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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:08

 

 

 

 

Boziz--31-d-c-07.jpg

 

Touadéra Faustin

 

Fidèle Gouandjika

 

 

Toute la RCA à l’écoute de la table ronde de Bruxelles

Radio Ndéké Luka Jeudi, 16 Juin 2011 13:10

Les travaux de la table ronde sur la République Centrafricaine ont démarré ce 16 juin 2011 à Bruxelles en Belgique. Ces travaux qui vont durer deux jours, se déroulent en présence d’une forte délégation conduite par le Président de François Bozizé, accompagnés du Premier ministre Faustin Archange Touadéra et plusieurs autres personnalités de haut niveau. Il s’agit de la rencontre entre les autorités centrafricaines et les partenaires au développement.

Il s’agit entre autres de poursuivre avec la communauté des bailleurs de fonds, le dialogue déjà engagé lors de la session spéciale sur la République Centrafricaine en septembre 2010, sur les voies et moyens de consolider la paix et jeter les bases d’un développement durable, élargir la communauté des partenaires au développement qui interviennent en Centrafrique, en incluant les donateurs traditionnels et non traditionnels, mobiliser auprès des bailleurs de fonds les ressources supplémentaires nécessaires au financement des actions prioritaires du DSRP (document stratégique pour la réduction de la pauvreté) de la seconde génération, notamment dans les domaines du développement  rural, de la croissance accélérée, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD 2011-2015), et du genre.

Le DSRP nouvelle génération est orienté vers la stratégie sectorielle Egalité de Genre et Réduction de la Pauvreté et les programmes proposés dans le cadre de ladite stratégie, dégageront des perspectives étendues, en vue des solutions adéquates au relèvement du pouvoir économique des Femmes.

Concernant le programme DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) des ex-rebelles, les partenaires seront appelés à soutenir le gouvernement dans les activités à court terme telles que le cantonnement, le désarmement et la démobilisation des ex-rebelles, ainsi que leur réintégration à long terme.

Rappelons que le DSRP II intervient quelques années après la première table ronde consacrée au DSRP I, qui s’était déroulée le 26 octobre 2007 à Bruxelles en Belgique.

La première table ronde avait rassemblé les représentants de 17 pays, 25 organisations internationales et d’institutions financières et deux ONG internationales qui ont participé en qualité d’observateurs.

Le Gouvernement Centrafricain a mis en place un plan de développement économique du pays contenu dans son Document de stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) ayant déjà fait l’objet d’engagements fermes des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) de la RCA  à la Table Ronde de Bruxelles du 26 octobre 2007. Lors de cette table ronde, la Centrafrique avait reçu 300 milliards de francs CFA des mains des bailleurs.

 

NDLR : Contrairement à ce que laisse entendre ce papier, les Centrafricains ont été déjà informés que les plus hauts responsables de l'Union Européenne avait écrit aux autorités de Bangui que cette table ronde de Bruxelles était inopportune et inutile. Par conséquent, ils n'attendent rien de cette réunion qui a dû servir encore de prétexte à Bozizé, son PM Touadéra, et certains de leurs ministres comme Sylvain Maliko, Fidèle Ngouandjika, Mme Dorothée Malénzapa et autre Marguérite Pétrokoni et Marylin Rosalem Mouliom, de vider une fois de plus les caisses du trésor national pour aller vadrouiller à Paris et à Bruxelles pendant que les populations de la capitale sont descendues dans la rue pour exiger d'avoir de l'eau potable pour boire et du courant électrique.  

 

 

L'ONU salue la tenue d'une table ronde sur la République centrafricaine à Bruxelles


NEW YORK 16/06/2011 (Xinhuanet) - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué mercredi la tenue d'une table ronde des partenaires de la République centrafricaine les 16 et 17 juin 2011 à Bruxelles et félicite la Commission de consolidation de la paix, la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Banque africaine de développement pour leur appui au gouvernement centrafricain dans l'organisation de cet événement important.

"Le secrétaire général appelle les partenaires à continuer de soutenir la République centrafricaine dans la mise en oeuvre de sa Stratégie de réduction de la pauvreté exhaustive visant à relever les défis de la consolidation de la paix et du développement socio- économique", a dit son porte-parole dans une déclaration.

"Le secrétaire général appelle également le gouvernement centrafricain à continuer de bâtir un partenariat fort, durable et significatif avec la communauté internationale. Il réaffirme le soutien des Nations Unies alors que le pays est engagé dans des réformes dans les domaines de la sécurité et de la gouvernance visant à améliorer la qualité de vie du peuple centrafricain", a-t- il ajouté.

