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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 23:03

 

 

 

 

 

Par La rédaction de RTL.fr , Avec AFP | Publié le 09/12/2013 à 22h20

 

L'état-major français a annoncé ce lundi soir que plus aucun groupe armé ne circulait dans Bangui, les milices s'étant regroupées dans un camp assigné par les forces françaises.

 

Les groupes armés qui tenaient les rues de Bangui ont pour la plupart quitté les rues de la capitale centrafricaine, a indiqué l'état-major des armées, ce lundi 9 décembre à Paris.

 

"La population n'est plus menacée"

 

"Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville" et "la population n'est plus menacée", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron. Les forces françaises déployées en RCA avaient entamé dans la matinée le désarmement des milices qui faisaient régner la terreur dans Bangui. 

 

Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville. colonel Gilles Jaron

 

Les miliciens, notamment des ex-rebelles de la Séléka, se sont regroupés aucamp Béal, dans le centre de Bangui, qui leur avait été assigné par les forces françaises. Selon l'état-major, "tous ceux" qui étaient encore dans les rues ont été désarmés, l'opération ayant été conduite "en coopération" avec la Misca, la force africaine dans le pays.

 

Pas de combat mais des pillages

 

"Il n'y a pas eu de combats dans Bangui. À aucun moment les groupuscules n'ont cherché à engager le combat contre nous", a ajouté le colonel Jaron. Les soldats français ont toutefois dû riposter brièvement à "des tirs fugaces" qui ont aussitôt cessé. Selon le porte-parole des "accès de violence", notamment de pillages, se sont produits dans l'après-midi.

Centrafrique : la plupart des groupes armés a quitté les rues de Bangui
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:44

 

 

 

 

 


KINSHASA - AFP / 09 décembre 2013 19h05 - La République démocratique du Congo a organisé lundi des funérailles nationales à Pascal Tabu Ley, roi de la rumba congolaise décédé le 30 novembre à Bruxelles.


Au paradis, Mozart, Beethoven [...] et tous les autres sont confrontés à une vrai concurrence avec l'arrivée de celui qu'on appelait aussi Seigneur Rochereau, a déclaré une autre étoile de la musique congolaise, Koffi Olomidé, lors d'une cérémonie d'hommage au Palais du Peuple (Parlement), à Kinshasa.


Parlant au nom de tous les musiciens du pays, Koffi Olomidé a demandé aux autorités congolaises de faire en sorte que le 30 novembre reste à jamais le jour de la fête de la rumba congolaise.

Sous un ciel bas et lourd, le corps de Tabu Ley Rochereau, acheminé par des hommes de la police nationale, a été inhumé à la nécropole entre ciel et terre de la N'Sele, cimetière récent et huppé à la périphérie de Kinshasa.


La simplicité et la sobriété de l'ensevelissement contrastaient avec la longue cérémonie protocolaire au Palais du Peuple mais aussi avec l'oeuvre et la vie de celui qui avait importé le premier la batterie dans la rumba congolaise, qui avait surfé sur la vague de la musique pop et fait connaître la musique de son pays dans le monde entier.


Au début de la messe de funérailles célébrée au sein même du Parlement dont les façades étaient pavoisées de portraits géants du défunt, Mgr Joachim Mbadu, évêque émérite de Boma (Ouest de la RDC), s'était adressé à la famille biologique de Tabu Ley Rochereau, façon de mentionner discrètement les dizaines d'enfants que le chanteur a eu de diverses unions.

Avant l'office, le président de la république, Joseph Kabila, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Aubin Minaku et Léon Kengo, et le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo avaient déposé une gerbe de fleurs devant le cercueil en bois blanc de Seigneur Rochereau couvert du drapeau national et exposé depuis samedi soir sous un dais blanc dans le grand hall du Parlement.


Le chef de l'Etat a salué les qualités d'ambassadeur de la musique moderne de Tabu Ley Rochereau. Auteur prolifique (il compte près de 2.000 chansons à son répertoire, celui-ci fut le premier musicien africain à se produire sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1970 avec ses Rocherettes, à l'heure où Claude François faisait danser la France avec ses Claudettes.

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, André Kimbuta, qui a décrété férié ce lundi pour les obsèques du chanteur, a annoncé que l'avenue Tombalbaye, dans le nord de la capitale, s'appellerait désormais l'avenue Tabu Ley.


Un des fils du chanteur, Péguy Tabu, a interprété plusieurs succès de son père, comme Adios tete.

Dans son homélie, retransmise à l'extérieur par haut-parleur pour des milliers de Kinois, l'abbé Jean-Paul a fait aux référence chansons inoubliables écrites par Tabu Ley à partir de l'expérience du quotidien de tout un chacun.


Tabu Ley savait tirer de l'éternel du transitoire, a-t-il dit.


Ses paroles touchaient toutes les franges de la société sans distinction, a déclaré le rappeur français Youssoupha, autre fils du défunt saluant le talent de son père qui avait su faire chanter en lingala (l'une des langues nationales de la RDC), de Kinshasa à Cuba, en passant par la Côte d'Ivoire.


(©) 

 

 

 

Kinshasa : les obsèques de Pascal Tabu Ley ont lieu au Palais du peuple

 

http://radiookapi.net   le 9 décembre, 2013 à 8:40

 

Les obsèques de Pascal Tabu Ley ont lieu au Palais du peuple à Kinshasa. La dépouille mortelle de l’artiste musicien, est arrivée samedi 7 décembre dans la soirée dans la capitale congolaise. L’opposant historique, Etienne Tshisekedi, s’est rendu ce dimanche 8 décembre au Palais du peuple pour rendre hommage à cet immense artiste décédé en Belgique le 30 novembre en Belgique.

 

Les membres de la famille du disparu, des personnalités politiques, des artistes congolais ainsi que des anonymes se recueillent au lieu du deuil où une veillée mortuaire sera organisée dimanche soir. La mère de l’artiste prend également part à ces obsèques.

 

Tabu Ley sera enterré lundi 9 décembre au cimetière Nécropole de la N’Sele, dans la périphérie Est de Kinshasa, selon le programme officiel annoncé par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi.

 

Les membres de la famille de l’artiste, ses proches ainsi que les membres de la Société civile se recueillent et déposent des gerbes de fleur. Ensuite, indique le même programme, les anonymes, les représentants des institutions et d’autres délégations leur succéderont jusqu’à l’aube.

 

Sur place au Palais du peuple, on diffuse de la musique, des témoignages ainsi que des interviews accordées à la presse par le musicien décédé.

 

Le bâtiment a été spécialement aménagé pour la circonstance. Des portraits géants de l’artiste imprimés en différentes couleurs ont été affichés à l’entrée principale du siège du Parlement congolais mais aussi à l’intérieur de l’édifice. Une chapelle ardente aux couleurs blanche et violet est placée au milieu du hall.

 

A l’extérieur, des  podiums ont été installés pour les artistes qui se produiront tout au long des obsèques, a affirmé le comité d’organisation.

 

Des pagnes à l’effigie de l’artiste ont été imprimés pour la circonstance. Le musicien Shungu Wembadio alias « Papa Wemba » a publié sur les réseaux sociaux une photo de lui, vêtu d’une chemise confectionnée avec ce pagne.

