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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 22:08
TIC : Niger, Guinée, Mali, Tchad et RCA loin derrière

 

 

 

http://africtelegraph.com 8 mai 2017

 

Un rapport de la Banque Mondiale publié la semaine dernière pointe le retard structurel de ces pays en matière de TIC. Cloisonnés, ils n’ont pas d’accès aux câbles internet sous marins. Ils sont totalement dépendants de leurs voisins. Mais aussi, Niger, Guinée, Mali, Tchad et la République Centrafricaine ont beaucoup d’efforts à fournir en matière de gouvernance.

 

Le rapport s’intitule PROMOUVOIR LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : quel rôle pour les réformes ?

 

L’étude présente le secteur numérique comme un pilier incontournable du développement des services, et d’aide à la réduction de la pauvreté.

 

Ainsi, une longue liste d’obstacles au développement de l’économie numérique a été relevée dans ces pays. On note par exemple les surtaxes fiscales du secteur, le manque d’investissements, la conservation de monopoles, l’absence de vision claire, et le manque de compétitivité des entreprises.

 

De plus, trop souvent les régulateurs, censés arbitrer le secteur, ne jouent pas leur rôle: ils manquent de moyen, ou font semblant d’ignorer l’enjeu de la tâche qui est la leur.

 

L’accès au téléphone et haut débit, un frein au développement

 

Le rapport souligne des taux de pénétration encore trop faibles: 28% au Tchad, 48% en Guinée, 22% en Centrafrique, et 25% au Niger. Les taux de couvertures des populations en service 3G restent sous la barre des 36%. Cela met en exergue le manque d’infrastructures, et d’investissements dans le secteur.

 

Au final, l’accès au haut débit est 0,2% au Tchad, en Guinée et au Niger. Il est de seulement 2,7% au Mali. Loin derrière la moyenne en afrique subsaharienne de 25%. Cela a pour conséquence directe, une faible utilisation du Mobile Money.

 

TIC: des constats incompris par les gouvernants

 

C’est une qualité trop rare au sein de nos gouvernements: comprendre et apprendre de nos erreurs. La perception arriérée de nos politiques et populations, de l’homme blanc (FMI) donnant des leçons au nègre, pauvre, est trop répandue. Il faut souvent un sursaut patriotique, et mettre de côté son ego, afin d’apporter les changements structurels nécessaires, et tant attendus par les populations. Trop souvent, ce sont aussi des intérêts personnels, qui bloquent tout le développement, notamment à travers des monopoles.

 

A titre d’exemple, les recommandations de privatisation dans des secteurs clés, tels que les compagnie de télécommunications. C’est pourtant inévitable et un mal nécessaire! Pourtant, ce ne sont pas les modèles de PPP qui manquent! Ont émergé dans le domaine, de nouveaux modèles, tel que c’est le cas au Gabon, au Congo ou en Mauritanie, avec des sociétés de patrimoine. Elles permettent à l’état de garder le contrôle sur ses infrastructures, et de mettre en oeuvres des PPP aves des spécialistes du secteur.

 

Nos sociétés d’Etat sont trop souvent males gérées, et pas du tout compétitives. Elles sont subventionnées et coutent de milliards de francs CFA au contribuable. Camtel, Congo Télécom, Sotel, Sonitel, Socatel, pour ne citer que ceux là! Pour quels résultats?

 

Le secteur du numérique est pourtant le secteur qui a le potentiel le plus porteur en Afrique. Sa croissance et son taux de pénétration dans certains pays, ont de quoi faire rougir de nombreuses capitales. Le rapport propose des solutions concrètes. Il ne reste plus qu’à se mettre au travail et à les appliquer.

 

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Centrafrique-Presse.com
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 15:06
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Un prisonnier s’est suicidé à la maison d’arrêt de Ngaragba à Bangui

 

Par Auguste Bati-Kalamet le 8 mai 2017

 

BANGUI, 08 Mai 2017 (RJDH)—Condamné à 8 mois d’emprisonnement ferme à la maison carcérale à Bangui, Japhet Malessinga s’est donné la mort dans la nuit du 4 au 5 mai 2017. Un fait qui a suscité la réaction de ses codétenus qui déplorent leurs conditions de détention jugées inhumaines.

 

Le prisonnier souffrait d’un problème mental de suite de sa condamnation. Selon le constat du RJDH, la Maison d’arrêt de Ngaragba ne dispose pas des services adéquats pour accompagner les prisonniers dans l’exécution de leur peine. Le régisseur de la maison carcérale n’a pas souhaité donner plus d’information sur les causes de ce suicide. Ce cas intervient alors que plusieurs détenus déplorent le fait qu’ils sont placés sous mandat de dépôt sans comparaitre.

 

Selon des sources concordantes, le suicide intervient après plusieurs tentatives échouées d’évasion « il a tenté par deux fois de s’évader, mais cela n’a pas réussi, surement à cause des éléments de la Minusca qui étaient de faction dehors. Bien avant le suicide, il a tenté sa troisième chance d’évasion encore une fois déjouée par la Minusca qui a fait des tirs de dissuasion. Il a été sanctionné et conduit dans une cellule spéciale pour les évadés. Et ce n’est qu’après qu’on a constaté qu’il s’est suicidé », a indiqué un codétenu sous couvert de l’anonymat.

 

Le régisseur rejette la responsabilité de la mort de ce détenu « Il s’est suicidé à l’aide de son pantalon. Nous avons informé les autres pour faire descendre le corps. Mais ils nous accusent en imputant la responsabilité de la mort de leur camarade Japhet Malessinga. Mais je puis vous affirmer que nous ne sommes pas responsable», a expliqué le régisseur général.

 

La gendarmerie et le service pénitentiaire ont fait le constat pour nécessité d’enquête et les autorités judiciaires promettent faire toute la lumière autour de cette affaire.

 

A la Prison de Ngaragba, sur au moins 812 détenus, au moins 300 auraient passé plus d’un an sans jugement. Une situation déplorée par un détenu après la mort de leur camarade.

 

 

 

Centrafrique : La Croix Rouge attend de l’Etat un appui conséquent pour s’attaquer aux défis actuels

 

Par Fridolin Ngoulou le 8 mai 2017

 

BANGUI, 8 mai 2017 (RJDH)—Auxiliaire du pouvoir public, la Croix Rouge Centrafricaine attend que l’Etat continue à l’appuyer dans son effort en faveur des populations vulnérables. Cet appui, selon Antoine Mbao-Bogo, président de la Croix Rouge Centrafricaine, la rendra plus efficace dans ses interventions. Appel lancé le week-end dernier.

 

Le monde entier célèbre ce 8 mai la journée internationale de la Croix-Rouge autour du thème « Etre partout pour tous ». Face aux défis humanitaires dans le pays, le président de la CRCA Antoine Mbao-Bogo sollicite du gouvernement un appui, afin de mettre en œuvre son plan stratégique de développement.

 

La crise, selon Antoine Mbao-Bogo ne fait qu’augmenter l’ampleur de besoin humanitaire « Les violences intercommunautaires, les confrontations entre groupes armés, les accidents de la route et ajoutant cela les catastrophes naturelles marquées par les inondations dans les quartiers de Bangui et ailleurs, les épidémies de choléra, les vents violents à Mbaïki, Ndolobo, Boda, Ndjoh, Boali, Bossembele, sont des situations humanitaires auxquelles la Croix-Rouge centrafricaine et ses volontaires s’attèlent toujours à soutenir les populations vulnérables », a-t-il présenté.

 

Pour le président de la Croix-Rouge, Etre partout pour tous, signifie soutenir les personnes vulnérables, être aux côté des personnes stigmatisées ou marginalisées, promouvoir et défendre les soins de santé, maintenir et rétablir les liens familiaux.