© Copyright Xinhuanet

 

NDLR : Les Nations Unies ne peuvent pas dire autre chose puisse que c'est l'ambassadeur belge accrédité à New York qui est à l'origine de cette table ronde de Bruxelles qui pour l'UE est très prématurée et inopportune puisqu'elle considère que Bozizé a volé les dernières élections et ni son actuel gouvernement, ni la chambre parlementaire ne sont légitimes et crédibles. Faut-il rappeler que l'UE a boycotté l'investitur de Bozizé le 15 mars dernier. Faut-il rappeler qu'un rapport d'experts électoraux commandité et financé par l'UE a conclu à des élections centrafricaines "sujettes à caution". Dès lors, toutes ces gesticulations de Bangui avec la complicité fâcheuse de l'ambassadeur Jan Grauls ne sont que brassage d'air. En attendant, sur le terrain, la situation se dégrade de plus en plus et les Centrafricains de plus en plus à bout, n'hésitent plus à descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement et leur frustration. Il n'y a que ça de vrai.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:05

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Jeudi, 16 Juin 2011 13:08

En Centrafrique, une étude menée par le ministère des affaires sociales avec l’appui de l’UNICEF en 2004, évaluait le nombre des enfants de la rue à 6000. 7 ans après, les estimations indiquent que le nombre a considérablement augmenté. Plus de la moitié de ces enfants se trouvent à Bangui, selon les mêmes estimations.

La journée de l’enfant est célébrée ce 16 juin 2011 en Afrique et en Centrafrique a relancé le débat sur cette situation. Plusieurs manifestations ont été organisées pour commémorer la journée, qui a pour thème de l’année « Tous ensemble unissons-nous pour une action urgente en faveur des enfants de la rue ».

Plus de 500 enfants de la rue et autres enfants rendus vulnérables ont pris part dans la matinée à une manifestation organisée par le gouvernement à la Faculté théologique biblique de Bangui.

Danses traditionnelles, récits des poèmes et présentation théâtrale exécutés par les enfants, constituent la toile de fond de la cérémonie. La cérémonie a été présidée par le ministre de la santé Jean Michel MANDABA venu au nom de son homologue des Affaires Sociales, et la représentante intérimaire de l’UNICEF Christine NARE KABORE.

A Bouar dans la Nana Mambéré, les 250 enfants du Village d’Enfants SOS de la ville ont pris part à une marche pacifique organisée à leur intention. Selon Djoumngoto Djinara, directrice du village, « l’objectif de la marche est plaidé pour la cause des enfants en situation difficileIl faut reconnaitre cependant que cette journée est méconnue des parents de la ville de Bouar », a signalé le correspondant de Radio Ndeke Luka dans la ville.

La Journée de l’Enfant Africain est un événement annuel parrainé par l’Unicef. Il commémore le massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid  en Afrique du Sud.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 03:49

 

 

 

Joseph Kony et un de ses adjoints

 

Par journaldebangui.com, ACP - 15/06/2011

C’est une recommandation émanant de la 2ème réunion ministérielle régionale sur la LRA, un mouvement rebelle qui affecte notamment la RDC, le Soudan, la République centrafricaine.

 

La deuxième réunion ministérielle régionale sur l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) initiée par la Commission de l’Union africaine a recommandé la constitution d’une force régionale d’intervention contre la LRA et la création d’un Centre des opérations conjoints (C.O.C.) afin de mener des actions militaires contre cette rébellion, au cours de la rencontre qui s’est tenue du 6 au 9 juin 2011 a Addis-Abeba, en Ethiopie, a appris VACP samedi de la Cellule presse du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants. Trois points importants ont constitué les recommandations des experts adressées aux chefs d’état-major de la Défense et chefs des services et de sécurité des pays affectés par la présence de la LRA. Il s’agit de la conclusion de la réunion ministérielle régionale sur la LRA qui avait eu lieu du 13 au 14 octobre 2010 à Bangui, en République Centrafricaine.

 

Section 1.01 Les ministres se sont, en outre, attardés sur le projet du Document cadre pour la mise en place d’une force régionale d’intervention dans les pays affectés par la LRA avant de se pencher sur le rapport de la mission conjointe d’évaluation technique. Ces recommandations seront adressées aux Chefs d’Etat des pays concernés pour la sanction finale. Section 1.02 Les assises ont connu la participation du ministre congolais de la Défense nationale et des anciens combattants, Charles Mwando Nsimba, du ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, du ministre délégué à la présidence de la République Centrafricaine chargé de la Défense nationale, des anciens combattants, des victimes de guerre et de la restructuration de l’armée, Jean Françis Bozize et du ministre Sud-Soudanais de l’Intérieur, Gier Chuang Aluang. Des délégués du Tchad et du Soudan ont été présents à cette rencontre.

Pour une participation effective de l’Union africaine

La réunion a, en outre, décidé de la mise sur pied d’un mécanisme conjoint de coordination (M.C.C.), structure ad hoc stratégique chargée de coordonner les efforts de l’Union africaine, des pays concernés ainsi que du soutien des partenaires. Composée des ministres de la Défense des pays concernés, elle est présidée par le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA. Celle-ci s’emploiera à mobiliser les contributions volontaires pour le financement de la MCC, l’état-major de la Force régionale d’intervention et le Centre conjoint des opérations. Cette deuxième réunion fait suite à celle organisée du 13 au 14 octobre 2010, consécutive au Sommet tenu du 25 au 27 juillet 2010 à Kampala, en Ouganda, dans le cadre du plan d’action de Tripoli en vue de faciliter une action régionale coordonnée face à la menace de la LRA.

 

NDLR : Il est navrant de constater que l'UA perd tout son temps dans les réunions à n'en plus finir et sans grande efficacité réelle sur le terrain.Pendant ce temps, les bandits et criminels de la LRA continuent leurs exactions de plus belle.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 03:08

 

 

 

 

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Source : portalangop.co.ao 15-06-2011   

Prévu pour ce 15 juin N'djamena, au Tchad, le XVème sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) a été reporté pour des raisons techniques. Il s’agit du second report après celui février dernier.

