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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 00:13
RCA : les Centrafricains se souviennent encore du coup d’Etat manqué du 13 janvier 2021
RCA : les Centrafricains se souviennent encore du coup d’Etat manqué du 13 janvier 2021

 

Centrafrique : un an après, les Centrafricains se souviennent encore du coup d’Etat manqué du 13 janvier 2021

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 14 janvier 2022 07:27

Il y a 1 an jour pour jour, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) a tenté de prendre le pouvoir à Bangui. Les affrontements du mercredi, 13 janvier 2021 avaient fait de nombreux morts et blessés aussi bien parmi les civils que les militaires et rebelles. Cet assaut a contraint, aussitôt, Bangui à revoir les horaires du couvre-feu décrété quelques jours avant et à instaurer un Etat d'urgence.

De cette date, les Banguissois retiendront les tirs d'armes lourdes et automatiques retentis dès 5h du matin aux sorties Nord et Sud de la capitale. Des attaques coordonnées et revendiquées par quelques groupes armés, signataires de l'Accord de paix du 6 février 2019 emmenés par François Bozizé.

« Tentative de coup d’Etat »

Le gouvernement dénonce alors, une tentative de coup d'Etat de l’ex-président François Bozizé, candidat écarté de la course présidentielle par la Cour constitutionnelle. En effet, l'ancien chef de l’Etat redevenu rebelle avait fédéré un mouvement d'insurrection suite à l'accord de Kamba-Kota qui fondait la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

Etat d’urgence instauré, couvre-feu renforcé

Aussitôt ce 13 janvier 2021, les Forces armées centrafricaines (FACA) appuyées par leurs alliés rwandais et russes ainsi que la Minusca repoussent l'attaque et procèdent à des arrestations. Dans la foulée, le couvre-feu instauré une semaine avant est renforcé et un Etat d'urgence est instauré sur toute l’étendue du territoire ; donnant ainsi plus de pouvoir à la police.

Situation humanitaire préoccupante

Ce putsch manqué a d'abord provoqué un cycle d'insécurité avant la reconquête des villes initialement occupées par la coalition rebelle et la libération des axes stratégiques, notamment, le corridor Bangui-Garoua-Boulaï. Les conséquences des attaques ont été incalculables, notamment sur la population dont plus de la moitié a besoin d'assistance humanitaire et manque de tout.

Une année après, le rapport de force a visiblement changé de camp. Puisque l’offensive des forces légales a permis de reconquérir la quasi-totalité du territoire national. Toutefois, certains éléments de ces groupes armés, dépouillés de chaine de commandement, continuent de mener des attaques intermittentes contre les forces loyalistes et les populations dans plusieurs villes de provinces.

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 00:08
La première réunion de suivi de la mise en œuvre de la feuille de route pour la Paix en RCA.

 

Le 14 Janvier 2022 s'est tenue dans la salle de la cité CEMAC, la première réunion de suivi de la mise en œuvre de la feuille de route pour la Paix en RCA.

■ Cette réunion, comme l'atteste le communiqué ci-joint,  s'est déroulée en présence des partenaires multilatéraux et bilatéraux de la RCA accrédités en République. 

■ La réunion a permis de présenter le rapport des travaux d'évaluation produit par le comité technique des experts.

■ Nous tenons remercier le Ministre des Affaires Etrangères du Rwanda, le Ministre des Relations Extérieures d'Angola et la Secrétaire d'Etat au Ministère des Relations Extérieures d'Angola, le Secrétaire Exécutif de la CIRGL et le Commissaire Paix/Sécurité de la CEEAC, Représentant du Président de la Commission de la CEEAC excusé, d'avoir fait le déplacement à Bangui pour ce point d'avancement.

■ Nous saluons également l'UE et le PNUD, à travers leurs Représentants à Bangui, d'avoir réaffirmé leur soutien et appui aux efforts du Gouvernement de la RCA et de la mise en œuvre de la Feuille de Route du processus de Luanda.

De même, nous remercions la MINUSCA  et les organisations sous-régionales pour leur disposition à apporter leur appui au Gouvernement centrafricain. 

■ Le récit fait par M. VIRCOULON sur RFI est assez étonnant car il n'a participé ni de près ni de loin à la réunion du 14 Janvier 2022. 

Nous comprenons que les efforts pour le retour à la paix en RCA ne sont pas partagés par tous et du goût de tous. 

 

#CentrafriqueDiplomatie #DiplomatieRCA🇨🇫

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 00:04
RCA :  les évêques tirent la sonnette d'alarme sur les crises diverses dans le pays
RCA :  les évêques tirent la sonnette d'alarme sur les crises diverses dans le pays

 

Centrafrique: l’épiscopat dénonce l’exploitation abusive des ressources

https://africa.la-croix.com/ 17 janvier 2022 

Réunis pour leur première assemblée plénière de l’année 2022, les évêques de Centrafrique ont publié, un message daté du 14 janvier.

Après avoir, pour sa première assemblée plénière annuelle, eu des moments de prière et d’échanges avec les autorités centrafricaines, l’épiscopat de ce pays a publié, un message daté du 14 janvier. Dans ce texte, les neuf évêques et archevêques de ce pays d’Afrique centrale sont revenus sur l’importance du Synode sur la synodalité.

« À la suite du Christ, l’Église a fait de la synodalité sa façon habituelle de vivre et d’exercer sa mission dans le monde, ont-ils notamment écrit. Les conciles œcuméniques représentaient un exemple éloquent de cette expression ecclésiale lorsque des idées contraires menaçaient la foi de l’Église et son unité »Et d’expliciter le but du synode : « Pour cette fois, il [le pape] veut écouter chaque baptisé en tant que sujet actif de l’évangélisation ».

