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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:30

 

 

 

Bangui crise

 

Delaware, 30 mars 2013

 

Présidence de la transition en Rép Centrafricaine,

Monsieur le Premier Ministre de la transition,

Partis politiques,

Sociétés civiles,


Le Président Centrafricain issu des élections en 2016

 

Prenant acte de la situation qui prévaut en Rép Centrafricaine et en se basant sur certains failles avérés dans la gestion de la chose publique par vos prédécesseurs occasionnant des frustrations d'une frange de nos concitoyens, j'ai jugé utile de faire un ensemble de propositions tant bien que modestes mais susceptibles de vous orienter dans la réalisation de la tâche ardue qui vous attend dans la reconstruction d'une République unie, solidaire dans la paix et la cohésion sociable.

 

J'ai donc l'honneur de vous soumettre quelques recommandations que voici:

La mise sur rail de la Ligue Centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH), institution indépendante de tout pouvoir, dotée d'une liberté de parole dans la défense des Droits Humains;

La nomination aux hautes fonctions de l'Etat (Diplomates, Ministres, Directeurs Généraux, Préfets...) dans le respect d'un principe d'égalité entre régions de la Rep Centrafricaine ;

Le bannissement de certaines émissions qui prônent le culte de personnalité, à la radio et à la télévision et l'instauration des émissions sensibilisant le public à l’intérêt général, la démocratie, donnant la parole aux citoyens (micro- trottoir) capables de s'exprimer sur certaines questions touchant la société et en toute liberté

L'accès libre aux médias par les partis politiques, la liberté de manifester, de se rassembler, ainsi que la liberté d'expression reconnue aux Journalistes formés à cet effet.

La déclaration de patrimoines du président, des Ministres, et autres hautes personnalités de l'Etat (impôts, douanes..)avant toute accession aux postes à responsabilité.

L'instauration d'une Commission  Mixte (Finances, commerce, Douanes, La police, Justice) de Lutte contre la Corruption, efficace et dotée de moyens matériels et financiers, d'indépendance.

L'instauration d'une Haute Cours de Justice, d'un pôle financier et la formation des juges anti corruptions dotés de moyens suffisants (protections, financiers, matériel)et indépendants dans leur mission.

L'instauration au niveau des classes de Terminal toute série confondue des cours sur LA DEMOCRATIE-BONNE GOUVERNANCE ET DROITS DE L'HOMME (incluant les notions de la gestion de la chose publique, l’intérêt général, le principe d'égalité de tous devant les services publics...) et bien entendu la formation des formateurs devant être assurée dans ce sens par des institutions reconnues fiables et le squelette du cours ébauché par des experts.

L'éventualité d'un accord de partenariat entre les autorités centrafricaines et les institutions partenaires (ONU, CEEAC, PNUD...) pour la formation des cadres et membres des partis politiques dans le domaine DROITS DE L'HOMME-DEMOCRATIE (IDEES POLITIQUES) ET BONNE GOUVERNANCE assortie de la délivrance d'un certificat à l'issu de la formation.

La subordination de la reconnaissance officielle d'un nouveau parti politique aux conditions d'obtention de l'adhésion d'au moins cent (100) adhérents et sur présentation d'un certificat de formation à la DEMOCRATIE- DROITS DE L'HOMME ET BONNE GOUVERNANCE délivré par une institution reconnue à cet effet ;

La Création de MAISONS DE LA JUSTICE ET DE LA CULTURE dans les principales villes et quartiers du Bangui afin de sensibiliser les citoyens à leurs droits, à la culture, la démocratie et aux débats citoyens. Bien évidemment en utilisant des moyens appropriés ( documentaires et reportages vidéos et autres outils de sensibilisation). La formation assurée des formateurs, accompagnateurs et assistants sociaux à cet effet.

La création d'une ONG para-étatique à Bangui et des bureaux dans la sous-région spécialisée dans LA FORMATION A LA CREATION D'ENTREPRISE suivi d'un accompagnement personnalisé à la création d'entreprise . Formation accessible gratuitement à ceux(Vieux et Jeunes) souhaitant se mettre à leur compte. L'ONG devant être dotée d'une indépendance dans la gestion de cette formation;

La création d'une commission indépendante (regroupant société civile, représentant de régions et collectivités territoriales, ministères de la défense, Ministre de la sécurité publique) chargée des recrutements dans l'armée, la police, la douane en respectant un principe d'égalité de toutes les régions ; L'accent mis sur des séances de formation de nos soldats, douaniers, fiscs aux principes de droits humains, de la justice pour tous, le respect des institutions de la République, l'intérêt général.

La mise à disposition des centrafricains, dans le plus bref délai, par le pouvoir de transition, en l'absence d'acte fondateur (la constitution), d'une charte de BONNE GOUVERNANCE DANS LA JUSTICE ET L'EQUITE impliquant l'indépendance de la justice, la fin de l'impunité des forfaits commis par les membres de la famille du président, de sa garde rapprochée, des proches des membres du gouvernement , la transparence dans la gestion de la chose publique, le respect, la liberté et l'égalité de tous les centrafricains durant la période de transition.

 

Il s'est avéré que les hommes politique centrafricains et les différentes insurrections armées par divers procédés utilisés jusqu'alors pour arriver au pouvoir ne sont pas arrivés à sortir les Centrafricains et Centrafricaines de la situation désastreuse dans laquelle se trouve leur pays ; et ce, depuis le lendemain des indépendances. Il est donc temps que ces deux institutions (l'armée et les partis politiques) fassent des concessions pour sortir la Rép Centrafricaine de cette situation désastreuse. LE MOMENT EST VENU DE LES FAIRE

 

 

SILAKORO Jerry Aymeric

Etat du Delaware (USA)

+1 302-478-7410

 

 

 

Ampliation :

CEEAC

Président de la transition

Premier Ministre de la transition

Partis d'opposition Centrafricains

ONU

UA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:55

 

 

 

 

Ziguélé Martin

 

 

http://www.dreuz.info  29 mars 2013

 

Les rebelles de la coalition Séléka ont pris dimanche le contrôle de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Une nouvelle crise sur le continent, que le président du mouvement de Libération du Peuple Centrafricain Martin Ziguélé refuse d’attribuer à l’ancien colonisateur blanc.

 

Vieille idée tiersmondiste : les « frontières mal tracées par les colonisateurs »

 

Depuis le début des crises malienne et centrafricaine, et notamment depuis que la France est intervenue militairement contre les terroristes islamistes du Nord-Mali, une vieille idée tiers mondiste ne cesse de resurgir selon laquelle tous les maux de l’Afrique seraient dus aux « frontières mal tracées par les colonisateurs », grands coupables. 

