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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:58

 

 

 

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 pont ur la route de Sibut Damara

 

 

limousine de Gouandjika

 

 Ndoutingaï S

 

Feindiro

 

 

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par Gaël Grilhot le 15 juillet 2012

Peuple de la forêt, les pygmées continuent de se nourrir traditionnellement de la cueillette et du miel. Un mode de culture qui leur permet de rester semi-nomade, même si ils cultivent désormais le Manioc et l'Igname

Il a beau connaître ces chiffres depuis plusieurs mois, les avoir disséqués, analysé région par région, Jean-Sébastien Munié, responsable du Bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) à Bangui, n’en reste pas moins consterné par certaines données récentes publiées par Médecins Sans Frontières (MSF).

Fruit de cinq enquêtes distinctes menées par l’ONG et d’autres organismes de recherche au cours des deux dernières années dans cinq grandes préfectures regroupant plus de la moitié de la population centrafricaine, les analyses ont toutes montré des taux de mortalité supérieurs au seuil d’urgence (1/10000 et par jour). MSF, qui dénonce dans son rapport « une crise silencieuse » conclut à un « état d’urgence médicale chronique » dans l’ensemble de ces zones. Ainsi, dans la commune urbaine de Carnot, les taux bruts de mortalité ont-ils pu dépasser les 3,7/10000 morts par jour soit près de quatre fois le taux convenu pour le seuil d’urgence. Dans cette région, ce dernier est même passé à 7/10000 et par jour pour les seuls enfants de moins de cinq ans.

En poste depuis fin 2006, Jean-Sébastien Munié soupçonnait l’ampleur de la crise humanitaire « invisible » en Centrafrique et partage  largement le point de vue de la Commission européenne, qui a récemment classé la crise humanitaire qui sévit dans le pays comme « la deuxième plus grave au monde » après la Somalie. « Si nous prenons les principaux indicateurs sociaux, sanitaires, ou encore en en matière d’éducation ou de droits de l’Homme, explique Jean-Sébastien Munié, la situation en  Centrafrique est on ne peut plus critique.

Les diamants n’ont jamais fait pousser le manioc

Mais ce que le responsable d’OCHA ne digère toujours pas, ce sont les chiffres illogiques qui ont été relevés dans certaines régions, pourtant considérées comme riches et fertiles. « Il y a de l’eau, des forêts, une démographie faible : normalement, avec ces données, il devrait y avoir de quoi nourrir tout le monde, mais non ». Certaines de ces zones, comme à Gadzi, Boganangone ou encore Boganda, ont en effet connu ces dernières années des taux de mortalité « très supérieurs à la référence plausible et accompagnés de niveaux alarmants de malnutrition», alors qu’elles bénéficient d’un fort potentiel agricole. « Ces chiffres nous ont effectivement interpellés », admet Olivier Aubry, coordinateur pour Médecins Sans Frontières, avant de donner quelques éléments d’explication. « Cette enquête a été faite dans une région diamantifère, où toute la population avait complètement délaissé l’agriculture, pour se consacrer entièrement à l’activité minière. A tel point que tout ou presque était importé au niveau nourriture, et en particulier le manioc, qui est la base de la nourriture. » Or depuis 2008, l’effondrement des cours du diamant, mais aussi la réorganisation  du secteur minier centrafricain ont abouti à la fermeture de nombreuses mines privant des dizaines de milliers de familles de revenus, et par conséquent, de nourriture.

Les diamants n’ont jamais fait pousser le manioc. Et selon Jean-Sébastien Munié, les résultats se sont très vite fait sentir sur le terrain. « Nous nous sommes retrouvés en raison de la crise financière et de la crise sur le marché du diamant de 2008, avec des taux locaux de malnutrition aigüe sévère – sur des zones de 80000 habitants – qui étaient de trois fois supérieurs à ceux du Darfour. » Depuis, tempère néanmoins Olivier Aubry, « les choses s’améliorent peu à peu dans cette région. La population s’est remise  à cultiver, même si c’est encore loin d’être suffisant. »

Un « Etat fantôme »

Autre paradoxe, certaines régions touchées par ces taux élevés de mortalité ne se situent pas dans des zones de conflits ou à forte densité de déplacés. Ainsi les taux relevés dans les  régions de la Lobaye, Ombelle M’Poko, et même de Bangui, sont là aussi supérieurs au seuil d’urgence, alors que ces régions vivent dans une sécurité relative. La raison en est malheureusement ici dramatiquement simple. La majeure partie des postes des ONG humanitaires se concentre dans les zones de conflits. Le reste du pays se retrouve pratiquement livré à lui-même, avec une présence de l’Etat plus que négligeable. Un « Etat fantôme », même, si l’on en croit les différents acteurs du secteur, dont les défaillances sont visibles à tous les niveaux, à commencer par l’accès aux soins. Les dépenses de santé atteignent ainsi péniblement la somme de 7$ par habitant au niveau national, soit le 5ème budget de santé le plus bas du monde. Or, souligne Olivier Aubry, « le facteur n°1 de la mortalité en Centrafrique, ce sont les maladies (paludisme, tuberculose, VIH/SIDA – cf. encadré -, etc.) » dont le taux de prévalence atteint là encore des niveaux records.  Dans un document gouvernemental indiquant les grandes orientations à suivre pour lutter contre la grande pauvreté entre 2011 et 2015, le gouvernement affirme pourtant que « la santé et la nutrition sont deux des secteurs prioritaires au plan national » et s’engage à « faciliter l’accès aux services de santé à 72% de la population ». Mais le document reste très flou quant aux zones concernées, et du calendrier de mise en œuvre.

L’accès à l’eau est également un gros sujet de préoccupation pour les ONG. Selon ce même document gouvernemental, seule 34% de la population y aurait accès. Et il n’y a pas besoin d’aller plus loin que la capitale pour se rendre compte de cette situation préoccupante. En période de sécheresse, le niveau de l’Oubangui (fleuve qui sépare la RCA de la RDC) se retrouve au plus bas, hors d’atteinte des systèmes de pompage.

Résultats, certains quartiers comme celui de Gobomgo  ou du PK12 ne sont plus approvisionnés. Il n’est pas rare alors d’observer, la nuit, ces étranges processions d’habitants équipés de bidons et récipients divers, faire l’aller -retour vers des forages ou des points d’eau voisins. Là encore, le gouvernement et la société nationale de distribution (SODECA) sont pointés du doigt, et envisagent entre autre pour  répondre à cette préoccupation, « la libéralisation du secteur de l’eau et le développement du partenariat Public-privé ». En clair, une nouvelle démission de l’Etat qui aboutira à des autorisations de forages privés, et surtout, à une augmentation prévisible du prix de l’eau.

Vers la fin des rébellions ?

L’absence de l’Etat explique d’ailleurs à bien des égards, selon Jean-Sébastien Munié, les troubles politiques qui secouent la RCA depuis le coup d’Etat de 2003. « Sikikédé – et les villages environnants -, dans le Nord, compte près de 28000 habitants. Ce serait l’équivalent de la sixième ville du pays, et pourtant, elle n’est pas considérée comme une commune, et n’est même pas indiquée sur les cartes de la MINURCAT (Force des Nations Unies). Lorsque je m’y suis rendu n’y avait pas de poste de santé, et on y avait pas vu de représentant de l’administration civile ou militaire centrafricaine depuis douze ans.