Situation sociopolitique du pays

S’intéressant à la vie sociopolitique de la République centrafricaine, la Conférence des évêques a dénoncé « des sorties médiatiques et des campagnes de désinformation visant à ternir l’image et la réputation » du pays et à « maintenir les tensions conflictuelles au mépris de la souveraineté de l’État Centrafricain ».

« Cette situation vise à marginaliser et à isoler notre pays sur le plan diplomatique et international et cause un grand dommage économique dans le partenariat avec les institutions financières internationales qui soutiennent l’économie fragile de la République centrafricaine », ajoute-t-elle.

Aux yeux des évêques de ce pays, les ressources y sont abusivement exploitées par « des étrangers avec la complicité de certains compatriotes ». « La dégradation et la destruction de notre environnement sont effrayantes, s’alarment-ils également. Nous appelons de tous nos vœux que la transparence soit faite autour des conventions entre la Centrafrique et les partenaires et pays étrangers ».

L’épiscopat centrafricain s’est, par ailleurs, exprimé sur la question du Dialogue républicain souhaité par le président Faustin Archange Touadera et censé réunir les forces vives de la nation autour d’une même table. Il s’inquiète notamment du retrait de plusieurs responsables politiques et s’interroge « sur l’impact réel d’un tel exercice politique dans la recherche d’un retour à la paix, à la concorde et à la réconciliation nationale ». Tout en exprimant le vœu ardent que ce dialogue soit inclusifil prévient que ces concertations ne doivent pas « non plus devenir une patente pour l’impunité ». « Il n’est pas question de sacrifier les exigences de la justice sur l’autel du politique », insiste-t-il.

Crise des valeurs morales

Les évêques centrafricains se sont enfin inquiétés de la crise des valeurs morales. « La corruption, l’enrichissement illicite, la gabegie, l’incompétence et le manque de déontologie professionnelle dans certains services de l’État, l’abus d’autorité et l’injustice, sont autant de symptômes qui traduisent et mettent à grand jour la crise de valeurs morales fondamentales » citent-ils fustigeant, par la même occasion, le comportement d’« adultes véreux [qui], forts de leur stature et position sociale, profitent » de la naïveté des enfants et les « exploitent à des fins sexuelles, hypothéquant ainsi leur jeunesse et leur avenir ».

Cette déclaration a aussi été l’occasion pour la conférence épiscopale centrafricaine, de décrier l’absence de cours d’éducation civique et morale qui étaient autrefois dispensés dans les établissements scolaires du pays.

Lucie Sarr

 

Centrafrique : les évêques tirent la sonnette d'alarme sur les crises diverses dans le pays

Par : french.china.org.cn  Mis à jour le 18-01-2022

Les évêques de Centrafrique ont attiré l'attention du gouvernement sur les profondes mutations qui dramatisent la situation du pays, lors de la conférence épiscopale de 2022, selon une source officielle.

Les responsables religieux ont exprimé l'inquiétude en faisant le point sur la situation sécuritaire, diplomatique, socio-économique, sanitaire et éducative pendant des échanges avec le président du pays et le chef du gouvernement.

"C'est avec grande consternation et beaucoup de questionnements que nous assistons à des sorties médiatiques et des campagnes de désinformation visant à ternir l'image et la réputation de notre pays afin de maintenir les tensions conflictuelles au mépris de la souveraineté de l'Etat centrafricain", indique le communiqué final publié dimanche soir.

"Cette situation vise à marginaliser et à isoler notre pays sur le plan diplomatique et international et cause un grand dommage économique dans le partenariat avec les institutions financières internationales qui soutiennent l'économie fragile de la République centrafricaine. Pendant ce temps, à l'intérieur du pays, certains groupes armés demeurent actifs et commettent des exactions", ont-ils ajouté.

"Nos ressources naturelles, minières et forestières sont pillées. Nous assistons aujourd'hui à une exploitation abusive et effrénée de ces ressources par des étrangers avec la complicité de certains compatriotes. La dégradation et la destruction de notre environnement sont effrayantes", ont-ils estimé.

Par ailleurs, les évêques ont appelé le gouvernement à la transparence autour des conventions signées avec les partenaires et pays étrangers.

Cette conférence annuelle s'est tenue du 10 au 16 janvier à Bimbo, une localité près de la capitale centrafricaine de Bangui.

Source: Agence de presse Xinhua

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 00:00
Le Congo a démarré son interconnexion à la Centrafrique par fibre optique sous-fluviale
Le Congo a démarré son interconnexion à la Centrafrique par fibre optique sous-fluviale

Lu pour vous

 

(Agence Ecofin) - 17 janvier 2022 15:33 En avril 2018, la République du Congo a finalisé  sa liaison à haut débit avec le Gabon. Il y a quelques mois, c’était le tour du Cameroun. Le pays qui entame une nouvelle étape, avec la République centrafricaine, poursuit son objectif de devenir une plaque tournante des TIC en Afrique centrale. 

Le projet de construction du réseau à fibre optique sous-fluviale entre le Congo et la République centrafricaine (RCA) entre dans sa phase de réalisation. Les travaux ont été officiellement lancés le 14 janvier à Brazzaville, à l’occasion de l’inauguration de la barge motrice qui servira à cet effet. Lesdits travaux seront réalisés par les sociétés chinoises Huawei et China Communications Services International (CCSI).

