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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:15


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NDLR : Ci-dessous, la copie de la correspondance adressée par le Coordonnateur de l'UFVN au Médiateur de la République Mgr Pomodimo pour lui proposer les noms des nouvéeaux délégués que l'UFVN a choisi d'envoyer à la Coordination nationale de la Commission Electorale Indépendante en remplacement de ceux qui avaient été précédemment corrompus par le pouvoir en place (cf. l'affaire des enveloppes de 500.000 F CFA qui leur avaient été remises)



UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION

 

 

Pour le Renouveau Démocratique

 

A

 

SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR Paulin POMODIMO,
MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE

 

BANGUI (RCA)

 

Objet: Communication des noms des Personnalités Mandataires de l'UFVN Opposition Démocratique), à la Commission Electorale Indépendante (CEI)

 

Excellence,

Vu l'Article 11 Cinquième Tiret du Décret N" 09316 du 03 Octobre 2009 Portant mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ;

Vu le Protocole d'Accord Relatif au Fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) en date du 13 Février 2010 ;

Je vous prie de recevoir en communication les Noms des NOUVELLES PERSONNALITES MANDATAIRES de l'Union des Forces Vives de la Nation (Opposition Démocratique) à la Commission Electorale Indépendante (CEI), en REMPLACEMENT des Anciens Mandataires DESAVOUES pour DEFAUT INTEGRITE MORALE ET RUPTURE DE CONFIANCE.

Il s'agit de :

Monsieur Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU 1ER Vice Président

Messieurs :

Christophe BREMAÏDOU

Blaise Fleury HOTTO

Baudin NGBONDO TABISSI

Venant Euloge NGOUMA

Veuillez agréer Excellence Monsieur le MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE, l'expression de ma très Haute Considération

Fait à Bangui, le 16 Février 2010

 

Le COORDONNATEUR: Maître Henri POUZERE

 

Ampliation:

Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation Président de la Commission Electorale Indépendante

BINUCA

 

Le COORDONNATEUR:

 

 

Maître Henri POUZERE

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:10


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·         Un des facteurs clefs qui contribuent au taux élevé de mortalité maternelle en Afrique est le taux élevé de grossesses des adolescentes, qui résulte du mariage précoce et des grossesses de femmes de moins de 20 ans. Le risque de mortalité maternelle pour de très jeunes mères (15-19 ans) est deux fois plus élevé que celui que courent les mères âgées de plus de 20 ans. L’UNICEF (2008) estime que 70 000 très jeunes mères (15-19 ans) meurent chaque année à la suite de complications liées à une grossesse. Près de 80 % des cas de mortalité maternelle peuvent être évités, si les femmes ont accès aux services de santé maternelle essentiels et de base.

 

Nous pouvons conclure que la performance économique en Afrique reste fortement tributaire de la demande et des cours mondiaux des produits de base en raison de la transformation peu poussée des structures de production. Elle a  varié considérablement entre les pays et les sous-régions et est toujours insuffisante pour permettre à l’Afrique d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

De nombreux pays africains sont toujours confrontés à des pénuries alimentaires et à l’insécurité alimentaire du fait de la sécheresse, de conflits et de conditions rigides de l’offre, notamment.

Les gouvernements de nombreux pays africains ont de réels problèmes d’efficacité dans l’exécution des politiques publiques. Nos économies sont en perpétuelle situation difficile et l’annulation de la dette est régulièrement nécessaire pour que les finances publiques soient équilibrées. Le cadre institutionnel (État de droit, marchés financiers…) nécessaire au développement économique est instable ou tout simplement inexistant dans plusieurs pays d’Afrique

 

 

 IIIème PARTIE : QUE FAIRE POUR LES CINQUANTE ANNEES A VENIR ?

 

En raison de la crise financière et de la récession mondiales, les  chances de reprise d’une croissance soutenue en Afrique à court terme sont minces. Celles-ci dépendront de la capacité des plans de relance des gouvernements dans les pays développés à augmenter non seulement aussi bien leur demande intérieure que la demande de produits de base d’origine africaine. Il n’en demeure pas moins que des réformes économiques soutenues, le ralentissement de l’inflation, la dépréciation des monnaies locales et des efforts visant à relancer la demande intérieure, contribueront à une croissance positive.

 

Des mesures d’urgence à court terme et des mesures à long terme doivent être prises pour que l’Afrique relève les défis de la crise alimentaire et financière, de la volatilité de la croissance et du développement social.

 

Dans le court terme, les gouvernements ont impérativement besoin d’agir dans les directions suivantes :

  • C’est dans le domaine des IDE que l’Asie qui était au même niveau de développement que l’Afrique en 1960 nous a battus. Pour obtenir une croissance soutenue et durable, afin de rompre le cycle de la pauvreté, il nous faut accroître à tout prix les investissements intérieurs et extérieurs dans nos économies, en créant et surtout en maintenant un environnement favorable aux affaires. Dans les classements de la revue Doingbusiness de la Banque mondiale de ces deux dernières années, les pays africains sont en queue de liste, même si nous retrouvons deux pays africains parmi les dix pays plus réformateurs en 2008-2009 selon ce même classement.

 

  • Dans cette démarche, nous devons veiller à une répartition optimale des investissements aussi bien entre les secteurs et les projets, que sur le plan territorial, dans un souci d’aménagement équilibré des territoires et de fixation des populations pour éviter une urbanisation anarchique, facteur aggravant de la pauvreté. Il est donc évident que c’est la création d’entreprises aussi bien par des nationaux que par des intervenants extérieurs qui favorisera la croissance et l’emploi, au profit des couches aujourd’hui défavorisées de nos populations (jeunes scolarisées et déscolarisées, femmes, etc.).

 

  • Il faut massivement investir dans l’agriculture vivrière, pour rendre l’accès à l’alimentation moins onéreuse pour la majorité de la population dont le pouvoir d’achat est déjà faible. Nous avons tous en mémoire les émeutes de la faim d’il ya deux ans dans de nombreux pays africains. C’est la réponse du peuple face à des politiques agricoles inadaptées.

 

  • Il faut développer une politique énergétique réaliste : l’Afrique est le continent du soleil et du vent, mais le dernier dans le domaine des énergies nouvelles. Un important chantier s’ouvre devant nos pays dans ce domaine, car il est désormais connu qu’il n’y aura pas de développement sans maîtrise de l’énergie.

 

  • Il faut prendre à bras le corps la question des diasporas africaines, y compris la fuite des cerveaux. L’Afrique a besoin de l’expérience que ses enfants accumulent à l’extérieur dans tous les domaines, et leur implication dans les domaines d’expertise dont l’Afrique a besoin est une impérieuse nécessité.

 

Dans le long terme, les gouvernements devraient investir davantage dans :

 

·         L’agriculture- toujours l’agriculture- pour stimuler la productivité de ce secteur. Le système   agricole doit être fondamentalement modifié afin de promouvoir les cultures qui peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire et celles qui s’exportent mieux (légumes, fruits tropicaux etc.)

 

·         Les infrastructures - notamment l’énergie y compris toujours l’énergie solaire comme dit plus haut- les communications et les routes ;

 

·         les prestations de services publics dans les domaines de l’éducation et de la santé ;

 

·         Le développement d’un secteur financier (banques, micro-finance, micro-assurance, etc.) solide et favorisant l’accès du plus grand nombre, et notamment certaines catégories de la population (les femmes, le secteur informel, les petits exploitants agricoles etc.) au crédit. Le rôle de ces « fourmis » dans la création de la richesse et la survie des plus pauvres est inestimable.

 

·         La poursuite des efforts pour une véritable intégration monétaire africaine, ce qui nécessite une convergence effective des politiques économiques au sein des unions sous-régionales.

 

 

·         Une meilleure mobilisation des ressources intérieures et l’augmentation des apports de capitaux extérieurs non générateurs de dette sont essentielles pour que l’Afrique maintienne la croissance dans un environnement économique mondial agité par des turbulences.

 

·         Les pays africains riches en ressources devraient utiliser les recettes tirées des produits de base et les réserves accumulées à la suite de la forte augmentation des cours des produits de base, pour diversifier davantage leurs structures de production et renforcer la compétitivité internationale. Il faut à cet effet des investissements publics visant à augmenter la productivité, tout particulièrement dans l’infrastructure, la technologie et la formation du capital humain.

 

·         Les mécanismes d’octroi de prêts devraient viser à promouvoir la capacité productive et à stimuler la croissance économique dans les pays à faible revenu, afin de permettre à ces derniers de faire face sur le long terme aux défis de la croissance.

 

·         Ces mesures, couplées à une gestion macroéconomique et à des réformes institutionnelles efficaces, permettront de stimuler le développement du secteur privé et l’investissement, d’accélérer la création d’emplois et de réduire la pauvreté.

 

 

 

«  L’Afrique devrait continuer à mettre l’accent dans ses stratégies de développement sur le développement social en accordant une attention particulière au sort des groupes vulnérables. Les politiques mises en œuvre devraient être notamment orientées vers la lutte contre la pauvreté et la faim, la création d’emplois décents, l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux services de santé, la promotion de l’égalité des sexes, l’insertion effective des groupes vulnérables, l’adoption de mesures efficaces de redistribution et le renforcement des systèmes de protection sociale ».

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 01:06


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2- LA PERIODE D’AJUSTEMENT DE NOS ECONOMIES (la seconde période)

·         A la fin des années 1970, les Institutions Financières Internationales (IFI) ont initié une nouvelle approche de prêts aux pays africains, qui faisaient face à de sérieuses crises économiques et financières.

·         Jusqu’à cette période en effet, les prêts octroyés par la Banque Mondiale étaient destinés à financer des projets (barrages, centrales électriques etc.). La crise étant globale et multiforme, la Banque Mondiale a substitué aux prêts- projets, des prêts orientés vers les Programmes d'Ajustement Structurel (PAS).

·         Ces PAS avaient pour objectif principal de restructurer soit l’ensemble de l’économie soit un secteur spécifique tel que l’énergie ou l’éducation. Afin de bénéficier de ces prêts, les gouvernements devaient en contrepartie réaliser des changements importants, structurels, dans leurs politiques et leurs institutions, afin d’en améliorer substantiellement les performances économiques.

·         Ces politiques d'ajustement structurel ont pour substrat la théorie économique libérale, qui considère que le libre marché doit présider à la fourniture de biens et de services, la concurrence devant assurer l'utilisation la plus efficace des ressources ainsi que des bénéfices plus importants. Le mécanisme de ces PAS est appliqué partout selon une "recette courante" :

-           Dévaluation de la devise,

-           Promotion des exportations aux dépens des cultures vivrières,

-           Libéralisation du commerce,

-           Réduction des restrictions imposées aux investissements étrangers,

-           Privatisations des entreprises et offices publics

 

·         Les prêts d'ajustement structurel en sont venus à englober la majeure partie des prêts de la Banque Mondiale (jusqu'à 53 % en 1999) alors que la nature et les modalités d'exécution des réformes d'ajustement structurel encouragées par les Institutions Financières Internationales (IFI) ont été controversées quasi dès leur début.

 

·          Les principales critiques  faisaient ressortir les inconvénients suivants : un manque de participation des pays assistés dans la définition  des problèmes à identifier et de la thérapeutique à appliquer, un manque de transparence des modes opératoires, des effets pernicieux sur les couches fragiles de la société, des effets très négatifs sur les producteurs locaux, la dégradation de l'environnement, un modèle unique de « solutions » pour tous malgré leurs spécificités , et des résultats plus que mitigés en matière de croissance.

 

·         Pendant de longues années, la Banque Mondiale et le FMI ont développé l’argumentaire selon lequel il s’agissait d’une « souffrance de court terme, pour un bénéfice à long terme ». Certes, ces programmes ont permis une certaine stabilisation économique dans beaucoup de pays, mais ils ont également  entrainé une contraction drastique de ces économies  qui ont engendré diverses crises dans les secteurs de l’éducation,  de  la santé, de l’agriculture, de l’énergie, et de  l’eau, à cause entre autres d’importantes réductions de moyens en personnel, créant d’énormes problèmes socio-économiques qui ont freiné le développement. Par conséquent, cette souffrance  pronostiquée « à court terme » s’est instaurée pour plus de 20 ans, creusant les inégalités et freinant tout développement.

 

 

 

 

3 - LA PERIODE DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (la troisième période)

 

·         Devant les coûts sociaux massifs des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS), les chefs d’Etat du monde réunis à Copenhague (Danemark) en mars 1995 au sommet  mondial sur le développement social ont adopté la Déclaration Universelle pour l’Amélioration des Conditions Humaines et demandé à chaque pays d’élaborer des Plans Nationaux de Lutte contre la Pauvreté, avec à la clé quatre axes prioritaires : la santé, l’éducation, l’emploi et le développement rural.