 

Pascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabu Ley Rochereau», est décédé le samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l’âge de 73 ans. Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu, joint par Radio Okapi, Tabu Ley est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a plus de deux ans.

 

« Rochereau n’est pas mort »

 

Plusieurs personnes rendent hommage à Tabu Ley Rochereau dont la carrière est l’une des plus brillantes de l’histoire de la musique congolaise et africaine.

 

Son fils, Marc Tabu, animateur des émissions de musique à la télévision,  remercie « toutes les personnes qui nous ont soutenu ».

 

« Je vois que mon père était vraiment aimé dans le monde », se réjouit-il, expliquant que les œuvres de son illustre père vont continuer à le faire vivre.

 

Pour sa part, Mamie Ilela, animatrice des émissions musicales à la télévision publique congolaise, salue la mémoire de l’artiste qui a « marqué de son empreinte l’histoire de la musique de notre pays ».

 

« On n’en fera pas d’autres d’ici cent ans », tranche-t-elle. Pour elle, « Rochereau n’est pas mort ».

 

« Il sera toujours avec nous à travers ses œuvres », soutient la présentatrice de la célèbre émission « Karibu Variété ».

 

« Parfois j’allais à l’école en retard à cause de lui »

 

Le guitariste et auteur compositeur Guvano Mwana Vangu a avoué qu’il a été fan de la star congolaise alors qu’il était encore sur le banc de l’école, avant de devenir plus tard l’un des proches collaborateurs de Tabu Ley:

 

« J’étudiais à l’école Sainte Anne. Et à midi, on nous laissait aller manger à la maison pour revenir à 14 heures. Mais souvent quand j’arrivais au niveau de l’avenue Tshuapa, je le voyais causer avec certaines personnes. A ce moment-là, j’oubliais que j’allais manger à la maison.  Je restais là à le contempler. Et quand je rentrais à l’école c’était trop tard. Et on me collait une punition. Il ne savait pas que parfois j’allais à l’école en retard à cause de lui. Le concours de circonstance a fait qu’il y a eu séparation avec Nico. Alors il a pensé à me prendre dans son groupe ».

RDC: funérailles nationales pour Tabu Ley Rochereau, roi de la rumba
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:30

 

 

 

 


Par Peter Bouckaert

Jeudi dernier dans la matinée, le photographe Marcus Bleasdale et moi-même avons rendu visite à l'imam de Bossangoa, en République centrafricaine (RCA), à son domicile dans le quartier musulman de Boro. La situation à Bossangoa était très extrêmement tendue alors que des bruits se répandaient sur les violents affrontements dans la capitale, Bangui, entre les forces ex-Séléka majoritairement musulmanes, qui dominent désormais le pays, et les milices à majorité chrétienne anti-balaka appuyées par des militaires déserteurs restés fidèles à l'ancien président renversé en mars, Francois Bozizé.

Au domicile de l'imam, nous avons rencontré Ousman Abakar, un jeune homme très maigre de 26 ans, nomade de l'ethnie peuhle, qui avait à un genou une blessure par balle gravement infectée et pouvait à peine se tenir debout. Il nous a dit qu'il séjournait dans un camp de pasteurs nomades au nord de Bossangoa lorsque ce camp a été attaqué par des miliciens anti-balaka. « J'étais dans la brousse avec mes deux enfants », a-t-il murmuré. « Les anti-balaka sont arrivés et ont tiré deux balles sur moi avec leurs fusils bricolés. Et ils m'ont laissé là pour mort. » Sur le chemin de Bossangoa, les anti-balaka ont encore attaqué les nomades à plusieurs reprises.

Préoccupés par sa blessure, nous avons proposé à Ousman de l'emmener à l'hôpital local pour qu'il soit soigné et reçoive un traitement aux antibiotiques. Il était réticent, craignant de traverser les quartiers chrétiens de Bossangoa, et inquiet au sujet de la montée de la tension en ville. Sa mère lui a conseillé d'y aller et l'a assuré qu'elle resterait avec lui avant qu'ils ne puissent retourner au camp de nomades, situé à plusieurs kilomètres de la ville.

Ousman a fini par sourire en levant un pouce après que sa blessure eut été pansée et qu'il eut reçu ses médicaments à l’hôpital. Quand nous l'avons ramené à la résidence de l'imam vers 14h00, nous avons remarqué que de nombreux magasins étaient en train de fermer. Alors que nous repartions, des combattants de la Séléka lourdement armés sont arrivés en grand nombre dans des pick-up et nous avons compris que la situation allait mal tourner.

Alors que nous roulions à toute allure vers la base des soldats chargés du maintien de la paix de la Force multilatérale d'Afrique centrale (FOMAC) à quelques kilomètres de là, des gens terrorisés couraient dans tous les sens pour se mettre à l'abri, et des coups de feu et des explosions retentissaient de tous les côtés. Avec des centaines de civils apeurés, nous avons dû nous abriter à la base de la FOMAC pendant plusieurs heures, tandis que les combattants anti-balaka et de l'ex-Séléka s'affrontaient pour le contrôle de la ville et que des troupes de la FOMAC tentaient désespérément de protéger la population civile des combats et des massacres sectaires.

Hier, dès que nous avons pu nous déplacer sans trop de danger, nous sommes allés dans le quartier de Boro pour voir ce qui s'était passé pendant les affrontements de jeudi. Nous avons trouvé le quartier musulman désert et en partie incendié, la totalité de sa population d'environ 7.000 personnes ayant trouvé refuge, en compagnie de musulmans précédemment déplacés, à l'école Liberté, sous la double protection des troupes de la FOMAC et des combattants de l'ex-Séléka.

Quand nous avons retrouvé l'imam, cet homme qui avait déjà vu tant de drames était trop choqué pour pouvoir s'exprimer de manière cohérente et ne cessait de se prendre la tête dans les mains. Ses amis nous ont raconté la tragédie qui s'était produite, nous parlant à voix basse pour éviter d'aggraver le traumatisme de ceux qui pleuraient leurs morts juste à côté de nous.

Quand les combattants anti-balaka en majorité chrétiens ont lancé une attaque surprise sur le quartier musulman de Boro jeudi vers 14h00 – juste après notre départ – de nombreux habitants s'étaient réfugiés à la résidence de l'imam. Les combattants anti-balaka, appuyés par des déserteurs de l'armée nationale bien armés, se sont mis à massacrer à coups de machette les personnes qui n'avaient pas pu s'enfuir. Onze personnes, dont cinq femmes, ont été tuées devant la maison.

Nous nous sommes joints aux cérémonies de deuil. L'un des hommes est venu vers nous, tête baissée et en évitant nos regards, et nous a chuchoté une nouvelle que j'ai reçue comme un coup de poing dans le ventre: « Nous sommes désolés mais les deux Peuhls que vous avez ramenés, le jeune homme et sa mère, eux aussi ont été massacrés. »Avec son genou grièvement blessé, Ousman n'avait aucune chance de s'échapper.

