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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 23:50

 

 

 

 

 

Rencontre tendue avec un commandant de l'ex-Séléka, en République centrafricaine

 

11 DÉCEMBRE 2013

 

 Peter Bouckaert

 

 Publié dans The New York Times

 

République centrafricaine : Les nouveaux dirigeants commettent de terribles exactions

 

18 SEPTEMBRE 2013 

 

Communiqué de presse

 

BANGUI, République centrafricaine — Le colonel Saleh Zabadi, commandant de l’alliance des forces rebelles qui a pris le contrôle d'une grande partie de ce pays en mars, est un homme très redouté pour sa dureté.

 

J’ai récemment rencontré trois hommes qui se sont retrouvés face à lui et qui ont échappé de justesse à la mort. Ces hommes comptaient parmi les sept chrétiens capturés le 18 novembre dernier par des combattants de l'alliance rebelle à majorité musulmane alors qu’ils revenaient de vendre des fruits et légumes sur un marché à quelques kilomètres de la ville de Bossangoa.

 

Les hommes ont été frappés, ligoté et amenés devant le colonel Zabadi et son commandant, le général Issa Yahya qui a été tué la semaine dernière lors de violents affrontements à Bangui, la capitale). Sans même hésiter, le colonel Zabadi a pris pour argent comptant l’accusation portée par ses hommes selon laquelle les marchands capturés étaient des combattants ennemis. « Jetez-les dans la rivière », a-t-il dit, ordonnant que les hommes soient noyés. Quatre d’entre eux sont morts. Les trois qui en ont réchappé nous ont raconté leur histoire.

 

La République centrafricaine, un pays enclavé comptant 4,5 millions d’habitants majoritairement chrétiens, est déchirée par les combats opposant l'alliance rebelle appelée Séléka (ou ex-Séléka car les rebelles ont été symboliquement intégrés à l'armée) aux combattants anti-balaka (« anti-machette ») principalement chrétiens qui ont lancé des attaques de représailles contre les rebelles musulmans contrôlant la capitale.

 

Il y a quelques jours, le photographe Marcus Bleasdale et moi-même avons accepté une invitation pour rencontrer le colonel Zabadi à Bossangoa, ville située à environ 300 kilomètres au nord de Bangui.

 

La nuit précédente, le général Mahamat Bahar, un autre commandant rebelle, était arrivé à Bossangoa. Il y avait été envoyé par le président Michel Djotodia pour évaluer la situation désastreuse dans la région, où des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d'autres ont dû s’exiler. Il était visiblement ébranlé par ce voyage, au cours duquel il a subi quatre attaques commises par des combattants chrétiens, sans toutefois être blessé. Le général Bahar nous a montré sur son téléphone portable une vidéo d'un chef de village musulman brûlé vif lors d'une attaque perpétrée par des milices chrétiennes en septembre dernier.

 

Nous avons nous-mêmes recueilli des preuves d’attaques perpétrées par les combattants anti-balaka, et avons passé ces derniers jours à enquêter sur les massacres de civils musulmans à quelques kilomètres de là. L’un d’eux était un jeune berger blessé qui a été assassiné quelques heures après un entretien que nous avons mené avec lui dans un hôpital où il était soigné.

 

Pendant une demi-heure, face au Colonel Zabadi et à ses hommes qui prêtaient une oreille attentive, nous avons décrit par l’entremise d’un interprète qui relayait nos propos en arabe les violences commises à l'encontre de musulmans. Puis est venu le moment d’aborder les nombreuses atrocités perpétrées par ses propres troupes.

 

Nous avons relayé le récit d’un témoin chrétien : « Chaque jour, ils assassinent des fermiers qui se rendent aux champs. Ils les chassent comme des animaux, en se cachant dans les buissons pour leur tendre une embuscade. Hier encore, ils ont tiré sur une mère se trouvant près de la rivière et ils ont laissé son corps avec son bébé pleurant à ses côtés. »

 

J’ai également indiqué au colonel Zabadi que nous avions eu connaissance du meurtre par noyade des marchands chrétiens : « Je sais que c’est vous qui en avez donné l’ordre car certains de ces hommes ont survécu. »

 

La tension a commencé à se faire sentir au sein de tout le groupe. Le général Bahar a sorti un mouchoir pour essuyer la sueur perlant sur son visage.

 

J'ai ouvert mon sac à dos et déplié une douzaine d’images satellites montrant des villages que le colonel Zabadi et ses hommes avaient totalement incendiés. Je leur ai dit : « Tous les points rouges correspondent aux maisons que vous avez brûlées. Plus de 400 à Ben Zambé. Plus de 300 à Zéré. Pas un foyer n’a été épargné dans ce village. Idem pour celui-ci. » J’ai ajouté qu'il s'agissait de preuves directes qui pourraient être retenues contre lui devant la Cour pénale internationale en charge des poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

 

Un silence pesant s’est installé.

