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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 02:21

 

 

bozizeok.jpg

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 02 Février 2011 13:32

La délibération globale du scrutin du 23 janvier 2011 en Centrafrique par la Commission électorale indépendante (CEI) est divertissement appréciée à Bangui, capitale du pays, et dans les villes des provinces du pays. Radio Ndeke Luka (RNL) a fait le tour ce 2 février, des différents acteurs impliqués dans le processus, pour avoir recueillir leurs avis.

Jean Jacques Démafouth, candidat de la Nouvelle Alliance pour le Progrès (NAP) crédité du plus faible score à l’élection présidentielle, accuse « la prestation calamiteuse de la CEI qui a jeté un discrédit total sur ces résultats, et donne une honte nationale ». Le candidat de la NAP déclare tout de même « avoir pris acte de ces résultats mais attend le verdict final de la Cour constitutionnelle ».

« Nous rejetons en bloc ce que nous appelons une mascarade électorale qui n’honore pas le peuple centrafricain et nous ignorons ces résultats » a affirmé pour sa part Martin Ziguélé, candidat du Mouvement du Peuple Centrafricain (MLPC), 3e du scrutin. « Depuis notre conférence de presse du 25 janvier 2011, nous continuons de collecter des éléments de preuve qui vont nous permettre de saisir la Cour constitutionnelle  dans les 48h » a-t-il conclu.

Du côté du pouvoir et de son parti KNK, on pavoise. « C’est la victoire du peuple centrafricain, la victoire de la démocratie » défend Fidèle Gouandjika, porte-parole du gouvernement. Selon lui, « le président Bozizé a été plébiscité par le peuple centrafricain pour un bon travail bâti depuis 7 ans, date du sursaut patriotique ».

Fulgence Zeneth, Coordonnateur général et porte-parole de l’Observatoire national des élections (ONE) tempère les ardeurs : « cette étape ouvre la voix à celle des contentieux électoraux, qui seront traités par la Cour constitutionnelleIl y a eu  effectivement des irrégularités pendant le déroulement du scrutin, mais qui ne sont pas de nature à entacher la crédibilité de ces élections ». Le coordonnateur de l’ONE appelle le juge constitutionnel « à dire le droit sur ces contentieux ».

Dans les rues de Bangui que des journalistes de Radio Ndeke Luka ont sillonné, les avis sont partagés sur ces résultats. Mais la plupart des personnes interrogées disent attendre la décision de la Cour constitutionnelle.

A Birao dans l’extrême nord-est du pays, la population s’est réveillée avec une liesse pour la victoire du candidat du KNK (Kwa na Kwa).

Un calme est cependant observé à Bangassou (centre) où certaines personnes interrogées par le correspondant de RNL dans la ville estiment que seule la paix elles attendent.

A Bria dans le centre-est, « il n’y a pas eu de manifestation publique dans la ville pour cette victoire mais chacun savoure la victoire à sa propre manière », a constaté le correspondant de Ndeke Luka. Cette ambiance est tout de même observée à Mbaïki (au sud) par le correspondant de RNL.

Seulement à Boali, ville située à 95 km au nord-ouest de Bangui, le correspondant de la radio a observé quelques manifestations organisées par les ouvriers du parti travaillistes KNK. La population vaque cependant à ses occupations habituelles.

Le dossier des procès-verbaux du scrutin sont remis ce 02 février à la cour constitutionnelle. Celle-ci aura 7 jours pour donner le verdict final. Jusqu’à 14h (heure locale, 13h TU), la CEI n’a pas encore rendu public les résultats des législatives.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 02:14

 

 

file de vote à Bangui

 

 

J.A n°2612 du 30 janvier au 6 février 2011

Les élections du 23 janvier 2011 ressemblent aux minibus qui se traînent sur l'avenue des Martyrs, une grande artère de Bangui. Une ficelle remplace une poignée, une autre maintient le coffre fermé, et Ie conducteur doit s'y prendre à plusieurs fois pour faire démarrer la carcasse.

De bout en bout, l'organisation des scrutins présidentiel et législatif aura été artisanale, Le jour J, de nombreux électeurs n'ont pas trouvé leur nom sur les listes - manuscrites - pour certaines affichées le matin même.

D'autres ont présenté des morceaux de papier griffonnés au stylo en guise de carte. Le vote, qui devait prendre fin à 16 heures, s'est souvent poursuivi dans la nuit, à la lueur des bougies, pour rattraper une ouverture tardive des bureaux.

Trois jours plus tard, la compilation des 9000 procès-verbaux à la Commission électorale indépendante (CEI) a débuté dans l'anarchie. Plusieurs observateurs prévoyaient que les opérations s'éterniseraient. Mais l'annonce de résultats provisoires partiels a inopinément commencé le 27 janvier.

Placardés devant les bureaux de vote, les procès-verbaux donnaient gagnant le chef de l'État, François Bozizé, dès le premier tour (à l'heure où nous mettions sous presse).

