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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 05:35

 

 

 

A Poussou

 

 

 

La situation politico-sociale et la conjoncture économique de la République Centrafricaine devraient inciter à l’inquiétude et appeler à la vigilance. Nous devrions être davantage préoccupés que nous ne le sommes par les nuages qui s’amoncellent au dessus de nos têtes et qui menacent notre existence en tant que nation souveraine. 

Il faut dire et le dire avec une gravité certaine que les conséquences sur nous tous de la gestion chaotique ou plutôt la non gestion du pays par François Bozizé et les siens, risquent d’être plus dramatiques qu’on ne l’imagine.


À l’heure où ces lignes sont écrites, le pays est sans capitaine à bord, ses caisses sont désespérément vides, parce que, soit dit en passant, les notions d’orthodoxie financière et de gestion rigoureuse de la chose publique sont du chinois pour ceux qui prétendent nous gouverner. Ils ont mis les maigres ressources du pays sous coupe réglée, ne voyant pas plus loin que la prochaine occasion de s’en mettre plein les poches. 

  

Pour tout dire, le pays se meurt et au lieu de s’en soucier (pourquoi le ferait-il d’ailleurs à moins de jouer les pompiers pyromanes) et de chercher à sauver les meubles, colmater les brèches, éteindre les feux allumés ici et là sur différents fronts, François Bozizé, donné pour grabataire par les rumeurs parce que affaibli dit-on par la maladie, totalement préoccupé par ses ennuis personnelles, assiste impuissant à la descente aux enfers de son règne épouvantable dont les Centrafricains se souviendront encore longtemps, et laisse son fils Francis et son supposé neveu Sylvain Ndoutingaï se livrer une bataille impitoyable pour sa succession.


Tandis que le premier a littéralement assiégé les chancelleries occidentales et africaines installées à Bangui pour se présenter en meilleur candidat pour la suite des événements, le second, lui, s’accapare ouvertement le parti, arrache l’armée ou plus exactement la garde présidentielle, et confisque pour son seul compte ce qui reste des finances du pays.


À preuve, Francis Bozizé a fait procéder, ces derniers temps, à des nominations tous azimuts dans l’armée, histoire de placer ses hommes de confiance au poste stratégique. Il a fait nommer, pour ne prendre que son exemple, le tristement célèbre Eugène Ngaïkosset alias « le boucher de Paoua » en référence aux massacres que celui-ci a perpétré dans cette ville du nord du pays, responsable de la logistique de l’armée. C’est Ngaïkosset qui a désormais la haute main sur les armes et les munitions des FACA (Forces armées centrafricaines).


Or, il est un secret de polichinelle que Ngaïkosset et Ndoutingaï se détestent cordialement. Suivez notre regard…

 

Pendant ce temps, Sylvain Ndoutingaï a lancé une campagne de promotion sur internet, sortant de son chapeau un curriculum vitae aussi risible que farfelu et qui n’a de réalité que sa soif inconsidérée du pouvoir. Dans cette lancée, ce tribaliste invétéré, incite vieux et jeunes, de préférence ressortissants de Bossangoa, à prendre la carte du parti, le KNK, dans la perspective de la succession.  Nombreux sont les Gbayas de France et d’ailleurs qui ont reçu des mails de Sylvain Ndoutingaï pour les encourager à devenir membres du KNK. D’ailleurs, supportant de moins en moins la concurrence d’Élie Ouéfio que l’on présente comme un modéré et qui aurait osé aborder récemment avec certains membres du parti la question préoccupante de l’état de santé de Bozizé, Ndoutingaï l’a fait limoger de son poste de secrétaire général de la présidence et du KNK.


Aussi paradoxale que cela puisse paraître, c’est au moment où l’on note un délitement avancé du régime que le tandem formé par l’ambitieux maladroit Francis Bozizé, et l’inculte tribaliste Sylvain Ndoutingaï qui semblaient pourtant liés par la nécessité de protéger leur pouvoir contre les entreprises de leurs adversaires, se livre une guerre sans merci, chacun voyant midi devant sa porte. 

        

Attendons-nous à tout moment à un clash qui, s’il advient, aura des conséquences imprévisibles sur la paix sociale et l’avenir du pays.


De la fable du troisième larron


Il devient donc impératif et urgent de se mobiliser pour tenter d’éviter à notre pays de succomber à son agonie. Il est d’autant plus pressant d’agir que nous avons assisté tout au long de cette année qui tend vers sa fin au soulèvement populaire qui s’est déclenché en Tunisie et en Égypte et qui a contraint, successivement, deux dictateurs à abandonner le combat et quitté le pouvoir.  

 

Ces événements historiques nous ont démontré avec force détails que les dictateurs ne sont rien devant la volonté populaire.


Dans le cas centrafricain, même si nous ne savons pas encore comment s’achèvera le destin de cet homme qui, s’étant emparé du pouvoir par les armes suite à une rébellion, réussit à l’accaparer, pour lui-même et une poignée de ses proches, pendant huit longues années, nous sommes aujourd’hui à peu près certain, que François Bozizé peut sauter à tout moment comme un bouchon de champagne, pour peu que le peuple s’organise ou soit organisé.


C’est ici l’occasion de rappeler que l’opposition centrafricaine porte une responsabilité non négligeable dans le prolongement de l’agonie du peuple centrafricain. Où est-elle ? Que fait-elle ?   Difficile à dire. Elle est devenue incolore, inodore, sans saveur voire même dangereuse pour la population centrafricaine, passant son temps à rédiger des communiqués de presse aussi inefficaces qu’intéressants.


