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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 21:24
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Par lemessager | Mercredi 17 mars 2010 | Le Messager
 

En annonçant, le 3 mars 2010, la tentative avortée du renversement du pouvoir à Bangui, les autorités ont plongé le pays dans l’émoi et la stupeur. Les Centrafricains étant habitués aux coups de force. Mais ce qui fait davantage jaser, à la limite, qui choque, l’opinion publique, nationale et internationale, est la pertinence des propos avancés par les autorités centrafricaines. A la veille d’une échéance aussi sensible que déterminante qu’est le scrutin présidentiel annoncé pour le 25 avril 2010, auquel le président sortant François Bozizé a d’ores et déjà fait part de sa candidature, il serait judicieux de marquer un temps d’arrêt sur ce que d’autres qualifient de « pseudo » tentative de coup d’Etat.


Le pouvoir en place ne serait-il pas en train de procéder à une manipulation de la conscience collective qui a beaucoup souffert des bruits de bottes comme celui qui a porté Bozizé à la magistrature suprême le 15 mars 2003 ? L’homme fort de Bangui n’est-il pas en train de mettre sur pied une élimination à tête chercheuse a fin « d’aplanir ses sentiers » pour un nouveau mandat à la tête du pays ?


Etat des lieux

La Centrafrique, avec une population estimée à 4,2 millions d’habitants sur une superficie de 622.436 km2, croupit sous le poids d’une misère croissante chaque jour. Le pays a, depuis des années, connu une régression. Ce qui a eu pour conséquence d’aggraver la misère et la pauvreté. A en croire le programme des Nations-Unies pour le développement, la RCA est « passée pour l’indice du développement humain du 142ème rang en 1993, au 166ème sur 174 pays au cours des cinq (5) dernières années ». La majorité de la population a un pouvoir d’achat des plus faibles du continent sinon du monde. L’agriculture dont les principales cultures sont le manioc, les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac, représente 55% du PIB. A ce jour, elle passe d’une culture de rente à une culture de subsistance. L’exploitation du bois, de l’hévéa (latex) qui pourrait élargir le PIB, est « la chasse gardée de quelques privilégiés au détriment de la population condamnée à une paupérisation quasi irrémédiable ». Il en est de même des ressources minières comme l’or et le diamant qui constituent une autre ressource non négligeable de la République centrafricaine.


L’accès à l’eau et à l’électricité n’est pas une sinécure pour les populations rurales voire urbaines. Même si le pays a connu une croissance de 2% en 2005, force est de reconnaître qu’elle ne profite qu’à la capitale qui draine des populations rurales en quête de mieux-être. Sur le plan social, le bilan n’est guère reluisant, De l’avis d’un leader de la société civile centrafricaine Olivier Gabirault. selon Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), la situation « sécuritaire et socioéconomique en République centrafricaine demeure fragile et elle est aggravée par des problèmes sociaux multiples et l’impunité, liée à de graves problèmes de sécurité, en particulier dans le Nord et le Sud-Est du pays » estime-t-il dans un rapport en 2008. Pour Navy Pillay Haut commissaire aux droits de l’Homme, la violation criarde et presque officielle des droits de l’Homme en RCA, participe à l’érosion du tissu social. « Alors que l’impunité et les violations des droits de l’Homme constituent toujours un des plus grands défis de la République centrafricaine, les élections prévues en avril représentent une étape décisive de la consolidation de la paix et la démocratie », a-t-elle déclaré lors d’une visite à Bangui. Et de continuer, « Les exécutions sommaires, les disparitions forcées, les arrestations et détentions arbitraires sont des problèmes liés aux institutions étatiques de sécurité et de défense, et des efforts considérables devront être faits pour mettre fin à ces abus de pouvoir extrêmement graves ».


Non aux digressions`

Il va sans dire que le général Bozizé a du pain sur la planche. Au lieu de verser dans les digressions qui sont peu ou prou des fuites en avant qui desservent les quatre millions de Centrafricains. Des chantiers sérieux et immenses sont toujours à son chevet. Après sept ans au pouvoir, ses compatriotes attendent toujours : le retour des milliers des réfugiés partagés entre le Tchad, le Cameroun… ; ils réclament toujours l’amélioration de leurs conditions de vie. Et comme le soulignait le secrétaire Général de l’ONU en 2008, « les défis socioéconomiques, les différents segments de la société, dont le gouvernement, les partis politiques, la société civile et les groupes politico-militaires, doivent faire preuve d’engagement, de dévouement et d’une unité de vues à savoir le bien-être de tous. Et, la bonne gouvernance en assurant la promotion et la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et en s’attaquant à la culture d’impunité afin de l’éliminer». Cette déclaration reste toujours d’actualité.


Jacques Willy Ntoual

 

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 21:16


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BANGUI (AFP) - 17.03.2010 13:06 - Deux Tchadiens et 18 Centrafricains ont été tués en trois jours vers Batangafo (nord de la Centrafrique) dans des affrontements entre des habitants de la région et des éleveurs tchadiens, selon un député et un sous-préfet joints mercredi par l'AFP.

Deux Tchadiens et 18 Centrafricains ont été tués en trois jours vers Batangafo (nord de la Centrafrique) dans des affrontements entre des habitants de la région et des éleveurs tchadiens, selon un député et un sous-préfet joints mercredi par l'AFP.

Deux Tchadiens et 18 Centrafricains ont été tués en trois jours vers Batangafo (nord de la Centrafrique) dans des affrontements entre des habitants de la région et des éleveurs tchadiens, selon un député et un sous-préfet joints mercredi par l'AFP.

Des éleveurs tchadiens qui faisaient transhumer leur bétail aux abords des rivières Ouham et Fafa -ceinturant Batangafo- ont été impliqués le 12 mars dans "une rixe avec des autochtones. La rixe (a causé) la mort de deux éleveurs tchadiens abattus par des habitants", a expliqué Judes Alex Ketté, député de la ville, présent sur place lors des évènements.

Les éleveurs tchadiens, "mécontents, sont allés chercher des renforts et sont revenus dimanche au nombre de plusieurs dizaines, munis d'armes de guerre et de fusil de chasse pour se venger", a ajouté M. Ketté qui se trouvait mercredi à Bangui.

"Ils se sont livrés à des représailles, tuant au passage ceux qu'ils rencontraient sur leur passage. (...) On a dénombré mardi au moins 18 morts selon un bilan officiel établi par la sous-préfecture. Parmi les victimes, il y a beaucoup de paysans, mais aussi des pêcheurs", a-t-il déclaré.