 

Nous avons fait remarquer que la situation avait changé depuis que les forces françaises de maintien de la paix opérant sous l'égide des Nations Unies étaient arrivées. Au cours de ces derniers jours, les avions de guerre français avaient à plusieurs reprises survolé la ville de Bossangoa pour mettre en garde les groupes armés. Ces avions adressaient un message aux rebelles, leur ai-je expliqué : « Imposez votre autorité par les armes et vous finirez à La Haye ; ou bien choisissez de traiter la population correctement et imposez votre autorité par le respect. »

 

Mis au pied du mur, le colonel Zabadi n’a pas nié nos accusations. Il a déclaré qu’il souhaitait mettre en place des patrouilles communes avec les forces régionales de maintien de la paix pour encourager les chrétiens locaux à retourner chez eux. Nous avons signalé que, si cela devait se produire, il devait ordonner à ses troupes d’arrêter de tuer les personnes déplacées.

 

À ma grande surprise et à mon profond soulagement, notre rencontre s’est achevée en toute cordialité. Le général Bahar a promis de transmettre notre message au président à Bangui.

 

Le jour suivant, nous sommes revenus à l’improviste à la base des Séléka pour informer les commandants que les soldats de la paix africains avaient commencé à désarmer les milices chrétiennes. Nous avons trouvé le général Bahar et le colonel Zabadi en pleine discussion animée avec d'autres commandants Séléka, discussion au cours de laquelle les mots « droits humains » (en arabe) ont souvent été évoqués. Le général Bahar a ordonné aux combattants de rester dans leur caserne, de déposer leurs armes et de demander la permission avant toute sortie. Il a fini par dire : « C’est notre dernière chance. » Ses combattants l’obéiront-ils ? Seul l’avenir le dira.

RCA - Face au colonel Zabadi à Bossangoa
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 23:35

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 13.12.2013 12:31 - Par Patrick FORT

 

Fuyant les violences de Bangui, environ 45.000 personnes s'entassent près de l'aéroport, cherchant la protection de l'armée française, dans des conditions sanitaires proches de la "catastrophe" selon les rares responsables humanitaires présents sur place.

 

Une petite fille fait ses besoins devant quatre latrines. Elle n'a pas eu le courage d'attendre son tour. Les déplacés circulent par dizaines, certains masquant leur visage pour tenter d'échapper aux odeurs, entre les roseaux ou sur des petits chemins.

 

La nourriture manque, les points d'eau sont aussi rares que les toilettes, dans ce camp improvisé accablé par la chaleur, autour de la base des militaires français qui s'efforcent depuis lundi de désarmer les milices responsables de multiples exactions dans la capitale centrafricaine.

 

"C'est un peu la catastrophe. C'est le bordel", résume Tessy Fautsch de Médecins sans Frontières, la seule ONG présente sur le camp, qui s'inquiète du "risque d'épidémie". Les agences de l'ONU estiment à 110.000 au total le nombre de déplacés dans la trentaine de camps de Bangui, à la population d'environ 800.000 personnes.

 

Sous des ailes d'épaves d'avion

 

Les femmes s'occupent comme elles peuvent de leurs enfants, souvent en bas âge, pendant que les hommes sont partis chercher de la nourriture. Maximine Touabet, 27 ans, s'inquiète pour ses deux jumeaux d'un peu plus d'un an. "On vit à une quinzaine ici" sous une toile de fortune de quelques mètres carré. "On n'a pas rien à manger. On n'a pas d'eau. C'est dur. (...) On dort par terre", raconte-t-elle.

 

Un peu plus loin, des familles se sont installées sous des ailes d'épaves d'avion. "On vit comme des moins que rien. Pas d'eau, pas de vivres, pas de latrines, par terre... Il fait très chaud, mais s'il pleut ce sera la boue", relève Seraphin Poumali.

 

Marie Deio et Anita Omboudou, voisines du quartier de Yangatou, situé à moins de deux km de l'aéroport, ont planté leurs affaires l'une à côté de l'autre. Une pléthore d'enfants sont là. "Ils meurent de faim", dit la première. "On a fui les violences. Les balles passaient partout. (...)On attend un nouvel ordre pour revenir. On a encore peur. Ici, ce n'est pas bien mais on est en sécurité".

 

"On a vidé les quartiers pour venir ici près des Français", renchérit Jean Menga, 53 ans, quatre enfants, dont un bébé d'un an. Le camp est peuplé dans son écrasante majorité de Chrétiens fuyant les violences des anciens rebelles Séléka, musulmans.

 

La hantise des Séléka

 

A l'entrée du camp, une quinzaine de jeunes, armés de machettes et de bâtons, fouillent les nouveaux venus. "Des Séléka envoient des espions ou des gens avec des grenades. On a arrêté une femme qui avait des grenades dans ses casseroles. Ils veulent nous tuer", affirme Firmin Mandebalay.

 

La vie au camp s'organise. Des boutiques improvisées vendent des arachides, des pommes de terre. Un homme se propose de charger les téléphones portables via un petit groupe électrogène pour 100 F CFA (15 centimes d'euro) les deux heures.

 

Judas Paterno sue quant à lui à grosse gouttes: il porte une encadrure de fenêtre prise sur les boutiques pillées, qu'il va casser en petit bois avec l'espoir d'en tirer 1.000 francs (1,5 euros). "De quoi manger", dit-il.

 

A un des deux points d'eau, des volontaires de la Croix rouge organisent les queues. Une pour boire, une autre pour les bassines. "On est obligé de surveiller. Sinon on nous volerait les robinets", confie un de ces volontaires, Arnaud Yakete.