Pas étonnant, donc, si une rébellion s’est installée dans la région. « Les acteurs de la rébellion  voulaient contrer les attaques des Tchadiens (…) et critiquaient fortement le pouvoir de Bangui. Mais ils sont très attachés au pays, je n’ai jamais vu autant de drapeaux centrafricains ailleurs que dans cette région. »

Reste que la violence politique n’arrange rien à la situation de crise humanitaire, et si elle ne perturbe que peu l’action des ONG sur place, selon Olivier Aubry, les conséquences humanitaires sont désastreuses. Cinq groupes armés centrafricains, et deux rébellions importées de l’étranger – dont l’armée de résistance du seigneur (LRA, cf. encadré) – opèrent ainsi dans le pays, principalement au Nord et à l’Est du pays. Ces groupes s’affrontent entre eux et des accrochages fréquents ont lieu avec les forces étatiques présentes dans le pays. Les pillages de villages sont fréquents et les conflits armés provoquent parfois des évacuations de zones entières, qui bouleversent naturellement la vie et les moyens de subsistances de ces populations. Le nombre de déplacés internes s’est ainsi élevé à près de 95000 en 2012, dont 21500 en 2011.

Le 17 mai dernier, l’armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), s’est officiellement auto-dissoute. Son président, Jean-Jacques Demafouth, qui s’était depuis plusieurs mois engagé dans le programme « Désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR) » laborieusement mis en place depuis juin 2011, a ainsi mis  fin aux activités armées de l’une des principales rébellions du pays, ouvrant la voix à de nouvelles négociations avec d’autres groupes armés. 4700 membres de l’APRD avaient déjà déposé les armes les mois précédents, et déjà, près de 36000 déplacés originaires de l’Ouham Pendé, où sévissait l’APRD, seraient retournés sur place. Néanmoins, le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix (BINUCA), qui supervise la mise en place de ce plan de paix demeure prudent, et prévient que « le temps écoulé entre la Démobilisation et la Réintégration, qui devient de plus en plus long, pourrait conduire à une résurgence de tensions ».

Une crise de « contre-développement »

La situation sécuritaire est en outre aggravée par la présence de nombreux « coupeurs de route » et autres groupes de bandits qui s’en prennent le plus souvent aux civils. « Des étrangers » si l’on en croit Eddy Wodde, historien et professeur à l’Ecole de Journalisme de l’Université de Bangui. Selon lui, cette situation sécuritaire est « en grande partie liée à la porosité des frontières », mais aussi et surtout à un déficit en forces de sécurité.  « Le pays couvre une superficie de 628000 km2, précise-t-il pour une population d’à peine 5 millions d’habitants, et les moyens de l’Etat dans les domaines militaire et sécuritaire font défaut. » Un avis partagé par Jean-Sébastien Munié, pour qui la Centrafrique est probablement « le seul pays pour lequel il appelle au renforcement du budget militaire ».

La situation s’est un peu améliorée avec 2000 membres  des forces de sécurité nouvellement recrutés et formés, mais cela porte le nombre total à seulement 7000, un chiffre nettement insuffisant pour couvrir l’ensemble du territoire. « Dans certaines régions, c’est la population qui est amenée à défendre les quelques gendarmes qui y sont cantonnés », ajoute-t-il d’un air las.

« En théorie, MSF se retire pour laisser place à des acteurs de développement, mais là, aucun acteur ne s’investit » s’alarme Olivier Aubry. Selon lui, la crise humanitaire n’est qu’une crise de développement déguisée. Une crise de « contre-développement », renchérit le responsable d’OCHA, pour qui la Centrafrique est peu à peu abandonnée par les bailleurs de fonds. Dans ce contexte de violences et de crise de gouvernance, il est certes aisément facile de comprendre les réticences de ces derniers à investir en République centrafricaine. Transparency International, qui établit  un classement des Etats les plus corrompus chaque année, place en effet le pays au 154ème rang mondial sur 179 en 2011.

Mais Jean-Sébastien Munié ne se résigne pas et ne cesse de solliciter les différents acteurs du développement, afin qu’ils investissent dans le pays. OCHA a sollicité en février 2012, un nouveau Processus d’Appel Consolidé de 134 millions de $, afin de financer plus de 105 projets de développement devant venir en aide à deux millions de personnes, soit près de 45% de la population centrafricaine. Pour le responsable d’OCHA, cette aide doit arriver, coûte que coûte, quitte à demander un peu de flexibilité aux bailleurs : « il y a des choses qui sont acceptables, et d’autres pas or si dans l’absolu la corruption est importante, il ne s’agit en volume que de petites sommes ». Au risque de paraître « cynique », il ne se prive pas d’ailleurs d’utiliser des arguments plus géopolitiques : « laisser ce pays dans cet état, le laisser encore plus dans l’oubli et s’enfoncer, c’est laisser la porte ouverte à une nouvelle déstabilisation du Tchad ou du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo, bref, de toute la sous-région… ».

Gaël Grilhot

http://www.grotius.fr/au-dela-des-chiffres-etat-faible-etat-failli-ou-la-crise-de-contre-developpement/

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:55

 

 

 

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par Gaël Grilhot le 14 juillet 2012

Parfois, j’ai l’impression d’être à l’image de ce pays : je rouille, dans l’indifférence. Moi, le trône impérial, moi dont l’honneur a été d’accueillir l’auguste postérieur de l’empereur Bokassa 1er le jour de son intronisation, je ne suis plus désormais qu’un vieux tas de ferraille en décomposition. Je gis aujourd’hui au fond d’une salle sombre et humide de ce fameux stade où eut lieu, il y a trente cinq ans, le plus ubuesque et fastueux couronnement qu’ait connu la Centrafrique de toute son histoire.

Désormais, seuls quelques jeunes – la plupart du temps drogués ou alcoolisés – surveillent encore l’entrée de cette ruine, vestige de la Françafrique. De la rue me parviennent cependant les bruits de « Bangui la coquette ». Ils m’aident à comprendre les soubresauts de ce dernier quart de siècle tumultueux qui a fini de ruiner ce pays pourtant fertile et riche en matières premières. De l’opération Barracuda qui mit fin au règne éphémère de mon maître à la prise de pouvoir par Kolingba, de la destitution de celui-ci en 1993 aux mutineries de 1996 et 1997 et aux coups d’Etats de 2001 et de 2003 : une histoire violente et tourmentée qui a interdit l’instauration d’une paix durable.

De ma cachette où je pourris désormais, j’ai pu suivre tous ces retournements d’alliances, ces déchirements politiques et ces réconciliations maladroites. Toutes ces années de turpitudes et de corruptions diverses qui auront fini de réduire la Centrafrique à un état de « contre-développement » chronique. Pire, des échos que je perçois des organisations internationales – dont beaucoup alentour  –, la crise humanitaire qui sévit ici serait la plus grave après celle de Somalie. Les taux de mortalité et de malnutrition interpellent même les plus blasés de ces professionnels, qui se résignent tout de même à rester ici pour de longues années encore.

D’autant que la présence de rébellions dans le pays – conséquence d’un processus de paix mal négocié – n’explique pas à lui seul cette triste réalité. Les statistiques, froides et implacables, montrent si besoin est, combien ce pays souffre d’une « catastrophe de développement » sans précédent. Aujourd’hui un Centrafricain n’a à la naissance que peu de chances de vivre plus de cinquante ans, et  passe en moyenne trois ans et demi seulement sur les bans des écoles…

Sur 180 Etats, le PNUD nous accorde ainsi généreusement la 159èmeplace en terme de développement humain. Quelle performance ! Il serait faux de penser que ces chiffres ne concernent que l’arrière-pays. Certes, Bangui et le Sud-ouest sont relativement épargnés par la violence, mais les conséquences de la sécheresse cette année sont telles que certains quartiers entiers de la capitale ont été privés d’eau potable. Et en dépit d’améliorations dans l’approvisionnement d’électricité, le « délestage » (rationnement par quartier) continue d’être à l’origine de nombreuses coupures… Sauf peut-être pour certains quartiers aisés curieusement épargnés. Détournement de fonds, problèmes de gouvernance, malversations électorales: il ne se passe pas une journée sans que les ondes des radios captées au fond de mon trou ne m’apportent des informations négatives sur la société centrafricaine. Certes, les médias respirent un peu mieux qu’il y a certaines années, et le milieu associatif est vivace et imaginatif.