Un autre vieil homme est arrivé et tout le monde s'est rassemblé pour dire une prière à la mémoire des morts tandis qu'il était assis parmi eux, sanglotant. Je l’ai alors reconnu ; c’était Gara Iné, un riche commerçant musulman que j'avais rencontré le mois dernier après l'attaque de son enclos à vaches par les anti-balaka, qui avaient tué quatre de ses bergers peuhls et volé ses 680 vaches. Il nous avait présentés à deux femmes peuhles qui avaient été témoins de l'attaque et nous avaient décrit comment les assaillants avaient tué tous les hommes du camp, égorgeant le fils âgé de trois ans d'une des femmes, deux garçons âgés de 10 et 14 ans, et le mari de l'autre femme.

Maintenant, une nouvelle tragédie venait de frapper Gara. Sa femme Khadija, âgée de 35 ans, et son beau-frère Adei Abakar, 38 ans, étaient parmi les personnes tuées à coups de machette par les anti-balaka devant la maison de l'imam. La mère âgée de Khadija, Hamida Oumar, était à l'hôpital dans un état critique, avec de graves blessures à la tête. Nous avons présenté nos condoléances à Gara, en nous souvenant de son accueil chaleureux lors de notre récente visite.

Alors que nous regagnions notre voiture en silence, nous avons retrouvé un jeune garçon musulman, Zakaria, qui avait un bras en écharpe. Nous l'avions rencontré le matin même à l'hôpital, quand des combattants de l'ex-Séléka sont venus récupérer le corps d'un de leurs neuf camarades tués dans les affrontements de jeudi. Zakaria nous a raconté une nouvelle histoire terrible. Il était chez lui dans le quartier musulman quand des combattants anti-balaka et des déserteurs de l'armée lourdement armés ont fait irruption et lui ont tiré dans l'épaule et le bras, le laissant pour mort sur le sol. Tandis qu'il gisait inconscient, les assaillants ont pillé la maison familiale et ont mis le feu au toit de chaume. La chaleur dégagée par l'incendie lui a permis de reprendre conscience et il a pu s'échapper de justesse.

Les événements horribles du quartier de Boro à Bossangoa ne représentent qu'un échantillon de la tragédie qui se déroule actuellement à grande échelle en République centrafricaine. Depuis qu'elles ont renversé le gouvernement en mars, les forces de la Séléka, une alliance de groupes armés majoritairement musulmans, ont régné par les armes et par la terreur, attaquant et incendiant les villages chrétiens, tuant et blessant d'innombrables personnes. Des centaines de milliers de personnes terrorisées ont dû fuir leurs habitations, créant une crise humanitaire.

Les éléments sont réunis pour que se produisent de nouvelles atrocités. Vendredi matin, après que des miliciens anti-balaka eurent chassé ses forces de plusieurs quartiers de Bossangoa, un commandant de la Séléka, le colonel Saleh, a rassemblé ses hommes et les a menés jusqu'aux abords d’un camp situé près de l'église catholique, où étaient réfugiés environ 35.000 chrétiens déplacés. Ses hommes ont tiré plusieurs salves de fusil lance-grenades dans le camp surpeuplé et ont menacé à plusieurs reprises de l’assaillir si les anti-balaka ne quittaient pas Bossangoa. Dans l'espoir d'éviter un massacre, les soldats de la force africaine de maintien de la paix ont négocié une issue à la crise en obtenant que les anti-balaka cèdent, sachant que le colonel Saleh n'aurait pas hésité à lancer une attaque meurtrière contre 35.000 civils.

Avec un bilan de 400 à 500 morts lors d’affrontements et de massacres similaires depuis mercredi à Bangui, où de nombreux cadavres jonchent toujours les rues, il n'y a guère de doute que la République centrafricaine se trouve au bord du précipice, avec un grand risque de voir se multiplier les massacres sectaires. La France a compris combien la situation est devenue critique et a déployé dans le pays des centaines de soldats supplémentaires pour protéger les civils, mais peine à mobiliser un soutien suffisant pour la création d'une force de stabilisation internationale plus importante sous commandement des Nations Unies. Aucun soldat français n'est encore arrivé à Bossangoa. Il n'y a plus de temps à perdre pour éviter un désastre.

 

 

 

 

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Human Rights Watch, 350 5th Ave, New York, NY 10118-0110 United States
Point de vue : RCA - Tragédie à la résidence de l'imam
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:06

 

 

 

 

 

 

http://www.liberation.fr  9 DÉCEMBRE 2013 À 21:23)

 

Les avions serviront à convoyer des troupes africaines en Centrafrique, où les forces françaises ont commencé ce lundi à désarmer les milices.

 

Les Etats-Unis vont mettre à disposition des appareils de transport C-17 pour convoyer des troupes africaines en Centrafrique à la suite d’une demande d’assistance de la France, a indiqué lundi le Pentagone.

 

Cette décision a été prise à la suite d’une conversation téléphonique dimanche entre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian et son homologue américain Chuck Hagel, et Washington «continue de travailler à identifier des ressources additionnelles» susceptibles d’être mises à disposition de la Misca, la force africaine en Centrafrique, affirme le Pentagone dans un communiqué.

 

UN SOUTIEN À COURT TERME

 

«A court terme, la France a demandé un soutien en matière de transport aérien pour permettre aux forces africaines de se déployer rapidement pour empêcher que les violences ethniques ne continuent de s’étendre en République centrafricaine», plaide-t-il.

 

Quelque 850 soldats burundais doivent ainsi être transportés par deux gros porteurs C-17 dans les prochains jours, selon un responsable américain de la Défense. «Nous espérons commencer d’ici 24 heures», a indiqué à l’AFP ce responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat.

 

A ce stade, la mission dévolue aux deux avions américains concerne exclusivement le transport des troupes burundaises et de leur équipement, une tâche qui devrait être réalisée en quelques jours.

 

L’Union africaine a décidé de porter sa force en Centrafrique (Misca) à 6 000 hommes, contre 3 600 initialement prévus, a annoncé samedi la présidence française à l’issue d’un mini-sommet à Paris sur la situation dans ce pays. Aucune date n’a été fixée pour le renforcement de cette force, qui ne compte actuellement que 2 500 hommes sur place, sous-équipés et mal entraînés.

 

EFFORT INTERNATIONAL

 

«Les Etats-Unis se joignent à la communauté internationale dans cet effort parce que nous pensons qu’une action immédiate est nécessaire pour empêcher une catastrophe humanitaire», justifie le Pentagone. Washington «continue de travailler à identifier des ressources supplémentaires» susceptibles d’être mises à disposition de la Misca, ajoute-t-il.

 

«Nous continuons de parler avec les Français et les partenaires dans la région pour voir de quelle façon nous pouvons soutenir le mieux la mission» de l’Union africaine, selon ce responsable.

 

Les Etats-Unis ont déployé depuis plus d’un an une centaine de soldats des forces spéciales pour une mission d’assistance aux troupes africaines chargées de la traque de la LRA (Armée de résistance du Seigneur) et de son chef Joseph Kony. Ces troupes sont basées en Ouganda mais sont amenées à évoluer jusque dans l’Est de la Centrafrique.

 

DÉSARMER LES MILICES

 

Le Royaume-Uni a de son côté également mis à disposition un gros porteur C-17 pour convoyer des équipements français vers la Centrafrique.