 

MSF a installé un hôpital de fortune, loin de pouvoir satisfaire les besoins. Seuls sont acceptés les femmes enceintes, les bébés et les blessés, souvent atteints par une balle perdue. 300 personnes par jour sont traitées, à condition de faire la queue de longues heures.

 

Une quinzaine de femmes enceintes attendent d'être vues par un médecin. Six enfants sont nés dans les dernières 24 heures. Une jeune maman présente son nouveau-né qui frôle les 40 degrés de fièvre. L'enfant est né mardi, lors de la brève visite du président français François Hollande à l'aéroport. L'enfant, qui sera baptisé dans quelques jours, se nommera François Hollande Findiro.

 

© 2013 AFP

A l'aéroport de Bangui, un camp de déplacés proche de la "catastrophe"
A l'aéroport de Bangui, un camp de déplacés proche de la "catastrophe"
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 23:20

 

 

 

 

 

 

Dans cette adresse télévisée, depuis le siège des Nations Unies à New York, Ban Ki-moon a exhorté chaque Centrafricain à suivre la voie de la paix, soulignant que «l’effusion de sang doit cesser».

 

Dans un message en Français adressé au peuple centrafricain, vendredi 13 décembre 2013, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a dit être "profondément perturbé" par ce qui se passe dans leur pays, ajoutant tenir à s'adresser à eux "personnellement."

 
Dans cette adresse télévisée, depuis le siège des Nations Unies à New York, il a déploré que les Centrafricains soient «trop nombreux à vivre dans la peur»  et que leur pays soit au bord de la ruine.

 

Il a exhorté chaque Centrafricain à suivre la voie de la paix, soulignant que «l’effusion de sang doit cesser.»


«Je demande aux dirigeants religieux et aux responsables locaux – qu’ils soient musulmans ou chrétiens – de se faire messagers de la paix», a dit Ban Ki-moon.


«Je demande aux autorités de transition de protéger les populations et de prévenir de nouveaux conflits» a poursuivi M. Ban qui a aussi eu un message pour les auteurs de crimes graves. «Pour tous ceux qui voudraient commettre des atrocités ou des crimes contre l’humanité, j’ai un message clair», dit-il «Le monde vous observe et vous aurez à répondre de vos actes».


"Bonjour,


Ici Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Je suis profondément perturbé par ce qui se passe dans votre pays et je tiens à m’adresser à vous personnellement. Vous êtes trop nombreux à vivre dans la peur et le pays est au bord de la ruine. J’exhorte chacun d’entre vous à suivre la voie de la paix. L’effusion de sang doit cesser. Ne laissez pas ceux qui prêchent la haine diviser ce qui était uni. Quel que soit votre confession ou votre milieu d’origine, vous partagez la même histoire et le même avenir. Je demande aux dirigeants religieux et aux responsables locaux – qu’ils soient musulmans ou chrétiens – de se faire messagers de la paix. Je demande aux autorités de transition de protéger les populations et de prévenir de nouveaux conflits. Et pour tous ceux qui voudraient commettre des atrocités ou des crimes contre l’humanité, j’ai un message clair. Le monde vous observe et vous aurez à répondre de vos actes. L’Organisation des Nations Unies est résolue à aider votre pays à surmonter cette crise. Vous n’êtes pas seuls et nous ne vous abandonnerons pas. Des troupes africaines et françaises sont déjà déployées sur le terrain, et font œuvre utile. D’autres contingents viendront bientôt les renforcer pour aider à rétablir l’ordre. Nous nous employons à fournir des vivres, des abris et des médicaments. Et nous resterons à vos côtés pour bâtir une paix durable et un meilleur avenir pour tous".

 

Source : http://www.lavoixdelamerique.com/content/ban-ki-moon-profondement-perturbe-s-est-adresse-au-peuple-centrafricain/1809974.html

 

Ban Ki-moon, «profondément perturbé» s’est adressé au peuple centrafricain
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 23:17

 

 

 

 

 

http://www.lalettredusud.fr   le 23/12/11 par Jacques-Marie Bourget

 

Ainsi donc, s’il faut en croire Le Canard Enchainé, Anne Lauvergeon alors qu’elle était encore à la tête d’Areva, aurait été victime d’écoutes téléphoniques sauvages… Selon l’enquête de La Lettre du Sud, l’affaire n’est pas si simple. Elle est en tout cas étrange puisque le contenu des dites écoutes serait totalement anodin. L’épisode de ce roman d’espionnage se situerait à l’été 2007 quand Areva investissait des milliards dans des mines d’uranium en Afrique, Namibie ou Centrafrique. Visiblement l’approvisionnement en combustible nucléaire n’avait alors pas de prix, rien n’était trop beau pour cette si riche terre d’Afrique. L’après Fukushima a effacé ces temps bénis.