Léon Juste Ibombo, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie numérique, a déclaré lors de cette cérémonie : « nous sommes venus lancer les travaux de construction du réseau à fibre optique entre le Congo et la RCA, sachant qu'il y a une grande partie de la frontière entre les deux pays qui est sous les eaux. Cette barge contient le matériel nécessaire pour pouvoir effectuer les travaux d'interconnexion en fibre optique entre nos deux Etats ».

Selon Michel Ngakala, le coordonnateur du projet, les travaux consisteront en la pose de 285 kilomètres de fibre optique sous-fluviale, renforcée en acier pour accroître son efficience et sa sécurité sur le lit du fleuve. A cela, s’ajouteront des travaux de génie civil et la construction des sites techniques sur l’axe Pokola-Ouesso-Kabo-Bomassa-Bayanga-Salo.

L’interconnexion du Congo à la RCA s’inscrit dans le cadre de la phase 2 du projet Central African Backbone (CAB) qui vise à connecter les pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) via des infrastructures télécoms à haut débit. Le lancement de la phase de réalisation de cette liaison fait suite à la finalisation quelques mois plus tôt de celle avec le Cameroun. Le Congo avait déjà finalisé en 2018 sa liaison de fibre optique d’un coût de 15 milliards FCFA (26,08 millions $) avec le Gabon.

La durée des travaux de liaison entre le Congo et la RCA est estimée à sept mois. Ils se dérouleront en trois étapes et devraient être achevés au troisième semestre 2022. Une fois achevée, l’interconnexion contribuera à une plus grande inclusion numérique en RCA et au Congo. Le ministre a indiqué qu’avec leurs propres infrastructures télécoms, les pays africains n’auront plus à dépendre des infrastructures télécoms étrangères.

Isaac K. Kassouwi

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:49
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI

 

Centrafrique: la feuille de route de Luanda dans «une impasse totale»

https://www.rfi.fr/  16/01/2022 - 12:02

Le ministre rwandais des Affaires étrangères et la secrétaire d'État aux relations étrangères de l'Angola, chargés du suivi de la feuille de route pour la paix en Centrafrique, étaient en visite dans le pays, vendredi 14 janvier, pour faire le point sur sa mise en œuvre.

La feuille de route pour la paix en Centrafrique a été signée, à Luanda, capitale de l’Angola, en septembre 2021, sous les auspices de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette visite a eu lieu au moment où cette feuille de route est dans une « impasse totale ».

« Cette feuille de route prévoyait qu’il y ait l’ouverture d’une négociation avec les groupes armés et que simultanément, il y ait aussi un dialogue républicain. Donc, en fait, elle prévoyait une double négociation avec l’opposition armée et avec l’opposition démocratique. Rien de cela n’a pu être mis en œuvre, l’année dernière. La situation sur le terrain est restée la même, avec des affrontements qui continuent, et donc, il n’y a pas eu de cessez-le-feu ou cessation des hostilités. Et puis, du côté du dialogue républicain, eh bien comme les grandes figures de l’opposition démocratique ont été intimidées, l’année dernière, elles ont toutes fui le pays. Actuellement, il n’y a pratiquement plus de grandes figures de l’opposition centrafricaine, en Centrafrique. C’est une impasse totale puisqu’aucune condition n’est en place pour que cette feuille de route puisse avancer et produire quelque chose », a déclaré, à RFI, Thierry Vircoulon, chercheur associé au centre Afrique de l'Ifri.

 

Centrafrique: des zones entières coupées du monde [2/2]

https://www.rfi.fr/ 14/01/2022 - 00:08

Depuis un an, l’apparition d’engins explosifs posés sur les pistes vient complexifier encore la crise centrafricaine. Un phénomène encore inconnu dans le pays il y a un an, mais qui prend de l’ampleur et dont les conséquences sont dramatiques pour l’économie de la région Nord-Ouest.

Selon la plupart des analystes, ces engins explosifs seraient posés par les groupes rebelles afin de limiter la progression des forces pro gouvernementales qui les ont repoussés hors des principales agglomérations du pays en 2021. Mais les explosifs ne font pas de différence et les victimes sont dans leur immense majorité des civils, des humanitaires également, ainsi que deux casques bleus qui ont été blessés.

En plus du bilan humain qui s’élève à 23 civils tués au moins selon l’ONU, des zones entières sont devenues inaccessibles aux commerçants et aux humanitaires. Dans ses localités, le manque de nourriture, de médicaments vient s’ajouter à l’insécurité qui empêche les agriculteurs de travailler au champ.

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:46
En Centrafrique, des éleveurs pris en tenaille entre milices et militaires

 

Lu pour vous

 

Le Monde avec AFP Publié le 14 janvier 2022 à 09h39

Repoussés hors des couloirs de transhumance, les Peuls empruntent d’autres routes et empiètent parfois avec leurs bêtes sur les champs des agriculteurs.

La silhouette longiligne de Lamine Bina émerge au milieu de son troupeau dans cette plaine du nord-ouest de la Centrafrique. En pleine période de transhumance, l’éleveur pose nerveusement son regard sur son cheptel puis sur l’horizon. Les milices armées comme les forces pro-gouvernementales ciblent fréquemment les nomades.

Ce Peul de 37 ans, dont le nom a été changé pour sa sécurité, a durant deux décennies emprunté les mêmes couloirs de transhumance, entre octobre et juin, quittant les plateaux arides du Tchad et du Soudan pour rejoindre les plaines de Centrafrique et les grands marchés aux bestiaux. Mais la résurgence des violences dans ce pays a changé la donne pour ces nomades.