 

Lors de l’intervention française au Mali en janvier dernier, le Pentagone avait mis à disposition de Paris pendant plusieurs semaines des avions de transport ainsi que des avions de ravitaillement en vol ainsi qu’un soutien en matière de renseignement.

 

Sur le terrain, les soldats français ont entamé dans Bangui traumatisée par de récents massacres le délicat désarmement des milices et groupes armés promis par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique. «Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu’en face ils l’ont compris», a affirmé le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron.

 

«En face», c’est-à-dire chez les combattants de l’ex-rébellion Séléka, le message très ferme du gouvernement français -«l’impunité est finie !»- semblait donc avoir été entendu lundi. Ces hommes en armes, qui, il y a quelques jours étaient partout dans Bangui, déambulant à pied ou sillonnant les rues à bord de pick-up bondés, étaient presque invisibles dans les rues.

Centrafrique : les Etats-Unis vont prêter à la France des avions de transport
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:43

 

 

 

 

 

 

Publié le 09-12-2013 à 15h37 - Mis à jour à 16h01

 

Par Sarah Diffalah

 

L'armée française a débuté la mission de désarmement des groupes armés. Une tâche qui s'annonce plus difficile que sur le papier.

 

Lundi 9 décembre, les soldats français entrent dans le vif du sujet de l'opération Sangaris. La mission prioritaire que leur a donnée le gouvernement est de désarmer au plus vite toutes les milices et les groupes armés qui terrorisent les populations. Déployés à Bangui, et au nord-ouest, vers Bossangoa et Bouar, les 1.600 militaires ont commencé le travail, tôt lundi matin. Des hommes de l'ancienne rébellion de la Seleka sont maîtrisés, voire arrêtés. Des fouilles sont opérées dans des maisons présumées appartenir aux anciens rebelles. Des munitions sont saisis. Pour mettre la main sur les stocks d'armes cachés, les Français sont aidés par les services de renseignements congolais, selon le site Afrikarabia.

 

Personne n'a le doit de porter des armes exceptés les soldats français : "Tout le monde pose les armes" ou bien "on utilise la force", a prévenu le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Dimanche, dans les rues de Bangui, les menaces avaient d'abord pris la forme de patrouilles très visibles, en véhicules blindés ou à pied, sur les boulevards et les carrefours stratégiques de la capitale, témoigne un journaliste de l'AFP.

 

L'Etat-major fait état d'une certaine tension dans la ville, bien que les combattants aient presque disparu des rues. Les autorités locales ont abondé dans le sens de Paris. Le président par intérim, Michel Djotodia, lui-même issu de l'ancienne rébellion qu'il avait officiellement dissoute, a demandé à ses combattants de regagner rapidement les casernes. Il a souligné que ceux qui entreront dans les casernes ne seront pas désarmés, mais ceux qu'il considère comme des éléments "incontrôlés" le seront. "S'ils n'obtempèrent pas, nous allons utiliser des moyens durs, forts", a-t-il menacé.

 

"Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu'en face ils l'ont compris et que les choses se passent plutôt bien", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron."Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes, sur d'autres, ils ont déposé les armes", a-t-il souligné.

 

Cependant la tâche s'annonce plus difficile sur le terrain que sur le papier. Le ministre des Affaires étrangères l'a reconnu lundi matin : "Ce n'est pas un travail facile mais nos militaires sont très, très professionnels et préparés." Des échanges de tirs ont éclaté en fin de matinée près de l'aéroport de Bangui, ont sont basés les militaires français.

 

La nébuleuse des groupes armés

 

Première difficulté : reconnaître les groupes armés. Si l'attention est largement focalisée sur les rebelles de l'ex-Seleka, les soldats français font face à différents mouvements. Il y a, donc, les anciens rebelles de la Seleka, originaires du nord, hétéroclites et en majorité musulmans. A l'origine, le mouvement est organisé autour de trois groupes l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), dont l'actuel président de transition est le fondateur, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) et la CPSK (Convention démocratique du salut du Kodro).

 

Ces trois groupes armés opéraient dans le nord-est du pays, leur fief, un territoire toujours déconsidéré par les régimes politiques successifs. Ils se sont alliés en décembre 2012 et revendiquaient notamment le respect des accords de paix de 2008, signés à Libreville. Pour atteindre leur objectifs, ils sont parvenus à contrôler plus de la moitié du territoire et enfin Bangui. Parmi ses combattants, on pouvait trouver des hommes politiques dissidents, mais aussi des personnes à la tête de groupes liés au banditisme social, convaincus qu'il fallait faire tomber l'ancien président François Bozizé. Ce qui fût fait en mars 2013. Malgré leur prise de pouvoir, ils ont continué à terroriser ceux qu'ils considéraient comme des fidèles à l'ancien président.

 

Face à eux, se sont développées des milices de défense, les "anti-balakas", en majorité chrétiens, pour répondre à la violence de l'ex-Seleka. Pour la première fois ces derniers ont pénétré dans Bangui la semaine dernière, provoquant des tueries qui ont fait plusieurs centaines de morts au total dans les deux camps.

 

Enfin, une multitude d'autres groupes, bandits des grands chemins, coupeurs de route, mercenaires ont profité du désordre. 

 

Une Seleka difficlement contrôlable

 

Face à la puissance de feu des militaires français, ces groupes armés ne font pas le poids. D'autant qu'ils sont peu structurés et peu motorisés. Les affrontements directs seront a priori largement évité, mais ne sont pas exclus. Cependant, ces milices sont relativement bien armées, éparpillées, se fondent très vite dans la nature et seront difficiles à saisir. Concentrés à Bangui et sur les axes routiers, les soldats français ne pourront pas forcément avoir accès aux zones reculées. Laurent Fabius a lui aussi souligné que "la difficulté c'est que beaucoup d'ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus"

 

Impopulaire, critiqué, décrié, par François Hollande lui-même, le président par intérim Michel Djotodia ne peut pas être un appui utile pour ramener l'ordre. Il est débordé par ses propres troupes. La France a, depuis le début de la crise, traité directement avec le Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Un homme se dégage et exerce une légère influence : Nourredine Adam, ancien ministre de la sécurité, considéré comme le chef politique de l'ex-rébellion.

 

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

 

CENTRAFRIQUE : Désarmer les milices, l'épineuse mission des soldats français
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:40

 

 

 

 

 

 

http://afrikarabia.com   08 déc 2013  par Christophe RIGAUD

 

 

Environ 1.600 soldats français ont été déployés ce dimanche à Bangui  dans le cadre l’opération Sangaris. Plus simple en apparence qu’au Mali, l’intervention française en Centrafrique recèle de nombreux pièges.

 

Tel un avion sans pilote, la Centrafrique s’est peu à peu enfoncée dans le chaos et la violence, après la chute du président Bozizé en mars 2013. Moins d’un an après son arrivée au pouvoir, le nouveau président Michel Djotodia a perdu le contrôle des rebelles de la Séléka qui l’ont porté au pouvoir. A Bangui, les ex-rebelles ont rapidement semé la terreur, commettant pillages, viols et exactions à répétition contre les civils. Les violences se sont ensuite répandues dans le nord du pays, notamment à Bossangoa. En réaction aux exactions de la Séléka, composée essentiellement de musulmans, des milices chrétiennes, dénommée «anti-balaka», sont apparues depuis septembre dans le nord-ouest du pays, et sont en partie responsables des récents massacres à Bangui. Un conflit religieux couve.