 

·         Ces Plans de lutte contre la pauvreté ont très vite montré leurs limites quant aux moyens à mobiliser  pour financer les projets sociaux. A cet effet, les Chefs d’Etat africains se sont une fois encore réunis à Libreville en 2000, sur invitation des Institutions de Bretton-Woods pour valider une nouvelle approche. A cette occasion la Banque mondiale et le FMI se sont engagés dans une réforme de leurs programmes pour que ceux-ci œuvrent réellement en faveur du développement. Il a été mis en avant les principes suivants :

-          la lutte contre la pauvreté doit être l’objectif premier de tous les programmes de prêt des Institutions Financières Internationales (IFI)  aux pays à faibles revenus et les progrès dans ce sens doivent être mesurés par des objectifs et des indicateurs concrets,

-          la consultation et la participation des citoyens doivent être renforcées, la Banque mondiale et FMI ne jouant principalement que le rôle de conseillers.

-          Tous les bailleurs de fonds publics doivent coordonner leur aide et leurs programmes de prêts au travers du Cadre Stratégique de Réduction de la Pauvreté (CSRP) élaboré par le pays bénéficiaire.  Il a été reconnu la nécessité d’une croissance économique forte et soutenue afin de lutter efficacement contre la pauvreté.

 

·         Quatre axes stratégiques ont été retenus dans les Cadres Stratégiques de Réduction de la Pauvreté (CSRP):

-          la sécurité,

-          la bonne gouvernance (assainissement des finances publiques, gestion des recettes  de l’Etat, code de marchés,   attribution des permis miniers et forestiers, les questions de l’économie…),

-          la diversification des économies (la gestion de l’électricité, de l’eau, de routes, des pistes rurales, des aéroports, des transports, des constructions des infrastructures étatiques et paraétatiques, des mines, des forêts….),

-          le renforcement du capital humain (les questions de l’éducation, de la santé, VIH-SIDA,  le paludisme, la formation des cadres, la gestion participative de la chose publique car les déficits dans ce cadre sont source de conflits……).

 

·         D’autres initiatives en matière de stratégie de développement de l’Afrique ont été prises, notamment par des Chefs d’Etat africains. Ces chefs d’Etat étaient inquiets du retard de l’Afrique, marginalisée au point de ne représenter que 1.7% du commerce international,  dernier des continents en termes de croissance et de développement et le plus pauvre. Les Présidents Thabo MBEKI d'Afrique du Sud, Olusegun OBASANJO du Nigeria et Abdel Aziz BOUTEFLIKA d'Algérie proposèrent le Millenium African Plan (MAP) pendant que le Président Abdoulaye WADE du Sénégal proposait le plan OMEGA. Ces deux plans furent fusionnés en un plan unique : la Nouvelle Initiative Africaine (NIA) qui sera plus tard baptisée le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique ou NEPAD, abréviation de l'anglais New Partnership for African Development. Ces cinq chefs d’Etat africains (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigeria, Sénégal) ont reçu mandat de structurer le NEPAD dont l’ambition est de combler le retard qui sépare l'Afrique des pays développés. Cette notion de fossé à remplir (bridging gap) est le cœur même du NEPAD.

 

·         Le document du cadre stratégique du NEPAD a été officiellement adopté lors du trente-septième sommet de l'OUA en juillet 2001. Ses principaux objectifs sont :
-  L’éradication de la pauvreté;

-          L’adoption par les pays africains, individuellement et collectivement, de politiques devant favoriser une croissance et un développement durables;

-          L’arrêt de la marginalisation de l'Afrique dans le contexte de la mondialisation et la promotion de son intégration complète et profitable à l'économie mondiale;

-          L’accélération du renforcement des capacités des femmes afin de promouvoir leur rôle dans le développement socio-économique.

 

·         Les actions à mettre en œuvre pouvant permettre d’atteindre ces objectifs sont orientées vers :

         -    L’agriculture;

-    Le développement humain axé sur la santé, l'éducation, les sciences et technologies, et le développement des compétences;

-   La construction et l’amélioration des infrastructures, y compris les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), l'Energie, les Transports, l'Eau, et l'assainissement;

-          La promotion de la diversité de la production et des exportations, plus particulièrement au niveau des agro-industries, du secteur industriel, des mines, des minerais de qualité supérieure, et du tourisme;

-          L’accélération du commerce intra-africain et l’amélioration de l'accès aux marchés des pays développés;

-          L'environnement.

 

·      Toute cette stratégie s’inscrit parfaitement dans la Déclaration du Millénaire des Nations Unies en septembre 2000. Celle- ci définit huit objectifs de développement dits  Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ils visent à améliorer les conditions de vie d'ici à 2015 et se déclinent comme suit

-      Réduire l'extrême pauvreté et la faim,

-      Assurer l'éducation primaire pour tous,

-      Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes,

-      Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans,

-      Améliorer la santé maternelle,

-      Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies,

-      Assurer un environnement durable,

-      Et enfin mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Le NEPAD a connu de réels problèmes de structuration, et le dernier sommet de l’Union Africaine tenu à Addis- Abeba en janvier dernier a décidé de le transformer en une Agence de l’Union. 

 

 

 

 

IIème PARTIE: LA SITUATION DE L’AFRIQUE AUJOURD’HUI 

·         Nous l’avons longuement expliqué, les différentes politiques de développement n’ont pas eu suffisamment d’impact économique et social en Afrique.  L’Afrique demeure économiquement le continent le plus pauvre du monde et les défis à relever sont toujours nombreux, devant une demande sociale toujours très forte et une jeunesse plus éduquée, connectée à l’internet et plus exigeante sur son cadre de vie que jamais auparavant.

 

·         Il est indéniable que des efforts importants ont été réalisés sur le plan économique par plusieurs pays, aussi bien individuellement que collectivement au travers d’organisations sous-régionales, dont certaines font des efforts remarquables pour capitaliser des atouts collectifs et réduire des handicaps communs. C’est ainsi qu’à juste titre, le dernier rapport des Nations Unies sur la situation économique et sociale en Afrique indique que la croissance économique de l’Afrique en 2008 a été de 5,1 %, contre 6 % en 2007, poursuivant la tendance observée ces cinq dernières années.

 

 

·         . Le principal moteur de croissance en Afrique a été la hausse des cours des produits de base, notamment du pétrole. Les pays exportateurs de pétrole ont contribué pour 61,4 % à la croissance globale du continent et ont enregistré une croissance de 5,9 % contre 4,4 % pour les pays non exportateurs de pétrole. En plus de l’effet vigoureux de la hausse des prix des produits de base, il importe de noter les autres facteurs clefs, notamment et il faut le souligner, de bonnes politiques macroéconomiques et des réformes institutionnelles favorables à une croissance élevée. Dans beaucoup de pays africains, l’adoption d’une politique macroéconomique saine et soutenue a permis de renforcer la confiance des investisseurs à la fois locaux et étrangers et de stimuler la croissance.

 

·         Par ailleurs, en renforçant la gouvernance économique et des entreprises, notamment par l’adoption de mesures pour lutter contre la corruption, en opérant des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et en consolidant la paix dans un grand nombre de régions en conflit, le continent a attiré des flux importants de capitaux privés et a stimulé le développement du secteur privé. L’environnement des affaires en Afrique s’est amélioré, du fait que beaucoup de pays ont opéré de nombreuses réformes ces dernières années.

 

·         Finalement, l’aide plus importante fournie par les donateurs et l’allégement de la dette ont permis à de nombreux pays de libérer des ressources à investir dans l’infrastructure, la mise en valeur du capital humain et la réduction de la pauvreté. De nombreux pays africains à faible revenu ont ainsi commencé à diversifier leur base de production, à renforcer leurs capacités commerciales et à accroître la productivité et les exportations. En volume, les exportations de biens et de services de l’Afrique ont enregistré une croissance de 13 % entre 2006 et 2008 tandis que les importations ont augmenté de 6,6 % durant la même période. Les termes de l’échange du continent ne se sont cependant améliorés que de 1,4 % durant cette période.

 

·          Le rôle joué par la hausse des produits de base, la stabilité politique et des politiques macroéconomiques saines dans la performance de croissance de l’Afrique s’est manifesté dans les performances des divers pays. Huit des dix pays ayant obtenu les meilleurs résultats sont des pays riches en minéraux ou exportateurs de pétrole et un pays (Libéria) est un pays qui sort de conflit. Un bon nombre des pays ayant réalisé les meilleures performances économiques se caractérise par une meilleure gestion macroéconomique. En revanche, tous les pays qui ont réalisé les moins bonnes performances (Comores, Érythrée, Guinée, Somalie, Tchad et Zimbabwe) ont soit connu une instabilité politique sérieuse, soit subi des chocs extérieurs ou les deux.

 

·          Les 10 pays africains qui ont obtenu les meilleurs résultats en 2008 sont les suivants :

Angola (12,9 %), Guinée équatoriale (9 %), Libéria et Éthiopie (8 % chacun), Congo (7,8 %), République démocratique du Congo (7,2 %), République-Unie de Tanzanie (6,8 %), Malawi (6,6 %) et Égypte et Botswana (6,5 % chacun). Par ailleurs, la performance de la croissance continue de varier considérablement entre les sous-régions et entre les pays.

 

·          En 2008, la croissance du PIB s’est ralentie dans trois des cinq sous-régions du continent. La croissance a été de 5,4 % et de 4,9 % en 2008 en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale respectivement contre 5,2 % et 3,9 % en 2007 respectivement. En 2008, le taux de croissance du PIB a baissé en Afrique du Nord (5,4 %), en Afrique de l’Est (5,7 %) et en Afrique australe (4,2 %). L’augmentation de la demande et la hausse des prix des produits de base demeurent les principaux facteurs qui stimulent la croissance dans l’ensemble des sous-régions africaines.

 

·          Malgré le ralentissement économique, l’Afrique de l’Est a, une fois encore, enregistré la croissance la plus forte sur le continent au cours de la période 2006-2008. Les facteurs de croissance en Afrique de l’Est ont été notamment l’expansion de l’agriculture, l’horticulture, et les services notamment la finance, les télécommunications et la construction. La sous-région a également bénéficié de flux d’aide considérables et d’une forte croissance du tourisme. La croissance dans certains pays africains tels que l’Ouganda a, par contre, été entravée par des goulets au niveau des infrastructures, s’agissant spécialement de l’énergie et des transports.

 

·          L’augmentation des recettes pétrolières et des recettes touristiques a impulsé la croissance en Afrique du Nord. L’Égypte a connu une croissance de 6,5 %, suivie de la Jamahiriya arabe libyenne (6,2 %), du Soudan (6 %), du Maroc (5,1 %) et de la Tunisie (4,8 %). La croissance a fortement repris en Mauritanie (passée de 1 % en 2007 à 4,2 % en 2008), mais a chuté en Algérie (passant de 4,6 % à 3,3 %). Outre la forte augmentation des exportations de pétrole et de minéraux qui a stimulé la consommation tant publique que privée dans la plupart des pays de l’Afrique du Nord, cette sous-région a connu un regain de la production agricole ainsi qu’un boom de la construction dû à la forte demande pour le tourisme et les immeubles résidentiels. La croissance s’est ralentie en Tunisie, en raison des coûts des produits alimentaires et du pétrole et de la baisse de la demande de l’Union européenne pour les exportations ainsi qu’au Soudan en raison de la chute de la production pétrolière.

 

·          En Afrique de l’Ouest, la croissance du PIB a été vigoureuse dans la plupart des pays, grâce a une reprise accélérée au Libéria (8 %), à l’augmentation de la production et des prix du pétrole et à la croissance dans les secteurs hors pétrole au Nigéria (6,1 % chacun), à l’accroissement  de transferts de fonds au Cap-Vert (5,8 %) et à l’expansion des activités minières en Sierra Leone (5,8 %), au Ghana (6 %) et au Burkina Faso (4,3 %). La croissance dans la construction et le tourisme ainsi que d’importantes dépenses publiques ont impulsé une forte croissance en Gambie (5,8 %). La croissance a également été forte au Bénin (4,7 %), marquée par une reprise des activités de réexportation, de la production de coton et de la forte croissance dans le secteur de la construction.  L’intensification des activités dans les secteurs miniers et des services a notamment stimulé la croissance au Sénégal (4,6 %) et au Niger (4 %) tandis que la croissance au Mali (3,9 %) a profité de la rapide expansion dans le secteur non minier. La performance économique a été relativement faible dans d’autres pays de la sous-région. La Guinée-Bissau a enregistré une croissance de 3,3 % grâce à la reprise de la production agricole et à l’accroissement du soutien des donateurs, le Togo de 2,9 % en raison de l’augmentation de la production de coton.

