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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:12

 

 

 

Josue-Binoua.jpg

 

 

27.04.2011 - Le pasteur Josué Binoua a été nommé Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, au sein du gouvernement centrafricain, le 22 avril dernier, suite aux récentes élections présidentielles. Missionnaire de l'Eglise Maranatha d'Osny, il a été libéré de son mandat ecclésiastique et missionnaire, par son Eglise d'envoi, afin de pouvoir se consacrer à la nouvelle fonction politique qui lui a été proposée.

Après des études dans le domaine des ressources humaines et une formation théologique, Josué Binoua a été pasteur-adjoint de l'Eglise baptiste d'Osny, de 1994 à 2000. Il s'est installé à Bangui en 2001, comme pasteur missionnaire et directeur de l'ONG «Ambassade chrétienne». Depuis, Josué Binoua a pris plusieurs responsabilités comme celle de président du conseil des ONG en Centrafrique ou encore de la coordination de la Société civile. Le pasteur-missionnaire avait été candidat à l'élection présidentielle en 2005.

Source: Christianisme Aujourd'hui

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Nomination du Pasteur Josué BINOUA comme Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, au sein du gouvernement centrafricain.

 

Osny, le 23/04/11 - L'équipe pastorale de l'église Baptiste Maranatha à Osny, son Pasteur principal, Christian CARON, président de l'association missionnaire Maranatha internationale (AMMI), oeuvrant en Centrafrique dans le cadre de l’Ambassade Chrétienne, se réjouissent de la nomination du Pasteur Josué BINOUA, ce vendredi 22 avril, comme Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, au sein du gouvernement centrafricain.

Souhaitant répondre favorablement à cette nomination en se mettant au service du peuple centrafricain, monsieur Josué Binoua a demandé à ne plus émarger sur les rôles pastoraux des églises, pendant le temps d’exercice de cette fonction.

Prenant acte de ces éléments, l’Eglise baptiste Maranatha le libère de ses fonctions de pasteur-missionnaire et l’accompagne de ses prières pour qu'il soit source de bénédiction pour son pays et pour chacun de ses habitants, comme « sel et lumière » dans ses nouvelles fonctions.

Pasteur Christian Caron

Président Eglise Baptiste Maranatha, Président de la Fédération des Eglises du Plein Evangile de France,

Président AMMI

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:07

 

 

 

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On connaissait l’Afghanistan, le Pakistan, le Turkménistan, le Kazakhstan…et même le Londonistan. Il faut désormais ajouter à cette liste un pays d’Afrique centrale : l’Absurdistan alias la République centrafricaine.

 

La République centrafricaine couvre une superficie de 623 000 kilomètres carrés soit la superficie de la France plus celle du Bénelux. Elle est abondamment arrosée et dispose de vastes terres fertiles qui donnaient naguère outre les cultures d’exportation tels ; le coton, le café, le cacao…des cultures vivrières pour l’autosuffisance alimentaire des populations  et même un surplus exporté vers les pays voisins. L’incurie du gouvernement, les rebellions multiples qui entretiennent une guerre de basse intensité sans risques réels pour le gouvernement mais constituent une réelle menace pour les populations rurales et bientôt les citadins, l’indifférence et le cynisme du reste du monde (la fameuse communauté internationale plus sensible à certains pays qu’à d’autres), ont acculé ce pays béni des dieux à la famine et l’ont installé dans une misère durable sans nom. On meurt de faim à Berbérati, ville riche, capitale du diamant ! Le reste du pays est à l’avenant. Sans l’aide du Programme Alimentaire Mondial et de certaines ONG aux populations sinistrées, que deviendraient ces fières et laborieuses populations ? Que le gouvernement assure au moins la sécurité alimentaire du pays !

 

Ce vaste territoire a été dirigé successivement par les présidents Dacko, Bokassa, Dacko bis, Kolingba, Patassé et Ubu. Ubu, c’est Bozizé. Il est le parfait élève de Bokassa qu’il s’est empressé de réhabiliter et qu’il copie en permanence. De facto, la RCA est sous la coupe d’un parti unique comme à l’époque de Bokassa. Les deux prochaines étapes seront la présidence à vie et le maréchalat maintenant que sa famille va squatter l’assemblée nationale.…

 

Ubu vient d’organiser des élections qu’il a gagnées dès le premier tour, dans un pays où il est littéralement détesté. Son nouveau gouvernement compte 34 membres alors que la tendance générale est aux économies en réduisant la taille des gouvernements. Il croit étouffer le grondement qui s’élève dans le pays en réunissant 34 personnes autour de la mangeoire. Pourquoi pas 40 tant qu’il y est comme Ali et ses quarante voleurs ? Plus que partout ailleurs, le gouvernement centrafricain est le premier ennemi du peuple centrafricain.

 

Autre exploit d’Ubu aux conséquences dramatiques : harceler puis  empêcher par pure mesquinerie son prédécesseur d’aller se faire soigner en hâtant sa mort pendant que les regards étaient fixés sur Tripoli et le couple Gbagbo. On ne tue pas seulement avec une sagaie ou un Revolver.

 

Enfin, Bozizé est un président zéro. Zéro kilomètre bitumé après sept ans de pouvoir, zéro collège et lycée, zéro université naturellement «  puisque mes enfants n’y vont pas » dixit Bozizé, zéro hôpital , zéro bâtiment public digne d’une capitale comme Bangui, zéro plan d’urbanisation de Bangui et d’aucune autre ville, zéro politique étrangère, zéro sécurité, zéro stabilité, zéro vision globale, zéro programme politique d’envergure nationale, zéro négociation avec les rebelles . Ma liste de zéros n’est pas exhaustive. Et qu’on ne vienne pas me parler du stade de football de Bangui qui peut contenir 20000 personnes ! Que ne demande-t-il pas aux Chinois d’agrandir l’université qui est à deux pas du stade ou à tout le moins de l’équiper ? Du pain et des jeux disaient les empereurs romains. Bozizé a oublié le pain.

