Beac (Banque des États de l’Afrique centrale) – 19 milliards de F CFA détournés –, ABO a décidé de rappeler le gouverneur de la Banque centrale, le Gabonais Philibert Andzembé, en vue de son remplacement. Il donne des gages de bonne gouvernance à ses pairs pour obtenir la nomination d’un nouveau Gabonais. Forte de ses réserves en devises, la Guinée équatoriale lorgne-t-elle le poste ? Veut-elle casser le « consensus de Fort-Lamy », qui, depuis 1973, accorde le gouvernorat de la Banque au Gabon et fixe le siège à Yaoundé, au Cameroun ? Réflexion d’un conseiller d’Ali: « Comme le Cameroun a intérêt à maintenir les termes essentiels du consensus de 1973, on n’est pas trop inquiets. » À Bangui, l’axe Gabon-Cameroun sera à l’épreuve.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:58





 Libération 16/11/2009 à 00h00 Par CHRISTIAN LOSSON envoyé spécial à Carnot et Berberati (République centrafricaine)

 Reportage

Tandis qu’à Rome soixante chefs d’Etat discutent sécurité alimentaire, la République centrafricaine subit depuis six mois une grave famine.

On peut lire ces mots sur le fronton de l’hôpital de Berberati, la deuxième ville de la République centrafricaine : «Je ne veux pas savoir qui tu es, ce que tu fais, ta race, ta religion, tu souffres et cela me suffit.» La souffrance, au-delà des cris et des pleurs, s’écrit ici en silence. Des regards perdus d’enfants hagards. Des tourments de mères résignées. Des chiffres sur des feuilles d’enregistrement. «Adèle, 7 mois, 1,7 kilo, rapport poids-taille inférieur à 70%…» Malnutrition aiguë. Des chiffres, Nadine, n’en livre aucun. Elle ignore jusqu’à son âge. «Pas plus de 17», selon un infirmier de l’unité thérapeutique nutritionnel, créée par Action contre la faim (ACF). De ses trois enfants (1 mois, 3 ans, et 4 ans), elle dit juste qu’elle doit «les laisser à la maison pour aller au champ». En rentrant, elle leur donne leur unique repas de la journée. Un peu de manioc. Et des feuilles pilées. Elle a manqué «quatre jours de travail», 500 francs CFA (80 centimes d’euros), pour les acheminer. Elle dit : «Vous allez les sauver ?»

La vie à Berberati ? Figée. Entre parenthèses du développement. Pour y parvenir, un jour et demi de routes cahoteuses et de pistes en latérite jalonnées de kodros, des cases en briques de terre cuite. Mais derrière les images d’une Afrique d’Epinal, la détresse vient frapper à notre voiture à chaque arrêt. «Aidez-moi, mon fils a la maladie de la famine», implore un vieillard. Voilà six mois que la crise de malnutrition a débuté. Un jeune médecin, Daniel Wea, débarquait à peine à Carnot, la troisième ville du pays, située à trois heures de piste de Berberati. «J’ai vite noté des signes de la maladie, raconte-t-il dans son bureau éclairé par un groupe électrogène. Décoloration de la peau et des cheveux, ballonnement abdominal et gonflement des membres et du visage.» Les enfants tombent par dizaines. Daniel Wea alerte alors les «autorités sanitaires». Rien… Il interpelle le ministre de l’Agriculture sur la crise alimentaire. Rien… Il lance un message à la radio nationale. «Le lendemain, 122 gosses faméliques submergeaient l’hôpital», raconte le médecin. Et le ministère de la Santé ne débourse qu’une aide de 3 000 euros.

Sorcellerie. «Une étude réalisée en juin avec Médecins sans frontièresévaluait le taux de malnutrition des enfants à 21% à Carnot, 7% à Berberati», rappelle Céline, nutritionniste à Action contre la faim. L’Organisation mondiale de la santé fixe le seuil d’urgence à 2%… On a alors beaucoup parlé de sorcellerie. Mais aussi «des petits poissons, les nguengue, ou des cubes Maggi, sourit l’abbé Hubert Tamambéré. Mais les racines du mal sont ailleurs». Le drame vient avant tout de la crise mondiale qui a fait basculer dans le chaos un Etat fantôme, déjà en proie à une pauvreté et à une insécurité alimentaire chroniques. «On paie aussi le prix de dix ans de troubles militaro-politiques, note Joël Parefa, le préfet de la région du Mambéré-Kadéï. Le drame, c’est le diamant et le bois. Les gens ont trop misé dessus et délaissé l’agriculture.» La demande de bois s’est effondrée de plus de 40%. Les sociétés forestières ont viré plus de la moitié de leur personnel. Un coup terrible après que l’Etat a décidé, l’an passé, de faire le ménage dans les bureaux d’achat de diamant. «La plupart ont fermé», raconte Abba, un négociateur. Or, ce business très pyramidal touchait la majorité de la population. «Un collecteur fait vivre 20 chefs de chantier, qui à leur tour font vivre 20 chercheurs de diamants», précise un Libanais. Et comme, en plus, le prix mondial a chuté, beaucoup se sont retrouvés sans rien.