Organiser des élections en Centrafrique est un défi. Plus vaste que la France, le pays est peuplé de seulement 4 millions d'habitants. Depuis 2005, il est éprouvé par des rébellions intermittentes. Ses moyens étant très limités (6500 hommes, quatre avions et un hélicoptère), l'armée doit s'appuyer sur la Mission de consolidation de la paix (Micopax), forte de 500 militaires et de 250 policiers fournis par la Communauté économique des États de l'Afrique centrale. Avec un budget de 320 millions d'euros pour 2011, l'État est démuni.

« GAINS ÉGOÏSTES »

Mais pour l'opposition, le bricolage électoral n'est pas dû à un problème de logistique. Avant même l'annonce des résultats, Martin Ziguélé, Jean-Jacques Demafouth et Émile Gros-Raymond Nakombo - trois des quatre adversaires de François Bozizé, réunis au sein du Collectif des forces du changement (CFC) - ont dénoncé un « hold-up électoral méticuleusement préparé et soigneusement exécuté par le général Bozizé et son parti ».

Ils brandissent un document de six pages qui recense les irrégularités préfecture par préfecture, et se disent prêts à déposer un recours en annulation du scrutin devant la Cour constitutionnelle après la proclamation définitive des résultats. Le 27 janvier, leurs représentants démissionnaient de la CEI. Le déroulement du vote ne satisfait pas davantage le cinquième candidat, Ange-Félix Patassé: « Nous nageons dans un brouillard total », confiait-il à J.A. le lendemain du scrutin.

Dans le camp adverse. on fait la sourde oreille. Et l'on explique le triomphe orange - la couleur de campagne de Bozizé - par la popularité du président. « ll a mis en place un mécanisme qui permet de libérer la conscience du peuple », avance Elie Oueifio, le secrétaire général du KNK (Kwa na kwa: « le travail, rien que le travail » en sango), le parti au pouvoir.

Et d'ajouter: « Dans l'opposition, ils sont de mauvaise foi et obnubilés par des gains égoïstes. »

Après un accouchement pénible - le scrutin a été reporté deux fois - ces élections étaient censées mettre fin aux inimitiés politiques et ouvrir une nouvelle ère: celle de relations apaisées, en vue de la paix et de l’intérêt national. C'est du moins ce qu’avaient décidé les candidats d’aujourd’hui en entamant un « dialogue politique inclusif », en décembre 200g, aux côtés de représentants de la société civile et d'anciens rebelles qui avaient déposé les armes. Révision du code électoral, création d’une CEI, fixation d'un calendrier... Malgré quelques anicroches, les participants s’étaient mis d'accord autour de grands principes. Mais cette séance de thérapie collective fait long feu.

PASSÉ DOULOUREUX

La présidence de la CEI revient au pasteur Joseph Binguimalé, un fidèle du chef de l'État. Cet ancien mécanicien de chez Renault, jugé « incompétent » par un diplomate africain, prend des décisions unilatérales. Le vote devient manuel (et non informatique), le délai de dépôt des candidatures est écourté. « La CEI était aux ordres de la présidence », estime un diplomate occidental. Pourtant représenté au sein de la commission, notamment par le biais de son vice-président, le CFC menace plusieurs fois - de boycotter le scrutin.

Des médiateurs sauvent la situation in extremis. Notamment Pierre Buyoya, l'ancien président du Burundi, au nom de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), et Mgr Paulin Pomodimo, médiateur de la République et ancien archevêque de Bangui.

« Il y a un passé douloureux entre François Bozizé et chaque adversaire. La rationalité et l'intérêt national ne peuvent guider les comportements », explique Pomodimo.

A l'exception d’Émile Gros Raymond Nakombo, la bataille électorale oppose les membres d’un clan qui a éclaté. En 2001, pendant quelques semaines, quatre des cinq candidats actuels avaient été associés au pouvoir: Bozizé comme chef d’état-major, et Demafouth comme ministre de la Défense et Ziguélé à la primature.

Président deux fois élu (en 1993 et en1999), Patassé était alors leur doyen et maître. Mais, en mars 2003, le coup d'Etat de Bozizé redistribue les cartes. Le nouveau président consolide son pouvoir et Martin Ziguélé devient sa bête noire.

AUCUN RENDEZ-VOUS

Aujourd'hui, dans le mouchoir de poche qu'est la capitale, le chef de l'Etat et ses adversaires se frôlent sans jamais se rencontrer en privé.

« Mon dernier tête-à-tête avec Bozizé remonte à 2006, se souvient Ziguélé. Depuis, j'ai sollicité plusieurs audiences, mais elles m'ont été refusées. »

Pour Patassé, le dernier rendez-vous avec le chef de l’État remonte à avril 2010. Demafouth n’a pas eu droit à un entretien depuis qu’il est rentré de son exil en France, en 200g.

Dans un tel contexte, le chaos du 23 janvier n'est pas une surprise.

« La veille du scrutin, nous étions très inquiets de voir que les listes n'étaient toujours pas affichées ». raconte Pierre Buyoya. L’opposition a accepté d'y participer en connaissance de cause. « Si nous l’avions boycotté, nous serions passés pour des opposants radicaux et aurions été hors-jeu », se défend Ziguélé.

Jugeant cette élection mal organisée, la communauté internationale s’est pourtant impliquée jusqu’au bout.

