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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 09:43

 

 

 

 

http://www.jeanmichelbaylet.fr   23/11/2013 par JMBaylet

 

Cet éditorial aurait pu être consacré  à la réforme du système de retraites, aux arbitrages autour du Projet de loi de finances, ou, s’agissant de la scène internationale, aux dernières évolutions de la crise syrienne voire du changement de ton de l’Iran depuis l’élection du Président Rohani.

 

Cependant, j’ai choisi d’attirer votre ‘attention sur une crise oubliée des grands médias et qui se déroule actuellement en Centrafrique.

 

Ce pays enclavé, qui fait partie des PMA (pays les moins avancés), est secoué depuis plusieurs années par une instabilité politique chronique.

 

Elle s’est aggravée ces derniers mois. Sans faire l’historique de ces affrontements, rappelons que le 23 mars 2013, les rebelles de la coalition hétéroclite « Seleka » ont renversé le président Bozizé, qui lui-même avait conquis le pouvoir par un coup d’Etat, dix ans plus tôt.

 

Loin de mettre fin aux affrontements, ce changement à la tête de l’Etat a accentué sa déliquescence. Plus grave, ces heurts prennent désormais une dimension confessionnelle.

 

Le cas centrafricain est à la fois semblable est très différent du Mali. L’urgence absolue du cas malien avait justifié l’intervention rapide de la France au côté du gouvernement de Bamako. La situation à Bangui impose quant à elle une réaction aux niveaux africain et international, afin de protéger les populations civiles et d’éviter que la RCA ne devienne la base arrière des groupes islamistes chassés du Mali, de la secte Boko Haram du Nigeria et des groupes armés provenant de la République Démocratique du Congo.

 

Car, au coeur de l’Afrique, se joue la stabilité de la région. Partout où l’Etat est chancelant, les groupes terroristes prolifèrent.

 

L’attaque d’un centre commercial au Kenya, perpétrée par des « shebabs » de Somalie est venue nous le rappeler.

 

Le 10 octobre, à l’initiative de la France, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une première résolution, qui prévoit le renforcement de la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique) composée de soldats africains.

 

Ce premier texte illustre la prise de conscience internationale de la gravité de la situation centrafricaine, il doit être complété et le dispositif sécuritaire et humanitaire renforcé.

 

Au gré des crises, le changement d’orientation de la politique française en direction de l’Afrique s’esquisse. Le Président de la République l’a dit lors de sa récente visite en Afrique du Sud, puissance du continent : « la sécurité des Africains dépend d’abord des Africains », ajoutant que la communauté internationale doit aider les Etats africains à se protéger.

 

La France entend jouer un rôle en faveur de la sécurité et au service du développement de l’Afrique, mais n’entend pas en être le « gendarme ».

 

L’échelon européen, quant à lui, est toujours en retrait.

 

En décembre, la France accueillera, à Paris, un Sommet regroupant les pays africains et l’ONU autour du thème de la sécurité, la lutte contre tous les trafics et contre la piraterie.

L’ambition est de conforter le dynamisme d’un continent à fort potentiel et dont la croissance est soutenue depuis plusieurs années.

 

Elle ne peut être atteinte qu’à une condition : la Paix.

La France doit-elle intervenir en Centrafrique ?

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Centrafrique-Presse.com
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 21:32

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 22.11.2013 16:15 - Le président centrafricain Michel Djotodia a annoncé vendredi le rétablissement "incessamment" du couvre-feu levé le mois dernier à Bangui, face à une nouvelle vague de banditisme armé dans la capitale.

 

"Je vais prendre le décret incessamment pour restaurer le couvre-feu de 22H00 (21H00 GMT) à 06H00 heures", a déclaré M. Djotodia, lors d'une rencontre avec les notables de Bangui au palais présidentiel.

 

"Durant cette période, les patrouilles seront intensifiées", a-t-il précisé, ajoutant que "tout individu" en tenue militaire ou en armes la nuit serait au besoin "désarmé par la force".

 

"Selon des informations en notre possession des machettes sont distribuées dans la ville. A quel dessein? Personne ne sait. Il faut rester vigilants", a affirmé le président.

 

Dans un communiqué de mardi soir, M. Djotodia avait affirmé que des "mesures exceptionnelles" étaient prises pour rétablir la sécurité dans le pays livré à une nouvelle vague de violences, avec à Bangui des attaques à main armée et des meurtres, attribuées à des hommes armés issus de l'ex-rébellion Séléka.

 

Ces violences dans la capitale ont culminé le 17 novembre avec l'assassinat d'un haut magistrat, "froidement abattu" par d'anciens rebelles, un meurtre qui a provoqué des heurts où deux civils ont été tués.

 

Deux à trois mille personnes, magistrats et avocats en tête, ont manifesté vendredi dans les rues de la capitale centrafricaine pour protester contre l'assassinat du magistrat, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

C'est "l'expression de la colère et de la consternation de la corporation face à l'odieux assassinat de notre collègue", a déclaré un membre de l'Amicale des magistrats centrafricains, Robert Kpossa.

 

Depuis le renversement en mars du régime de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka - dissoute en août - de M. Djotodia, la Centrafrique vit dans un climat d'insécurité généralisée, avec des violences quasi quotidiennes en province comme à Bangui.

 

Cette situation a poussé lundi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à envisager l'envoi de 6.000 Casques bleus dans le cadre d'une éventuelle opération de maintien de la paix.

 

Dans certaines régions, ces violences ont pris un caractère intercommunautaire entre chrétiens et musulmans, amenant Washington et Paris à évoquer une situation "pré-génocidaire" ou un risque de "génocide" en Centrafrique.