 

Vus de Bangui les rêves en plutonium dorés prennent aujourd’hui une drôle de tournure. Ayant enfin le sentiment d’avoir été cocufié par Anne Lauvergeon et ses amis, le général Bozizé, chef de l’Etat crie maintenant « aux voleurs ». Cela par la voix inextinguible de son avocat Jacques Vergès. Plus grave le général  -lui-même auto proclamé président par un coup d’état qui a chassé le très corrompu Patassé-  sent le tapis du pouvoir lui glisser sous les pieds. Son scénario: pour sauver les intérêts bien menacés d’Aréva en Centrafrique, la France de Nicolas Sarkozy serait bien capable de lancer contre lui une forme de putsch. De le faire destituer pour mettre à sa place un vrai ami. Comme Josué Binoua, le ministre de l’Administration qui vient justement de faire un long séjour en France…

 

C’est en 1959 que le gisement de M’Patou, près de Bakouma est mis à jour. En 1969 l’Etat Centrafricain et la Compagnie Française des Minerais d’Uranium (CFMU), fondent une société commune, URBA. En 1973 c’est la compagnie Société Aluminium Suisse qui reprend la pioche après de premiers essais peu concluants. Cette fois le duo helvéto-centrafricain accouche d’une firme baptisée URCA. En 1978, tout le monde est prêt à piocher si un financement se fait jour…  Mais le rêve s’écroule avec le cours mondial de l’uranium.

 

Quinze ans plus tard l’eldorado nucléaire refait surface. Le 26 février 2006 est signée à Bangui une convention de plus, cette fois entre l’Etat et Uramin CAR Limited une société de droit des Iles Vierges britanniques. L’Article 2.1.1 prévoit la constitution d’une société de droit centrafricain  qui « aura pour objet de détenir le permis d’exploitation et de conduire les opérations minières ». Il est bien précisé que c’est cette nouvelle boîte à outils qui fera la demande de permis d’exploitation et que ce dernier aura une validité de 25 ans.

 

Sauf que les fourbes d’Uramin CAR Limited, par un subterfuge qui reste à mettre à jour (corruption d’un fonctionnaire ?), Uramin donc, obtient le permis de piocher en son nom propre et non en celui de la société fraternelle qui doit naître de l’accouplement entre Centrafrique et Iles Vierges. Le décret O6/149 du 2 mai 2006 est bien attribué à la seule Uramin. Décret que le général Bozizé n’a pas vu passer !

 

En août 2007 survient l’OPA d’Areva sur Uramin. Tant pis pour Areva si le permis d’exploiter est pour le moins fragile si jamais Bozizé décide d’acter en justice…  Uramin CAR Limited devient, sous l’onction d’Areva, la société Uramin Centrafrique SA. Un avenant vient régler le malentendu portant sur le fameux permis d’exploiter. Le 1 aout 2008, sous la charge de Patrick Balkany (Cf le Canard Enchainé), Bozizé  accepte de donner à Areva les droits initialement accordés à Uramin. L’article 3.2 du nouvel accord prescrit que « le transfert du titre d’Uramin à Areva se fera dans les conditions prévues par les textes en vigueur en République Centrafricaine ».

 

Le 26 février 2010 une réunion, autour des responsables centrafricains, d’Enrico Barbaglia vice-président  d’Areva et de Daniel Wouters vice-président « Ressources Afrique du Sud » et vice-président « Business Development » chez Areva toujours, une réunion donc qui met tout le monde d’accord pour entériner la convention minière du 28 février 2006, celle, signée entre Bangui et Uramin. Une boîte qui n’en fait qu’à sa tête. Alors que ces  mineurs venus des Iles Vierges devaient tout bonnement transférer leur permis d’exploiter « obtenu par la ruse » à Areva Ressources Centrafrique, voilà que par le truchement de maître Doraz Serefessenet, notaire à Bangui, Uramin ne « transfère » pas le sacrosaint permis, mais en fait « cession ». Ce qui veut dire qu’Areva devrait pour cela ouvrir sa bourse ? Non, tout au moins officiellement puisque ce permis aurait été, enfin, céder à titre gratuit …Sauf que la convention prévoit que « la cession est exonérée de tout droit d’enregistrement et de timbre et ne donne pas lieu à une imposition des plus values ».  Voilà qui n’est pas gentil pour le si exsangue Trésor de Centrafrique. Des juristes locaux,  écrivent alors «Fort de cette cession rocambolesque, un enregistrement à titre gratuit a été effectué par le service de la Conservation foncière le 31 aout 2010, en fraude aux droits de l’Etat ». Décidemment, Bozizé semble ignorer ce que font ses fonctionnaires !

 

Si l’exploitation du site de Bakouma est possible, elle sera coûteuse même si le minerai a une très riche concentration en uranium. Et patatras, Fukushima est passé par là et le nucléaire ne vaut plus grand chose.

 

Pour la Centrafrique, restent les larmes, mais le général-président Bozizé n’entend pas se laisser faire. Ses avocats ont demandé à rencontrer ceux d’Areva.  Pour imaginer la suite.

 

Si un autre acteur de cette coûteuse et ténébreuse affaire, homme de premier plan dans la panoplie de la Françafrique, est aujourd’hui dans l’embarras, c’est bien  Georges A. Forrest. Néo-zélando-belgo et potentat de la République du Congo… Un ennemi des militants altermondialistes qui accusent cet empereur de tous les minerais de « sucer le sang des africains ». Forest grand ami de Balkany, a contresigné l’accord entre la Centrafrique, Areva et Uramin, en tant que « facilitateur ». Le même métier que Takieddine, héros du dossier des sous-marins de Karachi…


 

Source : http://www.lalettredusud.fr/economique/general/23/12/2011/areva-l-uranium-de-bangui-et-la-france-a-fric

 

Lu pour vous : Areva, l’uranium de Bangui et la France à fric.
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:56

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Pour sa survie politique, un président centrafricain se doit d'avoir une boussole indiquant le Nord avec précision. A Bangui, que l'on soit chef d'Etat ou opposant, mieux vaut conserver de bonnes relations avec N'Djamena.

