Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 20:22
Nouvelles tensions entre la France et le Mali
Nouvelles tensions entre la France et le Mali
Nouvelles tensions entre la France et le Mali

 

Lu pour vous

 

RADIO-CANADA AVEC AFP, JEUNE AFRIQUE ET COURRIER INTERNATIONAL

20 septembre 2021

La décision du gouvernement malien d’entamer des discussions avec le groupe de mercenaires russes Wagner a l’effet d’un mouvement tectonique dans la région du Sahel, considérée comme un pré carré de la France, l’ancienne puissance coloniale.

Paris a dû dépêcher lundi la ministre des Armées, Florence Parly, pour obtenir des assurances des militaires maliens au pouvoir et affirmer la détermination de la France à poursuivre son engagement dans le pays.

Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le montant du contrat entre Bamako et le groupe Wagner, qui prévoit le déploiement de mercenaires en collaboration avec l’armée malienne ainsi que la protection de hautes personnalités, s’élèverait à environ 13,6 millions de dollars.

Les militaires maliens expliquent leur choix par la nécessité de se déployer dans des zones abandonnées. On ne peut pas les laisser vides. On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas, avait souligné le premier ministre Choguel Maïga.

Lors de sa rencontre avec le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, Mme Parly a dit avoir abordé le dossier Wagner et insisté sur le fait qu'au moment où jamais la communauté internationale n'a été aussi nombreuse à combattre le terrorisme [au Sahel], un tel choix serait celui de l'isolement.

Il faut que chacun soit bien conscient des conséquences d'une coopération avec la société russe, a-t-elle indiqué aux journalistes dans l'avion qui la ramenait en France, dont une de l' AFP , précisant que le colonel Camara lui avait assuré qu'aucune décision n'avait encore été finalisée.

Dans l'entourage du ministre malien de la Défense, on confirme à l' AFP qu'aucun acte n'a été posé avec Wagner. Aucun acte.

Le ministre a expliqué à son homologue française que l'abandon de la France obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays, selon cette source. Ce à quoi Mme Parly lui a répondu que la France n'abandonnait pas le Mali, a-t-on précisé.

Mise en garde de l’Europe

Pour sa part, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a mis en garde contre le risque d'une détérioration des relations entre l'Union européenne (UE) et Bamako en cas d'implication au Mali du groupe privé russe Wagner. Cela affecterait sérieusement la relation entre l' UE  et le Mali, a-t-il affirmé.

La France et l'Allemagne avaient prévenu la semaine dernière qu'un recours à Wagner pour former les forces armées maliennes et assurer la protection des dirigeants remettrait en cause leur engagement militaire au Mali.

Le gouvernement malien avait rétorqué dimanche qu'il ne permettrait à aucun État de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il peut solliciter ou pas.

Le déplacement de Mme Parly, entamé dimanche au Niger, visait notamment à exposer aux pays concernés la réorganisation de la présence militaire française dans la région.

La France, engagée depuis janvier 2013 au Sahel, envisage désormais présence resserrée, centrée sur les frappes ciblées contre les chefs et cadres djihadistes et l'accompagnement des armées locales.

La France a perdu 50 soldats au combat au Sahel.

Les effectifs français au Sahel devraient passer de plus de 5000 hommes actuellement à 2500 ou 3000 d'ici 2023, selon l'état-major.

Tension persistante entre Bamako et Paris

En mai dernier, le président français Emmanuel Macron avait menacé de mettre fin à la mission militaire au Mali après le coup d’État.

M. Macron avait d’ailleurs suspendu temporairement les opérations militaires avec les soldats maliens. Mais quelques jours plus tard, le président français a levé la suspension et écarté la fin de la mission française.

Le Mali fait face à une activité intense de plusieurs groupes djihadistes, notamment dans le nord du pays, ce qui a plongé le pays dans une profonde crise politique.

Deux coups d’État ont eu lieu au pays en l’espace de neuf mois cette année. Les militaires à la tête du pays ont promis des élections après une période de transition, dont la durée reste toutefois floue.

 

Mercenaires russes au Mali : la France souhaite clarifier la position de la junte

https://www.france24.com/ 20/09/2021 - 10:09

Florence Parly rencontre, lundi, son homologue au Mali, dans un contexte de tensions entre Paris et la junte, accusée de vouloir recruter des mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner. Bamako avait affirmé qu'il lui appartenait de "décider quels partenaires il peut solliciter ou pas".

La ministre française des Armées, Florence Parly, est attendue, lundi 20 septembre, au Mali, où le gouvernement de transition dominé par les militaires envisage de s'adjoindre les services de la société paramilitaire russe Wagner. Des pourparlers en cours entre le Mali et la sulfureuse entreprise russe a engendré des tensions avec Paris, qui réduit sa présence militaire dans le pays.

"Mon objectif est de parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et de réitérer des messages", a expliqué Florence Parly avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara. "On ne va pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires", a-t-elle prévenu.

Un recours à Wagner pour former les forces armées maliennes et assurer la protection des dirigeants serait "incompatible" avec le maintien au Mali des troupes françaises, qui combattent depuis huit ans les jihadistes au Sahel, avait déjà prévenu le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

L'implication du groupe privé Wagner au Mali affecterait "sérieusement" les relations entre l’Union européenne et Bamako, a de son côté averti le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le Mali invoque sa souveraineté

La sulfureuse société privée russe, soupçonnée d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evguéni Prigojine, a déjà conclu, en 2018, un contrat avec la République centrafricaine, où elle est accusée d'exactions et de pillage des ressources minières et douanières.

Mais le gouvernement malien a rétorqué dans un communiqué qu'il ne permettrait "à aucun État de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il peut solliciter ou pas". "Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d'autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées", avait fait valoir le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga.

Les négociations entre la junte et Wagner interviennent en effet au moment où la France a entamé une réduction de son dispositif militaire au Sahel au profit d'une présence resserrée, centrée sur les frappes ciblées contre les chefs et cadres jihadistes et l'accompagnement des armées locales.

Les militaires français doivent quitter, d'ici la fin de l'année, les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le nord du Mali, et le nombre de troupes françaises déployées au Sahel devrait passer de plus de 5 000 hommes actuellement à "2 500 ou 3 000" d'ici 2023, selon l'état-major.

