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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 18:17

 

 

 

 

BERBERATI (Centrafrique) Lundi 17 février 2014 | 10:31 UTC (©) - Le 6 décembre, ce sont eux qui ont lancé l'opération française Sangaris en franchissant les premiers la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique. Aujourd'hui, les hussards parachutistes restent à la pointe d'un dispositif qui s'étend progressivement en province.

 

Leur devise: "au delà du possible". Leur mission: la reconnaissance, le renseignement et le contrôle de zone pour permettre à l'infanterie française et aux soldats de la force africaine Misca de se déployer.

 

Depuis le 12 février, les 150 soldats (dont trois femmes) du 3e escadron du 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, dans le sud-ouest de la France, appuyés par une section d'infanterie, ont pris position à Berbérati, deuxième ville de Centrafrique, située à 450 km à vol d'oiseau au sud-ouest de la capitale.

 

Occupée pendant des mois par les combattants à majorité musulmane de la Séléka, au pouvoir à Bangui de mars à janvier, Berbérati est tombée le 8 février sous la coupe de la milice d'autodéfense anti-balaka, composée de chrétiens ou animistes et aujourd'hui accusée d'atrocités à l'encontre des populations musulmanes.

 

Pendant quatre jours jusqu'à l'arrivée des militaires français, les anti-balaka y ont mené la chasse aux musulmans, pillant boutiques et domiciles et faisant de 10 à 15 morts, selon les sources.

 

Partis de Bangui le 9, les hommes du 1er RHP ont rejoint Bossemblé, Bossentélé et enfin, après 36 heures de piste, Berbérati. Une piste jamais reconnue, "difficile" pour leurs 35 véhicules blindés légers (VBL) et sur laquelle les camions transportant vivres, eau et carburant, n'ont pas pu suivre.

 

Dimanche, un C-130 s'est posé à Berbérati, avec à son bord du fret et le commandant de la force française Sangaris, le général Francisco Soriano, venu faire le point sur l'évolution de l'opération, menée en province par le Groupement tactique inter-armes (GTIA) Panthère dont les hussards parachutistes sont le fer de lance.

 

"L'action militaire à Bangui est terminée", leur a-t-il dit, rappelant que la sécurisation de la capitale était désormais essentiellement aux mains de la force africaine Misca (5.500 hommes) avec le soutien du GTIA Amarante, deuxième composante de la force Sangaris.

 

Accélérer le déploiement

 

Six semaines après l'arrivée de 1.600 soldats français en Centrafrique, les unités de combat de Sangaris, initialement concentrées dans la capitale, sont aujourd'hui déployées "pour moitié à Bangui et pour moitié en province", a-t-il dit.

 

"Il faut maintenant accélérer le déploiement vers l'ouest et le nord", a souligné le général Soriano, rappelant que le président François Hollande venait d'annoncer le prochain envoi de 400 soldats français supplémentaires.

 

Ces renforts, a précisé le commandant de la force française, "viendront dans les prochains jours des forces prépositionnées au Tchad et à Djibouti avec des moyens aériens, notamment des hélicoptères, et terrestres. Il y a une course contre la montre à mener avant que la saison des pluies n'arrive" en avril.

 

"Nous devons maintenant concentrer nos efforts en particulier dans l'Ouest où, après le départ des Séléka, il y a eu des affrontements intercommunautaires. Il faut aussi sécuriser la route entre le Cameroun et Bangui qui permet l'approvisionnement de la capitale", a-t-il dit.

 

"Il faut être très attentif à l'exode des populations musulmanes, pour des raisons humanitaires mais aussi parce qu'elles jouent un grand rôle dans le tissu économique", a-t-il insisté.

 

Depuis leur arrivée à Berbérati, les militaires français ont multiplié les tâches: relevé topographiques, renseignement, démantèlement de checkpoints, désarmement...

 

"Nous n'avons essuyé qu'un seul tir de harcèlement, de nuit", a observé le commandant Joseph, précisant qu'entre Bangui et Berbérati, ses hommes avaient saisi plus d'une centaine de fusils, un lance-roquette, d'innombrables machettes et des munitions de tous calibres.