 

Plus de 12.000 volontaires de la CRCA œuvrent tous les jours pour apporter l’assistance aux personnes vulnérables dans le pays.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 15:04
8 mai 1945: L'Oubangui-Chari (RCA) libéra la France
8 mai 1945: L'Oubangui-Chari (RCA) libéra la France

 

8 mai 1945: L'Oubangui-Chari (RCA) libéra la France

 

Au prix de leurs sang, les oubanguiens majoritaires dans le Bataillon de Marche N°2 se distinguèrent sur tous les front en Afrique du Nord (Bir-Hakeim), en Asie (Syrie) et en Europe (France) durant la 2e Guerre Mondiale. Bir Hakeim est un fait un fait d'armes et entraîne une nouvelle prise de conscience de la valeur et du courage des soldats français, très contestés depuis juin 1940. Le Lieutenant Koudoukou, illustre officier oubanguien laissa sa peau dans cette bataille.

 

Du Mur de l'Atlantique en passant par Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan, la Pointe-de-Grave, l’île de Ré et l’île d’Oléron ses combattants se distinguèrent avec leurs camarades français jusqu'à la victoire suprême le 08 mai 1945.

 

le 18 juin, un détachement du BM 2 marche en tête des forces françaises libres, conduites par le général de Larminat, sur les Champs-Elysées.

 

La colonie de l'Oubangui-Chari participa économiquement à l'effort de guerre par la cueillette. Dommage que la récompense n'est pas à la hauteur du sacrifice consenti par ses combattants dont la nationalité française leur est reconnue à compte goutte. Ils ont été bardée de médailles.

 

Dites-moi, sans l'Afrique et les oubanguiens, de quel côté se trouverait l'ancienne métropole?

 

 

SOUS-LIEUTENANT ENGAGÉ EN FRANCE LORS DES DEUX CONFLITS MONDIAUX

 

Originaire de République Centrafricaine (1894-1942)

 

Georges Koudoukou est né en 1894 près de Bangui, à Fort Crampel dans l'actuelle Centrafrique. Il s'engage dans les tirailleurs pour combattre les Allemands du Cameroun en 1916 et, la guerre terminée, décide de poursuivre une carrière militaire. Promu caporal en 1920, il est affecté à Mont-de-Marsan. En 1925, sergent au 16e régiment de tirailleurs sénégalais, il prend part aux opérations au Maroc. Il est décoré de la Médaille militaire alors qu'il est adjudant au 12e RTS à La Rochelle. En 1931, il est de retour à Bangui au bataillon de tirailleurs de l'Oubangui-Chari. Excellent sous-officier, il est promu adjudant-chef en 1934. De 1937 à 1940, il tient les fonctions d'adjudant de compagnie à la 1er compagnie de son bataillon au camp de Kassaï à Bangui. Lorsque l'Afrique Équatoriale Française (AEF) s'engage derrière le général de Gaulle, Georges Koudoukou participe à la formation du bataillon de marche n°2 à Bangui qu'il quitte en janvier 1941 pour prendre part aux opérations de la France Libre en Syrie.


Le 27 décembre 1941, Georges est nommé sous-lieutenant. À partir de janvier, il combat en Égypte et en Cyrénaïque, en particulier sur la position de Bir Hakeim du 27 mai au 10 juin 1942. Grièvement blessé, amputé, il meurt de ses blessures le 15 juin 1942 lors de l'évacuation de la position.

 

Le sous-lieutenant Koudoukou a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle dès le 9 septembre 1942. Sa statue a été érigée à Bangui où une avenue porte son nom.

 

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:56
Lu pour vous : Emmanuel Macron, un parcours de météorite pour accéder à l'Elysée
Lu pour vous : Emmanuel Macron, un parcours de météorite pour accéder à l'Elysée
Lu pour vous : Emmanuel Macron, un parcours de météorite pour accéder à l'Elysée

 

 

 

http://www.ouest-france.fr  Carine Janin  le | Publié le

 

Le 8e président de la Ve République est aussi le plus jeune jamais élu. À 39 ans, Emmanuel Macron s’empare de l’Élysée après une ascension fulgurante. Brillant, charmeur, déterminé, il veut rassembler au-delà des « vieux partis ». Portrait.

 

C’était il y a un an, le 8 mai 2016. Un premier acte de dissidence. Une démonstration de la synthèse « droite-gauche » dont il a rêvé: Emmanuel Macron, encore ministre de l’Économie, se rend à Orléans, à l’invitation du maire LR, Olivier Carré, aux fêtes de Jeanne d’Arc.

 

Ça grince chez LR, ça grince au PS, comme au gouvernement. Discours quasi présidentiel. Jeanne « n’est personne » mais « porte sur ses épaules la volonté de progrès de tout un peuple ». Jeanne « fend le système »… En creux, Macron ne fait-il pas un portrait de lui-même, tel qu’il se fantasme ?

 

Un an plus tard, le « petit Macron » s’empare de l’Élysée. Sans l’appui d’aucun parti traditionnel, inconnu il y a trois ans, et à moins de 40 ans, il décroche son premier mandat électif. Président de la République.

 

Avec «Manette », relation exclusive

 

Folle ascension d’un homme atypique. Aîné d’une fratrie de trois enfants, Emmanuel Macron est né le 21 décembre 1977, à Amiens, de parents médecins (comme le deviendront son frère et sa sœur), un an après une enfant mort-née. Très attendu, et lesté, peut-être, de la responsabilité jamais formulée de panser l’insondable chagrin des parents.

 

École publique, collège jésuite de La Providence. Bourgeoisie amiénoise. Les parents sont présents, mais celle qui compte, pour lui, et celle dont il parle aujourd’hui, c’est sa grand-mère Germaine, « Manette ». Pour cette ancienne directrice de collège, qui a le cœur à gauche, il est le chouchou, le petit-fils adoré. Relation exclusive. Avec elle, après l’école, il boit « du chocolat chaud en écoutant Chopin et en découvrant Giraudoux », raconte Anne Fulda, dans Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait. Elle lui apprend des poèmes de René Char, et lui fait lire à voix haute Molière et Racine.

 

Jusqu’à sa mort en 2013, « Manette » chérit de son amour ce petit-fils à l’intelligence hors du commun. Figure majeure de son parcours, elle a peut-être donné à Emmanuel Macron cette immense foi en lui-même, cette solidité intérieure qui fait qu’il se sent toujours capable a priori quand d’autres, devant les difficultés, doutent d’abord d’eux-mêmes.

 

Laissés dans l’ombre, les parents, eux, nourrissent de cette relation, et surtout du récit qu’en fait Macron, une forme d’amertume. Comme s’il les avait oubliés, comme s’ils ne l’avaient pas élevé.

 

« Tête totalement bien faite »

 

En seconde à La Providence, Macron fait du théâtre. Il interprète un épouvantail dans une pièce de Tardieu, comme on le voit dans La stratégie du météore, le documentaire de Pierre Hurel. C’est dans cet atelier qu’il rencontre Brigitte Auzière, sa professeure de vingt-quatre ans son aîné, mariée et mère de trois adolescents.

 

L’élève surdoué tombe amoureux. Fou. Face à cette « tête totalement pleine et totalement bien faite », ses « capacités totalement hors normes », la professeure résiste. Longtemps. Puis cède. « Il a vaincu toutes mes résistances avec patience », raconte-t-elle. Déterminé, libre, transgressif pour certains.

 

Leur amour est une folie qui fait parler dans les milieux bourgeois de la ville, dont elle est aussi issue. Les parents Macron interviennent pour demander à Brigitte de renoncer. « Je ne peux rien vous promettre », répond-elle. Elle a 40 ans, elle est « subjuguée » et c’est au-delà de la « morale ». Vingt ans plus tard, dans l’entre-deux-tours, Macron rend hommage à son épouse Brigitte, 64 ans, « toujours présente et encore davantage, sans laquelle je ne serais pas moi ».

 

« Un tueur hyper-sympathique »

 

Le lycéen part faire sa terminale au prestigieux lycée Henri IV à Paris. Il est brillant. Mais il rate – un des rares échecs qu’on lui connaisse – l’entrée à Normale sup. Ce sera un DEA de philosophie et un poste d’assistant éditorial auprès du philosophe Paul Ricœur, 85 ans. Un vieux monsieur, comme ceux dont Macron aime la compagnie pour se nourrir de leur expérience.