Florence Parly, qui avait débuté sa tournée sahélienne par une halte au Niger, dimanche, a tenu à rassurer sur la poursuite des efforts français au Mali et plus largement au Sahel malgré la réduction en cours des effectifs. "La France ne s'en va pas", elle "maintiendra son engagement pour accompagner les forces armées sahéliennes", a-t-elle souligné. "La situation reste précaire, nous savons que c'est un long combat".

La France inquiète pour les élections en suspens 

Outre le dossier Wagner, les autorités françaises s'inquiètent du peu d'empressement des colonels, qui ont renversé le 18 août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta, à organiser des élections pour rendre le pouvoir aux civils en février 2022.

"Les dirigeants maliens veulent probablement prolonger la transition en dépit des engagements pris auprès de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest)", craint-on à Paris.

Avec AFP

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

À la Une: le torchon brûle entre Paris et Bamako

Avec plusieurs questions au centre de cette tension : les autorités maliennes vont-elles conclure ce fameux accord avec une société du groupe militaire russe Wagner ? Des mercenaires russes vont-ils bientôt s’implanter au Mali ? Et pour faire quoi précisément ?

« Le Mali ne parait pas prêt à renoncer à ce contrat », affirme Jeune Afrique. « Mercredi dernier, le Premier ministre Choguel Maïga avait déjà prévenu : "Il y a des zones abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui. On ne peut pas les laisser vides. […] On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas ?" Sans désigner nommément la France, il avait ensuite ajouté : "on ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un autre pays ne veut pas. Ne faut-il pas avoir de plan B ?" Cela n’a pas empêché Florence Parly, la ministre française des Armées, de faire à nouveau preuve de fermeté, hier, lors d’une visite à Bamakopointe Jeune Afrique. Elle a répété, avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara, que la France "n’allait pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires". »

La France conspuée

Au Mali, certains médias emboîtent le pas des autorités militaires et critiquent vertement la position française : « Cette puissance [en l’occurrence la France] est en train de faire usage de pressions multiformes, s’exclame ainsi Maliwebpassant, souvent, par certains voisins pour arriver à ses fins, c’est-à-dire contraindre les autorités de la transition à renoncer à toute idée de déploiement des éléments de la société privée russe, Wagner. »

Toutefois, poursuit Maliweb, Bamako a l’appui de l’opinion : « Ils sont aujourd’hui nombreux les Maliens à se montrer favorables à la signature d’un accord de coopération militaire avec la société Wagner. Ce soutien populaire est un solide mur sur lequel le président de la transition peut s’adosser et décider. »

« Panique à Paris ! »

Inf@sept hausse le ton : c’est « le début de la fin de l’hégémonie française au Mali », s’exclame le média bamakois. « Dominatrice, exploiteuse, paternaliste, frileuse, tous les qualificatifs sont bons pour désigner la France, qui dans son complexe de supériorité, voire sa condescendance, veut continuer à soumettre les États qu’elle a colonisés à sa stérile et infructueuse domination. (…) Depuis l’annonce de la signature d’un éventuel contrat entre l’État malien et le groupe Wagner, c’est la panique à Paris, affirme Inf@septla France ne dort plus que d’un œil. (…) Du président de la République, Emmanuel Macron à son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en passant par la ministre de la Défense Florence Parly, et le chef d’état-major des Armées, tous font feu de tout bois. (…) Toute cette agitation n’a pour seul but que de faire plier les autorités maliennes. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goita, et son Premier ministre, Choguel Maïga, ne rompent pas pour l’instant et nous l’espérons pour toujours, s’exclame Inf@sept, pour l’honneur, la paix et la gloire du Mali. En somme, conclut le média bamakois, nous osons espérer que ce contrat (avec Wagner) sera non seulement signé, mais servira d’exemple pour les autres pays qui hésitent encore à s’affranchir de la tutelle de la France. »

Le Mali n’est pas seul au Sahel…

Le quotidien Le Pays  au Burkina est dubitatif : « On est curieux de voir jusqu’où ira le bras de fer entre les autorités de la transition malienne et la France sur une question aussi sensible, qui va au-delà des relations entre les deux pays. Car, il faut le rappeler, Paris n’est pas seule dans sa croisade anti-mercenaires russes au Sahel. La CEDEAO, l’Allemagne, les États-Unis sont sur la même longueur d’onde que la France sur la question et l’ont déjà fait savoir publiquement. Bamako est donc prévenue du risque d’isolement qui la menace, si Assimi Goïta et compagnie venaient à succomber aux sirènes des Popov. »

Qui plus est, souligne encore Le Pays, « le sort du Mali est aujourd’hui lié à celui du Sahel et, surtout, le Mali est la porte d’entrée du terrorisme dans l’espace commun. C’est dire si par leur décision, Assimi Goïta et compagnie doivent prendre conscience des risques qu’ils font courir non seulement au Mali, mais aussi à la région du Sahel tout entière. »

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 18:04
Arrivée à Bangui du tout premier contingent tunisien de casques bleus
Arrivée à Bangui du tout premier contingent tunisien de casques bleus

Arrivée du tout premier contingent tunisien de casques bleus déployé en RCA .

6:59 PM · 21 sept. 2021

120 casques bleus de l’Unité d’aviation tunisienne, déployés dans le cadre de la Rés. 2566 du UNSC viennent renforcer les capacités opérationnelles de la MINUSCA dans la protection des civils.

 

 

Des Casques bleus tunisiens pour la première fois en Centrafrique

Mise à jour 21.09.2021 à 22:0

Cent-vingt Casques bleus tunisiens ont débarqué mardi pour la première fois en Centrafrique pour renforcer la mission de maintien de la paix de l'ONU (Minusca) dans ce pays pauvre en guerre civile depuis plus de 7 ans, a rapporté une journaliste de l'AFP à Bangui.

C'est le premier contingent de militaires déployé par la Tunisie au sein de la Minusca, seuls quelques policiers de ce pays participant jusqu'alors à la force internationale.