 

Dimanche, une grenade a explosé en périphérie de la ville, blessant grièvement trois personnes. Le 1er RPH a été appelé sur place pour jouer les secouristes, comme souvent. "A Bangui, nous avons fait deux accouchements", témoigne le lieutenant Ludivine.

 

Après quatre jours passés à Berbérati, le 1er RPH se prépare déjà pour sa prochaine destination, tenue secrète. La date de départ n'est pas fixée: "on doit vérifier si le calme est réel ou trompeur, explique le commandant Joseph. Si c'est compliqué, on reste".

Centrafrique : Le dispositif francais s'étend avec les hussards parachutistes en pointe
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:55

 

 

 

Cercle de réflexion waAza : http://www.waaza.org, Messagerie électronique : contact@waaza.org

 

Après la démission de Djotodia et Tiangaye, le CNT a procédé à une démarche

qui a retenu 8 candidatures parmi 24 dossiers déposés pour participer à l'élection

du nouveau président de transition. A l’issue du scrutin, une Présidente a été élue.

Elle avait, en toute conscience, postulée, connaissant bien la situation difficile et

les causes qui ont plongé notre pays dans le chaos actuels.

 

Mais les premiers actes posés semblent être contraires aux attentes du peuple

Centrafricain qui aspire à une rupture avec les pratiques politiques depuis une

vingtaine d’année.

 

Nous apprenons, ce jour, que Le CNT a demandé et obtenu le principe d’une

rencontre avec la Présidente de la Transition.

 

Nous espérons que cette rencontre sera l’occasion d’informer la Présidente de la

Transition des critiques des compatriotes à l’égard de son pouvoir discrétionnaire

de nominations et de gestion gouvernementale. En effet :

 

_ Associer la SELEKA et les Anti Balaka au gouvernement est un acte politique qui ne constitue pas, à notre avis, un gage de stabilité sécuritaire. Les atrocités de part et d’autre de ces derniers jours en témoignent.

 

_ Constituer un gouvernement bis à la Présidence de la République n’est-il pas un manque de confiance à l’équipe du Premier Ministre, nommé sur la base de ses compétences politique et technique ?

 

_ Nommer des personnalités au passé trouble, impuni, que nous connaissons,

à des postes de responsabilité est un acte qui n’encourage aucun changement de comportement vis-à-vis des biens de la nation

 

Adressez-lui les aspirations profondes : la pratique de la bonne gouvernance avec

tous les fils du pays.

 

Recevez nos salutations fraternelles.

 

Fait à Paris le 11 février 2014

 

Le cercle de réflexion waAza

 

contact@waaza.org

 

Téléphone de contact +33 6 50 65 03 57

Lettre aux Conseillers du CNT par le Cercle de réflexion WaAza
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:45

 

 

 

 

http://cameroonvoice.com/  17/02/2014 02:34:02

 

«C'est celui qui n'a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n'est pas agréable.» Cette phrase résume à elle seule le drame des Africains qui héritent après des décolonisations bâclées de dirigeants assoiffés de pouvoir. Encore une fois et pour ne pas changer l'Afrique se signale par un énième conflit.

 

Cette phrase résume à elle seule le drame des Africains qui héritent après des décolonisations bâclées de dirigeants assoiffés de pouvoir. Encore une fois et pour ne pas changer l'Afrique se signale par un énième conflit. Souvenons-nous en décembre c'était le Mali aux prises avec les islamistes d'Al Qaîda en décembre 2013. C'est un autre pays, la Centrafrique, aux prises dit-on, depuis quelque temps, à un conflit religieux. La chose est grave puisque c'est une épuration ethnique sous les yeux des puissants qui laissent faire de l'Union Africaine qui regarde ailleurs, et des musulmans trop lâches pour protester contre ces massacres au nom du divin.

La Centrafrique et ses richesses

 

Quelques informations prises sur l'Encyclopédie Wikipédia nous apprennent que la République centrafricaine, a une population estimée à 4.500.000 habitants, pour une superficie d'environ 623.000 km². La République centrafricaine dispose par ailleurs de nombreuses ressources naturelles, notamment l'uranium, l'or et les diamants. Le pétrole et l'énergie hydroélectrique sont d'autres ressources potentiellement importantes mais inexploitées à ce jour. Les Français colonisèrent la région à la fin du XIXe siècle et l'administrèrent sous le nom d'Oubangui-Chari.

