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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 10:42

 

 

 

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé hier à une intervention d’urgence de la communauté internationale en Centrafrique. Il s'agit-là d'une « crise pour laquelle il est absolument urgent d'agir. (…) Car nous devons en République centrafricaine faire face à une situation humanitaire et sécuritaire extrêmement grave », a-t-il déclaré.

 

Il ne faut pas laisser la situation en Centrafrique se dégrader et aboutir « (...) à un État qui n'aurait plus d'État que le nom et qui, par contagion, entraînerait une situation extrêmement difficile pour l'ensemble de la région », a-t-il souligné, encourageant les pays membres de l’UA et les autres pays africains à redoubler d'efforts pour résoudre la crise centrafricaine.

 

 « Nous voulons faire passer le message selon lequel il est impératif de renforcer la MISCA », a-t-il conclu. Le ministre présidera demain, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, une réunion consacrée à la crise en Centrafrique.

 

(Source : Reuters  24 sep. 2013)

 

 

Pointpresse dcp-comdoc <pointpresse.dcp-comdoc@liste.diplomatie.gouv.fr>

 

La République centrafricaine, lors d'une réunion co-organisée le 25
septembre avec la commissaire européenne aux affaires humanitaires, Mme
Kristalina Georgieva, et la Haut-commissaire des Nations unies aux affaires
humanitaires, Mme Valérie Amos. Cette rencontre a pour objet d'examiner tous
les moyens envisageables afin de renforcer l'action de la communauté
internationale pour répondre à la crise en RCA. Un point de presse du
ministre des affaires étrangères est également prévu ;

 

4. République centrafricaine

Q - La France prépare un projet de résolution. Il est sur le point d'être
déposé ?


R - Le président de la République s'est exprimé hier sur ce sujet qui a
été discuté avec un certain nombre de chefs d'État africains présents à
Bamako.

Nous avons aujourd'hui plusieurs objectifs. Le premier, c'est de faire prendre
conscience à la communauté internationale de l'importance de ce qui se joue
en République centrafricaine et de la mobiliser. Le deuxième, c'est de
formaliser un soutien à l'Union africaine (UA) et à la Communauté
économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), sous différentes formes :

- il y a clairement un volet politique, celui de la transition et de la mise en
oeuvre des accords négociés successivement à Libreville et Ndjamena ;

- il y a un volet touchant à la présence des Nations unies sur place
notamment au renforcement du bureau de Bangui, le BINUCA ;

- il y a un volet humanitaire. Même si on observe aujourd'hui une certaine et
récente amélioration à Bangui, la situation en revanche reste préoccupante,
en particulier dans le reste du pays ;

- Il y a enfin un volet sécuritaire pour permettre à la communauté
internationale de soutenir les efforts de l'UA et de la CEEAC, notamment pour
le déploiement en cours de la MISCA - avec pour objectif d'augmenter
progressivement ses effectifs sur le terrain. Ils sont actuellement 1.500, et
leur nombre doit passer à 3.500.

Il faut que la communauté internationale prenne des engagements, logistiques
et financiers, pour aider les organisations régionales. La mobilisation doit
être non seulement conduite à New York aux Nations unies, mais aussi dans
d'autres formats, notamment auprès de l'Union européenne.

C'est tout cela qui devra être discuté à New York le 25 septembre prochain.
C'est aussi tout cela qui doit être transcrit dans le droit - à savoir une
résolution du conseil de sécurité des Nations unies. Quant au calendrier,
nous n'avons pas de date arrêtée, mais certainement le plus vite possible.
Nous avons déjà bien avancé, dans les différents formats à New York et
également avec les pays africains directement intéressés.

Q - Sur la MISCA, est-il possible qu'elle passe sous contrôle onusien ? Est-ce
que cela a été évoqué ?


R - C'est une option mais ce n'est pas l'objectif immédiat. L'enjeu
aujourd'hui, c'est le plein et rapide déploiement de la MISCA.

Q - La France pense-t-elle renforcer son action et sa présence ?

R - Aujourd'hui nous avons, avec la force Boali, un dispositif de plus de 400
personnels déployés à Bangui, qui ont une double mission : la sécurisation
de l'aéroport de Bangui et une mission visant à assurer la sécurité de nos
ressortissants - 638 personnes, dont une large majorité de binationaux
(environ 400) - et des emprises françaises.

La demande des pays africains n'est pas une demande d'ajout de troupes
françaises à la MISCA, les contributions de pays africains permettant
d'atteindre l'objectif de 3.500. Leur demande concerne un appui logistique et
financier. Leur demande porte également sur d'autres aspects de la crise,
notamment humanitaires.

Q - Mais la situation est quand même grave...

R - La situation est en effet préoccupante. Il y a eu des exactions, des
violences, cela ne fait pas de doute. Des dernières informations, notamment de
notre ambassade sur place, à Bangui, les choses paraissent en voie
d'amélioration à Bangui. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions
hâtives. La situation en province peut en particulier être très différente.

C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité engager des discussions sur
un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies et tenir
une réunion la semaine prochaine à New York

Centrafrique : Fabius plaide pour une intervention d’urgence de la communauté internationale
Centrafrique : Fabius plaide pour une intervention d’urgence de la communauté internationale
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:58

 

 

 

 

http://www.sudouest.fr   24/09/2013 à 06h00 | Mise à jour : 24/09/2013 à 09h14
 

Par Bruno Dive, b.dive@sudouest.fr

 

François Hollande et Laurent Fabius, qui se rendent aujourd’hui à l’assemblée générale de l’ONU, ont choisi de placer la République centrafricaine au centre des discussions qu’ils auront avec leurs homologues. Ce choix n’est pas anodin si l’on se souvient qu’il y a un an, ils avaient mis le Mali au cœur de leurs préoccupations. Pourquoi la Centrafrique ? Parce que dans une indifférence quasi générale, ce pays déjà très pauvre est en train de s’effondrer de l’intérieur, à la suite d’un coup d’État qui a plus ou moins tourné à la guerre civile. L’ancienne colonie française rejoindrait à son tour la liste déjà trop longue des pays sans État, livrés à l’anarchie, au joug des pillards ou des milices, souvent islamistes, qui émaillent l’Afrique, de l’Atlantique à l’océan Indien.

