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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 18:39

 

 

 

 

 

 

AFP 12 DÉCEMBRE 2013 À 17:34

 

La situation humanitaire en Centrafrique se dégrade. L'Union européenne va envoyer 37 tonnes d'aide médicale d'urgence, via un pont aérien entre Bangui et le Cameroun.

 

La Commission européenne va envoyer samedi 37 tonnes d’aide médicale d’urgence en République centrafricaine (RCA), a annoncé jeudi la commissaire chargée de l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva. Cette nouvelle opération vient s’ajouter à un pont humanitaire aérien assuré par l’Union européenne entre Bangui et Douala (Cameroun).

 

«Une catastrophe humanitaire est en train de se dérouler sous nos yeux en République centrafricaine. La population entière est touchée et rien qu’à Bangui, le nombre de personnes déplacées a augmenté de 130 000 en l’espace de seulement quelques jours. Nous devons leur faire parvenir de l’aide maintenant», a dit Kristalina Georgieva.

 

«La communauté internationale, menée par la France, se mobilise pour faire face à la spirale de violence qui est à l’origine du drame humanitaire. Du point de vue humanitaire, nous avons deux priorités immédiates : mobiliser autant d’assistance que possible et la faire parvenir aux personnes qui en ont besoin», a-t-elle ajouté.

 

Trois organisations humanitaires non gouvernementales, Médecins du monde (MDM) et les sections française et néerlandaise de Médecins sans frontières (MSF), participent au transport aérien. L’aide d’urgence transportée par avion est composée principalement de médicaments.

 

QUELQUE 530 000 DÉPLACÉS

 

Ce pont aérien depuis l’Europe intervient quelques jours après l’ouverture d’une ligne Douala-Bangui par le service de transport aérien humanitaire de l’Union européenne. Cette ligne entre le Cameroun et la Centrafrique effectue des rotations quotidiennes permettant d’acheminer des biens humanitaires ainsi que du personnel dans le pays.

 

La situation en République centrafricaine se détériore rapidement. Plus de 530 000 personnes sont déplacées dans le pays, 10% de la population totale a fui et 2,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance immédiate.

 

Au cours des cinq dernières années, la Commission européenne a été l’un des principaux bailleurs de fonds du pays, avec depuis le début de l’année une contribution à hauteur de 20,5 millions d’euros.

Centrafrique : l'Europe prête à envoyer une aide humanitaire d'urgence
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 17:43

 

 

 

 

 

 

AFP le 12/12/2013 à 17:06

 

Bangui était menacée jeudi d'une nouvelle explosion de violences et d'une crise humanitaire après les massacres de la semaine passée qui ont fait des dizaines de milliers de déplacés, réfugiés près de l'aéroport ou terrés dans les quartiers.

 

Des points d'extrême tension subsistaient dans la capitale centrafricaine, notamment dans le quartier majoritairement musulman du PK-5, au centre-ville, où les corps de six musulmans, dont un enfant de 7 ans, massacrés par des chrétiens, ont été amenés à la mosquée, selon des témoins.

 

En représailles, un chrétien circulant à moto a été tué à la machette par une foule en colère. "On va laver le sang avec le sang", a crié un homme à un journaliste de l'AFP.

 

Au même endroit, une patrouille de l'opération française Sangaris a été violemment prise à partie par des musulmans en colère, et un moment presque encerclé par la foule qui criait "Français complices", "Vous aidez les chrétiens à nous tuer!".

 

"Les Français organisent le génocide", a accusé un adulte dans la foule, résumant la montée d'un fort sentiment anti-français dans la minorité musulmane depuis le début de l'opération Sangaris il y a une semaine pour rétablir la sécurité en Centrafrique. L'armée française a entrepris depuis lundi le désarmement des groupes qui terrorisaient les populations, visant de fait les ex rebelles de la Séléka, des combattants majoritairement musulmans qui ont terrorisé les populations à dominante chrétienne depuis leur arrivée au pouvoir.

 

Ailleurs, dans les quartiers de Bangui relativement épargnés par les violences, la vie revenait peu à peu à un semblant de normalité. La population recommençait à se déplacer à la recherche des commerces ouverts dans la ville toujours survolée par des avions de combat et parcourue par des patrouilles de blindés français.