Ces soldats de l'armée de l'air tunisienne font partie d'un renfort progressif de 3.000 Casques bleus décidé par le Conseil de sécurité de l'ONU le 12 mars dernier et c'est le second contingent déployé dans ce cadre après un groupe de 300 soldats rwandais début août.

Les Tunisiens composent une "unité d’hélicoptères", a déclaré à l’AFP le général Paulo Maia Pereira, commandant adjoint de la force de la Minusca, précisant que les hélicoptères tunisiens arriveront dans quelques jours.

Ces militaires arrivent moins d’une semaine après que 450 Casques bleus gabonais, accusés d’abus sexuels, ont été retirés de la force de maintien de la paix onusienne.

Les accusations de crimes et délits sexuels contre les casques bleus sont récurrentes dans le pays.

La Minusca a été déployée par l'ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la sanglante guerre civile qui a suivi un coup d'Etat l'année précédente contre le président de l'époque, François Bozizé.

Les combats qui ont suivi entre la coalition de groupes armés qui l'avait renversé, la Séléka, à majorité musulmane, et des milices soutenues par le chef de l’Etat déchu, les anti-balakas, dominées par les chrétiens et les animistes, ont culminé en 2014 et 2015.

La guerre civile perdure aujourd'hui mais elle a considérablement baissé d'intensité depuis 2018. Des groupes armés occupaient cependant encore fin 2020 plus des deux tiers du pays.

Certains ont lancé en décembre une offensive contre le pouvoir du président Touadéra à la veille de la présidentielle. Ce dernier a été finalement réélu le 27 décembre et son armée, grâce à l'appui de centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, a aujourd'hui largement reconquis le territoire.

La Minusca dispose toujours de quelque 15.000 personnes dans ce pays pauvre d'Afrique centrale, dont 14.000 en uniforme, avec pour mission prioritaire la protection des civils.

© 2021 AFP

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 17:43
LE PRESIDENT TOUADERA EST A NEW YORK
LE PRESIDENT TOUADERA EST A NEW YORK

 

LE PRESIDENT TOUADERA EST A NEW YORK POUR PRENDRE PART A LA 76 ème SESSION DE L’ASSEMBLÉE GENERALE DES NATIONS UNIES

Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA est arrivé à New York ce jour lundi 20 septembre 2021, pour prendre part à la 76ème Session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le séjour du Président TOUADERA sera bref dans la cité new-yorkaise, mais riche au regard de la déclaration qu’il va faire devant la tribune des Nations Unies. Comme à l’accoutumée, lorsqu’il est en mission au siège des Nations Unies, le Numéro Un centrafricain va avoir un agenda très chargé.

Le Président TOUADERA débutera la journée du mardi 21 septembre par une rencontre avec le ministre des Affaires Étrangères de la Fédération de la Russie Sergueï LAVROV avant de coprésider une réunion de travail avec le Secrétaire général des Nations Unies, le portugais Antonio GUTERRES.

D’autres rencontres sont également prévues pour la journée de demain. Il s’agit notamment d’une réunion avec le comité de sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies et une séance de travail avec le représentant de la mission des Etats unis auprès de l’ONU.

Enfin, si l’occasion le permet, le Président TOUADERA rencontrera le Président de la République démocratique du Congo et d’autres sommités venues prendre part à cette grand-messe mondiale.

Source : La Renaissance

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 17:24
La sortie musclée du président Faustin-Archange Touadéra

 

Centrafrique: la sortie musclée du président Faustin-Archange Touadéra

https://www.rfi.fr/ 21/09/2021 - 04:44

Dans une interview publiée dans Jeune Afrique ce lundi 20 septembre, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra fait le point sur les grands dossiers du moment : rébellion CPC, François Bozize, Wagner. Une prise de parole sur un ton bien plus ferme que d'habitude affirme un diplomate.

 « Ces crimes, c'est Bozize qui en est à l'origine », déclare fermement Faustin-Archange Touadéra au sujet de la CPC et des crimes commis lors de l'attaque de Bangui en janvier. « Il a saboté tout ce que nous avions entrepris avec les groupes armés » poursuit-il.

Interrogé sur le sort de l'ex-président : « si nous lui mettons la main dessus, nous ferons en sorte qu'il réponde de ses actes devant la justice ». Mais si les négociations régionales aboutissent à un accord sur un lieu d'exil : « nous l'accepterons ».

Sur la présence de Wagner, le chef de l'État nie avoir connaissance de l'activité de l'entreprise paramilitaire russe en Centrafrique. « Moi je n'ai rien signé avec une société qui s'appellerait Wagner » assure-t-il. « Je vous mets au défi de prouver le contraire ».

À la question de l'état des relations avec la France, Faustin-Archange Toudéra répond par une autre question. « Pourquoi se focaliser sur la Russie qui nous a en plus aidé gracieusement? "

Sur le mandat de la mission onusienne, le président est clair. Il souhaite un mandat plus robuste. « Nous avons besoin de troupes combattantes » insiste-t-il.

 

 

Lu pour vous

 

Faustin-Archange Touadéra : « Je n’ai rien à cacher au sujet des Russes »

 

Jeune Afrique | 20 septembre 2021 à 11h17 | Par Mathieu Olivier – envoyé spécial à Bangui

Réélu fin 2020 dans la confusion d’une offensive rebelle, le président centrafricain a entamé son second mandat sous le bruit des bottes et clame ne souhaiter qu’une chose : la paix et la justice. Relation avec la Russie, présence de Wagner, dialogue avec l’opposition, poursuite de François Bozizé… Il a répondu en exclusivité aux questions de « Jeune Afrique ».

Nous n’aurons pas droit aux traditionnels bureaux du chef de l’État. Faustin-Archange Touadéra n’y est toutefois pour rien, pas plus que le protocole, qui nous attend de pied ferme en cette fin de matinée. Dans l’enceinte du Palais de la renaissance de Bangui, un échafaudage en barre désormais l’accès, symbole involontaire d’une Centrafrique en perpétuelle reconstruction. Ce 13 septembre, l’entretien devra se dérouler un peu plus loin, dans le « salon des ambassadeurs », siège provisoire des activités présidentielles.