 

Le projet colonial français, avait pour objectif de traverser le continent africain d'ouest en est. Ce projet est stoppé net en 1898 à Fachoda, par les Anglais (on parle du fameux complexe français de Fachoda).

 

L'indépendance fut acquise en 1962. Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda, est considéré comme le père de la nation centrafricaine. En 1965, lors du «coup d'État, Jean-Bedel Bokassa renverse son cousin David Dacko et prend le pouvoir. En septembre 1979, une première ingérence de la France fut «l'opération Barracuda», elle renverse Bokassa après lui avoir permis d'être sacré empereur et remet au pouvoir David Dacko. En effet, Bokassa se rapprochait de plus en plus de Kadhafi dont la politique au Tchad est en contradiction complète avec les intérêts français. David Dacko lui succède encore brièvement. Il sera chassé du pouvoir le 1er septembre 1981 par le général André Kolingba, qui établit un régime militaire. Jusqu'en 1993, Ange-Félix Patassé désigné par la France est élu président de la République. En 2001, une tentative de coup d'État provoque de violents affrontements dans la capitale, Bangui. Le 15 mars 2003, le général François Bozizé réussit, avec l'aide de militaires français (deux avions de chasse de l'armée française survolaient Bangui pour filmer les positions des loyalistes pour le compte de Bozizé) et de miliciens tchadiens (dont une bonne partie va rester avec lui après son installation au pouvoir.» (1)

 

L'accession à la présidence de Bozizé est violemment contestée, une première guerre civile ravage le pays entre 2004 et 2007, jusqu'à la signature d'un accord de paix en France. Cependant, les rebelles reprennent les armes fin 2012, lançant une série d'attaques démarrant la deuxième guerre civile de Centrafrique. Le 24 mars 2013, les rebelles de la coalition Seleka s'emparent de Bangui et Bozizé s'enfuit. Parallèlement se forment des milices chrétiennes d'auto-défense, les anti-balaka se forment. Le 5 décembre 2013, la France arrache une résolution de l'ONU qui lui permet d'envoyer des troupes armées (opération Sangaris). Deux mois et demi plus tard, le conflit tourne maintenant au génocide des musulmans.


L'acharnement sur la Centrafrique pour cause de richesse

 

Pourquoi cet acharnement pour le pouvoir et pourquoi la sollicitude permanente de la France, ancienne puissance coloniale? Est-ce une guerre ethnique? Est-ce un conflit religieux? D'après le World Factbook de la CIA (USA), près de 50% de la population est chrétienne dont 25% de catholiques et 25% de protestants. 15% des habitants sont de religion islamique. Le reste de la population, soit environ 35%, reste fidèle aux religions africaines traditionnelles (animisme, génies, ancêtres, divinités).

La réponse est donc surtout économique. Les Centrafricains avant les interférences vivaient en bonne intelligence. La culture du coup d'Etat permanent est entretenue de l'extérieur, notamment de la France avec sa politique gravée dans le marbre de la Françafrique- France à fric- pourrions-nous être tenté de dire, qui peut prendre des formes différentes. La deuxième raison concerne les richesses de ce pays. Bien qu'il soit très arriéré l'activité minière (or et diamants) constitue une importante source de richesse de la République centrafricaine en matière de recettes d'exportation. Il faut signaler la présence de multinationales dont Areva: le Groupe industriel français spécialisé dans l'exploitation de l'uranium de la région de Mbomou à Bakouma. Archéologie récente du conflit.