Le XVème sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC), prévu pour ce 15 juin à N'djamena, au Tchad, a été reporté pour des questions techniques. Pourtant, le 14 juin, le conseil des ministres des pays membre de l’organisation s’est réuni dans la capitale tchadienne pour aborder la préparation de cet évènement.

Le conseil a notamment débattu programme de travail de l'évènement, le rapport sur la situation en République Centrafricaine, le Projet de communiqué final et le projet de programme de travail. La réunion ministérielle s’est également penché sur des notes d'informations relatives aux activités menées après le Conseil des ministres de février 2011, dans les domaines de la paix et de la sécurité, des infrastructures de transports et de la gestion intégrée des ressources de l'eau ; ou encore celles du domaine de l'environnement, de la gestions des ressources naturelles, de l'agriculture et développement rural, du commerce et de l'industrie, ainsi que des technologies d'information et des Télécommunications.

Initialement prévue pour février 2011, le XVème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la CEEAC a déjà été reporté pour des raisons d'ordre technique. Créée en 1981, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) regroupe l'Angola, le Burundi, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo-Brazzaville, la République Démocratique du Congo (RDC), le Gabon, la Guinée-Equatoriale, le Rwanda, São Tomé et Principe et le Tchad.

 

NDLR : La situation en Centrafrique ne cesse de faire l’objet des sommets de Chefs d’Etat. Ce n’est certainement pas par pur hasard. Bozizé a sans doute préféré aller faire le malin à Bruxelles plutôt que d'être à N'djaména. En moins d’un moins, plusieurs faits graves et événements majeurs se sont déroulés dans le pays, particulièrement dans sa capitale Bangui. Petit à petit les Centrafricains commencent à prendre conscience de l’impérieuse nécessité de descendre dans la rue pour faire bouger les lignes du système Bozizé qui ne cesse de les opprimer. Après l’effervescence du km 5 contre l’assassinat des deux enfants dont les corps ont été découvert dans le coffre d’un véhicule, ce fut le tour des médecins de descendre dans la rue pour protester contre l’assassinat par la LRA de leur confrère d’Obo. Puis, la population des 3ème et 5ème arrondissements excédée, a fini par dresser des barricades et brûler des vieux pneus pour réclamer la fourniture d’eau et de courant électrique. A force, ils comprendront que leur sort est bel et bien entre leurs mains. Tant mieux !

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:43

 

 

 

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Par Kpangbandjé - 14/06/2011 JDB

Les populations du 3ème et 5ème arrondissement se plaignent du manque d’eau et d’électricité à Bangui

 

Dans la matinée du mardi 14 juin 2011, les 3ème et 5ème Arrondissement de Bangui étaient une fois de plus, secoués par une manifestation de la population qui se plaignait cette fois, d’un manque cruel d’eau et d’électricité dans le secteur depuis plus d’une semaine. Les deux avenues de France et Koudoukou étaient barricadées par les manifestants qui conditionnent la cessation de la manifestation par le rétablissement de l’eau et de la lumière. Pendant ce temps, le ministre en charge de l'énergie et de l'hydraulique a intervenu pour rétablir l'ordre. Quand bien même le slogan de la société centrafricaine de distribution d’eau en Centrafrique (SODECA) c’est «l’eau c’est la vie», ce n’est pas le cas dans les 3ème et 5ème Arrondissements de la ville de Bangui où, depuis plusieurs jours eau et électricité sont presque introuvables dans le secteur. Des femmes, récipients sur la tête, peuvent se rendre dans des quartiers lointains pour trouver de l’eau; parfois, on est obligé de boire de l’eau des puits, quand bien même dangereux pour la santé. Pour l’électricité, on n’en parle pas.

Pour essayer de chercher une solution à ce problème, la population, jeunes, femmes, hommes et même, des vieillards, sont descendus dans les rues hier afin de manifester leur mécontentement. Deux principales avenues de la ville de Bangui, notamment l’avenue Koudoukou et l’avenue de France étaient prises d’assaut toute la matinée jusque dans l’après -midi par ces manifestants décidés à mourir comme ils le chantaient devant les forces de l’ordre et de sécurité qui s’aventuraient sur les lieux hier. Des conducteurs de taxis étaient même violentés par la foule en colère. Or, pendant que les évènements se poursuivaient, le ministre Léopold Fatran de l’énergie et de l’hydraulique, a organisé dans la salle de conférence dudit département ministériel, une réunion de crise au cours de laquelle des notables et maires des deux arrondissements étaient invités.

Le membre du gouvernement a justifié ce manque d’eau dans les deux arrondissements par le fait qu’un tuyau au niveau de la Présidence de la République en allant vers le fleuve Oubangui était troué, ce qui n’a pas permis au château de ravitailler le secteur en difficulté. D’après le ministre, les techniciens de la Sodeca se sont mis à l’œuvre depuis le weekend dernier et ce problème est déjà résolu. Quant au manque d’électricité, il a poursuivi qu’un groupe a lâché au niveau de l’aéroport Bangui-M’Poko mais étant donné qu’il se situe dans la zone rouge où l’électricité ne doit en aucun cas faire défaut, il a fallu léser certaines zones pour l’alimenter.