 

La France s’apprête donc à ramener l’ordre en Centrafrique. L’objectif de l’armée française est de sécuriser la capitale, Bangui, ainsi que les principaux axes routiers du pays. Cette opération devra ensuite laisser place à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), dotée d’environ 4.000 hommes. Si militairement, la sécurisation de Bangui devrait être relativement aisée pour l’armée française, le reste du pays sera beaucoup plus difficile à pacifier. Mais d’autres difficultés attendent les français.

 

Plus complexe qu’au Mali ?

 

De l’avis de tous les experts, la sécurisation de la Centrafrique, pays grand comme la France, ne sera pas une mince affaire. Contrairement au Mali, où l’ennemi était clairement identifié et localisé, en Centrafrique il sera difficile de faire le tri entre forces centrafricaines de sécurité, ex-Séléka et «anti-balaka». Seconde difficulté, il faudra ensuite désarmer les fauteurs de troubles. L’armée française devra rapidement mettre la main sur les stocks d’armes cachés par les ex-rebelles de la Séléka. Il semblerait que les français soient aidés dans cette tâche par les services de renseignements congolais de Denis Sassou Nguesso, très actif en Centrafrique.

 

Le problème Djotodia

 

Le nouveau président Michel Djotodia fait partie du problème centrafricain et pas de la solution. Incapable de maîtriser ses troupes, aux mains de multiples commandants, l’ex-chef de la Séléka fait preuve d’une incompétence rare. Michel Djotodia n’a rien fait pour éviter les massacres et pire, il a remis de l’huile sur le feu en déclarant que les «anti-balaka» étaient systématiquement soutenus par l’ancien président Bozizé. Très impopulaire à Bangui, la communauté internationale ne peut plus s’appuyer sur Djotodia pour ramener la sécurité. Le président centrafricain ne sert plus à rien, il doit donc partir au plus vite. François Hollande n’a pas dit autre chose en clôture du mini-sommet sur le Centrafrique, lorsque que le président français a souhaité que les élections se déroulent au plus vite, « avant 2015 » Djotodia est aussi accusé de détourner l’argent public, qui fait cruellement défaut. Des proches du régime, se demandent où sont passées les sommes allouées aux voyages officielles que n’a pas effectué Djotodia en Turquie ou en Afrique du Sud. On parle de 52 millions de CFA.

 

Le cas Nourredine Adam

 

Ancien ministre de la défense, débarqué rapidement par Djotodia après  seulement quelques mois d’exercices, Nourredine Adam, apparaît toujours comme l’homme fort du régime. Ou en tout cas comme le moins faible. Il serait en effet le seul membre de la Séléka à avoir encore un peu d’autorité sur les commandants ex-rebelles. Mais le personnage est trouble. Ses services sont accusés de torturer les opposants ou récalcitrants au régime. Des différents ethniques opposent également Adam et Djotodia. Le président est un Gulas (proche du Soudan) alors que Noureddine Adam est un Rungas (proche du Tchad). Au sujet de Nourredine Adam, les avis sont partagés à Bangui. Certains voudraient l’intégrer pour mieux le contrôler. D’autres souhaiteraient tout simplement… l’éliminer. Que fera la France ?

 

Nicolas Tiangaye déçoit

 

Avec l’arrivée au pouvoir de Michel Djotodia, que la communauté internationale ne reconnait pas, le Premier ministre Nicolas Tiangaye devient l’interlocuteur officiel de la RCA à l’étranger et bénéficie d’une relative bonne image. Mais très vite, l’homme semble débordé par la tâche et sans moyens financiers, il ne maîtrise plus la situation. Il devait jouer le rôle de contre-pouvoir face à Michel Djotodia, il n’en sera que le modeste exécutant… impuissant lui aussi face à la montée de la violence. Nicolas Tiangaye déçoit et des soupçons de détournement d’argent planent désormais sur lui. Est-il encore l’homme de la situation ?

 

Une « ligne rouge » pour Déby

 

Le président du Tchad voisin a toujours jouer un rôle déterminant en Centrafrique. Il fait et défait les présidents. En 2003, il aide François Bozizé a accéder au pouvoir par les armes et en 2013, il laisse la Séléka s’emparer de Bangui, sans intervenir. Pourtant Déby a hésité à soutenir la Séléka qu’il voyait au début comme un facteur de déstabilisation à son propre régime. Certains disaient à N’djamena qu’après le départ de Bozizé, ce serait celui de Déby. Mais Déby s’est ensuite rapproché de la rébellion… pour mieux la contrôler. Le Tchad a clairement donné le feu vert à la prise de Bangui. Mais aujourd’hui, certains centrafricains estiment qu’il faut fixer une « ligne rouge » à Idriss Déby pour qu’il cesse de tirer les ficelles en RCA. Paris aura sans doute un peu de mal à convaincre son allié au Mali de laisser tomber Bangui. Déby semble en effet « intouchable » depuis son  soutien  à l’opération Serval au Mali. Pour certains, seule la menace de la Cour pénale internationale (CPI) pourrait peut-être faire entendre raison à Idriss Déby. Le Tchad peut poser d’autres difficultés sur le terrain militaire. En Centrafrique, la France devra s’appuyer sur la Misca, la force africaine qui sera déployée à partir du 19 décembre. Les forces tchadiennes seront très présentes au sein de la Misca. Problème : à  Bangui, on accuse déjà les troupes tchadiennes de ne pas désarmer certains membres de la Séléka lorsqu’ils sont originaires du Tchad. Une ambiguïté qui devra être vite levée par les troupes françaises.

 

Bozizé, le retour ?

 

L’ancien président François Bozizé peut-il revenir ? Beaucoup le disent malade, fatigué et surtout sans moyen financier. Mais François Bozizé voyage beaucoup, au Soudan du Sud ou récemment en Ouganda. L’ancien président cherche à récupérer le mouvement «anti-balaka», mais pour ces paysans de la brousse, ce sont les exactions de la Séléka qui les font prendre les armes, sur fond d’affrontements anti-musulmans. Dans le camp Bozizé, c’est plutôt le fils qui s’active en coulisse. Depuis Zongo en République démocratique du Congo (RDC), Jean-Francis, ancien ministre de la Défense de son père cherche des armes et des soutiens chez des rebelles congolais. Et visiblement il trouve.

 

Une transition mal engagée

 

L’intervention militaire est une chose, mais les défis qui attendent la Centrafrique ne sont  pas uniquement sécuritaires, ils sont aussi politiques. Car une fois le calme restauré, tout reste à faire : la transition politique et la reconstruction d’un Etat. Pour le moment, la transition est au point mort. Dans un rapport d’International Crisis Group (ICG), le think tank affirment que « les institutions de la transition sont des coquilles vides (…) faute d’argent et de sécurité » . Il y a donc urgence à accélérer, comme le souhaite le président français, la mise en place d’élections pour installer rapidement un pouvoir légitime à Bangui. Mais  dans le chaos actuel, il est difficile d’imaginer un scrutin digne de ce nom dans des brefs délais en Centrafrique.

