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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 23:40

 

 

 

 

 

logo RDC 

 

 

 

RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE

CENTRAFRICAIN

Fraternité – Travail – Progrès

 

BUREAU FEDERAL France-EUROPE

 

 

 

 

 

Communiqué n°09

 

 

 

Le dimanche 24 mars 2013, la coalition rebelle dénommée SELEKA, s’est emparée par les armes du pouvoir politique, mettant fin aux dérives dictatoriales du président François Bozizé. Le chef des rebelles, Monsieur Michel  Djotodjia, s’est autoproclamé Président de la République.

 

Le bureau fédéral du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) France-Europe prend acte de cette nouvelle donne. Il déplore cependant la tournure dramatique des événements et le vandalisme immature caractérisé par les pillages, par le saccage des entreprises, par les violations massives et flagrantes des droits humains.

 

Le RDC appelle instamment les nouvelles autorités à prendre toutes  les dispositions  qui s’imposent dans le respect des droits pour arrêter ces dérives qui risquent à terme de compromettre les chances de réconciliation entre les citoyens de notre pays.

 

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain reste fondamentalement attaché à son idéal de paix et de concorde nationale chères à notre Feu Président Fondateur, le Général d’Armée André KOLINGBA.

 

Dans un esprit de justice et d’équité, le RDC invite la coalition SELEKA à faire l’économie d’une inutile chasse aux sorcières, tentation toujours très grande en de telles circonstances, préjudiciable à la réconciliation nationale.

 

Le bureau de la Fédération RDC France-Europe se réjouit  de l’engagement du groupe SELEKA à respecter l’esprit des accords de Libreville du 11 Janvier 2013.

 

Le respect de l’esprit des accords de Libreville doit conduire le plus rapidement que possible  les différentes parties en présence à se réunir, sans attendre, autour d’une table ronde avec tous les partenaires et pays amis de la République Centrafricaine afin de définir d’un commun accord le cadre de la nouvelle gouvernance devant conduire aux élections législatives et présidentielles : la transition.

 

La fédération RDC France Europe saisit l’occasion pour remercier les Présidents de la CEEAC, et en particulier les Présidents Idriss DEBY ITNO du Tchad et Denis SASSOU NGUESSO du Congo pour leur implication personnelle et forte à la résolution des problèmes Centrafricains.

                                      

Fait à Paris le 28 Mars 2013

 

                                      Pour le Bureau Fédéral

 

                                      Le Professeur Raymond Max Siopathis

 

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 19:16

 

 

 

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http://www.ouest-france.fr   vendredi 29 mars 2013

 

 

Depuis une semaine, près de 1 500 Français vivent dans la peur à Bangui, la capitale du Centrafrique. Après la prise de la ville et la fuite du président François Bozizé, les rebelles de la Séléka ont commencé à piller les maisons des expatriés en présence de leurs occupants.

 

Jacques et Marie-Christine Pipet, eux, sont rentrés à Caen pour des raisons familiales quelques heures avant la chute de Bangui. Depuis, ils suivent sur Internet le quotidien et le témoignage de leurs amis et voisins. Alors qu’un premier avion de réfugiés est rentré mercredi après-midi à Paris, ces deux Caennais travaillant dans l’humanitaire sont en colère.

 

« Les Français de Bangui ont été abandonnés par l’ambassade qui n’a rien fait pour les protéger. Le seul message qui leur a été fait était de rester cachés chez eux alors que c’est là que venaient piller les rebelles », raconte Marie-Christine en lisant sur Facebook« des appels de détresse qui sont restés sans effet ».

 

Pour eux, la colère des Français de Centrafrique ne fait que commencer. Comme beaucoup d’autres, ils envisagent de demander des comptes, parlant de « mise en danger de la vie d’autrui ».

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 19:01

 

 

 

Boz et Yayi Boni

 

 

COTONOU, Bénin 29 mars 2013 | 12:35 (The Associated Press) – Après avoir été chassé du pouvoir en Centrafrique, le président François Bozizé a demandé l’asile au Bénin, a signalé le gouvernement de la petite nation d’Afrique de l’Ouest.


Le ministre béninois des Affaires étrangères, Nassirou Arifari Bako, a confirmé tard jeudi soir que François Bozizé avait demandé au pays de l’accueillir après s’être initialement réfugié au Cameroun.

 

Le Bénin n’a pas encore pris de décision, a affirmé le ministre.

 

Le président déchu et sa famille ont été contraints de fuir le pays en catastrophe, après que des milliers de rebelles armés eurent envahi la capitale centrafricaine le week-end dernier.

 

François Bozizé, qui avait lui-même pris le pouvoir après un coup d’État il y a une décennie, avait signé un accord de paix avec les insurgés en janvier. L’entente est toutefois tombée à l’eau et un leader de la coalition rebelle, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président de la Centrafrique.

 

Un autre groupe rebelle a toutefois prévenu qu’il ne reconnaît pas la présidence de Michel Djotodia et qu’il s’opposera à sa tentative de prise de pouvoir.

