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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 23:03


Binguimalet.jpg

Depuis quelques jours, les représentants du clan Bozizé au sein de la Commission Electorale font circuler des rumeurs faisant état de ce que le premier tour des élections présidentielles aurait lieu le 19 avril prochain et le second tour lé 21 mai 2010. Si jamais ces rumeurs qu’on espère infondées venaient à être confirmées, cela reviendrait à dire que la CEI est en train de mettre la charrue avant les bœufs, ce qui est totalement inadmissible et doit être dénoncé et condamné avec vigueur. Il est impensable, alors même que le recensement électoral préalable à l’établissement des listes électorales n’a pas encore démarré, qu’on puisse déjà fixer des dates de scrutin. Que la CEI centrafricaine prenne exemple sur celle de la Côte d’Ivoire où les listes électorales, bien que déjà publiées, n’ont pas encore permis que les dates de scrutin soient fixées.

Au lieu de s’atteler sérieusement au démarrage du travail de recensement des électeurs qui en RCA, posera d’énormes problèmes du fait de la présence de nombreux compatriotes déplacés internes et réfugiés dans les pays voisins et dans les camps de l’UNHCR, le président de la CEI le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé est davantage préoccupé par la coupe de ses costumes et la qualité des lits sur lesquels il va dormir, bref, son standing de vie. C’est un secret de polichinelle qu’un pacte secret a été conclu entre Bozizé et Binguimalé pour que ce dernier mette tout en œuvre afin qu’il soit réélu mais leur sordides manœuvres ne sauraient faire l’impasse sur les règles élémentaires du bon déroulement du processus électoral. Les élections ne pourraient avoir lieu sans que le programme DDR n’ait préalablement atteint ses objectifs de ramener la sécurité et la paix sur l’ensemble du territoire national. Il ne saurait avoir d’élections dignes de ce nom avec des résultats incontestables sans que la CEI n’ait effectué un parfait recensement du corps électoral et dressé et préalablement publié des listes électorales informatisées et fiables selon les normes et standards modernes d’aujourd’hui.

C’est seulement la semaine dernière qu’on nous a annoncé l’arrivée à Bangui d’une trentaine d’observateurs militaires du DDR. Le président de la CEI passe son temps à faire des prières pour soi-disant chasser le diable qui habite la RCA tout en cherchant seulement maintenant à résoudre les problèmes budgétaires et ses difficultés d’installation et d’intendance. On voit mal comment dans ces conditions, on peut déjà raisonnablement et décemment arrêter des dates de scrutin même si les complices de Bozizé agglutinés au sein de la CEI tiennent absolument à faire plaisir à ce dernier qui clame partout que les délais doivent être respectés afin qu’il n’y ait pas vide juridique après l’expiration de son mandat à la mi juin prochain.

Les agissements de son parti KNK sont inadmissibles et doivent être dénoncées fermement. Jeudi dernier à 13 heures par exemple, une réunion KNK des fonctionnaires du ministère des Transports s’est tenue au ministère des Travaux Publics. But : caporaliser et embrigader tous les cadres de ce ministère dans le KNK. Ceux qui n’accepteront pas de se faire enrôler dans le KNK s’exposeront à tous des ennuis administratifs de toutes sortes pouvant aller jusqu’au non paiement du salaire. Voilà les méthodes du KNK. Les fonctionnaires de tous les départements ministériels doivent se le tenir pour dit. Après le ministère des transports, à qui le prochain tour ?

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:57


maisons-incendiees-a-Dongo.jpg

Kinshasa | Lundi 21 Décembre 2009 à 13:22:41

La situation à l’Equateur pousse l’Assemblée nationale de la RDC et celle du Congo Brazzaville de dépêcher une mission conjointe des députés à Dongo ce mardi. Ces députés ont une triple mission, à savoir, réconforter les populations de Dongo, convaincre les réfugiés à retourner au pays et procéder à la réconciliation de toutes les tribus pour une paix durable, rapporte radiookapi.net

 

José Engbanda, député national élu de l’Equateur et président de cette mission explique la démarche des deux Assemblées nationales : « Nous dénombrons plus de 90 000 réfugiés au Congo-Brazzaville et une partie en Centrafrique. Ce sont des compatriotes congolais que nous voulons visiter suivant l’autorisation du président de l’Assemblée nationale, pour un réconfort moral. Les députés nationaux de la République sœur du Congo Brazzaville avaient effectué une mission auprès de l’Assemblée nationale, sollicitant notre concours pour que la paix revienne dans cette partie du territoire (Ndlr : Dongo). Ils avaient souhaité qu’une mission conjointe puisse descendre dans le département de la Likouala pour que nous puissions tant soit peu réconforter nos compatriotes. Les parlementaires devaient aussi contribuer à ce qu’il y ait une réconciliation sincère entre les différentes tribus »

Cependant, le député Jean Engbanda reconnaît qu’il y a un problème d’assistance humanitaire. Jusque-là, souligne-t-il, le gouvernement (de la RDC) n’a encore rien fait, pourtant, le président de l’Assemblée nationale a écrit au Premier ministre pour qu’une assistance humanitaire soit accordée à ces compatriotes qui sont là-bas, conclut-il.

