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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 19:41


meeting-Ziguele.jpg

Zig en meeting

 

Du lundi 7 au mardi 15 décembre 2009, à la tête d’une délégation de son parti composée de Gabriel Jean-Edouard KOYAMBOUNOU, Premier Vice Président du Parti et chargé des Affaires Politiques, Jacquesson MAZETTE, Deuxième Vice Président du Parti et chargé des Organes de Base et Superviseur pour la Ouaka, BARROT Claude Rufin, Membre du Bureau Politique, Premier Vice Président du Bureau National du MLJC et Superviseur pour la Basse-Kotto, BINGA BEMBI Michel, Membre du Bureau Politique et Superviseur pour le Mbomou, MBAYE Delphine, Présidente Fédérale MLFC de Bangui I et Membre  du Bureau National du MLFC et El Hadj Amadou WAZIRI, Conseiller Politique National pour la Mambéré-Kadéi, le Président et candidat du MLPC à la prochaine élection présidentielle, Martin Ziguélé  a effectué une tournée marathon de mobilisation, sensibilisation et redynamisation des structures du MLPC qui l’a conduit dans plusieurs villes et localités de l’arrière pays, successivement  dans les préfectures de la KEMO, de la OUAKA, de la BASSE-KOTTO et du MBOMOU.

En ayant ainsi sillonné le pays profond, Martin Ziguélé a pu prendre la mesure de l’immensité des difficultés et problèmes de toutes sortes dus au quasi abandon général de ces contrées du monde rural national qui pour certaines d’entre elles, ne sont pourtant pas si éloignées que cela de la capitale mais dont la détresse vous prend aux tripes.

Déjà à 50 km de Sibut, chef lieu de la préfecture de la Kémo (180 km de Bangui), Martin Ziguélé et sa suite ont marqué un arrêt au village Mabo pour remettre un soutien financier au nom du MLPC au responsable d’une ONG locale qui gère un centre de soins qui lutte contre la malnutrition endémique des enfants en bas-âge. Douze (12) enfants étaient déjà morts de kwashiorkor depuis l’ouverture du centre.

Puisqu’une tournée de Martin Ziguélé est prévue début 2010 dans la Kémo, la Nana-Gribizi et le Bamingui-Bangoran, à Sibut, une séance de travail a pu néanmoins avoir lieu avec le responsable fédéral du MLPC de la Kémo avant que la délégation de Ziguélé ne continue son chemin dans la Ouaka où  un arrêt est observé à Grimari pour une importante assemblée générale des militants présidée et animée par Martin Ziguélé lui-même. Puis ce fut Bambari, capitale de la Ouaka. Le lendemain mardi 8 décembre, le cortège de Ziguélé se rend  à Bakala où une importante assemblée générale de militants s’est tenue. L’accueil des militants et de toute la population était particulièrement enthousiaste. Sur leur chemin de retour vers Bambari, les sections MLPC des villages Yamalé et Togo ont exigé aussi des assemblées générales que Ziguélé et sa suite ont été obligés de tenir  au son des danses et des chansons improvisées.

Le lendemain mardi 8 décembre, arrivée à Malloum, chef  lieu de la commune Ouroudjafou, vaste et importante commune d’élevage. Tenu d’une très importante assemblée générale avant de continuer à Ippy où l’accueil était festif et délirant, avec majorettes à l’entrée de la ville et danses populaires pour accueillir le MLPC.

Retour dans la soirée à Bambari et  le lendemain  mercredi  9 décembre, tenue d’une importante assemblée générale avec les militants et la population. A noter que le bureau sous-fédéral de Kouango a fait le déplacement de Bambari pour rencontrer et participer à l’assemblée générale. La mobilisation des militants MLPC et de la population de Bambari pour cette assemblée générale était très forte malgré le comportement outrageusement provocateur et partisan du maire de la ville qui a cru devoir faire diffuser deux communiqués radio pour dissuader la population de venir à la réunion du MLPC.

Le jeudi 10 décembre, la délégation a quitté Bambari pour une première assemblée générale au village Gbokolobo, puis un important meeting à Alindao qui s’est transformé en fête populaire, avec force danses et chants.

Départ d’Alindao la nuit tombée pour joindre Mobaye où les militants ont attendu tard dans la nuit. Le vendredi 11 décembre au matin, après une visite aux autorités préfectorales de la Basse-Kotto et une descente au barrage sur l’Oubangui, tenue d’un des plus enthousiastes meetings de la tournée : chants et danses populaires suivis d’une grande réception offerte par le Président fédéral Tchabando. Au menu,  poissons frais directement sortis du fleuve Oubangui, cabris braisés et vin de palme « péké » à volonté. Après cette fête, tenue d’une assemblée générale à Kongbo, et Dimbi. Puis arrivée tard dans la nuit à Bangassou, chef lieu de la préfecture du Mbomou, ville du Sultan du même nom.  Le lendemain samedi 12 décembre,  déplacement à Bakouma pour une grande assemblée générale dans la ville de la défunte  Ruth Rolland. La population a demandé à Ziguélé et sa suite de rester passer la nuit mais compte tenu de leur programme très serré, ils sont revenus à Bangassou.

Importante  assemblée générale le dimanche 13 décembre à Bangassou en présence des militants de. de la ville voisine de Rafaï venus à vélo pour y participer et pouvoir rencontrer Martin Ziguélé et sa délégation. Le discours des militants de Rafaï au sujet de leur isolement et celui de leur ville était poignant. Ziguélé leur a promis une visite fin janvier 2010, lors de sa tournée prévue dans  le Haut-Mbomou.

Dès après l’assemblée générale de Bangassou, départ pour Ouango. La route est dans un état indescriptible, avec des ponts emportés par la pluie ou complètement détruits par l’usure du temps. Les populations sont isolées, abandonnées à elles- mêmes et coupées du monde. Arrêt dans trois villages entre Bangassou et Ouango pour assister modestement et compatir financièrement avec les habitants de leur situation désespérée.

Après une assemblée générale dans la ville de Ouango, départ sur Béma. A souligner que sur l’axe Ouango-Bema, nombreux arrêtes pour parler aux populations de tous les villages qui ovationnaient à tout rompre Martin Ziguélé et sa suite.

Lundi 14 décembre au matin, assemblée générale très enthousiaste à Bema avec les militants et la population de la ville. Accueil très chaleureux et fraternel. Après le meeting, départ sur Gambo après deux réunions dans deux grands villages sur l’axe Ouango-Gambo.

Après le meeting de Gambo, départ sur Dimbi pour rencontrer la sous-fédération de Satéma qui était venue y attendre la délégation. Ensuite seconde réunion à Pavika après Kongbo, puis enfin à Nzélété avant de rejoindre Bambari.

Le lendemain mardi 15 décembre, départ de Bambari pour deux derniers meetings aux villages Mandja-Hoto, et Gbakomalekpa, avant de regagner Bangui dans la nuit.

 

Correspondance particulière pour la rédaction de CAP

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 17:53


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Par Vincent Hugeux, L’Express  le 16/12/2009 à 11:55

Dans un entretien recueilli par RFI, l'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara explique son geste. Et livre sa version du carnage du 28 septembre.