Le plus désespérant est peut-être qu’il «existe une dépendance cruelle au manioc, rappelle Isaac, un nutritionniste d’ACF. Le tubercule, peu riche en vitamines, contient du cyanure qui peut en plus être très nocif quand il est mal lavé et mal préparé». Jean Dimasse le sait bien. Il anime une petite ONG qui tente de pousser les paysans à se regrouper, et à diversifier leur culture. Il rappelle combien la flambée des prix alimentaires de 2007 a laissé des séquelles et comment la crise économique a joué le rôle d’étincelle. «Quand les gens ont été virés du bois ou du diamant, ils ont regagné les champs, dit Jean Dimasse. Mais même si la terre est riche, il y a un manque de formation désarmant, pas un seul tracteur.» Il s’agace aussi de l’impact des subventions à l’exportation des pays riches : «Sur le marché, on trouve des oignons néerlandais moins cher que l’oignon local ou du Cameroun…»

«On souffre jusqu’à l’os». Comme si cela ne suffisait pas, la crise climatique s’est invitée. «Pour la première fois, il n’a quasi pas plu en mai-juin, qui est la période de semence, dit Jean Bosco Maïndo, directeur régional de l’Agence centrafricaine pour l’agriculture. On souffre jusqu’à l’os.»Il en veut à la FAO, l’agence onusienne pour l’alimentation et l’agriculture. Elle a bien reçu 10 millions de dollars en urgence, «mais on n’a toujours pas vu une semence arriver. Ni aucune assistance technique». Alors que le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre aujourd’hui à Rome, la République centrafricaine tient du cas d’école. La FAO dénonce, à raison, la chute de l’aide publique au développement des pays riches dédiée à l’agriculture (- 50% en vingt ans). Mais que fait-elle concrètement ? «Rien… C’est affligeant, raconte un humanitaire. On est pourtant prêt à les aider à développer de la veille et de la sécurité alimentaire.» La France ne brille guère. Derrière les plaidoyers pro domo sur la souveraineté alimentaire, «elle continue de distribuer de la nourriture plutôt que d’envoyer des formateurs», note un expert.

«à 150 par classe». Engluée dans la bureaucratie et la corruption, les salaires non payés des fonctionnaires et la mal gouvernance, la République centrafricaine compte les zones de non-développement. L’eau potable ? Moins de 30% de la population y a accès. «Il y a bien 4 000 pompes de forage, mais pas de pièces détachées de rechange», dit un ingénieur. L’énergie ? Record planétaire de non-électrification. Sauf groupe électrogène ou lampe à pétrole, le pays vit dans le noir. Les routes ? Pas plus de 450 kilomètres de chemins goudronnés sur un territoire grand comme la France et la Belgique. L’éducation ? «A Bangui, la capitale, les élèves du primaire qui peuvent payer les frais de scolarité se retrouvent à 150 par classe», se désole un instituteur de village. En province, les effectifs montent à 300 par classe. La santé ? Le sida est endémique (6% de la population serait touchée), et l’espérance de vie diminue de cinq mois chaque année depuis dix ans. «Pourtant, on a un potentiel unique, ici on peut tout faire pousser et notre terre est très riche en minerais», s’agace l’abbé, à Carnot.

En attendant un hypothétique essor, les victimes de la faim partent en silence. «Le plus dur, c’est la rechute, dit une aide-soignante. Savoir qu’un enfant remis sur pied reviendra en urgence un mois plus tard. De nouveau famélique.» Armés d’un bâton qui sert de toise, les visiteurs médicaux d’ACF arpentent les faubourgs des villes. Ils mesurent la circonférence des bras ; appuient trois secondes sur les pieds pour détecter des œdèmes, l’un des deux visages de la malnutrition : le kwashiorkhor. Bien sûr, les traitements ont évolué. Notamment grâce au Plumpy Nut, un sachet nutritionnel à base de pâte d’arachide. Les enfants de plus de 6 mois peuvent désormais rester chez eux avec une ration hebdomadaire. Les centres de nutrition sont moins engorgés. Les parents, eux, ne sont plus obligés de rester au chevet de leurs enfants et peuvent retourner travailler dans les champs.