Copyright Radio Okapi

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 18:10


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 NEW YORK (AFP) - lundi 21 décembre 2009 - 17h53 - La Commission d'enquête sur le massacre du 28 septembre au stade de Conakry a rendu un rapport accablant pour les plus hautes autorités guinéennes, qu'elle accuse de crimes contre l'humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

"Il est raisonnable de conclure que les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 et les jours suivants peuvent être qualifiés de crimes contre l'humanité", affirme le rapport de cette Commission internationale nommée par l'ONU, publié lundi et transmis au Conseil de sécurité.

Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, le capitaine Dadis Camara, ne se présente pas à l'élection présidentielle.

La Commission onusienne fait état d'au moins "156 personnes tuées ou disparues, soit 67 personnes tuées et dont les corps ont été remis aux familles, 40 autres qui ont été vues mortes au stade ou dans les morgues mais dont les corps ont disparu, ainsi que 49 autres vues au stade dont le sort reste inconnu".

Elle confirme "qu'au moins 109 femmes ont été victimes de viols et d'autres violences sexuelles, y compris de mutilations sexuelles et d'esclavage sexuel".

"Plusieurs femmes ont succombé à leurs blessures suite à des agressions sexuelles particulièrement cruelles", ajoute-t-elle.

La Commission estime qu'ensuite, "les autorités guinéennes se sont engagées dans une logique de destruction des traces des violations commises, qui vise à dissimuler les faits: nettoyage du stade, enlèvement des corps des victimes d'exécutions (...), altération intentionnelle des documents médicaux et prise de contrôle militaire sur les hôpitaux et les morgues".

Cette opération a eu pour résultat d'instaurer un climat de peur au sein de la population et la commission estime en conséquence que "le nombre des victimes de toutes ces violations est très probablement plus élevé".

Le rapport de 60 pages conclut à la "responsabilité pénale individuelle" de plusieurs responsables guinéens, dont Dadis Camara, son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, et le ministre chargé des services spéciaux, le commandant Moussa Tiegboro Camara.

Dadis Camara est incriminé pour sa "responsabilité de commandement", les deux autres officiers pour avoir été présents sur le lieu des crimes et personnellement impliqués.

Le dossier du lieutenant "Toumba" est particulièrement chargé, la commission citant des témoignages selon lesquels "la violence au stade a commencé quand il est arrivé" et il a participé personnellement à certaines attaques et notamment "tiré à bout portant sur des manifestants".

La Commission considère que d'autres personnes "pourraient être considérées comme pénalement responsables", parmi lesquelles le capitaine Claude Pivi, dit "Coplan", ministre de la Sécurité présidentielle, et le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé.

La Commission recommande de saisir la Cour pénale internationale (CPI) "pour enquêter sur les responsables présumés des crimes contre l'humanité".

Le 3 décembre, Dadis Camara a été blessé par balles à la tête dans une tentative d'assassinat à Conakry par le lieutenant "Toumba", qui est en fuite. Dadis Camara est depuis lors hospitalisé à Rabat.

La Commission d'enquête internationale est composée de trois membres: l'ancien ministre algérien Mohamed Bedjaoui, qui la préside, Françoise Kayiramirwa (Burundi) et Pramila Patten (Ile Maurice).

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 16:08


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BRANDJI, Tchad (AFP) - lundi 21 décembre 2009 - 12h31 - Sur les eaux autour du lac Tchad, des dizaines de femmes récoltent la spiruline, une algue salée d'un beau vert intense: un projet pour développer son exploitation dans la région devrait conduire à l'exportation de ce produit à la valeur nutritive exceptionnelle.

"Produit miracle, produit du siècle! Avec 70% de protéines, elle contient cinq à dix fois plus de protéines que la viande, des vitamines A et B12...", s'enthousiasme Mahamat Sorto, coordonnateur du Projet spiruline, développé avec l'aide de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Union européenne (UE).

"Les anciens, qui ne connaissaient pas sa valeur nutritive, l'utilisaient comme médicament ou pour soigner des problèmes de peau. On veut développer son exploitation car elle peut à la fois servir à nourrir des gens dans une région qui souffre de malnutrition et pour commercialiser un produit qui peut avoir du succès dans le monde entier", souligne M. Sorto.