L'Union européenne, qui l’a financée à hauteur de 45 % (soit 7,5 millions d'euros), en est le principal bailleur.

Aux côtés de la France, de Saleh Work Zewdé, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de l'OIF notamment, elle a fait partie de son « comité de pilotage ».

« Il faut que ces élections aient lieu pour que nous ayons des lendemains meilleurs », prévenait Paulin Pomodimo la veille du vote. lls pourront l'être, à condition que la déception politique soit entendue. Dans le passé, elle s'est plusieurs fois muée en rébellion.

 

MARIANNE MEUNIER, envoyée spéciale de Jeune Afrique à Bangui

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 01:20

 

jeune-boziziste.jpg

 


BANGUI 02/02/2011--(Xinhuanet) - Des centaines de jeunes et femmes se réclamant de la Fédération des associations de Centrafrique (FAC) ont pris part mardi à une « grande marche de soutien à la démocratie et au respect du verdict des urnes » à Bangui.

« Oui aux résultats annoncés par la Commission électorale indépendante, oui aux résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, on est fatigué nous voulons la paix », sont les slogans et les écriteaux qui ont ponctué cette marche.

Dans le mémorandum remis à la représentation de l'Union européenne, l'ambassade des Etats Unis et l'ambassade de France et au porte-parole de présidence de la République, la FAC recommande que les résultats qui seront publiés et par la CEI et par la Cour constitutionnelle soient respectés par les différents candidats aux élections du 23 janvier 2011.

«Cette marche n'est pas un hasard, nous voulons que tout le monde respecte le président qui sera déclaré élu par la Cour constitutionnelle », a déclaré le président de la FAC Delphin Petit Kotto pour justifier l'organisation de cette marche qui vient en réponse à la réaction de l'opposition contre les résultats partiels et provisoires des élections.

© Copyright Xinhuanet

 

NDLR : Bozizé et le KNK n’en sont pas à une manipulation de la jeunesse près. Il faudrait qu’ils n’aient point la conscience tranquille après leur forfaiture et hold-up électoral pour tenter encore de divertir les gens de la sorte. Pourquoi craignent-ils que les résultats de leurs fraudes massives ne soient pas respectés ? C’est indécent et c’est franchement de la provocation.

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 00:36

 

 

Bozizé KNK

 

Dans sa parution n° 317 du 1er au 14 février 2011, le magazine AFRIQUE EDUCATION a recensé à juste raison en Afrique « Les régimes qui peuvent tomber à tout moment ». Il s’agit d’après le confrère du Sénégal d’Abdoulaye Wade, du Centrafrique de François Bozizé, du Burkina-Faso de Blaise Compaoré, de la RDC de Joseph Kabila et du Rwanda de Paul Kagamé. On le voit, François Bozizé figure donc en bonne place pour un certain nombre de raisons que le magazine développe ci-dessous.

Rédaction C.A.P

 

Les Centrafricains savent qu’ils n’ont rien à attendre d’un Chef d’Etat que les Américains qualifient comme étant « inapte » à la fonction, mais qui entend s’offrir à nouveau 5 ans de pouvoir

Selon un télégramme de Wikileaks, les Américains considèrent François Bozizé comme étant « inapte » à la fonction de président de la République. On peut ajouter à cette remarque que l'élection présidentielle organisée (dans le désordre) le 23 janvier, ne changera rien à la situation actuelle. Auteur du coup d'état du 15 mars 2003 qui évinça Ange-Félix Patassé du pouvoir, François Bozizé a plombé le pays en s'imposant comme chef d'Etat au terme d'une élection truquée en 2005 alors qu'en arrivant au pouvoir, il avait expliqué qu'il venait juste assurer la transition avant d'organiser l'élection présidentielle à laquelle il n'allait pas prendre part. Un gros mensonge qui le suivra jusqu'à la mort. Car personne ne lui fait plus confiance ni dans la communauté des bailleurs de fonds, ni dans la sous-région, ni dans le pays où les Centrafricains savent qu'il est le problème du pays et non la solution. Que faire ?

Le vote confisqué, le pouvoir confisqué, les caisses de l'Etat vidées par la corruption, aucune perspective ne s'offre au pays. Le cocktail est amer au point qu'on se demande comment il a fait, jusque-là pour tenir, même si on sait que c'est grâce aux soldats que le président ldriss Déby ltno du Tchad a détachés pour assurer sa protection rapprochée. Un tiers du pays est contrôlé par la rébellion.

Le pouvoir central n'y a pas accès et les populations de ces zones sont totalement délaissées. La ville de Bangui même est infiltrée par des rebelles... ll n'y a donc rien à attendre d'un chef d'Etat aussi médiocre qui entend malgré son triste bilan, s'offrir à nouveau 5 ans de pouvoir qui ne profite qu'à lui- même et à son clan. François Bozizé n'est à l'abri ni d'une révolution de palais (malgré ses protecteurs tchadiens), ni de la colère des travailleurs, ni de celle de la jeunesse qui voit l'avenir en noir.