 

 

 

François Bozizé attendu à Tchakou

 

Selon les informations de La Lettre du Continent, c'est à Tchakou, petit village situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale Porto-Novo, que les autorités béninoises ont proposé

 

LA LETTRE DU CONTINENT N°655  29/03/2013

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:47

 

 

 

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Par Marie-Reine HASSEN, ancien ministre

 

Le Président BOZIZE a été renversé par les rebelles de la coalition Séléka dont vous êtes le chef. L’entêtement de l’ancien Président était devenu un grave danger pour la République centrafricaine et pour la sous-région. Le départ du pouvoir de François Bozizé était donc devenu un impératif incontournable pour amorcer un véritable changement de la gouvernance en RCA.

Vous vous êtes posé comme le nouvel homme fort de la République Centrafricaine. Selon vos déclarations, vous avez suspendu les institutions du pays et avez décidé de légiférer par ordonnances pendant trois ans, pensant qu’ainsi vous allez nous conduire à des élections libres, crédibles et transparentes,

L'accord de paix signé le 11 janvier 2013 à Libreville mettait en place un gouvernement d'union nationale composé du clan au pouvoir, des rebelles et de l'opposition dite démocratique, dont la principale tâche était de respecter un calendrier électoral. En ma qualité de responsable politique et ancien ministre, j’avais ouvertement dénoncé cet accord qui, de toute évidence, ne réglait pas les difficultés profondes de la République Centrafricaine. Comme tous les accords précédents, c’était un arrangement pour maintenir François Bozizé  au pouvoir, tout en  gardant l’Assemblée nationale qu’il s’est formée et acquise à sa cause. C’est le non-respect de ces accords, notamment la non-libération des opposants politiques comprenant vos partisans et la présence des forces sud-africaines dédiées à la protection du régime de François Bozizé, qui aurait poussé vos troupes à déclencher à nouveau les hostilités vendredi.

J’en conclus que juridiquement et politiquement ces accords sont caducs et ne peuvent suffire à  déterminer votre politique, puisque l’un des acteurs désigné dans l’accord, François Bozizé, ainsi que la durée et les attributions du mandat qui lui étaient reconnus, ne sont plus d’actualité aujourd’hui.

Le départ de François BOZIZE est la somme de nombreux combats menés pour la liberté par l’ensemble des centrafricains de tous bords. C’est également le combat de nombreuses institutions et organisations telles que Human Rights Watch, International Crisis Group... La somme de toutes ces revendications devait nous mener vers plus de démocratie, plus de respect du droit humain, plus de liberté dans la paix, la sécurité  l’unité nationale et le développement.  

Pour tous ces efforts et pour le peuple centrafricain meurtri, il ne sera pas supportable qu’une autre voie s’ouvre vers une dictature encore plus violente. 

Ne reproduisez pas le même schéma que celui de l’ancien régime.  Ne perpétuez pas cette sorte de jurisprudence historique douloureuse qui s’est installée depuis quelques décennies.

Ce coup d’Etat ne peut pas être validé car :

 1°) Il est condamné par l’ensemble de la Communauté Internationale

 2°) La coalition Séléka est trop disparate pour construire une politique cohérente et une vision unifiée de sortie de crise pour la RCA ;

 3°) On ne sait pas encore précisément ce que va être la réaction des militaires de métier appartenant aux Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui n’ont pas fait alliance avec la Séléka ;

 4°) La RCA est habituée aux rébellions et il n’est pas exclu que d’autres rebellions viennent à leur tour renverser le pouvoir actuel.

Personne ne peut justifier trois années de fonctionnement en situation d’exception et en état d’urgence, et qui ne constituent nullement une gouvernance démocratique à laquelle aspirent l’ensemble des Centrafricains. Dans ces conditions, un Premier Ministre est parfaitement inutile. Sans ses Institutions solidement installées, le pays restera paralysé et personne ne pourra travailler. Aucun investisseur sérieux ne viendra en RCA si l’atmosphère n’y est pas propice. Le risque est celui d’isoler notre pays la République centrafricaine, qui ne pourra pas survivre en autarcie en tournant le dos à la légalité internationale.

Pour que votre régime naissant ne soit pas black-listé, il serait bon de faire preuve de sagesse. Les Centrafricains n’ont pas besoin de 3 ans pour remettre leur pays en ordre de fonctionnement. Dès lors qu’on a mis en place le principe ORC (la définition des orientations des politiques publiques, l’organisation des réglementations et des régulations pour le fonctionnement de l’Etat, et l’installation des organes de contrôle à tous les niveaux du pays), l’Etat met en place tous les mécanismes de bonne gestion (politique, économique, administrative, sociale).

Le problème étant la défaillance de la gouvernance démocratique, la construction d'une paix durable doit passer par les réformes nécessaires et incontournables de la gestion publique et le suivi d’un bon projet de société.