Autour du lac Tchad, la spiruline, mi-algue (en raison de la photo-synthèse) mi-bactérie (parce qu'elle ne dispose pas de noyau), "pousse" naturellement dans des bassins, dégageant une odeur pas forcément très agréable.

Avant, les femmes la récoltaient dans l'eau et la séchaient à même le sable, pour en faire des galettes. Aujourd'hui, grâce au projet, elles filtrent, tamisent, concentrent et sèchent la spiruline, pour en faire des spaghettis, cakes ou gélules.

L'ancien mode d'exploitation "laissait beaucoup d'impuretés dans les galettes. Nous avons mis au point une technique avec une démarche de qualité", explique M. Sorto.

Un marché est en train de naître. Quelque 400 tonnes, produites par environ 1.500 femmes, sont déjà commercialisées chaque année. L'exportation devrait commencer en 2011 après une certification. La spiruline pourrait ainsi devenir un produit de luxe -de beauté ou paramédicale- dans les pays riches.

Le prix du kilo est passé de 1.000 à 5.000 FCFA (de 1,5 à 7,62 euros). Une manne importante dans une région où les hommes, souvent des pêcheurs, voient leurs revenus chuter avec le rétrécissement du lac Tchad et son appauvrissement en poissons.

"Je peux gagner jusqu'à 100.000 F CFA par mois (152 euros)", se réjouit Arsa Abdoulaye dite Baana, mère de 8 enfants.

"Désormais, c'est moi qui commande à la maison", assure-t-elle, suscitant des rires dans le groupe de femmes occupées à travailler la spiruline. Elle montre un anneau dans une narine et précise: "C'est de l'or et c'est moi qui me le suis offert!"

Baana récolte la spiruline tous les jours à 06H00 du matin. Vers 10H00, elle passe aux opérations de transformation jusqu'à midi, puis retourne dans son foyer s'occuper des tâches ménagères.

"On n'en mangeait pas souvent mais maintenant, oui, depuis qu'on sait que c'est bon pour la santé", affirme-t-elle, jurant que ses enfants mangent sans qu'on les force cette algue très salée. "Ils aiment ça!"

Déjà, les femmes et le projet sont confrontés aux problèmes du lac Tchad, qui a perdu près d'un quart de sa surface en un demi-siècle en raison à la fois d'une surexploitation de son eau et du réchauffement planétaire. Certaines zones où l'on trouvait eau et spiruline se sont taries. "Un jour, tout sera sec", dit Banaa, mais en attendant, "on travaille".

La spiruline "a changé ma vie!", lance cette redoutable commerçante, vantant ses vertus comme produit de beauté: "Avant j'étais trop vilaine maintenant regardez comme je suis belle!"

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 15:02


Dadis.jpg

LE MONDE | 21.12.09 | 10h11  •  Mis à jour le 21.12.09 | 11h16


Des tirs en rafale sans sommation sur une manifestation politique pacifique réunie dans un stade. Des civils encerclés par l'armée et tués sur place à l'arme automatique, au poignard, à la baïonnette, tabassés à mort à coups de planches à clous. Des femmes violées par dizaines et atrocement mutilées, d'autres enlevées pour servir d'"esclaves sexuelles" dans les camps de l'armée et les villas des officiers…

La commission de l'ONU sur les événements de Guinée juge que les massacres et autres violences perpétrés le 28 septembre et les jours suivants à Conakry, la capitale, relèvent du "crime contre l'humanité".

Dans un rapport remis samedi soir 19 décembre au Conseil de sécurité, la commission en impute la responsabilité au chef de l'Etat guinéen : "La commission considère qu'il existe des raisons suffisantes de présumer une responsabilité pénale directe du président Moussa Dadis Camara."

Les trois rapporteurs décrivent, au fil d'une soixantaine de pages aussi précises que détaillées, non pas une journée d'affrontements politiques qui aurait mal tourné, mais une série de tueries "systématiques", de viols et d'actes de torture "organisés" contre une partie de la population.

Ils réclament la saisine de la Cour pénale internationale et nomment plusieurs personnes de l'entourage direct de M. Camara comme présumées responsables, avec lui, de ces "crimes contre l'humanité".

TROIS JOURS

Les violences vont durer trois jours à Conakry. Objectif : intimider tous ceux qui contestent l'intention de M. Camara, le chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2008, de se présenter à l'élection présidentielle de 2010.

La candidature du chef de la junte reniait un engagement préalablement conclu avec tous les partis, selon lequel il renonçait à participer au scrutin.