 

 

NDLR : Une des raisons qui peut occasionner la chute du régime de Bozizé que notre confère ne mentionne pas dans cet article est la forte probabilité d'une brutale disparition de François Bozizé pour des raisons de santé. En effet, malgré ses dénégations lorsque certains interlocuteurs l'interrogent sur son état, l'homme est réellement malade et ne veut pas que les médecins le soignent mais préfèrent s'adresser plutôt aux guérisseurs et tradi-praticiens béninois. Ces derniers temps, il est tombé à plusieurs reprises voire en public suite à de mystérieux malaises comme celui qu'il a eu en septembre dernier lors de son déplacement aux Nations Unies à New York où on a dû l'admettre en urgence dans un hôpital.

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:45

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

Le Monde.fr | 02.02.11 | 18h47

François Bozizé, chef de l’Etat centrafricain sortant, a été réélu avec 66,06 % des suffrages (607 184 voix) lors du premier tour du scrutin présidentiel qui s’est déroulé, dimanche 23 janvier, selon les résultats provisoires annoncés, mardi 1er février, par la Commission électorale indépendante (CEI).

Ange-Félix Patassé, ancien président (de 1993 à 2003), qui avait été renversé par François Bozizé lors d’un coup d’Etat, est arrivé en deuxième position (20,10 %) devant Martin Ziguélé (6,46 %). Les deux derniers candidats n’ont pas franchi la barre des 5 %. Ces résultats doivent maintenant être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours.

Dans un pays peuplé de 4,5 millions d’habitants, d’une superficie comparable à la France et la Belgique réunies mais dépourvu d’infrastructures routières et en queue de classement de tous les indices sociaux-économiques, l’organisation de ces élections présidentielles et législatives avait pris les allures d’un défi.

A deux reprises, le scrutin avait été reporté en 2010 et il fut incertain jusqu'au dernier moment. Du recensement des électeurs à l’affichage tardif des listes électorales, l’opposition avait pointé plusieurs dysfonctionnements.

"C'EST TELLEMENT GROSSIER ET RIDICULE"

Prêts à patienter plusieurs heures dans les files d’attente pour aller voter, les Centrafricains s’étaient déplacés en nombre, dimanche 23 janvier. Le vote s'était achevé cinq heures après l'horaire prévu, et le dépouillement avait eu lieu pendant la nuit, à la lueur des bougies et des lampes de poche.

"Tous ont décrié la mauvaise organisation, surtout en ce qui concerne les listes électorales qui ont été affichées en retard, qui n’existaient pas à certains endroits ou se retrouvaient à des endroits qui n'étaient pas les bons", avait déclaré Fulgence Zeneth, coordinateur national de l'Observatoire national des élections, au lendemain du scrutin.

L'attente des résultats – ils auraient dû être communiqués quelques jours plus tôt par la CEI – a renforcé les soupçons de fraude dans le camp de l'opposition. "C'est un non-événement, a déploré Martin Ziguélé lors de la proclamation des résultats. C'est tellement grossier et ridicule. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats."

Au cours de la campagne, le parti KNK (pour Kwa Na Kwa, qui signifie "le travail rien que le travail" en langue sango) de François Bozizé s’était donné comme objectif de remporter cette élection "par KO, dès le 1er tour". C’est donc chose faite.

"C'EST LA RÉCOMPENSE D'UN TRAVAIL BIEN FAIT..."

"C'est la victoire de la démocratie pour quelqu'un qui a pris le pouvoir par un coup d'Etat et qui l'a légitimé par les urnes en 2005, a déclaré Fidèle Ngouandjika, porte-parole du gouvernement et directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat. C'est la récompense d'un travail bien fait..."

Dans un tel contexte, il est difficile de croire que ces élections pourront enfin amener la paix dans ce pays ruiné par des décennies d’instabilité politique. Ce scrutin se présentait pourtant comme l'aboutissement d’un dialogue national amorcé en 2008 entre le pouvoir, l’opposition et différents groupes armés qui occupent une grande partie du pays.

"Nous serons obligés de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique, a confié à l’AFP Joachim Kokaté, l’un des représentants de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une rébellion qui n’avait pas participé au processus de paix. Nous avions observé une trêve dans l'intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple."

Comme pendant toute la campagne électorale, le calme régnait dans Bangui, la capitale, lors de l’annonce des résultats.

Pierre Lepidi (avec AFP)

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:20

 

 

TABLEAU SYNOPTIQUE DES IRREGULARITES CONSTATEES LORS

DES ELECTIONS GROUPEES DU 23 JANVIER 2001

Préfectures

Arrondt./Sous-préfecture

Irrégularités Constatées

BANGUI

1er Arrondissement

*Nombreuses omissions sur les listes électorales

 

 

*Nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits

 

 

*PV L059881 Poste 1: Nombre inscrits(545) > NI/CEI (445)

 

 

*Intimidation des représentants des candidats de l'opposition par les

 

 

forces de l'ordre

 

2ème Arrondissement

*Nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits

 

 

*Nombreuses omissions sur les listes électorales

 

 

*Tentatives de substitution des urnes par les enfants de BOZIZE

 

 

*BV1 PV: P057902 NI (449) < NI/CEI (600)

 

 

*Menaces de tous genres

 

3ème Arrondissement

*Saisie de 24 c artes d'électeurs dans le secteur de la Mosquée Centrale

 

 

*Nombreuses omissions des cartes d'électeur

 

 

*Nbre élevé de votes par dérogation par ex: Ecole Koudoukou BV24

 

 

*Installation des bureaux de vote parallèles ou fictifs

 

4ème Arrondissement

*Nombreuses omissions sur les listes électorales (la candidate Lucie AGBO

 

 

et son mari n'ont  pu voter après intervention de la DNC du MLPC).