Ces informations ont été confirmées à l'AFP par le sous-préfet de Batangafo, Edmond Sako, joint dans sa ville. Selon lui, aucun membre des forces de défense et de sécurité n'est intervenu "pour stopper ces tueries".

 

© 2010 AFP

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 21:13


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Tchad: Idriss Déby en maître absolu, sous l'œil amical de la France

16 Mars 2010 Par Damien Dubuc Mediapart

De notre envoyé spécial au Tchad

Idriss Déby s'affiche un peu partout dans N'Djamena: en format géant, le président tchadien est plus que présent à proximité de tous les chantiers de construction. Ici une école, là un hôpital ou des bâtiments administratifs. L'ancien militaire, arrivé au pouvoir en 1990 à la faveur d'un coup d'État, se pose en bâtisseur et en rassembleur d'un pays parfois qualifié de «champion du monde des rébellions».

Les terrains à construire n'ont pas été trop difficiles à trouver: en février 2008, après l'échec d'une offensive de groupes rebelles sur la capitale, le président a autorisé la destruction des maisons et des commerces situés dans deux quartiers soi-disant acquis aux insurgés. Amnesty international estime que ce sont en fait au moins 3000 familles qui ont vu leurs habitations détruites.

Mais, à l'approche des élections législatives (prévues cette année), le pouvoir joue la carte du développement économique et social. Idriss Déby se sait en position de force. Après l'échec de leurs derniers combats (février 2008 et mai 2009), les mouvements rebelles sont affaiblis. L'opposition civile est décapitée depuis l'enlèvement et la disparition de l'un de ses principaux leaders, Ibni Oumar Mahamat Saleh, en 2008.

Par ailleurs, la signature en janvier d'un accord de sécurité entre le Tchad et le Soudan met fin à sept ans d'un conflit qui déstabilisait les deux régimes.

Ce rapprochement entre les deux voisins n'avait pourtant rien d'évident. «Le problème, c'est la présence du Soudan», s'emportait encore fin janvier le général (en retraite) Béchir, un conseiller du ministre tchadien de la défense. En 2009, Idriss Déby ne faisait pas non plus dans la dentelle: «Il n'y a pas de rebelles au Tchad. L'État tchadien est agressé par des mercenaires qui obéissent aux ordres du gouvernement de Khartoum.»

Pas en reste, le régime soudanais ne perd jamais une occasion de pointer l'influence du Tchad sur les rebelles actifs au Darfour. Depuis 2005, les deux pays se livrent à une guerre larvée par l'entremise de groupes armés et de milices. La raison en est simple: bien qu'il ait accédé au pouvoir avec le soutien du Soudan, Idriss Déby avait finalement choisi de soutenir ses «frères» zaghawas qui luttent au Darfour. Feu, contre-feu: Omar Al-Bachir, le président soudanais, se fait alors un plaisir d'équiper à son tour le FUC (Front uni pour le changement démocratique). Résultat de cet imbroglio: près de 260.000 réfugiés du Darfour et 180.000 déplacés tchadiens vivent dans des camps côté tchadien de la frontière.

Début 2010, le Tchad et le Soudan s'engagent pourtant à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs. L'accord prévoit aussi le déploiement d'une force mixte à la frontière composée de 3.000 hommes, à parts égales. L'heure est à l'apaisement.

Si le texte signé en janvier reprend, parfois au mot près, les termes des accords de paix passés – restés lettre morte –, les observateurs sont cette fois plus optimistes. Le président soudanais Al-Bachir n'a aucun intérêt à se battre sur plusieurs fronts: il joue cette année sa réélection et un référendum est prévu en 2011 sur l'indépendance du Sud-Soudan, autre foyer d'instabilité. Poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour par la Cour pénale internationale (CPI), le président soudanais n'a pas l'intention non plus de s'aliéner le soutien de Déby.

Autre élément: depuis le début du conflit, le Tchad a consacré plus de 500 millions de dollars des recettes pétrolières du pays à l'achat de matériel militaire. Idriss Déby pourra désormais utiliser ce pactole à d'autres fins alors que le bilan économique du pays est désastreux. Selon l'indicateur de développement humain des Nations unies, le Tchad se classe en 2008 à la 175e place (sur 182 pays).

·         Prendre le pouvoir, accaparer le pétrole

En vertu de l'accord de normalisation signé en janvier, le Tchad comme le Soudan devraient donc bientôt expulser une partie des rebelles présents sur leur sol ou, à tout le moins, les neutraliser.

 

Le Tchad va-t-il alors s'engager sur la voie de la stabilité? Rien n'est moins sûr. La guerre civile qui déchire le pays n'est pas un simple prolongement de la guerre au Darfour, les facteurs internes sont nombreux. Les hostilités avaient repris de plus belle en 2005, année où la constitution tchadienne a été amendée pour permettre à Idriss Déby de briguer la présidence à vie.

Or, les chefs rebelles sont le plus souvent «issus de groupes ayant perdu le pouvoir ou (...) des mécontents qui, après avoir exercé des fonctions gouvernementales et en avoir été mal récompensés, prennent les armes à partir de leur région d'origine», explique Géraud Magrin, un géographe spécialiste de la région.

Des alliances se font et se défont, des rebelles deviennent ministre de la défense (Mahamat Nour, chef des FUC, en 2007) et des proches du pouvoir rejoignent le maquis. Dans une région où les ressources en terre et en eau manquent, toutes les parties instrumentalisent les rivalités locales et/ou ethniques pour recruter des soldats, parfois des enfants.

Mais les différends sont loin d'être toujours ethniques. Timane Erdimi, le leader de l'Union des forces pour la résistance (UFR), qui rassemble depuis 2009 huit des groupes rebelles, n'est autre que le neveu du président, un zaghawa comme lui. Il fut le directeur de Cotontchad, la société d'économie mixte détenant le monopole de la commercialisation de l'«or blanc», la vache à lait du régime avant l'exploitation du pétrole.

L'objectif de cette rébellion disparate n'est autre que la prise du pouvoir, ne s'en cachant pas: «La situation du Tchad est tellement catastrophique que nous n'avons pas besoin d'avoir une ligne ou un programme politique. Nous luttons pour faire partir le général Déby.» Même si le mouvement est actuellement affaibli. En mai 2009, la bataille d'Am Dam, une petite ville de l'Est du pays, a été une défaite. Acheick Ibn-Oumar le reconnaît avec détachement: «Nous avons perdu 10% de notre matériel et 20% de nos hommes. Certains, déçus par ce revers, ce sont ralliés au pouvoir.» Alors, la rébellion, combien de divisions? L'UFR parle de 5000 hommes mobilisables, un chiffre impossible à vérifier.