 

 

·         La performance économique en Afrique centrale s’est accélérée, passant de 3, 9 % en 2007 à 4,9 % en 2008, du fait de l’accroissement de l’investissement public dans les infrastructures en Guinée équatoriale (9 %), de l’augmentation considérable de la production pétrolière et des activités dans le secteur hors pétrole au Congo (7,8 %) et au Gabon (3,9 %). La croissance est demeurée élevée à Sao Tomé-et-Principe (5,3 %) malgré les retards dans le décaissement de certains fonds des donateurs et l’impact de la forte inflation et des coûts énergétiques élevés. La croissance s’est améliorée en République centrafricaine (4,4 %) avec la reprise du soutien des donateurs et l’amélioration de la situation politique ainsi qu’au Cameroun (3,9 %) à la suite de travaux d’infrastructures et de l’exploitation des ressources naturelles. Malgré des améliorations, le Tchad (1 %) reste le pays qui a obtenu les moins bons résultats dans la sous-région, en raison d’un conflit politique, du flux irrégulier des revenus pétroliers et d’une gestion peu rationnelle de ces revenus.

 

·          La performance économique de l’Afrique australe a baissé de 6,2 % en 2007 à 4,2 % en 2008 alors que la plupart des grandes économies ont affiché des taux de croissance plus faibles. En dépit de cette baisse, l’Angola a maintenu le taux de croissance le plus élevé de la région en 2008 (12,9 %), suivi du Malawi (6,6 %), du Botswana (6,5 %), du Mozambique (6,2 %), de la Zambie (5,9 %), de Maurice (5,4 %), du Lesotho (5 %) et de la Namibie (3,5 %). La croissance du PIB a fortement baissé en Afrique du Sud (passant de 5,1 % en 2007 à 3,1 % en 2008) et est restée faible au Swaziland (2 %) tandis que l’économie du Zimbabwe a continué à se contracter (-4,5 %).

 

 

·         Sur le plan social, l’Afrique a continué de réaliser des progrès considérables en enregistrant des résultats notables dans des domaines tels que le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement primaire, la vaccination contre la rougeole, l’utilisation de moustiquaires imprégnées, la réduction des taux de prévalence du VIH dans certains pays et des aspects de l’égalité entre les sexes. Très peu de progrès a cependant été enregistré dans les domaines de la réduction de la pauvreté, de l’élimination de la faim, de la mortalité maternelle et du traitement des disparités fondées sur le sexe, le revenu et l’invalidité.

 

·         Les données relatives à la pauvreté en Afrique sont incomplètes, ce qui rend particulièrement difficiles un suivi et une évaluation de près des progrès réalisés aux niveaux national et régional dans l’élimination de la pauvreté. Selon des estimations récentes, le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté en Afrique subsaharienne (sur la base du nouveau seuil de pauvreté international de 1,25 dollar des États-Unis par jour) a pratiquement doublé, passant de 200 millions en 1981 à 380 millions en 2005. Dans le même temps, le chômage n’a reculé que de façon marginale, baissant de 8,5 % en 1997 à 8 % en 2008, les prévisions étant qu’il connaîtra en 2009 un net accroissement en raison de la récession économique mondiale.

 

·         Le fardeau des emplois vulnérables continue de peser lourdement sur les femmes, qui travaillent encore principalement dans les secteurs agricole et informel. C’est un fait que le peu de progrès en Afrique dans le développement social concerne plus les groupes marginalisés et vulnérables, notamment les femmes, les personnes âgées, les jeunes, les personnes handicapées, les orphelins et enfants vulnérables, les personnes déplacées et les populations autochtones. L’exclusion de ces groupes de la société se traduit non seulement par de faibles revenus et des perspectives moins favorables sur le marché de l’emploi, mais aussi par leur niveau d’instruction plus faible, leur mauvais état de santé et leur sous-représentation dans la vie politique et la prise des décisions.

 

·         Parmi les principaux défis à relever pour favoriser l’inclusion sociale des groupes vulnérables, figurent le non-respect des engagements pris et la non-exécution des politiques adoptées, l’insuffisance des ressources financières allouées aux programmes sociaux, le déficit en capacités techniques, le manque de données pertinentes pour appuyer les politiques, les guerres et les conflits, etc. La nécessité d’une inclusion sociale des groupes vulnérables et marginalisés et d’un renforcement des systèmes de protection sociale a été rendue plus urgente encore par les récentes crises alimentaire et énergétique et par la récession économique mondiale.

 

·         Le taux de scolarisation est resté insuffisant (en dépit de quelques progrès réalisés) à cause du manque de ressources pour faire face aux coûts, les travaux ménagers (en particulier pour les filles), les mariages précoces, le travail des enfants, les grossesses précoces, la médiocre qualité de l’enseignement et les longues distances à parcourir pour se rendre à l’école. Il importe de veiller à ce que les enfants les plus vulnérables et les plus marginalisés soient scolarisés et restent à l’école, en mettant en œuvre des programmes et interventions ciblés en faveur des ménages pauvres et des filles.

 

·         Sur le plan sanitaire, grâce à de vastes programmes de prévention ciblés, le taux de prévalence du VIH a été stabilisé ou a baissé dans la plupart des pays africains (ONUSIDA, 2008).

Le taux de prévalence du VIH chez les adultes en Afrique subsaharienne a baissé de

5,8 % en 2001 à 5 % en 2007. Le taux de prévalence chez les adultes est plus faible en Afrique du Nord (moins de 1 %) et plus élevé en Afrique australe, où, en 2007, il était supérieur à 15 % dans sept pays. Le VIH/sida reste la principale cause de morbidité et de mortalité des adultes sur le continent. Cependant, dans de nombreux pays de la

région, des signes positifs de changement dans les comportements apparaissent, qui font entrevoir une stabilisation de l’épidémie, en particulier parmi les jeunes (15-24 ans). L’adoption de comportements sans risque a eu pour résultat une diminution du nombre de nouvelles infections au Rwanda et au Zimbabwe. Ce changement dans les comportements est particulièrement encourageant, les jeunes ayant retardé le début de l’activité sexuelle dans sept des pays les plus touchés (Burkina-Faso, Cameroun, Éthiopie, Ghana, Malawi, Ouganda et Zambie)

 

Suite à la baisse des prix des médicaments antirétroviraux, sur 4,6 millions d’Africains vivant avec le virus et ayant besoin d’antirétroviraux, près du tiers se trouvent sous traitement. Pris ensemble, le nombre de personnes recevant un traitement antirétroviral en Afrique centrale, en Afrique de l’Est, en Afrique australe et en Afrique de l’Ouest a augmenté en passant de 100 000 en 2003 à 2,1 millions en 2007 (ONUSIDA, 2008).

 

·         Le paludisme demeure la principale cause de la mortalité post-infantile et de l’anémie des femmes enceintes en Afrique. Même si les données concernant les taux d’incidence du paludisme et de mortalité due à cette maladie sont incomplètes, la couverture assurée au travers des interventions clefs de lutte antipaludique s’est accrue dans plusieurs pays grâce à la disponibilité de financements et à la plus grande attention accordée dans chaque pays à la lutte antipaludique. Deux tiers des pays africains ont adopté des politiques concernant notamment l’utilisation de médicaments efficaces contre le paludisme. Depuis 2007, 25 pays mettent en œuvre une politique de traitement consistant en un traitement combiné à base d’artémisinine, 20 de ces pays ayant procédé à un changement de politique avec l’abandon à l’échelle nationale du recours à la chloroquine (Commission de l’Union Africaine et OMS, 2008). Selon les données disponibles, l’utilisation de moustiquaires imprégnées pour les enfants de moins de 5 ans s’est améliorée dans les zones à risque de l’Afrique subsaharienne en passant de 2,1 % en 2001 à 5 % en 2005 et 8% en 2007 (ONU, 2008a).

 

·         Les maladies pouvant être évitées et la malnutrition restent les principales causes des taux élevés de mortalité infantile et d’enfants de moins de cinq ans. Le continent a toutefois enregistré une baisse des taux tant de la mortalité infantile que de celle d’enfants de moins de cinq ans. Entre 1990 et 2007, les taux respectifs de mortalité infantile et d’enfants de moins de 5 ans ont baissé de 111 et 187 pour 1 000 naissances vivantes à 89 et 148 en Afrique subsaharienne et de 58 et 79 à 36 et 46 en Afrique du Nord. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ont enregistré les taux de mortalité les plus élevés et le taux de baisse le plus faible (1,2 %), par comparaison à celui de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (1,7 %) et à celui de l’Afrique du Nord (3,2 %). Par ailleurs, une grande variation existe à l’intérieur des pays, des taux élevés de mortalité ayant été enregistrés pour les familles rurales et pauvres.

 

·         De même, la mortalité maternelle a été considérablement réduite en Afrique du Nord, où elle a baissé de 250 pour 100 000 naissances vivantes en 1990, à 160 en 2005. Mais la mortalité maternelle reste par trop élevée dans le reste du continent.

En 2005, le taux de mortalité maternelle s’élevait à 760 (alors qu’il était de 790 en 1990) en Afrique de l’Est et en Afrique australe, et à 1 100 (soit le même taux qu’en 1990) en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale (OMS, UNICEF, FNUAP et Banque mondiale, 2007). En outre, le risque que court une femme de mourir en couches au cours de son existence est par trop élevé en Afrique subsaharienne, où ce risque est de 1 sur 23, comparé à seulement 1 sur 140 pour l’Afrique du Nord, 1 sur 92 dans le monde et 1 sur 8 000 dans les pays industrialisés. De toute évidence, les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité maternelle en Afrique subsaharienne ont été négligeables, même si des disparités importantes, dues à des différences de revenus et à d’autres facteurs, existaient d’un pays à l’autre. ( A suivre)

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:57


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Forum de Bamako: "l'Afrique peut nourrir ses propres enfants"

BAMAKO (AFP) - 16.02.2010 17:23 - « L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

"L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

Des universitaires africains, européens, américains, asiatiques ainsi que des décideurs publics et des spécialistes des questions de développement participent jusqu'à samedi à ce colloque sur le thème: "l'Afrique 50 ans après: la faim sur le continent africain".

"Il n'y a pas de fatalité, l'Afrique peut nourrir ses propres enfants (...) Le capital humain est sans contexte le plus important du développement agricole", a déclaré dans son discours d'ouverture M. Sidibé.

La représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali, Alice Martin-Daihirou a rappelé que "90% des enfants malnutris vivent en Asie et en Afrique. (...) En 2050, il y a aura 9,1 milliards de personnes dans le monde et il va falloir augmenter de 70% la production agricole actuelle", a ajouté Mme Martin-Daihirou, au nom de l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU.

"La révolution verte, exige une solidarité (...) Nos dirigeants, nos élites doivent réagir", a déclaré de son côté M. Abdoulah Coulibaly, vice-président du "Forum de Bamako".

© 2010 AFP

 

PROGRAMME INDICATIF DE LA 10ème EDITION DU FORUM

L'Afrique 50 ans après : le défi alimentaire, la faim sur le continent.

du 16 au 20 Février 2010

 

 

10h00-11h00  : SESSION INAUGURALE : L’Afrique  50 ans après les indépendances,  le paradoxe de la pauvreté

Président : Modibo Sidibé, Premier Ministre

Intervenants : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives: Martin ZIGUELE, ancien Premier ministre de la RCA





NDLR : A signaler que l’ancien Premier Ministre centrafricain Martin Ziguélé a également pris part à ce Forum en tant qu’invité. Il a même eu l’honneur d’être le premier intervenant du Forum à prendre la parole pour présenter une communication très remarquée et appréciée par le prestigieux auditoire sur le thème : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives

Ci-dessous, l’intégralité du texte de l’intervention de Martin Ziguélé 

 

 

L’AFRIQUE 50 ANS APRES LES INDEPENDANCES :

                          BILAN ET PERSPECTIVES

  

                                                                                 Martin ZIGUELE

                                                                          Ancien Premier Ministre

                                                                                 Président du MLPC

                                                                           Bamako 16 février 2010

 

 

 

Beaucoup a été dit et écrit sur les performances des politiques publiques en Afrique  ces cinquante dernières années. Cette année 2010 sera celle  des « inventaires du cinquantenaire ».  Les spécialistes en économie du développement,  les chercheurs,  les enseignants, les  animateurs des ONG, les fonctionnaires africains et étrangers des ministères et organismes en charge des questions de  développement  expliqueront  ce que vit au quotidien la majorité de nos populations. Les deux questions principales que nous devons tous nous poser sont les suivantes :

-           l’Africain d’aujourd’hui  vit-il mieux que celui d’avant l’indépendance, en termes d’alimentation, de logement, d’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’énergie, à l’éducation, et aux infrastructures et équipements collectifs ?