 

De la nocivité de certains concepts

 

J’en étais là dans mes réflexions quand le porte parole du défunt président Patassé a piqué ma curiosité par l’emploi à plusieurs reprises dans ses communiqués de l’expression «  famille biologique » de Patassé. De quoi parle ce compatriote au juste ? Des enfants de Patassé à opposer à sa famille politique ? Ce serait une aberration. De la nébuleuse qui a toujours gravité autour de lui avant sa mort ? Ce serait loufoque.  Patassé est un homme politique centrafricain de longue date qui a dirigé la RCA pendant dix ans. A ce titre, n’importe quel centrafricain peut se revendiquer d’où qu’il vienne : Obo, Bouca, Gamboula ou Bambouti. Attention à l’emploi et à la manipulation de certains  concepts dangereux aux relents d’ivoirité de triste mémoire. Une contradiction : Sylvain Patassé chez qui les « prétendus » parents de Patassé se sont réunis nuitamment ne serait-il pas biologiquement plus proche de Patassé. Et puis qu’est-ce que c’est que cet appel aux patriotes et ce procès verbal de la famille « biologique » qui aurait une valeur juridique ? Cher compatriote, n’en jetez plus ! La seule mort d’un homme est déjà assez pénible. N’en faites pas un cheval de bataille pour d’obscures raisons. Vous aviez une occasion unique pour pilonner un gouvernement autiste qui a d’une certaine façon éliminé votre patron Patassé. Ne noyez pas votre message dans un verbiage de mauvais aloi et surtout ne le parasitez  pas par des rancoeurs contre de prétendus parents de Patassé que vous poursuivez d’une vindicte personnelle. Maintenant que Patassé n’est plus, de qui portez-vous la parole ? A bon entendeur, salut !

 

 

P.S : Je n’ai aucun lien « biologique » avec Patassé que je ne connais pas personnellement et je ne connais pas plus son porte-parole.

 

 

                                                                     KaDé  (France)

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:03

 

 

 

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Source : www.quotidienlejour.com

Insécurité. Les partisans de l’ancien chef de l’Etat s’en prennent aux officiels centrafricains de Douala et au personnel du consulat, jugés proches de François Bozizé.

Dans une lettre datée du 12 avril 2011, le consul de la République centrafricaine à Douala, Marie Louis Denis Magnondé redoute de graves menaces liées à l’organisation des obsèques de feu le président Ange Félix Patassé, décédé le mardi 05 avril 2011 à l’hôpital Général de Douala, des suites de diabète.

La lettre en question dont Le Jour a pris pu se procurer copie, est adressée à l’ambassadeur de Rca au Cameroun, avec résidence à Yaoundé. M. Magnondé y dénonce « de graves menaces et accusations que font peser les partisans de l’ex-président défunt, Ange Félix Patassé, sur le consul et le personnel du consulat en général ». Aussi prie-t-il sa hiérarchie, de «veiller au maximum à la sécurité du personnel diplomatique en service au Cameroun en général et à Douala en particulier, pour éviter que les événements du mois de novembre ne se répètent ».

Les craintes du consul semblent fondées. De source digne de foi, en effet,  des partisans de l’ancien chef de l’Etat décédé ont déposé une plainte contre le consul auprès du gouverneur de la région du Littoral, Francis Faï Yengo. Ladite plainte a été transmise aux responsables de la Division régionale de la Police judiciaire (Drpj) du Littoral, pour enquête. Le Jour n’a pas pu en savoir plus sur les griefs formulés à l’encontre du consul. Notre reporter  tout de même appris que courant avril, les pro-Patassé, ont « clandestinement » tenu à l’hôtel Mon Voisin, à Douala, une réunion « sans aviser préalablement les autorités » camerounaises et centrafricaines. Les participants à cette réunion, des réfugiés politiques, qualifiés de « rebelles » par les autorités de Bangui, ont pris des mesures contre les autorités consulaires.

Contacté par le Jour, le consul Marie Louis Denis Magnondé a reconnu les menaces brandies par les partisans de Patassé. « Ils menacent d’attenter à la vie du consul et de l’ensemble du personnel, préconisent des coupecoupes au cas où ceux-ci se présenteraient aux obsèques de Patassé, ainsi que l’empoisonnement au ngbin hin », affirme le diplomate.        
Aucune information précise ne filtre quant à la date des obsèques d’Ange Félix Patassé. Tout juste a-t-on appris au consulat à Douala, qu’ « un comité est en train d’être mis sur pied à Yaoundé, à l’ambassade, pour gérer les détails liés à ces obsèques ». La dépouille de l’ex-chef de l’Etat se trouve toujours à la morgue de l’hôpital général à Douala.

Théodore Tchopa

 

NDLR : Visiblement, la paranoïa ambiante des autorités de Bangui a aussi atteint le personnel diplomatique centrafricain au Cameroun. Il faut des psychiatres à leur chevet !

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:47

 

 

 

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MLPC logo

 

 

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NDLR : A l’instar du RDC qui avait décidé de sanctionner Pascal Koyaméné, happé lui aussi dans le gouvernement Toudéra 3, le MLPC ne pouvait aussi qu’appliquer à l’encontre de Jean Michel Mandaba les dispositions prévues par ses textes organisationnels. Ce n’était un secret pour personne que ce dernier était devenu un véritable boulet aux pieds que traînait la direction du MLPC, tant il avait multiplié les situations d’indiscipline caractérisée et de filouterie vis-à-vis de son parti. Secrétaire Général du MLPC, ses camarades ne faisaient pas ces temps derniers, mystère de son incompétence crasse et de son inaptitude réelle quant à l’exercice de la fonction qu’il occupait « sans en avoir les capacités » selon un membre du Bureau Politique du MLPC qui a requis l’anonymat. « C’est un véritable escroc donc c’est un bon débarras » confiera un autre responsable du MLPC à Centrafrique-Presse.

Convoqué par le Bureau Politique du MLPC pour s’expliquer sur sa forfaiture, Jean Michel Mandaba n’aurait pas été à même selon nos informations, de fournir des explications cohérentes et consistantes sur son acceptation d’entrer dans le gouvernement KNK. Ce serait même lui qui aurait fait des pieds et des mains pour y aller. Dès lors, il n’a plus qu’à assumer son choix de collaborer avec le pouvoir de Bozizé vers lequel il a toujours lorgné depuis le coup d'Etat du 15 mars 2003. C’est donc avec un véritable soulagement que ses anciens camarades du MLPC le voient quitter leurs rangs pour aller « manger » avec le KNK. Au MLPC, certains parlent même de très bonne clarification de cette "brebis galeuse" comme on le qualifie.