Les manoeuvres pour piller les faibles

 

Patrick O'Connor écrit: «Les Etats-Unis et la France sont en train d'envoyer des troupes supplémentaires en République centrafricaine (RCA) alors que les milices anti-gouvernementales progressent vers la capitale Bangui. L'intervention fait partie d'un renforcement plus général des opérations militaires impérialistes sur l'ensemble de l'Afrique alors que Washington et ses alliés européens s'efforcent de maintenir leur domination stratégique sur le continent et le contrôle de ses ressources naturelles.» (2)

 

Patrick O' Connor décrit l'influence soft de Chine que les Occidentaux combattent: Le 17 juin 2009, l'ambassadeur américain Frederick Cook avait envoyé un câble disant, «relations France-RCA sérieusement sous tension,» (...) Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard était intitulée «L'influence chinoise grandissante en RCA est évidente». Il ajoutait qu'environ 40 officiers de l'armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. (...) les Chinois en toute probabilité se positionnent comme étant le principal bienfaiteur de la RCA en échange de l'accès aux vastes dépôts d'uranium, d'or, de fer, de diamants et probablement de pétrole. (2)

 

Pour rappel, le 11 janvier 2013, les accords de Libreville ont temporairement empêché un coup d'Etat et initié un accord de partage du pouvoir. L'accord n'a toutefois eu qu'une courte durée; les forces rebelles de la Seleka, avec le soutien tacite des puissances impérialistes, ont lancé une offensive contre les forces de Bozizé. Bozizé a été renversé le 24 mars, et le chef rebelle Michel Djotodia s'est déclaré président. Lui-même sera destitué en janvier 2014


Pourquoi la France intervient en Centrafrique

 

Anne Guion et Elena Fusco, tentent de comprendre pourquoi la France ne veut pas lâcher ses anciennes proies: «La Centrafrique est un peu plus grande que la France. Entre or, uranium, pétroles et autres ressources, la Centrafrique est un pays potentiellement très riche et dont les gisements représentent un enjeu dans le conflit en cours, surtout les diamants. Dès la colonisation, les autorités locales françaises ont exploité ce territoire comme une entreprise commerciale. «Elles l'ont divisé et ont octroyé des concessions exclusives à des compagnies françaises avec lesquelles elles travaillaient main dans la main pour faire du profit, explique l'International Crisis Group dans un rapport intitulé De dangereuses petites pierres: les diamants en République centrafricaine, publié en 2010. Cette confusion entre autorité étatique et intérêts privés a ancré l'idée que détenir le pouvoir donnait le droit de profiter des ressources naturelles et du labeur de la population.» (...) Les Centrafricains sont à 80% chrétiens.

 

A l'arrivée de la Séléka, les communautés religieuses ne s'affrontaient pas. Lors de leur redéploiement dans le pays, les membres de la Séléka ont attaqué les églises et les intérêts religieux. Dans son message de Noël, l'archevêque de Bangui, a exhorté les Centrafricains au calme: «Beaucoup de personnes de mauvaise foi et volonté voudraient voir éclater un conflit intercommunautaire et interreligieux en Centrafrique. Ne laissons pas ces personnes transposer sur le terrain du religieux ce conflit.» Les conséquences seraient dramatiques.»(3)


Chaos et nettoyage ethnique

 

Apparemment, la force africaine pourtant plus nombreuse est muette. La France continue à envoyer des renforts qui sont mal vus aussi bien par les chrétiens que par les musulmans. La France va envoyer 400 soldats de plus en Centrafrique, portant ses effectifs à 2000, alors que le gouvernement centrafricain a décidé de mettre au pas les miliciens anti-balaka. La mesure va à l'encontre des engagements initiaux du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Face au chaos qui a pris de l'ampleur depuis le désarmement de la séléka, les centrafricains sont désemparés. Vincent Hugeux écrit: «Mon problème, lâche Laurentine, hôtesse d'accueil, c'est les Sangaris. Quand un homme se fait découper, ils regardent et ne font rien. D'ailleurs, la Misca ne fait pas mieux.» Allusion aux contingents africains de la Mission internationale de soutien à la RCA. Jugement outrancier certes, mais symptomatique du désarroi de Banguissois exténués et de la défiance qu'inspirent çà et là les forces étrangères. «(...) Moi, je suis chrétienne. Nous et les musulmans, on a toujours fait famille ensemble. Maintenant, il faut que tout le monde pardonne. Pas le pardon de la bouche, mais celui du coeur.»(4)