 

L'ancien président François Bozizé, que le Tchad avait fait roi dix ans plus tôt, l'a appris à ses dépens. Il a été balayé le 24 mars par la Séléka après que N'Djamena a ouvert la voie aux rebelles et même, selon plusieurs sources, donné un sérieux coup de pouce lors de leur offensive finale.

 

A la veille du renversement de François Bozizé, un officier africain servant dans la Fomac (la force d'Afrique Centrale) concédait ainsi que le coup d'Etat « était un complot régional mais qu'à ne rien écouter, Bozizé l'avait bien cherché ».

 

« IL FAUT QUE DJOTODIA RÉUSSISSE SA MISSION »

 

Neuf mois plus tard, plusieurs interlocuteurs récents d'Idriss Déby racontent que le président tchadien s'inquiète de la tournure religieuse du conflit et juge sans ménagement Michel Djotodia, le président de transition, mais qu'il n'entend pas le lâcher« On a contribué à son arrivée et pour le moment on n'a pas d'autres choix. Alors nous allons tout faire pour l'aider », affirme un général à N'Djamena. Un diplomate tchadien estime que « même s'il est arrivé un peu vite, débarquer "Michel" serait très simpliste. Il faut le mettre sous pression pour qu'il réussisse sa mission. »

 

Sur le terrain, l'accompagnement va parfois assez loin. Le millier de militaires tchadiens déployé en République centrafricaine (RCA) dans le cadre de la force panafricaine fait preuve d'une certaine collusion sur le terrain avec les ex-Séléka, parmi lesquels se trouvent nombre de combattants du Tchad ou dont les parents en sont originaires.

 

Avant l'indépendance, les deux pays n'en faisaient qu'un : l'Oubangui-Chari et la frontière de plus de 1000 km qui les séparent désormais reste à bien des égards artificielle.

 

PLUS DE 30 000 RESSORTISSANTS TCHADIENS EN RCA

 

Au premier jour du désarmement lancé par l'armée française dans la ville de Bangui, N'Djamena a fait entendre une voix discordante, en phase avec la présidence centrafricaine. Le diplomate tchadien prévient : « C'est une opération très délicate, il ne faut pas désarmer les uns trop vite, en oubliant les autres. Il ne faut pas non plus oublier qu'ils sont au pouvoir et qu'il faut faire avec eux… Le petit manquement des français, c'est que dans leur action, ils n'ont pas pris en compte les risques de vengeance. Il ne faut pas que tous les musulmans quittent la RCA à cause de la France. » Et la source diplomatique rappelle au passage que son pays a entre 30 000 et 35 000 ressortissants sur place et qu'il apprécierait fort mal de devoir lancer une grande opération de rapatriement consécutive à l'intervention française.

 

Ces derniers jours, les Tchadiens, considérés comme les complices voire les promoteurs d'un pouvoir honni par la population majoritairement chrétienne, font figure de premières cibles pour tous ceux qui entendent régler leur compte. Depuis une semaine, les soldats dépêchés par N'Djamena ont à plusieurs reprises exfiltré leurs ressortissants menacés de lynchage. Selon plusieurs sources, « des Fomac tchadiens » se sont aussi livrés à des actes de rapine.

 

S'il demeure à ce jour l'un des meilleurs soutiens de Michel Djotodia, Idriss Déby garde un œil sur les anciens rebelles tchadiens qui l'entourent. Selon un officier à Bangui, une quinzaine d'entre eux ont été arrêtés et rapatriés il y a un mois. Une dizaine d'autres seraient encore dans le collimateur. « Ce sont des gens nuisibles, dit une autre source tchadienne en RCA. Ils ne menacent pas le pouvoir mais on ne veut pas qu'ils partent avec armes et bagages dans la nature. On peut les neutraliser à distance mais on préfère gérer ça amicalement. »

 

Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) 

Lu pour vous : Le Tchad, interlocuteur incontournable dans la crise centrafricaine
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:29

 

 

 

 

 


BANGUI - AFP / 13 décembre 2013 18h52 - Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite vendredi matin à Bangui, a affirmé que les soldats français, accusés par la communauté musulmane de faire le jeu des chrétiens, étaient impartiaux et le seront jusqu'au bout.


On me dit la même chose de l'autre côté (accusations de ne pas protéger les musulmans). C'est l'impartialité qui doit dominer (...) Ils (les soldats) seront impartiaux jusqu'au bout. Les forces françaises font bien leur boulot, a déclaré le ministre vendredi soir après un voyage à Bossangoa (nord-ouest) secouée par des violences ces dernières semaines.


J'ai trouvé des soldats très professionnels, très déterminés, conscients de l'importance de leur mission, très volontaires pour l'accomplir et avec une force d'esprit qui frappe et qui est indispensable, a-t-il souligné.


M. Le Drian a précisé que les forces françaises se déploieront sur l'extérieur (de Bangui) pour sécuriser l'ensemble du pays (...) au fur et à mesure que les forces africaines se renforceront et que le calme se poursuivra à Bangui.