Vous seriez bien inspiré de prendre exemple sur le Président Amani Toumani Touré (*) qui en son temps a fait prévaloir la raison en conservant les Institutions et en organisant les élections au bout de six mois. Ce processus, ainsi que celui d’une grande conférence nationale, dans l'intérêt supérieur du pays, nécessite une mobilisation nationale et devra inclure tous les acteurs de la scène politique centrafricaine, y compris les représentants des syndicats et de la société civile.

Je vous demande de trouver rapidement une solution pacifique qui permettra le rétablissement de l'ordre public, l’accès immédiat aux besoins vitaux pour la population (soins de santé, logements, alimentation, protection et sécurité des personnes), le respect de l'Etat de droit et le retour rapide à l'ordre constitutionnel. Il faut impérativement que nos institutions fonctionnent afin de revenir sans tarder à une situation normale.

Une période de six (6) mois à un an est largement suffisante pour ramener la sécurité sur tout le territoire et organiser des élections. En attendant, chaque Centrafricain doit pouvoir s’impliquer dans le retour de l’ordre et le respect de la loi.

Il est extrêmement urgent de s'attaquer très rapidement aux racines de l'instabilité pour éviter un affrontement armé généralisé déjà prévisible. Dans mon analyse du 10 décembre 2012 publiée dans la presse locale, j’avais déjà souligné qu’un dialogue national, un de plus, n’est pas la solution de sortie de crise rapide. Seul un véritable changement de gouvernance apportera une paix durable.

Dans ces conditions, et si vous vous engagez à un agenda qui respecte le retour à la démocratie, l’implication de tous les Centrafricains à la reconstruction de notre pays, à son développement économique sur l’ensemble de notre territoire et au progrès pour tous,  je pourrais apporter ma contribution aux efforts du gouvernement.

                                                                                              Paris le 29 mars 2013

 

(*) En mars 1991, après les manifestations populaires réprimées dans le sang, Amadou Toumani Touré participe au coup d'État contre Moussa Traoré et prend la présidence du Comité de transition pour le Salut du peuple. Il assure les fonctions de chef de l’État pendant la transition démocratique. Il organise ensuite la conférence nationale (qui s’est déroulée du 29 juillet au 12 août 1991), puis des élections législatives et présidentielle en 1992. À l’issue de ces élections, il remet le pouvoir au nouveau président élu Alpha Oumar Konaré. On le surnomme alors le « soldat de la démocratie »

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:26

 

 

 

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Libération 29 mars 2013 à 15:23  Par AFP

 

 

Bangui, aux mains de la rébellion Séléka depuis cinq jours, a célébré discrètement vendredi l’anniversaire du décès du «père de l’indépendance» de la Centrafrique, Barthélémy Boganda, en présence du Premier ministre Nicolas Tiangaye qui devrait annoncer sous peu la composition d’un nouveau gouvernement. 


Quelque 300 personnes se sont réunies autour d’une fanfare en mémoire de cette personnalité centrafricaine, le jour anniversaire de son décès dans la mystérieuse explosion de son avion en 1959, avant l’indépendance de 1960 dont il avait été l’artisan.


«D’habitude, il y a plus de monde, mais là, les gens ne peuvent pas se déplacer et ont peur de bouger», assure une Banguissoise requérant l’anonymat, alors que le renversement dimanche du président François Bozizé par le Séléka est encore dans tous les esprits.


En ce jour férié, la capitale centrafricaine était calme, même si la sécurité n’y a pas été entièrement rétablie.

La vie économique et administrative devrait reprendre «mardi au plus tard», avait indiqué jeudi le porte-parole du Séléka, Christophe Gazam Betty.


Le nouveau gouvernement attendu sous peu


Selon une source proche de M. Tiangaye, qui dirigeait un gouvernement d’union nationale depuis les accords de Libreville de janvier entre pouvoir, opposition et rébellion, un nouveau cabinet «de transition» pourrait être annoncé dès vendredi.


Le Premier ministre sortant a été reconduit mercredi dans ses fonctions par le nouvel homme fort de la Centrafrique, le chef rebelle Michel Djotodia. M. Tiangaye a promis que toutes les tendances de la vie politiques seraient représentées dans son nouveau gouvernement.


Des dirigeants de l’ancien régime se sont dits prêts à coopérer alors que le président Bozizé déchu s’est réfugié au Cameroun et a demandé l’asile au Bénin.


«Nous allons participer au gouvernement d’union nationale (...) Le nombre ne fait pas substance, il faut un programme d’urgence pour la République centrafricaine qui est tombée très bas. L’important c’est le peuple qui souffre. Il faut que tout le monde mette la main à la pâte», a déclaré vendredi à l’AFP Cyriaque Gonda, chef de l’ancienne majorité présidentielle.


M. Djotodia s’est posé en nouveau maître du pays dès la chute de Bangui et cet ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion a déclaré lundi vouloir diriger la Centrafrique pendant trois ans, jusqu’à l’organisation d’élections. Il a suspendu la Constitution et dissout l’Assemblée nationale, précisant qu’il allait «légiférer par ordonnances».


