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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:21

 

 

logo MSF

 

 

carte_centrafrique_432.gif

 

OH ! CENTRAFRIQUE...

 

Dans un ultime appel à l'aide au bénéfice du Centrafrique, Médecins Sans Frontières fait un bilan accablant et sans complaisance de l'état de santé dans ce pays au bord du gouffre. C'est une sonnette d'alarme tirée pour réveiller les consciences, avant qu'il ne soit trop tard. Ce réveil des consciences n'est pas seulement adressé aux habituels bailleurs de fonds courant souvent au secours du malade Centrafrique, mais il est aussi un appel adressé au peuple centrafricain, dans la prise en main de sa propre survie.

 

Si entre autres choses importantes MSF se permet de dire sans ambiguïté que « Si le gouvernement maîtrise la situation à Bangui et dans les préfectures voisines, il n’exerce aucun contrôle sur une grande partie du pays, où règne l’impunité. Sans aide extérieure, le système de santé ne fonctionnerait tout simplement pas. » c'est pour montrer aux yeux de chacun l'impuissance et l'incapacité du gouvernement à assumer les responsabilités élémentaires, mais fondamentales, qui sont les siennes.

 

Par ailleurs, MSF ajoute : « …de nombreuses tentatives d'aide au pays ont été durement entravées, sinon empêchées par la corruption et le manque de capacité. Observés à différents niveaux, des dysfonctionnements empêchent toute forme de service médical, y compris la distribution de médicaments, la qualité des soins et l'obligation de rendre des comptes pour le système, et rendent difficile toute aide internationale. »

 

Au vu de ces éléments relevés par MSF, il apparaît très clairement que parmi les causes de la détérioration des conditions de santé en Centrafrique, l'impuissance, l'incapacité du gouvernement et les dysfonctionnements des services publics occupent une place prépondérante.

 

Dans un pays où la gouvernance est une affaire de famille, l'on ne peut guère s'étonner devant un tel constat. Et il n'y a qu'en Centrafrique qu'on ne s'étonne plus de rien, car l'irrationnel est devenu rationnel. C'est pourquoi,

 

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République élève son rejeton au grade de colonel, en fait son ministre de la Défense, en ignorant royalement qu'un soldat, aussi aguerri fût-il, ne fait pas forcément un bon ministre de la Défense. Mais ici, les liens du sang obligent.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République fait de son neveu, fidèle compagnon de rébellion, ministre des mines puis ministre des Finances, en dépit de son ignorance et de ses incompétences notoires. Les liens du sang obligent encore.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République nomme au poste de Premier Ministre, une silhouette, un cliché dont on ignore l'image réelle. Les liens du sang n'y sont pour rien, mais une autre raison explique cette nomination.

-        Sans le moindre scrupule, le Président de la République marche sur les cadavres de ses opposants, empêche ceux qui vivent encore d'exprimer leurs inquiétudes et met en place une Assemblée Nationale composée d'hommes muets car aux ordres. Ici, ce n'est plus une affaire de famille car ici,  la Constitution est devenue le tapis rouge sur lequel on marche pour entrer au Palais.

 

Alors, quand vous avez un ministre de la Défense qui porte des « rangers » plus grands que ses pieds, vous aurez beaucoup de mal à avancer. Vous aurez beaucoup de peine à assurer la défense de votre territoire car votre ministre passera son temps à s'occuper de ses chaussures.

 

Vous ne pouvez pas être étonné de savoir que votre ministre des Finances, qui a un parcours sinueux et douteux, n'aura pas la confiance des interlocuteurs censés discuter avec lui et ne pourra obtenir son visa à temps pour se rendre dans les lieux où se prennent les grandes décisions. C'est dire tout simplement qu'il ne mérite pas de s'asseoir à la même table que ces éminents interlocuteurs.

 

Si votre Gouvernement, à travers son Tout Premier Ministre, n'est pas capable de présenter on programme, de faire le bilan de ses activités en expliquant les réussites et les échecs de ces mêmes activités, on peut applaudir MSF, pour le travail qu'il fait à la place de ce gouvernement.

 

L'Assemblée Nationale, dont la fonction n'est pas seulement de voter les lois, devait comprendre qu'elle doit aussi contrôler l'action gouvernementale car le vote du budget suppose aussi son contrôle. Ainsi, elle doit savoir que les ministres ont le devoir de lui rendre compte de leurs activités. C'est dire que lorsque des rebelles étrangers pénètrent sur le sol de Centrafrique et y font des exactions, l'Assemblée doit demander des explications au Ministre de la Défense, si ce n'est au Premier Ministre, qui ne doit pas s'y dérober. C'est dire que lorsqu'un Ministre déclare que « les caisses sont vides », l'Assemblée doit s'enquérir auprès du Ministre des Finances.

 

Quand un Premier Ministre reste muet face aux grandes difficultés que rencontre son pays et si le Président lui-même « roupille » sur ses deux oreilles, ou s'agite un peu, c'est qu'il y a problème. Et le peuple doit savoir ce qui se passe.

 

Et ce qui se passe, c'est tout simplement l'incapacité du régime, son aveu d'impuissance qui se révèle dans tous les domaines, chaque jour.

 

Le Ministre de la Défense  ou plus précisément l'homme chargé de surveiller l'Armée et dont la mission n'est pas de protéger le territoire, n'a le regard que sur le petit groupe d'hommes sous sa responsabilité. Lui-même sait de quoi il est responsable, et beaucoup de centrafricains aussi le savent. Ils le savent quand ils voient les Généraux de l'Armée sillonner les rues de Bangui avec des véhicules blindés intouchables et frappés des étoiles de leur grade, comme s'ils célébraient l'invasion de la LRA et des troupes de BABA LADDE dans un territoire sans Armée. Ils le savent quand ils sont eux-mêmes braqués par des hommes en uniforme, dont ils ignorent le corps. Ils le savent quand ils vont à l'hôpital voir les corps de leurs parents tués lors des embuscades tendues par des voleurs de grand chemin.

 

Le Ministre des Finances sait pourquoi il est là et n'attend que son heure. Ce n'est pas sans raison qu'il s'est permis  de demander à la population de Berbérati, où il s'est présenté comme candidat usurpateur, d'attendre plus tard pour célébrer le 1er Décembre, fête nationale qui pourtant doit être célébrée le même jour, par tous les centrafricains. Lui seul peut se le permettre, vu la cécité et la défaillance du souverain. Si la mortalité infantile ronge avec acuité la région de la « Haute-Sangha », nous préférons encore l'histoire à la réalité d'aujourd'hui, pour s'étendre inexorablement à d'autres régions du pays, à qui le doit-on, si ce n'est à l'ancien ministre des Mines aujourd'hui ministre des Finances.

 

En démantelant les maisons d'achat de diamants pour accaparer l'exclusivité de l'achat de ces pierres précieuses, n'a-t-il pas mis au désœuvrement ces acteurs inlassables qui permettaient aux paysans d'avoir des ressources pour vivre honorablement ? De là à penser que 'il l'a fait, non pas seulement pour la simple raison de s'enrichir tout seul, mais pour mettre en même temps ces populations de Berbérati, Carnot et Nola dans l'état de misère qu'elles connaissent aujourd'hui et qu'elles doivent partager avec les autres populations centrafricaines, il n'y a pas deux pas à faire. N'DOUTIGAÏ, en se présentant comme candidat à la députation à Berbérati n'a pas mieux fait que d'insulter les gens de cette région qu'il « croyait » représenter, mais il a en même temps montré qu'il pouvait disposer de leurs vies ( car pour lui, elles n'ont personne pour parler à leur place) et ce qui leur arrive aujourd'hui n'est nullement surprenant.

 

Dans un avion où l'on ne sait plus s'il y a un pilote ou qui est le pilote, il ne reste aux passagers plus qu'à s'alarmer. Et s'alarmer, c'est voir le danger en face et tout faire pour l'éviter.

 

Le Centrafrique ne mérite pas d'aller à la catastrophe, c'est pourquoi les centrafricains doivent prendre leurs responsabilités car l'heure est grave. Nos enfants meurent par manque de soins. Nos enfants meurent parce que nos dirigeants sont dépassés et impuissants. L'heure est à l'action, l'indifférence face à la catastrophe que vivent nos populations est une caution portée au régime actuel.

 

Trop c'est trop ! Ne soyons donc pas indifférents à la disparition imméritée des nôtres, car si d'autres peuvent s'émouvoir de nos misères, il nous appartient, nous en premier,  de chercher à en trouver les remèdes.

 

Merci MSF, de pleurer nos morts, si ce n'est notre propre MORT !

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:17

 

 

 

Les accidents de circulation causent plusieurs décès en RCA

 

 

transport en Afrique


Radio Ndéké Luka jeudi, 15 Décembre 2011 13:33

 

Les routes centrafricaines tuent plus que d’autres maladies à Bangui. C’est le constat fait par Radio Ndeke Luka ce 15 décembre 2011 à Bangui. Selon des sources hospitalières, 7 décès sur 10 sont liés aux accidents de circulation. Un constat fait suite à la publication du rapport de l’organisation internationale Médecin Sans Frontière.

 

D’après les principaux centres hospitaliers de la capitale centrafricaine, le taux élevé de mortalité ces dernier temps à Bangui et dans certaines régions du pays, est dû à plusieurs facteurs, mais le principal reste des cas d’accidents.


Plusieurs responsables des différents services de l’Hôpital Communautaire et de l’Hôpital de l’Amitié, deux principaux hôpitaux du pays, évoquent pour leur part, la multiplication des cas d’accidents de circulation routière, les retards pris par certains malades avant de se présenter à la consultation et le manque des médicaments disponibles aux services des urgences pour les 1ers soins.

 

Quelques victimes d’accidents de circulation rencontrées aux services de la traumatologie de l’Hôpital communautaire dénoncent le laxisme du personnel soignant.

 

Un médecin du service des urgences a déclaré sous couvert de l’anonymat à Radio Ndeke Luka que la plus part des malades, arrivent déjà à moitié mort à l’hôpital. « Les malades préfèrent maintenant pratiquer de l’automédication et ils attendent que le cas arrive à un stade termino-terminal pour se rendre à l’hôpital », a-t-il ajouté.


A l’hôpital de l’Amitié, les patients rencontrés par Radio Ndeke Luka ont affirmé quant à eux que « quel que soit l’état du malade, il faut avoir suffisamment de l’argent pour prétendre à un soin ; sinon, c’est le chacun pour soi, Dieu pour tous ».

 

Dans tous les cas, ce rapport du MSF vient remettre sur table, la question du  statut réel de la République centrafricaine en matière de soin de santé. Est-elle un Etat dont l’urgence humanitaire est définitivement close ? Ou a-t-elle encore de l’assistance humanitaire ?

 

 

 

Les prisons de Bossangoa doivent respecter les droits des détenus

 

cellule

 

Radio Ndéké Luka Jeudi, 15 Décembre 2011 13:45 

 

« Les prévenus ont aussi droit à un traitement digne et humain ». C’est la principale leçon que le Projet de renforcement de l’Etat de droit (PRED) veut le personnel pénitentiaire des Maisons carcérales de Bossangoa retienne par-dessus tout. Ces gardiens de prison viennent de finir le 13 décembre 2011,  une formation sur le droit des détenus et la gestion de leurs dossiers judiciaires. Il s’agit de protéger ces derniers contre les traitements inhumains dont ils font souvent l’objet. Il s’agit aussi de mettre les prisons de Bossangoa aux normes internationales.

 

Cette formation fait suite à celle qui s’est déroulée à Bangui au début de ce mois de décembre 2011. Le constat établi révèle que l’administration pénitentiaire de Bossangoa est confrontée à d’énormes difficultés, et ce sont les détenus qui en subissent les conséquences. « Les détenus sont privés de sortie toute la journée, certains sont devenus des domestiques chez certaines autorités de la localité. A cela s’ajoute le vol de certains matériels de la maison d’arrêt, offert par des ONG de défense des Droits de l’Homme», a déploré le PRED.

