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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 22:10
Ouverture à la CPI de l'audience des confirmations des charges contre deux suspects centrafricains

 

Justice : Ouverture à la CPI de l'audience des confirmations des charges dans l'affaire le Procureur contre deux suspects centrafricains

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 19 septembre 2019 13:14

 

L’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur contre Alfred Yékatom Rombhot et Patrice Edouard Ngaïssona  démarre ce jeudi 19 septembre 2019 à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye aux Pays-Bas. Ils sont suspectés par le bureau de la Procureure, Fatou Bensouda d’avoir commis des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité en République Centrafricaine en 2013 et 2014.

L'audience de confirmation des charges a débuté vers 9h 30mn, heure de la Haye aux Pays-Bas. Après la présentation des membres que compose la cour de la Chambre préliminaire 2, l’audience a été suspendue au public pour se dérouler à huis clos durant 10mn. Une décision intervenue à la suite de la requête formulée par le Président de la cour, le juge Antoine Kesia-Mbe Mindoua.

A l'ouverture de l'audience de confirmation des charges, le Procureur de la cour, Fatou Bensouda ne s'est pas présentée dans la salle, à l'exception des membres de son bureau. Une première selon certaines sources à la Haye.  

Le suspect Patrice Edouard Ngaïssona, habillé en costume couleur bleue et assis sur le banc des accusés, n’a pas souhaité la lecture des charges qui pèsent sur lui, estimant en être suffisamment informées.

Le suspect Alfred Yékatom Rombhot, serein sur son fauteuil d’accusé, habillé en costume de couleur blanche et noire avec une chemise blanche et cravate noire et qui ne parle qu’en langue nationale le Sango, n’a pas lui aussi souhaité la lecture des charges. La chambre en a pris bonne note et, a ordonné au bureau du greffe la lecture des charges pour le public.

Après la présentation de chaque partie composante, le bureau du Procureur, la défense, les représentants légaux des victimes, la parole a été donnée à la défense de Alfred Yékatom Rombhot pour faire ses observations.  

Selon la défense de Alfred Yékatom Rombhot, le bureau du Procureur n’a pas divulguer les éléments de preuves dont il détient pour permettre à la défense d’avoir des arguments solides pour défendre leur client et contester ces preuves à charge. Une observation faite selon l’article 61 paragraphe 7 du Statut de Rome. Toujours selon la défense, l’absence de communication et de divulgation des éléments de preuves, constitue le non respect du droit à l’équité. Elle estime par conséquent, que le suspect Yékatom se défend à l’aveugle, plusieurs informations concernant l’identité des victimes, des témoins et des enfants soldats ont été cachées par le bureau du Procureur.

La défense a formulé plusieurs observations à la cour entre autre, l’absence de la poursuite contre un élément de la Séléka et le manque de l’équité dans cette audience.

L'audience de confirmation des charges a été suspendue vers 11h 05min pour reprendre vers 11h 35mn. Elle sera suspendue pour cette première journée vers 17h.

Alfred Yékatom Rombhot a été extradé à la CPI le 17 novembre 2018. Il avait été accusé par la cour pour sa présumée responsabilité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine entre le 5 décembre 2013 et août 2014.

Patrice Edouard Ngaïssona a quant à lui a été transféré à la Haye le 23 janvier 2019. Il avait été arrêté le 12 décembre 2018 en France. La cour lui reproche aussi d’être le présumé responsable des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en République Centrafricaine entre décembre 2013 au décembre 2014.

 

 

Centrafrique: un haut-gradé de l'ex-Seleka condamné à six ans de prison ferme

 

Par RFI Publié le 23-09-2019 Modifié le 23-09-2019 à 22:52

 

À Bangui, la justice centrafricaine a condamné un haut-gradé de l'ancienne rébellion seleka à six ans de prison ferme pour crimes de guerre et crime contre l'humanité.

Alors que deux leaders anti-balaka comparaissent actuellement devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye aux Pays-Bas pour l’audience de confirmation des charges, la justice centrafricaine a rouvert ses sessions criminelles le 23 septembre à Bangui. Devant la barre comparaissait un haut gradé de l’ex-Seleka. La peine d’emprisonnement à perpétuité avait été requise. La cour a finalement condamné Abdoulaye Alkali Said à six ans de prison fermes.

Que ce soit la Cour criminelle centrafricaine, la Cour pénale spéciale ou la Cour pénale internationale, l’essentiel est que justice se fasse pour le procureur général Eric Didier Tambo. «  C’est la lutte contre l’impunité, déclare-t-il. Si la CPI a pu attraper certains gros poissons, nous aussi de notre côté, nous attrapons d’autres poissons. On dit souvent que la justice finit toujours par rattraper les criminels. Nous osons espérer que nous les aurons tous. Tous ces criminels doivent comprendre une fois pour toutes qu’il n’y a pas de place pour l’impunité ».

Abdoulaye Alkali Said était poursuivi pour dix chefs d’accusation, dont crimes de guerre, crime contre l’humanité ou atteinte à la sûreté intérieure de l’État. « Nous avons regardé le dossier, explique l'avocat de la défense, maître Nzala. Il n’y avait pas d’éléments pouvant soutenir les charges. Ce qui a donc été constaté à l’audience. Le procureur n’avait pas les éléments à charge donc nous avons plaidé non-coupable pour tous ces chefs. Malheureusement, nous avons été accrochés pour une infraction, association de malfaiteurs, mais pour tout le reste, on a été déchargés parce qu’il y avait absence de preuves ».

Ouverture à la CPI de l'audience des confirmations des charges contre deux suspects centrafricains
Ouverture à la CPI de l'audience des confirmations des charges contre deux suspects centrafricains
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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 21:50
En Centrafrique, l'héritage "à double tranchant" de l'empereur Bokassa
En Centrafrique, l'héritage "à double tranchant" de l'empereur Bokassa
En Centrafrique, l'héritage "à double tranchant" de l'empereur Bokassa
En Centrafrique, l'héritage "à double tranchant" de l'empereur Bokassa

 

Par AFP publié le 19/09/2019 à 09:05 , mis à jour à 09:05

 

Bangui - Pour Tita-Samba Solé, le 21 septembre 2019 sera un jour un peu spécial. D'abord, parce qu'il marque le quarantième anniversaire de la chute du régime de Jean Bedel Bokassa, président de la République centrafricaine à partir de 1966, autoproclamé empereur en 1977.

Mais surtout, parce que le 21 septembre 1979, M. Solé a été libéré de la sinistre prison de Ngaragba à Bangui, où il avait été jeté trois ans plus tôt sur un caprice du dictateur, dont il était pourtant officier de la garde rapprochée et l'un des favoris.  

Malgré son incarcération, comme la grande majorité des Centrafricains, M. Solé garde le souvenir ému d'un "grand président", renversé en septembre 1979 par un coup d'Etat soutenu par l'opération Barracuda de l'armée française, Paris souhaitant se débarrasser de cet allié devenu encombrant.  

S'il est surtout connu à l'étranger pour la cérémonie extravagante de son sacre impérial, répliquant celle de Napoléon qu'il admirait tant, et pour l'affaire des diamants qui contribua à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing à la présidentielle française de 1981, Bokassa Ier a conservé une aura considérable en Centrafrique. 

Nostalgie des jours meilleurs, dans un pays désormais classé parmi les plus pauvres du monde et toujours ravagé par la guerre ? Pas seulement. Au-delà de son patriotisme et de son intransigeance à l'égard de la corruption, "Bokassa restera dans les mémoires des Centrafricains pour tout ce qu'il a construit", estime Tita-Samba Solé, désormais conseiller dans une organisation internationale après avoir été longtemps journaliste. 

- Vision impériale - 

Agriculture, infrastructures, éducation, industries... au cours de ses treize années de règne, le "bâtisseur" a multiplié les chantiers pour tenter d'élever un pays à la hauteur de ses ambitions. 

A deux pas du monument des Martyrs, érigé à la mémoire de la cinquantaine d'étudiants assassinés par son régime le 18 janvier 1979, l'université de Bangui témoigne encore de la vision du regretté empereur, décédé en 1996 à Bangui. 

D'étranges tours aux façades décrépies, échouées dans la poussière et des herbes folles. Des fontaines où l'eau ne coule plus depuis des lustres. Une utopie de béton et de briques qui reste aujourd'hui l'unique établissement universitaire du pays, vestige d'un empire promis à un futur radieux. Mais le futur, ici, s'est arrêté en 1979. 

Xavier Mbembele n'en a gardé que des souvenirs et un voile de mélancolie dans le regard. Avec sa mise élégante qui lui vaut parfois le sobriquet de "Français", M. Mbembele, né en 1954 dans ce qui était alors la colonie française de l'Oubangui-Chari, est du genre vieille école. 

Fin 1979, ce professeur d'histoire habitait une chambre d'étudiant dans la tour B, 4ème étage. Il travaille désormais dans un bureau perdu dans un coin du département des archives de l'université, ou ce qu'il en reste après les pillages de la guerre: quelques cartes et deux armoires où s'entassent des manuscrits rongés par le temps et l'humidité. 