Mais le pouvoir joue le chaud et le froid, et il est toujours aussi dangereux de l’attaquer de front. Quelques journalistes en ont encore récemment fait les frais. Et si certains dossiers judiciaires ont avancé au niveau international, les victimes des crimes commis en 2003, paient encore aujourd’hui encore le prix de la réconciliation nationale.

Oublié de tous, privé du soutien des bailleurs de fonds en raison des violences et de la corruption, mon pays s’enfonce dans une crise particulièrement difficile. A dire vrai, il y a toutes les raisons de le penser, mais il y a quelques semaines une information de radio Ndeke Luka m’a redonné espoir. Si longtemps négocié et attendu, le programme « Désarmement-Démobilisation-Réinsertion » (DDR) semble commencer à porter ses fruits.

L’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) de l’ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth aurait ainsi accepté de déposer les armes et d’autres mouvements de rébellion nationaux se disent prêts à lui emboîter le pas. Par ailleurs, le combat contre la LRA (Armée du Résistance du Seigneur) de Joseph Kony – qui a reçu cette année le soutien non négligeable de l’armée américaine – pourrait se terminer par une victoire, même si cette formation poursuit encore sa cavale meurtrière dans l’Est du pays.

Du fond de ma cave humide et sombre, ces nouvelles m’apportent un peu de réconfort, et je me dis que peut-être, un jour prochain, ce pays pourra rêver à un autre avenir que le mien…

 

http://www.grotius.fr/centrafrique-chronique-du-trone-de-bokassa-1er/

 

 

 

 

Le « baiser de la mort »…

 

par Gaël Grilhot le 1 juillet 2012

 

Bernadette Sayo Nzale tente de ne pas le montrer, mais l’anxiété se lit sur son visage. Il y pourtant déjà deux mois que des hommes en armes sont venus devant la grille de sa demeure. Ils ont tenté d’en forcer l’entrée, en vain. – Qui étaient-ils ? « Nous ne savons pas les décrire avec précision. Selon les voisins, il s’agissait d’hommes habillés en treillis », explique-t-elle avec une voix peu assurée, avant d’ajouter : « mais ici toutes les agressions de ce genre ont lieu avec de tels vêtements ». Pourquoi ont-ils tenté de l’agresser ? A cette question, la réponse est cette fois plus affirmée. « C’est en raison de nos activités au sein de l’association, bien sûr (…) Ces gens savent que si ici ils ne risquent pas grand chose, la Justice internationale elle, peut les rattraper. »

 

Bernadette Sayo Nzale est la présidente de l’Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD), une association de victimes de violences sexuelles qui a beaucoup fait parler d’elles après le coup d’Etat de 2003. Il y a quelques années, Bernadette était en effet considérée comme une égérie, dans le petit monde des médias et du droit international. Son histoire personnelle atroce – elle-même a été violée et son mari décapité devant les yeux de son enfant – et le courage dont elle a fait preuve pour monter son organisation et s’attaquer aux responsables hiérarchiques de ces crimes avaient alors forcé l’admiration.

 

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Militante et ministre : l’association impossible

 

Dans le premier dossier traité par la Cour pénale Internationale, qui concernait les événement survenus en 2002 et 2003, c’est en effet en grande partie grâce aux témoignages recueillis au sein de son organisation, puis transmis à la Cour pénale internationale (CPI), que des inculpations ont pu être lancées. Le procès Bemba, actuellement en cours à La Haye n’aurait ainsi jamais pu avoir lieu sans ce patient travail d’écoute et de relais. Mais les plaintes ne concernaient pas uniquement l’ancien chef de guerre congolais, et les principaux responsables politiques du conflit – dont l’actuel et l’ancien président, François Bozizé et Ange-Félix Patassé –  qui étaient également visés. Et très rapidement, à la faveur du processus de réconciliation nationale et d’une loi d’amnistie, les principaux auteurs et supérieurs hiérarchiques impliqués dans ces crimes de masse se sont retrouvé hors d’atteintes de la justice nationale. Dans un rapport publié  (« Déjà-vu : D(é)s accords pour la paix au détriment des victimes », décembre 2008), la FIDH évoquait les conséquences désastreuses de cette impunité: « Ces initiatives (pour la paix) sont  fragilisées par la mise à l’écart de la justice pourtant socle essentiel du règlement des conflits: l’impunité donne un blanc seing aux criminels pour commettre de nouveaux crimes (…) favorise la répétition des violations des droits des victimes et le désaveu envers l’institution judiciaire. » Déjà marginalisées, les victimes se sont senties plus menacées que jamais, alors que nombre de leurs bourreaux des deux camps se retrouvaient à des postes de l’administration, ou dans les forces armées. A plusieurs reprises, Bernadette Sayo Nzale a été alors menacée de mort, et elle a même dû quitter le pays avec sa famille pendant un temps.

 

Mais c’est à son retour, que le coup le plus rude est certainement venu, qui s’est présenté sous forme d’une offre de travail pour le gouvernement. Bernadette Sayo s’est en effet vu proposé de prendre le poste de ministre du Tourisme et de l’Artisanat au sein du gouvernement. Un « baiser qui tue », et qui a abouti à son entrée au gouvernement en janvier 2008, après consultation de son organisation. « Nous avons organisé une très grande réunion avec toutes les victimes  explique-t-elle, et nous avons beaucoup discuté pour savoir si je devais ou non accepter. Il y en avait beaucoup qui étaient contre, parce que les anciens dignitaires et auteurs des crimes étaient également au gouvernement. Mais au final, nous avons accepté pour tenter de faire faire bouger les choses de l’intérieur ». Si elle affirme que sa position a aidé à faire accepter la parole des victimes, elle reconnaît qu’il y a eu des moments difficiles, comme au moment du Dialogue politique inclusif. « Puisqu’il y avait un consensus autour de la table, je me suis tue, mais ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais été d’accord avec l’amnistie (…) pour moi, ce qui comptait, c’est que la société civile soit autour de la table ».

 

Comme il fallait s’y attendre, ce nouveau statut a eu d’autres effets au niveau international. « Si cela n’a rien retiré à la qualité du travail effectué par l’OCODEFAD,  il nous était devenu difficile de discuter de la même façon qu’auparavant avec une personne qui était devenu un membre du gouvernement », souligne ainsi un responsable d’une ONG internationale». Mais si la  position de Bernadette Sayo a quelque peu été affaiblie auprès de certaines institutions ou organisations, d’autres, comme l’Organisation Mondiale Contre la Torture ou Women’s Intitiatives for Gender’s Justice, ont continué à la soutenir. Car si sa fonction de ministre lui a apporté une plus grande sécurité, elle n’en a néanmoins pas eu fini avec le harcèlement constant de la part des dignitaires visés par les plaintes. « J’ai continué à être agressé et à recevoir des menaces de mort de la part des deux camps lorsque j’étais ministre, témoigne-t-elle.Mon chauffeur a été tabassé et est en exil depuis. Une autre fois, mes enfants ont découvert qu’il y avait quatre personnes armées qui étaient cachées à côté de ma maison. » L’OCODEFAD n’a pas été épargnée et a dû faire face à plusieurs cambriolages. Son coordinateur intérimaire, Eric Kpakpo, s’est même envolé avec la caisse de l’organisation, emportant avec lui de nombreux dossiers concernant des témoins de l’association.