 

"La nuit a été calme, la situation progressivement est sécurisée", a déclaré le président français François Hollande en visite au Brésil.

 

"Mais, enfin, il faut être très attentifs, prudents, vigilants et faire le désarmement jusqu'au bout", a-t-il ajouté.

 

Selon l'état-major français, il reste entre "3.000 à 8.000 membres de groupes armés" dans Bangui. "La grande majorité des groupes armés qui faisait régner la terreur" dans la ville a rejoint les casernes qui leur étaient assignées.

 

Sur le plan humanitaire, la situation était jugée alarmante par des ONG présentes à Bangui et en province alors que le flot des Centrafricains fuyant les violences grossit. Selon des agences de l'ONU, on compte plus de 100.000 déplacés rien que dans Bangui sur environ 800.000 habitants.

 

Massés aux abords de l'aéroport pour se placer sous la protection de l'armée française, ils étaient au moins 45.000 jeudi matin, selon des sources humanitaires sur place. Quelques tentes y ont été dressées, certains ont fabriqué des abris avec des sacs en plastique, mais la plupart demeuraient à la belle étoile.

 

"On n'a pas à manger, on n'a pas d'abri, pas d'école, pas d'avenir", témoignait Jefferson, venus avec 11 enfants du quartier de Boy-Rabe.

 

"On cherche un refuge, mais il n'y a pas d'eau, pas de nourriture", ajoutait un autre, venu du quartier voisin de Boeing, où la population était terrorisée par les exactions des ex-rebelles de la Séléka.

 

Appel à une intervention humanitaire de l'ONU

 

Au PK-5, d'autres déplacés ont cherché refuge chez des parents, fuyant les pillages et les tueries qui ont fait au moins 400 morts la semaine dernière.

 

Aux abords de l'aéroport, où les organisations humanitaires considèrent la situation comme la plus alarmante, avec de possibles risques d'épidémies, Médecins sans Frontières (MSF) a monté une clinique mobile, qui assure 200 à 300 consultations par jour.

 

Mais il y a seulement deux points d'eau, installés par la Croix-Rouge, pour tous les déplacés. Et depuis une semaine, les agences d'aide des Nations unies n'ont procédé à aucune distribution de nourriture, déplore sous couvert d'anonymat un responsable humanitaire.

 

MSF, qui appelle à un "changement urgent et radical de la réponse humanitaire des Nations unies" à la hauteur de la crise actuelle, a adressé jeudi une lettre ouverte à la secrétaire générale adjointe de l'ONU chargée des affaires humanitaires Valérie Amos.

 

"Malgré ses efforts importants, MSF -et les rares ONG présentes- ne peuvent pas couvrir tous les besoins", insiste Bart Janssens, directeur des opérations de l'ONG.

 

"Les agences des Nations Unies doivent maintenant apporter une réponse solide et concrète", ajoute M. Janssens.

 

la situation est aussi très grave à l'intérieur du pays, comme à Bossangoa, ville du nord-ouest où, depuis deux mois, 40.000 chrétiens fuyant des exactions se sont rassemblés autour de l'archevêché "entassés sur seulement 4 hectares", explique Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.

 

Ailleurs dans la ville, les violences de la semaine dernière ont entrainé le quadruplement des réfugiés musulmans, passés de 1.600 à près de 7.000.

 

"Il y a beaucoup trop de pression sur un si petit espace", se plaint Alexis Ottenwalter, un responsable d'ACF à Bossangoa.

 

Signe toutefois d'un relatif retour à la normale, Air France a annoncé qu'elle reprenait jeudi son vol hebdomadaire vers Bangui, annulé mardi.

 

Et une semaine après le feu vert de l'ONU à l'opération de la France, officiellement en appui à la force africaine (Misca) déjà présente en Centrafrique, de premiers renforts de pays du continent arrivaient.

 

Une cinquantaine de soldats burundais ont quitté Bujumbura pour préparer le déploiement d'un contingent de 850 hommes. Ils vont rejoindre les plus de 3.000 soldats africains déjà présents et qui doivent à terme totaliser 6.000 hommes et prendre la relève des Français.