Ce n’est un secret pour personne que le régime en place n’est fort que de la maladive faiblesse de son opposition dont les leaders attendent peut-être que le bon Dieu descende de son ciel pour leur confier le pouvoir dans un plateau d’or. Ces derniers donnent l’impression de se complaire de la situation catastrophique du pays. D’ailleurs, c’est le contraire qui aurait étonné. Car tous ont déjà d’une manière ou d’une autre contribué à la descente aux enfers du pays. Dans ces conditions, difficile de leur demander de mouiller le maillot pour faire partir Bozizé qui, tel un fruit mûr, peut-être emporté à tout moment par n’importe quel vent même peu violent.


Hélas, le malheureux peuple centrafricain désabusé, déboussolé, ne demande pas autre chose que de se débarrasser de ce régime qui le maintient dans la misère et la pauvreté.

Agissez, messieurs agissez vite !  Vous serez peut-être le troisième larron.  

 

Adrien Poussou

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 05:30

 

 

 

Jean Barkès

 

Bangui, 19 nov (C.A.P) - Selon des sources fiables mais demandant à être confirmées, l’ancien président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, Jean Barkès NGOMBE-KETTE pourtant brutalement limogé par BOZIZE dans des conditions qui n’avaient pas tellement plu à l’intéressé qui avait vainement tenté d’en faire porter le chapeau notamment au ministre chargé de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le pasteur Josué BINOUA, serait nommé le prochain DG de l'ENERCA.

 

Toujours d’après nos sources, le décret aurait même déjà été signé mais encore pas rendu public. Le DG sortant, Samuel TOZOUI, qui semble n'être encore pas informé de ce qui l'attend, sort d'une convalescence qui a duré près de 6 mois en France aux frais de l'entreprise.

 

Si la nomination de NGOMBE-KETTE venait à être confirmée, ce serait une prime à la mauvaise gestion et au détournement de deniers publics que BOZIZE avait pourtant déclaré lors de la clôture des états-généraux des finances, qu’il allait combattre sans pitié. Il faut croire que tout cela ne soit que des paroles, des paroles et des paroles…

 

Les Centrafricains s’étonnent que non seulement Jean Barkès NGOMBE-KETTE ne soit pas inquiété le moins du monde par la justice eu égard à l’ampleur de ses malversations et des nombreux conflits d’intérêts dont il était au coeur à la mairie de Bangui, mais qu’il soit encore question de lui confier la direction générale d’une entreprise comme l’ENERCA qu’un autre prédateur du régime en place, Jean Serges WAFIO avait déjà mise à genou.

 

On se souvient encore que c’est à la suite à la colère du président Abdou DIOUF, Secrétaire Général de l’OIF contre le même NGOMBE-KETTE, exprimée en juin dernier directement à BOZIZE au cours de l’entretien que les deux personnalités ont eu à Paris suivi d’une lettre carabinée d’Abdou DIOUF à BOZIZE dont Centrafrique-Presse a eu copie qu’il a publiée, que le sort de l’ancien président de la délégation spéciale de la ville de Bangui a été scellée.

 

Tant que le décret nommant NGOMBE-KETTE DG de l’ENERCA n’est pas publié, il faut continuer de croire qu’il ne s’agit que de rumeurs mais généralement à Bangui, les rumeurs finissent toujours pas être confirmées tôt ou tard. Avec BOZIZE il ne faut plus être surpris de quoi que ce soit, surtout s’agissant de l’ENERCA où les nominations penchent toujours du côté des ressortissants de la même ethnie que celle de l’actuel président. Constater cela n’est pas faire du tribalisme mais plutôt le déplorer le phénomène.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:16

 


Boganda.jpg


Radio Ndéké Luka Lundi, 14 Novembre 2011 16:18

 

Le parti politique du Mouvement de l’Evolution Sociale de l’Afrique Noire, MESAN « Zo kwe Zo » décide de prendre un nouvel élan. Le parti a tenu ce samedi 12 novembre 2011 son assemblée générale extraordinaire au parc du Cinquantenaire à Bangui. Un nouveau bureau du parti a été mis en place à l’issue de cette rencontre.


Il s’agit d’un bureau de 7 membres dont 3 composaient déjà le bureau sortant. Le nouveau président élu à tête de ce parti est Jean Baptiste Koba. Il succède à Fidèle Ogbami, aux commandes des affaires du MESAN Zo Kw Zo depuis 2003.

 

Après son élection à la tête du MESAN, Jean Baptiste Koba a indiqué que son principal objectif va être la reconstruction du parti. « Nous avons besoin de faire un énorme travail de reconstruction, et donc l’objectif principal en ce moment, est de reconstruire le parti, car on ne peut pas lancer un parti, sans recourir à son histoire fondamentale », a-t-il dit.

 

Concernant le message du parti qui n’est plus respecté, Jean Baptiste Koba a affirmé que « Nous allons faire un énorme travail de réflexion et de rénovation de notre message ». Le message de cet ex-parti Unique est le « Zo Kwe Zo », autrement tous les humains sont égaux.

 

Depuis la création du MESAN le 28 septembre 1949 par Barthélémy Boganda, président fondateur de la République centrafricaine, 6 présidents se sont succédé à sa tête. Mais depuis quelques années, le parti connait une division interne. Aujourd’hui, on distingue deux MESAN à savoir le MESAN « Zo Kwe Zo » et le MESAN bogandiste.

 

 

 

 

NDLR : Jean Baptiste Koba est le fils de l’ex et défunt ambassadeur de Centrafrique à Washington Henry Koba. Selon ses propos tenus à la rédaction de C.A.P, la nouvelle structure  de direction est provisoire et est censée travailler pour la tenue d’un congrès en bonne et due forme du parti. Une autre de ses missions est aussi d’œuvrer pour faire revenir tout le monde dans l’unique et seule famille MESAN.