A titre de rappel, il faut signaler son vote en mai 2010 avec la majorité parlementaire KNK la loi anticonstitutionnelle violant ainsi la consigne de vote donnée par son parti le MLPC, pour la prolongation du mandat de Bozizé qui devait expirer le 11 juin 2010. Plus récemment encore, alors que le MLPC avait décidé de ne pas déposer les dossiers de ses candidats aux législatives en attendant le déblocage politique de la situation créée par Bozizé et Binguimalé, Mandaba a réussi secrètement à faire déposer le sien.      

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:44

 

 

Koyaméné

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 26 Avril 2011 16:28

Pascal Koyamene, membre du bureau politique, délégué aux affaires politiques et porte-parole du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) et actuel ministre de l'habitat est suspendu de ses fonctions et toutes activités politiques au sein de ce parti.

Le parti lui reproche d’avoir désobéi et affiché une indiscipline caractérisée, suite à sa nomination dans le gouvernement de Touadéra 3. Une perche tendue à l’opposition à l’issue des élections groupées de 2011. Des élections d’ailleurs contestées par l’opposition et singulièrement le RDC.

La décision a été prise le 23 avril dernier, conformément aux dispositions de l’article 32.6, du règlement intérieur du parti. « Face à son refus de se conformer aux consignes et directives du parti, le frère Pascal Koyamene sera traduit devant le Conseil de discipline », indique cette décision, signée de son président Louis Pierre Gamba.

Samedi dernier, le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections (FARE 2011), avait interpellé Pascal Koyamene du RDC et Michel Mandaba du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), pour se justifier de leurs actes devant leur parti respectif.

Pour le FARE, ses deux cadres en déphasage avec les idéaux de leurs partis ont fait preuve de débauchage politique et de trahison. Le FARE qui s’est toujours opposé à la légitimité et crédibilité des dernières élections en Centrafrique, estime que par ce geste, le pouvoir de Bangui voudrait faire croire à l’opinion nationale et internationale un semblant gouvernement de « large ouverture ».

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:41

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Mardi, 26 Avril 2011 16:27

Maitre Marie Edith DOUZIMA LAWSON et Maitre ZARAMBAUD ASSINGAMBI sont à Bangui depuis le weekend dernier pour le congé de pâques. Les deux avocats centrafricains, participent au procès de Jean Pierre BEMBA en qualité des représentants légaux des victimes à la Cour Pénale Internationale (CPI), au Pays Bas depuis novembre 2010.

Interrogée par Radio Ndeke Luka, Me DOUZIMA LAWSON a expliqué qu’ils sont à Bangui non seulement pour se reposer mais également pour « chercher à rencontrer les victimes pour leur expliquer la procédure devant la CPI ».

Au total plus de 1300 victimes centrafricaines sont admises à participer au procès du procureur contre Jean Pierre Bemba. « 1300 personnes ne pourraient pas participer au procès devant la cour, c’est pourquoi nous avons été désignés pour les représenter, » a confié Me Marie Edith DOUZIMA LAWSON.

Le procès reprend le 3 Mai 2011, à la Haye, siège de la CPI au Pays-Bas. Jean Pierre Bemba a été accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour viols, meurtres et pillages commis par sa milice en Centrafrique, entre 2002 et 2003.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:36

 

 

 

RCA

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 26 Avril 2011 16:22

 

La rébellion de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) de Charles Massi, demande l’ouverture d’un dialogue pour un accord de paix avec le pouvoir de Bangui. L’information est confirmée ce 26 avril 2011 sur les ondes de Radio Ndeke Luka, par le N°1 de la rébellion sur le terrain, Abdoulaye Hissen.

Joint au téléphone dans le journal de 13 heures locales (12HTU), de la radio, Abdoulaye Hissen affirme être « prêt pour signer un accord définitif de paix avec le gouvernement centrafricain. "Il est maintenant inutile de se battre ", déclare-t-il. Hissen a par ailleurs précisé que « l’initiative de cet accord de paix est l’œuvre de la CPJP pour une paix définitive en Centrafrique».

Abdoulaye Hissen a également indiqué être prêt à travailler avec François Bozizé. « C’est ne pas une nouvelle volonté de travailler avec le général Bozizé. Nous l’avions d’ailleurs affiché depuis le 1er août 2010 » a-t-il conclut.

La Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix est l’une des factions rebelles qui sévissent dans le Nord et le Nord Ouest de la RCA. Elle réclamait du pouvoir de Bangui il y’a quelque temps, une lumière sur la disparition de son leader charismatique le colonel Charles Massi.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:33

 

 

 

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Dossier: Manifestations anti-Kadhafi en Libye

 

BRUXELLES, 26 avril – (RIA Novosti) - Entre 300 et 500 mercenaires étrangers, certains issus des pays membres de l'UE, combattent en Libye avec les troupes de Mouammar Kadhafi, annonce mardi le journal électronique EUobserver citant Michel Koutouzis, expert grec du crime organisé.

"Les mercenaires européens, en majeure partie des experts en armes lourdes, en hélicoptères et en tactique militaire, touchent plusieurs milliers de dollars par jour. La plupart d'entre eux sont originaires de Biélorussie, de Serbie et d'Ukraine. Il y a un nombre considérable d'experts polonais en hélicoptères. Des citoyens belges, britanniques, français et grecs sont également impliqués", lit-on dans le journal.

En outre, des ressortissants de Centrafrique, du Tchad, du Niger, du Mali et de la Somalie figurent dans les rangs de l'armée de Kadhafi, et touchent jusqu'à 2.000 dollars par jour.

Une source à Benghazi, siège de l'opposition libyenne, a confié à l'EUobserver que "des officiers de carrière algériens, russes et syriens aident également Kadhafi".

L'armée du colonel Kadhafi compte actuellement près de 25.000 militaires. En outre, une armée de 35.000 à 50.000 bénévoles très bien armés se trouvent sous le commandement des fils du leader libyen.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:28

 

 

 

Fini Kode logo

 

 

Contrairement à ce que le Général Bozizé avait annoncé lors de la célébration de son investiture, la récréation n’est pas encore terminée.

Plus d’un mois après la dissolution du gouvernement, voilà que le Général-Président vient de reconduire son Premier Ministre d’une manière implacable et irresponsable avec  cette fois-ci une équipe gouvernementale de 34 Ministres et Ministres délégués. Au lieu d’une nouvelle équipe plutôt resserrée et de mission qui fasse bloc  autour d’un Premier Ministre de consensus, nous assistons hélas au changement dans la continuité, voir, en pire.  