·         Un jeu politique fermé

La stratégie des groupes armés doit également tenir compte de deux données fondamentales, la manne pétrolière qui alimente les caisses de l'État depuis 2004 et la présence militaire française. En 2008, l'or noir constituait 80% des exportations tchadiennes et représentait la moitié du PIB national. Cette rente a permis à l'armée régulière d'acheter des armes, en particulier des avions et des hélicoptères. Elle dispose désormais d'une suprématie aérienne capable de bloquer les pick-up rebelles qui rouleraient sur N'Djamena depuis l'Est.

Un tel rapport de force défavorable n'inquiète guère Acheick Ibn-Oumar, qui précise la tactique de l'UFR. «Nous avons une armée classique basée à la frontière du Soudan, mais aussi des groupes de guérilla dispersés, sans grosse logistique et qui vivent des prises de guerre sur l'ennemi.»

 

Il dénonce en revanche l'aide apportée au gouvernement par la France. Un «accord de coopération militaire», signé en 1976, prévoit la fourniture de renseignements et un appui logistique. Cet accord technique stipule que Paris ne doit pas s'impliquer dans les combats. Sauf que.

 

Sauf que l'armée française n'a jamais hésité à sauver la mise d'Idriss Déby en février 2008, quand le président tchadien était retranché dans son palais présidentiel. Au prétexte de «sécuriser» l'aéroport, les militaires français ont couvert les mouvements des hélicoptères d'assaut de l'Armée nationale tchadienne et l'acheminement de supplétifs arrivés tout droit du Darfour soudanais.

 

Il paraît aujourd'hui bien difficile d'envisager le renversement d'Idriss Déby par les armes. Et personne n'imagine sérieusement qu'il ne soit pas réélu en 2011 pour un quatrième mandat. Loin d'être un facteur de stabilité, cette longévité explique en partie la persistance de groupes rebelles. Quand les élections jugées, au mieux, peu transparentes, sont boycottées par l'opposition; quand les postes à responsabilité sont attribués aux proches du président ou à d'anciens rebelles ralliés au pouvoir, le jeu politique est fermé et les armes restent le seul moyen de se faire une place au soleil.

 

Les opposants, eux, ont toutes les chances de finir à l'ombre. Ou pire. Ainsi, le 3 février 2008, lorsque l'armée tchadienne a repris le contrôle de N'Djamena, les forces de sécurité ont pénétré dans les domiciles de plusieurs membres de l'opposition civile dont celui d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Il était le président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et le porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution, une coalition de 21 partis politiques.

 

Deux ans plus tard, Ibni est toujours porté disparu. Les plus hautes autorités de l'État ont été mises en cause par la Commission d'enquête chargée de faire la lumière sur ces événements. Mais les responsables courent toujours et la France ne semble pas vouloir divulguer les informations dont elle dispose, qui pourraient déstabiliser son allié Déby.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 02:54


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         PS

 

Paris, le 12 mars 2010

 

Communiqué de Jean-Christophe CAMBADELIS,

Secrétaire national à l’Europe et aux relations internationales

 

République centrafricaine

 

Le Parti socialiste souhaite que les prochaines élections législatives et présidentielles centrafricaines se déroulent dans de bonnes conditions matérielles et démocratiques.

La mise en place d’une Commission électorale indépendante (CEI) devait permettre aux diverses forces politiques centrafricaines de travailler ensemble pour réunir les conditions nécessaires à l’organisation et à la tenue d’élections libres et transparentes, avec le soutien de la communauté internationale.

Aussi le Parti socialiste doit-il regretter l’annonce prématurée, par décret présidentiel, des dates d’élections dès avril 2010, alors même que le recensement électoral n’est pas achevé et que le nécessaire programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des rebelles n’est pas même entamé.

Il importe aujourd’hui que l’ensemble des forces politiques centrafricaines parvienne, au sein de la Commission électorale indépendante, à dégager un consensus sur les modalités et le calendrier des prochaines élections.

Inquiet du développement de la situation en République centrafricaine, y compris d’un point de vue humanitaire, le Parti socialiste demande à la communauté internationale, particulièrement à l’Union européenne et au gouvernement français, de convaincre les autorités centrafricaines de respecter toutes les étapes conduisant à des scrutins démocratiques et transparents et à des résultats incontestables.

 

 

 

 

 

10, rue de Solférino - 75333 Paris cedex 07 - Tél. : 01 45 56 77 26 ou 79 55

parti-socialiste.fr – courriel : presse@parti-socialiste.fr

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 02:51


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 Cet article constitue une simple analyse purement arithmétique du décret n°0l0. 049 du 2 mars 2010 portant découpage des circonscriptions électorales pour les élections législatives, et non une manœuvre politicienne qui tendrait à contrecarrer le bon déroulement des élections. C'est en faisant connaître aux Autorités, particulièrement au Président de la République, au Ministre de l'intérieur et à la CEI leurs critiques constructives sur le déroulement du processus électoral que chaque ci­toyenne et chaque citoyen les aideront, soit redresser la barre, soit à démontrer que ces critiques ne sont pas fondées, pour apaiser les électeurs.  

Penser qu'un élément du processus électoral n'est pas conforme à la loi ou à l'équité et ne pas en faire part aux Autorités ou à la population pour obtenir une rectification, ce n'est pas aider ces Autorités à réussir les élections. C'est même contribuer, consciemment ou inconsciemment, à l'éventuel n échec du processus électoral.  

Le précédent article intitulé «les élections sont celles possibles le 25 avril 2010?» a permis à la CEI  de se réveiller et de publier un communiqué à la date limite de clôture pour reconnaître implicitement que le délai de dépôt des candidatures ne peut pas être respecté, comme je l'avais indiqué. Les critiques constructives sont donc utiles. Il faut néan­moins éviter d'accumuler les exceptions; déjà le décret de convocation du corps électoral a pris 58 jours au lieu de 60 jours avant le scrutin, comme prévu par l'article 54 du code électoral. Lorsque le code électoral dicte 60 jours avant le scrutin, le ( jour du scrutin ne doit pas tre pris en compte pour ( la computation des 60 jours. Par ailleurs, ceux qui ont soumis le projet de décret au Chef de l'Etat ont d’oublier que ie mois de Février n'a que 28 jours.

