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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 21:39

 

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L'ENQUETE OUVERTE SUR LA DISPARITION DE MONSIEUR CHARLES MASSI

 

Le Ministère Public a l'honneur d'informer l'opinion nationale et internationale sur les conclusions de l'enquête ouverte aux fins de faire la lumière sur les rumeurs faisant état de la disparition de Monsieur Charles MASSI, Président de la Convention des Patriotes pour la Justice et te Progrès (C.P.J.P) .

Par requête en dénonciation en date du 18 janvier 2010, Maitre Mathias Barthélémy MOROUBA, agissant pour le compte de la Famille MASSI a saisi le Parquet aux fins d'enquêter et d'élucider les circonstances de la disparition de Monsieur Charles MASSI. Il déclare en substance, je cite: « Mes clients m'ont informé de l'arrestation de Monsieur Charles MASSI le 20 décembre 2009 dans la Sous Préfecture de NGAOUNDAYE. Des informations concordantes font étai de ce que ce dernier serait détenu dans la base militaire de BOSSEMBELE. Au cas où une procédure serait ouverte à son encontre, je vous prierai de bien vouloir me situer sur son évolution pour me permettre d'en aviser ». Fin de citation.

Au vu de cette dénonciation alimentée pompeusement par la presse privée locale et internationale, une enquête régulière a été ouverte aux fins de situer l'opinion éprise de justice par rapport à cette information troublante.

La Section des Recherches et Investigations requise à cet effet, s'est transportée à BOSSEMBELE ainsi qu'au camp de Roux où plusieurs personnalités civiles, militaires ainsi que de simples citoyens ont été entendus.

Du côté de la partie civile, en dehors de l'audition de Maitre Mathias Barthélémy MOROUBA, Avocat de la Famille MASSI aucun membre ni proches parents de cette famille ne s'était présenté pour être entendu dans la cause malgré la promesse de leur conseil de faire auditionner un des leurs censé détenir des informations fiables 'sur la disparition de Monsieur Charles MASSI. Toutes les convocations adressées par l'OPJ sont restées vaines.

De tout ce qui précède, J'enquête n'a révélé aucun élément matériel plausible de nature à attester la disparition a fortiori la torture et l'assassinat de Monsieur Charles MASSI, dans les locaux du camp de Roux ou de la prison de BOSSEMBELE.

En tout état de cause et pour la gouverne de l'opinion nous sommes et restons encore dans l'hypothèse de rupture avec le domicile telle que prévue dans les articles 7 ,8 ,9, la ,11 ,12 ,13 ,14 ,15 ,16 ,17 ,18 ,43 ,47 ,48 et 49 du Code de la famille qui répondent à la question de la présomption d'absence, de la déclaration d'absence et de la disparition.

Nous sommes encore dans l'hypothèse d'une présomption d'absence dont la durée maximum est de 10 ans à compter de la décision du tribunal dans le cas où la partie civile a engagée une procédure y relative. Pendant cette période, l'absent est présumé vivant.

 

Pour terminer, le Ministère Public se réserve toujours le droit de reprendre l'enquête en cas de survenance de faits nouveaux.

            Je vous remercie.       

Firmin FINDIRO

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 19:04

 

 

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Par Carine Frenk

Prévues le 13 août 2010, les cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance de la République centrafricaine ont été finalement reportées au 1er décembre, jour de la proclamation de la République centraficaine en 1958. Frappé par de nombreuses crises politico-militaires au cours des cinquante dernières années,  le pays est en proie à d'énormes difficultés économiques.

Enclavée au cœur de l’Afrique centrale, la République centrafricaine est un trait d’union entre la zone sahélo-soudanienne et le Bassin du Congo d’une superficie de 622 980 km2, le pays forme un vaste plateau couvert de savane dont l’altitude varie de 600 à 900m. Depuis Bangui, la capitale, on gagne l’océan Atlantique par voie fluviale jusqu’à Brazzaville puis par chemin de fer jusqu’à Pointe-Noire (Congo), distante de 1 815km. Le pays est peu peuplé (4 422 000 habitants selon les statistiques de la Banque africaine de développement et les Nations unies), avec un taux de croissance annuelle de 2,2% pour 2008. Sa population est concentrée à l’ouest, laissant de vastes zones inhabitées, alors que près de 43% des Centrafricains vivent en milieu urbain, concentrés surtout à Bangui (620 000 habitants). Le groupe Banda et Gbaya-Mandja, au nord et à l’ouest, forme plus de la moitié de la population tandis que les Yakoma et les Sango, les «gens du fleuve», ont longtemps dominé une vie politique et économique marquée par l’influence française.

 

La colonie française de l’Oubangui-Chari est créée en 1903. Intégrée en 1910 à l’Afrique équatoriale française (AEF), elle est utilisée comme réservoir de main-d’œuvre. Travail forcé pour la cueillette du caoutchouc ou la construction du Congo-Océan, portage, épidémies, enrôlement dans les troupes coloniales, font périr la moitié de sa population entre 1890 et 1940.

Créée en 1958, la République centrafricaine a pour figure emblématique Barthélemy Boganda, mort dans un accident d’avion en 1959. Son successeur, David Dacko, proclame l’indépendance le 13 août 1960.

 

Le lieutenant-colonel Jean-Bedel Bokassa s’empare du pouvoir le 31 décembre 1965 : président à vie, puis maréchal, il fait de la République un empire en 1977 et organise un sacre très médiatisé. Il est déposé en septembre 1979 lors de l’opération «Barracuda» menée par un contingent français

Remis en selle, David Dacko est élu en mars 1981, puis renversé en septembre par le général André Kolingba. En 1992, celui-ci est contraint d’accepter le multipartisme. Le 19 septembre 1993, Ange-Félix Patassé est élu au terme d’un processus électoral pluraliste, puis réélu en 1999 au premier tour d’un scrutin contesté.

Entre temps, le président Ange-Félix Patassé a essuyé trois mutineries entre 1996 et 1997. Les Accords de Bangui, en 1997, portent création d’une mission interafricaine de paix, remplacée en 1998 par une mission des Nations unies en République centrafricaine (MINURCA), réduite en 2000 à un bureau des Nations unies en Centrafrique (BONUCA).

La restructuration des forces armées (2 250 hommes) s’engage, mais plusieurs tentatives de putsch ont lieu en 2001, qu'Ange-Félix Patassé déjoue dans le sang avec l’aide des troupes libyennes et du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

Dans les jours qui suivent le coup d’Etat réussi de François Bozizé (15 mars 2003), l’envoi de 300 militaires français, aux côtés des forces de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), déployées depuis 2002, marque le retour de la France, quatre ans après la fermeture totale de ses bases.