L’insécurité règne toujours dans la capitale où des pillages continuent dans certains quartiers même si le centre-ville est globalement sécurisé.


De nombreux ressortissants français ont quitté le pays jeudi par un vol commercial d’Air France même si aucune consigne d’évacuation n’a été donnée par les autorités françaises.


M. Djotodia avait demandé jeudi à toutes les forces de sécurité, régulières ou issues de la rébellion, de travailler «ensemble» à un retour à la normale.


«La police, malgré l’indigence matérielle, fait des patrouilles mixtes avec la Fomac (force multinationale d’Afrique centrale) et le Séléka. Les gens se plaignent encore, c’est vrai, mais il est important de rétablir la confiance avec des hommes en uniforme», explique Josué Binoua, ministre sortant de la Sécurité publique.


Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait déploré jeudi une situation «catastrophique» dans les hôpitaux.


La Centrafrique, ancienne colonie française, n’a connu depuis son indépendance en 1960 qu’une série de coups d’Etat, scrutins contestés, rébellions et mutineries. Le président Bozizé était lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003.

 


 

NDLR : Il y a quelque chose de très indécent à voir maintenant des thuriféraires de Bozizé comme Cyriaque GONDA reconnaître que la « République centrafricaine est tombée très bas et qu’il faudrait pour elle un programme d’urgence car le peuple souffre beaucoup ». C’est vraiment l’hommage du vice à la vertu. Cyriaque GONDA qui n’avait de cesse de prodiguer de funestes conseils à BOZIZE et ses compères des partis de  l’ancienne majorité présidentielle qui ne sont pas en cavale actuellement à Zongo, ni Kinshasa ou Yaoundé et Douala, devraient être un peu plus modeste et la fermer plutôt que d’oser poser des diagnostics sur les conséquences fâcheuses de leur ancien régime qui a plongé la RCA dans des profondeurs abyssales. 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:50

 

 

 

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Vendredi 29 mars 2013

Communiqué de presse

 

 

Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire national à l'Europe et à l'international

 

 

 

Ainsi qu’il l’a déjà exprimé, le Parti socialiste condamne la prise du pouvoir par la force par la Séléka le 23 mars dernier. Il déplore les meurtres et les pillages des premiers jours, et aussi les lourdes pertes en vies humaines parmi le contingent d'Afrique du Sud. 

 

Le Parti socialiste regrette que le président déchu, François Bozizé, ait immédiatement agi à l'encontre des accords de sortie de crise signés le 11 janvier 2013 à Libreville.

 

Le Parti socialiste reste très vigilant à ce que le nouveau président, Michel Djotodia, garde comme objectif le respect strict de ces accords et à ce que des élections soient organisées dans les meilleurs délais possibles. En effet, il rappelle que les Accords de Libreville ont pour vocation essentielle de préparer une transition politique pacifique vers l'établissement d'un pouvoir légitime issu d'élections libres et transparentes, ne présentant pas comme candidats les acteurs de cette transition.

 

Le Parti socialiste observe qu'alors que les élections présidentielles devaient avoir lieu à échéance du mandat du président déchu, en 2016, son successeur ne bénéficie d'aucune raison légitime d'attendre jusqu'à ce délai.

 

Le Parti socialiste appelle l’ensemble des pays amis de la Centrafrique à agir dans ce sens. Il espère ainsi des Chefs d’État de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, qui se réunissent dans quelques jours à N'Djaména, qu'ils rappellent avec vigueur les principes des Accords de Libreville, et qu'une feuille de route précise permette leur pleine application en impliquant dans la transition en cours les cinq parties prenantes de ces accords.

 

-- 

Service de presse

Parti Socialiste

presse@parti-socialiste.fr

01 45 56 77 23 / 78 78 / 79 96 / 78 45

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:23

 

 

 

Seleka-coalition-rebel-008

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 29.03.2013 à 16h00

 

La Croix-Rouge centrafricaine a annoncé vendredi 29 mars avoir "ramassé 78 corps" dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale le 24 mars par la rébellion du Séléka, et a appelé la population à aider à les identifier.

 

"Nous demandons à la population de se rendre dans ces formations sanitaires pour la reconnaissance des corps en vue de leur enlèvement pour une éventuelle inhumation", a déclaré l'un des responsables de la Croix-Rouge centrafricaine, Albert Yomba Eyamo.

 

SITUATION "CATASTROPHIQUE" DANS LES HÔPITAUX

 

 

La Croix-Rouge avait qualifié jeudi de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (...) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant".

 

La rébellion a pris le pouvoir après des affrontements à Bangui avec des soldats sud-africains, qui ont enregistré treize morts, et des combats limités avec des soldats fidèles au président renversé François Bozizé.

 

Des pillages continuent dans certains quartiers même si le centre-ville est globalement sécurisé. "L'insécurité régnante entrave les efforts humanitaires et l'acheminement de l'assistance et notamment de l'aide médicale", s'était alarmé jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

 

CONDAMNATIONS INTERNATIONALES

 

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales désorganisées, avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui.