À l’abri de l’atmosphère étouffante d’une capitale sous perfusion de la communauté internationale, Faustin-Archange Touadéra nous a reçu longuement. Le président grignotera même du temps sur son rendez-vous suivant, contraignant l’intéressé à patienter dans l’antichambre sous l’œil vigilant de Casques bleus rwandais.

Fervent protestant, Touadéra a la parole rare. Critiqué pour sa proximité avec la Russie, accusé d’avoir conclu de mystérieux accords avec la société Wagner, ébranlé par des accusations d’exactions visant son armée, il n’ignore pas qu’il est attendu, par ses adversaires comme par ses partenaires. Si l’homme est méfiant, son large sourire ne le montre guère.

Jeune Afrique : Vous avez été réélu en décembre 2020 alors que venait d’être créée la Coalition des patriotes pour le changement [CPC], rébellion qui attaquait Bangui en janvier suivant. Dix mois plus tard, la capitale est-elle hors de danger ?

Faustin-Archange Touadéra : Vous avez raison de rappeler le contexte. Avant les élections, la paix revenait. Les Centrafricains n’avaient qu’une envie : aller voter et choisir leur dirigeant. Mais cette coalition a voulu les en empêcher. Pis, elle a enclenché une déstabilisation totale de l’État et a fini par marcher sur Bangui et arriver à ses portes le 13 janvier, jusqu’à s’infiltrer dans le PK12 et le PK9.

Heureusement, avec l’aide de nos alliés, nous avons pu repousser l’offensive et libérer le corridor qui nous relie au Cameroun, que la CPC avait bloqué. L’étau est desserré mais, bien sûr, les violences continuent. Les forces de sécurité font leur travail et effectuent des missions de ratissage dans Bangui, pour démasquer tous ceux qui détiennent illégalement des armes. Il y a toujours une menace et nous la prenons au sérieux.

Depuis janvier, vous semblez avoir privilégié, avec vos alliés rwandais et russes, une option offensive et militaire. Jusqu’où irez-vous dans cette voie ?

L’action militaire nous a été imposée par la CPC. Je l’ai assumée pour protéger la population et les institutions, mais je n’ai pas choisi cette guerre. Avec un État et une économie si fragiles, nous n’en avons pas les moyens. Nos hommes sont en formation, notre armée en reconstruction et des missions internationales travaillent à restaurer nos capacités militaires. De plus, nous sommes sous embargo des Nations unies pour les armes.

J’ai utilisé les moyens à ma disposition, notamment les accords qui lient la Centrafrique avec d’autres pays, comme le Rwanda et la Fédération de Russie. C’était indispensable : si la CPC était entrée dans Bangui, c’était le coup d’État assuré, et nous serions revenus presque dix ans en arrière, en 2013. Nous avons été obligés de faire la guerre, mais nous privilégions les discussions pour ramener la paix.

De quelle manière ?

J’ai sollicité la CIRGL [la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs] et la CEEAC [la Communauté économique des États de l’Afrique centrale] pour que ces organisations dont nous faisons partie nous viennent en aide. Les présidents congolais, Denis Sassou Nguesso, et angolais, João Lourenço, ont répondu présents et nous continuons à travailler avec eux pour trouver un moyen de restaurer la paix. Je le répète : notre priorité n’est pas l’option militaire et, selon nos informations, la CPC se désunit. Certains leaders souhaitent revenir dans le cadre des accords de paix signés en 2019 à Bangui. C’est ce à quoi nous travaillons.

Les accords de 2019 peuvent donc encore être appliqués ?

Ils restent un cadre idéal de sortie de crise. Quatorze groupes armés les ont signés et six d’entre eux en sont sortis pour créer la CPC. Il faut donc au moins se donner les moyens de les appliquer avec les huit qui sont restés. La mise en œuvre se poursuit, notamment au niveau du désarmement et de la démobilisation. Concernant les six autres groupes, nous espérons les faire revenir vers le texte qu’ils avaient signé après avoir longuement négocié avec nous.

Ne craignez-vous pas que l’on parle d’impunité ?

Quand je dis que nous voulons les faire revenir, cela ne veut pas dire que l’on oubliera tout. D’ailleurs, les accords de 2019 ne prévoient pas d’amnistie. La justice centrafricaine enquête, comme la Cour pénale internationale. Nous avons aussi la Commission vérité, justice et réconciliation. J’ai dit que mon second mandat serait celui de l’impunité zéro et il le sera.

L’ancien président François Bozizé a séjourné à plusieurs reprises au Tchad, tandis que Noureddine Adam serait basé au Soudan.

Quelles sont vos relations avec ces deux pays ?

La République centrafricaine a toujours eu de très bonnes relations avec ses voisins. Nous recherchons la paix, nous sommes dans les mêmes organisations régionales et nous collaborons dans le cadre de commissions mixtes. C’est essentiel, car nos frontières sont à la fois longues et très poreuses, ce qui permet à nos ennemis de passer d’un territoire à un autre. Nous nous organisons pour régler le problème, notamment avec le Tchad et le Soudan.

Mais, dans les cas précis de Bozizé et d’Adam, qu’est-ce qui empêche leur arrestation ?

Leurs cas sont pris en compte dans les discussions que nous avons, notamment au sein de la CIRGL et de la CEEAC. J’ai aussi évoqué le cas de François Bozizé avec mon homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno. Nous espérons trouver des solutions viables.

François Bozizé vous a-t-il déçu en reprenant les armes ?

Oui. Quand il est revenu clandestinement [en décembre 2019], j’ai pensé qu’il le faisait avec une idée de réconciliation. C’est pour cela que nous n’avons pas choisi de le soumettre à la justice, alors qu’il était sous mandat d’arrêt. Je lui ai parlé, je l’ai reçu en audience et je l’ai invité à la paix. Ensuite, la Cour constitutionnelle a invalidé son dossier de candidature. Lui, ancien président et garant de la Constitution, n’a pas souhaité respecter cette décision. J’ai été vraiment déçu. Et ça ne s’est pas arrêté là : il a saboté tout ce que nous avions entrepris avec les groupes armés, tout ce qui était en train de se mettre en place. Les rebelles sont venus en armes jusque Bangui, ils ont tué des commerçants, des militaires… Ces crimes, c’est Bozizé qui en est à l’origine.