 

Selon cette thèse, l’ignorance des différences ethno-religieuses serait la vraie cause des crises, du Mali au Soudan, en passant par le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou même la République centrafricaine (RCA), pays qui a fait la une de l’actu depuis que, le 24 mars dernier, les rebelles de la Séléka ont pris la capitale Bangui et renversé le président Bozizé, accusé de ne pas avoir respecté les accords de Libreville de janvier 2013. 

 

Pas un Etat au monde a des frontières parfaitement dessinées

 

 

Cette idée du « nécessaire redécoupage des frontières », véhiculée tantôt par les chrétiens-animistes du Soudan du Sud (coupé du Soudan du Nord, arabo-musulman, qui a persécuté les sudistes chrétiens durant des décennies), tantôt par les indépendantistes musulmans touaregs du Nord Mali, est fortement combattue par certains dirigeants africains, tel Martin Ziguele, ex-Premier ministre de la République de Centre-Afrique (RCA) et président du mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (premier parti d’opposition). Pour Ziguele, en effet, il « n’existe pas dans le monde un seul cas d’Etat dont les frontières aient été parfaitement dessinées ». « Le premier mal de l’Afrique n’est donc pas celui de frontières ‘mal tracées’, idée simpliste et trop facile, mais la mauvaise gouvernance et la gabegie ». Pour Ziguele, qui pourrait dans quelques mois être un candidat de poids à la présidence du pays, après une période de transition, « de même qu’il existe un ‘stress test’ pour les banques, il en existe un pour les Etats, or les Etats d’Afrique n’ont pas résisté aux chocs politiques, économiques ou militaires, car ils sont mal gouvernés ». Nul intérêt, par conséquent, de dénoncer la « faute originelle des colonisateurs blancs », car le vrai problème de l’Afrique d’aujourd’hui est que les dirigeants africains « n’ont pas su gérer des territoires et des Etats hérités de la colonisation, qu’ils ont laissé sombrer en déliquescence, faute de conscience nationale et de préparation politique ». L’urgence est donc de « confier ces Etats à des leaders compétents décidés à créer de véritables nations autour de valeurs partagées. Le problème est moins la façon dont ont été dessinées les frontières que l’absence de construction de nations dans ces Etats mal gérés ».

Et pour répondre à ceux qui veulent donner aux Touaregs du Nord-Mali un Etat indépendant et affirment que tous les Etats africains devraient être redessinés, Ziguele répond que « même si on redécoupait de nouveaux Etats pour chaque groupe ethno-religieux, les problèmes de mauvaise gestion resteraient, et il est en plus impensable de créer des micro Etats pour chaque ethnie, puisque l’on en dénombre plus de 100 au Cameroun et 300 au Nigeria… ! Aussi imparfait qu’il soit, le vieux principe d’intangibilité des frontières a tout de même plus limité les conflits qu’il n’en a déclenché selon Ziguele, et le problème fondamental de l’Afrique demeure la mal-gouvernance ».

 

Concernant la crise au Mali, l’ex-Premier ministre répond à ceux qui estiment que l’islamisme terroriste est un« faux problème », que dans cet Etat fragile, « une forme de racisme s’est appuyée sur l’extrémisme religieux non pas pour « libérer le nord-Mali » mais pour détruire tout Etat de droit ». Cette menace terroriste et criminelle (Boko Haram au Nigeria, AQMI au Mali, etc) est selon lui « un vrai danger pour tout l’arc ouest-africain et sub-saharien », du Mali au Tchad, en passant par la Côte d’Ivoire, le Niger, le Nigeria. AQMI, le MUJAO et Ansar-Dine au Mali, ou Boko Haram (Nigeria-Cameroun), à l’origine de massacres de chrétiens et de prises d’otages, notamment français et occidentaux, est selon Ziguele « une des principales menaces des Etats africains, car même les pieux musulmans maliens, sénégalais ou tchadiens sont effrayés par l’islamisme radical », et pas seulement les chrétiens ou les animistes noirs, victimes de Boko Haram au Nigeria ou des milices nord-soudanaises islamiques et de l’armée de Khartoum au Sud-Soudan.

 

Si les islamistes terroristes avaient réussi au Mali ou ailleurs, ce serait donc une « véritable catastrophe », comme on l’a vu en Somalie, par exemple, avec les Shébab et les ‘tribunaux islamiques’, qui ont mis ce pays de la Corne-Est de l’Afrique à feux et à sang, jusqu’à ce que le Kénya et l’Ethiopie, eux aussi menacés, interviennent militairement contre les terroristes qui mettaient en danger toute la région.

 

Cette menace islamo-terroriste doit donc « être éradiquée », selon Martin Ziguele, qui refuse pour cela de condamner l’intervention française au Mali, malgré ses convictions « anti—impérialistes ». Pour lui, il n’est pas du tout surprenant que l’intervention française ait été saluée par tous les Etats de la région, ceci « après les échecs successifs des Etats Africains de la CEDEAO qui n’ont pas su s’entendre concrètement et s’organiser ».

 

Aucune solution pour l’avenir ne pourra donc se résumer à dénoncer le bouc-émissaire occidental. La seule issue responsable pour l’avenir de l’Afrique consistera au contraire de mettre au pouvoir des élites saines et préparées. Pour Ziguele, « il est irresponsable de dire tout le temps que nos problèmes viennent de l’extérieur, il faut faire fasse face à nos problèmes et responsabiliser les Africains, notamment à travers la coopération dans le cadre de l’Union africaine ». Il n’y a donc pas malédiction de l’Afrique, selon Ziguele, car « si jadis, au petit séminaire, nous étions émus d’apprendre qu’en Chine ou en Inde, des milliers de gens mouraient de faim, aujourd’hui, ces pays figurent dans le peloton de tête ! ». « L’Afrique avec ses ressources incroyables humaines et naturelles, peut faire de même si elle le décide et si elle s’organise ».

 

© Alexandre Del Valle

 

Source : http://www.atlantico.fr

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:52

 

 

 

Djoto-Droko.jpg

 

 


BANGUI AFP / 30 mars 2013 15h03 - Le nouvel homme fort de Centrafrique, Michel Djotodia, a affirmé samedi, lors d'un discours public à Bangui, qu'il remettra le pouvoir en 2016, au terme d'une période de transition de trois ans et appelé à l'union et à la tolérance.

