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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 01:22

 

 

 

 

 

 

MARIA MALAGARDIS (À BANGUI) 29 JANVIER 2014 À 20:16 (MIS À JOUR : 30 JANVIER 2014 À 16:29) Libération

 

INTERVIEW  Par Maria Malagardis

 

 

Selon Peter Bouckaert, en mission pour Human Rights Watch à Bangui, les forces de Sangaris sont «tétanisées» face aux tueries.

 

Directeur des urgences au sein de l’ONG Human Rights Watch (HRW), Peter Bouckaert est l’un des meilleurs observateurs de la situation en Centrafrique, pays qu’il a sillonné à plusieurs reprises depuis le mois de novembre. Basé à Genève, mais de retour à Bangui depuis la semaine dernière, il analyse la nouvelle phase du chaos centrafricain, alors que la tension reste très forte et que rien ne semble encore pouvoir arrêter les tueries, malgré les changements intervenus récemment à la tête du pouvoir.

 

Pourquoi la situation reste-t-elle volatile malgré la neutralisation des ex-rebelles de la Séléka qui avaient pris le pouvoir en mars ?

 

Le rapport de forces a effectivement changé avec l’arrivée des soldats de l’opération française Sangaris en décembre, qui a affaibli les ex-rebelles désormais cantonnés dans des bases à Bangui comme à Bossangoa, dans le nord-ouest du pays. Mais ils sont encore armés et la Séléka ressemble à un lion en cage qui voit bien comment les milices d’autodéfense civiles anti-balaka ont profité de son affaiblissement pour attaquer la population musulmane et ceux parmi les ex-rebelles qui ont accepté de rendre leurs armes. On se trouve donc à un moment très périlleux de la crise où les consignes de désarmement des forces étrangères se heurtent à la multiplication des lynchages de musulmans ou d’ex-rebelles devenus plus vulnérables.

 

Ce ne sont pas seulement les anti-balaka qui les attaquent. Aujourd’hui, il y a une colère presque impossible à contrôler au sein de la population chrétienne, qui a réellement vécu dix mois de cauchemar après l’arrivée des rebelles au pouvoir en mars. Mais en réalité, dans presque toutes les familles, chrétiennes mais aussi musulmanes, on a rencontré des gens qui ont été tués par balles ou qui ont péri de maladies après leur fuite dans la brousse pour échapper à la violence. Reste que c’est la communauté musulmane qui, en ce moment, est en train de payer le prix des exactions de la Séléka.

 

La collusion supposée entre la Séléka et les musulmans est-elle réelle ?

 

Il est vrai qu’une partie de la communauté musulmane a soutenu les ex-rebelles. Il y a eu même des éléments armés chez les Peuls qui ont participé à des tueries aux côtés de la Séléka. Mais la vérité, c’est que tout le monde est armé en Centrafrique, chrétiens comme musulmans. La seule différence, c’est que les musulmans sont une minorité, ils ne représentent pas plus de 15% de la population du pays. Ils sont nombreux dans le nord-est, mais dans le reste du pays, leur style de vie les rend particulièrement vulnérables. On a ainsi soit des commerçants, souvent riches et donc enviés, qui vivent au milieu d’une majorité chrétienne, soit des éleveurs peuls nomades, depuis toujours en conflit avec les agriculteurs qui se plaignent de voir leurs champs saccagés par les troupeaux. Ces ressentiments anciens et leur position minoritaire en milieu chrétien ont conduit depuis septembre à un exode massif des musulmans des zones rurales. Mais même en ville, ils sont encore attaqués par les anti-balaka, qui n’hésitent pas à tuer les enfants à coups de machettes. Des quartiers entiers de Bangui ont ainsi été rayés de la carte. En réalité, il n’y a plus de refuge pour les musulmans de ce pays.

 

On a parfois l’impression que l’intervention française a indirectement accéléré les massacres des musulmans…

 

La France s’est trompée en n’anticipant pas les périls côté anti-balaka, ni l’explosion de violences qu’allait provoquer la perte du pouvoir de la Séléka. Les Français pensaient pouvoir se limiter à désarmer les ex-rebelles au cours d’une mission qui leur semblait simple au départ, conçue pour un succès rapide. Or rien ne s’est passé comme prévu et l’opération Sangaris se retrouve confrontée à un bain de sang dans le pays. Face à cette nouvelle réalité, les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés. Quand on leur a signalé que les musulmans allaient être massacrés dans le quartier de PK13 à Bangui, ils nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas prendre parti dans ce conflit ! Mais prévenir un massacre, ce n’est pas choisir un camp. En réalité, ce sont les forces africaines de la Misca qui prennent l’essentiel des initiatives, mais aussi des risques. En particulier, les troupes rwandaises, burundaises et celle du Congo, qui ont réussi à sauver des gens en faisant preuve de beaucoup de courage, alors que les forces françaises ne quittent pas souvent leurs blindés et s’aventurent peu en dehors des grands axes pour voir ce qui se passe dans les quartiers populaires.

 

Recueilli par Maria MALAGARDIS. (à Bangui)

 

Lu pour vous : Centrafrique : «Les Français ne quittent pas souvent leurs blindés»
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 23:56

 

 

 

 

 

 

http://paris-international.blogs.la-croix.com/   PAR JEAN-CHRISTOPHE PLOQUIN LE 30 JANVIER 2014

 

« Il faut que la République centrafricaine soit un pays laïque » Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui

 

Vendredi 24 janvier, devant l’Association de la presse diplomatique française

 

 

Le duo est à la fois touchant et bien rodé. Mgr Dieudonné Nzapalainga et l’imam Oumar Kobine Layama ont une longue pratique de dialogue devant les médias. Un engagement mis à l’épreuve par les terribles événements qui secouent leur pays d’origine, la République centrafricaine : les exactions et les représailles entre milices y ont fait plusieurs milliers de morts depuis six mois. La situation fut même qualifiée de prégénocidaire par les Nations-Unies, qui ont déclenché une opération de maintien de la paix impliquant des forces africaines et européennes – principalement françaises.

 

Au sein d’une population qui se répartit en 45% de protestants – surtout évangéliques -, 35% de catholiques, 15 % de musulmans et 5% d’animistes, les tensions sont fréquemment présentées comme un nouvel exemple de guerre des religions, puisque les milices Séléka, qui recrutent surtout parmi les populations musulmanes, s’opposent aux anti-Balaka, essentiellement composés de populations chrétiennes. C’est à la fois pour lutter contre cette perception et pour empêcher qu’elle ne se concrétise que les trois principales figures religieuses du pays ont uni leurs forces. Mgr Dieudonné Nzapalainga , archevêque de Bangui et président de la conférence épiscopale centrafricaine, l’imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique de la République centrafricaine, et le pasteur Nicolas Guerékoyame Gbangou, président de l’association des églises évangéliques, ont notamment encouragé la création d’une plateforme de dialogue entre leur clergé et entre leurs fidèles.

 

L’archevêque et l’imam sont aussi venus porter ce discours en Europe. La semaine dernière, ils se sont d’abord arrêtés à Rome, puis à Paris, où ils ont rencontré François Hollande. Ils sont ensuite allés à Londres et  Mgr Nzapalainga a achevé seul cette tournée en se rendant à Berlin. À Rome comme à Paris, ils ont rencontré des diplomates américains de haut rang.

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga et l’imam Oumar Kobine Layama ont également expliqué leur vision du conflit lors d’un déjeuner à la Maison des Arts et Métiers organisé par l‘Association de la presse diplomatique française (APDF). Le premier a parlé le plus souvent tandis que le second apportait des précisions, dans une réelle harmonie. Un témoignage d’autant plus efficace que leur travail en commun a commencé avant même que la guérilla Séléka ne renverse le président François Bozizé, chassé du pouvoir en mars 2013.

 

« Nous partageons le même destin »

 

« On a commencé ce travail le 15 décembre 2012 pour éviter le pire », raconte Mgr Nzapalainga. « Nous avons créé une plate-forme interconfessionnelle pour apaiser les tensions et empêcher l’aggravation des divisions et du chaos. Cinq jours après l’arrivée des Séléka dans le nord, on recevait des récits disant que des musulmans massacraient les chrétiens. Nous avons dit « non », nous partageons le même destin ».

 

« Bozizé ne nous a jamais reçu, Djotodia a attendu 5 mois »

 

« La plateforme a sauvé beaucoup de vies. Nous avons formé les prêtres, les pasteurs, les imams pour créer des mécanismes de dialogue et de réconciliation », précise-t-il. « Nous avons envoyé des messages unifiés dans les maisons de culte. Nous avons organisé des conférences, rédigé une charte, écrit des lettres, voyagé à l’intérieur du pays. Nous avons rédigé un compte-rendu à Bozizé mais il ne nous a jamais reçu. Quant à Michel Djotodia, arrivé au pouvoir en mars 2013, il a attendu cinq mois avant de nous recevoir ».