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Centrafrique : Bangui menacée de nouvelles violences
Centrafrique : Bangui menacée de nouvelles violences
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 17:28

 

 

 

 

 

 

Chers compatriotes, chers amis de la République Centrafricaine,

 

C'est avec le cœur rempli de peine et de détresse que nous nous adressons aujourd'hui à vous pour évoquer la situation dans notre très cher pays.

 

Comme vous le savez la Centrafrique en particulier sa capitale Bangui est le théâtre d'affrontements ayant causé la mort de nombreux compatriotes mais aussi de deux soldats français venus chez nous pour défendre les populations civiles et les victimes des exactions.

 

Nous voulons en ce jour au nom de l'Association Humanitaire pour la Centrafrique (AHCA) et au nom de tout le peuple centrafricain et des amis de la Centrafrique, présenter toutes nos condoléances aux familles de toutes les victimes, aux familles des soldats français morts pour protéger nos compatriotes, et à tous les parents et proches des personnes ayant perdu la vie depuis le début des affrontements. 


Nous avons une pensée pour toutes les victimes et nous souhaitons un prompt rétablissement à tous les blessés.

 

Aujourd'hui plus que jamais nous souhaitons juste un retour à la paix dans notre cher pays ainsi que de la fraternité, et la générosité qui ont toujours caractérisé le peuple centrafricain.

 

« Le monde  a besoin de l'esprit de liberté, d'égalité et de fraternité,

 

L’ Afrique a besoin de l'esprit d'union, de patriotisme et d'humanisme

 

La République centrafricaine, a besoin de l'esprit de solidarité, de réconciliation et surtout du Pardon et de la PAIX. »

 

Merci à tous pour votre soutien.

 

 

Laurence MAYANGA-LENGBE 


Porte parole de l'Association humanitaire pour la Centrafrique

 

06.95.39.88.31

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'ASSOCIATION HUMANITAIRE POUR LA CENTRAFRIQUE
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 17:13

 

 

 

 

 

 

 

http://www.20minutes.fr  12/12/2013 à 13h33 -- Mis à jour le 12/12/2013 à 14h59

 

HUMANITAIRE - L'ONG MSF vient d'adresser une lettre ouverte à Valérie Amos, la secrétaire générale adjointe des Nations-Unies chargée des Affaires Humanitaires...

 

Les agences humanitaires onusiennes viennent de décider de mobiliser davantage de moyens et de ressources pour répondre à la crise humanitaire en Centrafrique alors que plus de 40.000 personnes survivent sur le site de l'aéroport de Bangui, la capitale, dans des conditions effroyables.

 

Lettre ouverte de MSF à Valerie Amos

 

Pour Médecins sans frontières (MSF), cette décision doit se concrétiser sur le terrain compte tenu des difficultés rencontrées jusqu’à présent par les agences onusiennes pour apporter une réponse adaptée à la gravité et à l’ampleur des besoins. L'ONG a adressé aujourd'hui une lettre ouverte à Valérie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires pour réclamer des mesures d'urgence.

 

Plus de 40.000 survivent sur le site de l'aéroport de Bangui

 

Aujourd’hui, plus de 40.000 personnes survivent sur le site de l’aéroport de Bangui. Sur le terrain, MSF a alerté plusieurs fois les agences des Nations Unies, demandant que de la nourriture, des tentes et du matériel d’hygiène soient immédiatement déployés, mais sans qu’aucune réponse concrète ne puisse être apportée. A Yaloké et Bouca, où la situation est critique, et en dépit des demandes répétées de MSF, les agences des Nations Unies ne sont toujours pas intervenues. Lors des récents évènements à Bossangoa, MSF a pris en charge des dizaines de blessés et continuer à creuser des latrines et assurer un accès à l’eau potable aux personnes déplacées alors que les agences onusiennes ont cessé toute activité de distribution de nourriture pendant quatre jours.

 

Des moyens qui arrivent tard

 

Depuis la décision de l’Inter-Agency Standing Committee (IASC), un forum décisionnel impliquant les principales agences humanitaires onusiennes, de renforcer la réponse humanitaire des Nations unies en Centrafrique, l'aide davantage de moyens devrait être acheminés. Soit, enfin, une réponse adaptée à la crise humanitaire en Centrafrique. Mais cette décision arrive très tard. Beaucoup auraient dû être déjà fait au regard de la dégradation de la situation humanitaire en Centrafrique depuis plusieurs mois. «Cette décision tardive doit maintenant être suivie d'effet et initier un changement radical et immédiat dans la façon dont les agences humanitaires onusiennes ont jusqu'à présent répondu à la crise», explique Bart Janssens, directeur des opérations à MSF.