«On sauve des vies», assure Céline d’ACF. Celle, peut-être de Roméo, 15 ans, 18 kilos. «Lorsqu’il est venu, on le transportait pour aller aux toilettes, dit Jean Bruno, animateur de l’hôpital. Il ne pouvait pas bouger.» Roméo trouve encore la force de sourire. Sa mère, elle, en est incapable. «C’est mon dernier enfant vivant, dit Rosalie. Quatre sont morts, les plus jeunes. Depuis que mon mari est au ciel, je n’ai qu’un cimetière dans la tête.» Elle a porté son fils sur 20 km. Après seize jours de soins, il pesait 16 kilos. Aujourd’hui, Roméo est en sursis. «S’il vit jusqu’à 20 ans, ce sera un petit miracle», assure une nutritionniste. Croire, s’accrocher à l’espoir dans cette ville peuplée d’églises de toutes confessions, tient plus que d’une religion : «C’est tout ce qui nous reste», dit une mère.

 

Malnutrition. Repères

16/11/2009 à 00h00

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, créée en 1945 à Québec, regroupe 190 pays membres. Son objectif suprême est «d’aider à construire un monde libéré de la faim».


République centrafricaine. Fiche technique.


5,1%. C’est le taux de fécondité de la République centrafricaine.

Mais qui se double d’un taux de mortalité infantile de près de 20 %. Le nombre d’orphelins, principalement dus au sida, s’établit à 150 000 dans ce pays de 4,3 millions d’habitants.


«Le problème est tellement immense qu’on a l’impression que c’est une calamité contre laquelle on ne peut rien faire.»

 Olivier de Schutter rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, commentant le chiffre historique d’un milliard d’habitants souffrant de la faim en 2009.


En grève de la faim


Le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf, a effectué une grève de la faim samedi à Rome afin de «sensibiliser l’opinion publique» avant l’ouverture, aujourd’hui, d’un sommet sur «la sécurité alimentaire» qui doit rassembler une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement dans la capitale italienne.

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:43

La rédaction de Centrafrique-Presse a la douleur d’annoncer la mort d’Augustin Yamandja, Ingénieur en Télécommunication, ancien Directeur Général de SOCATEL, intervenue le lundi 16 novembre 2009 aux environs de 23 heures à l’hôpital communautaire de Bangui des suites de ses blessures après un tragique accident de circulation qui a eu lieu quelques heures plus tôt.

Toute l’équipe de la rédaction adresse ses condoléances les plus émues à sa famille et aux proches du disparu.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:19




A quelques jours seulement de l'ouverture du Congrès du parti "Kwa na kwa" à M'baïki, une forte délégation du MLPC a effectué une tournée dans la Lobaye, notamment dans les sous-préfectures de Mongoumba et M'baïki. Conduite par M. Martin Ziguélé. Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain en personne, cette mission a été appuyée par M. Hugues Dobozendi, une des figures de proue de la Lobaye et dinosaure du MLPC. C'est dire toute l'importance que le MLPC attachait à cette tournée qui a été diversement interprétée dans les milieux politiques, surtout dans les cercles proches du pouvoir. Cette tournée a-t-elle des relations avec la décision du KNK d'organiser son congrès à M'baïki ? M. Martin Ziguelé répond à cette question et aborde par la même occasion les supputations qui se font autour de la présence d'Ange Félix Patassé à Bangui. La position du MLPC, selon M. Martin Ziguélé, est claire et ne varie pas d'un iota.

Le Confident: M. Martin Ziguélé, le MLPC vient de surprendre tout le monde par une tournée dans la Lobaye. Qu'est-ce qui a véritablement motivé cette mission?

Martin Ziguelé : Effectivement, je viens d'achever une tournée marathon dans la Lobaye à l'invitation de la Fédération MLPC de la Lobaye, et notamment des sous-fédération de M'baiki et de Mongoumba. Donc j'ai parcouru treize localités dans la Lobaye en trois, jours et c'est pourquoi j'ai parlé de marathon. En parlant de Bangui, nous avons fait M'baïki, Moungoumba, Zinga, Batalimo, Mbata, Bouchia.

Après, nous avons fait la SCAD, Safa-Moscou, Bangandou et enfin Boukoko, Bonaka et Ndolobo. Au chemin du retour, nous avons clôturé par Bérengo. Nous avons parcouru treize localités de la Lobaye où nous avons rendu visite aux sections du parti. Mais je dois dire que partout où nous sommes passés, ces rencontres, qui étaient destinées à la sensibilisation de nos organes, se sont étendues à d'autres compatriotes, qui ne sont pas forcément militant du MLPC. Ils étaient nombreux, très nombreux, venus nous voir, discuter des problèmes de l'heure avec nous, la ligne politique du MLPC nouvelle.