On note qu’après la disparition de l’ex-président Ange Félix Patassé, pas moins de trois formations politiques ont vu le jour pour tenter de perpétuer son héritage politique. Un ancien responsable du parti de l’ancien premier ministre Jean-Paul Ngoupandé (Parti pour l’Unité Nationale (PUN) qui n’a pas été reconduit dans le gouvernement Touadéra 3, Gaston Mackouzangba, a cru devoir créer lui aussi son parti.

 

On ne peut s’empêcher de penser que cette éclosion de nouveaux partis politiques dans le paysage centrafricain, juste peu après la prétendue réélection de Bozizé pour un mandat de cinq ans, vient mettre en évidence l’existence d’une certaine frustration voire déception de certains compatriotes à l’égard des anciens partis composant la classe politique existante sans compter les ambitions personnelles, somme toute légitimes, des uns et des autres qui président aussi incontestatblement à l'origine de ces créations de partis.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 00:03

 

 

 

 

pub Action Contre la Faim

 

couverture de Directmatin du 17 nov

 

          Eh oui, c'est bien un petit centrafricain !!!

 

 

La campagne publicitaire de l’ONG Action contre la Faim (ACF) actuellement dans le métro parisien et aujourd'hui à la couverture du journal gratuit Direct-Matin, prend pour support la photo d’un enfant centrafricain en état de sous-nutrition aiguë, un garçon squelettique avec un regard vide et hagard. Le message d’ACF est le suivant :

 

Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes souffrent encore de la faim dans le monde. Les causes de ce fléau sont multiples : catastrophes naturelles, conflits, épidémies ou pauvreté. Cependant la faim n’est pas une fatalité ! ACF a mis au point des méthodes efficaces de prévention et de traitement de la sous-nutrition aiguë avec des protocoles testés sur le terrain et des produits nutritionnels approuvés. Grâce à elles, chaque jour, les équipes d'ACF sauvent des vies comme celle de cet enfant en République Centrafricaine".


On le voit, la RCA de Bozizé est montrée du doigt et est devenue la risée du monde entier tant elle a engrangé tous les tristes records de la planète tout en occupant les tout derniers rangs du classement dans tous les domaines tels, celui de Doing Business pour le climat des affaires (182ème sur 183 pays, juste devant le Tchad), celui du PNUD pour l’Indice de Développement Humain (IDH) 181ème place sur 183 pays, Transparency International, le VIH/SIDA (6,3 % de la population en 2009 pour 4,5 millions d’habitants), la mortalité infantile (99,38/1000 6ème rang mondial !), pour ne citer que ceux-ci.

 

Depuis plus de huit ans que ce Bozizé prétend diriger la RCA, les choses ne font qu’aller de mal en pire mais il se croit toujours indispensable pour l’évolution du pays et fait tout pour s’accrocher au pouvoir. On vient encore de découvrir avec effarement ces derniers jours qu’en novembre 2010, il a secrètement signé un contrat avec des truands israélien et canadien pour l’acquisition de douze hélicoptères de guerre russes Ka 50 mais s’est fait en réalité, rouler dans la farine en ayant laissé au passage 1,5 millions de dollars US pris au trésor national comme d’habitude.

 

Après avoir dilapidé à tue-tête les multiples subventions budgétaires et diverses aides de la communauté internationale qui a été plus généreuse et accommodante avec son régime qu’avec ceux qui l’ont précédé, Bozizé doit maintenant faire face à une réalité financière internationale autrement plus âpre et qui ne permet plus à cette même communauté internationale et autres partenaires au développement de penser à lui avec la même générosité comme par le passé. Ces derniers temps, l’unique message que les ministres du gouvernement ne cessent de crier est que les caisses de l’Etat sont vides.

 

Cette vacuité des caisses n’a pas d’autres explications que la mauvaise gestion des finances publiques dont Bozizé est le seul responsable puisqu’il s’est auto-bombardé grand ordonnateur des dépenses et l’incessant pompage des maigres ressources du trésor national que le même Bozizé, son propre entourage et son fils Francis, passent le plus clair de leur temps à faire sous les prétextes les plus fantaisistes.

 

On voit aujourd’hui apparaître au grand jour les conséquences de la gestion des finances publiques par le grand et super gestionnaire François Bozizé. Lors des débats au cours du DPI, tout le monde le mettait en garde contre cet état de chose et avait attiré son attention sur le danger qu’il y avait à ce que le président de la République soit ainsi en première ligne lui-même dans la gestion des finances publiques. Tous ceux qui avaient ainsi osé tirer la sonnette étaient hélas perçus et critiqués comme des anti-bozizistes primaires et des haineux. On sait maintenant de quel côté se trouve la vérité.

 

Ce n’est pas véhiculer la haine que de pointer et relever cette situation catastrophique dans laquelle la gestion ou plus exactement la mal gouvernance de Bozizé et sa clique a plongé le pays.

 

Rédaction C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:55

 

 

UNHCR-Bekoninga.jpg

 

BANGUI Jeudi 17 novembre 2011 | 20:10 (Xinhua) - Les personnes déplacées internes dans la région de Ndélé (Nord-est) de la Centrafrique vivent dans « un dénuement extrême », selon une étude conjointe du Haut- commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et du Conseil danois pour les réfugiés, réalisée entre le mois de mai et septembre 2011 dans cette partie du pays.