 

Cette situation est la résultante d’un manque de formation des agents. La majorité d’entre eux est issue des rangs des Forces armées : d’autres de la police nationale. Aucun n’est à proprement parler qualifié dans le domaine de la protection des détenus.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 18:32

 

 

 

Touadéra Faustin

 

 

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

 

A

 

L’OCCASION  DE L’EXAMEN DU RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES SUR LA REPUBLIQUE CENTRFRICAINE

 

New York, le 14 DECEMBRE 2011

 

 

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire Général, 

Mesdames et Messieurs,

 

Qu’il me soit permis de vous  féliciter pour votre accession à la Présidence du Conseil pour le mois de Décembre.

 

Cette félicitation va également à l’endroit de Monsieur le Secrétaire général pour sa réélection à la tête de notre Organisation et qu’il soit assuré du soutien de la République Centrafricaine au long de son second mandat dans sa noble mission au service de la paix et de la sécurité dans notre monde d’aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Par la même occasion, voudrions-nous féliciter Madame Margaret VOGT pour son travail à la tête du BINUCA ainsi que la qualité des relations qu’entretient son bureau et le Gouvernement Centrafricain.

 

Il serait injuste de notre part si nous n’associions pas à ces marques de gratitude le Président de la Formation République Centrafricaine de la Commission de Consolidation de Paix, l’Ambassadeur Jan GRAULS, que nous saluons pour son dévouement à la cause centrafricaine.

 

Le rapport du Secrétaire Général qui vient d’être présenté par sa clarté, sa précision et la concision des analyses, présente en grande partie une photographie quasi juste de la République Centrafricaine depuis la revue de Juillet dernier.

 

C’est avec un vif intérêt que nous l’avons suivi. Dores et déjà, le gouvernement de la République que j’ai l’honneur de diriger sous l’autorité du Président de la République prend acte des observations contenues et s’engage en fonction de ses capacités, moyens et limites à poursuivre les reformes qui sont les voies du salut  de notre pays, pays qui aspire a la paix, a la stabilité et au développement, mais qui reste  très fragile.

 

Cependant acceptez, Monsieur le Président que je vous dise que nombre de défis se présentent  devant nous et susceptibles de compromettre dangereusement les chances d’une paix durable tant dans mon pays que la Sous région tout entière.

 

Monsieur le Président,

 

Depuis le 15 mars 2011, début de mandature du second quinquennat du Président de la République  même si nous reconnaissons que beaucoup de choses  restent à faire, dans le même temps sur le plan politique des avancées notables peuvent être constatées.

 

Un Gouvernement de large ouverture avec ses membres aux appartenances diverses et variées, un nombre assez notable de femmes, donne le maximum de lui-même pour  répondre aux problèmes cruciaux des Centrafricains.

 

Un Parlement fonctionne librement et joue son rôle au service de la Nation.

 

Il ne serait pas superflu de rappeler aussi,  au plan politique, l’ouverture d’un espace de dialogue entre le gouvernement  et les différentes familles politiques nationales. Il en est de même avec certains partenaires bilatéraux et multilatéraux.

 

La récente consultation avec les partis politique de l’opposition démocratique en vue de la création d’un organe pérenne charge d’organiser les futures consultations électorales et la révision du code électoral, ainsi que le dialogue mené avec l’Union Européenne  au titre de l’article 8 de l’Accord de Cotonou sur les questions  d’intérêt commun, constituent  a nos  yeux des voies a suivre pour asseoir la permanence d’un dialogue  gage d’une mutuelle compréhension pour anéantir ensemble les obstacles qui se dressent sur la voie  vers l’essor de la République Centrafricaine.

 

Monsieur le Président,

 

Au plan sécuritaire,  le Gouvernement  a signé  le 12 juin 2011 un accord de cessez le feu et de paix avec la rébellion de la CPJP qui préfigure l’adhésion de celle-ci à l’Accord global de paix de Libreville de 2008.

 

Le Président de la République a procédé au mois de Juin 2011 au lancement des opérations de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) qui dans sa première phase, a permis la démobilisation de plus de 4000 ex-combattants dans la partie Nord –Ouest du pays, essentiellement constitués des ex-rebelles de l’APRD.

 

Les opérations du DDR vont se poursuivre dans le Centre- Nord et la partie Nord - Est du territoire où se trouvaient les foyers des deux rebellions de la CPJP et de l’UFDR.

 

Cette deuxième phase des opérations de désarmement et de démobilisation se heurte, comme pour la réinsertion à un manque de financement qui pourrait anéantir tous les efforts jusqu’ici entrepris.

 

Quant à la Réforme du Secteur de la Sécurité(RSS), si les actions de court terme ont été engagées avec succès par le Gouvernement centrafricain, force nous est cependant de mentionner que celles à moyen et long terme impliquant le concours des partenaires, marquent le pas et méritent une attention particulière de la part de la communauté internationale pour en accélérer le processus.

 

La Mission de Consolidation de la Paix en Centrafrique (la MICOPAX) qui participe à l’architecture de la paix et de la sécurité en République Centrafrique devra se retirer de manière progressive et modulée à l’horizon 2013 et sera relayée par les Forces Armées Centrafricaines (FACA).

 

La situation la plus préoccupante concerne les groupes armés étrangers et des bandits de grand chemin, les « Zaraguinas » ou coupeurs de route, qui continuent d’opérer dans le nord, se livrant à des attaques, à des enlèvements et à des extorsions de biens et de fonds, occasionnant de déplacements de populations qui ont abandonné leurs villages, leurs foyers et leurs champs avec les conséquences humanitaires que l’on peut imaginer.

 

Les cas les plus intolérables concernent à l’heure actuelle les  incursions de la LRA de Joseph KONY et la présence sur notre territoire de la rébellion tchadienne du nommé BABA LADE qui constituent un défi majeur pour la République Centrafricaine au moment où s’estompent les rébellions internes à la faveur de l’Accord global de paix de Libreville.

 

Concernant l’Armée de Resistance du Seigneur, le Gouvernement continuera  de combattre ce mouvement terroriste, seul, avec la sous région, la communauté internationale et  les pays qui ont désormais compris que cette situation barbare ne peut demeurer  l’affaire  de quelques Etats  victimes  des crimes de ces bandits  et criminels.

 

C’est le lieu de saluer les initiatives de la CEEAC, de l’UA, des Nations Unies  et des Etats Unis d’Amérique qui sont présents et engagés à nos côtés sur le terrain.

 

Cette gratitude s’adresse également aux organisateurs de la 33e réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique Centrale qui vient de se tenir à Bangui du 5 au 9 Décembre 2011 qui s’est non seulement félicité de  la mutualisation des actions des Etats de la sous-région, en vue d’éradiquer la rébellion de la LRA mais aussi exigé que la rébellion tchadienne de Monsieur BABA LADE installé dans le centre du pays et cherche aujourd’hui à éteindre ses ramifications dans d’autres parties du territoire national.

 

Il doit  quitter sans conditions la République Centrafricaine. Et tous les moyens légaux seront utilisés pour faciliter  le départ du territoire centrafricain, en commençant par dialogue.

 

Sur la gouvernance et l’Etat de droit, le gouvernement poursuivra ses efforts dans la lutte sans merci contre la corruption.

 

Il en va de même pour l’amélioration du climat des affaires qui passe par une sécurité juridiques des investissements à travers des textes et de bonnes pratiques élaborés et mise en place à cette fin.

 

Le respect des droits de l’homme est consubstantiel à dans un Etat démocratique, le gouvernement qui veillera et ne ménagera aucun effort afin de rendre accessible la justice aux usagers.

 

Enfin, dans un contexte international de crise,  où l’austérité semble être aujourd’hui la règle, l’Etat fera tout pour maintenir que dis – je – entretenir un dialogue avec les partenaires financiers et traditionnels, sans lesquels la règle, la République Centrafricaine, Etat pos-conflit et fragile ne pourra réduire la pauvreté endémique qui touche sa population.

 

Monsieur le Président, pour terminer mon propos, ma présence à la tête d’une forte délégation de mon pays à New York, témoigne de la volonté sans équivoque du gouvernement et du peuple centrafricain à rechercher par toutes les voies possibles les chemins de la paix et de la stabilité, préalables à tout développement durable.

 

C’est pour cette raison, que toutes les volontés susceptibles de nous accompagner cette voie, anciennes ou nouvelles sont les bienvenues pour la réalisation de cet objectif mutuellement partagé.

 

Je vous remercie.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 12:15

 

 

 

MSF rca juillet 2010 anna surinyach

 

Description : http://media.la-croix.com/img/bandeaux/intervention-2011-10-23.jpg

 

La-croix.com 14/12/11 - 18 H 13 mis à jour le 14/12/11 - 18 H 31

 

Médecins sans frontières a relevé des taux de mortalité bien supérieurs au seuil d’urgence qui définit une crise humanitaire.

Avec cet article

 

Rapport de Médecins sans frontières sur la République centrafricaine


Loin des projecteurs, la République centrafricaine (RCA) traverse une crise humanitaire qui ne dit pas son nom. Dans cette ancienne colonie française d’Afrique centrale, l’état d’urgence n’est pas l’exception mais la norme, même quand il n’y a pas de catastrophe climatique ni de conflit généralisé. 

 

 « La RCA détient la deuxième espérance de vie la plus faible du monde, soit 48 ans  (NDLR : juste devant le Malawi, 47 ans). Le taux de mortalité est supérieur au seuil d’urgence qui définit une crise humanitaire »,  écrit Médecins sans frontières dans un rapport alarmant sur la situation.

 

Les « French doctors » ont mené quatre enquêtes séparées pour calculer la surmortalité en 2010 et 2011. À titre d’exemple, les études ont relevé que, dans la ville de Carnot, près de sept enfants de moins de 5 ans sur 10 000 meurent chaque jour. 

 

Les taux de mortalité sont près de quatre fois supérieurs au seuil d’urgence. Ils dépassent les chiffres collectés au Darfour (ouest du Soudan) en 2004, au plus fort de la guerre, ou encore ceux comptabilisés à Dadaab, le camp de réfugiés somaliens à la frontière du Kenya, durant la famine du mois de juillet.

 

 « Un système de santé fantôme, laminé par des années d’instabilité politico-militaire, des problèmes structurels gigantesques et l’insécurité dans l’est du pays font qu’aujourd’hui l’état sanitaire de la population est catastrophique »,  résume Olivier Aubry, chef de mission pour MSF en République centrafricaine. 

 

Absence de système sanitaire


En province, il n’y a pas d’accès aux soins. Les centres de santé manquent de médicaments et surtout de personnels qualifiés. On recense 118 médecins, dont la moitié exercent dans la capitale, Bangui, pour 3,5 millions d’habitants.

 

L’absence de système sanitaire se traduit par des épidémies qui tendent à diminuer ailleurs en Afrique. Première cause de mortalité, le paludisme toucherait tous les habitants du pays. L’épidémie de sida y est aussi la plus élevé d’Afrique centrale, avec 110 000 adultes contaminés par le VIH selon les estimations d’Onusida. 

 

Rougeole, méningite, tétanos, coqueluche, fièvre jaune et poliomyélite sont régulièrement détectés du fait de la faiblesse de la couverture médicale. La malnutrition est une autre cause importante de la mortalité.

 

Malgré l’ampleur de la crise sanitaire, les acteurs de l’aide ne se bousculent pas. « Alors que les besoins n’ont fait qu’augmenter ces cinq dernières années, les donateurs ont considérablement réduit leur financement »,  note le rapport. 

 

Le désintérêt de la communauté internationale n’explique pas tout. Des détournements d’argent au sein de l’administration locale ont aussi refroidi des organisations comme le Fonds mondial de lutte contre le sida. « Mais face à l’urgence médicale, de nouveaux modèles d’aide doivent être envisagés »,  alerte MSF.