 

Bernadette n’a plus désormais aujourd’hui aucune responsabilité au sein du gouvernement. Elle a repris ses fonctions à la tête de l’OCODEFAD, et si le redémarrage est difficile, l’association semble à nouveau fonctionner correctement, et des programmes sont  financés pour aider les nouvelles victimes de viols, notamment pour héberger des jeunes femmes avec des enfants issus des viols. Car les violences sexuelles ne se sont malheureusement pas arrêtées après les événements survenus en 2002 et 2003. « Dans l’arrièr- pays, dans les zones de conflits, surtout, de nouveaux cas sont signalés régulièrement. Nous avons aujourd’hui plus de trois cent victimes, dont les crimes n’entrent pas dans les compétences des enquêtes menées par la CPI en Centrafrique. »

 

Peu après la tentative d’intrusion à son domicile, Bernadette a dû trouver un endroit plus sûr. Mais son assistante, Edith qui avait prévenu les forces de l’ordre le jour de l’agression, a été suivie dans la rue, interpellée par des inconnus et rouée de coups. Elle est restée cinq jours à l’hôpital. Bernadette a peur, incontestablement, mais  elle se dit prête à « aller jusqu’au bout ».

 

Affaire Bemba : « Beaucoup de victimes sont dans l’attente de réparations »

 

2003 : Après la défaite du camp Patassé, le chef de guerre Jean-Pierre Bemba retourne avec ses troupes en RDC, semant, selon les témoignages recueillis, la désolation sur son passage, appliquant une politique macabre de terre brulée (viols de masse, assassinats, etc…).

 

Devenu par la suite vice-président, puis candidat malheureux à la présidence de son pays, ce dernier a finalement fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la part de la Cour pénale internationale pour les crimes commis en RCA en 2002 et 2003.

 

Arrêté en mai 2008 alors qu’il se trouvait en Belgique, il est transféré à La Haye deux mois plus tard, et son procès débute le 22 novembre 2010. «  Nous avons déjà enregistré 2700 victimes acceptées par la Cour, afin de participer à la procédure », rapporte Mathias Morouba, avocat et défenseur centrafricain des droits de l’Homme, qui suit le dossier pour les victimes. « Il y en a encore 3000 qui attendent que leurs demandes soient examinées par les juges de la CPI. » Mais le procès traîne en longueur, or pour les victimes, il y a urgence. « Beaucoup sont déjà mortes, et nous avons rencontré récemment  des victimes souffrantes, trop pauvres pour se faire soigner » s’inquiète ainsi Mathias Morouba. Selon lui, « beaucoup de victimes ont tout perdu lors des pillages systématiques organisés par les troupes de Bemba, et elles sont dans l’attente de réparations, pour tout ce qu’elles ont vécues. »

 

En dépit de nombreuses sollicitations de la part des organisations de défense des droits de l’Homme, aucun autre mandat d’arrêt n’a pour le moment été délivré par le procureur pour ce qui concerne les faits commis en 2002 et 2003. Le 5 avril 2011, l’ancien présidentAnge-Félix Patassé, également visé dans le cadre de l’enquête, est ainsi décédé sans avoir jamais été jugé pour les crimes qui lui étaient reprochés.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:53

 

 

 

 

 

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http://www.grotius.fr par Gaël Grilhot le 1 juillet 2012  

En Centrafrique, l’histoire récente de la presse écrite indépendante se confond souvent avec celle de  Maka Gbossokoto, directeur de publication du Citoyen. Aujourd’hui reconnu et loué par ses pairs, « Monsieur Maka » est également de plus en plus contesté pour cette position particulière qu’il a réussi à se créer au fil des ans.

Kpetene signifie « celui qui fuit la parole » en Sango. Un jour, un homme sage excédé par l’agitation de la ville, est venu s’exiler dans un bois proche de Bangui et fût appelé ainsi par ses congénères. Depuis, le bois s’est peuplé et l’ermite n’est plus, mais son nom est resté, désormais associé à ce quartier populaire et toujours très boisé en périphérie de la capitale. Pour rejoindre le siège du Citoyen, il faut donc quitter la petite route de latérite qui entre dans Kpetene à hauteur du « km5 », et s’enfoncer dans un petit chemin bordé de concessions en briques. C’est dans l’une d’entre elles, entourée de hauts murs hérissés de barbelés et d’une grille imposante, que se trouve le siège du Citoyen, un des titres les anciens de la presse indépendante centrafricaine.

Son fondateur et directeur de publication, Maka Gbossokoto, est également le président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA). « Quand il a une idée derrière la tête, il veut aller jusqu’au bout », témoigne son ami et confrère Mathurin Constant Momet, Directeur de publication du Confident, qui loue « sa ténacité, son courage et sa détermination qui ont certainement contribué à la consolidation de la liberté de la presse en RCA ». Présent lors de la création de toutes les structures de régulation des médias centrafricains – et désormais souvent en opposition par rapport à elles, Monsieur Maka est devenu au fil du temps un personnage incontournable dans le paysage politico-médiatique centrafricain. Peut-être l’un des seuls, d’ailleurs, à pouvoir aujourd’hui discuter d’égal à égal avec l’Exécutif.

 Du Capital à la Tortue Déchaînée

Rien ou presque ne destinait pourtant  Monsieur Maka à devenir le chef de file des journalistes centrafricains. Le regard vif et malicieux, la barbe blanchie par la soixantaine, il évoque facilement les années, où il enseignait la philosophie en Côte d’Ivoire. De l’idéologie marxiste-léniniste qu’il partageait alors, il dit retenir aujourd’hui « la méthode qui [lui] permet de mieux analyser la situation économique et sociale. Une façon d’appréhender les événements en s’en détachant et en les replaçant dans un contexte plus global ». Mais la principale influence viendra d’une pratique alors courante chez ses homologues ivoiriens. « J’ai été fortement marqué par ces intellectuels qui se sont lancés dans l’agriculture en Côte d’Ivoire.

A mon retour en 1992, j’ai refusé d’intégrer la fonction publique, et me suis lancé dans les plantations de café ». Un Robusta nommé Gbako « qui fait sa force », et pas seulement pour l’énergie procurée par la graine caféinée. Ses quelques cinquante hectares de caféiers du côté de Mbaïki; dans la région de la Lobaye (Sud-Ouest), lui permettent en effet de « rester indépendant et de pouvoir résister à toute forme de tentation financière. » Une qualité rare, dans ce pays, et qui lui sera utile plus d’une fois. « Il est le seul qui a compris que pour faire bouger les choses, il faut de l’énergie, mais aussi des moyens et il lui est arrivé de payer  de sa poche », explique ainsi Pascal Chirha, coordinateur à Bangui de l’institut Panos Paris. C’est également à cette période qu’il se rend compte de l’état désastreux de la presse centrafricaine. Une presse partisane et d’opinion pour la plupart des titres, et quelques journaux privés « truffés de fautes d’orthographe et d’autres erreurs de formes ».

L’absence de formation des journalistes, la multiplication des articles d’opinion et les accusations – souvent sans preuves – lancées à l’encontre des autorités créent d’importantes tensions entre le pouvoir et la presse. Il décide de lancer son propre hebdomadaire satirique, la Tortue déchaînée. Les Centrafricains apprécient, et le journal « marche très bien », mais beaucoup de ses proches lui conseillent rapidement de passer à une publication quotidienne et d’adopter un mode plus sérieux. Le Citoyen est alors né. Il fonctionne dans un premier temps sans annonceurs « toujours par souci d’indépendance », mais peu après, et notamment sur les conseils répétés de Reporters Sans Frontières (RSF), Monsieur Maka accepte d’y insérer des encarts publicitaires.