 

Puis c’est Sciences Po, l’ENA. Déjà, il a « une incroyable confiance en son destin, se souvient Amélie Oudéa-Castera, une condisciple de la promo Senghor. On se disait que sa vie serait différente ». « C’est un tueur hyper-sympathique, mais un tueur », dit un autre collègue de l’ENA, cité dans Les Échos.

 

« Il avait une maturité, une sagesse presque anormale pour son âge », poursuit sa condisciple. À la cantine, en amphi, ses copains s’amusent à scander avec affection : « Philosophe, philosophe ! » Un peu secret, « Emmanuel avait cette capacité à se faire aimer de gens très différents, tout en restant libre. Populaire sans être une star ».

 

Une empathie, vantée par tous

 

Générer de l’amour. C’est la grande force d’Emmanuel Macron. Un côté caméléon. « Un maestro capable de jouer sur tous les airs », dit encore Amélie Oudéa-Castera. Une extrême adaptabilité dans les relations humaines. La clé : son empathie, vantée par tous. « Quand vous lui parlez, il vous donne le sentiment d’être la seule personne qui compte », dit Jean-Claude Boulard, le maire PS du Mans, qui l’a rejoint en janvier.

 

Macron s’adresse avec la même considération, la même intensité, à un chauffeur de taxi, un patron, une secrétaire. Avec la même volonté d’emporter l’adhésion. Un Narcisse ? Sans doute, qui se mire dans le reflet que lui renvoient ceux qu’il croise et que, souvent, il charme par sa simple attention.

 

« Il est dans la séduction intellectuelle, mais jamais dans un registre sexué, précise Marlène Schiappa, conseillère municipale au Mans, devenue sa déléguée aux questions de parité. Chez lui, jamais d’ambiguïté ni de blague sexiste. Un respect total. Son comportement est rarissime dans le milieu politique. »

 

« L’homme de la finance»

 

Après l’ENA, Macron entre à la prestigieuse inspection des Finances. En 2007, à 30 ans, avec sa mine encore juvénile, il siège comme rapporteur adjoint à la commission Attali, chargée de trouver des solutions pour « libérer » la croissance. Macron y étoffe son réseau. Qui l’aide à se faufiler où il veut. « Il se sert des gens », dit un autre collègue de l’ENA cité par Anne Fulda.

 

En 2008, il part ainsi dans le privé à la banque d’affaires Rothschild. Il aime convaincre, il est habile. Il sait écouter, comme personne. Manipuler ? Sans doute aussi. Il y reste trois ans. Assez pour y gagner énormément d’argent : près de trois millions d’euros brut. Assez aussi pour que cette ligne figure, pour beaucoup de ses détracteurs, comme une tache indélébile sur son CV. Macron, « l’ancien banquier ». Macron, « l’homme de la finance ».

 

Élu en mai 2012, François Hollande nomme Macron secrétaire général adjoint à l’Élysée, à 35 ans. « Monsieur Superlatif », titre le quotidien Le Monde. Quelques mois auparavant, il a planché sur le programme du candidat socialiste. Comme Philippe Aghion, prof au Collège de France : « Emmanuel pige vite ! Il a du charisme, du charme, une vivacité et une rapidité d’esprit. »

 

Enjamber les partis

 

2014, voilà déjà Macron ministre de l’Économie. Costume bien taillé, bonne gueule avec ses dents du bonheur, toujours pressé, il incarne le tournant « social-libéral » du président socialiste. Le Pacte de responsabilité, le Crédit d’impôt compétitivité emploi, des « cadeaux » aux entreprises selon ses opposants, c’est lui.

 

Dans l’Hémicycle, le ministre va passer des heures, à tenter – en vain – de convaincre les parlementaires. À se heurter, aussi, au dogmatisme de ce qu’il appelle les « vieux partis ». Sans doute cette expérience le conforte-t-elle dans l’idée qu’il faut « refonder la vie politique française ». Faire autrement. Et qu’autrement, il ne pourra le faire qu’à « l’extérieur » des partis. En les enjambant. Rassembler « tous les progressistes de droite et de gauche » devient son obsession. Beaucoup doutent, se moquent. Car combien de temps durera, à l’épreuve du temps et des désaccords, le mariage de ceux qui, hier, chacun dans leur camp, se détestaient ?

 

« Refus des promesses intenables »

 

Le 6 avril 2016, Emmanuel Macron, toujours ministre, lance son mouvement En Marche !. Un premier coup de poignard pour François Hollande, un temps dans le déni. Des « marcheurs » partent à travers la France recueillir les doléances des citoyens. Souffle de nouveauté, exercice de démocratie participative.

 

Agnès Pannier, 43 ans, dirigeante d’entreprise, s’est retrouvée embarquée, avec des gens de tous horizons mués par l’envie de « faire bouger les lignes ». Macron ? Elle énumère : « Empathie, courage, cohérence. Rares sont ceux qui ont les trois à la fois ». « C’est un Européen qui veut aller plus loin. Il a la jeunesse et les idées pour le faire », applaudit aussi Yves, un prof et père de famille, au meeting à Arras. Jean-Claude Boulard aime son « son refus des promesses intenables ». Une méthode chère à Michel Rocard, dont Macron revendique la filiation. « Il fait aussi l’articulation entre l’économie de marché et la solidarité. Libérer et protéger. Le PS, lui, n’a jamais tranché… »

 

Est-il froid, sans affect, comme le disent certains ? « Non, dit Richard Ferrand, député du Finistère qui l’a rallié très tôt, et à qui l’on prête un avenir ministériel. Emmanuel est spontané dans l’expression positive comme dans le reproche. » Aucun défaut ? « Il a un rapport distant à la ponctualité », concède le député…

 

Une « bulle »inexpérimentée ?

 

Le 30 août, le ministre démissionne du gouvernement et, en novembre, annonce sa candidature. S’ensuit un incroyable alignement des astres (Hollande, Valls, Juppé hors-jeu, puis Fillon pris dans les affaires), qui le propulse un peu plus vers son but. On le taxe de « bulle ». On raille son inexpérience.

 

Au meeting de la porte de Versailles, Macron, illuminé, s’enflamme et hurle, bras en croix. L’image fait ricaner sur les réseaux sociaux. Erreur de jeunesse. « Mauvaise maîtrise du souffle », diagnostique le coach vocal Jean-Philippe Lafont, un ancien baryton embauché par l’entremise de Roselyne Bachelot. « Emmanuel est délicieux, rapporte le chanteur lyrique. ll m’a accueilli très simplement ». Gestuelle, ponctuation… Entouré de « Brigitte », l’élève Macron, qui dort peu et travaille beaucoup, « apprend très vite ». « N’ayez pas peur des silences », lui conseille-t-il notamment.

 

Dans les mots, Macron a son style. Il ne craint pas de manier un langage précieux, des formules parfois chargées de lyrisme, voire d’emphase. « Cela nous oblige », dit-il, avec son léger cheveu sur la langue, le soir du premier tour. Revendique un « engagement vibrant »… En meeting, encore, Macron ordonne, quand il évoque ses adversaires : « Ne sifflez pas. Ce n’est pas nous, de siffler. Mais allez convaincre ! »

 

Ayant dynamité les vieux partis, Macron a aussi changé la donne de l’alternance. S’il échoue, le jeune Président s’expose à porter la responsabilité d’une victoire de l’extrême droite dans cinq ans. Lourde charge. Mais sans défi colossal, l’atypique Macron s’ennuierait.

 

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:34
LE PRESIDENT DE L'UA FELICITE MACRON
LE PRESIDENT DE L'UA FELICITE MACRON

 

LE PRESIDENT DE L'UA FELICITE MACRON

 

7 mai 2017 – Le Président de la République de Guinée, le professeur Alpha Condé, Président en exercice de l’Union Africaine, félicite le Président Emmanuel Macron suite à son élection à la magistrature suprême de la République Française.

