Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 23:06
New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain

LU POUR VOUS

 

New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain

https://www.lesiteinfo.com/ mercredi 22 septembre 2021 - 20:15

L’ambassadeur Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, en sa qualité de président de la Configuration République Centrafricaine (RCA) de la Commission de la Consolidation de la Paix de l’ONU, a été reçu en audience par le président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, en marge de sa participation à la semaine de Haut niveau de la 76ème session de l’Assemblée générale.

Le président centrafricain a chargé l’ambassadeur Hilale de transmettre ses vifs remerciements au roi Mohammed VI, pour sa Haute sollicitude et le soutien constant et multiformes du Royaume en faveur de son pays.

Le président Touadera a tenu à rendre hommage au contingent marocain au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), qui a payé un lourd tribut en assurant avec beaucoup de courage sa noble mission de protection des populations civiles et des acteurs humanitaires internationaux en RCA.

Il a informé exhaustivement l’ambassadeur Hilale, en sa qualité de président de la Configuration, des efforts qu’il a engagés, depuis sa réélection pour un second mandat à la magistrature suprême de la RCA, notamment le renforcement de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, le désarmement, la démobilisation, la réconciliation et la réintégration (DDRR), ainsi que la consécration et le renforcement de l’Etat de droit.

Cette audience s’est tenue en présence de Obed Namsio, ministre d’Etat et Directeur de Cabinet du Président de la République, Sylvie Baipo Témon, Ministre des Affaires étrangères, et de l’Ambassadeur de la République Centrafricaine à Washington, Martial Ndoubou.

 

L’ambassadeur Hilale reçu en audience par le président de la République Centrafricaine

https://www.mapexpress.ma/ mercredi, 22 septembre, 2021 à 20:44

Nations Unies (New York) – L’ambassadeur Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, en sa qualité de président de la Configuration République Centrafricaine (RCA) de la Commission de la Consolidation de la Paix de l’ONU, a été reçu en audience par le président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, en marge de sa participation à la semaine de Haut niveau de la 76ème session de l’Assemblée générale.

Le président centrafricain a chargé l’ambassadeur Hilale de transmettre ses vifs remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour Sa Haute sollicitude et le soutien constant et multiformes du Royaume en faveur de son pays.

M. Touadera a tenu à rendre hommage au contingent marocain au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), qui a payé un lourd tribut en assurant avec beaucoup de courage sa noble mission de protection des populations civiles et des acteurs humanitaires internationaux en RCA.

Il a informé exhaustivement M. Hilale, en sa qualité de président de la Configuration, des efforts qu’il a engagés, depuis sa réélection pour un second mandat à la magistrature suprême de la RCA, notamment le renforcement de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, le désarmement, la démobilisation, la réconciliation et la réintégration (DDRR), ainsi que la consécration et le renforcement de l’Etat de droit.

Pour sa part, l’ambassadeur Hilale a salué le leadership du président centrafricain et lui a réitéré le plein soutien du Maroc pour la concrétisation des priorités de la RCA, particulièrement l’organisation des élections locales et la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR-RCA).

Il a, également, réaffirmé son engagement, en tant que président de la Configuration, à poursuivre son action de mobilisation des partenaires – aussi bien les Nations Unies, que les organisations régionales, les bailleurs de fonds et les Institutions financières internationales – en vue d’assurer à la République Centrafricaine tout le soutien dont elle a besoin pour sa sortie de crise, la consolidation de la paix et le développement socio-économique.

Enfin, M. Touadera a invité l’ambassadeur Hilale à effectuer une visite en République Centrafricaine, en sa qualité de Président de la Configuration, en vue d’assister au lancement du Dialogue Républicain, prévu à la fin de cette année, étape cruciale pour la réconciliation et la reconstruction de la RCA.

Cette audience s’est tenue en présence de M. Obed Namsio, ministre d’Etat et Directeur de Cabinet du Président de la République, Mme Sylvie Baipo Témon, Ministre des Affaires étrangères, et de l’Ambassadeur de la République Centrafricaine à Washington, M. Martial Ndoubou.

 

LE PRESIDENT TOUADERA A REÇU EN AUDIENCE L’AMBASSADEUR OMAR ILAL, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX EN CENTRAFRIQUE

New-York le 22 septembre 2021_ Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a reçu aujourd’hui au Trump International Hôtel à 10, l’Ambassadeur marocain Omar HILAL, Président de la Commission de Consolidation de la Paix en Centrafrique auprès des Nations-Unies.

La tenue et la sécurisation des élections locales prévues au premier trimestre de l’an 2022, le retour définitif de la paix, la réconciliation et la cohésion sociale étaient au menu de cette audience.

Afin de consolider la paix dans son pays, et donner un dividende aux centrafricains qui avaient bravé les forces du mal en allant massivement aux urnes lors des dernières élections présidentielle et législatives, le Président TOUADERA sollicite le plaidoyer de l’Ambassadeur HILAL à tous les pays membres de sa configuration en vue d’appuyer ce dernier processus électoral qui permettra à la RCA de marquer son encrage démocratique.

Conscient qu’une campagne de désinformation est faite à dessein depuis quelques temps pour ternir l’image de son pays et occulter le retour progressif de la paix qui est fortement apprécié par ses concitoyens, le Chef de l’Etat centrafricain a demandé à l’Ambassadeur HILAL qui connait bien la RCA de plaider pour une remobilisation des grandes nations du monde pour sa cause.

En prenant la parole, l’Ambassadeur HILAL a félicité le Président TOUADERA pour sa brillante réélection à la Présidentielle de décembre 2021 et pour son leadership engagé qui ont abouti au maintien en places des institutions centrafricaines.

Tout en lui souhaitant les vœux pour la réussite de son second mandat, l’Ambassadeur a rappelé au Président de la République, la publication d’un communiqué que sa commission a faite suite à la tentative de la déstabilisation du pays par les forces de mal. « Vous aviez réussi à faire échec aux tentatives des groupes armés, vous êtes les autorités légitimes, vous aviez intégré les groupes armés dans le processus démocratique de votre pays, mais ils ont préféré retourner les armes contre vous, vous avez une obligation de défendre votre pays, assumez cette responsabilité, car le contraire aurait été fatal pour vous et votre peuple. J’ai été impressionné par le devoir civique des centrafricains qui n’ont pas suivi les mots d’ordre de ces forces du mal ».

Enfin, l’Ambassadeur Omar HILAL a promis au Président TOUADERA de faire des plaidoyers en faveur du retour de la paix en Centrafrique et du financement des élections locales qui incarnent pour lui, la démocratie de la proximité.

Le peuple centrafricain qui est résilient a besoin de participer à l’édification de ses communes, c’est pour cela qu’il s’est levé sous les balles pour aller voter son Président et ses députés. La RCA vit dans la stabilité depuis des décennies, tous les malheurs sont tombés sur ce pays qui se relève, les rebelles ont failli. Place maintenant au relèvement car il y a un temps pour faire la guerre. Les centrafricains veulent les hôpitaux, les écoles, du travail, des routes, telles sont les motivations qui ont amené le Président TOUADERA à solliciter le plaidoyer des Nations Unies en faveur de son pays.

Source : La Renaissance

New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain
New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 22:51
Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »
Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »

Lu pour vous

 

Les percepteurs de Nola | Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »

ZAM-net Foundation
Tussen de Bogen 66, 1013 JB Amsterdam
+31(0)20-531 8497
info@zammagazine.com

Zammagazine.com Par Fiacre Salabé 18 août 2021

L'hôtel de Nola, construit par la municipalité avec les fonds des entreprises forestières. Image © Fiacre Salabé

Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d'hôpitaux, d'écoles, de bâtiments de marché et de nouvelles routes reliant les zones rurales à la ville. Entre 2015 et 2020, la municipalité a reçu bien plus de 726 millions de FCFA, soit 1,3 million de dollars US d'une seule entreprise. Mais la population locale n'a vu aucun résultat.

L'histoire est la même dans d'autres parties de la RCA. Le bois, qui représente la moitié des recettes d'exportation de la RCA, offre aux élites politiques du pays des opportunités élaborées de les détourner vers leurs propres poches. Quelle est la voie à suivre lorsque les grandes sociétés extractives internationales paient leurs impôts, mais qu'un État kleptocratique continue de siphonner ces fonds ?

« Les tensions sociales vont continuer à monter et les gens pourraient bien se retourner contre les autorités. » Une enquête sur l’héritage pervers d’un système « concessionnaire ».

Diamants, or, bois et rébellions armées

Chaque fois que la République centrafricaine (RCA en abrégé) fait l'actualité, c'est invariablement pour toutes les mauvaises raisons. Le souverain mégalomane Jean-Bédel Bokassa, installé par la France en 1965, s'est couronné empereur douze ans plus tard lors d'une cérémonie qui a coûté la totalité du budget national annuel du pays. Après l'éviction de Bokassa en 1979, également par la France - qui a envoyé des troupes pour le faire plier -, le pays a pansé ses plaies jusqu'à des élections plus ou moins démocratiques en 1993. Depuis, coups d'État, contre-coups d'État, troubles et rébellions armées rythment la vie d'ici. , culminant dans les raids horriblement destructeurs des gangs armés opposés (les tristement célèbres Séléka et Anti-Balaka) qui ont dévasté la vie de bon nombre des cinq millions d'habitants du pays. Une élection présidentielle de 2015-16 a rétabli un semblant de normalité dans la capitale, Bangui, mais l'insécurité reste omniprésente dans de nombreuses régions du pays, malgré la présence d'une (encore) mission de maintien de la paix de l'ONU et de mercenaires russes.

Les diamants ont été la marchandise la plus connue de RCA, ne serait-ce qu'à cause du légendaire colis de diamants que l'ancienne présidente française Valérie Giscard d'Estaing a reçu de l'empereur Bokassa. L'extraction de l'or se produit également dans diverses régions du pays. Mais le pilier de l'économie d'exportation de la RCA est le bois.