Un attentat préventif. Voilà en quelque sorte comment le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, décrit la tentative d'assassinat qu'il a commise le 3 décembre à l'encontre du chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara, soigné depuis lors dans un hôpital militaire de Rabat (Maroc).

Dans l'entretien diffusé ce mercredi par Radio France Internationale (RFI), l'ancien aide de camp du capitaine putschiste tend à confirmer l'hypothèse émise le 8 décembre sur lexpress.fr : c'est bien parce qu'il redoutait de se voir imputer la responsabilité du carnage du 28 septembre -plus de 150 tués dans un stade de Conakry, théâtre d'un meeting d'opposants- qu'il a ouvert le feu sur son supérieur, le blessant selon ses dires à la nuque. 

"J'ai tiré sur lui, indique Toumba au journaliste Olivier Rogez, parce qu'à un certain moment, il y avait trahison totale à mon égard. Il a essayé de (faire) reposer toutes les charges des événements du 28 septembre (sur moi). Il est venu me chercher à Koundara -camp militaire de Conakry, NDLR- avec tout son cortège dans l'intention de m'arrêter".

Après un bref échange, raconte Toumba, joint par téléphone, "j'ai ouvert le feu sur lui". "Il est tombé, je l'ai laissé; son chef des opérations est parti prendre une arme lourde pour tirer sur moi. On a commencé à se bagarrer."

En revanche, l'ex-aide de camp demeure évasif quant aux circonstances de sa fuite, menée à bien en dépit de la présence sur les lieux de l'escorte armée de "Dadis".   

La tuerie du 28 septembre a été planifiée, selon lui

S'agissant de la tuerie du stade, Toumba soutient qu'elle a été planifiée par le patron de la junte. Lequel, assure-t-il, "a fait venir 250 nouvelles recrues du Centre d'instruction de l'Armée de mer, habillées en tenue civile, armée en armes blanches et qui ont causé d'énormes massacres".

Le lieutenant, aperçu sur les lieux de la tragédie par de nombreux témoins, affirme qu'il s'y est rendu "pour sauver les leaders (de l'opposition)". "Ce jour-là tous les corps habillés -forces de l'ordre- se sont mal comportés. Mon adjoint a agressé tous les leaders politiques. Moi-même, j'ai reçu des coups et j'en ai donné aussi à certains militaires, policiers et gendarmes."

L'officier en cavale, qui se cache en un lieu tenu secret, n'a nullement l'intention de sortir de la clandestinité. "Je ne compte pas me livrer, précise-t-il encore dans l'interview recueillie par RFI, parce qu'ils -allusion aux leaders d'une junte conduite aujourd'hui par le ministre de la Défense Sékouba Konaté- ne veulent pas que la vérité soit connue. Ils préfèrent me tuer."


L’aide de camp guinéen admet avoir tiré sur le capitaine Camara

 

Par Reuters, publié le 16/12/2009 à 17:28

 

CONAKRY - Le lieutenant Aboubacar "Toumba" Diakité, ancien aide de camp du chef de la junte militaire guinéenne, a reconnu avoir tiré le 3 décembre sur le capitaine Moussa Dadis Camara par crainte d'être tenu pour responsable du bain de sang du 28 septembre à Conakry.

"Je lui ai tiré dessus parce que (...) Camara a commis un acte de trahison", a-t-il confié à RFI à partir d'un lieu tenu secret.

"Il a tenté de me faire porter l'entière responsabilité de ce qui s'est passé le 28 septembre. C'est cet acte de trahison qui m'a amené à agir", a-t-il dit en faisant allusion à la répression sanglante (plus de 150 morts et de nombreux viols) par les bérets rouges de la garde présidentielle d'une manifestation pacifique de l'opposition.

Dans cet entretien diffusé mercredi, il a nié être l'instigateur de la tuerie du stade du 28 septembre.

Le capitaine Camara, touché à la nuque, a été transféré d'urgence à l'hôpital militaire de Rabat où il se trouve toujours. Il ne s'est pas adressé à ses compatriotes et son état de santé demeure un secret d'Etat en Guinée.

La tentative d'attentat contre le chef de la junte a coïncidé avec la présence à Conakry d'une mission d'enquête des Nations unies chargée de faire la lumière sur la tuerie du 28 septembre. L'Onu doit présenter les conclusions de ses investigations d'ici à la fin du mois.

"Toumba" Diakité a assuré sur les ondes de RFI qu'il comptait rester dans le maquis.

La Guinée, premier pays exportateur mondial de bauxite, est provisoirement dirigée par le ministre de la Défense et n°2 du régime, Sékouba Konaté.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 15:10

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Macotedivoire.info-15/12/2009


La France n’est plus aussi souveraine en Afrique que par le passé. Des îlots de contestation s’érigent dans certains pays du continent qui mettent à mal la toute puissance de l’ancienne métropole.

Pour que la luciole ne se contente pas de tout juste briller, c’est dans l’union que les Africains trouveront les moyens de leur indépendance.


Le premier secrétaire de l’ambassade de France au Togo, Eric Bosc, a été expulsé de Lomé pour activités incompatibles avec sa fonction, selon Lomé. Des sources concordantes font état de ses accointances avec Koffi Yamgnane, ancien député du Finistère et ancien maire de Saint Coulitz et probable candidat à la présidentielle togolaise. Ce qui explique qu’il ait été viré par les autorités togolaises. En réponse, la France a prié un diplomate togolais de regagner son pays. Une sorte de réponse du berger à la bergère qui ne va pas sans dire que quelque chose a changé ou est en train de changer dans les rapports entre la France et certaines de ses anciennes colonies.


En effet des années en arrière, il eût été impensable que cela se produisit. Qu’un pays d’Afrique prenne sur lui de demander le départ d’un diplomate de l’hexagone. Bien avant, le Rwanda était allé jusqu’à rompre les relations diplomatiques avec la France chiraquienne, en guise de protestation contre des mandats d’arrêt qui avaient été émis par le juge Bruguière contre des proches du président Kagamé, dans l’affaire de l’avion abattu du président Habyarimana. Récemment, le ministre guinéen de la Communication, Idrissa Chérif, a ouvertement mis en cause la France dans la tentative d’assassinat de Moussa Dadis Camara. Même s’il a été contredit sur la question par son homologue des Affaires étrangères, pour sans doute sauver les apparences, le fait est que la toute puissance de la France s’en trouve écornée. Du reste, il a réitéré ses accusations après la sortie du responsable de la diplomatie guinéenne.


Ce n’est guère une remise en cause totale de l’influence française en Afrique, mais il convient d’admettre qu’il y a comme une sorte de ras-le-bol de l’Afrique libre contre les pratiques néocoloniales d’un pays qui a fait et défait bien des régimes sur le continent. Certes, ce n’est pas demain la veille que les régimes africains pourraient se défaire de la tutelle française, mais il faut noter que partout en Afrique, le désir de libération est bien réel. Mais pour que cela soit, les pays africains doivent s’en donner les moyens. Comment être indépendant si pour vivre, il faut faire appel à des subventions d’équilibre ?


