Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 02:43

 

 

 

Francis Bozizé

 

 

A2R /n° 010 du 02 Janvier 2013

 

COMMUNIQUE OFFICIEL

 

Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. En jetant l’opprobre sur les FACA, le général Bozizé pense se dédouaner de sa culpabilité quant à l’avilissement de l’armée. Comment a-t-il pu préjuger de la capacité de son fils à assumer les fonctions de ministre de la défense, lui qui dans un passé si récent n’a été que pompiste à la station Rex au Km5? Ne dit-on pas tel père tel fils? Au lieu de chercher de boucs émissaires, qu’il démissionne, il rendra service à la RCA!


En violant une fois de plus la Constitution en s’arrogeant la fonction du ministre de la défense, il adopte une posture guerrière. Dès lors, la question du dialogue se pose puisqu’il semble opter pour la solution militaire. Alors pourquoi ne pas s’arroger en plus, la fonction de chef d’état-major, lui qui est déjà ministre des Finances, DG de Trésor etc. ?


En gratifiant ignoblement de divers grades les moins méritants, et même les plus grabataires d’étoiles de général, il a cru susciter l’adhésion autour de son inique personnage. Hélas, il n’a généré que mécontentement et l’armée a démontré son agacement par le manque de combativité dont elle a fait montre. Et ce n’est ni le limogeage de son prétentieux et nullissime fils, ni de celui son ami le général LAPO qui changeront quelque chose à la démotivation de toute l’armée centrafricaine.


En ambitionnant de renommer le général retraité et député OUANDE Jules Bernard, avant dernier de leur promotion à l’ESFOA, dont l’incapacité et l’inaptitude au commandement ne sont plus à démontrer, il confirme son manque de clairvoyance.


Chers camarades officiers, LAO TSEU écrivait : « il n’est rien qui ne s’arrange par la politique du non-agir ». Le discrédit du général Bozizé est notre honte. Nos subordonnés attendent que nous prenions notre responsabilité. Démarquons-nous de l’infamie faite à notre patrie et redorons le blason de notre institution. Ce communiqué tient lieu d’appel à la renaissance.

 

Fait à Bimbo le 02 janvier 2013

 

Le coordonnateur de l’Alliance

 

Salvador EDJEZEKANE

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 00:50

 

 

 

Bozizé l'air hagard

 

 

Aux termes d’un certain nombre de textes réglementaires rendus publics ce jour, François BOZIZE a révoqué le Général Guillaume LAPO du poste de Chef d’Etat Major des FACA, et son fils Francis BOZIZE de la fonction de Ministre Délégué à la Défense Nationale. Par ailleurs, François BOZIZE, s’est, dans la foulée, nommé lui-même Ministre de la Défense en remplacement de son fils, jugé par lui incompétent.

Or, sur le plan juridique et constitutionnel, le Président de la République François BOZIZE ne peut cumuler certaines fonctions avec le mandat Présidentiel. En effet, l’article 23 de la Constitution Centrafricaine du 27 décembre 2004 dispose : « La fonction de président de la République est incompatible avec l'exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de toute activité lucrative, sous peine de destitution ».

 

Ainsi,l’incompatibilité est donc l’impossibilité légale de cumuler certaines fonctions avec le mandat Présidentiel. En application de l’article 23 précité, François BOZIZE ne peut donc cumuler la fonction politique de Ministre de la Défense avec le mandat présidentiel. Le même texte constitutionnel Centrafricain prévoit que la violation par le Président de la République du principe de l’incompatibilité entraîne sa destitution.

 

En se nommant Ministre de la Défense Nationale, François BOZIZE viole clairement l’article 23 de la Constitution Centrafricaine du 27 décembre 2004. Et toute violation d’une disposition de la Constitution Centrafricaine est qualifiée de violation de serment, ce qui est passible de poursuite devant la Haute Cour de Justice pour crime de haute trahison, selon l’article 96 de la Constitution Centrafricaine du 27 décembre 2004, l’article 96 de la Constitution dispose :

 

« Le président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions qu'en cas de haute trahison. Sont notamment considérés comme crimes de haute trahison : la violation du serment ; les homicides politiques ; l'affairisme ;  toute action contraire aux intérêts supérieurs de la Nation. La demande de mise en accusation, n'est recevable que si elle recueille la signature de cinquante pour cent des membres qui composent l'Assemblée nationale. Le président de la République ne peut être mis en accusation que par l'Assemblée nationale statuant à la majorité des deux tiers des députés qui la composent et au scrutin secret. La résolution de mise en accusation, dûment motivée, est transmise par le président de l'Assemblée nationale au procureur général près la Haute Cour de justice. Toutefois, pour les infractions de droit commun commises avant son élection ou en dehors de l'exercice de ses fonctions, le chef de l'État ne fera l'objet de poursuites, devant les juridictions compétentes, qu'à la fin de son mandat ».