 

S’exprimant en sa double qualité de Chef de l’Etat guinéen et Président en exercice de l’Union Africaine, le Professeur Alpha Condé veut que ce nouveau vent qui souffle sur la France puisse permettre de raffermir les excellents liens d’amitié et de coopération existant si heureusement entre la France et la Guinée d’une part et le Continent Africain d’autre part.

 

Le Président guinéen s’est dit convaincu que ces relations de coopération iront en se renforçant sous le magistère du Président Macron.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:33
Cinq magistrats centrafricains nommés à la Cour pénale spéciale

 

 

 

Bangui, 5 mai (ACAP)- Le président de la République, Faustin Archange Touadéra, a complété la composition de la Cour pénale spéciale (CPS), en nommant par décret, vendredi 5 mai à Bangui, cinq magistrats à différents postes de ladite Cour.

 

Il s'agit de :

 

Alain Ouaby Bekaï au poste de procureur spécial adjoint, Alain Tolmo comme Substitut du procureur spécial, Jacob Sanny Damili comme Juge à la Chambre d'accusation ainsi que de Patience Grengbo et Michel Gbokou aux postes de juges d'instruction.

 

Le 17 février dernier, le comité de sélection avait publié une liste de 6 candidats retenus à l'issue des épreuves de présélection et appelés à prendre part à une interview. Parmi ces appelés figurent Alain Ouaby Békaï et Jacob Sanny Damili, finalement nommés Procureur adjoint et juge à la chambre d'accusation.

 

Créée en juin 2015, la Cour pénale spéciale a pour mission de juger les crimes commis en République Centrafricaine depuis 2003

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:22
ALLOCUTION DE MARTIN ZIGUELE  PRESIDENT DU MLPC AU IIIème CONGRES DU PATRIE
ALLOCUTION DE MARTIN ZIGUELE  PRESIDENT DU MLPC AU IIIème CONGRES DU PATRIE
ALLOCUTION DE MARTIN ZIGUELE  PRESIDENT DU MLPC AU IIIème CONGRES DU PATRIE

 

 

 

BUREAU POLITIQUE

 

PRESIDENCE

 

 

 

Monsieur le Président, cher Frère

 

Messieurs les Leaders des Partis politiques

 

Distingués Invités

 

Militants et Militantes du PATRIE,

 

Chaque fois que l’occasion m’a été donnée de participer au congrès d’un Parti politique, et qui plus, un parti ami et frère, comme je le fais ce matin pour le PATRIE, j’éprouve un réel sentiment de satisfaction pour la viabilité de la démocratie centrafricaine.

 

Aussi, je saisis la présente opportunité, au nom des militants et militantes du MLPC et en mon nom propre, pour vous présenter toutes mes félicitations pour la tenue de votre IIIème Congrès d’une part, et tous mes encouragements pour que vous continuiez à garder le cap par l’organisation régulière des assises similaires d’autre part.

 

Est-il besoin de rappeler le rôle d’un congrès dans la vie d’un Parti politique ! C’est l’assise la plus importante car c’est elle qui prend les décisions les plus importantes et qui donne les orientations politiques majeures.

 

A cet effet, celle qui vous réunit ce jour se déroule dans un contexte caractérisé par :

 

  • le recul des Partis politiques de par le monde, accompagné de la montée d’un populisme pernicieux et aux discours quais-fasciste, car sans partis politiques un pays se conduit vers le fascisme justement;
  • la persistance et la généralisation de l’insécurité dans notre pays malgré les élections qui viennent de le doter d’institutions constitutionnelles ;
  • la précarité et ses conséquences sur les populations civiles dans de nombreuses régions de notre pays sinon dans tout notre pays;
  • etc.

 

Monsieur le Président,

 

Il me souvient que lors des rencontres périodiques entre les partis représentés à l’Assemblée nationale et plus solennellement lors du Comité Directeur du RPR, ici même dans cette salle le 28 janvier 2017 dernier, vous avez lancé un appel à une recherche urgente de solution à cette situation de marginalisation des partis politiques dans notre pays, avec l’apparition de cette nébuleuse dite des « Indépendants » qui tendent par tous les moyens à fragiliser, à noircir puis à se substituer désormais aux formations politiques.

 

Cet appel est resté lettre morte à ce jour, et en tout cas tarde à trouver une réponse collective et appropriée.

 

Dans le contexte démocratique de la République centrafricaine où la Constitution garantit la liberté d’association et encadre juridiquement la vie des Partis politiques autour desquels s’articule la vie politique, le recul de ces structures doit interpeller en urgence la conscience des uns et des autres sur les actions rapides à entreprendre.

 

Monsieur le Président, cher ami

 

Messieurs les leaders des Partis politiques

 

Distingués Invités

 

Militants et Militantes du PATRIE

 

Si dans les vieilles démocraties d’Europe occidentale ce recul des Partis politiques qui est également constaté au profit d’un courant populiste est compréhensible, cette tendance ne s’explique pas pour la jeune démocratie centrafricaine aux pas encore balbutiants.

 

Il y a donc véritablement urgence pour les partis politiques à s’unir et s’entendre sur l’essentiel dans ce combat existentiel. Au bout de ce combat, il n’y a pas seulement  leur existence en tant que formation politique, mais aussi la problématique centrale, j’allais dire vitale, de l’encadrement et de l’éducation politiques de nos compatriotes face aux défis auxquels notre pays est confronté restent sans réponse.

 

Le MLPC, en ce qui le concerne, est déjà engagé dans la réflexion pour une bonne compréhension du phénomène d’une part et la recherche des voies et moyens pour sa résolution durable d’autre part.

 

En tout état de cause, mon Parti saura le moment venu, reste disponible pour continuer la réflexion afin de s’accorder avec les Partis amis qui partagent la même préoccupation sur ce qu’il y’a à faire.

 

C’est me semble-t-il, un des moyens pour redonner aux Partis politiques leurs lettres de noblesse, et la condition principale pour qu’ils retrouvent la place qui est la leur afin de jouer pleinement leur dévolu par la Constitution de notre pays, et défendent efficacement les intérêts de notre peuple en ces temps de difficultés majeures.

 

C’est sur cette approche que je termine mes propos en souhaitant au PATRIE plein succès à son IIIème Congrès.

 

Je vous remercie

 

Martin ZIGUELE

 

Président du MLPC

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:17
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL (CRPS) AU 3ème CONGRES DU PATRIE
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL (CRPS) AU 3ème CONGRES DU PATRIE
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL (CRPS) AU 3ème CONGRES DU PATRIE

 

 

 

Bangui, le 05 mai 2017

 

 

                        Monsieur le Président du PATRIE,

 

                        Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Politique du PATRIE,

 

                        Mesdames et Messieurs les leaders des partis politiques et de la société civile,

 

                        Distingués invités,

 

Mesdames et Messieurs,

 

                        Chers Congressistes,

 

            La Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS)  adresse ses salutations républicaines et ses félicitations  patriotiques au PATRIE pour la tenue de son 3ème Congrès Ordinaire,tout en exprimant sa joie de se retrouver avec d’autres formations politiques.

 

            C’est une occasion exceptionnelle qui permet à tous les militants et aux organes de base de se retrouver et de mesurer le chemin parcouru depuis le dernier congrès et d’envisager les perspectives d’avenir.  Monsieur le Président, je ne doute pas un seul instant de la capacité organisationnelle et conceptuelle de votre Parti d’évaluer correctement la situation qui prévaut dans notre pays et d’en tirer les conclusions idoines qui s’imposent.

 

            J’ai pleinement conscience des défis qui nous attendent et que nous devons relever ensemble avec courage, persévérance et lucidité dans le seul intérêt supérieur de la Nation centrafricaine en péril.

 

            Péril d’abord pour son unité et pour son intégrité territoriale, car nous sommes en situation de partition de fait où plus de 70% du territoire national échappent au contrôle de l’Etat, avec le pillage de nos ressources naturelles par des groupes armés et des mercenaires étrangers.

 

            Péril ensuite pour l’effritement de l’Etat dont la restauration de son autorité sur l’étendue du territoire national reste encore illusoire et dont la persistance peut conduire à court terme à l’implosion de notre pays.