 

OLIVIER TALLÈS

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 12:09

 

 

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Conseil de sécurité

6687e séance – après-midi

 

LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE SOULIGNE L’URGENCE D’UN FINANCEMENT ADÉQUAT DU PROCESSUS DE DÉMOBILISATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE AFIN D’ÉVITER « UNE CATASTROPHE »

 

« Ce manque de financement pourrait anéantir tous les efforts entrepris à ce jour », renchérit le Premier Ministre centrafricain, M. Faustin Touadera

 

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine, Mme Margaret Vogt, qui présentait le rapport sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine*, a souligné, cet après-midi devant le Conseil de sécurité, « qu’il faudrait agir vite pour empêcher qu’un nouveau cycle de conflit généralisé ne conduise à la désintégration du pays ».


Mme Vogt a prévenu qu’un échec dans la mobilisation des ressources financières pour achever le désarmement dans le nord et le nord-est du pays, « où tous les partis politico-militaires attendent avec appréhension le désarmement de leurs forces », pourrait se traduire par un retour de la violence.  « Le Gouvernement a besoin de 3 millions de dollars pour mener à son terme le programme de désarmement à l’échelle du pays et de 19 millions de dollars pour son programme de réintégration », a-t-elle déclaré.

 

Les gains enregistrés dans le nord-ouest du pays, où les opérations de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) initiées par le Président centrafricain ont permis la démobilisation de 4 800 anciens combattants, pour l’essentiel d’anciens rebelles de l’Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD), pourraient également être compromis, a-t-elle fait remarquer, en rappelant que la majorité de ces anciens combattants sont toujours dans l’attente des modalités de leur réintégration.


Si la dynamique de paix initiée entre le Gouvernement et les groupes politico-militaires est devenue une réalité, le manque de ressources financières pour achever le processus de DDR et pour initier le prochain stade de la réforme du secteur de la sécurité pourrait conduire la République centrafricaine à une catastrophe, a averti la Représentante spéciale.  Un échec dans la consolidation de la paix accroîtrait, a-t-elle ajouté, le risque pour la République centrafricaine de devenir un sanctuaire pour les brigands et groupes rebelles opérant dans la région.  

 

La Représentante spéciale a indiqué que lors du passage d’une « caravane de la paix et la réconciliation », à la mi-novembre, dans les villes du nord-est du pays touchées par la violence, les responsables de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) avaient plaidé pour une mise en œuvre rapide du programme de DDR pour leurs propres combattants.   

 

« Nous devons aller au-delà de cette caravane et établir des processus permettant aux communautés locales de s’impliquer dans la prévention et le règlement des conflits dans les zones concernées », a-t-elle affirmé.

 

Le Premier Ministre de la République centrafricaine, M. Faustin Archange Touadera, qui participait également à la réunion du Conseil, a rappelé, pour sa part, que le Gouvernement avait signé, le 12 juin dernier, un accord de cessez-le-feu avec le groupe de rebelles de la CPJP qui préfigure l’adhésion de celle-ci à l’Accord de paix global de Libreville de 2008.  Le Premier Ministre a ensuite précisé que les opérations de DDR vont entrer dans une deuxième phase et se poursuivre dans le centre-nord et la partie nord-est du territoire où se trouvaient les foyers des deux groupes de rebelles, la CPJP et l’UFDR.  « Cette deuxième phase se heurte à un manque de financement qui pourrait anéantir tous les efforts entrepris à ce jour », a déploré M. Touadera, en se faisant l’écho des préoccupations de la Représentante spéciale.

 

Concernant la réforme du secteur de la sécurité, le Premier Ministre a indiqué que si les actions à court terme avaient été engagées avec succès par le Gouvernement centrafricain, celles à moyen et long termes, qui impliquent le concours des partenaires, marquent le pas et méritent une attention particulière de la communauté internationale.


S’exprimant en sa qualité de Président de la formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix (CCP), l’Ambassadeur Jan Grauls, de la Belgique, également convié à prendre part à la réunion d’aujourd’hui, a souligné, dans le droit fil des exposés de Mme Vogt et de M. Touadera, que le financement de la réintégration des ex-combattants restait un défi « urgent ».  « Le Fonds pour la consolidation de la paix et la Banque mondiale examinent les moyens de contribuer à un tel financement », a-t-il dit. 

 

Sur le plan politique, la situation s’est considérablement améliorée, s’est félicitée Mme Vogt.  Elle a ainsi salué l’approche consensuelle adoptée par le Gouvernement centrafricain concernant la réforme du Code électoral et la création d’un organe électoral permanent chargé d’organiser les futures consultations électorales. L’accord du Gouvernement de s’engager à ce sujet dans une consultation avec tous les partis politiques, ainsi qu’avec la société civile, constitue une avancée « aussi importante qu’inattendue », a-t-elle souligné.  Mme Vogt a rappelé que les partis politiques et la société civile étaient en faveur de la mise en place d’un organe électoral qui serait indépendant vis-à-vis du Ministère centrafricain de l’administration territoriale et de la décentralisation.

 

Pour sa part, le Premier Ministre de la République centrafricaine a affirmé que cette récente consultation avec les partis politiques de l’opposition démocratique constituait une voie à suivre pour asseoir la permanence d’un dialogue.


M. Grauls a, quant à lui, déclaré que la Commission de consolidation de la paix encourageait le Gouvernement de la République centrafricaine à étendre l’approche inclusive, qui avait prévalu lors de la tenue des élections législatives de 2011, à tous les principaux domaines de politique publique.  « Il importe aussi d’améliorer la gestion des finances publiques afin de rétablir les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) », a-t-il ajouté. 

 

Le Premier Ministre, appuyé en ce sens par la Représentante spéciale et le Président de la formation République centrafricaine de la CCP, a souligné la menace sérieuse que continuaient de poser pour la sécurité dans la région le Front populaire pour le redressement (FPR) dirigé par le soi-disant général tchadien Baba Lade et l’Armée de résistance du Seigneur (ARS) du rebelle ougandais Joseph Kony.  « Au moment où s’estompent les rébellions internes à la faveur de l’Accord de paix global de Libreville, les incursions de l’ARS et la présence sur notre territoire de la rébellion tchadienne constituent un défi majeur pour la République centrafricaine », a ainsi affirmé le Premier Ministre.

 

Mme Vogt a estimé qu’il était important que le Conseil adresse un signal fort au FPR pour qu’il cesse de harceler la population, dépose les armes et retourne au Tchad.  « Baba Lade doit quitter sans conditions la République centrafricaine », a renchéri M. Touadera, qui a précisé que tous les moyens légaux seront utilisés pour faciliter son départ, en commençant par le dialogue.

 

Concernant la menace posée par l’ARS, la Représentante spéciale a déclaré que le déploiement de conseillers militaires américains dans la sous-région était bienvenu, tandis que le Premier Ministre centrafricain a assuré que son pays était déterminé à combattre l’ARS, aux côtés « de tous les pays qui ont compris que cette situation barbare ne pouvait demeurer l’affaire de quelques États victimes des crimes de ces bandits ».


Enfin, M. Grauls a fait observer que la présence de groupes armés d’origine étrangère, en particulier l’ARS et le FPR, continuait de déstabiliser l’Afrique centrale, sans compter les mercenaires venus de Libye qui rejoignent ces groupes armés.

 

*S/2011/739

 


 

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


Rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine et sur les activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (BINUCA) (S/2011/739)


Le Secrétaire général fait le point dans le présent rapport sur les faits survenus en République centrafricaine dans les domaines politique, économique, social et humanitaire, ainsi qu’en matière de sécurité et des droits de l’homme.  Il rend également compte des activités du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), qui a succédé au BONUCA en janvier 2010.

Le Secrétaire général indique ainsi que le 4 septembre, les élections partielles dans les 14 circonscriptions se sont déroulées dans le calme.  L’opposition, notamment la coalition dite du Front pour l’annulation et la reprise des élections 2011 (FARE), les a boycottées, poursuit M. Ban, en ajoutant que le Comité de transition avait publié les résultats le 7 septembre et la Cour constitutionnelle les avait confirmés pour 13 circonscriptions, le 26 octobre.  L’absence d’autorité de l’État en dehors de la capitale a entraîné un grave vide sécuritaire dans de nombreuses parties du pays, note-t-il.  « Les forces nationales de sécurité et de défense, qui devraient agir comme les principaux garants de la sécurité dans les régions reculées, manquent de ressources et sont en grande partie incapables d’assumer leurs responsabilités », précise M. Ban.

 

Le processus de paix engagé avec les groupes armés, fait observer le Secrétaire général, a donné des résultats mitigés.  Si le 12 juin, le dernier groupe armé qui n’était pas partie à l’Accord de paix global de Libreville -la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP)- avait signé un accord de cessez-le-feu avec le Gouvernement, M. Ban fait remarquer qu’en septembre, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et la CPJP s’étaient affrontées dans les provinces de Haute-Kotto et de Vakaga, faisant des dizaines de morts parmi les combattants et la population civile.

 

La République centrafricaine se trouve à un stade critique, fait observer le Secrétaire général.  En même temps, note-t-il, le nouveau Gouvernement a fait part de sa volonté de consolider la paix et s’est engagé à répondre, par un programme complet, aux difficultés restantes.  Cependant, l’absence de marge de manœuvre pour l’opposition a aggravé la tension dans le pays, poursuit M. Ban.  Se félicitant des progrès importants du désarmement et de la démobilisation des ex-combattants dans le nord-ouest, le Secrétaire général souligne que la mise en œuvre effective de ce programme, en particulier la réintégration durable des ex-combattants, est essentielle à la sécurité et à la stabilité du pays. La réponse de la communauté internationale doit être proportionnelle aux efforts du Gouvernement.  Il se dit préoccupé par les graves répercussions que les affrontements entre groupes armés ont eues récemment sur la situation humanitaire et la sécurité.  C’est dans ce contexte qu’il se réjouit de l’accord de cessez-le-feu du 8 octobre et invite à son application intégrale.

 

« La CPJP doit adhérer sans retard à l’Accord de paix global de Libreville », insiste M. Ban, qui invite tous les groupes armés à continuer d’appliquer cet accord et à cesser de s’en prendre aux civils et de commettre des violences.  Rappelant que le mandat du BINUCA, dont le rôle est crucial dans le processus de consolidation de la paix et de réconciliation en République centrafricaine, expire le 31 décembre 2011, le Secrétaire général recommande que le mandat du BINUCA soit prolongé d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2012.

 

 

 

NDLR : L’ONU et le BINUCA qui se sont rendus complices de la frauduleuse réélection de BOZIZE doivent bien se garder de plaider sans cesse la cause désespérée d’un régime illégitime et prédateur, incapable et tout aussi  incompétent, au bout du rouleau et dont la seule préoccupation est de se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Pourquoi continuer à rechercher des financements pour un programme DDR dont le pouvoir n’a aucune envie qu’il aboutisse et lorsque l’on sait que ce qui a été déjà octroyé auparavant notamment par la CEMAC, a été géré dans une totale opacité par BOZIZE et NDOUTINGAÏ qui se refusent à dire comment ce financement a été utilisé ? Quelles garanties a-t-on que si de nouveaux financements étaient apportées il en sera autrement de leur gestion ? Il n’y a qu’à New York que le PM TOUADERA retrouve de la voix mais à Bangui, les Centrafricains connaissent à peine le timbre de sa voix.

 

Ce régime BOZIZE TOUADERA a fraudé massivement aux dernières prétendues élections pour se maintenir. Le refroidissement et la méfiance des bailleurs de fonds internationaux et autres partenaires au développement à l’égard du régime actuel de Bangui n’a pas d’autre explication que l’illégitimité d’un pouvoir dont les tenants n’ont de cesse de s’illustrer par des détournements massifs de deniers publics restés toujours impunis et de nombreuses malversations.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 03:41

 

 

 

 

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WASHINGTON 14 décembre 2011 – L’élection présidentielle en République démocratique du Congo a été gravement entachée d’irrégularités, a estimé mercredi l’administration américaine.


Victoria Nuland, la porte-parole du département d’Etat, a dit toutefois ignorer si ces manquements et le peu de transparence du scrutin ont été suffisants pour changer le résultat.