 

Je demande à Dieu tout-puissant de nous donner la force et l'intelligence à moi et mon Premier ministre (...) de bien gérer la Centrafrique pendant les trois ans à venir. Nous allons remettre le pouvoir à celui qui viendra nous succéder, a-t-il déclaré en sango, la langue nationale, devant 2.000 à 3.000 personnes venues manifester leur soutien au nouveau régime.

 

Dans une allusion aux anciens dignitaires du régime de François Bozizé, il a lancé un appel patriotique et fraternel à tous ceux qui ont pris le chemin de l'exil de revenir au pays. Il n'y aura pas de chasse aux sorcières car nous devons ériger la tolérance, le pardon et le dialogue en méthode de gestion des affaires de l'Etat.


Après une première offensive de la rébellion en décembre, un accord de paix avait été signé le 11 janvier à Libreville entre le pouvoir, la rébellion et l'opposition prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale.


Selon cet accord, les hommes qui conduisent la transition du pays ne peuvent se présenter au scrutin présidentiel de 2016.


« Je lance un vibrant appel à l'endroit de la communauté internationale, aux pays amis et particulièrement à la France pour une assistance humanitaire en faveur des populations », a ajouté M. Djotodia. La veille, il avait insisté sur le rôle de l'Union européenne, qui nous donne 80% des aides extérieures.


Le président a également mis en garde les auteurs de pillages et destruction de biens, qui seront traduits devant les instances compétentes.


J'espère être le dernier chef rebelle président de la Centrafrique, a lancé M. Djotodia. Auparavant, il s'était exprimé en français, soulignant: si nous nous retrouvons à la tête de l'Etat, ce n'est pas, croyez-moi, par une quelconque ambition politique mais par devoir national.

 

Dès la prise de la capitale par le Séléka, Michel Djotodia s'était posé en nouveau maître du pays. Cet ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion a expliqué qu'il comptait diriger la Centrafrique pendant trois ans, jusqu'à l'organisation d'élections.

 

Annonçant la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale, il a précisé qu'il allait légiférer par ordonnances.


Le Premier ministre issu de l'opposition, Nicolas Tiangaye, qui dirigeait le gouvernement d'union nationale depuis deux mois, a été reconduit dans ses fonctions mercredi par M. Djotodia.

 

Evoquant l'insécurité qui règne dans le reste du pays, il a assuré que dans deux à trois mois, nous allons chasser la LRA (Armée de résistance du Seigneur, mouvement rebelle ougandais particulièrement sanglant) du pays.



M. Djotodia a appelé tous ceux en brousse qui connaissent des gens qui commettent des exactions à leur demander de cesser, faisant référence à la LRA, aux coupeurs de route ainsi qu'aux éléments rebelles isolés.



(©) 

 

 

 


Centrafrique: Michel Djotodia promet de rendre le pouvoir dans trois ans

 

RFI samedi 30 mars 2013

 

En République centrafricaine, le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, a laissé entendre hier, vendredi 29 mars, en conférence de presse, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle prévue en 2016. Ce samedi matin, il a été encore plus clair : il a affirmé que dans trois ans, il allait remettre le pouvoir à quelqu’un d’autre.

 

Avec notre envoyé spécial à Bangui

 

 

Etait-ce son ambition initiale ou bien le fruit des pressions en interne et de la communauté internationale ? Difficile à dire, mais Michel Djotodia l’a cette fois clairement annoncé : il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Ce samedi matin, dans une déclaration en Sango, la langue nationale, il a demandé à Dieu de lui donner la force et l’intelligence de diriger la République centrafricaine pendant les trois ans à venir et après, promet-il, quelqu'un d’autre viendra prendre la relève.

 

Cette annonce a été faite devant plusieurs milliers de Banguissois, mobilisés ce matin dans le centre-ville pour une manifestation de soutien aux nouvelles autorités. Des officiels de la Seleka, le Premier ministre, des ministres de toutes tendances, y compris pro-Bozizé, des jeunes, des vieux, des femmes, des handicapés, le collectif des victimes de licenciement abusif, des diplômés sans emploi, le président des pauvres qui ne l’est pas tant que ça, des danseuses aux hanches tournoyantes, ont pu également entendre Michel Djotodia prendre d’autres engagements.

 

Le nouvel homme fort centrafricain a une nouvelle fois lancé un appel à la concorde religieuse et politique. Il a également réitéré son engagement à rétablir la sécurité et promis de chasser la LRA, l’Armée de résistance du seigneur, du pays d’ici trois mois.

Une semaine après son coup de force, Michel Djotodia multiplie les déclarations de bonnes intentions. Il lui faudra désormais les concrétiser par les actes.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:50

 

 

 

Djotodia.jpg

 

 

http://www.leparisien.fr   30.03.2013, 12h48

 

Une manifestation de soutien au nouveau pouvoir centrafricain était organisée samedi matin à Bangui, aux mains des rebelles depuis une semaine et qui attendait la nomination du gouvernement dans une situation normalisée.


Entre 2.000 et 3.000 personnes ont défilé jusqu'à la place centrale de Bangui, où devaient se rendre le président auto-proclamé Michel Djotodia et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. 

"Qui fier comme Séléka", scandaient les manifestants, de toutes confessions, qui avaient répondu à l'appel du Séléka. Des rafales étaient tirées en l'air.


"Nous avons tant souffert depuis (l'empereur) Bokassa. Nous les musulmans on n'a fait que souffrir, maintenant le jeu est fini, nous sommes tous égaux",clame Théodore Gangui, un commerçant qui brandit une pancarte "Game over".


Pour Gratien Elmon, étudiant chrétien de 18 ans, "c'est la joie, la dictature est terminée, le pouvoir de la famille Bozizé est terminé, la vie va changer!".


De confession musulmane, Djotodia avait voulu rassurer certains de ses concitoyens vendredi, en se faisant le défenseur d'un "Etat laïc": "je ne suis pas venu pour les musulmans, (...) je suis venu pour tout le monde".


Après plusieurs jours de pillages, un calme relatif est revenu dans les rues du centre de la capitale, globalement sécurisé par les patrouilles mixtes des rebelles et des éléments de la force africaine régionale. Ce retour à la normale devrait être facilité par le week-end de Pâques.


Situation sanitaire difficile


Selon un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, Albert Yomba Eyamo, 78 corps ont été "ramassés" dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale par la rébellion du Séléka.


La situation sanitaire reste difficile dans certains quartiers, plus particulièrement dans les hôpitaux, du fait des coupures d'eau courante, d'électricité, et du manque d'approvisionnement en carburant.