De son tiroir, l'enseignant chercheur extirpe un vieux livre jauni où s'ébauchent de maigres silhouettes sur une couverture presque effacée. "Ngaragba, maison des morts": le récit fait par un ancien détenu de la prison de Bangui, symbole d'un régime devenu aussi paranoïaque que son tout puissant leader. 

- Exécutions sommaires - 

En 1979, M. Mbembele a lui-même échappé de peu à l'incarcération. Plusieurs de ses camarades de l'époque, ainsi que son professeur de mathématiques, n'en sont jamais revenus.  

"Le souvenir de Bokassa", murmure l'érudit, "c'est à double tranchant...

Tita-Samba Solé peut en attester. En 1976, jeune officier de 23 ans, il est soupçonné à tort d'avoir voulu séduire la maîtresse de "l'ogre", et est jeté dans une cellule de 4 m2 avec cinq compagnons d'infortune. Privé de nourriture et de médicaments, livré à la cruauté de ses geôliers.  

"Il n'y avait pas une journée sans exécution", se souvient M. Solé, qui a vu ses compagnons assassinés l'un après l'autre pour des motifs futiles: un regard lancé au mauvais endroit, une photo de femme découpée dans un emballage de crème... "Les gardes annonçaient à Bokassa qu'ils avaient tué un opposant et ils touchaient une petite récompense", se souvient l'ex-prisonnier. 

Les étudiants martyrs de janvier 1979 ont leur monument. "Mais tous ceux qui sont morts de 1966 à 1979, on n'en parle même pas", s'émeut Xavier Mbembele. "Pourtant, ils sont nombreux". 

Aujourd'hui, cette page de l'histoire est relativement occultée dans les manuels scolaires auxquels bien peu de Centrafricains ont accès.  

"Notre pays est constitué à plus de 60% d'analphabètes. Et on va demander aux paysans de savoir ça ?" s'emporte M. Mbembele en brandissant son vieux livre. "Les gens s'en tiennent à ce qui est visible. Les morts, eux, pourrissent dans le sol.

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 21:45
Centrafrique : L’UE soutient le projet ECOFAC 6 à hauteur de 80,5 millions d’euros pour la gestion des aires protégées
Centrafrique : L’UE soutient le projet ECOFAC 6 à hauteur de 80,5 millions d’euros pour la gestion des aires protégées



BANGUI, le 19 septembre 2019(RJDH)---Le programme ECOFAC 6 pour la gestion des aires protégées financé par l’Union Européenne en Centrafrique au titre du 11ème Fonds Européen pour le Développement(FED) est lancé ce mercredi 18 septembre 2019 à Bangui. Ce programme est mis en œuvre par Wildlife Conservation Society(WCS) et Africain Parks Network(APN) dans le Nord-est et le Sud-est de la République Centrafricaine.

Le projet s’inscrit dans la continuité d’un très long appui fourni par l’Union Européenne aux aires protégées en Centrafrique depuis 1987.  Le programme Ecofac 6 propose aujourd’hui une approche intégrée, fondée sur l’aménagement participatif du territoire, la lutte anti-braconnage, le monitoring écologique, la sécurité et le développement socioéconomique des périphéries des parcs, la coordination nationale, locale et transfrontalière, ainsi que sur des actions de communication.

Samuela Isopi, la Cheffe de la Délégation de l’Union Européenne en Centrafrique a présenté les composantes de programme régional ECOFA 6, qui comprend : « le complexe d’aires protégées du Nord-est qui est un projet de 9  millions d’euros déjà démarré le 1er février 2019 pour une durée de quatre ans, il y a le projet dans la zone du Grand Chinko au sud-est qui a démarré le 1er juin dernier avec un budget de 5 millions d’euros pour trois ans et la dernière composante est le projet de 3millions d’euros pour les aires protégées de Dzanga-Sangha dans le sud-ouest de la République Centrafricaine », a présenté l’Ambassadrice de l’UE en Centrafrique.

Plusieurs défis sont liés dit le représentant de l’African Parks Network(APN), notamment le facteur de la paix, le braconnage, « le défi est robuste. Le challenge est difficile mais l’objectif est passionnant. Pour participer à la sauvegarde de la biodiversité, c’est assez magnifique. Aujourd’hui il y a une disparition de braconnage dans la quasi-effective dans les zones intégrale de Chinko, par ce que plus de 4000 kilomètres carrés que nous avons sécurisés contrairement aux 2000 kilomètres au départ et on note la fin de passage de transhumance à travers le parc ».

Le Ministre de l’Environnement Thierry Kamach, représentant son collègue du Plan salue la collaboration entre la RCA et l’UE pour son appui dans les airs protégés du Nord-est et le sud-est du pays, « l’appui financier et technique de l’Union Européenne au bénéficie des aires protégées dans notre pays, est relativement une unique. Il est non seulement dans sa longévité, mais également d’un modèle de gestion par voie de délégation » a-t-il conclu.

Sept pays de la CEEAC et 15 aires protégées sont concernés par le programme d’ECOFAC 6 notamment la RCA, les deux Congo, le Gabon et le Cameroun.

Judicaël Yongo.

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 12:38
En Centrafrique, les jeunes soldats français, la drogue et les filles

 

Lu pour vous

 

http://www.slate.fr/ Leïla Miñano et Justine Brabant — 19 septembre 2019 à 11h27

 

Un «godobe», enfant des rues en République centrafricaine, raconte ses rapports avec les militaires de l'opération Sangaris.

 

Qu'est-ce que faire la guerre en 2019 quand on est un jeune Français? C'est à cette question complexe et rarement évoquée dans les médias que Justine Brabant et Leïla Miñano, journalistes, répondent avec précision dans Mauvaise troupe – La dérive des jeunes recrues de l'armée française.

Paru le 11 septembre aux Éditions Les Arènes, le livre nous plonge en immersion totale dans le quotidien des soldats, de la Centrafrique à l'opération Sentinelle. Cette enquête journalistique, chiffres et témoignages exclusifs à l'appui, nous transporte bien loin de la vie vendue dans les campagnes de recrutement. Précaires, ennuyés, violentés et parfois violents, ces jeunes fuient le chômage, l'échec scolaire et la délinquance pour se retrouver dans des situations auxquelles ils ne sont pas préparés. Il en va de même à leur retour en France. Les passages sur leurs rapports à la drogue et aux filles, notamment à la prostitution, sont particulièrement éclairants.

Nous publions ci-dessous un extrait de l'ouvrage.

La fin de la guerre a redessiné la ville. En janvier 2018, le camp de déplacés de M'Poko, autour duquel erraient nombre de godobe, a été démantelé. Devant nous, le terrain a été déblayé par les ONG: il n'y a plus d'abris de fortune ni de sanitaires d'urgence. L'immense bidonville a disparu et le terrain a repris son aspect d'avant-guerre: un cimetière de carcasses d'avions dévorées par les broussailles.

Mais à l'autre bout de la piste d'atterrissage, la base française, elle, n'a pas bougé. Elle accueille toujours le personnel militaire français. Malgré la fin de l'opération Sangaris, en octobre 2016, l'armée n'a pas quitté le pays. 350 soldats y sont restés, mobilisables en cas de «menace sérieuse contre la paix ou les institutions du pays», ou affectés à des opérations internationales (Casques bleus de la Minusca et mission européenne EUTM-RCA).

Certains godobe se sont donc déplacés vers le centre-ville, investissant un squat où ils détournent l'eau des canalisations du ministère de... l'Éducation. D'autres enfants ont préféré la banlieue de Bangui, notamment le PK 12, connu pour son intense activité économique. Le point kilométrique 12 marque l'entrée nord, passage quasi obligé pour les voyageurs en partance ou en provenance de la capitale. L'armée française en avait fait l'une de ses bases avancées durant la guerre civile.

 

C'est là que nous retrouvons Dieu-Béni et sa bande de godobe. Le chef, coupe de footballeur et chapelet de plastique autour du cou, a peut-être 13 ans, mais commande sa bière avec l'assurance d'un adulte. La serveuse n'est guère plus âgée que lui. Dieu-Béni dort dans la rue depuis l'âge de 9 ans. Son meilleur copain, Loïck, flottant dans une veste trop large, s'exprime d'une voix cassée et nous jauge d'un regard sombre. Comprenant que nous parlons des Sangaris, d'autres se mêlent à nous. Les mômes doivent élever le ton pour se faire comprendre entre une noria de camions et une chaîne Hi-Fi poussée au maximum. Trois ans après, le souvenir des Français est encore vivace. «Mon camarade chez les Sangaris, le premier que j'ai rencontré, c'était Thierry, commence le chef de la bande. On l'appelait “papa Thierry”. C'est lui qui contrôlait la barrière du PK 12, l'ouvrait et la fermait. En passant devant lui, je l'ai salué. Il m'a vu, il a rigolé et m'a salué à son tour.»