 

« Tous des enfants de la République centrafricaine! »

 

« Durant ces longs mois, nous avons vu le prix de la division », insiste l’archevêque de Bangui. « Notre but est de vivre ensemble, d’où notre aspiration à la laïcité de l’État. Il faut que la République centrafricaine soit un pays laïque, que nous soyons tous citoyens, égaux devant la loi. Qu’on ne dise pas que la Centrafrique est le pays des chrétiens ou le pays des musulmans. Nous sommes tous des enfants de la République centrafricaine! Il faut que la loi trouve sa place au-dessus de nous. C’est à l’État de protéger tous ses citoyens, chrétiens ou musulmans, pas à des groupes ou à des milices ».

 

« Des mercenaires qui parlaient l’arabe »

 

« Certes , pour qu’on en arrive à la situation où est la Centrafrique, il a fallu que la religion soit fortement instrumentalisée », reconnait Mgr Nzapalainga. « Moi je suis de Bangassou. L’imam est de Mobaye. Nous sommes tous les deux allés à l’école républicaine. Dans notre enfance, tous les enfants s’échangeaient des cadeaux à Noël et à Ramadan, on allait boire la bouillie et manger le mouton ensemble. La crise que traverse le pays a notamment été créée par des mercenaires venus du nord, du Soudan et du Tchad, qui ne parlaient ni le français ni le sango mais l’arabe ».

 

« Des musulmans aussi ont été pillés par les Sélékas »

 

« En entrant dans les villages et dans les villes, ils s’appuyaient sur les communautés musulmanes », poursuit-il. « Ils allaient piller ailleurs puis ils revenaient chez ceux qui les hébergeaient plus ou moins de gré ou de force. Et ceux qui avaient été pillés se disaient : ‘mon voisin, mon ami, est devenu mon ennemi’. Mais des musulmans aussi ont été pillés par les Sélékas. A Bambari, avant qu’ils n’arrivent, l’imam a appelé à prier pour qu’ils ne viennent pas. Il a subi ensuite des pressions. Les communautés musulmanes ont été prisonnières de ces gens en armes qui les réquisitionnaient. Face à des hommes en armes, vous êtes démunis ».

 

« Nous avons vécu sous occupation »

 

« Nous avons vécu sous occupation », regrette l’archevêque de Bangui. « En fait, on n’aurait pas dû les laisser prendre le pouvoir puis les laisser piller. Mais l’an dernier, quand je venais à l’Élysée ou au Quai d’Orsay, les conseillers me disaient : ‘les Français ne sont pas prêts à ce que la France s’en mêle’. On pensait que les Sélékas allaient changer. Or l’administration était prisonnière des chefs de guerre. Les préfets, les ministres Sélékas étaient comme des pots de fleurs face aux généraux ».

 

« Le général Nourredine Adam et le général Moussa »

 

« Il y avait deux équipes », raconte le président de la conférence épiscopale. « Celle du général Nourredine Adam, qui a tout un passé au Tchad et aux Émirats arabes unis, qui a amené des Tchadiens, qui était le ministre de la défense Séléka. Et celle du général Moussa, un Soudanais qui est venu avec des Djandjawid. Ce sont des gens dont le métier est de faire la guerre pour se faire de l’argent. Après l’intervention française, ces mercenaires sont remontés vers le nord, où ils se regroupent. Il y en a un qui a lancé un ballon d’essai en parlant de scission du Nord musulman. Mais nous avons dit ‘non’. Les Centrafricains veulent vivre tous ensemble sous un même toit ».

 

« À Bogangolo, il n’y avait plus aucun musulman »

 

« Aujourd’hui la méfiance perdure », constate-t-il. « À Bangui, le pillage par les Sélékas a duré longtemps. Pendant les trois premiers mois, les gens n’ont pas réagi. Et puis à un moment, trop c’est trop, ils pensent à l’autodéfense. Ils décident de défendre leurs bœufs, leur village, de venger un proche. Puis leur violence s’étend à toute la communauté musulmane environnante : c’est l’amalgame. En septembre 2013, Bogangolo, à 180 km de Bangui, a été la première ville prise par les anti Balakas. J’y étais passé deux mois avant : on y trouvait des chrétiens et des musulmans. En septembre, il n’y avait plus aucun musulman. Leurs maisons avaient été brûlées ».

 

« Je me suis battu pour que les gens prennent conscience de ce qu’ils avaient fait », raconte l’archevêque de Bangui. « Je leur ai demandé s’ils connaissaient des musulmans qui avaient fait le bien. Ils en ont trouvé. Je leur ai demandé : ‘pourquoi ont-ils fui? Vous faites comme les Sélékas. Vous mettez toute une population dans le même sac’. Malheureusement, lorsque j’ai donné l’alerte à Bangui, ils ont envoyé des miliciens qui, à leur tour, ont brûlé des maisons parce que les jeunes étaient déterminés à protéger le village ».

 

« La corruption fait le nid de toutes les frustrations »

 

« C’est vrai qu’au temps de Bozizé, les musulmans du nord étaient frustrés, tenus à l’écart du pouvoir », souligne-t-il. « Le nœud du problème, c’est la corruption. On fait des plans, des organismes internationaux nous donnent des moyens. Mais la gestion, c’est autre chose. Les bénéficiaires attendent. On rédige des rapports bidon. Il n’y a pas de sanction. On fait alors le nid de toutes les frustrations. Il ne faut pas se voiler la face. Quand on privilégie le copinage, quand on ne dit rien sur les détournements, on creuse son propre trou. Beaucoup d’argent a été injecté au temps de Bozizé. Mais il ne s’est rien passé. On a coupé la confiance, le respect ».

 

« Une nouvelle présidente élue lors d’un vote démocratique »

 

« Aujourd’hui, il y a une nouvelle présidente qui a été élue lors d’un vote démocratique », se félicite Mgr Nzapalainga. « Celui qui lui était opposé au second tour a reconnu sa défaite avec fairplay et a appelé à la soutenir dans son action. Huit candidats avaient été initialement retenus à partir de conditions établies à l’automne. Ce processus transparent était important.Catherine Samba-Panza a été maire de Bangui. Elle n’appartient à aucun parti. Elle bénéficie d’une reconnaissance sociale, d’une crédibilité. Elle était en contact déjà avec les anti Balakas pour qu’ils déposent les armes ».

 

« Depuis cinq mois, les salaires n’ont pas été versés »

 

« Il faut à présent que la communauté Centrafricaine se dresse comme un seul homme », plaide l’archevêque. « Il faut de nouvelles autorités qui privilégient l’expertise, la technocratie. Depuis cinq mois, les salaires n’ont pas été versés. Il faut que les gens soient payés, qu’ils voient que le monde est derrière eux, qu’ils se remettent au travail. Il faut créer une armée républicaine, non pas clanique, ou régionale ou tribale. L’État doit être au-dessus de tout ça. L’État est pour tout le monde ».

« Ne pas devenir la poubelle des mercenaires de la région »

 

« Il faudra enclencher un processus de démobilisation, désarmement, réinsertion des hommes en armes, mais aussi de rapatriement des mercenaires chez eux : les Tchadiens, les Soudanais, les membres de laLRA« , poursuit-il. « La République centrafricaine est en train de devenir la poubelle des mercenaires de la région. Pourvu qu’elle ne devienne pas le quartier général des trafiquants, des narcos, des djihadistes, des bandits. Ce serait une menace pour les six pays environnants ».

 

« Freiner l’ardeur des aventuriers »

 

« Il faut aussi que la justice passe, qu’elle soit locale ou internationale », ajoute-t-il. « Ceux qui ont commis des fautes, qu’ils en répondent. Sinon, si le criminel garde sa belle maison, ce sera comme une prime à la casse. Il faut contraindre les pillards à rendre ce qu’ils ont pris, par exemple les véhicules. Il faut freiner l’ardeur des aventuriers, stopper ce sentiment de toute puissance dans laquelle certains se sont installés. En prison, ils grandiront en humanité ».

 

« Il faut déployer plus de troupes sur le terrain »

 

« Et pour que la population soit pleinement sécurisée, pour qu’on puisse libérer des populations qui sont encore prisonnières des groupes qui les enserrent, il faut renforcer l’action internationale, déployer plus de troupes sur le terrain, notamment au nord », soutient Mgr Nzapalainga. « La France a envoyé 1600 soldats, mais c’est un chiffre qui avait été décidé avant que les anti Balakas ne se manifestent pleinement. L’Europe a décidé d’envoyer 500 soldats, c’est important car la France n’est plus seule. Mais notre souhait est que l’opération devienne onusienne, et ne reste pas sous le couvert de l’Union africaine. C’est le sens de notre plaidoyer pour les mois à venir ».

 

« Les Français doivent faire preuve de patience »

 

« Les soldats français font face à des provocations, aux manipulations de ceux qui sont contre l‘opération Sangaris. On sait par exemple que Djotodia était allé à Bambari pour pousser la population à refuserSangaris et la Misca. Mais les prêtres, les pasteurs, les imams se sont rencontrés et ils ont refusé de relayer son appel. La situation va se calmer quand tous les responsables Sélékas seront partis. Les Français doivent faire preuve de patience. Il vaut mieux négocier que forcer un passage. Et il faut protéger les plus faibles. Aujourd’hui, ce sont les musulmans ».