 Ordonnance 005/02

Vient l’époque des grandes batailles pour la liberté de la presse en Centrafrique. Aujourd’hui, M. Maka sourit de ces anecdotes qui foisonnent, comme lorsqu’il se faisait poursuivre dans les rues de Bangui par le Général Ndjadder, alors Directeur de la sécurité présidentielle d’Ange-Félix Patassé. Ou encore lorsque ce mutin est venu le voir à son bureau pour le menacer de mort s’il continuait à écrire ses articles. « Je lui ai répondu, en le regardant droit dans les yeux, comme on me l’a appris au petit séminaire lorsque j’étais enfant : « Ces armes, ce sont les vôtres ou  celles du peuple ? » ».  Le mutin s’est calmé et a accepté un café. « Deux jours plus tard, poursuit M. Maka en éclatant de rire, il est revenu me dire que le café avait été vraiment trop fort et qu’il n’avait pas réussi à dormir depuis ».

Le bras de fer avec le gouvernement s’est poursuivi durant toute l’ère Patassé, où les textes législatifs concernant la presse se succèdent, tous plus liberticides les uns que les autres. Après le coup d’Etat de 2003, il se poursuit avec le nouveau président en place. « Je me suis mis à dénoncer la gabegie, la prédation d’un parent de Bozizé, qui était alors directeur général de l’ENERCA (agence nationale d’électricité). Il piochait dans les caisses, et nous l’avons dénoncé avec preuves à l’appui. Et c’est là où l’on m’a trainé devant les tribunaux, arrêté, puis emprisonné ». Pendant un mois, il est effectivement détenu à la « maison blanche », le quartier VIP de la prison de Ngaragba. La mobilisation de la profession et des ONG internationale ne faiblit pas cependant. Et une fois libéré, M. Maka entreprend de négocier le texte fondateur de la liberté de la presse en Centrafrique. « Nous avons été aidés par le Conseil National de Transition (CNT),  se remémore-t-il, qui était alors composé de nombreuses personnes de l’opposition et de la société civile, et à la tête duquel il y avait Maître Tiangaye, alors président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme. « Selon ce texte, adopté en 2005, aucun journaliste ne devrait théoriquement risquer la prison pour ses écrits ».

L’avenir de ce texte, appelé « ordonnance 00502 », est aujourd’hui fortement compromis. Sous prétexte de vouloir y inclure les médias numériques, le gouvernement menace de le rendre caduque. Déjà, plusieurs journalistes qui s’étaient attaqués à des proches du pouvoir, ont été arrêtés et condamnés ces derniers mois à des peines de prison ferme, à de lourdes amendes, ainsi qu’à une fermeture de leurs journaux. La Justice contourne en effet l’ordonnance en poursuivant les journalistes pour « appel à la haine », une charge passible d’une peine de prison. M. Maka ne nie pas que les journalistes condamnés n’avaient pas commis des erreurs, « il y a certainement eu diffamation ou injure, mais certainement pas “incitation à la haine” ». Avant d’ajouter furieux : « le problème est que  les juges sont de plus en plus manipulés par l’exécutif ».

Passer la main

Le temps a passé, depuis la création de la Tortue Déchaîné, mais les problèmes demeurent à peu près les mêmes au sein de la presse écrite centrafricaine. En 2009, un département de journalisme a bien été créé au sein de l’Université de Bangui, et il a accueilli avec soulagement le programme de formation mis en place conjointement par l’université et l’institut Panos. Mais dans l’ensemble, il admet que la profession reste peu formée, et « commet encore des erreurs », en accusant sans preuves. Lui-même d’ailleurs se transforme à l’occasion en tuteur, pour les courageux jeunes journalistes qui souhaitent travailler avec lui. Courageux, car Monsieur Maka n’est pas un tendre. « C’est une formation à la dure, reconnaît Eddy Doualli. Nous travaillons jusque tard dans la nuit pour avoir les dernières informations, alors que d’autres publications ferment parfois leurs bureaux à 17h ou 18h. » Avant d’ajouter : « Monsieur Maka assure la relecture et la correction de tous les articles, afin d’éviter d’avoir le moindre problème avec les autorités. Même si le journal reste critique. »

Planteur, journaliste, leader syndical, cela fait beaucoup pour un seul homme. D’autant que certaines critiques concernant la gouvernance démocratique de l’UJCA commencent à poindre. Pour Pascal Chirha, le problème se pose ainsi  : « L’Assemblée Générale  ne s’est pas tenue depuis plusieurs années, alors même que Maka en est à son deuxième ou troisième mandat, regrette-t-il. Ce sont des choses qui mettent un peu en cause la dynamique qu’il a lui-même développée. Je pense que c’est quelqu’un qui se sent aujourd’hui tout seul aux commandes.  Il a beaucoup donné, et il a besoin aujourd’hui d’être relayé. » Pour Mathurin Constant Momet, M. Maka cèdera sa place un jour, mais « il n’a pas encore trouvé la bonne personne pour assurer la continuité. Il lui faut trouver quelqu’un qui ne puisse pas être récupéré par le pouvoir. »

Monsieur Maka n’élude pas la question et même s’il ne se fixe aucune échéance, il sait que le temps approche où il devra passer la main, pour se consacrer peut-être un peu plus à ses plantations. Déjà, il tente de s’y rendre « au moins une fois par semaine ». Il demeure injoignable sur son téléphone portable parfois pendant plus de deux jours. Au milieu de ses caféiers, loin des tumultes de la vie politique, lui aussi semble alors choisir de « fuir la parole »…

 

http://www.grotius.fr/marx-la-tortue-dechainee-et-le-cafe-robusta/

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:50

 

 

 

 

 

un journaliste centrafricain en formation de linstitut pano

 

 

 

http://www.grotius.fr  par Gaël Grilhot le 15 juillet 2012

Entretien avec Pascal Chirhalwirwa, responsable du bureau de l’Institut Panos Paris en Centrafrique : « les bailleurs et les opérateurs doivent harmoniser leur stratégie de coopération dans le secteur des médias »…

Gaël Grilhot : Les bailleurs de fonds privilégient plutôt le développement des radios, et notamment des radios communautaires. Comment expliquez-vous cette différence de traitement par rapport à d’autres médias, notamment la presse écrite ?

Pascal Chirhalwirwa : Il est vrai qu’il y a un sérieux problème en matière d’appuis à la presse centrafricaine. C’est un secteur qui  n’attire pas du tout les bailleurs. Je pense que ceux qui s’y sont essayé n’ont pas eu les résultats attendus et se sont découragés. Les opérateurs ont finalement tourné leur intérêt vers la radio, en tenant compte de son impact rapide, de son contact direct avec la population. La presse écrite, en outre est plus centrée à Bangui, et n’a donc pas un impact visible au niveau national. C’est une presse qui s’appuie généralement sur des questions politiques, une presse d’opinion qui n’attire pas l’intérêt des bailleurs. Ils ne la considèrent pas comme un vrai acteur de  développement. Leur intérêt est en effet de voir quelles sont les initiatives qui peuvent permettre au pays de démarrer le développement le plus rapidement possible, de contribuer à la culture de la paix etc. Or pour ces bailleurs, la presse écrite n’offre pas encore toutes ces garanties. Il s’agit encore d’un secteur peu ou pas structuré. Les radios sont fragiles, elles aussi, mais elles ont l’avantage d’être plus proches de la population, dans un pays qui a un taux d’analphabétisme très élevé. C’est surtout là où se fait la différence  pour les bailleurs.

G.G : Que devrait faire les bailleurs pour renforcer les capacités des médias ?

P-C.C : Je crois qu’il là y a une petite hypocrisie de la part des différents acteurs. Beaucoup ont développé des programmes de soutien aux radios communautaires par exemple, mais sans penser à mieux structurer et organiser le secteur des médias. Or c’est avant tout dans ce domaine qu’il faudrait que la priorité soit mise, avant d’exiger que les médias ne deviennent un acteur réel au service du développement. Le travail effectué par Panos aujourd’hui se situe d’ailleurs dans cette optique. Tous nos partenaires, l’Union européenne, Cordaid, l’ambassade de France sont des bailleurs qui ont compris cette nécessité. Bien évidemment, il faut travailler sur tous les fronts : structuration, renforcement des compétences des journalistes, traiter les questions liées au développement ou aux droits  de l’Homme, au VIH/SIDA, à la corruption etc. Mais il faut que les bailleurs et les opérateurs harmonisent leur stratégie de coopération et mettent en place un plan  bien défini.