Vous avez omis Boda ?

Je n'ai pas omis Boda. J'ai déjà été à Boda à trois reprises. Nous avons découpé la Lobaye en trois parties. Cette partie que je viens de faire est déjà achevée. Maintenant, je suis en train de programmer dans tout le nord de la Lobaye, c'est-à-dire Pissa et dans la Lesse, Karawa, Mbanza jusqu'à Karbara etc .. et puis à Bangui-Bouchia, Bokanga. Dans ta même lancée, nous ferons, Boda, Bossoui, Ngotto, Saguia, Boganangone, Boguéra, Gazi-Béa, Bankouè et Boganda. Avec cette minute, nous allons dans toutes les sections du parti. Nous ne restons pas seulement dans les sous-préfectures qui abutent les sous-fédérations. Nous allons dans les sections, c'est-à-dire dans les villages au contact des Centrafricains, de tous nos compatriotes militants, de nos sympathisants, de tous nos compatriotes je le dis bien, mais vraiment dans les villages à base.

Beaucoup d'observateurs ont vu en cette tournée, un piège que vous tendez au KNK, qui a ouvert son Congrès, 48 heures à la fin de votre mission dans la Lobaye?

Non, nous savions que le KNK allait tenir son Congrès le 13 Novembre à Mbaïki. Mais nous ne sommes pas liés à l'agenda du KNK pour nos activités politiques. Nous sommes un parti politique expérimenté, représenté sur tout le territoire national et nous sommes autonomes dans notre démarche politique. Nous avons une vision de ce qu'il faut faire sur le terrain et nous l'exécutons sans vraiment nous préoccuper de ce qui se passe aux alentours.

Le MLPC est-il vraiment implanté dans la Lobaye?

Plus que jamais, le MLPC est devenu un acteur majeur dans la Lobaye. Et nous pensons tout simplement que cela est dû à un travail d'explication. Je pense que nos compatriotes de la Lobaye ont senti que le MLPC, dont je parle, lorsque je les rencontre, n'a plus rien à voir avec le MLPC du passé. Les hommes et les femmes qui animent le parti aujourd'hui ont une vision, une volonté, un agenda, un programme et ont une démarche politique contractuelle. Qu'est ce que vous vouiez ? Qu'est ce que nous pouvons faire ensemble ? Comment nous allons contrôler ensemble ce que nous allons faire ? Nous sommes dans une démarche de vérité et de sincérité.

Nous ne sommes pas dans une démarche de démagogie politique, une démarche de promesses sans lendemain et de promesses surtout perpétuelles. Nous disons à nos compatriotes de la Lobaye qu'au-delà des fêtes et des manifestations festives, il y a le développement de la Lobaye, qui est quand même une des régions les plus riches de la RCA et qui est carrément laissée à l'abandon.

M. le Président, vous avez établi une comparaison entre le MLPC du passé et celui que vous dirigez. Le MLPC actuel peut-il relever le défi du retour de Patassé en Centrafrique?

Je crois qu'il n'y a une rupture nette au parti depuis le Congrès de Juin 2007. Je vous rappelle qu'au Congrès de 2007 il y a eu trois décisions majeures. La première décision c'est la dépersonnalisation du parti. Nous n'avons pas un gourou à la tête du parti qui, tirant ses connaissances et son savoir de droit divin, doit imposer des instructions à l'ensemble des militants du MLPC qui eux, se comportaient comme des moines soldats.

Tout cela est terminé. Deuxièmement, c'est la modernisation du parti social-démocrate, qui doit offrir aux Centrafricains ce qu'il y a de plus généreux, de plus noble, de plus exigeant sur le plan de la justice, de la liberté, de la fraternité et des débats d'idées. Le MLPC doit retrouver sa place de catalyseur des aspirations des Centrafricains pour leur proposer un projet crédible et non démagogique.

C'est ça la modernisation. Et la modernisation touche même au fonctionnement du parti. Débats autour de toutes questions débats autour de tous les projets, il ni y a pas de sujets tabous à l'intérieur du MLPC et des organes du MLPC.