M. Camara est aujourd'hui en convalescence au Maroc. Il a été blessé par balles le 3 décembre dans une tentative d'assassinat attribuée à son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité, dit "Toumba", actuellement en fuite. Mais le rapport de la commission de l'ONU est tellement accablant pour M. Camara qu'il est difficile d'imaginer que celui-ci, même guéri, ait encore un semblant d'avenir politique.

Les rapporteurs confirment certains chiffres précédemment cités : 156 personnes tuées ou disparues le 28 septembre; au moins 109 femmes ou jeunes filles victimes de viols, de mutilations sexuelles et d'esclavage sexuel.

La commission, qui a entendu quelque 700 témoins, juge que les autorités ont tout fait pour masquer la vérité et affirme : "Le nombre des victimes est très probablement plus élevé." Elle mentionne des "centaines d'autres cas de torture, de traitements cruels et dégradants" imputables aux forces de sécurité dans les jours qui suivirent le 28 septembre.

La commission a été mandatée sur ordre du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, directement saisi par le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner qui a mobilisé l'Union européenne, les Etats-Unis et nombre de pays d'Afrique sur cette affaire.

Pour leur journée de protestation, les mouvements d'opposition avaient choisi le 28 septembre, date anniversaire de l'indépendance, en 1958, de cette ancienne colonie française sur la côte ouest de l'Afrique. Et ils avaient décidé de tenir leur manifestation à Conakry dans le stade dit du 28-Septembre.

Quelques milliers de personnes se rassemblent tôt le matin sur la pelouse, les gradins et alentour. Il y a déjà eu en ville des affrontements brefs avec les forces de sécurité. Les dirigeants de l'opposition sont à peine installés à la tribune que des coups de feu retentissent à l'extérieur du stade. Des manifestants s'en prennent à des gendarmes.

Quelques instants plus tard, arrivent des soldats de la garde présidentielle, les Bérets rouges – auxquels la commission va attribuer l'essentiel des crimes. Une unité entre dans le stade et tire sans sommation, à l'arme automatique, en rafales : des dizaines de personnes sont fauchées, d'autres piétinées à mort dans la panique qui s'ensuit.

Les manifestants cherchent à fuir. Mais ils sont piégés, relate la commission de l'ONU: à l'extérieur, une autre unité de Bérets rouges a bloqué les sorties du stade avec du fil de fer barbelé électrifié. La campagne de terreur peut se poursuivre. Appuyés par des gendarmes et des miliciens pro-Camara masqués et habillés en noir, les Bérets rouges continuent à tirer sporadiquement, ils poignardent, tabassent et violent.

"FAIRE UN MAXIMUM DE VICTIMES"

"Plusieurs corps de victimes récupérés par les familles avaient reçu des balles dans la tête, le thorax ou les côtes", écrit la commission. Elle ajoute : "L'utilisation d'armes mortelles contre des civils non armés, le fait d'ouvrir le feu à balles réelles et sans sommation sur une foule compacte assemblée sur la pelouse et d'avoir tiré jusqu'à épuisement des balles et visé les parties du corps comprenant les organes vitaux sont autant d'indications de l'intention préméditée de faire un maximum de victimes parmi les manifestants."

Les soldats ont isolé nombre de femmes et de jeunes filles du reste des manifestants. Certaines sont emmenées au camp militaire Alpha Yaya Diallo, et dans des villas pour servir, plusieurs jours durant, d'esclaves sexuelles aux militaires. D'autres sont violées sur place. La commission a retracé des scènes d'une rare violence : "Des femmes ont été violées avec des objets, notamment des baïonnettes, des bâtons, des morceaux de métal, des matraques"; "des militaires ont achevé des femmes violées en introduisant les fusils dans leur vagin et en tirant"; "une femme aux yeux bandés, qui avait été violée, a été égorgée par un militaire au moment où elle arrachait le foulard de ses yeux."

Le massacre du stade s'arrête vers 14 heures. Des norias de camions acheminent les corps vers les morgues de la ville, d'où ils sont vite retirés par l'armée pour être enterrés dans des fosses communes. "Les militaires ont coupé les bras et les jambes de certains cadavres afin de les faire entrer plus facilement dans les fosses", rapporte l'ONU.

Mais dans les deux jours qui suivent, la terreur se poursuit à Conakry. Les blessés sont traqués dans les hôpitaux, quelquefois tués sur place; les soldats commettent d'autres viols; les domiciles de dirigeants de l'opposition sont pillés par les partisans du capitaine Camara.

A plusieurs reprises, l'ONU insiste sur le fait que cette campagne de terreur semble avoir été préméditée et organisée pour briser l'opposition. Outre le capitaine Camara, le rapport cite parmi les responsables les plus directement impliqués dans ces crimes : le lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité (Toumba), le commandant Moussa Thiegboro Camara, chef des services spéciaux, le capitaine Claude Pivi.

