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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 02:21
La Russie veut obtenir la vérité sur le meurtre de ses journalistes en RCA
La Russie veut obtenir la vérité sur le meurtre de ses journalistes en RCA

 

Lu pour vous

 

https://www.adiac-congo.com/ Vendredi 28 Janvier 2022 - 14:26

La Russie cherche à obtenir la vérité dans l'enquête sur le meurtre des journalistes russes en République centrafricaine (RCA), a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une interview accordée aux stations de radio vendredi.

"Nous avons déjà demandé au gouvernement de la République centrafricaine, une fois de plus, lorsque de nouvelles informations sur ce groupe 3R sont apparues. Nous mènerons cette enquête jusqu'au point où nous pouvons, parce que c'est le gouvernement qui s'en occupe. Mais je souligne encore une fois que nous voulons la vérité", a annoncé le ministre des Affaires étrangères.

"Je demande à nos partenaires et aux journalistes lors de la visite des points chauds, si vous ne nous faites pas confiance en tant que ministère, je ne peux pas vous forcer, mais pour votre propre sécurité, mettez-nous au courant. Ça aidera", a ajouté le ministre.

Le 31 juillet 2018, la mission diplomatique russe en RCA avait fait état de la mort de trois personnes dans le quartier de la ville de Sibu, au nord de la capitale du pays. Plus tard, le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré que les personnes tuées, dont les corps avaient été détectés le 30 juillet, avaient des cartes journalistiques aux noms de Kirill Radtchenko, Alexandre Rastorgouev et Orhan Djemal. Ils avaient effectué leurs entrées en tant que touristes et se rendaient sur le territoire de la Centrafrique pour travailler sur un documentaire. Le Parquet avait ouvert une enquête sur cette affaire.

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:47
Burkina Faso: le chef présumé de Wagner salue une ère de décolonisation dans le pays

Lu pour vous

 

Par Tabaski Djighaly 27 janvier 2022

 

Burkina Faso: le chef présumé de Wagner salue une ère de décolonisation dans le pays

L’homme d’affaire russe Evguéni Prigojine , réputé proche de Vladimir Poutine et soupçonné d’être lié au groupe paramilitaire Wagner , a salué mardi, le putsch au Burkina Faso comme le signe d’une nouvelle ère de décolonisation en Afrique.

“Tous ces soi-disant coups d’État sont dus au fait que l’Occident essaie de gouverner les États et de supprimer leurs priorités nationales, d’imposer des valeurs étrangères aux Africains, parfois en se moquant clairement d’eux”, a déclaré Evguéni Prigojine dans un commentaire publié sur le réseau social russe VK par sa société, Concord.

“Il n’est pas surprenant que de nombreux États africains cherchent à se libérer. Cela se produit parce que l’Occident essaie de maintenir la population de ces pays dans un état semi-animal”, a encore assuré le sulfureux homme d’affaires.

Saluant le putsch des militaires au Burkina Faso, Evguéni Prigojine a estimé qu’un “nouveau mouvement de libération” a actuellement lieu en Afrique, ainsi qu’une “nouvelle ère de décolonisation”.

Surnommé le “cuisinier de Poutine” pour avoir été un temps l’un des fournisseurs du Kremlin avec sa société de restauration, Evguéni Prigojine est également accusé de financer la société militaire privée Wagner, dont la présence a été rapportée en Ukraine, en Syrie, en Libye et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.

Wagner, avec qui les autorités russes démentent tout lien et qui est visé depuis décembre par des sanctions de l’UE, fournit des services de maintenance d’équipements militaires et de formation mais est accusé, en particulier par la France, d’agir pour le compte du Kremlin là où il ne veut pas apparaître de manière officielle.

M. Prigojine, lui-même sous sanctions européennes et américaines, dément toute connexion avec le groupe Wagner.

Mardi, Alexandre Ivanov, connu pour être l’un des représentants des “instructeurs” russes en Centrafrique a lui aussi loué dans un communiqué publié sur Twitter les putschistes de Ouagadougou, estimant que la France n’avait obtenu “aucun succès” dans la lutte antiterroriste dans la région.

Par ailleurs il s’est dit même prêt à partager l’expérience des instructeurs russes en Centrafrique pour la formation de l’armée du Burkina Faso si les autorités en faisaient la demande.

Lundi, le ministère russe des Affaires étrangères s’était dit préoccupé par la complication considérable de la situation politique interne au Burkina Faso, disant espérer une stabilisation rapide” du pays.

Seneplus

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:44
Sécurisation des frontières du pays par les Forces Armées Centrafricaines.

 

Centrafrique: Sécurisation des frontières du pays par les Forces Armées Centrafricaines.

 

Le ministre de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée à fait une mise au point relatif à la paix en Centrafrique et la sécurisation du territoire national.