La Centrafrique vient d’en faire l’amère expérience. Le général Bozizé a récemment essuyé la colère de la France qui a menacé de lui couper les vivres, s’il ne limogeait pas l’Indo-pakistanais Saifee Durbar qu’il avait nommé, le 19 janvier 2009, vice ministre des Affaires étrangères et de la Coopération pour permettre à ce dernier de bénéficier de l’immunité diplomatique, alors qu’il avait été condamné à trois ans de prison pour escroquerie et montages financiers douteux. Non seulement le président centrafricain s’est exécuté, il a même procédé à l’extradition de M. Saifee qui a été aussitôt écroué dès son arrivée en France, à la prison de Fleury-Mérogis en région parisienne. « Comment tolérer, s’insurgeait Paris, qu’un escroc notoire, jugé et condamné comme tel par la justice française, se voit confier le département de la Coopération simplement pour bénéficier d’une immunité diplomatique, alors que la France dépense chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros pour aider la Centrafrique!» Un camouflet qui montre que la plupart des Etats africains ne disposent pas de moyens de contestation de l’hégémonie de la France, un pays qui les aide à boucler leur budget.


Pour ainsi dire, même si les choses bougent, elles sont timides. Mais c’est en étant fortes que les « protonations » africaines s’offriront les moyens de leur indépendance. Celle-ci passe par la construction d’économies fortes. D’où la nécessaire union des pays africains pour faire pièce à la toute puissance des pays occidentaux.


STS

souleymanetsenn@yahoo.fr

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 15:03


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Copenhague : "Un projet d'accord franco-africain"... pour quelle Afrique, quels Africains ?

L'accord franco-africain de Copenhague sera-t-il encore une légitimation internationale de l'alliance séculaire qui unit le (s) locataires de l'Elysée aux tyrans africains (BIYA, DEBY, BOZIZE, SASSOU, BONGO...), que Nicolas Sarkozy reçoit à déjeuner aujourd'hui, mercredi 16 décembre 2009 à 13h00 au Palais de l'Elysée?

Ou alors cet accord visera effectivement à compenser les paysans africains victimes au quotidien de la pollution et de la déforestation occasionnées par l'exploitation anarchique des forêts d’Afrique Centrale par les proches des tyrans conviés à l'Elysée ce midi, notamment leurs propres rejetons (tel Frank BIYA au Cameroun et Francis BOZIZE...), avec la complicité évidente de grands opérateurs français ?

Alors un accord pour quelle Afrique Monsieur Sarkozy? pour quels Africains? On aimerait bien  savoir...

Qui va-t-on compenser ou enrichir à nouveau? BIYA, DEBY, BOZIZE, SASSOU, BONGO (leurs familles)..., ou les paysans africains?...par Copenhague interposé.

http://www.camer.be/index1.php?art=8226

 

Centrafrique

Les fils dans la forêt

http://survie.org/billets-d-afrique/2008/166-fevrier-2008/Les-fils-dans-la-foret

1er février 2008 par Odile Tobner

Pillages des ressources Bois, forêt

Comment les rejetons des présidents camerounais et centrafricains se vont vu attribuer des permis forestiers alors qu’ils sont impliqués dans le scandale de l’exploitation illégale des ressources forestières.

  Le 25 octobre 2007, l’ONG Pour la paix et la bonne gouvernance, domiciliée à Bangui (RCA) et à Yaoundé (Cameroun), envoie une note urgente à Louis Michel, chargé du développement et de l’humanitaire auprès de la Commission européenne. On y expose les conditions douteuses de l’attribution des permis forestiers situés à Bayanga et Salo dans la préfecture de la Sangha Mbaéré (RCA). En effet, alors que la commission d’attribution procède normalement à l’étude des dossiers, le 12 octobre, « à la surprise générale de la majorité des membres de la Commission, un haut responsable du ministère en charge des forêts les informe que, par décision politique de la présidence de la République, ils doivent entériner le choix de la société La centrafricaine des bois tropicaux (LCBT) pour Bayanga et le choix de Société d’exploitation forestière d’Afrique centrale (SEFAC) pour Salo. »

  Le dossier la LCBT n’avait pas été jugé recevable par la commission faute d’avoir fourni les documents nécessaires. Cependant la commission s’incline devant l’oukase. Pourquoi ? L’ONG donne les explications suivantes : « A l’origine, Ingénierie forestière du Cameroun, qui appartient à un holding Financier, la Société africaine d’investissement, a créé dans un premier temps Ingénierie forestière de Centrafrique avant de se raviser et de changer de dénomination pour prendre le nom de La centrafricaine des bois tropicaux. La Société africaine d’investissement et Ingénierie forestière du Cameroun appartiennent à M. Franck Biya, (fils du président). Les parts sociales de LCBT sont partagées entre Franck Biya et Francis Bozizé (fils de François). La société Ingénierie forestière du Cameroun traîne un passé sulfureux. À la demande de la Banque mondiale et de l’Union européenne, un observateur indépendant « Global Witness » a relevé les multiples infractions forestières commises au Cameroun par la société Ingénierie forestière qui a préféré changer de dénomination en RCA »

  Sur les agissements de cette société au Cameroun on ajoute : « La Banque mondiale a fait des enquêtes où il apparaît que les sommes dues par Ingénierie forestière à l’État (taxes, impôts, etc.) s’élèvent à plusieurs milliards de francs CFA. Ingénierie forestière est en quasi faillite. […] Le scandale des exploitations illégales et la mauvaise gestion des ressources forestières par Ingénierie forestière ont été dénoncées par toutes les organisations (Greenpeace, Fonds mondial pour la nature de la Banque mondiale, du WWF, de Global Witness, etc.) qui opèrent au Cameroun. [… S’y ajoutent] le refus de signer un quelconque plan d’aménagement forestier avec l’Autorité en charge de l’Environnement et [… ] la création d’une société commerciale Forestry Inc. basée au Delaware (États-Unis) pour mieux frauder le fisc camerounais ». Quant au permis de Salo attribué à la société SEFAC ? « Derrière la SEFAC, il y a une dame citoyenne de Côte d’Ivoire qui est l’épouse du ministre d’État, conseiller spécial à la présidence de la RCA et autrefois également ministre dans son pays d’origine. Sont également dans la SEFAC des Asiatiques qui, à l’époque, avaient soumissionné pour un permis forestier.  » 

 

Le 16 décembre Alain Girma, ambassadeur de France, représentant de la présidence de l’Union européenne en République centrafricaine et Jean-Claude Esmieu, chef de la délégation de la Commission européenne en République centrafricaine ont adressé une lettre à son président, François Bozizé. Après les compliments d’usage, notamment l’assertion passablement présomptueuse que le secteur forestier « a été jusqu’ici administré de façon exemplaire », les excellences assènent : « Cependant, les partenaires au développement de la république centrafricaine ont récemment appris que les permis n° 188 et 189 avaient été attribués par décrets présidentiels n° 07311 et n° 07312 du 2 novembre dernier respectivement à la LCBT et la SEFAC.