Après une période de transition où le leader de l’opposition parlementaire, Abel Goumba (qui dirige le Front patriotique pour le progrès - FPP) devient chef de gouvernement, puis vice-président, avant d’être écarté, François Bozizé légitime sa prise de pouvoir à l’occasion de l'élection présidentielle qu’il remporte en mai 2005 avec 64,6% des voix. La coalition rassemblée pour le soutenir conquiert 42 sièges (sur 105) à l’Assemblée nationale.

Quelques mois après l’élection du président Bozizé, de nouveaux groupes rebelles voient le jour dans le Nord du pays. Dans le quart nord-ouest, l’APRD (l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie). Dans le quart nord-est, l’UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement). Birao, dans l’extrême est du pays, aux confins du Tchad et du Soudan est attaquée à reprises.

A deux reprises, l'armée française intervient pour stopper l’avancée rebelle.

Dans un rapport de 2007, l’organisation Human Rights Watch accuse les Forces armées centrafricaines d'avoir tué depuis mi-2005 des centaines de civils, incendié plus de 10 000 maisons et provoqué un exode massif dans le nord du pays, également en proie aux rebelles et aux coupeurs de route. Selon l’ONU, 200 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays (la plupart sont des villageois contraints de quitter les villages pour vivre en brousse, dans leur champ, sans eau, sans soin, sans école), 50 000 sont réfugiées dans les pays voisins, notamment au Tchad et au Cameroun.

 

Après plusieurs accords de cessez-le-feu séparés, est signé en juin 2008, à Libreville, un accord de paix global ente le gouvernement, les rebelles de l'APRD et de l'UFDR. Un autre groupe rebelle, le FDPC d’Abdoulaye Miskine, l’ancien bras armé d’Ange-Félix Patassé, refuse d’apposer sa signature sur le document. Cet accord ouvre la voie à l’ouverture en décembre 2008 à Bangui du dialogue politique inclusif. Pour l’occasion, l’ancien président Patassé rentre du Togo où il vivait en exil depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003. Tous les groupes politico-militaires et les partis d’opposition participent à ce forum de la paix. Mais au-delà de la réaffirmation de quelques grands principes, ce rendez-vous n’aboutit à rien de très concret (voir le compte-rendu). Le programme  de démobilisation, désarmement et réinsertion  (DDR) des ex-rebelles prend du retard.

Dans ce contexte, un nouveau groupe rebelle apparaît, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) dans la zone de Ndélé, dans le nord-est du pays. C’est Charles Massi, un ancien ministre du président François Bozizé, qui prend la tête du mouvement. Depuis la fin décembre 2009, il est porté disparu. Denise Massi, son épouse, affirme que Charles Massi a été torturé à mort par les autorités centrafricaines. Son mouvement, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), qui a attaqué Birao en juillet dernier, exige une preuve de vie de Bangui. Charles Massi aurait été arrêté en fin d’année dernière par des militaires tchadiens, avant d’être transféré en Centrafrique, ce que dément le président François Bozizé.

Autre difficulté, le sud-est du pays subit les attaques de la Lord Resistance Army (Armée de résistance du Seigneur). Les rebelles ougandais de la LRA sont présents sur le territoire centrafricain depuis 2008. Leurs multiples incursions dans les villages de ces régions ont causé la mort d'au moins 200 personnes et fait plusieurs milliers de déplacés. La LRA est particulièrement active dans depuis le mois de février 2010. Devant les fréquentes attaques des rebelles de la LRA contre les régions du sud-est de la Centrafrique, les autorités locales ont appelé en avril les civils à s'organiser en milices d'autodéfense.

L'armée ougandaise intervient depuis juin 2009, dans le sud-est centrafricain pour traquer les rebelles de la LRA, avec l'autorisation de Bangui.

L’année 2010 devait être une année électorale avec une présidentielle et des législatives très attendues. Fixées tout d’abord au 25 avril, les élections ont été repoussées au 16 mai, ce qui n’a pas suffi à rassurer les opposants qui dénonçaient l’absence de garanties d’un scrutin transparent et libre. Après avoir fait modifier la constitution pour prolonger son mandat qui a expiré le 11 juin, le chef de l’Etat accède à la demande de ses détracteurs. Les élections se dérouleront le 23 janvier 2011, ainsi en a décidé le chef de l’Etat centrafricain.

Une économie ravagée

Pillages et insécurité ont ruiné l’économie du pays, qui ne manque pourtant pas d’atouts. Dans le secteur primaire, les quatre activités traditionnellement créatrices de richesse que sont le diamant, le bois, le coton et l’élevage (au Nord), sont sinistrées du fait de l’insécurité et de la mauvaise gouvernance. Or ce secteur contribue à 55% du PIB et environ 90% des exportations. La production de coton, qui a atteint 2 000 tonnes en 2008, a été divisée par six depuis 2005. Le bois industriel et le diamant, principales sources d’exportation, alimentent un trafic dont l’Etat n’est pas bénéficiaire. Avec un Revenu national brut (RNB) de 410 dollars par habitant (2008), le service de l’importante dette extérieure  représentait 48,7% (2008) des ressources budgétaires du pays. Seuls les dons ponctuels des partenaires traditionnels permettent au pays de survivre, alors que l’Etat s’est montré longtemps incapable de payer ses fonctionnaires. Ballon d’oxygène pour le pays, en juillet 2009, la Centrafrique a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en faveur des pays pauvres très endettés. Le FMI et la Banque mondiale approuvent un allégement de la dette multilatérale

Aujourd’hui, la Centrafrique est le quatrième pays le plus pauvre du monde selon l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). C’est le dixième pays au monde le plus infecté par le virus du Sida (le premier en Afrique centrale). En 2008, l’espérance de vie était estimée à 47 ans.

Source :Les 100 clés de l'Afrique.  Philippe Leymarie et Thierry Perret. Co-édition Hachette Littératures/RFI. 2006.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20100812-republique-centrafricaine-cinquante-ans-independance

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 18:44

 

 

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Abbé Joseph-Marie Ngoui-Akandji : «Nous n'avons pas eu le temps de nous attacher au développement».

Michel Adama Tamboux «Il faut faire prendre à cette indépendance, une autre physionomie»

 

Par Carine Frenk

 

L'abbé Joseph-Marie Ngoui-Akandji, 82 ans, fut l'élève puis le compagnon de Barthélémy Boganda, premier président de la république centrafricaine de même que Michel Adama Tamboux qui fut aussi le premier président de l'Assemblée nationale centrafricaine. C'est à leurs souvenirs que RFI fait appel à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de leur pays.