Troisième programme, restructurer le parti pour gagner les élections en 2010. Et par rapport à cet objectif le Congrès nous a dit clairement que n'avons qu'un seul adversaire politique. Il s'appelle François Bozizé Yangouvonda. La stratégie politique de notre adversaire comporte plusieurs volets dont la fragilisation du MLPC par l'instrumentalisations des personnes qui sont en dérive politique et qui cherchent à s'accrocher. Et donc, nous pensons que nous ne devons pas être des traits. Je dirai même plus. Dans une lecture dialectique de la politique centrafricaine, je dirais que l'investissement que le pouvoir fait pour tenter de fragiliser le MLPC est la preuve que nous sommes sur le bon chemin. Donc nous continuons la lutte sur le terrain auprès de nos compatriotes parce que les Centrafricains savent lire et distinguer le fil blanc du fil noir.

L'ancien président, Ange Félix Patassé, a déclaré qu'il va convoquer un Congrès du MLPC. De quel MLPC s'agit-il, car l'observateur perd un peu son latin?

Ces jours-ci, je vois beaucoup de choses qui se disent, qui s'écrivent, qui se commentent par ci par là, mais nous sommes quand même dans un Etat de Droit. Je voudrais dire aux uns et aux autres que la Justice Centrafricaine a définitivement tranché la question de la légitimité de la direction du parti. Et avant que la justice centrafricaine, n'intervienne, et ce rappel est très important, le ministère de l'Intérieur avait déjà écrit à des plaignants auparavant pour reconnaître que les actes issus du Congrès du 21 au 23 juin 2007 sont légitimes, fondés et reconnus par l'administration du Territoire. Et d'ailleurs, c'est en contestation de cette décision du ministère de l'Intérieur, que certains ont cru devoir entamer une procédure judiciaire et ifs ont régulièrement et contradictoirement perdu aussi bien au niveau en Grande Instance qu'en Appel. Donc sur le plan juridique, les Centrafricains ne doivent pas se laisser distraire. Nous ne sommes pas dans un feuilleton qui amuse la galerie. Les choses sont claires et nous avons là le droit de notre côté. Nous avons l'Administration qui a reconnu les actes du Congrès de 2007. Politiquement, l'ensemble du Bureau Politique du parti, l'ensemble du Conseil Politique National, l'ensemble des fédérations et sous- fédérations du parti sont derrière nous pour mener le combat contre Bozizé. Tout le reste fait partie de cette stratégie globale, organisée, dirigée et financée par Bozizé pour fragiliser le MLPC. Mais cette stratégie échouera comme d’autres ont échoué par te passé.

M. le président, si jamais l’ex-président Ange Félix Patassé, qui a été d'abord suspendu puis radié du parti pas le Congrès de juin 2009, voudrait revenir au MLPC?

S'il veut revenir au MLPC, il doit d'abord reconnaître que le MLPC est un organe structuré qui a des statuts et son Règlement Intérieur. Les dispositions des Statuts et Règlement Intérieur face à un ex-camarade, à quelqu'un qui a été radié du parti sont claires. C'est une nouvelle adhésion qui doit être examinée par la cellule à laquelle il veut adhérer,

Je voudrais être clair là-dessus. Le MLPC est un parti politique désormais structuré, moderne et qui respecte scrupuleusement ses textes. Nous ne voulons plus d'aventure personnelle. Le MLPC ne servira plus de tremplin ou de bouée de sauvetage à des hommes politiques, quels qu’ils soient, qui pensent qu'ils peuvent abuser continuellement de la disponibilité des militants du parti. C’est terminé. La page est tournée. Le temps, c'est la seule chose qu'on ne peut pas arrêter dans notre vie.

Et avec le temps, les mentalités évoluent. la République Centrafricaine de 1979 n'est pas celle de 1992, n'est ni celle de 2003, ni celle de 2010. Aujourd'hui, novembre 2009, les Centrafricains savent lire et vous lire entre les lignes. Ils comprennent bien où se trouve l'intérêt du pays. Les jeux politiciens, nous n'en voulons pas. Les calculs politiciens, nous n'en voulons plus. Les tentatives de récupération du parti pour assouvir des ambitions personnelles, nous n'en voulons pas. Nous menons une lutte politique. Nous avons une vision, nous avons un objectif, nous avons la volonté. Nous prendrons le temps qu'il faudra pour que les Centrafricains comprennent qu'il faut tourner la page de ces manipulations qui ont fait tant de mal à notre pays. Et que des jeunes, des moins jeunes se réunissent autour de cet idéal pour tenter de remettre sur les rails un parti qui, ne l'oublions pas, a été victime du coup d'état du 15 mars 2003. Je pense à nos martyrs, je pense à ceux qui sont tombés au nom du MLPC et qui aujourd’hui, là où ils sont, regardent ce qui se passe avec ceux pour qui nous avons parfois payé de notre vie. Ils s'allient avec ceux qui nous ont renversés pour tenter de détruire l'espoir des militants. Et ça, nous ne le permettrons pas.  Je vous le dis très solennellement, au prix de notre vie, s’il le faut, nous ne permettrons pas un retour au passe.