Or, il apparaît clairement, selon des informations concordantes et fiables, que les entreprises attributaires ne répondent pas aux standards internationaux de bonne gouvernance en matière d’exploitation et de commercialisation du bois, notamment au regard des critères de la Banque mondiale. » [2]

  Cette conversion à la vertu, venant des « partenaires au développement », est probablement due au fait que, derrière les attributaires proches des pouvoirs, l’exploitation sera pratiquée par des Asiatiques. Le style de gestion de Franck Biya, dans l’exploitation de la forêt camerounaise, qui a conduit sa société à la déconfiture, alors qu’il doit des sommes considérables à l’État camerounais, n’avait jusqu’à présent choqué personne et ne l’avait nullement empêché de s’installer tranquillement en France dans une villa de milliardaire à Roquebrune-Cap Martin.

Mais, sans doute, mieux vaut tard que jamais.

Odile Tobner (Survie)

 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 03:14


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LIBREVILLE - Les ministres des Finances de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) ont demandé la poursuite des auditions de personnes citées dans l'affaire de détournements à leur banque régionale, la BEAC, dans un communiqué reçu mardi par l'AFP à Libreville.

Le comité des ministres des Finances de la Cémac "a demandé que le programme des auditions des personnes citées dans l'affaire des malversations au Bureau extérieur de Paris (BEP, succursale de la Banque des Etats de l'Afrique centrale-BEAC) se poursuive par les quelques auditions restantes", indique ce texte publié après une réunion le 9 décembre à Bata (Guinée équatoriale).

Le communiqué, qui ne fournit aucun détail sur ces auditions, ajoute que leurs procès-verbaux "seront annexés en l'état au rapport du comité d'audit à présenter" au sommet des chefs d'Etat de la Cémac (six pays), annoncé pour janvier à Bangui.

En septembre, l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique avait révélé des détournements à la BEAC, institution affectée quelques mois auparavant par le scandale d'investissements "toxiques" qui ont fait perdre à la Cémac environ 25 millions d'euros avec la crise financière internationale.

Ces détournements ont ensuite été confirmés fin octobre par un rapport interne de la banque, selon lequel 25 millions d'euros normalement dédiés au fonctionnement du BEP et au règlement de factures de la BEAC ont été détournés de manière frauduleuse par des employés entre 2004 et 2009.

Le document soulignait que le travail des enquêteurs était "loin d'être exhaustif".

Lors d'une réunion le 7 décembre à Douala (Cameroun), le conseil d'administration de la BEAC a adopté la modification du statut du BEP, révèle par ailleurs un communiqué de la banque.

En septembre, Jeune Afrique écrivait que le BEP était "le seul de tous les centres extérieurs de la banque à être rattaché directement au gouverneur" et qu'il faisait "office de bureau d'achat tant pour le siège (...) que pour les six directions nationales et la vingtaine d'agences et de centres de la BEAC".

Les administrateurs de la BEAC ont "décidé de banaliser le rattachement administratif du BEP" et "de recentrer" ses activités, en réclamant un projet de texte sur son organisation, ses attributions et son fonctionnement, selon leur communiqué du 7 décembre.

Ils ont également demandé "la stricte application" d'un programme décidé "en relation avec les services du FMI (Fonds monétaire international)" afin de "restaurer la crédibilité de l'institut d'émission".

Selon la BEAC, après la révélation des malversations, le FMI avait suspendu ses programmes et décaissements en faveur des Etats membres de la Cémac qui regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Cette suspension a été levée le 12 novembre "consécutivement à l'application (...) des mesures convenues avec cette institution internationale".

Fin octobre, les ministres des Finances de la Cémac avaient annoncé que le Gabonais Philibert Andzembé quitterait ses fonctions de gouverneur de la BEAC au prochain sommet de la Cémac. Auparavant, le Gabon avait décidé de le rappeler "en vue de son remplacement".

(©AFP / 15 décembre 2009 23h49)

 

NDLR : Les multiples reports du sommet des chefs d’Etat de la CEMAC de Bangui repoussent ipso facto le sursis du Gouverneur de la BEAC qui est pourtant aussi épinglé dans ces affaires de malversation et détournement et qui aurait dû immédiatement céder son fauteuil, ce qui n’est pas forcément une bonne chose pour cette banque des banques de l’Afrique centrale.

 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 02:51


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LA TENUE DES ÉLECTIONS D’AVRIL 2010 EXIGE, AU PRÉALABLE, LA SÉCURITÉ EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, SOULIGNE LE PRÉSIDENT DE LA FORMATION CENTRAFRIQUE DE LA CCP

Conseil de sécurité                                        

6240e séance – matin                                       

 

La Représentante spéciale en République centrafricaine déclare devant le Conseil que le Bureau intégré de l’ONU sera opérationnel au 1er janvier 2010

 

Le Conseil de sécurité a fait le point, ce matin, sur la situation en République centrafricaine.  L’accent a été mis sur la nécessité de sécuriser le pays dans la perspective des élections de 2010 et sur la transformation en cours du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BONUCA) en un Bureau intégré (BINUCA).  La nécessité pour la communauté internationale d’appuyer financièrement les réformes engagées au titre du Cadre stratégique de la Commission de consolidation de la paix (CCP) a également été soulignée.

Mme Sahle-Work Zewde, Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef du Bureau d’appui des Nations Unies pour la  consolidation de la paix en République centrafricaine, qui s’adressait pour la première fois devant le Conseil de sécurité, a ainsi déclaré que la signature en 2008 de l’Accord de paix de Libreville et la tenue d’un dialogue politique inclusif au cours de la même année, avaient « redonné l’espoir à la population qu’un retour à la normale est possible en République centrafricaine ».  Elle a estimé que, dans ce contexte, le succès des élections prévues pour avril 2010 ainsi que la mise en œuvre effective du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) allaient déterminer le destin politique du pays.

Commentant le rapport du Secrétaire général dont étaient saisies les délégations, la Représentante spéciale a noté avec satisfaction que la Commission électorale indépendante avait été établie en octobre dernier et que les Nations Unies avaient signé un mémorandum d’accord avec le Gouvernement centrafricain pour assurer une assistance au processus électoral, « un effort soutenu par l’Union européenne (UE), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Union africaine (UA) ».

Mme Zewde a cependant mis en garde contre les divers facteurs susceptibles de compromettre le calendrier électoral.  « Certains acteurs politiques tentent de créer un vide constitutionnel pour demander une prorogation de l’administration en place », a-t-elle dit, ajoutant que d’autres dirigeants incitaient à la haine et aux divisions.  La Représentante spéciale a en outre déclaré que l’insécurité générée par les groupes armés ayant refusé de se joindre aux processus de paix, les mouvements de l’Armée de libération du Seigneur (LRA) dans certaines zones du pays et le retard pris dans la mise en œuvre de volets du programme de DDR représentaient une menace grave à la poursuite de l’ensemble du processus de paix en République centrafricaine. 