 

Rétablir la sécurité dans un pays livré au chaos

 

La semaine dernière, l'ONU a donné son feu vert à la France pour lancer une nouvelle opération militaire, en appui à la force africaine (Misca) déjà présente en Centrafrique, pour rétablir la sécurité dans le pays livré au chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka dirigée par Michel Djotodia. Selon Paris, les soldats français ont pour mission de «rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire» et stopper une spirale infernale de violences inter-religieuses depuis la prise du pouvoir par la Séléka, une coalition hétéroclite de groupes rebelles à dominante musulmane. 

 

 A. Le G.

Lu pour vous : Centrafrique : Les ONG tirent la sonnette d'alarme
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 17:02

 

 

 

 

 


PARIS - AFP / 12 décembre 2013 16h46 - L'état-major français des armées a estimé jeudi qu'entre 3.000 à 8.000 membres de groupes armés se trouvaient actuellement à Bangui, où les soldats français poursuivaient les opérations de désarmement et de sécurisation.

L'estimation est très difficile, tout dépend de ce que nous mettons dedans. Ca peut aller de 3.000 à 8.000 (...), a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron, lors du point de presse du ministère de la Défense, répondant à une question sur le nombre d'hommes en armes dans la capitale centrafricaine.


Pour l'essentiel, les hommes armés circulant dans la capitale sont des combattants de l'ex-rébellion Séléka, coalition hétéroclite à dominante musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013.


Des miliciens appelés anti-balaka (anti-machettes), hostiles aux Séléka et partisans du président déchu François Bozizé, sont également infiltrés dans les quartiers et parmi les populations chrétiennes, disposant d'un armement sommaire fait surtout d'armes blanches.


Il y a enfin les membres ou anciens membres des forces de sécurité centrafricaines en totale décomposition, dont certains ont conservé leurs armes individuels et combattent au sein des anti-balaka.


Aucune estimation n'est disponible pour l'ensemble du pays. Près d'un million de personnes vivent à Bangui.


La grande majorité des groupes armés qui faisait régner la terreur a rejoint les casernes qui leur étaient assignées, a souligné le porte-parole de l'état-major français, une semaine après le déclenchement de l'opération militaire française Sangaris. Ce qui est important, c'est que le nombre d'individus capables de faire régner une certaine terreur dans Bangui soit considérablement réduit.


Selon l'état-major, la nuit de mercredi à jeudi a été particulièrement calme. Environ 1.200 soldats français sont actuellement déployés dans la capitale centrafricaine, sur un total de 1.600 en Centrafrique, et leur dispositif change en permanence, a souligné le colonel Jaron : Il n'y a pas de ligne de contact, pas de dispositif figé. 

Deux soldats français ont été tués dans la nuit de lundi à mardi, au cours d'un échange de tirs avec un groupe armé dans un quartier proche de l'aéroport à Bangui.

Selon une estimation établie avec le Comité international de la Croix Rouge (CICR), il a évalué à 10.000 le nombre de civils qui se réfugient dans la journée près de l'aéroport de Bangui pour se mettre sous la protection des soldats français. Ils sont deux à trois fois plus nombreux la nuit.


La Centrafrique est en proie au chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une rébellion hétéroclite, la Séléka.


L'opération Sangaris vise à désarmer ou cantonner les groupes armés et milices sévissant dans le pays. Dans les faits, elle concerne surtout pour le moment les ex-rebelles de la Séléka, coalition hétéroclite à dominante musulmane de groupes rebelles. Des mercenaires tchadiens et soudanais combattent aussi en son sein.

En face, sont apparues depuis septembre, plus particulièrement dans le nord-ouest du pays, des milices villageoises d'auto-défense, appelées anti-balaka (anti-machette, en langue locale sango), principalement composées de paysans chrétiens et de partisans de l'ancien président Bozizé, avec quelques anciens membres des forces de sécurité.