Les résultats de cette étude ont été présentés mardi par le porte-parole du HCR, Adrej Mahei au Palais des Nations à Genève. Cette étude faite sur un échantillon de 300 familles sur une population de 17 000 personnes révèle qu'en dehors de cette situation de dénouement des déplacés internes, il y a un taux élevé de mariages précoces d'enfants ou d'adolescentes et l'utilisation répandue du travail des enfants.

 

« Une famille sur cinq a fait état de la perte d'au moins un proche durant le premier semestre 2011 du fait de l'insécurité, du manque de services de santé ou de la pénurie alimentaire. Parmi les enfants âgés de six à 15 ans, 32,5% d'entre eux sont utilisés pour travailler », explique le rapport. De même 30% de jeunes filles âgées de 12 à 17 ans, ont été « vendues pour des mariages » par les parents à cause des difficultés.

 

Selon le document reçu au bureau du HCR à Bangui, des familles déplacées ont déclaré lors de l'enquête avoir marié leurs adolescentes à des membres des communautés d'accueil et qu'elles ont envoyés leurs enfants pour cultiver et pêcher dans ces communautés en échange de logement, d'argent ou de nourriture.

 

D'après l'étude, les déplacées de la région de Ndélé n'ont reçu aucune aide humanitaire avant le mois de juin 2011 à cause de l'insécurité. C'est après la signature d'un cessez-le-feu entre le groupe armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) avec le gouvernement central que les civils ayant réussi à rejoindre la ville de Ndélé, ont pu bénéficier d'une assistance humanitaire.

 

Cette étude a été initiée pour améliorer le niveau d'informations concernant les personnes déplacées dans la région de Ndélé pour permettre aux humanitaires de mieux planifier et cibler leur interventions auprès des personnes vulnérables, tant en faveur des déplacés que des familles d'accueil. Le bureau du HCR de Centrafrique fait assiste et protège environ 176 000 déplacés internes et quelque 20 000 réfugiés originaires de la région du Darfour au Soudan et de la République démocratique du Congo.

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:36

 

FARE 2011 entête

 

 

Déclaration du FARE – 2011 Relative à la problématique de la révision constitutionnelle. 

 

          Le FARE -2011, réunit ce jour 27 Octobre 2011, a procédé à  l’analyse de la situation politique de la République Centrafricaine au regard des informations pertinentes en sa possession.

 

Premièrement : Au sortir de la conférence des Préfets tenue à Bangui, courant Juillet 2011, ceux-ci sont repartis dans leur localité avec des instructions fermes en vue de sensibiliser et de susciter des  lettres de soutien relatives à la révision constitutionnelle concernant les articles 34 et 108 de la loi fondamentale.

 

a)L’Article 34  stipule : «  la vacance de la Présidence de la République n’est ouverte que par le décès, la démission, la destitution, la condamnation du Président ou par son empêchement définitif d’exercer ses fonctions conformément aux devoirs de sa charge.

 

         Tout cas d’empêchement définitif  ou de maladie, qui place le Président de la République dans l’impossibilité absolue d’exercer ses fonctions, doit être constaté par un Comité Spécial présidé par le Président de la Cour Constitutionnelle et comprenant le Président de l’Assemblée Nationale et le  Premier  Ministre, Chef du Gouvernement. Le Comité Spécial, saisi par le Gouvernement, statue à la majorité absolue de ses membres par décision prise après avis distincts et motivés de trois médecins, désignés par le Conseil de l’Ordre des Médecins, Chirurgiens-dentistes et Pharmaciens et comprenant obligatoirement le médecin personnel du Président de la République.

        En cas de condamnation, la décision qui la prononce est transmise par le Président de la Juridiction concernée au Président de la Cour Constitutionnelle qui en informe le Président de l’Assemblée Nationale par lettre et la Nation par message.

 

         En cas de démission, le Président de la République notifie celle-ci par lettre au Président de la Cour Constitutionnelle et en informe la Nation par message.

 

       Le scrutin pour l’élection, du nouveau Président doit intervenir quarante –cinq (45) jours au moins et quatre –vingt dix (90) jours au plus après l’ouverture ou la constatation de la vacance. La personnalité exerçant les fonctions de Président de la République à titre provisoire ne peut être candidat à cette élection.

 

       En cas de démission, de destitution, d’empêchement définitif ou de décès, le Président de la République est suppléé par le Président de l’Assemblée Nationale.

 

       Dans l’hypothèse où celui-ci serait lui –même dans l’un des cas ci-dessus, la suppléance est assurée par l’un des vices Présidents de l’Assemblée Nationale dans l’ordre de préséance.

 

      Le suppléant est tenu d’organiser, dans les quarante – cinq (45) jours francs au moins et quatre –vingt dix (90) jours  francs au plus, l’élection du nouveau Président de la République».

 

      Pendant la durée de la suppléance, les dispositions des articles 22 à 33 ci-dessus, ne sont pas applicables.

 

b) L’Article 108 stipule : « Sont expressément exclus de la révision :

              - la forme républicaine et laïque de l’Etat ;

              - le nombre et la durée des mandats Présidentiels ;

              - les conditions d’éligibilité ;

              - les incompatibilités aux fonctions de chef de l’Etat ;

              - les droits fondamentaux du citoyen. »

Les instructions en question concernent en majorité les jeunes et les femmes.

 

Deuxièmement : A la rentrée de la session budgétaire du parlement monocolore et familial du 1er Octobre 2011, le Président de l’Assemblée Nationale, 1er Vice Président de KNK, parti au pouvoir, devant le laxisme du Ministre d’Etat aux Finances et au Budget, incapable de présenter le projet de loi des Finances 2012 conforme aux dispositions de la loi fondamentale qui lui fait obligation de déposer ledit projet de budget sur la table de l’Assemblée Nationale au plutard le 15 Octobre de chaque année.