  « Un échec du programme de DDR risque de compromettre le processus électoral et de déstabiliser le pays », a averti, de son côté, M. Jan Grauls, Président de la formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix et Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations Unies.  Toutes les conditions politiques et de sécurité préalables ne semblent pas encore en place, a estimé M. Grauls, citant les récents accrochages à Ndélé qui « témoignent de la persistance de tensions interethniques dans le nord-est » du pays, alors que, dans le nord-ouest, des embuscades exposent à des risques le déploiement d’observateurs militaires.

M. Grauls a appelé le Gouvernement centrafricain à « redoubler ses efforts de dialogue et de médiation » entre les groupes ethniques et armés afin de créer « l’environnement propice » pour assurer le succès du programme de DDR qui doit « démarrer comme prévu avant la fin de l’année » et sans lequel, la tenue, « dans le calme », des élections d’avril 2010 ne pourra être envisagée.

S’agissant de la transformation du BONUCA en BINUCA, Mme Zewde a fait savoir qu’avec la coopération du Département des affaires politiques et du Département de l’appui aux missions, le BONUCA avait entrepris les efforts nécessaires pour qu’il commence à fonctionner à la date prévue, soit le 1er janvier 2010.  Elle a demandé au Conseil de sécurité d’appuyer cette phase de transition pendant laquelle devront être mis en place des mécanismes de coordination avec l’ensemble des composantes du système des Nations Unies présentes en République centrafricaine. 

Pour sa part, M. Grauls a rappelé que la Commission de consolidation de la paix avait plaidé en faveur de la transformation du BONUCA en Bureau intégré et avait salué en ce sens la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 7 avril dernier.  « Le Bureau intégré permettra d’offrir la coordination et la cohérence nécessaires à la consolidation de la paix », a-t-il estimé. 

Dans son rapport, le Secrétaire général de l’ONU affirme que « la création du BINUCA devrait donner un nouvel essor aux activités que mène l’Organisation en République centrafricaine et permettre de mieux coordonner les activités des différents organismes du système présents sur le terrain, afin que les Nations Unies parlent d’une seule voix et adoptent une approche cohérente pour régler les problèmes complexes auxquels se heurte la République centrafricaine ».

La Représentante spéciale a, par ailleurs, annoncé que 10 millions de dollars alloués par le Fonds pour la consolidation de la paix avaient été débloqués pour financer les projets prioritaires destinés à renforcer le combat contre la pauvreté, la réforme du secteur de la sécurité et la lutte contre la corruption.  Elle a assuré que pour accélérer la mise en œuvre de ces projets, le Comité directeur du Fonds et les ministères centrafricains concernés réfléchissaient à des stratégies à privilégier à cette fin. 

L’application du Cadre stratégique de la Commission de la consolidation de la paix constitue le meilleur moyen pour relever efficacement les défis auxquels fait face la République centrafricaine dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et de l’état de droit, a estimé Mme Zewde. 

Sur ce point, M. Grauls a fait observer que, si depuis l’adoption au printemps du Cadre stratégique pour la consolidation de la paix, « feuille de route de nos travaux », des « progrès significatifs » avaient été accomplis, la communauté internationale devait se mobiliser plus énergiquement pour soutenir l’assistance technique aux activités concernées. 

M. Grauls a rappelé que le programme de DDR, d’un montant de 27 millions de dollars, était financé par le Fonds pour la consolidation de la paix, l’Union européenne, mais « aussi et surtout » par des organisations régionales et sous-régionales telles que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

L’Ambassadeur Grauls a en outre annoncé que, dans les six prochains mois, une table ronde des bailleurs de fonds aura lieu pour relancer la mobilisation des ressources à l’appui de la réforme du secteur de la sécurité et du lancement des pôles de développement.

Le Représentant permanent de la République centrafricaine auprès des Nations Unies, M. Fernand Poukré-Kono, a, quant à lui, déclaré que les Centrafricains et leur Gouvernement aspiraient désormais à la paix. 

« Pour rompre la logique du conflit, les autorités nationales ont accordé la priorité à la mise en œuvre des activités de désarmement, démobilisation et réintégration auxquelles un seul groupe rebelle refuse toujours de se joindre », a-t-il dit.  Le représentant a considéré que la restauration de la confiance entre la population civile et les forces de sécurité était un enjeu majeur en vue de la tenue de l’organisation « pacifique » des élections d’avril prochain. 

« Le Code électoral a été adopté et la Commission électorale indépendante est opérationnelle.  Son budget de 331 millions francs CFA va lui permettre, avec l’assistance du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), d’élaborer un programme concret », a également indiqué M. Poukré-Kono.  « Les élections peuvent se tenir conformément au calendrier établi », a-t-il ensuite estimé, ajoutant qu’un travail d’accompagnement était nécessaire car « même si l’appropriation du processus électoral doit rester nationale, la communauté internationale a le devoir d’aider la République centrafricaine à mettre en œuvre les différents programmes de consolidation de la paix ». 

Le représentant a assuré que le Gouvernement de la République centrafricaine, conformément au vœu du Secrétaire général, comptait profiter de l’allègement de sa dette extérieure pour juguler les dettes intérieures qui « compliquent la conduite des réformes économiques ». 

 

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine et sur les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (S/2009/627)

 

Dans le dernier rapport qu’il présente avant que le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BONUCA) ne soit remplacé par un bureau intégré du même nom (BINUCA), le Secrétaire général souligne que le processus de consolidation de la paix en République centrafricaine a considérablement progressé depuis que le BONUCA est devenu opérationnel en février 2000.

Le Secrétaire général note que le Bureau a joué un rôle déterminant dans la signature de l’Accord global de paix de Libreville en 2008 et dans la tenue d’un dialogue politique sans exclusive à Bangui, en décembre 2008.  « La création du BINUCA devrait donner un nouvel essor aux activités que mène l’Organisation en République centrafricaine et permettre de mieux coordonner les activités des différents organismes du système présents sur le terrain, afin que les Nations Unies parlent d’une seule voix et adoptent une approche cohérente pour régler les problèmes complexes auxquels se heurte la République centrafricaine », estime M. Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général note en outre que la création de la Commission électorale indépendante marque une étape importante vers l’organisation d’élections en 2010.  Il invite ainsi la communauté internationale à appuyer fermement la Commission et le processus électoral en République centrafricaine, la tenue d’élections pacifiques et crédibles étant « indispensable pour entretenir la dynamique créée par le dialogue politique sans exclusive, établir une démocratie stable dans le pays et promouvoir une paix et un développement durables ».

Dans cette optique, le Secrétaire général exhorte le Gouvernement centrafricain à garantir la libre circulation et la sécurité de tous les acteurs, en particulier les membres des partis d’opposition, de sorte qu’ils puissent mener leur campagne électorale dans tout le pays sans être la cible d’actes d’intimidation ou de harcèlement.  Il exhorte aussi les candidats à la présidence et leurs partisans à placer l’intérêt national au-dessus des intérêts bassement politiques et personnels et de faire preuve, « par des paroles et des actes », d’un sens élevé des responsabilités civiques et d’un profond respect des droits de leurs concitoyens, afin de faciliter l’instauration d’un climat pacifique « avant, pendant et après les élections ». 