-          Bénéficie-t-il de plus de sécurité, de justice, ainsi que de  libertés individuelles et collectives qu’en 1960 ?,

-           Nos pays pris individuellement et collectivement, répondent-ils mieux aujourd’hui qu’en 1960, aux aspirations au bien- être de nos populations dans les domaines ci-dessus cités?

Nous tenterons d’apporter notre réponse à ces questions dans une démarche en trois phases :

·         Dans la première partie de notre exposé, nous jetterons un regard critique sur les « causes du mal » à travers les trois périodes les plus marquantes de la gestion de nos pays : la période d’avant l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970, la période des ajustements structurels et enfin la période des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté.

·         Dans la seconde partie, nous examinerons la situation politique, économique et sociale de l’Afrique aujourd’hui,

·         Et enfin dans la troisième et dernière partie, nous partagerons notre vision et nos propositions pour le futur. 

 

Ière PARTIE : ANALYSE RETROSPRECTIVE DE LA GENESE DE LA SITUATION ACTUELLE DE L’AFRIQUE

Nous examinerons de manière la plus objective possible, les causes de nos maux actuels, en évitant autant que faire se peut toute posture polémique. Notre objectif est de tenter de mieux comprendre notre cheminement commun, afin qu’aujourd’hui et demain, nous puissions mieux agir. Nous le ferons  à travers les trois périodes historiques annoncées ci-haut:

1.1 LA PREMIRE PRIODE : DE L’INDEPENDANCE JUSQU'A LA FIN DES ANNEES 1970.  LA PERIODE DE L’EUPHORIE COLLECTIVE

A la veille de l’indépendance, le ciel de nos pays était « gros » de promesses, comme le disait Ahmadou KOUROUMA, dans son  célèbre livre « Le soleil des indépendances »: les pères de l’indépendance, en lutte contre l’ordre colonial, mobilisaient aisément de très larges couches de nos populations autour du mot d’ordre - fétiche d’ « indépendance », comparé au soleil qui apparaîtra dans la nuit coloniale. L’indépendance, pour nos populations, signifiait d’abord et avant tout l’accès le plus rapide possible à un niveau de vie comparable à celui du colon. Le rêve collectif était celui de la promesse d’un bonheur immédiat pour tous, et cela presque sans effort.

Pourtant, ni les capacités locales en matière de gouvernance autonome, ni encore moins l’état de nos économies à cette époque ne pouvaient autoriser de tels rêves, dans la plupart des territoires appelés à devenir individuellement des Etats indépendants :

·         En effet, l’élite locale à l’indépendance n’avait pas réellement expérimenté de manière « autonome » la gestion des territoires, puisque le modèle colonial français était  assimilationniste. Certes  le système colonial a permis la mise en place d’embryons d’Etats, et d’une administration généralement bien structurée, mais ses principaux animateurs étaient non autochtones, y compris dans la gestion des plus petites collectivités locales. L’élite autochtone, quoique plutôt bien formée aux subtilités du parlementarisme et de la politique françaises, n’avait pas en général une expérience directe de la gestion des territoires nationaux  appelés  à devenir des Etats indépendants.

·         L’économie des colonies était d’abord orientée vers la satisfaction des besoins de la métropole. Ainsi, aux côtés d’une agriculture de subsistance traditionnelle, était introduite une agriculture commerciale, quasi-entièrement vouée à l’exportation (coton, café, cacao, hévéa, etc.). Dans les colonies disposant de minerais et d’hydrocarbures, le tableau était plus diversifié : des unités industrielles ont été implantées pour extraire ces minerais et les exporter en l’état vers des centres de transformation situées en métropole.

·         Dans un cas comme dans l’autre, les élites précoloniales étaient habituées à voir les déficits budgétaires de leurs territoires directement et régulièrement subventionnés par le Trésor Public métropolitain.

 

Ce déficit en management des espaces territoriaux et cette extraversion de l’économie n’ont évidemment pas favorisé la structuration rapide, dès l’accession à l’indépendance, de capacités locales de management de politiques publiques favorisant un développement endogène et profitant au plus grand nombre.

Il me semble qu’il s’agit là, du malentendu initial entre les populations africaines et les élites à l’indépendance : comment pouvaient-elles réaliser très rapidement le rêve du mieux-être pour tous et très rapidement, alors même que les moyens financiers et infrastructurels nécessaires faisaient défaut ? Etait-il responsable de faire l’impasse sur  les efforts importants et continus à consentir  pour briser les différentes entraves au développement ? 

La conséquence de ce double handicap initial a été la prise en mains de nos politiques de développement, dès après les indépendances, par divers intervenants extérieurs. L’objectif global était d’aller au développement à marches forcées, et de rattraper le fossé existant entre nous et les pays développés par une espèce de « grand bond en avant » africain. Le « développement » se résumait à « l’industrialisation » à laquelle étaient assignés les objectifs suivants : satisfaction des besoins essentiels des populations, mise en valeur des ressources naturelles locales ; création d'emplois, formation d'une base de développement des autres secteurs économiques, création d'un cadre d'assimilation et de promotion de progrès technologique et  modernisation de la société.

Pour atteindre ces objectifs dans l’urgence, des structures de planification du développement et d’encadrement des économies nationales ont été mises en place, comme les Commissariats au Plan sur le modèle gaullien d’après-guerre et des Ministères du Plan. Cette marche normée vers le développement était sous-tendue, dès le début des indépendances, par deux visions du monde diamétralement opposées: la démarche libérale et la démarche socialiste.

·         La démarche libérale

Beaucoup de pays africains ont conservé la vision libérale de l’économie, en cours avant l’indépendance. Leurs plans directifs de développement étaient centrés sur les grands paramètres de l'économie classique ou néoclassique : croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) par le développement des cultures d’exportation et des matières premières minérales et minières, expansion de l'investissement et mobilisation de l'épargne locale et étrangère à cette fin, mise en place d'infrastructures économiques et sociales , développement des services sociaux, recours massif à l’aide étrangère et à l’endettement, et adoption des mesures d'incitation pour attirer les investissements privés étrangers. Ces plans qui avalisaient, au moins implicitement, les politiques et stratégies héritées du colonialisme et avaient pour principale conséquence une aggravation de la dépendance économique à l'égard de l'étranger.

De plus, les pays libéraux conservèrent leurs liens avec la France dans le cadre d'une zone monétaire commune en se dotant, par des accords signés avec la France, d'une monnaie commune garantie par le Trésor français. Ce choix politique « souverain » qui continue de susciter des débats passionnés, souligne si besoin en était cette volonté ou cette crainte, c’est selon, d’avoir à gérer seul une politique monétaire autonome comme complément naturel d’une politique économique endogène.

·         La démarche socialiste

Un certain nombre de pays africains ont souhaité prendre le contre-pied du libéralisme économique. Ils se sont lancés, immédiatement ou peu après l'indépendance, dans des politiques et des programmes censés décoloniser l'économie, avec l’objectif de relever le niveau de vie de leur population par une transformation radicale de structure même de leur société et de leur économie. Cette politique « socialiste » s’est principalement caractérisée par l’étatisation de leur économie, par une volonté de transformation locale de leurs produits et de création d’un tissu industriel pour substituer des produits finis locaux aux importations.
Les gouvernements de ces pays se disaient soucieux de créer des capacités de contrôle des richesses nationales, pour jeter plus tard les bases de satisfaction des besoins de la population, dans un rêve global de socialisme. Il fallait donc contrôler, à tout prix, la plus-value tirée de l’économie nationale.


Les différentes variantes« africaines»  du socialisme se proposaient naturellement de multiples objectifs : la décolonisation économique, l'intervention soutenue de l'État dans le développement et son contrôle sur l'économie, l'égalisation des chances sur le plan économique et social, la limitation du rôle du secteur privé, ainsi que des investissements et la propriété privée.  Sur ce dernier point, toutefois, l'attitude de certains gouvernements fut quelque peu ambivalente. Beaucoup ne souhaitaient pas abolir la propriété et l'investissement privés, mais cherchaient plutôt à les contrôler et à les faire contribuer, par une concertation avec le secteur public, à la réalisation de leurs objectifs économiques et sociaux.
Dans leur majorité, ces pays  ont créé leurs propres institutions monétaires, pour maîtriser leur politique économique et monétaire.

·         Quid de la gouvernance politique pendant cette période de grandes transformations ?

Ces deux types de politiques économiques libérale et socialiste se sont déployés dans un environnement politique quasi-similaire. En effet, dès après l’indépendance, les nouveaux chefs d’Etat ont tous, l’un après l’autre, déstructuré la gouvernance politique de leur pays, passant de la démocratie ouverte prévalant avant l’indépendance à des pouvoirs personnels sous des habillages institutionnels consacrant la  primauté et l’infaillibilité du chef. Ce fut la floraison des partis uniques à la soviétique. Ce choix partagé a construit progressivement un monolithisme politique qui ne pouvait se dénouer que par des coups d’Etat militaires.

Dans un cadre politique devenu instable du fait des changements violents à la tête de nos Etats, ce sont développés des phénomènes de mal gouvernance globale qui ont abouti à un blocage général. Les différents pouvoirs ne  tiraient plus leur légitimité de la volonté populaire. La violence politique, accompagnée d’une déresponsabilisation des contre-pouvoirs et d’un affaiblissement de l’expression et de la représentativité populaires, était de venue la règle.  

Les résultats de ces politiques ne se sont pas fait attendre :


A-   
SUR LE PLAN ECONOMIQUE:

·         Les structures de l’économie agricole, qui font vivre la majorité de nos populations, ont continué à conserver et même à renforcer leurs caractéristiques coloniales. La production pour l'exportation, principale source de devises et de recettes publiques, ne représente pas moins de 80% des rentrées de devises et des recettes publiques dans les pays qui n'exportent ni pétrole ni minerais. En revanche, les producteurs de cultures vivrières étaient progressivement obligés de  se passer de fournitures agricoles et de tout appui technique. La quasi-totalité de la production du secteur moderne qui était commercialisée par l'intermédiaire des offices de commercialisation ou des caisses de stabilisation, jouissant d'un monopole d'achat et d'exportation et fixaient à chaque saison les prix payés aux producteurs, était en situation difficile.



·         Les ressources extrêmement limitées disponibles pour les investissements agricoles ont été invariablement dépensées de façon mal avisée. Trop souvent, on s'en est remis à des investissements massifs en biens d'équipement et à une mécanisation à grande échelle génératrice de surcapitalisation. Alors que 80 à 90 % des producteurs agricoles sont de petits paysans - dont une majorité de femmes, surtout dans le secteur alimentaire- les fournitures agricoles, les services de vulgarisation et le réseau routier et les autres infrastructures étaient insuffisants. L’absence de structures rationnelles et efficaces pour le stockage et la préservation des céréales, l'acheminement aléatoire des produits alimentaires des campagnes vers les centres urbains ou entre différentes régions rurales ont causé la perte de 20 à 45 % de la production alimentaire ne pouvant avoir accès aux marchés. Enfin, la politique consistant à maintenir de faibles prix à la production, ce qui réduit les revenus des paysans, a des effets négatifs sur la productivité agricole.

 

·         Sur le plan industriel, nous avons dit plus haut que  les jeunes états africains avaient considéré l'industrialisation comme un instrument essentiel de la décolonisation économique et de la sortie « accélérée »  du sous-développement. Aucun des objectifs n'a malheureusement été atteint au cours de cette période. Au contraire, du fait de la nature disparate des industries manufacturières africaines, de leur insatiable besoin de subventions de toutes sortes, de la très forte dépendance de beaucoup d'entre elles à l'égard de l'étranger pour l'acquisition des facteurs de production et de leur impuissance générale à atténuer le chômage ou à donner une impulsion dynamique à l'économie africaine, le secteur industriel est entré en crise, et a stagné. Par ailleurs, les moyens de production et les matières premières étant en quasi-totalité importés, l'industrialisation de l'Afrique ouvrit la voie à une nouvelle forme de dépendance : au lieu de générer des économies, voire des profits, dans les échanges extérieurs, l'industrie devint la principale source de pertes en ce domaine. Certes, la croissance du secteur manufacturier a été soutenue dans les années 60 et s'est poursuivie à un rythme légèrement supérieur à celui du PIB dans les années 70, mais l'industrie reste aujourd'hui encore une enclave, à la fois étrangère et urbaine dans l'immensité des campagnes économiquement attardées. C'est sans doute cet échec de la stratégie d'industrialisation qui, venant s'ajouter à des années d'abandon de l'agriculture, est responsable de l'aggravation de la dépendance économique de l'Afrique.

 

·         En résumé entre 1960-1970, en dépit de toutes les stratégies de décolonisation économique poursuivies par les gouvernements africains, aux niveaux macro-économique et sectoriel, l'économie africaine conserve les structures héritées du colonialisme et les conditions d'existence de la population du continent ne se sont pratiquement pas améliorées. Ces stratégies n'ont pas réussi à provoquer la transformation socio-économique espérée ; elles n'ont apporté au mieux que des changements structurels marginaux.