G.G : Quel bilan dresser du Projet de formation pratique sur le journalisme sensible aux droits de l’homme (ProPraj DH) ?

P-C.C : Le projet ProPraj est un petit projet mais qui a vite eu un impact . Il répondait à un réel besoin dans ce pays. Le département de journalisme de l’Université de Bangui a été lancé en 2009, mais il a eu du mal à démarrer, surtout sur le plan de la formation pratique. L’UNESCO, qui avait contribué au lancement, avait des difficultés financières pour continuer dans toutes les dimensions de l’enseignement. Et donc le projet PROPRAJ, qui a rapidement été connu sous le nom du journal des droits de l’Homme Kôngô Ti Doli, est venu à point nommé, pour donner une dimension pratique. Néanmoins, le projet est aujourd’hui dans sa dernière phase, alors que l’Université a un caractère permanent. Donc si ce département doit continuer, il faut pouvoir envisager de le pérenniser. Panos a installé tous les dispositifs de base, en équipant notamment le studio radio, qui est désormais opérationnel. Lors de la dernière session, nous avons également lancé un programme de web journalisme pour sensibiliser les stagiaires à ce nouveau type de médias. Nous avons recruté le chargé de suivi, légalement pris en charge, par l’Université, qui a toutes les capacités à continuer ce programme. Si l’Université lui alloue les moyens nécessaires, il sera en mesure de le piloter.

G.G : Quel a été l’impact de Kôngô Ti Doli ?

P-C.C : Il ne se limite pas seulement au niveau pédagogique pour le petit groupe de stagiaires formés, mais s’étend au niveau du public, parce que c’est un produit qui a apporté une certaine nouveauté dans le paysage médiatique centrafricain, au niveau de la forme comme au niveau du contenu. La version papier a en effet été encartée dans les principaux titres de la presse centrafricaine, ce qui a permis aux lecteurs, mais aussi aux journalistes des différentes rédactions de se familiariser avec une autre façon – non partisane – d’aborder l’information liée aux droits de l’Homme. Nous avons reçu aussi les responsables des médias qui ont participé à ce programme, et tous nous ont confirmé que les journalistes qui y avaient participé, ont apporté pas mal de changement dans leur manière de traiter les informations au niveau de leur rédaction. Et ça, je crois que le public en avait besoin, nous avons d’ailleurs reçu de nombreux témoignages en ce sens. De la même manière, l’émission radio créée en parallèle au journal de presse écrite est passée en boucle sur Radio Ndeke Luka, et nous avons reçu de nombreux échos positifs.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:44

 

 

 

 

J-D-Dengou.jpg

Mercredi, 25 Juillet 2012 14:23

Les conseillers économiques et sociaux de la République Centrafricaine renforcent leurs capacités à Bangui. Ils sont en formation  ce 25 juillet 2012 sur « le principe de fonctionnement d’un conseil économique et social, cas du Conseil Economique et Social de France ».

Ils sont plus de 50 personnes à participer à cette séance d’apprentissage. Le Directeur de Cabinet du Conseil Economique, Social et Environnemental de France, Christian Leroux déclare que la présente formation s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle forme de partenariat entre le Conseil Economique et Social centrafricain et celui de la France.

« C’est une décision de la Direction du conseil Economique et Social de la France qui a décidé de travailler étroitement avec le continent africain pour renforcer ses coopérations bilatérales. Pour cette première expérience, nous avons choisi la République Centrafricaine à la demande du bureau du CES de Centrafrique », explique Christian Leroux.

Le formateur français précise ensuite que ces conseillers vont se familiariser avec « les principes de fonctionnement d’un CES pour la réalisation des rapports des avis et des conseils qui sont à fournir au Gouvernement et au parlement.  Voir aussi comment l’Assemblée peut travailler en même temps sur le dialogue social, le dialogue, culturel, le dialogue sociétal et le dialogue académique ».

Cette formation se déroule su siège du Conseil Economique et Social à Bangui. Elle intervient en prélude à la deuxième session ordinaire du CES qui se tiendra à Bangui du 1er août au 14 septembre 2012.

 

NDLR : Le Conseil Economique et Social de la RCA a fait honte lorsque Bozizé avait donné l’ordre à ses services de sécurité de dépecer son  Vice-président Jean Daniel Dengou gérant d'ADMN qui a dû finalement quitter précipitamment le pays pour se mettre à l’abri en France. Il n’y eut pas de la part du CES centrafricain le moindre communiqué d’indignation et de condamnation de la chasse à l’homme qui fut lancée contre lui jusqu'à ce jour.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:38

 

 

 

Réseau des journalistes pour les Droits de l’homme en République Centrafricaine (RJDH-RCA)

Bangui : MSF lutte contre le paludisme et autres maladies dans le sud-est

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Bangui, 25 juillet 2012 (RJDH) – La question du paludisme, des infections respiratoires, de la diarrhée  et la formation des agents de santé communautaires, a été au centre des activités de la mission d’une équipe de l’ONG Médecin Sans Frontière (MSF), basée à Mboki, d’après un communiqué reçu du service de communication de cette organisation.

Cette équipe MSF de Mboki a sillonné la préfecture du Haut- Mbomou (sud-est) pour sensibiliser la population sur ces différentes maladies. Le déplacement a permis également d’assurer la prise en charge des personnes atteintes du paludisme et de chercher à connaitre les causes de cette maladie qui sévit dans le sud-est de la République centrafricaine.

A cet effet, des agents de santé communautaire des communes de Zémio, de Mboki et de Djéma ont été formés à la prise en charge de ces maladies, car ces communes ne disposent pas de structures sanitaires et des personnels soignants.

« Dès notre arrivée à Mboki, nous avons constaté que l’hôpital était presque abandonné. Il n’existait aucune structure sanitaire. Il y a aussi un manque de produits de première nécessité pour les personnes souffrant du paludisme, des infections respiratoires et de la diarrhée », a expliqué Claude Bitaronga, infirmier de MSF de Mboki.

Ces agents de santé communautaire formés par MSF, auront pour tâche de sillonner les quartiers, les villages, les marchés et aussi des églises afin de sensibiliser la population à se faire soigner à l’hôpital en cas de syndrome de cette maladie.

« Nous essayons de sensibiliser les femmes enceintes sur les complications qui peuvent arriver lors des accouchements à la maison, et sur la conduite à tenir pendant la grossesse. Nous sillonnons tous les quartiers de Mboki pour faire la sensibilisation. Parfois nous nous rendons aussi dans des églises  le dimanche pour sensibiliser les gens », a déclaré Paul Nicaise Sadouyo, agent de santé communautaire dans le projet de MSF à Mboki.

Berberati : Le soin des petits en danger à l’hôpital

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Berberati, 25 juillet 2012 (RJDH) – Les agents de santé de l’hôpital préfectoral de Berberati ont refusé de travailler, depuis le  lundi 23 juillet,   pour des raisons de conflit de compétence et d’intérêt ; ce qui joue sur la prise en charge des enfants malades.

« La plupart des infirmités des enfants de la sous-préfecture de Berberati sont liées à des mauvaises ou non-respect des techniques de soin par le personnel. Certains infirmiers ne savent pas faire des injections. Ce qui cause des cas d’infirmité chez les petits enfants », a souligné un infirmier qui a requis l’anonymat.