Aussi, à la suite des évènements du km5 relatif au meurtre des deux enfants, le secteur ne doit pas être dans le noir afin d’éviter tout acte de banditisme ou d’insécurité, d’où la nécessité de léser une fois de plus certains secteurs pour le ravitailler. Malgré l’appel au calme du ministre, les manifestants n’ont pas lâché prise et continuent de barricader les avenues, les rues et même les ruelles. Depuis longtemps, le problème d’eau et d’électricité constitue un élément majeur mais malheureusement, ce problème est géré à la suite des manifestations. Est-ce à dire que les manifestations de la population sont la solution?

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:34

 

 

 

rebelles LRA 090710

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 15 Juin 2011 12:00

La ville de Obo (extrême-est de la RCA) est en effervescence en cette journée du 15 juin 2011. Plus de 5000 personnes ont participé dans la matinée à une marche pacifique. Les fonctionnaires et autres agents de l’Etat en poste dans la ville sont les plus visibles et les plus remuants. Ils protestent ainsi contre la présence de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dans leur localité. Dans les autres villes de cette préfecture du Haut Mbomou on marche également. Il en est donc ainsi à Rafaï, Djema, et Zemio (est).

De tout ceci, le correspondant de Radio Ndeke Luka a rendu compte dans l’édition du journal de la mi-journée. Partout, les marcheurs ont brandi des banderoles sur lesquelles on peut lire : « Bozizé réagissez, la LRA nous tue, nous voulons la paix. Ils manifestent leur mécontentement sur 5 kilomètres avec observation d’une minute de silence en mémoire du médecin-chef et son chauffeur assassinés le 6 juin par les hommes de Joseph Koni », raconte le correspondant.

Pendant ce temps à Bangui la capitale, on procédait à l’enterrement du médecin tué le 6 juin dernier ainsi que son chauffeur par des hommes de la LRA. Un énième incident qui a suscité une vive émotion en Centrafrique.

Il pose de nouveau la question des raisons pour lesquelles cette guérilla continue de frapper.

Le véhicule du médecin a été attaqué en forêt sur l'axe Zémio-Rafaï, alors qu'il se rendait à Obo avec un chargement de vaccins contre la poliomyélite. Un groupe d'hommes armés appartenant à la LRA a tué le médecin et son chauffeur, puis a incendié le véhicule.

Dans un communiqué publié deux jours après ce tragique incident, le Collectif d'action contre l'Armée de résistance du Seigneur a demandé au gouvernement centrafricain «de tout mettre en oeuvre afin de bouter ces rebelles hors de son territoire» et à la communauté internationale « de voler au secours de Bangui pour atténuer les souffrances des populations locales déjà meurtries ». Le collectif ne s’arrête pas là. Il invite les populations de Obo à une marche contre la LRA et pour demander que les autorités prennent leurs responsabilités et assurent la sécurité de la population.

De son côté, l’Ordre des médecins a organisé mercredi 8 juin, une manifestation à Bangui. Une marche dans les rues de la capitale a conduit ses membres jusqu’aux grilles du Palais de la Renaissance. Sur place, un mémorandum a été remis au président François Bozizé. L’ordre entend récidiver le 15 juin à l’occasion des obsèques du médecin. Quant à la famille du chauffeur, elle n’exclut pas de saisir les autorités judiciaires et porter plainte pour meurtre.

L’Agence Hirondelle vient de publier une enquête sur la LRA. Elle essaie notamment d’expliquer pourquoi cette organisation de rebelles demeure active et surtout impunie à ce jour. Ce contexte de violence a été dénoncé par l’organisation américaine Human Rights Watch, dans un rapport publié le 23 mai dernier. « Près de trois ans après le lancement d’une nouvelle vague de violence par la LRA visant des villages et des villes de la République démocratique du Congo, du Sud-Soudan et de la République Centrafricaine, des lacunes considérables subsistent en matière de protection de centaines de milliers de civils qui vivent dans les régions où la LRA sévit », indique l'ONG.

« Depuis septembre 2008, la LRA a tué près de 2 400 civils et en a enlevé quelque 3 400 autres, dont beaucoup d’enfants, et a été à l’origine du déplacement de plus de 400 000 personnes de leur domicile », estime Human Rights Watch.

« Il y aurait à nouveau eu une grande série de meurtres et d'enlèvements dans les derniers mois, et plus de cent attaques rapportées depuis le début de 2011 », déclare Pascal Turlan, conseiller en coopération internationale au bureau du procureur de la CPI. Cette situation n’est pas due selon lui à un manque de volonté des Etats d’arrêter les membres de la LRA, mais à «un problème de capacité » face à une guérilla « organisée et dangereuse ».

En Centrafrique, la LRA a jusqu’ici surtout été inquiétée par l’armée ougandaise, qui y exerce un      « droit de poursuite » depuis la fin de l’année 2008. Une force à laquelle pourrait se joindre prochainement des « brigades conjointes » coordonnées par l’Union africaine, dont la création a été entérinée lors d’une réunion organisée à Bangui en octobre dernier, indique Pascal Turlan.