« Il faut absolument exécuter au plus vite les phases de désarmement et de démobilisation pour que les élections puissent avoir lieu en 2010 », demande par ailleurs le Secrétaire général, car tout retard supplémentaire dans le lancement du programme de désarmement, démobilisation et réintégration « risquerait de créer un climat de frustration chez les ex-combattants qui attendent d’être désarmés et qui pourraient être contraints de retomber dans la violence ».

En ce qui concerne la coopération régionale, M. Ban considère que pour régler la question de l’insécurité transfrontière, l’ONU devra continuer, aux côtés de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), d’appuyer le processus tripartite lancé par le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad en 2005 pour mener des opérations conjointes de lutte contre ce phénomène.

Le Secrétaire général félicite le Gouvernement centrafricain pour sa gestion économique qui lui a notamment permis d’obtenir l’annulation de plus de 506 millions de dollars de dette extérieure.  Il l’encourage à saisir l’occasion que lui offre l’allègement de sa dette pour investir dans les secteurs essentiels de l’économie du pays afin de stimuler la croissance économique et de créer des emplois.



NDLR : "...l’insécurité générée par les groupes armés ayant refusé de se joindre aux processus de paix, les mouvements de l’Armée de libération du Seigneur (LRA) dans certaines zones du pays et le retard pris dans la mise en œuvre de volets du programme de DDR représentaient une menace grave à la poursuite de l’ensemble du processus de paix en République centrafricaine".

A qui doit-t-on imputer le retard du DDR si ce n'est à Bozizé lui-même qui continue de mentir sur ce qu'il a fait réellement avec les 5 milliards de F CFA octroyés par la CEMAC qu'il refuse obstinément de remettre au BONUCA pour la réalisation du programme DDR. Plus les jours, les semaines et les mois passent, plus on est obligé de se rendre à l'évidence que la tenue effective des élections centrafricaines dans des conditions dignes de ce nom, relèvera d'un vrai miracle. Avec un pouvoir qui ne veut pas du retour de la sécurité dans le pays tout en se préparant plutôt à tenter un passage en force par la fraude avec la complicité d'un vrai faux pasteur parvenu et illuminé à la tête de la CEI, tout porte donc à croire que la tenue de ces élections tant voulue par les Centrafricains relèvera d'une gageure.
 
 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 01:06


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Jean Jacques Demafouth futur directeur de campagne de François Bozizé ?

L’énoncé peut sembler une incongruité tant les deux hommes sont loin d’être les meilleurs amis du monde. Officiellement, ces deux responsables politiques se vouent une aversion, sinon une haine légendaire. Le premier est désigné comme le patron de l’APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie), l’un des groupes rebelles actifs au nord de Centrafrique et le second est l’actuel homme fort du pays.

Et pourtant ! Si l’on en croit une source crédible au sein même des services de sécurité (renseignements généraux) de la République centrafricaine, Jean-Jacques Demafouth aurait sollicité de François Bozizé sa nomination en tant que directeur de campagne lors de la prochaine élection présidentielle pour, aurait-il avancé en guise d’argument, couper les herbes sous les pieds du MLPC (sic).


D’après cette source, M. Demafouth, qui envisage la fusion de ses deux mouvements l’APRD et la NAP en un seul qui se nommerait la NAPRD (Nouvelle alliance pour la restauration de la démocratie) aurait l’intention de présenter pour le compte du nouveau mouvement ainsi constitué, des candidats à l’élection législative dans les trois préfectures sous son contrôle à savoir l’Ouham, l’Ouham-Pendé et la Nana-Gribizi. Toujours selon la même source, comme pour le premier, l’objectif reste le même : ravir les régions supposées être des bastions de l’ancien parti au pouvoir.


Comme il fallait s’y attendre, l’intéressé, lui, dément catégoriquement tout contact, même informel avec le KNK. « À part les rencontres dans le cadre du processus du DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion des ex combattants), je me suis pas entretenu ces derniers temps avec le président Bozizé. Même si on devait avoir un accord politique cela va être public et officiel mais pas en catimini», a-t-il dit.


En revanche, s’agissant des candidatures à la législative des membres du nouveau NAPRD dans les trois préfectures sous son contrôle, M. Demafouth s’est fait évasif. « Je vais au bout de la logique de la paix. D’une manière ou d’une autre, les combattants qui seront démobilisés devront bien un jour trouver d’autres occupations. Il y’a aucun inconvénient à se lancer dans les activités politiques », a-t-il martelé au téléphone depuis Bangui.

Du côté du MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) on dit suivre « ces donnes de près  sans exclure aucune hypothèse ».


Pour un habitué de la vie publique centrafricaine que nous avons interrogé, même si cette hypothèse paraît invraisemblable, elle n’est pas impossible dans son énoncé. « À supposer que votre information est crédible, jamais elle ne se traduira dans les faits, surtout que c’est Demafouth qui aurait fait la demande. Connaissant Bozizé, il va tout de suite suspecter une manœuvre et se braquer. D’ailleurs, je ne vois personne dans son entourage qui puisse envisager cette alliance contre nature », estime ce dernier sous le couvert d’anonymat.

Pour la réaction du pouvoir, nous poserons peut-être directement la question à François Bozizé à l’issue de sa rencontre mercredi avec Nicolas Sarkozy. L’Indépendant dépêchera un représentant au palais de l’Elysée pour couvrir la conférence de presse prévue à l’issue du dîner entre le président français et ses homologues de la Commission des forêts d’Afrique centrale.

 

Source : lindependant-cf.com du 15 Décembre 2009

Adrien Poussou

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 01:04


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APA Bangui 15-12-2009 (Centrafrique) La Banque mondiale et la République centrafricaine ont signé, lundi à Bangui, trois accords de financement d’un montant global de 76,8 millions de dollars US (environ 35 milliards de FCFA), a appris APA.

 

Le premier accord porte sur un don de 67 millions de dollars et est destiné au financement additionnel du programme de facilitation des transports et de transit dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ainsi que des travaux de bitumage de 68 km de route sur l’axe Bouar-Garoua Boulaï.

 

Le second accord de 7,3 millions de dollars est destiné à financer un programme régional des télécommunications haut débit qui devrait permettre la restructuration du secteur et le raccordement de la République centrafricaine à la fibre optique.

 

Le troisième de 2,4 millions de dollars est destiné à compléter un don initial de 8 millions de dollars et devrait permettre la réalisation de travaux sur le barrage hydroélectrique de Boali (95 km au nord de Bangui) dont la mise en service permettra de mettre un terme aux difficultés de fourniture du courant électrique.

 

Les trois accords de financement ont été signés par la vice-présidente pour la région Afrique de la Banque mondiale, Mme Obiageli Ewekweseli, et le ministre centrafricain du plan et de l’économie, M. Sylvain Maliko.

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 01:00


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 (Syfia Centrafrique) Dans les lycées et collèges de Bangui, les élèves albinos, marginalisés par leurs camarades il y a quelques années, sont aujourd'hui plus aimés et plus intégrés. Cette évolution des mentalités est le fruit d'une campagne d'explication menée par leur association.