(©) 

 

Centrafrique: 3.000 à 8.000 membres de groupes armés dans Bangui
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:51

 

 

 

 

 

 

 

Alors que François Hollande veut organiser des élections en 2014 en Centrafrique, une ancienne ministre, membre du Conseil national de transition, donne un aperçu de l'immensité de la tâche.

 

Propos recueillis par Simon Gourmellet 

 

Mis à jour le 12/12/2013 | 06:44 , publié le 12/12/2013 | 06:41

 

François Hollande ne veut pas s'éterniser en Centrafrique. En visite à Bangui, le président de la République a détaillé son programme, mardi 10 décembre : "Protéger les populations, garantir l'accès à l'aide humanitaire, accompagner les Centrafricains vers la reprise de contrôle sur leur propre destin et la transition politique en 2014". 

 

Un calendrier serré pour un pays complètement désorganisé. Francetv info a demandé à Béatrice Epaye, une ancienne ministre, députée et aujourd’hui membre du Conseil national de transition, dans quel état est la classe politique centrafricaine, et comment elle envisage cette transition.

 

Francetv info : Que fait aujourd'hui le Conseil national de transition ? 

 

Béatrice Epaye : Rassemblant les diverses forces politiques du pays, ce conseil a été mis en place à l'issue des accords de Libreville (Gabon), en janvier dernier, et doit jouer le rôle de contre-pouvoir et permettre de rétablir la démocratie, aider au développement et rétablir la sécurité. La France et les Nations unies vont nous aider à mener à bien ce processus.

 

Une session ordinaire s'est terminée fin novembre. Nous avons doté le pays d'un nouveau code électoral qui prévoit l'élection d'un président pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Tous les responsables de la transition, président, Premier ministre et membres du CNT, ne pourront briguer la magistrature suprême. Désormais nous sommes dans l'attente. Mais on peut être appelé en urgence pour une réunion extraordinaire. 

 

L'organisation d'élections dès l'automne 2014 vous semble-t-elle possible ? 

 

Si le président Français s'engage sur ce calendrier, c'est en connaissance de cause, mais la tâche est immense. Le code électoral a été voté par le Conseil national de transition avant la dégradation de la situation, il faut désormais que l'Etat reprenne pied dans tout le pays. Ce processus dépendra du rythme auquel les troupes françaises et la Misca [des troupes africaines venues soutenir la Centrafrique] sécuriseront le pays.

 

Au Mali, le calendrier était lui aussi serré, mais il a pourtant été tenu...

 

Les situations sont complètement différentes. Au Mali, le conflit était concentré au nord du pays alors qu'en Centrafrique, il concerne l'ensemble du territoire, c'est-à-dire près de 623 000 km2.  Avant l'intervention de la France, le Mali possédait une administration sur laquelle s'appuyer. Des structures qui n'existent plus aujourd'hui en Centrafrique. Enfin, la géographie du pays, composée de savane et de forêts, rend les communications et les déplacements beaucoup plus compliqués.

 

Dans quel état se trouve la classe politique en Centrafrique ? 

 

La classe politique a été profondément fragilisée. La meilleure preuve, c'est le silence actuel. Aucune voix politique ne se fait clairement entendre depuis l'arrivée des soldats français. Certains hommes politiques se sont compromis avec la Séléka. D'autres se font discrets, car ils sont isolés.

 

Existe-t-il des leaders politiques crédibles ?

 

Dans le méli-mélo centrafricain, c'est aujourd'hui extrêmement difficile à dire. Il faut que l'on tienne compte de notre passé, celui d'un pays corrompu, d'un pays d'impunité, où tout le monde a été impliqué à un moment ou à un autre. Il faut en être conscient avant de rebâtir. Mais de manière générale, le peuple Centrafricain ne croit pas en ses hommes politiques, ni en leurs partis. Pour assister à l'émergence de nouvelles forces politiques, il faut que les armes soient déposées et que ces forces puissent avoir les moyens de s'organiser pour défendre un projet. Tout ça est un immense chantier. 

 

Justement, les troupes françaises ont pour mission de désarmer les factions. 

 

Ce sera là aussi un travail de longue haleine. La population s'est armée pour se défendre. Si on parvient à la rassurer en sécurisant le pays, son désarmement ne devrait pas trop causer de difficultés.