Le point kilométrique 12 est un carrefour important: à droite, la route de Damara s'enfonce dans le nord-ouest du pays, d'où l'on rapporte coton, arachides, manioc, viande boucanée et bœufs; à gauche, la route de Boali pique vers l'est et le Cameroun, qui ravitaille Bangui en poisson, ciment, lait, riz, blé et huiles. La Centrafrique, elle, expédie aux Camerounais son bois, ses diamants et son or. Sous ses allures de quartier bouillonnant, le PK 12 constitue un point hautement stratégique. Le commandement de Sangaris l'a bien compris en y installant une de ses bases dès son arrivée, en décembre 2013. D'un geste, le «camarade Thierry», en relevant et abaissant la petite barrière du PK 12, contrôlait une grande partie de la vie économique du pays.

Autour de cette barrière s'étend à perte de vue le marché, avec sa foule des vendeurs et vendeuses, le flux et le reflux des piétons qui gagnent un bout de bitume avant d'en être chassés par les motos slalomant en klaxonnant à quelques centimètres des étals. Pour se nourrir, Dieu-Béni et sa bande exécutent mille petits boulots: balayer devant les commerces, laver la vaisselle en fer-blanc des vendeuses, trier les arachides. Trop jeunes ou trop maigres pour charger et décharger les marchandises, ils abandonnent cette tâche aux yankees, leurs jeunes aînés. En revanche, ce sont d'agiles pickpockets: téléphone, portefeuille, bijoux, ils ne ratent rien. Les commandants de gendarmerie qui se sont succédé racontent en roulant des yeux que PK12 est un coupe-gorge.

«Avant de repartir, il voulait me laisser ses lunettes et sa montre, mais son binôme lui a dit non. Alors à la place il m'a donné 15.000 francs.»

Dieu-Béni

Pour les enfants sans toit, ce quartier vibrant d'activités plus ou moins légales est surtout la promesse de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Orphelins de parents, tués ou perdus pendant cette guerre ou la précédente, ces gosses règnent sur la rue. Beaucoup y ont aussi été jetés par une famille disloquée. D'autres enfin ont fui leur foyer après avoir été accusés d'être des «enfants-sorciers». Avec la guerre, les petits sorciers se sont multipliés: à force de voir des cadavres et leurs proches sombrer, beaucoup de petits ont développé des troubles du comportement –considérés comme le symptôme d'un esprit hanté. Ainsi se sont constituées, à ciel ouvert, des bandes de gamins livrés à la violence. Durant la guerre, l'un des moyens de survie consistait à se rapprocher des Sangaris aux poches bien pleines. Parfois, leur intérêt a croisé celui des militaires français cantonnés dans leur base.

«Quand ils se sont installés ici, à côté de la gendarmerie, les Sangaris avaient du mal à sortir pour acheter des choses, se souvient Dieu-Béni entre deux gorgées de Castel –la bière locale. Ça n'était pas autorisé pour eux de sortir de leur camp. Du coup, au bout de quelques semaines, ils ont commencé à appeler des petits pour les commissionner [pour faire leurs courses].» Loïck confirme d'un hochement de tête. «Souvent, Thierry m'envoyait chercher des choses. Il me donnait 2.000 francs CFA [3 euros] pour aller acheter des petits jus [sodas] en canette et des choses comme ça. Ou bien de bonnes bananes, ou des ananas. Comme c'était le début de la saison des mangues, j'allais aussi cueillir des mangues bien mûres que je lui amenais.» De ses mains fines, il mime la taille des fruits. En échange, Thierry lui remettait des rations militaires, des «rasquettes». «Dans un carton de ration, il y a des biscuits, du “pain commando”, du pâté, des sardines, du chocolat, énumère l'enfant. Moi, je préférais le chocolat et les biscuits. Le reste, je le partageais avec mes amis de la rue.»

Dieu-Béni nous guide dans son quartier, d'un pas tranquille, en tongs et jean retroussé à mi-mollet. Les yeux brillants, il se remémore le départ de son protecteur. «Thierry me donnait beaucoup de choses. Avant de repartir, il voulait me laisser ses lunettes et sa montre, mais son binôme lui a dit non. Alors à la place il m'a donné 15.000 francs. 15.000 francs!» 23 euros: un centième de la paie d'un militaire français et le revenu mensuel moyen d'un Centrafricain. Après ce départ regretté, il lui fallut, avec sa bande, trouver de nouveaux protecteurs.

«Quand il était à la guérite en haut [au niveau du mirador], il nous jetait des sachets de Nescafé en stick vides, puis l'argent pour payer le chanvre.»

Dieu-Béni

Cette fois, plus question de canettes ou de mangues fraîches, mais de cannabis. Cultivé en Centrafrique ou importé du Congo voisin, la substance, appelée sur place «chanvre indien» ou «chanvre», n'est pas très coûteuse, même pour les locaux: 50 à 100 francs CFA le sachet de 10 grammes (0,08 à 0,15 euro). Beaucoup de gens (taxis-motos, manutentionnaires, militaires centrafricains mais aussi godobe) se droguent avec ce chanvre ou des cachets de tramadol –un antidouleur puissant vendu sous forme de cachets, à 25 francs l'unité [0,04 euro]. Un jour, un soldat français, sentant l'odeur du cannabis dans le sillage d'un «grand frère» (un Centrafricain plus âgé) qui en consommait, interpella Dieu-Béni. «De la guérite, il m'a demandé: “Ce que ton frère fumait là, tu sais où ça se vend? C'est combien?”» Le godobe lui indique les tarifs. «Il m'a donné 500 francs. J'en ai acheté deux. Quand je les lui ai remis, il en a mis un à la bouche et l'autre dans sa poche. Ça n'est pas dur à trouver, ça se vend en face de la gendarmerie, de l'autre côté de la rue.»

Un second soldat, surnommé Alléluia, entra dans le même manège. «Quand il était à la guérite en haut [au niveau du mirador], il nous jetait des sachets de Nescafé en stick vides, puis l'argent pour payer le chanvre. On allait l'acheter, on le mettait dans le stick, et on retournait le lui jeter», raconte l'adolescent encore tout excité par son activité de dealer en herbe. La prise de substances stupéfiantes est pourtant strictement interdite aux militaires français en opérations extérieures, où ils sont systématiquement armés et au contact de populations civiles. Dieu-Béni a été tenté d'en fumer lui aussi. L'herbe lui donnait «envie de beaucoup marcher, de provoquer les gens et de somnoler», se souvient-il. Il a fini par arrêter après qu'on lui a dit qu'il risquait un «cancer du cœur».

Quelques jours après notre rendez-vous dans le bar, nous retrouvons Loïck et Dieu-Béni au PK 12. La circulation est encore plus chaotique qu'à l'ordinaire. La ville est enfiévrée: les fusils-mitrailleurs ont crépité dès le lever du soleil au PK 5. Une histoire de rivalités entre groupes d'«autodéfense». Les deux jeunes aux fines silhouettes qui nous accueillent chavirent un peu, ils ont mal dormi sur les bancs de bois de l'école laissée à leur disposition à condition de déguerpir au petit matin. Dieu-Béni n'a pu fermer l'œil qu'au lever du soleil. Tandis que son ami s'étire douloureusement, Loïck disparaît vers le marché en quête de leur petit job du matin. Il revient avec un sac de petits poissons séchés, encore tout mélangé de sable et de cailloux. Ils vont devoir le trier et le préparer dans des sachets de plastique bleu translucide pour le revendre au détail.

«Une fille passait dans la rue. Il m'a dit: “Je veux ça.” Je suis allé appeler la fille, elle est allée causer avec Minimi. Le soir, elle est revenue à la base.»

Dieu-Béni

Ce faisant, Dieu-Béni tient à reprendre le récit de ses aventures avec les Français. Car, outre les sticks de Nescafé remplis de chanvre indien, les petits godobe ont dû satisfaire d'autres «envies» des soldats de Sangaris. Grisés par leur statut, la puissance que leur confèrent leurs famas et leurs salaires d'Européens dans un pays déchiré par la misère, les petits seigneurs de Bangui voulaient tout acheter. «Un soir, un Français qu'on appelait Minimi était de garde derrière les sacs de sable. Il m'a dit en sango: “baramo, petit” [bonjour, petit].» D'un coup de menton, Dieu-Béni désigne les alentours de la gendarmerie du PK 12 où Minimi était installé.

«Après, il m'a fait signe de venir. Une fille passait dans la rue. Il m'a dit: “Je veux ça.” Je suis allé appeler la fille, elle est allée causer avec Minimi. Puis le soir, elle est revenue à la base. Elle avait peut-être 17, 19 ans. [...] Ça, c'était la première fois. Ensuite, c'est souvent qu'on nous envoyait chercher des filles. Les Français leur donnaient de 3.000 à 10.000 francs [4,60 à 15 euros] [pour se prostituer]. Dans la parcelle de la gendarmerie, il y a un coin derrière qui est un peu sombre, c'était là qu'ils se mettaient avec elles.»