 

A ce propos, le Président de l’Assemblée Nationale a fait la déclaration suivante : «  En effet, comme j’ai eu à le rappeler à l’occasion de la rentrée parlementaire du 1er Octobre 2008, ce délai est, me semble t-il, d’ordre public, c'est-à-dire sans possibilité de  transiger. Cependant, il est permis de se demander s’il convient de garder dans la loi fondamentale une disposition aussi contraignante qui n’a été  rarement appliquée dans toute sa rigueur.


        Ne faudra t-il y apporter quelques assouplissements qui auraient pour mérite d’éviter aux pouvoirs publics d’être régulièrement en porte – à – faux avec l’une de ses importantes dispositions.


        La lettre du Ministre d’Etat que j’ai évoquée tout à l’heure pourrait servir de modèle à ces dispositions, qui paraît souhaitable voire inévitable. Une autre piste de solution aurait consisté à rallonger pour l’étaler sur tout le mois d’octobre ».

 

         Le FARE -2011, en organe politique averti, ne se trompe pas en affirmant qu’il s’agit bel et bien de l’intention affichée du régime KNK de procéder à la révision des articles 34 et 108 de la Constitution du 27 Décembre 2004 en vue de faire sauter le verrou constitutionnel relatif au nombre et à la durée du mandat du Président de la République.

 

Troisièmement : Concernant le mandat du Président de l’Assemblée Nationale, le FARE -2011 se félicite de l’apport substantiel de la presse privée notamment le quotidien le Confident dans sa parution n° 2828 du 20 Octobre 2011 qui a fait état d’une révision constitutionnelle non seulement pour faire sauter les différents verrous constitutionnels mais également de favoriser le retour à l’Assemblée Nationale des caciques du KNK « élus » mais qui  préfèrent conserver des postes à la mangeoire de l’exécutif.

 

         Ce retour permettra de garantir la dynastie familiale car, de la discussion au sein de KNK, il ressort  que le mandat du Président de l’Assemblée Nationale garanti pourtant pour la durée de la législature sera ramené à un (1) an comme tous les autres membres du bureau de l’Assemblée Nationale.  Ainsi donc, les jeux seraient faits, un membre du sérail familial assurera l’intérim du Président de la République en cas de vacance de la Présidence de la République.

 

      Le FARE -2011 à travers la présente déclaration prend à témoins l’opinion publique nationale et internationale notamment l’ONU, l’UE, l’UA, les organisations internationales des droits de l’homme, la France, les USA, l’Organisation des Ambassadeurs Africains accrédités en République Centrafricaine sur les velléités du Général Bozizé à instaurer une dynastie en République Centrafricaine.

 

        Il s’agira d’installer aux commandes de la République Centrafricaine son fils Francis Bozizé ou Sylvain Doutigaï, son neveu.

 

       Le FARE -2011, se battra quant à lui pour le respect et la sauvegarde de la Constitution de la République.

 

                                         Fait à Bangui, le 17 Novembre 2011                           

 

 

signature Koyambounou

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:27

 

 

 

FARE 2011 entête

 

 

Déclaration du FARE -2011 Relative aux Festivités du 1er Décembre 2011


 

           Les Partis Politiques de l’Opposition Démocratique membres du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE-2011), réunis ce jour 14 Novembre 2011, ont inscrit à l’ordre du jour de leur délibération, la question de leur participation ou non au défilé du 1er Décembre 2011, fête nationale marquant la proclamation de la République Centrafricaine par feu Barthelemy BOGANDA, Premier Président Fondateur de la République Centrafricaine.

 

           De l’analyse approfondie de la situation politique du pays depuis les élections groupées du 23

        Janvier 2011, il ressort ce qui suit :

1-Tout en reconnaissant l’importance historique et politique de l’évènement du 1er Décembre,  

    les Partis Politiques, membres  du FARE -2011 font observer à l’opinion publique nationale  

    et internationale que :

 

            2. –Les autorités issues des élections groupées du 23 Janvier 2011, caractérisées par des fraudes

                  massives et généralisées dénoncées en son temps par l’ensemble des organisations

                  internationales spécialisées, en matière électorale, et le FARE-2011 n’ont ni légitimité, ni   

                  légalité, pour organiser les Festivités du 1er Décembre ;

 

3.-Le 04 Février 2011, le FARE -2011 avait dénoncé, preuves à l’appui, cette  mascarade   

      électorale et clairement annoncé son intention de ne pas reconnaître les autorités qui

      seraient issues de cette mascarade ;

 

4.-La configuration actuelle des institutions de la République Centrafricaine est

    dangereusement basculée du champ démocratique à un monopartisme de fait. Ce qui signifie

    l’anéantissement des acquis démocratiques engrangés depuis plus de 30 ans ;

 

5.-Le climat politique actuel étant caractérisé par l’interdiction des réunions, meetings et

     rentrées politiques des Partis Politiques de l’Opposition, le FARE -2011 rejette avec force,

     l’invitation à  défiler le 1er Décembre 2011 devant les autorités illégitimes issues des

     élections groupées du 23 Janvier 2011 ;

 

6.-Le 1er Décembre 2011, étant une fête Nationale devant être célébrée dans l’allégresse,

     malheureusement, la grave situation économique et sociale de notre pays, caractérisée par

     l’insécurité généralisée, la résurgence du cholera, par la malnutrition et autres maladies

     endémiques, la flambée généralisée des prix et la baisse des pouvoirs d’achat des  

     populations, le délabrement des infrastructures etc.…..interdisent, par décence, toute

     manifestation de joie.