 

Parmi ces pays d’infortune a longtemps figuré - et figure encore pour partie - la Somalie, dont les milices islamistes, les fameux shebab affiliés à al-Qaida, avaient fait leur terre d’élection et d’exactions. Elles en ont été chassées par l’armée kényane, venue en voisine avec la bénédiction des Occidentaux. L’opération meurtrière menée dans un centre commercial de Nairobi n’est donc qu’une vengeance contre ce pays, et un moyen de l’asphyxier économiquement en faisant fuir les touristes. Mais c’est plus que cela. Cette attaque sanglante est aussi pour les milices islamistes et les filiales d’al-Qaida la preuve qu’elles peuvent frapper, sinon partout, du moins loin de leurs bases ou des pays dans lesquels elles s’étaient incrustées.

 

Le président de la République a déclaré jeudi au Mali que la guerre avait été gagnée. C’est à la fois vrai et faux, en tout cas imprudent. Car si les djihadistes ont en effet été chassés de presque tout le territoire malien, grâce à une bonne décision présidentielle puis au savoir-faire de l’armée française, le monde civilisé n’en a pas fini avec les émules de Ben Laden. On les chasse d’un territoire ? On les retrouve sur un autre. Ils disparaissent ici ? C’est pour mieux renaître ailleurs.

 

C’est une guerre de longue haleine qui se joue sous nos yeux. Pour la gagner, il faut au minimum des États dignes de ce nom, en République centrafricaine comme partout ailleurs. Car si l’ex-empire de Bokassa ne se trouve pas en terre d’islam, sa déstabilisation entre Congo et Tchad, Nigeria et Soudan, ouvrirait une plaie béante au cœur de l’Afrique.

 

C’est une guerre de longue haleine qui se joue sous nos yeux

 

Lu pour vous : De Bangui à Nairobi
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:50

 

 

 

Sur les ondes internationales, l’annonce du sommet du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur la République Centrafricaine, a fait l’objet de doute sceptique pour le peuple centrafricain. Qu’est-ce qui se passera ? A quoi aboutira une telle messe ? Si cette réunion est une occasion pour mettre fin définitivement à la souffrance du peuple centrafricain, banco ! Mais là aussi, demain n’est pas la veille. Mais pour l’instant et au quotidien, le peuple centrafricain est sous l’occupation des forces exogènes un peu comme la France en 1940. Souvenez-vous c’est grâce à la division du Général Leclerc où on comptait des centrafricains  que Paris a été libéré en 1944.  Mais Paris de l’Homme du 18 juin a oublié cette page historique. Mais nous croyons fortement que la Grande France, la France des Lumières, la France des Droits de l’Homme sera du côté du peuple centrafricain, un peuple opprimé.

 

Cependant, en Centrafrique, c’est le règne de l’humiliation absolue : les hommes politiques marchent sur la pointe des pieds, les enfants n’ont pas accès à l’éducation, les administrations ne fonctionnent pas, l’Etat n’existe pas sur l’ensemble du territoire, la liberté de presse n’existe nulle part, une justice sans aucun moyen, des fonctionnaires sans salaires depuis 3 mois, les élites toutes noyées et exclues de la transition, etc. Ce qui existe à contrario, c’est la peur au ventre, la faim, les morts victimes d’affrontements religieux, les hôpitaux sans médicaments, les  viols, les pillages, les menaces, les crimes crapuleux. Ce qui conduit malheureusement certains compatriotes exaspérés à regretter le général déchu, François BOZIZE, l’homme en cavale qui est sous mandat d’arrêt international et qui a mis le pays en coupe réglée.

 

La RCA est épuisée. On attend de ce sommet des décisions courageuses. Il faut arrêter l’hémorragie. Nous demandons à la communauté internationale : l’Union africaine, les Nations-Unies, l’Union européenne, et le président François HOLLANDE ; aux présidents membres de la CEEAC  notamment Idriss DEBY ITNO, président en exercice de la CEEAC, Denis SASSOU NGUESSO, médiateur de la crise centrafricaine, Théodore OBEANG NGUEMA MBASSOGO, président de la Guinée Equatoriale, Paul BIYA, président de la République du Cameroun, Ali BEN BONGO, président de la République du Gabon, tous et comme un seul homme, à choisir l’option militaire rapide et immédiate pour sauver la République centrafricaine du chaos.

 

Nous pensons pour notre part qu’il faudrait au moins 10 000 hommes pour la MISCA et une aide humanitaire massive, conséquente, rapide pour répondre efficacement à la crise politique, religieuse et humanitaire en Centrafrique.

 

A SITUATION EXCEPTIONNELLE, SOLUTION EXCEPTIONNELLE.

 

Et surtout, vite les  élections législatives et présidentielles anticipées pour éviter la disparition pure et simple de la République centrafricaine de la carte du monde.

Fait à Bangui le mardi 24 septembre 2013

 

Que Dieu préserve le Centrafrique !

 

 

 

Faustin ZAMETO MANDOKO

Président de l’Union des Démocrates Centrafricains

Bangui, République Centrafricaine

POUR UNE INTERVENTION MILITAIRE RAPIDE ET IMMEDIATE EN CENTRAFRIQUE par Faustin Zameto
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:43

 

 

 

 

 

LE MONDE | 24.09.2013 à 12h05 • Mis à jour le 24.09.2013 à 17h07 | Par Nathalie Guibert

 

La France espère qu’une résolution de l’ONU autorisant une force militaire multinationale à intervenir pour sécuriser la République centrafricaine sera prête à la fin du mois d’octobre. Depuis la mi-août, des officiers français épaulent les états-majors de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) pour que ces organisations régionales portent un « concept d’opération » crédible. « La France est prête à un soutien opérationnel, mais elle ne prend par l’initiative », avait rappelé Jean-Yves Le Drian le 22 septembre.

