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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 22:25
Lu pour vous : Centrafrique : Idriss Déby vole au secours de Touadera

 

 

 

 

http://beninmondeinfos.com  Christophe SESSOU  27 juin 2017

 

Le Tchad a annoncé ce weekend, des sanctions contre Abdoulaye Hissène, un chef rebelle dont le groupe armé est impliqué dans des exactions en Centrafrique. De cette façon, le président tchadien, Idriss Déby Itno vole au secours de son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadera, confronté à des violences contre les minorités ethniques et religieuses depuis plus d’un an.

 

Au menu des sanctions prises ce samedi 24 juin contre Abdoulaye Hissène, un chef du groupe armé centrafricain, Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), figurent « le gel de ses avoirs et fonds  au Tchad et l’interdiction de son entrée ou son transit sur le territoire tchadien », selon  le ministre, Ahmat Mahamat Hassan

 

Le 17 mai 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies avait inscrit Abdoulaye Hissène sur la liste des personnes visées par des sanctions onusiennes et, en avril, les États-Unis avaient ajouté le chef de milice à leur liste noire économique. Le FPRC est l'une des principales milices de l'ex Séléka et a été mêlé aux violences qui ont fait une centaine de morts le mardi 20 juin dernier à Bria, dans le centre de la Centrafrique.

 

Ce geste de la part du président tchadien est à saluer. En effet, le président a été depuis longtemps indexé pour son soutien présumé à la mouvance rebelle des ex Séléka. Or, les affrontements du mardi sont intervenues au lendemain de la signature d’un cessez-le-feu entre le gouvernent et une dizaine de groupes armés en présence du représentant du secrétaire général des Nations Unies à Rome, sous l’égide de la communauté Sant’Egidio. De quoi attiser les soupçons à l’encontre du président tchadien. Idriss Déby Itno, dont les troupes sont déjà mises à l’indexe en Centrafrique, ne veut certainement pas qu’un rapport officiel révèle son soutien aux rebelles. Il a donc préféré anticiper, en prenant des mesures contre le chef de guerre dont il a été pendant longtemps perçu comme proche. Du coup, il apporte son soutien au président centrafricain, Faustin-Archange Touadera, dans sa politique pour la sécurité en Centrafrique.

 

 Abdoulaye Hissene, faut-il le rappeler, est l'un des chefs du FPRC, ancien chef de l'ex coalition musulmane de la Séléka, ex conseiller et ministre de la Jeunesse, des sports, des arts et de la culture sous l'ancien président de la République Michel Djotodia. Michel Djotodia et l'ex Séléka avaient renversé en 2013 le président François Bozizé, précipitant le pays et ses 4,5 millions d'habitants dans le chaos. La chute de M. Bozizé avait été suivie d'une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes puis d'une intervention française pour rétablir l'ordre. Mais depuis le début de cette année, les violences ont repris dans le pays.

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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 22:18
Des chiens volés pour être cuisinés dans les rues de Bangui en Centrafrique
Des chiens volés pour être cuisinés dans les rues de Bangui en Centrafrique

 

 

Des chiens volés pour être cuisinés dans les rues de Bangui en Centrafrique

 

http://observers.france24.com  26/06/2017

 

L'un de nos Observateurs a été témoin d’une chasse peu commune dans les rues de Bangui, capitale de la Centrafrique. Des jeunes ont capturé et tué un chien avant de le cuisiner dans la rue pour vendre sa chair. Problème : l’animal avait été volé à son propriétaire. Un cas loin d'être isolé qui choque certains centrafricains, et inquiète des vétérinaires.

 

ATTENTION, CERTAINES IMAGES CI-DESSOUS PEUVENT CHOQUER


Dans une vidéo transmise aux Observateurs de France 24, et dont nous ne diffusons que des captures d’écran ci-dessous, on peut voir un groupe de jeune taper avec un gourdin sur un chien, à terre et visiblement inerte.

 

"C'est de plus en plus difficile de trouver du chien selon les voleurs"

 

Les jeunes n’étaient pas très à l’aise à l’idée d’être filmés. Ils m’ont affirmé qu’ils avaient volé cet animal à son propriétaire dans le 1er arrondissement [dans le centre de la capitale]. Puis, ils l’ont emmené dans un quartier du 6ème arrondissement [dans le sud de Bangui] pour l’achever et le dépecer. Selon eux, c’est de plus en plus difficile de trouver du chien, une viande très appréciée et bon marché. J’ai ensuite pris des photos les montrant en train de cuire la viande et de la vendre sur le bord de la route, 100 francs CFA (environ 15 centimes d’euros) le bout de chair.

 

"On ne laisse plus notre chien sortir seul"


Bien que choquante, cette pratique ne serait pas totalement isolée : plusieurs Observateurs centrafricains nous ont fait part durant ces six derniers mois de cas de vols de chiens. Un propriétaire de chien dans le 2ème arrondissement de Bangui nous a confirmé, sous couvert d’anonymat, qu’il était régulièrement harcelé depuis plusieurs mois :

 

Des jeunes nous ont dit que notre chien avait l’air en bonne santé, qu’il était robuste, et qu'il ferait, selon eux, un met succulent. Ils ne nous ont jamais proposé d’argent. [Selon nos Observateurs, un chien se négocierait autour de 10 000 francs CFA, soit d’une quinzaine d’euros, NDLR]. Selon eux, la viande de chien est très à la mode en ce moment, donc ils en cherchent plus que d’habitude.



Nous avons catégoriquement refusé, car pour nous, notre chien fait partie de notre famille. Mais nous avons très peur, car il y a une semaine, un autre chien a été tué dans le quartier. Depuis, on ne laisse plus le nôtre sortir : on l’accompagne toujours le soir, ou on l’attache en laisse à l’abri des regards en journée.


D’autres propriétaires nous ont confié avoir parfois vendu leur chien, une fois celui-ci décédé, à ceux qui voulaient récupérer la dépouille pour le vendre.

 

"Les voleurs de chiens risquent jusqu’à 5 ans de prison"

 

Contacté par France 24, Bienvenu Zokoué, directeur de l’Offfice central de répression du banditisme de Bangui, confirme avoir connaissance de cas de vols, même s'il affirme que ce phénomène n'est pas très répandu.

 

Récemment, nous avons reçu une ou deux requêtes de propriétaires se plaignant du vol de leurs chiens. Mais cela pourrait être beaucoup plus, car les propriétaires signalent plutôt ce type de vol auprès des autorités coutumières, et cela ne remonte parfois pas jusqu’à nous.

 


Consommer du chien, c’est une pratique culturelle de ressortissants de la République démocratique du Congo vivant en Centrafrique, mais aussi de quelques communautés centrafricaines des régions de Lobaye et M’baiki [dans le sud de Bangui, Ndlr]. A Bangui, c’est surtout de la viande qu’on consomme dans le 6ème arrondissement, dans le sud de la capitale. Les chiens ne sont pas les seuls concernés : nous avons aussi eu vent de chats qui sont chassés. Cela est bien sûr formellement interdit : le vol d’animaux est puni jusqu’à 5 ans de prison et 500 000 francs CFA d’amende selon le code pénal centrafricain.

 

"Ces personnes qui chassent des chiens prennent de gros risques pour leur santé"

 

Les cas de vol rapportés par nos Observateurs soulèvent également des problémes sanitaires comme le souligne Jean Faustin (pseudonyme), un vétérinaire à Bangui.

 

Avant la crise centrafricaine, il y avait des élevages encadrés de chiens destinés à la consommation de viande, notamment pour quelques restaurants ou vendeurs qui commerçaient avec les ethnies friandes de cette viande. Ces élevages ont petit à petit disparu avec la crise qui a touché le pays pour des raisons économiques.



La consommation de viande de chien en dehors de ces circuits formels est une inquiétude pour nous : aucun contrôle sanitaire n’est effectué, et ces chiens volés peuvent être porteurs de maladies zoonotiques, c'est à dire qui se transmettent de l'animal à l'homme, comme la rage, sans en avoir des symptômes apparents. Les risques ne sont pas au niveau du consommateur, car une fois la viande cuite, la maladie n’est plus présente. En revanche, ces maladies peuvent se transmettre à l’homme lorsque les cadavres ou les entrailles sont manipulées. Ces personnes qui chassent les chiens prennent donc de gros risques pour leur santé.


"Les chiens que nous contrôlons sont souvent positifs à des maladies zoonotiques"

 

Contacté par France 24, le responsable de laboratoire de l’institut Pasteur de Bangui, Emmanuel Rivalyn Nakouné Yanndoko, confirme que des chiens sont régulièrement abattus chez des éleveurs ou des particuliers. Il précise :

 

A chaque fois je demande que la tête soit envoyée au laboratoire pour analyse, et souvent, le diagnostic à des maladies zoonotiques est positif. Dans ce cas, nous faisons systématiquement un communiqué radio pour que toutes personnes ayant été en contact avec l'animal se rendent au Centre de traitement antirabique à l'Institut Pasteur de Bangui, pour une prise en charge.


Pour limiter les effets des maladies zoonotiques, le gouvernement centrafricain a procédé à la vaccination de 16 165 chiens au mois de juin dernier. Selon les estimations du ministère de la santé, il resterait environ 3 400 chiens recensés qui n’ont pas été présentés par leur propriétaires lors de cette campagne de vaccination.