 

Les défis sont donc nombreux pour Paris. Pour réussir sa mission, l’intervention militaire française ne suffira pas. Un ancien proche de la Séléka me confiait que la France devait faire pression rapidement pour ouvrir un dialogue interreligieux. Selon lui, « les acteurs religieux seront les premiers artisans de la paix (..) la France doit pousser au dialogue et la réconciliation » . Une personnalité est en vue pour jouer ce rôle, l’évêque de Bossangoa, une ville meurtrie par les violences, Nestor Nongo Aziagba.

 

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

Lu pour vous : Paris face au casse-tête centrafricain
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:09

 

 

 

 

Déclaration de la Conférence 2piscopale de Centrafrique

"Les exactions continuent mais en mode silencieux" : Conférence épiscopale centrafricaine
"Les exactions continuent mais en mode silencieux" : Conférence épiscopale centrafricaine
"Les exactions continuent mais en mode silencieux" : Conférence épiscopale centrafricaine
"Les exactions continuent mais en mode silencieux" : Conférence épiscopale centrafricaine
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 16:36

 

 

 

 

 

PUBLIÉ LE 09/12/201  Par La Voix du Nord

 

Des affrontements ont éclaté lundi à Bangui entre soldats français et hommes armés, au premier jour de l’opération de désarmement des milices promises par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique.

 

Ces échanges de tirs ont opposé en fin de matinée des militaires de l’opération française Sangaris à des hommes armés près de l’aéroport, où est basé l’essentiel du dispositif français au nord de la capitale. Les tirs ont rapidement cessé et aucun militaire français n’a apparemment été blessé, selon des photographes de l’AFP.

 

Le désarmement des milices et groupes armés a commencé lundi matin, a annoncé l’état-major français à Paris, assurant que « les choses se passent bien ». Aux premières heures de la matinée, le « message » des autorités françaises semblait avoir été entendu dans Bangui: les hommes en armes qui il y a quelques jours étaient partout, déambulant à pied ou sillonnant les rues à bord de picks-up bondés de combattants étaient invisibles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

Pendant la nuit certains ont tombé l’uniforme. D’autres, privés de leur kalachnikov, affichent une mine défaite.

 

Dimanche en fin de journée, un imposant convoi de blindés français, arrivé par la route depuis le Cameroun, est encore venu renforcer le dispositif français. Salué par la population, il paraît aussi avoir contribué à saper le moral de certains combattants, alors que pendant toute la nuit, les hélicoptères de combat français, invisibles dans la pénombre, ont tournoyé au-dessus de Bangui.

 

Même si ce n’est pas dit publiquement à Paris, l’opération de désarmement vise expressément les ex-combattants rebelles de la Séléka, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois -pillages, exécutions sommaires- sur la population.

 

Haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des mercenaires ou des « occupants » venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka -majoritairement musulmans- sont les seuls à déambuler en armes dans la capitale, face aux milices villageoises « anti-balaka » (anti-machettes, favorables à l’ancien régime), présentes en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

« On a faim ! »

 

Les Banguissois, qui depuis samedi ne cessent de dire leur soulagement de voir les Français dans les rues après des journées d’horreur, reprennent peu à peu leurs habitudes. Arlette Papaye, commerçante, raconte : « On a recommencé à sortir parce que les Français sont là. On était resté dans les maisons et les cases. On a faim. Il faut que les Français fassent partir les Séléka ».

 

Officiellement dissoute par le président centrafricain et ex-chef rebelle Michel Djotodia, les milices Séléka ont été en théorie intégré pour partie les nouvelles forces de sécurité. Cette dissolution est restée purement symbolique et rien n’a changé dans les faits. Si les armes ne se voient plus, elles sont toujours dans la ville, posées derrière un mur, rangées dans des maisons ou des entrepôts, dans les quartiers où les militaires français ne sont pas encore rentrés.

 

Ordonnée dimanche soir par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’opération de désarmement s’annonce complexe, a expliqué lundi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. « La difficulté c’est que beaucoup d’ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus », a-t-il déclaré à la radio France Inter.

 

« On a expliqué aux uns et aux autres, à la radio et par différents médias disponibles, qu’il fallait ramener les armes, le président Djotodia a dit la même chose, on va donc aller au contact et si ce n’est pas suffisamment efficace, la force sera employée », a-t-il prévenu.

 

Passivité des autorités

 

Après le vote ad hoc de l’ONU jeudi, la France a déployé 1.600 militaires en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris, du nom d’un papillon rouge local), en appui à une force africaine sur place, la Misca (2.500 soldats). L’essentiel des forces françaises est concentré à Bangui, mais des unités sont également déployées dans le nord-ouest du pays, particulièrement à Bossangoa où les affrontements à caractère inter-religieux sont réguliers depuis septembre.

 

A propos des autorités de transition, M. Fabius a indiqué qu’il fallait « travailler » avec elles jusqu’aux élections qui doivent être organisées le plus vite possible, « même si (elles)-mêmes ou leurs correspondants ont des difficultés ».

 

Le président français François Hollande avait vivement critiqué samedi l’inefficacité, voire la passivité du président Djotodia, porté au pouvoir en mars par les rebelles et censé resté en place jusqu’à la tenue d’élections en 2015.

 

Laurent Fabius a rappelé que « ni le président (centrafricain) ni le Premier ministre ni aucun des membres du gouvernement ni le Bureau de l’Assemblée nationale ne peuvent se présenter aux futures élections. Cela a été décidé par les pays africains voisins, accepté par l’Union africaine et par l’ONU », a-t-il affirmé.

 

Près de 400 personnes ont été tuées dans des violences ces jours derniers dans la capitale centrafricaine, Bangui. Lundi l’odeur insoutenable de cadavres en décomposition persistait dans des quartiers où la Croix-rouge locale n’a pu pour le moment ramasser les corps.

Centrafrique : les Français entament le désarmement des milices, premiers affrontements
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:59

 

 

 

 

 

 

http://www.rtbf.be   lundi 9 décembre 2013 à 5h48

 

Bertrand Henne s'entretient ce lundi avec Roland Marchal, chercheur à Sciences Po et spécialiste des conflits africains.

 

Il sera question de la situation en République centrafricaine. Des violences entre milices chrétiennes et musulmanes ont déjà fait plusieurs centaines de morts ces jours derniers, des musulmans de la Séléka qui sont au pouvoir depuis le coup d'Etat de mars dernier contre le président Bozizé. Les premières troupes françaises se sont déployées vendredi dans la capitale Bangui.

 

Retranscription de l'entretien:

 

GL : - Notre invité par téléphone avec nous ce matin, il s’agit de Roland Marchal, chercheur à Sciences-Po. Bertrand Henne on va faire le point sur la Centrafrique où l’on craint un véritable génocide, la situation est en tout cas critique au point que l’ONU a donné son feu vert pour une intervention militaire.

 

BH : - Bonjour Roland Marchal.

 

RM : - Bonjour.

 

BH : - C’est aujourd’hui que commence le désarmement des milices. " Tout le monde pose les armes où la France utilisera la force ", déclaration du ministre de la défense français Jean-Yves Le Drian. Roland Marchal, comment est-ce que vous évaluez la difficulté de cette intervention française ? Beaucoup s’attendent à ce que ce soit plus facile qu’au Mali. C’est votre avis ?