 

Cette jeune passante était-elle une professionnelle, ou simplement une Centrafricaine que la misère avait contrainte à accepter la proposition financière du soldat? Les gamins n'en savaient rien et, endurcis par la rue, n'y trouvaient rien à redire, sauf ce jour où Dieu-Béni estima qu'un Sangaris allait trop loin. «Plus tôt dans la journée, il y avait eu des détonations d'armes. Comme les gens avaient fui en catastrophe, j'allais là-bas pour voir si je pouvais trouver de l'argent qu'ils auraient laissé derrière eux. J'avais une petite lampe-torche et j'éclairais avec. Quand j'ai éclairé vers le camp [où logeaient les Français], j'ai vu une fille qui commençait à faire une pipe à un Français. Le gars était debout, il avait enlevé son casque et sa fermeture [braguette]. Je suis resté caché un moment dans l'obscurité. Et puis j'ai pris une pierre, et je lui ai jeté.» Ni haine ni triomphe dans la voix, juste le ton de celui qui a fait ce qu'il devait faire. «Souvent, au lieu de faire seulement le rapport [sexuel], les Français faisaient la pipe, répète-t-il offusqué en tirant sur son t-shirt trop court. Je ne trouve pas ça correct. Je trouve que c'est du mépris. Alors j'ai lancé la pierre.»

 

 

« Mauvaise troupe » : du Mali à la Centrafrique, enquête sur la dérive des jeunes recrues de l’armée française

 

Les journalistes françaises Justine Brabant et Leïla Miñano ont enquêté au plus près de l’armée française, sur ses nouvelles recrues. Dans « Mauvaise troupe », elles racontent le quotidien de ces jeunes soldats souvent mal informés, parfois envoyés dans la précipitation sur les opérations extérieures africaines.

 

« C’était un cauchemar. On ne savait plus où était le bien et le mal. » C’est par ces mots qu’un jeune soldat français choisit de décrire l’opération Sangaris, déployée en Centrafrique de 2013 à 2016 pour protéger les populations civiles.
 
Au travers d’une longue enquête auprès des nouvelles recrues de l’armée française, Mauvaise Troupe décrit le quotidien de ces jeunes soldats recrutés à tour de bras par une armée française qui peine à séduire, au-delà d’un éphémère effet « post-Charlie ». Après les attentats qui ont touché le pays en 2015, la France « en guerre » lance l’opération Sentinelle, qui mobilise quotidiennement entre 7 000 et 10 000 soldats sur le territoire français.
 
Certaines de ces « sentinelles » seront par la suite propulsées à l’étranger, sur des terrains d’opération complexes auxquels ils ne comprenaient pas grand-chose, au Mali ou en Centrafrique. Des missions aux mandats mal définis, où ces jeunes biberonnés aux jeux vidéos, qui se rêvent en héros et affichent fièrement leur vie de jeunes soldats sur les réseaux sociaux, découvrent l’horreur… ou y participent.
 
L’enquête décrit une armée « à bout de nerfs », « cassée par les cadences infernales » des Opérations militaires extérieures (Opex) qui s’enchaînent. Surtout, elle revient sur une suite de dérives et de crimes commis en terres étrangères et restés largement impunis. Et démontre comment l’armée préfère se débarrasser, en silence, comme des « Kleenex », des soldats qui rentrent traumatisés de leurs missions.

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 01:17
Nouvelles nationales sur Sputnik et Alwhida
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Lu pour vous 

 

Nouveaux combats en Centrafrique, «certainement pour alimenter l’économie de guerre»

nt Vergnes

https://fr.sputniknews.com 15:58 18.09.2019(mis à jour 16:05 18.09.2019)

 

Les affrontements entre groupes armés se poursuivent en Centrafrique. 24 miliciens ont été tués au nord-est de la Centrafrique, dans des combats entre groupes armés signataires du 8e accord de paix. Malgré les mises en garde des instances internationales, les violations de cet accord de paix sont de plus en plus nombreuses. Pourquoi? Décryptage.

Au moins 24 miliciens ont été tués, samedi 14 septembre, dans des combats opposant deux groupes armés dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA), a annoncé la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA).

«Aucune victime parmi les populations civiles suite aux combats entre le MLCJ et le FPRC (qui a attaqué la ville de Birao à 5 h du matin) qui ont fait 24 tués du côté des groupes armés et un soldat de la #Minusca blessé par balle perdue à qui je souhaite un prompt rétablissement», peut-on lire sur le compte Twitter de Mankeur Ndiaye, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique.

 

L’affrontement de Birao a opposé des éléments du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) à ceux du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), tous signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). Pour Éric Yombi, journaliste, écrivain, spécialiste des relations internationales, la persistance des violences entre groupes rebelles est alimentée par le désir de continuer à contrôler les ressources du pays.

«La raison de cette résurgence des conflits est certainement matérielle. L’économie de guerre, notamment le péage routier ainsi que le contrôle des ressources, explique sans doute la confrontation de samedi dernier à Birao. C’est une localité stratégique, parce qu’elle s’ouvre sur le Soudan, de même qu’elle dispose d’un nombre important de ressources du sol et du sous-sol», explique l’analyste au micro de Sputnik.

Entre les mains du FPRC depuis 2014, cette localité proche de la frontière, d’où affluent les armes en provenance du Soudan, fait depuis l’objet d’offensives régulières du MLCJ. Les deux groupes s’y sont encore affrontés du 1er au 3 septembre dernier. Plusieurs sources estiment que les combats du 14 septembre sont une offensive du FPRC pour tenter de reprendre le contrôle de secteurs de cette localité stratégique tombés aux mains du MLCJ. Une thèse que dément ce dernier, qui affirme à l’inverse avoir riposté à une nouvelle attaque de ses positions en périphérie de Birao.

Alors que les tensions restent vives entre les deux mouvements rebelles, l’Union africaine (UA), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la MINUSCA dénoncent dans un communiqué conjoint publié samedi soir «la reprise des hostilités entre le FPRC et le MLCJ» dans la ville de Birao. Ces organisations affirment que les enquêtent en cours «permettront d’établir les responsabilités de chacun et les coupables devront répondre de leurs actes devant la justice.»

Si la nature exacte des châtiments à appliquer en cas de violation de l’accord de paix fait encore l’objet de discussions entre les garants et facilitateurs de cet accord, les milices armées n’ont de cesse de braver les interdits, malgré les menaces de sanction, car, pense Éric Yombi, «le partage du pouvoir dans le cadre de l’accord de paix de Khartoum ne leur apporte que très peu de devises et d’avantages.»

«Certes, ce partage du pouvoir les rend influents, mais sur le plan matériel, cela ne rapporte pas beaucoup. C’est pourquoi ils préfèrent multiplier des zones de non-droit pour mieux exploiter les ressources du pays», poursuit l’analyste au micro de Sputnik.

Les menaces et sommations ne suffisent plus à faire taire les armes. L’affrontement de Birao pourrait davantage éroder la confiance entre les groupes armés et le gouvernement centrafricain. Pour juguler cette crise qui perdure au détriment de la stabilité, Éric Yombi préconise au-delà des pressions et sanctions à envisager, «la reconstruction de l’État centrafricain» comme l’une des solutions idoines.

«Si l’État centrafricain retrouve la capacité de remplir ses différentes missions régaliennes, il affaiblira subtilement le rôle, la puissance ou encore l’influence de ces différents groupes armés. La RCA doit s’appuyer sur l’ensemble de ses partenaires pour se reconstruire», argue Éric Yombi au micro de Sputnik.

 

Six mois après la signature de l’accord conclu en février entre le gouvernement et 14 groupes armés, la paix tarde à revenir en Centrafrique, où les provinces sont toujours contrôlées à 80% par les groupes rebelles. Depuis 2013, la Centrafrique est le théâtre d’affrontements entre groupes armés et milices, qui commettent d’innombrables violences et exactions.

 

 

Centrafrique : Birao sous le regard des loups

 

Alwihda Info | Par Husseini Mahamat - 18 Septembre 2019 modifié le 18 Septembre 2019 - 15:56

 

Birao en deuil et en flammes : moins une quarantaine de morts, des maisons pillées, saccagées et brûlées, ainsi que des boutiques pillées. Des milliers d’enfants, femmes et hommes sont devenus des déplacés internes au grand jour. C’est le désespoir. Récit et analyse d’une tragédie qui a surpris devant l’inaction des casques bleus de la MINUSCA.


La situation qui prévaut actuellement à Birao est inquiétante. Les enjeux de convoitise de cette ville située à l’extrême –nord de la République Centrafricaine sont énormes. Mais attardons nous sur trois dimensions : politique, sécuritaire et économique.


La dimension politique


2020 s’approche. C’est l’année des élections en République Centrafricaine. Le régime actuel a des fortes chances de remporter les élections (législatives et la présidentielle). Des signes montrent que le régime actuel est favori. Mais pourquoi le pouvoir actuel est favori ? L’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine (l’APPR-RCA), est le noyau qui constitue la campagne politique du régime TOUADERA. De ce fait, porter atteinte à la sécurité dans certaines zones du pays fragilise la dimension politique de Faustin Archange TOUADERA axée sur la restauration de la paix et la sécurité. Après le nord-ouest au mois de mai, c’est le tour du nord-est en juillet dernier avec l’attaque d’Am -Dafock et en septembre 2019 avec les violents combats meurtriers à Birao.


Birao est dans le viseur car c’est là où s’est constitué la coalition rebelle Seleka – du coup, ces situations peuvent avoir un impact négatif sur la communication politique du régime si la situation continue de se détériorer. Rien ne prouve que cela va rester tel quel.