 

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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 22:06
Lu pour vous : Centrafrique : à Bangassou, le pire côtoie le meilleur de l’humanité
Lu pour vous : Centrafrique : à Bangassou, le pire côtoie le meilleur de l’humanité
Lu pour vous : Centrafrique : à Bangassou, le pire côtoie le meilleur de l’humanité

 

 

Centrafrique : à Bangassou, le pire côtoie le meilleur de l’humanité

 

http://www.la-croix.com  Laurent Larcher (à Bangassou), le 26/06/2017 à 16h22
 

 

Alors que les violences sont redevenues quotidiennes depuis plus d’un mois dans plusieurs villes du pays, environ 2 000 musulmans sont retranchés dans le petit séminaire de l’évêché de Bangassou, au sud-est. Autour d’eux, des miliciens anti-balaka – chrétiens – tentent de les tuer.

 

Poings, gourdins, planches… Les coups pleuvent sur l’adolescent affolé. Là, à quelques mètres de la cathédrale de Bangassou, pendant la messe. À l’intérieur de l’élégante église en briques rouges, l’assemblée achève de réciter, d’une seule voix, le Notre Père. La tempête d’un côté, le recueillement de l’autre. Une légère inquiétude gagne l’assemblée. Parmi les fidèles, certains ont compris, comme sœur Juliette, une franciscaine de Montpellier. Elle se précipite à l’extérieur.

 

Devant elle, de jeunes musulmans accourent participer à la curée. Ils ont reconnu dans la victime l’un de ceux qui les harcèlent jour et nuit. Des paroissiens plongent avec courage dans la mêlée. Les coups redoublent. Certains s’interposent comme cette jeune musulmane qui arrache le couteau des mains de son frère. Sœur Juliette lève les bras au ciel, tente de trouver une solution, s’approche du tourbillon, crie d’une voix faible qu’il faut arrêter cette horreur.

 

Soudain, deux hommes réussissent à arracher l’adolescent, le traînent vers la cathédrale. Un enfant a encore le temps d’écraser une pierre sur le crâne du garçon. Les voici à l’intérieur, à l’abri. Ils filent par une porte dérobée. « C’est insensé », s’exclame sœur Juliette avant de prendre place dans la file qui va communier.

 

Bangassou, une ville prise par les anti-balaka depuis le 13 mai

 

À la fin de la célébration, la plupart des fidèles ne s’attardent pas. Une minorité lance des insultes vers le site des musulmans, à trois cents mètres. « Après ce qu’on a fait pour vous, c’est comme ça que vous nous remerciez ! », s’emporte une religieuse qui ne supporte plus de vivre dans ce climat de violence permanente. Un homme crie : « Il n’y a rien à faire avec vous ! »

 

Trois soldats marocains du contingent de la Minusca, la mission de l’ONU en Centrafrique, s’approchent pour apaiser les esprits. Mais la population n’aime pas ces hommes. Elle les accuse d’incompétence et de connivence avec les musulmans. Tout le monde s’attend à une réaction des anti-balaka. La ville appartient à ces milices chrétiennes depuis le 13 mai, date à laquelle elles se sont emparées de Bangassou en chassant les musulmans.

 

Ces derniers, réfugiés à la mosquée centrale, ont été exfiltrés le 16 mai par les forces spéciales portugaises et conduits vers le Petit séminaire Saint-Louis, à l’évêché : un réduit encerclé de miliciens, les « auto-défense », nouveau nom des anti-balaka (AB). On y trouve des scouts, un ancien séminariste, des voyous, de jeunes désœuvrés, des ruraux…

 

Impossible pour les musulmans de se rendre à l’hôpital

 

Ces groupes sont soupçonnés d’être téléguidés, financés et armés par des proches de l’ancien président François Bozizé. Sur les sept gangs qui se partagent la ville, les trois plus féroces sont commandés par un ancien « Faca », l’armée du temps de Bozizé. Jour et nuit, les musulmans sont exposés aux attaques de ces hommes sanguinaires. S’ils franchissent l’enceinte du petit séminaire, les « AB » les assassinent.

 

Mi-juin, quelques déplacés ont tenté de rejoindre Bangui à bord de camions convoyés par le contingent mauritanien de la Minusca. Las, l’un des véhicules est tombé en panne à la sortie de la ville. Las, les casques bleus mauritaniens ont poursuivi leur route sans lui. Las, les anti-balaka sont arrivés, ont reconnu l’un d’eux, l’ont aussitôt tué, découpé, avant d’exhiber dans la ville les membres du malheureux. Deux autres ont su se faufiler dans les herbes pour frapper à la porte des sœurs de Montpellier. Sœur Juliette s’est débrouillée pour les reconduire, sains et saufs, à l’évêché.

 

Toutes les nuits, des rôdeurs ouvrent le feu, et les armes se répondent d’un quartier à l’autre. Sous les bâches du HCR, les déplacés comptent les coups et attendent, fatalistes, la fin des tirs. Mieux vaut pour eux ne pas avoir besoin d’être hospitalisés. Les AB s’y opposent. Impossible de traverser la ville en déjouant leur surveillance. Même les humanitaires ne prennent pas ce risque depuis que deux rescapées de l’attaque de la mosquée, deux musulmanes, ont été exécutées à l’hôpital central. Aujourd’hui, les seuls blessés par balles opérés et soignés dans ce dispensaire sont des AB et des non-musulmans.

 

« Le feu grondait depuis des mois »

 

Il est révolu le temps où chrétiens, musulmans et animistes vivaient en bonne intelligence à Bangassou. Pourtant, depuis la crise centrafricaine de 2013, ils avaient su résister à la passion identitaire. Mais la belle vitrine du vivre ensemble centrafricain a volé en éclats. « Le feu grondait depuis des mois », explique Mgr Aguirre, l’évêque – de nationalité espagnole – de Bangassou, sous la protection duquel ces musulmans se sont rangés. 65 ans et trois infarctus, déjà.

 

« L’arrivée des Peulhs d’Ali Darras en février 2016 à Nzako, à 190 km de là, a déstabilisé la province de Mboumou, poursuit-il. Ils ont pillé et racketté la population. Le contingent marocain n’a pas su la défendre, ni le gouvernement centrafricain. Les jeunes se sont soulevés, les choses se sont envenimées. »

 

Un autre groupe de rebelles, composé de musulmans tchadiens, a profité du désordre pour prendre pied dans cette région riche en mines d’or et de diamants, le Front patriotique de la République centrafricaine (FPRC) du tchado-centrafricain Noureddine Adam. « On s’attend à les voir tomber sur Bangassou pour secourir leurs frères de l’évêché. Au début de la semaine, ils ont ravagé Nzako et Bakouma, ont pillé les quartiers chrétiens, brûlé des dizaines de maisons, tué des jeunes, dévalisé les biens de l’Église dont un nouveau bloc opératoire. Le précédent avait été démonté par les mêmes, en 2013 », ajoute l’évêque. En réponse, les AB ont détruit la mosquée de Bangassou.

 

Un abbé dépêché comme médiateur auprès des anti-balaka

 

La rumeur annonce le déclenchement imminent d’une offensive FPRC. Des SMS alarmistes circulent plusieurs fois par jour, déclenchant, parfois, un vent de panique. Le directeur diocésain de la Caritas, l’abbé Guy-Florentin N’Zingazo, en reçoit justement un qui l’avertit que les anti-balaka de Pino Pino (Pépin Wekanam, de son vrai nom), l’un des plus cruels de la ville, se préparent à attaquer le Petit séminaire en représailles à l’incident de la matinée. Ils seraient à 200 mètres. Connu pour ses talents de médiateur, l’abbé Alain Blaise Bissialo, curé de la paroisse du Christ Roi de Tokoyo, face à la mosquée centrale, est dépêché pour calmer les esprits. Lui aussi a accueilli des familles musulmanes dans sa paroisse.

 

Le site du petit séminaire n’est pas sécurisé. Les Marocains ne semblent pas disposés à se battre efficacement. À la mosquée centrale, le 13 mai, ils avaient abandonné les musulmans aux snipers anti-balaka. Bilan, une quarantaine de morts dont l’imam, des femmes et des enfants. Les Marocains ont aussi la réputation d’ouvrir le feu sans distinguer les cibles. À Bangassou, on ne compte plus les habitants blessés par leurs tirs.

 

Autre crainte : si les AB attaquent, les extrémistes musulmans du site peuvent se retourner contre la dizaine de prêtres vivant à l’évêché. Finalement, l’abbé Bissialo persuade Pino Pino de tenir ses troupes. C’est la troisième fois cette semaine.