 

Logiquement, le Président de la République François BOZIZE devrait être traduit devant la justice pour haute trahison ; mais on sait que cela est pratiquement impossible du fait du caractère monocolore de l’Assemblé Nationale depuis le hold-up électoral de janvier 2011. Il reste que, eu égard à la situation actuelle, l’opposition démocratique et les rebelles de SELEKA peuvent en faire un exemple parmi tant d’autres de violation de la Constitution de la part de BOZIZE et même une revendication lors des prochaines négociations de Libreville.


BOZIZE a toujours violé Constitution sans vergogne. BOZIZE, lorsqu’il est acculé, donne ou envoie un signal fort pour berner les gens. Et après, il revient à la charge. BOZIZE sait en son for intérieur que ses adversaires auront beaucoup de choses à lui reprocher notamment concernant ses enfants et les fonctions qu’ils occupent. En révoquant ainsi son fils Francis à la veille du Dialogue, BOZIZE cherche à couper l’herbe sous les pieds de ses interlocuteurs, à retourner la situation en sa faveur, et à  essayer petit à petit à revenir dans le jeu politique avant le début de la transition politique et se refaire une santé politique. Cela ne fait que commencer.


Le non respect de l’incompatibilité du mandat présidentiel avec toute autre fonction politique (Ministre par exemple) est une violation de l’article 23 de la Constitution Centrafricaine, constitutif de violation du serment selon l’article 96 de la Constitution Centrafricaine, fait qui est passible de poursuite du Président François BOZIZE  pour haute trahison devant la Haute Cour de Justice sur le fondement de l’article 96 de la Constitution Centrafricaine.

 

La rédaction

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 00:04

 

 

Boz-gros-plan.JPG

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 02 Janvier 2013 13:55

 

«Ce qui est arrivé à la République Centrafricaine, c’est de la responsabilité des centrafricains. Cela s’est passé parce que les centrafricains ne sont pas unis et solidaires comme le veut  la devise de leur pays chère au président fondateur Barthélémy Boganda ». Déclaration faite le 31 décembre 2012, par le président de la République Centrafricaine François Bozizé à l’occasion du nouvel an.

 

Ce discours intervient au moment où le pays traverse une crise sécuritaire sans précédente. Une crise provoquée par la conquête de 10 villes du pays par les rebelles de la coalition de la Séléka. Une rébellion qui revendique l’application des accords de paix signés avec Bangui en 2007-2008 à Libreville au Gabon.

 

Dans son adresse, le président de la République a fait le bilan de ses réalisations de l’année écoulée notamment « les négociations entreprises avec les partenaires au développement tels que le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et bien d’autres. Le financement des travaux de réhabilitation de l’usine hydroélectrique de Boali III par la Chine, sans oublier la mise en place des Conseils Spéciaux qui ont permis la bonne marche des  entreprises, sociétés et offices d’Etat. Il a affirmé que le pays s’est lancé dans l’exploitation de ses ressources minières. Pour illustration, il a évoqué la construction de la cimenterie dont les travaux du génie civil sont déjà achevés ».

 

D’après François Bozizé, avec le lancement des travaux d’exploitation du pétrole à Bouramata (nord), l’ « espoir était en train de renaître pour la nouvelle année. Malheureusement les diables du pays se sont réveillés et se sont levés pour mettre les populations dans une guerre fratricide ». Pour François Bozizé, «  le pays est à ce jour divisé en 2 parties. Une partie occupée par les Ndjadjawides et une autre par les centrafricains eux-mêmes ». Il a rappelé « qu’il a toujours attiré l’attention de l’armée sur la question de discipline, de son abnégation régalienne dans la mission de protection de la population. Il n’a jamais été entendu par ses frères d’armes. Conséquence : les populations souffrent et errent à ce jour dans la brousse par manque de leur protection par l’armée. Bozizé a reconnu que « n’eût été la présence des soldats tchadiens, la ville de Bangui serait réduite en cendres ». Pour cela, il a remercié l’armée de ce voisin et son homologue Idriss Déby Itno.

 

A propos des négociations avec la coalition des rebelles de la Séléka, François Bozizé s’est dit « prêt à se rendre à Libreville au Gabon. Une manière de passer en revue les accords signés en 2008 dans ce pays et les recommandations du Dialogue Politique Inclusif de la même année tenu à Bangui.  Bozizé pense que  les termes desdits accords et dialogue ont été exécutés. Il a cité en exemple,  le retour dans leur pays des exilés politiques,  la loi d’amnistie voire la nomination dans son gouvernement de certains leaders politiques de l’Opposition volontaires ».

 

S’agissant de la question du processus du Désarment Démobilisation (DDR), le Chef de l’Etat a indiqué qu’ « il y’a eu des avancées significatives malgré que le pays n’ait pas bénéficié des subventions conséquentes de la part de ses partenaires. Pour lui, on aurait dû démarrer ce processus en ce début de la saison sèche, malheureusement les regains d’hostilités ont tout bouleversé ».