 

© 2013 AFP

Centrafrique: Djotodia annonce un prochain rétablissement du couvre-feu à Bangui

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 21:23

 

 

 

 

 

Par LEXPRESS.fr,   22/11/2013 à  14:30

 

Près de 6000 enfants ont été enrôlés dans des milices en République centrafricaine. Ce chiffre a doublé depuis le mois de mars. Le pays est dévasté par une guerre civile. 

 

Les enfants-soldats sont toujours plus nombreux en Centrafrique. Près de 6000 enfants ont été enrôlés dans des milices combattant en République centrafricaine, a déclaré vendredi à Genève, un haut-responsable de l'ONU. Il a dénoncé la spirale de la violence dans ce pays. 

 

"Grosso modo, on parle aujourd'hui de 5000 à 6000 enfants, ce qui représente un quasi-doublement de notre estimation précédente", qui était de 3500 enfants, a déclaré Souleymane Diabate, représentant de l'Unicef en République centrafricaine. L'agence des Nations Unies pour l'enfance a dénoncé régulièrement l'enrôlement des enfants dans les rangs des groupes armés de ce pays dévasté par la guerre civile. 

 

La moitié de la population est mineure

 

La Centrafrique s'enfonce dans le chaos depuis un coup d'Etat en mars dernier, mené par la coalition rebelle de la Séléka, issue de la minorité musulmane, qui a renversé le président au pouvoir François Bozizé. Un leader de la Séléka, Michel Djotodia, s'est auto-proclamé président et a accepté d'organiser des élections l'année prochaine. 

 

Le pays vit désormais au rythme d'affrontements entre les deux communautés religieuses, entre groupes "d'auto-défense" et ex-rebelles de la Séléka, en sus d'une forte poussée du banditisme à Bangui. 

 

"La situation que nous vivons en République centrafricaine aujourd'hui est très, très grave", a déclaré le représentant de l'Unicef, en lançant un appel à la mobilisation de la communauté internationale, pour qu'elle enraye cette situation. Selon Souleymane Diabate, quelque 4,6 millions de personnes sont affectées par la crise. 

 

"La moitié de la population a moins de 18 ans. Avant la crise, la situation n'était déjà pas bonne, et maintenant c'est encore pire", a-t-il dit. 

Lu pour vous : Le nombre d'enfants-soldats a doublé en Centrafrique

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 21:10

 

 

 

 

 

Addis Abéba, le 22 novembre 2013: La Présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma, a nommé, ce jour, après consultation avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’équipe dirigeante de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). À cet égard, le  Général de Division à la retraite Jean Marie Michel Mokoko, de la République du Congo, assurera la fonction de Représentant spécial en République centrafricaine (RCA) et celle de chef de la MISCA. Le Général Mokoko a une longue et riche expérience dans le domaine de la paix et de la sécurité. Il a notamment occupé les fonctions de chef d’État-major général des Forces armées congolaises, entre 1987 et 1993, et celle de Conseiller à la paix et à la sécurité du Président de la République du Congo. Il a, en outre, été Représentant spécial du Président en exercice de l’UA pour la Côte d’Ivoire pour la période 2006 – 2007. Le Général Mokoko est diplômé de l’École spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr-Quoëtquidan et de l’École d’État-major en France. Jusqu’à sa nomination, le Général Mokoko occupait la fonction d’adjoint au Haut Représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel. Le Représentant spécial adjoint sera nommé incessamment.

 

Le Général de Brigade Martin Tumenta Chomu, de la République du Cameroun, a été nommé Commandant de la composante militaire de la MISCA. Le Général Tumenta Chomu a occupé les fonctions de commandant de région militaire et d’autres importantes fonctions au sein de l’Armée camerounaise. Il est diplômé d’État-major aux États-Unis (Ft.Levenworth) et breveté de l’École de Guerre en France. Le commandement en second de la Force sera assuré par le Général de Brigade Athanase Kararuza du Burundi.

 

 Le Colonel de gendarmerie Patrice Ostangue Bengone, de la République Gabonaise, a été nommé chef de la composante police de la MISCA. Le Colonel Bengone est diplômé de l’École nationale de Gendarmerie d’Owendo au Gabon. Il a suivi des cours de formation et de perfectionnement dans différentes autres écoles, notamment en France et au Maroc. Le poste d’adjoint au chef de la composante de police sera occupé par le Commissaire principal de police Don Deogracias Ndong Nguema de la Guinée Équatoriale.

 

Ces nominations s’inscrivent dans le cadre des efforts conjoints de l’UA et de la CEEAC, pour l’opérationnalisation effective de la MISCA. L’UA et la CEEAC travaillent étroitement ensemble en vue d’assurer une transition réussie entre la Mission de consolidation de la paix de la CEEAC en RCA (MICOPAX) et la MISCA. Le transfert d’autorité est prévu le 19 décembre 2013.  

 

 La Présidente de la Commission saisit cette occasion pour réitérer l’appel de l’UA aux Nations unies pour l’octroi d’un soutien effectif à la MISCA pour lui permettre de s’acquitter effectivement de son mandat et de créer les conditions d’un appui international qui permettra de soutenir la stabilisation à long terme et la reconstruction de la RCA. Elle remercie les partenaires internationaux qui ont déjà marqué leur engagement à appuyer la MISCA.

 

 La Présidente de la Commission réitère son appréciation aux dirigeants de la région, en particulier le Président Idriss Déby Itno, Président en exercice de la CEEAC, et le Président Denis Sassou Nguesso, qui dirige le Comité  de suivi de la CEEAC sur la RCA, pour leur engagement soutenu en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en RCA. 