 

L'accord conclu à Libreville en janvier avait débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Arguant du non-respect de ces accords, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi 23 mars.

 

Michel Djotodia, le chef de la rebellion qui a pris Bangui dimanche, a également annoncé lundi qu'il légiférerait désormais par ordonnance. S'il ne s'est pas explicitement autoproclamé président de la République, il se pose clairement en nouveau maître du pays. Un coup d'Etat largement condamné par la communauté internationale, dès lundi. 

 

Paris a condamné "le recours à la force ayant abouti à la prise de pouvoir" dans le pays. La France a envoyé trois cents soldats supplémentaires, en renfort des deux cents déjà sur place, mais n'envisage pas d'évacuation de ses ressortissants.

 

 

Centrafrique : des dizaines de cadavres dans les rues de Bangui

 

La Croix-Rouge centrafricaine a annoncé vendredi avoir retrouvé 78 corps dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale le 24 mars par la rébellion du Séléka. Elle a appelé la population à aider à les identifier.

"Jusqu'à ce jour, nos volontaires ont ramassé 78 corps qui ont été déposés dans les morgues (...). Nous demandons à la population de se rendre dans ces formations sanitaires pour la reconnaissance des corps en vue de leur enlèvement pour une éventuelle inhumation", a déclaré l'un des responsables de la Croix-Rouge centrafricaine, Albert Yomba Eyamo.

La Croix-Rouge avait qualifié jeudi de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (...) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant".

Et des pillages continuent dans certains quartiers, même si le centre-ville est globalement sécurisé. La rébellion a pris le pouvoir après des affrontements à Bangui avec des soldats sud-africains, qui ont enregistré treize morts, et des combats limités avec des soldats fidèles au président renversé François Bozizé.



(ats / 29.03.2013 16h27) 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:09

 

 

 

 

sud afrique seleka 22 mars 2013

 

 

Jeune Afrique  29/03/2013 à 14h:39 Par Vincent Duhem

 

La Une du "Mail and Guardian" datée du 28 mars. © Capture d'écran.

 

Le général rebelle Arda Hakouma, qui a mené la conquête de Bangui, a déclaré jeudi 28 mars à l’AFP que ses troupes avaient tué 35 militaires sud-africains, alors que le bilan officiel annoncé par le président Jacob Zuma est de 13 morts.

 

Les jours passent et le mystère s'épaissit. Dans quelles conditions les soldats sud-africains sont-ils morts lors de l’offensive de la Séléka sur Bangui, le 23 mars ? Et combien ? Jusqu’à présent, les autorités de Pretoria ont affirmé que 13 militaires ont été tués et que 27 ont été blessés. Selon le porte-parole des South African National Defence Force (SANDF, forces armées sud-africaines), l’accrochage principal se serait déroulé, samedi 23 mars, près de la base du contingent sud-africain, au niveau du « PK 12 » (point kilométrique 12 sur la route vers Damara en sortant de la capitale).

 

Jeudi, le général rebelle Arda Hakouma, qui a conduit la conquête de la capitale, a contredit cette version. « C'est à Boali, à environ 70 km de Bangui que les affrontements ont été les plus difficiles contre les Sud-Africains : j'ai perdu six hommes, les Sud-Africains 35 », a-t-il déclaré à l’AFP. Il affirme également que les « Sud-Africains ne combattaient plus » lors de l’assaut final. Ce samedi 23 mars, l’offensive de la Séléka s’est faite sur deux axes. Une colonne venant de Damara, l’autre, plus à l’ouest, de Bossangoa, fief du président Bozizé. Selon le général Arda, c’est donc cette colonne rebelle, qui s’est emparé de Bossembele et de Boali dans la matinée, qui aurait affronté des troupes sud-africaines.

 

Entre deux feux

 

D’autres incidents ont également eu lieu dans Bangui. Des troupes sud-africaines y étaient stationnées dans plusieurs lieux stratégiques (palais de la Renaissance, aéroport, et télévision nationale). Selon le témoignage anonyme d’un parachutiste déployé dans la capitale, publié le 27 mars dans le quotidien The Citizen, son bataillon se serait retrouvé au beau milieu de combats entre Forces armées centrafricaine (Faca) et rebelles de la Séléka. Ce soldat, blessé à la jambe lors de l'accrochage, affirme que des éléments Faca les ont d’abord visé par erreur. « Nous avons répondu et en avons surement tués », déclare-t-il.