Ayant pour ma part constaté que le découpage électoral comporte des inégalités au préjudice de certains arrondissements de Bangui et de certaines Sous-préfectures, j'ai cru utile d'en faire publique­ment part à qui de droit et à tous pour susciter une modification du décret portant découpage électoral ou pour susciter un large débat démocratique pou­vant démontrer que mes constatations correspon­dent ou ne correspondent pas à la réalité. Je ne prétends pas détenir la vérité. Je ne fais que la recher­cher.

Bien évidemment, mon but n'est donc pas de mettre à l’index certaines Sous-Préfectures, mais seulement de tenter d’obtenir que toutes les Sous-Préfectures soient traitées à égalité, ainsi que les arrondissements de Bangui.

1. DES CRITERES LEGAUX DU DECOUPAGE ELECTORAL

Aux termes de l'article 191 du code électoral, « L'Assemblée Nationale se compose d'autant de députés qu'il y a de circonscriptions électorales.

. Chaque Sous - Préfecture constitue une circonscription électorale. Pour la ville de Bangui, chaque arrondissement constitue une circonscription électorale.

Toutefois, pour les Sous - Préfectures et les Arrondissements de la ville de Bangui à forte démographie, une circonscription électorale supplémentaire sera créée par tranche respective de trente cinq mille (35000) habitants pour les Sous - Préfectures et de quarante cinq mille (45000) habitants pour les arrondissements de Bangui.

Un texte réglementaire détermine le découpage électoral sur la base des critères à l'alinéa ci-dessus».

Ce texte signifie que chaque Sous - Préfecture constitue d'office une circonscription électorale, quel que soit le nombre de sa population. C'est ainsi que la Sous - Préfecture de BAMBOUTI, dont la population est évaluée à 436 habitants constitue une circonscription électorale. Il en est de même pour chacun des 8 arrondissements de la ville de Bangui.

Ce texte signifie en outre implicitement que la population de référence est de 35000 habitants pour les Sous - Préfectures et de 45000 habitants pour les arrondissements de Bangui. Au-delà de chaque tranche supplémentaire de 35000 habitants pour les Sous ­préfectures et de 45000 habitants pour les arrondissements de Bangui, il est créé une circonscription électorale supplémentaire.

Pour une application rigoureuse, exacte et équitable de ce texte, il aurait fallu tenir compte du nombre de la population depuis 2003, année qui a servi au découpage électoral pour les élections de 2005, comme l'a suggéré Monsieur Eloi ANGUIMATE, au lieu de reconduire purement et simplement les chiffres de 2003.

2. DES INEGALITES QUANT A LA POPULATION GLOBALE

Bien que les chiffres de 2003 n'aient pas été actualisés, on constate, à la lecture du décret n° 10.049 du 2 Mars 2010 portant découpage des circonscriptions électorales pour les élections législatives, que les critères énoncés par l'article 191 du code électoral ne semblent pas avoir été appliqués de façon équitable et égale pour les Sous - Préfectures de PAOUA, MBAIKI, BOUAR, BATANGAFO et MOBAYE. Il en est de même pour certains arrondissements de BANGUI.

On constate en effet que la Sous-préfecture de PAOUA, dont la population est évaluée à 120.590 habitants, celle de MBAIKI dont la population est évaluée à 119.602 habitants et celle de BOUAR dont la population est évaluée à 96.595 habitants n'ont obtenu que 3 circonscriptions électorales. Par contre la Sous - Préfecture de Berberati a obtenu 4 circonscriptions électorales pour une population évaluée à 108.562 habitants (inférieure à celles de PAOUA et de MBAIKI), celle de BOSSANGOA 4 pour 95.360 habitants (inférieure à celle de BOUAR) et celle de BAMBARI 4 pour 94.454 habitants (inférieure également à celle de BOUAR).

De même, la Sous - Préfecture de MOBAVE n'a obtenu qu'une seule circonscription pour une population évaluée à 48.175 habitants, tout comme BATANGAFO dont la population est évaluée à 42.197 habitants, alors que la Sous - Préfecture de BIRAO a obtenu deux circonscriptions pour une population évaluée à 34.756 habitants, ainsi que celle de BOZOUM pour une population évaluée à 40.931 habitants (toutes deux inférieures aux populations de MOBAYE et de BATANGAFO).

Il semble du reste qu'en ce qui concerne la Sous - Préfecture de MOBAYE, la population de la Commune d'élevage de DEHOU ait été entièrement comptabilisée comme faisant partie de la Sous - Préfecture d'ALINDAO, alors qu'une partie de cette population habiterait la Sous - Préfecture de MOBAYE. Si tel est le cas, il serait souhaitable de diviser cette Commune en deux pour que chacune des2 Sous - Préfectures ne soit créditée que des habitants vivant sur son territoire.

Qu'est- ce qui peut expliquer de telles inégalités? On peut légitimement se le demander.

DES INEGALITES QUANT AUX TRANCHES SUPPLEMENTAIRES D'HABITANTS DES SOUS - PREFECTURES

En tenant compte des dispositions de l'article 191 qui prévoient une circonscription supplémentaire pour chaque tranche supplémentaire de 35.000 habitants en ce qui concerne les Sous - Préfectures, on constate que BERBERATI (108562 habitants) a obtenu une circonscription supplémentaire au-delà de la tranche de 3 circonscriptions (105.000 habitants) pour une tranche supplémentaire de 3.562 habitants, BOSSANGOA (95 360 habitants) a obtenu 2 circonscriptions supplémentaires au-delà de la tranche de 2 circonscriptions (70.000 habitants) pour deux tranches supplémentaires de 12 680 habitants chacune, et BAMBARI (94454 habitants) a obtenu 2 circonscriptions supplémentaires au­delà de la tranche de 2 circonscriptions (70.000 habitants) pour 2 tranches supplémentaires de 9727 habitants chacune.

Par contre PAOUA (120.590 habitants) dont la tranche supplémentaire au-delà de 3 circonscriptions (105:000 habitants) est de 15590 habitants, MBAIKI (119.602 habitants) dont la tranche supplémentaire au-delà de 3 circonscriptions (105.000 habitants) est de 14602 habitants et BOUAR (96595 habitants) dont la tranche supplémentaire au-delà de 2 circonscriptions est de 21595 habitants, n'ont obtenu que 3 circonscriptions chacune.

Il résulte de ce qui précède que pour obtenir 4 circonscriptions, il manquait à BERBERATI 31438 habitants, à BOSSANGOA 44640 habitants et à BAMBARI 45546 habitants alors qu'il ne manquait à PAOUA que 19410 habitants, à MBAIKI 20 398 habitants et à BOUAR 43 405 habitants (nombre inférieur à ceux de BOSSANGOA et de BAMBARI). L'inégalité de traitement de ces Sous Préfectures ne peut donc pas être justifiée par le nombre de leurs populations.