Que dites-vous des militants et cadres du MLPC qui prennent contact avec l’ancien président Ange Félix Patassé ?

L'ancien président Ange Félix Patassé est un Centrafricain. Il appartient à ce pays, comme  vous appartenez à ce pays. Si vous revenez d'exil, les membres de votre famille, les amis politiques actuels et anciens viennent par civilité vous saluer. Cela n’a aucun écho politique. Ce que je voudrais dire c'est que le MLPC a payé le prix humain le plus élevé et les Centrafricains ne le savent pas assez pour que beaucoup d'entre nous puissent faire une carrière politique. Et aujourd'hui, je pense que s'ils ont un peu d'humilité, de reconnaissance, ils auraient dû nous féliciter pour le travail et nous n'avons vraiment pas besoin d’opportunistes ou de situationnistes. Des gens qui travaillent objectivement pour le pouvoir en place et qui continuent à casser le MLPC et qui n’ont aucune reconnaissance pour le travail que les uns et les autres font, pour ça, je pense que le parti est debout. Nous avons un seul objectif, je le répète pour la troisième fois, c’est de battre dans les urnes François Bozizé Yangouvonda. Et je sais que la majorité des Centrafricains aujourd’hui souhaite que le MLPC reste debout et ne se laisse pas distancé pour atteindre cet objectif. C’est pourquoi nous privilégions le travail de terrain. Nous ne nous perdrons pas dans les querelles qui ont pour unique but de nous distraire. Nous ne nous perdrons pas dans ces querelles.

           

Source :  Le Confident n° 2279 du 16 novembre 2009

           

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:16




 

Source / auteur : MSF mardi 17 novembre 2009 par jesusparis

Depuis plusieurs mois, MSF intervient dans le sud-ouest de la République Centrafricaine (RCA), alors que de nombreux habitants sont frappés par la malnutrition. Clara Delacre est coordinatrice de l’intervention nutritionnelle d’urgence. Elle nous explique l’évolution de la situation dans la région et les moyens déployés par MSF pour y répondre.

Après trois mois d’intervention d’urgence, comment la situation nutritionnelle a-t-elle évolué dans le Sud-Ouest de la République Centrafricaine ?

A Boda, le nombre d’admissions a augmenté de façon constante, pour s’élever aujourd’hui à 1600 enfants. La moitié d’entre eux souffrait de malnutrition sévère, et l’autre moitié de malnutrition modérée.

A Nola, 750 enfants ont été admis avec une proportion d’enfants sévèrement malnutris égale à celle observée à Boda.

Dans nos programmes de Carnot, Gamboula et Pissa, nous soignons des enfants qui souffrent de malnutrition sévère aiguë. A Carnot, nous avons traité quelque 1600 enfants à ce jour, tandis qu’à Gamboula, ce sont 178 enfants qui ont pu être pris en charge avant que le programme ne ferme en raison d’une diminution sensible du nombre d’admissions.

Au même moment, nous ouvrions un projet à Pissa où 117 enfants ont été admis au cours de la première semaine. Au total, nous avons pu soigner environ 4 250 enfants.

Au cours de cette période, nous avons également mené plusieurs évaluations à travers la région, afin de répondre correctement à cette crise nutritionnelle : je pense que la plupart des enfants malnutris de la région sont à présent pris en charge.

Il y a un mois, les admissions dans le programme ambulatoire de Boda ont soudainement augmenté. 70% environ des 400 enfants reçus en 15 jours étaient originaires de Gadzi et de ses environs. Comment l’expliques-tu ?

Avec le bouche-à-oreille, l’information de notre présence a vite circulé, jusqu’à parvenir à des habitants de zones plus éloignées. Il nous est ainsi arrivé de recevoir des mamans qui avaient parcouru 50 kilomètres à pied avec leur enfant pour venir consulter.

Alors que près de 200 enfants étaient sous traitement à Gadzi, il nous était difficile de les voir tous en s’y rendant tous les 15 jours.

Nous craignions aussi de ne pas atteindre la totalité de la population touchée. Nous avons donc mis en place une équipe médicale mobile présente chaque semaine dans cette zone. A présent, l’équipe reste cinq jours sur place pour mener des consultations mobiles à Gadzi et dans les environs.

Que sait-on du manioc, qui d’après certains rendrait aussi les gens malades ?