Selon lui, il y a actuellement de la part de la communauté internationale « une reconnaissance tangible que l'arrestation des trois personnes poursuivies par la CPI est la clé pour la fin de la LRA et la fin des souffrances des populations dans cette région. La réunion de Bangui d'octobre dernier, celles de l'Union africaine qui vont avoir lieu prochainement sont des signes encourageants. Mais il faudra voir ensuite si les actes suivent ces démarches politiques.»

En 2005, cinq mandats d'arrêt ont été lancés par la Cour pénale internationale (CPI) contre les principaux leaders de la LRA, qui n'ont pas toujours pas été arrêtés six ans après. Deux des personnes visées étant probablement mortes, ces mandats visent aujourd'hui son chef, Joseph Kony et deux de ses commandants encore en activité, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen.

Née au Nord de l'Ouganda après la prise de pouvoir du président Yoweri Museveni, la LRA s'est formée en 1987 autour d'un leader politique et spirituel, Joseph Kony, qui s’est entouré d'un état-major composé de militaires déchus de l'armée ougandaise. Progressivement chassée du Nord de l'Ouganda, la LRA essaime depuis fin 2008 au Congo, en Centrafrique et au Sud Soudan.

L’éclatement géographique de la LRA complique depuis les poursuites. « La LRA a toujours été très dangereuse, confirme Sandrine Perrot, spécialiste de l'Ouganda au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) de Sciences-Po à Paris. Elle a toujours été très mobile, a toujours réussi à contourner les services de sécurité de plusieurs armées. C'est un groupe que l'on a toujours sous-estimé militairement et qui en fait s'avère être très efficace sur le terrain. »

« La CPI lance les mandats d'arrêt, mais ensuite il lui faut un bras armé pour les exécuter, poursuit Sandrine Perrot. Ça a été la grosse ambiguïté par rapport à l'action de la justice internationale dans la région. En dehors de l'armée ougandaise, qui maintenant commence un peu à être démoralisée parce que le président centrafricain les a confiné un peu au Sud du pays, il est clair que les armées de la région ne font pas de l'arrestation de Kony une priorité. »

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:26

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Mercredi, 15 Juin 2011 14:04

Le procès de Faustin Bambou, Journaliste - directeur de publication du Journal « Les collines de l’Oubangui » initialement prévu ce mercredi 15 juin 2011,  a été renvoyé au 22 juin prochain. Ce report est dû à une connectivité établie séance tenante par le Procureur de la République avec le cas Emmanuel Cyrus Sandy du quotidien « Médias+ » accusé dans la même affaire, à savoir la publication d’un article qualifié par le Ministère public d’ « incitation à la révolte et à la haine ».

L’audience a surpris plus d’un. Dans la pratique,  au lieu d’un procès Faustin Bambou arrêté suite à une plainte du Ministre de la Défense nationale, Francis Bozizé qui l’accuse d’avoir publié un article mettant en cause sa personnalité, l’audience s’est finalement transformée en une pièce à rebondissement. Le Procureur de la République, ayant reconnu Cyrus Sandy dans la salle, venu soutenir son confrère arrêté, a instruit séance tenante la comparution du Directeur de publication de  « Médias+ ».

Mais à la décision du Président de la Cour, Gervais GABO, de renvoyer l’affaire SANDY pour audition et complément d’enquête, le Procureur de la République, Djoubaye Abazène, a opposé une fin de non-recevoir. Il a abandonné ainsi l’audience à la seule charge du Président de séance, pour aller auditionner Cyrus Sandy. Ce dernier a été conduit par des militaires à son bureau.

A l’issue de cette brève audience, les éléments de la Brigade de recherche et d’investigation ont débarqué au Tribunal pour emporter avec eux Emmanuel Cyrus Sandy pour une autre audition.

Les avocats de Faustin Bambou se sont dits sidérés par ce qui venait de se passer.  Maitre Zoumaldé, un des leurs a indiqué qu’ « en bonne Justice, le Ministère public devait régler ce problème au sein de son cabinet, quand il a reçu Bambou et que Sandy n’a pas été entendu à l’enquête. Il devait faire ce qu’on appelle un soit retour à l’unité de la police qui a fait l’enquête pour que Sandy soit entendu. Le procureur porte ainsi préjudice à Bambou qui croupit encore en prison ».

Pour Maitre  Mathias Morouba, un autre avocat de la défense il s’agit d’une « violation de la loi, car le tribunal n’a pas été saisi du dossier Sandy. C’est une incompréhension totale parce que Sandy n’a jamais été convoqué ».

Rappelons que le Ministre de la Défense qui s’est plaint des articles publiés par les Journaux « Les Collines de l’Oubangui » et « Médias+ » le mettant en cause dans une affaire de détournements des fonds destinés aux militaires et gendarmes retraités, a référé Emmanuel SANDY en assignation.

Une 1ère audience prévue le 10 juin dernier, avait été renvoyée au 20 juin 2011. C’est donc dans l’attente de cette prochaine audience qu’Emmanuel SANDY sera traduit à la SRI sur instruction du Procureur de la République entre temps dessaisi de l’affaire par le plaignant.

Quant à Faustin Bambou, il a été ramené à la prison de Ngaragba en attendant le 22 juin, nouvelle date du procès.