4. DES INEGALITES QUANT AUX ARRONDISSEMENTS DE BANGUI

Les inégalités de traitement se constatent également pour certains arrondissements de BANGUI.

            Le 3ème arrondissement (84 012 habitants), avec une tranche supplémentaire de 39092 habitants au-delà de la tranche d'une circonscription (45 000 habitants) n'obtient aucune circonscription supplémentaire, alors qu'il ne lui manque que 5908 habitants pour obtenir une 2ème circonscription.

            Le 4ème arrondissement (84333 habitants), avec une tranche supplémentaire de 44333 habitants au-delà de la tranche d'une circonscription (45000 habitants), n'obtient aucune circonscription supplémentaire, alors qu'il ne lui manque que 667 habitants pour obtenir une 2ème circonscription.

            Le 5ème arrondissement (114.418 habitants), avec une tranche supplémentaire de 24418 habitants au-delà de la tranche de 2 circonscriptions (90000 habitants), n'obtient pas une circonscription supplémentaire.

5. PROPOSITION DE MODIFICATION DU DECRET

Il serait souhaitable, pour une représentation équitable des Sous - Préfectures et des arrondissements de BANGUI, que le Président de la République modifie le décret portant découpage des circonscriptions électorales afin que les Sous - Préfectures et les Arrondissements de BANGUI ci-après bénéficient de circonscriptions ainsi qu'il suit:

3ème Arrondissement: 2 circonscriptions

4ème Arrondissement: 2 circonscriptions

5ème Arrondissement: 3 circonscriptions

PAOUA : 4 circonscriptions

MBAIKI : 4 circonscriptions

BOUAR : 4 circonscriptions

MOBAYE : 2 circonscriptions

BATANGAFO : 2 circonscriptions

Il est à souhaiter que les Partis politiques, les organisations de défense des droits humains, les Députés, la CEI, les habitants et les originaires de ces localités saisissent le Chef de l'Etat pour obtenir satisfaction, qu'ils soient de la Majorité présidentielle ou de l'Opposition. On peut régler certains problèmes par consensus, sans qu'il ne soit nécessaire de saisir les Tribunaux; ceux-ci ne doivent constituer qu'un ultime recours.

Ce ne serait qu'égalité et justice par rapport aux Sous - Préfectures de Berberati, Bossangoa, Bambari et Birao. A défaut, les habitants des circonscriptions des 3ème, 4ème et Sème Arrondissements de BANGUI et ceux de Paoua, Mbaïki, Bouar, Mobaye et Batangafo risqueraient de se sentir victimes d'une injustice et de dénoncer cette injustice par leurs votes, qu'Ils soient de la Majorité présidentielle ou de l'Opposition. Nul ne le souhaite.

            Ce serait dommage!  

                       

Maître ZARAMBAUD Assingambi

Bangui, le 15 Mars 2010

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 02:43


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Ce n’est pas dans mes habitudes de commenter ce que font les autres candidats à l’élection présidentielle. Je déroge à cette règle parce que BOZIZE et les siens prennent leurs fantasmes pour de la réalité.


En effet, après avoir fait languir les siens qui désespéraient de ne pas le voir annoncer sa candidature à sa succession, usant outrancièrement des moyens de l’Etat, BOZIZE a enfin annoncé sa candidature. Cette annonce doit désormais rendre le jeu politique transparent pour tout le monde y compris pour ceux ou celles qui sont appelés à gérer ces élections dont le « griotisme » n’est plus à démontrer et laisse planer un doute très sérieux sur leur neutralité dans le processus électoral en cours. J’en veux pour preuve les récents propos tenus par le respectable Président du Haut Conseil de la Communication sur les ondes de la radio et à la télévision nationale interdite à l’opposition et aux démocrates, propos selon lesquels s’il ne tenait qu’à lui ce régime honni par la population resterait longtemps en place, le parti-pris d’une partie de nos forces de défense et de sécurité arborant fièrement des T-shirts ou des pagnes dont le ton et la couleur ne font aucun mystère sur leur engagement politique public au côté du pouvoir en place et de son candidat.


« La constitution, rien que la constitution ». J’ai cru rêvé en entendant ces mots sortir de la bouche de son grand fossoyeur et pourfendeur et repris en chœur par ses sbires. Lorsque BOZIZE appelle au respect strict de la constitution, je ne puis m’empêcher de me demander à qui il l’adresse ? A l’opposition politique coupable à ses yeux de torpiller la CEI alors qu’il est notoirement connu et admis de lui, dans sa rencontre avec la classe politique nationale en présence du Corps diplomatique, que cette opposition avait raison dans le bras de fer qui l’opposait au président de ladite commission ? Si tel n’était pas le cas, pourquoi a-t-il pris sur lui de signer le Décret n° 10.040 du 24 février 2010 modifiant partiellement les dispositions du Décret n° 09.323 du 03 octobre 2009, portant nomination des membres de la commission électorale indépendante (CEI) et ses modificatifs subséquents ?


« La constitution, rien que la constitution ». D’accord avec lui. Pourquoi ne donne-t-il pas raison une fois de plus à ceux qui rejettent, au nom du respect de cette constitution dont il se réclame et dont il est d’ailleurs le garant, le Décret n° 10.041 du 25 février 2010 portant convocation du corps électoral entaché d’irrégularités quant à la forme et au fond et le Décret n° 1à.049 du 02 mars 2010, portant découpage des circonscriptions électorales de 2010 sur une méconnaissance gravissime du RGPH de 2003 validé en 2005 et de la projection du nombre de la population centrafricaine 7 ans après ?


« La constitution, rien que la constitution ». Qui de BOZIZE et de l’opposition a maintes fois saisi la Cour Constitutionnelle pour non respect de cette constitution ?


Le diable n’est pas toujours celui qu’on croit. Mais comme dit un adage : il vaut mieux tard que jamais. La classe politique doit se féliciter de cet engouement du candidat KNK et non moins Président de la République sortant pour la défense de la constitution. Pourvu que ce ne soit pas un leurre et pour les besoins de la cause.


A dire vrai, entre un BOZIZE lisant un discours qu’on lui a préparé et celui s’exprimant spontanément en sango, c’est le second que je préfère.


Que cela soit dit entre nous : la constitution et toutes les lois républicaines qui en découlent ne sont un pis-aller. Elles ne s’appliquent pas quand on le veut et en fonction de ses intérêts particuliers.


Oui, Monsieur le Président de la République !