 

L'apaisement donc, mais à quel prix? «Avant la crise, on recensait à M'Baïki et dans les villages alentour 4118 musulmans, Il en reste une quarantaine. Le 6 février, les Tchadiens ont évacué environ 2500 d'entre eux par camions militaires, pour les soustraire aux appétits de vengeance des milices chrétiennes.» (...) Bien sûr, la présidente transitoire répète que jamais elle ne cédera «un pouce du territoire de notre Centrafrique unie et laïque», promet de traquer les anti-balaka et juge réversible l'exode des musulmans; à l'instar de l'adjoint Dido, convaincu que ses frères, nés ici pour la plupart, reviendront un jour d'un Tchad qui leur est totalement étranger... Il n'empêche: qu'on la nomme épuration, nettoyage ethnico-confessionnel ou, plus pudiquement, homogénéisation communautaire, la fuite des disciples du Prophète (Qsssl) aura déchiré durablement le tissu social centrafricain. La paix par le vide, la paix du chacun-dans-son-coin est-elle vraiment la paix? Imputer le phénomène aux médias, ces «miroirs déformants» volontiers fustigés par Le Drian et son entourage est aussi injuste que stérile. Oui au volontarisme. Non au déni de réalité. (4)

 

Les Centrafricains musulmans fuient le pays où ils ont toujours vécu

 

Près d'un million de personnes, musulmans ou chrétiens, sont déplacées ou réfugiées, selon l'ONU, sur 4,5 millions d'habitants. (...) L'exode des musulmans est aujourd'hui massif. Accusés d'être complices des exactions commises par les miliciens sanguinaires de la Séléka, après la chute de François Bozizé en mars 2013, des centaines d'entre eux quittent la capitale chaque jour. Le 7 février, ils étaient 10 000 à prendre la route pour le Tchad dans des convois à la merci des pillards. D'autres rejoignent le Cameroun. Peter Bouckaert, le directeur de la division Urgence de l'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, relatait via son compte Twitter une de ces scènes à Bangui. Le phénomène s'étend à la province, à l'image de Bossangoa qui s'est vidée de sa population musulmane. (...)

Autre conséquence de ce grand exode, la sécurité alimentaire du pays est compromise. Dès la fin de l'année 2013, l'Unicef alertait sur les risques de malnutrition pour les enfants. L'exode a un impact réel sur l'économie du pays, à l'heure où 90% de la population n'a accès qu'à un repas par jour(5)

 

Delphine Chedorge de Médecins Sans frontières lance un appel au secours: Alors que la Centrafrique s'enfonce un peu plus dans le chaos, elle raconte la détresse de la population, la «violence intercommunautaire générale», la fuite des populations...- Il y a un véritable exode massif des populations musulmanes. Mais il faut faire attention à ne pas tomber dans un schéma simpliste. (...) Oui, la population musulmane est la plus ciblée et a organisé son exode massif: on voit des camions venir chercher les gens dans toutes les villes du pays. J'ai vu le dernier convoi se mettre en route à Bozoum. L'ONG Amnesty international a interpellé mercredi 12 février dans un communiqué l'opinion internationale sur le «nettoyage ethnique» de civils musulmans qui se déroule selon elle dans l'ouest de la Centrafrique, et que les forces internationales ne «parviennent pas à empêcher». L'ONG critique notamment «la réponse trop timorée de la communauté internationale», en notant que «les troupes internationales de maintien de la paix se montrent réticentes à faire face aux milices anti-balaka. (6)


Que fait l'Afrique?

 

Après avoir bombé le torse en décidant de créer une force d'action rapide, elle réduit la voilure, en remerciant à tour de bras ceux qui s'engagent. Ainsi le 28 décembre l'Union africaine remercie le Tchad L'Union africaine (UA) salue les actions en Centrafrique de l'armée tchadienne, dont la proximité avec certains ex-rebelles auteurs d'exactions a été dénoncée à plusieurs reprises, a déclaré samedi soir à Bangui le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ismaël Chergui. (7)

 

Devant toutes ces avanies, que pense-t-on que l'Afrique fait? Coordonne-t-elle en vue d'une sécurité alimentaire? En vue d'une médecine de qualité? Etudie-t-elle un développement endogène? 