 

http://www.peaceau.org/fr/article/nomination-de-l-equipe-dirigeante-de-la-mission-internationale-de-soutien-a-la-centrafrique-sous-conduite-africaine#sthash.sCWkOiZE.dpuf

Nomination de l’équipe dirigeante de la mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 19:45

 

 

 

                                          COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Depuis le changement politique survenu le 24 mars 2013, une instabilité totale s’est installée en République Centrafricaine, mettant en mal l’unité nationale et l’honneur de la patrie. Dans un tel contexte, la ville de Bangui est transformée en théâtre de représailles où les ex-éléments de la coalition Séléka continuent de perpétrer de graves violations des droits de l’homme en toute impunité et ce, face à l’impuissance des forces de sécurité et surtout celle de l’Etat qui est pratiquement absent.

 

L’une des conséquences négatives de cet état de chose est l’assassinat d’un haut magistrat centrafricain, en la personne de Modeste Martineau BRIA et son garde du corps, qui ont été froidement abattus par d’anciens rebelles de la coalition séléka le dimanche 17 novembre 2013 à leur sortie d’un restaurant size au quartier Sica 2 de Bangui. Ce double crime odieux, qui est venu abréger, une fois encore, la vie de paisibles citoyens centrafricains, ne saurait que susciter l’indignation et la consternation de tous.

 

Pour sa part, la CRPS-SENEGAL saisit cette triste opportunité pour présenter à la famille éplorée et au corps de la magistrature centrafricaine, ses condoléances Républicaines. La CRPS-SENEGAL témoigne aussi sa solidarité aux magistrats qui ont décidé d’observer une grève d’un (01) mois pour contraindre les autorités nationales compétentes à s’engager dans la recherche et la punition des commanditaires de ce lâche assassinat.

Bien plus, la CRPS-SENEGAL estime que le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la prospérité est sacré et inviolable pour tout citoyen et doit être absolument défendu en République Centrafricaine.

 

Par ailleurs, la CRPS-SENEGAL ne saurait manquer de réaffirmer son soutien au Chef de l’Etat de Transition, au Premier Ministre et au Gouvernement de Transition, aux représentants du Conseil National de Transition, de la Société Civile et des Confessions religieuses pour leur implication agissante dans le processus de résolution de la crise en République Centrafricaine. Elle les exhorte à poursuivre leurs efforts pour trouver une solution appropriée afin de mettre un terme à la souffrance du peuple Centrafricain.

 

Enfin, la CRPS-SENEGAL recommande, d’une part, le recensement, le désarment, la démobilisation et la reconversion des éléments de la Séléka et, d’autre part, la mutualisation des actions de l’ONU, de l’UA et de la France pour le déploiement urgent d’une force internationale de maintien de la paix en République Centrafricaine.

 

Fait à Dakar, le 20 novembre 2013

L e Républicain Adrien KOUNDOU-ZALIA,

Président de CRPS-SENEGAL

 

RCA - Assassinat du magistrat : Communiqué de la CRPS Sénégal

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:24

 

 

 

 

 

http://www.slate.fr  22/11/2013 à 15h28

 

L'effondrement de la République centrafricaine est dramatique. Mais le pire des violences entre chrétiens et musulmans est-il à venir?

 

BOSSANGOA, République centrafricaine

 

Dans les salles de classe de RCA, les dates tracées à la craie sur les tableaux noirs remontent à mars dernier –mois durant lequel des rebelles de la Seleka se sont emparés du pouvoir. Soit le début du cauchemar. Depuis, les hommes d'armes de la Seleka (alliance, en sango, la langue locale) règnent par la terreur. Ils brûlent village après village, tirent aveuglément sur des civils depuis leurs pick-ups, exécutent les fermiers dans leurs champs, assassinent femmes et enfants. Leur brutalité continue de se propager, telles les métastases d'un cancer mortel.

 

Des centaines de milliers d'habitants ont été contraints de fuir leur foyer pour se cacher au fin fond de la brousse; nombre d'entre eux y succombent à la maladie. La préfecture d'Ouham, qui compte 170.000 déplacés, est la région la plus touchée du pays. Autour de Bossangoa (la capitale d'Ouham), on peut passer des heures derrière le volant sans croiser âme qui vive dans les villages –et le ronronnement d'un moteur suffit à effrayer les déplacés, qui arpentent les routes de terres constellées d'ornières dans l'espoir de trouver un refuge. 

 

Au début du mois de novembre, je parcourais la région en compagnie du photographe Marcus Bleasdale pour rendre compte de cette violence généralisée. La population prenait souvent notre voiture pour un véhicule militaire de la Seleka. Un jour, des baluchons jetés à la hâte nous ont coupé la route: une famille avait fuit dans la brousse en nous entendant arriver. Nous avons trouvé un nourrisson en pleurs sur la route: ses parents l'avaient perdu en prenant la fuite.

 

L'échec de Bozizé

 

Lorsqu'ils sont sortis de leur cachette, quelques minutes plus tard, nous avons fait de notre mieux pour les rassurer. Ils nous ont expliqué qu'ils avaient marché toute la nuit pour atteindre Bossangoa. La ville abrite 40.000 personnes; elles y vivent les unes sur les autres dans des conditions déplorables autour d'une église catholique. «Il y a tant d'enfants qui meurent... du paludisme et de la fièvre typhoïde», nous explique le père de famille, qui est épuisé.