La première question que l’on peut se poser est celle de savoir pourquoi autant de ministères qui vont créer pour l’Etat d’énormes charges supplémentaires de fonctionnement et salaires alors que notre pays ne vit que grâce à l’aide de généreux pays donateurs et des emprunts contractés à des taux exorbitants. Nous ne pouvons pas indéfiniment abuser de l’aide de pays amis pour payer nos fonctionnaires et nos ministres tout en se bombant le torse d’avoir  payé des salaires à termes échus.  D’ailleurs, que représente le ratio de quelques 20 milles fonctionnaires sur une population de 4 millions d’habitants.

Outre le nombre pléthorique des ministres, on relève également une équipe au demeurant très hétéroclite. La logique d’acheter les consciences afin d’annihiler toute opposition a prévalu dans la formation de ce gouvernement. Ainsi, on assiste à un ratissage large pour faire de la place coûte que coûte dans ce gouvernement à tous ceux qui hier encore étaient des opposants farouches du régime en place. Que peut-on attendre d’un gouvernement où les membres se haïssent et n’ont pas le même objectif ? Quel sens donné à la notion de solidarité gouvernementale ? Pourront-ils sincèrement travailler ensemble pour sortir notre pays de cette impasse ?

A la lecture de la  composition de ce gouvernement, on a le sentiment qu’il ne nous dit pas grand chose, notamment sur ses priorités. On a l’impression que le régime nous annonce en vrac une gouvernance à vue. S’il est vrai que notre pays est un gigantesque chantier, il n’en demeure pas moins que les gouvernants se doivent de fixer des priorités au lieu d’afficher un catalogue de départements ministériels aussi fantaisistes les uns que les autres, dont les titulaires des portefeuilles n’ont aucune compétence dans le domaine. L’époque des » politiciens ministres »  ignares est révolue. Au nom de la bonne et de la nouvelle gouvernance, place ne doit-elle pas  être faite désormais aux « hommes politiques » qui ont une expertise  dans le domaine respectif ?

 Dans la situation où se trouve notre pays n’aurait-il pas fallu se fixer des priorités dans la répartition des maroquins ? N’aurait-il pas fallu envoyer à nos compatriotes et à la communauté internationale des signaux forts  en attribuant  dans l’ordre protocolaire les ministères d’états à des postes de souveraineté (défense, intérieur, justice, affaires étrangères) pour asseoir déjà et dans un premier temps l’autorité d’un Etat presque inexistant, du moins pour être en cohérence avec  l’annonce de cette fin de récréation qui n’en finit pas de se poursuivre. Lorsque plus rien ne va dans un pays, il faudrait  apprendre à revenir  sagement à des fondamentaux. C’est un principe en politique.

En  même temps, ce gouvernement  ne devrait-il pas  promouvoir le bien être de nos concitoyens à travers une politique d’autosuffisance alimentaire et de santé publique, puisque c’est de cela dont souffre notre population aujourd’hui. Lorsque la sécurité aussi bien de nos frontières que celle à l’intérieur du pays sera assurée, la liberté d’aller et de venir de notre population, une justice égale pour tous seront  garanties que l’ on peut alors envisager autre chose.  Non seulement ces postes de souveraineté ne sont attribués à de Ministres d’Etat,  mais ils occupent une place secondaire dans l’ordre protocolaire avec des personnalités atypiques et contestés pour diriger ces départements ministériels. 

En définitive le gouvernement  TOUADERA 3, affublé pompeusement du qualificatif « ouverture » est en fait un gouvernement de »récupération et de débauchage » dont le seul projet de société  est d’anéantir complètement toute opposition afin de rester « vitam aeternam » au pouvoir. Au nom de cette « ouverture », le régime en place a créé des postes budgétivores  secondaires avec des ministres qui à n’en pas douter seront éjectés à la première occasion. La volonté du régime de rendre à néant coûte que coûte l’opposition démocratique dans notre pays est une grave erreur du régime en place car elle ouvre inévitablement la porte à toutes les radicalisations.  Aussi, le risque de crisper davantage le climat politique et de radicaliser la position des plus modérés dans notre pays contre un régime qui souffre déjà de légitimité est plus que jamais effectif.

 

Pour le Conseil Exécutif

Franck Saragba 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 22:46

 

 

enfant-soldat-en-RCA-copie-1.jpg

 

 

 

Nations Unies S/2011/241

Conseil de sécurité  13 avril 2011

Français
Original : anglais

11-29770 (F) 180411 180411


*1129770* Lundi 25 Avril 2011 22h47

 

Résumé


Le présent rapport, établi en application des dispositions de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité, est le deuxième rapport de pays sur le sort des enfants en temps de conflit armé en République centrafricaine présenté au Conseil et à son Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés. Il couvre la période allant de décembre 2008 à décembre 2010 et fait suite à mon premier rapport sur la question (S/2009/66) et aux conclusions et aux recommandations formulées par le Groupe de travail (S/AC.51/2009/2).
Le rapport met en lumière la crise que traverse le pays en matière de protection du fait des combats sporadiques entre les forces gouvernementales et les groupes armés, des nombreux actes de banditisme et de l’extrême pauvreté de la population.


Cette crise est aggravée par la pénurie de moyens des forces de défense et de sécurité et du pouvoir judiciaire ainsi que par le manque de débouchés socioéconomiques.
Malgré l’engagement pris par le Gouvernement de mettre un terme à l’emploi et au recrutement d’enfants, leur mobilisation dans les rangs des groupes rebelles et des milices d’autodéfense s’est poursuivie dans tout le pays au cours de la période considérée. Des enfants ont été mobilisés par l’Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement, le Front démocratique du peuple centrafricain, et le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice, qui sont signataires de l’Accord de paix global conclu à Libreville en 2008. Des enfants étaient également présents dans les rangs de la Convention des patriotes pour la justice et la paix. Peu de progrès ont été enregistrés dans l’élaboration et l’application de plans d’action par les groupes armés  qui avaient signé ledit accord.


Le rapport révèle en outre l’existence d’autres violations graves telles que l’assassinat d’enfants, les violences sexuelles, les attaques contre des centres de santé et le refus d’autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire. Dans le sud-est, l’Armée de résistance du Seigneur continue d’enlever des enfants et de les enrôler de force comme combattants, espions, esclaves sexuels et porteurs.


Le rapport indique que les Forces armées nationales, les groupes armés, les milices d’autodéfense et les bandits de grand chemin sont responsables des violations graves commises à l’encontre des enfants. Il décrit également les programmes mis en place pour faire face aux violations commises.