 

Alain Frachon

Article paru dans l'édition du 22.12.09

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 01:02


Boziz--en-train-de-voter.jpg

 

20 décembre 2009 blog de Juliette Abandokwe

Personne ne s’attend à ce que François Bozizé, en tant que bon général président dictateur qui se respecte, ne quitte le pouvoir librement et démocratiquement. Il est arrivé au pouvoir par la violence, et ne connait pas d’autre langage. Le goût très sucré de la mangeoire ne peut d’ailleurs que le dissuader  de la quitter. Par conséquent, tous les moyens seront bons pour forcer les centrafricains à accepter sa réélection en 2010.

Les moyens à disposition sont multiples et bien connus de tous, et sont régulièrement utilisés lors d’élections présidentielles en Afrique en tout cas.

« Comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? » disait Omar Bongo.

Les pays de la communauté françafricaine usent d’une machine déjà très bien huilée depuis l’avènement des pseudo-indépendances, installée par un colonisateur qui avait bien l’intention de garder la main mise sur ses colonies de façon détournée, afin de continuer à faire mains basses sur les ressources naturelles déjà largement exploitées durant la colonisation.

Le gouvernement français se porte ainsi garant d’un résultat à la hauteur des espérances du « président » sortant, en échange de la bonne garde du pré-carré que tout le monde connait. Les petits moyens locaux viennent en tête de la parade en vue de la fraude électorale massive que nous connaissons dans les pays de la Françafrique, et qui se répète à chaque échéance électorale.  

Le premier petit moyen est la manipulation du nombre des personnes qui auront le droit de déposer leur bulletin de vote. En République centrafricaine, Bozizé a décrété publiquement et devant les médias internationaux, que le recensement du corps électoral  est un petit problème et qu’il peut se faire en un mois.  Or, ce n’est que des fabrications de listes électorales qui peuvent être produites en si peu de temps. C’est ce dont le principal candidat de l’opposition, Martin Ziguélé, chef du MLPC, accuse le pouvoir de vouloir faire par le biais d’Elie Ouefio, Secrétaire général du parti au pouvoir, et Ministre de l’Administration du Territoire. Martin Ziguélé exige simplement des listes électorales fiables, et respectent les dispositions constitutionnelles.

Or, la manipulation de sous-préfets, préfets, chefs de village et maires de plusieurs préfectures  en province, ainsi qu’à Bangui et à Bimbo, a été largement constatée, et prouve les tentatives de malversation en termes de recrutement électoral, et de listes parallèles et non conformes, donc illégales. Ainsi l’établissement de la base même du processus, est sujet à des tentatives systématique de sabotage, ce qui ne présage pas grand-chose de bon pour la suite.

Le peuple centrafricain  se fait malmener  une fois de plus dans sa volonté d’exercer son droit le plus fondamental, sa liberté de penser et de manifester son opinion.

Or, « un OUI n'a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON » disait Lamine Gueye.

 Les Centrafricains sont en droit de s’attendre à un recensement électoral fait ouvertement et dans les règles, par la voie officielle, et surtout sur toute l’étendue du territoire national, effectué par une commission électorale indépendante comme le stipule la loi constitutionnelle. Les listes électorales doivent ensuite être affichées et corrigées selon les réclamations des citoyens.  Les listes définitives sont les seules listes légales. Les  Centrafricains ont le droit au respect de la loi garantie par la Constitution.

La communauté internationale, au terme des élections, est sensé valider un résultat obtenu dans la transparence et la légalité. Or, l’opinion publique internationale est très silencieuse, inconsciente et désintéressée du sort d’un  peuple africain de plus, dont il n’entend rien d’autre depuis  50 ans au moins, que l’histoire diabolisée et tropicalisée de Bokassa, et des coups d’état à répétition.  Qu’elle est loin également cette misère et cette famine que les médias étalent. Le Darfour, l’Ethiopie, la Somalie, et finalement tout se mélange ;  les gouvernements occidentaux profitent de l’ignorance pour valider l’inacceptable, et feignent l’ignorance des malversations malgré tous les cris de protestation du monde.

Comment les peuples occidentaux peuvent-il valider des pratiques qui ne pourraient jamais être validées en Europe !  C’est parce que ces pratiques en Afrique sont systématiquement  validées par l’Occident, qu’elles constituent finalement la normalité sans questionnement.

Comment la communauté internationale peut-elle valider une élection présidentielle basée sur des inscriptions clandestines de citoyens par des chefs de village et des maires aux ordres de Bangui, sur des cahiers d'écoliers pour constituer des listes parallèles comme le fait depuis juillet 2009 le Ministre centrafricain de l'Administration du Territoire, et Secrétaire général du KNK, Monsieur Elie Ouefio.  Ce sont pourtant des pratiques inacceptables !