 

Le ministère de la défense estime cependant qu’il y a urgence. A Paris, plusieurs options militaires ont été mises sur la table. L’une, la plus immédiate, consisterait à faire passer le contingent français en RCA de 450 soldats actuellement à environ 1 200, pour une opération de sécurisation rapide menée certes sous mandat de l’ONU, mais de façon autonome par la France. La deuxième serait de porter la force actuelle à quelque 750 soldats ; dans cet étiage évoqué par le président François Hollande, le contingent français aurait le rôle de force d’appui à la Mission internationale de soutien à la RCA (Misca), déjà en place dans le pays avec 1 300 soldats camerounais, congolais, gabonais et tchadiens.

 

La dernière option, prévue sur un temps plus long, maintiendrait l’effectif à 450, faisant du contingent français une force de réaction rapide susceptible de monter en puissance en cas de besoin. L’intervention est justifiée par le fait que le pays, victime de la prédation généralisée de chefs de bande, sombre. Ses fonctionnaires ne sont plus payés, l’Etat ne perçoit plus aucune taxe et 80 % du commerce des diamants centrafricains seraient passés aux mains de chefs de guerre. La montée d’affrontements confessionnels entre musulmans et chrétiens ajoute aux inquiétudes.

 

LE TEMPS JOUE CONTRE LA FORCE FRANÇAISE

 

La « transition » politique à Bangui étant un rêve lointain, Paris veut éviter que cet Etat fantôme ne se transforme en Etat failli au coeur même de l’Afrique francophone « Nous ne voulons pas d’un trou noir au milieu d’Etats, le Cameroun, le Tchad, le Congo, qui ont eux-mêmes des fragilités ou vont entrer en transition », indique un officiel sous couvert d’anonymat.

 

Une autre raison pousse à une action rapide : le temps joue contre la force française en RCA.« La posture de nos forces ne peut rester dans ce statut de manière durable« , a indiqué M. Le Drian début septembre. Depuis 2002, l’opération « Boali » de soutien à la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (Micopax), montée au départ par les Etats d’Afrique centrale, a peu évolué dans son objectif, l’instruction opérationnelle. Devenue Misca, sous l’égide de l’UA, cette force régionale est sous-dimensionnée. Après la chute du président François Bozizé en décembre 2012, Paris avait envoyé des renforts au nom de la protection des ressortissants français. Il s’agissait de tenir l’aéroport, de garder l’Institut Pasteur ainsi que les principaux lieux d’habitation, mais aussi, en cas de besoin, d’aller extraire des personnes menacées sur le territoire. Beaucoup de ressortissants ont, depuis, quitté la RCA.

 

Par ailleurs, le nouvel accord de coopération de défense signé en 2010 avec Bangui ne comporte plus de clause de soutien automatique en cas d’atteinte à la sécurité du pays. La dernière opération militaire menée dans ce cadre avait été décidée par Jacques Chirac en 2006 ; les paras français avaient sauté sur Birao en aide aux forces armées centrafricaines menacées par des rebelles.

 

 DES BANDES CRIMINELLES

 

Coincé sans mandat, le contingent français est donc en situation de risque à court terme, estime-t-on à Paris : sa crédibilité et sa légitimité s’érodent. Il pourrait être accusé d’inaction face à un éventuel crime de masse commis par la Séléka. Il peut en outre être placé dans la situation inconfortable de faire du maintien de l’ordre, comme ce fut le cas, fin août, quand près de 5 000 habitants de Bangui menacés par la Séléka se sont réfugiés à l’aéroport.

Le nombre de miliciens se réclamant de la Séléka est estimé à 5 000 dans la capitale, et à 15 000 en brousse. Selon l’UA, 80 % d’entre eux sont des étrangers venus des pays voisins. Mais ces bandes sont avant tout criminelles et elles ont déjà beaucoup pillé : Paris fait l’analyse que ce « banditisme d’opportunité » se dispersera rapidement face à une force militaire. Le coeur de la Séléka serait, lui, constitué d’environ 500 combattants.

 

Un « coup de balai » est donc jugé possible pour rétablir la sécurité, avec une opération circonscrite aux zones vitales pour l’économie de la RCA. Les forces seraient concentrées sur la capitale Bangui et les principales villes de la moitié ouest du pays. Elles devront aussi dégager les deux principaux axes routiers qui relient Bangui au Tchad par Bossangoa, et au Cameroun par Bouar. Ces voies sont aujourd’hui bloquées par des miliciens.

 

Ces plans dépendront des capacités de la force africaine, que Paris veut mettre en avant. L’objectif affiché par l’UA de mobiliser 3 600 hommes semble très difficile à atteindre. Le Tchad a promis 400 hommes de plus, les trois autres pays de la Misca annonçant vouloir porter leur contingent au format de 850. Il faudra d’autres contributeurs.

 

 

Que se passe-t-il en Centrafrique ?

 

Par Charles Carrasco

 

le 24 septembre 2013 à 21h04

 

3’CHRONO - La sécurité n’est plus assurée dans le pays. La France va demander une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

L'INFO. Il y a urgence, selon François Hollande. Le président français a lancé mardi à l'ONU un "cri d'alarme" sur la situation en Centrafrique, réclamant un soutien financier et logistique à la force panafricaine présente sur place. Sur le terrain, la situation est de plus en plus chaotique. Explications.

 

Qui dirige aujourd’hui la Centrafrique ? Ce pays, coincé entre le Tchad au nord et le Soudan à l’Est, est, en effet, en train de sombrer depuis plusieurs mois dans le "chaos". La faute à une instabilité politique chronique. Le 24 mars, le président François Bozizé, arrivé lui-même au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, a été renversé par les rebelles de la Séléka. Ces hommes étaient dirigés par Michel Djotodia qui s’est autoproclamé président de transition.

 

Qui sont les rebelles ? La coalition Séléka, groupe hétéroclite de rébellions et de groupes armés, compte environ 25.000 combattants, dont 20.000 ralliés "de la dernière heure" au moment de la prise de Bangui, la capitale. Ces miliciens seraient près de 5.000 à Bangui et 15.000 dans la brousse. 80% d’entre eux seraient des étrangers venus des pays voisins, selon l’Union africaine. Ils sont, dans l’immense majorité, des musulmans dans un pays à 80% chrétien. S’il existe des infiltrations islamistes, "il ne s'agit pas d'un combat pour l'Islam", affirmait Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique, interrogé par Europe1.fr.