 

NDLR : Jusqu'à quand les magistrats centrafricains vont ils se faire instrumentaliser de la sorte en acceptant de se couvrir de ridicule par Bozizé et sa clique ? Ils ont beau jeu d'orienter cette chasse aux sorcières actuelle contre les journalistes vers le grief d"incitation à la haine" plutôt que de voir dans les articles incriminés des délits de presse qui ne devraient en principe pas donner lieu à toutes ces persécutions et placement sous mandat de dépôt.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:20

 

 

 

CFC

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 15 Juin 2011 14:03

Ils refont surface après quelques temps de trêve politique liée aux décès de 2 de leurs, notamment Ange Félix Patassé ancien candidat à la présidentielle et Ferdinand Dango président du parti Londo. Ce sont les partis politiques de l’opposition réunis au sein du FARE (Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections 2011).

Ces partis reviennent en force mardi 14 juin, pour mettre en place les stratégies pouvant conduire à l’annulation des élections du 23 Janvier dernier. La décision est ainsi prise au cours d’une assemblée générale unitaire tenue au siège du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) à Bangui.

Quatre points sont inscrits à l’ordre du jour : la situation ayant entrainé la mort de Ange Félix Patassé, la réaction du FARE sur le discours prononcé le 21 mai dernier par le président François Bozizé lors des obsèques officielles du défunt président  Patassé, la menace qui plane sur la démocratie en Centrafrique et les actions à mener pour aboutir à l’annulation des élections du 23 Janvier 2011.

Le coordonnateur du FARE, Maître Nicolas TIANGAYE déclare « ces actions ne sont pas inventées par cette entité politique. Ce sont les dispositifs juridiques et constitutionnels qui les autorisent. Elles sont demandées par la base et confirmées par le FARE. Il s’agirait des actions pacifiques : meeting, marche, sit-in, voire concert de casseroles ».

Il faut dire qu’une minute de silence a été observée à l’ouverture en la mémoire des regrettés Ange Félix Patassé et de Ferdinand Dago, le président du parti Londo.

A titre de rappel, l’opposition avait été le grand perdant lors des dernières élections en Centrafrique, remportées dès le 1er tour par François Bozizé. Elle avait d’ailleurs retiré tous ses candidats au second tour pour fraudes massives et campent toujours sur sa position d’annuler les élections.

 

 

Centrafrique : Une Assemblée générale du FARE en quatre points

Par Fleury Koursany - 15/06/2011 JDB

Elle a finalement eu lieu au siège du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC)

 Quatre points étaient inscrits à l’ordre du jour de cette Assemblée générale. Entre autres, le bilan des obsèques du président Ange Félix Patassé, la réaction du FARE par rapport au discours accusateur du président François Bozizé, les menaces sur la démocratie et les actions futures. En présentant le bilan des obsèques du défunt président Ange Félix Patassé, Guy Simplice Kodégué a remercié le peuple centrafricain pour l’accueil combien chaleureux qu’il a réservé à la dépouille mortelle de l’ancien président lors de son arrivée à Bangui. Il en a profité pour rendre responsable de la mort de l’ancien président, son successeur M. François Bozizé avant de mentionner que le combat se poursuit avec le FARE jusqu’à la victoire finale. Car, ajoute Monsieur Kodégue que le combat que mène le FARE est «juste et légal».

Pour sa part, Jean Gabriel Edouard Koyambonou, porte-parole du FARE et 2ème Vice-président du MLPC, en présentant les réponses de ce groupement politique au discours accusateur du président de la République, a tout simplement réfuté toutes les allégations à eux attribuées par le président François Bozizé. Et de relever toutes les tracasseries dont a été victime l’ancien président avant son départ à l’étranger pour des soins, rejetant ainsi la responsabilité de la mort de Ange Félix Patassé sur l’actuel président.

La thématique sur les menaces sur la démocratie, troisième point de cette Assemblée générale unitaire a été présentée par le Coordonnateur du FARE, Me Nicolas Tiangaye. Pour ce dernier, la République Centrafricaine a beaucoup régressé ces dernières années. «Toutes les libertés conquises de haute lutte par le passé ont été foulées au pied par le nouveau régime» qui viole impunément la Constitution centrafricaine. Il s’en suit, toujours selon Me Tiangaye, une certaine violation des libertés fondamentales des citoyens. Comme les libertés d’aller et venir qui sont confisquées, le non accès aux médias d’Etat des partis politiques de l’Opposition, les entraves à la liberté d’expression avec les menaces et arrestations des journalistes et autres citoyens centrafricains comme Faustin Bambou, la confusion de pouvoir… Autant de violations qui, rajoute le Coordonnateur du FARE, attestent du recul de la démocratie en Centrafrique.

Pour Martin Ziguélé, Président du MLPC qui exposait aussi sur le volet politique de l’état de démocratie en Centrafrique, tous les signaux sont désormais au rouge. L’eau, l’électricité, l’insécurité et les services sociaux de base en République Centrafricaine sont désormais sujet à caution. Et le couronnement de tout cela, déclare Martin Ziguélé, c’est le 23 janvier 2011 qui «consacre la descente aux enfers de notre pays». Face à une telle, réalité, le président du MLPC en appelle à la mobilisation de toutes les filles et tous les fils du Centrafrique pour sauver la République. Mobilisation par des actions politiques de masse, des actions diplomatiques pour que des solutions soient trouvées à la crise postélectorale qui s’est installée en Centrafrique. Pour ce qui est des actions à entreprendre, le FARE projette l’organisation d’un meeting national sur toute l’étendue du territoire en un même jour, une marche pacifique dans tout le pays, des sit-in devant les chancelleries occidentales en Centrafrique et institutions publiques nationales.