 

Mais pour les membres de la Séléka, cela risque d'être beaucoup plus compliqué. Le mouvement est très hétéroclite, composé notamment de rebelles tchadiens ou d'autres pays frontaliers, qui ont fait de la Centrafrique leur sanctuaire. Mais pas seulement. Depuis leur arrivée, il n'y a plus de coupeurs de routes, ces bandes armées qui contrôlent les axes routiers, car ils ont intégré cette coalition. Les uns comme les autres ont commis des exactions, et ne peuvent plus revenir en arrière. Leur intégration posera elle aussi un problème.

"Dans le méli-mélo centrafricain, aucune voix politique ne se fait entendre" : Béatrice Epaye
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:31

 

 

 

 

 

 

12.12.2013 à 13h29 • Mis à jour le 12.12.2013 à 14h58

 

En marge de sa visite du chantier du lycée François-Mitterrand, à Brasilia, première étape de sa visite d'Etat au Brésil, jeudi 12 décembre, François Hollande a confié ceci à quelques journalistes à propos de la situation à Bangui : « la nuit a été calme, la situation est progressivement sécurisée mais enfin il faut être très attentifs, prudents, vigilants et faire le désarmement jusqu'au bout. »

Centrafrique : "La situation progressivement est progressivement sécurisée", selon Hollande
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:18

 

 

 

 

 

 

 

http://www.elle.fr 

 

Alors que le chaos se poursuit dans la capitale Bangui, et en province, les femmes centrafricaines, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, payent un lourd tribut et sont les cibles des pires exactions, dont le viol utilisé comme arme de guerre par toutes les factions en place. Brigitte Balipou, magistrate à la Cour de cassation de Bangui et membre du bureau exécutif du réseau Femmes Africa Solidarité, lance un cri d’alarme. 

 

ELLE. A quelle échelle le viol est-il utilisé contre les femmes en Centrafrique ? 

 

Brigitte Balipou. A grande échelle, c’est indéniable. Les femmes qui ont réussi à se réfugier dans les églises ou les mosquées dans la capitale, celles qui sont prises en charge par les ONG,  apportent des témoignages circonstanciés. Comme l’a fait Hélène, une jeune grand-mère Centrafricaine qui, avec courage, a raconté son calvaire devant le parterre d’épouses de chefs d’Etat africains réunies il y a quelques jours par Valérie Trierweiler, en marge du sommet France Afrique, pour appeler à une tolérance zéro pour les crimes sexuels commis dans les conflits. Mais les témoignages que nous recueillons dans la capitale ne sont malheureusement que la partie visible de ces exactions commises contre les femmes partout dans le pays : beaucoup sont en province, tentent de rejoindre à pied la capitale pour s’y réfugier avec leurs enfants, dans des conditions de danger extrême. Elles ont été victimes de viols ou risque de l’être pendant leur fuite éperdue. Toutes sont des cibles en puissance … 

 

ELLE. Qui sont les auteurs de ces viols massifs ? 

 

Brigitte Balipou. Toutes les factions qui s’opposent actuellement en Centrafrique  utilisent le viol comme arme de terreur. Ce sont les informations qui ressortent de tous les récits de terreur que nous recueillons. Les corps des femmes sont devenus des champs de bataille. Les combattants, d’un côté comme de l’autre, veulent assouvir ainsi leur soif de vengeance. Les femmes - y compris des petites filles, des adolescentes, des grands-mères – sont violées souvent par plusieurs hommes devant leurs enfants, leurs parents. Les agresseurs veulent faire taire les femmes, issues des communautés chrétienne ou musulmane, parce que celles-ci appellent à la paix et à la réconciliation. Parce que les voix des femmes en Centrafrique, comme dans tant de conflits, vont à l’encontre de celles des miliciens de tout bord qui veulent continuer le cycle de violence et refusent la réconciliation entre les divers camps. En violant les femmes on veut les réduire au silence, les enfermer dans la peur, les empêcher de militer pour le retour de la paix civile. 

 

ELLE. Que réclamez-vous ? 