 

« S’il y a des criminels parmi la population, il y a aussi des justes »

 

Dans l’après-midi, l’évêque reçoit un message d’une religieuse réfugiée en RDC, de l’autre côté du fleuve Mbomou, frontière naturelle entre les deux pays. Elle lui annonce son retour. Rendez-vous à 16 heures à l’embarcadère. Avant de s’y rendre, Mgr Aguirre s’arrête au Petit séminaire pour rassurer les déplacés. Il y croise Kaltouma, 27 ans, assise, seule, sur une natte. Le 28 mai, la jeune femme a demandé à l’abbé Guy-Florentin de la déposer à l’embarcadère pour qu’elle puisse traverser le fleuve avec ses quatre enfants de 12, 10, 8 et 2 ans et sa sœur de 14 ans. L’abbé devait s’y rendre pour célébrer une messe. Mais sur la rive, ils sont tombés sur les AB de Ngade, un ancien Faca. Les miliciens se sont emparés de Kaltouma, de ses enfants et de sa petite sœur, les ont entraînés à l’écart et les ont tués.

 

Donnée pour morte, jetée dans le fleuve, la jeune maman a pu rejoindre Bangassou. Une catéchiste l’a trouvée, cachée, soignée et fait raccompagner au camp. « S’il y a des criminels parmi la population, il y a aussi des justes. Ils sont majoritaires », assure le prêtre médiateur. Le pire côtoie le meilleur de l’humanité : les chrétiens de Bangassou n’échappent pas à la règle générale. Responsable du site, la Caritas coordonne le travail des agences humanitaires de l’ONU. Si les déplacés sont pourchassés par des chrétiens, ils sont aussi secourus par des chrétiens.

 

« Après ce qu’ils nous ont fait, il faut tous les tuer. Et ceux qui les aident »

 

Une heure plus tard, Mgr Aguirre prend sa voiture, enclenche une cassette audio : une musique espagnole, et prend la direction du fleuve. Il est arrêté, à son tour, par les mêmes AB de Ngade. Sa voiture est encerclée par ces criminels au regard insensé, armés de fusils d’assaut AK 47, de fusils de chasse, de lances, de grands couteaux. Leur chef l’insulte, l’accuse d’être un mauvais chrétien, d’être vendu aux musulmans, le menace avec son arme, doigt sur la gâchette. « Après ce qu’ils nous ont fait, il faut tous les tuer. Et ceux qui les aident. Moi, je suis catholique, un véritable catholique », hurle-t-il.

 

L’évêque garde son calme. Il l’écoute. D’une voix suave tandis que la mélodie espagnole s’échappe de la voiture, il lui souffle : « Le jour où tu seras blessé, où tu seras menacé, je viendrai aussi te chercher pour te mettre à l’abri ». La parole fait mouche, le chef lui demande un billet de 10 000 FCFA (6,5 €). La religieuse n’étant toujours pas arrivée, l’évêque ne s’attarde pas.

 

48 heures plus tard, Pino Pino a attaqué le site de l’évêché. Les Marocains ont ouvert le feu et repoussé les assaillants. Un enfant est né, aussi, cette nuit-là, dans le réfectoire du Petit séminaire.

–––––––––––––––

 

Un pays en proie aux violences

 

Mars 2013 : la Centrafrique bascule dans la violence après le renversement du président Bozizé par la rébellion musulmane Séléka, entraînant des représailles de groupes anti-balaka, défenseurs des chrétiens.

 

Décembre 2013 – octobre 2016 : opération Sangaris menée par la France.

 

Septembre 2014 : déploiement de la Minusca (12 500 hommes actuellement).

 

Novembre 2015 : à Bangui, le pape François appelle les Centrafricains à « résister à la peur de l’autre ».

 

Mi-mai 2017 : reprise des violences à Briat, Bangassou et Alindao.

 

19 juin : accord de paix signé à Rome par 13 groupes rebelles ou milices sous le patronage de Sant’Egidio, pour tenter d’éviter l’« embrasement généralisé » que redoute l’ONU. Le 22, la Conférence épiscopale centrafricaine et le cardinal Nzapalainga démentent y avoir mandaté un représentant « tout en saluant tous les efforts en faveur du rétablissement de la cohésion sociale ».

 

Laurent Larcher (à Bangassou)

 

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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 21:49
Lu pour vous : Centrafrique, des dizaines de milliers de requêtes devant la CPS
Lu pour vous : Centrafrique, des dizaines de milliers de requêtes devant la CPS

 

 

Centrafrique, des dizaines de milliers de requêtes devant la CPS

 

http://mondafrique.com  Par  Aza Boukhris  27 juin 2017

 

Le Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui pourrait bien être un leurre pour prolonger l'impunité générale

 

Les drames de Kaga Bandoro, de Bangassou, de Bambari, de Bria, de Paoua,  de Bangui etc…attendront une prolongation éventuelle de sa compétence temporelle. Du moins si les financements internationaux ne font pas défaut. Or on parle déjà du retrait possible des Etats Unis d’Amérique.

 

Quelques dizaines de magistrats, d’officiers de police judiciaire et de greffiers vont donc se pencher sur les centaines de milliers de cas entrant dans la compétence de cette Cour. Ce ne sera pas simple devant les crimes de masse, le nombre ahurissant de criminels, souvent transfrontaliers, et les centaines de milliers de victimes.

 

Rappelons que la CPI, avec ses moyens importants, a mis  treize ans pour juger, en première instance, le congolais Jean-Pierre Bemba. D’ores et déjà, les organisations de la société civile et les structures religieuses se mobilisent pour recenser les éventuelles requêtes. Fin juin 2017,  il y aurait déjà plus de 10 000 requêtes, rien que pour les années 2013 et 2014. Plusieurs dizaines de milliers de requêtes seront donc bientôt devant la Chambre d’instruction de la CPS. Il serait bon que cette juridiction puisse disposer bientôt de plusieurs salles afin de faire face à ce probable déluge de saisines.

 

Des magistrats enviés

 

Evidemment, les déplacements des magistrats instructeurs hors de Bangui sont actuellement impossibles. Comment établir la réalité des faits et des témoignages ?  Certes les puissants 4×4 seront là, mais pour les routes bitumées de Bangui. La Minusca a déjà suffisamment de problèmes pour ne pas en ajouter d’autres avec la protection des personnels de la CPS.

 

Même à Bangui, la sécurité des magistrats ne sera pas évidente, car les membres de la CPS feront des envieux avec leurs nombreux avantages financiers, matériels et diplomatiques. Les personnels centrafricains, nommés à la CPS, risquent aussi de faire des jaloux auprès de leurs anciens collègues et d’aviver les revendications des laissés-pour-compte.

 

La RDC « modèle » de justice équitable

 

Le président Touadera a « apporté sa pierre » pour cette construction baroque dans un univers où l’administration de la Justice n’existe plus depuis très longtemps.

 

Le colonel Toussaint Muntazini, Procureur général de la Cour Pénale Spéciale

 

N’ a-t-il pas nommé comme procureur général, un magistrat militaire de RDC, colonel de son état, digne représentant de la justice militaire congolaise qui vient encore de s’illustrer au tribunal de Mbuji-Mayi, dans l’affaire du Kasaï oriental. Les notions de procès équitable et de droits humains ne semblent pas encore bien ancrées en RDC.

 

En tous cas, l’ONU, la CPI, les représentants locaux des organisations onusiennes et les partenaires financiers se sont réjouis de cette curieuse nomination.

 

Créée par l’ancienne président Catherine Samba-Panza, en juin 2015, la Cour Pénale Spéciale (CPS) est une juridiction hybride, composée de magistrats et d’ auxiliaires de justice nationaux et internationaux. Elle est surtout une forme de déconcentration de la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye.

 

Crimes de masse

 

Théoriquement en place pour cinq ans, jusqu’en 2020, elle doit traiter les violations graves aux droits humains et au droit international humanitaire tels que les crimes de guerre ou contre l’Humanité, commis entre 2003 et 2015. Les innombrables crimes commis après 2015 sont donc exclus.

 

Le chef de l’État centrafricain a également nommé des nationaux qui seront évidemment aux ordres et les musulmans peu représentés. La nomination de l’inamovible procureur de la République, Alain Tolmo, ce magistrat docile qui devient substitut du procureur général, est éclairante (voir encadré ci dessous).

 

Une nouvelle fois, le peuple centrafricain risque d’avoir de faux espoirs, alimentés par la communauté internationale, et de devoir patienter pour voir la fin de l’impunité, moteur d’une des pires tragédies africaines qui, sans aucun doute, va devenir contagieuse pour les pays limitrophes.

 

Alain Tolmo, un Procureur docile

 

Alain Tolmo traversa sans encombres les régimes de Bozizé, Djotodia et la Transition.de Catherine Samba-Panza. Nommé jadis par Bozizé et Touadera, il a « courageusement » lancé un mandat d’arrêt international contre le président déchu, deux mois après le coup d’État du 26 mars 2013 de Djotodia. Conservant son poste après l’élection du président Touadera, il se signala en participant à la libération de Jean-Francis Bozizé, qui venait d’être arrêté par la Minusca, sur la base du mandat d’arrêt international…. jadis délivré par lui-même.

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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 21:47
L'archevêque de Bangui n’a mandaté personne pour signer l’accord de Sant’Egidio

 

 

 

L’archevêque de Bangui dément avoir signé l’accord de Sant’Egidio pour la paix en Centrafrique

 

http://www.la-croix.com  Loup Besmond de Senneville (avec Laurent Larcher, à Bangui), le 26/06/2017 à 16h38

 

Archevêque de Bangui, en Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga dément avoir mandaté quiconque pour signer en son nom un « accord politique pour la paix en République centrafricaine » sous l’égide de la communauté de Sant’Egidio.