 

Ils ont fui leur ville à la mi-octobre, au lendemain d'un assaut de la Seleka qui a fait des dizaines de victimes.

 

«Il n'y a plus de nourriture, mais la plupart des gens se cachent encore dans la brousse car Bossangoa est très loin d'ici, et les routes ne sont pas sûres.»

 

Depuis l'indépendance avec la France (1960), la quasi-totalité des transitions politiques de la RCA ont été entachées de violence, et les responsables ont rarement été traduits en justice. Les récents événements ne font pas exception à la règle. La Seleka est une coalition de trois factions rebelles,  qui ont combattu chacune séparément le gouvernement central pendant plusieurs années. Elle a été créée à la fin 2012 en réaction à deux échecs du président François Bozizé.

 

Ce dernier n'est en effet pas parvenu à assurer le développement du nord du pays, région marginalisée où la sécurité et les services sociaux sont presque entièrement absents, contrairement à ses promesses. Il n'a par ailleurs pas fait le nécessaire pour organiser des accords de paix visant à organiser le partage le pouvoir.  En mars dernier, après une offensive de plusieurs mois, la Seleka a pris le contrôle de Bangui –la capitale de la RCA– et a renversé Bozizé.

 

La quasi-totalité des chefs et des combattants de la Seleka appartiennent à la petite communauté musulmane de la RCA, une communauté victime de discrimination de la part des leaders de la majorité chrétienne. De nombreux membres de la Seleka ne seraient pas citoyens de RCA, mais viendraient du Soudan et du Tchad.

 

Le nouveau président autoproclamé, Michel Djotodia, ancien leader de la Seleka, a exigé la dissolution des forces rebelles, mais elles continuent de régner par les armes, notamment dans le nord du pays.

 

Des victimes, des victimes, encore des victimes

 

La colère générée par les actions de la Seleka a donné naissance à un mouvement de résistance armée particulièrement brutal au cœur de la communauté chrétienne, un phénomène qui n'a fait qu'empirer la situation. En septembre dernier, une attaque contre les musulmans a fait des centaines de morts dans la région d'Ouham.

 

Une musulmane raconte ce que lui a dit l'un des combattants chrétiens:

 

«Les musulmans ont renversé le président Bozizé, et aucun musulman ne pourra vivre en sécurité tant que [la] Seleka restera en place.»

 

Lors d'un autre massacre de musulmans, le même mois, un chef de milice a déclaré aux villageois qu'il venait de faire prisonniers:

 

«Nous tuerons tous les musulmans, et nous tuerons tout votre bétail.»

 

Peu après, ses hommes ont coupé la gorge d'un homme et fait feu sur les autres –quatre victimes de plus. 

 

Si rien n'est entrepris, la RCA pourrait bientôt s'enliser dans un grave conflit religieux intercommunautaire –et les bains de sang à venir seront bien plus importants que ceux que nous observons aujourd'hui.

 

Au début du mois de novembre, les Nations unies ont mis en garde la communauté internationale: selon elles, le conflit actuel pourrait se transformer en génocide. Et selon les témoignages des survivants et des témoins des actes de violence, l'ampleur du bilan humain s'avère déjà particulièrement choquante.

 

Nicole Faraganda, 34 ans, a donné naissance à une petite fille le 9 octobre dans le village de Wikamo (région d'Ouham). Le lendemain, quatre véhicules ont déferlé sur sa hutte; à leur bord, des combattants de la Seleka ont fait feu sur les habitants (qui prenaient la fuite). Nicole se remettait encore de son accouchement et s'est donc montrée plus lente que les autres villageois.

 

Il a essayé de se cacher, mais ils l'ont trouvé et abattu

 

Les combattants l'ont abattue, ainsi que son voisin Samuel Denamjora, un garçon âgé de 12 ans. Ils sont sortis de leurs véhicules et ont pillé l'école et l'hôpital du village, brûlant l'ensemble des huttes au toit de chaume.

 

Ils se sont alors dirigés vers le bourg d'Ouham Bac, où ils ont abattu neuf civils. Trois autres sont morts noyés après avoir sauté dans une rivière à courant très rapide pour échapper aux tireurs. L'une des victimes, Gaston Sanbogai (22 ans), était aveugle; ses voisins l'avaient abandonné en prenant la fuite. Il a essayé de se cacher dans les buissons non loin de sa maison, mais les combattants de la Seleka l'ont trouvé, l'ont tiré de sa cachette puis l'ont abattu.

 

Dans le bourg de Ndjo, qui est grand mais aujourd'hui presque désert, nous avons demandé aux quelques villageois que nous avons pu trouver de nous montrer leurs cachettes dans la brousse. Nous avons traversé une rivière –l'eau nous arrivait jusqu'à la taille– et parcouru des pistes étroites, quatre kilomètres durant.

 

Dans le premier abri en appentis, nous avons trouvé Rafael Newane, le chef du village de Ndjo, un homme plein de dignité au visage creusé par le chagrin. Il nous a montré les tombes de deux de ses petits-enfants, Frediane Mobene, neuf mois, et Oreli Newane, six mois. Le paludisme les a emportés quelques semaines plus tôt, à trois jours d'intervalle. Ils ne disposaient d'aucun traitement.

 

Au second abri, nous avons rencontré Placide Yamini, le médecin de Ndjo. Il venait d'enterrer sa sœur, morte du paludisme 48 heures plus tôt. Il nous a expliqué que la maladie emportait quatre ou cinq villageois déplacés par semaine. En dépit de sa formation médicale, il est incapable de venir en aide à la plupart des malades: les combattants de la Seleka ont pillé l'hôpital et la pharmacie de la ville le 16 septembre.