 

Selon un autre militaire, toujours cité anonymement par The Citizen, l’affrontement aurait duré plusieurs heures avant que des membres de la Séléka n’entament un dialogue. « Ils ont venu nous voir et nous ont dit qu’ils ne voulaient pas se battre contre l’Afrique du Sud et qu’ils allaient nous laisser tranquille. Ils ne voulaient pas nous combattre, nous étions pris entre leur tir et celui du gouvernement. »

 

Intérêts économiques

 

Si les circonstances de la mort des soldats sud-africains restent encore non élucidées, les raisons de la présence militaire sud-africaine agitent l'opinion publique. Officiellement, les quelques 200 hommes envoyés en décembre étaient chargés de sécuriser la capitale, en vertu d'un accord entre les deux pays portant sur la formation et le conseil à l'armée centrafricaine. Mais pour beaucoup, Pretoria avait également dans le viseur l'uranium, l'or et les promesses pétrolières de la Centrafrique. Une version étayée jeudi par un article du très sérieux quotidien Mail & Guardian : « La présence militaire sud-africaine en République centrafricaine a depuis le début été mêlée à des contrats impliquant directement l’ANC », écrit le journal.

 

« Nous avons été envoyés pour protéger [le président déchu François] Bozizé et sécuriser des intérêts économiques, déclare de son côté un des soldats cités plus haut. Nous sommes très en colère. On ment aux gens. »

 

À l'heure actuelle, on ne sait pas avec exactitude combien de soldats sud-africains se trouvent encore sur le sol centrafricain. Confrontées à d’importants problèmes de logistique et particulièrement limités en avion de transport de troupes, les SANDF ont mis en place une base de transit à Entebbe, la capitale de l’Ouganda. « Nous avons donné à l’Afrique du Sud une base », a confirmé, jeudi, le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda.


Par Vincent Duhem

 

 

 

OIF Centrafrique Louis Michel à Bangui pour une mission d’information


 28/03/2013 à 18h:55 Par Vincent Duhem

 

Envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Centrafrique, Louis Michel conduit une mission d’information à Bangui du 30 mars au 3 avril.

Nommé cette semaine par Abdou Diouf envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Centrafrique, Louis Michel est attendu samedi 30 mars à Bangui afin d'y conduire une mission d’information de cinq jours.

Accompagné de plusieurs collaborateurs, l’ancien ministre belge des Affaires étrangères doit rencontrer à Bangui « le Premier ministre, Monsieur Nicolas Tiangaye, les autorités de fait, les acteurs politiques, la société civile ainsi que les partenaires internationaux présents sur place », précise l’OIF dans un communiqué daté du jeudi.

Louis Michel logera au Ledger Plaza, hôtel de luxe où réside Michel Djotodia depuis la prise de Bangui. Le nouvel homme fort du pays n'est d'ailleurs pas mentionné explicitement dans le communiqué de l'OIF.

Suspension

 « L’objectif de cette mission est de recueillir les informations pertinentes suite aux évènements survenus à Bangui le 24 mars dernier, dans la perspective de la session extraordinaire du Conseil permanent de la Francophonie qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation en RCA », explique le communiqué. C’est à l’issu de ce conseil que l’OIF décidera, ou non, de suspendre la Centrafrique, comme le prévoit les statuts de l’organisation en cas de coup d’État.

 Après Bangui, Louis Michel se rendra, le 3 avril, à N'Djamena, où doit se tenir une réunion des dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), afin de s’entretenir avec les chefs d’États de la sous-région, notamment le président tchadien Idriss Déby et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso.

 
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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:32

 

 

 

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http://radiookapi.net  29 mars, 2013 à 11:42

 

Deux cent militaires centrafricains fidèles au régime Bozize qui ont traversé la rivière Ubangi vers Zongo créent l’insécurité dans cette ville. Ces militaires font partie des milliers des réfugiés arrivés le week-end dernier de la République centrafricaine, indiquent des sources concordantes. Selon elles, ils extorquent et torturent des habitants de cette ville située en face de Bangui, capitale de la RCA.


Samedi 23 mars, le régime de François Bozize a été renversé par la coalition rebelle de la Séléka. Plusieurs centrafricains ont trouvé refuge en RDC.

 

Des sources concordantes indiquent que deux cents militaires fidèles à François Bozizé ont également traversé la frontière. Parmi eux, seuls quatre-vingt-quatre ont été désarmés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). D’autres qui sont entrés à Zongo sans passer par des postes frontaliers officiels détiendraient encore leurs armes.

 

L’ONG SAD-Africa qui opère à Zongo, a indiqué que quatre réfugiés ont été victimes d’extorsion, deux familles congolaises ont été visitées et dévalisées dans la nuit de mercredi à jeudi 28 mars. La même nuit, deux sentinelles ont été torturées, l’une a été blessée.

 

Quatre personnes suspectées d’être les auteurs de ces actes ont été arrêtées, indiquent des sources sur place à Zongo.

 

Une mission conjointe constituée de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), du commandement de la 3e région militaire des FARDC, de la Police nationale congolaise, a quitté Mbandaka depuis mercredi 27 mars pour Zongo via Gemena pour évaluer la situation sur place, poursuivent ces sources.

 

Lundi dernier, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende avait déclaré que des milliers de réfugiés avaient traversé la rivière Ubangi pour s’établir en RDC.