 

            Péril enfin par ce que la RCA est le seul pays au monde n’ayant pas de force de défense et de sécurité pouvant assurer l’exercice de la violence légale et légitime sans laquelle un Etat ne peut exister.

 

            Ce sombre tableau s’ajoute aux crimes de guerre, aux crimes contre l’humanité dont notre peuple est victime depuis 2012: massacres à grande échelle, incendies volontaires de villages, viols, pillages etc… qui sont quotidiennement commis par les SELEKA, les ANTI BALAKA et d’autres groupes armés sans compter plusieurs hordes de bandits.

 

            Devant cette situation dont nous mesurons l’ampleur et la gravité, notre responsabilité en tant que partis politiques est immense.

 

            L’espace national  est marqué par plusieurs vulnérabilités structurelles, une fragilité étatique, une régression sociale, une faiblesse économique.

 

            La sécurité ne peut revenir dans le pays sans le désarmement des bandes armées et sans la mise en orbite opérationnelle des FACA réarmés matériellement, restructurées techniquement et rééquilibrées ethniquement sur le court terme avec une planification stratégique des objectifs à atteindre sur le moyen et le long terme.

 

De ce point de vue, la communauté internationale à l’égard de laquelle nous avons un devoir de gratitude a la double obligation politique et morale de relever ce défi  sécuritaire par la stricte application du mandat onusien.

 

En effet, parmi les objectifs spécifiques assignés à la MINUSCA, la démilitarisation du territoire national occupe une place centrale. La Résolution 2149 des Nations Unies du 10 avril 2014 sur la rubrique du désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement, est claire : « Regrouper et cantonner les combattants, et confisquer et détruire, selon qu’il convient, les armes et munitions de ceux qui refusent de les déposer » (- article 30 g) iii)-)

 

Placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le mandat des forces internationales en Centrafrique, implique l’usage de la force le cas échéant pour atteindre l’objectif  stratégique de la stabilisation du pays.

 

            Le processus DD RR est considéré aujourd’hui comme le seul remède miracle pour ramener la paix en RCA. La CRPS pense que cette approche partielle  qui ne prend pas en compte la dimension économique et le volet militaire de la problématique sécuritaire dans la résolution de la crise conduira inéluctablement à l’impasse. Les faits nous donnent malheureusement raison avec les dernières revendications maximalistes des groupes armées portant sur l’amnistie et sur leur participation au Gouvernement. Il est malheureusement à craindre que le programme DD RR et sa mise en œuvre à l’heure actuelle ne soient que du plâtre sur une jambe de bois.

 

            Et puis, il y a l’épineux problème de la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.

 

           Nous disons qu’il n’existe pas d’alternative à la restauration de l’autorité de l’Etat, sans ses propres forces de défense et de sécurité, c’est-à-dire sans le monopole de la violence légale et légitime. Toute autre solution conduira à l’implosion de la RCA et à sa partition.

 

           Comment ne pas  s’étonner du silence sur le sort des centaines de milliers de déplacés internes et des réfugiés centrafricains dans les pays voisins comme le Cameroun, le Tchad et le Congo ?

 

           Nous sommes tous interpelés et chacun de nous doit participer à l’œuvre de réconciliation nationale, de la cohésion sociale, de la restauration de la paix et de la consolidation de l’unité nationale.

 

           Le silence des partis politiques sur ces questions cruciales qui engagent notre devenir commun sera une démission collective et une trahison de notre peuple.

 

           Il y’a urgence républicaine à trouver ici et maintenant un consensus national sur les problématiques telles que : l’unité nationale, la sauvegarde de l’intégrité territoriale, le rejet de l’amnistie, l’exigence de la justice pour les victimes des atrocités commises pendant la crise, le retour des déplacés dans leurs localités respectives et le retour au pays des réfugiés.

 

Monsieur le Président du PATRIE,

 

                        Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Politique du PATRIE,

                        Mesdames et Messieurs les leaders des partis politiques et de la société civile,

                        Distingués invités,

 

Mesdames et Messieurs,

 

                        Chers Congressistes,

 

La CRPS, parti politique, dont la devise est JUSTICE- PAIX -DEVELOPPEMENT fidèle à sa vocation humaniste a toujours œuvré pour que les valeurs de démocratie et de solidarité nationale s’enracinent dans notre pays.

 

Elle a participé aux dernières élections législatives et apporté librement son soutien au 2ème tour de l’élection présidentielle au Président Faustin Archange TOUADERA.

 

Après ces élections, la CRPS n’a souscrit aucun pacte politique ni individuellement, ni collectivement avec personne.

 

C’est donc librement que le Directoire Politique de la CRPS  de façon responsable et guidé par le seul intérêt supérieur de la Nation a fait le choix de faire entendre désormais sa voix dans le camp de l’opposition démocratique.

 

La CRPS  lance un appel aux autres partis politiques qui partagent les mêmes valeurs républicaines et patriotiques pour un véritable changement, à se rassembler pour la réalisation des nobles idéaux devant concourir à la survie de notre pays en danger.

 

                        Monsieur le Président du PATRIE,

                        Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Politique du PATRIE,

                        Mesdames et Messieurs les leaders des partis politiques et de la société civile,

                        Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

                        Chers Congressistes,

 

La Convention Républicaine pour le Progrès Social souhaite pleins succès aux travaux du Congrès du PATRIE.

 

Je vous remercie

                                                                      

Le Président du Directoire Politique

 

 

       Me Nicolas TIANGAYE

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Centrafrique-Presse.com
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 22:33
LA RECONSTITUTION DE L’ARMÉE CENTRAFRICAINE : UN ENJEU À HAUTS RISQUES
LA RECONSTITUTION DE L’ARMÉE CENTRAFRICAINE : UN ENJEU À HAUTS RISQUES

 

 

 

Par Thierry VIRCOULON

 

Chercheur IFRI

 

RÉSUMÉ

 

Dès le début de la transition en 2014, comme dans la plupart des pays africains en situation de guerre civile, la nécessité de la reformation des Forces armées centrafricaines (FACA) s’est imposée et la reconstruction d’une institution militaire a été envisagée. Cependant, trois ans plus tard, le processus de reconstruction de l’armée centrafricaine est lent et incertain. Les raisons de cet état de fait sont nombreuses mais la plus fondamentale est l’absence de consensus entre les parties prenantes (gouvernement, partenaires internationaux et groupes armées) sur le paradigme et la finalité de cette reconstruction qui comporte un risque politique élevé.

 

INTRODUCTION

 

La question de la reconstitution de l’armée est devenue l’un des problèmes centraux de l’équation centrafricaine.

 

Après des années d’informalisation silencieuse, l’armée centrafricaine s’est effondrée sans combattre en 2013 puis une partie importante s’est milicianisée dans les anti-balaka (AB). Dès le début de la transition en 2014, comme dans la plupart des pays africains en situation de guerre civile, l’agenda de la résolution du conflit a inclus un programme de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) pour les groupes armés et la reconstruction d’une armée digne de ce nom dans le cadre d’une réforme du secteur de la sécurité.

 

Malgré l’urgence, trois ans plus tard, les progrès sont lents et le résultat est loin d’être assuré. Pourtant, aussi bien pour les internationaux que pour les autorités centrafricaines, cette tâche est considérée comme une priorité. Alors que la question de l’armée s’est largement politisée durant la transition (2014-2016), des désaccords de fond persistent sur le paradigme de la reconstitution de cette institution entre les parties prenantes (gouvernement, groupes armés et partenaires internationaux). Pour les miliciens, il ne s’agit que de changer la composition de l’armée et, pour le gouvernement, il ne s’agit que de réarmer les militaires – l’idée d’une réforme structurelle créant « une armée professionnelle, démocratiquement contrôlée et représentative de toutes les ethnies1 » n’a guère de partisan centrafricain.

 

L’objectif de cette Note est de montrer qu’au-delà des discours officiels, l’accord de fond indispensable à la reconstitution de l’armée centrafricaine fait encore défaut trois ans après le début de l’intervention internationale dans ce pays.