 

Washington, qui se fonde sur le travail d’observation de son ambassade à Kinshasa et sur les rapports d’autres organisations, juge que la gestion et l’exécution technique de cette élection ont été gravement entachées (d’irrégularités), ont manqué de transparence et n’ont pas été à la hauteur des gains démocratiques vus dans des élections africaines récentes.

 

Les Etats-Unis appellent encore les autorités congolaises concernées à examiner les allégations d’irrégularités avec le plus d’ouverture et de transparence possibles.


Un examen technique rapide du processus électoral, écrit Mme Nuland, permettrait d’afficher des résultats plus crédibles, et de montrer si les irrégularités ont été provoquées par un manque d’organisation ou par des fraudes. Les Etats-Unis, a-t-elle ajouté, sont prêts à fournir une aide technique.

 

Selon la Commission électorale, le président sortant Joseph Kabila a obtenu 48,95% des suffrages contre 32,33% à à l’opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté en bloc ce résultat et s’est autoproclamé président élu de la RDC. D’autres candidats ont demandé l’annulation du scrutin.


La proclamation définitive des résultats de la présidentielle du 28 novembre par la Cour suprême de Justice doit avoir lieu samedi.

 

 

 

NDLR : Apres le Centre Carter, le Cardinal Laurent Monsengwo, l’UE, la Monusco, et les USA, cela fait beaucoup trop de monde qui juge de la non crédibilité de ce scrutin qui, par certains côtés, ressemble au hold-up de BOZIZE du 23 janvier 2011. Il convient d’annuler purement et simplement les pseudos résultats de cette grotesque farce !

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 03:13

 

 

Sylvain-Ndoutingai

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 13 Décembre 2011 13:32

 

Le budget de l’exercice 2012 de l’Etat centrafricain a été présenté à l’Assemblée nationale à Bangui. Un budget qui a connu une haute de plus de 6%, par rapport à celui de l’année dernière. Il se chiffre 124,39 milliards de FCFA, soit environ 193 million d’euros.

 

« Les ressources propres de l’état centrafricain passeraient de 116,46 Milliards en 2011, à 124,39 Milliards de FCFA en 2012 » a expliqué le Ministre d’Etat aux Finances Sylvain Ndoutingaï aux Elus de la Nation centrafricaine, lors de la présentation du projet de loi des finances pour le compte de l’exercice 2012 à l’Assemblée Nationale à Bangui.

Un exercice qui s’annonce comme un combat  gagné à l’avance pour le ministre des finances centrafricain, vu que le parlement  est constitué à une majorité écrasante des députés de son parti, le KNK.

 

Selon Sylvain Ndoutingaï, l’élaboration de ce projet de loi de finances s’est déroulée dans un contexte particulièrement difficile. « Ce contexte est caractérisé par le retrait des appuis budgétaires par les partenaires techniques et financiers de la République centrafricaine », a-t-il ajouté.

Le ministre des finances, consterné de la situation, a affirmé « qu’elle n’est pas confortable pour un Etat fragile comme la République centrafricaine ». Les ressources du pays sont estimées à 190,71 milliards de FCFA dans la loi de finances de 2012.

 

Les grandes difficultés de la République centrafricaine selon son ministre des finances, « réside dans le fait que nous ne produisons rien et nous exportons rien, malgré les énormes potentialités que dispose le pays ».

Ce projet de loi des finances va faire l’objet à partir du 13 décembre, des travaux de commission par les députés.  Lesdits travaux prendront fin le 28 du mois en cours par un débat général suivi de l’adoption du projet en question.

 

 

 

NDLR : « Nous ne produisons rien et nous exportons rien, malgré les énormes potentialités que dispose le pays …» dixit  NDOUTINGAÏ. Contrairement à cette allégation du ministre d’Etat, le régime bozizéen a produit beaucoup de milliardaires qui sont très fiers d’eux et qui narguent les pauvres et misérables citoyens centrafricains. La vacuité des caisses du trésor national après le véritable pillage en bande organisée de la bozizie ainsi que le retrait des partenaires au développement, ont incité le régime de Bangui à dépêcher le ministre des affaires étrangères le général Antoine GAMBI, avec le ministre de la justice Firmin FINDIRO et le PM Faustin TOUADERA, qui s’était préalablement rendu en Afrique du Sud, à New York selon nos informations. Ce trio compte également se rendre à Washington pour sans doute, plaider la cause perdue d’avance de ce régime désormais en perdition dont MSF vient de dresser un calamiteux bilan dans un rapport sans complaisance sur l’état du pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 03:08

 

 

 

rapport MSF RCA 

 

13 Décembre 2011

 

http://www.msf.fr/actualite/articles/interview-chef-mission-centrafrique-est-situation-urgence-sanitaire

 

Olivier Aubry est chef de mission pour MSF en République centrafricaine (RCA). Il fait le point sur la situation humanitaire et sanitaire dans ce pays.

 

Situation : Dossier spécial RCA

 

Où en est-on aujourd’hui en Centrafrique après la signature des Accords de paix et du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR) qui s’ensuit?

 

Depuis juillet 2011, la quasi totalité des groupes armés d’opposition ont signé les accords de paix. Mais certains demeurent actifs, en particulier un groupe armé tchadien installé dans le Nord du pays. Dirigé par Abdel-Kader Baba Ladé, les Forces Populaires Républicaines (FPR) ne génèrent pas d’insécurité pour le moment mais on peut se demander ce qui motive leur présence à la frontière entre les deux pays. L’Est du pays est très instable : le pays se trouve pratiquement coupé en deux sur un axe Est-Ouest. Un conflit oppose notamment deux groupes rebelles, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et l’Union des Forces pour la Démocratique et le Rassemblement (UFDR), pour le contrôle de zones diamantifères. Les derniers accrochages en date à Bria ont causé la mort d’une quarantaine de personnes et bien que des accords aient été signés en octobre dernier, le contexte dans cette zone reste très volatile. 

 

Dans l’Est du pays, en proie à l’insécurité, l’accès à certaines zones est complètement fermé aux acteurs humanitaires, donc on a du mal à avoir des informations sur la situation de ces populations. En revanche, dans le Nord, et plus particulièrement la région de Paoua où MSF travaille depuis 2006, le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) est effectif depuis août 2011 et l’on n’a observé aucun accrochage en 2010. Mais il reste un certain nombre d’interrogations, car même si la ville Paoua est sous contrôle des FACA (Forces Armées Centrafricaines) avec une administration en place, la disparition de l’APRD (groupe armé d’opposition) laisse un vide du point de vue de la sécurité. L’APRD était certes un groupe rebelle mais celui-ci assurait un certain contrôle dans la région. Aujourd’hui on peut s’inquiéter d’un retour de l’insécurité par des coupeurs de route sur certains axes, d’actes de banditisme de la part d’anciens combattants de l’APRD qui n’auraient pas obtenu satisfaction ou qui se trouvent sans source de revenu  après leur démobilisation.

 

Quelle est la situation sanitaire du pays ?

 

La situation sanitaire en Centrafrique est extrêmement dégradée et ce, depuis longtemps. Elle était déjà très fragile avant le dernier coup d’état en 2003 et n’a fait qu’empirer depuis. Le système semble complètement en panne. On constate d’énormes dysfonctionnements à tous les niveaux. Le ministère de la Santé est quasiment absent en dehors de Bangui, la capitale. Très peu de structures de santé fonctionnent. Les comités de gestion, responsables de ces structures, sont soit inexistants soit non fonctionnels. L’accès aux soins est de fait très limité voire inexistant dans certaines régions. Le cadre législatif est lui aussi défaillant. Les ressources humaines sont très limitées et les compétences rares – il faut noter que plus de la moitié de la population du pays est analphabète. Le pays ne dispose que de très peu de spécialistes et on estime à 300 environ le nombre de médecins pour tout le pays, pour une population d’environ 5 millions de personnes. Et la plupart d’entre eux sont à Bangui.


Un système de santé laminé par des années d’instabilité politico-militaire, des problèmes structurels gigantesques, une insécurité dans toute la moitié est du pays… Tout ça donne un état sanitaire catastrophique et un accès aux soins de base extrêmement limité pour la grande majorité de la population.

 

MSF a mené récemment plusieurs enquêtes de mortalité – quels en sont les résultats et quelles conclusions doit-on en tirer ?

 

L’étude menée par Epicentre à Carnot dans le Sud-Ouest du pays montre des taux de mortalité qui dépassent largement les seuils d’urgence – aussi bien les taux bruts que chez les enfants de moins de cinq ans. On note des taux 3 ou 4 fois supérieurs au seuil d’urgence. Il semble que les dysfonctionnements structurels soient tels qu’on en arrive à une situation de crise et d’urgence sanitaire. Ces études, mais aussi les statistiques relevées dans nos structures de santé, indiquent que les causes de cette mortalité très élevée sont les pathologies habituelles : paludisme, infections respiratoires, diarrhées, etc. Mais pour arriver à des taux comme ceux-là, on a un peu de mal à croire que ces simples facteurs soient la seule cause. On se demande aujourd’hui si la déstructuration du système de santé n’engendre pas une telle situation d’urgence ou encore s’il n’y a pas un facteur sous-jacent qu’on n’a pas encore mesuré.

 

La situation est très grave à Carnot et la grande question est de savoir si dans le reste du pays il y a d’autres régions où le taux de mortalité puisse atteindre ce niveau.

 

Que font les autres acteurs de l’aide présents dans le pays ?

 

C’est l’un de nos plus gros problèmes. La Centrafrique se trouve dans une phase qu’on pourrait qualifier de post-conflit. Or cette transition entre la phase d’urgence et le début du développement est toujours une période un peu compliquée pour les urgentistes comme MSF. Le problème en RCA, c’est qu’il n’y a précisément pas d’acteurs du développement qui ont investi dans le pays. Et donc les organisations comme MSF se trouvent en sortie de crise confrontées à des problèmes de développement pour lesquels nous n’avons ni l’expertise, ni les compétences. Donc on se retrouve un peu démunis, obligés d’intervenir seuls sur des terrains qu’on ne maîtrise pas. Et on ne parvient pas non plus à attirer ces acteurs du développement pour qu’ils prennent le relais. Par ailleurs, ce qui rend les choses encore plus compliquées pour les organisations humanitaires comme MSF, c’est que la situation demeure toujours volatile et que ces organisation ont toute leur place en Centrafrique, donc il ne s’agit pas non plus pour nous de quitter le pays.

 

Quelle place MSF occupe-t-elle dans la carte sanitaire ?

 

Si l’on considère les différents projets menés par les trois sections de MSF présentes dans le pays, notre budget est presque équivalent à celui du ministère de la Santé. Donc MSF est un acteur très important pour la population et le système de santé du pays.

 

Nous couvrons la partie Nord du pays avec trois hôpitaux d’une capacité d’une centaine de lits et gérons également une vingtaine de dispensaires à travers le pays. Nous intervenons également sur la prise en charge du VIH et de la tuberculose. En 2010, MSF a mené environ 250 000 consultations sur l’ensemble de ses projets.

Tout cela représente en effet un volume d’activités très important à l’échelle du pays.

 

Quelle prise en charge du VIH dans nos programmes et quels défis particuliers à la Centrafrique ?


La situation du VIH en RCA est aujourd’hui très alarmante. Les taux de prévalence sont à la fois très élevés et continuent d’augmenter. La situation est loin d’être sous contrôle. Le programme national a de très grosses difficultés pour se mettre en place. Le Fonds Mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, qui le soutient, a gelé ses fonds depuis la fin de l’année dernière pour cause de dysfonctionnements et de mauvaise gestion de ces fonds par le système national. Nous sommes très inquiets quant à la capacité du programme national à pouvoir assurer la prise en charge des différents volets du VIH. MSF se retrouve donc à développer des programmes verticaux dans un pays où le programme national de lutte contre le sida ne fonctionne pas.