Que pensez-vous de la solution évoquée au sein de la CIRGL de lui trouver un lieu d’exil afin de l’éloigner de la Centrafrique ?

Si nous, Centrafricains, lui mettons la main dessus, nous ferons en sorte qu’il réponde de ses actes devant la justice. Maintenant si, dans le cadre de la CIRGL et des négociations en cours, nous décidons qu’il vaut mieux le condamner à vie à l’exil pour avancer vers la paix, nous l’accepterons. Mais il faudra que cet exil soit loin des frontières centrafricaines.

Vous avez tout à l’heure évoqué l’embargo sur les armes qui s’applique à la Centrafrique. Comprenez-vous qu’il soit encore en vigueur ?

Il avait un sens en 2013. Il est aujourd’hui injuste. Nous avons une armée en reconstruction et un président élu qui a pour mission de protéger la population. Or, je n’en ai pas les moyens. Aujourd’hui, les groupes armés sont mieux équipés que nous. Ils achètent à l’étranger des armes d’un plus gros calibre, des mines antichars ou même des moyens anti-aériens dont ne disposent même pas l’armée nationale. Il est injuste de nous priver des moyens d’user de la violence légitime.

À quoi cela sert-il que l’Union européenne [UE] forme notre armée si c’est pour la laisser sans armes ? Nous avons un président élu, un Parlement élu, un gouvernement démocratique et, finalement, on nous empêche de remplir notre mission régalienne. Faut-il que l’on laisse des bandits renverser l’État ? L’embargo est un appel à tous ceux qui veulent nous déstabiliser : nos ennemis savent qu’en face d’eux, il n’y a rien.

Depuis trois ans, vous avez reçu un soutien de taille, celui de la Fédération de Russie, mais aussi d’une société de sécurité russe nommée Wagner. Pourquoi cette alliance hors du commun ?

Avez-vous vu, ici à Bangui, une société qui s’appelle Wagner et qui aurait pignon sur rue ?

Wagner entretient des liens avec des entreprises présentes en Centrafrique, en l’occurrence Sewa Securities pour la sécurité et Lobaye Invest dans le secteur minier…

À ma connaissance, nous avons en Centrafrique des sociétés qui se sont créées conformément à la loi et qui agissent sur des marchés libéralisés. Nous n’avons pas les moyens d’enquêter plus loin. Vous me dites que certaines d’entre elles sont liées à Wagner, mais il faut que l’on nous donne les capacités de le vérifier. Moi je n’ai rien signé avec une société qui s’appellerait Wagner. Je vous mets au défi de prouver le contraire.

Vous n’avez pas connaissance des liens entre Sewa Securities, Lobaye Invest et Wagner ?

Il y a beaucoup de sociétés de sécurité privées à Bangui. Quant aux contrats miniers, ils n’ont pas à passer par moi.

Toutes les sociétés de sécurité n’engagent pas des anciens combattants venus d’Ukraine ou de Syrie…

Je le redis : il y a des textes en vigueur en Centrafrique. Quand les gens les respectent, dans le cadre d’un secteur libéralisé, voulez-vous qu’on les chasse et qu’on leur dise : « Vous êtes de telle nationalité donc on ne veut pas de vous » ?

Le premier dirigeant de Lobaye Invest était un certain Evgueni Khodotov, un collaborateur de l’oligarque russe Evgueni Prigojine, proche de Vladimir Poutine et financier du groupe Wagner. L’ignoriez-vous également¬?

Je ne connais pas de monsieur Prigojine.

Selon plusieurs sources, il a pourtant organisé des rencontres entre les groupes armés et votre gouvernement, auxquelles il a pris part, avant les accords de 2019…

Vous m’apprenez beaucoup de choses. Je suis allé à Khartoum et j’y ai rencontré les responsables des groupes armés. Tout cela se passait en séance plénière, en public, sous l’œil de nos partenaires, comme l’Union africaine par exemple. C’était à la télé et à la radio. Je n’ai pas souvenir qu’il y ait un quelconque Russe sur les images.

Aucun allié russe n’est intervenu dans les négociations en amont ?

Je n’en ai pas eu connaissance.

Sur le sol centrafricain, des combattants russes sont bien présents, notamment à Berengo, dans un camp situé autour de l’ancien palais impérial. 

Cette présence a-t-elle vocation à durer ?

Elle est autorisée dans le cadre des Nations unies. L’objectif des instructeurs russes est de former les militaires centrafricains à l’utilisation des armes qui nous ont été livrées – environ 7 000 armes individuelles – gracieusement et légalement, par la Fédération de Russie. Ce n’est pas quelque chose qui se fait en cachette.

Vous évoquez des instructeurs, mais qu’en est-il des combattants sur le terrain ?

La situation a évolué avec l’offensive de la CPC. La population réclamait la présence de l’armée sur le terrain pour faire face aux groupes qui tuaient, installaient des barrages ou occupaient des bâtiments administratifs. J’ai demandé à ce que le déploiement de nos forces s’effectue de manière conjointe avec nos alliés, notamment pour éviter qu’elles utilisent mal les armes données par les Russes. Chaque unité a donc eu avec elle un petit groupe de supplétifs russes, ce qui a fait baisser le nombre ce ceux qui étaient à Berengo. Il fallait compenser et, en accord avec les Nations unies, de nouveaux instructeurs sont donc arrivés. Voilà les faits. Au sujet des Russes, il n’y a rien à cacher.

Le rapprochement avec la Russie a affecté la relation entre la Centrafrique et la France. Est-elle plus apaisée aujourd’hui ?

Pourquoi se focaliser sur la Russie, qui nous a en plus aidés gracieusement ? Je le répète : les besoins sont énormes, dans l’équipement ou dans la formation des policiers, des gendarmes et des gardes-forestiers. Nous avons demandé l’aide de tous les pays de bonne volonté et aussi de l’UE. À l’époque, Federica Mogherini [ex-chef de la diplomatie européenne] m’avait répondu qu’elle avait fait passer le message aux États-membres de l’UE. Nous n’avons pas eu de réponse favorable. La Fédération de Russie, avec qui notre relation est ancienne, a quant à elle répondu présente. Un autre pourrait faire de même. Pour la Centrafrique, la solution ne passe pas par la Russie ou par la France, mais par la France et par la Russie. Ce qui nous a été donné est en deçà de nos besoins. Nous ne refusons donc aucune main tendue.