 

Mais depuis plusieurs mois, les exactions -pillages et violences- se multiplient. Par ailleurs, l’appareil d’Etat est lui aussi vacillant : les fonctionnaires ne sont plus payés, aucune taxe ne rentre dans les caisses de la Centrafrique et les fruits du commerce des diamants -une des grandes ressources du pays-, iraient directement dans les poches des chefs de guerre. Dans ce contexte, le président Djotodia a été récemment contraint de dissoudre la coalition Séléka qui l'a portée au pouvoir. "Tous ceux qui vont continuer à se réclamer de ces entités seront considérés comme des bandits", a-t-il affirmé.

 

Un drame humanitaire ? Pour l’instant, cette dissolution a eu peu d’effets sur le terrain. La terreur continue de régner. Selon l’ONU, 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, plus de 270.000 ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins. Jusqu'ici, les autorités de transition ont été incapables de mettre fin aux violences. L'appel pour sortir la Centrafrique du chaos "ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes", a déploré mardi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. "L'ordre public s'est effondré" dans le pays, a-t-il souligné lors du discours d'ouverture de la 68e assemblée générale de l’ONU. En déplacement à Bamako, le président Hollande avait parlé de "femmes victimes de viols", "d’enfants déplacés, perdus", "les villages anéantis". La peur d’une "somalisation" du conflit inquiète donc la plupart des acteurs politiques et humanitaires.

 

Quelles solutions envisagées ? La France est en première ligne dans ce dossier. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, François Hollande entend plaider en faveur, dans un premier temps, de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité renforçant le mandat de la force panafricaine déployée sur le terrain sous l'égide de l'Union africaine (Misca). Celle-ci est une force panafricaine, militaire et policière pour l'essentiel, composée pour l'heure de 1.400 hommes -Camerounais, Congolais, Gabonais, Tchadiens. Ses effectifs doivent à terme atteindre 3.600 hommes, mais leur déploiement traîne en longueur. Dans un deuxième temps, Paris espère faire voter une résolution qui transforme cette force en "opération de maintien de la paix" et serait prête "si nécessaire" à porter ses effectifs militaires à 700 où 750 hommes, contre 450 actuellement.

 

A défaut d'une résolution du conseil de sécurité, la France pourrait demander à d'autres institutions, comme l'Union européenne, de financer cette opération, considérée par Paris comme "une opération de la dernière chance de sauver ce pays du chaos". Mercredi, une réunion ministérielle est prévue à New York, co-présidée par la France, l'ONU et l'Union européenne, à laquelle doivent participer des représentants de l'Union africaine (UA), des Etats-Unis et des pays voisins de la Centrafrique.

 

Centrafrique: Hollande lance un cri d'alarme


NEW YORK AFP / 24 septembre 2013 19h23 - Le président français François Hollande a lancé mardi à l'ONU un cri d'alarme sur la situation en Centrafrique, réclamant un soutien financier et logistique à la force panafricaine présente sur place.


Dans un discours devant l'assemblée générale de l'ONU, M. Hollande a demandé que le Conseil de sécurité des Nations unies donne un mandat et accorde un soutien logistique et financier à cette force dont la première mission sera de rétablir l'ordre.

Nous devons mettre un terme aux exactions, qui prennent également des formes confessionnelles, a-t-il ajouté. 


Le chaos s'est installé et les populations civiles en sont les premières victimes, a-t-il déploré.

L'anarchie règne en RCA depuis la prise du pouvoir en mars par une coalition rebelle, la Séléka, dont le chef Michel Djotodia s'est autoproclamé président. Les associations de défense des droits de l'homme accusent les ex-rebelles de nombreuses exactions contre la population et la situation humanitaire se dégrade.


(©)

Centrafrique : les scénarios du soutien militaire français pour dégager les routes et sécuriser les villes
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:29

 

 

 

 

New York (AFP) - 24.09.2013 19:3 - L'appel à l'aide internationale pour sortir la Centrafrique du chaos "ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes", a déploré mardi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

 

"L'ordre public s'est effondré" dans le pays, a souligné M. Ban lors du discours d'ouverture de la 68e assemblée générale de l'ONU. "Des millions de personnes sont coupées de toute assistance et risquent d'être victimes d'exactions".

 

L'anarchie règne dans le pays depuis la prise du pouvoir en mars par une coalition rebelle, la Séléka, dont le chef Michel Djotodia s'est autoproclamé président. Les associations de défense des droits de l'homme accusent les ex-rebelles de nombreuses exactions contre la population et la situation humanitaire se dégrade.

 

Selon l'ONU, 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, plus de 270.000 ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins.

 

Jusqu'ici, les autorités de transition ont été incapables de mettre fin aux violences tout comme la force africaine, forte de 1.500 hommes, déployée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEAAC).

 

Mercredi, une réunion ministérielle est prévue à New York, co-présidée par la France, l'ONU et l'Union européenne, à laquelle doivent participer des représentants de l'Union africaine (UA), des Etats-Unis et des pays voisins de la Centrafrique.

© 2013 AFP

Centrafrique: l'aide &quot;désespérément insuffisante&quot;, estime l'ONU
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:25

 

 

 

 

LE MONDE |  24.09.2013 à 11h35  • Mis à jour le  24.09.2013 à 14h15  |Par Alexandra Geneste (New York, Nation unies, correspondante)

 

"Il est absolument urgent d'agir" en République centrafricaine (RCA) et la France n'est pas la seule à le dire au siège de l'ONU à New York. Lors d'une réunion ministérielle consacrée à la Centrafrique mercredi 25 septembre, en marge de la 68e Assemblée générale des Nations unies, Valerie Amos, le chef du bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), devrait à nouveau tirer la sonnette d'alarme. L'absence de réponse internationale à la crise centrafricaine risque de déstabiliser la région, devrait réitérer la haute responsable de l'ONU.