Les conflits en RCA ne sont pas classiques, ces conflits sont nomades voire transhumants où on a l’impression que ça va bien ailleurs tandis que dans d’autres localité ça brûle. C’est le cas des troubles survenues à Bangassou, Alindao, Bocaranga, Koundjili, Dilampoko, l’échec de la JMA 2018 à Bambari…. Des poches d’insécurité se créent. La première stratégie globale est de lutter contre ces poches qui risquent de fragiliser la communication politique du régime de TOUADERA. Il y a des enjeux politiques. La question qu’on chercher à savoir est celle-ci : à qui profitent ces postes d’insécurité sur le plan politique ?


Les défis politiques de Faustin Archange TOUADERA


Si le gouvernement ne parvient pas à maitriser la situation, cela ne pourrait-il pas contraindre Faustin Archange TOUADERA à remanier le gouvernement ? Mais comment faire du moment où ce gouvernement est issu de l’APPR RCA ? La constitution autorise le chef de l’Etat à mettre fin aux fonctions du premier ministre et des membres du gouvernement (Article 33 de la constitution) - comment faire pour ne pas porter atteinte et remettre en cause son "bébé qui est l’APPR-RCA ? Ou alors, Faustin Archange TOUADERA doit s’inscrire dans la logique où on ne change pas d’équipe mais on change des joueurs – le même système de jeu est maintenu mais on change seulement l’entraineur.

Il y a des gens qui ont soif d’occuper un poste de responsabilité gouvernementale –ils sont toujours dans l’envie. Puisque le malheur des centrafricains peut faire le bonheur des autres centrafricains, ceux-là peuvent profiter de la situation qui prévaut actuellement à Birao.


Sur le plan sécuritaire


Soulignons au passage qu’il y a des groupes armés qui n’avaient pas d’existence réelle avant les pourparlers de Khartoum qui ont accouché l’APPR-RCA - grâce à cet accord, ces groupes armés ont commencé à avoir une existence réelle alors qu’ils n’existaient que sur le papier.


Le FPRC crée en 2014 n’a jamais connu un tel incident majeur. L’engagement du FPRC pour la mise en œuvre effective de l’APPR-RCA par le démantèlement des barrières illégales et d’autres actions ont créé un vide sécuritaire dont le MLCJ et ses alliés veulent occuper pour prospérer. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ? Constatant que l’effectif des éléments du FPRC a diminué sur le terrain, le MLCJ et les djandjawids soudanais en ont profité pour créer le désordre. Voilà ce qui s’est passé à Birao récemment.

Le MLCJ veut profiter du vide sécuritaire laissé par le FPRC en quittant les barrières, pour se lancer dans la contrebande dans la région facilitant aussi la gestion de la mafia et la contrebande entre le Soudan et le Tchad. Cette sale besogne a des rentes économiques : munitions, armes, pétrole, sucre. C’est aussi les résultats de l’absence des services de l’Etat à Birao et dans d’autres villes de la région : pas de douaniers- ni d'agents des eaux et forets – personne ne contrôle personne – la frontière est vaste et libre. La porosité des frontières augmente la prolifération des armes légères.


Un message en arabe qui circulait, selon un témoin, dit ceci : « après avoir détruit le quartier Rounga dont la plupart des maisons sont en paille – des chefs du MLCJ qui étaient sur le champ de bataille ont dit aux mercenaires soudanais, qu’il y a rien à gagner en brulant ces maisons en paille – ils ont donné l’ordre aux mercenaires d’aller au marché piller des marchandises qui vont leur servir comme butins de guerre parce que le MLCJ n’a pas d’argent à vous donner comme prime de guerre ». C’est là où il y a eu la destruction généralisée de la ville de Birao.


Selon une source à Birao sous couvert de l’anonymat, il y’a eu un entretien téléphonique entre la MINUSCA et Abdoulaye Issène Ramadane, chef militaire du FPRC. La MINUSCA a demandé au FPRC de replier et d’abandonner ses positions – le commandement militaire du FPRC a obtempéré en demandant à la MINUSCA en contre –partie la protection des populations civiles. C’est après le repli du FPRC que le MLCJ a organisé une contre-offensive contre les positions du FPRC à 5h30 du 2 septembre 2019. Avant cette attaque-surprise, il n’y avait pas encore l’incendie et le pillage du marché de Birao- le FPRC contrôlait la ville après


avoir repoussé les combattants du MLCJ au quartier Kara le 1er septembre. C’est après le repli des éléments du FPRC aux points stratégiques que la ville de Birao a été mise à sac et en feu d’où la défaillance de la MINUSCA qui n’a rien fait pour protéger les civils et le marché.


Dans un message whatsapp, une autre source s’interroge : « la MINUSCA a 5 positions dans la ville de Birao et a une présence dans toute la ville – pourquoi sous leurs yeux des cas de vols, de tueries ont eu lieu ? Pourquoi les casques bleus ne sont pas intervenus pour la protéger des civils ? » Des maisons et boutiques sont pillées et détruites – l’attaque des quartiers Bornou- arabe- haoussa- rounga- Borgo- sara-matali- zabé – yulu. Toutes ces ethnies ont été touchées. Ce n’est plus une affaire entre Rounga et Kara parce que tous les quartiers ont été saccagés par des mercenaires venus du Soudan.


L’ONG internationale TRIANGLE et l’ONG nationale NDA ont été pillées.

Enfin l’enjeu économique déjà évoqué ci-haut est en lien avec l’enjeu sécuritaire. C’est la contrebande qui s’installe. Face à cette tragédie planifiée, comment le gouvernement centrafricain va s’y prendre ? Dans quelle condition le FPRC et le MLCJ vont s’inscrire ou vont continuer à s’inscrire dans la dynamique de l’accord ? Et comment pallier à cette défaillance de la MINUSCA sur le terrain ? Est-ce que les communautés touchées vont rester bras croisés ?

Le gouvernement n’agit pour l’instant que par des simples communiqués radiodiffusés pour appeler au calme. Cependant, des milliers de personnes sont dans des camps de fortune créés dans la précipitation vers l’aérodrome et la base de la MINUSCA.


Pour l’instant, trois organisations humanitaires apportent de l’aide aux déplacés internes estimés à 15.670 notamment IMC, ODESCA et ACTED.

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 00:42
Centrafrique : l’allègement de l’embargo sur les armes ne va pas bouleverser la donne

 

 

15 septembre 2019 à 10h33  AFP

 

L'assouplissement de l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de la Centrafrique est une victoire symbolique pour le régime de Bangui. Mais il ne devrait pas bouleverser la donne à court terme entre l'armée et la multitude de groupes rebelles qui contrôlent plus des deux tiers du pays.

Jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l’unanimité pour autoriser à nouveau la livraison d’armes d’un calibre inférieur ou égal à 14,5 mm aux forces centrafricaines.

C’est une ouverture limitée puisque l’interdiction vaut toujours pour l’armement lourd, mais c’est une première depuis que l’ONU avait décrété un embargo total sur les armes en 2013, quand la Centrafrique a basculé définitivement dans la guerre civile après la chute du président François Bozizé.

Rédigée par la France, la résolution a été votée à l’unanimité du Conseil de sécurité alors que les positions des uns et des autres, Paris et Moscou en particulier, ont longtemps divergé.

Mais depuis l’élection de Faustin Archange Touadéra à la présidence en 2016 et, plus encore, un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes rebelles le 6 février dernier, ce vaste pays d’Afrique centrale amorce une laborieuse stabilisation.

Jusqu’alors, il était interdit à Bangui d’acheter même un pistolet pour ses soldats quand les nombreuses milices qui les affrontent ou se battent entre elles (encore 23 morts samedi dans des combats entre miliciens le nord-est) – et contrôlent toujours 70% du territoire – s’approvisionnaient dans presque tous les calibres à leur guise aux frontières avec le Tchad et du Soudan. Une situation dénoncée de longue date par le gouvernement centrafricain, et la Russie qui le soutient.

Fort de cette première victoire pourtant toute symbolique, Bangui espère un nouvel allègement prochainement pour des armements plus lourds.

Dans les faits, « l’embargo est quasiment levé de moitié », estime Hans de Marie Heungoup, chercheur à l’International Crisis Group (ICG). Cela permettra aux militaires de mieux rivaliser avec un ennemi déjà largement équipé en armes de ces calibres, notamment les mitrailleuses montées sur véhicules pick-up. Et puis, « le matériel lourd comme les hélicoptères ou les blindés n’est sans doute pas la priorité de l’armée, faute de moyens financiers et d’une capacité logistique suffisante », souligne le chercheur.

Rivalité franco-russe

Ainsi, la décision de l’ONU ne pourra pas, dans l’immédiat au moins, renverser les rapports de force sur le terrain. D’autant que les Faca, les forces armées centrafricaines, en pleine reconstruction, ne comptent qu’environ 4.000 soldats opérationnels, dont la moitié à Bangui, face à des miliciens rebelles largement plus nombreux, même s’il n’existe pas d’estimations fiables de leurs effectifs.

Pour Bangui, l’assouplissement marque toutefois une première étape d’un processus engagé de longue date. « Le gouvernement a multiplié les efforts pour sensibiliser ses partenaires et garantir la sécurité et la traçabilité des armes », commente son porte-parole Ange-Maxime Kazagui.