 

Et on est dans une situation identique pour la prise en charge de la tuberculose et du paludisme. Il y a eu récemment des ruptures de traitement anti-tuberculeux dans le pays de plus de quatre mois – avec tous les problèmes que cela engendre en termes de résistance de la maladie. Depuis quatre mois, MSF est le seul acteur à disposer d’anti-tuberculeux dans le pays. Pour compléter le tableau, le Fonds Mondial finance aussi la lutte contre le paludisme et là aussi, on observe la même situation avec très peu d’acteurs investis dans un pays où la maladie fait des ravages.


Face à ces trois pathologies – VIH, tuberculose, et paludisme – très peu d’acteurs de l’aide sont mobilisés, les programmes nationaux fonctionnent complètement au ralenti et voient leurs perspectives de financement de plus en plus incertaines. MSF risque de se retrouver à la fin de l’année 2011 le seul fournisseur de traitement anti-VIH et anti-tuberculeux dans le pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 02:19

 

 

 

logo MSF

 

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pub Action Contre la Faim

 

 

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Novembre 2011 

 

http://www.msf.fr/actualite/publications/rapport-republique-centrafricaine-crise-silencieuse

 

Introduction


Ceci est un appel à l’aide pour la République centrafricaine.

La République centrafricaine (RCA) se trouve aujourd’hui dans un état d’urgence médicale chronique. Au cours des 18 derniers mois, cinq enquêtes distinctes de mortalité rétrospective ont été conduites en République centrafricaine (RCA) dans les préfectures hébergeant la majorité de la population. Conduites par Médecins Sans Frontières (MSF) et d’autres organismes de recherche, ces études révèlent un taux de mortalité supérieur au « seuil d’urgence1 ».

Le gouvernement et les bailleurs internationaux ont réduit leurs dépenses de santé tandis que les organismes humanitaires ne parviennent pas à répondre à l’ensemble des besoins.

L’aide et les ressources médicales existantes sont totalement insuffisantes.


Un plus grand nombre d’acteurs doit se mobiliser pour renforcer les activités médicales et couvrir l’ensemble de la population. A défaut, le pays risque fort de se retrouver dans l’impasse : une crise trop insidieuse pour mobiliser des secours d’urgence adaptés dans un contexte trop instable pour miser sur une aide efficace au développement.

Ce document vise à partager l’expérience et les inquiétudes de MSF après 14 années d’intervention en RCA. A partir des données collectées au cours des 18 derniers mois, il analyse les diverses causes de la mortalité avant de dresser un bilan de l’aide existante et de ses insuffisances. Nous concluons ce rapport en appelant à une plus forte mobilisation médicale en RCA, de la part du gouvernement centrafricain et de la communauté internationale dont MSF fait partie.

 

Programmes MSF en RCA


Médecins Sans Frontières travaille en République centrafricaine depuis 1997. Fin 2010, l’organisation comptait une équipe de 1 243 personnes dans le pays.


MSF travaille dans cinq des 17 préfectures du pays, principalement (mais pas uniquement) dans les zones frontalières, plus instables. Nous dirigeons des projets à Gadzi et Carnot dans la préfecture de Mambéré-Kadei, à Paoua dans la préfecture d’Ouham-Pendé, à Boguila, Maitikoulou, Kabo et Batangafo dans la préfecture d’Ouham, à Ndele dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, et à Zémio dans la préfecture du Haut- Mbomou.

Nos programmes soutiennent 9 hôpitaux et 36 centres et postes de santé. Nous travaillons systématiquement avec les structures du ministère de la Santé en coopérant avec eux aussi étroitement que possible. En 2010, nous avons soigné 582 253 patients externes et 24 185 patients hospitalisés.

 

Première partie : des niveaux critiques de mortalité

 

Les Centrafricains sont confrontés à des taux extrêmement élevés de mortalité. La RCA détient la deuxième espérance de vie la plus faible du monde, soit 48 ans2. Le taux de mortalité du pays est globalement supérieur au « seuil d’urgence », preuve d’une situation nécessitant une intervention médicale immédiate.

Au cours des 18 derniers mois, Médecins Sans Frontières a conduit quatre enquêtes de mortalité rétrospective dans trois préfectures différentes :


• Une enquête de surveillance des sites sentinelles3 dans les sous-préfectures de Boda, Boganda, Boganangone et Gadzi entre février et novembre 2010 a révélé un taux brut de mortalité de 1/10 000/jour (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 0,8-1,2), avec des pics pendant la saison humide de mai à septembre et un taux record en novembre. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans était de 2/10 000/jour (IC à 95 % : 1,5-2,6). Ce taux correspond exactement au seuil d’urgence.


• Une étude conduite dans les sous-préfectures de Carnot et Gadzi en juin 2011 montre que dans trois communes rurales de Carnot, Gadzi et Senkpa Mpaéré, le taux brut de mortalité était de 3,3/10 000/ jour (IC à 95 % : 2,3-4,8), tandis que celui des enfants de moins de cinq ans était de 3,7/10 000/jour (IC à 95 % : 2,4-5,6). Dans la commune urbaine de Carnot, le taux brut de mortalité était de 3,9/10 000/ jour (IC à 95 % : 3-5,2) et celui des enfants de moins de cinq ans de 4,9/10 000/jour (IC à 95 % : 2,6-8,8).

Les taux bruts de mortalité sont au moins trois fois plus élevés que le seuil d’urgence et indiquent une situation normalement considérée comme « incontrôlable», bien qu’aucune de ces sous-préfectures ne soit en proie à des conflits ou n’accueille un grand nombre de déplacés.

• Une enquête plus approfondie menée en août 2011 dans la commune urbaine de Carnot a révélé un taux brut de mortalité de 3,7/10 000/jour (IC à 95 % : 2,96-4,61) et de 7/10 000/jour (IC à 95 % : 5,26-9,34) chez les enfants de moins de cinq ans.


• En avril 2011, une enquête6 conduite dans la zone située autour de l’hôpital MSF de Maitikoulou, dans la sous-préfecture de Markounda, préfecture d’Ouham-Pendé, a révélé un taux brut de mortalité de 0,83/10 000/jour (IC à 95 % : 0,51-1,33) et de 1,81/10 000/jour chez les enfants de moins de cinq ans (IC à 95 % : 0,92-3,56). Ces taux de mortalité ne dépassent pas le seuil d’urgence, mais le chiffre le plus élevé de l’intervalle de confiance n’écarte pas pour autant l’éventualité d’une surmortalité.


La principale enquête menée par Epicentre dans les sites sentinelles des sous-préfectures de Boda, Boganda, Boganangone et Gadzi a révélé l’existence d’une crise sanitaire chronique avec des taux de mortalité très « supérieurs à la référence plausible et accompagnés de niveaux alarmants de malnutrition7 ». Cela constitue une preuve incontestable de surmortalité8, suggérant une crise sanitaire prolongée en 2010, au moins dans les régions couvertes par l’enquête. Le rapport d’Epicentre indique que les déficits économiques en sont en partie responsables, dans la mesure où la fermeture partielle ou complète des mines de diamants en 2009-2010 a supprimé la principale source de revenu de la plupart des foyers. En ce qui concerne le taux brut de mortalité et celui des enfants de moins de cinq ans, le pic (atteint en octobre/novembre 2010) a été attribué à une épidémie.


Par ailleurs, les chercheurs de l’université de Berkeley en Californie ont publié une enquête de mortalité en août 20109 qui montre un taux brut de mortalité de 4,93/1 000/mois (IC à 95 % : 4,65-5,13) dans cinq préfectures représentant 52 % de la population.10 Cela équivaut à 1,64 mort par jour pour 10 000 habitants, un taux une fois encore au-dessus du seuil d’urgence. Les taux les plus élevés ont été recensés dans les préfectures les plus récemment touchées par les conflits et les déplacements de population (Ouham et Ouham-Pendé, dont le taux brut de mortalité est de 2,21 et 2,07/10 000/jour respectivement).

Cependant, les préfectures plus calmes de Lobaye, Ombella M’Poko et Bangui ont également enregistré des taux supérieurs au seuil d’urgence.

 

Surmortalité

 

Il est difficile de déterminer les causes exactes de cette mortalité excessive en RCA : en l’absence d’un système de santé fonctionnel dans le pays, il n’existe aucune donnée fiable sur les causes de mortalité à l’échelle nationale et les enquêtes susmentionnées n’ont pas effectué de collecte ou d’analyse complète des causes de décès.11 A l’appui de son expérience dans le pays, MSF identifie toutefois trois principaux facteurs contribuant à cette mortalité :

• Les taux élevés de prévalence, d’incidence et de mortalité des maladies qu’il est possible de prévenir et de soigner.

• La crise, les conflits et les déplacements de population qui bouleversent la vie et les moyens de subsistance des habitants.

• Un système de santé fantôme qui n’a pas réussi à rendre disponibles et accessibles à la population des soins de qualité, même minimaux.

 

Facteur n°1 : forte prévalence de maladies qu’il est possible de prévenir et de soigner

 

La RCA détient le 5e taux de mortalité par maladies infectieuses et parasitaires le plus élevé au monde, soit 754,9 morts pour 100 000 habitants en 2008.12 Si MSF est un acteur médical important en RCA, l’organisation ne peut fournir un tableau complet de la situation sanitaire globale du pays. Nous pouvons toutefois décrire ce que nous y voyons tous les jours.

 

Paludisme

 

Le paludisme est holoendémique en RCA, ce qui signifie que chaque habitant du pays est infecté au moins une fois par an.

Le paludisme constitue certainement le principal problème de santé publique en RCA et la première cause de morbidité et de mortalité chez les enfants :

• Le paludisme est de loin la première cause de morbidité constatée dans les installations de soins externes MSF : sur un total de 582 253 patients traités en externe en 2010, 45,9 % (ou 267 471) ont été diagnostiqués et traités contre le paludisme.


• Les données de MSF indiquent un nombre de cas élevé pendant toute l’année, avec un pic important pendant les mois de juillet et août chaque année (le « pic palu »). À Paoua par exemple, le nombre moyen d’admissions pédiatriques est de 220 par mois.

Pendant le pic de paludisme, ce nombre atteint une moyenne de 55 %, soit 338 admissions par mois.


Le paludisme est à l’origine d’un grand nombre de décès : dans les hôpitaux, il est la première cause de mortalité des patients admis.13 À l’échelle du pays, sur les 1 997 décès enregistrés en 2009, 670 étaient dus à un paludisme sévère et 330 à une anémie (très probablement causée par le paludisme). Ces deux causes étaient donc à l’origine de la moitié des décès survenus en 2009. La proportion était encore plus élevée chez les moins de cinq ans : sur les 1 375 décès à l’hôpital parmi ce groupe d’âge, 544 étaient dus au paludisme, contre 270 à l’anémie (soit 59,2 % les deux combinés).14 Cela concorde avec l’expérience de MSF : à l’hôpital de Boguila par exemple, sur les 67 décès d’enfants de moins de cinq ans hospitalisés, 33 étaient dus au paludisme (soit 49 %). Cette maladie était donc de loin la première cause de mortalité infantile.


• Les cas de paludisme sont très insuffisamment déclarés et soignés : seuls environ 6,4 % des cas attendus sont détectés et soignés.15

Les défis à relever concernent principalement l’extension de l’accès au diagnostic et au traitement :

• via la décentralisation des soins vers les structures de santé primaire et les travailleurs médicaux communautaires,

• via la mise à disposition ininterrompue de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT, Artemisininbased Combination Therapy) et de tests de diagnostic rapide dans les centres et postes de santé.

Le pays a mis en place une politique de gratuité du traitement du paludisme pour les enfants de moins de cinq ans, mais le système ne fonctionne pas. Il est gangréné par les pénuries de médicaments essentiels, les contraintes logistiques et les mesures dissuasives. L’accès gratuit aux soins est donc loin d’être une réalité.

La portée et l’efficacité des programmes de distribution de moustiquaires à long terme doivent également être améliorées : même si un grand nombre de moustiquaires est censé avoir été distribué ces dernières années, cela ne semble pas avoir réduit la transmission de la maladie de manière significative. D’autres options de prévention et de traitement efficaces devraient également être envisagées : l’introduction d’un traitement de prévention épisodique pour les nourrissons et la mise sous traitement à base d’artésunate des cas sévères de paludisme en milieu hospitalier.