La constitution, rien que la constitution.

Oui, Monsieur le Président de la République !

Nous irons aux élections.

Mais c’est là que vous vous trompez.


Nous irons à ces élections non pas parce que vous l’aurez voulu comme vous l’avez exprimé le jour de l’annonce de votre candidature. Nous irons, vous et nous à ces élections parce que la Loi n° 09.009 du 03 août 2009, portant Code Electoral en République Centrafricaine nous l’impose. Nous irons, vous et nous, à ces élections dans l’esprit et le respect strict de la Loi n° 09.009 du 03 août 2009, portant Code Electoral en République Centrafricaine opposable à tout le monde.

 A moins que vous ayez décidé de concourir seul et selon les règles à vous arrêtées.


N’en déplaise aux « louvoyeurs » qui, par facilité ou par ignorance, accuse à tort ou à raison l’opposition de faire des « petits » soucis de détail des sujets de blocage systématique. Ces « petits détails » que nous voulons voir corriger ne sont pas insignifiants comme on le croit. Ils sont la clé du succès ou de l’échec. Ce n’est pas pour rien que BOZIZE et son camp se dépêchent de nous prendre de court. Ils n’ont pas la volonté d’organiser des élections libres et transparentes. Sinon pourquoi se prendraient-ils comme ils le font ? Ils le savent. Ils n’ignorent pas que nous aussi nous nous savons.


Une fois de plus, laissons la Commission Electorale Indépendante (CEI) faire son travail dans la tranquillité. Quand elle aura fini, elle nous dira quand est-ce que nous irons voter. Si l’hypothèque du 10 juin 2010 hante le sommeil de BOZIZE et de son camp, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Ils ont eu 5 ans pour se préparer sans aucun doute mais ils ne se sont pas aperçus qu’ils devaient en même temps préparer les élections de 2010.



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Elois ANGUIMATE

Candidat Indépendant à l’élection présidentielle de 2010.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 02:38


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Elois ANGUIMATE                                                       Bangui, le 12 mars 2010

Candidat indépendant

A l’élection présidentielle

BANGUI

 

A

Monsieur le Révérend Pasteur Joseph BINGUIMALE

Président de la Commission Electorale Indépendante

BANGUI

 

Réf. Communiqué de presse CEI du 08 mars 2010

Objet : Lettre ouverte

Révérend Pasteur

Ambassadeur de Paix comme vous, je vous écris au nom des idéaux que nous partageons pour attirer fraternellement votre attention sur quelques manquements graves de votre part dans l’exercice de vos fonctions actuelles, manquements qui risquent d’entacher pour longtemps votre réputation de serviteur de Dieu à l’origine probablement de votre nomination à la tête de cet important organe chargé de la préparation, de l’organisation et de la supervision des élections présidentielle, législatives, régionales et municipales ainsi que les consultations référendaires et d’assurer la publication des résultats provisoires au vu des Procès-verbaux provenant des bureaux de dépouillement.

Dans le contexte actuel où un consensus national semble se dessiner en faveur de la Paix, le 25 février 2010, en violation de la Loi n° 09.009 du 03 août 2009, portant Code Electoral de la République Centrafricaine, le Président de la République, Chef de l’Etat a pris « sur votre proposition » le Décret n° 10.041, portant convocation du corps électoral. Loin d’unir la classe politique, ce Décret a fait l’objet d’un rejet de l’ensemble des partis de l’opposition et des personnalités indépendantes parce que non conforme au Code Electoral.

Je m’attendais à vous voir lever toute équivoque sur votre implication dans cette nouvelle crise. Vous avez observé un silence pesant qui fut brutalement interrompu par le communiqué de presse CEI du 08 mars 2010 signé de vous. En me le procurant, je pensais enfin avoir la réponse à la question que tout le monde se pose : quid de votre responsabilité et conséquemment du Décret litigieux ?

Je fus désagréablement surpris par son contenu. Sous le curieux titre : Mise au point par rapport aux listes électorales, vous prenez la liberté d’informer la Communauté Nationale et Internationale que le souci majeur et la principale préoccupation de la CEI restent l’organisation des élections transparentes, crédibles et justes en République Centrafricaine et que la CEI fera tout pour l’atteinte de cet objectif (sic.) comme s’il pouvait en être autrement.

Révérend Pasteur !

Ce que vous ne semblez pas comprendre c’est que vous n’occupez pas ce poste pour faire ce que vous voulez. Ce serait alors de l’anarchie. Il vous est fait appel pour exécuter à la lettre les tâches qui sont clairement définies dans le Décret n° 09.235 du 26 août 2009, portant mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI) à savoir :

-          Le recensement électoral ;

-          L’élaboration de la liste électorale ;

-          L’impression et la distribution dans les délais des cartes d’électeur ;

-          L’élaboration de la liste des bureaux de vote et de dépouillement ainsi que leur implantation puis leur communication aux candidats ou à leurs représentants ;

-          La proposition au Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation de la nomination des Présidents des bureaux de vote et Présidents des bureaux de dépouillement et leur formation ;

-          La composition des bureaux de vote et de dépouillement ;

-          L’enregistrement des candidatures aux élections présidentielles, législatives, régionales et municipales avec l’appui du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation ;

-          L’édition des bulletins de vote conformes aux couleurs et signes retenus par les candidats ;

-          L’organisation de la campagne de sensibilisation et d’éducation pré électorales

-          Le contrôle du bon déroulement de la campagne électorale

-          La confection et la distribution des matériels et documents électoraux, le cas échéant en présence des candidats ou leurs représentants ;

-          La fourniture en quantité suffisante des matériels et bulletins de vote dans tous les bureaux de vote et de dépouillement ;

-          La révision de la carte d’implantation des bureaux de vote ;

-          La transmission par la voie la plus sûre et la plus rapide des résultats du scrutin à l’organe chargé de leur proclamation ;

-          La mise en place par les autorités compétentes des mesures de sécurité adéquates pendant la durée du processus électoral :

-          Le contrôle et la régularité du vote, du dépouillement, du recensement, des suffrages, de la collecte et de la centralisation des résultats ;

-          L’assurance du respect de la stricte application du Code Electoral.

   

C’est cela et cela seul qui doit constituer votre souci majeur. C’est cela et cela seul qui doit principalement vous préoccuper. Ne le perdez pas de vue. Attelez-vous-y. Notre pays et notre classe politique toutes tendances confondues vous seront reconnaissants d’avoir organisé des élections sans contestation.

 

Ceci étant, voudriez-vous me dire quid du Décret n° 10.041 du 25 février 2010, portant convocation du corps électoral ?