Un chantier indispensable à la levée des sanctions dans un pays déjà ravagé par deux guerres civiles depuis 2004, au cours desquelles les équipements de l’armée ont été intégralement pillés par les rebelles. L’Union européenne a largement contribué à la sécurisation des futurs stocks, en finançant la construction de sites de stockage d’armes et munitions aux normes internationales, dont la construction est assurée par l’ONU.

Pour la Russie aussi, très présente à Bangui, le vote à l’unanimité est un succès diplomatique. En janvier, puis en août, Moscou avait déjà effectué deux livraisons d’armes légères en Centrafrique, sur dérogation de l’ONU. « La levée totale de l’embargo est une priorité de la Russie, ce qui n’est pas nécessairement le cas de la France ou de l’Union européenne », souligne Hans de Marie.

Côté français, le chemin a été plus tortueux. « Paris a fini par lâcher après avoir longtemps soutenu l’embargo », estime Thierry Vircoulon, coordinateur de l’observatoire Afrique australe et centrale de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

« Le pouvoir centrafricain a su utiliser à son profit la forme de rivalité qui existe entre la France et la Russie », analyse Hans de Marie Heungoup, ajoutant: « c’est une victoire que Faustin Archange Touadera peut valoriser politiquement », alors que l’élection présidentielle se profile en 2020.

« Aujourd’hui, tout Centrafricain se félicite de cette décision », assure Thierry Georges Vackat, président de la commission de défense à l’Assemblée nationale. Pour Martin Ziguélé, député et ex-candidat à la présidentielle de 2016, la levée de l’embargo « est une cause nationale » face à des milices bien équipées qui continuent de perpétrer des exactions presque au quotidien contre la population civile.

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 00:14
Avant-première de «Camille» au Mégarama Axel suivie d'un débat avec le réalisateur
Avant-première de «Camille» au Mégarama Axel suivie d'un débat avec le réalisateur

Lu pour vous 

 

http://www.info-chalon.com Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati  17 Septembre 2019 à 16:35

 

Lundi soir, au Mégarama Axel, avait lieu la projection de «Camille», une avant-première organisée par l'association Chalonnaise pour le cinéma, La Bobine, suivie d'un débat avec Boris Lojkine, le réalisateur. Plus de détails avec Info Chalon.

À 19 heures 30, hier, était projeté «Camille», film réalisé par Boris Lojkine, avec Nina Meurisse, Fiacre Bindala et Bruno Todeschini, au Mégarama Axel. Cette avant-première était organisée par La Bobine, l'association Chalonnaise des passionnés du 7ème art.


Normalien, auteur d'une thèse sur «Crise et Histoire», professeur de philosophie à l'Université d'Aix-Marseille 2, Boris Lojkine a commencé son œuvre de cinéaste par 2 documentaires tournés au Vietnam, au début des années 2000, dans un pays toujours hanté par le poids de la guerre et du deuil.


«Camille», c’est le titre tout simple de ce long-métrage inspiré du destin tragique de Camille Lepage, photo-reporter française de 26 ans déterminée à montrer la souffrance des populations de pays en guerre, la jeune photojournaliste éprise d'idéal a été assassinée , d’une balle dans la tête, dans une embuscade tendue par la Séléka, une rébellion venu du Nord musulman pour renverser le régime corrompu de François Bozizé en 2013, à des anti-Balaka, une milice d’auto-défense (majoritairement issue des populations chrétiennes), en République Centrafricaine, le 12 mai 2014, près de la frontière camerounaise.


La projection de cette fiction, d'une durée d'1 heure 30, a été suivie d'un débat avec le réalisateur, qui s'est prêté au jeu des questions, en présence de Chantal Thévenot, la présidente de La Bobine.


«Camille a donné sa vie pour ce pays, la moindre des choses était de tourner en Centrafrique», explique le réalisateur déjà remarqué en 2014 pour «Hope», un film sur les migrants africains.


«Mon film raconte aussi ce que c’est d’être une blanche en Afrique», dit-il.


Dès 2016, le cinéaste s'est installé à Bangui, capitale de la République Centraficaine, «pour tâter le terrain» et préparer le tournage alors même que la situation, 5 ans plus tard, y demeure volatile mais aussi lancer des ateliers documentaires et participer aux ateliers Varan, formant ainsi 10 jeunes réalisateurs centrafricains.


Le réalisateur précise que ses jeunes protégés ont, chacun d'entre eux, réalisé un film documentaire dont certains ont été présentés à des festivals.


«Je me suis rendu compte que tous ces jeunes avec qui j'ai travaillé en savaient mille fois plus que moi», précise-t-il à ce sujet.


Il s'est lancé dans le fundraising* et a même rencontré Faustin-Archange Touadéra, président de la République Centrafricaine, très content qu'un réalisateur s'intéresse à son pays. Un autre objectif de Boris Lojkine étant de faire revivre une production cinématographique centrafricaine.


«Vous connaissez beaucoup de réalisateur qui rencontre un président et 5 ministes pour pouvoir réaliser son film?» demande le cinéaste à l'assistance.


Ces derniers ont ensuite travaillé sur le tournage du film car Boris Lojkine voulait absolument une équipe centrafricaine. Côté acteurs, certains rejouent leur propre histoire comme le photographe Michaël Zumstein qui était à Bangui au même moment que Camille Lepage. Quant aux figurants, certains ont appartenu aux anti-Balaka.


«Je me suis senti incroyablement proche de Camille», dit Boris Lojkine qui explique qu'il était important «d'être à la hauteur de ce qu'a vécu Camille» et «de ses proches» bien que «le tournage était très dur» pourtant les autorités ont tout fait pour que celui-ci se déroule dans de très bonnes conditions.


«Grâce à ce coup de pouce des autorités, j'étais assez heureux d'avoir pu faire des retakes**, notamment à l'Université de Bangui mais aussi lors de la bataille dans la brousse», nous explique-t-il.


Le tournage a duré 6 semaines et une dizaine de jours en France, entre Angers, la ville d'origine de Camille, Montpellier et une demi-journée dans les locaux du quotidien Libération.


«Plus le film avance, plus vous adopterez le point de vue de Camille», nous dit le cinéaste qui évoquera tour à tour sa relation avec la famille de la photo-journaliste, sa mère, Maryvonne, son père, Guy et Adrien, son frère. Son rôle est interprété avec brio par Nina Meurisse.


«La maman de Camille m'a beaucoup aidé», souligne Boris Lojkine.


Accompagné de Marina Gomez, responsable de la programmation en province chez Pyramide Distribution , le réalisateur nous explique être déjà venu à Chalon-sur-Saône, en 2014, pour faire la promotion de «Hope», et qu'il en gardait un bon souvenir de notre ville. Outre l'accueil chaleureux, il se souvient de la cuisine de l'inoubliable Paulette, gérante du «Le Mont Blanc», laquelle met un point d'honneur à ne servir que du fait maison et qui fait de l'établissement une des meilleures adresses chalonnaises.


153 personnes ont assisté à cette soirée d'un grand intérêt et jeudi, Boris Lojkine part pour Bangui afin de présenter le film, lequel a déjà été dévoilé au Festival international du film de Locarno, en Suisse, avant une sortie nationale, le 16 octobre prochain.

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 23:41
Président de la République centrafricaine: "Pas de stabilité en Europe s'il n'y en a pas en Afrique"
Président de la République centrafricaine: "Pas de stabilité en Europe s'il n'y en a pas en Afrique"
Président de la République centrafricaine: "Pas de stabilité en Europe s'il n'y en a pas en Afrique"

 

Lu pour vous

 

https://www.breitbart.com  par THOMAS D. WILLIAMS, PH.D.16 sept. 2019

 

Le président de la République centrafricaine, déchirée par la guerre, a averti dimanche que la stabilité en Europe était conditionnée à la stabilité en Afrique car "tout est connecté". Si les propos du président Faustin-Archange Touadéra évoquaient d’abord les problèmes de l’Europe liés aux vagues de migrants en provenance d’Afrique, il a ensuite suggéré des interconnexions entre divers domaines de développement. «Il n'y aura pas d'écologie intégrale sans paix et il n'y aura pas de paix sans écologie intégrale», a déclaré Touadéra. En outre, «dans un pays, la paix sera assurée si tous les citoyens ont accès aux soins de santé».

L’homme politique africain s’exprimait à Madrid lors d’une conférence intitulée «Rencontre pour la paix», organisée par la communauté catholique de Saint-Egidio. Dans son discours, Touadéra a souligné la nécessité de "rétablir le lien essentiel entre l'Afrique et l'Europe", tout en proposant que le désarmement, les soins de santé universels et l'abolition de la peine de mort soient des conditions essentielles pour la paix. "Ce que l'Europe a fait aujourd'hui est un rêve en Afrique", a déclaré Touadéra. "Paix sans frontières n'est pas simplement un titre magnifique, mais une belle perspective à regarder."