En fait il s’agit d’une espèce de manioc dit "amer" qui pousse très vite et dont la culture a été introduite ces dernières années. Le problème est que ce manioc requiert un temps de préparation long. Or, lorsque les gens ont faim, ils ne peuvent se permettre d’attendre trois, voire quatre ou cinq jours.

Cela entraîne souvent un empoisonnement au cyanure, connu également sous le nom de Konzo, qui conduit à des troubles neurologiques. Quoi qu’il en soit, dans la zone où nous travaillons, nous n’avons dénombré que peu de cas à ce jour.

Aujourd’hui, alors que la saison des pluies touche à sa fin, es-tu optimiste sur le sort de ces populations ?

Lorsque le taux d’incidence du paludisme aura diminué, il est probable que le nombre de patients diminuera également, puisque la maladie participe aussi de cette situation. Encore faut-il attendre le résultat des prochaines récoltes.

En ce moment c’est aussi la période à laquelle les gens commencent à revenir de la campagne vers les villes, et nous serons en mesure de recevoir des patients que nous n’avions pas encore vus.

Pour autant, des événements locaux ont contribué à la crise actuelle, privant de nombreuses personnes de leur source de revenu et diminuant leur pouvoir d’achat. Cela vient s’ajouter à l’absence récurrente d’accès aux soins dans une région où 65% des patients que nous voyons sont touchées par le paludisme.

Par conséquent, des projets spécifiques concernant la sécurité alimentaire, l’éducation et l’accès à la santé sont plus que nécessaires à travers une région largement négligée par la communauté internationale, qui a concentré son aide au nord du pays.

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 22:02






      des enfants centrafricains
       de l'hôpital de Berbérati


En guise d’illustration de la problématique de la faim dans le monde et du milliard de gens qui souffrent de la faim et de carences en calories, objet du présent sommet de la FAO ouvert ce jour à Rome, la chaîne de télévision française FR 3 a consacré environ cinq minutes sur le sort des enfants centrafricains qui souffrent de sévère malnutrition.

Il s’agissait d’un dossier avec des images difficilement soutenables et bouleversantes d’enfants malingres qui n’ont plus que la peau sur les os, tournées à l’hôpital de Berbérati, chef lieu de la préfecture de Mambéré-Kadéi en République centrafricaine où l’Ong française Action Contre la Faim (ACF) s’emploie à tenter de soigner de nombreux enfants en danger de mort pour malnutrition sévère, reportage diffusé par la chaîne à son édition de 19 h 45.

Ainsi, sans être présents à Rome où se déroule le sommet de la FAO, grâce à ACF et à travers FR 3, l’alarme est tirée une fois de plus sur le sort des pauvres enfants centrafricains qui meurent de faim dans une grande indifférence générale à commencer par les autorités centrafricaines elles-mêmes qui, pour l’heure, n’ont comme unique préoccupation, comment faire pour que le président François Bozizé puisse conserver son fauteuil présidentiel à l’issue des élections présidentielles de 2010.

Or c’est à cause de la mauvaise politique de ce régime actuel, faite de braquage et de racket répétés des collecteurs pour s’emparer de leurs diamants, de fermeture à la pelle de bureaux d’achat de diamant dans des régions minières qui n’ont pas vocation à l’agriculture, que la famine sévit. Plusieurs milliers d’artisans miniers qui vivaient de la recherche du diamant sont brutalement mis au chômage et ne sont plus en mesure de pourvoir à l’alimentation de leur progéniture.

Les Centrafricains devraient sanctionner une telle gouvernance et leurs auteurs dans les urnes lorsque l’occasion leur en sera donnée. Avec un tel bilan, Bozizé ne devrait même pas avoir le toupet de briguer à nouveau le fauteuil présidentiel. Il se targuait il y a quelques jours seulement dans une interview au micro de Radio France Internationale d’avoir épongé tous les arriérés des régimes précédents alors que tous les Centrafricains savent que c’est un pieux mensonge.

Si son régime est parvenu ces derniers temps, au prix d’un lourd endettement auprès des banques de la place, à assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, la bonne gestion des affaires d’un pays comme la RCA ne saurait uniquement reposer sur le paiement de 20.000 fonctionnaires. Le paiement régulier des salaires des agents de l’Etat, des bourses des étudiants et des pensions des retraités, est une condition nécessaire mais non suffisante du développement d’un pays.