 

La peur d'une "somalisation" de la Centrafrique hante les acteurs humanitaires. Selon l'OCHA, le nombre des personnes déplacées en RCA a doublé depuis le début de l'été, s'élevant désormais à 400 000, et 63 000 Centrafricains ont trouvé refuge hors des frontières. Le pays a sombré dans le chaos après la chute en mars du président François Bozizé, renversé par les rebelles de la Séléka. Leur leader, Michel Djotodia, s'est autoproclamé président mais ne parvient pas àrestaurer l'ordre dans le pays, où sévissent de plus en plus de groupes armés.

 

Selon l'ONU, les combattants de la Séléka sont responsables d'un "nombre croissant d'exactions". Les 4,6 millions d'habitants que compte le pays sont affectés par la crise, 1,6 million ont "désespérément" besoin d'aide et la moitié d'entre eux sont des enfants. "Nous devons faire face, en République centrafricaine, à une situation humanitaire et sécuritaire extrêmement grave", déclarait devant la presse à l'ONU, lundi 23 septembre, le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, avant d'estimer qu'il était "impérieux de renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca)".

 

"INDIFFÉRENCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE"

 

Cette force de paix sous l'égide de l'Union africaine devrait être composée à terme de 3 600 hommes, mais ne dispose à ce jour que de 1 300 soldats. La réunion ministérielle que coprésidera M. Fabius est axée sur la crise humanitaire, mais Paris compte en profiter pour "mobiliser ses partenaires" du Conseil de sécurité.

 

La France prépare un projet de résolution destiné à renforcer le mandat et les moyens du Bureau intégré des Nations unies en Centrafrique (Binuca), notamment en élargissant son périmètre d'action hors de Bangui et en mettant à sa disposition des observateurs des droits de l'homme. L'idée de "muscler" le mandat de la Misca, voire de la transformer en opération de maintien de la paix aux frais des pays contributeurs de l'ONU, n'étant pas du goût de tous les pays membres du Conseil, les Français devront sans doute patienter avant de présenter une seconde résolution en ce sens.

 

"Les gens continuent de mourir dans l'indifférence totale de la communauté internationale", déplore Béatrice Epaye, présidente de la fondation Voix du coeur, principale ONG de prise en charge et de réinsertion des enfants de la rue en Centrafrique. L'ancienne députée fait partie d'une délégation de représentants de la société civile centrafricaine, dont deux leaders religieux et un avocat, militant de la défense des droits de l'homme, venus à New York pour une mission de plaidoyer parrainée par l'ONG CCFD-Terre solidaire.

 

L'objectif ? Défendre auprès des 15 pays membres du Conseil de sécurité leur vision "pour une sortie de crise durable". Aux Américains, qui rechignent à financer une force de paix régionale dont le contrôle leur échapperait, Mme Epaye répond par une mise en garde : "Si la Centrafrique devient un sanctuaire pour les islamistes, elle deviendra alors un problème pour tous."

 

Alexandra Geneste (New York, Nation unies, correspondante)

La situation en Centrafrique abordée à l'Assemblée générale de l'ONU
La situation en Centrafrique abordée à l'Assemblée générale de l'ONU
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:23

 

 

 

 

BBC Afrique 24 septembre, 2013 - 01:32 GMT

 

Depuis New York, où il participe à la 68e Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies qui s'ouvre ce mardi, le ministre français des affaires étrangères a déclaré que la Centrafrique a besoin d'une aide d'urgence. Laurent Fabius a appelé à la mise en place d'une force africaine de paix

 

Le chef de la diplomatie française a exprimé ses inquiétudes sur l'absence selon lui, d'une réponse internationale à la crise en Centrafrique .Et d'après Laurent Fabius, cette situation menace toute la sous région d'Afrique Centrale.

 

Il a ajouté qu'il était absolument urgent d'agir. La République centrafricaine a t-il rappelé fait face à une situation sécuritaire sérieuse qui peut dégénérer et s'étendre aux pays voisins.

Ce mercredi, en marge du débat général, se tient une réunion ministérielle sur la situation en République Centrafricaine où la prise du pouvoir par la rébellion Séléka en mars 2013 a entrainé le pays dans un état sécuritaire et humanitaire plus que chaotique .

 

Ces dernières semaines, les observateurs ont révélé que les tensions entre groupes se réclamant pro Bozizé et des éléments de la séléka à Bossangoa au nord-ouest du pays, ont débordé sur le terrain confessionnel, accentuant la crise humanitaire.


Selon l'ONU, environ 1,6 million de Centrafricains ont urgemment besoin d'assistance et 12 000 enfants souffrent de "malnutrition aiguë" .Les chiffres du HCR, le Haut Commissariat aux réfugiés, indiquent que plus de 60 000 personnes ont fui vers les pays voisins, le Cameroun à lui seul accueille environ 40 000 Centrafricains.

 

Source : http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/09/130924_car_forces.shtml

Une force militaire pour Centrafrique ? (BBC Afrique)
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:20

 

 

 

 

RFI   mardi 24 septembre 2013 à 14:47

 

Mercredi 25 septembre 2013, Béatrice Epaye sera à New York, avec le CCFD-Terre solidaire, pour témoigner au sommet sur la Centrafrique prévue en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Cette ancienne députée indépendante dans la dernière Assemblée centrafricaine, siège aujourd'hui au Conseil national de transition et lance un cri de détresse au micro de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Qu’attendez-vous de la réunion de cette semaine à l’ONU qui va être consacrée à la Centrafrique ?

 

Béatrice Epaye : C’est la première fois qu’on parle d’une telle réunion depuis que la crise a commencé. Et on se rend compte que la Communauté internationale a peut-être décidé cette fois-ci, de prendre des bonnes décisions pour qu’on arrête ce drame et que les populations vivent en paix. Mais il faut que cette réunion soit décisive. C'est-à-dire qu’elle pose les jalons de la sécurisation du pays. Il faudra que les décideurs puissent s’engager à reconstruire cet Etat, qui aujourd’hui est comme un non Etat. C’est un pays qui n’existe presque plus, puisque l’armée est inexistante et il est à la merci des milices, des gens venus d’ailleurs, qui font leur loi.

 

Vous êtes au Conseil national de transition, où vous représentez la préfecture de l'Ouham dont le chef-lieu est Bossangoa, au nord-ouest du pays. Qu’est-ce qui se passe en ce moment à Bossangoa ? Est-ce un conflit de nature politique ou religieuse ?