La République centrafricaine connaît une guerre civile permanente depuis 2012, qui montre peu de signes de ralentissement, et les tensions sont aggravées par le conflit religieux entre les combattants de la Séléka musulmane et les milices chrétiennes anti-balaka. «La République centrafricaine est une maison dans laquelle de nombreuses armes sont entrées. Nous allons donc lancer un programme de désarmement», a déclaré Touadéra, insistant sur le fait que «le sang de notre peuple versé injustement nous presse de ne pas commettre la même erreur futur."

Le président africain a également souligné que la guerre est évitable mais que la paix exige un effort concerté de tous. «La guerre et la violence ne sont pas un destin inévitable», a-t-il déclaré, mais la paix ne peut jamais être considérée comme acquise, mais nécessite une vigilance constante. «C’est comme construire une maison qui a toujours besoin d’entretien car sinon, elle serait à la merci du vent», a-t-il déclaré.

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 23:23
Faire avancer le monde vers le développement durable par le Professeur Jeffrey D. Sachs
Faire avancer le monde vers le développement durable par le Professeur Jeffrey D. Sachs
Faire avancer le monde vers le développement durable par le Professeur Jeffrey D. Sachs

 

 

par le Professeur Jeffrey D. Sachs de l'Université Columbia

 

«Paix sans frontières: religions et cultures en dialogue»

Communauté Sant’Egidio

Madrid, Espagne

15 septembre 2019

 

 

Dans son discours inaugural, il y a près de 60 ans, le président John F. Kennedy a déclaré: «Le monde est très différent maintenant. Car l'homme détient entre ses mains mortelles la capacité de mettre fin à toutes les formes de pauvreté humaine et à toutes les formes de vie humaine. »Ce qui était vrai à l'époque est encore plus vrai aujourd'hui. Nous sommes suffisamment riches et bien informés pour mettre fin à la pauvreté et à la faim et pour faire en sorte que tous les enfants de la planète aient accès à une éducation de qualité.

 

Cependant, nous menons également notre survie même, non seulement par le biais des armes nucléaires, comme c’était déjà le cas à l’époque de Kennedy, mais par le changement climatique, la pollution et la destruction massive d’autres espèces, ce qui est nouveau pour nous.

 

La forêt amazonienne est en feu, de même que notre politique. Trop de dirigeants aujourd'hui sont des pourvoyeurs de haine, de peur, de cupidité et de corruption. Trop de personnes utilisent le prétexte de l'identité nationale comme un matraque contre les faibles et les vulnérables.

 

Pourtant, nous sommes ici aujourd'hui pour ne pas plaider auprès des fraudeurs. Nous sommes ici aujourd'hui pour nous réunir au nom de notre humanité commune. Nous sommes ici pour insister sur le fait que l’humanité est dotée de la raison, la raison qui nous permet de choisir le bien commun.

 

Notre raison peut vaincre la guerre et l’empêcher à l’avenir. Nous avons des guerres à notre époque en raison de l'arrogance de grandes puissances, par exemple lorsque les États-Unis ont lancé une guerre non provoquée contre l'Irak ou envoyé la CIA en Syrie pour renverser le gouvernement syrien, ou lorsque les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont envoyé des bombardiers de l'OTAN à renverser le gouvernement libyen. Nous avons des guerres aujourd'hui parce que l'extrême pauvreté dans un pays comme le Yémen provoque le désespoir et crée un chaudron de conflits dans lequel de plus grandes puissances déversent leurs armes et leurs bombes. Nous avons des guerres aujourd'hui parce que les sécheresses et les inondations rendues plus fréquentes et plus intenses par le changement climatique provoqué par l'homme sont à l'origine de mauvaises récoltes, de la faim et de migrations massives, qui déclenchent ensuite de nouvelles vagues de violence

Et nous risquons de nouvelles guerres, encore plus dévastatrices, parce que le président des États-Unis déclenche des guerres commerciales qui créent des représailles et des escalades. déploie le pouvoir des banques américaines pour créer la faim et le désespoir au Venezuela et en Iran afin de contraindre ces gouvernements à se plier à sa volonté; propose de militariser l'espace avec une nouvelle US Space Force; se retire du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire; et propose de lancer une nouvelle génération d'armes nucléaires en violation de l'obligation explicite des puissances nucléaires en matière de désarmement nucléaire découlant du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

 

Autrefois, l’humanité était le pion des tyrans et des despotes, des princes et des rois, qui envoyaient des hommes au combat et des femmes et des enfants à l’épée. Pourtant, nous savons mieux aujourd'hui que la guerre n'est pas notre destin et que la paix et la prospérité sont à notre portée.

 

Nous sommes les héritiers de Platon et d'Aristote, qui ont défendu le don de la raison. de Jésus, qui a proclamé que les artisans de paix sont les enfants de Dieu; d'Emmanuel Kant, qui envisageait une union des républiques pour assurer la paix perpétuelle; Franklin Roosevelt, qui a créé les Nations Unies après la Seconde Guerre mondiale, afin de concrétiser la vision de Kant; de John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev, qui ont signé le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires au plus fort de la guerre froide et ont ainsi tracé la voie de la paix; et de Martin Luther King, Jr., qui nous a rappelé que «l’arc de l’univers moral est long, mais il se penche vers la justice».

 

Prenons donc position contre la déraison, l’ignorance et la peur. Prenons notre position contre l'arrogance des grandes puissances et des petits despotes. Raisonnons ensemble.

 

Voici quelques faits difficiles.

 

Le revenu mondial cette année est de 90 000 milliards de dollars, soit plus de 11 000 dollars par personne. Pourtant, environ un milliard de personnes vivent encore dans une pauvreté abjecte. Avec un transfert de seulement 1% du revenu des pays riches vers les pays pauvres, soit environ 500 milliards de dollars par an, nous pourrions mettre un terme à l'extrême pauvreté.

 

L’espérance de vie dans le monde est maintenant de 72 ans. Pourtant, environ 5 millions d’enfants pauvres mourront cette année avant leur cinquième anniversaire, car leur famille et leur communauté sont trop pauvres pour rester en vie. Avec un transfert de seulement un dixième de un pour cent du revenu du monde riche, les soins de santé pourraient être étendus à ces enfants et la plupart de ces décès pourraient être évités.

 

Le monde a promis une éducation de la maternelle à la fin du secondaire pour tous les enfants de la planète, mais 260 millions d'enfants d'âge scolaire ne sont pas scolarisés. Avec seulement un dixième de un pour cent des revenus du monde riche transférés aux pays pauvres, nous pouvons financer des salles de classe et des enseignants pour tous ces enfants.

 

2 000 milliardaires ont une valeur nette combinée de 10 000 milliards de dollars. Les 15 personnes les plus riches de la planète ont 1 billion de dollars de richesse. Les revenus annuels de ces quinze personnes pourraient à eux seuls combler le déficit de financement de la scolarisation de 260 millions d’enfants. Jeffrey Bezos, Bill Gates, Bernard Arnault, Warren Buffett, Mark Zuckerberg et d’autres: vous devez agir.

 

Les États-Unis dépensent plus de 700 milliards de dollars par an, dont 2 milliards par jour, dans l'armée. Trois jours de dépenses militaires par an, soit 6 milliards de dollars par an, ramèneraient à zéro le nombre de décès dus au paludisme. Cinq jours de dépenses militaires par an, soit 10 milliards de dollars, permettraient de financer intégralement le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Nous disons au Pentagone de prendre un long week-end pour pouvoir débarrasser le monde de ces maladies mortelles.


Le coût mondial des conflits armés, des dépenses militaires, des dépenses de sécurité intérieure et des dépenses de sécurité personnelle dépasse 5 billions de dollars par an, suffisamment pour mettre fin à la pauvreté, protéger la nature et convertir le système énergétique mondial en éolien, solaire, hydroélectrique, géothermique et autres. sources zéro carbone. Nous nous tenons aux côtés du prophète Isaïe, qui nous a dit de frapper notre épée en une lame de labour.   Nous sommes un monde riche, mais nous avons perdu nos repères. Nous souffrons, nous a dit le pape François, de la «mondialisation de l'indifférence». Pourtant, le pape François a non seulement décrit notre condition déplorable, mais a également éclairé notre salut. Dans son encyclique magistrale Laudato Si ’, il nous a dit que« l’interdépendance nous oblige à penser à un monde avec un plan commun ».  

Amis, nous pouvons forger ce plan commun. Les outils sont à portée de main. Nous devons commencer par la Charte des Nations Unies, qui nous appelle à résoudre les conflits par le dialogue, la négociation et la médiation, et non par des menaces ou par le recours à la force à la merci des politiciens.   Nous devons nous appuyer sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, notre charte morale universelle, qui reconnaît les droits politiques et civils, mais aussi les droits économiques, sociaux et culturels.   Nous devons atteindre les objectifs de développement durable des Nations Unies, qui réaffirment l’engagement de notre génération à respecter les droits économiques de la Déclaration universelle.  

Et nous devons respecter l’Accord de Paris sur le climat afin de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 degrés Celsius, sinon nous risquerions d’atténuer le désastre du dérèglement climatique.   La semaine prochaine, les gouvernements du monde se réuniront à l’Assemblée générale des Nations Unies pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable et pour accélérer l’action mondiale contre le changement climatique. Nous sommes très en retard, car nous perdons du temps en matière d’inaction, de corruption et de cupidité. En décembre, les gouvernements du monde se réuniront à Santiago du Chili pour encourager les mesures en faveur de la sécurité climatique.