Le ministre retient quatre impératifs pour l'avenir. Un impératif sécuritaire (...). Rien ne pourra se faire ici sans tant que la période de très forte tension et de violences se calme. Un impératif de désarmement: il est en cours, il se fait pas à pas, mais il se fait.


Un impératif humanitaire (...) avec l'état dramatique de souffrance des populations dont plus de la moitié est en sous-nutrition. Et un impératif politique qui sera incontournable et qu'il faut déjà commencer à préparer, a-t-il conclu, faisant référence à la démocratisation du pays.


Le ministre a aussi estimé qu'il fallait dans un avenir proche (...) penser à la formation de la gendarmerie et à la reconstruction d'une armée qui ne soit pas une armée de clans. Et ce travail-là est assez proche de ce qu'on fait aujourd'hui au Mali.


En arrivant le matin, le ministre avait estimé que la spirale de l'affrontement s'est brutalement aggravée en Centrafrique.


Environ 110.000 déplacés fuyant les violences vivent dans des camps dans des conditions très précaires à Bangui. Autour de Bossangoa, où s'est aussi déployée l'armée française, on compte également plusieurs dizaines de milliers de déplacés dans des camps.


Qualifiant la Centrafrique de pays à la dérive, M. Le Drian a prévenu des risques d'anarchie, soulignant que la situation pouvait déstabiliser toute la région en attirant des groupes criminels et terroristes.


Le ministre doit s'entretenir en soirée avec le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, ex-chef de la rébellion Séléka. Dans la soirée, il se rendra au Tchad, où il rencontrera le président Idriss Deby.


La France a déployé en quelques jours 1.600 hommes en Centrafrique pour mettre fin aux exactions des groupes armés et tenter de stabiliser le pays. Deux soldats français ont été tués lundi, quatre jours après le début de l'opération, lors d'un accrochage à proximité de l'aéroport.


La France est intervenue en Centrafrique officiellement pour appuyer la Misca, qui compte environ 3.000 hommes et doit prendre à terme le relais des forces françaises pour maintenir la stabilité du pays. La force africaine est notamment constituée de contingents tchadiens, camerounais et gabonais.



(©) 

 

Centrafrique: Le Drian affirme que les soldats français sont impartiaux
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:10

 

 

 

 

Vendredi 13 décembre 2013

 

Communiqué de presse

 

 

 

République centrafricaine : rencontre du Parti socialiste avec Martin Ziguélé, président du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, ancien Premier ministre

 

 

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a reçu aujourd'hui Martin Ziguélé, un des leaders de l'opposition démocratique, ancien Premier ministre de Centrafrique et président du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, membre de l’Internationale socialiste.

 

Les échanges ont porté sur la situation humanitaire, le rétablissement de la sécurité, la protection des populations civiles, et la préparation de la transition démocratique en Centrafrique. 

 

Celle-ci devra mener à l'organisation d’élections libres et transparentes. 

 

L’Opération Sangaris, aux cotés des forces africaines de la MISCA, est une contribution nécessaire au retour de la paix civile et de l’État sur tout le territoire.

 

Le Parti socialiste a noté avec satisfaction le discours rassembleur et républicain de M. Ziguélé. Il soutient comme lui l'établissement de l'ordre constitutionnel, condition du développement du pays, d’une paix durable et de la démocratie.

 

 

 

Service de presse

Parti socialiste

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RCA : Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir s'est entretenu avec Martin Ziguélé,
RCA : Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir s'est entretenu avec Martin Ziguélé,
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Centrafrique-Presse.com
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:07

 

 

 

 

 

 

 

Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Des milliers de familles vivent dans un camp proche de l'aéroport. La première distribution alimentaire y a été organisée vendredi.

 

Des soldats absents, des vigiles dépassés, des humanitaires abasourdis : la distribution de vivres aux déplacés de l'immense camp de l'aéroport de Bangui s'est terminée vendredi dans les cris et la violence avec le pillage des réserves de riz, d'huile et de haricots. Cette distribution alimentaire, une première dans le camp de l'aéroport où des milliers de familles sont venues s'installer pour fuir les violences de la capitale, avait pourtant commencé dans le calme vers 9 heures.

 

Les rations de riz, de haricots et d'huile sont distribuées au compte-gouttes sous un soleil de plomb, au bord d'une piste en terre ocre, à 800 mètres du camp de fortune. Sous le regard d'une poignée de militaires français juchés sur leurs blindés, des centaines de familles attendent debout. Certaines femmes ont une ombrelle. D'autres se servent de leur seau pour glaner un peu d'ombre. "Ça fait quatre jours qu'on n'a rien mangé, mes trois enfants et moi. Nous n'avons rien, ni argent ni quoi", explique alors Jean-Marie Namesene, un fonctionnaire de 41 ans, tout ému après avoir récupéré sa portion. "Merci, merci aux gens qui ont fait ça", répète-t-il à la sortie de la distribution.

 

Quelques heures plus tard, en début d'après-midi, devant l'espace de distribution géré par Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'ONG italienne Cooperazione internazionale, le ton se durcit. La chaleur est accablante, il y a un brouhaha permanent, de l'énervement, des mouvements de foule. "Ça fait six heures que je suis là, personne ne me laisse passer, je vais repartir", se lamente Yvette Kimina, 32 ans et trois enfants. "Le matin, on mange un beignet à 50 francs CFA (près de 8 centimes d'euro) et puis plus rien de la journée", raconte-t-elle. À côté, une femme donne le sein, debout, à son bébé, désespérée. 