Selon  𝐑𝐚𝐦𝐞𝐚𝐮𝐱-𝐂𝐥𝐚𝐮𝐝𝐞 𝐁𝐈𝐑𝐄𝐀𝐔 toutes les frontières du pays sont sous la protection et sécurisation de Forces Armées Centrafricaines (𝐅𝐀𝐂𝐀) appuyées par les forces alliées. 

Le membre du gouvernement, dans un message à la population a indiqué que « Les autorités du pays ont salué le geste patriotique et salutaire des éléments des groupes armées qui, volontairement ont décidé de déposer les armes partout à l’intérieur du pays dans le but du retour à la paix et la réconciliation en République Centrafricaine.

De même, le numéro 1 de la Défense Nationale a interpelé ceux qui poursuivent les exactions de suivre l’exemple de leurs camarades et déposer les armes pour être intégrer dans le programme de 𝐥'𝐀𝐏𝐏𝐑-𝐑𝐂𝐀.

En outre le Chef du département de la Défense envoie un message fort à ceux qui veulent résister de bien vouloir reconsidérer leurs décisions car la machine de la pacification totale du pays a été déjà lancée et que rien ne pourra l’arrêter.

 

#INFOMINISTÈRE

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:41
Arrestation de Mahamat Garba de l'UPC : réaction de l'ambassade de France de Bangui

 

Réactions et mise au point suite à l’arrestation de M. Garba près de l’ambassade de France à Bangui

 

Une rencontre entre M. Mahamat Abdoulaye Garba et des militaires français s’est déroulée dans un lieu public à proximité et non au sein de l’Ambassade de France, à la vue de tous. La France ne cherche pas à cacher cet entretien et n’a en aucun cas donné des consignes à M. Garba, infox rapportée par des publications malveillantes et mensongères.

La France échange avec tous les interlocuteurs centrafricains pour la stabilité et le développement de la RCA et répond aux sollicitations et demandes d’entretien de ces acteurs.

La France, comme d’autres partenaires internationaux que M. Garba a pu également rencontrer selon ses propres déclarations à Radio Centrafrique, entretient un dialogue constant pour soutenir les efforts de paix avec l’ensemble des parties en Centrafrique.

Contrairement aux autres fausses informations diffusées dans certains médias centrafricains, il n’y a eu ni course-poursuite, ni altercation. M. Garba a été appréhendé par les autorités centrafricaines alors qu’il quittait le lieu de la rencontre. Nous invitons les journalistes à se tourner vers les autorités pour des précisions sur les raisons et conditions de cette arrestation.

Ces manipulations des faits et de l’information illustrent une nouvelle fois une volonté de nuire à la France et de détériorer artificiellement les relations franco-centrafricaines.

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:39
Le Rwanda exportera bientôt des semences de maïs vers la RDC et la Centrafrique

 

Lu pour vous

 

Agence Ecofin) - 27 janvier 2022 15:21 - Au Rwanda, le gouvernement a annoncé le démarrage imminent des exportations de semences de maïs vers la République démocratique du Congo (RDC) et la Centrafrique.

D’après Patrick Karangwa, directeur général du Conseil rwandais de l’agriculture (RAB), des échantillons ont été déjà envoyés vers les deux pays pour une phase de test. Le pays des mille collines qui importait en moyenne 3 500 tonnes de semences de maïs par an est désormais largement autosuffisant avec une production d’environ 9 000 tonnes actuellement. Les autorités comptent tirer profit de cette situation pour générer des recettes via l’expédition du surplus vers les états voisins où le maïs est une denrée de base pour la majeure partie de la population.  

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:35
Centrafrique : la France, un ami devenu « gênant »

 

Lu pour vous

https://www.sudouest.fr/ Par Grace Ngbaleo et Jean-Sinclair Maka Gbossokotto (promotion CEJIFAM 2 021) Publié le 26/01/2022 à 16h45

« Sud Ouest » publie quatre reportages de journalistes africains qui sont issus du CEJIFAM (Certificat de Journalisme Innovant Francophone en Afrique Méditerranée) créé par l’association « Médias et Démocratie » dont « Sud Ouest est partenaire ». Cette formation vise à créer à Tunis un pôle d’excellence pour les journalistes africains. Les quatre textes retenus nous parlent de la République Démocratique centrafricaine, de l’Algérie, de l’île Maurice et de la Tunisie.

Le 11 août dernier, ils sont plusieurs dizaines de journalistes et communicants massés dans une pièce d’un immeuble situé à quelques pas de l’Assemblée nationale. Le prétexte, c’est une conférence de presse consacrée aux festivités des 61 ans de l’accession de la République centrafricaine à l’indépendance. Mais, dans les discussions, il n’est question que de la France, ce partenaire historique devenu « gênant ». Ce partenaire cible aujourd’hui du soft power russe et d’une propagande anti-occidentale. Celle-ci est véhiculée par deux médias financés par des fonds russes et réputés très favorables à la politique de la Russie en Centrafrique : « Lengo Songo », en français « cohésion sociale », et « Ndjoni Sango » («bonne nouvelle »). Le premier est une station de radio employant un peu plus d’une vingtaine de journalistes, couvrant 60 % du territoire centrafricain et doté d’une forte audience. Le second est un site d’informations en ligne et en version papier. Dans ce pays où l’on compte moins de cinq sites d’information, « Ndjoni Sango » est très suivi par les Centrafricains et très actif sur Facebook.