En 2020, les mêmes gouvernements se réuniront à Kunming, en Chine, pour faire face à la crise urgente d'un million d'espèces menacées d'extinction en raison d'activités humaines telles que la déforestation en Amazonie. Notre travail consiste à nous associer à des actions concrètes et à demander des comptes à nos gouvernements, à rester fidèles à leur parole et à rester à l’écart de la corruption et des mensonges qui imprègnent trop souvent notre politique.

Nous avons les moyens, la richesse, la technologie, le savoir-faire et le besoin de réaliser tous les objectifs et promesses que nous nous sommes fixés. Au nom de toutes les religions, qui parlent chacune pour notre humanité commune, nous engageons ici la raison que Dieu nous a donnée pour poursuivre ces objectifs et pour chasser les cupides, les arrogants et les méchants.

 

Joignons la foi et la raison, théologiens et scientifiques, prêtres et philosophes, hommes politiques éclairés et citoyens informés, à une éthique du bien commun.

 

Disons aux États-Unis: il faut mettre fin aux sanctions qui causent souffrance et faim aux peuples du Venezuela et de l'Iran, s'abstenir de toute nouvelle course aux armements dans l'espace et les armes nucléaires et respecter la Charte des Nations Unies.

 

Disons au monde riche: respectez votre engagement de ne donner, pour vous, que 1% de votre revenu national, par des aides publiques et privées, afin de répondre aux besoins urgents des pauvres conformément aux objectifs de développement durable.

 

Disons aux puissantes entreprises du monde: vous êtes responsable envers toutes les parties prenantes, et pas seulement envers vos propriétaires, et votre première responsabilité est de ne causer aucun dommage à vos travailleurs, aux communautés dans lesquelles vous opérez, à vos clients ou à la planète. lui-même.

 

Disons aux milliardaires du monde: le monde appartient à tout le monde, pas seulement à vous. Vous devez utiliser vos milliards de dollars de richesse pour secourir et soulever les pauvres, les affamés et les malades.

 

Disons aux hommes politiques qui abusent de la religion: n'essayez pas de nous diviser ni de nous opposer les uns aux autres, car la parole de Dieu appelle à la justice universelle et à la miséricorde universelle.


Rappelons-nous la sagesse du pape Paul VI dans Populorum Progressio il y a un demi-siècle, qui avait déclaré que le développement était le nouveau nom de la paix. Nous pouvons dire à notre époque que le développement durable est le nouveau nom de la paix.

 

Dans son dernier discours aux Nations Unies, à peine quelques semaines avant son assassinat, le Président Kennedy a rendu compte de la signature du Traité d'interdiction des essais nucléaires, qu'il avait tant accompli. Il a déclaré à ses collègues dirigeants que «les nuages ​​se sont un peu levés, de sorte que de nouvelles lueurs d'espoir puissent traverser». Et il a prononcé ces mots magnifiques devant les dirigeants du monde:

 

“Archimède, en expliquant les principes du levier, aurait déclaré à ses amis: 'Donnez-moi un endroit où je peux me tenir debout et où je déplacerai le monde.'" Mes concitoyens habitants de cette planète: notre position ici dans cette Assemblée des nations. Et voyons si nous pouvons, à notre époque, amener le monde à une paix juste et durable. ”

 

Pour tous ici à Madrid, reconnaissants d'être réunis par la merveilleuse communauté de Sant'Egidio et le merveilleux peuple espagnol, prenons position dans cette assemblée de religions pour faire notre part pour que le monde passe au monde durable développement et bien commun.

 

https://preghieraperlapace.santegidio.org/pageID/31024/langID/en/text/3172/MADRID-2019--PEACE-WITHOUT-BORDERS.html

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 23:14
AFRIQUE : LA TÉLÉPHONIE MOBILE, LEVIER DE CROISSANCE ET D'INCLUSION

Lu pour vous 

 

 http://www.economiematin.fr  par RÉGIS FAGBEMI  18/09/2019

 

Sur le continent, le secteur des télécoms est particulièrement dynamique, contribuant tant à la croissance économique qu'à la réduction des inégalités. Un secteur en plein boom, investi tant par de grands groupes que par de pure players de terrain.

« Il revient aux Africains de décider de l'avenir de l'Afrique », déclarait Barack Obama lors d'un discours prononcé en juillet 2009 au Ghana. Aux yeux de l'ancien président américain, « quatre domaines » apparaissaient alors « essentiels pour l'avenir » du continent : « la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits ». Si les deux derniers critères retenus par l'ex-hôte de la Maison Blanche vont quasiment de soi, il apparaît, en effet, évident que l'Afrique ne saurait décoller sans stabilité politique ni confiance du secteur privé. Atouts auxquels il conviendrait, dix ans après le discours de politique africaine de Barack Obama, d'adjoindre l'inclusion numérique.

Les entreprises de télécoms sortent du lot

 

Contrairement à de tenaces idées reçues, le continent africain ne manque pas d'entreprises florissantes et vertueuses, pourvoyeuses d'innovation, d'emplois locaux et de subsides publics. Le classement des cent meilleurs employeurs en Afrique réalisé en 2018 par Global Career Company fait ainsi la part belle aux sociétés locales : à l'image de Kenya Airways (47e place), d'Angola LNG (88e), de l'entreprise panafricaine de télécom MTN (18e) ou encore du groupe bancaire Ecobank (63e). En tout, ce ne sont pas moins de trente sociétés de droit africain qui composent le classement des meilleurs employeurs, dont 17 y font leur entrée pour la première fois.

Sans surprise, le secteur de la téléphonie est particulièrement représenté dans ce classement. Un secteur dynamique, qui permet à des acteurs de taille moyenne d'afficher de grandes ambitions. C'est le cas de Telecel Group, une multinationale codirigée par les Français Laurent Foucher et Hugues Mulliez. Spécialisé dans la redynamisation de sociétés en difficultés, Telecel est devenu leader en République centrafricaine (RCA) – devant Orange, un exploit –, pays où il a repris l'opérateur local en 2015, au plus fort de la guerre civile.

M. Mulliez estime quant à lui que « l'Afrique de demain sera une Afrique ultra-connectée, afin notamment de pallier (aux) problèmes de distances et d'infrastructures. Telecel observe une écoute dynamique face à cette demande croissante ». Pour Laurent Foucher, il est également capital pour les pays africains « d'avoir des investisseurs à long terme, qui croient dans son avenir ». Se déclarant « extrêmement optimiste pour l'avenir » du continent, le dirigeant estime encore que « tous les atouts sont présents ». Et n'a de cesse de louer le dynamisme d'une « jeunesse pétrie de valeurs et d'ambitions », « une nouvelle génération qui va révolutionner l'Afrique ».

Un marché prometteur

Car la « révolution » africaine sera mobile et connectée, ou ne sera pas. D'un habitant sur deux en 2016, le taux de pénétration des téléphones portables est passé à 75% l'année dernière. « L'Afrique, c'est la frontière numérique de demain », abonde Stéphane Richard, PDG d'Orange : alors qu'on estime la population du continent à 1,4 milliard d'habitants, quelque 660 millions de smartphones y seront en circulation d'ici à 2020. Mais, en dépit d'un chiffre d'affaires de plus de 110 milliards d'euros (sur la zone Afrique et Moyen-Orient), il reste beaucoup à faire en matière d'Internet mobile, moins d'un quart des abonnés ayant aujourd'hui accès au haut débit, et un Africain sur trois ne disposant toujours d'aucun réseau d'accès.

Le développement des télécoms est donc, logiquement, devenu une priorité pour les autorités africaines, celui-ci constituant un puissant levier pour doper l'économie – très peu d'habitants disposant d'un compte en banque, les solutions de paiement et de transfert d'argent mobile rencontrent ainsi un succès foudroyant, comme au Mali, où 20% du PIB passe par ce type de services. Mais le secteur est aussi un contributeur majeur aux recettes publiques, les opérateurs mobiles ayant reversé, en 2015, 17 milliards de dollars aux caisses des États africains. Ainsi, selon le dernier rapport de la GSMAl'écosystème mobile représenterait d'ores et déjà 8,7% du PIB de l'Afrique de l'Ouest et apporte une contribution vitale à la croissance économique, au développement social et à la création d'emplois dans la région.

« L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions »

Si, comme le professe l'un des dirigeants du constructeur chinois Huawei, Philippe Wang, « l'inclusion numérique (représente) un précieux levier pour réduire les inégalités en Afrique », aucun investisseur privé, de surcroît étranger, ne saurait prétendre remplacer la volonté politique – notamment en termes de financements ou de lutte contre la corruption, un phénomène endémique sur le continent ; « aucun pays ne peut créer de richesses si ses dirigeants exploitent l'économie pour s'enrichir personnellement », mettait déjà en garde Barack Obama en 2009, et « aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20% ».

« Le développement dépend de la bonne gouvernance », concluait l'ancien président américain, selon qui « l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions ».

 

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