Enfin, il met l’accent sur les difficultés considérables rencontrées dans les efforts faits pour suivre et signaler les violations graves commises contre des enfants, et y remédier, et il contient une série de recommandations visant à intensifier l’action menée pour protéger les enfants en République centrafricaine.

 

I. Introduction


1. Le présent rapport, établi en application des dispositions des résolutions 1612 (2005) et 1882 (2009) du Conseil de sécurité, qui couvre la période allant de décembre 2008 à décembre 2010 est mon deuxième rapport sur la situation des enfants en République centrafricaine. Il porte principalement sur les violations graves dont sont victimes des enfants et sur les progrès accomplis pour mettre un terme à ces violations, comme suite aux recommandations énoncées dans mon précédent rapport (S/2009/66) et aux conclusions formulées par le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés du Conseil de sécurité (S/AC.51/2009/2).

2. Au cours de la période considérée, il est demeuré difficile de suivre et de signaler les violations graves commises à l’encontre d’enfants, essentiellement en raison de problèmes de sécurité, de logistique et de capacité. De ce fait, le groupe technique de surveillance et de communication de l’information de l’ONU n’a pas toujours été en mesure de vérifier les informations contenues dans le présent rapport, ce qui a été dûment indiqué dans chaque cas. Par ailleurs, vu le petit nombre de violations signalées par les victimes, les données recueillies au cours de la période considérée ne rendaient que partiellement compte des graves violations dont ont été victimes des enfants dans les zones touchées par le conflit.

II. Aperçu de la situation politique et des conditions de sécurité


3. L’Accord de paix global, signé à Libreville entre le Gouvernement de la République centrafricaine, l’Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD) et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) le 21 juin 2008, prévoyait, entre autres, la promulgation par le Gouvernement d’une loi d’amnistie générale et le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants de l’APRD et de l’UFDR. Cet accord a été ultérieurement signé par le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) le 7 décembre 2008 et l’Union des forces républicaines (UFR) le 15 décembre 2008. Il a abouti à l’organisation, en décembre 2008, d’une concertation politique sans exclusive entre le Gouvernement de la République centrafricaine, les partis représentant l’opposition politique et armée, y compris les signataires de l’Accord de paix global et les représentants de la société civile. Les partis sont convenus d’organiser des élections présidentielles et législatives, de réformer le secteur de la sécurité et de mettre en oeuvre un programme de désarmement, démobilisation et réintégration. Le 3 juillet 2009, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) a adhéré au processus de paix en République centrafricaine.


4. Depuis la signature de l’Accord de paix global, aucune attaque grave n’a été signalée dans les préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé et de la Nana-Gribizi dans le nord-ouest au cours de la période considérée. L’UFDR, qui contrôle certaines zones dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto dans le nord-est, lançait souvent des opérations, en coordination avec les Forces armées centrafricaines (FACA) contre l’Armée de résistance du Seigneur. Tout au long de la période considérée, des accrochages ont eu lieu ici et là entre la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et les FACA, notamment à Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran) en novembre 2009 et avril 2010, et à Birao (préfecture de la Vakaga) en juillet et novembre 2010. La CPJP n’est pas signataire de l’Accord de paix global de Libreville, et les efforts visant à engager des négociations de paix avec ce groupe n’ont pas porté leurs fruits.

 

En outre, des combats ont éclaté périodiquement entre le FDPC et les FACA qui cherchaient à s’assurer le contrôle de l’axe Kabo-Sido dans la région du centre-nord en 2010.

5. Le premier tour des élections présidentielles et législatives, initialement prévu pour le 25 avril 2010 et reporté à deux reprises en raison de difficultés techniques, a eu lieu le 23 janvier 2011. Le 12 février 2011, la Cour constitutionnelle a déclaré que le Président François Bozizé avait remporté les élections au premier tour. Le deuxième tour des élections législatives, boycotté par l’opposition, a eu lieu le 27 mars pour allouer 69 des 105 sièges de l’Assemblée nationale.
6. S’agissant des éléments armés étrangers présents en République centrafricaine, l’Armée de résistance du Seigneur a continué, tout au long de la période considérée, à lancer des attaques dans l’est et le sud-est (préfectures du Haut-Mbomou, du Mbomou et de la Haute-Kotto) ainsi que dans le nord-est (préfecture de la Vakaga).


En 2009 et 2010, les Forces de défense populaires de l’Ouganda (FDPO) ont lancé, avec l’assentiment du Gouvernement centrafricain, des opérations militaires dans les préfectures de l’est et du sud-est (Haute-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou) en vue de démanteler l’Armée de résistance du Seigneur.


7. Outre les groupes armés nationaux et étrangers, des bandits de grand chemin, les Zaraguinas ou coupeurs de route, ont continué d’opérer dans le nord, se livrant à des attaques, à des enlèvements et à des extorsions de biens et de fonds. Diverses informations faisaient état de tortures et d’exécutions de civils par les Zaraguinas et de déplacements de populations lesquelles avaient abandonné leurs villages, leurs foyers et leurs champs à la suite des attaques menées par ces bandits de grand chemin.


8. La Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), qui a été déployée dans la ville de Birao, située dans le nord-est (préfecture de la Vakaga), de mars 2008 à novembre 2010, avait eu un impact positif mais limité dans sa zone de déploiement. Comme suite à la décision prise par le Conseil de sécurité de mettre fin au mandat de la MINURCAT, le contingent de la Mission s’était retiré de Birao le 15 novembre. La CPJP a attaqué la ville le 24 novembre, prenant pour cible la base des FACA, et incitant les Forces armées tchadiennes à pénétrer sur le territoire de la République centrafricaine et à attaquer les positions de la CPJP à Birao, avec l’accord du Gouvernement centrafricain.
L’armée tchadienne est restée à Birao pendant plusieurs semaines après cette attaque.

9. Le 1er janvier 2010, le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA) a été créé et avait reçu pour mission notamment de s’assurer que la protection de l’enfance était traitée comme il se doit dans la mise en oeuvre de l’Accord de paix global et le processus de désarmement, démobilisation et réintégration, y compris en soutenant le mécanisme de surveillance et de communication de l’information établi conformément aux résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) (voir S/PRST/2009/5).