 

Yamini n'a plus de médicaments. Il nous a montré sa petite trousse médicale, qui ne contenait qu'un pansement et quelques instruments chirurgicaux. Puis il nous a expliqué que les choses en étaient là depuis que la Seleka avait pris le pouvoir. «Ici, nous vivons et nous mourons comme des animaux», a-t-il ajouté, parvenant à peine à contenir sa colère.

 

Ceux qui ont réussi à atteindre Bossangoa vivent dans des conditions désespérées: autour de l'église catholique de la ville, chaque structure (le séminaire, la maison d'hôte, l'école, la bibliothèque, les salles de stockage, le terrain de football et les champs alentour), chaque centimètre carré est occupé par les réfugiés, tous chrétiens. Le camp est surpeuplé, le brouhaha est incessant et les fumées de cuisson sont omniprésentes; il est donc difficile de se frayer un chemin entre les petites tentes, à peine assez grandes pour deux personnes –mais qui abritent des familles entières. Nous avons dû faire appel à des guides locaux pour ne pas nous perdre.

 

Une ville refuge

 

A deux pas d'ici, des centaines de déplacés musulmans ont trouvé refuge dans l'école de la ville. Cette séparation, et la présence de combattants de la Seleka à Bossangoa –sous le commandement d'un homme qui se fait appeler le général Yaya et ne parle qu'en arabe– nous rappelle que même si la ville est un lieu de refuge pour les villageois qui n'ont nulle part où aller, les lieux ne sont pas complètement sûrs. 

 

Un jour, alors que nous marchions au cœur du camp de l'église, un garçon chrétien est venu chercher le prêtre en courant pour lui dire que son oncle venait d'être abattu par des combattants de la Seleka à un poste de contrôle, non loin de là. Lorsque nous sommes allés enquêter sur place, nous avons trouvé l'oncle en vie, mais roué de coups.

 

Il avait pénétré dans le quartier musulman pour y chercher du bétail égaré. Une réfugiée musulmane s'est mise à lui crier dessus, et a demandé aux combattants de la Seleka de le tuer, accusant ses parents de lutter contre la coalition. Les hommes en armes l'ont battu à coups de crosses, puis ont sorti un couteau pour l'égorger. Il s'est débattu et a réussi à prendre la fuite. Les combattants ont fait feu, mais l'ont manqué.

 

L'agriculture est devenue une activité des plus dangereuses pour les civils assiégés de Bossangoa. Des fermiers tombent sous les balles presque quotidiennement; les combattants –et des éleveurs bovins– les prennent pour cible. Pourtant, nombre d'entre eux prennent des risques démesurés pour aller chercher dans leurs champs de quoi se nourrir.

Le 24 octobre, Rhierry Demokossai, 40 ans, père de cinq enfants, travaillait dans son champ de manioc en compagnie de plusieurs voisins. Quatre combattants de la Seleka se sont approchés du groupe, à pied. Sa veuve raconte qu'ils lui ont tiré une balle dans la tête et qu'ils ont abattu deux de ses voisins. Les victimes n'avaient fait aucune provocation.  

 

La Seleka a commis ce type d'exaction pendant plusieurs mois, puis les communautés à forte majorité chrétienne ont commencé à organiser une riposte armée. Bozizé, le président déchu, avait mis en place des forces locales d'auto-défense pour lutter contre une vague de criminalité (des gangs de voleurs, les «coupeurs de route*», sévissaient alors).

 

Seleka vs. anti-balaka

 

Aujourd'hui, ces milices, surnommées «anti-balaka» (balaka signifie machette en sango) combattent la Seleka. Ses membres sont armés d'armes de chasse, de couteaux et d'épées de fabrication artisanale. Ils se parent de fétiches colorés sensés les protéger des balles.

 

Nous avons rencontré l'un des chefs des forces anti-balaka dans la région d'Ouham. Il nous a tenu ces propos:

 

«Les anti-balaka sont exclusivement chrétiens, et notre but est de libérer la population chrétienne du joug des musulmans. Nous ne sommes pas un groupe rebelle, nous voulons simplement combattre la Seleka et protéger la population de leurs agissements. Nous sommes la jeunesse, organisée par nos propres soins avec l'auto-défense comme seul but.»

 

Fait inquiétant, les anti-balaka ne se contentent pas de viser la Seleka: ils ont déjà dévasté plusieurs communautés musulmanes.

 

Le 6 septembre, au petit matin, les forces anti-balaka se sont alliées à des soldats loyaux à Bozizé pour mener une série d'attaques-surprise brutales et quasi-simultanée contre des bases de la Seleka et des communautés musulmanes dans plusieurs villages aux alentours de Bossangoa, faisant des dizaines de victimes. Les assaillants visaient les musulmans de sexe masculin, quel que soit leur âge. Tala Astita, 55 ans, était dans la ville de Zere pendant l'assaut du quartier musulman, qui a commencé à cinq heures du matin.

 

Des combattants armés d'AK-47 ont fait irruption chez elle et ont ordonné à son mari, Bouba Gai, et à son fils de 13 ans, Halidou Bouba, de s'allonger avant de les tuer à coups de machettes. Les assaillants ont mis le feu à leur maison et ont jeté les deux corps dans les flammes. D'autres musulmans ont connu le même sort.