 

Je crois qu’aujourd’hui, quand on voit des zones de résistance, c’est un ras-le-bol. Certains veulent l’expliquer par la politique, mais moi non.

 

Ce ne sont pas des pro-Bozizé ?

 

On a écouté la déclaration du porte-parole de l’ancien président Bozizé. Ca n’engage que lui. Mais moi, je représente une population. J’ai vu l’humiliation d’une population. Les paysans ont perdu leurs outils de production, on viole leurs femmes devant eux ! Les gens emportent dans les autres pays les bœufs qui servent à l’attelage des charrues et qui sont leur outil. C’est ça, leur pain de chaque jour ! L’humiliation d’un père de famille devant sa femme, devant ses enfants, ça peut amener des gens à se révolter. Et les autorités militaires qui sont aujourd’hui au pays, qui sont des Seleka, on les a vus dans les provinces, monter des communautés les unes contre les autres, utiliser des citoyens issus de l’immigration. Peut-être que la majorité ne sont pas chrétiens, mais ils les ont utilisés pour mater les autres. C’est pour cela qu’il y a eu cette confrontation qui a eu une connotation religieuse et qui est dommage. Et je demande à ce que ça s’arrête parce que la RCA n’est pas ça.

 

« Le conflit est en train de devenir une confrontation religieuse », dit le président français, François Hollande. Etes-vous d’accord ?

 

Il a raison. Parce que ce qui s’est passé à Bossangoa, à Bouca, on voit bien que c’est une confrontation entre les chrétiens et les musulmans. Et les Seleka viennent appuyer les musulmans contre les chrétiens. Mais il ne faut pas seulement le dire, il faut l’arrêter. C’est pour cela qu’on lance ce message à la France pour que ça ne fasse pas un effet boule de neige, pour que l’ensemble du pays ne s’embrase pas dans ce conflit qui devient de plus en plus religieux.

 

Et en même temps Michel Djotodia, le numéro un du pays, affirme dans le quotidien Libération : « Les tensions entre communautés religieuses n’ont pas de réalité, ça ne marchera pas ».

 

Il a peut-être raison, mais c’est la Seleka, dans sa progression, dans sa conquête de pouvoir, qui a monté une communauté contre l’autre, qui a utilisé une communauté contre l’autre, assassiné, profané des églises avec le non-respect des choses sacrées, des femmes et des enfants. Les femmes ont été violées devant leurs maris. Ca a révolté les gens. La population centrafricaine a toujours vécu pacifiquement. Quand je me suis mariée à la cathédrale de Bossangoa, la famille de ma belle-mère qui est musulmane était à la cathédrale, avec nous. On n’a jamais connu ça. Quand il y a des ordinations à l’église catholique ou chez les pasteurs, il y a toujours l’imam qui est là pour accompagner les autres.

 

Pour la première fois depuis l’Indépendance, un musulman qui dirige le pays. Est-ce que ça ne change pas la donne religieuse ?

 

Non, c’est un faux problème parce qu’en Centrafrique nous avons vu des ministres d’Etat musulmans. Mais maintenant les gens vont réfléchir. Les gens ont vu comment un chef musulman dirige la République Centrafricaine : comment on peut prendre le pouvoir chez toi, gouverner un pays en amenant des gens – dont on ne sait d’où ils viennent – pour casser ton pays, ridiculiser ton peuple. Ca va faire réfléchir.

 

Côté français, François Hollande dit que la France aura sans doute à être davantage présente en Centrafrique. Mais en même temps il ne souhaite pas, apparemment, que des troupes françaises interviennent directement dans votre pays. Cela vous rassure ?

 

Je crois qu’aujourd’hui il ne faut pas qu’il se limite seulement à la logistique. Son armée a une compétence pour ce genre d’intervention. On l’a vu dans les pays voisins. Donc, l’armée française doit nous aider. On se retourne vers la France, comme les autres Etats africains. La France connaît le terrain centrafricain. Pourquoi nous laisser tourner en rond depuis six mois ? Pourquoi parler de la somalisation et laisser les gens mourir ?

 

Après ce que la France a fait au Mali, vous lui demandez quelque chose aussi en Centrafrique ?

 

Pourquoi pas ? Les êtres sont tous les mêmes. Un Centrafricain qui meurt c’est la même chose qu’un Malien !

 

Vous avez le sentiment d’être les oubliés de l’Afrique ?

 

Nous sommes les oubliés de l’Afrique, même ce conflit a été oublié. Mon appel c’est qu’on ne nous oublie pas. Il ne faut qu’on nous laisse nous entretuer et on en est déjà arrivés là. Les communautés qui s’affrontent, des gens qui ont mangé ensemble qui s’affrontent, parce que des gens qui veulent le pouvoir les ont utilisés à s’entretuer. Il faut arrêter.

 

Béatrice Epaye: la Centrafrique «est un pays qui n’existe presque plus»
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:17

 

 

ONU / 68è Assemblée générale / Centrafrique
 
 
 
(MFI/24.09.2013) Cinq personnalités de la société civile centrafricaine assisteront, ce 25 septembre, à la réunion de haut niveau de l’ONU à New York. Sur le terrain, le conflit en RCA est devenu très complexe, ont-elles expliqué lors d’une étape à Paris. En cause, l’instrumentalisation par les politiques du religieux, avec une minorité musulmane qui serait défendue par la rébellion Seleka. Et en toile de fond, l’influence du Tchad voisin et l’inertie de la communauté internationale.
 
Lors de la réunion de haut niveau sur la Centrafrique , ce 25 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, cinq personnalités de la société civile vont faire entendre leurs voix. Deux ONG françaises, le Secours catholique et le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) leur ont permis de faire ce voyage – avec une étape à Paris, où ils ont donné une conférence de presse ce 19 septembre. Sur place, la situation est devenue très complexe, ont-ils expliqué.
 
Une coalition de groupes armés, la Seleka (« Alliance » en langue sango), a pris le pouvoir le 24 mars à Bangui, contraignant à l’exil le général François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir en 2003 par un coup d’Etat. Depuis, une situation d’anarchie prévaut : pillages et violences ont entraîné une très grave crise humanitaire.
 