De nombreux ressortissants français ont quitté le pays jeudi par un vol commercial d'Air France, même si aucune consigne d'évacuation n'a été donnée par les autorités françaises.
Sur le plan politique, les Centrafricains restaient toujours dans l'attente de la nomination d'un nouveau gouvernement, une semaine après la fuite au Cameroun du président François Bozizé.


Reconduit mercredi par M. Djotodia, le Premier ministre Tiangaye, qui dirigeait le gouvernement d'union nationale depuis deux mois, a promis que toutes les tendances politiques seraient représentées dans son cabinet de "transition".


Après une première offensive du Séléka en décembre, un accord de paix avait été signé le 11 janvier à Libreville entre le pouvoir, la rébellion et l'opposition prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale.


Dénonçant la "mauvaise volonté" de Bozizé à appliquer certaines clauses de cet accord, les rebelles avaient repris les armes il y a une dizaine de jours et entamé leur marche victorieuse sur Bangui.


Nouveau président auto-proclamé du pays, Michel Djotodia, un ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion, a déclaré qu'il comptait diriger la Centrafrique pendant "trois ans", jusqu'à l'organisation d'élections.


Annonçant la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale, il a précisé qu'il allait "légiférer par ordonnances".


Il a laissé entendre vendredi qu'il ne participerait pas à la présidentielle de 2016.
"Nous allons agir selon l'esprit des accords signés à Libreville",stipulant "que ceux qui seront à la commande de ce pays ne vont pas se présenter à l'élection présidentielle", a-t-il affirmé.


Un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la Centrafrique se tiendra le 3 avril à N'Djaména, au Tchad. Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé qu'il s'y rendrait, après un hommage aux 13 soldats tués en tentant d'empêcher les rebelles d'entrer dans Bangui dimanche.

 

 

 

Centrafrique: pillages à Mbaïki

RFIvendredi 29 mars 2013

 

Les habitants de Mbaïki, dans la préfecture de Lobaye, évoquent depuis trois jours des pillages commis par des éléments identifiés comme étant des membres de la Séléka. Le défi de la sécurité à Bangui mais également dans tout le territoire centrafricain constitue une des priorités du nouveau président autoproclamé, Michel Djotodia. Lors de sa première conférence de presse, vendredi 29 mars, il a affirmé que ses troupes de la Séléka continuaient à sécuriser Bangui, la capitale, mais aussi l’intérieur du pays.

 À Mbaïki, des pillages ont eu lieu dans la préfecture, la mairie, le Trésor public, l’hôpital, les commerces et même dans les résidences privées. Joint par RFI, vendredi 29 mars dans l’après-midi, un habitant affirmait que les pillages étaient toujours en cours et dénonçait l’absence de soutien des autorités qui, selon lui, ont quitté la ville.

 

Face à ce climat d’insécurité, une équipe de la Séléka s’est déplacée à Mbaïki pour transférer vers Bangui quatre ressortissants français et trois ressortissants belges qui se sentaient menacés, sans toutefois savoir s'il s'agissait des éléments de la Séléka ou bien des Forces armées centrafricaines (Faca).

 

De leur côté, des militaires français sont, quant à eux, partis extraire une dizaine de ressortissants français dans la localité de Batalimo, également dans la Lobaye.

 Le défi de la sécurité : une des priorités

 Face aux pillages qui ont semé également la panique à Bangui, après la chute du président François Bozizé, et face à une situation humanitaire qui s’aggrave, le nouvel homme fort de la République centrafricaine, le chef rebelle Michel Djotodia, s’efforce de ramener l’ordre.

 

 Michel Djotodia   Président autoproclamé de la République centrafricaine.

Par Hippolyte Donossio / RFI

« Nous sommes en mesure de sécuriser tout le pays »

 

Lors de sa toute première conférence de presse après son coup de force de dimanche dernier, Michel Djotodia a précisé, vendredi 29 mars, que le défi de la sécurité était une des priorités affichées du nouveau pouvoir. Il a notamment affirmé que ses hommes y travaillaient, à commencer par la capitale centrafricaine mais aussi à l’intérieur du pays.

 Par ailleurs, il a évoqué la possibilité de demander l’aide de la France et des Etats-Unis pour réformer l’armée.

 De son côté, la Croix-Rouge centrafricaine a fourni vendredi un bilan humain, en annonçant qu’elle avait retrouvé 78 corps dans les rues de la capitale, depuis la prise de Bangui, le 24 mars. Elle a également qualifié de « catastrophique » la situation notamment des hôpitaux de Bangui qui manquent toujours d’eau courante, d’électricité en continu et bientôt de carburant.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:43

 

 

 

 

Mackpayen-Centro-et-consorts.png

Le Centrafricain MACKPAYEN ici à l'extrême droite

 

 

geole-camp-de-Roux.jpg 

geôle camp de Roux 



Par Cyril Bensimon RFI samedi 30 mars 2013

 

 

Le Centrafricain Mackpayen est ce samedi 30 mars l'invité de RFI. Il a passé cinq mois dans les geôles du camp de Roux, accusé d’atteinte à la sûreté de l’état. Il a été libéré dimanche 24 mars lorsque la Seleka a pris Bangui. Il raconte au micro de notre envoyé spécial Cyril Bensimon cette détention infernale.

 

RFI : Le Centrafricain Mackpayen, comment allez-vous ?


Le Centrafricain Mackpayen : Je souffre un peu. J’ai mal partout, dans le corps. Je ne sais pas ce que j’ai, après tout ce que j’ai subi. Mais comme vous me voyez, je me porte bien.


On voit que sur vos mains la peau s’en va. Quelle en est la cause ?


C’était très, très dur au camp de Roux. On était enfermés. Parfois, il n’y avait pas d’eau pendant plusieurs jours et la peau s’enlevait sur tout le corps.


Combien étiez-vous dans votre cellule ?

On était neuf dans ma cellule, parfois douze dans une cellule prévue pour une seule.


Comment faisiez-vous, par exemple, pour dormir dans de telles conditions ?

On se relayait. Il y en qui dormaient une heure, il y en a qui restaient debout. Et on s’entendait très, très bien. On savait qu’on était des prisonniers personnels de Bozizé.


Qui était avec vous dans cette cellule ?

J’étais avec quelques Nigériens, avec un douanier centrafricain, un Ukrainien qui était à Bangui pour quelques heures – un trafiquant – et un Portugais.


Est-ce qu’il y avait également des prisonniers politiques ?