Certes, entre 1960 et 1980, le PIB global des pays africains a « grosso modo » triplé pour atteindre quelque 86 milliards de dollars des Etats-Unis (en prix constants de 1980), ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 5,6 % .Leur revenu par habitant est passé d'une moyenne de 133 dollars en 1960 à 243 dollars en 1980 (ou 740 dollars en prix de 1983). Cependant, cette progression spectaculaire ne doit pourtant pas faire illusion car le revenu par habitant de l'Afrique ne représentait en 1980 que 7,6 % de celui de l'ensemble des pays industrialisés, qui s'élevait à 9 684 dollars, ce qui met bien en lumière l'ampleur du sous-développement africain.


B-   
SUR LE PLAN SOCIAL :


·        
Les Etats africains ont beaucoup investi dans le système éducatif au lendemain des indépendances, parce que les besoins de main-d’œuvre étaient importants. Des progrès importants ont été accomplis pour développer l’éducation de base, de même que les formations professionnelles et l’enseignement supérieur. Cependant très rapidement des problèmes structurels apparurent : inadéquation des formations offertes aux besoins réels de développement des pays, apparition des cadres bien formés mais chômeurs puisque l’offre n’a pas suivi l’explosion de cette demande, fuite des cerveaux vers les pays les plus prometteurs ou hors d’Afrique, etc. Beaucoup de spécialistes africains, et étrangers, se sont penchés sur la question et les médications proposées sont nombreuses, mais globalement le schéma scolaire n’a pas substantiellement évolué.

·         Dans le domaine de la santé également, des efforts importants ont été accomplis. Cependant malgré le mot d’ordre « Santé pour tous en l’an 2000 », l’état du dispositif sanitaire aussi bien dans les grandes agglomérations que dans les campagnes s’est régulièrement dégradé. La croissance de la population a été certes très forte, mais le rythme de création des infrastructures sanitaire s’est grandement ralenti, au fur et à mesure que les Etats connaissaient des problèmes budgétaires.


C-    
LES INSUFFISANCES DE L INTEGRATION DE NOS ECONOMIES

·         Les Etats africains ont tous choisi d’aller séparément à l’indépendance, alors qu’il était plus qu’évident qu’ils ne pouvaient, pris individuellement, assurer leur  développement. A défaut donc de  se fédérer ou s’unir politiquement, ils ont mis en place des unions économiques sous-régionales avec pour objectif principal un développement partagé. Cependant, jusqu’à la fin des années 1970, la coopération économique entre pays africains a pâti du fait que nombre d'entre eux se montrèrent exagérément sourcilleux sur le chapitre de la souveraineté nationale et que nombre de dirigeants hésitèrent trop souvent à sacrifier la moindre parcelle de leur souveraineté. La conséquence  fut la multiplication d’initiatives locales dans des secteurs cruciaux de la politique économique.

Cette faiblesse a rendu difficile le financement de la croissance ultérieure et du remboursement des intérêts de la dette. A cela , il faut ajouter les gaspillages dans le choix des investissements (les fameux éléphants blancs), les charges de fonctionnements  dispendieux d’administrations  surdimensionnées et de gouvernements pléthoriques , les coûts des conflits tribaux et inter-états jaloux de leur récente souveraineté , l’instabilité créée par les coups d’Etat militaires à répétition : tous ces facteurs ont été autant d’ handicaps pour la mobilisation des capitaux nationaux et étrangers,  pour financer le développement. L’effet ciseau entre les besoins de mieux être et les moyens publics date de là. (A suivre)

 

.
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:45


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16 février 2010 par Survie

« La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’homme, etc. Et puis ensuite, vous avez 90% de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains... »

François-Xavier Verschave

Avertissement préalable : De la désinformation...

La politique africaine de la France relève du domaine réservé du chef de l’État. Elle échappe donc dans une très large mesure à tout contrôle démocratique, que celui-ci émane du parlement, de la presse, voire même de la Justice (voir argumentaire n°10). Le résultat, c’est que la réalité de la Françafrique, c’est à dire des liens politiques, économiques et militaires entre la France et ses anciennes colonies africaines (mais malheureusement pas seulement), paraît tout à fait incroyable tant elle est en décalage, et même en opposition totale, avec l’image que les médias donnent généralement de l’action généreuse de la France sur le continent africain.

Pourtant, les investigations aussi importantes que minutieuses menées durant plus de dix ans par François-Xavier Verschave, puis par ses continuateurs, ont permis de dresser un début de cartographie de cet univers occulte où se mêlent quête du pouvoir, prédation économique et trafics en tout genre, et leur corolaires que sont la violence et la misère qui frappent les populations africaines. Ces travaux, compilés en différents ouvrages cumulant plusieurs milliers de pages, ont subi par deux fois l’épreuve d’une justice française pourtant peu encline à faire la lumière sur ces affaires qui impliquent les plus hauts personnages des États (Français et Africains). Malgré tout, face au foisonnement de documents versés et au nombre de témoignages recueillis, la justice n’a pu que reconnaître, pour reprendre les termes du jugement, « l’importance des sujets évoqués, mais aussi le sérieux des investigations effectuées ». Celle-ci a donc admis que « malgré la vigueur des attaques, il n’apparaît pas que la démarche de François-Xavier Verschave soit critiquable. » Pourtant, en dépit de cette caution judiciaire, ces travaux sont restés très largement dans l’ombre, superbement ignorés par les médias, à quelques rares et marginales exceptions près...

Aux origines de la Françafrique : une décolonisation de façade

Pour comprendre le système de la Françafrique, il faut remonter à ses origines. A son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle se voit contraint par le mouvement de l’histoire et les pressions internationales à accorder officiellement leur indépendance aux anciennes colonies subsahariennes de la France. Mais dans le même temps, il charge son fidèle homme de l’ombre Jacques Foccart de faire l’inverse, c’est-à-dire de maintenir la dépendance de fait. C’est le point de départ de la Françafrique : d’un coté une légalité internationale proclamée haut et fort, les indépendances, mais de l’autre la mise en place de mécanismes perpétuant la dépendance, et donc forcément illégaux puisqu’en contradiction avec l’indépendance reconnue en droit.

Ce choix s’explique essentiellement par quatre raisons :

le maintien du « rang » international de la France avec un poids décisionnel important à l’ONU, ce qui ne peut être garanti que par des États clients, alliés indéfectibles de la France qui s’alignent automatiquement sur ses positions ;

l’accès garanti aux matières premières stratégiques et/ou très rentables (pétrole, uranium, bois etc.) ;

le financement occulte mais à grande échelle de la vie politique française (d’abord du parti gaulliste, puis de tous les grands partis français), à travers les détournements de l’aide et des rentes des matières premières ;

le rôle de la France comme « sous-traitante » des États-Unis pour contenir l’expansion communiste sur le continent africain dans un contexte de guerre froide.

Les mécanismes systémiques de la domination néo-coloniale

Pour remplir ces différents objectifs, la domination néo-coloniale de la France s’appuie sur un véritable système intégré sur tous les plans : politique, militaire et policier, et bien sûr économique.

Soumission politique contre enrichissement personnel

Comment ce système occulte de domination s’est-il mis en place ? D’abord par l’installation quasi-systématique de chefs d’États « amis de la France », que l’on pourrait qualifier, pour reprendre les termes de François-Xavier Verschave, de « gouverneurs à la peau noire », ce qui permet de donner une illusion d’indépendance. L’exemple le plus flagrant est sans doute celui du gabonais Omar Bongo, pilier historique de la Françafrique, qui a reconnu être issu des services secrets français.

Différentes méthodes sont utilisées pour arriver à ces fins. D’abord, la violence extrême, comme ce fut le cas au Cameroun où le populaire mouvement indépendantiste de l’UPC, mené par Ruben Um Nyobé, a été littéralement écrasé dans un bain de sang par la France et ses alliés locaux, provoquant entre 1957 et 1970 entre cent et quatre cent mille morts, selon les estimations. Dans d’autres cas, quand la population était parvenue à se doter de leaders éclairés et élus, on a procédé par l’assassinat pur et simple des dirigeants. Ce fut notamment le cas au Togo où Sylvanus Olympio fut froidement assassiné par un quarteron d’officiers franco-togolais fraîchement débarqué des guerres coloniales indochinoises et algériennes, parmi lesquels se trouvait Etienne Eyadéma. Celui-ci prendra par la suite la tête du pays, instaurant une dictature militaire impitoyable durant près de quarante ans, avant d’être remplacé à sa mort par son fils Faure Gnassingbé. On peut également signaler la mort pour le moins suspecte du prometteur dirigeant Centrafricain Boganda et enfin, quelques années plus tard, le cas de Thomas Sankara, leader charismatique du Burkina-Faso qui fut renversé et assassiné par l’actuel chef d’État burkinabé Blaise Compaoré, avec le soutien de la France (et l’appui de l’indéfectible Félix Houphouët-Boigny).

Dernière méthode, la fraude électorale massive qui a permis d’écarter systématiquement tout candidat issu des aspirations des peuples concernés, pour installer des dirigeants dévoués à la cause française. A l’exception de la Guinée de Sékou Touré, coupable d’avoir osé dire « non » à De Gaulle en 1958, et épisodiquement, de quelques pays trop pauvres en ressources pour exciter les appétits français comme le Mali, ou le Niger (jusqu’à la découverte de l’ampleur de ses réserves d’uranium), aucune ancienne colonie africaine de la France n’a échappé à ces coups d’États électoraux soutenus, voire fomentés par la France.

Avant d’examiner les mécanismes de prédation économique qui justifient cette ingérence politique, une question s’impose : comment ces « gouverneurs noirs » ont-ils pu accepter un tel marché, hypothéquant pour des décennies le développement de leur pays et le bien-être de leurs populations ? La réponse est pourtant simple, c’est l’appât du gain. Les termes du marché implicite passé par la France avec ces potentats locaux consistait tout simplement à dire « laissez-nous décider de la conduite des affaires du pays, et en échange de votre silence et de votre soutien, servez-vous à volonté dans les caisses de l’État ». Et les intéressés (au premier rang desquels les Eyadéma, Mobutu, Moussa Traoré, etc.) ne se sont pas fait prier, constituant parfois des fortunes considérables égalant la dette extérieure de leurs pays ! On notera au passage que ce marché digne de Faust a eu des conséquence terribles sur l’ensemble des sociétés concernées, cette logique de corruption à outrance ayant nécessairement perfusé par capillarité descendante à tous les niveaux de l’administration, et de la sphère économique dans son ensemble...

La domination militaire et l’appui aux États policiers

Sur le plan militaire, la domination est également flagrante. Elle passe bien sûr par la présence de bases militaires sur le continent africain, aujourd’hui au nombre de trois (Sénégal, Gabon et Djibouti) depuis la fermeture de la base de Centrafrique, et la transformation de celle de Côte d’Ivoire en statut d’opération extérieure, auxquelles il faut ajouter la présence militaire au Tchad, sous statut d’opération extérieure provisoire depuis... 1986. Si le nombre de soldats français présents de manière permanente sur le sol africain a fortement diminué depuis les années 1960, il faut noter que cette réduction s’est accompagnée d’un accroissement constant des moyens de projection depuis la métropole, et qu’il reste tout de même à l’heure actuelle environ 6000 soldats français prépositionnés dans les bases permanentes auxquels il faut ajouter de 3000 à 5000 soldats présents dans le cadre d’opérations extérieures ainsi qu’une présence maritime permanente dans le Golfe de Guinée (affectée à la surveillance des champs pétrolifères).

Les accords de défense constituent l’autre instrument de la domination militaire. Ces accords de défense, garantissant le soutien français en cas de menace extérieure et intérieure, lient officiellement huit pays africains à la France, mais ils s’accompagnent de toute une série d’accords plus ou moins secrets d’assistance technique et de coopération militaire. Le corollaire de cette coopération est bien sûr la vente d’armes pour laquelle la France se classe encore au 3e ou au 4e rang mondial selon les années.

A tout cela s’ajoute la domination militaro-policière qui s’exerce à travers toute une série d’officines publiques et privées, l’envoi de mercenaires parfois mandatés et équipés par la France, et la fourniture d’agents et de matériel de sécurité visant à former et à équiper des polices politiques comptant parmi les plus violentes du monde et qui s’illustrent régulièrement dans la répression sanglante de toute velléité d’opposition. Ces pratiques remontent aux origines de la Françafrique, avec par exemple le recyclage des anciens de l’OAS au service de ces polices politiques africaines, qui sont à leur tour passées maître dans l’usage de la torture. Dernier exemple en date, la fourniture par un groupe français de 500 000 euros d’équipement pour les forces de sécurité togolaise à l’approche des présidentielles de 2010 dans le cadre d’un «  projet d’appui à la sécurisation des élections ». Les manifestants qui ne manqueront pas de descendre dans la rue pour protester contre la nouvelle mascarade qui s’annonce apprécieront !