 

Le cardinal Dieudionné Nzapalainga n’a jamais signé ou fait signer l’« accord politique pour la paix en République centrafricaine ». Quelques jours après la publication par la communauté de Sant’Egidio d’un texte de dix pages entendant mettre un terme aux violences en Centrafrique, l’archevêque de Bangui dément formellement l’avoir paraphé.

 

La signature d’un certain Godefroy Mokamanede, présenté comme étant le « représentant du cardinal Nzapalainga », figure sur le document. Mais dans un communiqué publié le 22 juin, le cardinal centrafricain précise qu’il n’a « mandaté personne pour le représenter et prendre des engagements en son nom, ni à titre personnel, ni comme président de la CECA (Conférence épiscopale centrafricaine, NDLR), ni comme membre fondateur de la Plateforme des confessions religieuses ».

 

Cette plate-forme interreligieuse, qui réunit également un responsable musulman et un représentant protestant centrafricains, est impliquée dans de nombreux pourparlers de paix.

 

L’archevêque de Bangui salue, dans son communiqué, « tous les efforts en faveur du rétablissement de la cohésion sociale en RCA ». Interrogé par La Croix samedi 24 juin, il portait toutefois un regard critique sur l’accord publié par la communauté italienne. « Le texte tel qu’il a été publié est une porte ouverte vers l’impunité pour les auteurs des violences », affirme-t-il.

 

L’accord signé à Rome lundi 19 juin prévoit un cessez-le-feu immédiat. Au terme de trois jours et nuits de travail, ses signataires – les nombreux groupes politico-militaires présents dans le pays, ainsi que les envoyés du président de la République Faustin-Archange Touadéra – se sont mis d’accord sur des points qui touchent aux aspects politique, sécuritaire, économique, humanitaire et social. Ils ont donné à cet accord le caractère d’une « feuille de route » vers la sortie de la crise, censée ouvrir « la voie à la pacification de la Centrafrique ».

 

Le texte a été signé à Rome, en présence du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga, d’observateurs de la communauté internationale de Sant’Egidio, de représentants de l’Union européenne et du gouvernement italien. Le cardinal Nzapalainga était le seul responsable religieux à voir figurer son nom sur ce texte.

 

Mais sur le terrain, les combats violents et meurtriers se sont poursuivis, notamment dans les zones de Bangassou, Alindao et Bria.

 

Loup Besmond de Senneville (avec Laurent Larcher, à Bangui)

 

L'archevêque de Bangui n’a mandaté personne pour signer l’accord de Sant’Egidio

 

Par RFI Publié le 27-06-2017 Modifié le 27-06-2017 à 20:41

 

Polémique en Centrafrique autour de l'accord de paix signé sous l'égide de la communauté de Sant'Egidio, signé le 19 juin à Rome entre les groupes armés et le gouvernement centrafricain. Parmi les signataires, figure Godefroy Mokamanédé, présenté comme le «représentant du cardinal Dieudonné Nzapalainga». Problème : dans un communiqué, le cardinal centrafricain, archevêque de Bangui, déclare n'avoir mandaté personne.

 

Dans son communiqué, le cardinal Nzapalainga salue « tous les efforts pour ramener la cohésion sociale en RCA », mais précise qu'il n'a mandaté personne pour le représenter lors des discussions de Sant'Egidio, ni en son nom personnel, ni au nom de la conférence épiscopale.

 

Les évêques, qui se sont réunis la semaine dernière, font remarquer qu'à aucun moment la conférence n'a été associée à ces discussions. D'où leur surprise de voir figurer au bas de l'accord le nom d'un soi-disant représentant du cardinal.

 

Godefroy Mokamanédé, ancien vice-président de l'autorité nationale des élections, a participé plusieurs fois à des rencontres de ce type, mais comme observateur, indique Mgr Nestor Aziagba, vice-président de la Conférence épiscopale. Mais cette fois c'est de « l'usurpation » ose le prélat.

 

Du côté de Sant'Egidio, on cache mal son embarras. Mauro Garofalo, chargé des relations extérieures de l'organisation, parle d'un « malentendu » que Godefroy Mokamanédé et le cardinal -- qui se connaissent bien selon lui-- devront clarifier entre eux.

 

Cette polémique est-elle de nature a discréditer cette entente de Sant'Egidio ? « Non », répond Mauro Garofalo. « Cette polémique nous permettra d'être encore plus inclusifs. Cet accord est né, mais il faut encore travailler pour le faire apprécier par tout le monde », ajoute le diplomate qui se rendra à Bangui pour des explications de texte auprès des leaders religieux, dont les évêques, la semaine prochaine.

 

 

Centrafrique: les évêques démentent avoir envoyé un émissaire aux négociations de Rome

 

mardi 27 juin 2017  |  AFP

 

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, président de la Conférence épiscopale centrafricaine (CECA), a déclaré n'avoir mandaté personne à Rome pour la signature d'un accord de paix entre groupes armés, alors qu'un des signataires s'est réclamé de la CECA.


"Tout en saluant tous les efforts en faveur du rétablissement de la cohésion sociale en République centrafricaine (...) la CECA et son Eminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga tiennent à préciser que Son Eminence n'a mandaté personne pour le représenter et prendre des engagements en son nom", explique le prélat dans un communiqué parvenu mardi à l'AFP.


Le texte dénonce le fait qu'"un des signataires s'est présenté comme l'émissaire de S.E. Dieudonné Cardinal Nzapalainga", sans préciser qui était ce signataire.

Le 19 juin, 13 groupes rebelles sur les 14 recensés dans le pays ont signé à Rome un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat, sous le parrainage de la communauté catholique Sant'Egidio.


Dès le lendemain de la conclusion de l'accord, le cessez-le-feu avait été rompu à Bria, dans le centre, où de violents affrontements ont fait une centaine de morts, selon les autorités locales et des sources sécuritaires.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 21:43
Invité Afrique RFI :  Mauro Garofalo (Sant’Egidio)
Invité Afrique RFI :  Mauro Garofalo (Sant’Egidio)

 

 

 

 

Par Jean-Jacques Louarn  RFI  

 

San't Egidio: en Centrafrique, «sans stabilisation l’argent ne sera pas engagé»

 

Au lendemain même de l'accord politique signé à Rome, le 19 juin, sous l'égide de San't Egidio, entre le gouvernement centrafricain et 13 groupes armés rebelles, de violents combats entre milices ont fait une centaine de morts à Bria, dans le centre du pays. Cet accord est-il mort-né ? Au Sénégal, la rébellion casamançaise est toujours une épine dans le pied de Dakar. Les négociations vont-elles reprendre avec Salif Sadio ? La Libye, c'est le chaos. Comment en sortir ? Fallait-il faire tomber Kadhafi ? La communauté San't Egidio intervient comme médiateur - dans la plus grande discrétion - dans de nombreux conflits de basse ou haute intensité. Aujourd'hui, le responsable des relations extérieures de San't Egidio, Mauro Garofalo, fait le point sur ces conflits pour RFI.

 

RFI : Mauro Garofalo, après Bria, l’Accord de Rome est-il toujours d’actualité ?

 

Mauro Garofalo : Evidemment, il ne s’agit pas d’une baguette magique. Il s’agit d’un accord politique très avancé. Le chemin est encore long, mais nous allons parcourir le chemin.

 

Cet accord n’a pas été signé - entre guillemets - par les grands patrons des groupes armés,  mais par des lieutenants. N’est-ce pas là un problème ?

 

Disons que tous les représentants ont été mandatés par les grands patrons, comme vous le dites. Tout ça, on a bien vérifié avec  les treize ou quatorze groupes qui ont été présents. Nous n’avons aucun doute sur le mandat. Je pense qu’ils ne vont pas démentir, mais l’application dans la réalité sur le terrain et sur l’étendue du territoire est énorme. Il faudra encore du temps. Nous tous sommes convaincus que sans la stabilisation, sans le désarmement, tout l’argent promis par le bailleur de fonds ne peut pas s’engager.

 

San’t Egidio souhaite-t-il aujourd’hui lancer un appel en direction des groupes armés centrafricains ?

 

Oui, l’appel c’est : « Calmez-vous, désarmez-vous, essayons de respecter le cessez-le-feu, car sans cela tous les dispositifs économiques, sociaux et politiques de l’accord ne peuvent pas être mis en place. Le pays mérite ça ! »

 

Mauro Garofalo, la Casamance – le chef rebelle Salif Sadio – affirme que de nouveaux contacts ont été établis avec San’t Egidio. Alors première question : est-ce vrai ?

 

C’est toujours vrai, nous sommes en contact avec le MFDC – le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance – et je suis heureux de le dire, c’est depuis quatre ans il y a un cessez-le-feu. Malgré les tensions liées au changement du régime en Gambie, le cessez-le-feu tient encore pour essayer de trouver une solution finale à la crise qui dure.

 

Comment Salif Sadio peut-il se déplacer aujourd’hui, aller à Rome ? A Dakar il serait arrêté et la porte de Banjul est - semble-t-il - fermée dorénavant.