 

RFI : Où étiez-vous lors de la proclamation de l'indépendance ?

 

Abbé Joseph-Marie Ngoui-Akandji : Le 13 août 1960, j’étais à Bangui, au palais de la Renaissance. C’est là qu’il y avait les deux drapeaux. Le mât du drapeau français et le mât du drapeau centrafricain. À un moment donné quand l’ordre a été donné, le signal a été donné, le drapeau français descendait. Ensuite en même temps, le drapeau centrafricain montait, c’est ça qui me restait dans la tête. C’est dire que la France descend et la Centrafrique monte. C’était ça l’image et dans la foule, j’ai vu des gens qui pleuraient. Ce qui a fait plaisir, c’est que dans ce pays, on n’a pas vu l’indépendance dans le bain de sang. Ca se passait dans l’amitié, dans la joie. C’était une passation de service plutôt qu’une lutte pour avoir l’indépendance, et ça m’a plu. Et c’est ce que voulait aussi Barthélemy Boganda, le fondateur de ce pays.

 

RFI : Qu’est-ce que vous gagnez avec cette montée du drapeau centrafricain à ce moment-là ?


J-M. NA : La liberté. Quand on dit « colonisation », il y a en-dessous, la domination. C’est-à-dire, il y avait certaines actions, certaines manières, certains comportements. Quand on parle, par exemple, la chicote…Chicoter les gens. Mais c’était fort ! Souvent quand on chicotait, ça laisse des traces ! La blessure ! Les gens travaillaient dur. Du matin jusqu’au soir, il étaient exploités. Et c’était vraiment terrible pour les gens. Même chose quand on exigeait l’impôt, surtout quand tu ne payais pas, on chicotait. C’était l’image du colon. Je crois que c’était aussi cette image-là qu’on voulait peut-être éliminer aussi. Je pense quand on parle d’indépendance, les gens qui souffraient beaucoup pensaient tout de suite à çà, la libération de ces travaux forcés. Quand Boganda lui-même voulait parler, quand il était député à l’Assemblée nationale de France, au palais Bourbon, il n’a pas manqué de souligner cela, quand il parlait aux députés français qu’il souhaitait que la chicote puisse vraiment s’en aller. Il en parlait, hein !

 

RFI : Ce que vous avez gagné c’est cette liberté ?


J-M. NA : La liberté. Mais cette liberté… est-ce que nous l’avons… Est-ce qu’on l’utilise bien ? C’est ça. Parce que ce n’était pas tout. Parce qu’après… après il fallait travailler pour se hisser à la hauteur de pays développé.

 

RFI : La mort de Barthélemy Boganda, c’est un drame pour ce pays ?


J-M. NA : Un grand drame, un grand drame ! Parce qu’il avait de très belles idées. Il voulait que le peuple centrafricain puisse se développer en travaillant. C’était la devise du MESAN : unité, dignité, travail. Alors, c’est ce travail…. Nous sommes en retard sur les autres. Il faut le dire. Pour dignité, ça manque beaucoup. Je crois que l’on peut le [Barthélemy Boganda. NDLR] considérer comme le grand leader, celui qui a poussé, qui a poussé. Il parcourait le pays, il haranguait. C’était vraiment un philosophe en même temps ! Un orateur éloquent qui savait soulever le peuple pour le bien… pour le bien…

 

RFI : On dit souvent en République centrafricaine que l’histoire de la Centrafrique depuis cet accident de Barthélemy Boganda a pris un mauvais départ.


J-M. NA :  Mauvais départ, oui. Nous regrettons. Le peuple regrette beaucoup la mort de Boganda. Pourquoi ? Parce qu’il n’avait pas encore achevé son œuvre, ce qu’il voulait. Il avait beaucoup de belles idées. C’est-à-dire, nous avons vraiment perdu la tête… Tout ce qu’il avait dans la tête pour ce pays. Les successeurs n’ont pas eu la même conception pour le développement de ce pays. Si Boganda avait survécu, on ne serait pas là. Peut-être que Bokassa non plus. Le pays se serait développé autrement, dans la paix, dans l’unité puisque lui, il aimait l’unité. Il avait une autre vision.

 

RFI : Et cette vision s’est brisée ?


J-M. NA : Ca s’est brisé parce que ceux qui sont venus après n’ont pas eu la même philosophie. Il y a eu des divisions et finalement, vous avez vu comment on a terminé après David Dacko, Jean-Bédel Bokassa, etc jusqu’à changer le nom de République pour devenir Empire. Ce n’était pas ça l’idéal de Boganda !

 

RFI : Et aujourd’hui alors, 50 ans après ?


J-M. NA : Je crois que la faiblesse de ces pays, ce sont les coups d’État, les mutineries répétées. Parce que nous sommes vraiment en retard !

 

 

11/08/2010 - Anniversaire des indépendances

 

Les dates clé de la République centrafricaine

 

RFI : Qu’est-ce qu’on a fait de ces 50 ans ?


J-M. NA : Ah oui (rires).. On aurait pu faire plus si on avait eu la paix, malheureusement, il y a eu beaucoup de petites querelles intestines. Ensuite, surtout les mutineries qui ont affaibli ce pays. Si vous parcourez l’Afrique, si vous allez à Brazzaville, à Yaoundé, à Libreville, vous revenez à Bangui, vous allez dire que nous sommes un peu en retard, même trop en retard. Je suis comme vous ! Je suis l’un des plus vieux de ce pays, mais moi aussi, personnellement j’ai honte. Quand je vais à Brazzaville, Libreville, Yaoundé et que je reviens à Bangui… j’ai honte ! Je vois que mon pays, ma ville, ma ville natale, Bangui-la-Coquette n’est pas vraiment la Coquette ! Les infrastructures routières manquent et puis le commerce, et tout le reste, les écoles, les hôpitaux, tout cela ! On peut dire que nous sommes en retard. Il ne faut pas avoir honte de le dire, madame !

 

RFI : Les gens meurent…


J-M. NA : Beaucoup, madame, beaucoup meurent ! Beaucoup. Beaucoup. Je préfère dire la vérité. Soyons objectifs ! «C’est la vérité qui nous rend libres» dit l’Evangile. Nous sommes en retard. Beaucoup de gens meurent parce que nous n’avons pas eu le temps de nous attacher au développement. On a fait que lutter, lutter, avec des armes. Et toutes les armes ne sont pas encore ramassées. Il y a des armes, plein, plein dans la brousse ! Il y en a encore qui ont des armes dans leurs maisons en brousse. C’est ce qui permet aux braqueurs d’arrêter les voyageurs, les coupeurs de route ! Tout cela n’est pas flatteur. Ce n’est pas gai. Et je me demande qu’est-ce que nous fêtons pour les 50 ans. Nous avons encore beaucoup à faire.