Les relations franco centrafricaines ont beaucoup changé avec l’avènement de ces médias relayeurs du « complot français ». Des attaques verbales, des manifestations de propagande, de la désinformation, mais surtout une manipulation des masses : c’est le début d’une nouvelle ère qui semble appelée à durer. Mais comment tout cela a-t-il commencé ?

Intervention militaire

Jusqu’en 2013, année de la plus grande crise politico-sécuritaire qu’a connue la Centrafrique, la France était encore très influente. L’ancienne puissance coloniale était impliquée, à de nombreux niveaux, dans les affaires politiques, diplomatiques, économiques, culturelles et militaires du pays. Elle avait toujours son mot à dire dans le choix des dirigeants centrafricains. Une mise sous tutelle qui ne soulevait pas de fortes récriminations, mais que conteste l’ambassadeur de France en Centrafrique, Jean-Marc Grosgurin : « Le partenariat que la France propose à la Centrafrique vise à s’attaquer aux racines de la crise centrafricaine, notamment la faiblesse du système éducatif, la mauvaise gouvernance, l’absence de services publics sur une grande partie du territoire et le manque d’investissements dans les infrastructures. ».

En décembre 2013, alors que la RCA se trouvait en pleine crise politico-sécuritaire, avec des relents intercommunautaires, la France a décidé de l’envoi de ses troupes. C’est alors qu’est née l’opération Sangaris, dans le but de contrer la dimension interconfessionnelle que prenait le conflit. En effet, suite au renversement de l’ancien président François Bozizé par la nébuleuse Séléka, un groupe armé hétéroclite regroupant des opposants au pouvoir, la Centrafrique avait fait face à une spirale de violences entre chrétiens et musulmans. À cette époque, pour beaucoup de Centrafricains, la France était le « sauveur ». De fait, sans cet appui militaire étranger, la Centrafrique aurait pu sombrer dans le génocide.

« Un abandon »

Cependant, en dépit de l’aide militaire française, les défis sécuritaires ne cessèrent de se multiplier. L’aspect urbain des différentes attaques a rendu difficile la sécurisation du pays. Et, face à la persistance du conflit, les autorités centrafricaines demandèrent l’appui militaire des Nations Unies. C’est ainsi qu’est née, le 10 avril 2014, la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA). Peu avant le déploiement des forces de l’ONU, la France estima alors que sa mission tirait à sa fin et elle décida du retrait définitif de ses troupes. Un choix mal perçu par les Centrafricains qui y virent un « abandon » en pleine crise. Forte de sa présence sur le terrain depuis plusieurs mois, l’armée française disposait d’une bonne connaissance des zones de tension dans le pays et des stratégies à mettre en place. Ce qui n’allait pas être le cas des forces de l’ONU qui devaient commencer par établir un diagnostic de la situation sécuritaire du pays avant de passer à l’action.

Dès lors, se développèrent des théories du complot présentant la France comme l’« instigatrice des conflits en Centrafrique et une « mauvaise alliée ». Ce n’était que le début d’un divorce profond… Le retour à l’ordre constitutionnel et la stabilité du pays se feront attendre. Les nouvelles autorités du pays seront chaque jour confrontées aux tentatives de déstabilisation des institutions de la République, alors que plus de 80 % du territoire national étaient placés sous le joug des groupes armés. La paix n’étant pas encore établie, les forces de l’ONU se trouvaient dans l’impossibilité de la maintenir.

Influence Russe

Profitant de cette instabilité en Centrafrique, la Russie se servit de l’influence de quelques organisations de la société civile. Et, notamment, de la Galaxie Nationale, une coordination dirigée par Didacien-Blaise Kossimatchi, un enseignant-chercheur à l’université de Bangui, proche de l’ancien président Bozizé. Le septuagénaire a recours à tous les supports pour se faire entendre : communiqués de presse, radio et télévision nationale… Après la chute de Bozizé, Kossimatchi est revenu, contre toute attente, dans les sphères du pouvoir aux côtés de l’actuel chef de l’État centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. Il va fonder, sous le magistère de ce dernier, la plateforme dénommée Talita Koum, laquelle défend la « vision politique » de l’actuel régime. On le retrouve sur tous les fronts des campagnes de désinformation visant la France et les autres partenaires du pays. Kossimatchi a ses entrées dans les médias d’État et aussi au sein d’organes de presse acquis à la cause du régime en place.