 

Les musulmans de sexe masculin, quel que soit leur âge

 

Astita a échappé à la mort en parvenant à convaincre les assassins qu'elle était chrétienne. Elle s'est cachée pendant plusieurs semaines dans la brousse, et a déguisé en fille son fils de 3 ans, lui mettant des boucles d'oreille pour le sauver. Sa fille de 14 ans, Kande Bouba, l'autre femme de son mari et la fille de cette dernière (qui a 4 ans) ont été capturées par les anti-balaka pendant l'assaut et n'ont toujours pas été retrouvées. 

 

Au même moment, les forces anti-balaka ont pris d'assaut des dizaines d'élevages musulmans de bétail. Elles ont fait plusieurs victimes et volé des milliers de bêtes. Les Mbororo, musulmans nomades, ont été traités avec une brutalité toute particulière: les fermiers chrétiens les détestent depuis bien longtemps (le bétail des nomades traverse souvent leurs champs et détruit leurs récoltes).

 

Les tensions entre chrétiens sédentaires et musulmans nomades montrent que le contrôle de la terre ajoute une dimension de plus à la violence qui fait rage en RCA; une situation similaire à celle qui prévalait au Darfour.

 

Aishatu Isa, une Mbororo d'une quarantaine d'années, était dans un élevage près de la ville de Ber Zemba lorsque des combattants ont attaqué aux environs de midi. Ils les ont encerclé et lui ont arraché son fils de 3 ans, Khalidou Ngadjo. Tous les hommes et les garçons du camp ont été capturés. Les assaillants ont tranché la gorge du jeune garçon, puis ont fait subir le même sort à Bouba Keriyo, 10 ans, et Tahirou, 14 ans. Ils ont également égorgé l'un des adultes, Yaya Douka.

 

Ils ont laissé les femmes s'enfuir après les avoir forcées à assister aux exécutions –mais en prenant la fuite, elles ont entendu les combattants débattre de leur sort, certains d'entre eux arguant qu'il aurait été préférable de les abattre.

 

Face aux attaques des anti-balakas, les combattants de la Seleka ont lancé des opérations de représailles contre des communautés chrétiennes. Ce cycle vicieux de violence interreligieuse va s'intensifiant et menace de se transformer en guerre ouverte entre chrétiens et musulmans.

 

Cycle vicieux

 

Pour l'heure, la communauté internationale n'est quasiment pas intervenue. Une force militaire africaine de taille restreinte, la Fomac, reste généralement cantonnée dans ses bases et se plie souvent à l'autorité de la Seleka. Ses membres ne viennent donc que rarement en aide aux civils, et se contentent généralement de leur vendre de la bière dans leur camp de Bossangoa —un commerce florissant.

 

Il faudrait faire intervenir une force de maintien de la paix plus importante, comme la brigade d'intervention récemment déployée par les Nations unies dans un pays voisin (la République démocratique du Congo).

 

Il est également nécessaire de protéger les organisations humanitaires, qui ont été prises pour cibles par la Seleka, pour leur permettre de venir en aide à la population, et ce sans entraves. L'essentiel de la nourriture, de l'eau et de l'assistance médicale destinée aux réfugiés ne leur est pas parvenu; dans bien des villages que nous avons visités, nous étions les premiers étrangers que les habitants rencontraient depuis que la Seleka a pris le pouvoir.

 

Lorsque nous avons rebroussé chemin après avoir sillonné la région d'Ouham, nous n'avons pas semé la panique, comme cela avait été le cas à notre arrivée: des villageois sont sortis de la brousse pour nous faire signe et nous crier:

 

«Merci!*»

 

Notre voiture n'abritait aucun casseur, aucun bourreau. Ceci suffisait à en faire une lueur d'espoir.

 

Le peuple centrafricain mérite mieux. Il mérite qu'on l'aide dès aujourd'hui. Il mérite qu'on lui rende justice demain. D'abord en punissant les responsables des exactions. Puis en brisant le cycle vicieux de la violence et de l'impunité, un cycle qui accable depuis bien trop longtemps la République centrafricaine.

 

Peter Bouckaert

Traduit par Jean-Clémen Nau

* En français dans le texte (NDT)

Lu pour vous : «Ici, en Centrafrique, nous vivons et nous mourons comme des animaux»

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:11

 

 

 

 

http://www.lejdd.fr   22 novembre 2013

 

Une action prochaine de la France en République centrafricaine est de plus en plus probable. "L'ONU va donner une permission d'intervenir aux forces africaines, à l'Union africaine et également à la France", a affirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

 

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a dessiné jeudi sur France 2 les contours de cette intervention. "L'ONU va donner une permission d'intervenir aux forces africaines, à l'Union africaine et également à la France", a affirmé le ministre des Affaires étrangères. Un projet de résolution doit être discuté à partir de lundi au Conseil de sécurité des Nations unies. "Ce ne sera pas du tout le même genre d'intervention qu'au Mali, ce ne sera pas aussi massif et aussi durable", a toutefois précisé Laurent Fabius. La France sera dans un rôle d'"appui", a-t-il insisté.

 

Vers une force de maintien de la paix

 

En Centrafrique, Paris peut s'appuyer sur 420 soldats français, qui contrôlent l'aéroport international de Bangui. Un chiffre amené à augmenter, selon François Hollande. L'armée française aurait également "pré-positionné des troupes dans différents pays de la région en vue d’une intervention", qui pourrait avoir lieu dès le mois de décembre, affirme cette semaine Le Nouvel Observateur. "Les militaires peuvent très facilement se retrouver au nombre de 1.200 à 1.500", explique pour leJDD.fr Roland Marchal, spécialiste de la Centrafrique au CNRS. Les soldats français devraient agir de concert avec la force africaine, qui sera transformée en décembre en Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca, supervisée par l'Union africaine), portant normalement son effectif total à 3.500 soldats.