 

Un camp de 45 000 déplacés

 

D'autres femmes sont en colère : "C'est mal organisé", crient-elles. Un homme venu chercher à manger pour sa femme est au bord des larmes après quatre heures d'attente pour rien. Il n'en peut plus. "On est tellement dégoûtés", se lamente Christine Bassole, une mère de six enfants. "Il n'y a rien et les Seleka (ex-rébellion désormais au pouvoir) veulent nous tuer, on souffre", martèle cette maman dont l'un des six enfants est décédé à l'hôpital il y a deux jours après avoir été pris de convulsions. Ces femmes, ces hommes comptent parmi les 45 000 déplacés qui se sont installés à quelques mètres des pistes non clôturées de l'aéroport international de Bangui, selon Médecins sans frontières. Ils font partie des 159 000 déplacés comptabilisés par le HCR dans la capitale depuis que des violences interreligieuses ont éclaté en Centrafrique.

 

La mise en place de cette distribution alimentaire, alors que les accrochages entre hommes armés restent fréquents à Bangui et que les tensions entre chrétiens et musulmans sont toujours vives, relevait du défi. "Comme les chauffeurs des camions qui amènent les vivres sont musulmans, ils ne voulaient pas venir ici, il a fallu les rassurer", explique par exemple une humanitaire sous le couvert de l'anonymat. Il a aussi fallu engager une dizaine de vigiles armés pour canaliser la foule.

 

Pendant qu'il attend sa portion, Miguel Dekandji, étudiant en droit de 32 ans, dépeint le climat de terreur qui règne sur Bangui et qui l'empêche de rentrer chez lui, à Kilomètre 5, à la périphérie de Bangui. "Là-bas, il y a trop d'armes. Ce matin même, il y a eu des coups de feu. Les musulmans chassent les chrétiens à la machette et au fusil", assure-t-il. "Il faut chercher les armes partout, ils les cachent dans les puits, les douches, les mosquées, partout", tonne-t-il.

 

À quelques minutes de la fin de la distribution, peu avant 16 heures, les soldats français ne sont plus là et des hommes excédés perdent patience. Ils enjambent les cordelettes de sécurité. Les vigiles et les humanitaires ne peuvent rien faire : la foule envahit l'espace de distribution et fond sur les réserves. Des hommes se battent pour récupérer un bidon d'huile. D'autres partent en courant avec un carton sous le bras. Des machettes sont exhibées. Les camions remplis de vivres repartent fissa. Les stands de distribution et leur toit en bâche blanche sont détruits.

Centrafrique : à Bangui, une distribution de vivres vire au pillage
Centrafrique : à Bangui, une distribution de vivres vire au pillage
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 21:56

 

 

 

 

 

 

(Belga) vendredi 13 décembre 2013 à 20h19

 

(Belga) L'Union africaine (UA) a formalisé la décision de porter à 6.000 hommes les effectifs de sa force en Centrafrique (Misca), a annoncé vendredi le vice-président de la Commission de l'organisation panafricaine à l'AFP.

 

Les chefs d'Etat africains avaient décidé le 7 décembre, lors d'un sommet à Paris sur la paix et la sécurité en Afrique, de renforcer la Misca (Mission internationale de soutien à la République centrafricaine, sous conduite africaine), dont les effectifs prévus étaient jusqu'ici de 3.650 hommes. "Le Conseil de sécurité de l'ONU avait originellement autorisé 3.600 hommes, mais nous sommes allés au-delà parce que nous avons besoin de plus" de troupes, a dit le vice-président de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, évoquant "l'escalade du conflit entre communautés".

 

La Misca compte actuellement "environ 3.000 hommes" sur le terrain en Centrafrique, selon M. Mwencha. Les effectifs de la Misca sont pour l'heure essentiellement composés des troupes des pays d'Afrique centrale, déjà présents en Centrafrique dans le cadre de la Micopax (Mission de consolidation de la paix en Centrafrique) et qui doivent être renforcés par environ 850 soldats burundais, dont un groupe précurseur d'une cinquantaine d'hommes est arrivé jeudi à Bangui. La France, qui a déployé des troupes en soutien à la Misca dans le cadre de la résolution de l'ONU, a elle aussi porté ses effectifs de 1.200 soldats initialement prévus à 1.600.