 

« Les forces tchadiennes ne nous inspirent pas confiance »

 

L’imam Oumar Kobine Layama a souligné de son côté que « les forces tchadiennes qui font partie de la Misca ne nous inspirent pas confiance ». « Elles font preuve de partialité. Il y a une sorte de fraternité d’armes avec les rebelles Sélékas. Comme s’il y avait des plans tchadiens en vue d’une partition de la Centrafrique. C’est pourquoi il faut que le Nord soit pris en charge de façon urgente par l’armée française. Il faut sortir ces mercenaires qui ont pris le pays en otage ».

 

« Au nord, des zones diamantifères et pétrolières »

 

« Il y a un projet de partition du pays en cinq régions, c’est une folie », assure le responsable musulman. « Il y a au nord des zones diamantifères et pétrolières. Cela attise des convoitises au Soudan et au Tchad. Nous, ce qui nous importe, c’est le maintien de l’intégrité du territoire. Cela passe notamment par une réforme de notre armée pour qu’elle soit  efficace et responsable ».

 

« Le départ des musulmans provoque des pénuries »

 

« Moi je suis Centrafricain, né en Centrafrique », précise l’imam. « Il y a bien sûr dans le pays des gens nés à l’ étranger, des gens d’origine tchadienne, camerounaise, malienne, sénégalaise. Beaucoup d’entre eux se sont enfuis à cause des violences mais ils ne connaissent personne dans leur pays d’origine. Et tous ces gens, cela représente environ la moitié du commerce du pays. Leur départ provoque des pénuries. Il faut donc freiner cette exode ».

 

« Des radicaux de la Séléka voulaient détruire notre Communauté islamique »

 

« Cette situation nourrit les extrémismes », ajoute Oumar Kobine Layama. « L’an passé, des radicaux de la Séléka voulaient déjà détruire notre organisation, la Communauté islamique centrafricaine. Nourredine Adam, aussi. Aujourd’hui, il y a des extrémistes qui m’appellent et me demandent pourquoi je n’ai pas appelé au djihad pour protéger les musulmans. Mais pour moi, le djihad, ce n’est pas la guerre, c’est un  effort sur soi dans la voie de Dieu. Pour moi, il n’y pas d’autres voies que la tolérance ».

 

Des extrémistes n’attendent qu’un mot d’ordre

 

« Certains extrémistes, en Afghanistan ou en Somalie, n’attendent qu’un mot d’ordre pour se précipiter en Centrafrique », confirme Mgr Nzapalainga. « C’est aussi pour empêcher cela qu’il faut protéger les musulmans du pays ».

 

Pour en savoir plus

 

Le portrait de Mgr Dieudonné Nzapalainga, dans La Croix du 29 août 2013;

- Les photos, les vidéos et les textes rendant compte de la rencontre entre Mgr Nzapalainga, l’imam Kobine Layama et François Hollande à l’Elysée le 23 janvier 2014;

- Le dossier sur la République centrafricaine de la Représentation permanente de la France à l’ONU , avec le texte des deux dernières résolutions de l’ONU consacrées à ce conflit;

- Le blog Paris-Planète du 5 février 2013 avec Mohamed-Saleh Ibni-Oumar : « Ibni Oumar Mahamat Saleh a disparu depuis 5 ans au Tchad »

 

L’évêque et l’imam, pour la paix et la laïcité en Centrafrique
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 21:11

 

 

 

 

 

30/01/2014 à 17:57 Par F. Soudan avec V. Duhem     jeuneafrique.com



 

Pour panser les plaies d'un pays ravagé par les bandes armées, le Conseil national de transition a élu une femme. Respectée, indépendante, rassurante mais inexpérimentée. De leur nouvelle présidente, les Centrafricains attendent rien de moins qu'un miracle...

 

Des huit candidats de la short list retenus par le Conseil national de transition (CNT), elle était sans aucun doute la meilleure. Élue le 20 janvier par cet organe à la légitimité très contestable, mais qui a au moins le mérite d'exister au milieu du chaos ambiant, puis investie trois jours plus tard, Catherine Samba-Panza, 59 ans, avait dans sa manche quelques solides atouts : pas d'appartenance politique précise, un passé de militante associative au service des droits de l'homme (et de la femme), une solide formation de juriste acquise en France, une expérience réussie dans le privé à la tête d'un cabinet d'assurances, une pratique de la médiation issue du dialogue national de 2003, dont elle fut la vice-présidente, et un passage apprécié, ces huit derniers mois, à la tête de la mairie de Bangui.

 

De quoi faire oublier en somme que cette épouse d'un ancien ministre connu en Centrafrique, Cyriaque Samba-Panza (dont la carrière a été brutalement interrompue par un AVC qui l'a rendu partiellement handicapé), a été nommée à ce dernier poste par le calamiteux Michel Djotodia et qu'elle manque presque totalement d'expérience politique, ainsi que de connaissance des rouages administratifs.

 

Cette virginité-là, le fait aussi de ne pas avoir encore goûté au pouvoir et à ses multiples tentations, a précisément joué en sa faveur. Après avoir battu au dernier round le fils de l'ancien président Kolingba, candidat en sous-main de l'ex-Séléka et auteur d'une piètre prestation devant les grands électeurs du CNT, cette mère de trois enfants a eu les mots qu'il fallait pour apaiser les coeurs. Un discours placebo aux effets certes très limités, mais un langage maternel dont les Centrafricains avaient sans nul doute besoin.

 

Les "parrains" de la Centrafrique ont eu dans cette étrange élection chacun son mot à dire, sa carte à jouer et son candidat à promouvoir.

 

La Centrafrique étant ce qu'elle est devenue - un État sous tutelle sécuritaire de ses voisins, de l'Union africaine et de la France -, il est évident que les "parrains" ont eu dans cette étrange élection chacun son mot à dire, sa carte à jouer et son candidat à promouvoir. Non sans une certaine cacophonie. Le président congolais Denis Sassou Nguesso, sans doute le plus investi pour la stabilisation de la Centrafrique (il y a envoyé un contingent et il est le seul à avoir déboursé pour payer les fonctionnaires), soutenait ainsi la candidature de Karim Meckassoua, 60 ans, qui est l'un de ses proches. Ancien ministre de François Bozizé pendant six ans (et à cinq portefeuilles différents) après avoir dirigé le cabinet de Jean-Paul Ngoupandé, éphémère chef du gouvernement d'Ange-Félix Patassé, cet ingénieur diplômé du Cnam, à Paris, docteur en ergonomie, est l'un des politiciens centrafricains les plus brillants. Musulman non compromis avec la rébellion de la Séléka et président du conseil d'administration de la société congolaise de gaz, Meckassoua avait également les faveurs appuyées de Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, pour qui la transition devait être dirigée par un homme à poigne et expérimenté. Mais arrivé trop tard dans la course, il a vu sa candidature (tout comme l'ancien ministre de la Sécurité Josué Binoua, qui n'en décolère pas) rapidement retoquée par un CNT dont les dix-sept critères d'éligibilité imposés aux candidats avaient apparemment été définis pour écarter des personnalités trop fortes et trop marquées.

 

Le plus politiquement et médiatiquement présentable

 

Face à un Bilal Désiré Kolingba, discrètement poussé par le Tchad mais considéré comme trop proche du président "démissionné" Michel Djotodia, Catherine Samba-Panza avait donc toutes les chances d'être élue. Soutenue à Paris par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, bénéficiant des faveurs de l'Union européenne, des États-Unis mais aussi des représentants à Bangui de l'Union africaine (Jean-Marie Michel Mokoko) et de l'ONU (Babacar Gaye), la "reine Catherine" était, il faut le croire, la plus politiquement et médiatiquement présentable de tous les postulants.

 

Née à N'Djamena, de père camerounais et de mère centrafricaine - Gbanziri de la Ouaka -, elle est en outre considérée comme plutôt proche de Martin Ziguélé, assureur lui aussi et l'un des principaux candidats à la prochaine élection présidentielle, la vraie, qui doit se dérouler dans une dizaine de mois et à laquelle ni elle ni son Premier ministre ne pourront se présenter. Familière du petit monde influent des ONG, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et ex-formatrice en droits de l'homme du programme Afrique d'Amnesty International, la nouvelle présidente, dont la sécurité est depuis le 20 janvier assurée par le contingent rwandais de la Misca, n'a pas a priori de "tuteur" régional. Ou plutôt n'avait : autant l'absence, à la cérémonie d'investiture, d'Idriss Déby Itno et de Denis Sassou Nguesso a été remarquée, autant la présence le 23 janvier à Bangui d'Ali Bongo Ondimba a, elle, été commentée. Sur fond de bisbilles de leadership en Afrique centrale, le président gabonais serait-il tenté de mettre à profit l'échec des candidats de ses deux aînés pour jouer sa propre carte ?

 

Reste que la tâche qui attend cette femme respectée et indépendante d'esprit s'annonce extrêmement délicate. Dans cet "État de haine et de revanche", comme le qualifie Jean-Yves Le Drian, les massacres continuent, et la population musulmane a pris le chemin de l'exode en direction du Tchad, où, grâce à la vigilance du président Déby Itno, aucun acte de vendetta n'a heureusement été signalé à l'encontre de la communauté ­centrafricaine. Les scènes de violences entre miliciens Séléka et anti-balaka sont à ce point insupportables que l'armée française a mis à la disposition de ses hommes des cellules de soutien psychologique. Rien de tel n'est prévu pour soigner les quatre millions et demi de Centrafricains. Tragiquement démunie, Maman Catherine n'a que son sourire à leur offrir. Autant dire qu'il ne faut pas exiger d'elle un miracle.