Il y avait un prisonnier, un ancien ministre, monsieur (Michel) Koït. Je l’ai vu par la fenêtre de ma cellule quand la Seleka est entrée au camp de Roux et que la garde présidentielle fuyait. Il s’est enfui par la montagne, dans la brousse.


Et vous-même, comment avez-vous fui ?

On ne pouvait pas fuir. On était là, on était enfermés. Donc, c’est la Seleka qui nous a libérés.


Vous vous attendiez aujourd’hui à être en vie ?

Moi, je pensais que c’était fini pour moi.


Comment se passait la vie en cellule au camp de Roux ?

Au camp de Roux, on était enfermés 24 heures sur 24. Quand nous sommes arrivés au camp de Roux, il y avait des gens qui étaient déjà là-bas, des gens qui sont restés deux ans sans voir la lumière du jour. Donc, les gens ne sortaient pas. On était enfermés.

On donnait le café noir le matin, la nourriture passait une fois dans la journée vers 13/14 heures. Et c’était immangeable. On faisait avec.


Et comment se comportaient les geôliers avec vous ?

C’était nos bourreaux ! Ils faisaient ce qu’ils voulaient. Ils entraient même avec les armes. Ils agressaient, ils tapaient, ils faisaient sortir les gens. Les prisonniers, ils les tapaient. Même ceux qui étaient blessés, ils ne pouvaient pas aller à l’hôpital. Donc, dans la cellule, on s’arrangeait pour nous entraider.


Est-ce qu’il y a eu des personnes qui sont décédées dans votre cellule pendant vos cinq mois de détention ?

Des personnes qui sont décédées pendant que j’étais là-bas, dans ma cellule, non. Mais des personnes qu’on amenait et qu’ont faisait sortir pour les amener vers une destination inconnue, oui. Et on ne les revoyait plus.


Finalement, pourquoi avez-vous été incarcéré au camp de Roux ?

J’ai été arrêté pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Moi, je suis un opérateur économique. Je suis diamantaire.

En 2008, le président de la République avait pris un décret, pour fermer la plupart des bureaux d’achat de diamants. Mais pas « fermer », parce qu’il avait organisé un braquage sur le plan national. Presque tous les diamantaires ont été braqués !

On s'est demandé pourquoi puisque tout le monde était en règle sur le plan fiscal. Après, on a écrit pour demander où étaient partis tous ces diamants saisis. C’était ça, le début du problème. Je suis revenu en 2012 pour reprendre mes activités. Mais j’ai été encore arrêté. C’est pour ça que je suis resté six mois en prison.


Mais tout de même, vous étiez en contact avec des personnalités proches de la rébellion ?

La rébellion, pour la plupart, ce sont des anciens diamantaires, des opérateurs économiques. On était en contact.


Donc vous confirmez, quand même, que vous étiez dans un complot contre François Bozizé ?

Monsieur Bozizé devait partir ! Et nous sommes très, très heureux aujourd’hui. Il fallait qu’il parte ! Mon arrestation n’a pas de rapport avec la rébellion, puisque la rébellion a commencé après mon arrestation. Mais mon arrestation, c’est parce que je réclamais les diamants que monsieur Bozizé avait saisis.


Aujourd’hui, vous pensez avoir eu beaucoup de chance d’être en vie ?

Dieu merci, je suis en vie. J’ai eu beaucoup de chance, parce que beaucoup de gens n’ont pas eu cette chance. Il y a certaines personnes que je connaissais, qui sont parties comme ça ; des pères de famille, des enfants que je voyais, qu’on amenait au camp de Roux. Je dis « des enfants » parce qu’ils étaient mineurs. Il y a des garçons qui avaient 13-14 ans qui ont disparu. Moi, j’ai eu beaucoup de chance. Et je remercie Dieu pour cela.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:41

 

 

 

 

éléments Séléka vers Sibut

 

 

http://www.lepoint.fr  30/03/2013 à 13:05

 

Avec l'arrivée au pouvoir en Centrafrique de rebelles en majorité musulmans, beaucoup craignent des affrontements "inter-religieux", malgré les déclarations apaisantes du nouvel homme fort Michel Djotodia. 

 

"On est assis sur une bombe. Un mauvais sorcier peut faire exploser la maison. Je ne veux pas qu'on relativise le problème", s'inquiète Mgr Dieudonné Nzapalainga, l'archevêque catholique de Bangui.

 

Michel Djotodia, président auto-proclamé depuis une semaine et premier dirigeant musulman du pays, a rappelé vendredi: "La République centrafricaine est un Etat laïc. Que ce soient les chrétiens et les musulmans, ils vivent dans un Etat laïc. Il est bien vrai: je suis musulman, mais je dois servir ma patrie, tous les Centrafricains".

 

"Je ne suis pas venu pour les musulmans, je ne suis pas venu seulement non plus pour les chrétiens (...) je suis venu pour tout le monde", a souligné M. Djotodia.

 

Il a reconnu toutefois que "certaines personnes mal intentionnées ont voulu drainer le pays vers un conflit inter-religieux".

 

Depuis le début de l'offensive en décembre du Séléka jusqu'à la prise de Bangui, la religion de ses combattants a souvent été mise en cause par le régime de François Bozizé, qui a notamment accusé les rebelles de "prêcher le wahhabisme", une interprétation ultra-conservatrice de l'islam proche du salafisme, ou carrément d'être des "terroristes musulmans".

 

Les comités d'auto-défense des partisans du président Bozizé, qui avaient érigé des barrières en ville pendant la crise, s'en sont régulièrement pris aux musulmans banguissois, les assimilant aux rebelles.

 

D'un autre côté, les rebelles se sont appuyé sur la communauté musulmane qui organisait régulièrement des collectes de soutien. Lors des pillages, les biens des musulmans ont été épargnés quand ceux de chrétiens étaient saccagés, donnant l'impression d'un conflit religieux à peine masqué.

 

L'image de milliers de musulmans scandant "Allah Akbar" (Dieu est grand) lors de l'arrivée de Michel Djotodia, à la grande mosquée de Bangui pour la prière du vendredi a aussi "choqué" certains chrétiens, selon un Banguissois.

 

"Nous ne sommes plus chez nous. Ils pillent nos biens et ceux-ci sont ensuite revendus par des musulmans qui les exportent vers le nord (Tchad et Soudan)", affirme un habitant du centre-ville sous couvert d'anonymat.

"Ils disent: +c'est notre tour maintenant. On va vous faire payer", explique une habitante du quartier Benz-Vi.