Comment peut-on accepter et valider, comme procédé  légal et transparent, des listes électorales manuscrites tel qu’en 2005, où l’urgence et l’instabilité suite à la rébellion avait excusé ces listes composées à la va-vite. Martin Ziguélé, bien que candidat et accepté au deuxième tour, n’avait pas pu voter du tout, comme son nom ne figurait sur aucune de ces listes électorales !

En outre,  le Ministre Ouefio a affirmé devant l’Assemblée Nationale en avril dernier, que les listes électorales de 2005 étaient détruites, alors qu’il parle également de l’actualisation de listes électorales à la place d’un recensement complet en bonne et due forme. Le temps est compté, c’est vrai, mais il faut quand même que la loi constitutionnelle soit appliquée un tant soit peu. Comment peut-on en Occident valider ce qui est basé sur l’actualisation de listes électorales qui n’existent plus! Il ne s’agit tout simplement que de noms de personnes recensées illégalement et clandestinement par les chefs de village et les maires qui ont été saisi dans des fichiers informatiques parallèles, pour les imposer à la Commission Electorale Indépendante, qui elle, est sensée garantir la transparence du processus.

En clair, le pouvoir en place cherche à bloquer le déroulement normal du processus dans tout l’arrière pays ; loin du théâtre des opérations de la capitale, les partis politiques, ainsi que les divers organes et bailleurs de fonds de la communauté internationale n’y voient que du feu…

Martin Ziguélé affirme que « le ministre en charge de l’Administration du territoire profite de l’installation des nouveaux préfets et sous-préfets pour mettre en place des structures du KNK (groupement politique soutenant le président Bozizé), et impose aux maires et chefs de village et de Groupe, de démissionner de leurs partis respectifs pour diriger les structures locales de KNK ».
En fin de compte, la Commission électorale deviendrait une commission à laquelle « on impose de fausses données  pour légitimer de faux résultats ».  De quoi valider largement un faux président à la même occasion !

Cette situation est inacceptable, et elle à  prendre avec le plus grand des sérieux, par une communauté internationale qui ne se cesse de déverser des milliards dans les poches du régime de Bozizé, sans apparemment jamais se poser de vraies questions.

La communauté internationale doit absolument comprendre  que le peuple centrafricain aspire désespérément  à la paix, et à des élections paisibles et correctement menées.  Dans cette perspective, il serait hautement souhaitable que les candidats au scrutin soient traités équitablement, que le déroulement du processus électoral soit mené dans la transparence et le sérieux, en laissant de côté les grossières manipulations. Il est également indispensable et normal, que tout centrafricain en âge de voter, y compris les déplacés et les exilés, soient recensés, afin que le scrutin exprime la libre expression du peuple, que le résultat soit crédible, et surtout acceptable avant d’être validé aveuglément.

Ces procédés, comme mentionnés précédemment, sont répandus de façon institutionnalisée en Françafrique. Aujourd’hui c’est la République Centrafricaine, et demain il s’agira du Cameroun, où les chefs de quartiers corrompus distribuent les cartes de vote seulement aux « bons citoyens camerounais ». Dans les quartiers ou les régions notablement dans l’opposition, il n’y a pas de cartes de vote du tout.

Ce n’est que la pointe de l’iceberg.  Et nous ne parlons là que des fraudes pré-électorales. Les urnes bourrées ou brûlées, les intimidations et menaces envers les électeurs, la présence omniprésente des forces armées au moment du vote, le black-out communicationnel dans le pays, ainsi que les répressions dans le sang d’électeurs qui manifestent leur réprobation à la violence politique des autorités, ne sont qu’une faible image de la réalité du terrain. Les fraudes électorales sont massives à tous les niveaux, afin de garantir que le « bon candidat » sera bien le vainqueur.  

Valider de tels résultats équivaut bel et bien à un crime contre l’Humanité.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:59


carte_tchad_lac_fitri_432.gif

 LIBREVILLE  (AFP) - dimanche 20 décembre 2009 - 20h39 - Un officier tchadien a été blessé dimanche lors d'un échange de tirs avec un groupe d'hommes armés qui a attaqué dans l'est du Tchad un convoi logistique de la Minurcat, la mission de l'ONU dans le pays, a annoncé cette organisation.

"Un convoi logistique de la Minurcat, composé de trois véhicules civils, a été la cible d'une attaque ce (dimanche) matin par quatre hommes armés non identifiés sur la route menant de Goz Beïda à Koukou Angarana", affirme la Minurcat dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.

