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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 21:49

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

BANGUI (AFP) - 31.12.2012 16:52 - Par Patrick FORT à Bangui, Xavier Bourgois à Libreville

 

La rébellion centrafricaine a réclamé de nouveau lundi le départ du président François Bozizé, affirmant vouloir prendre la ville de Damara, dernier verrou à 75 km au nord de Bangui, malgré les appels au dialogue de Paris.


"Bozizé doit partir, c'est clair, on réclame son départ, qu'il quitte le pouvoir", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la coalition rebelle du Séléka, Eric Massi.


Selon lui, "une colonne de huit véhicules a quitté Damara pour attaquer" les positions des rebelles à Sibut, ville située sur la même route à 160 km au nord de Bangui, que le Séléka a prise samedi. "On va neutraliser cette colonne comme on le fait toujours, et allons sécuriser (prendre) Damara", a affirmé M. Massi.


Damara se trouve à 85 km au sud de Sibut. Les forces des Etats d'Afrique centrale présentes en Centrafrique pour jouer un rôle stabilisateur y ont établi un dernier verrou sur la route de la capitale.

La rébellion a accru sa pression en dépit des appels au dialogue lancés lundi par la France, ancienne puissance coloniale, et des promesses de partage du pouvoir faites la veille par le président Bozizé.


Le président François Hollande s'est entretenu par téléphone avec M. Bozizé, appelant à "l'ouverture d'un dialogue entre les autorités centrafricaines et toutes les parties en présence, notamment la rébellion", a annoncé l'Elysée dans un communiqué. M. Hollande a invité le président Bozizé "à engager ce processus dans les meilleurs délais".


Quelques heures plus tôt, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait lancé un appel similaire, soulignant que"la priorité est plus que jamais au dialogue et à l'arrêt des hostilités".

Dimanche, le président Bozizé s'était dit prêt à un dialogue sans délai à Libreville, au Gabon, proposant même la formation d'un gouvernement d'union nationale auquel pourraient participer les rebelles.


Mais ces derniers ont affirmé ne pas croire à ces promesses et menacé une nouvelle fois dès lundi matin de marcher sur Bangui. Leur porte-parole Eric Massi avait brandi pour la première fois cette menace dimanche.


Sans répondre directement à l'offre de négociations du président Bozizé, le porte-parole du Séléka a accusé lundi le gouvernement de poursuivre ses '"exactions" contre les sympathisants des rebelles à Bangui et de préparer une contre-offensive militaire dans le nord pour justifier sa ligne dure.


"Nous en appelons aux forces africaines de maintien de la paix pour qu'elles interviennent immédiatement dans la capitale pour faire cesser les exactions et assassinats de prisonniers, ou qu'elles ne nous empêchent pas de le faire", a déclaré M. Massi à l'AFP.


"Il ne fait plus aucun doute que la sincérité des promesses de François Bozizé (...) n'est pas réelle", a affirmé le porte-parole rebelle tout en disant souhaiter l'intervention du président Hollande pour organiser un entretien téléphonique entre lui-même et le président Bozizé.


M. Massi a ajouté s'être entretenu dimanche soir avec le président de l'Union africaine Thomas Boni Yayi pour qu'il intervienne auprès de Paris et du reste de la communauté internationale.

La France a envoyé des renforts à Bangui et dispose de près de 600 hommes à l'aéroport pour une éventuelle évacuation des Européens. Paris a souligné à plusieurs reprises ne pas vouloir intervenir pour sauver le régime.


Ce refus a suscité une certaine hostilité à Bangui où l'ambassade de France a été attaquée la semaine dernière par des manifestants.

Alors que les rebelles, qui ont repris les armes le 10 décembre, contrôlent désormais la plus grande partie du pays, dont les grandes villes diamantifères et aurifères, la marge de manoeuvre de François Bozizé, à la tête depuis 2003 de ce pays de 5 millions d'habitants, paraissait très réduite.


A Bangui, de nombreux Centrafricains étaient massés lundi devant les banques pour la paie de fin de mois, se disant inquiets pour l'avenir et soucieux de la flambée des prix.


"On va essayer d'acheter un peu plus de manioc pour pouvoir rester à la maison si les rebelles arrivent". Quant au réveillon, "on n'a pas la forme habituelle", a dit à l'AFP Sylvain Derouanda, gardien d'une entreprise de sécurité.


L'opposition centrafricaine s'est quant à elle déclarée sceptique sur les concessions du président Bozizé. "Il fait des promesses et ne les tient pas", a déclaré à l'AFP le principal opposant, l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, plaidant pour un dialogue politique.

 

© 2012 AFP

 

 

NDLR : Alors qu’il a prétendu hier devant Yayi Boni qu’il tendait la main aux rebelles et qu’il était prêt à les accueillir dans un gouvernement de coalition, Bozizé est encore en train d’envoyer des soldats FACA à la poursuite de SELEKA vers Sibut. Comment peut-on faire confiance à un tel personnage.

Abdoulaye Sentene

Abdoulaye Sentene assassiné par Bozizé

 

On apprend par ailleurs que le neveu de Michel Djotodia, président de l’UFDR, mouvement membre de l’alliance SELEKA, Abdoulaye Sentene qui a été enlevé chez lui la semaine dernière par les escadrons de la mort de Bozizé, a été exécuté et son corps déposé à son domicile. On le voit, ce pouvoir qui vit ses derniers jours si ce n’est ses dernières heures, est en train de vouloir rayer de la carte de la RCA les ressortissants Goula et Rounga pour faire payer au président de l’UFDR sa rébellion. Cette politique de terre brûlée de Bozizé doit immédiatement s’arrêter.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 19:41

 

 

 

Me Zarambaud Assingambi 

 

 

            Depuis quelques jours, l’Ambassade et le Consulat de France sont l’objet de manifestations  agressives dont celle du 26 Décembre, avec jets de cailloux, escalade des murs d’enceinte, arrachage et profanation des drapeaux français,  bris des vitres, envahissement des locaux, destruction des matériels, dont les appareils photos pour les photos de visas, et ce en présence des militaires déployés sur les lieux mais curieusement demeurés impassibles. Sommes – nous devenus « l’Etat sauvage » comme nous insultait Georges CONCHON, qui aurait dû s’appeler COCHON, dans son roman qui avait honteusement obtenu le prix Goncourt ?