Aujourd'hui, la Centrafrique, 5 millions d'habitants, compte 45% de protestants, 35% de catholiques, 15% de musulmans, majoritairement originaires du nord d'où vient la rébellion, et 5% d'animistes. Ils ont toujours cohabité sans problème majeur.

 

Le Pasteur Nicolas Guere Koyame, à la tête de l'Alliance des Évangélistes en Centrafrique estime qu'il y a un "chantage" à éviter, qui consiste à dire qu'avec "un musulman au pouvoir, on va islamiser le pays".

 

"Les nouvelles autorités (...) ne sont pas là pour un but religieux mais un but politique. Elles doivent présenter leur programme politique pour convaincre la population", précise-t-il.

 

L'imam Oumar Kobline Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, juge pour sa part: "Il ne faut pas casser cette cohabitation que nous avons depuis plus de 50 ans".

 

"Je demande aux musulmans de ne pas dire +Aujourd'hui, c'est notre tour+. Il n'y a pas un tour, nous sommes tous des Centrafricains. Les dirigeants du Séléka doivent tenir compte des principes de l'islam (...) L'islam n'encourage pas la division, ni les vols ni les pillages", poursuit-il.

 

"Que le comportement de certains éléments Séleka ne donne pas raison à ceux qui ont voulu faire de ce changement un problème religieux, parce qu'hier des gens ont fait l'amalgame religieux disant qu'ils venaient imposer le wahhabisme ou l'islamisme", conclut-il.

 

Mgr Nzapalainga refuse aussi "l'amalgame": "Le départ de la crise n'est pas religieux mais politique. Or en cours de route, des paroles, des gestes à l'égard des communautés chrétiennes ont fait penser qu'il s'agit d'une crise religieuse."

 

Des analystes militaires mais aussi politiques et diplomatiques soulignent que l'islam pratiqué par le Séléka les inquiète moins que l'absence de l'Etat et le vide sécuritaire, qui, associé à la pauvreté, pourrait favoriser l'implantation de groupes radicaux venus de la bande sahélienne ou des islamistes nigérians de Boko Haram.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:30

 

 

 

 

Djotodia-2.jpg

 

 

Par Reuter  29/03/2013 à 17:54

 

Le président centrafricain autoproclamé, Michel Djotodia, a annoncé aujourd'hui son intention de réviser les contrats miniers et pétroliers conclus par le gouvernement de son prédécesseur François Bozizé.

 
Interrogé sur les licences d'exploitation accordées par le président déchu à des sociétés chinoises et sud-africaines, le chef du mouvement rebelle Séléka, qui a pris le contrôle de la capitale Bangui dimanche dernier, a répondu : "Je vais demander aux ministres concernés de regarder si les choses ont été mal faites, d'essayer de mettre de l'ordre." Les mines centrafricaines produisent notamment de l'uranium, de l'or et des diamants.

Michel Djotodia a par ailleurs déclaré qu'il allait demander à la France d'entraîner les forces armées centrafricaines, dont l'ensemble des commandants lui ont prêté allégeance hier.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 01:20

 

 

MAIRE-logo.JPG

 

 

 

 

Le 24 mars 2013, soit dix ans, jour pour jour après la prise du pouvoir par le général François Bozizé, la République centrafricaine connaissait un changement de régime. Cette révolution acclamée par la population mettait ainsi fin à la dictature bozizéenne.


François Bozizé, qui s’était présenté aux centrafricains le 15 mars 2003 comme le sauveur, après avoir renversé Ange Félix Patassé, allait plus tard revêtir le manteau d’oppresseur oubliant sa promesse : « Je suis venu sauver le peuple centrafricain. Et après, ma mission s’arrête là. » Mais les aléas de la politique et les ambitions personnelles en décidèrent autrement et cet ardent chrétien, qui entourait son pouvoir de références religieuses, annonça en décembre 2004 qu’à l’appel du peuple, il n’avait « d’autre choix que d’obéir » et de se présenter à l’élection présidentielle de 2005. Vox populi vox dei, dit le latin. Le général putschiste qui n’aura pas compris que la voix du peuple, qui n’est pas la sienne, est la voix de Dieu l’apprendra à ses dépens. Michel Djotodia prenait ses responsabilités pour écourter la souffrance du peuple centrafricain.

 

La France, pays colonisateur en prenait acte et la communauté internationale condamnait mollement cette révolution des œillets à la centrafricaine ; un message qui laisse transparaitre clairement que Michel Djotodia est arrivé en libérateur.

 

Néanmoins, en réactions aux actes de pillages, des sanctions ont été prises par les États-Unis d’Amérique notamment la révision de leurs soutiens financier à la République Centrafricaine ;

L’Union Africaine a également sanctionné, selon ses principes, les artisans de la révolution, pis, elle a suspendu le pays de ses instances.

 

On ne bat pas un bébé affamé qui pleure.

 

Considérant que la République Centrafricaine sort d’un coma ;

Vu que les populations sont suffisamment éprouvées par des années de paupérisation galopante ;

Observant que les sanctions de ce genre n’ont jamais rien résolu en Afrique et notamment en pareille situation, et que de surcroit ce sont les populations qui en payent le lourd tribut ;

 

Le MAIRE recommande la levée immédiate de toutes les sanctions pour permettre au peuple centrafricain d’amorcer dans la quiétude et la sérénité les défis nouveaux et se tourner résolument vers la dynamique de cohésion nationale qui sera lancée par la Séléka.

 

Par ailleurs, nous exhortons les bailleurs de fonds à voler urgemment au secours de cette nation convalescence pour lui éviter une « hémorragie ».

 

Certes, Jean Ping, l’ex président de la commission de l’Union Africaine disait : « Il n’y a pas de bon coup d’État » mais l’antithèse de cette affirmation nous amène à soutenir que face

  

 

à l’assassinat de la démocratie, les coups d’État ne peuvent que se relever démocratiques surtout quand ils ont l’onction du peuple dans sa majorité tel que fut le cas en Côte d’Ivoire

le 24 décembre 1999 quand le Général Ibrahima Coulibaly dit IB, évitait à notre pays le chaos.

 

En conséquence, au nom du Mouvement d’Actions pour l’Intégration et le Renouveau (MAIRE), nous voudrions saluer cette prise de responsabilité de la Séléka et lui apporter notre soutien inconditionnel.

 

Aussi, voudrions-nous encourager Michel Djotodia à rapidement amorcer les grands défis qui l’attendent ; la sécurité des personnes et des biens, la réconciliation et surtout le respect des accords de Libreville, gage de l’unité nationale.