 

Au sujet de la modification de la Constitution, François Bozizé  a réitéré qu’il « est démocrate et respecte cette Constitution qui  limite le mandat présidentiel à 2. Sur cette base, il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2016. Il a apprécié à sa juste valeur l’avancée de la démocratie dans son pays avec une justice indépendante, une presse libre, pas de prisonniers politiques et les droits de l’Homme respectés. En priant ses adversaires politiques et ses détracteurs de le laisser finir son mandat qui court encore, l’homme du 15 mars a mentionné qu’il a toujours privilégié l’ouverture depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Ce dernier a justifié son ouverture par l’intégration des leaders de tous bords dans son gouvernement ».

 

Pour Bozizé, s’il y’a des compétences dans le pays, il est prêt à leur confier des responsabilités. Sur cette question il affirmé avoir « demandé à Henri Pouzère, président de la plateforme « Sauvons la Centrafrique » de venir dans le gouvernement, mais ce dernier a refusé. Il en est de même pour Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du Peuple Centrafricain (MLPC). Le principal opposant du pays a été contacté pour le poste du Commissaire de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) en lieu et place de Jean-Serge Wafio. Une offre déclinée par Martin Ziguélé. De ce fait, le président de la République a souligné qu’il ne peut que travailler avec les volontaires ».

François Bozizé a conclu son adresse par le pardon adressé aux populations des zones occupées par les rebelles de la Séléka notamment la Haute Kotto la Ouaka, la Kémo (centre-est) la Nana Gribizi, le Bamingui Bangoran (nord).

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 23:27

 

 

Bozizé Yangou

 

Francis Bozizé

 

 

Mercredi 02 janvier 2013, 22h06

 


Le président centrafricain François Bozizé a fait le ménage dans la haute hiérarchie militaire mercredi, limogeant son fils du ministère de la Défense pour reprendre lui-même en main l'armée, incapable de résister sur le terrain à l'avancée des rebelles qui exigent son départ du pouvoir.


La coalition rebelle du Séléka a conquis en trois semaines la majeure partie du pays, mais devant la détermination de la force africaine d'interposition à l'empêcher de marcher sur la capitale Bangui, elle a toutefois décidé mercredi de stopper sa progression et d'accepter des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain. Ces négociations pourraient débuter le 8 janvier à Libreville, la capitale du Gabon.


Dans son discours de voeux du Nouvel An, le président Bozizé avait "regretté" le manque de discipline et l'échec des Forces armées centrafricaines devant la progression éclair de la rébellion.


Le service de presse de la présidence a annoncé mercredi soir que le propre fils du chef de l'Etat, "le ministre délégué à la Défense Jean-Francis Bozizé avait été relevé de ses fonctions" tout comme "le chef d'état-major" Guillaume Lapo. "Le chef de l'Etat prend en main le portefeuille (de la Défense)", et le général de Division Michel Bémakoussi est nommé directeur de cabinet de la Défense, est-il indiqué.


Actuellement colonel, Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement. Discret mais bien présent en politique, certains le voyaient déjà prendre la suite de son père.


Du côté des rebelles, le porte-parole de la coalition du Séléka, Eric Massi, a confirmé "suspendre l'offensive en direction de Bangui". "Nous allons envoyer une délégation au Gabon en vue de participer aux pourparlers de paix", a-t-il ajouté.


"Normalement, ces négociations doivent avoir lieu le 8 janvier à Libreville. Il semblerait que la date du 8 janvier soit confirmée", a indiqué une source diplomatique.


C'est le président congolais Denis Sassou Nguesso qui dirigera ces pourparlers, selon la même source.

Le porte-parole du Séléka a rappelé que les rebelles exigeaient le départ du pouvoir de François Bozizé qui dirige le pays depuis 2003. "Le départ du président Bozizé reste toujours pour nous une exigence parce que nous mettons en doute sa sincérité", a-t-il déclaré.


François Bozizé s'est dit prêt à un dialogue sans condition en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale.


La ville de Damara désertée


Après avoir enlevé plusieurs villes du nord et du centre depuis le 10 décembre, la rébellion du Séléka campe à Sibut, à 160 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine. Dans sa ligne de mire se trouve la ville de Damara, dernier verrou à 75 km de Bangui, où est positionnée la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) qui s'est renforcée ces derniers jours.


Un contingent de 120 militaires camerounais est ainsi arrivé mercredi soir en République centrafricaine, a indiqué la Fomac.

La Force a clairement prévenu mercredi la rébellion que toute tentative de marcher sur Bangui serait considérée comme "une déclaration de guerre".


"Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les 10 Etats d'Afrique centrale", a déclaré le général Jean-Félix Akaga, chef de la Force.

Ses effectifs, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source interne.


A ces effectifs s'ajoutent 600 soldats envoyés par la France, l'ancienne puissance coloniale, officiellement pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.


Le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale et allié du président Bozizé, qu'il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu lundi que Damara constituait "une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties".