 

RM : - Non je crois que d’un point de vue militaire, évidemment l’adversaire, les possibles opposants sont beaucoup plus faibles militairement donc effectivement, s’il y a bataille, ce sera beaucoup plus facile. Mais je crois qu’il faut nuancer ça par deux aspects. Le premier c’est que ce pays est très grand et que des opposants peuvent aussi se disperser, recourir au banditisme de grand chemin. Donc d’une certaine façon, la sécurisation est quand même un défi. Le deuxième problème, c’est qu’évidemment, on peut – comme les Français le font aujourd’hui, les Français et les forces africaines ne les oublions pas – agir dans l’instant mais il faut évidemment consolider. Parce que la sécurité, ce n’est pas simplement un problème militaire et de ce point de vue-là, on peut être disons sinon inquiets, du moins poser des questions sur ce qui va se passer notamment pour redonner une légitimité au gouvernement en place, pour aussi prouver à la population d’un côté et de l’autre que l’autorité cette fois-ci, à l’inverse de ce qu’il s’est passé pendant 10 ans au moins, considérera tous les citoyens centrafricains comme égaux.

 

BH : - Vous dites " d’un point de vue sécuritaire " donc ce sera un défi autrement plus compliqué que le militaire, les violences religieuses qui sont en augmentation. 400 morts rien que ces derniers jours dans la capitale Bangui selon les autorités françaises. Certains y voient donc le risque d’un nouveau génocide, une forme de nouveau Rwanda. Est-ce que c’est réaliste de penser ça Roland Marchal, ou est-ce que c’est une manière finalement de justifier aussi l’intervention militaire à tout prix ?

 

RM : - Personnellement je récuse l’usage de ce terme parce qu’il n’y a pas de véritable politique d’élimination systématique d’un groupe ou d’un autre, les chrétiens ou les musulmans. Ça n’a aucun sens. Il y a des violences de masse, il y a éventuellement hélas des massacres mais ce à quoi on assiste, c’est plutôt une multiplication de règlements de compte d’un côté et de l’autre avec quelques fois des attaques – surtout dans le monde rural – sur des communautés isolées. Donc vraiment, le terme " génocide " est extrêmement inapproprié. Il a été utilisé je crois effectivement pour dramatiser la situation notamment aux Etats-Unis où le congrès était réticent à financer cette opération pour le versant africain. Mais il faut quand même garder raison parce que la politique des superlatifs elle marche et le jour où elle ne marche plus et qu’on est face à un véritable génocide, que ferons-nous ?

 

BH : - Vous avez donc parlé de " règlements de compte entre différents groupes ", comment expliquer qu’on en soit arrivé là Roland Marchal ? C’est vrai que la Centrafrique c’était peut-être pour nous en Belgique – peut-être un peu moins en France où on a une plus longue histoire avec la Centrafrique – un conflit oublié. Comment expliquer qu’on en soit arrivé à ce niveau-là de tension qui nécessite donc une intervention extérieure ?

 

RM : - Ecoutez je crois que la France se pare d’une expertise et d’une connaissance du continent qu’elle a perdu depuis très longtemps. Si effectivement le gouvernement français avait suivi depuis de longues années la descente, la chute de ce pays sous Bozizé et évidemment après le coup d’état sous Djotodia, la réaction française, européenne et internationale aurait dû alors se faire. On intervient extrêmement tard dans le déroulé de cette crise et évidemment, d’une part ça oblige à des moyens militaires qui peut-être n’auraient pas été nécessaires il y a 2 ou 3 ans. Et d’autre part, on sait qu’effectivement le drame humain est massif, il y a des centaines de morts, peut-être des milliers de morts, et un risque potentiel que ça dure. Mais là aussi, il faut se rendre compte quand même d’un paradoxe c’est-à-dire qu’aujourd’hui, des français, une partie de la communauté internationale financent une opération en Centrafrique. Mais si vous écoutez bien nos hommes politiques, ils ont toujours eu raison. Il n’y a aucune réflexion sur pourquoi ce pays qu’on a quand même aidé raisonnablement pendant les dix dernières années pour ne prendre que celles-là, aujourd’hui est tombé. Pourquoi est-ce que par exemple le gouvernement français, le gouvernement américain ont soutenu Bozizé jusqu’au bout allant à la cérémonie d’intronisation d’un dirigeant qui avait été très mal élu, au terme d’élections de mascarade. Ces questions-là il faut les poser. Il faut les poser au niveau politique, il faut aussi les poser au niveau économique. Pourquoi d’une certaine façon, l’économie centrafricaine a été détruite par simplement quelques mois d’offensive armée. Il faut réfléchir et pas simplement pour pointer du doigt les éventuels responsables mais également pour éviter de refaire, recommettre les erreurs du passé.

 

BH : - Il y a le cas de la politique centrafricaine qui n’a jamais vraiment connu la stabilité, c’est le moins qu’on puisse dire, depuis son indépendance. Il y a aussi une dimension régionale à ce qui se passe en Centrafrique. On retrouve des milices djihadistes telles qu’on en retrouvait aussi dans le nord du Mali. On craint que le Gabon ou le Tchad voisin ne soient embrasés par un conflit qui ne serait pas régler en Centrafrique. C’est ça qui se passe aussi Roland Marchal ?

 

RM : - Je crois qu’aujourd’hui parler de milices djihadistes, on est vraiment dans le discours de dramatisation pour justifier une intervention. Il y a un certain nombre mais très peu, on peut les compter sur les doigts d’une main, de commandants de la Seleka qui ont des inclinaisons vers l’islam politique, voire l’islam radical. Mais compte tenu de la désorganisation de ce mouvement et compte tenu aussi de leur rang à l’intérieur de la hiérarchie du mouvement, il ne faut pas croire que ça peut caractériser la Seleka. Non le problème est effectivement régional car on voit d’une certaine façon que la Seleka a pu recruter extrêmement facilement des milices ou des mercenaires au Darfour et au Tchad et donc ça pose la question de qu’est-ce qu’il se passe au Darfour. Il y a quelques années, c’était le conflit à la mode dont il fallait absolument parler. Aujourd’hui les politiques européens se taisent. Ça pose aussi la question du Tchad. Une partie significative mais pas la majorité de la Seleka est composée d’anciens rebelles tchadiens. Pourquoi alors que l’Union européenne est intervenue pendant plus d’un an à dépenser 900 millions d’euros pour une opération, pourquoi finalement il n’y a pas eu d’accord politique pour régler ce problème au Tchad ? Pourquoi fallait-il suivre les Français et sauver seulement le soldat Idriss Deby ? Ça ce sont de véritables interrogations qu’il faut poser et qui montrent effectivement qu’il y a une dimension régionale. L’ambiguïté ou l’ambivalence du Tchad, qui est un peu pompier pyromane dans cette crise, doit être analysée. De la même façon, peut-être ce qui est en train de se passer aujourd’hui au nord du Cameroun en liaison avec les événements au Nigéria et puis aussi aux massacres de Peuls à l’intérieur de la Centrafrique même. Donc il y a effectivement une dimension régionale, je crois qui est extraordinairement sous-évaluée dans le discours politique public et qui évidemment fait problème parce que si vous vous voulez, on ne peut pas nier la réalité, elle reviendra sous d’autres formes et peut-être des formes beaucoup plus inquiétantes que celles d’aujourd’hui.