 

Toutefois, et en définitive, considérant que l’histoire est un témoignage, et que c’est dans l’adversité, mais aussi dans l’exercice du pouvoir et de ses responsabilités que les hommes révèlent leur nature profonde, nous voudrions encourager Son Excellence Michel Djotodia à respecter ses promesses jusqu’à la fin de sa mission, car comme le dit la Sainte Bible : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu […] En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. », d’où la puissance de la parole qu’il ne faut jamais trahir.

 

 

Vive l’Afrique digne et libre,

 

Dieu bénisse la République centrafricaine

 

 

 

Fait à Accra, le 27 Mars 2013

Pour le MAIRE

Le président

Ex Porte-parole et chef du cabinet privé du

Général Ibrahima Coulibaly dit IB


Ben Rassoul TIMITE

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 01:01

 

 

 

Bozizé heberlué

 

 

http://www.cameroonvoice.com   29/03/2013 00:36:19

 

Tout règne a une fin mais toutes les fins de règne n’ont pas la même signification.

 

 

Dimanche 24 Mars 2013, la nouvelle de la chute du Général Bozizé, devenu Président de la République Centrafricaine (RCA), par la volonté de la France de Chirac en 2003 et réélu (sic) avec plus de 66% en 2011 avec le soutien indéfectible de la France de Sarkozy, est tombée comme on pouvait si attendre. 

Plusieurs leçons peuvent être tirées de cette situation de coups d’état devenus trop fréquents, notamment, dans les pays africains francophones.

 

Premièrement, c’est encore la France qui est à l’origine de ce putsch car le pouvoir ayant changé de main dans l’ex-métropole, les Chefs d’Etat africains placés par la droite française pourraient subir le renversement de leur régime par les autorités actuelles françaises. C’est à croire que c’est devenu un challenge pour les responsables politiques français de faire et défaire les responsables politiques africains selon leur bon vouloir.

Ces Chefs d’Etat africains, considérés comme des Sous-Préfets de la France, peuvent être « démis » de façon bruyante ou sournoise par des coups d’état orchestrés par l’Hexagone.


Deuxièmement, les Chefs d’Etat africains de l’espèce de Bozizé doivent apprendre que la parole de Dieu enseigne qu’il ne faut point placer sa confiance en l’homme; comme pour dire à ces dirigeants africains que leur sécurité ne doit pas être confiée aux soldats d’un autre pays. Qu’espérait Bozizé en confiant sa sécurité à des militaires tchadiens ou à une armée sous-régionale dont l’équipement est fourni par la France? Il a suffi qu’il ne soit plus en mesure d’assurer la garantie des intérêts de cette France pour qu’il soit chassé comme un malpropre qui détale comme un lapin. 


La culture du patriotisme doit être inculquée aux peuples africains, à tous les niveaux, pour faire barrage à l’ennemi commun. L’exemple de la lutte des vietnamiens contre la grande armée américaine et celui des algériens contre les français doivent faire école pour les nations en quête de leur véritable indépendance.


Troisièmement, selon la parole de Dieu, l’ennemi vient du Nord. Le danger en RCA est venu du Tchad que la France utilise pour s’accaparer de grandes superficies de forêt, comme le Burkina Faso est utilisé par la France pour s’emparer en Côte d’Ivoire, particulièrement à l’Ouest, des grandes plantations et du sous-sol très riche en minerais. Ces grandes superficies de forêt sont aussi pour des intérêts français. Il s’agit encore d’utiliser les nègres de service pour faire le sale boulot. Evidemment, la jalousie, la convoitise, la voracité de certains pays et dirigeants africains se trouvent ainsi assouvies. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, il s’agit du Burkina Faso et dans celui de la RCA, du Tchad.


Quatrièmement, la fuite de Bozizé montre que ces dictateurs africains manquent de patriotisme et sont de véritables couards, sans aucune formation ni assise politique. Ils ne rechignent pas à martyriser leurs populations pour les intérêts des impérialistes occidentaux mais à la moindre pétarade, détalent comme des rats ou sautent des murs mitoyens pour se réfugier dans des ambassades ou ailleurs. Les africains ne doivent point confier la gestion de leur pays à de tels peureux et malhonnêtes. C’est plutôt à des dignes fils d’Afrique que les peuples de ce continent doivent confier l’avenir de leurs nations. 

Le cas du Président réélu GBAGBO en Côte d’Ivoire est patent. Malgré le bombardement de sa résidence officielle de jour comme de nuit pendant plus de deux semaines, le Président GBAGBO est resté sous les décombres de sa résidence. Il a résisté jusqu’au bout avec sa famille et ses proches. C’est cela le sens de l’honneur, de la responsabilité et de l’amour pour son peuple : aimer jusqu’à donner, si nécessaire, sa vie pour son pays.


Cinquièmement, la théorie des 3L du « Général » Blé Goudé vient de s’appliquer totalement et parfaitement à Bozizé :

 

Le premier L a consisté pour la France de Chirac à lécher les bottes de Bozizé, alors opposant,  pour chasser Patassé du pouvoir et imposer ce pantin en 2003 au peuple centrafricain.


Le deuxième L qui veut dire lâcher a consisté pour la France de Sarkozy à entretenir une rébellion pour exiger de ce « Sous-Préfet » toujours plus d’intérêts économiques pour le compte de l’Hexagone. Ici, comme ailleurs, la rébellion sert d’abord d’instrument de chantage pour forcer la main des tenants du pouvoir; ensuite, pour les dirigeants indociles, elle débouche sur la guerre avec ces massacres, ces viols et autres exactions qui se terminent enfin par un coup d’état.

Par le troisième L, la France de Hollande vient de lyncher Bozizé en le faisant fuir de son pays comme un malpropre. Après l’avoir utilisé contre son compatriote Patassé, Bozizé devenu aujourd’hui indésirable est chassé, comme un moins que rien, de son pays.


Il n’a pas su tirer leçon de cette théorie des 3L appliquée avant lui, à Bokassa, Mobutu, pour ne citer que ces deux dictateurs d’Afrique Centrale. 


Il faut retenir que la France, dans tous les cas, veille à toujours préserver ses intérêts.