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:15

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Ce qu’on a appelé par abus de langage ou par conformisme bourgeois, « violences intercommunautaires », qui a surgi fin mai à Bangui sans que personne au sein de l’establishment ne l’ait vu venir et qui n’est en réalité qu’une réaction violente des habitants du quartier Ali contre les agissements d’une partie des  ressortissants tchadiens installés nombreux dans la capitale centrafricaine, continue de retenir l’attention des observateurs, remettant au grand jour l’impuissance et l’inexistence  du premier ministre Faustin Archange Touadéra sur la scène nationale, surtout à un moment où tout chef du gouvernement qui se respecte monte au créneau.    

Cet effacement presque maladif de celui qui occupe la primature à Bangui, loin d’être occasionnel, est un rituel. Depuis sa nomination en janvier 2008, il semble hors-jeu. On ne l’a jamais entendu sur des questions essentielles qui touchent à la souveraineté. La marge de manœuvre, il ne connaît pas. De sorte que nous l’avons presque oublié. « Ce n’est qu’un premier ministre en carton, raconte un de ses visiteurs du soir. Faustin est là pour embellir le décor, il fait de la figuration  pour ne pas laisser le poste vacant », martèle-t-il un brin dépité.

Pourtant, contrairement à son patron de président, l’homme a eu un parcours scolaire et universitaire au dessus de la moyenne. Selon sa biographie officielle, il naquît le 21 avril 1957 à Bangui, s’inscrit à l’université après un bac scientifique et obtient une licence. Puis, c’est à Abidjan qu’il passe la maîtrise avant de décrocher un DEA de l’université de Lille. C’est ensuite en 2004, à Yaoundé (Cameroun), qu’il fut déclaré docteur d’État en mathématique.       

On pouvait donc logiquement espérer qu’il adopte une autre attitude que celle de la soumission systématique aux diktats et autres injonctions de Bozizé. Même si Touadéra est l’exact contraire d’un boutefeu, certains ont voulu croire qu’il allait être organiquement, viscéralement, inapte à l’obéissance, exerçant librement et courageusement ses fonctions de premier ministre. Mais c’est sans compter avec son tempérament de chien battu. 

Le premier ministre de Bozizé observe ses prérogatives, du reste constitutionnelles, comme le coq regarde le couteau : sans y comprendre et sans savoir le moins du monde comment s’en servir.

Lorsque le 21 mai dernier, l’ancien premier ministre de Patassé, Georges Anicet Dologuélé, déclare lors de ses obsèques que « le Président m’a laissé toute la latitude de choisir moi-même les femmes et les hommes avec qui je souhaitais conduire la mise en œuvre de son programme de société et, dans la plupart des cas, il a compris et approuvé les raisons que je lui fournissais pour justifier mes choix », le sang de Touadéra déjà froid s’est glassé, alors que Bozizé, sourire en coin, buvait du petit lait. 

À la différence de Dologuélé, Touadéra, lui, n’a jamais eu la latitude de former son gouvernement. Il est même d’ailleurs systématiquement tenu à l’écart. « À l’exception notable de son parent Josué Binoua qu’il a réussi après moult tractations à faire nommer au ministère de l’administration du territoire, raconte un membre de sa famille, Faustin (Touadéra, ndlr) a découvert comme tout le monde, la liste complète du gouvernement qui a été concoctée par Ndoutingaï et Findiro », déclare-t-il.    

Alors que les 16 et 17 juin prochain, son gouvernement organise une table ronde des bailleurs de fonds à Bruxelles et qu’il sera présent, son entourage le dit réticent. « Si ça ne tenait qu’à lui (Touadéra, ndlr), on devrait reporter cette table ronde. Il n’est pas du tout chaud et l’a pourtant dit au chef de l’État », affirme un membre de son cabinet, en soulignant le fait que « c’est est une affaire et seulement une affaire du ministre du plan, Sylvain Maliko, chouchou du président de la République qui le considère comme le plus grand économiste centrafricain malgré sa carrière incognito dans les institutions internationales ».  

Avec son air de beau-fils irréprochable, sa timidité suspecte, toujours sombre, Faustin Archange Touadéra est le personnage le moins respecté et le plus ignoré du gouvernement. Comme ce jour de mai 2009 où deux de ses ministres transforment en sa présence, l’enceinte de la représentation de l’Union européenne à Bangui, en un véritable ring de boxe. Malgré la présence de leur chef, ces deux ministres qui ne répondaient que de Bozizé, se répandaient en propos orduriers et voulaient coûte que coûte en venir aux mains avec le délégué de l’Union européenne d’alors, Jean-Claude Esmieu. Ils n’ont jamais été sanctionnés.  