Nola, à 457 kilomètres de la capitale Bangui, est la principale localité de la préfecture densément boisée du sud de la Sangha-Mbaéré, frontalière du Cameroun et de la République démocratique du Congo (1). Deux grands fleuves, Kadeï et Mambéré, coupent la ville en trois parties. Si vous venez de Bangui par voie terrestre – une tâche difficile sur des routes non goudronnées – vous devez traverser la rivière pour vous rendre dans la partie de la ville qui abrite l'administration civile. Il est censé y avoir un ferry, mais la plupart du temps, vous constaterez qu'un bateau en bois ouvert (appelé «pirogue») vous attend. Il n'y a pas de ponts, même si le gouvernement central en avait promis un en 2018.

Se vendre

Nola manque également de routes goudronnées et d'électricité. Ceux qui peuvent se le permettre achètent des générateurs d'électricité coûteux, qui sont ensuite alimentés par du diesel relativement bon marché introduit en contrebande en ville depuis Kenzou, au Cameroun voisin. Ceux qui peuvent se le permettre, c'est-à-dire ceux qui vivront probablement dans l'une des maisons les plus chics de Nola, gagnent leur argent soit grâce à l'exploitation artisanale de l'or, soit en vendant le bois de la région.

Le dernier recensement, tenu en 2003, met la population de la commune à 85 000 ; il est susceptible d'être beaucoup plus aujourd'hui. La plupart des habitants de cette région vivent de la terre ou des rivières. L'agriculture et la pêche sont les activités principales, à côté de l'élevage et en utilisant tout ce qui peut être récolté dans les forêts : champignons, feuilles qui peuvent être utilisées pour la cuisine, chenilles comestibles qui se vendent à bon prix sur le marché. Certains habitants sont salariés des entreprises forestières (2) qui opèrent dans la zone et certains travaillent dans le secteur de l'exploitation aurifère. Ce dernier tombe carrément dans la catégorie artisanale; une seule mine semi-industrielle est exploitée par une entreprise chinoise.

En ce qui concerne les commodités, il n'y a pas grand-chose à dire. Les écoles et les hôpitaux, comme il en existe, sont en très mauvais état. Souvent, les cliniques ne peuvent offrir que les services les plus élémentaires parce qu'elles manquent à la fois de l'équipement et des médicaments pour faire autre chose. (Ne faites pas l'erreur d'avoir un accident à Nola.) Dans les écoles, les classes sont ingérablement grandes, avec jusqu'à quatre-vingts élèves entassés dans une pièce, parfois plus. Les marchés, par définition le principal échange économique dans des endroits comme ceux-ci, se déroulent en plein air, sans protection contre le soleil ou la pluie pour les vendeurs – pour la plupart des femmes – et leurs marchandises.

Il y avait un financement pour le marché.

Pourtant, il y avait du financement pour un bâtiment approprié pour le marché. Et pour un certain nombre d'écoles, de cliniques et de routes, qui devaient toutes être construites par la municipalité de Nola, avec un budget suffisant pour le faire.

Timberland

La société Timberland, relativement nouvelle venue sur la scène centrafricaine, a été créée en 2015 et est un acteur de premier plan dans la région de Nola depuis cinq ans. Sa concession est vaste : 228 836 hectares, selon le plan de gestion forestière de l'entreprise, vu par ZAM. Le plan indique que la "superficie utile" s'élève à 166 357 hectares, sur lesquels il peut couper des arbres pour l'exportation. Elle emploie près de trois cents travailleurs, la plupart à Nola et dans ses environs mais aussi sur ses concessions de Bilolo, à vingt-quatre kilomètres à l'ouest, et de Salo, à soixante-trois kilomètres au sud.

Le directeur général de Timberland est assez fier du bilan de l'entreprise. Augustin Agou, ancien membre du parlement du pays pour le premier arrondissement de la capitale Bangui, déclare que « (Timberland) a pu employer plusieurs femmes et jeunes dans chaque endroit où nous travaillons. Nous pensons qu’employer des femmes et des jeunes qui étaient auparavant sans travail contribue à une réduction du chômage (dans ces zones).’

L'entreprise veut également faire savoir qu'à la demande du chef du village, elle a construit une école dans le village de Komassa, et qu'elle a fait de même dans deux autres localités de la communauté de Nola, Mbiya et Monguiza. Remarquablement, ils ont financé ces écoles séparément, en plus de l'argent qu'ils ont également versé aux autorités municipales locales, dans le même but. C'est l'autorité municipale de Nola qui était en fait censée construire les écoles. Où est passé l'argent versé par Timberland à l'autorité municipale de Nola, est une question qui restera sans réponse.

On ne sait pas où est passé l'argent versé par Timberland.

Langage noble

Il existe un Code forestier, adopté en République centrafricaine en 2008. Le texte contient un langage noble, entre autres sur la conciliation de l'exploitation des produits forestiers avec les exigences liées à la conservation du patrimoine forestier et de la diversité biologique de la nation, et sur la protection de la forêts de manière à ce qu'elles puissent commencer à se régénérer une fois l'opération d'extraction terminée. La loi suit tous les traités et accords internationaux pertinents dont la République centrafricaine est signataire.

Le Code forestier prévoit également un plan de gestion forestière, qui nous indique la superficie sur laquelle une société d'exploitation forestière est autorisée à opérer et où se trouvent les limites de ces zones. Il stipule en outre les types précis d'arbres qu'une entreprise donnée est autorisée à abattre et à exporter. Une version du document remis à ZAM par le directeur général de Timberland, Augustin Agou, nous donne les noms locaux des arbres que la société est autorisée à exporter, avec leurs descriptions latines telles que Autranella Congolens et Pycanthus Angolensi.

Ce n'est pas tout ce qu'Agou montre à ZAM. Nous avons également un aperçu de leurs dossiers financiers, qui montrent que Timberland verse douze millions de FCFA par mois, soit plus de 21 000 $ US, à la municipalité de Ndola. Cela représente trente pour cent de tous les impôts et taxes que l'entreprise doit payer aux autorités ; le reste va au gouvernement national. Les autorités locales devraient utiliser leur part pour fournir des services de base, tels que des cliniques et des médicaments, de nouvelles écoles ou la restauration d'écoles existantes là où cela est nécessaire, la construction et la restauration de routes rurales, qui sont dans un état lamentable dans tout le pays, et la construction des bâtiments du marché. En cinq ans d'exploitation forestière entre 2015 et 2020, cela s'est traduit par le transfert d'un peu plus de 726,6 millions de FCFA ou 1,3 million de dollars US par le seul Timberland.

Un panneau routier et un marché inachevé

« Les autorités municipales ici à Nola reçoivent des centaines de millions des entreprises qui exploitent les forêts de notre région, mais nous ne savons jamais où vont ces fonds », explique Gatien Ngoma, président de l'association locale des jeunes de Nola. Ngoma ne cache pas son dégoût devant la mauvaise gestion de ces fonds. « Cette commune dispose d'un budget (annuel) d'environ quatre-vingts millions de FCFA (145 000 US$) et cent millions de FCFA (180 000 US$). Mais encore une fois, nous n'avons aucune idée à quoi sert réellement l'argent qu'ils collectent. Regardez l'état de cette ville ! » Il ajoute : « Il ne se passe jamais rien (pour améliorer le quartier). Même le personnel du bureau des maires a du mal à être payé à temps. Au moment où je vous parle maintenant, le paiement des salaires a été retardé. » Il prévient que « les tensions sociales continueront de monter » et que les gens pourraient bien « se retourner contre » les autorités locales.

En se promenant dans Nola, ce que dit Ngoma est clairement vrai. Aucun établissement de santé publique n'a été construit ou approvisionné, aucune école n'a été rénovée. Les trois seules choses qui ont été construites au cours des dernières années sont un panneau routier à une intersection à dix kilomètres de la ville (voir photo), un tout petit hôtel (voir photo) et une structure en plein air qui est censée devenir un marché couvert pour les vendeurs locaux, mais est inachevé. En calculant les coûts probables de ces structures, ZAM a constaté que le panneau routier et l'auberge (de seulement trois chambres) étaient fortement surévalués et surfacturés à quarante millions de FCFA (72 000 USD), ce qui fait suspecter un rembourrage pour les pots-de-vin pour les les responsables de la mise en service. Aucune trace du financement restant, alloué à la municipalité par Timberland, n'a pu être trouvée.

Les villageois réparent eux-mêmes les routes, facturant des redevances sur le trafic commercial.

Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois, qui, pour gagner de l'argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.

Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois, qui, pour gagner de l'argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.

L'histoire du gouvernement national, qui après tout reçoit soixante-dix pour cent des impôts et taxes payés par les sociétés forestières, ne diffère pas de ce qui se passe au niveau municipal. Le fait que les enseignants dans tout le pays sont mal formés ou pas du tout formés, qu'aucun médicament n'atteint même jamais les zones rurales et que les routes nationales sont tout aussi mauvaises que les routes régionales, pèsent carrément sur eux.

Un héritage perverti

Le gouvernement national de la RCA a historiquement été autorisé à négliger simplement toute zone (boisée ou non) en dehors de la capitale. Un ancien « système concessionnel », jadis introduit par la puissance coloniale française, sous-traitait littéralement l'exploitation des ressources présentes dans ces zones à des entreprises privées, en l'occurrence le bois. Les entreprises peuvent retirer ces ressources de la zone tant qu'elles paient des « taxes » aux autorités. Cette taxe est censée éduquer les enfants et soigner les malades, ainsi que financer la construction de routes, de marchés et d'autres infrastructures dans les lieux où travaillent les entreprises. Mais personne ne s'assure que les autorités locales le font réellement. C'est ce système qui a perverti l'État à tous les niveaux et transformé les autorités supposées gouvernant le pays en des organes qui absorbent simplement de l'argent, mais ne se sentent pas obligés de servir les citoyens.