En juin dernier, un rapport des experts des Nations unies pour la Centrafrique a évoqué un certain nombre d’exactions qui auraient été commises par l’armée centrafricaine et ses alliés. Comment avez-vous réagi ?

Nous avons été informés de ces allégations par voie de presse et j’ai demandé à la justice d’ouvrir des enquêtes. C’est en cours. Si les accusations sont fondées, il faudra prendre des mesures en conséquence, dégager les responsabilités et désigner les coupables. Nous avons la ferme volonté de faire la lumière sur les faits.

Toujours au sujet des Nations unies, faut-il selon vous faire évoluer le mandat de sa mission en Centrafrique, la Minusca ?

Oui, il doit être plus robuste. On a bien vu que la coalition de François Bozizé et des groupes armés avait la capacité de se battre avec des obus et des mines jusqu’aux portes de Bangui. Il faut donner à la Minusca les moyens de riposter. Nous avons besoin de troupes combattantes et c’est en ce sens que nous avons plaidé auprès du Conseil de sécurité. Je crois que nous avons été entendus, puisque la mission a reçu plus de moyens, notamment aériens avec des avions de combat, pour appuyer nos troupes au sol et empêcher les groupes armés de poursuivre les violences à l’encontre de la population.

Vous vous apprêtez à organiser un dialogue national, prévu avant la fin de l’année. Qu’en attendez-vous ?

Je suis un homme de dialogue. La preuve : dès ma prise de fonction en 2016, j’ai commencé à discuter avec les groupes armés. Aujourd’hui, beaucoup de personnalités politiques réclament une concertation nationale. J’ai demandé à ce que l’on consulte toutes les forces vives de la nation et que l’on mette en place un comité d’organisation pour réfléchir à l’événement. La majorité et l’opposition sont là, comme la société civile ou les syndicats, et tout le monde travaille à dégager des thématiques. Nous pourrons parler de tout et la parole ne sera refusée à personne du moment qu’un cadre républicain soit observé, que la Constitution et les lois en vigueur soient respectées.

Une enquête sur des liens présumés entre des personnalités de l’opposition, comme Karim Meckassoua – qui a préféré fuir le pays –, et la CPC est en cours. N’est-ce pas un mauvais signal envoyé avant ce dialogue ?

La loi s’applique à tout le monde. C’est vrai qu’il y a des gens qui sont peut-être des leaders d’opinion qui font l’objet d’enquêtes. Mais il ne doit pas y avoir d’impunité pour qui que ce soit. Dans le cas de Karim Meckassoua, les experts des Nations unies indiquent clairement qu’il est en lien avec la CPC dans les pages 10 et 11 de leur rapport sorti en juin.

Le même rapport contient les accusations d’exactions contre l’armée centrafricaine, que vous qualifiez plus tôt d’allégations…

Oui, là aussi, c’est à la justice de faire son travail. C’est une question de cohésion sociale et de respect des victimes. Karim Meckassoua a été destitué par la Cour constitutionnelle comme d’autres députés l’avaient été par le passé . Il a été président de l’Assemblée nationale, mais il a préféré fuir le pays clandestinement. Pourquoi se soustraire de cette manière, si ce n’est dans le but de favoriser la violence et de commettre des actes de déstabilisation ?

 

Jeune Afrique

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 17:20
Bangui : après des décennies de conflits, la population croit en une nouvelle ère

 

Bangui : après des décennies de conflits, la population croit en une nouvelle ère

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 21 septembre 2021 14:26

 

Même si la République centrafricaine demeure en quête de paix après plusieurs décennies de crises et de violences, certains habitants de la périphérie de Bangui voient déjà l’issue de la crise. Un sentiment exprimé à l’occasion de la journée internationale de la paix, célébrée tous les 21 septembre dans le monde.

Dans la commune de Bégoua à la sortie Nord de Bangui, une des localités les plus touchées par les conflits militaro-politiques, la quiétude revient progressivement. Désormais, les habitants vaquent librement à leurs occupations quotidiennes. La paix semble être revenue. Cependant, ils n’oublient pas le sort de leurs compatriotes coincés dans les zones d’insécurité.

"La paix est une richesse incomparable. Aujourd’hui au Pk12, les gens vaquent librement à leurs occupations. On peut même se rendre au Pk26 en moto la nuit. Chose impossible il y a quelques mois, voire quelques années. Nous plaignons le sort des autres compatriotes qui vivent dans des zones de conflit" souligne un habitant du Pk12.

Retrouver la quiétude

D’autres par crainte de nouvelles violences ont dû quitter leur quartier pour se réfugier en zone sûre. Pour eux, la paix est le fondement d’une société.

"Vu que les hommes en armes ont brûlé nos maisons et saccagé la menuiserie de mon mari, j’étais obligée de fuir avec les enfants pour me réfugier au Pk12. Ici, nous n’entendons pas les crépitements d’armes. C’est ce que nous désirons. Avec cette quiétude, nous pouvons aisément mener des activités commerciales pour s’occuper de la famille" affirme Clarisse, une habitante du Pk12

« Sans cette paix, il n’y aura pas d’existence »

Pour les défenseurs des droits des victimes, la République centrafricaine a beaucoup souffert. Seule une paix durable peut assurer son développement.

"Je pense que l’importance de la paix touche tout le monde. Les enfants ont besoin de la paix pour aller à l’école. Les femmes en ont besoin pour aller au marché, au champ et mener des activités commerciales. On a besoin de la paix pour vivre. Même pour ceux qui sont à l’intérieur du pays. Sans cette paix-là, il n’y aura pas d’existence" conclu Euphrasie Nanette Yandoka, présidente de l’Association nationale des victimes de violences sexuelles.