 

 

 

Communiqué de la 408ème réunion du CPS sur la situation en République Centrafricaine (RCA)

 

Source : http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-408eme-reunion-du-cps-sur-la-situation-en-republique-centrafricaine-rca#sthash.BsllyBLL.dpuf

 

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 408ème réunion tenue le 13 décembre 2013, a adopté la décision qui suit sur la situation en République centrafricaine (RCA):

 

Le Conseil,


1.    Prend note de la communication de la Commission sur les derniers développements de la situation en RCA et les efforts visant à rendre pleinement opérationnelle la Mission internationale de soutien à la RCA sous conduite africaine (MISCA);

2.    Rappelle son communiqué PSC/PR/COMM.2(CCCLXXXV), adopté lors de sa 385ème réunion, tenue le 19 juillet 2013, autorisant le déploiement de MISCA, ainsi que celui PSC/PR/COMM.1(CDVI) adopté lors de sa de sa 406ème réunion, tenue 13 novembre 2013;


3.    Exprime sa profonde préoccupation face à la détérioration continue de la situation sur le terrain, en particulier les récents affrontements qui ont eu lieu à Bangui et la montée des tensions communautaires et interreligieuses suite à ces affrontements. Le Conseil réitère sa ferme condamnation des abus continus et d'autres violations graves des droits de l’homme commis contre la population civile, notamment des cas d’homicides, de disparitions, d’arrestations et de détentions arbitraires, de torture, de violence sexuelle et de viol, ainsi que d’exactions sur les enfants utilises comme enfant-soldats. Le Conseil souligne, une fois encore, que les responsables de ces actes doivent être tenus responsables et demande, à cet effet, que les autorités de transition assument leurs responsabilités en matière de protection de la population civile. Le Conseil lance un appel à la population centrafricaine et aux autres parties prenantes à s'abstenir d'actes de violence et de vengeance;

4.    Se félicite de l'adoption, par le Conseil de sécurité, le 5 décembre 2013, de la résolution 2127 (2013), autorisant le déploiement de la MISCA pour une période de douze (12) mois. Le Conseil félicite la Commission pour les mesures prises, en consultation avec la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et d'autres parties prenantes, pour la mise en place opérationnelle la MISCA, y compris le transfert d'autorité entre la Mission du Conseil de paix et de sécurité de la CEEAC en RCA (MICOPAX) et la MISCA;


5.    Décide d'autoriser une augmentation temporaire de la force de MISCA dont l’effectif pourrait s’élever jusqu’à six mille (6.000) personnels en uniforme, étant entendu que cette augmentation fera l’objet d’une revue dans une période de trois (3) mois, à la lumière de l’évolution de la situation et les besoins sur le terrain, et  sur la base d'un rapport qui doit être soumis par la Présidente de la Commission;

6.    Souligne la nécessité d’assurer que les effectifs déployés sur le terrain, en tout temps, s’inscrivent strictement dans la limite des effectifs autorisés et demande, à cet égard, à tous les pays contributeurs de troupes et de personnels de police de se conformer aux exigences définies par la Commission en matière de génération de force;

7.    Rappelle ses communiqués antérieurs sur la nécessité d'une coordination opérationnelle efficace entre MISCA, d'une part, les contingents opérant dans le cadre de l'Initiative de coopération régionale pour l'élimination de l'Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA) opérant dans l’est de la RCA, d’autre part, ainsi qu’avec les forces françaises déployées dans le cadre de la résolution 2127 (2013). Le Conseil se félicite des mesures prises sur le terrain pour assurer une coordination étroite entre la MICOPAX et les forces françaises, et demande à l’équipe dirigeante de la MISCA de renforcer cette coordination, ainsi que celle avec le contingent ICR-LRA;

8.    Réitère son appel à tous les États membres et aux partenaires de l’UA, pour qu’ils fournissent les ressources financières et logistiques nécessaires pour la réussite du déploiement et la bonne conduite des opérations de la MISCA. Le Conseil réitère sa gratitude aux pays de la CEEAC pour leurs efforts soutenus et les sacrifices consentis, ainsi qu’à l'Union européenne, à la France et aux États-Unis pour le soutien déjà apporté au déploiement et à la mise en place de la MISCA;

9.    Décide de rester activement saisi de la question.

Centrafrique - L'UA donne son feu vert au renforcement des effectifs de la Misca à 6.000 hommes
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 21:51

 

 

 

 

 

(Belga) vendredi 13 décembre 2013 à 20h19

 

(Belga) L'Union africaine (UA) a formalisé la décision de porter à 6.000 hommes les effectifs de sa force en Centrafrique (Misca), a annoncé vendredi le vice-président de la Commission de l'organisation panafricaine à l'AFP.

 

Les chefs d'Etat africains avaient décidé le 7 décembre, lors d'un sommet à Paris sur la paix et la sécurité en Afrique, de renforcer la Misca (Mission internationale de soutien à la République centrafricaine, sous conduite africaine), dont les effectifs prévus étaient jusqu'ici de 3.650 hommes. "Le Conseil de sécurité de l'ONU avait originellement autorisé 3.600 hommes, mais nous sommes allés au-delà parce que nous avons besoin de plus" de troupes, a dit le vice-président de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, évoquant "l'escalade du conflit entre communautés".

 

La Misca compte actuellement "environ 3.000 hommes" sur le terrain en Centrafrique, selon M. Mwencha. Les effectifs de la Misca sont pour l'heure essentiellement composés des troupes des pays d'Afrique centrale, déjà présents en Centrafrique dans le cadre de la Micopax (Mission de consolidation de la paix en Centrafrique) et qui doivent être renforcés par environ 850 soldats burundais, dont un groupe précurseur d'une cinquantaine d'hommes est arrivé jeudi à Bangui. La France, qui a déployé des troupes en soutien à la Misca dans le cadre de la résolution de l'ONU, a elle aussi porté ses effectifs de 1.200 soldats initialement prévus à 1.600. 

Centrafrique - L'UA donne son feu vert au renforcement des effectifs de la Misca à 6.000 hommes
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