 

Daignez acceptez, Révérend Pasteur, l’expression renouvelée de mon amitié.



Elois ANGUIMATE
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 00:01


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BANGUI - AFP / 15 mars 2010 22h00 -  Le chef de l'Etat centrafricain François Bozizé s'est déclaré lundi à Bangui candidat à l'élection présidentielle prévue le 25 avril dans son pays, sans s'opposer clairement à un report réclamé par plusieurs partis politiques et des ex-rébellions.

 

M. Bozizé, 63 ans, s'exprimait devant des milliers de militants de son parti, le Kwa na Kwa (KNK - "le travail, rien que le travail" en langue nationale sango, NDLR) rassemblés au stade Barthélemy Boganda, où un match de championnat national a été écourté pour l'occasion, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

"Aujourd'hui, les ouvrières et les ouvriers KNK me pressent de nouveau (...) de les accompagner dans les élections prochaines car ils sont déjà en ordre de bataille", a affirmé le président, arborant un ensemble taillé dans un pagne à son effigie.

 

"Ouvrières, ouvriers KNK, je vous ai compris. J'accepte encore une fois d'être votre porte-flambeau, j'accepte encore une fois de porter vos aspirations, les aspirations du peuple centrafricain", a-t-il lancé.

 

François Bozizé, un général, est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat ayant renversé le président Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003. Il a été élu en mai 2005 au second tour de la présidentielle face à l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé.

 

Selon un décret qu'il a lui-même signé, la présidentielle de cette année aura lieu le 25 avril en même temps que des législatives. La campagne électorale se déroulera du 12 au 23 avril. Aucune date n'a été fournie pour un éventuel second tour.

 

Dans son discours, il a relevé les multiples demandes de report des scrutins. Et sans s'y opposer clairement, il a indiqué que la Commission électorale indépendante (CEI) pouvait en décider en concertation avec les représentants des tendances en son sein.

 

"Nous allons, comme le prévoit la Constitution, aux élections générales. Il nous faut respecter en effet la Loi fondamentale de notre pays. Or, des voix se sont élevées pour exiger un report qui conduirait à un vide constitutionnel, à une vacance de pouvoir et à la mise en place d'un gouvernement de transition", a estimé M. Bozizé.

 

"Il nous faut (...) prendre la mesure des propositions qui sont avancées dans le sens du report des élections prévues dans les délais constitutionnels car un report de ces échéances signifierait des lendemains incertains pour le peuple", a-t-il affirmé.

 

"Je suis persuadé que la grande majorité des partis de l'opposition saura trouver avec nous les moyens de surmonter ces obstacles afin que le processus électoral se poursuive dans la sérénité. La (CEI) constitue le seul maître d'oeuvre des opérations électorales et pourra, avec les représentants de toutes les tendances qu'elle renferme, adopter un calendrier en toute indépendance", a-t-il dit.

 

Dans un communiqué, la CEI, chargée d'organiser et superviser les scrutins, a annoncé lundi le report de l'ouverture du dépôt des dossiers de candidature pour les élections. Il était censé commencer le 12 mars.

 

L'opposition, des partis centristes et des ex-rébellions ont réclamé "le retrait du décret présidentiel" sur les scrutins, estimant que les conditions n'étaient pas réunies. La Centrafrique n'est pas complètement pacifiée et n'a pas procédé à un recensement électoral, avait-ils notamment expliqué début mars.

 

Le pays tentera de mener à son terme un processus de paix après avoir été confronté pendant des années à des rébellions, coups d'Etat et exactions de rebelles, militaires et "coupeurs de routes".

 

(©)

NDLR : Bozizé est bien obligé de se rendre à l’évidence de la réalité et du caractère totalement fantaisiste de son calendrier électoral illégal qui est une véritable fuite en avant. Est-ce par qu'il est maintenant officiellement candidat à sa succession qu'il revient à une juste compréhension des choses ou cède-t-il aux multiples pressions exercées sur lui par plusieurs poids lourds internationaux ? Dès lors, il faut remettre les pendules de la CEI à l’heure par la désignation d’un nouveau président de sa coordination nationale en remplacement du vrai faux pasteur Binguimalé qui a suffisamment fait étalage de ses limites tant intellectuelles que morales et qui doit immédiatement passer le flambeau à un autre fils du pays plus capable. La CEI doit se mettre sérieusement au travail pour tenter de rattraper tout le temps perdu dans les errements de Joseph Binguimalé en préparant véritablement les élections notamment par  le recensement du corps électoral et la confection de listes électorales dignes de ce nom. C’est le rapport de la CEI qui doit lui permettre de proposer un calendrier électoral à l’exécutif. Cela doit être aussi clair.

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:44


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Paris 15 mars 2010 (C.A.P) - A leur demande, les deux avocats de Mme Denise Neris, la dernière compagne de Charles Massi, Maître François Gibault, ancien avocat de Bokassa et avocat de l'Etat Libyen en France et Maître Jean-Charles Tchikaya, ancien avocat du terroriste Carlos aux côtés de Jacques Vergès et de Milosevic au TPIY, ont été reçus ce lundi 15 mars au Palais de l’Elysée par un proche collaborateur du président français Nicolas Sarkozy.

Ces deux ténors du barreau parisien qui se préparent à déposer plainte devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour « crime de guerre » du fait des « tortures et l'exécution extrajudiciaire » du colonel Charles Massi, entendaient faire le point de l’évolution de l’affaire avec la présidence française qui, dans la réponse qu’elle avait faite à Mme Denise Neris, laissait clairement entendre que non seulement « L'absence de réponse satisfaisante à ce jour (ndlr : de la part des autorités centrafricaines) ne peut que nous inciter à persévérer dans notre détermination à obtenir que toute la lumière soit faite sur cette affaire » mais que « Si l'éventualité (…) d'une exécution extra-judiciaire de M. Massi était confirmée, cela constituerait une violation grave des principes élémentaires de l'Etat de droit qui ne pourrait rester sans conséquence ».

On le voit, l’étau judiciaire se resserre progressivement autour du président centrafricain François Bozizé au sujet duquel un dossier a dû être déjà ouvert et même des investigations doivent être en cours à la Cour Pénale Internationale (CPI) pour divers crimes de guerre et nombreuses violations de droits de l’homme perpétrés sous sa responsabilité en 2005, 2006 et 2007 notamment au Nord Ouest de la RCA dans la région de Paoua (préfecture de l’Ouham-Pendé) par le tristement célèbre capitaine Eugène Ngaikoisset de la garde présidentielle dit le « boucher de Paoua ».