 

Demande-t-elle qu'on la laisse en paix en alimentant en armes des belligérants ou en soutenant des tyrans qui refusent l'alternance? Rien de tout cela, sa «force d'action rapide» avec les armes des Occidentaux est devenue une vue de l'esprit.

 

Le néolibéralisme a réussi à problématiser la coexistence pacifique des peuples en créant de toutes pièces des conflits ethnique et religieux. Pendant ce temps le pillage continue, businesse as usual...


Pr Chems Eddine CHITOUR


http://www.lexpressiondz.com

1.
Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/le-drame-de-la-centrafrique-une-autre-predation-humanitaire-occidentale/5362783
2. Patrick O'Connor 04 janvier 2013: http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-et-la-france-deploient-des-troupes-en-republique-centrafricaine/5317704
3. http://www.lavie.fr/actualite/monde/pourquoi-la-france-intervient-en-centrafrique-06-12-2013-47441_5.php
4.http://www.lexpress.fr/actualite/monde/
afrique/le-drian-face-au-chaos-centrafricain_1323637.html#U58HOkyDAbcARJDV.99
5.http://www.lexpress.fr/actualite/monde/
afrique/centrafrique-l-exode-des-musulmans-fragilise-un-peu-plus-le-pays_1322676.html
6. http://tempsreel.nouvelobs.com/centrafrique/20140212.OBS5939/centrafrique-amnesty-international-denonce-un-nettoyage-ethnique.html
7.http://centrafrique-presse.over-blog.com/2013/12/centrafrique-l-ua-salue-les-actions-de-l-arm%C3%A9e-tchadienne.html

 

 

 

Lu pour vous : Nettoyage ethnique en Centrafrique. Malédiction des peuples et prédation étrangère
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:26

 

 

 

 

Par Pierre Julien | http://www.rtl.fr/   Publié le 16/02/2014 à 07h58 | RTL Week-end

 

DOCUMENT RTL - Le tout nouveau chef de l'armée française, Pierre de Villiers, salue la décision d'envoyer 400 militaires supplémentaires en Centrafrique. Il s'exprime pour la 1ère fois.

 

"La mission est délicate" en Centrafrique, a estimé dimanche Pierre de Villiers sur RTLLe nouveau patron de l'armée française, qui s'exprimait pour la première fois depuis sa nomination, rappelle que la France "est en soutien" dans cette opération militaire. "Nous luttons contre tous les pillages, toutes les exactions, quelle que soit leur origine", a-t-il précisé.

 

Vendredi, l’Élysée a annoncé l'envoi de 400 soldats supplémentaires en Centrafrique. Pour Pierre de Villiers"c'est une bonne décision." "Ces forces de renforts seront en place dans les jours qui viennent, a-t-il assuré. Progressivement nous sortons de Bangui, de façon à redonner de la paix et de la liberté à cette population qui en a bien besoin", a expliqué le chef d’État major de l'armée française.

 

L'objectif est de "quadriller le pays"

 

"Nous continuons à épauler la MISCA, la force africaine, de façon à ce qu'elle monte en puissance et puisse quadriller l'ensemble du pays, a déclaré Pierre de Villiers. Notre objectif est de rendre le dispositif plus mobile".


Le patron de la Grande Muette en a profité pour saluer le travail des soldats de la mission Sangaris, qui sont "entraînés" et "qui ont fait preuve de la maîtrise de la force, dans une situation parfois complexe."

Renforts en Centrafrique : "C'est une bonne décision", estime Pierre de Villiers
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:17

 

 

 

 

par RFI  17-02-2014 à 00:39

 

Ce dimanche 16 février, les militaires de la force française Sangaris ont mené leurs premières opérations de recherches d’armes dans la ville de Bouar, dans le nord-ouest de la RCA. Objectif : désarmer les divers groupes anti-balaka. RFI a accompagné leur déploiement dans cette partie de la province centrafricaine.