 

La Misca pourrait à son tour se muer en opération de maintien de la paix sous contrôle direct de l'ONU. Dans un rapport remis cette semaine au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon préconise même, parmi plusieurs options, l'envoi au plus vite de "6.000 Casques bleus" supplémentaires. Un rapport de force qui pourrait faire rapidement la différence face aux groupes armés encore actifs dans le pays, selon Roland Marchal. "Ces groupes issus de la Séléka ne sont pas très organisés ni bien équipés, et ne représentent pas grand-chose d'un point du vue militaire. Ce ne serait pas un défi énorme pour un pays comme la France", explique le chercheur. "Mais la question porte davantage sur la dimension sécuritaire, notamment sur les moyens de combattre le grand banditisme qui règne jusque dans la capitale", prévient-il toutefois.

 

Opération "plus compliquée" qu'au Mali?

 

La crise centrafricaine est en effet loin de ressembler à celle du Mali en janvier dernier, lorsque des groupes djihadistes progressaient vers la capitale pour renverser le pouvoir. "Une situation comme celle de la Centrafrique où les cibles ne sont pas clairement identifiées, où les gens ne portent pas d’uniforme, et où l’adversaire ne se saisit pas de territoires s’assimile à un vrai guêpier", prévient vendredi sur France 24 le général Vincent Desportes, professeur à Sciences Po et spécialiste des affaires militaires. "Il ne s’agit pas de reconquête mais de rétablissement et de stabilisation de l’ordre - une opération plus délicate et plus compliquée que Serval".

 

Les objectifs de la mission de l'ONU soulèvent encore plusieurs questions. Soutiendra-t-elle le pouvoir de transition dirigé par Michel Djotodia, à l'origine du coup d'Etat en mars dernier, en réclamant simplement l'organisation de nouvelles élections prévues en 2015? "Le vrai problème réside dans l'après intervention. De façon un peu naïve, les Français ont l'air de penser qu'il suffira de sécuriser le pays pour que l'appareil d'Etat se reconstitue", explique Roland Marchal. Or, un retour à l'ordre constitutionnel en Centrafrique, ex-colonie française qui a connu dans son histoire de multiples coups d'Etat et est régulièrement exposée aux crises de ses voisins, s'annonce long et difficile.

 

Arnaud Focraud - leJDD.fr

Lu pour vous : Quelle intervention française en Centrafrique?

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 13:41

 

 

 

 

 

 

19 novembre 2013

 

Je crois qu’il faut dire et redire les choses simplement, directement et d’emblée, d’autant que ce n’est pas la première fois que je m’exprime sur ce sujet : la France ne transigera pas sur la protection des droits de l’Homme.

 

La France, comme la communauté internationale, prend toutes ses responsabilités : elle se place délibérément au côté de tous ceux qui, avec détermination, volonté et, il faut bien le dire, avec courage, élèvent la voix et, où qu’ils se trouvent, agissent pour la sauvegarde et la protection des droits de la personne. A cet engagement, à ce message qu’elle porte partout dans le monde, la France a voulu donner une résonnance particulière :

 

D’une part, en relançant, avec d’autres partenaires notamment africains, le mouvement pour l’abolition universelle de la peine de mort sous l’impulsion de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères. Un chantier a été ouvert dans ce but, l’an dernier en RCA avec un écho favorable : il faut le poursuivre et le mener jusqu’à son terme.

 

D’autre part, en présentant sa candidature au comité des droits de l’Homme auquel elle a été élue le 12 novembre dernier. Elle y siègera pour 3 ans à dater du 1er janvier 2014.

 

Au sein de ce comité, la France œuvrera pour qu’il réagisse de manière forte à toutes les violations des droits de l’Homme, à toutes les formes de discriminations, de répression fondées sur les orientations sexuelles, à toutes les atteintes à la dignité et aux droits des femmes.

Elle apportera sa voix à toutes les luttes contre l’enrôlement des enfants dans des bandes armées.

 

Cette action se manifeste aussi par des actions concrètes comme celle qui nous vaut de nous réunir ici aujourd’hui. La France apporte son aide matérielle au réseau des ONG de promotion et de défense des droits de l’Homme, qui regroupe les 10 principales structures qui agissent en RCA.

 

Ce réseau doit renforcer sa capacité d’action pour accroître son efficacité. En l’aidant à régler les détails matériels qui ont une énorme importance dans la vie d’une organisation, la France n’entend pas faire autre chose que de donner des moyens de travailler, sans s’immiscer dans la stratégie du réseau.

 

Travailler pour les droits de l’Homme c’est avoir une action de terrain et c’est aussi échanger avec le monde, notamment par la voie des nouvelles technologies de l’information ou lors des colloques internationaux. C’est à ce manque de moyens présenté par le réseau que la France a voulu répondre.

 

Dans la grande maison du respect des droits et des libertés, il y a de la place pour tous. Il y a le réseau mais il y a aussi d’autres organisations qui viennent tout naturellement appuyer et démultiplier son action.

 

Le forum des femmes francophones que parraine l’ambassade de France est une de ces organisations. Je voudrais à cet égard saluer l’action de toutes les associations de femmes qui préparent en ce moment la journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le 25 novembre prochain.

 

Je n’oublie pas non plus le réseau des journalistes des droits de l’Homme et les dignitaires religieux auteurs de la « plate-forme des confessions religieuses en Centrafrique » auxquels l’ambassade de France apporte aussi son soutien.