 

 

*Irruption des forces de défense et de sécurité dans la plupart des Centres

 

 

 de dépouillement

 

 

*Votes parallèles chez des particuliers (bureaux parallèles)

 

 

*Des bureaux de vote délibérement fermés et sciemment rabattus sur un seul

 

 

 bureau entrainant des congestions  (Absence des Membres du Bureau)

 

 

 et surtout dans les zones favorables à Me Tiangaye et à l'opposition

 

 

*Des urnes sont bourrées et les Procès Verbeaux signés préalablement

 

 

avant le dépouillement.

 

 

*Nombre trop élevé de vote par dérogation (109 BV4; 59 BV5)

 

 

*Nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits

 

 

*Nombre d'inscrits non conformes à la Base de données de la CEI par exemple:

 

 

CV03BV02: 928>508

 

 

*Absence de PV dans de nombreux BV(CV05BV03 à BV05; CV06BV4 à BV10; etc)

 

 

*Des bureaux de vote déliberement fermés avec des urnes à l'interieur

 

 

 pendant le scrutin à l'école chinoise.

 

5ème Arrondissement

*Les Listes ne sont affichées que dans l'après midi du scrutin 

 

 

*Installation des bureaux de vote fictifs dérrière l'Eglise "Cité de la foi"

 

 

*Nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits

 

 

*BV10 du Poste 4 n'existe pas (BV fictif)

 

 

*Nbre d'inscrits non conforme à la base de données de la CEI (CV01BV3 à BV12; etc)

 

 

*Des cartes parallèles donnant automatiquement accès aux bureaux de votes

 

6ème Arrondissement

*Mbossoro et Bimbo 3, aucune liste affichée

 

 

*Desordre organisé

 

 

* Noms des électeurs omis volontairement

 

7ème Arrondissement

*Tentative de substitution des urnes

 

 

*Nombre trop élevé de vote par dérogation

 

 

*Absence des Procès Verbaux dans les bureaux de vote

 

 

*Nombreux BV fictifs

 

 

*Nombreuses omissions sur les listes électorales

 

8ème Arrondissement

*Nombreuses omissions sur les listes électorales

 

 

*Détention par un chef de quartier de certaines listes électorales

 

 

*Irruption des forces de défense dans les centres de dépouillement

 

 

*Agressions physiques des représentants des candidats de l'opposition

BAMINGUI BANGORAN

BAMINGUI

*Le scrutin s'est déroulé sous haute pression des militaires et autorités locales

 

 

*Menaces de mort proférées à l'endroit des chefs de villages et de quartiers à la

 

 

veille des élections à ceux qui voteraient pour le MLPC

 

 

*Tous les Pasteurs ont été convoqués chez le Préfet à Ndélé pour être sermonés

 

 

*Nombre trop élevé de votes par dérogation

 

 

*Les résultats issus du dépouillement donnaient gagnant le candidat MLPC avec

 

 

54,19% et par la suite une autre liste venant de Kotissako faisait état de votes par

 

 

dérogation donnant 1024 voix au candidat KNK pour contraindre le candidat

 

 

MLPC  à un 2ème tour

 

 

*La ville est actuellement assiégée par des militaires venus de Bangui

 

NDELE

*Toutes les communes n'ont pas voté sauf le centre ville de Ndélé;

 

 

*Manque de Procès verbaux et insuffisance des bulletins de vote

 

 

*Accrochage et bagarre entre les élements du KNK avec les militants du

 

 

MLPC à Kotissako (45 km de Ndélé)

BASSE-KOTTO

ALINDAO

*Poursuite de la campagne par le Sous Préfet au délà du delai légal

 

 

*Le scrutin s'est déroulé sous haute pression du Sous Préfet

 

 

*Disparition des listes électorales dans la commune de Yambélé et utilisation

 

 

frauduleuse des cahiers qui ont fait l'objet de dénonciation par le MLPC en

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:06

 

 

 

 

24 Janvier 2011 à Mbaïki avec une cargaison d'urnes préalablement

 

 

 bourrées en faveur du candidat Bozize

 

 

*Substitution et bourrage d'urnes par les autorités locales

 

Moungoumba

 

MAMBERE-KADEI

Amada-Gaza

 

 

Berberati

*Déploiement massif des forces de défense

 

 

*Distribution à grande échelle des cartres d"électeur parallèles

 

 

 par les autorités locales dont 500 ont été saisies à BBTI 1

 

 

*Expulsion des représentants de l'opposition dans les bureaux de vote

 

 

*Menaces de mort à l'encontre des représentants des candidats

 

 

de l'opposition

 

 

*Bourrage des urnes

 

 