La faute au manque de charisme et à l’absence d’une quelconque marge de manœuvre du chef du gouvernement. « Je l’accompagne tous les week-end ou presque à Damara dans sa ferme, confie un de ses proches,  mais il n’a pas réussi à me trouver une place. Il n’a pas le courage de le demander à Bozizé. D’ailleurs, de lui, c’est le contraire qui m’aurais étonné », affirme ce dernier sous le couvert de l’anonymat, en expliquant qu’après son retour à Bangui suite à son troisième cycle à Lille Touadéra était  « incapable de se battre comme les autres pour trouver une place d’enseignant à l’université. Il s’était bonnement converti en chauffeur de taxi clandestin.  C’est grâce à l’ancien premier Maïdou, aujourd’hui conseiller à la présidence qu’il a trouvé une place d’enseignant  vacataire, malgré son doctorat », lâche-t-il.    

Au sein de l’actuel gouvernement, la réalité du pouvoir n’est ni à la primature, encore moins à la présidence mais plutôt au ministère des finances, où règne en maître absolu, Sylvain Ndoutingai. Touadéra, lui, peut continuer à faire de la figuration. Les critiques de ses détracteurs peuvent continuer de pleuvoir, tant qu’il ne sera que simple postiche dans le décor bozizéen, sa place de premier ministre est garantie. C’est peut-être pour cela que le sourire ne quitte que très rarement son visage.

L’Indépendant

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:10

 

 

 

 

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Journal de Bangui 15/06/2011 JDB

C’est par des barricades et des pneus tranchants que les populations du 5ème Arrondissement de Bangui sont sorties de leurs maisonnées

Ils ont revendiqué ce mardi, 14 juin 2011 l’eau et l’électricité devenues une denrée de luxe depuis plus d’une semaine dans leur localité. «Trop c’est trop», déclarent les jeunes du 5ème Arrondissement de Bangui qui sont obligés de prendre le contrôle de la rue pour faire entendre raison aux autorités centrafricaines. Tout a commencé au niveau du quartier Sara aux abords de l’Avenue de France dans la petite matinée du 14 juin 2011. Des pneus, des morceaux de bois, de fer, des vieilles carcasses de véhicules ont été exposés par des jeunes désabusés du coin qui entendent ainsi interpeller le gouvernement sur la nécessité de résoudre au plus vite le problème d’accès à l’eau et l’électricité dans cet Arrondissement quelque peu oublié depuis une semaine. A telle enseigne que les populations sont parfois obligées de parcourir des kilomètres pour se procurer cette denrée essentielle à la vie. «L’eau c’est la vie à-t-on coutume d’entendre dire les autorités centrafricaines mais en réalité, la Sodeca (Société de distribution des Eaux en Centrafrique) est en train de nous tuer à petit feu puisqu’elle nous prive de cette eau qui est vie», nous raconte Junior, un étudiant en Anthropologie qui a accepté prendre part aux manifestations.

Comme une trainée de poudre, la nouvelle est parvenue de l’autre côté de l’Avenue Koudoukou où les mêmes problèmes d’eau et d’électricité ont été enregistrés depuis plus d’une semaine. Immédiatement et par l’effet d’entrainement, les jeunes se sont aussi joints au mouvement en barricadant la voie qui mène au KM5 et des pneus ont été brulés au niveau du pont «Saye voir». Conséquence immédiate, des crépitements de balles en provenance du Commissariat du 5ème Arrondissement pour dissuader les jeunes manifestants à libérer la voie publique. Mais, déterminés qu’ils sont, les jeunes ont refusé d’obtempérer et exigent que l’eau et l’électricité soient reconduites dans leur arrondissement.

Pour ce qui est de la Sodeca, par un communiqué rendu public il y a quelques jours, les responsables de cette société justifient ce énième problème d’eau par le fait que des voleurs se sont accaparées de trois panneaux solaires installées sur la station de pompage d’eau. Ce qui met la société dans des difficultés d’approvisionnement en eau potable, certains Arrondissements de la Capitale centrafricaine. Du côté de l’Enerca (Energie Centrafricaine), certains responsables contactés à cet effet se sont déclinés, se contentant seulement de signifier «qu’il faut comprendre que la société a des difficultés et qu’elle n’est pas en mesure de fournir l’électricité à tout le monde».

Mais au 5ème arrondissement de Bangui, on ne comprend pas que l’électricité puisse être coupée dans les maisons d’habitation, les commerces et autres structures ralentissant ainsi les activités économiques dans la zone alors que même à 12 heures du matin, les lampadaires publiques sont encore allumés. «Ils nous envoient l’électricité quand ils sont de bonne humeur et souvent pour une heure seulement par jour. Mais à la fin du mois, les factures de consommation de quel courant je ne sais arrivent à la maison. Quand tu refuses de payer, ils sont les premiers à venir te couper. On est dans quel pays comme ça», déclare Jules, un fonctionnaire du coin qui s’est joint au mouvement de protestation des jeunes de son Arrondissement. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, des petites structures de recharge des appareils téléphoniques inondent les abords des Avenues de France et Koudoukou.

Avec des groupes électrogènes et des multiprises, on se fait de l’argent tant un appareil étant rechargé à 150 Fcfa. «Franchement, je souhaite que cette situation perdure car ça nous rapporte autant d’argent», nous confie Yannick qui a eu plus d’une dizaine d’appareils à charger pour la seule matinée du 14 juin 2011.


Par Fleury Koursany - 14/06/2011

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