TRESORS DES ARCHIVES SONORES

 

20 octobre 1958 : Barthélémy Boganda, président de la République centrafricaine explique sa vision sur l'union des territoires ex-colonisés dans un ensemble régional et l'Afrique latine, future organisation de l'Afrique francophone. Cliquez sur l'image pour retrouver l'extrait dans "Trésors des archives sonores".


RFI : Barthélemy Boganda a proclamé la République centrafricaine le 1er décembre 1958 mais il meurt dans un accident d'avion en 1959. Il n'est donc pas là le 13 août 1960, jour de l'indépendance. Pourtant, pour les Centrafricains, c'est lui, le père de la nation, le père de l'indépendance.


Michel Adama Tamboux : C’est bien Barthélemy Boganda qui reste le père de cette indépendance et le président fondateur de notre pays. Boganda, avec le MESAN qu’il a créé en 1950 a mené une lutte pacifique pour cette indépendance en communion d’idée avec la France. Il vivait avec l’idée de faire sortir ce pays de la misère. Il insistait beaucoup sur la dignité de l’homme noir. La dignité c’est le mot clé de notre hymne national. Boganda était celui-là.

RFI : Sa mort, c’est comme une boussole qui s’est brisée ?


M.AT. : Boganda a disparu brutalement dans cet accident d’avion du 29 mars 1959. Il est parti très tôt. Tout l’espoir se trouve brisé, c’est comme une boussole, un phare ! Tout est brisé. Tout est disparu.

 

RFI : C’est la théorie du mauvais départ en Centrafrique ?


M.AT. : Si Boganda n’était pas mort, on n’en serait sans doute pas là aujourd’hui où nous sommes. Est-ce un simple accident d’avion ou un attentat ? On n’en saura jamais rien. C’est comme un mystère. Et Barthélemy Boganda reste pour nous un mythe. Le mythe est que Boganda n’est pas mort et reviendra.

 

RFI : Ensuite c’est David Dacko, son successeur, qui a proclamé l’indépendance. Qu’est-ce que le mot « indépendance » signifiait pour vous, Centrafricains ?


M. AT : C’était un moment de liesse, de grande joie. Merci à la France de nous avoir donné, de nous avoir accordé notre indépendance.

RFI : Quelle image gardez-vous de ce jour ?


M. AT : C’est un moment de liesse. Je dirais tout simplement qu’il restait gravé dans ma mémoire.

 

RFI : Que gagnait la Centrafrique dans cette indépendance ?


M. AT : Une liberté que je n’arriverai pas à qualifier jusqu’à présent, nouvelle ? La fin des corvées, la fin de la chicote… Le commencement de la dignité de l’homme noir, etc … dans tous les esprits centrafricains.

 

RFI : Une émancipation ? Une libération ?


M. AT : Une libération de tous ces mots-là. Etre libérés, ne plus avoir de chicote. Il n’y aura plus de travail forcé. L’homme noir va commencer à être respecté. Voilà ce que cela signifiait dans la tête du Centrafricain de l’époque.

 

RFI : Cinquante ans après, qu’est-ce qui reste de cet optimisme ?


M. AT : Aujourd’hui, la situation paraît insoutenable aux Centrafricains. Ils ne mangent pas à leur faim. Ils ne peuvent pas payer les fournitures pour l’école à leurs enfants. Les soins médicaux, ils ne peuvent pas les assurer comme il faut. Les pharmacies, les produits pharmaceutiques sont très chers. C’est ça le changement, qui risque de décourager le Centrafricain.

 

RFI : L’espérance de vie est tombée à moins de 40 ans ?


M. AT : Il faut redoubler d’efforts. On peut réussir. Il faut faire prendre à cette indépendance une autre physionomie qui corresponde à la vie, à la nature du Centrafricain.

 

RFI : Qu’a fait la Centrafrique de son indépendance ?


M. AT : Si l’on regarde en arrière, on voit ce que les Centrafricains ont vu, que le monde entier a vu, de Bokassa, les élucubrations, le couronnement de l’empereur et les manifestations des enfants qui ont perdu la vie pour le maintien du pouvoir que l’on sait. Et je le disais, les batailles, les querelles militaro-politiques. Il y a eu également beaucoup de gaspillage qui aurait pu servir pour faire pour l’émancipation de ce pays. Il y a eu des coups d’Etat, des mutineries militaires… qui ont fait des morts aussi ! Tout ça est à déplorer. Les malheurs, les pleurs, tout… Mais tout ça, on peut le rattraper.

 

RFI : Vous posez-vous la question «Pourquoi en est-on là aujourd’hui» ?


M. AT : Oui. On a tout pour être heureux dans notre pays. Le hic c’est que l’on n’a pas mis à profit toutes ces richesses pour le développement et l’épanouissement du pays dans l’intérêt du peuple centrafricain. Comment y arriver ? Il faut trouver la solution. Il faut que chacun y mette du sien.

 

RFI : Pour vous ce cinquantenaire est placé sous le signe de la recontruction ?


M. AT : La réflexion générale… Passer au peigne fin tout ce qui ne va pas. Trouver des idées nouvelles, repartir à zéro pour reconstruire notre pays sur une base solide avec une forte volonté politique. On peut réussir.



Source : http://www.rfi.fr/afrique/20100812-abbe-joseph-marie-ngoui-akandji-nous-avons-pas-eu-le-temps-nous-attacher-developpem

 

Chronologie RCA

1903 : L’Oubangui-Chari devient une colonie française qui est intégrée en 1910 à l’Afrique Equatoriale Française. De tous les territoires de l’Empire colonial français, l’Oubangui-Chari fut probablement celui qui connut la colonisation la plus brutale. Ce qui provoqua en 1928-1931, la révolte des Gbayas contre le recrutement forcé lors de la construction du chemin de fer Congo-Océan.

1949 : Barthélémy Boganda crée son propre parti, le Mouvement pour l’Evolution Sociale de l’Afrique Noire (MESAN). Incarcéré en 1951 pendant deux mois et demi pour avoir organisé une action de protestation après l'assassinat d'un chef  de village, il remporte les législatives et devient député au palais Bourbon où il dénonce « la chicotte et les travaux forcés ». Puis devient  en 1957 président du grand Conseil de l'AEF.