Damara, ville d'environ 40.000 habitants, a été presque entièrement désertée il y a six jours, à l'annonce de l'arrivée des rebelles, a constaté un journaliste de l'AFP. Les maisons sont presque toutes abandonnées, les habitants dorment à la belle étoile dans la brousse.


A Bangui, de nombreux "patriotes", répondant à l'appel de M. Bozizé, élèvent à la nuit tombée des barrages, censés prévenir toute incursion rebelle.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 23:15

 

 

Bozize-l-air-hagard.jpg

 

 Francis-Bozize.JPG

 

 

Par LEXPRESS.fr  le 02/01/2013 à 20:57

 

Alors que les rebelles ont pris le contrôle dans la majeure partie du pays, François Bozizé a renvoyé son fils Jean-Francis et reprend son portefeuille. 

 

Il a mis son fils à la porte. Le président centrafricain François Bozizé a limogé ce mercredi sa propre progéniture. Jean-Francis Bozizé était ministre délégué chargé de la Défense. Son père a repris lui-même ce portefeuille, a-t-on appris auprès du service de presse de la présidence. 


"Le ministre délégué à la Défense Jean-Francis Bozizé a été relevé de ses fonctions. Le chef d'état-major (Guillaume Lapo, ndlr) a également été relevé. Le chef de l'Etat prend en main le portefeuille (de la Défense)", a indiqué la presse présidentielle. Elle annonce également la nomination du général de division Michel Bémakoussi comme directeur de cabinet au ministère de la Défense. 


Dans son discours de voeux du Nouvel an, le président Bozizé avait "regretté" le manque de discipline et l'échec des Forces armées centrafricaines (Faca) devant la progression éclair de la rébellion du Séléka. 


"Nous avons toujours mis en garde l'armée quant à la défense de l'intégrité du territoire national. Mais quand une armée n'est pas disciplinée, si elle ne remplit pas convenablement sa mission, le pays est constamment en danger", avait dit le chef de l'Etat. 

 

Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement

 

Jean-Francis Bozizé, ancien adjudant dans la Légion Etrangère, s'est illustré dans le maquis en dirigeant les troupes de François Bozizé contre les forces loyales au régime du président Ange-Félix Patassé, finalement renversé en 2003. C'est lui qui avait conduit l'entrée triomphale des "patriotes" dans Bangui. 


Actuellement colonel, Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement. Discret mais bien présent en politique, certains le voyaient déjà prendre la suite de son père. 


Face à la progression éclair du Sélaka qui a pris le contrôle de la majeure partie du pays en seulement quelques semaines, les forces armées, sous équipées, mal formées et démotivées, n'ont pas fait le poids et même la ville de Bambari (centre sud) qui était l'une de leurs places fortes a été prise par la rébellion.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 22:58

 

 

convoi-FOMAC-an-Damara.jpg

Convoi FOMAC à Damara

 

 

DAMARA (AFP) - 02.01.2013 19:12 - Par Patrick FORT

 

Damara, "la ligne rouge" à 75 kilomètres au nord de Bangui que ne doit pas franchir la rébellion centrafricaine, ressemble à une ville fantôme, la plupart de ses habitants ayant fui en brousse par crainte des exactions des rebelles comme des soldats tchadiens censés les protéger.


Les 400 militaires venus du Tchad, ainsi que les 360 soldats gabonais, camerounais et congolais dont le déploiement est prévu prochainement dans la zone, doivent former un cordon d'interposition entre les rebelles et l'armée centrafricaine.


Mais "on a peur des soldats tchadiens comme des rebelles" centrafricains, affirme un vendeur de cigarettes de 26 ans, Anicet Dimanche. "Ils volent, ils mangent ce qui est à nous. Ils veulent des femmes".


"Ils m'ont volé deux cartouches", ajoute le jeune père promenant sur ses épaules son fils de 18 mois. Sa femme est restée en brousse.


La plupart des maisons - plutôt des cases au toit de tôle ou de paille et au sol en terre - sont vides. Parfois, un cadenas facile à briser barre la porte.


Officiellement peuplée de 38.000 habitants, Damara ressemble plutôt à un village. Elle a été abandonnée par ses habitants il y a six jours, au moment de l'annonce de l'arrivée des rebelles de la coalition du Séléka. Mais quelques-uns reviennent chaque jour en ville pour prendre des nouvelles.


"Si ça continue, la forêt va être jonchée de cadavres. On dort dehors, sans médicaments. Pour manger, on déterre des ignames", raconte un cultivateur d'une trentaine d'années, Philippe Pakati. "Nous vivons dehors comme nos ancêtres, comme des animaux. On est parti en ne prenant que de quoi dormir, des assiettes, une marmite et de quoi déterrer" les tubercules utilisées pour l'alimentation, explique-t-il.


L'homme accorde toutefois un peu de crédit aux soldats tchadiens: "Pour le moment, ils achètent les cabris et les poulets pour manger. Si on voit qu'ils nous respectent, on reviendra", dit-il.