 

Un voyage de Salif Sadio n’est pas au programme en ce moment. Il y a une négociation politique qui a beaucoup avancé. Disons que je constate la bonne volonté de tout le monde.

 

Un nouvel émissaire onusien a été nommé pour la Libye : Ghassan Salamé. San’t Egidio va-t-il le rencontrer ?

 

Sans doute. Comme nous sommes en relation avec plusieurs acteurs du sud de la Libye – le Zintan, et d’autres – Saint ‘Egidio est un peu une plateforme confidentielle pour se rencontrer et discuter du futur du pays.

 

Fallait-il faire tomber Kadhafi ?

 

Ah ! Ça c’est la question à un million de dollars ! Disons : « Fallait-il préparer le futur de la Libye ? » Chose qui n’a pas été faite. Tomber dans le vide comme ça, c’était évidemment une erreur. Et nous sommes encore en train de payer le prix de cela.

 

Tout logiquement, évoquant le Mali qui est en proie aux attaques terroristes et ne maîtrise pas son territoire, faut-il parler avec quelqu’un comme Iyad Ag Ghali et avez-vous des contacts avec lui ?

 

En ce moment non. San’t Egidio était par les années passées autour de la création de la Coordination du mouvement de l’Azawad. Il faut parler avec tout le monde, mais en ce moment c’est à la présidence de la République de faire la chose. Il y a un processus en cours. Il faut appliquer les accords.

 

Parler avec tout le monde, donc parler avec Iyad ag Ghali ?

 

Je ne dis pas cela. Il y a des limites. Nous sommes convaincus qu’il faut faire la paix avec ceux qui font la guerre. Mais il y a des limites qu’il ne faut pas dépasser.

 

San’t Egidio ne privilégie-t-il pas la paix au détriment de la justice. C’est un vieux débat, mais tellement d’actualité ?

 

C’est toujours d’actualité. C’est un problème, je pense, philosophique grave. Je ne dis rien sur cela, je dis simplement que les deux choses doivent marcher ensemble. Aussi, si vous regardez le texte de l’accord politique en Centrafrique, vous ne trouverez jamais ni impunité, ni amnistie, ni d’autres choses comme ça car la justice doit faire son parcours, en même temps que la paix est nécessaire.

 

Au Cameroun, le meurtre de Monseigneur Bala est le meurtre de trop pour les évêques camerounais. Pourquoi tue-t-on les prélats ? Monseigneur Bala n’est pas le premier dans ce pays.

 

C’est un assassinat qui nous touche beaucoup car Monseigneur Bala était un grand ami de San’t Egidio. Il a toujours participé aux rencontres des évêques amis de San’t Egidio. Nous avons beaucoup prié pour lui et pour l’Eglise camerounaise. Là, il faut encore que la justice fasse son parcours, qu’elle identifie les auteurs de cet acte terrible. Et nous attendons le résultat, mais maintenant pour nous c’est simplement le moment de la douleur.

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 21:39
Anicet-Georges Dologuélé : « La Minusca a laissé l’insécurité se développer en Centrafrique »
Anicet-Georges Dologuélé : « La Minusca a laissé l’insécurité se développer en Centrafrique »

 

 

 

 

 

Dans cette interview, le député centrafricain Anicet-Georges Dologuélé, président de l’Union pour le renouveau centrafricain (Urca), revient sur la situation sécuritaire de son pays. Il a assisté à Rome aux discussions organisées par la communauté catholique Sant’Egidio entre les groupes armés et les représentants du gouvernement.

 

Pour lui, l’accord qui a été trouvé permettra de fixer des lignes rouges capables de guider le pays vers une sortie de crise : pas de chantage par les armes, pas d’amnistie, et le respect de l’autorité de la présidence. Pour celui qui est le chef de l’opposition, le gouvernement et la Minusca ont certes accusé du retard dans la mise en place d’une transition vers la paix, mais elle reste atteignable.

 

Par Aïssatou Diallo et Jules Crétois

 

 

 

“Il faut laisser les Centrafricains résoudre eux-mêmes le conflit“

 

 

http://www.lavie.fr/  Propos recueillis par Anne Guion publié le 27/06/2017

 

Le 19 juin dernier, 13 groupes armés et le gouvernement centrafricains ont signé un accord de paix à Rome sous l'égide de Sant'Egidio. Censé mettre fin à la crise que traverse le pays depuis 2013, le texte suscite beaucoup de critiques dans le pays. Et la colère de l'avocat Mathias Morouba, président de l'Observatoire centrafricain des Droits de l'homme

 

Que pensez-vous de l'accord de paix signé le 19 juin entre treize groupes armés centrafricains et le gouvernement de Bangui sous l'égide de Sant'Egidio ?

 

 

Il s'agit d'un énième accord de paix signé à l'extérieur du pays. Je ne suis pas contre un accord de paix sur le principe, bien sûr, mais pendant que l'on invite à Rome des criminels qui ont du sang sur les mains, sur le terrain, ces mêmes groupes continuent de massacrer la population. Où sont les victimes dans cette histoire ? On déroule le tapis rouge, on paye des billets d'avions et des chambres d'hôtel à des gens qui ont commis des horreurs, et pendant ce temps les victimes sont abandonnées à leur sort.

 

 

Les groupes armés présents et le gouvernement se sont pourtant mis d'accord sur un cessez-le-feu immédiat..

 

 

Ce n'est pas la première fois qu'un cessez le feu est évoqué. Le lendemain de la signature, un nouveau massacre a eu lieu à Bria dans le centre du pays, commis par un des groupes signataires. C'est donc cela, le cessez-le-feu dont ils parlent ? Il nous faut un accord franc et clair signé sur le terrain. Vous savez, il ne se passera rien tant qu'on ne laissera pas les Centrafricains prendre en charge eux-mêmes la résolution du conflit. Même le pape François, en venant lui-même en Centrafrique en 2015, a laissé entendre que la solution devait être trouvée ici. Nous sommes là. Les victimes sont là. Il faut résoudre le conflit sur place. Laissez le peuple centrafricain tranquille. Tout vient de là : il y a beaucoup trop de personnes qui s'intéressent à la Centrafrique et qui ont intérêt à ce qu'elle soit instable car, ainsi, elles profitent de cette situation, pour exploiter les mines d'or et les diamants du pays.

 

 

Comment cet accord a-t-il été perçu par la population ?

 

 

Que voulez-vous que les Centrafricains en pensent ? Les gens souffrent. Dans la brousse, à Bria, Bangassou et Alindao (où ont eu lieu des massacres en mai et en juin), les centres de santé et les écoles sont fermés. La population est dans la boue. Elle n'a que faire d'un accord signé à Rome et qui n'a pas de conséquence sur le terrain.

 

 

L'archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga dément avoir mandaté quiconque pour signer en son nom l'accord de paix… Comment expliquez-vous un tel couac ?

 

 

Je fais partie des avocats de l'Église catholique centrafricaine et je peux vous affirmer que l'archevêque n'a jamais demandé de mandat à quiconque pour parapher cet accord. Il dément formellement avoir voulu le signer. Il se trouve aux côtés de la population qui souffre et non à Rome.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 21:35
Deux militaires centrafricains tués à l’est de Centrafrique

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) jui 27, 2017 à 14:25  Deux éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont été tués lundi à Mboki une localité située à l’est de Centrafrique, selon des sources sécuritaires.

 

Ces éléments tués font partie du contingent centrafricain déployé dans la zone en remplacement des forces ougandaises et américaines qui luttaient contre les rebelles de la LRA (Armée de libération du Seigneur) dans la région.

 

Ces soldats ont trouvé la mort lors d’une intervention contre un groupe armé assimilé à des peulhs qui ont envahi la ville de Mboki en commettant des exactions sur les civils.

 

Selon ces sources sécuritaires, le bilan de cette intervention est de quatre morts et de plusieurs blessés. Les corps des deux militaires seront rapatriés ce mardi à Bangui. 

 

 

NDLR : Devant les difficultés de conservation des corps, ceux-ci ont été hélas inhumés sur place.

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 20:54
Centrafrique: un volontaire de la Croix-Rouge tué

 

 

 

 

- 27/06/2017

 

Le communiqué n'a pas précisé les circonstances du meurtre du volontaire centrafricain de l'organisation.

 

Un volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine a été tué vendredi par des inconnus armés à Bangassou, ville du sud-est du pays où des affrontements meurtriers ont opposé en mai des groupes armés aux Casques bleus de la Minusca, a annoncé lundi la Croix-Rouge.

 


Joachim Ali a été tué vendredi soir dans les locaux de la Croix-Rouge à Bangassou, a indiqué dans un communiqué la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en appelant une nouvelle fois les groupes armés qui sévissent en Centrafrique à respecter "la neutralité et l'impartialité" de la Croix-Rouge.



Le communiqué n'a pas précisé les circonstances du meurtre du volontaire centrafricain de l'organisation.

 


Les organisations humanitaires sont régulièrement attaquées par des des hommes armés issus de divers groupes qui pillent leurs locaux et leurs convois d'aide.



Ainsi, à Bria (centre) où des affrontements entre groupes armés ont fait une centaine de morts la semaine dernière des locaux d'organisations humanitaires ont été pillés.