10. La Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX), qui a été déployée par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, a succédé à la Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale en juillet 2008. Cette mission a été déployée à Bangui et dans le nord du pays, notamment dans les préfectures de l’Ouham-Pendé (Paoua et Bozoum) et la Nana-Gribizi (Kaga-Bandoro) et avait pour mission de consolider la paix et la sécurité, d’appuyer la réforme du secteur de la sécurité et l’organisation d’élections, de coordonner l’aide humanitaire et d’aider à veiller au respect des droits de l’homme, en particulier des droits des femmes et des enfants. La MICOPAX a été déployée à Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran) au début de 2011.

11. Dans le nord-ouest et dans les zones où sévissait l’Armée de résistance du Seigneur dans l’est et le sud-est, les milices d’autodéfense locales assurent la protection des populations locales contre les bandes de criminels armés et autres éléments armés. Ces milices jouissent du soutien des autorités, en l’absence de forces de défense et de sécurité nationales en nombre suffisant.

III. Violations graves commises contre des enfants : tendances et incidents


12. L’insécurité continue d’entraver la réalisation de progrès dans le respect des droits des enfants. De graves violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ont été commises par toutes les parties au conflit, y compris les forces armées nationales, les groupes rebelles et les groupes d’autodéfense. Les combats sporadiques entre les forces gouvernementales et les groupes armés, les actes de banditisme généralisés, de même que l’extrême pauvreté de la population ont contribué à créer un vide sécuritaire dont ont particulièrement souffert les femmes et les enfants. Les civils ont été victimes de violences physiques et sexuelles, et perdu leurs biens et leurs moyens de subsistance. Au cours de la période considérée, de nombreux civils dans les zones touchées par le conflit ont fui leurs villages et leurs foyers à la suite d’attaques de groupes armés ou en prévision de ces attaques.


13. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime qu’à la fin de 2010, la République centrafricaine comptait environ 192 000 personnes déplacées et près de 24 000 réfugiés de la République démocratique du Congo, du Soudan et du Tchad, et qu’en outre, 162 000 réfugiés centrafricains se trouvaient dans les pays voisins. Sur les 192 000 personnes déplacées, plus de 25 000 étaient des civils déplacés depuis février 2010 par les attaques ou les craintes d’attaques de l’Armée de résistance du Seigneur dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou. Dans l’est, sur ces 25 000 personnes, 6 000 civils déplacés ont été signalés dans la ville de Rafai et 7 000 dans la ville de Zémio (préfecture du Haut-Mbomou dans le sud-est) à la suite des attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur en avril 2010. Dans tout le pays, ces déplacements ont eu d’importantes répercussions sur la vie des résidents des villes où les populations déplacées se sont regroupées.

14. S’il convient de reconnaître les efforts faits par le Gouvernement centrafricain pour assurer le respect des normes internationales relatives aux droits de l’homme, peu de progrès ont été réalisés dans le domaine de la protection de l’enfance en raison de la persistance du conflit armé mais aussi de l’attitude de la société à l’égard de la violence sexiste, de la discrimination sexuelle, des mauvais traitements et de l’exploitation des enfants. Comme les naissances ne sont pas systématiquement enregistrées, il était encore plus difficile de remédier aux violations graves, parce qu’il est souvent impossible de prouver l’âge de la victime.
D’après les statistiques officielles, seulement 49 % des naissances ont été enregistrées à l’échelon national en 2010.


A. Recrutement et emploi d’enfants


15. Pendant la période considérée, le recrutement d’enfants par des groupes armés est demeuré gravement préoccupant, en particulier dans le nord-est et l’est du pays.

16. Si le désarmement, la démobilisation et la réintégration de 525 enfants associés à l’APRD entre juin 2008 et décembre 2010 constituait un progrès considérable, l’Organisation des Nations Unies a reçu des informations indiquant que des enfants – garçons et filles –, se trouvaient toujours au sein de ce groupe armé. Les commandants de l’APRD ont nié avoir recruté délibérément des enfants et expliqué que ceux-ci s’étaient engagés de leur plein gré pour recevoir nourriture et protection.


17. Dans le nord, l’UFDR, la CPJP et les milices d’autodéfense locales continueraient d’employer des enfants qu’on a vu se battre dans leurs rangs au cours de l’attaque lancée contre Birao (préfecture de la Vakaga) par la CPJP le 24 novembre 2010. L’ONU demeurait préoccupée par la présence d’enfants parmi les milices d’autodéfense, en particulier dans le nord-ouest et les zones où sévissait l’Armée de résistance du Seigneur. L’Organisation a continué de s’employer à convaincre les autorités centrafricaines de la nécessité de mettre un terme à l’emploi et au recrutement d’enfants par tous les éléments armés, y compris les groupes d’autodéfense.


18. Il a également été signalé que le FDPC, qui avait refusé de participer au processus de désarmement, démobilisation et réintégration, avait continué d’employer des enfants près de Kabo (préfecture de l’Ouham). D’après des témoignages, des enfants se trouveraient dans les rangs du MLJC dans la préfecture de la Vakaga.


19. D’après des informations reçues par l’ONU, l’Armée de résistance du Seigneur s’est livrée, au cours de la période considérée, à des enlèvements et au recrutement par la force d’enfants dont elle se servirait comme combattants, espions, domestiques, esclaves sexuels et porteurs. En 2010, le recrutement transfrontière d’enfants enlevés en République démocratique du Congo et au Soudan et emmenés en République centrafricaine par l’Armée de résistance du Seigneur a été signalé, notamment par des enfants qui s’étaient échappés de l’Armée de résistance du Seigneur. Plusieurs de ces informations sont examinées plus loin (voir par. 29 et 30).

 

 Assassinat et mutilation d’enfants


20. Des assassinats d’enfants ont continué d’être signalés à l’ONU au cours de la période considérée. Dans le nord-ouest, 18 Peuls, dont 4 enfants, auraient été tués par l’APRD à Taley, près de Markounda (préfecture de l’Ouham-Pendé) en février 2010. Dans le nord, une jeune fille de 16 ans a été tuée au cours d’une attaque lancée par des éléments de la CPJP contre Kpata, près de Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran) le 26 octobre 2010.
21. Dans le sud-est, en particulier dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou ainsi que dans certaines localités de la préfecture de la Haute-Kotto, l’Armée de résistance du Seigneur a lancé de multiples attaques aveugles, à la fois contre des adultes et des enfants. Des éléments de l’Armée de résistance du Seigneur ont tué, le 3 novembre 2009, au moins trois enfants de 12 à 15 ans, dont une fillette qui a été battue à mort. À Nguiriguiri (préfecture du Haut-Mbomou), un garçon de 14 ans a été grièvement blessé par l’Armée de résistance du Seigneur le 5 novembre 2009. Lors d’une autre attaque encore, le 21 février 2010, à Agoumar (préfecture du Haut-Mbomou) 14 villageois, dont des enfants, ont été tués par cette armée qui aurait pris cette mesure de représailles pour se venger des blessures infligées à l’un de ses éléments quelques jours auparavant.