Après avoir fortement baissé d’intensité depuis trois ans, la guerre civile, entamée en 2013 entre un Etat quasi failli et une multitude de groupes et milices armées qui contrôlaient ou écumaient encore fin 2020 plus des deux tiers du territoire, a connu un brusque regain d’intensité quand des rebelles ont lancé une offensive il y a un an pour renverser le chef de l’Etat Faustin-Archange Touadéra.

Ils ont vite été repoussés par une fulgurante contre-offensive de l’armée grâce à l’appui de centaines de paramilitaires russes, des mercenaires de la société privée de sécurité Wagner selon l’ONU. Ils ont regagné la majeure partie du pays en repoussant les rebelles hors des agglomérations. Mais ces derniers ont changé de tactique et mènent aujourd’hui des actions de guérilla dans les campagnes.

Taxés, pillés ou tués

Et ils rançonnent les éleveurs nomades, notamment durant la transhumance. Une manne pour les milices, l’élevage représentant en Centrafrique environ 13 % du PIB, selon l’ONU. « J’ai perdu beaucoup de bœufs », se désole Lamine dans son long boubou beige, en caressant les naseaux d’une de ses bêtes. « Les rebelles me demandent régulièrement de l’argent, mais je ne peux pas payer. Ils prennent dix ou quinze bœufs et la situation peut rapidement dégénérer si je refuse », lâche-t-il.

Un drame pour cet homme qui possède quelque soixante-dix bêtes. Alors, par crainte des attaques, il reste près de Paoua, ville à 500 kilomètres au nord-ouest de la capitale Bangui. « Cette situation m’oblige à vendre sur place, moins cher », explique-t-il, la voix couverte par des bruits de sabots et des meuglements : « Ici, je peux gagner entre 200 000 et 300 000 francs CFA [entre 300 à 450 euros] par tête, alors qu’à Bangui le prix grimpe à 400 000. »

 « Et nous avons aussi besoin de faire pâturer nos bêtes en brousse et de voyager, mais les rebelles sont là », souffle Mahamat. Les rebelles, autour de Paoua, ce sont les 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation), l’un des groupes armés les plus puissants, se présentant comme une milice d’autodéfense peule et qui avait étendu, avant la contre-offensive russo-centrafricaine, son emprise sur tout le nord-ouest, empochant d’importants revenus de la transhumance.

Par peur d’être taxés, pillés ou tués, de nombreux éleveurs avaient rejoint ce groupe ou comptaient sur les 3R pour les appuyer dans leurs affrontements récurrents avec les cultivateurs sédentaires.

Assimilés aux miliciens

Dans tous les pays de la bande sahélienne ou frontaliers de cette zone désertique, les affrontements sanglants entre éleveurs nomades et cultivateurs sédentaires sont un fléau récurrent depuis des temps reculés. Les uns faisant migrer leurs bêtes du Sahel pour les faire paître dans les zones moins arides, en l’occurrence du Tchad et du Soudan vers la Centrafrique, déclenchant fréquemment conflits fonciers et combats meurtriers.

Mais aujourd’hui, ces nomades assurent aussi être les cibles des forces pro-gouvernementales, en particulier des paramilitaires russes, récemment accusés par l’ONU de crimes et d’exactions contre les civils en Centrafrique.

 « Les militaires nous accusent d’être de mèche avec les rebelles », s’émeut un éleveur rencontré dans la zone de Paoua et qui requiert l’anonymat par peur de représailles. « Il n’est pas rare qu’ils tirent sur nous et nos bêtes », assure-t-il.

Pour Thierry Vircoulon, spécialiste de la région à l’Institut français des relations internationales (IFRI), les éleveurs peuls sont « ciblés par les forces pro-gouvernementales », car assimilés aux miliciens des 3R.

« Les Russes font une identification ethnique très simple » et ne cherchent pas à différencier un éleveur d’un milicien, renchérit Roland Marchal, chercheur du Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

Repoussés hors des couloirs de transhumance, les éleveurs empruntent d’autres routes et empiètent parfois avec leurs bêtes sur les champs des agriculteurs. En juin 2021, au moins quatorze personnes ont été tuées dans des combats entre les deux communautés dans le nord-ouest, près de la frontière avec le Tchad.

« Le passage du bétail dans les champs des agriculteurs donne parfois lieu à des incendies de maisons, des attaques et des meurtres », confirme Amadou Traoré, chef du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Paoua.

Le Monde avec AFP

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:44
Au Mali et en Centrafrique, le message politique de la France ne passe plus

 

Lu pour vous

 

Article rédigé par Carol Valade, Kaourou Magassa - franceinfo Radio France Publié le 14/01/2022 16:51

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction Bamako et Bangui où s'exprime une défiance contre les discours et l'intervention militaire de l'ancien colonisateur.

Emmanuel Macron a fait des relations avec le continent africain l'une des priorités de la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Un sommet UE-Afrique se tiendra les 17 et 18 février prochains alors que les relations de Paris avec le Mali et la Centrafrique se sont récemment tendues.

Au Mali, l'intervention politique et militaire de la France critiquée

La junte malienne appelle à la manifestation de la population, vendredi 14 janvier, après les sanctions cette semaine de la Cedeao, et les menaces de nouvelles restrictions de la part des États-Unis et de l'Union européenne. Sous l'impulsion de la France, des pressions sont aujourd'hui exercées contre les militaires maliens pour qu'ils respectent le processus démocratique. Mais le message politique envoyé par Paris en Afrique est-il toujours bien perçu par les populations ?