Pascal Doé, président du conseil de gestion de l’hôpital de Berberati et Rémy Fédangamon, préfet de la Sangha Mbaéré, sont en train de chercher à résoudre le problème, pour que les activités reprennent.

 

Mbaïki : Pénurie de sucre sur le marché

 sucre

 

Mbaïki, 25 juillet 2012 (RJDH) – La pénurie de sucre remarqué à Bangui affecte aussi la ville de Mbaïki (sud), chef-lieu de la préfecture de la Lobaye.

Les informations recueillies par Radio Songo révèlent que les quelques rares boutiques qui en disposent ont augmenté les prix. Sur deux magasins visités,  1 kilogramme de sucre coûte 1200 FCFA au lieu de 800 FCFA.

Un consommateur qui a requis l’anonymat s’est plaint de la hausse du prix et s’est interrogé si le respect de l’arrêté de gel de prix des produits de première nécessité du ministère du commerce.

«Quelle disposition  prendre pour que la mesure prise par le ministère du commerce puisse être appliquée, afin de permettre aux Centrafricains d’avoir des produits de première nécessité à prix abordable ? », s’est-il interrogé.

Bangui : Les correspondants communautaires du RJDH en formation

 un journaliste centrafricain en formation de linstitut pano

 

Bangui, 25 juillet 2012 (RJDH) – Au total 16 correspondants du Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH), venus de l’intérieur du pays prennent part, depuis le lundi 23 juillet, à un atelier de formation sur « le correspondant en état d’alerte ».

Initié  par l’ONG internationale Internews, cet atelier de cinq jours vise à « maintenir en état d’alerte les correspondants du RJDH, afin de  recueillir les informations (humanitaires et des droits de l’homme) pour le réseau », a fait savoir  Roger Clavet, chef du programme d’Internews qui assure la formation.

Selon lui, ces correspondants auront à  aiguiser leurs outils de collecte. Et comme ils sont les yeux et oreilles du RJDH dans leurs localités respectives, « nous pensons qu’une telle formation pourra développer chez eux des réflexes pour sélectionner les éléments d’information les plus signifiants de leurs communautés », a-t-il indiqué.

Evrard Bondadé, secrétaire général de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH), invité pour présenter les activités de son organisation en matière de défense et de protection des droits de l’homme a fait savoir que le but de tout ce travail commun est d’améliorer les conditions de vie de la population en luttant contre toutes les formes de violation de  ses droits.

Il a aussi rappelé aux correspondants l’importance de  la neutralité dans leur travail quotidien, la vérification des informations avant la diffusion, mais aussi la rapidité dans la publication de l’information. Car une information qui arrive à temps peut permettre de sauver des vies, a-t-il ajouté.

Il faut signaler que cette formation qui regroupe les correspondants venus des localités où il n’y a pas de radios communautaires, est la deuxième après celle qui a eu lieu d’avril à mai à Bambari.

Rappelons qu’en dehors de onze radios communautaires avec lesquelles il travaille, le RJDH dispose également d’un réseau de correspondants communautaires dans des zones dépourvues de radios communautaires. Ceux-ci contribuent à la recherche des informations humanitaires et des droits de l’homme à travers le pays.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 17:01

 

 

 

 

 

CEMAC chefs

 

APA-Brazzaville (Congo) 2012-07-25 14:29:05 - Le Président congolais, Denis Sassou N’Guesso a appelé, mercredi à Brazzaville, ses pairs de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) à mobiliser davantage leurs ‘’énergies’’ et leurs ‘’intelligences’’ dans le but de ‘’propulser plus en avant’’ l’instance sous-régionale ‘’sur la voie de l’intégration et de la prospérité partagée’’.

''L’intégration est le catalyseur de nos opportunités et le levain de notre progrès collectif. Elle est le moyen le plus sûr qui permettra à notre sous –région de s’approprier son destin. La responsabilité nous incombe donc, au cours des présentes assises, de mobiliser davantage nos énergies et nos intelligences pour propulser plus en avant encore notre Communauté sur la voie de l’intégration, la voie de la prospérité partagée’’, a notamment déclaré le Président N’Guesso à l’ouverture de la 11-ème Session ordinaire de la CEMAC.

Denis Sassou N’Guesso a passé en revue les grands axes de débat de cette 11ème Session qui devraient concourir à permettre une intégration effective et rendre les économies de la CEMAC plus performantes.

Parlant à ce propos du passeport biométrique, il a relevé qu’il est ‘’un instrument qui va indubitablement accroitre la mobilité des populations au sein de la Communauté, la nouvelle politique communautaire des transports, la mise en œuvre du Programme économique régional (PER qui va s’étendre jusqu’en 2025) et devrait entrainer une transformation profonde des économies de la sous-région’’.

Pour sa part, le président sortant de la Commission d’organisation de la CEMAC, Antoine Ntsimi s’est réjoui du bilan de son mandat avant de félicité les chefs d’Etat de la CEMAC pour leur engagement pour l’intégration de la sous –région.

 La CEMAC, a été créée en 1994 sur les cendres de l’UDEAC. Six chefs d’Etat ont pris part à l’ouverture de sa 11ème Session ordinaire : François Bozizé de la Centrafrique, Obiang Guéma de la Guinée Equatoriale, Idriss Deby Itno du Tchad ,Paul Biya du Cameroun, Ali Bongo du Gabon et Denis Sassou N’Guesso du Congo.

 

 

Réunion à Brazzaville des chefs d'Etat d'Afrique centrale

http://www.lesechos.fr 25/07 | 18:23

La onzième session de la conférence des chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) s'est ouverte mercredi à Brazzaville pour discuter notamment d'un rapprochement boursier et de la création d'une compagnie aérienne régionale.
Les présidents des six pays membres de la communauté créée en 1999 étaient présents: François Bozize de Centrafrique, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Paul Biya du Cameroun, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Idriss Deby Itno du Tchad, et le Congolais Denis Sassou Nguesso, hôte du sommet.

Selon un membre du comité d'organisation, les Chefs d'Etat devraient débattre du rapprochement entre la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC, basée à Libreville) et le Douala Stock Exchange.

Le président congolais a invité ses homologues à "aller plus loin dans le processus de rapprochement des deux places boursières, comme l'exige de nous la Banque africaine de développement (BAD)".

La désignation d'un nouveau président de la Commission de la CEMAC pour remplacer le Camerounais Antoine Nsimi, la mise en place d'un passeport biométrique et la création d'une compagnie aérienne Air CEMAC sont également à l'ordre du jour.

"Les difficultés de transport en zone CEMAC font que le transport aérien occupe une place prépondérante dans les échanges commerciaux et les mouvements des personnes", a souligné Antoine Nsimi, selon qui le capital de cette compagnie "est déjà constitué, le siège est fixé à Brazzaville et la constitution juridique de la compagnie est effective depuis le 19 novembre 2010".

Les ministres des Transports de la sous-région ont désigné la compagnie Air France comme partenaire technique de cette compagnie.

Les six pays de la CEMAC, dont la monnaie commune est le Franc CFA, représentent un marché de plus de 30 millions de consommateurs. Tous ses Etats membres sont producteurs de pétrole à l'exception de la Centrafrique.

Ils font partie du Bassin du Congo, le deuxième massif forestier tropical de la planète après l'Amazonie. Nombre de leurs habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

 

 

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:41

 

 

 

 

 

bouchers en grève

Mercredi, 25 Juillet 2012 14:24

Il suffit de faire le tour de certains ménages voire des marchés de Bangui pour se rendre compte d’une crise alimentaire sans précédent. Les plaintes fusent de partout : plus personne, du moins les familles moins nanties ne peuvent plus manger à leur faim.

Une pénurie généralisée de la viande de bœuf constatée sur les marchés banguissois. Une pénurie occasionnée par la grève enclenchée depuis 4 jours par les bouchers de Bangui.