 

"Des résidences et des bureaux d'organisations humanitaires ont été pillés. Ces actes de violence contre les humanitaires sont inacceptables", avait protesté le coordonnateur du bureau humanitaire de l'ONU (Ocha) pour la Centrafrique, Najat Rochdi.



La Centrafrique a basculé dans les tueries de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane Séléka, entraînant des représeillas de groupes anti-balaka se disant défenseurs des chrétiens.



Les interventions de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont ramené le calme dans Bangui mais 50 à 60% du pays reste sous le contrôle des groupes armés.


La Minusca a subi au mois de mai ses plus lourdes pertes depuis son déploiement en 2014. Six Casques bleus ont été tués en mai à Bangassou et sa région, théâtre avec d'autres localités d'un regain de violences. ...

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 20:35
Nouvelles nationale sur RJDH
Nouvelles nationale sur RJDH
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La Cour Pénale Spéciale et la lutte contre l’impunité facteur de paix sociale en République Centrafricaine

 

Par RJDH le 27 juin 2017

 

Les violations récurrentes des droits humains en Centrafrique sont dues à un déficit criard de culture du respect des droits dans  ce pays. Pour prévenir ces conflits, il est donc important de développer cette culture, de consolider et c’est pour cela la seule manière d’éviter de revenir de façon cyclique aux atrocités et tueries que connait la Centrafrique depuis l’ère de l’Empereur Jean-Bedel BOKASSA, est la création d’une Cour Pénale Spéciale(CPS) au sein du système judiciaire national ceci permettra de renforcer les capacités de la société civile Centrafricaine afin qu’elle puisse faire le monitoring des droits humains dans le pays et veiller à ce que les auteurs rendent compte à la justice qui a un rôle important a joué dans l’instauration ou la préservation de la paix.

 

A tout point de vue, il ne sert pas véritablement de mettre à l’écart au profit d’une prétendue paix car, au final, celle-ci s’avéra fragile, précaire et ponctuelle.

 

Sans la justice, la préservation d’une paix durable est bien chimère. Car la justice participe à la paix. C’est ce que nous rappelle encore le Professeur Jean Didier BOUKONGOU  lorsqu’il souligne : « (…) la justice a pour mission précisément de faire respecter les règles qui régissent la société, de faire régner l’équité et partant la paix sociale »[1].La justice sert à rétablir l’ordre social violé, à normaliser les relations interpersonnelles et partant à moraliser les consciences. Comme le souligne le Secrétaire général des Nations unies, « (…) personne n’est exempt du processus judiciaire »[2]. La lutte contre l’impunité ont été des signaux forts des autorités de transition .La justice et la lutte contre l’impunité ont été au cœur des demandes lors des consultations populaires  du Forum de Bangui. Le Pacte républicain a demandé l’introduction d’une clause constitutionnelle prohibant toute possibilité d’amnistie pour les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes de génocide commis en République centrafricaine(RCA) .Le 22 avril 2015, le Conseil national de transition a adopté la loi organique portant création de la CPS, qui a été promulguée par la présidente de transition le 3 juin 2015. La CPS est une institution mixte, hybride.

 

Cette mixité est perceptible dans la quasi-totalité des instances qui la constituent et elle fait la caractéristique principale de la CPS. Les juges du siège, c’est-à-dire les juges qui officient dans les chambres d’instruction, d’accusation spéciale, d’assise et d’appels ont au nombre de 21 juges, dont 10 juges internationaux et 11 juges   Centrafricains. Cette mixité se manifeste également dans le fait que le ministère public est  dirigé par un Procureur spéciale (un magistrat international), secondé par un  Procureur adjoint (un Centrafricain). Les membres Centrafricains et internationaux doivent être des personnes de bonne moralité, faisant preuve d’impartialité et d’intégrité et possédant les qualifications professionnelles requises pour être nommés aux plus hautes fonctions judiciaires. Les membres internationaux sont proposés par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation(MINUSCA)[3]. La mixité est aussi perceptible dans le droit applicable. La CPS est d’après la loi créée au sein de l’ordre judiciaire Centrafricain et applique donc le droit positif centrafricain tel que consigné notamment dans le Code Pénal et le Code de Procédure Pénal. Mais dans l’hypothèse d’un silence du droit local, l’article 3 portant création du CPS prévoit un recours possible aux normes de fond et de procédure établies à l’échelle internationale. Il est également prévu un recours possible .Ainsi, il  convient d’analyser donc sur une triple dimension :du consentement national sur la répression par la CPS des crimes internationaux commis en RCA (A) à la protection des victimes et des témoins des crises militaro-politique par la CPS(B)pour finir par l’implication de l’Unité Spéciale de Police Judiciaire(CPSJ) dans les activités de la CPS avec l’appui de la MINUSCA(C).

 

A-     DU CONSENTEMENT NATIONAL SUR LA REPRESSION PAR LA CPS DES CRIMES INTERNATIONAUX COMMIS EN RCA

 

La réconciliation est difficile quant elle n’est appréhendée que sous son aspect socio-émotionnel, c’est-à-dire comme signifiant la concorde totale, la fusion alors que le pays est confronté à de graves violations des droits de l’homme pendant des années la cohésion nationale. L’organisation de la répression ne peut avoir un impact sur le processus du retour à la paix que si la politique d’administration de la justice à ces situations  provient d’un consentement national ou du moins acceptée par toutes les parties en conflit. La RCA offre  l’exemple de la procédure devant la CPS  ou tous les protagonistes de la crise sont d’accord sur sa nécessité. En règle générale de droit, la compétence désigne «  pour une juridiction, l’aptitude légale à accomplir un acte ou à instruire et juger  et procès »[4]. La compétence délimite le périmètre et le contenu de l’action d’une juridiction. Cette compétence peut être temporelle, matérielle, personnelle et territoriale. La compétence temporelle  de la CPS est celle qui indique clairement le terme initial (dies a quo) et le terme final (dies ad quem) d’une juridiction donnée. Elle indique les délais impartis à une juridiction pour mener son action. 

 

La loi portant création de la CPS dispose en son article 3 que la CPS est compétence  rétroagit pour enquêter sur les violations graves des droits humains et les violations graves du droit international  humanitaire commises sur le territoire de la RCA depuis le 1er janvier 2003, et pour instruire et juger les affaires y relatives, notamment le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Sa compétence est complémentaire de celle de la Cour pénale internationale qui enquête sur la situation en RCA depuis 2014. En procédure pénale, la compétence territoriale (compétence rationae loci) désigne « l’aptitude d’une juridiction pénale à connaitre d’une infraction en fonction d’une circonstance de lieu »[5] . Ce lieu peut être, selon les cas, celui de la commission de l’infraction ou alors celui de l’arrestation du prévenu. La loi portant création de la CPS indique en son article 3 que la Cour est établie pour connaitre des crimes commis « sur le territoire de la République Centrafricaine ». L’article 4 renchérit en disposant que cette compétence territoriale couvre non seulement le territoire national, mais qu’elle s’étend aussi « aux actes de coaction et de complicité commis sur le territoire des Etats étrangers avec lesquels l’Etat Centrafricain est lié par accords d’entraide judiciaire ».Lorsque de tels accords bilatéraux font défaut, l’alinéa 2 de l’article 4 précise que «  les règles de procédure en matière de coopération internationale s’appliquent pour les enquêtes, l’instruction, le  jugement et l’incarcération des auteurs identifié des infractions de la compétence de la CPS ».

 

Le principe est donc que la compétence territoriale de la CPS est proportionnelle à la superficie du pays, mais corrélativement, les clauses des accords d’entraide judiciaire est les mécanismes de la coopération judiciaire internationale peuvent être mis en branle dans la recherche et l’établissement des faits constitutifs d’une infraction donnée. La compétence matérielle de la CPS renvoie à « l’aptitude d’une juridiction à connaitre des infractions qui peuvent être instruites et punies par la Cour. La loi portant création de la CPS dispose en son article 3 qu’elle est compétente «  pour enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains et les violations graves du droit international humanitaire (…) notamment le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre ». La détermination des éléments constitutifs de chacun de ces crimes est indiquée par les 152 à 155 du Code pénal centrafricain. Ces dispositions du droit positif centrafricain recoupent largement le contenu des articles 5 à 8 du Traité  de Rome portant création de la Cour pénale internationale .La   compétence personnelle fait appel à « l’aptitude d’une juridiction pénale à connaitre de certaines infractions en fonction de la qualité personnelle du délinquant »[6] . Cette compétence esquisse le profil des justiciables potentiels d’une  juridiction donnée. Aux termes de la loi portant création de la CPS, cette dernière a compétence pour juger tous les auteurs des violations graves des droits humains et les violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire national depuis le 1er janvier 2003 .