Rarement les relations diplomatiques entre la France et le Mali n’ont été aussi délétères. Les deux coups d’État militaires en neuf mois entre août 2020 et mai 2021 ont occasionné une rupture de confiance entre Paris et Bamako. Le non-respect des engagements des autorités de transition vers un retour à un ordre constitutionnel via l’organisation d’élections générales en février 2022 ont, de plus, intensifié les divergences de vue entre les deux pays.

Le gouvernement malien estime que c’est sa stratégie de rapprochement avec la Russie qui est remise en cause. La France en première ligne ainsi que plusieurs pays occidentaux dénoncent depuis plusieurs semaines le possible déploiement de mercenaires de la société Wagner. Le Mali s’en défend en parlant de partenariats d’État à État avec la Russie. Pour la population malienne, le retour à la sécurité est fixé comme une priorité et pour beaucoup l’opération Barkhane a échoué à mettre fin aux conflits dans le pays. Ce qui entraîne un rejet et une défiance vis à vis de la présence militaire française chez une partie des Maliens.

 Sahel : "Au Mali et au Burkina Faso, les services de sécurité sont quasiment effondrés", affirme Alain Antil, chercheur à l'IFRI

Outre l’aspect sécuritaire, c’est aussi la politique française au Sahel qui est remise en cause. Les contradictions de la France au sujet de la défense des principes démocratiques dans le monde sont régulièrement pointées du doigt. Blaise Diarra, médecin à Bamako, résume cette défiance : "Je ne comprends pas, en Arabie Saoudite, au Qatar, il n’y a pas de démocratie. Leurs alliés, c’est la France et les États-Unis. Il n'y a pas de limitation des mandats des présidents en Europe et ça ne pose pas de problème, je ne comprends pas. Dans les pays asiatiques, la même chose."

"Est ce que c’est parce que nous sommes pauvres, ou que nous sommes noirs, qu’ils veulent nous imposer quelque chose qu’ils ont calqué sur leur population et qu’ils veulent nous imposer à nous ? Je dis non, la démocratie, d’accord, mais chaque pays a sa façon d’être gouverné." Blaise Diarra, médecin malien à franceinfo

Au Mali, la France est perçue par une partie de la société civile comme ayant une politique agressive qui défend uniquement ses intérêts économiques en Afrique. Une large frange de la population milite pour des partenariats gagnant-gagnant entre les États, et fustige "France-Afrique" et ses rapports de domination. Les discours nationalistes ont de plus en plus d’écho dans le pays. Pour preuve, la manifestation de vendredi est considérée comme une mobilisation pour la défense de la souveraineté du peuple malien vis-à-vis de la France et des dirigeants de la communauté des états d’Afrique de l’ouest, la Cedeao qui ont durement sanctionné le Mali.

En Centrafrique, une rancœur contre la France

En Centrafrique, second pays le plus pauvre du monde, déchiré par la guerre civile depuis 2013, Paris a également adopté des sanctions et durci sa position diplomatique suite à des campagnes contre la France. Selon le correspondant de franceinfo à Bangui, il n’existe pas vraiment de sentiment anti-français au sein de la population centrafricaine. Carol Valade a, en revanche, constaté une forme de rancœur au sein de l’élite politique. Un sentiment d’abandon vis-à-vis de l’ancien colonisateur qui a toujours joué un rôle politique et militaire depuis l’indépendance.

La France est intervenue lors de la guerre civile en 2013, c’était l’opération Sangaris qui a pris fin trois ans plus tard. Le pouvoir de Bangui s’est alors tourné vers la Russie pour assurer sa sécurité et combattre les groupes rebelles qui contrôlaient la quasi-totalité de son territoire. Et c’est à ce moment qu’apparaissent les premières actions hostiles à la France, parallèlement à la montée en puissance du groupe, comme au Mali, de Wagner, la société militaire privée russe dont les membres sont qualifiés de mercenaires par l’ONU. Ces miliciens sont accusés de graves exactions contre les civils.

Ces campagnes anti-françaises ont d’abord pris la forme d’une inflexion dans les discours politiques : des articles de presse, des petites manifestations et une activité surabondante de désinformation sur les réseaux sociaux. "Ce discours anti-français permet de légitimer une présence de mercenaires prédateurs russes", a déclaré au printemps dernier Emmanuel Macron. Le chef de l'État français a accusé son homologue centrafricain d’être "l’otage du groupe Wagner". Paris a alors suspendu son aide budgétaire et rappelé une partie des coopérants. 

Cette défiance ne vise pas uniquement la France mais aussi les Nations unies en Centrafrique avec pour conséquence un isolement croissant de Bangui sur le plan international. Les États-Unis ont également cessé leur appui logistique, l’Union européenne a suspendu ses formations tandis que le FMI tarde à débloquer ses fonds pour les mêmes raisons. Le président Touadéra est aujourd’hui pris entre deux feux, pour ainsi dire. La Russie, d’un côté, qui lui fournit l’aide militaire indispensable à sa survie politique et la France et les occidentaux, de l’autre côté, qui tiennent les cordons de la bourse et de la reconnaissance sur le plan international.

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:04
ADP, Bouygues et Colas sanctionnés par la Banque mondiale pour pratiques frauduleuses
ADP, Bouygues et Colas sanctionnés par la Banque mondiale pour pratiques frauduleuses
ADP, Bouygues et Colas sanctionnés par la Banque mondiale pour pratiques frauduleuses

 

LU POUR VOUS

 

ADP, Bouygues et Colas sanctionnés par la Banque mondiale pour pratiques frauduleuses

https://www.lemonde.fr/ le 14 janvier 2022 à 03h42 – Le Monde Par Julien Bouissou et Emeline Cazi 

 

Les trois sociétés sont accusées d’avoir contourné les règles dans l’attribution de marchés, notamment en rencontrant des dirigeants politiques. 

L’information a été publiée discrètement mardi 4 janvier sur le site Web de la Banque mondiale. Pendant un an, jusqu’au 3 janvier 2023, parce qu’elle a eu recours à des pratiques « anticoncurrentielles » et « frauduleuses » pour avoir notamment rencontré des dirigeants politiques lors d’une procédure d’appel d’offres, ADP International (ex-ADP Management), la filiale du groupe Aéroports de Paris chargée du développement à l’international, ne pourra participer à aucun projet dans le monde financé directement ou indirectement par l’institution basée à Washington, ni se voir attribuer, sur cette période, un marché pour lequel elle aurait concouru auparavant.

La sanction ne s’arrête pas là. Pendant douze mois supplémentaires, la filiale d’ADP devra montrer patte blanche et répondre aux exigences éthiques de la Banque mondiale si elle veut répondre à nouveau à des appels d’offres. Cette mise au ban des concours internationaux – une première pour le groupe français – fait suite à une enquête de trois ans menée par l’institution internationale autour de marchés aéroportuaires attribués à Madagascar en 2015 et à Zagreb, en Croatie, en 2011.

ADP n’est pas seul en cause. Bouygues Bâtiment International, chargé de mener les grands projets de Bouygues Construction à l’étranger, et Colas Madagascar, spécialiste des routes, qui formaient un consortium avec ADP, ont également été rattrapés par les enquêteurs de la Banque mondiale. La filiale du groupe Bouygues reste éligible aux appels d’offres, mais elle a douze mois pour se mettre en conformité avec les standards de la Banque. L’entreprise Colas Madagascar est, elle, en revanche exclue pour deux ans ferme.

« Pas de la corruption »

Les trois entreprises avaient décroché un marché pour rénover et agrandir les deux aéroports les plus importants de Madagascar, celui d’Antananarivo, la capitale, et celui de l’île de Nosy Be, paradis touristique au nord de la grande île, avec, à la clé, une concession de vingt-huit ans. La Banque mondiale leur reproche de s’être « livré[es] à des pratiques anticoncurrentielles en participant à des réunions inappropriées avec des représentants du gouvernement entre le 4 février 2015 et le 4 mai 2015 », alors que la procédure d’appel d’offres était lancée. Tous trois reconnaissent les faits mais plaident, par l’intermédiaire d’Antonin Lévy, leur avocat, un changement des règles en cours de jeu.

De fait, des discussions de gré à gré débutent entre le groupement français et les dirigeants malgaches à l’été 2014. Puis un protocole d’accord est signé. Mais la donne change en cours de route. En février 2015, le consortium apprend que l’Etat s’apprête à publier un appel à manifestation d’intérêt, préalable à un appel d’offres. « Il y a alors une vraie incompréhension au sein du consortium, qui a signé un contrat ferme avec l’Etat », détaille Me Lévy. Des études ont été commandées, pour quelques millions d’euros. Comme ils s’y étaient engagés, les Français reviennent avec leurs propositions. C’est une nouvelle rencontre, et d’autres réunions qui suivront, alors que la compétition est officiellement lancée, qui constituent aux yeux de la Banque mondiale le fait de collusion. « Qu’aurait dû faire le consortium ? Dénoncer le contrat en gré à gré passé avec l’Etat malgache et poursuivre ce dernier pour manquement à son contrat et demander des indemnités ? », poursuit l’avocat.

Les faits sont plus anciens dans l’affaire de Zagreb. Il est cette fois reproché à ADP International d’avoir payé un intermédiaire, entre juin 2011 et mars 2014, dans le cadre de l’obtention d’un contrat de concession de trente ans, sans l’avoir déclaré à la Société financière internationale (SFI), la filiale de la Banque mondiale chargée des investissements dans le secteur privé. « C’est effectivement une pratique frauduleuse, car la SFI n’a pas été mise au courant, mais ça n’est pas de la corruption », défend Antonin Lévy.

Trois ans d’enquête

L’enquête a duré trois ans, pendant lesquels des employés de son unité chargée de traquer la fraude et la corruption se sont rendus à Madagascar. Toute la documentation comptable et financière a été épluchée, les e-mails également. Les comptables, les juristes, des collaborateurs ont été interrogés.

La « vice-présidence chargée des questions d’intégrité » fonctionne de manière indépendante, et selon les règles que la Banque mondiale a elle-même fixées. Elle y consacre près de 22 millions de dollars (19 millions d’euros) par an, avec près d’une centaine d’avocats et de juristes spécialisés. Depuis sa création, en 2007, 746 sanctions ont été prononcées contre des entreprises et des particuliers. Pour sortir de la liste noire, les entreprises doivent améliorer leurs pratiques et procédures de contrôle. Depuis 2010, ces sanctions valent également pour les projets financés par d’autres bailleurs de fonds, à l’instar de la Banque asiatique de développement ou de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

La fraude et la corruption sont prises très au sérieux par ces institutions, qui considèrent qu’elles compromettent le développement des pays. Elles peuvent rendre les infrastructures moins sûres et mettre en danger les habitants lorsque, par exemple, des médicaments sont remplacés par des contrefaçons ou que le ciment est mélangé à du sable de mauvaise qualité dans la construction de ponts ou de bâtiments.

Paiements illégaux et factures gonflées

L’Agence française de développement (AFD), qui a financé le projet d’extension des aéroports à Madagascar par l’intermédiaire de sa filiale Proparco, a attendu la fin de l’enquête pour commencer la sienne. « Nous travaillons à la clarification des éléments rapportés par cette dernière », explique l’AFD, qui ne prévoit aucun mécanisme de sanction dans sa politique anticorruption. Les conclusions de l’enquête sont toutefois « susceptibles d’avoir des conséquences sur leur accès aux financements du groupe AFD », reconnaît l’agence, sans toutefois préciser à quelle échéance.

Déjà en 2020, la Banque mondiale avait épinglé une autre entreprise française, le groupe d’ingénierie Egis, pour avoir effectué en Inde « des paiements illégaux » et avoir « gonflé des factures » dans deux marchés de construction de routes qu’elle avait remportés. « Un incident est toujours possible dans un groupe qui intervient dans le monde entier », explique la direction de la communication d’Egis, qui précise « avoir développé depuis plus de dix ans un vaste programme d’intégrité ».

Depuis le 4 janvier, les trois sociétés tentent de relativiser la portée de la décision de la Banque mondiale. Avec la pandémie, l’heure n’est pas aux projets de développement des aéroports, fait valoir ADP. L’organisation du groupe Bouygues est telle que ni la maison mère ni les autres entités du groupe ne sont concernées. Quant à Colas, seule sa filiale malgache a été frappée de sanction.

Julien Bouissou et Emeline Cazi

 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 01:53
RCA : un expert de l'ONU demande aux autorités de remettre en détention Hassan Bouba
RCA : un expert de l'ONU demande aux autorités de remettre en détention Hassan Bouba

 

RCA : un expert de l'ONU demande aux autorités de remettre en détention un ex-chef rebelle accusé de crimes de guerre

https://news.un.org/ 9 décembre 2021

Un expert de l'ONU a appelé jeudi les autorités de la République centrafricaine à remettre en détention un ancien chef rebelle accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, affirmant que sa libération soudaine mettait à mal la lutte du pays contre l'impunité.

Hassan Bouba Ali, ancien haut coordonnateur du groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) qui occupe actuellement le poste de ministre en charge de l'élevage et de la santé animale, a été arrêté le 19 novembre sur la base d'un mandat émis par la Cour pénale spéciale (CPS). Il a été présenté devant la CPS, qui l'a informé, en présence de son avocat, des charges retenues contre lui pour des crimes qui auraient été commis en République centrafricaine.

Cependant, le 26 novembre, alors que M. Bouba Ali devait, avec son consentement, comparaître à nouveau devant la CPS pour une décision sur son placement en détention provisoire, l’unité de la CPS en charge de son extraction s’est vu refuser l'accès au lieu de détention de M. Bouba Ali et des gendarmes l'auraient reconduit à son domicile.

« Les autorités de la République centrafricaine doivent immédiatement faire toute la lumière sur cet incident grave, qui porte atteinte à l'indépendance et à l’autorité de la CPS et au mandat qui lui a été confié par le peuple centrafricain », a déclaré Yao Agbetse, l'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine.

« La libération de M. Bouba Ali entrave la lutte contre l'impunité et le processus de paix et de réconciliation nationale en cours. Elle envoie un mauvais signal aux victimes qui attendent que justice leur soit rendue », a déclaré l'expert. « M. Bouba Ali doit être remis immédiatement à la disposition de la CPS pour la poursuite de la procédure le concernant, notamment l’exécution du mandat de dépôt décerné contre lui ».

L'expert a appelé les autorités centrafricaines à veiller au respect de l'indépendance de la Cour hybride et a déclaré que les autorités devaient collaborer pleinement, sans entrave, avec la CPS, la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation et les autres organes judiciaires nationaux qui œuvrent pour la fin de l’impunité dans le pays.

NOTE :

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des " procédures spéciales " du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 00:48
RCA/UE : rencontre à huis clos entre Joseph Borrell Fontelles et Touadéra à Bruxelles
RCA/UE : rencontre à huis clos entre Joseph Borrell Fontelles et Touadéra à Bruxelles

 

Centrafrique/UE : rencontre à huis clos entre Joseph Borrell Fontelles et Touadéra à Bruxelles

 

RENCONTRES DE HAUT NIVEAU DU PRÉSIDENT TOUADERA AU SIEGE DE L'UNION EUROPÉENNE 

Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a rencontré ce matin  au siège de l'Union Européenne à Bruxelles,  M. Joseph BORREL FONTELLES, Haut Représentant Chargé des Affaires Étrangères et de la Politique de Sécurité. Cet entretien s'est  déroulé en huis clos entre le Numéro  Un centrafricain et le Chef de la diplomatie européenne.

Le Président de la République a ensuite tenu une réunion de haut  niveau avec M. LENARCIC,  Commissaire européen à l'Aide Humanitaire et à  la Réaction aux Crises.

La mise en place d'une coordination  civilo-militaire entre le Gouvernement et les ONG de l'UE afin d'améliorer l'accès  aux populations  vulnérables dans les zones de conflit  était  au centre de cette rencontre. Le Président TOUADERA s'est  engagé à  protéger les acteurs humanitaires en Centrafrique comme il le fait  depuis le début de son accession au pouvoir.