 Yann-Loïck Kémba, 17 ans, élève albinos au lycée technique de Bangui, est un garçon très aimé de ses camarades de classe. "Chacun voudrait que je sois son ami", se réjouit-il. Vice-président de la section jeunes de l’Association nationale des albinos de Centrafrique (Anaca) et parmi les dix premiers de sa classe, il inspire l'admiration et le respect. Même sentiment de sympathie à l'égard d'Axel Abanga, 16  ans, du lycée de Miskine à Bangui. Ses copains et lui mangent et jouent ensemble sans aucun souci. "J’aime m’amuser avec lui. Même si nous avons une couleur de peau différente, il est comme moi", lance Pascal Yangakola, un de ses camarades.

Une véritable révolution des mentalités, puisqu'il y a deux ans encore, les albinos étaient rejetés par leurs camarades. "Beaucoup abandonnaient les études à cause des moqueries. Certains parents refusaient même d’envoyer leurs enfants à l’école, parce qu’ils les considéraient comme des anormaux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui", se félicite Rock-Claude Ouamazou, secrétaire général de l’Anaca. "Quand je suis entrée au lycée en 2006, les autres me fuyaient, ils me prenaient pour un fantôme, le descendant d’une sirène", se souvient Sylvie Mapouka, élève au lycée Barthélemy Boganda à Bangui. Aujourd'hui, elle a quatre nouveaux amis.

Pour le sociologue centrafricain Gabriel Songo, cette perception erronée a longtemps joué sur le développement et l’éducation de ces enfants qui ont vécu repliés sur eux-mêmes parce qu’ils n’étaient pas considérés par la société comme des êtres humains à part entière. Les mentalités évoluent. Par exemple, les professeurs, qui jugeaient a priori les albinos peu intelligents, ont eux aussi changé d'opinion. "Aujourd'hui, ils savent que le problème des albinos est lié à leurs difficultés de vue qui les empêche de bien lire les écrits du maître au tableau", explique Hervé Towone, enseignant à Bangui.

 "Sur les mêmes tables bancs"

Pour combattre les préjugés et les discriminations dont ils sont victimes, les albinos ont créé en 2002 l 'Anaca. Soutenue par le Bureau de l'Organisation des Nations unies en Centrafrique (Bonuca), l'association multiplie depuis les campagnes d'explication à Bangui, à travers en organisant notamment des séminaires. "Les albinos ne sont pas le fruit d’une quelconque malédiction divine, simplement des gens atteints d’albinisme, une anomalie héréditaire et congénitale causée par l’absence du pigment mélanique dans le sang", répète ici et là Étienne Nguipongo, président de l’Anaca.

En 2003, l'association a organisé la première Journée nationale des albinos commémorée depuis chaque 11 novembre. À cette occasion, les albinos organisent des émissions radio et publient des communiqués de presse dans les médias pour dénoncer la stigmatisation dont ils sont encore victimes. Encore aujourd'hui, ils sont par exemple absents de l’université. Depuis deux ans, les élèves de la section des jeunes de l'association sillonnent les établissements scolaires de la capitale. Ils commencent à être entendus. "Les élèves qui étaient hier séparés de leurs camarades sont aujourd’hui assis sur les mêmes tables bancs", observe Rock-Claude Ouamazou.

 Protection et promotion des albinos

Dans le but de réconcilier tous les Centrafricains et de promouvoir le droit des minorités à la suite des guerres fratricides qui ont déchiré le pays depuis 1996, le dialogue national organisé à Bangui en 2003 a recommandé des mesures pour protéger les albinos et favoriser leur promotion. Ces assises prévoyaient, entre autres, l'adoption d’une loi pour leur protection et leur promotion, la lutte contre la discrimination à leur égard, notamment dans les établissements scolaires et universitaires. Il s’agissait entre autres de mettre ces élèves au premier rang dans les classes pour qu'ils voient mieux. L'Anaca, le Bonuca et le ministère des Affaires sociales ont ainsi validé en 2004 l’avant-projet de l’ordonnance relative à "la protection et la promotion des albinos en Centrafrique". Mais, ce texte n'a toujours pas été voté par l’Assemblée nationale...

Un peu partout en Afrique, les albinos ont donc pris eux-mêmes en main la défense de leurs intérêts. Au Cameroun, au Burkina Faso, au Sénégal, au Togo, des associations comme l’Anaca mènent des actions similaires pour la reconnaissance de leurs droits. L'Association mondiale pour la défense des intérêts et la solidarité des albinos (Asmodisa), qui a son siège au Cameroun, a organisé en août dernier à Yaoundé un congrès international auquel ont participé des délégations de Centrafrique, du Burundi, du Sénégal et de France.

 

Jules Yanganda

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 00:54


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14/12/2009 14:46:16 | Jeune Afrique | Par : François Soudan

Le 10e sommet de la Cemac, prévu le 14 décembre et repoussé à janvier, se tiendra à Bangui. Cette première édition depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba doit être l’occasion pour les chefs d’État de régler leurs différends. Et de répondre aux attentes de toute la région.

Ils sont venus, ils sont tous là, comme dans La Mamma d’Aznavour. En ce mardi 16 juin 2009, autour d’un catafalque surchargé de fleurs, les chefs d’État de l’Afrique centrale rendent un ultime hommage au parrain décédé. Omar Bongo Ondimba est mort, et avec lui vient de disparaître l’unique dénominateur commun entre ces hommes que tout sépare hormis l’espace géopolitique tracé au compas par l’ancien maître colonial. Certes, au sein de la communauté des six pays francophones de la Cemac, Bongo Ondimba ne réglait, dans le fond, aucun problème – surtout à la fin de sa vie, tant les arbitrages rendus par un doyen usé avaient fini par être contestés chez ses pairs. Les querelles d’ego, les conflits d’intérêts, Bongo les diluait, les étouffait sous le poids du consensus mou. Mais avec lui le linge sale se lavait en famille et l’omerta était de règle. Et puis, qui aurait eu le front de l’humilier, de le contredire et de lui faire de la peine, lui qui avait à la fois l’âge, la sagesse, la longévité au pouvoir et la richesse? Au classement combiné de ces quatre facteurs essentiels, le vieux Batéké de la case à malices gabonaise était le meilleur. Paix à son âme.