Après le coup d’Etat de 2013, la République centrafricaine est toujours en quête de la paix. Plusieurs initiatives, à l’exemple de l’Accord politique du 06 février 2019, ont été mises en place pour faire taire les armes. Mais en cette journée de célébration de la paix, la quiétude manque encore à beaucoup de centrafricains à l’intérieur du pays.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 00:02
RCA : la ministre des Affaires étrangères dévoile la feuille de route du CIRGL

 

Centrafrique: la ministre des Affaires étrangères dévoile la feuille de route du CIRGL

https://www.rfi.fr/ 20/09/2021 - 21:03

La semaine dernière, un mini-sommet sur la crise centrafricaine s'est tenu à Luanda. Une feuille de route a été adoptée par la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) pour la sortie de crise en RCA. Une feuille de route en six grands points dévoilée par la ministre centrafricaine des Affaires étrangères à RFI.

Le premier point de la feuille de route pour un retour à la paix en Centrafrique est un préalable concernant les groupes armés signataires de l'accord de paix de 2019 et ayant repris les armes en formant la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et tenté de renversé les autorités en janvier. Ceux-ci doivent signer une déclaration formelle de renonciation à la violence et de retour à l'accord de paix.

L'objectif est que les groupes armés montrent leur bonne foi, explique la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baipo Témon. « Dans cette première étape, pour ceux qui ont acté de leur retour, nous allons continuer le processus. Et démontrer aux yeux du monde qu’il y en a qui ne sont pas du tout pour la paix et dans ce cas-là, il faut qu’ensemble, nous prenions des décisions courageuses et fermes. Je pense que les autorités centrafricaines ont montré leur disponibilité à travailler pour la paix dans un cadre de dialogue, dans un cadre pacifique. »

Exil des chefs armés ?

Parmi les autres nouveautés de cette feuille de route, le traitement appliqué aux rebelles qui décideront de déposer les armes. « Il y a dans cette feuille de route une dimension qui a été rajoutée, c’est le cantonnement. Parce que si on les désarme, ce n’est pas pour les laisser dans l’environnement dans lequel ils ont prospéré. Il faut pouvoir les démobiliser pour que le programme du DDRR soit effectif et surtout efficace. »

Un cessez-le-feu doit aussi permettre de dérouler le reste de la feuille de route dont les points principaux rejoignent ceux de l'accord de paix de 2019. Parmi les points abordés, mais non précisé, le possible exil de certains chefs de leaders armés dont l'ex-président François Bozizé

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 17:21
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE l'AMBASSADE DES USA EN RCA

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Septembre 18, 2021

 

L’ambassade des États-Unis à Bangui est profondément préoccupée par les informations faisant état d’atrocités contre des civils dans le nord-ouest de la République centrafricaine (RCA).  Nous appelons aux autorités centrafricaines à mener rapidement des enquêtes complètes et transparentes sur ces rapports et à veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes.  Le gouvernement centrafricain a la responsabilité de protéger tous ses citoyens, et nous l’appelons à fournir un soutien à toutes les victimes.

Nous déplorons également la mort tragique d’un humanitaire du Conseil danois pour les réfugiés, un partenaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international, après que son véhicule ait heurté un engin explosif.  Nous exprimons notre plus profonde sympathie à la famille, aux amis, et aux collègues de la victime.  Nous condamnons fermement l’utilisation d’engins explosifs et de mines terrestres qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire dans la région.  En tant que principal donateur humanitaire en RCA, les États-Unis travaillent sans relâche pour assurer que les nombreux Centrafricains qui en ont besoin puissent accéder à l’aide humanitaire.  Nous appelons tous les acteurs à permettre un accès humanitaire sans entrave.

 

Ambassade des Etats-Unis en République centrafricaine

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 16:30
La CIRGL très préoccupée du marasme politique en RCA

 

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs très préoccupée du marasme politique en Centrafrique

Luanda (© 20 sept 2021 Afriquinfos) –Le 3ème sommet extraordinaire de la CIRGL (Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs) sur la situation politique et sécuritaire en RCA s’est ouvert, ce jeudi 16 septembre 2021, à Luanda, en Angola. A l’ouverture de ces assises, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso a invité les pays de la CIRGL à s’investir davantage pour sortir la RCA de cette situation.

Quatre chefs d’Etat de la CIRGL étaient présents à la réunion. Il s’agit de Denis Sassou-N’Guesso de la République du Congo, Faustin Archange TOUADERA de la RCA, MAHAMAT Idriss Deby du Tchad et bien sûr de l’hôte du sommet, l’angolais Joao LOURENÇO. Le président de la commission de l’UA, MOUSSA FAKI MAHAMAT était également présent à ces assises.

Intervenant à cette occasion, en sa qualité de président en exercice de la CEEAC, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso, a appelé la sous-région à accompagner le peuple centrafricain sur le chemin de la paix. « Notre sous-région doit demeurer au cœur du processus de règlement de la crise centrafricaine ». A dit le président Denis Sassou-N’Guesso, avant d’ajouter « En cela la feuille de route pour la paix en RCA, qui va nous être présenté au cours des présents travaux confirme notre engagement inlassable et notre mobilisation sans faille au bénéfice de ce pays frère. »

Pour le président en exercice de la CEEAC « Il faut agir et accompagner le peuple de Centrafrique. » pouvait poursuivre le président Denis Sassou-N’Guesso, tout en invitant les centrafricains à taire les divisions : « Nous osons espérer que tous les acteurs politiques et sociaux impliqués, regarderont, enfin, dans la même direction, en bannissant les rangs de divisions et des velléités identitaires des séparatistes. »

La paix en RCA est à ce prix. Et à Denis Sassou-N’Guesso de dire « Nous ne cesserons jamais assez sur cette condition permissive essentielle. Puisqu’il faut, pour l’ensemble des composantes concernées transformer les poches de haine, de peur et des incompréhensions…, aux aveux incessants de la paix, en socle de patriotisme au service de l’affectation en tant que frères et sœurs. »

V.A.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 14:33
Grogne des avocats en Centrafrique
Grogne des avocats en Centrafrique

 

Grogne des avocats en Centrafrique après l'arrestation de l'un d'entre eux

 https://www.rfi.fr/ 20/09/2021 - 14:26

Mouvement de grogne des avocats en Centrafrique. Ils ont demandé une audience ce lundi pour remettre un mémorandum au chef de l'État. Depuis le 9 septembre, les avocats ont suspendu leur participation aux audiences à la suite de l'arrestation temporaire sous pression du politique - affirment-ils - de l'un de leur confrère.