La position de concession

Lorsque la France a colonisé la République centrafricaine, elle s'est lancée dans une gigantesque opération de démembrement d'actifs. Pour cela, il a fait deux choses : il a engagé des sociétés pour faire le démembrement des actifs pour le compte de la France et il s'est assuré que ces sociétés payaient le Trésor français pour le privilège. Cela a abouti à la création d'un système violent d'exploitation impitoyable, qu'il s'agisse de l'ivoire qui pouvait être obtenu avant que la chasse à l'échelle industrielle n'anéantisse la quasi-totalité de la population d'éléphants, ou des diamants et de l'or qui ont été découverts, ou de la culture du coton. introduit dans la première moitié du 20e siècle, ou s'emparer des abondantes ressources forestières du pays. Le « système de concession », comme on l'appelait, fonctionne jusqu'à ce jour ; seulement maintenant, au lieu de payer le Trésor français, les entreprises paient le gouvernement centrafricain « indépendant » et ses autorités locales. Pendant ce temps, tout comme au bon vieux temps de la colonie, l'élite politique locale qui habite ces structures, fait peu ou rien. Le système de concession a depuis été étendu aux zones non exploitantes, où des institutions extérieures au moins formellement « prennent soin » des citoyens centrafricains. Le maintien de la paix et les soins de santé sont deux de ces domaines, qui sont désormais principalement menés par les Nations Unies, des groupes de mercenaires étrangers et – dans le cas des soins de santé – par des ONG internationales.

Les donateurs autorisent le siphonnage ou détournent le regard.

Les acteurs étrangers en RCA participent à ce système. Les entreprises paient d'importantes sommes d'impôts et de prélèvements aux différents niveaux de l'administration, ce sur quoi les autorités continuent d'insister (en fait, on pourrait dire que les autorités centrafricaines voient leurs devoirs principalement en termes de collecte d'impôts : les observateurs qualifient régulièrement le gouvernement de -obsédé'). Dans le même temps, les entreprises s'engagent également dans ce que l'on pourrait appeler du travail social, souvent à la demande de dirigeants communautaires tels que les chefs de village, qui considèrent la présence d'entreprises comme Timberland comme le dernier recours pour accomplir un travail que leur propre gouvernement pas faire. Les organisations internationales de développement et les donateurs laissent détourner une partie des largesses qu'ils accordent au pays ou détournent le regard lorsque leurs « partenaires » locaux se servent eux-mêmes de ressources qui devraient profiter à la population.

Un comité papier

Remarquablement, le gouvernement national tente parfois de donner l'impression de gérer un service public. Une recherche de ZAM dans les archives du gouvernement de Bangui a mis au jour un arrêté interministériel (numéroté 009/MISCP/CAB), qui met en place un comité interministériel de neuf membres chargé d'approuver ou de rejeter les programmes prétendument financés par les taxes et prélèvements des sociétés forestières. Il est supervisé par le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique qui, sur le papier, délègue deux représentants au comité, tout comme le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche. Plus loin dans le comité siègent un représentant du ministère de l'Administration territoriale, deux des autorités locales (en l'occurrence Nola) et enfin deux des organisations locales travaillant dans la commune.

Selon l'arrêté interministériel, cette structure de poids lourds a pour mission d'évaluer les plans qui sont soumis à l'approbation des collectivités locales (en l'occurrence toujours Nola). Encore une fois, selon l'Ordre, le comité doit rédiger un rapport à la suite de chaque réunion, qui doit contenir des informations sur les programmes qui ont été approuvés. Il doit ensuite transmettre ces rapports au ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique.

Un « système mafieux »

À Nola, et ailleurs en dehors de la capitale Bangui, le manque de contrôle du gouvernement central n'est qu'un aspect d'une situation où les élites dirigeantes locales s'emparent simplement de l'argent apporté par les entreprises et les donateurs. Les citoyens ordinaires n'ont pas leur mot à dire sur ce que font ces autorités locales, puisque celles-ci ne sont même pas élues, mais nommées par le gouvernement central (3). En conséquence, les maires et conseillers locaux doivent se plier au pouvoir qui vient de leurs protecteurs et bienfaiteurs au niveau national, avec qui ils partagent les impôts et taxes payés par les entreprises étrangères.

Ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres veulent qu'ils fassent.

Un haut fonctionnaire du ministère des Eaux et Forêts l'a exprimé ainsi : « Tout d'abord, comme vous le savez, les maires ne sont pas élus par le peuple mais nommés. Alors, ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres, qui les ont mis en place, veulent qu'ils fassent. C'est pourquoi ces taxes et prélèvements ne sont pas utilisés comme prévu. Et cela ne s'applique pas seulement à Nola ; il y en a partout'.

Le responsable, qui a demandé à rester anonyme, a ajouté que les voix des populations locales sont tout simplement ignorées. « Savez-vous à quelle fréquence (ils) dénoncent ces réseaux frauduleux qui se financent avec l'argent des compagnies forestières ? Mais personne au niveau gouvernemental ne dit rien, et ces activités restent donc non autorisées. Tout le monde a sa part du gâteau et le système fonctionne de haut en bas. Les collectivités locales comme celle de Nola sont toujours couvertes par celles de Bangui'.

Et ainsi, les citoyens centrafricains sont obligés de rester debout et de regarder les arbres disparaître. Lors d'entretiens avec ZAM, les représentants de diverses associations de jeunes et de femmes de Nola ont tous confirmé qu'ils ne sont jamais consultés par leurs fonctionnaires locaux sur la manière dont se fait l'exploitation des forêts, et encore moins sur ce qu'il advient des revenus qui en découlent. Ils appuient tous l'idée d'un audit approfondi de ce qui entre et sort des caisses municipales, mais n'ont aucune idée si un tel audit aura lieu un jour.

Même le directeur général de Timberland, Augustin Agou, se retrouve impuissant. La question est : que peut-il faire, demande-t-il, visiblement bouleversé, lors de notre entretien. Il explique qu'il serait « tout seul » s'il commençait à dénoncer publiquement un « système mafieux » dont tout le monde sait qu'il existe, mais contre lequel il ne peut rien. Les élites de Bangui sont un petit groupe très soudé, qui resserrera très rapidement les rangs contre quiconque dénonce leurs manigances, dit-il. Dénoncer publiquement ces malversations le mettra, lui et son entreprise, dans une position désavantageuse vis-à-vis de la concurrence, peut-être moins scrupuleuse (4). Agou ne veut même pas envisager un scénario où son entreprise cesserait de payer ses impôts jusqu'à ce que le gouvernement autorise la transparence comptable. Ce sera tout simplement la fin du permis de Timberland, dit-il, puisqu'il s'agira d'une violation du Code forestier de 2008.

Les questions posées par ZAM aux bureaux du gouvernement local à Nola ont été accueillies par le silence.

Remarques

1. La RCA est subdivisée en seize préfectures, dont Sangha-Mbaéré, à peine plus petite que les Pays-Bas, couvre l'extrême sud-ouest du pays.

2. Les entreprises qui travaillent dans les forêts sont désignées dans le présent article soit par les entreprises forestières, soit par les entreprises d'exploitation forestière, soit par les entreprises du bois.

3. Lorsque la démocratie est arrivée en RCA en 1993 avec les toutes premières élections présidentielles et législatives ouvertes après trente-trois ans d'indépendance, il y avait un absent notable sur les listes électorales : les autorités locales.

4. Par exemple, un rapport de juillet 2015 de l'ONG londonienne chargée d'enquêter sur l'utilisation abusive des ressources a accusé la société libanaise SEFCA d'avoir payé des milices Séléka pour protéger leurs installations en 2013, après que certaines d'entre elles aient été pillées et vandalisées. SEFCA n'a jamais répondu à ces allégations.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:26
Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali
Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali

Lu pour vous 

 

Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 22 septembre 2021

Le 13 septembre une dépêche de Reuters met le feu aux poudres, un accord entre Bamako et Wagner, une entreprise privée de mercenaires russes appartenant à l’oligarque Evgueni Prigojine serait sur le point d’être conclu. Florence Parly agite le chiffon rouge et menace. La cacophonie au sein des autorités maliennes laisse planer le suspense…

Les mercenaires existent depuis l’antiquité et ont toujours déchaîné les passions. L’entrée en scène dans les conflits des sociétés militaires privées (SMP) à la fin des années 1980 ont renouvelé le genre, mais avec l’arrivée de l’ours russe dans l’univers de la privatisation de la guerre le débat s’enflamme.

La mémoire courte

Florence Parly a fait le déplacement les 19 et 20 septembre à Niamey et Bamako pour tirer la sonnette d’alarme. Au Niger, la ministre des Armées a déclaré : «  On ne va pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires ». Sous entendant ainsi que la France pourrait quitter le Mali si d’aventure le président de la Transition, Assimi Goïta, et son gouvernement osaient signer un contrat avec Wagner. Au Mali en rencontrant son homologue, elle a réitéré ses menaces de manière plus diplomatique « au moment où jamais la communauté internationale n’a été aussi nombreuse à combattre le terrorisme, un tel choix serait celui de l’isolement ».