 

Il avait affirmé que les services congolais de migration et le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) contrôlaient tous les migrants en RDC pour s’assurer qu’ils ne portent pas sur eux des armes, précisant que des unités des FARDC et de la police avaient été déployées à Zongo pour désarmer tout celui qui demande l’asile en RDC.

 

«Ne sont entrés au pays que des personnes sans armes. Et nous ne pouvons pas refuser l’asile humanitaire à des personnes non armées », avait-il indiqué. Lambert Mende avait précisé que « s’il y a des criminels parmi eux, il y aura des mesures à prendre».

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 13:43

 

 

 

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27 March 2013 by Thierry Vircoulon

 

Thibaud Lesueur, Thierry Vircoulon, @TVircoulon

 

Le dimanche 24 mars 2013, la coalition rebelle de la Seleka a pris Bangui, la capitale de la République centrafricaine, et le président François Bozizé s’est enfui au Cameroun. Plusieurs soldats sud-africains ont été tués lors des combats qui les ont opposés aux rebelles de la Seleka aux portes de Bangui. Un de ses dirigeants, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président et a déclaré qu’il dirigeait la transition pour trois ans. L’Union africaine a imposé des sanctions sur les auteurs du putsch et incite les autres organisations internationales à faire de même.


Q: Qui est la Seleka?

 

La Seleka –alliance dans la langue nationale, le Sango – est une coalition de plusieurs groupes armés tels que l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK) regroupés au sein d’une plateforme politico-militaire à laquelle se sont greffés des combattants venus du Tchad et du Darfour. Cette coalition est descendue du Nord-Est de la Centrafrique pour arriver aux portes de la capitale, Bangui, à la fin du mois de décembre 2012.1


L’émergence de la Seleka est la conséquence directe du non-règlement du problème des groupes armés du Nord-Est de la République centrafricaine, de l’absence de programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) pour ces combattants et de la paralysie sécuritaire du pouvoir. Les dirigeants, les composantes et les revendications initiales de la Seleka, appartiennent depuis longtemps au paysage politico-sécuritaire centrafricain. En effet, le désarmement des combattants est prévu depuis les accords de Libreville en 2008 mais n’a jamais eu lieu par manque de volonté politique du régime en place. Les rebelles de la Seleka sont en grande majorité originaires du Nord-Est du pays, une région géographiquement reculée, historiquement marginalisée et quasiment vide d’Etat. Le manque de gouvernance dans les régions périphériques de la Vakaga et de la Haute Kotto, la perméabilité des frontières et les trafics en tous genres ont créé un terreau favorable à l’émergence et au développement des groupes armés, dont la Seleka est le dernier avatar.

 

Q: Comment expliquer la chute du régime de Bozizé et l’échec de la transition politique?

 

La transition politique a cessé avant même d’avoir commencé. L’accord de paix signé le 11 janvier 2013 à Libreville a été suivi de la nomination d’un gouvernement de transition le 3 février dont faisait partie la Seleka. La prise du pouvoir par les rebelles et ce revirement de situation s’expliquent par quatre facteurs :


Le sentiment général dans la classe politique centrafricaine que le président Bozizé ne tiendrait pas ses engagements pris à Libreville et mènerait une politique de blocage de la transition. Il a, par exemple, fêté les dix ans de sa prise de pouvoir le 15 mars 2013 en organisant une réunion publique à Bangui et en exhortant les jeunes à résister face à la Seleka. De même il avait imposé certains de ses proches réputés pour être des faucons dans le gouvernement de transition, reconstituait ses équipements militaires (hélicoptères) et tardait à libérer les prisonniers politiques.


Le mécontentement des commandants militaires de la Seleka à l’égard de l’accord de Libreville. Des commandants ont à l’époque reproché à Michel Djotodia d’avoir signé trop vite à Libreville et d’avoir négligé le sort des combattants créant des dissensions internes au sein de la coalition armée.


L’épuisement des soutiens régionaux de Bozizé. Lors de la réunion de Libreville, l’ex-président Bozizé a été sermonné par ses pairs de la région qui l’ont forcé à accepter nombre de concessions et lui ont reproché de ne pas avoir ouvert d’espace de dialogue avec l’opposition. L’absence de réaction de la Micopax (la Mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale en République centrafricaine) lors de l’avancée des rebelles sur Bangui peut être interprétée comme un abandon par la région.


L’effondrement programmé de l’armée centrafricaine. Celle-ci s’était déjà montrée incapable de s’opposer à l’avancée de la Seleka en décembre 2012 et l’ex-président Bozizé avait démis son fils, alors ministre de la Défense, et son chef d’état-major. Sous-équipée et démotivée, celle-ci n’était plus en état de combattre et les rebelles de la Seleka ont très vite pris conscience de leur ascendant militaire.

 

Q: Quelles sont les conséquences politiques et sécuritaires de la prise du pouvoir par la Seleka?