1958 : Le 1er décembre, Barthélemy Boganda proclame la naissance de la République centrafricaine. En février 1959, l'Assemblée Territoriale adopte une constitution démocratique. Mais le 29 mars Barthélemy Boganda est tué dans un crash d'avion. Il reste pour les centrafricain, le père de l’Indépendance. David Dacko devient président. C’est lui qui proclame l’indépendance le 13 août 1960. Il fera du MESAN, le parti unique du pays et se fera élire en 1964 avec 99,99% de vote, alors qu’il est candidat unique de l’élection.

 

1965 : 31 décembre, David Dacko fête la Saint-Sylvestre chez son ami le député Samba, à 17 km de Bangui. A 3H20 du matin, l'armée prend le contrôle de tous les points stratégiques de la capitale. Sur les ondes de la radio nationale, le colonel Jean-Bedel Bokassa se déclare président de la République centrafricaine. Commencent alors les grands chantiers mais aussi la folie des grandeurs qui atteindra son paroxysme le 4 décembre 1977 avec le couronnement : président à vie, Maréchal, Jean-Bedel Bokassa est sacré empereur de Centrafrique.

 

1979 : Jean-Bedel Bokossa décide d'imposer le port de l'uniforme à l'école alors que les fonctionnaires ne sont plus payer depuis 3 mois)) les élèves et étudiants se révoltent. La répression est sanglante. la chute de l'empire est annoncée.

 

En septembre, la France organise l'opération Barracuda à l'issue de laquelle l'empereur Bokassa Ier est renversé. L'ancien président David Dacko est rétabli, la République centrafricaine est proclamée.

Par contumace, Jean-Bedel Bokassa sera condamné à mort en 1980. Cela ne l’empêchera pas de revenir en RCA le 24 octobre 1986. Un deuxième procès s’ouvre en 1987 : Jean-Bedel Bokassa est condamné à mort mais sa peine est commuée en détention à perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion. Le président Kolingba, le 1er aout 1993, amnistie Bokassa. Jean-Bedel Bokassa est libéré. 3 novembre 1996 : Décès de Jean-Bedel Bokassa.

1981: Le 1er septembre,  David Dacko est renversé par le général André Kolingba qui instaure un Comité militaire de redressement national (CMRN). Les partis sont interdits. En 1982, tentative de coup d'Etat d'Ange-Félix Patassé et de François Bozizé. C’est le fameux « coup d’Etat radiophonique ». Ange Felix Patassé se réfugie à bicyclette à l’ambassade de France déguisée en religieuse. Quant à François Bozizé, réfugié à Cotonou, il sera extradé puis emprisonné à Bangui. Acquitté, il ne sera libéré qu’en décembre 1991.

1985 : Après avoir instauré le multipartisme, le général André Kolingba est bien obligé de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 1985. Ange-Félix Patassé devient président de Centrafrique.

Il fait face en 1996-1997 à 3 mutineries d'une partie de l'armée, ce qui désorganise la vie politique, économique et sociale. Ces mutineries sont déclenchées suite au non paiement des arriérés de salaires. Une série de grèves paralyse le pays. En 1999, Ange-Félix Patassé est réélu. Son parti le MLPC remporte les législatives lors d'un scrutin contesté. De novembre à avril 2001, les fonctionnaires qui cumulent les arriérés de salaires (jusqu’à 36 mois à la fin des années Patassé !) sont en grève.

 

Le 28 mai 2001, une tentative de coup d'Etat échoue. Sur RFI, l’ancien président André Kolingba revendique le putsch depuis l’Ouganda où il vit en exil. La répression s’abat sur les Yakoma, l’ethnie d’André Kolingba. En octobre 2001, c’est François Bozizé, qui était alors le chef d’Etat major du président Patassé qui est accusé de tentative de coup d'Etat. Il se réfugie au Tchad où il monte sa rébellion.  Le 25 octobre, les hommes du général Bozizé arrivent aux portes de Bangui. Ange-Felix Patassé fait appel aux combattants congolais de Jean-Pierre Bemba qui entament la reconquête du pays et se rendent coupables d’exactions sur la population civile.

 

 2003 : 15 mars : Coup d'Etat du général François Bozizé qui s'autoproclame président de la République. Ange Falix Patassé le président déchu se réfugie au Cameroun puis au Togo. C’est la liesse à Bangui. L’opposant Abel Goumba devient premier ministre du gouvernement de transition. En Septembre et en Octobre, le dialogue national est organisé à Bangui en l’absence d’Ange Felix Patassé. André Kolingba et le MLPC, le parti d'Ange-Félix Patassé demandent "pardon au peuple centrafricain" pour les crimes commis sous leurs mandats. L’ancien président David Dacko demande lui aussi pardon. Il se réconcilie avec son rival de toujours, Abel Goumba.

 

2005 : En janvier 2005, le procureur de la Cour Pénale Internationale annonce qu’il est saisi par la République Centrafricaine d’une enquête pour les graves crimes commis sur son territoire par les partisans de Patassé (le congolais Jean-Pierre Bemba est actuellement détenu à la CPI sur ces charges).

 

Le Général François Bozizé est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle avec 64,6% des voix. Mais quelques mois après, de nouveaux groupes rebelles se forment. D’abord dans le quart Nord-Ouest avec les premières attaquent de l’APRD (l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) puis, en 2006, dans le quart Nord-Est, avec l’UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement) qui attaquent à deux reprises la ville de Birao. L'armée française intervient à deux reprises (en novembre 2006 et mars 2007) pour suppléer à des forces armées locales totalement. L’organisation Human Rights Watch publie un rapport accablant pour le régime, sur les exactions des FACA, les forces armées centrafricaines, accusant l’armée d'avoir tué depuis mi-2005 des centaines de civils, incendié plus de 10.000 maisons et provoqué un exode massif dans le nord du pays, également en proie aux rebelles et aux "coupeurs de route".

 

2008 : En juin 2008, à Libreville, signature d'un accord de paix global ente le gouvernement, les rebelles de l'APRD et de l'UFDR. Un autre groupe rebelle, le FDPC d’Abdoulaye Miskine qui avait pourtant signé un accord de cessez le feu, refuse d’apposer sa signature sur le document. En septembre, une amnistie est décrétée pour les crimes depuis 1999. En décembre à Bangui, se tient le dialogue politique en présence de l’ancien président Patassé rentré d’exil pour l’occasion. Tous les groupes politico-militaires et les partis d’opposition participent à ce forum de la paix.  Alors que le programme de désarmement des ex-rebelles prend du retard, un nouveau groupe rebelle apparaît, la CPJP dans la zone de Ndélé, dans le Nord-est du pays.