Damara est le dernier verrou sur la route de la capitale Bangui pour les rebelles, qui ont conquis en trois semaines la majeure partie de la Centrafrique. Actuellement les rebelles sont à Sibut, un peu de 100 km plus au nord.

Le commandant de la force africaine d'interposition, le général Jean-Félix Akaga, les a averti mercredi que toute avancée vers Damara serait considérée comme "une déclaration de guerre".


De son côté, le général tchadien Abdoulaye Issaka Sawa se veut rassurant envers les Centrafricains: "Nous sommes là pour les sécuriser. Nous respectons les lois militaires et nous sommes de bons croyants (musulmans). On ne s'en prend jamais aux populations", assure-t-il à l'AFP, à Damara.


Ce qui ne convainc pas de nombreux habitants. "On a mis nos femmes à l'abri. Quand ils s'en iront, on ira les chercher", dit Auguste Monjou, pêcheur dans les eaux d'une rivière longeant la ville.


Au bord de la route, une femme porte un enfant dans le dos, un ballot sur la tête. Veuve depuis un an, elle vient de parcourir une dizaine de kilomètres à pied depuis son village voisin, accompagnée d'une vieille femme et de trois autres enfants âgés de 4 à 8 ans. Des gens lui ont dit avoir vu des rebelles. "J'ai eu peur. J'ai préféré partir. J'ai de la famille à Bangui", dit-elle.


Elle transporte "du linge, quelques affaires et un sac de manioc", espère bénéficier d'un transport en voiture sur la route sans avoir d'argent pour payer. En attendant, elle marche avec sa famille, sous une chaleur accablante.


Un collégien de Damarra, Saint-Emile Dengue Dengue, s'attend à ne pas aller à l'école durant plusieurs jours, parce que "la majorité des enseignants ont fui".


Augustine Yassipo, cultivatrice et mère de 12 enfants, est l'une des rares femmes visibles dans la ville. Elle vend des galettes de poisson à 100 francs CFA (15 centimes d'euros) et préfère ne pas s'approcher des Tchadiens: "S'ils les voient, ils prendront tout sans payer. Je vais essayer de les vendre aux FACA (forces armées centrafricaines). Eux, ils ne violent pas", assure-t-elle.


L'armée centrafricaine, défaite après chaque accrochage avec les rebelles, est présente à proximité.


"Plus ça se prolonge, plus nous avons peur. Cela fait six jours qu'on dort dehors par terre, sans rien. Nous, on veut la paix", ajoute Augustine. Avant le coucher du soleil, elle s'en ira rejoindre sa famille et passer une nouvelle nuit en brousse.


© 2013 AFP

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 22:44

 

 

 

faca à Bangui

 

mercredi 02 janvier 2013


Par Ursula Soares  RFI


Des représentants de la rébellion de la Seleka et de l’opposition au président François Bozizé se sont dit prêts, ce mercredi 2 janvier, à participer à des pourparlers avec le gouvernement centrafricain, à Libreville au Gabon, pour une résolution pacifique du conflit. Les discussions pourraient commencer la semaine prochaine, sous l’égide du président congolais, Denis Sassou Nguesso. Les rebelles ont par ailleurs annoncé la suspension de leur offensive en direction de Bangui et campent, pour le moment, à Sibut, à 160 km de la capitale.


Les rebelles centrafricains, confrontés à la force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), basée à Damara, qui s’efforce de les empêcher de marcher sur Bangui, ont annoncé qu’ils stoppaient leur avancée vers la capitale et acceptaient des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain.


Dans la perspective de ce dialogue qui doit s’ouvrir dans la capitale gabonaise, chaque camp prépare ses propositions. Et pour l’instant, elles sont très divergentes. Du côté de la coalition rebelle de la Seleka, on se dit favorable aux négociations mais on veut discuter du départ du président François Bozizé.


Joint par RFI, Eric Massi, porte-parole de la Seleka, fait part de la détermination de la rébellion.

 

Eric Massi    Porte-parole de la Seleka

 

« Nous proposons, aujourd’hui, de négocier le départ de François Bozizé ».

 

 

02/01/2013 par Ghislaine Dupont

 

Du côté de la présidence centrafricaine, il n’est pas question de négocier un quelconque départ du chef de l’Etat. François Bozizé s’est dit prêt, dimanche 30 décembre, à partager le pouvoir avec les rebelles et le principe de pourparlers de paix sans conditions.

Joint par RFI, Cyriaque Gonda, porte-parole de la majorité présidentielle, considère que le président Bozizé a déjà donné un gage en déclarant notamment qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections.

 

Cyriaque Gonda   Porte-parole de la majorité présidentielle

 

« Pour nous, il est hors de question de parler du départ du président François Bozizé ».

 

 

02/01/2013 par Ghislaine Dupont

 

Du côté de l’opposition civile, celle-ci vient d’organiser une coordination de neuf partis et refuse, pour l’instant, de dévoiler sa position sur cette épineuse question qui porte sur le départ du président centrafricain.