Le 12 mai dernier, une forte mobilisation de la plateforme de la société civile Galaxie Nationale a eu lieu à Bangui pour exiger le départ de la Minusca et de Radio France Internationale (RFI). Le mot d’ordre était celui-ci : « Exigeons le départ sans condition de Monsieur Mankeur Ndiaye (chef de la MINUSCA, ndlr) et des forces de la MINUSCA du territoire centrafricain pour haute trahison de la charte des Nations Unies, immixtion dans les affaires internes centrafricaines et pour leur collaboration directe avec les groupes armés. ». En outre, les manifestants s’en prirent à RFI, « un outil de propagande de la France à travers ses tapages médiatique grotesques, truffés de mensonges, orchestrés dans le but visible de ternir l’image de la République centrafricaine et ses alliés auprès de l’opinion nationale et internationale. ».

Bras de fer

Un peu plus tard, le 30 juin 2021, la plateforme Galaxie Nationale a annoncé la fin de la « trêve » avec la Minusca et la France. Pour marquer cet évènement, la plateforme projetait un concert de casseroles devant l’ambassade de France à Bangui, le 14 juillet.

Une action finalement annulée au dernier moment. Malgré les incessants appels à la manifestation populaire lancés par Kossimatchi, la population ne descendra pas dans la rue. Était-ce une prise de conscience réelle de la part de la population ou simplement que les habitants de Bangui ne se reconnaissaient plus dans ces appels à la haine ? Difficile de le dire avec précision. Toujours est-il que les diatribes de Kossimatchi ne laissent pas d’étonner en raison de leur incohérence. D’un côté, l’homme demande la « révision des accords entre la RCA et la France », de l’autre, il appelle à la « rupture de la coopération diplomatique » entre les deux pays. Comprenne qui pourra !

Interrogée au sujet du bras de fer diplomatique entre les deux puissances, l’ambassadeur de France en Centrafrique botte en touche en dressant la liste des initiatives de la France : « Il s’agit d’un partenariat respectueux de la souveraineté du pays, et donc de la responsabilité première de ses autorités et de ses citoyens. Nous ne prétendons pas apporter de solutions toutes faites ou relever le pays à la place des Centrafricains, mais nous voulons leur donner les moyens de se développer par eux-mêmes. Ces dernières années, la France a ainsi formé des milliers de militaires, gendarmes, policiers et sapeurs-pompiers, 200 fonctionnaires, des magistrats, des dizaines de professeurs, des médecins, des journalistes, des artistes… Ces résultats sont tangibles et constituent la meilleure réponse à la désinformation. »

Les relations franco-centrafricaines ont beaucoup changé avec l’avènement de ces médias relayeurs du «complot français».

Quant au chargé d’affaires de l’ambassade de Russie à Bangui, Lekhov Konstantin, il dément toute hostilité entre son pays et la France en Centrafrique. Pour le diplomate, « la RCA est un pays qui a besoin d’appuis multiformes de tous ses pays amis et partenaires historiques ». Bangui affirme de son côté ne pas être concernée par la rivalité entre les deux puissances : « Le conflit entre la France et la Russie ne nous regarde pas », avait déclaré Sylvie Baipo-Temon, cheffe de la diplomatie centrafricaine, dans une interview accordée à Jeune Afrique, le 11 juin dernier.

Manipulation

Pendant ce temps, les entreprises de désinformation continuent d’être alimentées afin de discréditer davantage l’ancienne puissance coloniale. « L’influence russe est réelle dans ce pays, affirme le journaliste politique centrafricain Wilson Ngassan. Elle se fait beaucoup sur Facebook, ce réseau social très utilisé par les Centrafricains. Des fake news sont régulièrement conçues pour contrer l’action des partenaires des pays autres que la Russie. Les Russes surfent sur la méconnaissance de la situation de la population. Et les infox qu’ils distillent via leurs différents réseaux fonctionnent à merveille, même si, dans le fond, l’on sait tous que c’est de la manipulation. »

Au regard de ces campagnes déplorées par l’Élysée, Emmanuel Macron a décidé, le 7 juin, la suspension de l’aide budgétaire et militaire de la France au profit de la Centrafrique. Le président français avait dit à son homologue centrafricain, lors d’un échange téléphonique le 1er juin, qu’il était « l’otage du groupe paramilitaire russe Wagner », présent dans différentes zones de conflits à travers le monde, et que le France se montrait très préoccupée par l’actualité de la Centrafrique. Pourtant, pour Félix Moloua, ministre centrafricain du Plan et de la Coopération, « la relation entre la France et la RCA est toujours au beau fixe ».