Pourquoi cette si soudaine fébrilité ? Les tractations avec cette société militaire privée ne sont pas nouvelles et ne datent pas de l’arrivée des colonels au pouvoir. Pour rappel, l’ancien chef d’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a signé le 17 juin 2019, un accord de coopération militaire avec Moscou lors du salon Army 2019. Cet accord prévoyait une coopération pour soutenir techniquement les armées locales et entretenir le matériel. En octobre de la même année, lors du Sommet de Sotchi, le ministre de la Défense malien Ibrahim Dahirou Dembélé et son homologue russe Sergueï Choïgou avaient déjà entériné l’implantation d’une unité de Wagner dans ce pays. A l’époque, le général Dembélé ne disait pas autre chose que ce qu’expriment les autorités maliennes d’aujourd’hui « On ne va pas mettre tout le Mali dans un seul sac et croiser les bras ». Et Paris n’avait pas réagi. Quelques mois plus tard, en décembre 2019, l’AFP assurait que des « consultants du groupe russe Wagner avaient été vus à Bamako ». Et Parly était restée silencieuse…

Le Mali parle pour surtout ne rien dire… 

Sans doute qu’à l’époque, les autorités françaises pensaient avoir plus de prise sur IBK qu’elle n’en a aujourd’hui sur ces jeunes colonels si indisciplinés envers l’ancienne puissance coloniale. Depuis le début de la polémique, le président de la transition, Assimi Goita est resté silencieux. Son Premier ministre Choïguel est monté au créneau : «  Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d’autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées. (…) Est-ce qu’il ne faut pas avoir des plans B ? » Puis, comme pour contredire ses propos, le secrétariat des Affaires étrangères a publié un long communiqué dans lequel il s’insurge contre ceux qui prêtent aux autorités maliennes la volonté « d’engager des mercenaires. Le gouvernement du Mali s’étonne et s’interroge sur ces allégations basées uniquement sur des rumeurs et des articles de presse commandités s’inscrivant dans une campagne de dénigrement de notre pays. »  Quant à Sadio Camarale ministre de la Défense qui discute avec Moscou, il aurait assuré, selon l’AFP, à Florence Parly qu’aucun acte n’a été posé avec Wagner mais que l’abandon de la France obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays. La ministre est donc repartie de Bamako sans obtenir d’assurance, le jeu reste ouvert !

Si la cacophonie au sein du gouvernement malien à l’avantage de maintenir la pression sur Paris et de faire monter les enchères, elle illustre avant tout les divergences de vues sur ce dossier entre membres de la junte. Les uns ne souhaitant pas s’aliéner la France, les autres cherchant à se prémunir d’un retour de boomerang de leur coup d’Etat. Puisque ledit contrat, qui verrait 1000 mercenaires de Wagner débarquer au Mali, porterait sur deux points :  la formation de l’armée et la protection des hauts responsables. La formation des soldats maliens étant déjà assurée par l’Union européenne, c’est évidemment ce dernier aspect qui séduit le plus les colonels. 

La formation de l’armée malienne et la protection des hauts responsables. Ce dernier aspect est sans doute celui qui séduit le plus les colonels qui craignent le retour de boomerang de leur coup d’Etat. Le ministre malien de la Défense a admis discuter avec tout le monde  mais n’avoir rien signé avec Wagner. Le Premier ministre Choïguel a, lui, été plus clair en faisant référence aux décisions françaises de réduire la voilure de l’opération Barkhane : «  Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d’autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées. (…) Est-ce qu’il ne faut pas avoir des plans B ? » Puis, le secrétariat des Affaires étrangères a publié un long communiqué dans lequel il s’insurge contre ceux qui prêtent aux autorités maliennes la volonté « d’engager des mercenaires.»

 En réalité, ces déclarations montrent à la fois l’embarras de Bamako vis-à-vis de la fronde lancée par les autorités françaises et les divisions existantes entre les membres de la junte. D’autant que si l’on en croit la dépêche de Reuters, ledit contrat avec Wagner porterait sur deux points : la formation de l’armée malienne et la protection des hauts responsables. Ce dernier aspect est sans doute celui qui séduit le plus les colonels qui craignent le retour de boomerang de leur coup d’Etat.

La Russie botte en touche

Du côté du Kremlin, on doit regarder toute cette effervescence d’un œil goguenard. Dernièrement, Prigojine, le patron de Wagner s’est déjà amusé à mettre Paris dans l’embarras en créant dans l’Hexagone une fondation qui a pour mission d’aider les associations à lutter contre les violences policières (sic).  Signe qu’on rigole bien à Moscou, le sigle de cette fondation est FBI…

En pleine tempête, le porte-parole du Kremlin ne s’est pas démonté et a déclaré froidement et sobrement le 14 septembre « Il n’y a aucun représentant des forces armées russes (au Mali) et aucune négociation officielle n’est en cours ». Circulez, il n’y a rien à voir ? Dmitri Peskov, joue sur du velours, les SMP étant interdites en Russie, les quelques 14 sociétés existantes sont toutes domiciliées dans des paradis lointains, il n’y a donc pas de liens officiels entre elles et les autorités russes.  La répartie était donc toute trouvée. 

L’affaire n’est pas terminée pour autant. D’après des sources centrafricaines qui connaissent bien Wagner puisque ses mercenaires officient à Bangui, des dizaines d’hommes de Prigojine seraient déjà à Bamako, d’où la colère de Paris ?

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:01
LE PRESIDENT TOUADERA RENCONTRE LE PRESIDENT DU GROUPE DE LA BANQUE MONDIALE

 

LE PRESIDENT TOUADERA A EFFECTUE UNE REUNION DE TRAVAIL AVEC DAVID MALPASS, PRESIDENT DU GROUPE DE LA BANQUE MONDIALE

New-York, le 21 septembre 2021_Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a effectué ce matin à 8heures dans les bureaux de la Banque mondiale, une réunion de travail avec David MALPASS, président de cette institution du financement du développement.

Tout en remerciant la Banque mondiale d’avoir augmenté pour la première fois dans l’histoire de la République Centrafricaine, son enveloppe consacrée au financement du développement, le Président TOUADERA a sollicité à nouveau les appuis de ce partenaire et se dit prêt à engager son gouvernement pour discuter des nouvelles réformes

Le Chef de l’Etat centrafricain s’est vanté d’avoir ramené la croissance de la RCA de -37% à son investiture et à 4% deux ans plu-tard et a déploré la crise sanitaire et les attaques de la fameuse CPC et la propagation du Covid 19 qui sont à l’origine de la récession que connait actuellement son pays.

Conscient que l’énergie est la voie du développement, Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA sollicite de la Banque mondiale un appui pour explorer les nombreuses potentialités hydro-électriques du pays et surtout développer l’énergie dans les zones rurales.

Le Président TOUADERA a rappelé au Président du groupe de la Banque mondiale la soif de la paix de son peuple et sa volonté de participer à l’édification de la RCA à travers le travail. Pour appuyer son argumentation, le Chef de l’Etat a cité en exemple le Projet Londo qui a été un véritable succès en ce sens qu’il est encore aujourd’hui, sollicité sur toute l’étendue du territoire.

Enfin, le Numéro Un centrafricain a réitéré sa vision de la pacification définitive de la RCA : « tous les dix ans depuis 40 ans il y’a des conflits qui empêchent les centrafricains de travailler dans les champs et de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Je suis venu vous transmettre le vœu des centrafricains qui ont trop souffert et qui souhaite mettre fin à la guerre. Nous voulons la paix.

En réponse, le Président du groupe de la Banque Mondiale David Malpass a salué la bonne collaboration de son institution avec la RCA et est conscient de la situation difficile que vit les centrafricains. Il encourage le Gouvernement à entreprendre des réformes « Merci pour la bonne collaboration qui a prévalu lors de la mission du Vice-Président DIAGANA à Bangui. C’est une équipe extrêmement solide. Je vous encourage à persister sur cette voie de réformes et montrer votre disposition à travailler dans des conditions difficiles.

Pour contrer le COVID 19 en RCA, la Banque mondiale annonce l’accroissement imminent des offres de vaccination au profit de ses populations.

Au sujet des mines, la Banque Mondiale se dit disposer pour apporter son expertise dans l’élaboration en cours du nouveau code minier centrafricain et espère faire d’avantage avec le Gouvernement centrafricain. Nous espérons continuer à travailler avec vous. Nous allons continuer à vous supporter, nous allons mettre nos collègues à votre disposition pour avancer ensemble

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 12:56
DISCOURS DU PRESIDENT FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA A L'ONU

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DE LA SOIXANTE SEIZIEME (76ème) SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES

-------------------------------------

 

NEW YORK,  21 SEPTEMBRE 2021

 

- Monsieur le Président de l’Assemblée Générale;

- Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement;

- Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies;

- Distingués délégués;

- Mesdames et Messieurs,

En prenant la parole à cette tribune de la 76e Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, au nom de la République Centrafricaine, je voudrais féliciter chaleureusement Son Excellence Abdulla SHAHID, pour sa brillante élection à la présidence de cette éminente Assemblée et lui souhaiter mes vœux de succès dans l’exercice de cette noble mission. 

Votre brillante élection à la présidence de cette Session est un hommage mérité à vos qualités et un honneur exprimé à la qualité de vos services et à votre pays, la République des Maldives. 

C’est également l’occasion de saluer l’excellente qualité du travail abattu dans des circonstances exceptionnelles par le Président Volkan BOZKIR au cours de la 75ème Session écoulée. 

Monsieur le Président,

Notre 76e Session se tient autour d’un thème de poignante actualité, qui est, je cite : «Construire la Résilience en espérant se remettre du Covid-19, Reconstruire durablement, répondre aux besoins de la Planète, Respecter les droits des personnes et Revitaliser les Nations-Unies ». 

Cette crise qui continue de défier la communauté des Nations ne sera vaincue que par une solidarité internationale plus agissante. 

C’est le lieu pour moi de m’incliner pieusement devant la mémoire des victimes directes et indirectes de cette pandémie.