 

Joint par RFI, Maître Nicolas Tiangaye, président de la Convention républicaine pour le progrès social et également coordinateur des neuf partis, affirme néanmoins qu’il n’y a pas de sujets tabous. « Concernant cette question d’ordre institutionnel, nous avons déjà une position arrêtée », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Nous pensons que lors des négociations de Libreville, il n’y aura pas de sujets tabous et à ce moment-là, nous aurons à rendre publiques nos positions. »


Pressions internationales


L’Union européenne se dit très préoccupée par la nouvelle crise qui secoue la Centrafrique. Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères, a demandé aux autorités et aux rebelles de résoudre le conflit qui les oppose, par le dialogue et la négociation.


Préoccupation également du côté de l’Afrique du Sud. Le président Jacob Zuma a dépêché sa ministre de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, durant 24 heures pour qu’elle puisse analyser la situation. Pretoria invite les rebelles à se retirer des villes qu’ils occupent et appelle aussi au dialogue pour une sortie de crise pacifique.


Joint par RFI, Clayson Monyela, porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain, rappelle que l’Afrique du Sud, en tant que membre de l’Union africaine, condamnera toute tentative de prendre le pouvoir par la force.

 

Clayson Monyela  Porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain

 

L'Afrique du Sud, l’Union africaine et les Nations unies soutiendront ce processus.

 

 

02/01/2013 par Nicolas Champeaux

 

L’ONU a, pour sa part, appelé ce mercredi, le gouvernement et les rebelles au dialogue et a proposé son aide pour organiser des négociations. Les Nations unies « continuent de suivre la situation avec une grande inquiétude (…) et invitent le gouvernement et les rebelles à se concentrer sur un dialogue susceptible d'éviter la violence et de mener à une solution pacifique », a déclaré le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky.

 

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20130102-rca-rebellion-prete-pourparlers-directs-le-gouvernement-seleka

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 19:49

 

 

 

bozize-2

 

 

BBC Afrique  2 Janvier, 2013 - 18:23 GMT

 

Le président centrafricain a limogé mercredi son ministre de la défense, Francis Bozizé, qui est par ailleurs son propre fils.


Il s'est nommé à la tête de l'armée après ce limogeage.


Selon le correspondant de la BBC à Bangui, le président estime que la hiérarchie de l'armée a failli dans sa mission face à l'avancée de la rébellion et sa décision est donc une prise en main par Bozizé lui-même du plus haut commandement militaire.


En plus du ministre de la défense, le chef d'Etat-major des armées a été relevé de ses fonctions.

La décision de Bozizé intervient alors que la rébellion a annoncé la suspension de son offensive vers la capitale Bangui.


Selon un porte-parole des groupes armés, la rébellion est prête à envoyer une délégation à Libreville pour négocier avec le gouvernement centrafricain.


Ces pourparlers pourraient avoir lieu d'ici une semaine.


 

Le commandant de la force des pays d'Afrique centrale, le FOMAC, a averti les rebelles de ne pas attaquer la ville de Damara, dernier verrou vers Bangui.

 

 

Des renforts de plusieurs pays d'Afrique sont arrivé a Damara.

 

 

NDLR : Bozizé reprend des fonctions qu'il n'avait fait que déléguer à son rejeton. Il retombe en pleine violation de la constitution car le président de la République ne doit exercer autre fonction que celle de président de la République. S'il le limoge maintenant c'est donc bien lui qui est à l'origine de la déconfiture des FACA alors que dans son allocution du 31 décembre 2012, il s'en était injustement pris aux FACA. Il désigne le général Michel Bémakassoui, ancien dircab militaire du colonel Bokassa comme son directeur de son cabinet militaire et limoge le colonel Bengue commandant du centre des opérations à l'état-major. Un autre décret limoge formellement le général Guillaume Lapo comme chef d'état-major des FACA. Bozizé l'avait publiquement humilié il y a quize jours au quartier général du camp Beal.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 19:13

 

 

 

Boz centrafrique


http://www.humanite.fr    le 2 Janvier 2013


Alors que la coalition rebelle du Séléka a annoncé ce mercredi suspendre son offensive vers Bangui pour participer à des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain, Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Ifri, par ailleurs directeur du programme Afrique centrale d’International Crisis Group, décrypte la crise centrafricaine. 

 

Quelle est la genèse de la crise en République centrafricaine?

 

Thierry Vircoulon. C’est une crise née des frustrations de la gouvernance du régime. Les groupes armés qui forment le Séléka sont, pour la plupart, des groupes qui avaient déjà signé un accord de paix avec le pouvoir. Mais les conditions de cet accord de paix n’ont pas été appliquées. Notamment tout ce qui concernait le volet « Désarmement/Démobilisation/Réintégration » (DDR) n’a pas été mis en œuvre. L’UFDR [l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement qui, avec la Convention patriotique pour le salut wa Kodro (CPSK) et la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), ont créé la coalition rebelle du Séléka début décembre – NDLR] est un mouvement qui avait signé un accord de paix en 2007 prévoyant la démobilisation de ses combattants…

 

Comment analysez-vous la réponse de François Bozizé, qui se dit prêt à négocier et à former un gouvernement dunion nationale?