22. Des mutilations avaient été signalées dans mon précédent rapport; en revanche, aucune information dans ce sens n’a été reçue au cours de la période considérée. Cela ne signifie pas pour autant que les mutilations ont été inexistantes durant cette période; mais il se pourrait simplement que les problèmes de collecte et de vérification des données expliquent cette absence d’information.


C. Viols et autres agressions sexuelles graves


23. Les viols et autres agressions sexuelles commis contre des enfants sont demeurés un motif de vive préoccupation au cours de la période considérée.


Pourtant, ces incidents étaient toujours très loin d’être tous signalés, les victimes hésitant à demander de l’aide ou à faire état de ces violations pour diverses raisons, telles que les facteurs culturels, la stigmatisation du public, la crainte de représailles et le manque de confiance dans le système judiciaire. De ce fait, lorsque des agressions sexuelles sont commises, y compris contre des enfants, les victimes ne portent pas souvent plainte auprès des organes judiciaires. Les autorités traditionnelles cherchent plutôt à négocier un règlement entre la famille de la victime et l’agresseur dans le cadre des systèmes de justice locaux. Lorsque les victimes portent plainte, c’est souvent plusieurs jours ou semaines après l’incident et en présence de leurs parents. L’application inefficace des lois a contribué à
l’impunité et est aggravée par l’absence de mesures de protection pour séparer les victimes de violences sexuelles de leurs agresseurs qui sont connus au sein de leur communauté.

24. Selon une étude financée par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), 25 % des cas signalés de viols et autres agressions sexuelles graves commis contre des enfants en 2010 étaient le fait d’éléments armés, notamment des Zaraguinas. Dans l’est et le sud-est, des enlèvements de fillettes aux fins d’esclavage sexuel ont été signalés par plusieurs victimes qui avaient réussi à s’échapper de l’Armée de résistance du Seigneur. Au nord de Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran), des actes de violence sexuelle, notamment contre des enfants, auraient été commis par des éléments de la CPJP entre mars et juin 2010 dans plusieurs villages, dont Gozbeida et Zoukoutouniala.


D. Attaques contre des écoles et des hôpitaux


25. Le secteur de l’éducation a gravement souffert du climat d’insécurité, surtout dans l’est. Le taux d’abandon scolaire, qui est demeuré élevé dans tout le pays au cours de la période considérée, a été estimé à 53 % en 2010. Si les établissements scolaires n’étaient pas expressément visés par les groupes armés opérant dans l’est, la crainte d’incursions par ces groupes, notamment l’Armée de résistance du Seigneur, décourageait les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. On a également signalé que des écoles dans plusieurs villages des préfectures du Mbomou (Rafai et Dembia en particulier) et du Haut-Mbomou (Zemio et des villages près d’Obo) ont été fermées de la mi-mai à septembre 2010 en raison des opérations menées par l’Armée de résistance du Seigneur.


26. Le BINUCA a appris que des éléments de la CPJP avaient occupé plusieurs écoles dans des villages situés à proximité de Bria (préfecture de la Haute-Kotto) entre mai et juillet 2010. En outre, à la suite de l’occupation de la ville d’Ippy (préfecture de l’Ouaka) par la CPJP en octobre 2010, les écoles avaient fermé et une grande partie de la population avait fui la ville.
27. En raison de l’insécurité, la plupart des écoles dans les zones touchées par le conflit manquaient d’enseignants qualifiés. On a signalé que des enseignants avaient fui leurs villages ou avaient été enlevés et assassinés, encore que l’on ne sache pas exactement si les enseignants étaient pris pour cible en raison de leur profession.


Plusieurs villages ont tenté de remédier à la pénurie d’enseignants en employant des parents, les « maître-parents », qui n’étaient généralement pas titulaires d’un diplôme d’études secondaires.


28. Plusieurs centres de santé ont été pillés au cours de l’attaque lancée contre des villages dans l’est et le nord du pays, en particulier dans les préfectures du Mbomou, du Haut-Mbomou, de la Haute-Kotto, de la Vakaga et de la Bamingui-Bangoran. Au nord de Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran), le pillage de centres de santé par la CPJP a été signalé en avril 2010 dans les villages d’Akrousoulbak et de Zoukoutouniala. Les forces de défense et de sécurité nationales ont par la suite incendié ces villages à titre de représailles. Dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, des villages ont été détruits et plusieurs centres de santé pillés au cours des multiples attaques lancées par l’Armée de résistance du Seigneur.

Lors d’une attaque contre la ville de Birao dans la préfecture de la Vakaga, l’Armée de résistance du Seigneur a pillé des centres de santé le 10 octobre 2010. Dans la même préfecture, elle a attaqué la ville de Ouanda-Djalé le 5 septembre 2010. Des maisons ont été incendiées et le centre médical, qui bénéficiait de l’assistance de l’International Medical Corps, a été pillé.


E. Enlèvements

 

29. Les enlèvements d’enfants par l’Armée de résistance du Seigneur en République centrafricaine, surtout dans le sud-est, demeurent un motif de préoccupation. En mai 2009, à la suite d’une attaque lancée contre Yangou-Pendéré (préfecture de la Haute-Kotto), 36 civils, dont 11 enfants et 3 nourrissons, ont été enlevés. En août 2009, 45 civils, dont 11 enfants, ont été enlevés au cours de l’attaque contre Nzako et Bani (préfecture de la Haute-Kotto), mais ont été relâchés un mois plus tard par l’UFDR à proximité de Bria. En octobre 2009, l’Armée de résistance du Seigneur a attaqué à deux reprises Baroua, dans la préfecture du Mbomou et a enlevé 29 personnes, dont 7 enfants. En décembre 2009, 2 femmes, 2 hommes et 1 fillette de 10 ans ont été enlevés par l’Armée de résistance du Seigneur qui avait attaqué le village de Kadjemah à 45 kilomètres d’Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou. Le 10 octobre 2010, 9 enfants (8 filles et 1 garçon) ont été enlevés par des éléments de l’Armée de résistance du Seigneur au cours de l’attaque lancée contre la ville de Birao. Ils ont été relâchés deux semaines plus tard par le MLJC et l’UFDR.