*substitution des urnes

 

Carnot

*Occupation par les forces de défense des bureaux de vote et centres de 

 

 

dépouillement

 

 

*Substitution et bourrage des urnes

 

Dede-Mokouba

 

MAMBERE-KADEI

Gadzi

 

 

Gamboula

 

 

Sosso-Nakombo

 

MBOMOU

BAKOUMA

*Le sous-préfet et les forces de défense ont chassé les représentants

 

 

 des candidats de l'opposition et ont procédé au dépouillement

 

BANGASSOU

*Tous les représentants du MLPC ont été chassés dans les bureaux

 

 

de vote et les autorités locales ont exigé des mandats visés par

 

 

la CEI locale

 

 

*Les militants du RDC ont saisi des urnes bourrées par le

 

 

Commandant de Brigade la Gendarmerie (CB)

 

 

 

MBOMOU

GAMBO

*Intrusion des forces de défense et du Sous-Prefet dans les

 

 

bureaux de vote et centre dépouillement

 

 

 

 

RAFAI

 

NANA GRIBIZI

KAGA-BANDORO

*Listes électorales incompletes

 

 

*Achat des voix

 

 

*Intrsion des forces de défense dans les bureaux de vote

 

MBRES

 

OUAKA

BAKALA

 

 

BAMBARI 1;2 et 3

*Intruction des forces de défense dans les bureaux de vote

 

 

*Changement des membres des bureaux de vote et centres de

 

 

dépouillement

 

 

*Intimidation et Menaces proférées par les autorités locales à

 

 

 l'endroit des électeurs ;

 

 

*Absence des éléments de la Mico PAX

 

 

*Déploiement massif des forces de défense dans les Bureaux de

 

 

vote et centres de dépouillement

 

 

*Tous les présidents des bureaux de vote et centres de

 

 

 dépouillement sont KNK

 

GRIMARI

 

 

IPPY

 

 

KOUANGO

*Un des Représentants du candidat MLPC a été battu par les militants du

 

 

KNK dans le village Ndaba

 

 

*Saisie des bulletins de vote entre les mains de sieur AZOU Jean Bernard

 

 

qui est entrain de sensibiliser les électeurs lors du déroulement du

 

 

scrutin à Ndaba BV5

 

 

*Empêchement aux électeurs favorables au MLPC de voter à Sioua 2 et

 

 

Siaou 3 soit au moins 449 électeurs qui ont été empêchés

 

 

*Intervention du Maire de AZENGUE-MINDOU pour fermer le BV à 12h

 

 

dans le village de ZOUHOUGOU-GBADA

 

 

*Présence des Ches de quartier et de village dans presque tous les BV

 

 

*Absence de PV

 

 

*Achat de conscience

NANA-MAMBERE

ABBA

 

 

BABOUA

 

 

BAORO

 

 

BOUAR 1, 2 et 3

*Achat de conscience

 

 

*les autorités locales et les forces de défense ont pris le contrôle

 

 

et l'organisation du scrutin

 

 

*Ménaces et intimidation des militants du MLPC et les autres

 

 

partis de l'opposition

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 19:15

Communiqué

Paris le 2 février 2011

Appelés aux urnes le dimanche 23 janvier pour le 1er tour des élections législatives et de l’élection présidentielle, les Centrafricains ont subi, dans l'indifférence générale, une mascarade électorale de plus. L'association Survie, qui lutte inlassablement contre l’impunité de la Françafrique, dénonce le soutien des autorités françaises et l’absence de réaction des autorités européennes au maintien de la dictature de François Bozizé, soi-disant réélu avec 66,08% des suffrages. Paris, Bruxelles  et l’ONU, en se concentrant sur la seule Côte d'Ivoire, prouvent une nouvelle fois l'intérêt sélectif porté aux élections présidentielles en Afrique.

La Centrafrique vit depuis 1960 sous le signe de la violence, inaugurée par la disparition du « père fondateur de la République centrafricaine » Barthélémy Boganda. Sous la férule actuelle de François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 par un coup d’État, on ne compte plus les exactions des forces de l'ordre contre la population et les assassinats politiques, l'impunité étant la règle. Ainsi, la famille du président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme, le très courageux Goungaye Wanfiyo, attend toujours une enquête sur le trop suspect accident de la route qui lui a coûté la vie en décembre 2008.

Par ailleurs, les demandes de l'opposition d'une enquête internationale sur la disparition en janvier 2009 du chef rebelle Charles Massi, enlevé au Tchad, livré à la garde présidentielle de François Bozizé et présumé mort sous la torture, sont restées sans suite. Cela n'a pas empêché les militaires français de soutenir François Bozizé contre plusieurs rébellions armées, y compris en prenant part aux combats, comme en 2006 et 2007, aux côtés des forces armées centrafricaines, qui pourtant commettaient sous leurs yeux de graves exactions contre les populations civiles. Cela ne dérange pas non plus des investisseurs français comme Areva d'y conclure des contrats prometteurs, introduits en affaires à Bangui par les très françafricains Patrick Balkany – député UMP –  et Fabien Singaye  – conseiller de François Bozizé –.