Profitant de cette instabilité en Centrafrique, la Russie se servit de l’influence de quelques organisations de la société civile

Les femmes et hommes de culture centrafricains, pour leur part, ne se nourrissent pas de reproches à l’égard de la France. Pour eux, celle-ci s’est toujours tenue au chevet des artistes et intellectuels centrafricains : « Nous sommes conscients des remous qui existent, mais il faut dire qu’au-delà de tout, la France demeure le premier partenaire de la culture centrafricaine, témoigne Grace-à-dieu Toussounou alias GAD, poète-slameur. Grâce à l’Alliance française de Bangui, beaucoup d’hommes de culture centrafricains voyagent à travers le monde et promeuvent leur art, ce qui se fait difficilement avec le ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme centrafricain. »

À vrai dire, pour beaucoup de Centrafricains, ces opérations de désinformation visant la France seraient dues à une forme de lassitude. Une lassitude et une déception de constater que 60 ans de coopération n’ont toujours pas conduit la Centrafrique à l’émergence. Selon Paul Crescent Béninga, chercheur et figure de la société civile, « cette coopération doit être rediscutée en toute sincérité, en tenant compte des défis de l’heure, pour qu’elle soit profitable aux nouvelles générations ». Mais de qui viendra cette initiative de réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays amis ? La France a fait un geste de bonne volonté en envoyant à Bangui, en septembre dernier, Sylvain Itté, ambassadeur pour la diplomatie publique en Afrique. Le diplomate a annoncé vouloir « engager un dialogue constructif avec la Centrafrique », tout en déclarant que la clé du renouveau de la coopération se trouve en Centrafrique. Reste à savoir si les autorités centrafricaines auront envie de saisir cette main tendue.

CEJIFAM qui travaille en étroite collaboration avec l’université de la Manouba (IPSI), à Tunis ainsi que l’EPJT de Tours, bénéficie du soutien de l’ambassade de France à Tunis ainsi que du syndicat national des journalistes tunisiens, de l’Union de la presse francophone et de Reporters sans frontières à Tunis.

 

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:32
Nations Unies: Mankeur Ndiaye compte ses jours en tant qu’envoyé spécial

Lu pour vous

 

https://kewoulo.info/ Par Maguette Thiam 27 janvier 2022

 

En poste depuis 2019, le diplomate sénégalais Mankeur Ndiaye ne devrait pas rempiler pour une quatrième année à la tête de la mission de l’ONU en Centrafrique.

Le Sénégalais Mankeur Ndiaye, représentant spécial du secrétaire général Antonio Guterres à Bangui depuis 2019, ne devrait pas solliciter le renouvellement de son mandat à la tête de la Minusca, qui expirera à la fin du mois de février. L’ancien ministre des affaires étrangères de Macky Sall était arrivé à la tête de la mission de maintien de la paix le 6 février 2019, le jour de la signature des accords de paix de Khartoum entre le gouvernement et les groupes armés, qui ont par la suite volé en éclat (AI du 17/11/21).

Depuis sa prise de fonction il y a trois ans, le diplomate de formation a dû appuyer l’organisation des élections présidentielles et législatives de décembre 2020 dans un contexte des plus difficiles. Le scrutin avait été fortement perturbé par les attaques des groupes armés menés par l’ancien président François Bozizé. Le maintien inflexible des élections à la date prévue, malgré l’insécurité, lui avait attiré les foudres de l’opposition démocratique, à commencer par le principal meneur, Anicet-Georges Dologuélé.

Par la suite, l’activisme toujours plus grand de la société de sécurité privée russe Wagner avait cette fois tendu les relations entre Mankeur Ndiaye et le président centrafricain Faustin Archange Touadéra. Ces tensions, alimentées par des campagnes médiatiques contre la Minusca venues de la presse pro-russe (AI du 02/01/19), avaient atteint leur acmé en novembre dernier, quand la garde présidentielle a tiré sur un véhicule du contingent égyptien aux abords de la résidence du président. Les deux hommes ne sont pas parlés pendant plusieurs semaines (AI du 01/12/21).

En cas de départ, son successeur aura la lourde tâche de reprendre le dossier des prochaines élections municipales, prévues en septembre prochain, dans un contexte sécuritaire précaire. Ces premières élections locales depuis trente ans constituent un symbole politique fort aux yeux de New York.

 

 

ONU - Centrafrique : le mandat de Mankeur Ndiaye patron de la Minusca tire à sa fin

 

Le mandat du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et chef de la Minusca, qui expirera à la fin du mois de février serait la dernière. En effet selon des informations qui nous sont parvenues, en poste depuis 2019, le diplomate sénégalais Mankeur Ndiaye ne devrait pas rempiler pour une quatrième année à la tête de la mission de l'ONU en Centrafrique. L'ancien ministre des affaires étrangères de Macky Sall était arrivé à la tête de la mission de maintien de la paix le 6 février 2019, le jour de la signature des accords de paix de Khartoum entre le gouvernement et les groupes armés, qui ont par la suite volé en éclat (AI du 17/11/21). 

Avec un bilan élogieux, le diplomate de formation à appuyer l'organisation des élections présidentielles et législatives de décembre 2020 dans un contexte des plus difficiles. Un scrutin avait perturbé par les attaques des groupes armés menés par l'ancien président François Bozizé. Son maintien, lui avait attiré les foudres de l'opposition démocratique, à commencer par le principal meneur, Anicet-Georges Dologuélé.