La sixième et dernière leçon à tirer de la chute de Bozizé est donnée par la parole de Dieu qui enseigne que quiconque règne par les armes, périt par les armes. Bozizé, Général de son état a usé des armes pour faire souffrir les pauvres populations de la RCA et pour servir, en son temps, les intérêts de la France. C’est par les armes qu’il s’est installé au pouvoir et c’est encore par les armes qu’il s’y est maintenu pendant cette période des plus désastreuses pour les populations centrafricaines qui ne faisaient pas que tirer le diable par la queue, mais qui vivaient au quotidien l’enfer sur terre. Comment comprendre que ce pays dont le sous-sol est riche en matières précieuses et énergétiques soit parmi les plus pauvres du monde alors que ses dirigeants successifs imposés par la France sont parmi les plus aisés en Afrique? Bozizé est venu au pouvoir par les armes de la France, c’est au moyen de ces mêmes armes qu’il s’est enfui de la RCA.


Ces six leçons majeures sont un enseignement pour les autres dictateurs qui pullulent sur le continent noir, surtout dans les pays francophones. Ceux qui ont été imposés à l’aide de bombes et missiles de la France, qui continuent de tuer et de massacrer des populations, qui jettent en prison d’innocentes personnes civiles et militaires, qui pratiquent une justice aux ordres de l’exécutif, qui déportent manu militari des Présidents-patriotes, qui endettent de façon exponentielle ce qu’ils appellent leur pays et qui n’ont aucune assise populaire, devront s’attendre que les mêmes français leur appliquent tôt ou tard le troisième L c'est-à-dire les lyncher en les chassant du pouvoir comme des malpropres.


Auparavant, ces français auront pris soin de lécher les bottes de leurs pantins, de leur permettre de posséder des châteaux et des richesses en France et en ….  Espagne avant de les lâcher pour d’autres assoiffés de pouvoir et d’enrichissement rapide et facile avant de les lyncher. 


Au final la pauvreté continue de gangréner leurs pays et la honte les accompagnera jusque dans leur sépulcre.


L’histoire entre la France et les dirigeants fantoches africains ne fait que se répéter. Que les dictateurs qui ont des oreilles et des yeux entendent et voient bien les manigances de cette France vorace. La chute de Bozizé le confirme bien. Bientôt, ce sera leur tour.

 

NANWOULET G. Simone

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 00:22

 

 

 

fatras-du-palais-de-Bozize.jpg 

 

Source: Jeuneafrique.com  29/03/2013 à 10h:38 | AFP

 

 

Au palais présidentiel où régnait depuis dix ans le général François Bozizé, le général rebelle centrafricain Arda Hakouma s'amuse à prendre la pose, un pied sur la statue d'un lion, lui qui a conduit, dimanche, la conquête de Bangui. Sur un panneau, il est écrit: "Au général d'armée François Bozizé, avec Dieu, nous ferons des exploits. Il écrasera nos ennemis. Psaume 60 2: 12".

 

 Arda Hakouma, trentenaire de haute taille, coiffé d'un chèche, rigole: "Il n'y a pas eu d'exploit. Il a été vaincu. L'exploit, c'est nous". Ce général rebelle conduisait les troupes de la coalition Séléka durant l'offensive victorieuse sur la capitale. Quand elles ont pris le palais présidentiel, dimanche, le chef de l'Etat avait déjà fui pour trouver refuge au Cameroun voisin.


Les lieux ont été vandalisés, fouillés, retournés. Mais il n'y aucun impact sur les murs. Il n'y a, en fait, pas eu de résistance. "Cela a pris quelques minutes à peine. La GP (garde présidentielle) a fui tout de suite, dès les premiers coups de feu", explique le général, en guidant jeudi la visite.

 

 Un char est pourtant encore posté à l'entrée du palais. Un autre, à l'intérieur de l'enceinte, est garé à côté des dizaines de voitures de luxe. Une partie du palais reste inaccessible. "On craint que ce soit miné. Nous avons demandé conseil à nos amis français qui ont promis de venir",explique le colonel Abdel Aziz,l'adjoint du général. On peut toutefois accéder au "saint des Saints": le bureau personnel de François Bozizé.Celui-ci est situé au milieu du bâtiment. Les fenêtres, voilées, ne donnent pas sur l'extérieur. "Mesure de sécurité sûrement", analyse un soldat. C'est aujourd'hui un vaste capharnaüm. Les tiroirs ont été ouverts et jetés à terre, des papiers officiels mais aussi des magazines jonchent le sol. On trouve aussi bien un parapheur "Trésorerie du Knk" (le parti présidentiel Kwa Na kwa, "le travail rien que le travail") que des documents classés "secret"ou "très secret" mais dont l'importance paraît aujourd'hui toute relative.

 

Le fauteuil du président est confortable, sans plus. "Il n'est pas pour moi", plaisante le général qui refuse de s'y asseoir et invite un de ses hommes à le faire, en affirmant: "Nous sommes venus apporter la démocratie". Partout, sur le sol, on marche sur des papiers, des dossiers, des meubles brisés. Tout ce qui a une grande valeur a été emporté mais il reste de nombreux cadeaux ou sculptures que les pilleurs ont jugé inintéressants.

 

 Dans un deuxième édifice, où l'ancien président se reposait, on découvre de nombreux cadeaux qu'il recevait. Certains sont encore dans leur emballage mais, cette fois encore, tout ce qui semblait avoir de la valeur a été pris. Les petits coffrets sont vides. Suivent les appartements privés, avec notamment la chambre à coucher. "Nous dormions avant en brousse mais je ne veux pas dormir dans ce lit. Je sais que Bozizé a couché dedans", relève le colonel Abdel Aziz. Le général Arda Hakouma, lui, regrette de ne pas avoir "pu capturer Bozizé vivant" car "il a fui" vers Yaoundé.

 

S'attardant dans les lieux, il revient sur l'offensive qui a opposé la rébellion aux forces armées centrafricaines et aux soldats sud-africains, la semaine dernière: "C'est à Boali, à environ 70 km de Bangui que les affrontements ont été les plus difficiles contre les Sud-Africains: j'ai perdu six hommes, les Sud-Africains 35", soutient-il, alors que le bilan officiel annoncé par le président Jacob Zuma est de 13 Sud-Africains tués.

 

 Arda Hakouma raconte que le chef d'état-major des rebelles, le général Issa Issaka, a été blessé à la jambe et qu'il a alors pris lui-même la tête des troupes pour un assaut final qui a duré "à peine deux heures", quand les "Sud-Africains ne combattaient plus". Est-il fier d'être celui qui a "pris" Bangui? "C'est le destin. C'est Dieu qui l'a voulu", assure-t-il, avant d'annoncer: "Prochainement, je vais organiser une grande cérémonie pour remercier tous mes hommes. C'est grâce à eux que nous avons renversé Bozizé".

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