 

Lu pour vous : Centrafrique : Catherine et les soudards (J.A)
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 15:22

 

 

 

 

 

 

A Bangui, les soldats français ont menacé une foule qui menaçaient e s'en prendre à des magasins musulmans.

 

Par Francetv info avec AFP

 

Mis à jour le  , publié le 

 

Des soldats français, membres de l'opération Sangaris en Centrafrique, ont menacé jeudi 30 janvier, une foule de pillards "d'utiliser la force", s'ils ne cessaient pas leurs agissements, selon des journalistes de l'AFP présentss ur place. Dans le quartier de Yangato, près de l'aéroport de Bangui, la capitale centrafricaine, un détachement d'une vingtaine de soldats français, appuyés par deux blindés, est intervenu pour repousser des pillards qui voulaient s'en prendre à des biens appartenant à des musulmans, comme cela se passe quotidiennement dans la ville.

 

Parlant dans un mégaphone, le chef de section a lancé à la foule: "dispersez-vous ou nous utiliserons la force contre vous. Tout homme qui commet des exactions est un ennemi de la paix". Les menaces ont eu un effet immédiat sur la foule, composée également de badauds, mais les pillards, comme à leur habitude, attendaient le départ des soldats français pour reprendre leurs vols.

 

Pillages permanents

 

Autour du quartier PK-5, poumon commercial de la capitale avec ces centaines de commerces appartenant en grande majorité à des musulmans, des tirs sporadiques étaient entendus. Ces magasins attisent depuis des jours la convoitise de pillards et de miliciens chrétiens anti-balaka qui tentent d'y pénétrer, en vain pour l'instant face à la résistance de civils musulmans armés et de combattants Séléka installés dans le quartier.

 

Malgré un dispositif de sécurisation de plus en plus étoffé au fil des semaines, les soldats français de Sangaris et africains de la Misca ne peuvent endiguer les explosions soudaines de violences dans la capitale, jour et nuit, ponctuées de pillages. La crise en Centrafrique est l'un des principaux points à l'ordre du jour du sommet de l'Union africaine qui a commencé ses travaux jeudi à Addis Abeba.

Centrafrique: les soldats français menacent des pillards d'"utiliser la force"
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:51

 

 

 

 

 

 

https://www.hrw.org/fr/news/2014/01/28/point-de-vue-republique-centrafricaine-nous-nous-vengerons

 

Fatimatu Yamsa a su que sa tentative désespérée de fuir le massacre autour d'elle avait échoué dès qu'elle a aperçu des membres de la milice chrétienne anti-balaka à un barrage routier. Fatimatu se trouvait à bord d’​​un camion à Boali, à environ 100 kilomètres au nord-ouest de Bangui, capitale de la République centrafricaine. Sachant qu'elle était sur ​​le point de mourir, Fatimatu a supplié la femme chrétienne à côté d'elle de prendre son bébé de sept mois et de dire que c’était le sien.


 « Si vous arrivez à la prochaine ville, demandez à voir la famille Yamsa et donnez-leur mon bébé », a plaidé Fatimatu en proie au désespoir alors qu’on la forçait à descendre du véhicule.


Le bébé a été sauvé, mais pas Fatimatu. Alors que le camion redémarrait, les combattants anti-balaka  lui a ordonné, ainsi qu’à deux autres femmes musulmanes et à leurs quatre enfants, d'aller à la mosquée. Un garçon de onze ans a pris la fuite dans un élan désespéré pour la liberté et a réussi à s’échapper. Fatimatu et les autres ont été tués à coups de machette le 14 janvier. Des mares de sang séchées à l’extérieur de la mosquée marquent encore l’endroit où on les a laissés. Lorsque je m’y suis rendu il y a quelques jours, les villageois détournaient le regard, de honte, et des enfants jouaient dans la mosquée abandonnée.


Une frénésie meurtrière s’est emparée de ce pays peu connu d’Afrique centrale. Lorsque la Séléka, coalition rebelle majoritairement musulmane, a renversé l'ancien président François Bozizé en mars 2013, la République centrafricaine a de fait cessé d’être gouvernée. Des dirigeants de la Séléka, dont certains étaient venus du Tchad et du Soudan, se sont octroyé des fiefs. Ils régnaient par la terreur, incendiant des centaines de villages et tirant au hasard sur des habitants terrifiés de ce pays majoritairement chrétien dès qu’ils les croisaient. Bien qu’officiellement dissoute en septembre 2013, la Séléka a continué à terroriser les civils pendant plusieurs mois. Une milice à prédominance chrétienne - les « anti-balaka » - a alors commencé à riposter à la violence des Séléka en commettant lui-même des abus.

 

Le dirigeant de la Séléka devenu président autoproclamé du pays, Michel Djotodia, a été chassé du pouvoir par la communauté internationale le 10 janvier 2014 et a fui en exil au Bénin. Tous les jours, de nombreux autres dirigeants Séléka fuient, ayant compris que la partie est terminée pour eux. Le Général Isa, ancien chef de la sécurité présidentielle pour la Séléka, m'a dit : « Maintenant, c’est chacun pour soi. Chacun essaye de trouver un moyen de sortir d'ici. »


Suite à cet exode, les communautés musulmanes du pays sont désormais confrontées à la colère de la milice chrétienne anti-balaka, créée à l'origine par Bozizé pour lutter contre le banditisme mais maintenant vouée à la lutte contre la Séléka, et de la majorité civile chrétienne qui a subi la terreur au cours des dix derniers mois. Partout, la population musulmane, composée de commerçants et de nomades, ainsi que d’éleveurs de bétail appartenant à l’ethnie peul, a été attaquée et massacrée, ses maisons et ses mosquées détruites.

 

Mercredi dernier, immédiatement après que la Séléka a fui le quartier musulman de PK13 (« poste kilométrique 13 ») à Bangui, des centaines de combattants anti-balaka sont arrivés, chassant les habitants restants, qui sont allés se réfugier auprès des casques bleus rwandais sur place. Tout autour de nous, les maisons étaient systématiquement pillées et démolies dans une atmosphère de destruction euphorique. La mosquée principale a été saccagée par une foule de combattants armés de machettes qui nous ont dit : « Nous ne voulons plus de musulmans dans notre pays. Nous allons tous les finir, ce pays appartient aux chrétiens. »


J'ai supplié les combattants anti-balaka de laisser les habitants de PK13 tranquilles, mais ils semblaient sans pitié, me disant : «  Soit vous les faites sortir d'ici, soit ils seront tous morts demain matin. Nous nous vengerons. »


Le registre mortuaire à la morgue de Bangui s’apparente à un chapitre de l'Enfer de Dante ; page après page, des personnes torturées, lynchées, tuées par balle ou brûlées vives. La puanteur des cadavres en décomposition est accablante, puisque quand les gens meurent en si grand nombre, il est impossible de les enterrer immédiatement. Lors des pires journées, on cesse tout simplement d’enregistrer les décès : on n’inscrit aucun nom, juste le nombre. Dans l’espace du quart d’heure où nous avons réussi à supporter la puanteur et l’horreur, deux autres corps ont été amenés à la morgue : celui d’un musulman tué à coups de machette, et celui d’un chrétien abattu par la Séléka.


Les troupes françaises, les Sangaris, chargés de désarmer les Séléka, semblent souvent réticentes à intervenir et m'ont dit qu'elles ne peuvent pas prendre parti, même quand les musulmans, maintenant désarmés, sont tués en représailles par  des anti-balaka. Les troupes de l'Union africaine (membres de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine, ou MISCA), pourtant moins bien équipées, jouent un rôle plus actif, en particulier en ce qui concerne les troupes du Rwanda, du Burundi et de la République du Congo. Un commandant des troupes rwandaises m'a dit que leur intervention dans la crise en République centrafricaine les touche personnellement, lui et ses troupes : « Ce que nous voyons ici nous rappelle ce que nous avons vécu au Rwanda en 1994 », m’a-t-il confié, « et nous sont absolument déterminés à ne pas laisser 1994 se reproduire ». Toutefois, en dépit de leurs efforts collectifs, les forces de maintien de la paix sur le terrain sont complètement dépassées, et une mission de maintien de la paix des Nations Unies est indispensable pour mettre fin aux massacres.


Il y a quelques petites lueurs d'espoir. Pour la population à majorité chrétienne, le départ de la Séléka a mis un terme à la terreur qui les avait forcés à fuir et se cacher dans la brousse. Des villages qui avaient été complètement abandonnés le mois dernier reviennent lentement à la vie, et des maisons détruites sont en cours de reconstruction.