 

            Tout naturellement, ne serait – ce que pour assurer la sécurité du personnel, l’Ambassade et le Consulat de France ont été fermés, pour une durée apparemment indéterminée, comme ce fut le cas pour le Centre culturel français qui fut pillé et détruit par une foule en délire et ne revit plus le jour.

 

            Du coup, il n’est plus possible d’obtenir des visas pour la France, y compris pour des malades qui attendent une évacuation sanitaire dans ce pays. De leur côté, l’Ambassade des Etats Unis, devant laquelle des manifestations ont également eu lieu, a demandé à tous les Américains de quitter le Pays, et le système des Nations – Unies a décidé de l’évacuation de tout son personnel non essentiel. Les personnels expatriés des entreprises françaises sont déjà en cours d’évacuation et les voyageurs d’Air France ne savent pas à quel Saint se vouer.

 

            La délivrance à Bangui des visas américains, qui avait été suspendue après les précédents évènements militaro – politiques continuera sans doute à le demeurer pour plus longtemps et nous continuerons à aller à Brazzaville, à Ndjamena ou à Douala pour les obtenir. De même l’évacuation de tous Américains, du personnel non essentiel du système des Nations – Unies et des entreprises françaises  entraînera tout naturellement de nombreuses pertes d’emplois pour les Centrafricains. Les Français ont été instruits de se tenir prêts pour une éventuelle évacuation.

 

            Voulons – nous imiter les islamistes libyens partisans d’Al Qaïda qui ont envahi le Consulat des Etats – Unis à Bengazi et ont assassiné l’Ambassadeur des Etats – Unis qui s’y trouvait ?

 

            Comme la RCA est par excellence le Pays des paradoxes, sans parler des records négatifs, les manifestants n’ont pas craint de se contredire. En effet, ils ont proclamé « urbi et orbi » (à la ville et au monde), comme dirait Sa Sainteté le Pape, que leur but consiste à obtenir de la France qu’elle vole au secours de la République Centrafricaine, en application des Accords de Défense qui lient les deux Pays. Encore que ces Accords de Défense ne concernent que les cas d’agression par des forces étrangères, ce qui reste à prouver en l’espèce, vandaliser l’Ambassade de France est – il le moyen indiqué pour amener la France à voler au secours de notre Pays ? Ce moyen n’est – il pas plutôt contre productif ? Le Président François HOLLANDE vient d’asséner que les temps où la France protégeait les régimes sont définitivement révolus.

 

            Pourquoi préférons – nous faire la politique de l’Autruche, qui enfouit sa tête dans le sable en croyant ainsi conjurer un danger imminent, au lieu de réfléchir aux causes profondes de l’effondrement de l’Armée ? Quel moral peuvent bien avoir des militaires, dont de jeunes recrues, envoyés aux fronts avec en tout et pour tout la misérable somme de 10.000F en poche et un armement dérisoire ?

 

            Pourquoi ne réfléchissons – nous pas au fait que nous n’avons pas fait preuve de prévision (on dit que gouverner c’est prévoir) et avons attendu que les fonds du DDR soient épuisés pour entamer des démarches afin d’obtenir d’autres fonds, et pourquoi les propositions aux coalisés de SELEKA d’adhérer aux Accords de Libreville de 2008 n’ont été faites qu’en Novembre 2012 ?

 

            Pourquoi le Dialogue demandé par l’Opposition Démocratique depuis les élections de 2011, puis accepté par le Président de la République depuis le mois de Mai 2012 n’a – t – il jamais été mis en œuvre, malgré les nombreuses lettres de relance de l’Opposition Démocratique ?

 

            N’est – il pas contradictoire de brandir notre indépendance politique et notre souveraineté, en déclarant en être sourcilleux, tout en comptant sur les autres – notamment le Tchad et la France – pour les garantir ?

 

            Bien évidemment, il ne s’agit pas d’être partisan ou adversaire de la prise du Pouvoir par la force des armes, ni d’être partisan ou adversaire de la colonisation et du colonialisme, mais il ne s’agit que de rechercher le pourquoi et le comment du drame dont les populations civiles sont les acteurs involontaires.

 

            Une offensive de grande envergure comme celle lancée par SELEKA, au surplus depuis la lointaine ville de NDELE, et qui a abouti en moins d’une semaine à la prise des villes de OUADDA, SAM – OUANDJA, BAMINGUI, MBRES, BRIA, KABO, BATANGAFO, IPPY, NDASSIMA, BAMBARI et KAGA BANDORO, est forcément le résultat d’une longue préparation.

 

            Pourquoi cette préparation n’a – t – elle pas été perçue à temps ? A qui la faute ?

 

            Certes le Ministre des Affaires Etrangères a « regretté » les agressions contre l’Ambassade et le Consulat de France, mais force est de constater que les discours tant des Autorités Centrales que des Préfets, Sous – Préfets et du KNK sont la cause de ces agressions.