On notera que la coïncidence de date entre l’annonce faite par Bozizé à Bangui de sa décision de se succéder à lui-même et l’audience accordée aux deux avocats de la famille Massi au Palais de l’Elysée ce même jour, 15 mars, n’est sans doute pas fortuite et donnera à réfléchir à quelques uns.  

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:37


Franck Saragba

La fin justifie -t-elle finalement les moyens ?  En tout cas c’est ce qui semble indiquée cette bourde monumentale orchestrée par le général  président  François Bozizé par l’intermédiaire de son ministre de la sécurité publique jules Bernard OUANDE. Autant dire que depuis l’accession du général Bozizé au pouvoir par un coup d’état le 15 mars 2003, les centrafricains en ont vu « des vertes  et des pas mûres » Entre décrets anticonstitutionnels, actes de barbaries, impunités, corruptions, assassinats politiques… les centrafricains  pensaient en êtres aguerris jusqu’à ce vendredi 13 mars 2010 où le ministre de la sécurité publique est intervenu sur les ondes de la radio nationale pour faire exploser le baromètre des bourdes commises par le régime .

En dévoilant sur les antennes  de la même radio  un supposé projet de coup d’état encore au stade embryonnaire, le régime n’a-t-il pas montré ses limites ? A partir d’une fiche de renseignement concoctée maladroitement par ses services, le ministre  de la sécurité publique a cru bon de dévoiler un coup d’état qui serait mis en œuvre, organisé et planifié sur une période d’une semaine à Bangui. N’aurait-il pas fallu attendre en déployant intelligemment ces hommes afin de prendre les commanditaires du coup d’état la main dans le sac ? 

Au lieu de distraire le peuple. A quoi sert finalement l’école de guerre dont on se targue d’avoir suivi les enseignements ? Des personnalités politiques aussi bien que des officiers et sous officiers de l’armée que le ministre n’a pas voulu les nommés seraient impliqués. Pour ceux-ci, il en fera  son affaire  personnelle a-t-il dit. Néanmoins à plusieurs reprises, le ministre de la sécurité publique a cité les acronymes AFP dont chacun sait  qu’il est attribué à Ange Félix Patassé, l’ancien président centrafricain, candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2010.

Les Centrafricains demandent des preuves irréfutables pour condamner les coupables, sinon BOZIZE  doit démissionner pour manquement au serment prêté.

Trop c’est trop ! Le peuple centrafricain en a marre de ces enfantillages qui mettent en péril la vie de la nation. Si les preuves irréfutables de ce « coup d’état » sont apportées et démontrées, il ne fait aucun doute que la loi doit être appliquée dans la plus stricte rigueur, auquel cas Bozizé doit démissionner. L’accusation est trop grave pour rester sans suite. Elle dépasse le stade des accusés pour atteindre le niveau du peuple, premier victime des actes irresponsables de nos gouvernants. On ne s’amuse pas indéfiniment avec les institutions de la république.  On ne joue pas avec le peuple par lequel  on a reçu mandat si toutefois la prestation de serment et le sens de l’état ont encore un sens.

On serait tenté de croire à de telles allégations si seulement si, les mêmes accusations gratuites n’avaient  pas été portées d’une manière légère il y a si peu sur la personne du candidat du Mlpc Martin ziguélé. Ce dernier  serait aidé par la France pour renverser le régime de Bangui. Accusation qui s’est avérée infondée et qui est restée à ce jour sans effet, malgré la volonté du candidat Martin Ziguélé à vouloir clarifier cette histoire. Puis, récemment une autre accusation sur la personne de Jean jacques Demafouth  qui aurait détourné l’argent destiné au programme du DDR pour acheter des armes afin de faire un coup d’état.

Coup d’état par-ci, coup d’état par là, finalement coup-d’état de nulle part. Décidemment le régime de Bangui a du mal à se départir de la logique de coup d’état dont il est l’un des concepteurs et l’un des précepteurs dans la vie politique de notre pays. Et voilà qu’à bout de souffle le régime  se met à accuser à tort et à travers les différents leaders de l’opposition démocratique, voilà qu’il se met à jeter le discrédit et la confusion une fois de plus au sein des forces armées centrafricaines déjà éprouvées.

Toute l’énergie créative et positive que le régime doit mettre au service de la nation une et indivisible est accaparée dans le montage des stratégies politiciennes dans le seul but est de manipuler notre peuple et jeter le trouble dans le pays. Au moment où la plupart des acteurs politiques s’accordent  et ne souhaitent qu’une chose,  aller à une élection juste et transparente. Au moment où la communauté internationale se démène pour la énième fois  pour trouver une solution au particularisme centrafricain.

Derrière cette mise en scène politico burlesque se cache une réelle stratégie pour confisquer le pouvoir en 2010

Les sondages réalisés  du 09 au 14  février 2014 sur les prochaines élections présidentielles dans notre pays par la fondation panafrican union sont clairs et pourraient sans doute nous donner un début d’explication sur ces accusations. Les sondages donnent le général Bozizé perdant dans tous les cas de figure. Ceci pourrait expliquer sans doute cela.

La volonté de saborder le processus électoral en adoptant la stratégie de victimisation pour mieux le verrouiller en évinçant Les adversaires politiques capables de  battre le général Bozizé en 2010 semble être la motivation première.  La stratégie est dangereuse, anti démocratique mais elle a déjà fonctionné par le passé pour le régime Bozizé. Les candidats qui pourraient potentiellement battre le général Bozizé doivent êtres interdits des élections. Pour cela il faut trouver des raisons même les plus fantaisistes. C’est ainsi qu’il avait décrété en 2005 qui pouvait être candidat ou pas. Lors du dialogue politique inclusif, il a utilisé la même stratégie pour intimider et exclure quelques acteurs. Des décisions unilatérales dans l’organisation de ce dialogue ont été prises.  Il a fallu toute l’entremise du défunt président Bongo pour faire participer tous les leaders de l’opposition.

Les centrafricains abusés par les manipulations politiciennes grotesques de nos gouvernants ne veulent plus êtres les dindons de la farce. Nos pères, nos mères, nos oncles, nos tantes, nos frères, nos sœurs, des valeureux patriotes ont perdu la vie par le passé suite à ces montages éhontés  de ces hommes politiques pas comme les autres. Les centrafricains sont fatigués et veulent désormais qu’une élection libre, juste et transparente ait lieu afin de connaitre définitivement par les urnes la véritable notoriété et le poids de chaque homme politique.

 

Franck SARAGBA

« De l’esprit fini kodé »

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