La prédation économique et le pillage des ressources

L’exploitation des richesses du continent africain était dès l’origine au cœur du projet colonial. Lorsque celui-ci prend fin, l’accès à certaines ressources stratégiques reste une préoccupation majeure pour le général De Gaulle qui affirme dès 1961 : « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découvert ou que nous découvririons. » Pour remplir cet objectif, le général crée Elf Aquitaine, avec à sa tête un de ses proche issu des services secrets : Pierre Guillaumat. C’est le début de la mise en place du système Elf, qui vise à assurer la mainmise française sur le pétrole et le gaz africain. Cette entreprise ne sera jamais une simple compagnie pétrolière, comme le montre notamment le nombre d’agents secrets qu’elle emploie (jusqu’à 400 !), et comme le démontrera partiellement l’affaire Elf, lorsque celle-ci éclate à la fin des années 90, éclaboussant au passage les plus hauts personnages de la République dont l’ancien ministre et président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas, et même le Président de l’époque, François Mitterrand. Pour prendre la mesure de l’ampleur du système Elf, le mieux est encore de citer son ancien dirigeant Loïk Le Floch-Prigent : « il ne se passe rien dans les pays pétroliers, en particulier en Afrique, dont l’origine ne soit pas Elf » [1]. Le groupe était en effet au cœur d’un système de corruption à grande échelle, mêlant entre autres ventes d’armes et financement des partis politiques français, tout cela grâce aux immenses rentes pétrolières détournées des pays producteurs avec la complicité grassement rémunérée de leurs dirigeants.

Mais si l’action d’Elf est unique par son ampleur, et sa proximité avec les cercles du pouvoir politique et économique en France et en Afrique, ce groupe n’a pas été le seul acteur du pillage des ressources africaines. On peut ainsi mentionner les entreprises métropolitaines que la décolonisation a laissées en position dominante voire monopolistique dans certains pays africains : Compagnie Française de Développement des Textiles (CFDT) sur le coton, Rougier sur le bois, CFAO sur le commerce et la distribution, plantations coloniales de bananes, de café, de cacao etc. A ses géants hérités de la colonisation, s’ajoutent des groupes privés qui s’appuient sur l’Afrique pour se développer de manière extraordinairement rapide comme Bouygues, ou encore Bolloré, dont la boulimie et la diversification accélérée des activités sur le continent (transports, médias, commerce, plantations etc.) laissent penser qu’elle tend à remplacer Elf par son influence sur les affaires franco-africaines. Parmi les piliers de la prédation économique des ressources africaines, on peut encore citer Areva qui exploite d’immenses mines d’uranium dans des conditions écologiques et sanitaires déplorables et qui soutient par la même occasion les dirigeants en place comme le Président Tandja au Niger, auteur d’un récent putsch constitutionnel pour se maintenir au pouvoir au-delà de la limite légale de ses deux mandats. On peut enfin citer Total, qui a absorbé la trop sulfureuse enseigne Elf, ou encore BNP Paribas très implantée dans le secteur stratégique de la banque en Afrique.

Outre l’action des entreprises, qui bénéficie le plus souvent d’un soutien plus qu’appuyé de la part du pouvoir politique français, l’exploitation économique de l’Afrique est facilitée par des éléments systémiques que sont les accords de coopération économique qui assurent à la France un quasi-monopole d’accès à certaines ressources stratégiques ou particulièrement rentables, et surtout le Franc CFA, véritable camisole contraignant les anciennes colonies africaines à commercer en priorité et dans des conditions préférentielles avec la France, et qui fut également un outil de détournements et de blanchiment massifs. Enfin, les pays africains sont également prisonniers du carcan d’une dette exponentielle, contractée par des dictateurs irresponsables avec l’encouragement bienveillant de Paris, et qui entrave aujourd’hui inexorablement le décollage économique de ces pays.

Des tentatives avortées d’affranchissement du système

On comprend donc bien, à travers ces trois piliers, comment la France a rendu impossible le développement et la démocratisation de ses anciennes colonies africaines. Ces États néo-coloniaux n’ont en effet aucun intérêt au développement économique qui, en faisant émerger une classe moyenne, pourrait susciter une contestation du système, et des velléités mal venues de démocratisation. Cependant, la fin de la guerre froide a entraîné malgré tout un vent de démocratisation qui a atteint le continent africain. Mais le système françafricain est parvenu à le contenir par deux moyens redoutables. D’abord, l’instrumentalisation, voire l’invention pure et simple de clivages ethniques permettant de reporter la rancœur populaire envers les dirigeants sur une partie de la population désignée comme l’ennemi intérieur. Cette stratégie du bouc émissaire, ou du « diviser pour mieux régner », vieille comme le monde, a été d’une efficacité redoutable, au point qu’elle a parfois échappé à ses promoteurs et dérivé en guerres civiles, le paroxysme de l’horreur étant atteint avec le génocide des Tutsi au Rwanda en1994. Mais cette stratégie n’a pas été abandonnée, comme on a pu le voir plus récemment avec la Côte d’Ivoire.

Deuxième moyen tout aussi efficace, quoique globalement moins meurtrier et plus présentable aux yeux de la communauté internationale : la démocratisation de façade. Organisée autour d’un multipartisme créé de toute pièce, sur le modèle du fameux multi-mobutisme, où la plupart des partis « d’opposition » sont en fait des alliés du pouvoir, cette démocratisation décrétée dans son fameux discours de La Baule par le président Mitterrand en 1990, consiste à organiser des élections « libres » dont la régularité est garantie par des observateurs français, ou de l’Organisation Internationale de la Francophonie par exemple.

En fait, on utilise la prétendue aide à l’organisation d’élections démocratiques pour mieux contrôler celles-ci et mettre en place un système de fraude souvent grossier mais infaillible. Et c’est ainsi que, depuis 1991, les dirigeants illégitimes du Togo, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon ou encore de Djibouti se maintiennent indéfiniment au pouvoir par les urnes, avec l’aval de la France, parfois même suivie par une communauté internationale complice ou frappée de cécité face à l’ampleur des fraudes.

De la Françafrique à la Mafiafrique

Le réseau Foccart et ses héritiers

La Françafrique est à l’origine une histoire de famille, ou en tout cas de réseaux, entre la France et ses anciennes colonies africaines. Son principal instigateur, Jacques Foccart, était ainsi au cœur d’un immense réseau d’influences multiples mêlant les milieux politiques, économiques, mais aussi les milieux militaires, du renseignement et du mercenariat, et enfin des milieux maçonniques (à travers la Grande Loge Nationale Français en particulier) voire sectaires (Rose-Croix etc.). Dès les années 70, Charles Pasqua récupère une partie de ces fameux réseaux Foccart, et les branche sur ses propres réseaux politico-mafieux (en particulier corses). Le tout est mis au service de Chirac, qui récupérera la partie foccartienne à son arrivée à Matignon en 1986. Dans le même temps, Mitterrand crée ses propres réseaux par l’intermédiaire de son fils Jean-Christophe, et de son conseiller Afrique, Guy Penne. A partir de là, les socialistes ne seront plus en reste et rattraperont vite leur retard sur les héritiers du gaullisme auxquels bien des liens de complicité les uniront.

Mondialisation et Mafiafrique

Ces réseaux historiques de la Françafrique sont essentiellement basés sur la toute-puissance de la République officielle, et surtout souterraine. Or le phénomène de mondialisation qui s’accélère à la fin des années 90 provoque une libéralisation économique effrénée doublée d’un affaiblissement du pouvoir des États-nations. Dans ce contexte, la Françafrique est contrainte de muter pour se maintenir. La mainmise néo-coloniale de la France sur son pré-carré est menacée ? Qu’à cela ne tienne, la Françafrique historiquement anti-communiste, mais qui affiche également un anti-américanisme de façade, va s’allier aux puissances économiques étrangères, en particulier américaine et russe mais aussi britannique, sud-africaine ou encore israëlienne, pour conserver à tout prix son influence sur le continent. Dans le même temps, elle sort de son pré-carré et tente d’étendre son influence sur des pays non issus de l’empire colonial français comme le Rwanda, ou encore l’Angola.

Ce dernier pays est l’exemple parfait de la mutation de la Françafrique en Mafiafrique. Déchiré par une guerre civile meurtrière depuis son indépendance en 1975, l’Angola dispose d’immenses réserves pétrolières. Outre le fait qu’on sait désormais de manière certaine que la France et Elf ont longtemps armé les deux camps, afin d’exploiter tranquillement ces ressources, l’affaire de l’Angolagate permet de mettre en lumière cette interpénétration des réseaux internationaux de ventes de pétrole et d’armes (les deux activités les plus soumises à la corruption, et qui nécessitent donc en fait les même « compétences » en termes de finance parallèle et de blanchiment d’argent). En effet, les deux principaux protagonistes de cette affaire sont d’un coté le multimilliardaire russo-franco-israëlien Arcadi Gaydamak, protégé à la fois par les services secrets russes, israëliens et français, et branché sur la mafia russe, et de l’autre l’homme d’affaire Pierre Falcone, lui-même protégé par les services français et la CIA américaine. Drôle d’alliance a priori mais visiblement pas choquante lorsqu’il s’agit d’affaires aussi juteuses et qui nécessitent des protections en aussi haut lieu, comme l’ont récemment montré les déclarations menaçantes de Charles Pasqua à l’encontre de MM. Chirac et De Villepin, à l’issue de sa condamnation à de la prison ferme dans cette affaire.

Des paradis fiscaux et judiciaires

De telles pratiques sont rendues possible par l’existence de paradis fiscaux et judiciaires, qui jouent un rôle central dans les malversations françafricaines en général, et dans ce type d’affaires mafiafricaines en particulier. En effet, on estime à l’heure actuelle que les plus grandes banques françaises auraient la moitié de leurs comptes extérieurs dans des paradis fiscaux, et que la moitié des transactions financières mondiales passeraient par ces trous noirs de la finance.

Les principales caractéristiques de ces paradis fiscaux et judiciaires sont une fiscalité très faible, voire inexistante, mais aussi un secret bancaire et une immunité judiciaire quasi absolus, permettant aux grands corrupteurs, trafiquants d’armes et autres mafieux françafricains d’échapper aux poursuites judiciaires, même à l’échelle internationale, et de poursuivre en toute impunité leurs activités criminelles.

Au-delà des affaires et des trafics françafricains, ces paradis fiscaux posent un problème majeur vis-à-vis de notre modèle de développement, et de ce qu’on peut appeler l’élaboration des biens publics mondiaux (santé, éducation, protection sociale, mais aussi environnement etc.). En effet, ce modèle de développement, que nous avons suivi avec plus ou moins de succès jusqu’à sa remise en cause par les tenants de l’idéologie néolibérale, est essentiellement basé sur les prélèvements obligatoires, à savoir les impôts.

Or dans un contexte de mondialisation accrue, les paradis fiscaux menacent ce principe même de prélèvement obligatoire en offrant une échappatoire totale aux plus informés, qui sont également les plus fortunés. Comme le disait François-Xavier Verschave, « si aujourd’hui tout les particuliers fortunés reçoivent quotidiennement des mails ou des fax leur expliquant comment ne pas payer d’impôts ; si les plus grandes entreprises se voient également expliquer tout les jours comment ne pas payer l’impôt, il n’y aura plus que les pauvres et les imbéciles pour payer leurs impôts, ce qui ne fera pas lourd. Les paradis fiscaux servent à détruire le fisc, à avoir un taux d’impôt zéro. S’il y a un taux d’impôt égal à zéro, adieu éducation, santé etc. » [2]. En bref, les paradis fiscaux sont non seulement un instrument vital pour les activités illégales de la Françafrique, mais ils sont plus largement une menace grave pour notre modèle de développement, et de manière plus certaine encore pour les perspectives de développement des pays africains.

La Françafrique, 50 ans... et toutes ses dents !

Les mutations de la Françafrique évoquées plus haut ont donné l’occasion à certains, au premier rang desquels les piliers de la Françafrique eux-mêmes, d’annoncer régulièrement et de façon péremptoire la fin, ou la mort de la Françafrique. Ne nous y trompons pas, si la Mafiafrique est devenue une réalité, les principales caractéristiques de la Françafrique traditionnelle que sont la soumission politique à travers la corruption des dirigeants, la domination militaire à travers la présence officielle et officieuse de forces armées sur le terrain, et surtout la prédation économique à travers l’action des grands groupes français, sont plus que jamais d’actualité. Certes, les parrains historiques des réseaux ont peu à peu disparu de la scène françafricaine, avec la mort de Foccart en 1997 et la relative mise à l’écart des réseaux Chirac éclaboussés par un certain nombre d’affaires politico-financières depuis l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy.