 

            En effet, dans ces discours, on accuse implicitement la France – voire le Tchad grâce à qui les rebelles n’ont pas pris Sibut et n’ont pas progressé vers Bangui – d’être le manipulateur des rebelles. En haut lieu, on qualifie le Président DEBY de pompier pyromane. De quel autre pays peut – il s’agir lorsqu’on soutient que c’est le même pays qui nous a empêchés d’exploiter les ressources de notre sous – sol depuis l’indépendance qui s’escrime à présent à nous empêcher de produire notre pétrole et notre ciment, afin de nous maintenir en esclavage, et surtout afin d’ empêcher le Président BOZIZE de nous sortir de la misère ? Quel autre pays nous a renvoyé l’ex – Empereur Jean – Bedel BOKASSA menotté ?

 

            A propos du pétrole, il faut rappeler que sa recherche avait débuté sous le régime MLPC – PATASSE, qui l’avait attribuée à la société américaine RSM PRODUCTION CORPORATION de Monsieur GRYNBERG ; cette recherche n’avait été interrompue que du fait de la tentative de Coup d’Etat du 28 Mai 2001 ; elle n’avait pas pu être reprise après le changement du 15 Mars 2003 parceque le Ministre d’Etat à l’énergie et aux mines Sylvain DOUTINGAÏ avait préféré l’attribuer à une nouvelle société, en l’occurrence une société chinoise, celle qui y procède actuellement, afin d’encaisser au passage un confortable bonus ; la société chinoise travaille sur la base des résultats obtenus par la société américaine.

 

            Sans reprocher quoi que ce soit à la société chinoise, on peut relever que si la société américaine avait été autorisée à reprendre ses activités en 2003, soit il y a près de 10 ans, il y a longtemps que notre pétrole aurait coulé et aurait allégé nos souffrances.

 

            Quant à l’uranium, son exploitation a commencé sous le régime DACKO, et n’a donc pas été initiée par le Président BOZIZE.

 

            Au micro en balade de radio Centrafrique, un manifestant a déclaré que « nos parents sont entrain de mourir à cause de l’Ambassade de France », et un autre a sommé cette Ambassade de quitter le Pays. Dans son discours incendiaire du 27 Décembre 2012 à la Place de la République, le Président de la République a enfoncé le clou, tout en accusant l’Opposition Démocratique d’être également le manipulateur de la rébellion, alors que l’Opposition Démocratique n’a jamais usé que de moyens pacifiques, a vainement demandé le dialogue, a été attaquée avec des cocktails molotov par les nervis du Pouvoir demeurés impunis lorsqu’elle a tenté d’organiser un meeting, et a condamné la prise du Pouvoir par les armes lorsque SELEKA a déclenché son offensive.

 

            Point n’est besoin de chercher des boucs émissaires, surtout centrafricains et encore moins dans l’Opposition Démocratique, la société civile ou les personnalités politiques indépendantes : les rebelles sont des adultes qui savent ce qu’ils font et déclarent en endosser seuls la responsabilité.

 

            Il est  pour le moins curieux que ce soit le Ministre de l’Administration du Territoire qui soit abandonné au créneau, en lieux et places du Ministre Délégué à la Défense et du tonitruant Ministre NGOUANDIKA, qui ne perdait aucune occasion pour éructer des insanités et des contre – vérités à la Radio et à la Télévision Centrafricaines.

 

            Il est vrai qu’après avoir asséné que modifier la Constitution pour rendre illimité le nombre de mandats présidentiels est « démocratique », il s’est auto – disqualifié pour porter la parole du Gouvernement, à présent que celui – ci affirme en le démentant ipso facto que le Président de la République n’a jamais eu l’intention de modifier la Constitution sur cette question et n’a jamais rien entrepris en ce sens. Du moins pour le moment, puisque le Président de la République a précisé que s’opposer à la modification du nombre de mandats présidentiels c’est baillonner le Peuple, lors de son meeting de la Place de la République.

 

            Il est vrai qu’après sa rencontre avec le Président BONI YAYI, il a clarifié sa position et a déclaré sans ambages qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle de 2016, mais certains n’ont pas oublié qu’il avait pris le même engagement à Libreville, ce qui ne l’avait pas empêché pour autant d’être candidat à l’élection présidentielle de 2005. On croise les doigts pour qu’il n’en soit pas de même en 2016.

 

            N’oublions jamais que les déclarations irresponsables peuvent tuer, comme les déclarations irresponsables de Radio Mille Colline entraînèrent le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

 

            Que dire des déclarations d’un Pasteur sur les antennes d’une Radio, dénonçant les pays qui veulent nous maintenir en esclavage et appelant carrément à la guérilla urbaine, au moment où il apparaît à toute personne raisonnable que la seule solution est le cessez – le – feu et le dialogue ? Avions – nous déclenché une guérilla urbaine lorsque les rebelles du Général BOZIZE étaient entrés dans Bangui le 15 Mars 2003 ? Ce Pasteur et les individus ayant déjà largement dépassé la trentaine mais qui refusent de quitter la catégorie des jeunes dont ils ont usurpé la direction et qui veulent envoyer les jeunes à la boucherie gagneraient à apprendre que deux généraux ont mis leurs familles à l’abri dans d’autres quartiers que les leurs. Leurs jeunes enfants ne participeraient donc pas à une éventuelle guérilla urbaine. Ils gagneraient aussi à se préoccuper de la situation du Chef d’Etat – Major des FACA.

 

            D’ailleurs, parler de guérilla urbaine dans Bangui, c’est reconnaître implicitement que les FACA n’arriveront pas à stopper l’avancée des rebelles et que ceux – ci arriveront à Bangui. Si les FACA ne le peuvent pas, comment des jeunes sans armes le pourront – ils ?

 

            Une guérilla urbaine, jeunes mains nues contre rebelles lourdement armés, pot de terre contre pot de fer, ne pourra aboutir qu’à une inutile boucherie et à des destructions massives du peu d’entreprises qui nous reste.

 

            Alors, sachons raison garder et dialoguons pendant qu’il est encore temps.