La Seleka vise surtout des chrétiens
 
Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia, fait partie de la délégation. Evêque du diocèse de Bossangoa, une ville du nord-ouest du pays où les combats entre milices d’auto-défense et rebelles de la Seleka ont fait plus de 100 morts en septembre, il témoigne : « Il existait déjà une cohabitation difficile entre les éleveurs venus du Tchad et les agriculteurs sédentaires... Les éleveurs ne sont plus armés de bâtons mais de Kalachnikov, et profitent de la situation pour faire des razzias dans les champs des paysans. Toute réaction donne lieu à des représailles violentes, les éleveurs appelant la Seleka à la rescousse pour faire la justice à leur manière. Les paysans sont abattus et les villages incendiés ».
 
L’homme d’église, qui a fait les 14 et 15 septembre une visite dans la région avec l’archevêque de Bangui et le secrétaire général de la communauté islamique, a constaté que les « villages sont vidés de leur populations, et que des hommes, des femmes et des enfants sont terrés en brousse comme des animaux ». Selon les témoignages recueillis sur le terrain, « les rebelles de la Seleka font sortir tous les musulmans des villages et promettent de revenir « ratisser ». Même à Bangui, la capitale, les pillages commis par la Seleka seraient« ciblés », visant surtout des chrétiens, ainsi que « certains musulmans qui ne sont pas d’accord avec la rébellion », note le révérend protestant Nicolas Guerekoyame Gbangou.
 
Béatrice Epaye, présidente de la fondation Voix du cœur, principale ONG de prise en charge et de réinsertion des enfants de la rue, précise de son côté que la Seleka a utilisé ces enfants pour piller, mais aussi pour creuser des fosses où les butins des rebelles ont été cachés à Bangui.
 
Empêcher l’affrontement inter-religieux
 
Cette ancienne ministre, députée du nord-ouest et membre du Conseil national de transition (CNT) s’inquiète de l’instrumentalisation du religieux par les politiques. «  La Seleka s’est appuyée sur les musulmans pour aller sur Bangui, affirme-t-elle. Ceux qui ont été déchus du côté des chrétiens font comme s’ils organisaient une résistance contre les musulmans pour récupérer le pouvoir. C’est dangereux. » Principal accusé : le président destitué, François Bozizé, qui voudrait récupérer la résistance opposée à la Seleka par des milices d’auto-défense.
 
La Centrafrique compte 5,1 millions d’habitants, avec 85 % de chrétiens et 15 % de musulmans. « Depuis l’indépendance, tous les présidents ont été chrétiens, rappelle l’évêque de Bossangoa. D’où l’exaspération de la part des musulmans qui se considèrent à tort ou à raison comme une communauté négligée dans le nord-est du pays, alors que toutes les régions du pays et même la capitale manquent cruellement d’infrastructures ».
 
Le révérend Nicolas Guerekoyame Gbangou a été en janvier 2013 l’un des initiateurs d’une plateforme des confessions religieuses, une première dans les nombreuses crises traversées par la Centrafrique. « Je suis engagé avec mes pairs pour ramener la paix et empêcher le projet d’affrontement inter-religieux que les politiques veulent nous imposer, alors que nous cohabitons paisiblement depuis plus d’un siècle », dit-il.
 
« Le Tchad a-t-il carte blanche en RCA ? »
 
La rébellion au pouvoir a été officiellement dissoute et ses quelque 15 000 combattants doivent être désarmés. La Seleka reste un groupe disparate de cinq chefs. Parmi eux, l’actuel chef d’Etat, Michel Djotodia, qui n’a pas le contrôle sur tous les autres. Ces généraux sont perçus comme une force d’occupation étrangère dans la mesure où ils comptent des hommes comme Noureddine Adam, ministre de la Sécurité publique, réputé proche d’Idriss Déby, dont une partie de la famille se trouve au Tchad mais qui se revendique centrafricain. Le général Mohamed-Moussa Dhaffane, un Centrafricain de père soudanais, a quant à lui été arrêté le 30 juin par Michel Djotodia.  
 
Selon l’évêque de Bossangoa, la Seleka est composée à « 70 % de Tchadiens, à 20 % de Soudanais et à 10 % de Centrafricains ». Un propos tempéré par Mathias Morouba, le président de l’Observatoire centrafricain des droits de l’Homme (OCDH) : « N’oublions pas que dans la Seleka , certains ont prêté serment sur la Bible et d’autres sur le Coran ». Le rôle du Tchad, qui a envoyé le 23 septembre un bataillon de 400 hommes pour renforcer la Force multinationale des Etats d’Afrique centrale (Fomac) pour remettre de l’ordre en Centrafrique, prête à de nombreuses questions. « Le Tchad a-t-il carte blanche en RCA pour bons services rendus au Mali ?», s’interroge ainsi Béatrice Epaye. De son côté, Mathias Morouba se demande quel est le jeu d’Idriss Déby : « Les rebelles du Sud du Tchad opposés à Déby sont occupés à piller en RCA, et les objets volés se retrouvent sur les marchés du Tchad »
 
Le bilan, en termes de violations de droits de l’homme, est difficile à chiffrer, mais des exécutions sommaires ont été commises par la Seleka comme par l’armée régulière de Centrafrique, selon Mathias Morouba. Les corps de 40 personnes abattues en décembre 2012 ont été retrouvés dans une fosse commune, à 45 km de Bangui. Une fillette de onze ans aurait subi un viol collectif à Mobaye, un village situé à 600 km de Bangui, en représailles à des actes de résistance posés par des jeunes commerçants rançonnés par des rebelles de la Seleka sur le marché. 
 