 

Elle a notamment vocation à juger les auteurs de crimes de génocides, de crime contre l’humanité et des crimes de guerre. Ces auteurs peuvent être des acteurs directs des infractions incriminés, ou alors des commanditaires(article 55alinéa 2), des co-auteurs ou des complices desdites infractions(article 55alinéa c). L’article 56 indique que la qualité d’un prévenu n’interfère pas dans l’action de la Cour : « la présente loi s’applique à tous de manière égale, sans aucune distinction fondée sur la qualité officielle ». La durée d’existence de la CPS est de  cinq ans, renouvelable en cas de besoin[7]. Devant la CPS deux éléments clés doivent être réunis pour établir la responsabilité pénale.  Premièrement : lorsqu’une personne est pénalement responsable et peut être punie pour un crime relevant de la compétence de la Cour, elle commet un tel crime que ce soit individuellement, conjointement avec une autre personne ou par l’intermédiaire d’une autre personne , que cette autre personne soit ou non pénalement responsable ;elle ordonne, sollicite ou encourage la commission d’un tel crime, dès lors qu’il y a commission ou tentative de commission de ce crime ; en vue de faciliter la commission d’un tel crime, elle apporte son aide, son concours ou toute autre forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de ce crime, y compris en fournissant les moyens de cette commission ; elle contribue de toute autre manière à la commission ou à la tentative de commission d’un tel crime par un groupe de personnes agissant de concert, cette contribution doit être intentionnelle et, selon le cas, viser à faciliter l’activité criminelle ou le dessein criminel du groupe, si cette activité ou ce dessein comporte l’exécution d’un crime relevant de la compétence de la Cour ou est faite en pleine connaissance de l’intention du groupe de commettre ce crime ; s’agissant du crime de génocide, elle incite directement et publiquement autrui à le commettre ;elle tente de commettre un tel crime par des actes qui, par leur caractère substantiel, constituent un commencement d’exécution .Deuxièmement :un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Spéciale commis par des forces placées sous son  commandement ou son autorité et son contrôle effectifs, selon le cas, lorsqu’il n’a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces forces au cas où : ce chef militaire ou cette personne savait, ou en raison des circonstances, aurait dû savoir que ces forces commettaient ou allaient commettre ces crimes  ; ce chef militaire ou cette personne n’a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou réprimer l’exécution ou pour en référer aux autorités compétentes au fins d’enquêtes et de poursuites .

 

En ce qui concerne les autres relations entre supérieur hiérarchique et subordonnés, le supérieur hiérarchique est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la CPS commis par des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectifs, lorsqu’il n’a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces subordonnés dans les cas où : le supérieur hiérarchique savait que ces subordonnés commettaient ou allaient commettre ces crimes ou a délibérément négligé de tenir compte d’informations qui l’indiquaient clairement ; ces crimes étaient liés à des activités relevant de sa responsabilité et de son contrôle effectif ;le supérieur hiérarchique n’a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou réprimer l’exécution ou pour en référer au autorités compétentes aux fins d’enquêtes et de poursuites. La responsabilité pénale d’un commandant pour les infractions au droit international humanitaire, perpétrées par ses subordonnés, était une question centrale de l’affaire du général Yamashita, qui avait été examinée par la Cour suprême des Etats-Unis en 1946 .Dans cette affaire, le général Yamashita, commandant des forces japonaises au Philippines en 1944-1945 , était condamner d’avoir  omis de s’acquitter de son devoir de contrôler les opérations auxquelles participaient les personnes placées sous son commandement, qui avaient violé les lois de la guerre.

 

Le jugement majoritaire prononcé par le président de la Cour suprême, le juge STONE, prononcé le principe selon lequel les lois de la guerre[8] imposaient à un commandant d’armée le devoir de prendre des mesures appropriées qui étaient en son pouvoir, pour contrôler les soldats placés sous ses ordres, afin de les empêcher. Il est généralement admis que le principe de la responsabilité du commandement est nécessaire, si l’on veut que des poursuites pénales puissent être contres d’autres personnes que celles qui ont directement commis l’infraction. Si ceux qui sont inculpés en tant que supérieurs n’ont pas directement commis l’infraction, ils sont toutefois considérés comme autant responsables et même davantage pour avoir omis d’empêcher que leurs subordonnés ne commettent des violations, ou de punir les auteurs de violations effectivement commises. En revanche, dans l’affaire Llandovery Castle, deux subordonnés, qui avaient exécuté l’ordre du commandant de leur sous –marin d’ouvrir le feu sur les survivants de navire torpillé Llandovery  Castle, alors que ces derniers étaient dans leurs chaloupes de sauvetages, n’ont pas pu invoquer l’obéissance aux ordres d’un supérieur. Dans ce cas, il a estimé que l’ordre violait une règle universellement connue du droit international. Les  subordonnés ne pouvaient donc prétendre ignorer que l’ordre était illégal[9]. Dans la récente affaire Finta, la Cour suprême du Canada a décidé que le moyen de défense fondé sur les ordres d’un supérieur pouvait être invoqué dans certaines circonstances : les membres des forces militaires ou policières peuvent invoquer le moyen de défense fondé sur l’obéissance aux ordres d’un supérieur et celui de l’agent de paix dans la poursuite pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[10].

 

Face à cette situation les peines applicables par la CPS sont celles prévues par le Code Pénal de la RCA à l’encontre des auteurs des crimes visés par l’article 3 qui souligne que : « toute tentative de crime qui aura été manifestée par un commencement d’exécution, si elle n’a été suspendue ou si elle n’a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est considérée comme le crime même » .Toutefois, conformément à l’article 6 du Pacte international sur les droits civils et politiques de 1966 ,à l’article 77du Statut de Rome de 1998, à la Déclaration de Cotonou du 04 juillet 2014 et à la Résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies(A /RES /69 /186 de 2014) intitulée « Moratoire sur l’application de la peine de mort » la peine maximale prononcée sera celle de prison à perpétuité[11]. En effet l’article 17 du Code pénale centrafricain prévoit la peine de mort parmi les peines susceptibles d’être infligées dans le cadre d’un procès pénal .L’article 158 du même Code est plus incisif et dispose que « le crime de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont punis de la peine de mort ». Mais l’article 59  de la loi CPS exclu la peine de mort et fixe la peine maximale à la prison à perpétuité.

 

B-LA PROTECTION DES VICTIMES ET DES TEMOINS DES CRISES MILITARO-POLITIQUE PAR LA CPS

 

Sur la situation en Centrafrique de la CPS, la plupart des crimes ont été commises à partir du mois de janvier 2003, alors que les enquêteurs n’ont commencé à y travailler car la plupart des bâtiments administratifs ont été saccagés ou pillés. Les preuves documentaires sont donc moindres d’où l’importance des témoins. Ceux-ci peuvent cependant légitimement craindre des représailles en cas de témoignages surtout que la CPS doit mener la partie de ses enquêtes dans un pays en proie à l’insécurité. A cette fin conformément aux textes qui régissent la Cour, la protection des victimes et des témoins par des mesures spécifiques définies précisément par le règlement des preuves et procédures de la CPS et comprenant entre autres la tenue d’audiences à huis-clos et la protection de l’identité des  victimes et des témoins[12]. En vue de garantir le respect du principe d’égalité les victimes indigents pourront bénéficier des services d’un avocat prévu par loi portant création de la CPS  dont le rôle est défendre les intérêts des parties aux procès. La loi prévoit également des avocats commis d’office pour assister les prévenus, les accusés et les victimes indigents et souscrire au principe de l’égalité  des armes dans le procès.

 

C-DE L’IMPLICATION DE L’UNITE SPECIALE DE POLICEJUDICIAIRE(USPJ)  DANS LES ACTIVITES DE LA CPS AVEC L’APPUI  DE LA MINUSCA

 

Les Centrafricains vivant sur le territoire de la RCA que ce soit les victimes, les acteurs directs et indirects, les associations des droits de l’homme, la société civile sont concernés par les activités de la CPS  appuyée dans ses actes d’investigations  des exactions et les atrocités subis par la population civile en vue de l’établissement des preuves des infractions entrant dans son domaine de compétence par l’USPJ qui lui est exclusivement rattachée et exerce les fonctions de police judiciaire  et de ministère public. L’USPJ défère aux ordres émanant des juges  de la CPS. La MINUSCA ou les organes de police judiciaire nationaux extérieurs à l’USPJ pour éviter la désinformation peuvent fournir, à tout moment, au Procureur Spécial, tout élément d’information à leur disposition permettant d’établir la vérité sur  la commission d’un crime grave relevant de CPS ou permettant d’en identifier les auteurs, coauteurs ou complices[13].Les Officiers de Police judiciaire, membres de l’UPS, sont détachés de leurs corps d’origine respectifs et placés dans le ressort de la CPS. L’article 33 de la loi portant création de la CPS dispose que les membres de cette  USPJ sont nommés par un décret pris en conseil de ministres. Ce décret détermine également la proportion de Policiers et de Gendarmes dans cette unité. Dans l’exercice de la mission qui leur est confiée l’USPS  a le pouvoir de requérir toute expertise jugée nécessaire à la collecte, à l’analyse et à la conservation des indices et preuves des infractions. La chambre d’appel de la CPS statue en fait et en droit. Si la chambre rejette le recours, la décision de la chambre d’accusation spéciale ou de la chambre d’assises sort entier et plein effet. La chambre d’appel peut, selon le cas confirmer, annuler ou reformer les décisions prises par la chambre d’assises ou la chambre d’accusation spéciale.