      Maître ZARAMBAUD Assingambi

 

Bangui, le 31 Décembre 2012

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 19:36

 

 

 

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Mis à jour le 31.12.12 à 15h25


L'organisation humanitaire Action contre la faim a annoncé lundi l'interruption de ses programmes de développement en Centrafrique et le développement parallèle d'actions d'urgence.


«La récente dégradation de l'état sécuritaire en République Centrafricaine a contraint les équipes d'Action contre la Faim à réduire temporairement certaines activités et programmes en cours dans le pays», lit-on dans un communiqué. Seuls les programmes de nutrition, intégrés aux 14 centres de santé de la ville de Bangui, sont maintenus. ACF se dit prête à déployer une assistance d'urgence complémentaire si nécessaire.


«Dans l'attente d'une stabilisation de la situation, ACF a provisoirement évacué une partie de son personnel international dans les pays frontaliers. Mais, forte de plus de cent employés centrafricains, la mission est à même de maintenir son programme en capitale», ajoute l'organisation.

Avec Reuters

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 19:25

 

 

 

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BANGUI 31 déc (AFP) –  Le principal opposant centrafricain, Martin Ziguélé, a douté lundi des promesses du président François Bozizé qui a proposé un gouvernement d'union nationale et de quitter son poste à la fin de son mandat alors que la rébellion menace la capitale.


"Le problème ce sont les promesses de M. Bozizé. Il fait des promesses et ne les tient pas", a déclaré à l'AFP M. Ziguélé, ancien Premier ministre, candidat malheureux contre le président Bozizé à la présidentielle en 2005 et 2011.


"En 2003 (après sa prise du pouvoir par la force), il (Bozizé) avait dit qu'il n'était pas venu pour rester et il s'est présenté (à la présidence) en 2005. Lors du DPI (Dialogue politique inclusif en 2008, rassemblant pouvoir rebelles et opposition), il a fait des promesses non tenues. Il y a un problème de crédibilité", a-t-il expliqué.


Quant au gouvernement d'union nationale proposé par le président dimanche après une médiation de l'Union africaine, M. Ziguélé estime que "le débat n'est pas là."


"L'heure n'est pas à la distribution de postes. Il faut revoir les structures de la gouvernance, il faut des solutions structurantes aux grands problèmes de gouvernance. Il faut un dialogue", a-t-il dit.


M. Ziguélé s'est aussi interrogé sur la réelle portée des gages donnés par le président: "Quelle concession a-t-il fait? Ne pas se présenter en 2016?", le terme de son second mandat. "La Constitution dit bien qu'il n'a pas le droit de le faire!", a-t-il ajouté.


Le président centrafricain a été très critiqué ces derniers mois par l'opposition qui le soupçonnait de vouloir modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat.


Premier ministre du président Ange-Félix Patassé lors de la prise de pouvoir du général Bozizé en 2003, M. Ziguélé s'est toujours déclaré en faveur d'un dialogue politique. Il a estimé dimanche qu'"il n'y avait pas de solution militaire" à la crise actuelle.


Les promesses de M. Bozizé ont été accueillies dimanche avec prudence par les rebelles du Séléka, désormais maîtres de la majorité du pays après une offensive éclair de trois semaines. Ils ont dit vouloir s'assurer de leur "mise en oeuvre", tout en promettant de la retenue sur le terrain.


Le 10 décembre, la coalition rebelle du Séléka a pris les armes, réclamant notamment le "respect" d'accords de paix signés entre 2007 et 2011.

 

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 19:10

 

 

 

 

Eric Massi

 

RFI  lundi 31 décembre 2012

 

Avec notre envoyée spéciale à Bangui,

 

Sous la pression des rebelles de la Seleka, le président François Bozizé s'est montré conciliant à l'issue de sa rencontre dans la capitale avec Thomas Boni Yayi, président en exercice de l'Union africaine. Ce 31 décembre, la situation dans la capitale, quadrillée par les militaires, est plutôt calme. La ville semble quelque peu revivre malgré les grosses incertitudes qui pèsent sur un éventuel dialogue avec la Seleka.

 

Le président a fait une série de promesses : il est prêt à former un gouvernement de coalition avec les rebelles, il accepte le principe de pourparlers de paix sans conditions préalables et il assure qu'il ne se présentera pas pour un nouveau mandat en 2016 .


François Bozizé a par ailleurs demandé à rencontrer François Hollande. Le président français, sans évoquer cette demande, a appelé hier soir dans un communiqué, « toutes les parties » en conflit en Centrafrique à « cesser les hostilités et à dialoguer ».


Bangui reste toujours quadrillée par les militaires

 

Sur le terrain militaire, les rebelles sont toujours à Sibut. La force multinationale d'Afrique centrale, la Fomac et les troupes gouvernementales restent repliées sur le même axe routier à Damara, à 75 kilomètres de la capitale. Cette localité est le dernier verrou stratégique sur la route de Bangui.


Ce lundi 31 décembre, la capitale centrafricaine revit un petit peu, même si la ville est plus que jamais quadrillée par les militaires centrafricains.


Ils sont partout, à pied ou en pick-up, dans le centre-ville. Mais, contrairement à ces deux derniers jours, des habitants sont sortis faire des courses. De grandes files d’attente se forment devant les banques et les gens viennent retirer leur salaire, fin du mois oblige.


Dialogue au point mort


Pour autant, la tension est montée d’un cran et de grosses incertitudes planent sur ce dialogue après la sortie, ce lundi matin, de la Seleka. Elle a menacé de marcher sur Bangui, tout en accusant les forces loyalistes de vouloir lancer une contre-offensive sur ses positions de Batangafo, une ville dans le nord du pays qui avait été prise au début de la rébellion, il y a trois semaines. Une accusation que rejettent le régime et la Force multinationale d’Afrique centrale, la Fomac, qui assurent qu’il n’y a plus de troupes loyalistes au Nord et que toutes sont désormais basés à Damara, selon le mot d’ordre officiel.