Thierry Vircoulon. Les rebelles se rapprochent de plus en plus de la capitale. L’armée centrafricaine n’est pas en mesure de les contrer. La déclaration de Bozizé montre que le pouvoir n’a absolument plus d’alternative. Cela traduit sa faiblesse. Il a cédé aux conseils et aux injonctions de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

 

Existe-t-il un lien entre l’opposition à Bangui et la coalition du Séléka?


Thierry Vircoulon. Ils n’ont pas grand-chose à voir. Les mouvements qui forment le Séléka sont composés de groupes armés du nord-est du pays et qui ont très peu de liens avec l’opposition démocratique qui se trouve à Bangui. Les revendications du Séléka, axées sur le DDR, n’ont pas grand-chose à voir avec un agenda politique plus large.

 

La crise centrafricaine est-elle le révélateur de tout un tas de crises qui éclatent en ce moment en Afrique, et particulièrement en Afrique centrale?

 

Thierry Vircoulon. C’est révélateur de l’extrême faiblesse d’un certain nombre de régimes en Afrique centrale dont celui de la République centrafricaine où les mêmes événements se répètent. Des rebelles qui défient le gouvernement et sont plus forts que lui sur le terrain, on a déjà connu ça. Le général Bozizé lui-même est arrivé au pouvoir par un putsch en 2003. Ce qui se passe est, en réalité, la conséquence logique du non-règlement de problèmes de fond.

 

Bozizé est-il lâché par tous ceux qui le soutenaient peu ou prou?

 

Thierry Vircoulon. On sent cela. La France n’interviendra pas. Maisla région est beaucoup plus décisionnelle que Paris sur ce qui se passe en République centrafricaine. On a senti, lors de la réunion le 21 décembre de la CEEAC à N’Djamena, que les présidents de la région étaient très mécontents et ont pris la crise en main en imposant une feuille de route au gouvernement centrafricain, à savoir les négociations et le renforcement de la mission Micopax (Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine, sous la responsabilité de la CEEAC). Mais ils ne veulent pas la chute du régime Bozizé.

 

Si la crise perdure, quelles pourraient être les conséquences régionales?

 

Thierry Vircoulon. Les conséquences seraient importantes parce que c’est un test pour les capacités de la région à gérer les crises. Ce serait un discrédit et un défi forts lancés à la CEEAC et à l’Union africaine par les rebelles. On se retrouverait dans une situation de face-à-face entre la mission de la Micopax, les rebelles et l’armée tchadienne. Car à l’heure actuelle, le verrou qui protège Bangui, c’est Damara où se sont positionnés l’armée tchadienne et le reste de l’armée centrafricaine, la Micopax étant positionnée en protection directe de Bangui. Si les rebelles arrivaient jusqu’à Bangui, on risquerait de retrouver les heures sombres de 1996, 1997 ou 2003: la guerre dans la capitale.

 

Vous avez fait allusion à la faiblesse de larmée et, paradoxalement, stationnent en République centrafricaine des bataillons de larmée française là officiellement pour «défendre les ressortissants français», dixit François Hollande. Mais à lorigine quelle est la mission de ces troupes françaises?

 

Thierry Vircoulon. La mission actuelle du détachement sur place est essentiellement une mission de soutien aux troupes de la Micopax. La France y contribue également financièrement. La présence française en République centrafricaine a diminué fortement depuis des années. La dernière intervention militaire française date de 2007. Le pouvoir centrafricain a cru qu’il pouvait de nouveau contraindre Paris à l’aider. Mais François Hollande a clairement donné une fin de non-recevoir. La France ne fera qu’évacuer ses ressortissants. La main est vraiment laissée à la région pour la gestion de cette crise. Ce qui est testé, c’est l’architecture de paix et de sécurité en Afrique où les Occidentaux ne sont là qu’en appui. Les Africains doivent gérer la crise.

La France en réserve. Si François Hollande s’en tient à la ligne du « dialogue » intercentrafricain, refusant d’apparaître comme le sauveur de François Bozizé, ceux qui assurent la sécurité du président contesté sont… des Français. L’instructeur attitré de la garde présidentielle est un certain Francis Fauchart, passé par le Gabon. Il est lié à la société de mercenariat EHC, dirigée par un ex-général français, Jean-Pierre Pérez. Cette firme spécialisée dans les « services de sécurité » a récemment ouvert un « bureau de liaison » à Bamako, ses prestations dans le Mali en crise allant de la simple escorte jusqu’aux missions de conseil.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:32

 

 

 

Betina-Begong-Bodoli.jpg

 

Depuis une décennie, à l’occasion du coup d’État qu’il a fomenté le 15 mars 2003 contre le président défunt Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé a depuis lors pris les Centrafricains pour des béni-oui-oui.