C’est par la suite, l'activisme toujours plus grand de la société de sécurité privée russe Wagner qui avait fini cette fois de tendre les relations entre Mankeur Ndiaye et le président centrafricain Faustin Archange Touadéra. Ces tensions, alimentées par des campagnes médiatiques contre la Minusca venues de la presse pro-russe (AI du 02/01/19), avaient atteint leur acmé en novembre dernier, quand la garde présidentielle a tiré sur un véhicule du contingent égyptien aux abords de la résidence du président. Les deux hommes ne sont pas parlés pendant plusieurs semaines (AI du 01/12/21). En cas de départ, son successeur aura la lourde tâche de reprendre le dossier des prochaines élections municipales, prévues en septembre prochain, dans un contexte sécuritaire précaire. Ces premières élections locales depuis trente ans constituent un symbole politique fort aux yeux de New York

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 15:25
Des échanges d’antilopes entre les parcs Pendjari et Chinko acté

Lu pour vous

 

Coopération entre le Bénin et la Centrafrique

Des échanges d’antilopes entre les parcs Pendjari et Chinko acté

https://www.24haubenin.info/ Par Arnaud DOUMANHOUN/Journal La Nation du Jeudi 27 janvier 2022.

José Tonato, ministre béninois du Cadre de vie et du Développement durable, et Idriss Amit, ministre des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche de la République centrafricaine (Rca), ont procédé ce mercredi 26 janvier à Cotonou, à la signature d’un accord de principe relatif à une opération de translocation réciproque d’éland de Derby et du cobe de Buffon entre les parcs Pendjari et Chinko.

Le Bénin et la Centrafrique explorent les chantiers d’une coopération sud-sud dans le domaine des eaux, forêts, chasse et pêche sous l’onction de leur partenaire commun, African Parks Network. Cette coopération sera concrétisée dans les tout prochains jours par une translocation réciproque de l’élan de Derby et du cobe de Buffon entre le Parc national du Chinko en République centrafricaine et le Parc national de la Pendjari au Bénin.

En Centrafrique, la sous population de cobes de Buffon connait une forte diminution. Le taux de régression est de 87 % entre 1978 et 2010 alors que dans la Pendjari, la population de cobe de Buffon est en bonne croissance avec une estimation de près de 3 000 individus.

Quant à la population de l’élan de Derby, elle est en croissance dans le Chinko et est estimée à 862 individus (en2020) alors que le Parc national de la Pendjari ne dispose pas de cette espèce qui est l’une des plus grandes antilopes en Afrique. Cet échange d’espèces permettra d’éviter la disparition des espèces et de les réhabiliter afin de préserver l’écosystème, d’une part et d’accroître la richesse touristique des deux parcs d’autre part. « C’est un point de départ pour les échanges et le développement des aires protégées, un vaste chantier de la conservation de la biodiversité, mais également un point de départ pour une coopération plus large qui va couvrir les eaux et forêts. La Pendjari est pour nous le premier fleuron touristique. Dans notre ambition d’enrichir et de développer cette faune sauvage et par ricochet le tourisme, l’éland de Derby a été entre autres identifié », a déclaré José Tonato, ministre du Cadre de vie.

Une conservation pour les générations futures

En effet, la réintroduction de certaines espèces disparues ou menacées d’extinction dont notamment l’élan de Derby (Taurotragus derbianus) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de réhabilitation des parcs nationaux du Nord Bénin.

Au total, 15 élands de Derby de l’aire protégée de Chinko (en République centrafricaine) seront transférés vers le Parc national de la Pendjari (au Bénin) et trente (30) cobes de Buffon (Kobus kob kob) du Parc national de la Pendjari vers l’aire protégée de Chinko. C’est dire qu’il s’agit d’une stratégie de conservation des deux espèces, qui contribuera à l’amélioration de la diversité spécifique de l’écosystème du complexe W-Arly-Pendjari (WAP) et de l’aire protégée de Chinko. Et en prélude à la signature des formalités administratives entrant dans le cadre de la mise en œuvre de cette opération de translocation réciproque, Idriss Amit, ministre des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche de la République centrafricaine, a effectué une descente dans le parc Pendjari. « J’étais très content de voir au parc Pendjari, les cobes de Buffon qui existaient chez nous et qu’on ne retrouve plus du fait du braconnage », a fait savoir Idriss Amit avant d’insister sur l’intérêt de cette conservation des espèces pour les générations futures. Le parc national de la Pendjari qui s’étend sur 484 400 hectares d’écosystème soudanien est l’un des derniers bastions d’éléphants en Afrique de l’Ouest et abrite des espèces phares comme le lion d’Afrique de l’Ouest. A en croire le ministre José Tonato, le Bénin pourra au terme des études en cours, travailler à intégrer à ce parc, le rhinocéros noir de préférence, pour répondre aux critères recherchés par les touristes en matière de faune sauvage à savoir, la présence du buffle, du léopard, du lion, de l’éléphant et du rhinocéros. Il est à noter que proclamé parc national en 1961, le complexe de la Pendjari est relié au complexe W-Arly-Pendjari (WAP), classé réserve biosphère par l’Unesco en 1986 et site du patrimoine mondial dans le cadre du complexe WAP en 2017.

www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel
 

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 20:30
Centrafrique : les autorités locales de Mingala appelle Bangui à l’aide

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 22 janvier 2022 13:29

 

Les habitants de Mingala dans la Basse-Kotto, situé à 640 kilomètres de Bangui, décrient l’absence des forces de l’ordre dans la ville pour assurer leur sécurité. Cette situation perdure depuis le déclenchement des conflits armés en 2013. A cet effet, les populations lancent un cri de cœur aux autorités de Bangui pour le déploiement des éléments de sécurité dans la localité.