Le général Akaga qui commande cette force d’interposition dit sa détermination –avec un ton assez exaspéré- et prévient que leur mandat d’interposition est aussi « d’empêcher les rebelles d’entrer sur Bangui ». Il a annoncé d’ailleurs un renfort des troupes avec l’arrivée ce lundi après-midi, de soldats en provenance du Congo et du Gabon.


Du côté gouvernemental, c’est aussi l’exaspération. Le ministre de l’Administration du territoire, Josué Binoua, dénonce avec virulence le fait que la communauté internationale ne fait pression que sur le président Bozizé et pas assez sur les rebelles qui « manient un double langage et veulent prendre coûte que coûte le pouvoir par les armes ».

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:37

 

 

 

 

francois-hollande-29-mai-2012.jpg

 

Boz centrafrique

 

 

PARIS AFP / 31 décembre 2012 16h38 - Le président français François Hollandes'est entretenu lundi avec son homologue centrafricain François Bozizé, appelant à l'ouverture d'un dialogue entre les autorités centrafricaines et toutes les parties en présence, notamment la rébellion, a annoncé l'Elysée.


Au cours de cet entretien téléphonique lundi après-midi, le président français a invité M. Bozizé à engager ce processus dans les meilleurs délais, a ajouté la présidence française dans un communiqué.


François Hollande a également salué les efforts de médiation de l'Union Africaine et de son président, M. Boni Yayi, ainsi que ceux de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) pour parvenir à une solution politique, toujours selon l'Elysée.


Dans le même temps, la coalition rebelle du Séléka, qui réclame le départ de François Bozizé, semblait poursuivre sa progression vers Bangui, affirmant vouloir prendre Damara, dernier verrou à 75 km au nord de la capitale centrafricaine.


Dimanche, le président Bozizé s'était dit prêt au dialogue, proposant même la formation d'un gouvernement d'union nationale auquel pourraient participer les rebelles.


La France a envoyé des renforts à Bangui et dispose de près de 600 hommes à l'aéroport pour une éventuelle évacuation des Européens. Mais Paris a souligné à plusieurs reprises ne pas vouloir intervenir pour sauver le régime.


Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait déjà appelé lundi toutes les parties centrafricaines à ouvrir sans délai les négociations prévues à Libreville.


Refusant d'intervenir, Paris a suscité une certaine hostilité dans une partie de la population à Bangui, où l'ambassade de France a été attaquée la semaine dernière par des manifestants.



(©) 

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:37

 

 

 

Harlem Désir Laurent Fabius au congrès du PS

 


PARIS AFP / 31 décembre 2012 13h26- Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a appelé lundi toutes les parties centrafricaines, en conflit, à ouvrir sans délai les négociations prévues à Libreville.



J'invite toutes les parties à ouvrir sans délai les négociations prévues à Libreville, dans le cadre des principes rappelés par l'Union africaine dans son communiqué d'hier (dimanche), a déclaré le ministre des Affaires étrangères. La priorité est plus que jamais au dialogue et à l'arrêt des hostilités.

 

Selon le président de l'Union africaine, Thomas Boni Yayi, qui s'est entretenu dimanche avec le chef de l'Etat centrafricain François Bozizé, ce dernier est prêt à se rendre à Libreville et accepte un dialogue avec la rébellion qui doit conduire à un gouvernement d'union nationale.


Ces pourparlers, qui doivent se tenir sous l'égide des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) à Libreville, devront porter sur l'application des accords de paix conclus entre 2007 et 2011 avec la rébellion, comme la rébellion du Séléka le souhaitait.



De son côté, la rébellion ne s'est pas prononcée sur son éventuelle participation à ces pourparlers.

M. Boni Yayi ajouté avoir en outre reçu du président Bozizé l'assurance qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession en 2016 et qu'il respectera les dispositions constitutionnelles.

 

Pour Laurent Fabius, les engagements pris hier (dimanche) par le président François Bozizé vont dans la bonne direction.



Le ministre a appelé les autorités centrafricaines à s'abstenir, dans la capitale, de toute action contraire à l'esprit de dialogue et de paix qu'elles ont manifesté, et les groupes rebelles à garantir la sécurité des populations dans les zones qu'ils contrôlent.



M. Fabius a appelé à nouveau les autorités centrafricaines à garantir la protection de tous les ressortissants étrangers, français et européens. Nous restons particulièrement vigilants à l'égard de la sécurité de nos compatriotes, qui constitue pour nous une priorité.



La coalition rebelle du Séléka, désormais aux portes de Bangui, a menacé à nouveau lundi d'entrer dans la capitale, accusant le pouvoir d'exactions sur les populations civiles et les proches de la rébellion.



(©) 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:10

 

 

 

logo CNRC-FB

 

 

Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine – Finî Bêafrîka (CNRC-FB)

 

Réf. 12-12-31/015/COM/CNRC-FB/BE/2_Sortie de crise.

 

 POUR UNE VÉRITABLE  SORTIE DE CRISE

                              

Centrafricaines, Centrafricains, chers compatriotes.

 

Après avoir ignoré avec mépris tous les appels au dialogue qui lui ont été adressés de toutes parts, que ce soit par la SELEKA, les Chefs d’Etat de la CEEAC et l’Opposition démocratique, le président BOZIZE aux abois a fini par lâcher du bout des lèvres les promesses suivantes dans une déclaration télévisée le dimanche 30 décembre 2012:

 

1) Il promet de ne pas se représenter aux élections de 2016 ;

2) Il propose de constituer un gouvernement d’union nationale avec la SELEKA ; ignorant superbement les partis politiques de l’opposition démocratique et la société civile ;

3) Il accepte, enfin, comme il l'avait promis à ses pairs au sommet de N'Djaména, de se rendre à la réunion de Libreville sans conditions.