À Boyali la semaine dernière, dans l’ouest du pays, le Père Xavier-Arnauld Fagba a lui-même rassemblé plus de 700 musulmans menacés dans sa ville et les a placés en sécurité dans son église catholique. Dimanche dernier, il a prêché l'amour et de la réconciliation à ses paroissiens, puis les a conduits à l'extérieur pour échanger des signes de paix avec leurs voisins musulmans. « Nous ne pouvons pas rester silencieux et détourner le regard face à l’injustice, nous devons faire preuve de courage », a-t-il prêché. «  Être un chrétien, ce n'est pas seulement être baptisé ; les vrais chrétiens doivent vivre une vie d'amour et de réconciliation, pas de massacres. »


Après tout les massacres que nous avons vus ici, j'ai écouté, retenant mes larmes, et espéré que son message serait entendu.

 

Peter Bouckaert de Human Rights Watch.

 

 Point de vue : République centrafricaine  : «Nous nous vengerons»
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:39

 

 

 

 

 

   29 JANVIER 2014 À 20:26

 

EDITORIAL

 

La France n’a jamais quitté la Centrafrique. La décolonisation puis l’indépendance formelle en 1960 de ce pays immense et immensément pauvre n’ont rien changé aux ingérences et interventions françaises à répétition. De «Barracuda» en 1979 à «Sangaris» aujourd’hui, l’armée française a toujours eu ses bases et ses quartiers en Centrafrique. Le bilan de ces quarante-cinq ans d’ingérences est calamiteux.

 

La RCA est toujours aussi pauvre ; sans Etat, sans armée, sans routes ni écoles. Le pays est plus divisé que jamais entre ethnies et confessions, et la vie démocratique inexistante. Les paras français ne déposent plus les présidents centrafricains comme ils l’avaient fait avec l’empereur Bokassa Ier. François Hollande, qui s’est toujours méfié de la Françafrique, de ses corrupteurs et corrompus, a agi au Mali comme en RCA sous un mandat de l’ONU.

 

Des élections régulières se sont même tenues au Mali et la France a obtenu qu’une respectable présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, remplace le président Michel Djotodia installé par les escadrons de la mort de la Séléka. Mais ces habits neufs ne peuvent à eux seuls justifier cette politique de l’ingérence.

 

L’armée française, mal servie par son allié tchadien, le peu recommandable président Déby, est conspuée dans les quartiers à Bangui alors qu’elle devrait servir d’honnête arbitre. Les Africains méritent mieux que ces interventions d’un autre temps.

 

François SERGENT

Lu pour vous : Sangaris : Calamiteux ! (éditorial de Libération)
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:09

 

 

 

 

 

 

Thu, 01/30/2014 - 06:08



 

Le conflit centrafricain gagne peu à peu certaines villes camerounaises limitrophes au motif que des combattants anti-Balaka utiliseraient le Cameroun comme base arrière et pour se mettre à l'abri des représailles des ex-Seleka.

 

Telle est la situation aujourd'hui en Centrafrique, des ex-Seleka et des anti-balaka s’affrontent depuis quelques jours dans le Nord-Ouest de la Centrafrique dans des combats très intenses. Beloko-Cantonnier, une ville située dans le Nord-Ouest Centrafricain à quelques jets de pierres de Garoua-Boulai, elle-même une ville située à l'Est du Cameroun est devenue le théâtre d'affrontements entre les anti-Balaka fuyants les combats dans cette zone de la Centrafrique et les ex-Seleka qui n'hésitent plus à lancer des roquettes en territoire camerounais. En effet, la ville de Garoua-Boulai a récemment reçu une roquette venant du coté de la Centrafrique. Les ex-Seleka s’attaquant aux positions des anti-Balaka qui, selon eux organiseraient leur contre-offensive depuis le Cameroun.

 

Cette situation préoccupante est déstabilisante pour le gouvernement camerounais, mais particulièrement pour les populations de cette zone géographique du Cameroun qui vivent désormais la peur au ventre.

 

Selon certains médias locaux, les anti-Balaka constitués majoritairement de chrétiens et d’anciens militaires de la FACA (anciennement appelée Forces Armées Centrafricaines) fidèles à l’ancien Président François Bozizé se fondent dans la masse de réfugiés venant de la Centrafrique pour le Cameroun pour y pénétrer.


Face à ces menaces sur l'intégrité du territoire, les autorités camerounaises ont renforcé les troupes armées aux frontières entre la Centrafrique et le Cameroun, notamment à Garoua-Boulai et les postes frontaliers et la ville sont désormais sous haute surveillance.

 

Les anti-Balaka s’approvisionneraient sur le marché camerounais en machette en usant de la tromperie et de la ruse. Ils se feraient passer pour des paysans en quête d'outils pour des travaux champêtres. Aussitôt, la rumeur s'est répandue au sein de la communauté de commerçants camerounais qui auraient arrêté de leur vendre le matériel tant convoité. Aussi, face à la grandissante réticence des commerçants, les anti-Balaka utiliseraient désormais des intermédiaires.

 

Depuis le début de conflits en Centrafrique et des exactions du Boko Haram au Nigéria, le Cameroun sert malgré lui de base arrière aux combattants. Il y a encore quelques jours de cela, des membres de la secte terroriste Boko-Haram pourchassés par l’armée nigériane se sont dirigés au Cameroun pour trouver refuge. Par conséquent, les autorités camerounaises devraient être de plus en plus alertes et vigilantes au niveau de ses frontières.

 

Michael THOMAS

http://www.mboaconnect.com/articles/2014/01/30/conflit-centrafricain-les-tirs-centrafricains-au-cameroun#ixzz2rt2XTeRR 
 

Lu pour vous : Conflit centrafricain : Les tirs centrafricains au Cameroun
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:03

 

 

 

 

ADDIS-ABEBA Jeudi 30 janvier 2014 | 05:29 UTC (Xinhua) - Plus d'un mois après le début de son opérationnalisation le 19 décembre à Bangui, capitale centrafricaine, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force d' intervention sous mandat de l' Union africaine (UA) chargée d' aider à rétablir la paix et la sécurité dans ce pays, se compose à ce jour de 5.305 hommes issus de huit pays d'Afrique centrale, d' après un rapport de l' UA.

 

D'un effectif prévisionnel de 6.000 hommes, des militaires et des policiers, cette force autorisée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies pour un mandat d'une période initiale d'un an lui autorisant à désarmer y compris par la force les groupes armés présents dans le pays, recrute pour l'heure dans les pays d'Afrique centrale.

 

"Les effectifs militaires sont répartis comme suit : Burundi (850), Cameroun (517), République du Congo (864), Gabon (517), Guinée équatoriale (205), Tchad (792), Rwanda (850)", recense un rapport de la présidente de la Commission de la Commission de l'UA, Clarice Nkosazana Dlamini-Zuma, dont Xinhua a obtenu copie.

 

De ces sept pays, le Rwanda est le seul n'appartenant pas à la Communauté économique des Etats de l' Afrique centrale (CEEAC) qu' il avait quittée il y a une dizaine d' années pour se tourner vers d'autres organisations régionales, en Afrique de l' Est et australe.

 

Par ailleurs, quatre des pays cités auxquels s' ajoute à présent la République démocratique du Congo (RDC) sont contributeurs d' un total de 629 policiers, répartis entre 320 en provenance du Cameroun, 129 du Congo-Brazzaville, 34 du Tchad, 145 de la RDC et 1 du Gabon.

 

"La Commission dispose également d' un Centre conjoint des opérations (CCO) et d' une composante civile. La Commission se propose, lorsque la RDC aura formellement confirmé sa disposition à contribuer en personnels en uniforme supplémentaires, de dépêcher une mission dans ce pays pour convenir de la nature et des modalités d' une telle contribution, et ce dans la limite des effectifs autorisés (...) et sur la base des besoins identifiés sur le terrain", ajoute le rapport.

 

En vue du financement de la MISCA, une conférence des donateurs avec la participation de plus de 110 pays et organisations dont les 54 pays membres de l' UA eux-mêmes sera organisée samedi à Addis-Abeba pour pouvoir mobiliser plus de 500 millions de dollars de budget prévisionnel des douze mois de son mandat initial.

Centrafrique : 5 305 soldats de la MISCA fournis par 8 pays d'Afrique centrale, y compris le Rwanda
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:55

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre CAMPAGNE | AFP 

 

Sur la terre rouge, l'armement de base des miliciens chrétiens anti-balaka: machette, marteau, pelle, fronde. Des soldats français viennent de les saisir. A cinq mètres, le cadavre d'un jeune musulman du quartier Combattant de Bangui. Même les oreilles ont été coupées.

 

"C'est un musulman d'ici, il s'appelait Abaka, ils l'ont tué dans la cour de sa maison", raconte à l'AFP Benjamin, un voisin chrétien. "Ils", ce sont les anti-balaka qui, sous prétexte de combattre les ex-rebelles Séléka, traquent férocement tout musulman dans la capitale centrafricaine. Nuit et jour, des musulmans sont abattus dans d'atroces conditions.

 

"Il faut couvrir le cadavre", dit un soldat français de l'opération Sangaris, arrivé après l'assassinat. Ils sont une vingtaine à bloquer des centaines d'habitants, les empêcher de s'abattre sur la concession du mort, pour la piller.

 

Plusieurs dizaines de pillards sont déjà à l'oeuvre. Le climat est très tendu. "T'approche pas, reste où tu es, recule maintenant!", crie un soldat à un jeune qui s'avance vers lui.