Avec détermination, malgré des moyens limités, la République Centrafricaines s’emploie à contenir la situation épidémique dont l’impact désastreux sur tous les secteurs de l’économie nationale, a compromis les prévisions de croissance 2020 et 2021, mitigeant les acquis socio-économiques du Plan de Relèvement et de la Consolidation de la Paix en Centrafrique (RCPCA). 

Les estimations indiquent que si la crise est jugulée dans les (6) mois, l’économie nationale perdrait 5,8% du PIB projeté. 

En revanche, si la crise perdure au-delà de six (06) mois, cette perte serait de 8,9% du PIB. 

Pour limiter les effets de la pandémie, mon Gouvernement veille à la sauvegarde des capacités de financement du développement. 

A cet effet, il maintient le cap des réformes du système de gestion des Finances Publiques dont la rigueur de mise en œuvre a permis la conclusion d’un deuxième Programme 2020-2022 avec le Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). 

Pour faire aux chocs de la Covid-19, nous devons renforcer la résilience des populations, investir davantage dans le dispositif de veille sanitaire, et poursuivre sans relâche la sensibilisation collective. 

Bien plus, il urge de tout mettre en œuvre pour atteindre l’immunité collective tout en intensifiant la recherche de médicaments préventifs et curatifs, aussi sûrs qu’efficaces. 

L’accès universel aux vaccins pour les pays les moins avancés devrait relever d’une urgence de sécurité internationale, au nom des principes fondamentaux de solidarité humaine.

Monsieur le Président ;

La mobilisation contre le Covid-19 ne doit pas, cependant, occulter les autres défis auxquels nous sommes confrontés, individuellement en tant qu’Etat, mais aussi collectivement en tant que communauté internationale. 

L’un des plus grands défis que nous devons affronter pour répondre aux besoins de la planète, collectivement et individuellement, c’est la préservation de notre cadre de vie sous menace de divers types d’émissions nocives de polluants climatiques et atmosphériques. 

Il est aujourd’hui établi que l’activité humaine est la principale responsable des changements climatiques.

Nous consommons plus que ce que la nature peut nous offrir au cours d'une année, en fonction de nos intérêts de plus en plus divergents. 

Le réchauffement climatique dû à une production excessive de gaz à effet de serre a induit des mutations climatiques qui occasionnent des inondations en saison pluvieuse ainsi que des pénuries d’eau. 

La surexploitation des ressources halieutiques, forestières, agricoles aggrave cette dégradation des écosystèmes. 

Nous avons la responsabilité historique de préserver les générations futures en changeant de comportements et en opérationnalisant sans délais le cadre de gouvernance permettant une gestion concertée et durable de nos ressources naturelles. 

Mon pays a fait sa modeste part en formulant une Stratégie Nationale de Développement Durable en parallèle à la définition de la Vision RCA 2050, qui s’inscrit dans la filiation de sa Lettre de Politique Environnementale, fondée sur un investissement pédagogique et l’instauration d’une justice environnementale équitable.

Monsieur le Président,

Ces dernières 75 années, notre organisation commune a enregistré des succès méritoires, grâce à l’intelligente mutualisation de nos efforts. 

Face aux nouveaux défis, des réformes profondes de nos organes sont indispensables pour que l’Organisation des Nations Unies reste le cadre par excellence du multilatéralisme. 

Pour y parvenir, une étape majeure reste celle de rompre avec l’inégalité historique qui a privé et continue de priver le Continent Africain de siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. 

C’est ici et nulle part ailleurs que les solutions préservant la paix et la sécurité internationales doivent éclore dans le respect des principes, valeurs et engagements portés par la Charte des Nations-Unies.

Cette Charte dont l’âme est le respect des droits humains trouve un fort écho dans mon pays qui, Monsieur le Président, l’a consacré dans le Préambule de notre Constitution par le principe de « ZO KWE ZO » qui, en langue Sango, est l’affirmation du caractère Sacré de l’Etre Humain.

Par notre action déterminée à lutter contre l’impunité, nous démontrons notre adhésion aux mécanismes internationaux de protection de la dignité humaine. 

Et pour preuve, dès que nous avons eu connaissance du rapport de la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA alléguant des cas d’exactions qu’auraient commises les Forces Armées Centrafricaines et leurs alliés lors des contre-offensives et ratissages sur le territoire national, contre les rebelles d’une prétendue Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), nous avons décidé promptement d’y apporter toute la lumière par la création, le 4 mai 2021, d’une « Commission d’Enquête Nationale Spéciale chargée de faire la lumière sur les présumés crimes graves, les violations des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire » qui a déjà fait un premier retour à la MINUSCA, à Bangui. 

Par ailleurs, l’opérationnalisation de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation constitue une contribution majeure au succès du processus paix, à la réconciliation nationale et comme complément aux actions de lutte contre l’impunité.

Mon Gouvernement veille à préserver l’ordre constitutionnel, l’ancrage démocratique, la consolidation de la paix et de la stabilité. 

Il poursuit la réforme du Secteur de Sécurité et le programme du DDRR ; la mise en œuvre d’actions permettant le retour massif des réfugiés et des déplacés internes ; l’accélération de l’exécution du plan de développement post-conflit (RCPCA) et prépare les élections locales dont les dernières remontent à 1988.

Monsieur le Président,

Le respect scrupuleux des engagements contenus dans l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation reste ma boussole. 

Face aux groupes armés de la CPC qui avaient signé cet Accord et qui poursuivent leurs exactions sur les civils, par ma voix, la République Centrafricaine appelle à une solidarité sans équivoque, au nom des principes de notre charte, d’égalité, de promotion de la paix, de respect de la souveraineté des Etats. 

La dynamique vertueuse de reconstruction nationale requiert de réduire définitivement ces forces négatives. 

Du haut de cette tribune, et par ma voix, la République Centrafricaine renouvelle son appel à la levée totale de l'embargo qui pèse injustement sur notre Armée Nationale, la privant remplir sa mission régalienne de protection de la population civile et de protection de l’intégrité du territoire. 

Mon leitmotiv reste de rassembler mes compatriotes pour faire rayonner notre Centrafrique en partage, en transcendant tous les clivages. 

Je l’ai confirmé en appelant toutes les forces vives à la tenue du Dialogue Républicain dont les échanges contribueront à renforcer l’option de paix déclinée dans l’APPR-RCA.

Monsieur le Président,

Je ne saurais clore mon propos sans rendre un hommage aux casques bleus de la MINUSCA et aux forces alliées Russes et Rwandaises, qui ont défendu les droits fondamentaux, la démocratie et la paix en République Centrafrique, jusqu’au sacrifice suprême. 

A tous les garants et facilitateurs de l’Accord de Paix dont, l’Union Africaine, la CEEAC, la CIRGL, la MINUSCA et l’Union Européenne, la Nation centrafricaine exprime son éternelle reconnaissance.

Au Secrétaire Général des Nations-Unies, Monsieur Antonio GUTTERES, j’exprime ma profonde reconnaissance, pour son perpétuel engagement en faveur de la paix et du développement dans le monde et en République Centrafricaine.

Je fonde l’espoir que vous resterez mobilisés dans cet élan de solidarité internationale, aux côtés du Peuple centrafricain, dans sa quête de paix et de relèvement économique.

Je souhaite plein succès à nos travaux.

Vive la coopération et la solidarité internationales.

Je vous remercie.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 12:38
Russie : qu'est-ce que le groupe "Wagner"
Russie : qu'est-ce que le groupe "Wagner"

Lu pour vous

 

Russie : qu'est-ce que le groupe "Wagner", surnommé "l’armée de l’ombre de Poutine" ?

 

www.rtl.fr   Brice Dugénie publié le 22/09/2021 à 08:15

ÉCLAIRAGE - "Wagner", un groupe paramilitaire russe, combat dans les pays en crise comme la Syrie ou la Libye, souvent pour défendre dans l'ombre, les intérêts de la Russie.

Ce mercredi, RTL s'intéresse à cette arme secrète, répondant au nom de "Wagner", un groupe paramilitaire aujourd'hui en discussion avec le Mali. La ministre des Armées Florence Parly était au Sahel en début de semaine, les velléités de cette curieuse milice commencent à inquiéter

Officiellement, c’est un groupe militaire, une société privée russe qui propose des services de sécurité: de la protection rapprochée de personnalités, de la formation militaire de la vente d’armes, du conseil et du maintien de l'ordre. "Nous sommes là ou l’anarchie se produit et nous le faisons au service de notre patrie", résument-ils. Donc il y a derrière une doctrine nationaliste, d’influence russe. Mais officiellement, ce ne sont pas des combattants.

Les pays dans lesquels ils sont présents ce sont évidemment des pays en crise : la Libye, la Syrie, l’Ukraine, le Soudan, la Centrafrique, le Vénézuela. Et selon certains journalistes russes et des ONG comme Amnesty International, ces hommes ne se contentent pas du tout de faire du maintien l’ordre.

La Russie nie son existence 

Il y a des preuves que ces hommes du groupe Wagner combattent, souvent pour défendre les intérêts russes. Plus de 3.000 hommes ont servi en Syrie, plus de 2.500 en Ukraine, plus d’un millier en Libye. Parfois aux côtés de l’armée russe, parfois à sa place pour défendre des intérêts de Moscou, mais en toute discrétion. Mais les zones d’intervention de ces mercenaires, collent parfaitement avec les ambitions diplomatiques russes.

D’ailleurs ils ne se contentent pas de faire la guerre. Dans les régions où ces mercenaires sont actifs, des hommes du groupe font également de la prospection minière pour de l’or, des diamants, du pétrole, tout ce qui peut contribuer à financer le groupe. Les hommes soupçonnés de commander ou diriger ce groupe, sont des anciens de l’armée russe, ils ont des connexions assez évidentes, et celui qui dirige cette société Evgueni Prigojine est un oligarque très proche de 
Vladimir Poutine. Seulement officiellement bien sûr, pour le Kremlin et toutes ces personnes, le groupe Wagner n’existe pas

L’intérêt pour Moscou est d’abord de sous-traiter la violence à un groupe privé, secret, qui n’a aucune existence juridique, cela permet tout simplement au Kremlin de nier son implication. "S'il y a des citoyens russes en Lybie, ils ne représentent pas les intérêts de la Russie et ils ne sont pas payés par la Russie", explique le président Poutine lorsqu’une question lui est posée sur ses liens avec les combattants du groupe Wagner présents en Libye.