Bozizé aura beaucoup de mal à trouver les aspects positifs de son bilan qui pourraient séduire les électeurs centrafricains afin de lui porter leurs suffrages lors des prochaines élections. On a beau en chercher, on n’en voit pas ! Il n’y a que du passif : insécurité, braquages, pillages, destructions, exactions diverses, violations massives de droits de l’homme, incendies de villages contraignant les gens à fuir en brousse, nombreux réfugiés dans les pays frontaliers, assassinats gratuits de fils du pays, impunité et protection assurées aux auteurs de crimes pourtant bien connus, enrichissement illicite et sans cause de certains dignitaires, misère généralisée, ravages du VIH Sida, famine…et on en passe et des meilleurs ! Voilà le bilan de Bozizé en résumé.

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:49




 

Bangui, 16 nov. (ACAP) – L’assistant du secrétaire général de la commission nationale pour les réfugiés, M. Ange-Gabriel Touaboy, s’est dit préoccupé de la « situation drastiques des réfugiés congolais à Zémio, dans le Haut MBomou», au cours d’une mission gouvernementale.

Il s’agit de plus de 2300 personnes originaires des localités de Sokodi, Digba (République Démocratique du Congo), ayant traversé le fleuve pour échapper aux exactions des rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony.

« Ce sont des personnes vulnérables, c’est-à-dire des personnes âgées, des femmes enceintes et surtout des enfants non accompagnés », a déclaré M. Ange Gabriel Touaboy.

 « Il y’a de sérieux problèmes, il y’ a une situation d’urgence », a-t-il déclaré lançant un appel à la mobilisation de la Communauté Internationale en vue de préparer des aides d’urgence en faveur de ces personnes «en quête de la paix ».

 M. Touaboy affirmé avoir rencontré des réfugiés qui sont presque nus et exposés à diverses maladies. « Ils ont des problèmes de nourritures, d’eau, ils parcourent plus de 600 m pour avoir de l’eau qui n’est pas potable en plus », a-t-il fait remarquer.

 Le Maire de Zémio, M. Pierre Agnéboti a indiqué que le site de Zémio a été choisi par la Franco-Centrafricaine de Tabac (FCAT) de manière provisoire pour accueillir ces réfugiés congolais dans l’urgence.

«Un comité composé de confessions religieuses, de commerçants de la municipalité, d’agents de santé travaillent nuit et jour pour leur apporter un minimum de secours », a-t-il précisé.

Rappelons que des convois de produits vivriers et des soins d’urgences fournis par le Programme alimentaire mondial (PAM), sont attendus dans les tous prochains jours à Zémio.

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:22




 

YAOUNDE-- (Xinhuanet 16/11/2009) - Les dirigeants de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) pourraient décider lors de leur sommet, prévu fin novembre à Bangui en République centrafricaine (RCA), la fusion des deux bourses des valeurs de la région, à Douala et à Libreville, a déclaré à Xinhua un responsable de la Commission de la Cemac.

"Il n'est pas normal qu'il y ait deux bourses dans un espace communautaire aussi réduit que l'Afrique centrale. Les décisions sont prises pour mettre un terme à cette situation", a assuré le directeur du Marché commun de la Cemac, André Guy-Sinclair Tekpa, lors des premières journées de l'intégration en Afrique centrale jeudi et vendredi à Douala, la métropole économique du Cameroun.

"Les choses sont en cours. Ça va se réaliser", a-t-il soutenu, ajoutant que cette décision pourrait intervenir "à tout moment".

"Il se pourrait que la prochaine conférence des chefs d'Etat et de gouvernement se prononce sur la question", a-t-il conclu.

Créée le 1er décembre 2001 à la suite d'une décision du président camerounais Paul Biya, la bourse des valeurs de Douala, Douala Stock Exchange, a été inaugurée le 23 avril 2005.

D'un capital de 1,2 milliard de francs CFA (environ 2,1 millions de dollars US), cette bourse a enregistré sa première cotation fin mai 2006.

Pour sa part, la bourse de Libreville au Gabon, connue sous le nom de Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC), a débuté ses activités en février 2006, alors qu'elle avait été créée le 27 juin 2003.

Elle est encore à l'emprunt obligatoire de l'Etat gabonais, estimé à 100 milliards de francs CFA (environ 200 millions de dollars US), tandis que la Douala Stock Exchange compte trois sociétés cotées.

La création de deux organismes tient aux querelles de leadership entre le président camerounais et son défunt homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, décédé en juin dernier après près de 42 ans de pouvoir, soit 15 ans de plus que Biya.

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NDLR : Il est temps que les autorités des pays de la CEMAC se penchent sur cette situation ubuesque de la BVMAC de Libreville, littéralement prise en otage par un Conseil d'administration et une côterie de cadres gabonais en guerre ouverte contre la COSUMAF, tout cela afin de protéger un DG voyou et disqualifié. Le prochain sommet de Bangui de la CEMAC doit prendre ses responsabilités.

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