 

Toutes ces initiatives se conjuguent dans un élan commun pour agir en faveur de tous ceux qui souffrent, mal traités, les victimes de l’arbitraire, de traitements dégradants ou infamants, bref à tout ce qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine et aux droits que les conventions internationales lui reconnaissent.

 

Ce combat à une signification particulière dans ce pays en ce moment. Les droits de centaines de femmes, d’hommes et d’enfants font l’objet d’atteintes inacceptables par des barbares. Toutes les exactions, les crimes perpétrés de toutes parts dans le pays sont condamnables et je les condamne avec force. Comme je condamne avec force l’assassinat de M. Modeste Martineau Bria.

 

L’état de droit qui fonde l’action des forces de l’ordre et de la justice est le fondement même de la vie sociale. Il est le socle de la démocratie.

 

Avec le soutien de la communauté internationale tout entière, de la France, toutes les ONG des droits de l’Homme doivent agir sans peur pour que la période que vit le peuple centrafricain, dans le cadre de cette transition, débouche sur des élections démocratiques et transparentes au, fondant un nouvel élan vers le développement.

 

A cet égard il faut sans doute, comme vous l’avez dit M. le coordonnateur, que la communauté internationale posent des actes, mais il faut aussi que les associations centrafricaines posent elles-aussi des actes.

 

Ce résultat pour lequel nous travaillons tous sera aussi en grande partie votre œuvre.

Discours de l’ambassadeur, haut représentant  de la republique française  à l’occasion de l’inauguration de la plate-forme  des ONG de promotion et de défense des droits de l’Homme

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 13:27

 

 

 

 

 

 

Bangui, 22 Nov (ACAP) – Le Chef de l’Etat de la transition, Michel Djotodia Am Nondroko a annoncé le remaniement partiel du Gouvernement d’Union Nationale, au mois de décembre prochain en vue de répondre aux attentes du peuple centrafricain, lors de sa rencontre avec les leaders des partis politiques jeudi 21 novembre 2013 à Bangui.

 

L’objectif de cette rencontre est réfléchir sur la gestion de la transition consensuelle, la montée de l’insécurité et la mise en place de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), afin de trouver une solution adéquate. 

  
Dans le but d’apaiser l’exaspération du peuple centrafricain relatif aux assassinats et meurtres perpétrés par les éléments incontrôlés des ex-sélékas, le Président Michel Djotodia Am Nondroko a également annoncé la dissolution immédiate du Comité Extraordinaire de la Défense des Acquis Démocratiques (CEDAD).

   
Le Président de la Transition, Michel Djotodia Am Nondrko, a émis le vœu de la mise en place du Comité Auto-défense dans les huit Arrondissements de Bangui, en vue de pallier à la recrudescence des violences dans la ville de Bangui. 

  
Le Chef de l’Etat de la transition, Michel Djotodia Am Nondroko a informé ses interlocuteurs que ni les Forces Armées centrafricaines (FACA), ni les ex-séléka ne feront pas partie intégrantes de l’équipe du désarmement qui sera composée essentiellement des forces de la Mission Internationale du Soutien en Centrafrique (MISCA). 
  
Le Président Djotodida Am Nondroko a annoncé que le recrutement prochain des Forces Armées centrafricaines (FACA) tiendra compte des composantes ethniques de la République Centrafricaine. 

Le Chef de l’Etat de la transition, Michel Djotodia Am Nondrko annonce le remaniement partiel du Gouvernement d’Union Nationale en décembre prochain

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 13:21

 

 

 

 

 

 

BBC Afrique 22 novembre, 2013 - 09:30 GMT

 

On ne peut pas parler de pré-génocide en Centrafrique, c'est ce qu'a déclaré Alexandre Ferdinand Nguendet, le président du Conseil de Transition qui fait office de Parlement.

 

Il répond ainsi aux propos de certains responsables américains et français qui ont qualifié de pré-génocide la situation dans le pays.

 

Tout comme l'ONU, le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la Centrafrique est «au bord du génocide» car le pays est en proie à des violences intercommunautaires et interreligieuses.

 

Des groupes "d'auto-défense" et des ex-rebelles Séléka s’affrontent régulièrement depuis la chute du président François Bozizé il y a huit mois.

 

Il avait été renversé par une rébellion menée par l'actuel président de la transition, Michel Djotodia.

 

L'ONU de son côté s'apprête à autoriser une intervention conduite par des troupes africaines et des soldats français, dans une résolution qui sera votée début décembre.

 

Les États-Unis ont également sonné l'alarme.

 

Leur ambassadeur auprès de l'ONU, Samantha Power, a appelé la communauté internationale à "imposer des sanctions aux auteurs de violences".

 

Evoquant cette situation de "pré-génocide", un responsable américain s'était déjà inquiété du sort du pays devant une commission du Congrès tout en précisant que les Etats-Unis ne soutiendraient pas la création d'une mission de maintien de la paix de l'ONU.

 

Cependant, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a annoncé le versement de 40 millions de dollars d'aide à la force militaire menée par l'Union africaine en Centrafrique.

 

La France de son côté a envoyé une délégation de diplomates qui entame ce vendredi par Bangui, la capitale, une tournée pour évoquer la situation en Centrafrique.

 

Pour les mêmes raisons, la délégation se rendra aussi à Addis-Abéba au siège de l'Union africaine et dans d'autres pays d'Afrique centrale.

 

D'autre part le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian va en visite à Libreville, au Gabon, pour s'entretenir de la crise centrafricaine avec les autorités gabonaises.

"Pas de pré-génocide en Centrafrique" (Alexandre Ferdinand Nguendet)

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