 

BH : - Rapidement Roland Marchal, un mot sur la position de la France dans cette affaire. Vous avez brièvement évoqué certains contours. La France qui a toujours été présente au Tchad et d’une manière générale dans la région depuis la décolonisation. On parle d’intérêt économique, de mines d’uranium, de pétrole notamment dans le nord du pays, ça joue un rôle majeur ça ? Roland Marchal.

 

RM : - La mine d’uranium a été fermée en 2011, ce n’est pas terrible de faire une intervention deux ans après. Quant au pétrole, les contrats d’exploration et sans doute d’exploitation pour l’instant sont des mains chinoises beaucoup plus que françaises. Non je crois qu’il faut voir plutôt que la France a été témoin de violations massives des droits de l’homme. Je crois que le gouvernement français au bout d’un moment s’est rendu compte que s’il n’intervenait pas, il serait comptable de ces violations au niveau international et évidemment il a préféré agir plutôt que de se voir condamné une fois de plus. Le Rwanda quand même a été un choc terrible pour les hommes politiques français.

 

BH : - Merci Roland Marchal d’avoir été notre invité ce matin.

 

Lu pour vous : RCA : Roland Marchal est l'invité de Matin Première
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:40

 

 

 

 

 

 

AFP 9 DÉCEMBRE 2013 À 09:58 (MIS À JOUR : 9 DÉCEMBRE 2013 À 14:39)

 

Le soldats français ont entamé lundi à Bangui le délicat désarmement des milices et groupes armés promis par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique.

 

L’annonce du début de l’opération a été faite par l’état-major français, selon lequel «les choses se passent plutôt bien».

 

«Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu’en face ils l’ont compris», a affirmé le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron.

 

«En face», c’est-à-dire chez les combattants de l’ex-rébellion Séléka, le message très ferme du gouvernement français --«l’impunité est finie!»-- semblait donc avoir été entendu lundi.

 

Ces hommes en armes, qui il y a quelques jours étaient partout dans Bangui, déambulant à pied ou sillonnant les rues à bord de pick-up bondés, étaient presque invisibles dans les rues, ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

Certains ont tombé l’uniforme pendant la nuit. D’autres, privés de leur kalachnikov, affichaient une mine défaite.

 

«Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes, sur d’autres, ils ont déposé les armes», a précisé le colonel Jaron.

 

Un bref échange de tirs a éclaté en fin de matinée près de l’aéroport M’Poko, ont constaté des photographes de l’AFP. «Il y a eu un tir et une riposte», a précisé l’état-major, selon lequel les soldats n’ont «rien retrouvé» après l’incident.

 

La veille, la Défense avait fait état d’une «tension» palpable entre soldats français et certains groupes armés dans les rues de la capitale.

 

L’opération de désarmement vise expressément les combattants de l’ex-Séléka, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois -pillages, exécutions sommaires- sur la population.

 

Haïs des habitants de la capitale, qui les voient le plus souvent comme des «occupants» venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka -majoritairement musulmans- sont les seuls à déambuler en armes dans la capitale, face aux milices d’autodéfense villageoises «anti-balaka» (anti-machettes), présentes en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

 

Des soldats congolais, tchadiens et guinéens de la force africaine, la Misca, participent de façon autonome à ces opérations de désarmement dans Bangui, toujours selon l’état-major français.

 

A Bossangoa (nord-ouest), l’un des principaux épicentres des violences en province, la présence d’éléments de la Misca, renforcés par des soldats français arrivés ce week-end, a permis de réduire la tension.

 

Dimanche en fin de journée, un imposant convoi de blindés français, arrivé par la route depuis le Cameroun, est encore venu renforcer le dispositif français à Bangui, contribuant sans doute un peu plus à saper le moral de certains combattants, alors que les hélicoptères de combat français n’ont cessé depuis dimanche soir de tournoyer au-dessus de la ville.

 

Une insoutenable odeur de cadavres

 

Après les dernières journées d’horreur, les Banguissois ne cessent de dire leur soulagement de voir les Français dans les rues. Près de 400 personnes ont été tuées depuis jeudi dans une offensive des milices anti-balaka, suivie des représailles sanglantes de l’ex-Séléka.

 

Lundi, l’odeur insoutenable de cadavres en décomposition persistait dans des quartiers où la Croix-Rouge locale n’a pu pour le moment ramasser les corps.

 

Arlette Papaye, commerçante, raconte: «on a recommencé à sortir parce que les Français sont là. On était resté dans les maisons et les cases. On a faim. Il faut que les Français fassent partir les Séléka».

 

Si les armes ne se voient plus, elles sont toujours dans la ville, posées derrière un mur, rangées dans des maisons ou des entrepôts, dans les quartiers où les militaires français ne sont pas encore rentrés.

 

L’opération de désarmement s’annonce complexe, a expliqué lundi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. «La difficulté c’est que beaucoup d’ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus», a-t-il déclaré. »(...) On va donc aller au contact et si ce n’est pas suffisamment efficace, la force sera employée», a-t-il prévenu.

 

Après le vote ad hoc de l’ONU jeudi, la France a déployé 1.600 militaires en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris, du nom d’un papillon rouge local), en appui à la Misca (2.500 soldats).

 

Djotodia se dit toujours soutenu par Paris

 

Vivement critiqué ce week-end par le chef de l’Etat français François Hollande, le président Michel Djotodia a affirmé lundi avoir toujours le «soutien» de Paris après les massacres de ces derniers jours.

 

«Je demande au peuple centrafricain de s’abstenir de toute manifestation hostile au président français», a lancé l’ancien chef rebelle, dans une déclaration à la radio nationale.

 

«On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, a laissé faire», avait accusé M. Hollande à son propos. Ces déclarations ont eu un écho très fort à Bangui, pays au coeur du pré-carré africain français où Paris a eu jusqu’à il y a peu une longue tradition de faire et défaire les présidents.

 

Arrivé à la tête du pays par les armes en mars 2013 après avoir renversé le président François Bozizé, M. Djotodia est censé quitter le pouvoir fin 2014, avant l’organisation d’élections en février 2015.

 

En évoquant la nécessité «d’aller le plus vite possible vers les élections avant 2015», le président Hollande a alimenté les spéculations sur cette accélération soudaine du calendrier de la transition.

 

Ces déclarations sont allées de pair avec une nette évolution des objectifs affichés de l’opération Sangaris: d’une intervention à but «humanitaire» pour une période de six mois, il s’agit aujourd’hui de désarmer tous les groupes armés, ramener la stabilité dans le pays et organiser des élections libres et pluralistes en remplacement du régime actuel.

 

Lundi matin, comme pour rassurer le pouvoir issu de l’ex-rébellion, M. Fabius a assuré qu’il fallait «travailler» avec les actuelles autorités centrafricaines, «même si (elles)-mêmes ou leurs correspondants ont des difficultés».

Centrafrique: les Français lancent le désarmement des milices
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