 

       Par conséquent, le FARE -2011 ne participera ni au défilé, ni aux festivités du 1er Décembre 2011 organisées par une caste insouciante et insensible aux souffrances de la majorité de la population Centrafricaine.

 

       Le 1er Décembre 2011, étant une fête nationale, le FARE – 2011 invite les militantes, les militants et sympathisants des Partis Politiques le composant, à rester chez eux et à méditer sur le sort peu enviable de notre pays.

                                                                                                        Fait à Bangui, le 15 Novembre 2011

                  Pour le FARE -2011

 

 

signature-Koyambounou.JPG

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 20:11

 

 

Le-general-Bigeard-lors-d-une-ceremonie-officielle-en-2006.jpg

 

AFP Mis à jour le 17/11/2011 à 18:34 | publié le 17/11/2011 à 18:32


Les cendres du général Marcel Bigeard, décédé en juin 2010, vont être transférées à l'Hôtel des Invalides à Paris, où reposent les gloires de l'armée française.

 

Décédé le 18 juin 2010 à l'âge de 94 ans, Marcel Bigeard avait souhaité que ses cendres soient dispersées au-dessus de Dien Biên Phù, le camp retranché des troupes françaises au Vietnam, pour "rejoindre ses camarades tombés au combat" en mai 1954.

 

Après le refus, considéré comme définitif, des autorités vietnamiennes, Gérard Longuet, avait adressé une lettre à la fille du général, Marie-France, pour lui proposer que les cendres de son père soit transférées aux Invalides. Celle-ci a finalement donné son accord à ce transfert, pour lequel aucune date n'a encore été fixée, a-t-on précisé au ministère de la Défense.

 

 

NDLR : Le général BIGEARD avait été exilé à Bouar (Centrafrique) dans les années soixante. Beaucoup de Centrafricains qui l’y ont connu se souviennent encore sans doute de lui.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 19:43

 

 

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                                transport de viande de boeuf par pousse-pousse à Bangui 

 

 

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 19:18

 

 

 

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Rapport Afrique N°182 17 nov. 2011 International Crisis Group


SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS


L’Armée de résistance du Seigneur (LRA) est toujours une menace mortelle pour les populations civiles dans trois Etats d’Afrique centrale. Après la rupture en 2008 du cessez-le-feu et des négociations pour le règlement pacifique de cette insurrection vieille d’une génération, l’armée ougandaise a lancé un premier assaut qui s’est soldé par un échec. Depuis trois ans, des opérations en demi-teinte ont échoué à empêcher ce groupe armé, numériquement insignifiant mais atrocement efficace, de tuer plus de 2 400 civils, d’enlever plus de 3 400 individus et de contraindre environ 440 000 personnes à la fuite.

 

En 2010, le président ougandais Yoweri Museveni a retiré environ la moitié de ses forces mobilisées afin de poursuivre des objectifs politiquement plus rentables. La méfiance congolaise entrave les opérations en cours, tandis qu’une initiative de l’Union africaine (UA) avance au ralenti. Pour vaincre la LRA, une action militaire vigoureuse et une diplomatie volontariste sont nécessaires. L’Ouganda doit tirer parti du nouvel, et peut-être bref, engagement américain en reprenant l’offensive militaire ; Washington doit inciter les dirigeants des pays de la région à coopérer et surtout, l’UA doit assumer ses responsabilités de garante de la sécurité continentale. Dès qu’elle le fera, l’Ouganda et les Etats-Unis devront placer leurs efforts dans le cadre de son initiative.

 

La tentative de l’armée ougandaise en décembre 2008 d’écraser la LRA en détruisant ses camps dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) a très mal tourné. Son dirigeant, Joseph Kony, s’est échappé et a organisé des représailles pendant les mois suivants qui ont fait des centaines de morts parmi les civils. L’opération Lightning Thunder, soutenue par les Etats-Unis, est devenue une campagne d’usure, l’armée ougandaise pourchassant de petits groupes de combattants dispersés et très mobiles dans la dense forêt. Cette offensive l’a menée au Sud-Soudan et en République centrafricaine (RCA) et elle a enregistré quelques succès. Mais l’opération s'est essoufflée au milieu de l’année 2010, permettant à la LRA de continuer à piller des villages, à enlever des centaines de personnes et à enrôler de nouvelles recrues dans la zone des trois frontières. Comme le Conseil de sécurité des Nations unies l’a déclaré le 14 novembre, cette situation doit impérativement cesser.

 

Les raisons de l’échec de l’opération militaire sont politiques. Museveni a revu à la baisse l’opération originale pour poursuivre d’autres objectifs censés accroitre son capital politique national et international. Depuis que la LRA ne constitue plus une menace pour l’Ouganda, la pression des membres de l’opposition ou des dirigeants de communautés pour exiger sa neutralisation a cessé. Les efforts des forces pourchassant les combattants de la LRA en RDC ont été entravés par le refus de l’armée congolaise de coopérer et d’accorder l’accès aux zones affectées par la guérilla. L’Ouganda a envahi la RDC à la fin des années 1990, pillé ses ressources naturelles et suscité la méfiance durable du président Joseph Kabila.

Alors que les élections prévues fin 2011 se rapprochent, l’armée congolaise a demandé le retrait des militaires ougandais et, en attendant la décision officielle, leur a interdit de quitter leur campement. La plupart des commandants supérieurs et combattants de la LRA sont en RCA mais pourraient à tout moment revenir en RDC et trouver un refuge sûr du fait de la liberté de mouvement réduite de l’armée ougandaise. Le président de la RCA, François Bozizé ne fait pas confiance à cette dernière, jalouse son soutien américain et lui a ordonné de se retirer des zones diamantifères. Il pourrait entraver davantage l’opération en cours s’il estime que son armée ne reçoit pas suffisamment de contreparties pour sa collaboration.