Les élections présidentielle et législatives qui devaient se dérouler en avril puis en mai 2010, sont fixée au 23 janvier 2011 par le chef de l’Etat.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 18:31

 

 

Bozize KNK

 

Radio Ndéké Luka Vendredi, 13 Août 2010 16:59

Le bilan du régime Bozizé peut être qualifié de positif, même s’il y’a encore beaucoup de réalisations à finaliser ou à mettre en place. Seulement, ajoute le chef de l’Etat centrafricain, « la population doit se mettre davantage au travail, sur le chemin du développement ».

C’est la substance du message que le Chef de l’Etat Centrafricain a adressé à la nation, à l’occasion de la célébration vendredi 13 août, du cinquantenaire de l’indépendance de la RCA.

Selon François Bozizé, l’électricité, l’eau, et l’éducation, la santé et les produits pétroliers sont quelques volets considérés comme prioritaires par son gouvernement.

Il a ajouté que son régime a tenté d’apporter des aménagements ou des créations. Mais tous ces domaines, poursuit-il, ne peuvent contribuer au bien être de la population que si quelque part, cette population reçoit le fruit du travail accompli.

Evoquant la construction d’un Etat de droit, François Bozizé a déclaré qu’elle « repose sur une Justice libre et indépendante et le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour réussir cette mission ».

Le Chef de l’Etat centrafricain a déploré qu’au lieu de se mettre au travail après l’indépendance comme dans les autres pays, « les Centrafricains s’enlisent dans la recherche du pouvoir et bloquent ainsi la machine de l’Etat ».

François Bozizé a en conséquence invité tous les Centrafricains à un sens élevé du patriotisme au regard des prochaines échéances électorales.

Il conclut son message en rappelant que le développement de la RCA pour les 50 prochaines années est désormais entre les mains des centrafricains eux-mêmes.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 18:29

 

 

Carte-Centrafrique-Generale-

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 11 Août 2010 14:30

 

Un prisonnier a été tué mardi 10 août 2010, à Baoro, ville située à 65 kilomètres de Bouar (ouest de Centrafrique), suite à un tir de sommation sur 15 prisonniers évadés composés de braqueurs, coupeurs de routes et criminels.

Selon les autorités judiciaires de la localité interrogées par Radio Ndeke Luka, l’incident a eu lieu au moment de la distribution de la ration alimentaire.15 prisonniers sur les 35 pensionnaires de la prison ont voulu profiter de l’occasion, pour tenter de s’évader.

La population de la ville, informée de l’incident, dénonce la lenteur des procédures judiciaires, qui sont selon elle la cause de l’évasion, la maison carcérale ne répondant pas aux normes recommandées par les organisations des droits de l’homme.

Signalons que l’évasion des prisonniers dans cette localité est devenue monnaie courante, faute d’infrastructures carcérales appropriées.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 18:26

 

 

Saragba F

 

L’accord portant adoption du chronogramme révisé ,relatif au processus électoral de 2010 et signé par les différentes entités politiques est un accord scandaleux, abject et irresponsable.

On a beau être pour l’organisation au plus tôt de ces élections, il n’en demeure pas moins que l’on ne peut accepter tout et n’importe quoi.  Une sorte de déclaration amicale pompeusement affublée du qualificatif « accord » . En somme , un véritable pacte contre nature  que l’on peut sans forfaiture qualifié d’hérésie politique. Un accord pourtant déterminant sur lequel nos compatriotes et la communauté internationale à travers l’union Européenne attendaient beaucoup en retour. Malheuresement cet accord qui devrait être salvateur est adopté à minima, dans sa plus simple expression . Celui-ci n’est assorti d’aucune véritable garantie, voir d’aucun garde fou. La Volonté coûte que coûte de bénéficier rapidement  du financement de l’union européenne a aveuglé nos signataires de l’opposition démocratique. Ceux-ci ont finalement après avoir réillégitimer en acceptant sans condition la prorogation du mandat d’un président qui n’a pas su organiser les élections dans un délai légal, voilà que toute cette opposition démocratique dans son ensenble vient à présent de le consacrer. Désormais , le régime en place à les mains libres avec la complicité de l’opposition démocratique pour utiliser à volonté l’argent du financement de l’union européenne et en même temps la liberté d’organiser comme bon lui semble ces élections. Quid des questions qui fâchent. Qui va gérer cette manne financière ? Comment va être gérer cet argent ? En cas de mauvaise gestion  comment faire ? qu’en est-il du gouvernement de consensus ? Appartient-il à ce même gouvernement d’organiser ces élections ? Qui veillera et controlera le compte de campagne des différents candidats ? Peut-on utiliser les véhicules et autres biens de l’état pour battre campagne ? etc…  

L’accord sur le chronogramme fait planer le spectre d’autres accords qui étaient bafoués par le régime et des recommandations du dialogue politique encore  non appliquées.

Il ne fait aucun doute que l’accord sur le chronogramme fait planer le spectre des recommandations du dialogue politique inclusif encore  non appliquées, des accords combien de fois signés et maintes fois bafoués , des promeses jamais tenues par le général-président dont on sait par  expérience depuis le 15 mars 2003 qu’il n’est pas homme à tenir parole. Pourquoi, l’opposition démocratique a-t-elle refait pour la ènième fois preuve d’amnésie en faisant intégralement  confiance aux promesses du général-président ?

Pour une fois encore ,  après le coup foireux du dialogue politique inclusif , cet accord permet au général président Bozizé de demeurer le seul maitre à bord de la maison centrafricaine. Pourtant l’union européenne avait donné le ton à travers ses conditionnalités. Hélas ! elle ne peut pas tout faire en lieu et place de l’opposition démocratique. Mais que fait alors l’opposition démocratique ? A quoi joue t’elle ? Au nom de quoi et de quel principe donne t’elle encore un blanc seing au général Bozizé ?  Hier, les mêmes acteurs de l’opposition démocratique qui ont lamentablement échoué lors du dialogue politique inclusif pour ne pas avoir su se prémunir d’un certain nombre de garantie commettent aujourd’hui les mêmes erreurs. A ce jour et à regret d’ailleurs, on constate que seulement 30% des recommandations du dialogue politique inclusif ont été appliquées . D’une manière incompréhensible, cette classe politique de l’opposition ne dit rien à moins qu’elle se contente de si peu afin d’accompagner main dans la main le général dans sa quête forcée pour un nouveau mandat en 2011.