Pour le bâtonnier de l'ordre des avocats de Centrafrique, Émile Bizon, l'arrestation de son confrère n'est pas un cas isolé. Il se plaint des interférences dans le domaine judiciaire : « Au-delà du cas de cet avocat, c’est que nous voulions mettre en exergue et alerter des intrusions intempestives des pouvoirs politiques et administratifs dans le fonctionnement du système judiciaire. Ce n’est pas la première fois que cela se passe »,

Ce dernier demande à ce que la séparation des pouvoirs reste nette en Centrafrique et qu'il n'y ait pas d'interférence avec la justice : « Il y a même des cas où les décisions de justice qui sont rendues revêtues de l’autorité de la chose jugée. Les autorités politiques ou administratives interviennent soit pour arrêter l’exécution des décisions ou pour s’interposer, rappelle le bâtonnier. Donc, c’est l’accumulation de tout cela que nous voulons dénoncer aujourd’hui. Nous sommes dans un Etat de droit où la séparation du pouvoir est connue, que chacun reste dans les limites de ses pouvoirs ».

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 13:01
Départ précipité de l’armée gabonaise du Centrafrique

Lu pour vous

 

Départ précipité de l’armée gabonaise du Centrafrique : Inquiètes, les autorités locales s’interrogent

https://lalibreville.com/ Par Marceau Ndong Ossa 20 septembre 2021

Quelques jours après l’annonce-surprise de l’ONU de retirer le contingent gabonais du Centrafrique, après 25 ans de présence ininterrompue, en raison d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels, les autorités centrafricaines expriment leurs doutes et s’interrogent sur les véritables raisons qui ont motivées une telle décision. 

La décision a de quoi surprendre. Alors que la situation en Centrafrique ne cesse d’empirer, l’ONU a, jeudi 16 septembre dernier, décider de manière unilatérale de retirer l’un des contingents les plus importants de la Minusca, sa mission sur place. « Nous avons été surpris par cette annonce à laquelle personne ici ne s’attendait », confesse un ancien premier ministre centrafricain, spécialiste des questions de défense, qui a du mal a masquer son inquiétude.

La décision « unilatérale » de l’ONU ne laisse en effet de surprendre. Pour plusieurs raisons. Il y a d’abord le contexte dans lequel s’inscrit cette décision. La situation en RCA, loin de s’améliorer, s’aggrave chaque mois un peu plus, quand bien même le pays ne fait plus la « une » de l’actualité. Ce qu’a d’ailleurs reconnu le représentant permanent de la France auprès de l’ONU. « La situation en RCA est catastrophique, les rapports qui font état d’exactions, de meurtres, de tortures, de viols sont extrêmement alarmants », a déclaré le 23 juin dernier Nicolas de Rivière.

Proximité culturelle

Il y a ensuite la place particulière occupée au sein de la Minusca par l’armée gabonaise. « L’armée gabonaise, avec près de 480 hommes, est l’un des contingents les plus importants. De plus, c’est l’une des armées présentes ici les mieux équipées », explique un député centrafricain, membre des Cœurs unis, le mouvement soutenant le président Faustin-Archange Touadéra. « Il y a aussi », ajoute-t-il, « le fait que le Gabon est un pays d’Afrique centrale, voisin du nôtre. Il y a donc une proximité culturelle plus grande qu’avec d’autres contingents. C’est un élément qui compte pour se faire accepter des populations », fait observer le parlementaire.

Ce qui frappe également dans cette affaire les observateurs centrafricains, c’est le décalage entre la longue présence du Gabon en RCA et son départ précipité du pays. « C’est difficile de comprendre qu’un pays-frère, présent chez nous sans discontinuité depuis 25 ans pour contribuer à la paix et à la stabilité de notre pays, qui a versé le prix du sang avec une dizaine de morts et des dizaines de blessés, en reparte en seulement quelques jours par la petite porte. Vraiment, on ne comprend pas », avoue un ancien ministre du gouvernement de Firmin Ngrébada.

Une perception qui alimente un sentiment de décision prise « à la va-vite » – ou de manière opportuniste, lui-même renforcé par le fait que cette décision n’a pas été notifiée en bonne et due forme au Gabon par l’ONU, comme l’a indiqué le ministre gabonais de la Défense, Michael Moussa-Adamo, dans un courrier adressé samedi 18 septembre à l’ONU (lire notre article).

Un deux-poids deux-mesures ? 

Enfin, il y a le fait que d’autres contingents ont fait l’objet d’accusations (avérées par la suite) d’exploitation et d’abus sexuels. C’est le cas notamment de l’armée française ou encore de l’armée rwandaise. Or, jamais la décision de retirer leurs troupes du pays n’a été ne fut-ce qu’envisagée. Seuls les soldats incriminés, de manière individuelle, ont été sanctionnés. Or, en l’espèce, « la décision de l’ONU donne l’impression que la faute de quelques-uns doit être payée par tous », analyse un conseiller du président Touadéra. « Il est difficile de ne pays y voir un deux-poids deux-mesures », concède-t-il.

Le seul précédent qui pourrait se rapprocher du cas d’espèce est le retrait des troupes congolaises, décidé en 2017 par le président Denis Sassou-Nguesso, suite également à des accusations d’abus sexuels. Mais « la grande différence, c’est qu’à l’époque, la décision avait été prise par les autorités congolaises et non par l’ONU », fait observer ce proche du chef de l’Etat centrafricain.

Interrogation(s)

Au final, l’ensemble de ces éléments mis bout à bout jettent sur la décision de l’ONU le doute, voire la suspicion. Et donnent lieu à Bangui, comme ailleurs dans la sous-région, à quantité de spéculations. « On sait qu’il y a eu des frictions diplomatiques entre certains partenaires au sein de la Minusca, certains ne voyant pas forcément d’un bon œil les bonnes relations d’autres avec la Russie », rappelle un ministre du gouvernement de Henri-Marie Dondra. Et celui-ci d’ajouter, elliptique : « peut-être que la décision du Gabon d’adhérer au Commonwealth a précipité les choses ».

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com