 

Cette Note est le résultat de nombreuses visites et entretiens en Centrafrique depuis 2013.

 

TRAJECTOIRE DE L’ARMÉE CENTRAFRICAINE : DE L’INFORMALISATION À LA MILICIANISATION

 

La déliquescence de l’armée centrafricaine a été un processus long qui s’inscrit dans un mouvement général d’effondrement de l’appareil d’État initié par la présidence de Patassé dans les années 1990 et la décennie de la démocratisation ratée (1990-2000).

 

Bien que la réforme du secteur de la sécurité ait figuré à l’agenda gouvernemental depuis les États généraux de la défense et de la sécurité consécutifs aux mutineries de 1996,2 le président Bozizé n’a fait qu’aggraver le déclin de l’armée.

 

Militaire qui ne faisait pas confiance aux militaires par expérience3, le général Bozizé a géré son armée avec le souci de la neutraliser avant tout. Non content d’établir un contrôle familial sur l’armée et de s’appuyer sur des militaires de son ethnie (les Gbaya) par défiance pour les militaires d’origine ethnique différente, il s’est efforcé de maintenir l’institution militaire dans un état de délabrement. Il a aussi contribué à la culture d’impunité et à la désintégration silencieuse de la chaîne de commandement et de la discipline en développant un réseau d’affidés dans les rangs jusqu’au niveau des sous-officiers.4

 

L’effet de la crise sur une armée en déliquescence a été immédiat. Le 23 mars 2013, seules les troupes sud-africaines se sont opposées à l’avancée de la Seleka, une coalition de groupes armés actifs dans le nord-est du pays depuis plusieurs années et qui ont décidé de prendre le pouvoir à la fin 20125 ; la garde présidentielle qui « tenait » plusieurs checkpoints entre Bangui et Damara n’a pas combattu. Elle s’est évaporée. Cette évaporation a clôturé le processus avancé d’informalisation des FACA qui avait débuté durant le régime de Patassé et avait été poursuivi par son successeur. En effet, la politique d’affaiblissement de l’armée par le général président Bozizé a abouti à une force sans structures et sans moyens de fonctionnement, incapable de défendre le pays contre les intrusions de divers groupes armés.6 De ce fait, quand ils étaient déployés à l’intérieur du pays, les militaires devaient se « débrouiller ». Cela s’est traduit par le développement d’une coexistence entre les FACA et les groupes armés dans le nord-est du pays à l’époque de Bozizé.

 

En 2010 à Sam Ouandja, une localité diamantifère proche de la frontière soudanaise, les miliciens de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) dominaient la ville et son fructueux commerce tandis qu’une petite unité des FACA sans véhicules et sans munitions se faisait discrète7. Il convient de noter que l’armée centrafricaine n’a jamais été « opérationnelle » seule et que, durant le régime Bozizé, l’incapacité des FACA à contenir les menaces contre le territoire national était partiellement compensée par la présence de plusieurs forces étrangères8.

 

Si au début de 2013 les militaires les plus proches de Bozizé ont quitté le pays avec lui, d’autres sont restés dans la clandestinité après la prise de pouvoir de la Seleka. En 2013, le personnel des services de sécurité associé au régime Bozizé a été traqué par la Seleka et un nombre indéterminé d’entre eux ont été abattus9. De ce fait, beaucoup d’entre eux ont intégré le mouvement d’autodéfense des AB lors de sa formation à la fin de l’année 2013. Les AB se sont formés spontanément à partir du milieu de l’année 2013 sous l’effet des exactions de la Seleka dans l’ouest du pays. À leurs débuts,

 

ils faisaient figure de milices de jeunes victimes en quête de vengeance10. Cette milice populaire a alors absorbé les éléments résiduels de l’armée qui ont souvent assumé le commandement de ces groupes locaux composés de jeunes.

 

Durant la transition (2014-2016), le comportement des FACA a oscillé entre menace et inutilité11. Alors qu’un processus de normalisation politique était soutenu par la communauté internationale (création d’un gouvernement transitoire, déploiement de plusieurs missions de maintien de la paix), certains militaires ont entendu l’appel de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, et sont sortis du mouvement anti-balaka. D’autres en revanche sont passés au fil de la transition de la lutte anti-Seleka au banditisme. Ceux-là sont désignés à Bangui par l’expression « d’AB militaires », notion signalant la porosité de la frontière entre les FACA et les AB12 et qui est l’équivalent centrafricain des « sobels » de la Sierra Leone13. Durant la transition, les FACA ont adopté trois postures politiques : adhésion au régime, opposition et neutralité (« ni adhésion ni opposition »). Sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre, les AB militaires ont été impliqués dans chaque épisode insurrectionnel à Bangui de 2014 à 2016. Cela faisait et fait encore douter de la loyauté des militaires aux régimes de Samba-Panza, et même de Faustin-Archange Touadéra, le nouveau président depuis mars 2016.

 

À partir du début du gouvernement de transition en 2014, les FACA ont été payés à ne rien faire, au grand soulagement de la communauté internationale car ils ont démontré leur sentiment antimusulman avec un lynchage ultra-médiatique qui a marqué les esprits à l’École nationale d’administration et de la magistrature (ENAM), le 5 février 201414. De manière très révélatrice, ce lynchage a eu lieu après une cérémonie présidée par Catherine Samba-Panza qui devait être le début du processus de reconstitution de l’armée. Cet événement a été désastreux, tant pour l’autorité de la présidente que pour l’image des FACA. À partir de ce moment-là, ils ont « senti le souffre » dans les milieux internationaux et leur reconstitution a été considérée comme prématurée15.

 

UNE RÉFORME EN MANQUE DE CONSENSUS

 

Bien que tous les discours officiels parlent de réforme de l’armée, il n’y a pas d’accord sur le paradigme de la reformation des FACA.

 

Refaire l’armée avec qui ?

 

Le premier désaccord porte sur la composition de l’armée. Dès la transition, un préalable a été posé et accepté en apparence. Le 11 novembre 2014, le Groupe international de contact (GIC) réuni à Bangui a « demandé aux autorités centrafricaines d’engager au plus tôt, le processus de refonte des FACA en vue de mettre en place une armée professionnelle, équilibrée et représentative, y compris l’adoption des mesures d’absorption des éléments des groupes armés répondant à des critères de sélection rigoureux ainsi que d’autres mesures concernant la reconversion d’une partie des FACA » 16. La vision des membres du GIC pour la future armée était celle d’une armée de compromis entre les groupes politico-militaires et le gouvernement, c’est-à-dire d’une armée qui reflète la situation du rapport de force où les groupes armés ne peuvent renverser le  gouvernement/forces internationales et où ces derniers ne peuvent les neutraliser.

 

Par ailleurs, la reformation de l’armée centrafricaine était conçue comme un double mouvement d’intégration (pour certains miliciens) et de démobilisation (pour certains FACA).

 

Ainsi, dès 2014, le paradigme de la reconstitution de l’armée centrafricaine était lié au programme de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour les groupes armés. L’accord signé le 8 mai 2015 au Forum de Bangui par les groupes armés posait les grands principes de cette intégration : progressive, sur une base individuelle, après un vetting17 et dans le respect de « critères de professionnalisme et d’équité, visant à la reconstitution d’institutions sécuritaires républicaines18 ». En 2016, la stratégie nationale de DDR a confirmé cette option tout en restant vague sur les capacités et les critères d’intégration19.

 

En effet, les groupes armés de l’ex-Seleka ont fait de leur intégration dans les forces de sécurité, et plus particulièrement dans l’armée, une revendication non-négociable en développant un argumentaire sur l’injustice à l’égard des musulmans centrafricains et leur faible représentation dans les services de sécurité20. Ne voulant pas entériner une certaine victoire de l’ex-Seleka, les autorités de la transition ont été très réservées, si ce n’est hostiles, à l’idée d’intégrer les ennemis d’hier dans ce qui est perçu comme le centre névralgique du pouvoir par tous les Centrafricains.