Le régime illégitime du général Bozizé a imposé finalement sa volonté comme lors du dialogue politique inclusif

Le conclave politique tant réclamé initialement par toute l’opposition démocratique et tant attendu par les centrafricains afin d’aboutir à un protocole d’accord politique avec tout ce que cela comporte en terme d’engagement , de garantie , de suivi, de sanction immédiate mais aussi de rigueur  n’a finalement pas eu lieu. Il a accouché seulement et seulement d’un mini accord. Toute l’opposition démocratique n’a-t-elle pas  manquer d’audace et d’imagination à ce moment-là ? N’a-t-elle pas fait preuve d’un  manque de sens poltique ? d’autant plus que l’union européenne a conditionné son appui d’un montant d’environ 4,3 milliards de Fcfa au processus électoral à la conclusion d’un véritable accord global susceptible de garantir la tenue d’élections libres ,transparentes et crédibles.

D’ailleurs, la déclaration du porte parole du gouvernement , publié le 11 août 2010 dans le numéro n°3433 du journal le citoyen est révélateur et sans équivoque : « …Donc, tout le monde tournait autour d’un accord politique. Nous ne sommes pas venus ici pour un accord politique , mais pour approuver un chronogramme avisé et nous avons remis la pendule à l’heure et nos compatriotes, ceux de l’opposition démocratique, de l’opposition armée et la société civile et les autres partis ont compris… »  Voilà qui est clair.

Un chronogramme arrêté à la légère qui sucite néanmoins quelques légitimes intérrogations

Le chronogramme arrêté à la légère suscite néanmoins de notre part quelques légitimes intérrogations. L’on peut s’intérroger sur les différentes dates relatives au processus électoral qui sont arrêtées au terme de cet accord.

        Ainsi, du 1er au 30 septembre 2010, la commission électorale indépendante procédera au recensement des électeurs. Nous sommes déjà à mi août. Cela veut dire concrètement qu’il va falloir dans deux semaines pacifier tout le territoire en mettant fin entre autres et surtout aux assassinats de la LRA , régler et boucler le programme DDR. Il faudrait donner des gages de garanties, de confiance à tous les réfugiés afin qu’ils réintègrent leur village respectif.

         Du 19 au 24 décembre 2010 : distribution des Cartes d’électeurs et affichage des listes électorales. C’est dire que la commission électorale indépendante ne dispose finalement que de 5 jours pour distribuer les cartes et afficher les listes sans compter les recours. Il faut savoir que le 24 décembre est un jour où le centrafricain a surtout la tête à préparer le réveillon de noël.

         Jusqu’au 08 novembre 2010 : réception, enregistrement et traitement des dossiers de candidatures.

 A quand la date officielle de la réouverture  des  candidatures ?

         29 décembre 2010 : publication de la liste définitive des candidats

En cas de recours, la commission électorale mixte disposera t’elle assez de temps pour corriger l’erreur ?

                 20 janvier 2011 : vote des militaires

Curieux tout de même que les militaires effectuent leur vote alors que la campagne électorale ne prend fin que le lendemain.

         23 janvier 2011 : premier tour des élections.

Pourquoi le deuxième tour est-il fixé le 20 mars c'est-à-dire deux mois après le premier tour ? Alors que les résultats du premier tour  sont connus à peine deux semaines après.

En définitive, le régime illégitime du général Bozizé et l’opposition démocratique mènent le même combat contre les centrafricains.

Franck SARAGBA

« De l’esprit Fini Kodé »

        

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 15:16

 

 

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Bangui (Xinhua) vendredi 13 août 2010 - Le procureur de la République centrafricaine Firmin Féïndiro a annoncé jeudi n’avoir obtenu aucun élément portant à croire que l’ancien ministre d’Etat Charles Massi aurait trouvé la mort dans une prison centrafricaine.

 

Les résultats d’une "enquête régulière" menée par la Section de Recherches et Investigations (SRI) de la gendarmerie indique qu’" aucun élément matériel plausible de nature à attester la disparition, a fortiori la torture et l’assassinat de M. Charles Massi dans les locaux du camp de Roux ou de la prison de Bossembélé" n’était disponible, selon un communiqué de presse du procureur publié par la radio nationale.

 

"Plusieurs personnalités civiles, militaires ainsi que de simples citoyens ont été entendues", précises le communiqué, qui relève qu’aucun membre ni proche parent de M. Massi ne s’est présenté aux enquêteurs "malgré la promesse de leur conseil de faire auditionner un des leurs censés détenir des informations fiables".

 

"Nous sommes encore dans l’hypothèse d’une présomption d’absence dont la durée est de 10 ans à compter de la décision du tribunal dans le cas où la partie civile a engagé une procédure y relative. Pendant cette période, l’absent est présumé vivant", conclut le procureur, en référence à plusieurs dispositions du Code de la Famille. Il se réserve toutefois "le droit de reprendre l’enquête en cas de survenance de faits nouveaux".

 

Interrogé par Xinhua, l’avocat de la famille Massi, maître Barthélemy Morouba a déclaré que cette enquête "orientée" de la gendarmerie a montré ses limites et donne raison à ceux qui réclament une enquête internationale. Selon lui, deux armées (tchadienne et centrafricaine) sont impliquées dans cette affaire pour laquelle plusieurs personnes mises en cause doivent être entendues. C’est pourquoi "nous demandons une enquête internationale", dit-il.

 

Ministre des Mines avant d’être condamné à mort sous le régime de l’ancien président Ange Félix Patassé (1993-2003), Charles Massi a été ministre d’Etat dans plusieurs gouvernements du président Bozizé, avant d’entrer en rébellion contre ce dernier, prenant la tête, en 2009, du conseil politique de la Convention des patriotes pour la justice (CPJP), groupe armé opérant dans le Nord-est de la République centrafricaine.

 

Il n’a plus donné signe de vie depuis le 18 décembre 2009, ce qui alimente des rumeurs faisant état de son arrestation par l’armée tchadienne et son transfèrement à la prison de Bossembélé (157 km au nord de Bangui), où il aurait succombé à des tortures le 8 janvier 2010.

 

 

 

NDLR : Quel cynisme !

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:14

 

 

Carte-Centrafrique-Generale-

 

Ai- Rca- Jeudi, 12 Août 2010 16:38 - Le Premier ministre Archange Touadera a conféré aujourd'hui avec les ambassadeurs, chefs des missions diplomatiques, consulaires et les représentants des organisations internationales.

En présence des membres de son  gouvernement il s’est appesanti sur  les dernières inondations enregistrées dans la partie Nord de la République centrafricaine, précisément à Bossangoa dans l'Ouham

« Quelques 412 familles dont  1925 personnes sont sans abris dans les villes de Bossangoa et de Nana Boguila situées respectivement à 305 KM  et 489 KM au Nord de Bangui, après des importantes pluies et inondations dans cette partie du pays » a indiqué le chef du gouvernement.