Survie s'indigne que des institutions et des gouvernements qui prétendent défendre la démocratie restent muets  devant le déroulement de ces élections : organisation du scrutin bâclée, absence d’affichage de listes électorales, vote par procuration abusif, nombre de votants sans rapport avec le nombre d’inscrits, bourrages d’urnes ou fausses urnes, étrangers en possession de fausses cartes d’électeurs, etc.

Le fiasco, dénoncé par plusieurs opposants qui souhaitent déposer des recours devant la Cour constitutionnelle, était malheureusement prévisible. En effet l'ambassadeur de France à Bangui a depuis des mois affiché un soutien sans faille au président-dictateur sortant, confirmé par le nouveau ministre de la Coopération Henri de Raincourt qui déclarait début décembre « qu'une campagne électorale comme elle se déroule [partout] où la démocratie est le système politique en vigueur, peut maintenant s'engager ». 

Cette attitude complaisante des autorités françaises est la même que lors des élections truquées en 2009 au Congo-Brazzaville, au Gabon et en Tunisie, ou en novembre 2010 au Burkina Faso, qui ont permis de reconduire des dictateurs notoires dans des pays où l’influence française, économique et politique, reste déterminante. L'Union Européenne finance la mascarade électorale centrafricaine avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour 9,5 millions d’euros sur 16 millions du coût total mais n’a pas envoyé de Mission d’Observation. Dans cette contribution la France apporte 500.000 euros, à la fois pour la CEI (Commission Electorale Indépendante) et pour l'observation par l'Organisation Internationale de la Francophonie, qui a l’habitude de valider les résultats escomptés en émettant quelques vagues réserves sur des irrégularités jugées mineures. Ces sommes sont comptabilisées dans l’aide européenne.

La situation géographique de la Centrafrique et ses ressources (diamants, uranium, bois, ivoire) en ont fait un terrain de prédilection que la France s’est toujours efforcée de contrôler étroitement, privant le peuple centrafricain de toute possibilité de se constituer en État indépendant. Ce pillage organisé condamne les habitants à la misère et à la violence, tandis que le clan au pouvoir s'enrichit scandaleusement en vendant les ressources du pays aux exploiteurs étrangers. Contribuer à la reconduite de ce système est criminel.

L’association Survie demande que les autorités françaises et européennes :

-          cessent enfin de soutenir par tous les moyens un régime prédateur fondé sur la violence,

-          favorisent l’émergence d’un État de droit incluant la fin de l’impunité pour les criminels de guerre présents en Centrafrique,

-          conditionnent le financement d’élections à la tenue d’un processus électoral qui garantisse réellement des élections non frauduleuses.

 

Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque stephanie.duboisdeprisque@survie.org +331 44 61 03 25

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 12:54

 

 

carte admin RCA

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 02 Février 2011 10:40

1 230 000 francs CFA(environ 1.875 euros) de dommages et intérêts à verser au Directeur de campagne du Parti National pour un Centrafrique Nouveau (PNCN), Modeste Yamandé Amoda. C’est le verdict rendu mardi 1er février 2011 par le tribunal de grande instance de Bossangoa (ouest du pays), dans l’affaire « Préfet contre directeur de campagne PNCN ».

Le 23 janvier 2011, jour d’élections en Centrafrique, le Préfet Colonel Gabriel Baïpo avait fait arrêter, après l’avoir molesté, devant le bureau de vote N°1 de Bossangoa. Ce dernier, soutenu par son parti, avait alors porté plainte pour voies de faits contre son agresseur. L’affaire a été jugée en correctionnelle en l’absence du préfet.

Dans sa plainte, le plaignant Yamandé a expliqué que le motif de son arrestation a été son opposition aux fraudes massives que ce préfet tentait d’orchestrer en faveur du parti au pouvoir KNK.

Le correspondant de Radio Ndeke Luka précise que dès le verdict connu, des militants du PNCN, banderoles en mains,  ont manifesté pacifiquement dans les rues de la ville en brandissant des banderoles sur lesquelles on pourrait lire, « Baïpo criminel et fraudeur ».

Cet incident a été d’ailleurs mentionné par l’Observatoire National des Elections dans son rapport publié le 31 janvier et portant sur le déroulement de la campagne électorale et du double scrutin. L’Observatoire a dénoncé l’acte du préfet qualifié de « dysfonctionnement au processus électoral ».

 

NDLR : Quand on sait que le PNCN est le parti de Cyriaque Gonda, l’ancien doctrinaire du régime de Bozizé et parti membre de la majorité dite présidentielle, on ne peut que se poser des questions sur le triste sort que le KNK réserve à ses alliés. Cette affaire qui est une illustration lumineuse des preuves de fraudes qui ont émaillé ces élections et dont l’ampleur a dépassé tout ce que l’on peut imaginer, plaide bien pour l’annulation pure et simple de cette mascarade électorale. A-t-on idée qu’un préfet puisse être pris la main dans le sac en train de frauder aux élections ? En bozizie cela est parfaitement possible hélas !