 

Il n’y a pas de perspective réaliste d’une fin négociée du problème de la LRA, étant donné l’échec des négociations de Juba et de l’absence d’intérêt de Museveni et de Kony à relancer le dialogue après plus de trois années de combats. Au lieu de cela, l’UA sous la pression de certains Etats membres et des Etats-Unis, a annoncé fin 2010 qu’elle avait l’intention d’autoriser une mission énergique contre la LRA et de coordonner les efforts régionaux. Toutefois, elle s’est heurtée à l’incapacité de concilier les différences avec et entre les principaux Etats membres et les donateurs.

 

L’Ouganda et les trois pays directement concernés espéraient que cette initiative entrainerait un financement occidental supplémentaire pour leurs armées, mais sont peu intéressés par une supervision politique de l’UA ou des programmes civils. Les Etats-Unis souhaitent que l’Union européenne (UE), principal donateur de l’UA, partage son fardeau. Cependant, l’UE préfère que l’UA endosse un rôle politique et n’est pas disposée à financer les armées africaines engagées. L’Ouganda est réticente à concéder une part de sa liberté militaire et politique à l’UA.

 

Frustrés par le manque d’efficacité de l’opération Lightning Thunder, les Etats-Unis ont annoncé le 14 octobre 2011 le déploiement d’une centaine de militaires pour assister l’armée ougandaise -- la majorité à Kampala, le reste pour conseiller sur le terrain. Cette action participe d’une intensification de leur engagement politique et militaire contre la LRA. Ils ont également proposé de former plus de combattants congolais et ont fourni de l’équipement à l’armée centrafricaine afin d’obtenir un assentiment politique pour cette nouvelle opération. Les quelques conseillers sur le terrain devraient accroitre les performances de l’armée ougandaise. Toutefois, à un an des élections, l’administration Obama reste prudente quand il s’agit de déclencher une autre intervention militaire à l’étranger. Ce déploiement, cela a été clairement dit, sera de court terme.

 

L’armée ougandaise, même avec l’aide de conseillers américains, est un instrument imparfait pour vaincre la LRA. Les gouvernements comme les populations de la région s’en méfient en raison de ses abus passés et de son incapacité à protéger les civils. La présence militaire de Kampala hors de ses frontières alors que la LRA ne menace plus directement ses intérêts fait planer le doute sur sa volonté de vraiment achever le travail. Pourtant, l’armée ougandaise est indispensable car personne d’autre n’est prêt à envoyer des troupes de combat compétentes pour faire le travail. Le soutien américain, à la fois militaire et politique, est important mais sans doute temporaire. Les financements de l’UA et les programmes civils sont utiles mais ne peuvent à eux seuls arrêter la violence de la LRA.

 

L’Ouganda, avec les conseils et le soutien des Etats-Unis, devrait sans perdre de temps lancer une nouvelle attaque contre la LRA, si possible alors que la plupart de ses commandants et combattants sont encore en Centrafrique et avant qu’ils ne retournent en RDC, dans un environnement opérationnel plus restrictif pour l’armée ougandaise. Dans le cadre de leur mission de conseil, les Etats-Unis doivent veiller à ce que cette dernière fasse de la protection des civils et de l’accès humanitaire ses priorités et accepte d’être tenue responsable pour ses actions.

 

Dans le même temps, si ce nouvel activisme est payant sur le terrain, l’UA doit accélérer la mise en œuvre de son initiative. L’ajouter à l’équation est essentiel pour obtenir l’engagement politique des pays concernés en conférant une légitimité continentale à cette lutte. Les éléments centraux de l’initiative de l’UA doivent être la nomination d’un envoyé spécial pour faciliter les relations entre Kinshasa et Kampala et l’autorisation d’une mission multinationale et multidimensionnelle –  ce que l’UA appelle la Force d’intervention régionale (FIR). Elle impliquera seulement les troupes des pays actuellement engagés contre la LRA, principalement les Ougandais, mais elle devrait reposer sur un cadre opérationnel et légal unique pour l’armée ougandaise et celles des autres pays et créer des structures militaires de coordination. Une fois que la FIR sera en place, tous les efforts anti-LRA devraient être placés officiellement sous son égide.

 

Les planificateurs de l’UA doivent travailler étroitement avec les Etats-Unis pour s’assurer que, dès le début, l’initiative de l’UA privilégie les mêmes principes que ceux que Washington doit promouvoir auprès de l’armée ougandaise. Les bailleurs de fonds, notamment l’UE, doivent financer le volet complémentaire civil, en particulier le programme de défection pour les combattants de la LRA. Seule une telle approche multidimensionnelle est susceptible d’apporter la paix dans la région des trois frontières et de commencer à soigner les blessures physiques et sociales que le long cauchemar de la LRA a infligées aux populations.

 

RECOMMANDATIONS


Pour susciter et maintenir la volonté politique

 

À l’Union africaine :


1.  Nommer d’urgence un envoyé spécial avec un mandat suffisant pour coordonner les efforts africains et internationaux contre la LRA, notamment pour convaincre :

 

a) le président Museveni d’engager davantage de troupes et d’équipements dans l’opération militaire en accroissant les efforts de protection des civils et la responsabilité des forces ougandaises engagées ;

b) les présidents Kabila (RDC), Bozizé (RCA) et Kiir (Sud-Soudan) d’autoriser l’accès de l’armée ougandaise à toutes les zones d’activité de la LRA pour une période de six mois, décision qui sera revue après cinq mois, et d’ordonner à leurs armées de protéger les civils ;

 

2.  Mettre en place de façon urgente le bureau de l’envoyé spécial avec le personnel, le matériel et les ressources suffisantes pour fonctionner pendant au moins un an.