La localité de Koukou Angarana, située à une cinquantaine de 50 km au sud-est de Goz Beïda, abrite un camp d'environ 20.000 réfugiés soudanais et polarise des sites de déplacés tchadiens estimés à 40.000 personnes, d'après des humanitaires.

Selon la Minurcat, les assaillants ont réquisitionné un des véhicules du convoi "sous la menace des armes" avant de prendre la fuite. Ils ont été poursuivis par une patrouille du Détachement intégré de sécurité (DIS), les policiers et gendarmes formés par l'ONU pour veiller sur les camps de réfugiés.

La patrouille du DIS a pu récupérer le véhicule mais "lors de l'échange de tirs qui s'en est suivi, un officier du DIS a été blessé", ajoute la mission onusienne, sans précision sur la gravité de ses blessures.

Aucun autre bilan n'a été fourni.

Un convoi armé comprenant des services médicaux d'urgence a été dépêché sur les lieux par la Minurcat "afin de ramener le personnel et le matériel roulant vers la base", tandis que le DIS a envoyé sur place "deux unités de patrouille supplémentaires afin de sécuriser la zone de l'incident", selon le communiqué.

La Minurcat, qui a pris le 15 mars 2009 le relais de la Force européenne Eufor, est chargée d'assurer la sécurité des déplacés dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, de favoriser leur retour volontaire et de faciliter l'aide humanitaire.

L'est du Tchad abrite des camps de réfugiés venus du Darfour (ouest du Soudan), en guerre civile, ainsi de la Centrafrique, mais également des déplacés tchadiens, estimés globalement à 450.000 personnes.

Copyright © 2009 AFP

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:06


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 Artois - Lys

dimanche 20.12.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 

| GUARBECQUE |

La messe du 3e dimanche de l'Avant a revêtu un caractère spécial avec le marché de Noël au profit de l'Association Caritas Bangui de Centrafrique ...

Dimanche, avant et après la messe célébrée par l'abbé Pierre Laurent, l'église Saint-Nicolas a vécu à l'heure du marché de Noël organisé par l'Association paroissiale au profit de l'oeuvre de Soeur Marie-Xavier Morin en République Centrafricaine. Cette religieuse est décédée.

Les bénévoles de l'association ont rivalisé d'ingéniosité pour offrir le plus de diversité possible. Pâtisseries et confiseries maison, tricots, broderie et compositions florales également élaborés par d'habiles petites mains ont très vite trouvé preneur. Les bénéfices de cette action seront reversés à l'Association Caritas Bangui et plus précisément au père Yves Gauthier qui oeuvre en Centre Afrique pour ne pas laisser les orphelins à la rue. Le père Yves Gauthier oeuvre au quotidien pour l'hygiène, l'encadrement, l'éducation des enfants et aussi auprès des orphelins. •

Source: http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Bethune/actualite/Autour_de_Bethune/Artois_Lys/2009/12/20/article_l-association-caritas-bangui-se-mobilise.shtml
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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:03


ohada

 

N'DJAMENA - Neuf chefs d'Etat assistaient dimanche à N'Djamena au premier sommet de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada, 16 pays), a constaté un journaliste de l'AFP.

"Notre conférence devrait ici réaffirmer la volonté de nos Etats de voir appliquer dans son esprit et dans sa lettre le traité instituant l'Ohada", signé en octobre 1993 à Port-Louis (Ile Maurice), a déclaré à l'ouverture du sommet le Tchadien Idriss Deby Itno, président en exercice de l'organisation.

Les présidents Ali Bongo (Gabon), François Bozizé (Centrafrique), Denis Sassou Nguesso (Congo), Thomas Yayi Boni (Bénin), Faure Gnassingbé (Togo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Amadou Toumani Touré (Mali), et Abdoulaye Wade (Sénégal) ont fait le déplacement à N'Djamena pour l'occasion.

L'ordre du jour comprend la question du financement autonome de l'Ohada, qui regroupe les 14 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre membres de la zone Franc ainsi que les Comores et la Guinée. La République démocratique du Congo est en train d'accomplir la procédure requise pour y adhérer.

Des documents de l'organisation font état d'un financement de 12 milliards de FCFA (près de 18,3 millions d'euros) qui "était alimenté par la contribution" des 16 Etats membres "et le concours de partenaires, principalement la France, durant les dix premières années".

De mêmes sources, l'organisation a enregistré des arriérés de contributions totalisant plus de 3,35 milliards de FCFA (5,1 millions d'euros). Sur ce montant, près de 2,78 milliards de FCFA (4,24 millions d'euros) sont dus depuis 2005.

Dans son discours, le président Deby a évoqué des "difficultés" dans "l'application du mécanisme" de financement autonome de l'Ohada, "ce qui affaiblit le fonctionnement de notre organisation commune", a-t-il déploré.