 

Brigitte Balipou. Femmes Africa Solidarité fait un travail constant de plaidoyer auprès des dirigeants internationaux, et sur le terrain, d’aide aux victimes. Nous avons besoin de la solidarité des femmes du monde entier, de leur mobilisation pour que cesse la tragédie que vivent les Centrafricaines mais aussi toute la population civile de ce pays. Nous réclamons qu’il n’y ait aucune impunité envers les auteurs de  ces viols, et des meurtres qui, souvent, s’ensuivent. La justice en Centrafrique ne pourra à elle seule mener cette action. Nous avons besoin, d’une justice transitionnelle, comme ce fut le cas au Rwanda avec les tribunaux Gacaca chargés d’écouter la parole des victimes du génocide ou comme en Afrique du Sud via la Commission de la vérité et de la réconciliation. La paix civile passera, aussi,  par la lutte contre l’impunité des auteurs de viols et la reconnaissance des victimes de crimes sexuels. En attendant, le message le plus urgent des femmes centrafricaines, de toute confession,  est celui-là : que cessent la violence et la terreur. Nous souffrons trop. 

 

Le 11 décembre 2013 à 17h42.

Lu pour vous : VIOLS, TORTURES : LE CALVAIRE DES FEMMES EN CENTRAFRIQUE
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:08

 

 

 

 

 

 

http://www.lcp.fr  12/12/2013

 

"Centrafrique : la France prend-elle des risques ?" C’était le thème du débat de Ça vous regarde mercredi soir présenté par Arnaud Ardoin. Invité exceptionnel, de passage en France, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre de Centrafrique et ancien candidat à l’élection présidentielle. A la question de sa probable candidature en 2014, il répond "Aujourd’hui la priorité pour moi c’est le retour à la paix" "Lorsque cela sera fait on avisera".

 

Est-il le candidat de la France ? Demande le présentateur aux autres invités. "Il n’y a pas de candidat pour la France" répond immédiatement Patricia Adam, "il n’y a pas d’ingérence", assure la présidente PS de la commission de la Défense. "C’est peut-être une question dépassée" et non pas déplacée ajoute Pierre Martinet, ancien agent du Service action de la DGSE.

 

A la fin du débat, Martin Ziguélé ajoute : "J’ai appelé des radios locales pour demander à mes compatriotes d’aller au-delà des passions et de s’accepter les uns les autres".

L’ancien Premier ministre centrafricain était l’invité d’Arnaud Ardoin dans Ca vous Regarde
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 15:48

 

 

 

 

 

 

RFI jeudi 12 décembre 2013 à 14:12

 

Depuis ce lundi 9 décembre, les actes de violence à caractère religieux se sont multipliés dans la capitale centrafricaine, Bangui. Une situation qui préoccupe le Premier ministre de la transition Nicolas Tiangaye. Et c’est du camp de la Force d’Afrique centrale (Fomac), où il se trouve depuis quelques jours pour des raisons de sécurité, qu’il répond aux questions de RFI.

 

RFI : Pourquoi êtes-vous aujourd’hui au camp de M’Poko, avez-vous peur pour votre sécurité ?

 

Nicolas Tiangaye : Non, mais mon domicile a été vandalisé en mon absence et donc pour des raisons de sécurité, j’ai préféré rester quelques moments ici, le temps que je puisse arranger ma maison avant de la regagner. Les mesures seront prises pour que ma sécurité soit assurée.

 

Concernant la situation très préoccupante qui prévaut aujourd’hui à Bangui, comment est-ce que vous réagissez aux actes de violences interreligieuses qui se multiplient dans la capitale ?

 

Ce sont des actes que je condamne. Les différentes communautés religieuses ont vécu en toute quiétude ensemble. Aujourd’hui, il est regrettable que des actes de violence soient perpétrés entre ces différentes communautés, entraînant des centaines de morts. Donc, je condamne personnellement, et au nom du gouvernement également, ces actes de violence. Le gouvernement mettra tout en œuvre en vue de faire cesser ces actes de violence.

 

Est-ce que l’explosion de violence à laquelle on assiste n’est pas la conséquence de toute cette colère, de toute cette rancœur accumulée contre les exactions commises par la Seleka depuis plus de huit mois ?

 

C’est possible et c’est fort probable qu’il en soit ainsi. Maintenant, un gouvernement qui est responsable doit chercher à mettre fin à toutes les violences d’où qu’elles viennent.