Mais les logiques classiques sont toujours à l’œuvre, comme l’a démontré l’absence totale de rupture dans la politique africaine de la France, malgré des déclarations fracassantes du candidat Sarkozy sur le sujet. La nomination d’un secrétaire d’Etat à la Coopération un peu trop véhément, désireux de « signer l’acte de décès de la Françafrique » n’a pas plu du tout aux parrains Bongo, Sassou Nguesso et consorts, qui ont immédiatement réclamé (et obtenu !) son déclassement, officialisant ainsi la poursuite d’une politique africaine irresponsable et complaisante à l’égard des dictateurs. Son remplaçant Alain Joyandet martèle depuis son discours d’entrepreneur, insistant sur la nécessité pour la France de « défendre ses parts de marché » en Afrique, notamment face à l’avancée de la Chine sur le continent, volontiers montrée du doigt pour réveiller le patriotisme économique français, et justifier le maintien des positions économiques privilégiées de la France en Afrique.

En outre, la remise par Nicolas Sarkozy lui-même de la légion d’honneur à l’avocat Robert Bourgi, héritier de Foccart qui s’affirme actuellement comme le nouvel homme de l’ombre de la politique franco-africaine, a de quoi préoccuper, tout comme la validation française des putschs électoraux ou constitutionnels du Mauritanien Abdel Aziz, du Gabonais Ali Bongo (fils et héritier d’Omar) et du Nigérien Mamadou Tandja. Finalement, malgré les discours volontaristes de rupture, rien n’a changé, comme le montre également la montée contestataire que provoque en Afrique le projet de « célébration concertée » du cinquantenaire de l’indépendance des anciennes colonies africaines de la France...

Rien ou presque, car il faut malheureusement souligner une évolution entrevue plus haut avec l’avènement de la Mafiafrique. Si la collusion entre pouvoir politique et puissance économique est restée aussi forte qu’aux plus belles heures de la Françafrique, il semble que le contexte de mondialisation dérégulée ait provoqué une certaine inversion des rapports de force au profit du pouvoir économique des grands groupes. Si Elf pouvait être considéré par le passé comme le bras économique de l’État français en Afrique, la situation paraît s’être inversée, et l’on voit aujourd’hui la diplomatie française essentiellement préoccupée par la défense tous azimuts des intérêts des entreprises française sur le continent africain.

Les Areva, Bouygues, Total et Bolloré semblent désormais être devenus les principaux instigateurs de la politique africaine de la France, ce qui laisse peu d’espoir quant à une éventuelle normalisation des relations, et quant aux perspectives de décollage économique et de démocratisation des pays africains...

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:42


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16 février 2010 par Survie

Malgré les discours de rupture, l’armée française demeure omniprésente dans ses anciennes colonies africaines

Il ne reste que les plus cyniques thuriféraires de la Françafrique pour défendre les interventions militaires unilatérales «  à l’ancienne », par lesquelles la France vole au secours de telle ou telle dictature du «  pré carré  ». En revanche, la plupart des journalistes ou des élus, et bien sûr des militaires, estiment que la mise en place d’une « nouvelle » politique militaire de la France en Afrique depuis quelques années, lui confère un regain de légitimité et suffit à balayer les accusations de néocolonialisme.

Cette « nouvelle » politique s’articule essentiellement autour de trois axes : la recherche d’un mandat de l’ONU pour couvrir les interventions françaises, la volonté de donner une dimension multilatérale à certaines d’entre elles, et le prétexte du « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » (RECAMP). L’examen attentif de cette politique telle qu’elle se décline réellement dans les faits, et non seulement dans les discours, montre qu’il s’agit de rompre avec l’image d’une France néocoloniale : mais avec l’image seulement et non avec la logique néocoloniale elle-même.

Une « nouvelle » politique militaire française en Afrique ?

Il faut d’abord noter que les interventions conformes à la « nouvelle » doctrine, en dépit de promesses récurrentes, n’ont pas totalement remplacé les opérations «  coup de poing  ». Ainsi, pour ne citer que les plus récentes d’entre elles, la France est intervenue fin 2006 et début 2007 en Centrafrique, ainsi qu’en février 2008 au Tchad, pour protéger respectivement les régimes de Bozizé et d’Idriss Déby contre les rébellions qui les menaçaient. Dans les deux cas, la finalité politique contestable de ces interventions (soutien direct à des dictateurs) s’est accompagnée d’une situation que l’on peut qualifier juridiquement de complicité de crimes de guerre.

En Centrafrique, les Forces armées centrafricaines ont, dans le sillage direct des interventions françaises, amplifié leur politique de « terre brûlée » et d’exactions systématiques à l’encontre de certaines populations du Nord (à Birao notamment). Ces crimes ont été commis sous les yeux des militaires français, qui ont tenté dans la presse française, jusqu’à la parution d’un rapport de HRW, de faire porter le chapeau de ces crimes aux rebellions qu’ils combattaient, disculpant leurs frères d’armes centrafricains. Au Tchad, l’armée français, qui porte à bout de bras l’armée tchadienne, tolère le recrutement d’enfants soldats et leur envoi au front, en dépit de plusieurs avertissement internationaux adressés au régime de Déby sur cette question. C’est également dans la foulée de l’intervention française, et avec la complicité des autorités de notre pays, que l’armée tchadienne a tenté de faire disparaître en février 2008 certains des opposants historiques de la dictature.

En dépit d’une « nouvelle » politique militaire, les vieilles méthodes n’ont donc pas disparu. Par ailleurs, cette « nouvelle » politique n’est pas si vertueuse qu’on voudrait nous le faire croire.

L’ONU comme couverture

C’est en juin 1994, lorsque la France vole au secours de l’armée génocidaire défaite au Rwanda (opération Turquoise), que le souci d’une caution onusienne se manifeste pour la première fois. Le mandat est d’autant plus recherché que l’intervention française est, à juste titre, fortement décriée à l’échelle internationale (condamnation de l’OUA, du conseil mondial des églises, réserves diplomatiques de plusieurs pays européens, etc.) Il n’est toutefois pas présenté comme une condition sine qua non, le président Mitterrand ayant annoncé que l’intervention française aurait lieu de toute façon. Celle-ci démarre d’ailleurs par l’intervention secrète des forces spéciales avant que la question ne soit mise au vote au conseil de sécurité de l’ONU. Le mandat sera finalement obtenu de justesse, grâce notamment à la voix du gouvernement génocidaire rwandais, toujours représenté au conseil de sécurité à cette date.

Quelques années plus tard, l’une des plus importantes opérations militaires, l’opération Licorne, en Côte d’Ivoire, est également éclairante sur l’instrumentalisation de l’institution onusienne au profit des intérêts militaires français.

Décidée unilatéralement en octobre 2002, l’opération Licorne ne bénéficie qu’a posteriori d’un mandat onusien. Un accord de défense existe entre la Côte d’Ivoire et la France mais la France a refusé de le faire jouer lorsque des rebellions entraînées dans les pays voisins tentent de renverser le régime Gbagbo. C’est au nom de la protection de ses ressortissants, puis du mandat onusien que la France justifie sa présence et son action. En particulier, lors des massacres de novembre 2004, lorsque l’armée française tire froidement sur des manifestants ivoiriens désarmés, la légitimité de l’action française en raison de ce mandat de l’ONU constitue un leitmotiv des discours politiques et médiatiques français.

La répression française après le mystérieux bombardement du camp de Bouaké (destruction de la flotte ivoirienne dans un premier temps, puis occupation sanglante des points stratégiques de la capitale), a pourtant été décidée unilatéralement par la France. Et pour cause : bien que les troupes françaises prétendent être au service de la présence onusienne, elles conservent une chaîne de commandement indépendante et continuent de mener une diplomatie parallèle purement françafricaine.

La France tire l’Europe en Afrique

Le deuxième axe développé ses dernières années consiste à donner une dimension multilatérale à certaines interventions voulues par la France, en impliquant d’autres partenaires Européens. Les motivations sont à la fois économique (partager les coûts), et politique (masquer les intérêts français derrière le drapeau européen, mais aussi prendre le leadership de la politique européenne de sécurité et de défense appliquée à l’Afrique).

La première tentative de 2003, en RDC, ne constitue qu’un ballon d’essai. La seconde en revanche en 2005 dans ce même pays, a impliqué davantage de forces européennes, et notamment un gros contingent Allemand. C’est que, comme l’a clairement montré en Allemagne le débat parlementaire qui a précédé l’envoi de ces soldats, les richesses minières congolaises sont essentielles pour toutes les industries occidentales. L’existence d’un intérêt économique commun paraît être une condition préalable à la réussite d’un réel multilatéralisme, comme l’a confirmé l’opération maritime Atalante de sécurisation de la navigation commerciale dans le golfe d’Aden contre la piraterie somalienne. A contrario, les difficultés de la troisième opération européenne (Eufor Tchad/RCA) voulue par la France en 2007, mais dont les moyens ne seront réunis qu’en 2008, illustrent les réticences des autres pays européens (Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne) à intervenir lorsque les enjeux sont purement françafricains.

L’alibi du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (RECAMP)

Depuis 1997, la France a mis en œuvre un label « RECAMP » censé illustrer sa volonté de mettre sa présence militaire au service de l’autonomisation des armées africaines. Mais les différents aspects du dispositif RECAMP, qu’il s’agisse du contenu officiel des formations et des exercices militaires ou des dessous de certaines opérations de « maintien de la paix » (MISAB, Recamp-Bissau, FOMUC), font clairement apparaître la volonté française de poursuivre une politique d’influence, voire d’ingérence militaire déguisée. Depuis 2005, la France prétend mettre sa coopération au service de la constitution des futures Forces africaines en attente (FAA) dont chaque sous région doit se doter, et propose d’utiliser ses propres bases militaires, qui trouveraient ainsi une nouvelle légitimité, pour stocker le matériel militaire des ces forces. Le dispositif français RECAMP a officiellement été européanisé depuis 2007, mais le cycle VI annoncé pour 2008 se fait toujours attendre.

Les promesses de Sarkozy

Le candidat de la « rupture » avait promis d’assainir les relations entre la France et l’Afrique, de mettre fin au soutien des dictatures et d’associer le parlement français à la définition de la politique de la France en Afrique. Il défendait en revanche la légitimité des interventions militaires françaises. Une fois élu, le président Sarkozy a rapidement oublié certaines de ces promesses, et seules deux mesures sont censées illustrer sa volonté de changement : la réforme de la constitution sur le rôle du parlement et la renégociation des accords de défense.

Le contrôle parlementaire

En juillet 2008, le président Sarkozy a fait amender la constitution. Au plan militaire, l’article 35 du titre V prévoit désormais : « Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort. » Le contrôle parlementaire ne s’exerce donc qu’a posteriori et uniquement sur les interventions les plus longues. Sont par ailleurs exclues de ces dispositions les interventions secrètes ou clandestines des forces spéciales (COS et service Action de la DGSE), véritables gardes prétoriennes de l’Elysée.

Le 28 janvier 2008 les assemblées ne se sont ainsi prononcées que sur 4 opérations françaises en Afrique (Epervier au Tchad, Boali en Centrafrique, Licorne en Côte d’Ivoire et Eufor au Tchad et en Centrafrique) alors qu’il en existait d’autres, moins importantes, en cours depuis plus de 4 mois. Ni le contenu du discours du premier ministre, ni un récapitulatif sur les causes, les enjeux, les mandats, les modalités, les évolutions et les bilans de ces interventions militaires n’ont été communiqués préalablement aux députés, pas plus qu’un état des lieux des accords militaires auxquels certaines d’entre elles sont liées. Ni le ministre des Affaires étrangères ni celui de la Défense n’ont été entendus par les commissions parlementaires correspondantes, qui n’ont pas été réunies.

Enfin il s’est agi d’un débat unique, alors qu’il aurait été nécessaire de mener un débat différent pour chaque intervention spécifique. Il s’agissait donc d’avantage d’obtenir un chèque en blanc que d’associer réellement les parlementaires à la politique militaire de la France.

Les accords de défense

Concernant les accords de défense, leur renégociation a été annoncée en février 2008 par Sarkozy lors du discours du Cap, qui se voulait l’emblème de la volonté de réforme présidentielle sur la présence militaire française en Afrique. A ce jour, deux accords de défense ont été transformés en accords de « partenariat » : celui du Togo, puis celui du Cameroun. Les autres devaient l’être avant la fin 2009, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Les accords de défense, avec leurs clauses secrètes, sont l’incarnation du deal néocolonial passé par la France avec les dirigeants installés à la tête des nouveaux États au moment des indépendances (protection de l’armée française contre droit « d’approvisionnement préférentiel » pour la France), et leur renégociation revêt donc une dimension importante au plan symbolique. Mais elle n’a q’une portée très limitée en réalité.