L'Ohada vise à "favoriser, au plan économique, le développement et l'intégration régionale ainsi que la sécurité juridique et judiciaire" sur le continent, selon ses promoteurs.

Elle veut notamment doter ses pays membres "d'un même droit des affaires simple" et "promouvoir l'arbitrage comme instrument de règlement des différends contractuels".

La zone Franc regroupe les pays utilisant des monnaies liées d'abord au franc français puis à l'euro, avec une parité fixe garantie par le Trésor français.

En Afrique, huit sont regroupés au sein de l'Union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), six forment la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad).

(©AFP / 20 décembre 2009 15h40)

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 01:19


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Source : Camerpress.net 12 Novembre 2009

Ces fonds étaient domiciliés à la Commercial Bank Centrafrique.

L’ex-chef d’Etat centrafricain, qui vient de solliciter l’arbitrage du président Paul Biya, réclame dix milliards Fcfa à la multinationale camerounaise.

Le groupe Fotso traverse manifestement une mauvaise passe. Si son actualité était jusqu’ici meublée par l’interminable feuilleton judiciaire à l’issue incertaine mettant en scène son président, M. Yves Michel Fotso, une nouvelle parenthèse s’est ouverte en fin de semaine dernière avec la mise sous administration Cobac de son pool banquier constitué de la Commercial Bank Cameroon (CBC), la Commercial Bank Centrafrique (CBCA) et la Commercial Bank Tchad (CBT).

Et voici que, maintenant, et sans ambages, M. Ange Félix Patassé l’accuse d’abus de confiance. « Le groupe Fotso à travers la banque CBCA/Bangui a détourné mes fonds déposés dans cette banque », écrit l’ancien chef d’Etat centrafricain au président camerounais. Comme si l’affaire était gênante pour lui-même, le propriétaire et actionnaire principal des sociétés Colombe Forêt, Colombe Mines et Colombe Cademi reste muet sur les sommes querellées.

Dans son entourage immédiat, l’on confie que le litige porte sur un montant de cinq milliards de F CFA constituant les dépôts des trois entreprises, auxquels lui-même a greffé cinq milliards de F CFA représentant les intérêts. M. Patassé privilégie pour le moment le dialogue et la médiation. En même temps que mandat a été donné à une proche pour prendre attache avec le groupe Fotso en vue d’une tentative de règlement à l’amiable, celui qui a mis fin à son exil togolais en retournant en RCA a sollicité les bons offices de son « très cher frère » Paul Biya. Pour sauver les relations particulières que le Cameroun et la RCA entretiennent, le candidat annoncé à l’élection présidentielle prévue en 2010 a chargé son émissaire de recueillir au préalable «conseil et suggestion» auprès du chef d’Etat camerounais avant d’envisager toute action en justice. Car, prévient-il, « en cas d’impasse, je me réserve le droit par tous moyens de récupérer mes fonds abusivement utilisés par la CBCA ».

Contacté plus d’une fois, le groupe Fotso donne des explications évasives : « Allez voir ce problème avec la CBCA qui est une institution autonome. La responsabilité du groupe Fotso, dont on n’est pas sûr qu’il a une existence juridique, ne saurait donc être engagée dans ce cas. » En toile de fond, notre interlocuteur à la division de la communication du groupe Fotso n’est pas loin de déduire qu’il s’agit non pas d’une affaire, mais d’une manipulation de plus. L’ancien président centrafricain assure pourtant ne pas se tromper d’interlocuteur même s’il semble lui-même ne pas dire toute la vérité. A la vérité, selon des sources à Bangui, M. Patassé n’était pas seulement un client de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA), c’était aussi et surtout, au regard du poids économique que lui conférait sa qualité de propriétaire de sociétés, un «actionnaire» de la banque.

Ce qui explique les relations privilégiées qu’il entretenait avec M. Yves Michel Fotso. A preuve, en 2002, sur un site situé à presque 100 mètres de la présidence de la République centrafricaine, a été organisée en grande pompe, en présence de MM. Patassé et Fotso, la cérémonie de pose de la première pierre du futur siège de la CBCA. Pendant plusieurs jours, la télévision nationale centrafricaine a diffusé en boucle des émissions vantant la fortune du groupe Fotso. Le contrôle technique des travaux de construction du nouvel édifice de sept étages, d’un coût évalué entre quatre et sept milliards de F CFA, devait être assuré par le cabinet Apave, la climatisation par une entreprise camerounaise, le génie civil par une société ivoirienne et l’électricité par une entreprise tchadienne. Mais jusqu’à ce jour, ce chantier attend toujours d’être lancé.

 

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