 

Tout en faisant ces déclarations, il arme de machettes et de flèches, et même d'armes de guerre, ses partisans et hommes de main et les prépare à un massacre à la Rwandaise de la population civile des quartiers de Bangui réputés les plus contestataires.

 

Le Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine – Finî Bêafrîka (CNRC-FB) rappelle que le président BOZIZÉ porte l’entière responsabilité de la crise très grave que traverse actuellement notre pays, en ne tenant jamais ses promesses; par sa gestion familiale/tribale catastrophique du pays, et pour avoir laissé la situation se dégrader davantage jusqu’à l’absurde en ignorant systématiquement les conseils répétés de ses pairs d’Afrique Centrale et des partenaires de développement.

 

Le Président BOZIZE qui n’a pas appliqué les accords de paix de 2007, ni les conclusions du Dialogue Politique Inclusif (DPI) de 2008, pas plus qu’il n’a respecté la Constitution Centrafricaine et les Institutions démocratiques du pays, n’est ni un homme de parole, ni un homme de confiance, encore moins un homme de paix. Ses nouvelles promesses ne sont que de nouveaux subterfuges pour gagner du temps, comme d'habitude.

 

Au point où nous en sommes, le seul service que le Président BOZIZÉ peut rendre au Peuple Centrafricain et a l’Afrique est de démissionner. Comment pourrait-il diriger la transition politique en toute intégrité en ayant la confiance du Peuple et préparer les prochaines élections présidentielles en toute honnêteté, alors qu’il a maintes fois démontré son incompétence à gérer la chose publique et son addiction à l’abus de pouvoir, et au manque de la parole donnée ?

 

Le Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine réaffirme que les propositions suivantes faites dès le 24 décembre 2012 constituent la base incontournable d’une véritable sortie de crise.

 

Séléka s’étant imposée comme force militaire incontournable, elle doit par conséquent être associée à toute  recherche de solution pour l’instauration d’une paix durable, et le retour à la sécurité sur l'ensemble du territoire national ;

La démission immédiate du Président Bozizé unique responsable du chaos actuel ;

La désignation par consensus d'un "Président transitoire de la République" devant conduire les affaires de l'État après la démission du Président Bozizé. Son mandat doit être limité à dix-huit mois et il ne peut être candidat aux prochaines élections présidentielles, législatives et municipales.

La dissolution de la Cour Constitutionnelle présidée par un parent de Bozizé afin d'éviter les conflits d'intérêt ;

La dissolution de l’Assemblée Nationale monocolore et la révocation de l’actuel Gouvernement; 

La formation d’un Gouvernement consensuel de transition de taille réduite composé uniquement de personnalités qui s’engagent par serment et par écrit à ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles. Le Premier Ministre de ce Gouvernement doit être issu soit des rangs de l’opposition démocratique, de Séléka, ou de la Société Civile. Ses membres doivent être des citoyens de grande intégrité morale et politique, y compris parmi nos frères et sœurs du KNK.

 

Ce Gouvernement aura essentiellement pour mission :

 

de garantir la sécurité et la paix sur toute l’étendue du territoire Centrafricain afin que les candidats aux élections puissent faire campagne partout en toute sécurité ;

de préparer et organiser les élections présidentielles, législatives et municipales dans un délai maximal de dix-huit mois;

 d’appliquer les différents accords de Paix et les conclusions du  Dialogue Politique Inclusif (DPI), notamment en intégrant dans l’armée certains anciens rebelles sur des critères objectifs à définir ;

de conduire des audits miniers, financiers, forestiers et fiscaux afin de réparer, éventuellement, les fraudes fiscales et autres indélicatesses notoires vis-à-vis du Trésor Public.

d’ouvrir des enquêtes judiciaires pour faire toute la lumière sur le sort des disparus du régime Bozizé et des violations des droits humains perpétrées par ce régime.

 

La Communauté internationale, notamment l’ONU impliquée à travers la BONUCA, les États de la CEEAC, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les États-Unis et la France, devront être sollicités pour accompagner politiquement et financièrement la mise en place et la réussite de cette transition pour sortir définitivement de la crise vers une nouvelle ère de paix en Afrique Centrale.

 

Enfin, le CNRC-FB s’indigne que certains compatriotes négocient déjà auprès de certains pays et chancelleries étrangères leur participation au sein d’un futur gouvernement dont les contours et la mission restent à définir par consensus national.

 

Fait à Baltimore le 31Décembre 2012

 

Pour le Bureau Exécutif Provisoire.

 

Le Président

 

Professeur Gaston Mandata N’Guérékata.

 

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:06

 

 

 

carte-RCA-zonessecurit2010

                         

 

 

 

                           ALLIANCE POUR LA RENAISSANCE ET LA REFONDATION (A2R)

                                     

                                               A2R /n° 008 du 30 décembre 2012

 

 

                                                  COMMUNIQUE OFFICIEL

 

A l’heure où plus que jamais l’avenir du pays se joue, pendant que des filles et des fils du pays, et la communauté internationale, se démènent afin de sortir le pays de l’oeil du cyclone, des has been politiques, tendent par leurs turpitudes habituelles à torpiller les efforts en cours afin de consacrer le maintien au pouvoir du général Bozizé en échange .de strapontins ministériels convoités ou jadis occupés sans valeur ajoutée pour le pays, dans l’éventualité d’un dialogue.


L’Alliance, ragaillardie par les récentes adhésions tant de personnalités civiles que militaires ne saurait se montrer adynamique, ni complice d’une telle duplicité. Elle met fermement en garde ces vieux crocodiles, qui d’habitude vendent leur âme et leur dignité pour sécher chaque fois, là où brille le soleil leurs vêtements. Cette fois, et à jamais, pour l’Alliance le soleil devra briller pour tous et c’est cela le sens du combat que nous menons.