 

Cette hostilité est encore partagée par une grande partie du gouvernement, les FACA et surtout la population non-musulmane mais cette opposition n’a pas été assumée politiquement. Publiquement, les autorités de la transition et les autorités actuelles ont toujours souscrit au principe d’une passerelle entre le DDR et les services de sécurité mais, en privé, elles minorent le nombre de miliciens qui pourraient être intégrés et, jusqu’à présent, elles laissent perdurer le flou sur ce nombre. Un malentendu fondamental entoure donc le DDR : pour la population et le gouvernement, le DDR signifie le désarmement des miliciens et leur réintégration dans la vie civile ; pour les miliciens, il signifie leur recrutement massif dans l’armée21.

 

La capacité d’absorption de nouveaux effectifs est aussi un sérieux problème. D’une part, l’armée centrafricaine n’est plus une institution publique en tant que telle, c’est-à-dire une organisation capable de gérer du personnel22. D’autre part, l’entrée de miliciens musulmans dans l’armée est censée être possible grâce à la sortie des FACA trop âgées.

 

L’analyse des effectifs par l’Union européenne (UE) et les Nations unies a révélé qu’environ 800 militaires devraient être mis à la retraite. Cela permettrait de rajeunir les effectifs alors que la moyenne d’âge est élevée, ce qui pose un problème de « réformabilité » du personnel militaire et de portage de la réforme de l’armée. Le vieillissement du corps des officiers supérieurs réduit, en effet, les chances d’adhésion à la réforme. Bien que nécessaire, le changement de la structure générationnelle par la mise à la retraite est incompatible avec les réalités de l’administration centrafricaine.

 

Elle va à l’encontre de la surreprésentation des Gbaya dans l’armée – alors que les loyautés bozizistes jouent encore dans les rangs — et remet surtout en cause le revenu de ceux qui seraient pensionnés.

 

Outre la réticence à l’égard d’un programme de retraite qui s’explique aisément par l’âge des officiers supérieurs, le vetting mis en avant par le Conseil de sécurité des Nations unies risque d’être un autre obstacle à la recomposition des effectifs de l’armée. Justifié par les abus commis dans les deux camps, le vetting doit concerner à la fois les membres des groupes armés et des services de sécurité23. Une commission de vérification vient de se mettre à l’oeuvre pour la police et la gendarmerie mais les critères pour les militaires et ceux qui aspirent à l’être restent flous. Au-delà des critères, la mise en oeuvre d’un vetting risque d’être délicate car certains auteurs d’exactions occupent des postes de responsabilité dans le nouveau régime ou font partie de la clientèle de politiciens24. De ce fait, la mise en retraite et le vetting, qui sont nécessaires pour les internationaux, constituent des risques politiques pour le gouvernement si on en juge par les récentes rumeurs de projets de mutinerie dénoncés par les autorités.

 

Combinées à l’absence de pression militaire ou judiciaire sur les groupes armés, les divergences de vues sur le DDR expliquent qu’il fasse du sur place depuis la signature de l’accord en 2015 malgré de nombreuses et répétitives réunions.

 

Réforme structurelle ou simple opérationnalisation ?

 

La question de l’armée est au centre de visions et de demandes contradictoires. Alors que les Nations unies — qui ont déployé depuis 2014 une mission de maintien de la paix (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique — MINUSCA) —, l’UE, l’UA, la France et les États-Unis insistent sur une réforme structurelle de l’armée à long terme, les autorités réclament avant tout « l’opérationnalisation » des FACA à court terme, ce qui signifie leur réarmement.

 

Dès la transition, le déficit de sécurité dans la capitale et en province a conduit les autorités et la population à réclamer la reconstitution des FACA25. Face à l’absence de désarmement des milices et aux explications embarrassées de la communauté internationale, les FACA sont vus à tort comme la solution sécuritaire. La pression populaire et gouvernementale pour leur réarmement demeure très forte. Du fait de la persistance de l’insécurité dans certaines zones du pays26, les organisations de la société civile, le parlement, la plate-forme religieuse et la presse ont tous demandé ce réarmement et la levée de l’embargo sur les armes qui est imposé par le Conseil de sécurité des Nations unies depuis décembre 201327. Le Groupe de réflexion de la société civile en a fait son cheval de bataille et a lancé une pétition en ce sens avant les manifestations violentes d’octobre 2016 qui réclamaient le départ des Casques bleus et le réarmement des FACA28. Le retour réclamé de l’armée fait l’impasse sur son ineffectivité face à la Seleka, fin 2012-début 2013, et son état de délabrement avancé à l’époque de Bozizé. Paradoxalement, le conflit récent semble avoir annihilé la mémoire des exactions passées des FACA et de leurs performances opérationnelles29.

 

La fin de non-recevoir de la communauté internationale pour la levée de l’embargo a empoisonné les relations avec le gouvernement transitoire et a conduit à des tentatives malheureuses de ce dernier pour prendre l’initiative dans le domaine militaire sans en avoir les moyens30. Du côté gouvernemental, la seule perspective de transformation des FACA consistait à évoquer une armée « utile » où le génie militaire contribuerait au développement des routes. Le gouvernement élu a reçu ce contentieux en héritage. Face à l’incapacité des Casques bleus à prévenir les violences des groupes armés, le gouvernement continue de réclamer la levée de l’embargo, perçu comme une punition, des équipements et des formations opérationnelles en vue de reconstituer rapidement un embryon d’armée. Si le président Touadéra a récemment infléchi son discours en soulignant qu’il n’y aura pas de renaissance rapide des FACA31, il a sollicité, lors de ses nombreuses visites à l’étranger, les présidents qu’il rencontre (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Angola, etc.) afin d’obtenir des formations pour les FACA. Devant le Conseil de sécurité à New York en mars 2017, il a réitéré cette demande

 

de formation, jugeant insuffisantes les formations fournies par l’Union européenne. Lors de la fête nationale du 1er décembre 2016, les militaires centrafricains ont défilé sans armes pour montrer à la population de la capitale qu’ils étaient prêts à assumer leur responsabilité mais que la communauté internationale les en empêchait32. Pour beaucoup de Centrafricains, le réarmement des FACA est dirigé contre la menace des ex-Seleka et non des AB. Par conséquent, s’ils étaient réarmés, un scénario à la malienne ne serait pas exclu, c’est-à-dire des bavures commises par des militaires,

 

mais aussi la défaite rapide et sans appel des troupes nationales envoyées de manière prématurée contre les groupes armés (comme à Kidal en 2014).

 

À contre-courant du discours populaire et gouvernemental, la communauté internationale maintient l’embargo33 et met l’accent sur la nécessité d’une réforme structurelle de l’armée. L’analyse sous-jacente est que l’armée en tant qu’institution fonctionnelle satisfaisant à certains standards de base n’existe plus faute de chaîne de commandement, de logistique et de formation34. Sa réforme doit être une reconstruction sur de nouvelles bases. Malgré des différences d’approche, l’ONU et l’UE se sont toutes deux engagées dans cette voie. Les Nations unies promeuvent une approche globale de la réforme du secteur de sécurité dans laquelle la réforme de l’armée n’est qu’une composante. Le Conseil de sécurité privilégie une réforme de tout le secteur de la sécurité qui clarifie les responsabilités entre les différentes forces et instaure un véritable contrôle démocratique sur ce secteur. Tout en reconnaissant la nécessité d’opérationnaliser les FACA, il souhaite que cette opérationnalisation soit « progressive » et « coordonnée dans le cadre du programme de réforme du secteur de la sécurité35 ». Cette approche par le haut vise à faire retrouver au gouvernement centrafricain un comportement et des procédures d’État démocratique, c’est-à-dire à élaborer une loi de programmation militaire, une doctrine de défense, une politique publique de sécurité, etc. Bref, à élaborer une politique de sécurité et décider conformément aux procédures démocratiques. Compte-tenu de la culture politique locale, il s’agit là d’une entreprise d’acculturation politique de long terme.