Rappelons les faits :

 

1-    Lorsque le général rebelle est entré à Bangui, il a promis au peuple centrafricain qu’il est venu « mettre de l’ordre dans la maison » et que, dès que son travail sera fini, il s’en ira. Résultat : contre vents et marées, non seulement il n’a pas respecté sa parole d’officier en se retirant après la période de transition, mais il tente aujourd’hui de s’éterniser au pouvoir en voulant tripatouiller la Constitution ; 


2-    Lorsque son fauteuil a été menacé par les rebelles en 2006 et 2010, il s’est rendu successivement à Libreville et y a signé des accords dits de Libreville avec les rebelles et autres oppositions centrafricaines. Résultat : aucune application des accords sur le terrain. Au contraire, il a profité de ce moment d’accalmie pour affaiblir les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et armer sa garde présidentielle ; 

 


3-    Lorsqu’il a accepté de négocier avec l’opposition démocratique et de mettre en place le Code électoral et la Commission Electorale Mixte et Indépendante (CEMI), à deux reprises en 2005 et en 2011, il a vidé ces organes de leurs contenus en les truffant de ses parents et affidés. Résultat : Bozizé lui-même, son épouse, sa copine, ses enfants ont pris d’assaut l’Assemblée Nationale. À elle seule, la famille Bozizé constitue un groupe parlementaire ! 



4-    Enfin, l’objectif de toutes ces manœuvres c’était la modification de la Constitution alors que l’article 108 de celle-ci est explicite et catégorique là-dessus : « Sont expressément exclus de la révision : 



-  la forme républicaine et laïque de l’État ;

-  le nombre et la durée des mandats présidentiels ;

-  les conditions d’éligibilité ; 

-  les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’État ;

-  les droits fondamentaux des citoyens ».  

 

Conclusion 

À force de semer des vents sans véritables conséquences, le général Bozizé croyait que l’histoire oubliait ses détracteurs. Aujourd’hui ce sont les vents semés à longueur d’une décennie de tyrannie et de mensonges qui se sont enflés et ont décidé de se retourner contre lui pour qu’il les récolte. Même le dialogue qu’il propose aujourd’hui est un leurre. Tout Centrafricain qui a de la mémoire sait que le général Bozizé n’appliquera jamais ses résultats. Il n’a jamais respecté sa parole et ne la respectera jamais. Les généraux Amadou Toumani Touré et Pierre Buyoya, qui ont servi par le passé de médiateurs dans les conflits centrafricains, et même le célèbre musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly sont bien placés pour témoigner de ce que nous affirmons. 

    

Aujourd’hui, l’urgence est de chercher une voie de sortie honorable à notre général. Il n’a pas à dire qu’il ne se présenterait pas aux élections de 2016 et considérer cela comme une concession : NON ! Ce n’est pas une concession de sa part car la Constitution ne l’y autorise pas. Il n’a pas à constituer un gouvernement d’union nationale : NON PLUS ! Il veut gagner du temps, armer ses sbires, et rouler une fois de plus le peuple centrafricain dans la boue. Le peuple est meurtri ; il a trop souffert.



Permettre à Bozizé de terminer un pseudo-mandat, pour une élection qu’il a truquée, serait provoquer une inaction à la tête de l’État et empirer la souffrance du peuple. Car, en réalité, le général Bozizé n’a jamais gagné aucune élection en Centrafrique. C’est ça la vérité ! 

L’unique option, si l’on veut que la RCA renoue avec la démocratie qu’il a interrompue en 2003, est que Bozizé emprunte une voie de sortie honorable.



Que l’on mette en place un Haut Conseil de la République à la tête duquel on désignera un président ;

que l’on nomme un premier ministre qui aura effectivement les prérogatives de chef de Gouvernement ;

et, enfin, que l’on compose un gouvernement qui sera l’émanation de toutes les sensibilités, y compris les partisans du général Bozizé.



Toute autre solution incluant le général Bozizé en personne sera vouée à l’échec et entraînera ipso-facto un piétinement au niveau de l’Exécutif et, partant, une aggravation des souffrances du peuple. 

 

31 décembre 2012


Pr. Bégong-Bodoli Betina


Maître de Conférences, Université Gaston Berger


Saint-Louis,( Sénégal)

  

En effet, le général Bozizé est un récidiviste. C’est un homme qui a prouvé aux yeux des Centrafricains, de l’Afrique et du monde entier, que non seulement il n’a pas de parole d’honneur, mais, en plus, ne croit en rien : sa seule religion est le POUVOIR. (par la violence.... rajoute Juliette)

 

 

PS./DERNIERE MINUTE : 

 

Voici le message que nous venons de recevoir d’un Centrafricain résidant à Bangui qui vient de nous contacter, sous couvert de l’anonymat :  

« Bonjour, Nous sommes en train de vivre un génocide pire que ce que nous entendons. À vous de faire vraiment une déclaration relative à cette situation. Sinon ça sera trop tard et essayez de prendre contact avec les leaders politiques. Il y a déjà des négociations et des formules pour une transition. Merci ».

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion