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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 18:00

 

 

centrafrique

 

   

Bangui, 24 mai (CA.P) - Des informations recoupées de sources bien informées font état de ce qu’un détachement des Faca serait tombé dans une embuscade de la rébellion, vraisemblablement de la CPJP, vers Ndélé. Le bilan serait de 5 soldats Faca tués et de plusieurs blessés dont certains graves, qui ont pu être ramenés pour être admis dans les hôpitaux de Bangui. Plusieurs témoins confirment en effet avoir aperçu à l’hôpital de l’Amitié et l’hôpital communautaire plusieurs militaires blessés ramenés du front nord.

Certaines informations d’une source militaire proche de l’état major des Faca ayant requis l’anonymat, déclare que la plupart des éléments envoyés à Ndélé seraient de nouvelles recrues fraîchement sorties du centre de formation de Bouar sans grande expérience du métier des armes et des situations de combats anti-rébellion. La rébellion de la CPJP avait pourtant annoncé il y a quelques jours à peine son intention de se retirer de Ndélé pour un autre lieu dont elle s'est bien gardée de donner des précisions pour des raisons de stratégie militaire. 

On note par ailleurs à Bangui une certaine nervosité au niveau du pouvoir en place. Le contrôle de toutes les barrières de racket jusqu’à Bossembélé par exemple a été repris par les éléments de la garde présidentielle sous le commandement du commandant Vianney Semndiro. Tous les gendarmes qui tenaient ces barrières auparavant ont été chassés par les GP qui  les ont remplacés.   

Toujours selon nos informations, Bozizé aurait dépêché le commandant Roger Godongai auprès du président Idriss Déby du Tchad pour lui mendier des armes. On se demande bien ce que Bozizé compte faire avec le stock considérable d’armes et munitions de guerre qu’il n’a cessé d’acheter en Chine, aux Ukrainiens et en Afrique du Sud. les armes seules ne suffisent pas à gagner une guerre. Le vrai problème de Bozizé est que les Faca ne sont nullement motivés pour aller au front contre les différentes rébellions. Donc c’est sans doute plutôt des combattants pour lui venir en aide qu’il a dû envoyer demander à Idriss Déby.

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 16:13

 

 

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Kabongo 23 Mai 2010 Africa Info (Douala)

Le Conseil National de Coordination du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose (CCM/RCA) a tenu le 21 mai à Bangui une assemblée générale extraordinaire.

C'était l'occasion pour cet organisme de faire le point sur les allégations selon lesquelles les ARV ont été détournés ou alors sont vendus et qu'il y aurait malversation financière au sein du CNLS tel que rapporté ces derniers temps sur les ondes des radios et dans les colonnes des journaux.

Cette assemblée générale extraordinaire s'est tenue à huis clos. De sources bien introduites, il était question, pour les membres, de parler franchement de la gestion du stock des ARV par le comité national de lutte contre le sida.

«Nous avons pu voir avec l'ensemble des membres du CCM/RCA qu'est ce qui fallait mettre en place maintenant pour essayer de combler ce gap puisque nous sortons d'une crise de rupture» a fait savoir le président du conseil national de coordination du fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, Dr Bernard Lala.

«Nous avons examinés points par points et selon chaque molécule l'état de disponibilité sur le terrain et les décisions à prendre assez rapidement pour pouvoir disposer de commande et de livraison à temps de manière à faire la soudure pour éviter que les prochaines commandes n'attendent pas trop», a-t-il ajouté.

Pour le Président, ils ont mis cette situation à profit « pour voir où est ce qu'on en est avec la préparation de Round 10 qui se profile à l'horizon».

A en croire M Lala, au regard des examens, il n'y a aucune menace de rupture des ARV immédiatement pour la simple raison que la RCA a prévu un mécanisme de quantification de ses commandes qui est assez bien géré par des nationaux. «Nous sommes à l'abri de surprise quand il s'agit de planifier nos commandes pour que nous évitions en fait ces ruptures qui pouvaient intervenir », a-t-il rassuré.

De sources généralement bien informées, cette assemblée générale extraordinaire a vu la participation des représentants des organismes internationaux, des personnes vivant avec le VIH/Sida et des membres du gouvernement.

 

NDLR : Outre le problème de la rupture des ARV pour les malades, des accusations précises et graves ont été portés par les médias dont RFI et le très sérieux journal Le Monde sur les nombreux cas de détournement des ARV dès l’aéroport de Bangui Mpoko et l’existence de filières frauduleuses de ventes illégales d’ARV financés par le Fonds Mondial. Si le Dr Lala essaie de rassurer les malades sur les stocks d’ARV, il demeure cependant muet sur les accusations de malversations et de corruption et la gestion scabreuse du CNLS par Mme Hyacinthe Wodobodé qui se vante tellement d’être sous la protection de Bozizé.

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 15:58

 

 

chefs-d-Etat-CEMAC.jpg

 

 

(Xinhua) 24 mai 2010 - Un sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) aura lieu le 6 juin à Brazzaville au Congo, a annoncé le président centrafricain François Bozizé dans une interview diffusée sur la radio publique camerounaise (CRTV) dimanche au lendemain de la fête des 50 ans d’indépendance du Cameroun à Yaoundé.

Réunis mi-janvier à Bangui en Centrafrique lors d’un sommet crucial ayant conduit à une série de réformes institutionnelles comme la désignation de nouveaux responsables à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et à la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) suite aux scandales financiers révélés dans ces institutions, ces dirigeants devaient se retrouver trois mois après à l’occasion d’un sommet extraordinaire à Malabo en Guinée équatoriale.

Dans la capitale équato-guinéenne en avril, les présidents des six pays membres de la CEMAC, à savoir Paul Biya du Cameroun, François Bozizé de Centrafrique, Denis Sassou Nguesso du Congo, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale et Idriss Deby Itno du Tchad, s’étaient contentés de retrouvailles dans le cadre de l’inauguration du parlement communautaire.

Même si l’ordre du jour du prochain sommet annoncé n’est pour l’instant pas connu, il est à penser que les discussions entre le chef de l’Etat congolais, président exercice de l’organisation régionale, et ses homologues porteront sur des dossiers aussi importants tels que la mise en circulation du passeport biométrique communautaire prévue dans un premier temps le 1er janvier puis le 1er avril et le lancement de la compagnie aérienne régionale, Air CEMAC.

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 01:49

 

 

Bevarrah LALA

 

          L'ex ministre et Président du MUD

                    Dr Bevarrah LALA

 

C’est un livre réquisitoire au vitriol, un véritable brûlot contre le président François Bozizé que vient de publier aux éditions l’Harmattan à Paris, Bevarrah Lala qui fut pourtant par le passé non seulement ministre dans le gouvernement de transition après son coup d’Etat du 15 mars 2003 mais qui se trouve aussi être de l’ethnie Gbaya de Bossangoa comme lui. Une première partie du livre est essentiellement une autobiographie de l’auteur. La seconde partie en revanche est une approche de Bevarrah Lala de l’interminable crise que traverse la République centrafricaine depuis presque plus de deux décennies - trois règnes de chefs d’Etat, André Kolingba, Ange Félix Patassé et actuellement François Bozizé pour on ne sait combien de temps encore – et qui avec Bozizé ne fait que perdurer tout en rendant incertain l’avenir de ce pays.

 C’est justement fort de l’expérience gouvernementale qu’il a vécue aux côtés de Bozizé et dont le livre regorge d’anecdotes que l’auteur, qui est aussi le président d’un petit parti politique, le Mouvement pour l’Unité et le Développement (MUD), se permet de dénoncer vigoureusement. Il stigmatise son manque d’envergure et sa médiocrité qu’il estime constituer une contre-indication à la gestion d’un pays comme la République centrafricaine. Il insiste lourdement sur les conditions dans lesquelles Bozizé avait littéralement viré de ses fonctions de Premier Ministre feu le Pr Abel Goumba sont restées à travers de la gorge de Bevarrah Lala dont le propre sort ministériel a aussi pris fin avec le brutal limogeage d’Abel Goumba. Bevarrah Lala avait naguère ouvertement exprimé son désaccord avec le projet de Bozizé de remercier le vieux Goumba mais rien n’y fit. Il considère que la présence de Bozizé à la tête du pays l’enfonce davantage et que plus tôt il en partirait, mieux il en serait pour la RCA.

Il s’en prend pêle-mêle aux conséquences et méfaits de la longue rébellion de Bozizé qui a énormément détruit le pays avec le recrutement et l’introduction de mercenaires tchadiens, la persistance du fléau des « coupeurs de route », la calamité des barrages illégaux et autres contrôles intempestifs des militaires qui rackettent en permanence les citoyens, l’affairisme effréné de Bozizé et sa clique. Tout cela a plongé dit-il la RCA dans un bourbier et fait d’elle un état voyou. Pour Bevarrah, le parti politique de Bozizé n’est autre qu’un rassemblement de malfaiteurs qui oeuvrent pour réaliser un hold-up électoral et permettre à Bozizé de conserver indéfiniment le pouvoir duquel ils tirent leurs prébendes. N’ayant pu tenir les élections dans les délais requis, ils viennent de subir un premier échec qui les a obligés à les reporter. Cependant, ils ont réussi à tordre le coup à la Constitution en faisant adopter par les députés une loi modifiant la Constitution pour proroger sans limite temporelle son mandat.   

Bevarrah Lala, courageusement, crie son ras le bol et exige que Bozizé quitte immédiatement le pouvoir une fois son mandat expiré le 11 juin car il n’est pas normal à ses yeux que ce dernier considère la République centrafricaine comme une société concessionnaire. En tant que leader d’une formation politique, il lance ouvertement appel à la France pour qu’elle « s’engage clairement aux côtés de la RCA en vue de l’aider à faire asseoir un gouvernement de transition qui prendrait en main la préparation des élections en toutes quiétude et transparence ». C’est ce qui est écrit en toute lettre dans le manifeste du Mouvement Fondamental pour Activer la Relance des Accords de 1958 (MFARA’58) que revendique également Bevarrah Lala.

Comme on le voit, la publication de son livre est un précieux outil et un formidable support qui permet à cet intellectuel non seulement de se positionner clairement par rapport au régime calamiteux du général président Bozizé auquel il avait momentanément appartenu au début, mais aussi d’apporter sa modeste contribution au débat politique sur l’échiquier centrafricain quant aux inadmissibles dérives prédatrices, dictatoriales et sanguinaires de Bozizé qui fait l’objet d’un véritable phénomène de rejet et dont le pouvoir est profondément décrié.

 

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République Centrafricaine

Unité-Dignité -Travail

 

MOUVEMENT FONDAMENTAL POUR ACTIVER

LA RELANCE DES ACCORDS DE 1958

MFARA'58

 

MANIFESTE

            L'Oubangui, aujourd'hui République Centrafricaine était un territoire d'outre-mer, colonie française, faisant partie des quatre membres constituant 1'« Afrique Équatoriale Française », AEF.

            Le Député de l'Oubangui à l'Assemblée territoriale française, Barthélemy BOGANDA, qui avait concocté les éléments constitutifs du pays, à savoir: le nom de la République Centrafricaine, la devise nationale Unité-Dignité-Travail, les armoiries, l'hymne Nationale et le drapeau, l’étendard de la patrie, sous l'égide du. Général DE GAULLE en vue de, 1'accession à l’indépendance, avait malheureusement trouvé la mort au seuil du processus de transfert de compétence. Ainsi le Président David DACKO, alors Ministre de l'intérieur du 1er gouvernement formé par le Président Barthélemy BOGANDA, lui avait succédé par un vote de l'Assemblée Législative exprimé à 99,99%.

            Pour l’accession à l’Indépendance du Pays, le Général de Gaulle avait proposé deux mesures qu'il avait soumises au référendum en 1958, à savoir :

1- indépendance dans la Communauté Française Était à voter «OUI» au Général De Gaulle;

2- indépendance totale, sortir de la Communauté Française Était à voter « NON » au Général De Gaulle

            Ainsi, le 28 Septembre 1958, le peuple oubanguien avait voté «OUI» par plébiscite (98,01%) au Général De Gaulle.

            C'est ainsi que l'Oubangui a accédé à l'indépendance au nom de la République Centrafricaine, telle qu'avait préconisé le Président Barthélemy BOGANDA.

            L'indépendance de la République Centrafricaine dans la Communauté Française qui est simplement le prolongement de l'administration française, avait suscité grandement l'espoir et l'engouement du peuple Centrafricain d'une manière indescriptible; des chansons populaires de toutes sortes faisaient étalage de cette émancipation. Les festivités à l'occasion de la déclaration d'accession à la souveraineté du pays émergés ci-après sont des preuves explicites.

13 Août 1960 la République Centrafricaine est indépendante

            L'indépendance de la République Centrafricaine a été solennellement proclamée par M. DAVID DACKO, Président du gouvernement, le 13 août 1960, à zéro heure, au Palais du Haut-commissariat, en présence de la Délégation Française dirigée par MM. MALRAUX et FOYER, et des représentants des autres Etats de la Communauté et des puissances étrangères. La population française et africaine a assisté nombreuse à cette cérémonie dont les échos ont été retransmis dans toute la ville par des haut-parleurs et dans tout le pays par la radio. Les réjouissances populaires ont débuté dès qu'eut retenti le premier des cent un coups (101) de canon annonçant l'indépendance, alors que carillonnaient les cloches de la Cathédrale.

            Quelques heurs auparavant, s'était déroulée la cérémonie de l' échange des instruments de ratification des accords d'indépendance, cérémonie au cours de laquelle M. MALRAUX rappela les relations fraternelles qui ont toujours existé entre les peuples de France et ·la· République Centrafricaine, avant de lire le message du Général DE GAULE assurant la jeune République de la franche et amicale coopération de la France. Puis le Président DACKO souligna l'attachement de son pays à la Communauté et à la France, qu'il remercia pour tout ce qu'elle a fait pour la République Centrafricaine.

            Après la proclamation de l'Indépendance, M. ADAMA TAMBOUX, Président de l’Assemblée Législative, après avoir rendu hommage au Général DE GAULE et à BARTHÉLEMY BOGANDA, déclara: "Nous disons à la France que nous acceptons chez nous sa présence, que, nous faisons du français notre langue, que nous mettons à la disposition de ses armées cette remarquable plate­forme stratégique qu'est le Centre du Continent Africain, que notre voix qui se fera entendre dans le concert des Nations, se joindra toujours à la sienne pour défendre la liberté, la justice et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".

            "Nous voici enfin égaux en droit, devait dire de son côté M.DACKO, répondant aux vœux de M. MALRAUX, aujourd'hui, l'histoire donne raison à BOGANDA. Grâce à l'honnêteté de la France, nous accédons à cette heure historique à l’indépendance sans effusion de sang, mais dans hi paix, le calme et l'amitié avec les français".

            L'Assemblée législative de la République centrafricaine a voté à l'unanimité, le 14 août 1959, le projet de loi conférant au Président du Gouvernement, M. DAVID DACKO, les titres et prérogatives de Chef de l'État

            Les accords de coopération entre la France et la République. Centrafricaine ont été signés le 13 août par MM. DACKO et FOYER. Ces accords concernent: la participation du Nouvel Etat à la Communauté, la Défense; la Culture, l'Enseignement, la Monnaie et les Affaires Etrangères...

Eu égard à tout ce qui précède, très rapidement la République Centrafricaine a pris une déviation et rentre dans une crise, convulsion sans pareille. L'espoir et l'engouement nourris par la population qui venait de sortir de la colonisation pour une nouvelle ère politique s'estompent et volent en éclat. L'instabilité s'instaure avec ses différentes crises et créent la valse de succession des 'dirigeants, en guise d'alternance pour tenter de stabiliser le pays; mais hélas !

            En 50 ans d'indépendance, le pays a connu successivement 7 Présidents de la République : de Barthélemy BOGANDA à David DACKO à Jean-Bedel BOKASSA à David DACKO 2 à André KOLINGBA à Ange Félix PATASSE et à François BOZIZE ...

            Face à l'indécision des Centrafricains à prendre la destinée de leur pays en mains de concert avec la France tels que les accords de 1958 le prévoient, ils la délaissent sous prétexte de souveraineté: Cependant la France, garante des Institutions Centrafricaines n'en déchante pas, elle se résigne à rallonger l'aide budgétaire, matérielle et la défense du territoire. Alors que nôs accords ne limitent pas la France seulement à ces missions. A vrai dire, ces missions relèvent du cadre humanitaire de la politique étrangère de la France; en ce qui nous concerne, elles devraient être plus étoffées si nous avions appliqué pleinement les accords de 1958.

            La chute de l'Empereur BOKASSA, la rébellion du général BOZIZE qui avait attiré des hommes en armes du Tchad et du Congo RDC en Centrafrique, pour piller et tout emporter (lire: «Centrafrique, mon combat Politique, vers une Nouvelle République» du Dr Lala BEVARRAH) des mutineries à répétition, des mouvements des Braconniers, coupeurs de route; des contrôles intempestifs des militaires ou des hommes en treillis aux barrages pour des oboles, des grèves perlées, et surtout la politique affairiste de BOZIZE et ses maffieux, ont plongé la RCA dans un bourbier et l'amène à se comporter en un Etat voyou. En ne voyant pas clairement l'ampleur de la manifestation négative des Centrafricains et de la Communauté Internationale par rapport à leur attitude désinvolte, Bozizé et les siens réunis au sein de l'Association des malfaiteurs, dénommé : « KNK» se préparent activement pour un autre mandat d’actions  maffieuses. Ils projettent proroger l'actuel mandat ou aller directement aux élections législatives et Présidentielles en 2010 avec l'intention d'organiser un hold-up électoral.

            Mais cette fois nous disons non! C'est assez! On ne va plus croiser les bras et regarder notre nation aller en péril. La Centrafrique n'est pas une société concessionnaire créée par le Général François BOZIZE pour qu'il se réclame l'appartenance. Il doit quitter immédiatement le pouvoir après son mandat de 2005-2010. La France doit s'engager pleinement aux côtés de la République Centrafricaine en vue de l’aider à faire asseoir un Gouvernement de Transition qui prendrait en main la préparation des élections en toute quiétude et transparence.

-          Attendu que le MFARA'58 n'est pas un parti politique, mais plutôt une organisation pour alterner l'entente traditionnelle (relations bilatérales) entre la France et la République Centrafricaine;

 

-          Considérant la déviation politique de la RCA et la souffrance du peuple Centrafricain;

 

-          Attendu que la République Centrafricaine est une ancienne colonie Française;

 

-          Attendu que le peuple Centrafricain a voté massivement « oui » au général DE GAULLE au référendum de1958 pour l'accession à l’indépendance;

 

-          Attendu que la République Centrafricaine a accédé à l'indépendance dans La Communauté Française sans effusion de sang;  

 

-          Attendu que les dispositions du référendum de 1958, lient étroitement la République Centrafricaine à la France en vue d'œuvrer ensemble;

 

-          Considérant la souveraineté du peuple Centrafricain, qu'en cas de crise grave de l'Etat, il dispose du droit de faire recours à la France;

 

-          Persuadés que la France est sensible à la précarité et à la dérive de la République Centrafricaine et qu'elle peut l'aider à retrouver la paix, la stabilité et la concorde nationale;

 

-          Convaincus que cet appel pressant des Centrafricains fait à la France est la seule voie honorable de sortie de crise de la RCA et doit être mené jusqu'à terme pour une solution pacifique et durable;

 

-          Nous Centrafricains, Leaders des partis politiques, personnalités indépendantes, entités politiques et associations etc, guidés par un patriotisme effréné de sauvegarde de notre patrie en dérive, décidons de. créer le « Mouvement Fondamental pour activer la relance des accords de 1958 » en abrégé: MFARA'58, afin de juguler la crise actuelle en République Centrafricaine.

Le Président exécutif

Dr Bevarrah LALA

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 01:44

 

 

Joseph-Kony.jpg

 

Louis-Paul Eyenga Sana Le Potentiel

Kinshasa 21 Mai 2010— Bien que les FARDC continuent à maintenir leur pression sur les groupes résiduels de l'armée de résistance du seigneur (LRA) dans les deux districts des Uélé, la situation humanitaire reste préoccupante, notamment dans les zones frontalières entre la RDC, la république Centrafricaine et le Soudan.

Depuis fin mars, 1.156 citoyens centrafricains ont fui les attaques de la LRA en République Centrafricaine et ont trouvé refuge en RDC, particulièrement en territoire de Bondo dans la Province Orientale. Selon Ocha, la dernière vague de 435 personnes est arrivée le 16 mai 2010. Le HCR, en partenariat avec la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et le PAM, prépare une assistance humanitaire pour venir en aide à ces personnes.

D'après la même source, la commission diocésaine « Justice et paix » dans cette partie de la Province Orientale a rapporté la présence de 102 ménages, notamment 1.300 personnes déplacées à Soronga sur l'axe Niangara-Poko en territoire de Poko dans le district du Bas-Uélé depuis la mi-février suite aux attaques de la LRA. Cependant, ces déplacés n'ont encore reçu aucune assistance.

Par ailleurs, un communiqué de Ocha signale qu'en date du 16 mai 2010, des inondations ont eu lieu dans la zone de santé de Tchomia en territoire de Djugu dans le Bas-Uélé. Les centres de santé de Joo et Gbii ont été affectés et les médicaments du centre de santé de Joo ont été emportés par les eaux de pluie. Le bilan de ces inondations ont donné selon Ocha, un mort et une cinquantaine de maisons détruites. Les acteurs humanitaires de Bunia ont recommandé qu'une mission d'évaluation se rende sur place aussitôt que possible afin d'évaluer la situation et prévoir une assistance.

LES CAMPS DE DEPLACES SE VIDENT AU NORD-KIVU

Au moment où l'on parle de l'arrivée des réfugiés centrafricains dans la Province Orientale, Ocha a déclaré qu'une mission conjointe HCR/UNOPS s'est rendue dans les zones de Birambizo et de Mweso dans la province du Nord-Kivu pour sensibiliser les personnes déplacées internes sur le retour volontaire et la délivrance des attestations de retour volontaire. C'est ainsi que des attestations de retour volontaire ont été remises à 2.738 ménages soit 6.163 déplacés internes se trouvant dans 1e camps dans ces deux zones.

Les premiers départs sont prévus après le 20 ami vers les zones de retour des groupements de Bambu, Tongo, Kihondo, Mutanda et Bukumbo. Prochainement, la remise des attestations de retour volontaire touchera les camps de Kiwanja, Tongo, Kabizo et Masisi Centre. A ce jour, il reste environ 100.000 déplacés internes dans l'ensemble des camps au Nord-Kivu.

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 01:27

 

 Livre-F-Saragba.JPG

 

 

Par ces quelques lignes, l'auteur tente de nous persuader de sortir de l'idée simpliste assez répandue dans les sociétés africaines en générale et en particulier centrafricaine, que les élections ne constituent qu'une simple formalité ou le moment de s'enrichir à moindre frais, tant, il y a une débauche de moyens déployés par les candidats en lice.

 

Un rendez-vous électoral est un moment de partage entre un homme et des hommes. Comme tous rendez-vous, celui-ci ne déroge pas à la règle des préparatifs. Personne n'étant jamais né en marchant, l'apprentissage des bases de la démocratie suppose désenchantement, échecs, chutes, douleurs mais aussi persévérance.

 

Pour cela, l'auteur montre le chemin, donne les outils, suggère des méthodes pour la réussite de toute opération électorale.

 

Comme les choses évidentes sont souvent les plus difficiles à exprimer, il fallait beaucoup de courage mais aussi de pédagogie pour s'attaquer à ce vaste champ insondable. C'était une véritable gageure que d'avoir cette autre approche qui tranche singulièrement avec les démarches en vogues sur le continent africain.

 

Franck SaragbaPolitologue, Administrateur des élections, Franck SARAGBA fait partie de cette nouvelle génération d'africains née après les « indépendances» qui prône un véritable changement de cap. Originaire de la République centrafricaine, il est convaincu que le temps est venu après cinquante années d'aliénation, de suivisme, d'irresponsabilité d'opérer une rupture radicale avec la pratique actuelle afin de donner à la Centrafrique la place qui lui revient dans une Afrique émancipée et forte. Son premier ouvrage, Fini kodé, nouvelle manière de faire ou de pratiquer la politique, parue en 2008, a été un véritable succès de librairie.

 

Éditions BEAFRICA

Chez Mr Adrien Poussou

15, rue d’Angleterre

44000 Nantes (France)

  Disponible sur commande dans toutes les FNAC ou sur la page Facebook des éditions BEAFRICA au prix de 20 € Prévoir 2euros en plus pour frais de port.

 

9782953 667806

ISBN 978-2-9536678-0-6

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 23:49

 

 

vih-cellule.jpg

 

 

par Dolgin Elie

Source : Nouvelles de la nature; le 21 mai 2010

Le virus semblable au VIH qui infecte les singes date d’au moins 100.000, voire des millions d'années, ont rapporté cette semaine des scientifiques lors d'une réunion de l'Académie des Sciences de New York. L'âge de la majorité du virus du singe, qui ne cause pas la maladie chez la plupart de ses hôtes, suggère qu'il pourrait prendre un certain temps pour le VIH à devenir aussi bénigne chez l'homme.

"Ne vous attendez pas à l'évolution humaine de se déployer dans un délai qui n’a rien de bon pour nous», a déclaré Michael Worobey, un biologiste évolutionniste de l'Université de l'Arizona à Tucson, participant à la réunion. "Nous n'allons pas faire évoluer les adaptations qui permettront d'atténuer ce virus dans les délais acceptables, nous avons donc besoin d'autres solutions."

La plupart des chercheurs conviennent que la souche pandémique du VIH qui infecte actuellement plus de 33 millions de personnes dans le monde entier a commencé en Afrique centrale il y a 100 ans, lorsque les chasseurs ont contracté le virus par le biais de viande de brousse contaminée. Mais l'âge de l'ancêtre primate du VIH - le virus de l'immunodéficience simienne (SIV) - reste très contesté. De l’utilisation de données sur les séquences d'ADN prélevées sur des souches SIV, certains ont estimé que le SIV est de quelque milliers d’années, tandis que d'autres suggèrent que le virus ne remonte qu'à quelques centaines d'années.

Ces projections laissent cependant supposer que les séquences d'ADN du SIV ont muté au même rythme que le rythme moderne de l'évolution du VIH dont beaucoup disent que c'est beaucoup plus rapide que les taux historiques de changement. Ainsi, certains chercheurs ont cherché d'autres preuves. Un virus apparenté se trouve incorporé dans le génome des lémuriens de Madagascar a fait à une échelle de tant de millions d'années. Et bien que les chimpanzés infectés par le SIV restent sensibles à la maladie (voir "les chimpanzés sauvages du SIDA comme une maladie»), d'autres singes sauvages qui ont coexisté avec SIV pour plus longtemps, y compris les mangabeys enfumés et des singes verts africains, semblent avoir développé une immunité totale aux virus, ce qui indique une période prolongée de la coévolution.

L’horloge géologique

Pour cerner l'âge de SIV, l’équipe de Worobey avec Preston Marx, un virologue de l'Université de Tulane à la Nouvelle Orléans en Louisiane qui, depuis 2001, a fait des recherches sur le virus sur la viande de brousse de singe pris à Bioko, une île située à 32 kilomètres au large de la côte ouest du Cameroun. Marx et ses collègues ont découvert de nouvelles souches du virus dans trois espèces de singes qui n'avaient jamais été démontré comme ayant été auparavant exposés au SIV y compris la guenon à oreilles rouges (Cercopithecus erythrotis), ainsi que d'un quatrième singe (Mandrillus leucophaeus), proche des babouins.

Worobey a comparé les séquences d'ADN prises sur les souches SIV ayant infecté les échantillons à la fois à Bioko et sur le continent. Fondamentalement, il savait à partir des dossiers géologiques que l'île est séparée de l'Afrique continentale autour de 12.000 ans. En supposant que les souches avaient eu au moins 12.000 ans pour évoluer en dehors, il a déterminé que le taux de mutation du SIV est beaucoup plus lent qu'on ne le pensait. En utilisant cette approche, il a suggéré que des calculs antérieurs basés sur l'ADN étaient erronés et a estimé que le SIV doit dater d’au moins 100.000 ans.

«Il est impérieux et clairement évident d’affirmer que le SIV est beaucoup plus vieux que nous ne le pensions», explique Sarah Schlesinger, une immunologiste des cellules de l'Université Rockefeller à New York, qui a co-organisé la réunion de New York.

L’utilisation des données biogéographiques de Bioko "est certainement la bonne façon de de l’appréhender cela», dit Paul Sharp, un biologiste évolutionniste à l'Université d'Édimbourg, Royaume-Uni, qui étudie le VIH. "Mais qu'est-ce qu'il fait est qu'il vous donne un âge minimum plutôt que de fixer un âge." Sharp, qui n'a pas participé à l'étude, dit que le SIV est probablement âgé de plus de cinq millions d'années.

Indépendamment de l'âge exact, Béatrice Hahn, une chercheuse du VIH à l'Université de l'Alabama à Birmingham, a déclaré que l'étude montre qu'il a fallu probablement beaucoup de temps pour que le SIV ne soit inoffensif chez la plupart des singes. En tant que tel, les gens ne doivent pas compter seulement sur l'évolution pour lutter contre la menace du VIH, met-elle en garde: "Est-ce que l'homme va finir par se transformer en singe pour apprendre à y faire face? Peut-être. Ai-je envie d'attendre cela? Non"

 

Traduction de l'Anglais par la rédaction de C.A.P 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 16:06

 

 

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Après le coup d'Etat constitutionnel de Bozizé consacré par l'adoption parlementaire d'une loi anticonstitutionnelle lui prorogeant son mandat après son expiration le 11 juin prochain, et les torrents de sarcasmes et d'insultes déversés sur lui ainsi que sur d'autres leaders de l'opposition non seulement par les griots et autres thuriféraires de Bozizé mais y compris par ce dernier lui-même, celui qui s'impose de plus plus comme l'incontournable leader de l'opposition centrafricaine et principal challenger à l'élection présidentielle du même général président sortant et candidat du KNK François Bozizé, Martin Ziguélé reprend la main sereinement dans la tribune ci-dessous pour recentrer le débat sur l'essentiel à savoir, l'impérieuse nécessité de conclure un accord politique au plus haut niveau du pays entre Bozizé et l'opposition afin de gérer la période de vide constitutionnel dans laquelle se retrouvera la RCA dans quelques semaines pour ne pas dire dans quelques jours. Sauf à vouloir le chaos pour la RCA, Bozizé dont le bilan à la tête du pays est déjà si catastrophique ne peut continuer comme il le fait à traiter les leaders de l'opposition de sorciers et se dérober indéfiniment à l'indispensable dialogue avec ceux-ci.

Rédaction C.A.P  

 

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La  lutte pacifique et démocratique que nous avons engagée aux côtés de nos partis frères du Collectif des Forces du Changement, pour une alternance politique dans notre pays, a connu un pic qui ne m’a pas laissé le temps, ces dernières semaines, de m’adresser à vous.

En effet, après que le pouvoir ait décidé par son décret du 30 mars 2010 de fixer  les élections au 16 mai 2010, le régime a intensifié ses manœuvres dérisoires de manipulation du processus électoral. Les médias publics, le gouvernement, l’administration, la confrérie des nouveaux pasteurs, et même certains membres éminents de la CEI, ont été mis à contribution pour amplifier et  relayer la vision du pouvoir, à savoir que tout était en marche pour que les élections aient lieu le 16 mai 2010. Au passage, des Goebbels tropicaux et en herbe se chargeaient de déverser des flots d’injures sur des opposants qui, bien sûr, constituent sous toutes les dictatures la cinquième colonne, empêchent le « Père de la Nation » de conduire le peuple vers un bonheur garanti….

Ce peuple, qui a en déjà vu d’autres, ne s’est pas laissé prendre à ce jeu. La fuite en avant a en effet conduit à la plus lamentable opération de recensement (recensement ou révision, je ne saurais le dire)  que notre pays ait connue, et c’est le rapport du Président du Comité de Suivi des recommandations du DPI qui en a fait le constat.

Comme disait Lénine, « les faits sont têtus », y compris bien sûr en RCA. Dès le 23 avril 2010, le pouvoir saisit la Cour Constitutionnelle pour demander son avis sur un projet de loi constitutionnelle prorogeant le mandat du Président de la république au-delà de son terme du 11 juin 2010. Puis, comme nous sommes en Centrafrique, il convoque une rencontre-spectacle le 29 avril 2010 au Palais de la Renaissance pour amuser la galerie en faisant semblant de vouloir prendre l’avis des uns et des autres par rapport à la date problématique des élections. En réalité tout était bouclé, le pouvoir ayant choisi de violer la constitution pour demeurer aux affaires au-delà du 11 juin 2010, en lieu et place d’un accord politique seul à même d’asseoir sa légitimité. Le Président de l’Assemblée nationale, bien sûr, a été préalablement mis dans le coup.

C’est suite à ce mauvais film de série B que nous nous retrouvons avec une loi anticonstitutionnelle que bien sûr nous nous engageons à abroger dès l’alternance obtenue.

Pour l’heure, il est impératif d’arriver à un accord politique qui permettra de préparer « consensuellement » et de manière plus professionnelle des élections nationales, crédibles et inclusives. La légitimité des institutions après le 11 juin 2010, qu’il ne faut confondre à leur légalité, est soumise à cette condition évidente.

Les marches instrumentalisées par ceux-là même qui ont échoué à organiser des élections à date et heure, les interdictions de sortie du pays faites aux responsables de l’opposition, les injures proférées à leur encontre par un mercenaire étranger de la plume et de la salive aussi volubile que ridicule et insignifiant – à propos, de quoi se mêle-t-il, celui-là, alors que son patron et ses marcheurs occasionnels ont  interdit à la communauté internationale de se mêler de nos affaires? - tout cela, je vous l’assure, ne fait que renforcer notre détermination dans cette lutte.

Unis nous vaincrons ! La lutte continue !

 Bangui, 23 mai 2010

Martin ZIGUELE

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 14:49

 

 

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(HNS Info 21/05/2010)



De retour de République Centrafricaine où elle a occupé pendant plus d’un an la fonction de chef de mission, Chloé Schmitt revient sur les activités d’ACF dans ce pays trop souvent oublié de l’aide internationale. Après la dernière urgence nutritionnelle de l’automne 2009 dans le sud du pays, peut-on croire à une amélioration de la sécurité alimentaire des populations ou doit-on se préparer à une nouvelle urgence ?


Une situation politique fragile


La situation politique de la République Centrafricaine (RCA) reste depuis plusieurs années, fragile. Depuis 2005 des affrontements entre les groupes d’opposition armés et l’armée régulière provoquent d’importants déplacements de population dans le nord du pays. C’est dans ce contexte de conflit et de violence que sont arrivées la plupart des ONG. Action contre la Faim pour sa part, a été appelée en RCA par UNICEF afin de mener une évaluation de la situation nutritionnelle. « Même si les résultats n’étaient pas alarmants, ACF a décidé d’intervenir car il n’y avait quasi aucune capacité de prise en charge de la malnutrition dans le pays », précise Chloé. Le premier projet d’ACF en RCA, en 2006, qui se poursuit à ce jour, a donc consisté à renforcer les capacités du Ministère de la Santé à Bangui et à Bossangoa, sur la détection et la prise en charge thérapeutique de la malnutrition.


Soutenir les populations déplacées au Nord malgré le contexte sécuritaire


« Très vite, en 2007, d’autres programmes ont été mis en place, notamment dans la sous-préfecture de Markounda, à la frontière tchadienne, en appui aux populations victimes du conflit suite aux combats entre rebelles et forces gouvernementales ». Car pour éviter ces conflits, une grande partie des habitants ont quitté leurs villages. « La plupart d’entre eux ont fui à moins de 10 kilomètres. Ils se sont réfugiés près de leurs champs, loin des pistes où avaient lieu les affrontements », raconte Chloé. Pour aider ces déplacés à reprendre le cours de leur vie, les équipes d’ACF développent des programmes de sécurité alimentaire avec un appui à la relance agricole, mais aussi d’eau et assainissement avec la construction de puits de brousse et des campagnes de promotion de l’hygiène, et de santé mentale avec une aide psychologique aux victimes des conflits. Toutefois, la peur ne quitte pas les villageois. « Pendant longtemps, au début de l’intervention des humanitaires dans la zone, même quand c’étaient nos équipes qui arrivaient dans les villages, tout le monde restait caché. Au moindre bruit de moteur, ils craignaient l’arrivée d’un danger », explique Chloé.


Malheureusement, en janvier 2009, suite à deux incidents de sécurité, ACF se voit contrainte de fermer la base de Markounda. Les missions qui y étaient menées sont alors relocalisées : après une évaluation approfondie, les activités de santé mentale et d’eau et assainissement sont lancées à Paoua, près de Markounda, qui connait les mêmes problématiques humanitaires ; des programmes d’eau et assainissement sont également mis en place à Bossangoa. Mais à Markounda le manque d’eau se fait rapidement ressentir. « Les communautés nous ont écrit pour nous demander de revenir travailler sur l’accès à l’eau », raconte Chloé. Face aux alertes de plus en plus pressantes, une nouvelle évaluation des besoins en eau et de la situation sécuritaire est alors menée. « Suite aux résultats de l’évaluation, nous avons décidé début 2010 de revenir à Markounda où nous avons déjà réalisé trois forages positifs et où nous nous apprêtons à remettre en service trente points d’eau améliorés ». Les problèmes de sécurité restent très préoccupants et nécessitent, au quotidien, un dialogue avec les responsables locaux pour s’assurer que la présence et le travail des humanitaires sur le terrain seront protégés.


Loin de la zone de conflits, l’urgence nutritionnelle au Sud


Mais l’année 2009 a également connu d’autres rebondissements. « Mi-juillet, nous avons mené une évaluation rapide de la situation nutritionnelle à Berberati, au sud-ouest du pays. Les résultats étaient alarmants, le taux de malnutrition aigüe sévère chez les enfants de moins de 5 ans était de 7%, alors que le seuil d’alerte fixé par l’OMS est de 2% ». Plusieurs mesures sont alors prises rapidement. « Nous avons ouvert un Centre Nutritionnel Thérapeutique en partenariat avec l’hôpital de Berberati afin de traiter gratuitement les enfants les plus touchés par la malnutrition. Quatre structures de traitement ambulatoires ont également été mises en place pour diagnostiquer les enfants atteints de malnutrition sévère et, selon la gravité, prendre en charge les enfants en ambulatoire ou les référer à l’hôpital de Berberati. Enfin, des visites à domicile quotidiennes ont été effectuées par des employés locaux d’ACF dans le but de sensibiliser les habitants. On leur a notamment expliqué les symptômes de la malnutrition, les moyens de prévention et l’existence d’une prise en charge gratuite » précise Chloé.


Car il faut dire que dans certaines régions de la RCA, il existe des tabous alimentaires et des croyances culturelles qui peuvent être aggravantes pour les enfants. « Il se dit par exemple dans certaines régions qu’une femme enceinte ou avec un enfant en bas âge ne doit pas manger de poisson de rivière sous peine de déclencher une malédiction », explique Chloé. Une croyance qui prive les jeunes enfants d’un des rares apports protéiques disponibles. D’où l’importance de sensibiliser et de former les familles à la reconnaissance de la malnutrition.

A Berberati, grâce à l’ensemble de ces actions, environ 1 500 enfants malnutris ont pu être pris en charge par ACF en 2009. Et les choses ne s’arrêtent pas là. « Depuis février 2010, nous sommes entrés dans une phase de transfert de compétences. Nous avons formé du personnel, fait des dotations en matériel médical, en PlumpyNut [pâte très nutritive à base d’arachide] et en lait thérapeutique », explique Chloé. Et c’est ainsi que début mai, les équipes d’ACF ont pu se retirer de la région et laisser aux structures locales le soin de détecter et prendre en charge la malnutrition aigüe sévère.


Un avenir incertain, tant sur le plan politique qu’humanitaire


Malgré les progrès réalisés, l’avenir n’en est pas moins préoccupant. Fin 2008, un processus de « Dialogue Politique Inclusif » a eu lieu, marquant un pas important vers la pacification du pays avec la signature d’un accord de paix par plusieurs parties au conflit. Si des avancées vers la stabilisation du pays ont eu lieu depuis malgré l’émergence de nouvelles zones de conflit sur le territoire, les élections présidentielles qui devaient avoir lieu en avril ont finalement été annulées pour des raisons techniques et suite à un boycott de l’opposition. L’Assemblée nationale va donc devoir résoudre le vide constitutionnel qui interviendra dès le 11 juin, date de fin de mandat de l’actuel président.


Sur le plan humanitaire aussi, des questions restent en suspens. « La période de soudure, en juin prochain, pourrait constituer un risque d’une potentielle nouvelle urgence à Berberati », redoute Chloé, « nous n’avons aucun recul sur les années précédentes car il n’existe aucunes statistiques, nous ne savons donc pas du tout comment cela va se passer ». En effet dans cette période de quelques mois qui suit les récoltes, les populations sont tributaires de la richesse de leurs réserves et de leur pouvoir d’achat. Or les enquêtes menées par les équipes d’ACF à l’été 2009 puis au début de l’année 2010 permettent de penser que les ménages vont faire face à de graves difficultés. C’est pourquoi ACF a recommandé qu’un programme de sécurité alimentaire soit mis en place dans la région de Berberati en relais des programmes de nutrition : distribution de coupons permettant d’acheter des produits maraichers sur les marchés, distribution de semences et d’outils pour relancer l’agriculture, et séances de formation aux bonnes pratiques alimentaires et nutritionnelles.


Ce programme n’a à ce jour pas trouvé de financement et c’est aujourd’hui une des rares certitudes qui persiste en RCA : le pays souffre d’un manque de soutien de la part des bailleurs de fonds. « Le problème, c’est que seules les zones de conflits sont considérées, alors que la RCA est un pays qui souffre avant tout d’une grande pauvreté. L’espérance de vie y diminue tous les 6 mois ! Dans ce contexte, il est évident que le moindre choc prend d’énormes proportions. », conclut-elle. Ce fût le cas à l’automne 2009 où la fermeture des mines de bois et de diamants a engendré la crise que nous avons connue. Tout porte à croire qu’une nouvelle difficulté économique ou politique pourrait avoir les mêmes conséquences cette année.



Source / auteur : Action contre la faim


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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 00:41

 

 

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  Le président du MLPC et candidat à l'élection présidentielle Martin Ziguélé revient dans cette importante interview qu'il a bien voulu accorder à notre confrère de l'AGORA que nous reproduisons ici avec son accord, sur d'importants sujets d'actualité touchant à la vie politique de la RCA et aussi  à sa situation personnelle, notamment au sujet des tracasseries arbitraires et  politico-policières qu'il a subies récemment à l'aéroport Bangui Mpoko où il a été empêché de voyager et son passeport lui a même été confisqué par le pouvoir aux abois de Bozizé, pour ne lui être restitué en catimini que 48 heures seulement après non à son domicile mais chez sa mère.

Martin Ziguélé parle sans détours dans cette interview de la double cassure qui s'est produite le 10 mai dernier entre d'une part les Centrafricains et les députés de leur Assemblée nationale et d'autre part, entre le président Bozizé et le pays dans son ensemble avec l'adoption de la loi anticonstitutionnelle prorogeant sans limite dans le temps ce qui revient à lui donner un véritable chèque à blanc. Au passage le président du MLPC dit des choses extrêmement importantes sur la vision moderne qu'il a de la gouvernance et  sur les institutions d'un pays, donne sa conception sur ce que devrait être la Constitution de notre pays et prend l'engagement que s'il accédait à la magistrature suprême, cette loi anticonstitutionnelle serait le premier texte qui devrait revenir devant les députés pour être discuté et abrogé.

Martin Ziguélé, après qu'il eût exprimé ses idées modernes et sa conception du nécessaire changement à apporter dans la gouvernance du pays, s'est attiré le déchaînement et la hargne de Bozizé et ses griots qui tentent vainement de le diaboliser,le traitant de sorcier et autres noms d'oiseau. C'est en réalité parce que les idées de Ziguélé tranchent nettement avec celles de Bozizé qui sont mises en oeuvre depuis sept ans qu'il est au pouvoir et dont les résultats sont désastreuses pour notre pays. Le drame est que malgré son bilan négatif , Bozizé entend mourir au pouvoir à la tête de la RCA. La RCA a plutôt besoin en effet d'un fils jeune, ayant des idées porteuses de changement qulaitatif, une vision moderne et des ambitions nobles pour son pays, comme Martin Ziguélé.      

Rédaction C.A.P

 

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L’Agora (A) : Monsieur le Président Bonjour !

  Martin Ziguélé (MZ) : Bonjour !

 

A : Le samedi dernier, vous avez été empêché de voyager, votre passeport ayant été confisqué au niveau de l’aéroport de Bangui Mpoko. Qu’est ce qui se cache derrière un tel incident ?

M.Z.: C’est un incident qui est symptomatique de la perception que le pouvoir centrafricain a réellement de la démocratie et de la Constitution de notre pays. Dans un pays, nous voyons où le pouvoir décide de s’en prendre individuellement à des citoyens sous prétexte que ce sont  des leaders d’opinion, sous prétexte que c’est des personnes nuisibles parce que, tout simplement, ils sont dans l’opposition. Nous entrons droit, il faut appeler un chat par son nom, nous entrons droit dans des pratiques dictatoriales. Nous proclamons tous très rapidement que nous sommes respectueux de la Constitution. Mais il faut que chacun s’asseye pour faire ne bonne lecture de cette Constitution.

         Lorsque vous violez les dispositions de la Constitution telles que celles qui sont relatives aux libertés individuelles, aux libertés d’aller et de venir, aux libertés d’association vous êtes entrain de défaire la démocratie dans notre pays. C’est comme quelqu’un qui a tricoté un maillot qui commence à tirer les fils  de ce maillot, à la fin il n’y a plus de maillot. Je pense que ce jeu est extrêmement dangereux.  Et il faut qu’il cesse, parce qu’on ne peut pas aller aux élections, au nom de la Constitution, et en même temps empêcher les citoyens Centrafricains d’aller et de venir en violation des dispositions de cette Constitution. C’est une question de cohérence dans la démarche.

A : M. le Président, autour du Président François Bozizé, on trouve une gamme de personnalités, des gens qui ont dirigé ce pays il y a longtemps, qui se sont retrouvés pratiquement sous tous les régimes et qui aujourd’hui gravitent autour du Président Bozizé, quelle lecture faites-vous de l’évolution de la qualité des hommes politiques centrafricains, surtout sur le plan de la morale politique ?

 M.Z.: Oui, cher Monsieur, je ne fais pas la même analyse que vous. Je pense que Bozizé, lorsqu’il a pris le pouvoir le 15 Mars 2003, a voulu crédibiliser son régime ou plutôt faire accepter son régime en coptant un certain nombre de personnalités qui ont une grande vision morale, qui ont un passé totalement dévoué au service de ce pays, il a voulu les prendre autour de lui. Mais tout le monde a cru que c’était pour les écouter pour qu’ils l’aident à bien gérer ce pays ou du moins à mieux le gérer par rapport aux pratiques du passé. Mais en réalité ce n’était pas ça l’objectif de sa démarche. Il avait aligné ces personnalités autour de lui justement pour tromper la vigilance des Centrafricains et présenter un tableau convenable. En réalité, la vraie question qu’on se pose est de savoir s'il écoute ces conseillers ? Je n’en suis pas sûr. Car, il reproduit les mêmes schémas politiques de ceux qu’il a combattus hier. Je suis presque convaincu, à la lumière du spectacle que j’ai vu le 29 Avril 2010 au Palais de la Renaissance, qu’il n’écoute pas ses conseillers et non seulement il ne les écoute pas mais il est plutôt agacé par ceux-ci et même il les désavoue. J’en suis convaincu jusqu’à preuve du contraire.

  L’Agora (A) : Mais M. le Président, en Centrafrique les Conseillers, lorsqu’ils ne sont pas écoutés, ne démissionnent jamais. Qu’en dites –vous ?

 Martin Ziguélé (M.Z.): Oui, je crois que ça c’est un autre problème. Vous savez, en politique, comme on dit, la critique est aisée mais l’art est difficile.

        Vous avez des personnalités qui pensent travailler pour leur pays et je pense qu’effectivement qu’ils sont convaincus qu’il leur faut apporter leur contribution de part leur expérience, n’est-ce pas ? Ils souhaitent donner cette expérience à leur pays et je pense que l’occasion leur sera donnée. Bien sûr, il y a la solution facile de la démission. Mais, je ne pense pas qu’il faut leur jeter la pierre. Je pense plutôt que les Centrafricains doivent être exigeants envers le Président de la République ; parce que le Président de la République, c’est l’Institution centrale du pays. Et il est responsable de la jurée devant la Constitution de tout mettre en œuvre pour que le pays marche normalement. C’est une obligation et de moyens et de résultats obtenus comme le disent les juristes.

            Et il ne faut pas être complaisant envers le Président de la République en rejetant la responsabilité de ce qui ne marche pas chez ses Conseillers qui ne sont que des Conseillers et il faut que quelqu’un accepte d’écouter les conseils d’un Conseiller pour que celui-ci soit efficace. Si la personne à conseiller refuse par avance d’écouter ce qui ne lui plait pas ou ce qui ne convient pas à ses propres intérêts personnels, catégoriels ou partisans ; mais qu’est-ce-que vous voulez que le conseiller fasse.

C’est comme si vous demandez à une hirondelle à elle toute seule de faire le peloton.

A : M. le Président, nous venons d’assister au vote d’une loi qui proroge les mandats électifs actuels. A votre avis, est-ce-que le pouvoir en place est réellement animé d’une volonté d’aller aux élections ?

  M.Z. : Je dois d’abord vous dire que je n’ai pas du tout été surpris par le vote de cette loi. Je n’ai pas été du tout surpris dès le jour où après cette rencontre du 29 avril au Palais de la Renaissance, deux jours après, j’ai lu dans la presse qu’en fait, la Cour Constitutionnelle était saisie depuis le 23 avril pour se prononcer sur la recevabilité d’un projet de loi prorogeant le mandat du Président de la République. J’ai compris que la machine était déjà en marche avant même qu’on nous réunisse pour cette concertation.

            Et ça me fait penser à une deuxième chose. C’est que le Président de la République savait déjà plusieurs jours à l’avance que les élections ne pouvaient pas se tenir le 16 mai en cours. Je pense que s’il avait un courage politique, il aurait pu faire l’économie de cette réunion et annoncer tout simplement que les élections ne pouvaient pas avoir lieu et qu’il demandait aux uns et aux autres de réfléchir sur la manière de maintenir l’institution de la Présidence de la République en place pour nous permettre d’aller aux élections dans la transparence. Cela pourrait nous faire l’économie de tous ces déclenchements d’état d’âme que nous avons vécus là-bas et qui, je le répète encore, ne sont pas dignes d’une République où la sérénité doit être de rigueur.

            Ceci dit, je voudrais que vous voyiez un peu le voyage de ce projet de loi à travers les institutions.

            Lorsque le Président de la République avait saisi la Cour Constitutionnelle le 23 avril, il n’a proposé la prorogation que de son mandat à lui seul en tant que Président de la République. Le courrier arrive à la Cour Constitutionnelle et comme on est jamais bien servi que par soi-même, la Cour Constitutionnelle ajoute la prorogation de son propre mandat et pensant à son parent l’Assemblée Nationale en ajoutant aussi la prorogation du mandat de l’Assemblée Nationale. Le projet de loi continue sa navigation et arrive donc au bureau de l’Assemblée Nationale qui, comme par hasard, s’est réveillée au cours de cette réunion là et s’est souvenue qu’elle existe dans le pays et qu’elle peut intervenir dans la vie de la Nation. Mais  cette fois-ci, l’Assemblée Nationale ne renvoie pas l’ascenseur à la Cour Constitutionnelle et traite son projet de mandat à lui ainsi que celui du Président de la République, et oublie la Cour Constitutionnelle. On n’a plus besoin de la Cour Constitutionnelle puisqu’elle a déjà donné un avis favorable à un projet de loi et qu’elle ne pourra pas se déjuger.

            Comme le Collectif des Forces du Changement avait dit solennellement  devant cette assemblée ce jour là « quelle ne demanderait pas le départ du Président de la République », les Centrafricains doivent s’exprimer clairement, dans la transparence. Il s’agit de faire un accord politique pour s’enquérir de la légitimité du Président de la République au sommet de l’Etat quitte à ce que par la suite un habillage juridique fasse l’objet d’un compromis. Le Président de la République a délibérément  refusé la voie du consensus et je ne sais pas si les Centrafricains perçoivent le message que le Président Bozizé distille aux centrafricains. C’est que dans sa tête, il considère qu’il y a une catégorie de Centrafricains qui sont ses ennemis à qui, il ne parlera jamais, c’est ceux qu’il considère comme des ennemis sur un champ de bataille c’est comme ça que moi je perçois la chose et comme il est le Président de la République, il faut qu’il arrive à comprendre  qu’il est le Président de tous les Centrafricains. Qu’il les aime ou qu’il ne  les aime pas, c’est son problème personnel. Il doit aller au-delà de ses sentiments personnels et considérer tous ses compatriotes comme des compatriotes à qui il doit parler, avec qui il doit discuter c’est tout !  Il doit prendre des décisions en tant que Président de la République, mais il ne doit pas refuser la  discussion avec une catégorie de centrafricains parce qu’après le Président de la République c’est Dieu dans un pays.  Donc il est le Président de tous les Centrafricains, il doit écouter tous les centrafricains quelque soit son sentiment personnel pour ces centrafricains. Il reprochait hier à Patassé de refuser d’écouter les Centrafricains, j’espère qu’il n’a pas pris le pouvoir pour faire la même chose donc il faut qu’il se regarde également un peu dans le rétroviseur et qu’il relise ce qu’il avait dit lui même hier. Donc pour ça,  j’invite le Président de la République à plus de  sérénité  et à considérer de manière inclusive sa démarche envers ses compatriotes.

  A : M. Le Président, je voudrais rebondir sur le passage de cette loi de la Cour Constitutionnelle. Lorsque nous avons suivi les débats sur les ondes nationales, le Porte-parole du RDC, Emile Gros Nakombo affirmait que le document qui a été  soumis à l’examen des ne comporte que la seule signature du Président de la Cour Constitutionnelle,  pas celles des autres Conseillers.  A votre avis, ne pensez- vous pas que si   jamais cette même Cour a été saisie  par l’opposition pour annuler cette loi, pensez-vous qu’elle soit en mesure de se prononcer valablement ?

  M.Z : Vous savez qu’il y a un précédent à l’intérieur de la Cour Constitutionnelle. Souvenez-vous que sur l’affaire Total, lorsque le Président de la Cour Constitutionnelle avait sa manière de voir les choses et les autres membres leur lecture  aussi. Ils ont été privés d’activité des mois durant, il a fallu les interventions vigoureuses de l’extérieur pour que la Cour soit rétablie  dans ses droits. C’est pour cela que je me méfie des jugements généraux; c’est pour cela que je vous ai dit tout à l’heure que, ce ne sont pas les Conseillers du Chef de l’Etat qu’il faut accuser,  mais  le Chef de l’Etat lui-même parce qu’il a refusé d’écouter les Conseillers,  parce qu’il les a nommés pour orner la galerie. De la même manière, il ne faut pas penser que la Cour Constitutionnelle est constituée de  personnes qui  n’aiment pas leur pays ou qu’ils ne défendent pas l’intérêt général. Si ces personnes sont mises dans des certaines conditions pour se prononcer de manière indépendante, elles sauront défendre les intérêts nationaux... Nul n’a le monopole du patriotisme. Les membres de cette Cour, ce sont des Centrafricains  qui vivent dans ce pays, dont ils  connaissent les réalités. Ils se prononcent en connaissance de cause. Il faut encore qu’on leur permette de s’exprimer. J’allais dire qu’il y a des démarches qui ne permettent pas à ces hauts magistrats de s’exprimer. Il y a des documents qui peuvent parvenir à la Cour Constitutionnelle, sans que cela ne reflète forcément l’opinion majoritaire des conseillers. Je ne suis pas juriste et je ne suis  pas membre de la Cour Constitutionnelle,  mais je crois que c’est à la majorité des voix que les conseillers prennent des décisions. Et s’il n’y a pas, comme a affirmé le Député Nakombo, la signature de l’ensemble des conseillers, je pense qu’il appartient à la Cour de vérifier,  et nous y arriverons.

  A : M. Le Président, permettez-moi d’insister sur un petit point,  la démarche utilisée par le pouvoir public pour obtenir  la modification de la Constitution.  Est- ce tout cela ne remet pas les élections aux calendes grecques ? N’allons-nous pas ressembler  à la Côte d’Ivoire finalement ?

M.Z : Mais de toute façon, vous connaissez la position du MLPC qui a été exprimée par l’honorable Christophe NDOUBA avec brio et je ne pourrais pas être aussi brillant que lui dans l’exposé de la position du groupe parlementaire MLPC, et vous aurez remarqué que le groupe parlementaire RDC, le groupe parlementaire LONDO, le groupe parlementaire ADP, tous ont  repris dans l’esprit des mêmes positions. Pour nous, cette loi est anticonstitutionnelle pour la simple raison que nul n’a le droit de réviser de cette manière la Constitution,  et c’est déjà l’engagement que je prends si le peuple centrafricain choisit l’alternance, c’est sera la première loi qui sera soumise à l’Assemblée pour être abrogée,  parce qu’elle est anti constitutionnelle et il ne faut pas ouvrir la voie au malheur. Quand vous êtes Président de la République, quand il y a un problème dans le pays, vous ne changez pas le lendemain la Constitution, vous trouvez d’abord une solution politique,  et s’il n’y a pas une solution politique, vous explorez une autre solution. Vous ne commencez par prendre des mesures au niveau constitutionnel pour changer la Constitution. Ces précédents sont extrêmement dangereux. Tout ce qui se fait sous la pression, tout ce qui se fait dans la précipitation est toujours un sujet à caution.  Je suis clair là-dessus.  Donc notre position c’est que nous considérons cette loi  comme anticonstitutionnelle et nous réclamons toujours et plus que jamais d’ailleurs un accord politique pour asseoir la légitimité et confirmer la légitimité du Président de la République, donc il faut régler par un accord politique et nous sommes disposés à le régler entièrement. Nous le pensons et beaucoup de voix l’ont affirmé  avant moi. Le problème de la Constitution de la République Centrafricaine peut être débattu le moment venu,  pas en période électorale.  C’est pour cela-et vous devez le constater - la population centrafricaine est troublée, elle se demande si cette loi là n’est pas un chèque à blanc accordé au Président de la République ? Je vous dirai tout de suite que le risque existe et le risque est grand,  parce qu’aujourd’hui au fait pour un simple prétexte, les élections peuvent être repoussées de jour en jour et d’années en années,  mais il se peut qu’il y ait un ou deux mandats blancs puisque la loi n’a pas visé la limite dans le temps à cette prorogation, que personne n’a fixé le temps dans lequel cette loi  va être appliquée.  C’est bien un chèque en  blanc et c’est notre lecture au sein du Collectif ou au sein de l’Opposition et je suis heureux de constater que la population a également fait la même lecture. Ce qui souligne bien le divorce qu’il y a entre l’opinion centrafricaine et la représentation parlementaire et j’espère qu’elle en tirera les conséquences.

  A : L’opposition et le pouvoir public peuvent-ils encore, tenant compte du climat actuel, sereinement et consensuellement préparer les élections à venir ? Je veux parler des activités  du DDR et de la CEI.  

  M.Z : Vous voulez que je vous dise que je suis inquiet, je suis réellement inquiet. Lorsque je vois l’état d’esprit du pouvoir par rapport aux solutions de sortie de crise, face à cette situation, mais comme il ne faut pas désespérer il faut continuer de croire. Nous avons saisi un Médiateur de la République qui est l’homme de Dieu et qui contrairement aux injures indirectes proférées contre lui par un parlementaire hier à la tribune de l’Assemblée Nationale… Je crois qu’il n’appartient à aucun parti politique qui cherche le bien pour ce pays et qu’il dirige aussi spirituellement. Vous voyez les attaques en direct contre le Médiateur de la République, qui ont pour objectif de  décrédibiliser la démarche de l’opposition qui a saisi Mgr POMODIMO pour arriver à ce débat. Bon Dieu, je ne comprends pas quelqu’un qui est au pouvoir qui a aussi peur de discuter avec ses propres compatriotes. J’ai aussi la faiblesse d’esprit, j’ai un peu étudié la psychologie du comportement lorsque j’étais étudiant. Lorsque j’étais beaucoup plus jeune qu’aujourd’hui et je ne pense pas qu’il y a un problème avec l’autre quand on est au sommet de  l’Etat et on ne peut pas expliquer ce refus systématique de s’ouvrir au débat, il faut qu’on discute pour remettre les pendules à l’heure notamment au sein de la CEI,  pour savoir ce qu’il faut faire, informer les Centrafricains qui détiennent la souveraineté. 

  A : Quelle  est votre appréciation de la nature de notre Assemblée Nationale ?

M.Z : J’ai toujours la même démarche aussi bien lorsque  vous avez demandé mes appréciations par rapport aux conseillers du Président de la République que pour les membres de la Cour Constitutionnelle(…) vous avez parlé de la réaction de la population lorsque cette loi a été amendée, comment ils ont vécu dans leur chair, le renoncement, les trahisons qu’ils sachent distinguer l’homme qui au pouvoir. Comme disait Nelson Mandela (…) lorsque les Centrafricains se souviennent que nous serons appelés à faire un choix, et que c’est ce choix que auront à vivre  pendant les 5 années qui viendront après. Il faut qu’ils se souviennent toujours parce que notre avenir comme Dieu l’a dit : « Nous devons nous aider et qu’il nous aidera ».

 

Propos recueillis par  Albert MBAYA Wandakpando, Directeur Publication de l’AGORA

 

 

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