 

Actuellement la Centrafrique n’est ni gouvernée ni gouvernable. L’urgence est aujourd’hui d’ordre sécuritaire : il faut restaurer la sécurité à Bangui et dans le reste du pays. La structure hétérogène de la rébellion rend sa cohésion très fragile et on peut craindre que les dirigeants de la Seleka ne soient pas en mesure de contrôler l’ensemble de leurs troupes, comme l’attestent les pillages qui ont déjà eu lieu à Bangui. A la demande de la Seleka, des patrouilles de l’armée française et de la Micopax arpentent déjà les rues de la capitale, symbole des premières difficultés du nouveau pouvoir en place à faire respecter la loi et l’ordre. Sur le plan politique, la Seleka a tenu à envoyer des signaux positifs en conservant Nicolas Tiangaye, de l’opposition démocratique, au poste de Premier ministre, en tenant des discours d’ouverture y compris en direction des partisans de Bozizé et en s’engageant à respecter l’accord de Libreville de janvier 2013. Michel Djotodia, leader de la Seleka et président autoproclamé, a ainsi annoncé que des élections présidentielles seraient tenues en 2016 conformément aux accords de Libreville. Pour faire face à l’urgence, le leader de la Seleka n’a d’autre choix que de former un gouvernement très rapidement. La composition de ce gouvernement sera un premier indicateur du mode de gouvernance que veut instaurer la Seleka. Le 25 mars 2013, Michel Djotodia a suspendu la Constitution et annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, prévoyant de légiférer par ordonnance.


Enfin la prise du pouvoir par les rebelles a entrainé une forte réaction de l’Union africaine (UA) qui condamne fermement la Seleka en s’appuyant sur l’Acte constitutif de l’UA et la Déclaration de Lomé sur les changements anticonstitutionnels de gouvernements. En conséquence, l’UA a décidé de suspendre la participation de la RCA à ses activités et de prendre des sanctions ciblées telles que des restrictions de voyage et le gel des avoirs des principaux dirigeants de la Seleka au premier rang desquels figure Michel Djotodia. Par ailleurs, l’Union africaine appelle les autres organisations internationales à adopter la même approche.


Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les attaques sur Bangui et souligne que « les auteurs des violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire international doivent être tenus responsables de leurs actes ». La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité soutient la même position.


Les Etats Unis ont fait des déclarations similaires sur l’impunité, condamnent vivement « la prise de pouvoir illégitime de la Seleka » et envisagent de suspendre deux millions de dollars d’aide non humanitaire pour la Centrafrique.

 

Q: Quel rôle pour les pays de la région et l’Afrique du Sud dans la crise centrafricaine?

 

La Centrafrique abrite de nombreuses forces étrangères qui ne sont pas toutes impliquées dans cette crise et surtout n’ont pas toutes le même positionnement face aux événements en cours.2


Après avoir arrêté la Seleka en décembre, la région incarnée par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), semble avoir accepté la fin du régime de Bozizé. La Mission de consolidation de la paix (Micopax) déployée par la CEEAC ne s’est pas interposée lors de l’avancée des rebelles et ce nouveau coup d’Etat présente de nombreuses similitudes avec la prise de Bangui en 2003. A l’époque, c’est Bozizé qui avait bénéficié du consentement implicite des pays de la région et notamment du Tchad pour renverser le régime de son prédécesseur, Ange Félix Patassé. La position du Tchad dans ce conflit est pour le moins ambigüe et le pouvoir tchadien est soupçonné d’entretenir des relations coupables avec la Seleka. L’armée française a une mission de soutien de la Micopax et reste dans une posture de neutralité vigilante qui consiste à protéger l’aéroport et les ressortissants français.


Paradoxalement, l’Afrique du Sud a pris le parti de l’ex-président Bozizé dans cette crise au nom de la stabilité et d’un accord de coopération remontant à 2007. Les troupes sud-africaines déployées en janvier 2013 ont tenté de s’interposer lors de la prise de Bangui mais ont perdu une dizaine d’hommes. Il s’agit des plus lourdes pertes humaines dans une opération militaire extérieure depuis la démocratisation en 1994 et donc d’un sérieux revers pour la  politique étrangère de l’Afrique du Sud en Afrique. Pretoria n’a, pour le moment, pas évoqué l’évacuation de ses troupes mais le président Zuma a qualifié les rebelles de « bandits ».


Enfin, les troupes ougandaises sont au Sud-Est de la RCA, aux côtés des Américains, pour lutter contre l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony et les soldats tchadiens et soudanais présents au sein de la force tripartite, basée à Birao, assurent la sécurité dans la région de la Vakaga, au Nord-Est de la Centrafrique.


Le fait que l’armée sud-africaine se soit retrouvée seule à défendre Bangui démontre qu’il n’y a eu que peu de coordination entre les troupes étrangères présentes sur le territoire centrafricain qui évoluent en fonction des agendas de leurs capitales respectives.

 


 

 

1 Voir « Centrafrique : éviter une nouvelle bataille de Bangui ».


2 Pour une localisation des forces étrangères en Centrafrique, voir la carte interactive de l’International Crisis Group

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