 

"C'est pas normal, Sangaris nous empêche de piller"

 

Des pages de cahiers d'écoliers volent dans la poussière. Dès que le soldat se déplace de trois mètres vers un autre point, le pillard revient, charge sur l'épaule une porte en bois, un autre le suit avec un tuyau d'arrosage. Un rapide coup d'oeil vers Sangaris, et ils s'enfuient avec leur butin.

 

Les soldats tiennent en respect plusieurs dizaines de jeunes, à moitié cachés par de hautes herbes, à l'arrière de la concession. Impossible de savoir qui sont des anti-balaka, des voyous ou de simples pillards.

 

Benjamin regrette: "C'est pas normal, Sangaris nous empêche de piller!".

 

En bord de route, le propriétaire de la petite boutique "L'Arche de Noé", profite d'une brève accalmie pour la fermer avec un cadenas.

 

"On ne va pas vous le répéter dix fois, passez de l'autre côté de la route", crie un soldat aux centaines d'habitants, qui refluent.

 

Venant de la zone proche de l'aéroport, où s'entassent cent mille déplacés terrorisés par les violences, une ambulance de la force africaine Misca passe, sirène hurlante. Une rafale de Famas (fusil des Français), tirée au dessus de la foule, crépite.

 

"Ça ne va plus, il y trop de dérapages"

 

A moins de cent mètres, une autre terrible scène de Bangui, en bord de route. Cette fois, il s'agit du cadavre d'un jeune chrétien, tué par erreur car confondu avec un musulman.

 

"Il faisait le look musulman avec des cheveux bouclés et un chapelet de prière autour du poignet", explique Victor. Les jambes du défunt, qui dépassent du tissu coloré qui le couvre, sont profondément entaillées, au dessus des chevilles. "Pour que le sang coule plus vite", précise un connaisseur.

 

"Ça ne va plus, y a trop de dérapages, il faut que ça cesse", souffle Victor.

 

La femme du mort et l'une de ses soeurs sont en pleurs. "Je lui avais dit de ne pas sortir", crie sa femme, mains au ciel. On le charge sur une charrette, et le funeste convoi part lentement.

 

A Bangui, de nombreux quartiers sont livrés à une violence aveugle, continue.

 

Au quartier PK-12, dans le nord de la capitale centrafricaine, c'est un musulman, blessé par un couteau, qui est emporté par la Croix-rouge. "C'est un ex-Séléka, ils l'ont reconnu", commente un gendarme centrafricain posté à la barrière. "Un autre est arrivé, il voulait lancer une grenade, on l'a arrêté à temps!".

 

"Non aux Séléka, nous voulons leur départ du PK-12. Oui aux Sangaris, nous leur demandons d'être plus actifs", est-il écrit à la craie sur un carton, adossé à une chaise, devant les vendeurs de manioc et de bois. A quelques mètres de la tâche de sang qui rougit le bitume.

Centrafrique : à Bangui, la traque des musulmans au quartier Combattants
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:47

 

 

 

 

 

Le sommet de l'Union africaine centré sur les crises au Soudan du Sud et en Centrafrique

 

Par Jenny VAUGHAN | AFP 30/01/2014

 

Le 22e sommet de l'Union africaine (UA) qui s'est ouvert jeudi pour deux jours à son siège d'Addis Abeba est centré sur les crises au Soudan du Sud et en Centrafrique, deux pays ravagés par la guerre.

 

"Nos coeurs sont avec les populations de République centrafricaine et du Soudan du Sud, qui font face à des conflits dévastateurs dans leurs pays et en particulier aux femmes et aux enfants qui sont devenus les victimes", a déclaré la présidente de la Commission de l'UA, l'organe exécutif du bloc panafricain, Nkosazana Dlamini-Zuma, en ouverture des débats.

 

"Nous devons travailler ensemble pour assurer la construction d'une paix durable", a-t-elle ajouté.

 

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, qui a passé jeudi matin la présidence tournante de l'UA au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, a ensuite appelé à "trouver des solutions urgentes pour éviter à ces deux pays frères de sombrer dans un abîme".

 

"Si nous échouons, cela aura de graves conséquences pour la paix et la sécurité dans la région", a-t-il ajouté.

 

A l'origine, le sommet, qui rassemble 54 nations africaines, devait avoir pour thème central "l'agriculture et la sécurité alimentaire". Mais les combats toujours en cours au Soudan du Sud et les derniers développements en Centrafrique sont venus bouleverser ce programme.

 

Au Soudan du Sud, deux camps s'opposent depuis mi-décembre, l'armée gouvernementale et des forces regroupées derrière l'ancien vice-président Riek Machar.

 

Malgré un accord de cessez-le-feu signé le 23 janvier, les affrontements continuent dans plusieurs régions. En six semaines, des milliers de personnes ont été tuées et 800.000 chassées de chez elles.

 

Dans ce pays indépendant depuis la partition du Soudan en juillet 2011, au terme d'une longue guerre civile (1983-2005), la rivalité politique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président a dégénéré en une confrontation armée qui prend une dangereuse tournure ethnique entre Dinka et Nuer, les deux principales communautés du Soudan du Sud.

 

Dans cette crise, l'UA a été invitée à jouer un rôle plus actif - jusqu'ici, les efforts de médiation ont été menés par une organisation sous-régionale est-africaine, l'Igad.

 

Quant à la Centrafrique, où une force de l'UA - la Misca - et un contingent de l'armée française sont déployés, elle est en crise depuis mars 2013, lorsqu'une rébellion à majorité musulmane a renversé le président François Bozizé, déclenchant une spirale de violences intercommunautaires dont les civils sont les premières victimes.

 

Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Après la démission du président de transition et ex-chef rebelle Michel Djotodia, une femme, Catherine Samba Panza, lui a succédé et un nouveau gouvernement a été formé.

 

Conflits ou "essor" africain?

 

Pour Peter J. Pham, analyste de l'Atlantic Council, la lente réponse de l'UA à la crise en Centrafrique pointe les faiblesses institutionnelles du bloc en matière de gestion des conflits.

 

Elle souligne également les difficultés à mettre en place une "force de réserve africaine" susceptible d'être déployée en urgence sur les points chauds du continent, en débat depuis une dizaine d'années mais restée à ce jour un voeu pieu.

 

Le sommet de jeudi et vendredi intervient huit mois après la célébration du cinquantenaire de l'UA, qui avait fêté la "Renaissance" du continent pour mettre en avant son dynamisme économique.

 

Les dirigeants des 54 pays membres doivent aussi se pencher au cours des deux jours sur l'"Agenda 2063", une feuille de route sur 50 ans destinée à donner un coup de fouet au continent.

 

Pour Jason Mosley, analyste du centre de réflexion Chatham House, cette rhétorique récurrente sur "un continent en essor" a occulté les problèmes de fond, mais l'UA ne peut ignorer, au risque de perdre sa crédibilité, les conflits ravageant l'Afrique, alors que le développement est indissociable des questions de paix et de sécurité.

 

Un autre sujet sensible devrait être au menu des dirigeants africains: la Cour pénale internationale, violemment accusée l'an dernier de partialité par l'UA. Le bloc avait demandé à ce que les chefs d’État en exercice, comme le Kényan Uhuru Kenyatta, poursuivi pour crimes contre l'humanité, ne soient pas jugés.

 

 

 

http://www.peaceau.org/

 

I.                    INTRODUCTION

 

Le présent rapport est soumis au Conseil dans le cadre de l’examen régulier de la situation en République centrafricaine (RCA). ll couvre la période allant du 19 décembre 2013 au 20 janvier 2014, et rend compte des principaux développements survenus en RCA sur les plans politique, sécuritaire et humanitaire, ainsi que des activités de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), à la suite du transfert d’autorité avec la Mission de consolidation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) en RCA (MICOPAX), le 19 décembre 2013.

 

ASPECTS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS

 

Il convient de rappeler qu’après le changement anticonstitutionnel de Gouvernement intervenu le 24 mars 2013 et dans le prolongement des efforts de la CEEAC, les acteurs centrafricains sont convenus d’une transition d’une durée maximale de 18 mois devant culminer avec la tenue d’élections présidentielles et législatives. Le 5 juillet 2013, une Charte constitutionnelle de transition a été adoptée, qui fut promulguée le 18 juillet 2013. Un Conseil national de transition (CNT) de 135 membres et un Conseil constitutionnel ont été mis en place, le 15 avril et le 16 août 2013. Elu chef de l’Etat de la transition, le 13 avril 2013, Monsieur Michel Djotodia a prêté serment le 18 août 2013. Maître Nicolas Tiangaye, qui avait été nommé Premier ministre, dans le cadre des Accords de Libreville du 11 janvier 2013, est resté à son poste. Les éléments d’une Feuille de route pour la Transition, proposés par le 4ème Sommet extraordinaire de la CEEAC, tenu à Ndjamena, le 18 avril 2013, ont été acceptés par le Gouvernement d’union nationale de Transition, qui a, à son tour, élaboré une Feuille de route plus détaillée, adoptée par le CNT le 7 novembre 2013.