 

La Renaissance

 

« J’ai reçu ce matin le Président Touadéra. L’UE attend des avancées fortes sur la feuille de route de Luanda. Seuls les acteurs ayant un agenda positif au bénéfice des populations ont leur place en #RCA. #AUEU »

Josep Borrell

 

Lu pour vous

 

 

Comment l’Union européenne a préparé sa riposte contre Wagner en Afrique

https://www.lopinion.fr/ 08 décembre 2021 à 17h45

Bruxelles a revu son dispositif d’appui militaire afin d'éviter que les dirigeants n’aient recours à la société militaire privée russe, dirigée par un proche du Kremlin

Les faits - 

Présent au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, le 6 et 7 décembre, le président du Conseil européen, Charles Michel, a développé l’offre de Bruxelles en matière de réponse aux crises sécuritaires et sanitaires en Afrique. L’Union européenne s’est dotée récemment de nouveaux outils pour contrecarrer l’offensive des sociétés militaires privées comme Wagner.

Traumatisée par l’arrivée des mercenaires de Wagner en Centrafrique, l’Union européenne réadapte sa stratégie de soutien aux armées africaines, jouant du bâton et de la carotte. Elle réduit actuellement drastiquement sa coopération sécuritaire avec le pays. « Nous ne pouvons pas former des militaires centrafricains qui vont ensuite être affectés dans des unités dirigées par des mercenaires russes et se rendre coupables d’exactions, justifie une source bruxelloise. Nous continuons seulement à conseiller le gouvernement pour la réforme du secteur de la sécurité et à former des sous-officiers et officiers ».

Bruxelles souhaite ainsi mettre le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, devant ses responsabilités alors que ce dernier préfère toujours avoir recours à la Russie et aux mercenaires de Wagner pour la protection de son régime. Historiquement, c’est pourtant la France qui a ouvert un trou de souris à la Russie en 2018 pour qu’elle puisse fournir des armes létales au gouvernement centrafricain, sous embargo onusien. Paris s’en est vite mordu les doigts. « A l’époque, nous n’avions pas la possibilité de fournir ce type de matériel à travers les dispositifs européens, ajoute la source. La Russie s’est engouffrée dans la brèche pour placer ses influents conseillers militaires, puis permettre l’arrivée d’hommes de Wagner. Nous ne voulons pas revivre une telle situation ! »

 « Boussole stratégique ». La France a donc pesé de toute son influence au sein de l’Union européenne pour obtenir une évolution du dispositif d’aide aux armées africaines et se doter de plus de flexibilité. « Nous avons une nouvelle boussole stratégique pour les cinq prochaines années, a expliqué Charles Fries, secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure, au forum de Dakar. On cherche à avoir des mandats plus robustes pour les missions, à renforcer les liens entre les contingents formés dans le cadre des missions d’entraînement (EUTM) et la force Takuba (forces spéciales des pays européens déployées au Sahel), et on va proposer la mise en place d’une force militaire européenne (5 000 soldats) d’ici à 2025 afin de pouvoir intervenir rapidement dans les pays victimes de crise. »

Bruxelles est en train de préparer une nouvelle vague de sanctions à l’égard de la société militaire privée russe et de ses dirigeants à l’image de ce qui a déjà été fait en Libye

A l’issue d'âpres discussions, les Vingt-Sept ont aussi adopté en juillet une nouvelle Facilité européenne pour la paix (FEP), dotée d’une enveloppe de sept milliards d’euros, qui a remplacé la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique. Cette enveloppe sert à continuer à financer les missions EUTM déployées au Sahel, d’aider la force africaine en Somalie (Amisom) et la force multilatérale du Lac Tchad. Elle permet aussi de fournir des équipements militaires aux armées africaines, y compris des armes létales (munitions, fusils-mitrailleurs, roquettes, drones...). C’est une première. Le Mali aurait exprimé des besoins, mais aucune livraison n’a encore été effectuée.

Marchandages. « Nous avons intérêt à occuper le terrain en matière de formation et d’équipements afin de limiter les marges de manœuvre de compétiteurs comme Wagner », explique un officier européen. En attendant, l’UE, les Etats-Unis et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) montent au front pour dissuader le gouvernement malien d’avoir recours à cette société. Bruxelles est aussi en train de préparer une nouvelle vague de sanctions à l’égard de la société militaire privée russe et de ses dirigeants à l’image de ce qui a déjà été fait en Libye. Et elle va investir au Mali pour rénover l'école des sous-officiers de Banankoro, le champ de tir de Sévaré et livrer des véhicules ainsi que des motos aux unités légères de reconnaissance et d’intervention (Ulri), engagées dans la traque des jihadistes.

La fourniture d’armes létales aux armées africaines ne va pourtant pas de soi. Les pays d’Europe de l’Est, préoccupés par les ambitions russes, préfèrent que ces matériels soient offerts à la Moldavie, à l’Ukraine et à la Géorgie. Les marchandages devraient être importants entre Européens, toute attribution d’armes létales devant recueillir le feu vert des Vingt-Sept. Les pays nordiques n’y étaient pas, non plus, très favorables et ont souhaité obtenir le maximum de garanties en matière de suivi et de contrôle pour éviter leur utilisation abusive et limiter les risques de détournement. « Bruxelles devra rester vigilante pour éviter des investissements contre-productifs qui aggraveraient des situations déjà tendues dans certains Etats fragiles », souligne l’ONG Crisis Group.

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