Ces derniers exigent de meilleures conditions de travail, notamment le jumelage des marchés à bétail de PK 45 route de Boali (nord de Bangui) et PK 22 route de Damara (nord de Bangui). Ils dénoncent par la même occasion le racket dont ils font l’objet de la part des forces de défense et de sécurité.« J’ai de la peine à remplir mon panier à cause de cette pénurie de la viande de bœuf qui se répercute sur les autres denrées alimentaires. Si bien que les membres de ma famille ne peuvent plus manger à leur faim », explique ce 24 juillet 2012, à Radio Ndeke Luka, une mère de famille rencontrée au Marché Central de Bangui.

A titre d’exemple, précise-t-elle, « le prix du poisson frais jadis vendu à 5 000 est passé à 7 000 francs CFA. Même les bottes des légumes sont revues ».Justement à propos des légumes, les vendeuses de ces produits issus du maraîchage affirment connaitre une mévente de leurs marchandises. Une situation provoquée par la pénurie de la viande de boeuf. Au marché Combattant situé dans le 8ème arrondissement  de Bangui, ce sont les tas des chenilles qui passent de 100 à 200 ou à 500 francs CFA. Difficile d’ailleurs d’en trouver en quantité suffisante, indique un consommateur. Cette vague de crise alimentaire n’épargne pas aussi le secteur des vendeuses de la viande boucanée. Au Marché PK12 (sortie nord) par exemple, nombreux sont les clients qui se plaignent de la hausse du prix de ces aliments très prisés. Selon les reporters de Radio Ndeke Luka qui sillonnent la ville, même les supers marchés ne disposent plus de stock des poissons de mers. Ces aliments ont  d’ailleurs vu leur prix augmenté.

Entre les bouchers et les autorités, l’heure est aux âpres négociations. Des négociations pour rétablir de l’ordre dans ce secteur. Toutefois, aux dernières nouvelles, les bouchers en colère ont mis ce mercredi de l’eau dans leur vin. Ces derniers ont décidé de reprendre le travail dès 26 juillet 2012.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:36

 

 

 

 

 

restaurant-universitaire-de-Bangui.jpg

Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Juillet 2012 14:27

Les étudiants de l’Université de Bangui qui déjeunaient ce mercredi matin au restaurant universitaire ont été surpris par une pluie de pierres provenant d’une bande de jeunes non identifiés. L’incident s’est produit  aux environs de 4 heures du matin, indique un élément de la garde présidentielle témoin des faits.

L’accrochage entre les étudiants et leurs agresseurs a duré environ 5 minutes avant que les envahisseurs ne puissent prendre la fuite. L’un des assaillants est blessé à la tête tandis qu’un autre, mineur de 16 ans est sauvé des mains des étudiants après avoir pris refuge chez des éléments de la garde présidentielle (GP) qui jouxtent le campus universitaire.

Les étudiants qui ont repoussé l’attaque surprise de leurs offenseurs grâce à leur effectif, laissent entendre que les agresseurs «  détiennent des armes blanches notamment des frondes, couteaux, flèches et 2 pistolets à feu. Mais les armes n’ont pas été utilisées et ils ont préféré battre en retraite ».

Selon le président  du nouveau bureau exécutif de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains ANECA, Fleury Pabandji, « c’est la coalition perdante de Stéphane Youfeïgan, étudiant à l’Université de Bangui, qui a engagé des jeunes des quartiers Boy Rabe, Combattant et Miskine contre le personnel du restaurant universitaire ».

Le militaire témoin qui a pu ensuite mettre la main sur l’un des agresseurs, explique à Radio Ndeke Luka ce qu’il a pu constater avant les accrochages. « C’est très tôt ce matin quand je me levais pour faire ma prière que, j’ai vu non loin de moi, un premier groupe de jeunes rentré dans la concession de l’Université. Peu après, le dernier groupe est venu.  Etant militaire, je les ai trouvé suspects, je me suis rapproché d’eux pour des vérifications et ceux-ci m’ont fait comprendre qu’ils sont une jeunesse chrétienne dit  des ‘’ flambeaux ‘’. Puisqu’ils ont brandi le nom de Dieu, je leur ai dis de vaquer à leurs occupations mais sous notre contrôle. Moins d’une heure, j’ai écouté des bruits et un jeune homme fuyait dans notre direction», raconte ce porteur de tenue.

Interrogé, le présumé commanditaire, Stéphane Youfeïgan, nie toute implication dans l’incident qui a eu lieu au campus «  j’étais à la place mortuaire ce matin. Je n’ai pas participé à une manifestation quelconque sur le campus. C’est plutôt les étudiants qui se sont autoproclamés membres du bureau actuel qui perturbent la quiétude sur le campus ».

Le jeune Romano récupéré par les GP basés au poste des 14 villas, juste à côté de l’Université, affirme que c’est « Stéphane Youfeïgan qui nous a fait venir pour lancer des pierres sur les étudiants et le restaurant. Nous sommes plus de 50 jeunes.  Il ne m’a pas encore dit combien il va me donner, mais pour les autres c’est 1000 FCFA (soit 1 euro 50)».

Pour que le coup soit parfait, les agresseurs ont dans la nuit du 24 juillet « pris du chanvre indien sur instruction de leur recruteur » ajoute le jeune homme devant une foule d’étudiant et les 3 éléments de la garde présidentielle qui l’ont retenu pour sa sécurité.

Pour le moment, le calme est revenu sur le campus après que les étudiants ont par leurs bravoures mis en débandades les jeunes du quartier engagés pour les attaqués. Le campus est sous control des étudiants » rassure le vice-président de l’ANECA.

Tout porte à croire que c’est la gestion du restaurant universitaire qui se cacherait derrière les motivations associatives de nombreux leaders des étudiants de l’UB. L’incident du jour donne raison à ce que dis Freddy Mapouka, ancien président de l’ANECA, « pour de petites considérations, les étudiants centrafricains deviennent toujours imprévisibles et difficiles à maitriser».

Or, ces troubles interviennent juste au moment que l’Université est paralysée par la grève des enseignants qui se poursuit encore. Perturbée par des problèmes post électorales et autres, ces derniers perdent de vue leurs objectifs qui est de bénéficier d’une formation dans ladite institution afin d’avoir quelques garanties pour leur vie future.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:27

 

 

 

 

 

 

hippopotame.jpg

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Juillet 2012 14:26

Des hippopotames ont semé ce 24 juillet 2012 une désolation parmi les agriculteurs de la ville de Bobouin II, village situé à 15 kilomètres de Boali (95 kilomètres nord de Bangui). Il s’agit d’un troupeau d’hippopotames qui a dévasté des champs de : manioc, maïs, courge et arachide.

Selon Simplice-Valère Mbotimalé, chef de cantonnement forestier de la localité qui a confirmé l’information au correspondant de Radio Ndeke Luka, la variation des dégâts causés par ces bêtes est à hauteur de plus d’un hectare. L’ampleur desdits dégâts pourrait réduire le rendement agricole à Bobouin II. Une situation qui contribuerait davantage à une insécurité alimentaire que connait la population.

Les habitants du dit village vivent dans la frayeur ; chacun est terré chez lui de peur d’être agressé. Ils ont d’ailleurs reçu consigne de ne pas s’aventurier dans les zones où circulent ces hippopotames, a indiqué Simplice-Valère Mbotimalé. Face aux plaintes de la population, le cantonnement forestier de Boali a affirmé avoir saisi les autorités concernées pour une conduite à tenir.

C’est à un intervalle régulier que ces hippopotames détruisent des champs dans ces régions. Il y a un, ces animaux aquatiques sauvages avaient dévasté des champs à Lambi (45 kilomètres de Boali).

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