 

Sur le chemin de Bouar, vendredi 14 février, la colonne de l'opération Sangaris marque une pause sur une route en descente. En face, un homme pousse sa moto. « Le carburateur est cassé ! », lance-t-il, avant d'enchaîner : « Bravo l'armée française ! Merci pour votre présence ici. Attention, dans la forêt, il y a des Peuls avec des kalachnikovs. »

 

Les tensions sont encore très vives entre communautés. A chaque village traversé, des ruines calcinées de maisons ou de pâtés de maisons sont visibles. A Baoro, à environ 50 kilomètres de Bouar, les maisons incendiées sont à l'entrée et à la sortie de la ville. Ce sont les stigmates des violences et des représailles qui ont fait 152 morts en trois jours, du 20 au 22 janvier, quand les Seleka sont partis, explique un prêtre, qui dirige une radio à Bouar. « Ils ont laissé leurs armes à certains musulmans qui sont allés s'en prendre aux chrétiens. Les anti-balaka de Bozoum sont descendus le lendemain pour les venger », raconte-t-il.

 

Fouilles, interrogatoires, tout est passé au peigne fin

 

Bouar est située au bout de la piste qui vient de Baoro. Dans cette localité, 8 200 musulmans vivent actuellement réfugiés à la grande mosquée centrale et dans l'école primaire qui la jouxte, fuyant les pillages, les violences et le racket des anti-balaka. Pour eux, l'arrivée des soldats français promet, ils en sont sûrs, de meilleurs lendemains.

 

Dimanche, les Français commencent leurs premières recherches. Il est un peu moins de six heures du matin quand la colonne de Sangaris se poste devant une cour fermée par un grand portail en fer. Les hommes du premier RCP et du premier RHP réveillent un groupe de quatre jeunes anti-balaka. Fouilles, interrogatoires, tout est passé au peigne fin. Finalement, les soldats français mettent la main sur deux vieilles kalachnikovs, un arc et quelques chargeurs. Les anti-balaka présents sur les lieux affirment, eux, garder l'endroit pour son propriétaire, un musulman qui se serait mis à l'abri.

 

Des fusils, des munitions, des grenades et une roquette

 

10 heures, la colonne repart vers un site anciennement tenu par les Forces armées centrafricaines (Faca), non loin du camp Leclerc, où Sangaris a pris ses quartiers. Les interrogatoires commencent. Rapidement, les militaires français se dirigent vers une maison sur les hauteurs. Elle est occupée par le chef des anti-balaka présents, un lieutenant prénommé Igor. Dans les faux plafonds et les recoins de la maison, les soldats français trouvent trois kalachnikovs, sept chargeurs pleins, trois grenades, et même une roquette. Le lieutenant anti-balaka et ses hommes sont interrogés. Une quinzaine d'entre eux sont même interpellés. Leurs téléphones sont saisis, ainsi que ceux de toutes les personnes présentes à proximité, ce qui provoquera d'ailleurs une manifestation de colère vite contenue.

Centrafrique: les Français de Sangaris en mission à Bouar
Centrafrique: les Français de Sangaris en mission à Bouar
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 03:02

 

 

 

 

 

 http://www.metronews.fr/   : 15-02-2014 23:02

 

Une opération militaire ne se déroule pas "comme du papier à musique" a dit le ministre de la Défense. Entre les lignes, il ne cache pas que l'intervention française en République centrafricaine ne sera pas si brève que prévue.

 

Dans l'incapacité de mettre fin aux pillages et violences ethniques en Centrafrique, les autorités françaises, qui annonçaient vendredi l'envoi de 400 soldats supplémentaires comme réclamé par l'ONU, ont reconnu samedi par la voix du ministre de la Défense avoir peut-être sous-estimé la gravité de la crise et la durée de l'engagement militaire qu'elle exige.

 

Une petite erreur d'appréciation ?

 

Début décembre, annonçant l'intervention de la France en République centrafricaine sous mandat onusien, François Hollande avait parlé d'une opération "rapide". En fait de guerre éclair et de rétablissement d'un semblant d'Etat, il est chaque jour plus évident que la Centrafrique continue de s'enfoncer dans le chaos, malgré l'intervention de bientôt deux mille Français et de la Misca, la force déployée par l'Union africaine.