 

Toutefois, la situation n’a pas évolué favorablement. Sur le plan sécuritaire, les exactions perpétrées contre la population civile, tant par les ex-Seleka que par d’autres groupes armés, se sont poursuivies. Sur le plan politique, plusieurs désaccords ont opposé les deux têtes de l’exécutif, qui n’ont pu donner l’impulsion nécessaire à la conduite de la transition. De fait, aucun progrès significatif n’a été enregistré dans la mise en œuvre de la Feuille de route pour la Transition, notamment l’objectif prioritaire de rétablissement de la sécurité et de l’ordre public à Bangui et sur le reste du territoire national. La situation humanitaire s’est considérablement dégradée, surtout à la suite des attaques meurtrières du 5 décembre 2013, à Bangui, lancées par des éléments appartenant au groupe dit des anti-Balaka (anti-machettes).

 

Au vu de cette situation, mon Représentant spécial en RCA et chef de la MISCA, le Général Jean-Marie Michel Mokoko, et celui du Président Dénis Sassou Nguesso, Médiateur de la CEEAC et Président de son Comité de suivi sur la RCA, ont, en coordination avec les membres de la communauté internationale à Bangui, pris nombre d’initiatives pour aider les acteurs centrafricains à surmonter leurs divergences et à mettre en œuvre la Feuille de route de la transition. De même, une délégation conjointe UA-CEEAC, comprenant les Ministres des Affaires étrangères de la République du Congo et du Tchad, le Ministre de la Défense de la République du Congo et le Commissaire de l’UA à la Paix et à la Sécurité, s’est rendue à Bangui, le 28 décembre 2013, pour notamment insister sur la nécessité d’une forte cohésion et d’une réelle unité d’action entre tous les acteurs de la transition.

 

C’est dans ce contexte, et eu égard à la dégradation continue de la situation, que s’est tenu, à Ndjamena, les 9 et 10 janvier 2014, sous la présidence du Président Idriss Déby Itno, le 6ème Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC. L’UA a été représentée à cette réunion par une délégation dirigée par le Commissaire à la Paix et à la Sécurité. Dans le communiqué qui a sanctionné leurs délibérations, les chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC ont déploré la passivité de l’ensemble de la classe politique centrafricaine et l’absence de cohésion, d’harmonie et d’unité entre les autorités de la transition, soulignant que cette situation n’avait pas permis à la communauté internationale d’apporter l’appui requis en vue de trouver des solutions à la crise. Ils ont pris acte de la démission du chef de l’Etat, ainsi que de celle du Premier ministre de la transition, et invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux centrafricains à poursuivre leurs consultations afin d’élire dans les plus brefs délais possibles un nouveau chef d’Etat de la transition et de former un Gouvernement de transition conformément aux dispositions de la Charte constitutionnelle de Transition. Par ailleurs, et conformément au communiqué du 6ème Sommet extraordinaire de Ndjamena, l’UA et la CEEAC, en liaison avec les parties centrafricaines et les principaux partenaires et sous l’égide du Médiateur, le Président Denis Sassou Nguesso, sont en train d’examiner les modalités de la tenue d’une Conférence nationale de réconciliation.

 

Le 20 janvier 2014, et à l’issue d’un vote à deux tours, Mme Samba Panza Catherine, Maire de la ville Bangui, a été élue chef d’Etat de la Transition, mettant fin à l’intérim assuré par le Président du CNT, Alexandre Ferdinand Nguendet. Il est attendu qu’elle procède dans les prochains jours, après de larges consultations, à la nomination d’un Premier ministre qui devrait, à son tour, veiller à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale de Transition. Dans un communiqué publié le même jour, j’ai salué ce développement et exhorté les acteurs centrafricains à apporter au nouveau chef de l’Etat le soutien requis pour l’accomplissement de sa mission.

 

Sur un autre plan, il convient de relever que les 7 membres de l’Autorité nationale des Elections (ANE), nommés par décret le 16 décembre 2013, ont prêté serment le 24 décembre 2013, marquant ainsi le lancement du processus électoral. Les membres de l’ANE s’emploient à mettre en œuvre leur mandat. Les Nations unies, notamment le PNUD, ont dépêché des experts pour évaluer le niveau des besoins et définir un budget prévisionnel pour l’ANE. D’autres partenaires, tels que l’Union européenne (UE) et la France, ont annoncé leur intention d’apporter des contributions financières. Mon Représentant spécial a marqué la disponibilité de la MISCA à assurer la sécurité des bureaux de l’ANE; de même la Commission s’apprête-t-elle à dépêcher un expert électoral pour appuyer l’ANE.

 

III.        SITUATION SECURITAIRE ET DEPLOIEMENT DE LA MISCA

 

Au cours des derniers mois, la situation sécuritaire a été marquée par la poursuite des exactions commises par les éléments de l’ex-Seleka et d’autres groupes armés, notamment les anti-Balaka et certains éléments des Forces armées centrafricaines (FACA). A partir du début du mois de décembre 2013, la situation a connu une nouvelle dégradation liée aux attaques lancées à Bangui par des éléments appartenant au groupe des anti-Balaka. La période qui a suivi a été caractérisée par des affrontements entre les anti-Balaka et les ex-Seleka et, parfois, entre individus et familles, et ce sur des bases communautaires et religieuses. De nombreux crimes ont été commis. Des dizaines de milliers de personnes ont dû quitter leurs domiciles pour trouver refuge dans d’autres zones de la ville de Bangui jugées plus sûres, en particulier la zone aéroportuaire.

 

Le Conseil se souviendra que, dans le cadre des efforts qu’elles déploient pour faire face aux défis sécuritaires que connait la RCA, la CEEAC et l’UA sont convenues de renforcer les effectifs de la MICOPAX et de la transformer en une Mission africaine. Dans le prolongement de ces efforts, le Conseil a autorisé, le 19 juillet 2013, le déploiement de la MISCA, pour notamment contribuer à la protection des civils et à la stabilisation du pays. Le 5 décembre 2013, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2127 (2013), par laquelle il a entériné le déploiement de la MISCA pour une période  de 12 mois. Comme indiqué plus haut, le transfert d’autorité entre la MICOPAX et la MISCA a eu lieu le 19 décembre 2013. A la suite des consultations que les chefs d’Etat de la région, l’UA et des partenaires internationaux ont eues en marge du Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, le Conseil a, le 13 décembre 2013, décidé d’autoriser l’augmentation des effectifs de la MISCA, qui pourraient atteindre jusqu’à 6 000 personnels en uniforme. C’est dans ce cadre qu’un bataillon burundais de 850 hommes a été déployé. Au moment de la finalisation de ce rapport, un bataillon rwandais de 850 hommes était en cours de déploiement. Une fois complété, ce déploiement portera l’effectif total de la MISCA à 5 305. Les effectifs militaires sont répartis comme suit: Burundi (850), Cameroun (517), République du Congo (864), Gabon (517), Guinée équatoriale (205), Tchad (792), Rwanda (850). Les 629 policiers sont fournis par le Cameroun (320), la République du Congo (129), le Tchad (34) la République démocratique du Congo (145) et le Gabon (1). La MISCA dispose également d’un Centre conjoint des opérations (CCO) et d’une composante civile. La Commission se propose, lorsque la RDC aura formellement confirmé sa disposition à contribuer des personnels en uniforme supplémentaires, de dépêcher une mission dans ce pays pour convenir de la nature et des modalités d’une telle contribution, et ce dans la limite des effectifs autorisés par le Conseil et sur la base des besoins identifiés sur le terrain.

 

Un certain nombre de partenaires, notamment la France, les États-Unis et l’UE, apportent déjà un appui financier et/ou logistique à la MISCA. Le Japon s’est récemment engagé à soutenir la Mission. Les Nations unies ont prévu de déployer du personnel spécialisé pour servir au sein de l’Etat-major de la MISCA. Afin de mobiliser un appui plus soutenu, la Commission, avec l’aide des Nations unies, organise, à Addis Abéba, le 1er février 2014, une Conférence des donateurs pour la MISCA. Tous les Etats membres et près de 60 partenaires internationaux ont été invités à participer à la Conférence.

 

Peu après la relève de la MICOPAX, la MISCA a adopté de nouveaux plans de sectorisation, afin de parvenir à un maillage satisfaisant aussi bien de la capitale Bangui que du reste du territoire centrafricain, en coopération étroite avec les forces françaises de l’Opération Sangaris. Grâce à leur action conjointe, la MISCA et Sangaris ont pu contenir la vague de violence générée par les attaques du début du mois de décembre 2013. Conformément aux décisions pertinentes du Conseil, cette coordination s’étendra également aux forces de l’Initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA), dont un contingent est déployé dans la zone d’Obo, dans la préfecture du Haut Mbomou.

 

La situation sécuritaire a continué à s’améliorer à Bangui, particulièrement après les décisions du Sommet extraordinaire de la CEEAC du 10 janvier 2014, même si elle reste volatile sur la majeure partie du territoire centrafricain. Les efforts en cours pour la sécurisation de la partie centrafricaine du corridor qui relie la RCA au Cameroun, et qui constitue la principale voie d’approvisionnement de la RCA, permettront la reprise de la fluidité des échanges entre la RCA et le port de Douala. Dans l’arrière-pays, la situation est calme au Centre et au Nord-est, mais tendue au Nord-Ouest, où les affrontements entre anti-Balaka et ex-Seleka ont provoqué des déplacements importants de populations. Le 11 janvier 2014, et à l’initiative de mon Représentant spécial, s’est tenue, sous la présidence du chef de l’Etat intérimaire de la Transition, une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité (CNS), avec la participation des représentants des ex-Seleka, des FACA et des anti-Balaka, ainsi que de l’UA et de la France. La réunion a engagé tous les groupes armés et les FACA à mettre sans délai un terme aux attaques et à s’engager dans le processus de désarmement, démobilisation, réintégration (DDR).