 

À l’inverse, l’UE a choisi de se concentrer sur la réforme de l’armée36 en déployant une mission de conseil et de formation en juillet 2016 (European Union Training Mission in Mali – EUTM) dans le sillage de son intervention sécuritaire (European Union Force – EUFOR) et à l’instar de ce qu’elle fait ailleurs en Afrique. Créée pour deux ans, l’EUTM dispense des conseils stratégiques au ministère de la Défense et à l’état-major ainsi que des formations non-opérationnelles et opérationnelles aux FACA. Soucieuse de reconstruire une administration militaire et une chaîne de commandement effectives, l’EUTM s’efforce d’être pragmatique et d’avoir à son actif des réalisations concrètes. Elle a ainsi réhabilité le camp d’entrainement de Kassaï et formé 160 soldats de la 1re compagnie du 3e bataillon d’infanterie qui doivent être déployés loin de l’ex-Seleka à Obo37. Bien qu’elles se situent à des niveaux différents (le secteur de la sécurité pour l’ONU et l’armée pour l’UE) et qu’une amélioration de leur coordination soit souhaitable, ces approches visent toutes deux une réforme de fond qui se heurte à la fois à la vision de court terme des responsables civils et militaires centrafricains et à leur déficit de capacités managériales. Les discussions sur la réforme tournent souvent au dialogue de sourds entre les internationaux et les autorités centrafricaines – les premiers parlant de la reconstruction d’une institution militaire au sens plein du terme, tandis que les seconds croient que seules les armes manquent pour avoir une armée efficace en présentant une liste de besoins à la Prévert.

 

CONCLUSION

 

Enjeu de pouvoir majeur, la reconstitution de l’armée centrafricaine est une nécessité risquée à la recherche de son consensus. Les partenaires internationaux, le gouvernement, les groupes armés, et même la population, considèrent l’armée comme indispensable mais c’est bien le seul point sur lequel ils s’accordent. Y a-t-il encore une institution militaire, dans quel but la reconstituer et avec qui restent des sujets de divergence majeure. Malheureusement, comme durant la tentative de réforme du secteur de la sécurité durant le régime Bozizé (2008-2010), ces divergences ne sont pas abordées de front. L’exploitation démagogique de la question des FACA continue et les mêmes stratégies d’évitement et d’enlisement réapparaissent. De fait, la confiance est faible entre les autorités centrafricaines et leurs partenaires du secteur militaire38 et le processus de reconstitution de l’armée a commencé sans les groupes armés car le DDR est toujours bloqué. Le point de départ de ce processus n’est donc pas un accord politique mais une série de désaccords plus ou moins silencieux. Dans ces conditions, on peut réellement se demander si les internationaux réussiront à « éviter de former les criminels d’hier et les putschistes de demain39 ».

 

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Centrafrique-Presse.com
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 20:05
"Les Centrafricains ont une capacité de résilience inouïe" : William Daniels

 

 

 

http://www.france24.com   05/05/2017

 

Le photojournaliste français William Daniels a rassemblé dans un livre intitulé "RCA" une cinquantaine de photos réalisées au cours de ses nombreux reportages en République centrafricaine entre 2013 et 2016. Entretien.

 

C'est "l'histoire d'un pays en sursis". Le photojournaliste français William Daniels s'est rendu à dix reprises en Centrafrique entre 2013 et 2016. Il publie aux éditions Clémentine de la Feronnière, avec le soutien d’Amnesty International et de Médecins sans frontières, une partie de ce travail au long-cours qui lui a valu plusieurs prix internationaux, dont le Visa d'or humanitaire du festival Visa pour l'image et le Prix Tim Hetherington du World Press Photo et Human Rights Watch.
 

Il a choisi cinquante-six images pour illustrer ces trois années marquées par le conflit entre les miliciens anti-balaka et les rebelles de l’ex-coalition séléka, un conflit qui a fait des milliers de victimes civils et plus d’un million de déplacés et de réfugiés. La Centrafrique n’a jamais connu de période de stabilité depuis son indépendance en 1960, secouée à plusieurs reprises par des coups d’État et gangrenée par des rebellions. C’est un pays "que personne n'a jamais été capable de placer sur une carte et qui a toujours vécu au bord du gouffre", résume William Daniels.

 

Pourquoi avoir choisi de consigner votre travail en Centrafrique dans un livre ?

 

"Au cours de mes dix séjours en Centrafrique, j’ai emmagasiné beaucoup de photos, plus de 50 000. Je voulais prendre du recul sur ce travail et construire un ensemble d’images assez restreint afin de transmettre une vision de la Centrafrique issue de mes expériences. L’idée n’était pas de faire un portfolio de presse en décrivant précisément tel fait à tel moment. C’est une autre approche. C’est un regard de photographe sur un pays en crise plus que la chronique photographique d’une crise."

 

Très peu de photos montrent des scènes de violences. Comment avez-vous procédé dans votre sélection ?

 

"La sélection a été un long processus. Cela prend des mois. On s’interroge sur ce que l’on veut transmettre, sur la cohérence des images. En Centrafrique, j’ai d’abord travaillé pour la presse, au début de la crise, essentiellement pour Times Magazine. Les images publiées à ce moment-là étaient très violentes, très dures. Quand j’ai réfléchi à ce livre, la question était : ‘est-ce qu’il y a un intérêt à publier à nouveau ces images ou peut-on raconter la détresse de ce pays avec des images plus subtiles ?’. J’ai choisi la deuxième option. L’idée était de raconter cette violence sans image violente. Je pense que ces photos touchent plus les gens, ils ne détournent pas le regard, mais s’accrochent aux regards, aux gestes, aux lumières. Dans ce livre, il n’y a que deux photos avec du sang."

 

Votre dernier reportage en Centrafrique remonte à l’année dernière. Comment avez-vous trouvé le pays par rapport à ce que vous en aviez découvert en 2013 ?

 

"J’ai constaté qu’il était plus dur d’y travailler, alors que paradoxalement la situation sécuritaire dans le pays s’est améliorée. Fin 2013, nous étions plutôt bien accueillis par la communauté chrétienne. Les gens étaient heureux de rencontrer les rares journalistes qui étaient sur place et qui documentaient les exactions commises par les ex-rebelles de la séléka. Depuis, la situation a beaucoup changé. Les deux bords ont commis des violences et il est devenu plus difficile de travailler avec les deux camps. Je pense aussi que beaucoup de Centrafricains ont l’image du photographe qui vient s’enrichir sur le dos du peuple qui a énormément souffert. Ils se sentent manipulés et voit en l’étranger qui vient réaliser quelque chose chez eux, un voleur. On est passé du statut de témoin à celui de voleur d’images. Cela tient aussi du fait qu’il ne voit presque jamais le résultat. Quand je leur parle de la presse américaine pour laquelle je travaille, ils me répondent que les Américains sont intéressés par leurs ressources. La souffrance est telle dans ce pays qu’il faut trouver un responsable, le photographe qui arrive peut facilement être celui-ci."

 

Vous avez travaillé dans de nombreux autres pays, pourquoi vous êtes-vous attaché à la Centrafrique ? Allez-vous un jour y retourner ?

 

"Beaucoup de choses rendent ce pays très attachant. Les Centrafricains eux-mêmes d'abord, qui ont une capacité de résilience inouïe, malgré les épreuves. Et naturellement, à force d’y retourner souvent, des liens se créent, avec les personnes, avec les lieux. Cela restera à vie, ça fait partie des reportages qui marquent. Un jour, j’en suis persuadé, j’y retournerai, mais pas tout de suite. Ce pays est épuisant, il demande beaucoup d’énergie. Il faut souligner que la situation sur place est toujours alarmante même si la RCA est sorti des radars de la Communauté internationale et des médias internationaux. La sécurité et la situation humanitaire sont désastreuses. Il y a eu un immense espoir lors de la Conférence des donateurs en novembre 2016, mais les résultats se font toujours attendre sur place. Les moyens n’arrivent pas. Pendant ce temps, tous les ingrédients à l’origine de cette crise sont encore là, ça ne peut augurer que d’un futur tragique."

 

05/05/2017

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