 

Le délai d’appel est de trois jours conformément à l’article 208 et 59 de la loi organique sur la Cour de Cassation en Centrafrique et commence à courir : le jour après celui du prononcé de la décision lorsqu’elle est rendue de manière contradictoire ;le jour après celui de la signification de la décision lorsqu’elle est réputée contradictoire ou rendue selon la procédure de contumace. Elle peut, selon le cas confirmer, annuler ou reformer les décisions prises par la chambre d’assises ou la chambre d’accusation spéciale. Toutefois, elle peut renvoyer le dossier à la chambre d’assises, qui dans une nouvelle composition devra rendre une nouvelle décision sur les faits en question. Les décisions rendues par la chambre d’appel sont insusceptibles de voies de recours, à l’exception de la révision exclusivement : lorsqu’elle est fondée sur l’erreur sur la personne de l’accusé ; lorsqu’un des témoins entendu aura été postérieurement à la condamnation, poursuivi et condamné pour faux témoignage contre l’accusé ou le prévenu ; le témoin ainsi condamné ne pourra pas être entendu dans les nouveaux débats ; lorsque, après une condamnation, un fait venait à se produire ou à se révéler, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats étaient représentés, de nature à établir l’innocence du condamné.

 

In fine, l’adoption de la loi portant création de la CPS en RCA est salutaire, car c’est un pas décisif dans la lutte contre l’impunité. En particulier, elle est satisfaite que la loi énonce en son article 56  qu’elle s’applique à tous de manière égale, sans aucune distinction fondée sur la qualité officielle. Cela implique qu’elle ne reconnait pas l’immunité pour des représentants de l’Etat. Il est crucial que la CPS  soit mise en place rapidement afin qu’elle puisse commencer les enquêtes. La CPS ne pourra être établie qu’avec le soutien financier de la communauté internationale, elle  doit chercher à faire connaître à la communauté de base le bien-fondé de la Cour. Il importe aussi que la communauté internationale continue à soutenir le système de justice pénale ordinaire car les tribunaux Centrafricains devront être à même de juger les personnes accusées de crimes n’atteignant pas le seuil de crimes faisant l’objet de la CPS. Assurer la sécurité des victimes et des témoins ainsi que celles des magistrats et des enquêteurs nationaux et étrangers sera essentiel au succès de la  CPS. La communauté internationale doit s’engager à financer la CPS  et soutenir la justice pénale en vue de la restauration de la chaine pénale. La lutte contre l’impunité est l’objectif recherché.

 

L’une des raisons qui ont poussé la communauté internationale à faire ce pas en, avant, c’est qu’il s’est avéré que la perpétration des crimes internationaux dans un Etat ne remet pas seulement en cause la stabilité de cet Etat .Mais aussi celle des pays voisins, le procès a ce rôle de panser les plaies couvertes par les belligérants lors des conflits et de dissuader les futurs criminels de violations du droit international humanitaire ceux-là qui ignorent encore que ce principe de dissuasion est  essentiel pour les systèmes nationaux de maintien de l’ordre et il n’en va pas autrement à l’échelon international lorsque les dirigeants politiques et militaires sont persuadés qu’ils seront amenés à répondre de leurs actes ceci a un effet dissuasif[14]. L’histoire nous donne des exemples édifiants. Suite à la déclaration du 19 janvier 1946 faite par le commandement suprême des forces alliées d’Extrême-Orient, un procès semblable fut ouvert à Tokyo  pour juger les criminels de guerre de cette région. Signalons enfin que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, le 26 novembre 1968, une Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité[15].

 

Docteur Charles LASSERRE YAKITE

 

 

Tchad: Les confessions de Deby sur les combines de la France en Centrafrique

 

Par Fleury Agou le 27 juin 2017

 

 

BANGUI, 27 juin 2017 (RJDH)–Le Président tchadien, Idriss Deby Itno était l’invité de Radio France Internationale (RFI), du journal Le Monde et de TV5 Monde il y a quelques jours. Le Chef d’Etat tchadien a pointé du doigt le rôle trouble de la France dans la tragédie centrafricaine.


Accusés par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU pour exactions commises par ses soldats en Centrafrique, comme à ses habitudes, Idriss Deby en transe a dit haut ce que d’autres disent bas en crachant des vérités à la France mais en se dédouanant. Il s’est servi d’un adage pour rappeler que des Etats, auteurs de la tragédie centrafricaine veulent entrainer le Tchad avec eux en le calomniant.

 

«  Je crois que dans l’adage de certaine région, il est dit : Pour mourir, faut pas mourir seul, il faut entrainer d’autres personnes avec–soi-. Il y a des pays dont les soldats ont fait des bêtises et qui jugent mal le rôle du Tchad alors que celui-ci était neutre », a déclaré Idriss Deby.

 

Quand Cyril Bensimon de TV5 Monde a demandé au Chef d’Etat tchadien quels sont les pays dont les militaires se sont mal comportés en RCA  » vous pensez à la France et aux soldats de Sangaris ? « .  A cette question,  Deby a pointé «  les soldats français, les soldats congolais, …d’autres nationalités aussi ».

 

En reposant la question au journaliste pour savoir « qui a armé les anti-Balaka avec des grenades, des kalachnikovs et des minutions ? Qui a créé les affrontements entre chrétiens et musulmans ?  » Le N°1 du Tchad a martelé que « ce n’est pas le Tchad » et qu’ « il faut demander à la France de faire une enquête ». Une manière voilée de dénoncer le jeu trouble de la France en Centrafrique.

 

Les langues se délient sur la crise centrafricaine


Dans sa diatribe, le Président du Tchad a qualifié le rapport onusien de « malhonnête ». Car, selon lui, «  on a étiqueté le Tchad pour ne pas être accusé seul ». Il s’est adressé par-là à la France, dont ses militaires de l’Opération Sangaris ont été accusés de viol sexuel et de pédophilie sur mineurs en échange de pitance ne veut partager seule sa culpabilité. Puisque, Deby a rappelé à ses hôtes que « l’homosexualité, la pédophilie, cela n’existe pas dans nos traditions -tchadiennes- ».

 

Et tout compte fait, l’on est en mesure de croire que l’Armée tchadienne n’est pas intervenue sur les théâtres d’opération pour l’intérêt des africains, mais «  pour protéger les intérêts des Occidentaux dans tous ses pays », a déclaré Idris Deby. Malheureusement, au lieu d’être reconnaissants, «  il y a des gens, des pays, des organisations qui nourrissent une haine contre le président Deby et contre l’armée tchadienne et c’est pour eux un moyen de se faire payer », a déploré le Président du tchadien.

 

Mais Deby a-t-il oublié son soutien logistique à la Séléka et faisant du Tchad la base arrière du FPRC ? Dieu merci que le Chef d’Etat tchadien nous a rappelé qu’il est l’appui de la Françafrique en Afrique Centrale. Sa réélection en 2006 après modification de la Constitution est l’œuvre de la France. « J’aurais souhaité m’arrêter en 2006 après mon second mandat. Mais la guerre a éclaté. Et alors que je ne le voulais pas, la France est intervenue pour changer la Constitution ».

 

Pour se faire une bonne image, le Tchad vient de geler les avoirs d’Abdoulaye Hissene, le chef de guerre du FPRC et a lancé un mandat d’arrêt contre ce chef de guerre.

 

 

Centrafrique : Abdoulaye Hissene du FPRC dans le viseur de la justice tchadienne

 

Par Fridolin Ngoulou le 26 juin 2017

 

 

BANGUI, 26 juin 2017 (RJDH)—Abdoulaye Hissene, l’un des chefs rebelles de la faction Séléka du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), est visé par la justice tchadienne. Le Tchad a annoncé le gel de ses avoirs et son interdiction de franchir les frontières tchadiennes.

 

C’est le ministre tchadien de la justice Ahmat Mahamat Hassan qui a fait l’annonce ce 24 juin. Les sanctions du Tchad interviennent un mois après que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies ait inscrit Abdoulaye Hissene sur la liste des personnalités Centrafricaines visées par les sanctions, notamment le gel des avoirs et l’interdiction de voyager. Ces mesures sont prises dans un contexte où l’Est de la Centrafrique, connait un regain de violence avec la présence de Hissene.

 

Selon le ministre tchadien de la justice, les fonds et avoirs financiers, directs ou indirects d’Abdoulaye Hissene, sur le territoire national gelés, « le gouvernement prend aussi toutes les mesures interdisant l’entrée ou le passage en transit de ce dernier sur son territoire », a précisé le ministre à nos confrères de l’AFP.

 

Le Tchad a aussi lancé un mandat d’arrêt international contre Abdoulaye Hissene « pour tentative des trafics d’armes à partir du Tchad pour des visées déstabilisatrices contre la Centrafrique ».

 

Abdoulaye Hissene est accusé d’utiliser des mercenaires tchadiens à Bria, là où des affrontements ces derniers jours ont fait plusieurs morts, des maisons brulées et au 41.000 déplacés sur 47.000 habitants de la ville.

 

Dans la ville de Bria, des combats se poursuivent entre la faction FPRC dirigée par Abdoulaye Hissene et l’autre faction FPRC commandée par Azor Khalit et Damane Zacharia, ralié aux miliciens Anti-Balaka.

 

En avril dernier, Abdoulaye Hissene a été ajouté à liste noire économique des Etats-Unis en tant que chef milice.

 

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