Une arrivée au Mali ?

La part sombre de cette organisation commence inquiéter la communauté internationale. Des rapports de l’ONU recensent de nombreuses exactions commises par ces hommes qui agissent anonymement, en toute impunité en dehors de tout cadre légal. Trois journalistes russes qui enquêtaient en Centrafrique sur ce groupe ont été retrouvés morts dans des circonstances très troubles.

Et ce groupe Wagner que certains surnomment l’armée de l’ombre de Poutine, a des velléités d’expansion en Afrique. Après la Centrafrique, le Mozambique, la Libye, il pourrait mettre un pied au Mali. La France a d’ailleurs prévenu que l’arrivée de l’organisation au Mali pourrait signer la fin de la présence militaire française, l’Allemagne en a fait de même.

C’est pour cela que la ministre française des Armées Florence Parly était au Mali en début de semaine, pour dire clairement aux autorités maliennes que la présence russe au Sahel ne serait pas une bonne nouvelle.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 12:34
Centrafrique, la Libye remet la main sur l’hôtel Plaza Ledger
Centrafrique, la Libye remet la main sur l’hôtel Plaza Ledger

Lu pour vous

 

Centrafrique, la Libye remet la main sur l’hôtel Plaza Ledger

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 22 septembre 2021

Après sept ans de bras de fer, Tripoli en passe de reprendre en main son palace du tout-Bangui.

Tout puissant patron de l’hôtel Plaza Ledger de Bangui depuis 2014, Zeyad Alzarzour Khalifa a été expulsé mi-septembre de la direction du palace. Une décision qui ouvre la porte à une reprise de contrôle de l’établissement par le fonds souverain libyen et qui pourrait mettre fin à sept ans de tensions entre Tripoli et Bangui.

Le pouvoir centrafricain et ses amis avaient en effet fait main basse sur le Ledger Plaza Bangui, un palace somptueux que le dictateur libyen Mouamar Khadafi avait financé comme des dizaines d’autres en Afrique.  Voici le récit de cet hold up par Mondafrique

Le 15 septembre 2012, l’hôtel Ledger Plaza Bangui et ses 160 chambres est inauguré par le président François Bozizé, son Premier ministre, un certain Touadera, et l’ambassadeur de Libye Baruni, alors que Mouammar Kadhafi vient de quitter le pouvoir. Dès la fin de l’année, le nouveau gouvernement rappelle son ambassadeur, remplacé par le chargé d’Affaires qui joue les intérimaires. Dès lors, le palace devient une espèce de bateau ivre.

Au coeur d’un trafic de diamants

Lors de l’arrivée de de la Séléka à Bangui, les chefs rebelles y installent leur quartier général et Michel Djotodia aménage son bureau dans la suite présidentielle de l’hôtel Ledger le 24 mars 2013. Il va progressivement s’installer dans l’hôtel un réseau couvert financièrement par le Directeur administratif et financier Libyen de l’antenne centrafricaine de la «Libyen Arab Africa Investment Company» (LAAICO), Ziyad Al-Zarzour. Celui-ci va permettre aux autorités de Bangui d’y faire prospérer un trafic de diamants avant de se hisser au poste de PDG de l’hôtel en Juillet 2014.

Alors que la guerre civile continue en Lybie, les autorités de l’Est et de l’Ouest libyen se disputent le contrôle de certains établissements de la chaîne Laaico Hotels présente dans vingt cinq pays et dont fait partie le Ledger Plaza de Bangui. La maison mère de LAAICO accuse le PDG de l’hôtel Ziyad Al-Zarzour d’avoir profité de la crise libyenne pour prendre s’émanciper de sa tutelle en enregistrant la société LAICO Centrafrique à son nom.

Le gouvernement d’union nationale libyen reconnu par l’ONU va tenter de reprendre le contrôle de son ambassade en RCA. En Décembre 2019, le chargé d’affaires qui assure la représentation de la Libye en RCA Bader Hissein est limogé par les autorités de Tripoli mais celui-ci reste à Bangui.

La mainmise du président Touadera

Lorsque le gouvernement libyen propose de nommer un nouvel ambassadeur à Bangui, toutes les propositions de Tripoli sont rejetées par le Président Touadéra. Au printemps 2020, le conseiller du Président Sani Yalo, en complicité avec Bader Hissein et de quelques complices organisent une opération visant à casser les coffres-forts encastrés dans les murs de l’ambassade de Lybie à Bangui, dont Bader Hissein n’a jamais eu les clés, faute de passation de service lors de sa prise de fonction.

Ne trouvant le butin escompté, la petite bande décide de vider l’ambassade de ses équipements et de son mobilier et l’on assiste aux navettes des camions remplis de matériels destinés au nouveau bâtiment de l’ambassade de Libye sur l’avenue des martyrs. Le 23 Octobre 2020, une délégation de six diplomates libyens arrivés par un vol de Royal Air Maroc est arrêtée dès sa sortie de l’aéroport de Bangui, et ce en dépit des passeports diplomatiques dont ses membres sont porteurs. Au sein de cette délégation se trouve l’ambassadeur proposé à l’agrément Issa Omar Baruni, qui était en poste en Centrafrique jusqu’à la fin de l’année 2012.

Péril en la demeure !

Le 9 Novembre 2020, une note intitulée « Mémorandum sur la situation de l’hôtel Ledger Plazza Bangui » est adressée à la direction générale de LAICO Centrafrique par le personnel du Ledger Plaza. Celui-ci menace de déposer un préavis de grève à partir du 10 novembre 2020 si aucun accord n’est trouvé avec la Direction. Parmi leurs revendications, figure l’amélioration des conditions de travail des employés, ou encore la revalorisation des salaires ou encore un changement radical dans les méthodes de management de la Direction Générale. 

Ce mémorandum dénonce également la mauvaise qualité des prestations, l’état de dégradation avancée des chambres malgré un prêt de 2 milliards de FCFA contracté auprès de la CBCA en 2018 mais qui n’a hélas jamais été investi pour rénover l’hôtel. Loin de satisfaire aux revendications du personnel, Ziyad Al-Zarzour aurait dépensé près de 500 000 000 FCFA depuis le début du conflit social qui l’oppose au personnel de l’hôtel Ledger pour graisser la patte des autorités en place et étouffer ce mouvement. Associeì au Ministre de l’Intérieur, Henri Wanzet Linguissara, à l’influent conseiller Sani Yalo, Ziyad Al-Zarzour a ainsi dans sa poche les plus hautes autorités du pays qui le défendent. Les leaders du syndicat du personnel de l’hôtel sont depuis le début du mouvement régulièrement menacés de mort.

Une tour de Babel

Ziyad Al-Zarzour et l’ex-chargé d’affaires Bader Hissein animent aussi avec certains cadres du régime Touadéra un réseau de ventes de pierres précieuses avec des personnalités venant des pays du golfe et du monde arabe dans des lieux sécurisés de l’hôtel. Sani Yalo et Fidèle Gouandjika sont ainsi très présents dans la gestion quotidienne de cet hôtel, disposant chacun, d’une suite ou de chambres en permanence aÌ leur disposition. Les conseillers russes du Président Touadéra ont aussi investi ce palace où se logent ambassadeurs, experts internationaux, personnalités en visite officielle ou trafiquants notoires en y installant un système de renseignement dans les chambres et salles de réunion qui accueillent chaque jour des rencontres essentielles pour le pays.

Selon les documents comptables de l’hôtel que nous avons en notre possession (voir ci dessous), il est prouvé que Ziyad Al-Zarzour a versé un montant mensuel de 50 millions de FCFA (soit 75.000 euros) pour protéger son poste entant que PDG de la société LAAICO Centrafrique, montants versés via les sociétés VERTICAL SA et EQUATEUR.  En contrepartie, le régime en place apporte son soutien à Al-Zarzour en bloquant la prise de fonction de Amer Abdessalam Jouida que Tripoli a choisi pour le remplacer comme PDG LAAICO Centrafrique. Ziyad Al-Zarzour a par ailleurs apporté des sommes très importantes aux autorités centrafricaines pour qu’elles durcissent leurs positions et facilitent l’expulsion des diplomates nommés par Tripoli.

La Ministre des Affaires Etrangères a ainsi perçu 30 millions FCFA, le Ministre de l’Intérieur, Henri Wanzet Linguissara 20 millions FCFA, le Directeur Général de la police centrafricaine, Bienvenu Zokoué tout comme le commissaire en charge de l’aéroport Cédric Ngbalanga touchant eux aussi dans cette affaire 15 millions FCFA chacun. C’est ainsi que le 15 novembre 2020, Amer Abdessalam Jouida, est appréhendé dès son arrivée sur le sol centrafricain et expulsé le lendemain via un vol Kenya Airways.

Un axe Bangui-Tobrouk?