L’Alliance tout en étant attentive aux messages de la communauté internationale, tient à affirmer solennellement la position qui est sienne.


Un gouvernement de transition sans le général Bozizé s’impose. Celui-ci, aura pour mission entre autre la conduite des affaires de l’Etat, la pacification du pays, le désarmement, la démobilisation, la réinsertion des membres des différents mouvements politico militaires et la promotion d’une véritable culture démocratique, préalables à une paix durable dans notre pays.


Le général François Bozizé s’étant rendu coupable à maintes reprises de félonie, de perfidie, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité (tueries de Ngaoundaye, Ndélé, Paoua, etc, ainsi que de divers assassinats, dépeçages et disparitions), il ne devra plus présider à la destinée


de la République Centrafricaine. Si dialogue devait avoir lieu, il consistera à déterminer les contours d’une transition politique et acter le départ de ce dernier de la Présidence de la République.

 

Fait à Bimbo le 30 décembre 2012

 

Le coordonnateur de l’Alliance

 

Salvador EDJEZEKANE

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:40

 

 

 

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Yayi Boni et l'ambassadeur de France Serge Mucetti sous le regard amusé de Bozizé

 

SlateAfrique 31 déc


La France semble vouloir s'impliquer vigoureusement dans le règlement de la crise centrafricaine.

 

Un jeu régional à trois. 


 Depuis des années, cette région d’Afrique est un vaste terrain de jeu pour des rébellions et contre-rébellions actionnées par les trois acteurs principaux de ce théâtre sanglant: Omar El Béchir, le président soudanais toujours accusé par la Cour Pénale Internationale de crimes contre l’humanité, Idriss Déby, le Tchadien et feu Mouammar Kadhafi.


Le Darfour a été la principale victime de ces exactions commises par les milices armées d'El Béchir mais le Tchad a subi dans un passé récent plusieurs attaques et Déby n’a dû sa survie qu’à ses qualités de chef de guerre et au soutien de l’armée française. Ce pays, considéré comme un nœud stratégique, reste pour le moment un bastion imperméable à l’expansionniste islamisme.


Kadhafi, qui jouait avec El Béchir le rôle de parrain de nombreuses rébellions, parvenait à maintenir un certain équilibre de la terreur. Sa disparition a libéré de nombreuses énergies et mis sur le marché quantité d’armes. Les rebelles de la Séléka sont ainsi équipés de lance-roquettes et de mitrailleuses anti-aériennes.


La Centrafrique, un maillon très faible.


 Son territoire a été souvent utilisé par le Soudan pour attaquer le Tchad et vice versa. Mais ses élites ont aussi grandement contribué au chaos général qui s'est concrétisé par l'existence de quatorze rébellions recensées, ce qui n'est pas loin d'être un record mondial.


C’est en Centrafrique que l’empereur Bokassa, renversé en 1979 par les militaires français de l’opération Barracuda, a exercé ses folies meurtrières. Ce pays peu peuplé (environ cinq millions d’habitants) est l’un des plus pauvres du monde. Il est classé au 179ème rang sur 187 à l’indice du développement humain. Sa population survit grâce à l’agriculture quand elle n’est pas victime de razzias de groupes armées. Ses ressources proviennent de l’exploitation du bois, du diamant et de l’or.


Son sous-sol renferme de l’uranium mais Areva, qui avait acquis la mine de Bakouma sans l'exploiter, est en train de mettre la clé sous la porte, en raison de l’insécurité régnante et aussi de la baisse du cours de l’uranium dû à l’accident nucléaire survenu à Fukushima (Japon). Le site est fermé depuis quelques semaines. Une multinationale américaine qui avait entrepris des forages pétroliers dans le nord du pays a laissé sa place à une compagnie chinoise mais les espoirs de manne pétrolière, entretenus depuis des décennies tardent à se concrétiser. Sur le plan stratégique, la Centrafrique est un no man’s land qui permet de s’enfoncer au cœur de l’Afrique en contournant le verrou tchadien.


François Bozizé l'évangéliste.


 Engagé très tôt dans l'armée, François Bozizé, 66 ans, était déjà à l'oeuvre sous Bokassa. Il aurait été l'un des principaux responsables de la sanglante répression de la manifestation des lycéens qui causa plusieurs dizaines de morts début 1979. Dès 1982, il fomente un coup d'état manqué avec Ange-Félix Patassé et part en exil au Togo. Jusqu'à l'élection présidentielle de 1992 qui permet à Patassé d'être élu président. Bozizé accède alors au poste de chef d'état major de l'armée.


En 2001, il tente un putsch contre Patassé de plus en plus contesté et protégé par des troupes libyennes. Il échoue et se réfugie au Tchad voisin jusqu'en mars 2003 où il réussit à chasser Patassé du pouvoir en promettant un retour à la démocratie. Bozizé est membre de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem dont il a fondé la branche centrafricaine.


Une rébellion hétéroclite.


 La coalition Séléka, constituée par plusieurs mouvements rebelles, n’est qu’une alliance de circonstance, sans véritable chef. Elle est constituée de groupes armés issus de différents horizons.


Abdoulaye Miskine, le chef du FDPC (Front Démocratique du Peuple Centrafricain), le rallié de dernière heure, est un personnage sulfureux. Né au sud du Tchad d’un père tchadien et d’une mère centrafricaine, il a réussi à convaincre Ange-Félix Patassé, l’ancien président renversé en 2003 par Bozizé, de l’introduire dans sa garde rapprochée alors qu’il n’avait aucune formation militaire. Converti à l’islam lors d’un voyage au Nigeria dans sa jeunesse, Miskine, un nom d’emprunt, aime mettre en avant ses qualités de marabout et de guérisseur.


La CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) présidée aujourd'hui par le général Noureddine Adam était dirigée par le médecin militaire Charles Massi, plusieurs fois ministre, mort probablement sous la torture en janvier 2010, quelques semaines après avoir été arrêté à la frontière avec le Tchad et livré aux autorités centrafricaines. Son fils Eric Neris Massi tient depuis Paris le rôle de porte-parole et coordonnateur international de la Séléka.


Composant d'autres factions de ce mouvement hétéroclite, on trouve encore quelques vieux chevaux de retour qui ont en commun une profonde détestation de Bozizé: le président fondateur de la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK), qui s'est bombardé général major, un ancien patron de la Croix-Rouge centrafricaine et surtout Jean-Jacques Demafouth, ancien dirigeant de l'APRD (Alliance pour la Restauration de la Démocratie) officiellement dissoute début 2012.


Jusque-là resté dans l'ombre, Démafouth, ancien ministre de la Défense de Patassé, bénéficie encore d'une grande popularité dans l'armée et aussi... dans la rébellion. Il a en effet géré la manne du programme DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion) qui a mis quelques milliers d'ex-rebelles dans la nature et permis leur réarmement ultérieur.


La Centrafrique comme le Mali.


 Il existe de grandes similitudes entre les situations malienne et centrafricaine: un pouvoir corrompu, des armées déliquescentes, des territoires sans grandes ressources naturelles qui n’intéressent pas les grandes puissances et sans doute une menace islamiste, qui, bien que moins évidente, est réelle en Centrafrique avec la présence dans les rangs de la rébellion de miliciens soudanais.


Comme au Mali, la France, ancienne puissance coloniale, est en première ligne... et seule. Les Américains ont fermé leur ambassade et évacué leurs ressortissants. En juin dernier, François Hollande avait dénoncé «la menace d'installation de groupes terroristes au nord-Mali. Il y a, disait-il, une intervention extérieure qui déstabilise le Mali...». On allait voir ce qu’on allait voir. Et six mois après, on a toujours rien vu, sinon un renforcement de la terreur islamiste sur le terrain.


Cette fois, la France prend les choses en main.


En Centrafrique, François Hollande, tirant les leçons maliennes, appelle «toutes les parties» en conflit à «cesser les hostilités et à dialoguer». Bozizé, qui avait en vain appelé la France à la rescousse le 27 décembre, veut rencontrer Hollande, pour «débattre des questions profondes qui intéressent la République Centrafricaine». Pour sauver sa tête. En promettant un gouvernement d'union nationale pour aller au bout de son deuxième mandat, sans en briguer un troisième.


Quelques heures plus tôt, la socialiste française Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaires étrangères, l'avait traité d'«incompétent» qui ne tient pas ses promesses. «Soit il les applique, soit il doit laisser sa place».


Laisser sa place, mais à qui? A Jean-Jacques Démafouth qui, accompagné d'Eric Neris Massi, était à Paris le week-end du 29 et 30 décembre. Reste à savoir si Demafouth a suffisamment de poids pour dicter ses vues à une rébellion disparate? En s'impliquant directement dans le règlement de la crise centrafricaine, la France joue gros, mais elle n'a guère d'autres choix. La partition du Mali, provoquée au départ par quelques dizaines «fous de Dieu», est vécue dans de nombreux pays d’Afrique comme un aveu d’impuissance française.


Les gros bras de l'armée française sur place.


Hollande a de solides arguments à faire valoir à la rébellion, sous couvert de «protection» des ressortissants français. Une compagnie de 150 légionnaires parachutistes du 2ème REP est arrivée dans la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 décembre à Bangui à bord de deux avions en provenance de Libreville. En renfort des 200 soldats déjà déployés dans le cadre de la mission Boali en appui à la mission de la CEEAC. 150 légionnaires du 2ème REI ont été expédiés le week-end suivant dans la capitale centrafricaine. Au total, ce sont 580 militaires français qui sont désormais présents en Centrafrique.


Deux hélicoptères Puma, stationnés à N’Djamena (Tchad) sont également attendus. Paris peut aussi compter sur le dispositif Epervier en place depuis 1986 au Tchad pour «maintenir la paix dans la sous-région»: 950 hommes, 5 Mirage et une quarantaine de blindés. Sans oublier la base française de Libreville où des forces pré-positionnées sont prêtes à intervenir à tout moment. Une vraie armada pour protéger les 1.200 ressortissants français, dont beaucoup de binationaux, encore présents dans le pays.


La France peut-elle compter sur la CEEAC?


L’Afrique centrale dispose d’un organisme régional, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) —l’équivalent de la Cédéao en Afrique de l’ouest— constituée, pour l’essentiel, d’Etats francophones dirigés par des piliers de l’ex-Françafrique dont François Hollande a annoncé la mort le 12 octobre dernier lors de son passage à Dakar. Il s’agit du Tchadien Idriss Deby, du Congolais Denis Sassou N’Guesso, du Gabonais Ali Bongo, du Congolais Joseph Kabila et du Camerounais Paul Biya.


Si Biya se désintéresse totalement de l’avenir de son voisin centrafricain, les autres se sont impliqués dans l'envoi de troupes sur place dans le cadre de la mission de la CEEAC. Mais, en se cantonnant dans une prudente expectative. A l'image de Deby qui a prestement lâché son ami Bozizé. Cent cinquante soldats tchadiens, qui étaient présents à Sibut, avant dernier verrou sur la route de Bangui, ont laissé les rebelles entrer dans la ville sans s'opposer à leur avancée. Et ce n'est pas un membre de la CEEAC qui a été envoyé auprès de Bozizé mais Boni Yayi, le chef d'Etat béninois président en exercice de l'Union Africaine. Evangéliste comme le président centrafricain, il a promptement convaincu son frère de revenir dans le droit chemin.


Philippe Duval

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