 

IV.        SITUATION HUMANITAIRE ET DES DROITS DE L’HOMME

 

En raison des développements sécuritaires des derniers mois, la situation humanitaire est catastrophique. L’on estime à 500 000 le nombre de personnes déplacées à Bangui, dont 100 000 dans la zone aéroportuaire. La RCA compte aujourd’hui entre 800 à 900 000 déplacés. Sur les sites de déplacés, l’on dénombre 60% d’enfants. Le nombre de Centrafricains ayant trouvé refuge dans les pays voisins depuis le mois de décembre est évalué à plus de 72 000. L’insécurité rend difficile l’acheminement régulier de l’aide humanitaire aux populations affectées. Pour faire face aux besoins humanitaires des trois prochains mois, les agences humanitaires ont lancé un appel pour la mobilisation de 152 millions dollars américains.

 

Les affrontements entre les anti-Balaka et les ex-Seleka ont occasionné de  graves violations des droits de l’homme, notamment des assassinats, des menaces de mort et autres actes d’intimidation, des arrestations et enlèvements, ainsi que des pillages et destructions de biens. Les violences interconfessionnelles ont provoqué plusieurs centaines de morts et des déplacements massifs de populations, depuis le 5 décembre 2013. L’insécurité, combinée à la stigmatisation de certaines communautés, a poussé de nombreuses communautés étrangères à quitter la RCA.

 

La Commission de l’UA a déployé un groupe initial de cinq observateurs des Droits de l’Homme au sein de la composante civile de la MISCA, afin de permettre à la Mission de mieux documenter les violations des droits de l’homme et de faciliter les actions visant à tenir leurs auteurs responsables. Depuis le 4 janvier 2014, ces observateurs ont entamé des consultations avec les autorités centrafricaines compétentes, les organisations de la société civile, les organisations internationales et d’autres acteurs concernés, afin d'évaluer la situation d’ensemble et de déterminer comment mettre en œuvre leur mandat. Ils ont commencé à collecter les premières informations sur les cas de violations des droits de l’homme dans la ville de Bangui et devraient être déployés dans les provinces dès que possible.

 

V.        DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINTEGRATION ET REFORME DU SECTEUR DE LA SECURITE

 

S’agissant du DDR et de la réforme du secteur de la sécurité (RSS), deux cadres nationaux de coordination avaient été mis en place pour mieux canaliser et harmoniser les efforts dans ces domaines, tant au niveau stratégique que technique. Ces cadres de coordination avaient été suspendus à cause de la situation sécuritaire. A la faveur de la mise en place de la MISCA le 19 décembre 2013, il a été décidé de réactiver ces comités.

 

Les mesures de confiance, proposées par la MICOPAX et l’Opération Sangaris et signées juste avant la mise en place de la MISCA, qui s’articulent autour de quatre axes (identification, désarmement, cantonnement et comportement des différentes forces), ont permis le regroupement des 7 140 éléments ex-Seleka dans 14 sites aux alentours de Bangui. D’autre part, les appels en direction des FACA, de la Gendarmerie et de la Police ont permis de recenser, selon les autorités nationales, au niveau de Bangui, entre le 23 et le 31 décembre 2013, 3 538 sur un effectif total de 8 434 éléments appartenant aux FACA, 1 085 sur 2 226 gendarmes et 900 sur 1 500 policiers.

 

La MISCA continue son plaidoyer pour la finalisation  du regroupement des ex-Seleka, y compris un appui pour le maintien de leur cantonnement. Elle a, en outre, demandé le soutien du PNUD pour un transfert de compétence afin qu'elle soit outillée pour aider au recensement et à l'enregistrement des éléments des Forces de défense et de sécurité. Les efforts de la MISCA ont également été orientés vers la promotion du consensus national le plus large possible sur les questions du DDR et de la RSS. Ce travail a abouti à la signature, par le chef de l’Etat et le Premier ministre, le 6 janvier 2014, de Directives générales à cet effet.

 

VI.               OBSERVATIONS

 

Si la situation en RCA reste préoccupante, les décisions prises par le Sommet extraordinaire de la CEEAC et l’évolution subséquente notée sur le terrain n’en ont pas moins crée une dynamique encourageante qu’il importe de conforter. Je voudrais réitérer ma profonde appréciation du rôle déterminant des pays de la région, notamment à travers l’action des Présidents Idriss Déby Itno et Denis Sassou Nguesso, qui assurent respectivement la présidence de la CEEAC et celle de son Comité de suivi sur la situation en RCA. Depuis le début de la crise centrafricaine, la région a fait preuve d’un engagement sans faille et mobilisé d’importantes ressources pour faciliter le règlement de la crise. J’en appelle à la communauté internationale pour qu’elle continue à appuyer leurs efforts.

 

Sur le terrain, la MISCA, dans le prolongement du travail accompli par la MICOPAX, s’emploie à mettre en œuvre effectivement sans mandat. Je félicite le chef de la Mission et ses personnels pour les efforts soutenus qu’ils déploient et les sacrifices consentis. Les résultats enregistrés grâce à l’action conjuguée de la MISCA et de l’Opération Sangaris sont d’autant plus encourageants que la situation est particulièrement complexe. Je suis confiant en la capacité de la MISCA à améliorer significativement et durablement la situation sécuritaire, de manière à faciliter la mise en œuvre des différentes tâches prévues par la transition, pour peu que les ressources et moyens requis soient mobilisés à son profit. Pour la communauté internationale, la priorité doit être de soutenir la MISCA, à travers la mise à disposition de ressources financières et logistiques et, le cas échéant, d’une expertise technique, ainsi qu’à travers la fourniture d’un appui dans des domaines spécifiques. Il s’agit, ce faisant, de permettre à la Mission de mener à bien son mandat et, partant, de créer les conditions du déploiement éventuel d’une opération de maintien à la paix des Nations unies.

 

A cet égard, je renouvelle la gratitude de l’UA aux partenaires internationaux qui soutiennent la MISCA, notamment les Etats-Unis, la France et l’UE, ainsi que le Japon et les Nations unies. Je les exhorte à poursuivre leur appui. J’en appelle aux autres partenaires internationaux pour qu’ils soutiennent également la MISCA. La Conférence des donateurs prévue à Addis Abéba le 1er février 2014 constitue une opportunité unique pour la communauté internationale dans son ensemble de témoigner sa solidarité au peuple centrafricain à travers un soutien adéquat à la MISCA. Il va sans dire que les Etats membres de l’UA ont un rôle crucial à jouer. L’appropriation africaine et le leadership continental auxquels l’UA aspire supposent nécessairement une contribution significative au financement de la MISCA. Je me réjouis de l’engagement pris à cet égard par les membres du Conseil lors de leur réunion de Banjul du 30 décembre 2013. En plus des contributions bilatérales des Etats membres, je recommande aussi, à l’exemple de ce qui a été fait pour la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), qu’une partie du budget de la MISCA soit répartie entre les Etats membres au titre de leurs contributions statutaires au budget ordinaire de l’UA, conformément aux dispositions pertinentes du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité.

 

La solidarité internationale ne pourra à elle seule permettre de venir à bout des graves difficultés que connait la RCA. Les acteurs politiques et autres centrafricains ont un rôle crucial à jouer. Il ne saurait y avoir de solution durable sans appropriation nationale et leadership centrafricain. Aussi, je renouvelle l’appel de l’UA aux acteurs centrafricains pour qu’ils mettent l’intérêt supérieur de leur pays au-dessus des considérations partisanes et autres. Ils doivent saisir l’unique opportunité offerte par le Sommet de la CEEAC du 10 janvier 2013 pour redynamiser la transition et mettre un terme aux souffrances terribles qu’endure leur peuple. A cet égard, je me réjouis de l’élection Mme Cathérine Samba-Panza come chef de l’Etat de la Transition, et salue le sens des responsabilités, la maturité et l’engagement dont ont fait preuve les acteurs centrafricains à cette occasion.

 

Je condamne à nouveau fermement les exactions et autres graves violations des droits de l’homme commises en RCA. Leurs auteurs doivent être identifiés et tenus responsables de leurs actes.  Au regard de la grave situation humanitaire qui prévaut sur le terrain, je lance un appel urgent à tous les membres de la communauté internationale pour qu’ils redoublent d’efforts pour assister les populations affectées. Je remercie les pays de la région qui accueillent des réfugiés centrafricains pour leur générosité. 

 

 http://www.peaceau.org/fr/article/rapport-de-la-presidente-de-la-cua-a-la-416eme-reunion-sur-la-situation-en-rca#sthash.vDolCLyS.1d8KEwDH.dpuf

Rapport de la Présidente de la CUA à la 416ème réunion sur la situation en RCA
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