Alors que les autorités de Tobrouk et celui de Tripoli se disputent le pouvoir, l’affrontement se joue aussi pour le contrôle des gisements de pétrole, des fonds d’investissement et des actifs hôteliers de la Libye. Partout ldans le monde les deux camps se battent pour récupérer les biens mal acquis par l’ancien dictateur. C’est dans ce contexte que Hussein Mohamed Hussein, désigné Président du fond d’investissement LIA et de sa filiale LAAICO par les autorités de Tobrouk qui rêgnent sur la partie orientale de la Libye a été reçu, le 18 décembre 2020, par le PDG de l’hôtel Ledger Ziyad Al-Zarzour originaire de la même région. Dans la foulée de cette visite, Hussein Mohamed Hussein a pris publiquement la défense de Ziyad Al-Zarzour

 

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 22:23
Guinée équatoriale : 26 millions de dollars rendus par le fils Obiang

Lu pour vous

 

Par Le Point Afrique 20 septembre 2021

RESTITUTION. C’est le montant auquel Téodorin Obiang a renoncé afin d’éviter des poursuites pour corruption. Ils serviront en partie à financer des vaccins anti-Covid dans son pays.

Cette annonce est l’épilogue d’une saga judiciaire marquée par la conclusion en 2014, d’un accord entre les procureurs américains et Téodorin Obiang – qui est aussi le premier vice-président de ce petit pays d’Afrique centrale. À l’époque, il avait accepté de vendre sa somptueuse villa de Malibu en Californie,

À LIRE AUSSI Guinée équatoriale – Obiang Nguema : le temps se gâte à Genève aussiune Ferrari et six statues grandeur nature de Michael Jackson pour échapper à un procès pour corruption aux États-Unis. C’est le produit de ces ventes qui est aujourd’hui redistribué.

Téodorin Obiang avait toutefois pu conserver son avion d’affaires Gulfstream, un yacht de luxe et le reste de sa collection d’objets ayant appartenu au roi de la pop, dont des gants blancs incrustés de cristaux.

Argent contre programme de santé

Concrètement, quelque 26 millions de dollars serviront à financer des programmes de santé dans son pays, a annoncé lundi 20 septembre le ministère américain de la Justice. Près de 20 millions de dollars seront remis à l’ONU qui les utilisera pour distribuer des vaccins anti-Covid en Guinée équatoriale et plus de 6 millions à une ONG spécialisé dans l’achat et la distribution de médicaments, a précisé le ministère dans un communiqué.

Cet achat de vaccins anti-Covid-19 intervient dans un moment crucial pour le petit pays d’Afrique centrale qui doit affronter une troisième vague inquiétante. Le président a étendu de manière drastique l’obligation vaccinale, réinstauré un couvre-feu et durci les conditions de voyage. Le décret impose désormais un cycle complet de vaccination à tous les fonctionnaires quand seuls ceux relevant de la santé, de la sécurité et de l’éducation y étaient soumis. Mais aussi et surtout à toute personne qui effectue physiquement une démarche auprès d’une administration. Même obligation pour tout étudiant de plus de 18 ans pour s’inscrire dans une école ou à l’université.

Seules 161 000 personnes ont reçu deux injections de vaccin à ce jour, et plus de 214 000 une seule pour une population de 1,4 million d’habitants, selon le ministère.

Le décret durcit également les conditions de voyage : en plus du test PCR négatif maintenu, tout passager d’un avion ou d’un navire devra produire un certificat de vaccination. Et le président Obiang réduit le nombre de rotations aériennes autorisées à une par semaine par compagnie pour les vols internationaux et trois pour les liaisons entre les parties continentale et insulaires.

D’autres dossiers en cours

Teodoro Nguema Obiang Mangué, surnommé Téodorin, a été condamné en France à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende pour s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable (hôtel particulier parisien, voitures de course et de luxe, costumes de marque par dizaines, jets privés…) dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

Le Parlement français a adopté définitivement en juillet la réforme de l’aide au développement qui crée un dispositif de restitution aux populations des « biens mal acquis » – des avoirs et biens publics détournés par des dirigeants étrangers ou leurs proches à des fins personnelles. Cette disposition était réclamée par les ONG depuis près de quinze ans. Le texte prévoit que soient rendues, « au plus près de la population », les « recettes provenant de biens confisqués aux personnes définitivement condamnées pour blanchiment, recel ». Là encore, l’Équato-Guinéen Téodorin Obiang pourrait être le premier cas concret après que la Cour de cassation a confirmé sa condamnation le 28 juillet.

En 2019, il a aussi renoncé à 25 voitures de luxe pour mettre fin à des poursuites en Suisse.

Malgré tout, il semble voué à succéder à son père Teodoro Obiang Nguema, 79 ans, dont 42 à la tête de la Guinée équatoriale. Ce petit pays pétrolier est, selon Transparency International, l’un des plus corrompus au monde et une grande partie de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 20:50
La chenille, aubaine nutritive pour la Centrafrique
La chenille, aubaine nutritive pour la Centrafrique

 

Lu pour vous

 

https://www.rts.ch/ 20/09/2021

La République centrafricaine, second pays le plus pauvre du monde, abrite aussi des trésors de biodiversité. Par exemple, dans les forêts profondes de l’est du pays, la saison des pluies rime avec saison des chenilles, un apport nutritif bienvenu.

Dans la jungle, les larves de papillons grandissent à l’abri des arbres et se nourrissent de feuilles jusqu’à prendre la taille d’un doigt. Ces chenilles bien dodues tombent naturellement. Il n’y a plus qu’à les ramasser. C’est une manne bienvenue pour un pays qui souffre d’insécurité alimentaire chronique. Mais c’est également un mets particulièrement réputé que les Centrafricains attendent chaque année avec impatience.

Armé d’un grand sac en jute, Charles Molotoala, enseignant du village de Mokinda, s’est enfoncé dans les fourrés afin de traquer les insectes. "Je vais voir s’il y a des chenilles partout dans les herbes", décrit-il. Sans succès, car il est arrivé trop tard. "Les enfants nous ont devancés, ils ont tout ramassé", soupire-t-il.

Pour manger, mais pas seulement

Un peu déçu, il s’apprête à rebrousser chemin pour remettre la cueillette au lendemain. Soudain, une demi-douzaine d’enfants surgissent de l’épaisse forêt avec de grosses lampes-torches ficelées sur la tête et des seaux débordants de chenilles tout juste cueillies.

"Je m’appelle Maixan, j’habite à Bangui, mais là je suis en vacances", se présente l’un d’eux. "Je suis venu chercher les chenilles, mais il n'y en a pas beaucoup. Il faut que j’en ramène plus. Une partie, c’est pour manger, le reste c’est pour revendre et acheter des fournitures pour la rentrée."

"Je suis découragé. Parce qu’il faut trouver des chenilles pour avoir de l’argent", souffle Charles.

Secteur économique

En effet, la précieuse denrée fait l’objet d’un intense commerce. De toutes parts, les collecteurs émergent de la forêt pour vendre sur le marché du village des chenilles fraîches aux grossistes venus de Bangui, la capitale, qui se situe à trois heures de moto, au bout d’une piste détrempée.

"Je quitte Bangui très tôt le matin pour venir ici chercher des chenilles", explique une vendeuse appelée Solange. "Sur la route il y a trop de barrières et ça coûte beaucoup d’argent. Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de chenilles. J’achète une bassine à 10'000 (francs CFA, ndlr), mais, à Bangui, je dois parfois la solder à 12'000 à la fin de la journée."

Guy Ruffin Banguitoumba est cultivateur de café. Il a cependant mis son activité en pause pour se dédier aux insectes. "C’est une période de rupture de toute activité. On arrête même les activités champêtres. On ne peut que vaquer aux occupations des chenilles, parce qu’il y a de la rentabilité", explique-t-il.

La population de Mokinda vit dans le dénuement, sans électricité ni réseau téléphonique, les chenilles sont un cadeau du ciel. Elles garnissent toutes les tables à tous les repas.

Source de protéine

L’entomophagie, c’est-à-dire le fait de consommer des insectes (avec de l’huile et des condiments, selon l'usage en Centrafrique), est pratiquée par près de 85% des Centrafricains. Développer la filière permettrait de lutter contre l’insécurité alimentaire, selon Mathilde Lambert, de l’ONG Action contre la faim. Elle indique que "100 grammes de chenilles, ça a le même apport en termes de protéines que 100 grammes de viande. Vous pouvez nourrir bien plus de personnes avec 1kg de chenilles qu’avec 1kg de viande."

Et cela a aussi un effet sur l’approvisionnement en autres denrées. "Le fait que les chenilles arrivent sur le marché fait que la population consomme moins de viande, donc le prix de la viande baisse", développe Mathilde Lambert. "Même les ménages les plus pauvres ont accès à des sources de protéines variées, telles que des chenilles ou de la viande."

Reportage radio: Carol Valade

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 20:22
Nouvelles tensions entre la France et le Mali
Nouvelles tensions entre la France et le Mali
Nouvelles tensions entre la France et le Mali

 

Lu pour vous

 

RADIO-CANADA AVEC AFP, JEUNE AFRIQUE ET COURRIER INTERNATIONAL

20 septembre 2021

La décision du gouvernement malien d’entamer des discussions avec le groupe de mercenaires russes Wagner a l’effet d’un mouvement tectonique dans la région du Sahel, considérée comme un pré carré de la France, l’ancienne puissance coloniale.

Paris a dû dépêcher lundi la ministre des Armées, Florence Parly, pour obtenir des assurances des militaires maliens au pouvoir et affirmer la détermination de la France à poursuivre son engagement dans le pays.

Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le montant du contrat entre Bamako et le groupe Wagner, qui prévoit le déploiement de mercenaires en collaboration avec l’armée malienne ainsi que la protection de hautes personnalités, s’élèverait à environ 13,6 millions de dollars.

Les militaires maliens expliquent leur choix par la nécessité de se déployer dans des zones abandonnées. On ne peut pas les laisser vides. On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas, avait souligné le premier ministre Choguel Maïga.

Lors de sa rencontre avec le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, Mme Parly a dit avoir abordé le dossier Wagner et insisté sur le fait qu'au moment où jamais la communauté internationale n'a été aussi nombreuse à combattre le terrorisme [au Sahel], un tel choix serait celui de l'isolement.