En ce cent soixante-septième jour de l’année 2009, l’Afrique centrale s’est donc retrouvée, d’une certaine manière, orpheline. Couvercle ôté sur une boîte de Pandore d’où peut jaillir le meilleur comme le pire. Paysage à nu d’une région au potentiel économique énorme mais confrontée à la brutalité de l’argent facile, celui du pétrole – cinq pays producteurs sur six –, ainsi qu’aux aléas d’une culture communautaire de pure façade, politiquement acéphale, où la méfiance entre chefs est la règle et où la mentalité du cueilleur l’emporte encore, hélas, sur celle du bâtisseur. Au lendemain des obsèques du dernier vestige de la maison Foccart, la bataille pour sa succession a donné un premier goût de la désunion. Chacun, parmi les propriétaires de palais présidentiel dans la région (le terme de locataire, habituellement usité en pareil cas, étant ici hors de propos), avait « sa » solution pour le Gabon et « son » candidat pour le trône. Une bataille qui s’est en grande partie jouée sur le terrain des moyens financiers, ceux dont disposait en propre la famille du défunt étant en définitive supérieurs à ceux de tous leurs opposants réunis, et qui a évidemment laissé quelques traces. Désormais, lorsqu’il rencontre ses pairs de la Cemac, Ali Bongo sait qui a parié contre lui et qui a aidé ses adversaires. Autre conséquence évidente et somme toute logique de la disparition du vieux: le scandale de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Avec l’affaire des détournements de fonds massifs du bureau de Paris, dont on ne connaît encore que la partie émergée de l’iceberg, c’est tout un système opaque de circuits financiers mis en place depuis trois décennies qui a en quelque sorte explosé sous le nez des chefs d’État. Si la révélation de ce scandale doit tout au travail d’investigation de Jeune Afrique et rien à la manipulation (mais il est vrai que les choses les plus simples à comprendre sont parfois les plus difficiles à admettre), il est clair que certains dans la région s’en sont réjouis et comptent bien en profiter pour mettre un terme à cet étonnant (et désormais obsolète) « consensus de Fort-Lamy », qui assurait au Gabon, à l’époque le plus riche de la communauté, une prééminence de fait dans la gestion passablement occulte des avoirs de la Beac. La probable accession, lors du prochain sommet de Bangui, prévu le 14 décembre et repoussé à janvier, du Gabonais Hugues Alexandre Barro Chambrier au poste de gouverneur, ne doit pas à cet égard faire illusion. Le grand illusionniste du Palais du bord de mer à Libreville n’est plus là, le Fonds monétaire international (FMI) a profité de la crise pour imposer à toutes les parties prenantes (y compris à la France) un minimum de transparence, et du scandale, finalement, peut ressortir une modernisation et une adaptation de la Beac aux exigences de la mondialisation. À condition, bien sûr, que les chefs d’État sachent prendre leurs responsabilités.

Dans une Afrique hantée par le syndrome des successions dynastiques, la question – mais est-elle pertinente? – se pose désormais de savoir qui héritera du fauteuil de sage du village, primus inter pares sous le baobab et grand régulateur des petits conflits, qu’occupait Omar Bongo Ondimba. Passage en revue des critères. Le plus âgé? Ce serait Paul Biya, 76 ans, sans l’ombre d’un doute. Le plus ancien aux affaires? Alors ce devrait être Teodoro Obiang Nguema (trente ans), mais la Guinée équatoriale n’est pas membre fondateur de l’Udeac, ancêtre de la Cemac, et si l’on inclut la date de la première arrivée au pouvoir, Denis Sassou Nguesso, chef de l’État en février 1979, soit six mois avant son frère de Malabo, tient assurément la corde. Le plus riche? Obiang Nguema encore, tout au moins par tête d’habitant, à moins que ce ne soit Paul Biya, PIB camerounais oblige. Le plus sage? Les trois chefs d’État précités, plus Idriss Déby Itno, s’estiment en mesure de revendiquer ce titre, et nul, sauf à être suicidaire, ne se hasarderait à trancher dans le vif. Seules deux personnalités sont hors compétition: le Centrafricain François Bozizé, hôte du sommet de Bangui, parce qu’il sait que son pays a trop besoin de la solidarité des autres pour risquer d’entrer dans la course, et le Gabonais Ali Bongo, trois mois de pouvoir et 50 ans d’âge, « un bleu » en quelque sorte…

Reste à savoir si tout cela, qui tient en haleine quelques sycophantes prompts à vanter les qualités supposées de leurs chefs, a la moindre importance. En réalité, dans le rôle régional qui était le sien, Bongo père n’aura pas de successeur. Non parce qu’il serait irremplaçable, mais les temps ont changé. Le doyennat qu’il incarnait jusqu’à la caricature n’avait plus grand-chose à voir avec une réalité opérationnelle, et son système avait fait plus que son temps, faute entre autres de moyens financiers pour l’alimenter. Qui, parmi les chefs de la région, est volontaire pour reprendre à son compte une charge aussi honorifique que dispendieuse? Il y a fort à parier que l’équation se pose en ces termes et que la réponse soit: personne… Le règlement (cosmétique) de certains différends dût-il, faute d’arbitrage, en souffrir, c’est plutôt là une bonne chose et un gage de maturité pour toute la zone Cemac. Mais encore faut-il transformer l’essai et que les patrons, désormais privés de leur recours suprême, apprennent à s’entendre entre eux. 

N’en déplaise aux cassandres

Sur ce dernier point, fort heureusement, le pire n’est pas sûr. Même si les comptes électoraux n’ont pas encore été tout à fait soldés entre le Gabon et la Guinée équatoriale, même si N’Djamena, Brazzaville et Libreville convoitent tous trois le tutorat de la Centrafrique – lequel n’est plus forcément à prendre – et même si la crise de la Beac a généré de lourdes suspicions entre capitales sur le thème « à qui profite le scandale », l’ambiance à Bangui sera plus à la rumba qu’au coupé-décalé. Mais l’équilibre demeure fragile, à la merci des excès de zèle des entourages, comme en témoigne la mésaventure que viennent de vivre deux sages de la région, Denis Sassou Nguesso et Paul Biya. Il a suffi qu’un périodique bricolé en banlieue parisienne par un ressortissant camerounais, à la diffusion incontrôlée et au professionnalisme aléatoire, inconnu en dehors des cercles de la diaspora, publie les bonnes feuilles d’un libelle anti-Sassou Nguesso édité à compte d’auteur par un collectif d’opposants pour que les compteurs s’affolent. Ce qui serait passé inaperçu ailleurs devient ici affaire d’État: contre-attaques et même insultes dans les journaux congolais, longue réplique alambiquée de la présidence camerounaise, envoi d’émissaires à Yaoundé et Brazzaville pour calmer le jeu… En Afrique centrale, hélas, l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.

Pourtant, n’en déplaise aux cassandres, la guerre des chefs n’aura pas lieu. Pas plus à Bangui qu’à Troie dans la pièce de Giraudoux, avec la Cemac dans le rôle de la belle Hélène, Sassou, Biya, Obiang et les autres dans ceux d’Hector, d’Ulysse ou de Demokos. Faute de combattants, mais aussi parce que, au vu de certains signes et selon certaines confidences, les chefs d’État semblent cette fois décidés à ne plus offrir à leurs opinions publiques le spectacle d’une intégration en panne, à la traîne des autres regroupements régionaux. Les contacts en ce sens se sont multipliés ces derniers jours, et les dossiers en suspens – Beac, passeports, Air Cemac, etc. – sont au cœur de la visite officielle préparatoire que François Bozizé, hôte du sommet, a effectuée du 7 au 9 décembre chez son voisin, le poids lourd camerounais. Et si le premier sommet sans « lui » était enfin celui de l’âge adulte?

 

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