 

VIH / Tuberculose


La RCA possède le taux de prévalence du VIH le plus élevé d’Afrique centrale. L’épidémie de VIH est généralisée parmi la population adulte et se transmet principalement par voie sexuelle. Une enquête nationale de séroprévalence conduite dans le pays en 201016 a révélé un taux de prévalence du VIH de 5,9 % parmi le groupe d’âge 15-49 ans, soit une petite diminution par rapport à l’étude précédente, qui l’avait évalué à 6,2 %.17 Le taux au sein de ce groupe d’âge avait augmenté chez les hommes (4,3 % à 5,4 %), mais baissé chez les femmes (7,8 % à 6,3 %). L’épidémie est généralisée parmi la population, la capitale (10,7 %) et les régions touchées par les conflits (telles que le Haut-Mbomou, avec 14,8 %) constituant la concentration géographique la plus élevée.


L’ONUSIDA estime à 110 000 adultes et 17 000 enfants le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le pays, et à 11 000 le nombre de personnes mourant chaque année de complications liées au VIH.18 Le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) estime que 45 000 personnes, dont 14 000 enfants, doivent être mises dès maintenant sous traitement ARV.

Cependant, seuls 15 000 patients sont aujourd’hui sous traitement ARV, soit seulement 33,3 % du nombre recommandé.19

Au 31 décembre 2010, MSF soignait 573 patients atteints du VIH avec des ARV dans ses propres structures. En juillet 2011, ce nombre avait atteint 998 patients.

La tuberculose est également responsable d’un grand nombre de décès en RCA, chez les patients co-infectés par le VIH et les autres. Les taux estimés de prévalence, d’incidence et de mortalité de la tuberculose20 ont tous doublé entre 1990 et 2009. Moins de 20 % des 19 000 malades présumés à ce jour ont reçu un traitement en 2009. Ce chiffre est basé sur un taux de 424 pour 100 000, qui est très certainement inférieur aux taux réel vu l’insuffisance des structures de diagnostic dans la majeure partie du pays.

Les programmes nationaux de lutte contre le VIH et la tuberculose sont loin d’être efficaces, et les liens qui existent entre eux sont embryonnaires. Ils sont principalement confrontés à de catastrophiques pénuries de médicaments à l’échelle du pays, qui durent parfois plusieurs mois : par exemple, le Centre national de référence des infections antirétrovirales et de la thérapie antirétrovirale était en rupture de stock de certains médicaments de première ligne pendant 18 mois sur les 30 qui ont suivi juillet 2008.21 En juin 2011, le pays a également connu une rupture de stock désastreuse de tous les médicaments antituberculeux de première ligne. Cette situation a été résolue par le don unique d’une oeuvre caritative qui a permis un approvisionnement de neuf mois. Le manque de personnel qualifié présente également un défi, à la fois en matière d’extension et de qualité du traitement du VIH dans le pays. Une étude récente22 démontre des taux extrêmement élevés de résistance aux médicaments de première ligne : jusqu’à 30 % chez les adultes et 50 % chez les enfants.


Tandis qu’un traitement précoce du VIH est aujourd’hui favorisé pour prévenir la transmission du virus, les patients de RCA qui meurent du VIH n’ont toujours pas accès au traitement. Les nouveaux protocoles de traitement de l’OMS introduits en 2010 mettent l’accent sur le besoin d’un accès plus précoce au traitement (seuil de 350 CD423) et sur de meilleurs schémas thérapeutiques. En RCA, cela impliquerait de multiplier le nombre de personnes sous traitement ARV par plus de cinq, une situation pour le moment impossible en termes de planification et de capacité.


La République centrafricaine compte quatre des quelques foyers restants de maladie du sommeil (trypanosomiase humaine africaine)24 en Afrique sub-saharienne. Il s’agit d’une maladie tropicale parasitaire négligée transmise à l’homme par la mouche tsé-tsé. La trypanosomiase est mortelle si elle n’est pas soignée. La population du foyer d’Ouham, dans le nord-ouest du pays, présente un risque d’infection (ou de contraction de la maladie) plus élevé depuis l’abandon des opérations de contrôle pendant les conflits. La population aurait été plus exposée à la mouche tsé-tsé dans le « bush » et aurait en parallèle souffert d’un accès plus limité aux structures médicales capables de traiter cette maladie. En 2009, le pays comptait 1 054 cas signalés, soit le deuxième nombre de cas le plus élevé au monde.25 MSF participe au contrôle de la maladie du sommeil en RCA depuis la moitié des années 1990 et dirige actuellement deux programmes visant à éliminer la maladie dans le foyer d’Ouham. Le premier, à Maitikoulou, aura presque atteint cet objectif fin 2012 : en 2010, sur les 6 365 personnes activement dépistées, 56 ont été diagnostiquées positives (soit un taux d’infection de 0,9 %) et 49 ont été soignées.


À Batangafo, également dans la préfecture d’Ouham, sur les 147 265 personnes dépistées entre 2007 et 2010, 2 462 patients ont été soignés. Toutefois, le dépistage actif a été interrompu par l’insécurité, c’est pourquoi en 2010, seuls 340 patients ont été soignés sur les 45 388 personnes dépistées la même année. L’insuffisance des activités de dépistage actif signifie que la majorité des patients sur l’axe Kambakota ne sont ni diagnostiqués, ni soignés. Le taux de prévalence de la maladie sur cet axe demeure donc à 3,2 %.

Dans le même temps, les options de diagnostic et de traitement doivent être améliorées et adaptées à ce contexte.


L’intégration de la combinaison thérapeutique à base d’éflornithine et de nifurtimox (NECT) dans les protocoles et les pratiques en RCA est une priorité. MSF utilise cette combinaison dans ses programmes. Ce traitement amélioré représente un grand pas en avant. Il combine la prise de nifurtimox par voie orale pendant 10 jours à un nombre réduit de perfusions d’éflornithine, de 56 pendant 2 semaines à seulement 14 pendant 7 jours.


Vaccinations

 

La couverture vaccinale des maladies infantiles est faible et contribue à des niveaux élevés de mortalité par maladies infantiles évitables. En 2009, seuls 9 districts sur 24 ont atteint une couverture de 80 % du vaccin DTP3 (diphtérie, tétanos et coqueluche) et seuls 5 districts ont atteint une couverture vaccinale de 90 % de la rougeole.26 La couverture vaccinale de la rougeole, avec ou sans carte de vaccination, était estimée à 26,3 % (IC à 95 % : 16,4-36,2) dans les sous-préfectures rurales de Carnot et Gadzi, et à 55,5 % (IC à 95 % : 48,7- 62,2) dans la ville de Carnot.27 Une enquête plus étendue auprès des foyers conduite dans six préfectures a révélé que 37 % de la population était correctement vaccinée en fonction de l’âge.28

Plusieurs cas de maladies évitables par la vaccination se sont manifestés en 2011, dont la rougeole, la méningite, le tétanos néonatal, la coqueluche, la fièvre jaune et la poliomyélite.

Un cas de poliovirus sauvage a été signalé près de notre programme de Batangafo. Le père de l’enfant infecté a expliqué à MSF que son village n’avait pas été visité par les campagnes de vaccination contre la polio, ni en 2008, ni en avril et juin 2011, en raison de l’insécurité plus ou moins constante et des affrontements armés dans la région.


Les programmes élargis de vaccination sont généralement fonctionnels dans les hôpitaux, mais sont plus ou moins inexistants dans les centres de santé communautaires. Il n’existe en outre aucune stratégie avancée ou mobile en place. Les années 2010 et 2011 ont vu des ruptures de stock récurrentes des vaccins BCG, de la polio et du tétanos, et la majorité des centres de santé ne disposaient pas d’équipement frigorifique.

Un certain nombre d’activités supplémentaires d’immunisation ont eu lieu, dont la couverture et la qualité restent discutables.

Une étude menée à Batangafo29 en 2011 a révélé une couverture vaccinale de la rougeole de 46,2 % chez les enfants de 9 à 11 mois. Les raisons de cette faible couverture invoquées par la communauté sont les suivantes : la distance jusqu’aux sessions de vaccination (53 % des sondés), les problèmes de disponibilité du service (20 % des sondés) et les problèmes d’éducation à la santé publique (4 %).

Bien que MSF ait donné presque 582 253 consultations dans ses locaux en 2010 (environ 60 % d’enfants de moins de cinq ans), l’organisation humanitaire n’a pu vacciner que 5 690 enfants contre la rougeole. Le récent changement de stratégie de vaccination, qui consiste à vacciner uniquement les enfants âgés entre 9 et 12 mois, prive des milliers de personnes de vaccination au cours des consultations médicales.

Nutrition

Médecins Sans Frontières et Epicentre ont conduit une étude de surveillance communautaire dans les sous-préfectures de Boda, Boganda, Boganangone et Gadzi entre février et décembre 2010. Cette étude a montré un taux de prévalence de la malnutrition aiguë globale de 11,9 % (IC à 95 % : 9,1-15,5).30

Le taux de prévalence de la malnutrition aiguë sévère était de 3 % (IC à 95 % : 2,3-4), et la moitié des cas présentaient des signes de kwashiorkor. La prévalence de la malnutrition aiguë sévère semble avoir atteint deux pics en 2010 : un en avril-mai et un autre encore plus marqué en juin-octobre.

Alors que la malnutrition semble être une importante cause sous-jacente de la mortalité infantile, la stabilité relative des indicateurs nutritionnels dans le temps indique que la crise est subaiguë et de longue durée. Cela prouve que certaines interventions d’urgence nutritionnelle ne sont pas totalement adaptées à cet environnement, en particulier si elles ne s’accompagnent pas d’un contrôle des principales maladies infantiles.

 

Facteur n°2 : crises, conflits et déplacements de population

Depuis la fin des années 1990, la République centrafricaine est prise au piège d’une succession de conflits. Si le président Bozizé a été réélu pour un nouveau mandat en janvier 2011, l’État n’est pas en capacité de garantir la sécurité de ses citoyens ni de ses frontières, et les différents groupes armés circulent et agissent librement dans le pays.

Bien que le nombre de décès liés aux combats soit peu élevé¾, la violence est prépondérante, y compris contre les civils31 et les travailleurs humanitaires, et les conséquences sanitaires sont considérables.32 En effet, la proportion des personnes affectées et déplacées par le conflit dans certaines régions peut être très élevée et concerner parfois jusqu’à la moitié de la population d’une zone. Les conflits ont un impact considérable sur la situation sanitaire, mais également sur d’autres aspects essentiels de la vie des Centrafricains, tels que l’éducation des enfants, la production agricole, l’accès au commerce et la dégradation des infrastructures de base, telles que les routes. Il est estimé que le pays compte actuellement 103 153 personnes déplacées, dont 22 180 ont été déplacées en 2011.33

Malgré des progrès dans les négociations entre le gouvernement et les différents groupes rebelles et le processus de désarmement, démobilisation et réintégration dans le nord-ouest, 7 des 17 préfectures du pays sont en proie aux conflits et 10 factions armées distinctes restent actives.34

Il est également important de noter que le conflit n’est pas la seule cause des crises localisées qui affectent la santé et les moyens de subsistance de la population. Dans l’ouest du pays, la surmortalité est plus étroitement liée à l’effondrement du secteur de l’extraction des diamants.

Est : Haut-Mbomou et Mbomou

L’Armée de résistance du Seigneur (LRA, Lord’s Resistance Army) est présente en RCA depuis mars 2008. Après une longue série d’attaques de villages, entraînant tueries, viols, enlèvements et incendies de maisons, quelque 19 000 personnes, soit un tiers de la population du Haut-Mbomou, se sont réfugiées vers les principales villes, telles que Zémio, Mboki et Obo. Ces personnes ont subi les conséquences physiques et psychologiques directes de ces violences. De plus, les conséquences sur la situation sanitaire ont été dramatiques

: le système de santé s’est effondré dans les villages après la fuite des personnels médicaux et l’interruption de l’acheminement des fournitures médicales. La situation nutritionnelle s’est également dégradée en raison d’une sécurité alimentaire fragile. Par ailleurs, l’insécurité et les violences sur les routes entravent les déplacements, y compris ceux des personnels humanitaires.