Il faut que chacun soit bien conscient des conséquences d'une coopération avec la société russe, a-t-elle indiqué aux journalistes dans l'avion qui la ramenait en France, dont une de l' AFP , précisant que le colonel Camara lui avait assuré qu'aucune décision n'avait encore été finalisée.

Dans l'entourage du ministre malien de la Défense, on confirme à l' AFP qu'aucun acte n'a été posé avec Wagner. Aucun acte.

Le ministre a expliqué à son homologue française que l'abandon de la France obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays, selon cette source. Ce à quoi Mme Parly lui a répondu que la France n'abandonnait pas le Mali, a-t-on précisé.

Mise en garde de l’Europe

Pour sa part, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a mis en garde contre le risque d'une détérioration des relations entre l'Union européenne (UE) et Bamako en cas d'implication au Mali du groupe privé russe Wagner. Cela affecterait sérieusement la relation entre l' UE  et le Mali, a-t-il affirmé.

La France et l'Allemagne avaient prévenu la semaine dernière qu'un recours à Wagner pour former les forces armées maliennes et assurer la protection des dirigeants remettrait en cause leur engagement militaire au Mali.

Le gouvernement malien avait rétorqué dimanche qu'il ne permettrait à aucun État de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il peut solliciter ou pas.

Le déplacement de Mme Parly, entamé dimanche au Niger, visait notamment à exposer aux pays concernés la réorganisation de la présence militaire française dans la région.

La France, engagée depuis janvier 2013 au Sahel, envisage désormais présence resserrée, centrée sur les frappes ciblées contre les chefs et cadres djihadistes et l'accompagnement des armées locales.

La France a perdu 50 soldats au combat au Sahel.

Les effectifs français au Sahel devraient passer de plus de 5000 hommes actuellement à 2500 ou 3000 d'ici 2023, selon l'état-major.

Tension persistante entre Bamako et Paris

En mai dernier, le président français Emmanuel Macron avait menacé de mettre fin à la mission militaire au Mali après le coup d’État.

M. Macron avait d’ailleurs suspendu temporairement les opérations militaires avec les soldats maliens. Mais quelques jours plus tard, le président français a levé la suspension et écarté la fin de la mission française.

Le Mali fait face à une activité intense de plusieurs groupes djihadistes, notamment dans le nord du pays, ce qui a plongé le pays dans une profonde crise politique.

Deux coups d’État ont eu lieu au pays en l’espace de neuf mois cette année. Les militaires à la tête du pays ont promis des élections après une période de transition, dont la durée reste toutefois floue.

 

Mercenaires russes au Mali : la France souhaite clarifier la position de la junte

https://www.france24.com/ 20/09/2021 - 10:09

Florence Parly rencontre, lundi, son homologue au Mali, dans un contexte de tensions entre Paris et la junte, accusée de vouloir recruter des mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner. Bamako avait affirmé qu'il lui appartenait de "décider quels partenaires il peut solliciter ou pas".

La ministre française des Armées, Florence Parly, est attendue, lundi 20 septembre, au Mali, où le gouvernement de transition dominé par les militaires envisage de s'adjoindre les services de la société paramilitaire russe Wagner. Des pourparlers en cours entre le Mali et la sulfureuse entreprise russe a engendré des tensions avec Paris, qui réduit sa présence militaire dans le pays.

"Mon objectif est de parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et de réitérer des messages", a expliqué Florence Parly avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara. "On ne va pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires", a-t-elle prévenu.

Un recours à Wagner pour former les forces armées maliennes et assurer la protection des dirigeants serait "incompatible" avec le maintien au Mali des troupes françaises, qui combattent depuis huit ans les jihadistes au Sahel, avait déjà prévenu le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

L'implication du groupe privé Wagner au Mali affecterait "sérieusement" les relations entre l’Union européenne et Bamako, a de son côté averti le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le Mali invoque sa souveraineté

La sulfureuse société privée russe, soupçonnée d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evguéni Prigojine, a déjà conclu, en 2018, un contrat avec la République centrafricaine, où elle est accusée d'exactions et de pillage des ressources minières et douanières.

Mais le gouvernement malien a rétorqué dans un communiqué qu'il ne permettrait "à aucun État de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il peut solliciter ou pas". "Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d'autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées", avait fait valoir le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga.

Les négociations entre la junte et Wagner interviennent en effet au moment où la France a entamé une réduction de son dispositif militaire au Sahel au profit d'une présence resserrée, centrée sur les frappes ciblées contre les chefs et cadres jihadistes et l'accompagnement des armées locales.

Les militaires français doivent quitter, d'ici la fin de l'année, les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le nord du Mali, et le nombre de troupes françaises déployées au Sahel devrait passer de plus de 5 000 hommes actuellement à "2 500 ou 3 000" d'ici 2023, selon l'état-major.

Florence Parly, qui avait débuté sa tournée sahélienne par une halte au Niger, dimanche, a tenu à rassurer sur la poursuite des efforts français au Mali et plus largement au Sahel malgré la réduction en cours des effectifs. "La France ne s'en va pas", elle "maintiendra son engagement pour accompagner les forces armées sahéliennes", a-t-elle souligné. "La situation reste précaire, nous savons que c'est un long combat".

La France inquiète pour les élections en suspens 

Outre le dossier Wagner, les autorités françaises s'inquiètent du peu d'empressement des colonels, qui ont renversé le 18 août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta, à organiser des élections pour rendre le pouvoir aux civils en février 2022.

"Les dirigeants maliens veulent probablement prolonger la transition en dépit des engagements pris auprès de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest)", craint-on à Paris.

Avec AFP

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

À la Une: le torchon brûle entre Paris et Bamako

Avec plusieurs questions au centre de cette tension : les autorités maliennes vont-elles conclure ce fameux accord avec une société du groupe militaire russe Wagner ? Des mercenaires russes vont-ils bientôt s’implanter au Mali ? Et pour faire quoi précisément ?

« Le Mali ne parait pas prêt à renoncer à ce contrat », affirme Jeune Afrique. « Mercredi dernier, le Premier ministre Choguel Maïga avait déjà prévenu : "Il y a des zones abandonnées qu’il faut occuper aujourd’hui. On ne peut pas les laisser vides. […] On ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu’un autre ne veut pas ?" Sans désigner nommément la France, il avait ensuite ajouté : "on ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un autre pays ne veut pas. Ne faut-il pas avoir de plan B ?" Cela n’a pas empêché Florence Parly, la ministre française des Armées, de faire à nouveau preuve de fermeté, hier, lors d’une visite à Bamakopointe Jeune Afrique. Elle a répété, avant de rencontrer son homologue malien, le colonel Sadio Camara, que la France "n’allait pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires". »

La France conspuée

Au Mali, certains médias emboîtent le pas des autorités militaires et critiquent vertement la position française : « Cette puissance [en l’occurrence la France] est en train de faire usage de pressions multiformes, s’exclame ainsi Maliwebpassant, souvent, par certains voisins pour arriver à ses fins, c’est-à-dire contraindre les autorités de la transition à renoncer à toute idée de déploiement des éléments de la société privée russe, Wagner. »

Toutefois, poursuit Maliweb, Bamako a l’appui de l’opinion : « Ils sont aujourd’hui nombreux les Maliens à se montrer favorables à la signature d’un accord de coopération militaire avec la société Wagner. Ce soutien populaire est un solide mur sur lequel le président de la transition peut s’adosser et décider. »

« Panique à Paris ! »

Inf@sept hausse le ton : c’est « le début de la fin de l’hégémonie française au Mali », s’exclame le média bamakois. « Dominatrice, exploiteuse, paternaliste, frileuse, tous les qualificatifs sont bons pour désigner la France, qui dans son complexe de supériorité, voire sa condescendance, veut continuer à soumettre les États qu’elle a colonisés à sa stérile et infructueuse domination. (…) Depuis l’annonce de la signature d’un éventuel contrat entre l’État malien et le groupe Wagner, c’est la panique à Paris, affirme Inf@septla France ne dort plus que d’un œil. (…) Du président de la République, Emmanuel Macron à son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en passant par la ministre de la Défense Florence Parly, et le chef d’état-major des Armées, tous font feu de tout bois. (…) Toute cette agitation n’a pour seul but que de faire plier les autorités maliennes. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goita, et son Premier ministre, Choguel Maïga, ne rompent pas pour l’instant et nous l’espérons pour toujours, s’exclame Inf@sept, pour l’honneur, la paix et la gloire du Mali. En somme, conclut le média bamakois, nous osons espérer que ce contrat (avec Wagner) sera non seulement signé, mais servira d’exemple pour les autres pays qui hésitent encore à s’affranchir de la tutelle de la France. »

Le Mali n’est pas seul au Sahel…

Le quotidien Le Pays  au Burkina est dubitatif : « On est curieux de voir jusqu’où ira le bras de fer entre les autorités de la transition malienne et la France sur une question aussi sensible, qui va au-delà des relations entre les deux pays. Car, il faut le rappeler, Paris n’est pas seule dans sa croisade anti-mercenaires russes au Sahel. La CEDEAO, l’Allemagne, les États-Unis sont sur la même longueur d’onde que la France sur la question et l’ont déjà fait savoir publiquement. Bamako est donc prévenue du risque d’isolement qui la menace, si Assimi Goïta et compagnie venaient à succomber aux sirènes des Popov. »

Qui plus est, souligne encore Le Pays, « le sort du Mali est aujourd’hui lié à celui du Sahel et, surtout, le Mali est la porte d’entrée du terrorisme dans l’espace commun. C’est dire si par leur décision, Assimi Goïta et compagnie doivent prendre conscience des risques qu’ils font courir non seulement au Mali, mais aussi à la région du Sahel tout entière. »

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com