Au gouvernement ougandais :


3.  Démontrer un engagement total dans la lutte contre la LRA en acceptant l’initiative multidimensionnelle de l’UA, notamment la nomination d’un envoyé spécial doté d’un mandat fort ; en engageant plus de troupes et d’équipements dans l’opération militaire tout en rendant l’armée plus responsable et en accroissant les efforts de protection des civils.

 

Aux gouvernements du Congo, de la RCA et du Sud-Soudan :


4.  Démontrer un engagement total dans la lutte contre la LRA en acceptant l’initiative multidimensionnelle de l’UA, notamment la nomination d’un envoyé spécial doté d’un mandat fort ; en autorisant l’accès de l’armée ougandaise dans toutes les zones touchées par la LRA et en s’assurant que les forces armées nationales accroissent leurs efforts de protection des civils.

 

Au gouvernement des Etats-Unis :


5.  Soutenir pleinement le lancement de l’initiative multidimensionnelle de l’UA, notamment à travers la nomination d’un envoyé spécial doté d’un mandat fort.

 

6.  Faire pression sur l’Ouganda, la RDC, la RCA et le Sud-Soudan pour qu’ils s’engagent pleinement dans l’initiative multidimensionnelle de l’UA, notamment en acceptant un envoyé spécial doté d’un mandat fort.

 

7.  Etre prêt, avec d’autres donateurs, à diminuer l’assistance militaire et l’aide au développement si les quatre présidents ne démontrent pas un engagement suffisant.

 

8.  Nommer un envoyé spécial pour la région des Grands Lacs mandaté pour œuvrer avec l’envoyé spécial de l’UA à renforcer l’engagement politique dans la lutte contre la LRA.

 

À l’Union européenne :


9.  Aider financièrement l’UA à mettre en place le bureau de l’envoyé spécial avec des ressources suffisantes pour coordonner la lutte contre la LRA pendant au moins un an et établir la Force d’intervention régionale (FIR).

Pour lancer une offensive militaire urgente en protégeant les civils

 

Aux gouvernements de l’Ouganda et des Etats-Unis :


10.  Intensifier rapidement les opérations militaires contre la LRA en privilégiant :

 

a) une protection accrue des civils ;

 

b) un renforcement des relations civilo-militaires, incluant notamment des échanges entre les autorités étatiques et les dirigeants locaux tels que les chefs religieux et coutumiers et, en Centrafrique et au Sud-Soudan, une collaboration active avec les groupes d’autodéfense ;

 

c) une meilleure gestion et coordination de l’information, notamment en mettant en place des centres d’opération et de renseignements communs entre les armées nationales en RCA et au Sud-Soudan ; et

 

d) des mesures de responsabilisation strictes, notamment un code de conduite, des règles d’engagement et des enquêtes sur les violations présumées des droits humains et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

À l’Union africaine :


11.  Finaliser le cadre opérationnel et juridique de l’approche multidimensionnelle de la Force d’intervention régionale (FIR) comprenant les priorités définies dans la recommandation 10 ci-dessus ainsi que les procédures standardisées déjà utilisées par l’armée ougandaise pour le transfert rapide des femmes et des enfants rescapés de la LRA aux organismes de protection internationale.

Pour intensifier le volet civil complémentaire

À la Mission de stabilisation des Nations unies au Congo (MONUSCO), la Mission de l’ONU au Sud-Soudan (UNMISS) et au Bureau de consolidation de l’ONU en RCA (BINUCA) :


12.  Coordonner un vaste programme régional de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réintégration (DDRRR), notamment :

 

a) élargir la campagne de communication visant à persuader les combattants de la LRA de se rendre afin qu’elle couvre l’ensemble de la région des trois frontières et la poursuivre jusqu’à ce que tous les groupes résiduels de la LRA ne constituent plus une menace pour les populations civiles ; et

 

b) coordonner les efforts des ONG internationales et nationales ainsi que les groupes religieux en RDC, en RCA et au Sud-Soudan pour ramener les anciens membres de la LRA chez eux en toute sécurité et les réintégrer dans la vie civile, notamment à travers la création d’emplois et des soins psychosociaux.

Au gouvernement des Etats-Unis, à l’Union européenne, aux Nations unies et aux autres donateurs :


13.  Soutenir le programme de DDRRR régional et la réparation et l’amélioration des communications et des infrastructures de transport dans les régions touchées par la LRA.

Pour planifier à l’avance

À l’Union africaine et aux partenaires internationaux :


14.  Elaborer une stratégie de sortie claire qui prévoit que la FIR dure un an, avec la possibilité au bout de huit mois d’examiner si une prolongation de six mois est nécessaire.

 

15.  Prévoir de maintenir et soutenir la FIR et le programme de DDRRR, même après la capture ou la mort de Kony et de ses principaux commandants, jusqu’à ce que les groupes résiduels de la LRA ne constituent plus une menace pour les civils.

 

16.  Demander aux pays participant à la FIR de transférer à la Cour pénale internationale (CPI) les dirigeants de la LRA contre lesquels elle a émis des mandats d’arrêt (Kony, Odhiambo et Ongwen) s’ils sont capturés vivants et remettre les autres commandants non visés par de tels mandats aux autorités de leur pays pour qu’ils soient jugés ou soumis à d’autres mécanismes de responsabilité.

 

Nairobi/Bruxelles, 17 novembre 2011

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