Triangle : Ouham et Nana Grebizi

L’insécurité qui sévit dans cette région, entre Kabo, Kago Bandoro et Batangafo, s’intensifie. Groupe rebelle venu du Tchad, le FPR,35 gagne du terrain tandis que l’autre principale force armée, le FDPC36, est divisée. Les affrontements armés ont également augmenté avec la présence de l’APRD37, dans la partie ouest de la zone. Des attaques à l’encontre de travailleurs humanitaires ont entraîné la suspension d’activités et ont eu des répercussions sur l’aide aux populations civiles. La moitié de la population de la préfecture a fui pour se réfugier ailleurs dans le pays ou au Tchad. Ceux qui sont restés sont piégés dans leur village par la violence et l’insécurité, et dépendent de l’aide humanitaire pour leurs besoins médicaux entre autres.

 

Nord : Bamingui-Bangoran, Vakaga et Haut-Kotto


Le conflit entre les FACA,38 la CPJP39 et l’UFDR40 a provoqué des attaques sur les principales villes, la destruction de villages et le blocage des routes, ainsi que des violences inter-ethniques entre les milices Runga et Gula. En juin et juillet 2011, les deux branches de la CPJP ont signé l’accord de Libreville avec le gouvernement, mais en septembre, de graves violences entre la CPJP et l’UFDR se sont soldées par des massacres, incendies de maisons et déplacements généralisés dans les zones autour de Sikkikede, Bria et Sam Ouandja. Quelque 12 000 réfugiés ont fui vers le Tchad voisin et 6 000 autres ont rejoint la ville de Bria en septembre 2011. Le reste des habitants sont dans l’impasse, isolés de toute aide extérieure et dans l’impossibilité de fuir.

La fourniture de services médicaux par l’État a cessé dans de nombreuses régions, et l’accès humanitaire est extrêmement limité dans tout le nord et le nord-est du pays. Les axes sont non seulement difficiles et peu sûrs, mais les FACA ont fermé l’accès humanitaire à deux d’entre eux à la sortie de Ndélé. Des travailleurs humanitaires ont également été kidnappés dans cette zone. Cela a laissé certains villages dans l’isolement médical total. En parallèle, les systèmes de subsistance, scolaire, d’eau et d’assainissement ont été gravement dégradés.

 

Nord-ouest : Ouham et Ouham-Pendé

 

La signature de l’accord de paix de Libreville en 2008 par l’APRD a mis un terme à cinq années de conflit dans les préfectures du nord-ouest d’Ouham et d’Ouham-Pendé. Depuis les élections de février 2011, le processus de désarmement semble progresser et de nombreuses armes ont été rendues. En outre, bien que le nombre officiel de personnes déplacées (44 000) ou réfugiées au Tchad et au Cameroun (164 000) restent élevés, il semblerait qu’une grande partie (36 000) soient rentrées chez elles ou se soient installées sur place41. Il existe néanmoins des particularités selon les régions: la zone Ouest autour de Paoua est bien plus stable que la zone Est, entre Maitikoulou et Batangafo. L’État n’a en outre toujours pas rétabli son autorité. Si la population a accès aux terres pour les cultiver, les habitants ont dû tout recommencer à zéro, au niveau personnel comme professionnel.

 

Sud-ouest : Mambéré-Kadei

 

La crise y est principalement liée aux conflits, mais pas uniquement : les tentatives du gouvernement de contrôler le commerce de diamants et la baisse du prix des diamants industriels sont également à l’origine d’une crise économique.42 Dans le sud-ouest du pays, autour de Carnot, les taux de mortalité sont parmi les plus élevés du pays. Cette mortalité semble être causée par des facteurs plus économiques que militaires : la région correspond au site d’une mine dont l’exploitation a cessé en 2009 suite au renforcement des restrictions sur les petits opérateurs. Cela a provoqué un appauvrissement d’une grande partie de la population et une montée en flèche des problèmes sanitaires, dont la malnutrition.

 

Facteur n°3 : un système de santé fantôme

 

Le système de santé de la République centrafricaine a toujours été très faible. Dans de nombreuses régions du pays, il est à tous égards, inexistant. Les six piliers fondamentaux d’un système de santé, tels que définis par l’OMS, font défaut.43


• Services de santé: dans les zones rurales, la distance jusqu’au centre de santé le plus proche est souvent considérable. Elle est estimée à 9,1 km en moyenne dans les cinq préfectures évaluées dans le cadre d’une étude de référence, la distance la plus grande étant de 14,8 km à Ouaka et la plus courte de 3,8 km à Mbomou.44

• Personnel médical: pour 43 % des foyers, le centre de santé le plus proche ne compte aucun travailleur médical qualifié.45 Les employés qualifiés, et surtout les médecins, sont principalement concentrés dans la capitale.46 Depuis le meurtre du médecin en chef de la région en juin 2011, les préfectures de Mbomou et du Haut-Mbomou ne comptent aucun médecin.


• Information sanitaire: les systèmes de surveillance sont très peu efficaces, ce qui ne permet pas d’évaluer correctement l’étendue des besoins médicaux en RCA. Par exemple : l’OMS a signalé 175 210 cas de paludisme probables et confirmés dans tout le pays en 2009.47 C’est moins que le nombre total de cas traités confirmés (187 736) par MSF dans le pays.48

Cela explique pourquoi les besoins de santé de RCA semblent faibles, ce qui est loin d’être le cas.


• Produits médicaux, vaccins et technologie: les médicaments sont souvent en rupture de stock dans les centres de santé : selon une étude, les centres de santé possédaient 55 % des médicaments essentiels, les postes de santé 38 % et les hôpitaux 47 %.49 La suspension des subventions accordées par le Fonds mondial en raison d’une suspicion de corruption a provoqué en 2010 et 2011 des pénuries de plusieurs mois de médicaments contre le paludisme (ACT), le au nord-est, et supprimé la priorité accordée à la supposée zone de « post-conflit » au nord-ouest, bien que les services médicaux dans cette région soient loin d’être reconstruits et que les besoins médicaux restent très élevés.

Aide des bailleurs internationaux

 

L’aide médicale des bailleurs de fonds internationaux montre également le peu d’intérêt de la communauté internationale pour la République centrafricaine. Alors que l’aide officielle au développement provenant des principaux bailleurs bilatéraux et multilatéraux est passée de 139,5 millions $ en 2005 à 369,5 millions $ en 2009, les dépenses de santé brutes sont passées de 39,9 millions $ en 2005 à 9,9 millions $ au cours de la même période.64

Encore plus inquiétant, la volonté même de maintenir les niveaux actuels d’aide semble s’amenuiser. Certains bailleurs importants parlent de supprimer progressivement l’aide au pays, tant en matière de santé qu’au niveau global.

La RCA offre un environnement peu propice pour l’aide, la réussite des programmes étant basée sur un partenariat avec un gouvernement qui a du mal à tenir ses engagements.

Néanmoins, il est absolument nécessaire de créer un système de santé fonctionnel et pérenne en RCA, un processus dont la réussite nécessitera persévérance et créativité.


L’action du Fonds mondial

 

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est le principal bailleur de fonds pour les programmes de santé dans le pays. Huit accords de subvention distinctes ont été signés : quatre pour le VIH, deux pour la tuberculose et deux autres encore pour le paludisme. Deux d’entre eux sont toujours en vigueur (paludisme et VIH).65 Entre le premier versement de subventions en 2003 et l’année 2011, le Fonds a déboursé 61,9 millions $ sur les 84 millions $ stipulés dans l’accord, ce qui signifie que 22,1 millions $ restent encore à verser.


Depuis 2009, le pays a subi d’importantes interruptions et suspensions, parfois de plusieurs mois, du versement de ces subventions, qui s’expliquent principalement par les inquiétudes des donateurs quant à l’obligation de la RCA à rendre des comptes. Les conséquences les plus notables concernent les subventions pour la lutte contre le paludisme, qui stagnent depuis 2009. Certaines années, la RCA n’a reçu aucune subvention. Les répercussions sont importantes sur la disponibilité des médicaments, et donc sur l’accès pour les patients. Il est nécessaire de trouver un juste équilibre entre l’obligation de rendre des comptes aux donateurs et la santé des patients. Néanmoins, la situation nous oblige à trouver des solutions créatives pour garantir le financement de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

 

L’action de MSF

 

En dépit de nos difficultés à développer des opérations d’une plus grande envergure dans le pays, Médecins Sans Frontières a dépensé 18,1 millions $ pour la RCA en 2009,66 et 22,8 millions $ en 2010. Bien que nous ayons de grandes difficultés à atteindre l’envergure des opérations souhaitée dans le pays, nous aspirons à étendre la couverture de nos programmes et à mieux répondre aux besoins médicaux.

À l’origine, notre intervention en RCA avait pour objectif de porter secours à la population touchée par les conflits. Nous réévaluons aujourd’hui notre rôle dans le pays et réorientons quelques-unes de nos activités pour mettre en place des programmes à plus long terme, tout en sachant qu’il faudra plusieurs années pour que la situation s’améliore. Par exemple, MSF évalue actuellement la possibilité de mettre en place un programme hospitalier à long terme à Bangui.

D’autres programmes, tels que ceux de Kabo, Batangafo et Ndele, s’inscrivent également dans une plus longue durée et prévoient des investissements conséquents. De nouveaux projets hospitaliers à plus long terme sont également à l’étude.

Aucune stratégie de sortie n’est aujourd’hui envisageable pour MSF en RCA. Si cela suscite une vive inquiétude, la nature de la crise dans le pays ne nous permet pas d’autre option. MSF est très certainement incapable de résoudre seule cette crise médicale.

 

Conclusion

 

La République centrafricaine se trouve aujourd’hui dans un état d’urgence médicale chronique. La population centrafricaine paie un trop lourd tribut au désintérêt de la communauté internationale et des autorités du pays lui-même.

En théorie, l’aide humanitaire intervient uniquement en période de crise, après quoi l’aide au développement peut prendre le relais. Mais en République centrafricaine, cette théorie ne correspond tout simplement pas à la réalité. La distinction entre l’aide « humanitaire » et l’aide « au développement» peut s’avérer pertinente pour les organismes et donateurs impliqués, mais elle ne doit pas être utilisée pour masquer ou ignorer les besoins médicaux critiques non satisfaits sur le terrain. Les acteurs impliqués dans l’aide au pays devraient au contraire réévaluer leurs analyses.

Indépendamment de la théorie, la réalité médicale à laquelle fait face la RCA est alarmante et nécessite une action immédiate.

A terme, la situation pourrait par ailleurs s’aggraver. Si le gouvernement maîtrise la situation à Bangui et dans les préfectures voisines, il n’exerce aucun contrôle sur une grande partie du pays, où règne l’impunité. Sans aide extérieure, le système de santé ne fonctionnerait tout simplement pas.

En outre, de nombreuses tentatives d’aide au pays ont été durement entravées, sinon empêchées par la corruption et le manque de capacité.

Observés à différents niveaux, des dysfonctionnements empêchent toute forme de service médical, y compris la distribution de médicaments, la qualité des soins et l’obligation de rendre des comptes pour le système, et rendent difficile toute aide internationale. Cependant, face à des taux de mortalité aussi élevés, ces difficultés doivent être surmontées pour enclencher une action immédiate.

Cette situation ne doit pas perdurer. Les niveaux d’aide médicale existants sont totalement insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins. Le pays nécessite davantage d’acteurs pour conduire des activités médicales de plus grande envergure, afin de couvrir une plus grande partie de la population.

Si les modèles d’aide classiques n’ont pas fonctionné, de nouveaux doivent être envisagés.