30. Des filles, qui s’étaient enfuies, après avoir été enlevées par l’Armée de résistance du Seigneur, ont fourni des informations sur les enlèvements transfrontières. L’une d’entre elles, originaire du Soudan, qui s’était échappée en septembre 2010, a témoigné qu’elle avait été enlevée dans le Sud-Soudan en 2007 par l’Armée de résistance du Seigneur, qui l’avait ensuite emmenée en République centrafricaine. Elle était enceinte lorsqu’elle s’est échappée et a accouché dans un centre de transit bénéficiant de l’assistance de l’ONU à Bangui. Elle a retrouvé sa famille dans le Sud-Soudan en octobre 2010. Une autre adolescente, qui s’était échappée de l’Armée de résistance du Seigneur en décembre 2010, a déclaré à l’ONU qu’elle avait été enlevée en octobre 2010 dans le village de Nguelema près de Dungu en République démocratique du Congo, puis emmenée en République centrafricaine. Au moment de l’établissement du présent rapport, elle se trouvait toujours dans un centre de transit bénéficiant de l’assistance de l’UNICEF à Bangui pendant que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’efforçait de retrouver sa famille en République démocratique du Congo. En 2009 et 2010, l’ONU a enregistré 26 enfants (7 garçons et 19 filles) de nationalité congolaise, ougandaise, soudanaise et centrafricaine, qui, après s’être échappés de l’Armée de résistance du Seigneur, avaient été rapatriés et réunis avec leur famille.


F. Refus d’autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire

 

31. Au cours de la période considérée, l’acheminement de l’aide humanitaire a été difficile et limité dans certaines régions du nord, du nord-est et du sud-est en raison des activités des groupes armés et de l’Armée de résistance du Seigneur. À diverses reprises, les négociations sur l’accès des secours humanitaires ont été compliquées par un manque de clarté dans la chaîne de commandement des parties, notamment au sein du FDPC à Kabo (préfecture de l’Ouham). Dans quelques cas, cet accès a été refusé par les groupes armés, ce qui a empêché les organismes internationaux de réunir des données établissant l’existence de graves violations à l’encontre d’enfants et de rendre compte de ces violations. À la fin de 2010, les activités humanitaires avaient été réduites dans trois préfectures (Bamingui-Bangoran, Nana-Gribizi et Ouham), en raison de l’insécurité, du manque d’accès aux populations vulnérables et des difficultés rencontrées dans les négociations avec les groupes armés.


32. Dans le nord, des organisations internationales ont été victimes, en 2010, de plusieurs attaques de la part de l’UFDR, du FDPC et de l’APRD. En septembre, un groupe armé non identifié a pillé une antenne médicale mobile d’une organisation non gouvernementale internationale près de Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran) dans la zone tenue par l’UFDR. Le même mois, des rebelles du FDPC ont attaqué un convoi du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur la route menant de Ouandago à Kabo (préfectures de la Nana-Gribizi et de l’Ouham). Le 20 octobre, des convois de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ont été arrêtés par des éléments de l’APRD à Gouzé (préfecture de l’Ouham-Pendé) qui leur ont demandé de l’argent lors du passage à un point de contrôle. Lorsque les convois ont tenté de rebrousser chemin, des rebelles leur ont barré la route jusqu’à ce qu’ils versent la somme en question. Le 21 octobre, des rebelles de l’APRD ont immobilisé un convoi de la MICOPAX à Paoua (préfecture de l’Ouham).


33. À la suite d’une attaque lancée contre la ville de Ndélé (préfecture de la Bamingui-Bangoran) le 25 novembre 2009 par des éléments de la CPJP à bord de deux véhicules volés appartenant à une organisation non gouvernementale internationale, le Gouvernement a interdit à ces organisations d’emprunter les principaux axes routiers aux alentours de Ndélé, sous le prétexte que les organismes d’aide humanitaire attisaient le conflit en apportant leur soutien aux groupes armés.


À la suite de négociations intensives menées par l’ONU, les autorités ont fini par autoriser les organismes humanitaires à se rendre à Ndélé en juillet 2010.


34. Dans le nord-est, une série d’attaques armées et d’actes de banditisme se sont produits au cours de la période considérée. De ce fait, les agents humanitaires ont été évacués et les activités humanitaires ont été pratiquement interrompues dans la région. À la fin du mois de novembre 2009, deux agents humanitaires de l’organisation non gouvernementale internationale Triangle Génération Humanitaire ont été enlevés à leur domicile au centre de Birao. Les deux otages ont été relâchés cinq mois plus tard au Soudan. Au cours de l’attaque lancée par la CPJP contre Birao le 24 novembre 2010, un fonctionnaire national du Comité d’aide médicale a été mortellement blessé par une balle perdue. On a signalé que le bureau de Triangle Génération Humanitaire à Birao avait été pillé à plusieurs reprises, mais les auteurs de ces pillages n’ont pu être identifiés. Ces incidents ont contraint les organismes humanitaires à restreindre leurs déplacements. À la fin de 2009, seuls le CICR, l’International Medical Corps, le Comité d’aide médicale et Triangle Génération Humanitaire étaient présents dans la préfecture de la Vakaga. Les populations rurales, surtout les enfants, ont gravement souffert du départ des organisations non gouvernementales internationales de la Vakaga, qui les prive de l’aide humanitaire dont elles ont besoin.


35. Au cours de la période considérée, l’acheminement de l’aide humanitaire a été limité en raison de problèmes de sécurité et de logistique dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou dans l’est du pays. Lors d’une attaque contre un convoi de l’organisation non gouvernementale internationale Cooperazione Internazionale près d’Obo (préfecture du Haut-Mbomou) le 21 septembre 2009, deux agents humanitaires ont été tués et un autre grièvement blessé. Le climat d’insécurité régnant dans ces préfectures où sévissait l’Armée de résistance du Seigneur a contraint l’ONU à faire appel à des escortes armées pour accompagner les convois de secours humanitaires transportés par la route, ce qui a gravement entravé l’acheminement de l’aide aux populations rurales déplacées.  (à suivre...)

 

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