L’inertie de la communauté internationale
 
Dans ce contexte, les représentants de la société civile regrettent les longs mois d’inertie de la communauté internationale, qui commence à se saisir du dossier. «  La Fomac devait passer de 730 à 2000 personnes depuis avril, mais on n’a pas vu ces renforts arriver, regrette Béatrice Epaye. On entend parler d’une Mission internationale de soutien à la Centrafrique , la Misca , composée de 3600 hommes qui la remplacerait, sous l’égide de l’Union africaine. Mais la Misca n’est pas là non plus. La Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et l’UA se disputent pour prendre le contrôle des opérations. Pendant ce temps, les gens souffrent. »
 
La France sera sans doute interpellée lors de la réunion du 25 septembre à New York, qui devrait se dérouler en présence de Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. Nestor Désiré Nongo Aziagbia, l’évêque de Bossangoa, n’est pas le seul à s’indigner : « Il y a 450 militaires français à l’aéroport qui ne font rien ! Pourquoi une action spontanée et efficace au Mali et pas en République de Centrafrique ? François Hollande a dit qu’il n’y aura pas d’intervention militaire chez nous, mais on a des accords de défense depuis les années 1960. On ne peut pas laisser tout un pays partir en fumée ! »
 
 
Sabine Cessou
RCA : La société civile va faire entendre sa voix à New York
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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 23:26

 

 

 

INTERVIEW

 

 

Michel Djotodia, autoproclamé président après le coup d’Etat contre François Bozizé en mars, a répondu à «Libération».

 

Michel Djotodia est le nouvel homme fort de Centrafrique. Président autoproclamé deux jours après que les rebelles de la Séléka ont conquis Bangui, le 21 mars, chassant du pouvoir François Bozizé, Djotodia s’est jusqu’à présent peu exprimé. Pour sa première interview à la presse écrite française, il reçoit dans sa résidence provisoire : une ancienne villa ayant appartenu à l’empereur Jean-Bedel Bokassa, au sein du camp militaire de Roux. Dans un bureau encore rempli de cartons, où traînent un livre de Barack Obama,un autre à propos de Machiavel mais aussi un supplément de l’Express sur «comment réussir ses interventions en public».

 

INTERVIEW

 

Centrafrique : «L’impunité, c’est fini» 

 

Par Maria Malagardis  18 SEPTEMBRE 2013 À 21:37

 

DÉCRYPTAGE

 

La France ne veut pas rejouer en Centrafrique le scénario malien

 

 Par Thomas Hofnung

 

La situation en Centrafrique préoccupe la communauté internationale et sera évoquée à l’ONU mercredi prochain. Qu’attendez-vous de cette réunion, à laquelle vous avez décidé de ne pas assister ?

 

La ministre des Affaires étrangères sera là pour expliquer notre position. Moi, j’ai mieux à faire à Bangui. Nous avons deux défis à résoudre dans un temps très court : la sécurité et l’aide humanitaire. Les deux sont liés. La situation humanitaire était déjà mauvaise dans l’arrière-pays avant notre arrivée au pouvoir ; elle s’est encore dégradée avec l’apparition de groupes nébuleux qui ont mené plusieurs attaques début septembre. A Bossangoa et à Bouca, dans le Nord-Ouest, des musulmans ont été brûlés vifs dans une mosquée ! A Bangui, en revanche, la sécurité s’est améliorée et nous allons aussi bientôt sécuriser les deux corridors routiers qui permettent de désenclaver le pays, avec l’aide de la Micopax [la mission de consolidation de la paix en Centrafrique sous l’égide des pays de la région, depuis 2008, ndlr]. Il est certain que nous avons besoin d’aide, nous le dirons à nouveau à New York, tout en insistant aussi sur nos intentions en matière de respects des droits élémentaires.

 

Redoutez-vous une dérive vers une guerre civile à connotation religieuse ?

 

En tuant des musulmans, on veut nous entraîner sur cette voie. Mais nous savons qui est derrière cette manœuvre : depuis l’étranger, le porte-parole de l’ex-président François Bozizé a revendiqué les attaques de Bossangoa et Bouca. Tous répondront de leurs actes devant la justice. D’ores et déjà, nous avons lancé un mandat d’arrêt international contre François Bozizé pour les crimes commis quand il était au pouvoir. Nous exigerons aussi [que soient traduits en] justice tous ceux qui veulent déstabiliser le pays. Mais les tensions entre communautés religieuses n’ont pas de réalité en Centrafrique, ça ne marchera pas.

 

La Séléka a pourtant elle aussi été accusée d’exactions et même d’avoir visé spécifiquement des chrétiens…

 

Vendredi, j’ai signé un décret pour dissoudre la Séléka. Mais une grande confusion s’est installée. La rébellion a démarré avec 5 000 hommes en décembre puis, au fur et à mesure de notre conquête vers le Sud, des gens nous ont rejoints. Au finale, nous avions 22 000 hommes au moment de la prise de Bangui ! Si on les chassait tous d’un coup, ce serait le chaos. Il faut les désarmer, ce qui est en train de se faire, puis réintégrer dans la nouvelle armée nationale ceux qui le souhaitent. Quant à ceux qui ont commis des exactions, ils seront jugés. L’impunité, c’est fini.

 

Vous n’avez pas peur de vous faire des ennemis ?

 

On peut avoir peur, mais ça ne sert à rien. Il faut prendre des risques, accepter les oppositions. Il y en aura.

 

Vous êtes le premier président musulman de la Centrafrique, pays à majorité chrétienne. Certains vous ont soupçonné d’être un islamiste…

 

Est-ce que je ressemble à un islamiste ? Regardez sur mon bureau, j’ai des exemplaires de la Bible et d’autres du Coran, et même une miniature de Jérusalem. Je suis musulman, je fais mes cinq prières par jour, mais ma mère est chrétienne, elle est à côté et si vous voulez je vais la chercher ! Elle lit la Bible tous les jours. Si nous avions voulu imposer un régime islamiste, ça se serait vu très vite.

 

Vous êtes arrivé au pouvoir par un coup de force, combien de temps comptez-vous rester à la tête de la Centrafrique ?

 

Nous suivrons les propositions de la communauté internationale, qui ne veut pas de transition qui excède dix-huit à vingt-quatre mois. Après, il y aura des élections et, ni moi ni aucun membre de mon gouvernement ne serons candidats. Je ne suis pas attaché au pouvoir. Je travaille parfois jusqu’à 1 heure du matin, ce n’est pas facile. Ma femme est béninoise, je me vois bien me retirer au Bénin. J’y ai vécu, j’y ai beaucoup appris sur la démocratie.

 

Interview de Michel Djotodia dans Libération
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