C’est presqu’un sentiment d’abandon qui illumine le visage de Martial Kabassi, l’unique autorité locale encore présente à Mingala. Les habitants de cette ville dont la population est estimée à plus de 45 mille personnes se disent abandonnées à eux-mêmes depuis plusieurs années.

"Nous avons trop souffert. La population est livrée à la merci de la nature. Et le gouvernement n’a rien fait pour la population de Mingala. Notre souhait est que le gouvernement fasse des efforts pour assurer notre sécurité. Ce sont des êtres humains qui vivent ici. Si rien n’est fait pour soulager la population, qu’est-ce qu’elle va devenir ? Beaucoup de gens avaient fui mais ils sont de retour. C’est la sécurité que nous réclamons", s’alarme Martial Kabassi, le maire de Mingala.

Les Forces de défense et de sécurité sollicitées pour la restauration de l’ordre

La présence des forces armées Centrafricaines rendra, selon l’autorité municipale, le climat sécuritaire propice pour un retour des fonctionnaires et agents de l’Etat.

"Ni la gendarmerie, la police, les FACA, ni les représentants du gouvernement ne sont présents à Mingala. Il n’y a que moi en tant que Maire, le seul représentant des autorités administratives. Ce que nous réclamons, c’est la sécurité. Ce qui facilitera le redéploiement des autorités affectées à Mingala", dit-il.

Une ville difficile d’accès

La ville de Mingala étant enclavée, empêche une intervention militaire rapide pour libérer la ville sous contrôle des hommes de l’Unité pour la paix (UPC) en Centrafrique depuis 2013. Ce mouvement armé occupe cette localité pour ses chantiers miniers et en 2019 des exactions sur les populations par l’UPC ont été rapportées par des ONG internationales. 

Distant de 95 km d’Alindao, Mingala était le bastion des groupes armés Seléka et Antibalaka. Plusieurs violations des droits humains notamment tortures et exécutions sommaires ont été commises sur des civils. Les parents des victimes réclament toujours du gouvernement justice et réparation. A Bangui, les autorités n’ont pas encore officiellement réagi à cette plainte.

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Centrafrique-Presse.com
22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 20:17
RCA : le ministre Hassan Bouba prêt « à faire face à la justice »

 

Lu pour vous

 

21 janvier 2022 à 16:48 Par Pacôme Pabandji

Son arrestation en novembre et sa libération quelques jours plus tard, sans que la Cour pénale spéciale ait pu l’entendre, ont fait scandale. Mais l’ex-rebelle de l’UPC assure n’avoir rien à cacher et se défend d’être protégé par le pouvoir.

C’est dans son bureau du ministère de l’Élevage et de la Santé animale qu’Hassan Bouba a choisi de nous recevoir, en ce début du mois de janvier. Vêtu d’un ample boubou gris, l’homme s’affiche serein et souriant, comme si son arrestation en novembre dernier, sur ordre de la Cour pénale spéciale (CPS), n’avait pas défrayé la chronique. Et comme si, sa libération quelques jours plus tard, sans que les enquêteurs n’aient eu ne serait-ce que l’occasion de l’entendre, était de l’histoire ancienne.

Il faut dire qu’à Bangui, Hassan Bouba n’est pas n’importe qui, et que cet épisode l’a sans doute conforté dans son sentiment de puissance. Ancien numéro deux du mouvement rebelle UPC (Unité pour la paix en Centrafrique), il a officié durant cinq ans comme chef des opérations et conseiller politique aux côtés d’Ali Darassa. C’est dix mois après que ce dernier a signé les accords de paix de Khartoum, en février 2019, qu’il s’est vu proposer un poste au gouvernement.

Allié précieux

Mais en Centrafrique comme ailleurs, chefs rebelles et hommes politiques sont versatiles. Dès novembre 2020, l’UPC lâche le président Faustin-Archange Touadéra et rejoint la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Hassan Bouba, lui, s’éloigne d’Ali Darassa et demeure au gouvernement. Dans le contexte centrafricain, cela fait de lui un allié précieux.