La promesse de publication de ces accords a été réitérée, même si elle se fait attendre, mais force est de constater que les nouveaux textes censés illustrer une volonté de transparence ont été élaborés dans l’opacité la plus totale, à l’abri des regards indiscrets des parlementaires français ou africains. Il est par ailleurs vraisemblable que leur contenu a été déterminé par la France plus qu’il n’a fait l’objet d’une véritable concertation franco-africaine.

Mais surtout le nombre d’accords de défense (7 ou 8 selon les sources) est extrêmement restreint au regard de la quantité d’autres accords militaires aux statuts variés qui existent, qui sont tout aussi secrets, qui ne sont pas concernés par la promesse de transparence et qui suffisent à justifier une ingérence militaire française, comme on l’a encore vu récemment au Tchad par exemple. Enfin il faut se souvenir que l’impérialisme français ne s’est de toute façon jamais embarrassé de formalisme juridique en matière d’intervention militaire. La France est parfois intervenue en l’absence d’accord militaire le permettant, parfois n’est pas intervenue malgré l’existence de tels accords, sans même parler du recours aux moyens officieux : mercenaires, supplétifs africains, etc. C’est donc sur la pratique et non sur les textes qu’il faudra juger des évolutions réelles. A ce jour, la continuité l’emporte très largement sur le changement…

Proposition de revendications

Retrait de toutes les forces militaires permanentes en Afrique, et donc démantèlement des bases militaires permanentes (officielles ou officieuses) ; Autorisation parlementaire préalable à toute opération extérieure et moyens de contrôle a posteriori ;

Interdiction des interventions militaires françaises de toutes sortes (donc y compris simple participation à une intervention multilatérale) dans ses anciennes colonies ou les pays dans lesquels elle a développé des intérêts importants ;

Dissolution du COS et du service action de la DGSE ;

Contrôle parlementaire sur les services secrets ;

Contrôle parlementaire sur tous les accords militaires, et publication intégrale de ces derniers ;

Suspension de la coopération militaire avec les régimes autoritaires, non démocratiques, ou avec les armées qui se sont rendues coupables de crimes de guerre ou d’exactions contre leur population ;

Abrogation du secret défense ;

Interdiction réelle du mercenariat ;

Reconversion de l’industrie militaire ;

Reconnaissance des crimes coloniaux et néo-coloniaux, mesures symboliques et concrètes de réparation pour les victimes ;

Suppression de la justice militaire (TAP).

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:33


Kolingba A

 

15/02/2010 09:51:27 | Jeune Afrique | Par : Tshitenge Lubabu M.K.


L’ancien président de la République centrafricaine est décédé le 7 février, à 73 ans.

Les partisans du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) étaient convaincus qu’il serait leur candidat à la prochaine présidentielle, prévue cette année. Mais le sort en a décidé autrement: André Kolingba a été emporté par un cancer de la prostate, le 7 février à Paris.

Né à Bangui en 1936, il fut avant tout un militaire. Entré dans l’armée française en 1954, il est formé à Brazzaville (Congo) puis, en France, à l’École des officiers d’active de Fréjus et à celle d’application des transmissions de Montargis. Est-ce son niveau de formation qui inquiète l’empereur Bokassa Ier au point qu’il le nomme ambassadeur au Canada et en Allemagne de l’Ouest? Toujours est-il qu’à la chute de Bokassa, en 1979, son successeur, David Dacko, nomme Kolingba chef d’état-major des armées. Le 1er septembre 1981, le général chasse Dacko du pouvoir, même si d’aucuns affirment qu’il s’agissait d’une démission.

Kolingba n’a qu’une envie: redorer le blason d’un pays ubuesque. Mais il commence par confisquer les libertés, à peine restaurées. Comme ses prédécesseurs, il n’échappe pas à la tutelle de Paris, dont il semble être la nouvelle marionnette. Kolingba s’est en effet attaché les services d’un officier français, le colonel Mansion, arrivé à Bangui dans le cadre de la coopération. C’est lui qui, en 1982, le sauve lorsque François Bozizé, ministre de l’Information, et Ange-Félix Patassé tentent de prendre le pouvoir. Mansion, qualifié de proconsul, est, dit-on, le véritable maître du pays. Pour beaucoup de Centrafricains, c’est ce coup d’État raté qui a conduit le général à une vision tribale des institutions comme l’armée et l’administration.

En 1991, sous la pression de la rue, il accepte le multipartisme, qu’il avait interdit. Et c’est Patassé qui ­remporte la présidentielle de 1993. Arrivé quatrième, Kolingba s’incline. Mais en mai 2001 il est mêlé à une tentative de putsch contre Patassé. Exilé en Ouganda, il revient en Centrafrique en 2003 après avoir été amnistié par Bozizé. En 2005, il est troisième à la présidentielle. Ses compatriotes retiendront sans doute une chose d’André Kolingba: le courage d’avoir demandé pardon pour ses erreurs. 



Centrafrique : La rébellion du FDPC rend hommage à la mort de l’ex président André KOLINGBA

 Lundi 15 Février 2010

 

"La mort du Général d’Armée KOLINGBA est une grande perte pour notre pays qu’il a servi pacifiquement et pour son parti le RDC. C’est un homme charismatique ; il était l’artisan de la démocratie dans notre pays".

RCA - Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) a appris avec consternation la mort de l’ancien Président Centrafricain, le Général d’Armée André KOLINGBA.

La mort du Général d’Armée KOLINGBA est une grande perte pour notre pays qu’il a servi pacifiquement  et pour son parti le RDC. C’est un homme charismatique ; il était l’artisan de la démocratie dans notre pays.

 Au nom du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC), nous adressons à sa famille éplorée et à son parti, notre fraternelle compassion et nos sincères condoléances les plus attristées.

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 01:36


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AFFAIRE KADHAFI | Œil pour œil, dent pour dent. La Libye met ses menaces à exécution. Elle ne délivrera plus de visas d’entrée aux Européens de la zone Schengen. La crise entre la Suisse et Tripoli contamine désormais l’Europe.

JUDITH MAYENCOURT AVEC LES AGENCES | 16.02.2010 | 00:00

On évoquait déjà la fin de la crise et on croyait proche le retour des otages – ou du moins de Rachid Hamdani, libéré de toute charge par la justice libyenne. Il n’en est rien. Entre la Suisse et la Libye, l’horizon s’est assombri d’un coup. Tripoli a annoncé hier qu’il ne délivrait plus de visas d’entrée aux Européens, à l’exception des Britanniques. C’est une mesure de rétorsion à la restriction de visas mise en place en juin dernier dans l’espace Schengen, à la demande de la Suisse.

 

Agitée à plusieurs reprises par la Libye, la menace d’interdire aux Européens l’entrée sur sol libyen est donc entrée en vigueur hier. L’annonce a été communiquée à l’agence Reuters par un responsable de l’aéroport international de Tripoli. Sans expliquer les motivations des autorités libyennes, le journal Oea, proche du régime, rappelle que la Suisse a interdit l’accès à son territoire à 188 responsables libyens, dont le colonel Kadhafi.

 

La décision libyenne a été prise très au sérieux en Europe. La France puis l’Italie ont recommandé à leurs ressortissants de ne plus se rendre en Libye. En fin de journée, la Commission européenne réagissait à son tour, en déplorant «une décision unilatérale et disproportionnée». L’Union européenne étudie maintenant «une réaction appropriée», a annoncé la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures et de l’Immigration, Cécilia Malmström. Des consultations sont prévues avec les Etats membres et les pays associés à Schengen afin de déterminer avant la fin de la semaine la réponse européenne à la Libye.

 

«La Suisse nous prend en otages»

 

A Berne, on garde un silence prudent. Le Département fédéral des affaires étrangères ne commente pas ce qui ressemble pourtant bien à une escalade dans l’affaire libyenne. Mais aucun doute que la pression européenne sur la Suisse sera énorme. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, passait hier soir déjà à l’offensive en accusant la Suisse de «prendre en otages tous les pays de l’espace Schengen». Dans une interview télévisée, le bouillant Italien s’est dit prêt à aider la Suisse à «résoudre une question bilatérale», mais pas «aux dépens de tous».

 

La crise libyenne tournera-t-elle à l’épreuve de force avec l’Europe? Membre de la Commission de politique extérieure, le démocrate-chrétien Luc Barthassat ne le croit pas et compte sur une position ferme de l’Europe aux côtés de la Suisse pour mettre un terme à l’affaire libyenne et assurer le retour des otages. «Cette crise montre que la Suisse a touché un point sensible chez les Libyens. Lorsqu’on mène une politique de rétorsion, on ne peut pas reculer», considère la conseillère aux Etats socialiste Liliane Maury Pasquier, elle aussi membre de la Commission de politique extérieure. La libérale Martine Brunschwig Graf est nettement plus prudente. «C’est au Conseil fédéral de juger de la situation et de trouver une solution d’équilibre, en accord avec l’Union européenne, analyse-t-elle. Le parlement doit éviter de s’immiscer dans cette affaire.»


Le Conseil fédéral se réunit demain. Avec sur sa table le dossier libyen. Une fois de plus.

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 01:12


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Source : Tchadonline 15 février 2010

Le groupe revendiquant l’enlèvement de trois humanitaires français au Tchad et en Centrafrique a lancé jeudi 10 décembre un ultimatum d’une semaine à la France. Le groupe menace d’exécuter un otage si Paris n’accepte pas de négocier directement avec lui.

« Nous allons aussi viser les forces françaises au Tchad et nous allons mener des opérations d’assassinat contre des diplomates français », a par ailleurs affirmé Abou Mohammed Al-Rizeigui, un porte-parole des « Aigles de libération de l’Afrique ».
Ce groupe peu connu du Darfour, une région de l’ouest du Soudan en guerre civile, revendique le rapt d’un employé français de la Croix-Rouge internationale, enlevé dans l’est du Tchad, à une dizaine de kilomètres du Soudan.


Il revendique également le rapt de deux humanitaires français de l’ONG Triangle GH kidnappés à Birao, ville du Centrafrique jouxtant le Darfour. Après les rapts, les Aigles de libération de l’Afrique avaient affirmé ne pas viser des organisations humanitaires mais bien la France, à laquelle ils reprochent « sa politique dans la région ». Ce même groupe avait revendiqué l’enlèvement en avril au Darfour de deux humanitaires – une Canadienne et une Française – de l’ONG Aide médicale internationale. Il avait aussi menacé de les tuer avant de les libérer après vingt-six jours de détention.


avec AFP

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:41
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(Tchadactuel 15/02/2010)

Charles Massi est un ancien Ministre centrafricain, militaire de carrière, passé à l’opposition armée contre le régime de Bozizé, pardon de Deby à Bangui. Il opérait à la frontière tchado centrafricaine et subissait l’assaut des armées de deux pays. A la fin de l’année 2009, il fut capturé par l’armée tchadienne et livré mains et pieds liés à Bozizé qui l’aurait torturé jusqu’à mort suit. C’est la version en cours.

Or les militaires tchadiens qui ont livré le « colis » sont formels : « le colis était déjà en état irrécupérable » avant qu’il soit transmis aux autorités centrafricaines. Selon les mêmes sources, quand Deby a appris la capture de Massi par les siens, il a ordonné ceux-ci de le liquider, mais avant qu’ils passent aux actes, il a rappelé pour que le rebelle soit remis aux Centrafricains tout en insistant qu’il ne doit pas fuir entre temps.

Apparemment les militaires se sont bien assuré que le rebelle ne peut pas fuir. Seule une enquête indépendante peut révéler les circonstances dans lesquelles M. Massi a été exécuté. Par Deby ? Par Bozizé ? Ou l’un a torturé et l’autre l’a achevé ?

Bérémadji Félix (N’djaména)

 

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NDLR : Au moment où l'actualité politique centrafricaine est accaparée par les difficultés de fonctionnement et les blocages du DDR, de la commission électorale et de la disparition du président André Kolingba et des préparatifs de ses funérailles, notre confrère tchadien pose une question fondamentale au sujet de l'assasinat de l'opposant Charles Massi que la mort de l'ancien président centrafricain a quelque peu éclipsé, accordant un certain répit à Bozizé alias le "dépeceur" qui est allé lui ce week-end dans son village, fleurir la tombe de sa défunte mère décédée le 9 février 2009. Il s'apprête aussi à faire une récupération politique des funérailles nationales que Bangui se prépare à faire au général André Kolingba dont la dépouille devrait en principe arriver au pays dans la matinée du jeudi 24 février 2010.

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