Nous exhortons les décideurs, tant à l’intérieur du pays qu’en dehors, à se mobiliser face à l’urgence médicale en République centrafricaine.

 

 

 

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NDLR : Ce rapport de MSF qu'on ne peut nullement accuser ni soupçonner de parti pris politique quelconque est le vrai et catastrophique bilan du régime bozizéen et de l'état du pays après neuf ans de gestion calamiteuse.

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 01:52

 

 

 

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Personne n’a oublié qu’en plus des milliers de morts que le président sultan du Tchad a sur la conscience, et qui lui seront immanquablement opposés devant le tribunal céleste, il y a deux assassinats particulièrement épouvantables pour lesquels la communauté internationale a le devoir de l’interpeller toutes affaires cessantes : ceux de l’opposant Tchadien Ibni Oumar Saleh, et du centrafricain Charles Massi : Deux personnalités politiques de premier plan qui ont subi le même sort :  tués et enterrés sous les ordres du tyran.


Le 02 février 2008,  les troupes de la résistance  armée tchadienne,  coalisées  au sein d’un commandement unique  fondent sur la capitale et  acculent  Idriss DEBY dans le dernier retranchement qu’est son palais présidentiel. L’armée du tyran est  en déroute, et les rebelles, face au portail du palais présidentiel,  sonnent la charge. La victoire n’aura jamais autant été à la portée des insurgés.   Les thuriféraires et autres apparatchiks du régime fuient en débandade  - qui à pied, qui en pirogue – en direction de Kousseri (Cameroun).  N’Djamena est traversé par un vent de liesse  folle.


Pendant que les canons tonnent devant le palais, dans les quartiers, les populations ne se retiennent pas. Elles sont dans la rue, riant, sautant de joie comme des cabris, exultant et  attendant de voir DEBY et les satrapes de son régime honni s’enfuir ou mourir au combat. Malheureusement  c’est le moment que choisit Nicolas Sarkozy pour entrer dans la danse en expédiant à la quatrième vitesse au Tchad – par vol spécial - une escouade du terrible COS. Le fameux commando des opérations spéciales champion toutes catégories des opérations de commando nocturnes. Sous les ordres  de l’Elysée, ces super commandos ont attendu la nuit noire  pour écraser les insurgés avec des armes de destruction massive imparables dans l’obscurité.


Il est néanmoins important de préciser qu’en plus de l’intervention intempestive des gaulois, cause de leur défaite, les rebelles avaient passé une bonne partie de leur temps – alors que la victoire était là – à se chamailler et à se crêper le chignon à propos de problèmes de partage du pouvoir alors qu’ils ne l’avaient même pas encore complètement conquis ! 

Pendant ce temps, et en l’espace de quelques heures de combat dans un noir d’encre, les assaillants avaient été mis en pièces et proprement massacrés. Dès le lendemain à l’aube,  bonjour les représailles.


Dès les premières heures, les soudards de DEBY déferlent dans les quartiers et tombent à bras raccourcis sur les populations, et plus spécialement sur les hommes politiques.  Ceux-ci  sont rudoyés, tabassés, pour certains abattus sommairement d’une balle dans la tête,  et bon nombre sont emmenés menottés vers des destinations inconnues.  L’opposant historique Yorongar Ngarlejy subira le sort d’être sauvagement rossé, menotté,  et jeté dans un trou de basse fosse ; mais il réussira à s’enfuir et à se retrouver au Cameroun, puis en France d’où il ne reviendra que plusieurs mois plus tard.


Moins chanceux, Ibni OUMAR Saleh est molesté à son domicile devant toute sa famille par des éléments en furie de la garde présidentielle qui le rouent de coups de crosses et de pieds, le jettent dans un command car et l’emmènent vers une destination qui, jusqu’à ce jour, est demeurée inconnue. 

Jusqu’à  ce jour en effet, personne n’a plus jamais revu cet homme politique charismatique, mais assez modéré.  En tout cas il faudrait être naïf pour oser croire que l’opposant politique serait encore vivant. 

Il a certainement été tué puis enterré quelque part. Mais qui l’a tué, pourquoi, comment,  et où est son corps ?


Malgré toutes les démarches entreprises par sa famille, le black out demeure total. Comme si IBNI OUMAR Saleh s’était désintégré d’un claquement de doigts. Plusieurs associations de Droits de l’homme ont multiplié les démarches jusqu’au plus haut niveau de l’Etat Tchadien pour en savoir plus sur le sort de l’homme politique. Rien n’y a fait. Pire : DEBY est resté de marbre.


Il aura fallu attendre le mercredi 03 février 2010,  pour voir deux parlementaires socialistes français : le député Gaëtan Gorce et le sénateur Jean Pierre, ainsi que le député - UMP Françoise Hostalier (présidente du groupe d'amitié France-Tchad) , appuyés par des dizaines de militants des sections françaises de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) et d'Amnesty International  donner,  dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale française, une conférence de presse d’un genre inédit.


Dans cette auguste Chambre, ils ont hurlé  leur désarroi face au silence méprisant  que continuaient d’afficher jusque-là les autorités tchadiennes depuis que l’opinion internationale et tous les démocrates du monde entier exigeaient  la vérité sur la disparition de l’opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh.


Ibni Oumar Saleh  qui - selon la version officielle – avait été arrêté le 03 février 2008,  mais avait sans l’ombre d’un seul doute été  torturé et tué  dans l’une des prisons qu’abrite le palais présidentiel tchadien. A moins qu’il n’ait été  sommairement abattu quelque part et  enterré sans états d’âmes sous les ordres venus de très haut.


Il faut dire qu’à cette conférence de presse,   en présence du fils du disparu, les parlementaires français n’avaient pas fait dans la langue de bois pour pester  contre le régime Deby,  et tout autant contre les autorités françaises qui avaient ordonné et dirigé sur le terrain la contre offensive à N’Djamena.  

La preuve la plus accablante étant que, le  jour même de la disparition de cet opposant, c’est  un officier français qui dirigeait  la garde présidentielle tchadienne après que Paris eût  apporté un soutien militaire total au dictateur tchadien pour  repousser les rebelles à deux doigts de la défaite du tyran. 

 

En fait, et cela s’est su par la suite,  après avoir vaincu les opposants militaires  avec l’aide de la France,  le régime Deby avait décidé de se venger sur les opposants civils en faisant arrêter et torturer -  par des militaires de l’ethnie du chef de l’Etat - leurs figures de proue dont Ibni Oumar, contre qui aura été appliquée la solution finale. 

 

Sous la pression des ONG de défense des droits de l’homme, de la France et de l’opposition tchadienne,  une commission d'enquête aura – presque de mauvaise grâce – été mise sur pied par la suite par les autorités tchadiennes. Celle-ci avait conclu du bout des lèvres qu’Ibni Oumar avait été enlevé à son domicile par des soldats de DEBY, mais que cela avait  certainement été une initiative personnelle d'un quelconque militaire subalterne. 

 

Il est vrai que ledit rapport a  mentionné, presque sur un ton sibyllin,  que ces militaires de la garde prétorienne de DEBY  avaient agi sur «ordre de sa hiérarchie ou des instances supérieures de l'État». 

A part cela,  aucune accusation formelle contre un individu identifié n’a soutenu les conclusions du rapport de  cette commission. 

 

Le plus désolant ayant été que  ce rapport n'a jamais provoqué le déclenchement d’une quelconque action  judiciaire, fut-ce contre inconnu. 

 

Et depuis, c’est le silence radio. Ou presque ! 

 

Mais comble du cynisme, Nicolas  Sarkozy qui s'était pourtant personnellement engagé le 27 février 2008 à N’Djamena à ce que toute la lumière soit faite sur le sujet - en déclarant avec des trémolos dans la voix que : «La France veut la vérité et je ne cèderai pas sur ce point», n’est jamais allé au-delà de cette déclaration cousue d’une grossière duplicité.


Nous sommes aujourd’hui en Décembre 2011, à presque quatre ans de la disparition d’IBNI Oumar Saleh, et rien n’est toujours dit à propos de son destin tragique.  Rien non plus n’est fait pour punir le responsable de sa mort.


C’est ainsi qu’il  est absolument insupportable que DEBY continue à imposer une véritable loi du silence  à la famille d’IBNI OUMAR, au Tchad, à l’Afrique, et au monde. Un silence de mort à propos de la suppression de la vie d’un homme unanimement reconnu comme un opposant modéré au régime de Deby. 

 

Il est insupportable que Paris -  qui sait que IBNI OUMAR a été éliminé par le régime sauvage de DEBY,

- continue de se boucher les yeux et les oreilles,  donnant au bout du compte  l’impression de ne plus vouloir cette vérité qu’elle a donné l’impression de réclamer au lendemain de cette exécution inqualifiable.


En ce moment où la communauté internationale est si pointilleuse  vis-à-vis des crimes contre l’humanité,  elle aurait intérêt pour sa propre crédibilité  d’interpeller vigoureusement  Idriss Deby qui sait bien qu’il aura du mal à échapper à une comparution un jour devant un tribunal pour les atrocités qu’il a infligées à ses compatriotes, ainsi que pour les milliers d’assassinats qu’il a perpétrés au Tchad en moins d’une vingtaine d’années de règne barbare.

 

Cette même communauté internationale qui nous a donné ces derniers temps tant de gages de sa détermination à sévir avec une détermination inflexible contre les crimes perpétrés par les régimes et les potentats, ne devrait pas non plus oublier de demander des comptes au même Idriss DEBY à propos du colonel médecin et homme politique centrafricain Charles Massi que le Sultan  président avait incarcéré à N’Djamena pendant plusieurs mois en 2009,  puis cruellement livré au président centrafricain François BOZIZE – comme un cadeau de Noël quelques mois plus tard.


Depuis lors, cet ancien ministre a disparu. François Bozizé – à qui l’on a demandé où il se trouverait a déclaré avec un regard froid comme celui d’un serpent : « allez le chercher là où il est censé être : avec les rebelles. » 

DEBY, quant à lui, avec sa mauvaise foi habituelle a dit, une main sur le cœur et l’autre sur la Coran qu’il ne sait rien de ce qui serait arrivé à cet homme politique qui a – comme par magie  - disparu entre les frontières du Tchad et de la Centrafrique. 

Mais en fait, l‘affaire de Charles MASSI, C’est l’histoire d’un opposant politique de premier plan qui a été arrêté en plein jour par des soldats tchadiens, à la lisière des frontières du Tchad et de la Centrafrique, qui a été  remis – indubitablement sur hautes instructions du chef de l’Etat tchadien – aux soldats centrafricains, et qui, depuis lors a disparu. Personne ne l’a plus jamais revu.


En effet, selon des informations incontestables, le colonel Massi a été enlevé le 19 décembre 2009 à la lisière de la frontière de la Centrafrique, dans la zone de Ngaoundaye (plus de 500 km au nord-ouest de Bangui), proche de la frontière avec le Tchad, par des éléments de l’armée tchadienne qui avaient pris l’opposant centrafricain en chasse sur ordre de Deby.


Il est important de rappeler qu’en mai 2009 déjà, il avait été arrêté dans le sud tchadien, emprisonné au Tchad pour "tentative de déstabilisation d'un pays voisin" avant d’être libéré deux mois plus tard le 8 juillet à la suite de fortes pressions des organisations de défense des droits de l’homme. 

Cinq mois plus tard, il a été pris en chasse par des soudards tchadiens qui l’ont traqué puis capturé pour le livrer au dictateur centrafricain.


Voilà donc la communauté internationale et la justice internationale qui gagneraient à se rappeler que Mr Idriss DEBY ITNO a des comptes à rendre. 

Il est passible de multiples chefs d’accusations de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et autres crimes économiques. 

Il ne faudrait pas attendre qu’il tombe pour que la justice internationale commence à lui poser des questions. Les sangs d’Ibni Oumar Saleh et de Charles Massi n’en finissent pas de hurler. Et il est certain qu’un jour ou l’autre, le Président sultan rendra compte. Inch’ALLAH !

 

 

 

Par A.K | Ndjamena-matin 

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