MOI-MÊME JE VOULAIS FAIRE FACE À LA JUSTICE DE MON PAYS POUR MONTRER QUE JE NE SUIS PAS UN CRIMINEL

Est-ce pour cela que la justice n’a finalement pas pu l’auditionner ? Arrêté le 19 novembre, il a été placé en détention au camp de Roux. La CPS, juridiction hybride composée de magistrats centrafricains et internationaux, mise sur pied pour juger les crimes les plus graves, voulait l’interroger sur des faits commis entre 2014 et 2019, lorsqu’il se battait pour l’UPC. Il est notamment soupçonné d’être à l’origine de l’attaque qui a visé un camp de déplacés en novembre 2018 à Alindao, à 500 km de Bangui, qui s’était soldée par la mort d’au moins 112 personnes.

« Bien sûr, j’étais dans un groupe armé, commence Hassan Bouba. Mais cela ne fait pas de moi le commanditaire ou le responsable des atrocités qui ont été commises. » Alors qu’il nous reçoit dans son bureau, il ose même : « C’est une bonne chose que j’ai été [convoqué] par la justice. Moi-même je voulais faire face à la justice de mon pays pour montrer que je ne suis pas un criminel et dire ce que je fais pour la paix. »

Il n’en a pourtant pas eu l’occasion : le 26 novembre, lorsque des officiers de la police judiciaire sont venus au camp de Roux pour le présenter au juge d’instruction, ils en ont été empêchés. Interrogé sur ce point, Hassan Bouba affirme que « [sa] détention provisoire était arrivée à son terme » et qu’il a été libéré « en sachant [qu’il pourrait] de nouveau être convoqué par la justice ». « Je n’ai pas fui, insiste-t-il. Je suis prêt à répondre aux questions de la justice. Je ne pourrai jamais être blanchi s’il n’y a pas d’enquête objective et indépendante. Tout le monde sait qui sont les responsables qu’il faut poursuivre. »

« Il y a eu obstruction »

Contacté par Jeune Afrique, une source à la CPS conteste toutefois le déroulé des faits de ce 26 novembre. « Il y a eu obstruction, insiste-t-elle. Le délai n’avait pas expiré. L’audience de débat contradictoire au niveau du cabinet d’instruction chargé du dossier devait avoir lieu à 10h ce jour-là. » Notre interlocuteur affirme que l’équipe de la CPS qui s’est présenté au camp et qui disposait de l’appui de Casques bleus de la Minusca « ont été empêchés d’accéder à Hassan Bouba par des éléments de la garde présidentielle ». « Nous avons suivi la procédure en le plaçant quand même sous mandat de dépôt et en délivrant un mandat d’arrêt contre lui, poursuit-il. Il a été libéré par le régisseur de la prison, mais on ignore encore qui était le donneur d’ordre. »

L’ORDRE DE LE LIBÉRER AURAIT-IL PU ÊTRE DONNÉ PAR TOUADÉRA LUI-MÊME ?

L’ordre aurait-il pu être donné par Touadéra lui-même ? La rumeur avait à l’époque couru, au point que Fidèle Gouandjika, ministre conseiller spécial du président, avait dû préciser que « le chef de l’État n’[avait] pas été informé de l’arrestation ni de la mise en liberté du ministre de l’Élevage ». « Tout le monde a parlé du fait que c’est le président Touadera qui aurait décidé ma libération, ajoute Hassan Bouba. Mais les gens doivent savoir que tout cela était de la manipulation des ennemis de la paix. Le président ne peut pas interférer dans une affaire judiciaire. »

Et lorsqu’on l’interroge sur ses liens éventuels avec les Russes, très influents dans les sphères du pouvoir et qui auraient pu jouer un rôle lors de cette séquence mouvementée, il élude avec un haussement d’épaules : « Ce sont des partenaires du gouvernement. Je suis membre du gouvernement. S’il y a des thématiques qui me concernent et sur lesquelles je dois travailler avec eux, ça n’est pas un problème. »

Homme d’affaires prospère

Depuis sa libération, l’ancien rebelle dit avoir entamé des pourparlers avec des membres de l’UPC et de la CPC pour les convaincre de déposer les armes. Une manière de convaincre de son utilité ? « Chaque semaine, des combattants rendent les armes, insiste-t-il. Dans le Haut-Mbomou [préfecture frontalière de la RDC et du Soudan du Sud], dans les villes de Mboki et Zemio, des gens appellent pour dire qu’ils sont prêts à le faire et qu’ils croient en la paix, tout comme moi. »

LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET LES REPRÉSENTANTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SE DISENT « SIDÉRÉS »

Il en faudra sans doute plus pour convaincre la CPS, les défenseurs des droits humains et les représentants de la société civile en Centrafrique qui, en apprenant sa libération, se sont dit « sidérés », dénonçant une situation « absurde » et regrettant que « le pouvoir annihile ce qu’il a lui-même construit ».

Hassan Bouba est aussi un homme d’affaires prospère, un Peul qui s’est enrichi dans le commerce de bétail et auquel on a un temps prêté des accointances dans les services de renseignements tchadiens. À Jeune Afrique, il dit aujourd’hui « aider à distinguer qui est rebelle de qui est éleveur, et une zone d’élevage d’un campement de rebelles ».

 

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