Avant d’apporter des éclairages sur le nombre de sinistrés de la Ville de Bossangoa et de ses environs.  «La Croix Rouge Centrafricaine basée à Bossangoa a dénombré entre le 11 juillet et le 7 août un total de 234 maisons entièrement détruites, 104 maisons partiellement détruites et 76 maisons sérieusement fissurées  faisant au moins 1925 personnes sans abris, hommes, femmes et enfants confondus », a-t-il expliqué, déplorant  le manque criard du strict minimum, notamment des couvertures,  des  bâches  et des vivres.

A l’en croire, depuis le 11 juillet,  il pleut en moyenne un jour sur deux, les pluies durent souvent plusieurs heures. La situation de ces personnes est précaire parce qu'elles ont du  mal à s'abriter et il n'arrête pas de pleuvoir.

« Cette situation de détresse interpelle naturellement le gouvernement qui doit sécuriser ces familles devant cet état d'urgence. Mais en raison des moyens limités  de l'Etat, je me vois obliger au nom du gouvernement de lancer un appel aux bonnes volontés pour qu'elles puissent venir en aide à ces personnes sinistrées » a confié le premier ministre.

« J’en appelle à votre participation  pour nous permettre de sécuriser ces familles qui comprennent plusieurs personnes vulnérables en particulier les femmes, les enfants et les personnes de troisième âge qui sont actuellement sans abris», a-t-il lancé à destination des hommes et des femmes  de bonne volonté.

Il convient de préciser que la Ministre des affaires sociales Bernadette Sayo a été  désignée par le chef du gouvernement  pour coordonner les aides.

Kabongo, Ai Bangui

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:12

 

 

Joseph Kony et un de ses adjoints

 

 

KINSHASA - AFP / 12 août 2010 11h53 6 La rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) a enlevé près de 700 personnes, dont un tiers d'enfants, lors d'attaques en RD Congo et en Centrafrique voisins depuis février 2009, a rapporté jeudi l'ONG Human Rights Watch (HRW).

La LRA "a enlevé au cours des derniers 18 mois au moins 697 adultes et enfants dans le cadre d'une campagne, peu documentée, menée en République centrafricaine et dans le district du Bas-Uélé voisin, dans le nord de la RDC", affirme HRW dans un communiqué reçu par l'AFP.

"Près d'un tiers des personnes enlevées sont des enfants, dont beaucoup sont obligés de servir comme soldats ou sont utilisés comme esclaves sexuels par les combattants du groupe armé", a précisé l'organisation, au terme d'une enquête effectuée du 12 juillet au 11 août 2010 dans les deux pays.

HRW, qui dit avoir interrogé 520 civils "dont 90 anciennes victimes d'enlèvements", affirme en outre que "la LRA a tué brutalement les adultes et les enfants qui tentaient de s'échapper, marchaient trop lentement, ou étaient incapables de supporter les lourdes charges qu'ils étaient contraints de transporter".

Le mode opératoire de la rébellion ougandaise, similaire dans les deux pays, selon l'ONG de défense des droits de l'homme, consiste à attaquer "les villages tôt le matin ou bien en fin de journée, lorsque les habitants sont susceptibles de se trouver chez eux".

"Les combattants de la LRA s'emparent de leurs victimes et les attachent les unes aux autres par la taille, en créant ainsi de longues chaînes humaines. Les enlèvements sont généralement suivis de pillages de nourriture, de vêtements, du sel et autres effets", décrit HRW.

Fin mai, au cours de l'une de leurs dernières incursions en date dans le nord-est de la RDC, les combattants de la LRA ont "attaqué de nombreux villages à proximité d'Ango, la capitale territoriale (du district du Bas-Uélé), enlevant 23 personnes, dont 16 enfants", note HRW.

"Les enfants enlevés sont généralement séparés des adultes et gardés à proximité des commandants de la LRA. Ils sont rarement relâchés. Ils apprennent vite à obéir aux règles" du mouvement rebelle, souligne l'ONG.

Dirigée par Joseph Kony - qui est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité - la LRA est considérée comme l'une des guérillas les plus brutales au monde.

Elle est entrée en activité en 1988 dans le nord de l'Ouganda, avant de s'étendre dans l'extrême nord-est de la RDC en province Orientale depuis une dizaine d'années, puis en 2008 en Centrafrique.

Elle sévit également au Sud-Soudan.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:10

 

 

afrique

 

 

11 août 2010 – Réunis au centre de conférence de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de l'ONU à Addis-Abeba, en Ethiopie, des experts en statistiques ont été appelés à présenter des « recommandations pratiques » pour l'amélioration de l'état civil et des statistiques, véritable enjeu de la mise en œuvre des politiques publiques en Afrique.

« Ces systèmes contribuent à l'efficacité de la gouvernance », a déclaré le ministre éthiopien de la Justice Hailu Berhan qui a appelé les experts à fournir des mesures concrètes lors de la séance préparatoire de la première Conférence des ministres africains chargés de l'Etat civil qui se tiendra du13 au 14 août prochain à Addis-Abeba.

Il a insisté sur la nécessité croissante d'améliorer les systèmes statistiques nationaux. Ces données statistiques sont indispensables pour prendre des décisions et mettre en place des politiques publiques. La Conférence devrait permettre de jeter les bases d'un système d'administration publique moderne en Afrique. Le continent souffre d'un manque de statistiques démographiques et sanitaires et de systèmes de gestion de l'information actualisés, universels et durables.

Un grand nombre d'Africains viennent au monde, vivent et meurent sans laisser aucune trace dans un registre juridique ou statistique, tout simplement parce que la plupart des pays africains ne disposent pas de systèmes efficaces, juridiques ou statistiques, pour l'enregistrement des naissances, des décès, des mariages et des divorces. En l'absence de ces statistiques précises, la plupart des pays ne disposent pas des données nécessaires pour évaluer l'importance et la nature des besoins essentiels de la population.

Les statistiques fournies par les systèmes d'enregistrement de l'état civil sont les pierres angulaires pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et d'en assurer le suivi. C'est pourquoi le thème de la Conférence s'intitule : 'Vers l'amélioration des systèmes d'information des faits d'état civil en vue d'une administration publique et d'une production de statistiques des faits d'état civil efficaces pour le développement national et le suivi des OMD en Afrique'.

La réunion préparatoire qui se déroule du 10 au 12 août, a pour objectif de proposer un programme d'action régional qui soit adopté par les ministres africains. La conférence est organisée par la Commission économique pour l'Afrique (CEA), la Commission de l'Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD).

 

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