 

Que pouvez-vous faire pour mettre un terme à ce cycle de violences ?

 

Il faut que ceux qui commettent des violences soient désarmés, et cela relève de la résolution 21 27 du Conseil de sécurité qui donne mandat aux forces internationales en Centrafrique. Le désarmement des uns et des autres amènera donc la pacification du pays.

Pour vous, le désarmement doit se poursuivre ?

 

Absolument. Je ne vois pas d’autres alternatives.

 

Quel est votre message aujourd’hui aux populations de Centrafrique ?

 

Mon message aux populations civiles, c’est éviter de s’entretuer. Mon message, c’est un message pour préserver l’unité nationale, éviter la vengeance aveugle entre les différentes communautés.

 

Est-ce que vous avez eu écho de violences récentes dans d’autres parties du pays ces derniers jours ?

 

Non.

 

Vous avez rencontré le président français François Hollande, en compagnie du président de la transition Michel Djotodia, du président du Conseil national de transition Ferdinand Nguendet, de quoi a-t-il été question lors de cette rencontre ? Est-ce qu’il y a des messages qui ont été délivrés par François Hollande ?

 

Le message du président François Hollande c’est de réaffirmer les positions qui ont été adoptées lors du sommet France-Afrique c’est-à-dire aider la République centrafricaine à retrouver la paix et la sécurité, ensuite apporter l’aide humanitaire à la République centrafricaine et aller à des élections dans un délai plus court que celui qui a été prévu initialement. Autrement dit, aller à des élections avant février 2015, des élections au cours de l’année 2014.

 

Est-ce que justement on peut, selon vous, raccourcir la durée de cette transition ?

 

Je n’ai pas de jugement de valeur à porter sur cette question-là. Mon rôle, ma mission, c’est de mettre en place l’Autorité nationale des élections. Il appartient donc cette Autorité, qui sera un organe indépendant, de procéder à l’évaluation de la situation, de dire si on peut aller aux élections à telle date.

 

Quelle est aujourd’hui l’urgence en Centrafrique ?

 

Tout est urgent, mais d’abord la sécurité. Sans la sécurité nous ne pouvons rien faire. Donc sécuriser la République centrafricaine, sécuriser le pays constitue le préalable pour résoudre et relever tous les autres défis. Deuxièmement, il faut gérer l’aspect humanitaire, il y a urgence humanitaire à venir en aide à des centaines de milliers de personnes qui sont démunies de tout, qui vivent dans la brousse, qui sont privées de soins, qui sont privées de nourriture. Et en même temps, il y a aussi nécessité d’apporter un appui financier à la RCA pour lui permettre de préparer sereinement les prochaines élections.

 

A l’heure actuelle, il y a 400 000 déplacés qui sont en brousse, des personnes qui pour beaucoup ont fui leur village. Qu’est-ce qu’il faut faire pour ces personnes-là ?

 

Il faut qu’il y ait une aide humanitaire d’urgence qui ne peut être fournie que par la communauté internationale. Au-delà des quelque 400 000 déplacés internes, les Nations unies Ocha [pour la coordination des affaires humanitaires] estiment qu’il y a plus d’un million six cent mille qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, c’est-à-dire des gens qui sont privés de tout. Ca représente le tiers de la population centrafricaine, c’est extrêmement important.

 

Est-ce qu’il y a un risque de famine aujourd’hui en Centrafrique ?

 

Bien entendu. Il y a un risque de famine parce que les paysans n’ont pas pu cultiver leurs champs. Donc la période des semences étant passée, il y a effectivement des risques de famine.

 

Qu’est-ce que vous demandez à la communauté internationale ?

 

Nous demandons à la communauté internationale de nous appuyer. Nous avons une feuille de route et un programme d’urgence qui nécessitent la mobilisation financière de la communauté internationale à hauteur de 670 millions d’euros. Certains pays et organisations internationales se sont déjà manifestés pour nous venir en aide. A ceux qui ne l’ont pas fait, j’adresse un cri de détresse. Je leur demande de venir en aide à la République centrafricaine qui est dans une situation extrêmement difficile.

Nicolas Tiangaye sur RFI : un tiers des Centrafricains a besoin d’une aide d’urgence»
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