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 03:15

 

 

Patass é décorant Bozize

 

 

2 février 2011  par Juliette Abandokwe

 

 Bangui, 2h du matin. L’heure de la proclamation officielle des résultats du scrutin du 23 janvier dernier approche. Les jeunes banguissois sont en ébullition dans les quartiers depuis plusieurs jours, et la colère gronde. Et pour cause. Ils en ont plus qu’assez de la misère dans laquelle ils sont maintenus par un pouvoir prédateur et égocentrique à outrance. Ils en ont assez du chômage massif, du manque chronique d’eau potable et d’électricité dans un pays où il pleut dix mois sur douze, du manque de perspectives d’avenir qu’ils sont en droit de s’attendre de la part d’un pouvoir qu’ils auraient parait-il élu librement et démocratiquement en 2005.

 

A Bangui, on passe plus de trois semaines sur quatre dans les places mortuaires, et les gens n’ont souvent même pas l’argent du taxi pour emmener leurs morts à la morgue. La qualité de vie à Bangui est le plus souvent indécente, et sous-entend une misère décuplée dans les provinces. Les jeunes dans les quartiers savent pertinemment que Bozizé, le fossoyeur du peuple centrafricain, ils ne l’ont pas élu cette fois-ci. Ils savent que peu l’ont élu, et d’ailleurs tout le monde connait parfaitement les fraudes massives qu’ils ont eux-mêmes vu de leurs propres yeux et vécus.

 

Les chiffres, en possession de ce qui reste d’une CEI menacée par la garde prétorienne de François Bozizé, filtrent pourtant, et la rumeur chiffrée se propage déjà au crépuscule de ce 2 février 2011. La victoire semble bel et bien indiquer le tandem complice patasso-bozizesque, doté de plus de 85% des voix, avec une avance surnaturelle du candidat sortant Bozizé, qui a pourtant brillé pendant 6 ans par son incompétence, ses violences en tout genre, ses exactions militaires tout azimut, et qui n’a absolument rien apporté à son peuple, sinon désolation et désordre extrême.

 

La complicité électorale des deux larrons se développe depuis bien avant le retour de Patassé à Bangui en 2009, et passe notamment par l'assassinat de Goungaye Wanfiyo en décembre 2008, qui se préparait à attribuer publiquement les responsabilités de graves crimes contre l’humanité du couple patasso-bozizesque.

 

Ainsi, si Bozizé se fait chasser aujourd’hui, son ami Patassé reprendrait les choses là où il les avait laissées en 2003, et ferait certainement revenir son acolyte au bord de la mangeoire, quand les temps se seraient calmés et que les comédies d’amnisties seraient jouées. 

 

Le positionnement d’opposant de Patassé n’a été que de la propagande pré-électorale. Tout le monde le sait parfaitement.

Opposant de qui d'abord? Belle question, puisque Patassé et Bozizé ont été tour à tour amis, associés, maître et élève pseudo-Général, et enfin ennemis, de façon très stratégique depuis plusieurs années.  

 

L’ancienne victime de Bozizé est revenue, et doux comme un agneau, Patassé se pose en victime de l’éviction de la tête d’un parti qui, dit-il, lui appartient. Depuis quand un parti appartient-il à une personne ? Voilà déjà l’évidence de ce que le vrai Patassé pense du peuple et du territoire qu’il se sent en droit de diriger. D’ancien bourreau, il était devenu victime de la vilénie du rebelle Bozizé venu de N’Djamena, son ancien chef d’état-major, est tombé officiellement en disgrâce, on louait néanmoins ses compétences d’ingénieur agronome au service de sa terre d’exil au Togo. Le hold-up électoral de ce 23 janvier dernier se préparait déjà.

 

Pourtant Ange-Félix Patassé est bien celui qui  a mandaté Jean-Pierre Bemba le Congolais,  partageant avec lui la responsabilité des massacres perpétrés par les banyamulengue en Centrafrique, dans sa quête de protection contre le méchant Bozizé venant du nord, karchérisant lui aussi tout sur son passage. Par karchérisation on entend les viols, les massacres et les pillages des populations centrafricaines sur sa route vers le butin présidentiel de Bangui en 2002-2003.

 

En 2009, Patassé déclarait qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.” !

 

Edifiant de cynisme !

 

Mis à part les intérêts ethniques pouvant motiver une préférence pour Patassé, nous savons aujourd’hui qu’il est exactement du même acabit que Bozizé.  La prédation et l’assassinat politique ont été, et seront toujours, son principal moyen d’action pour se maintenir au pouvoir. Patassé prend bel et bien le peuple Centrafricain pour un peuple d’imbéciles et d’amnésiques.

 

En conclusion, un scrutin en faveur du tandem Bozizé/Patassé n’est de toute évidence qu’une grotesque manigance de plus pour maintenir au pouvoir une équipe dirigeante qui à l’heure qu’il est a déjà largement prouvé au peuple Centrafricain son niveau de duplicité, d’incompétence criminelle et de flagrante non-intention de se concentrer sur le développement humain du peuple centrafricain.

 

Aujourd’hui, le peuple martyr Centrafricain mérite bel et bien autre chose qu’une réédition de ses souffrances passées, une rediffusion de l’intolérable, de l’inadmissible et du non-validable. 


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Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des de gens de bien. - Edmund Burke

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