 

"Je crois que ça sera plus long que prévu, parce que le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait" a confié samedi Jean-Yves Le Drian au micro de France Inter. Une opération militaire telle que Sangaris "ne se décrète pas comme du papier à musique, il faut s'adapter, se rendre compte des situations et répondre au besoin de sécurité en fonction des événements" a justifié le ministre, assurant qu'"au début d'une opération militaire, on ne peut pas dire à l'avance à quel moment elle finira".

 

Priorité : "la sécurité de proximité"

 

La situation, en l'occurrence, est celle d'un pays où les partisans de la Séléka, une coalition à majorité musulmane, ont martyrisé les chrétiens quand ils étaient au pouvoir, jusque récemment, et où en réaction des milices d'autodéfense, les anti-balaka ("anti-machette"), se sont constituées dans les zones rurales et font couler le sang de civils musulmans ou présumés tels, notamment dans la capitale, Bangui. Dans ces conditions, le risque d'éclatement du pays est grand, mais, a dit M. Le Drian, "nous sommes tout à fait déterminés à ce que la Centrafrique garde son intégrité et que progressivement la sérénité revienne, pour permettre à tous les Centrafricains de vivre ensemble".

 

Ne pouvant que déplorer le grand nombre d'exactions perpétrées par les miliciens de l'ex-Seleka ou par les anti-balaka, le ministre a estimé que "l'important aujourd'hui, c'est la sécurité de proximité". D'où l'importance de renforcer la présence policière et l'appareil judiciaire centrafricain. "On est à un passage entre une force d'intervention militaire et la nécessité d'une sécurité de proximité qui va venir et à laquelle les forces françaises apporteront leur soutien et leur capacité de formation", a-t-il dit. Avec l'aide des 6.000 Africains de la Misca, et demain, à en croire la promesse vendredi de Catherine Ashton, la patronne de la diplomatie européenne, d'un millier de soldats de l'UE contre la moitié actuellement.

 

TIJANI SMAOUI

metronews.fr

 

 

Centrafrique: les troupes européennes sur place en mars (Paris)

 

Dimanche 16 Février 2014 modifié le Dimanche 16 Février 2014 - 16:28



L'Union européenne commencera en mars à déployer ses troupes en Centrafrique, a indiqué dimanche le ministre français délégué aux Affaires européennes Thierry Repentin. 

"Il y aura en mars, dans quelques semaines, en République centrafricaine, plusieurs centaines de troupes venant de plusieurs pays de l'Union européenne (UE). C'est une avancée majeure", a déclaré M. Repentin, dans l'émission Internationales de TV5 Monde-Le Monde-Radio France Internationale. 


L'UE envisage de déployer un millier de soldats en Centrafrique pour aider à rétablir l'ordre dans ce pays plongé dans le chaos, avait annoncé vendredi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, sans donner de date. 

Centrafrique : Le Drian reconnaît un certain enlisement
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 02:49

 

 

 

EXCLUSIF.

 

http://www.leparisien.fr/ 

 

Emmanuel Marolle | Publié le 16.02.2014, 09h33 | Mise à jour : 21h27

 

EXCLUSIF. Youssou N'Dour le précise d'emblée: c'est le chanteur qui parle, pas l'homme politique, conseiller spécial de la Présidence sénégalaise. Il n'empêche. Comme souvent avec lui, engagement et musique sont intimement liés dans son nouveau projet. 

 

La star africaine vient d'enregistrer une chanson inédite, intitulée «One Africa», pour la paix en Centrafrique. Un duo symbolique. Le musulman Youssou N'Dour l'a enregistré, à Dakar, avec la chrétienne Idylle Mamba, artiste centrafricaine.

 
«Je suis meurti par ce qui se passe en Centrafrique, explique le chanteur. Au Sénégal, il y a 95 % de musulmans. Et l'on vit en harmonie avec les chrétiens. On est un exemple de ce qui est possible alors que les images qui viennent de Centrafrique sont désastreuses pour notre continent. J'ai voulu enregistrer cette chanson pas seulement pour ce pays, mais pour toute l'Afrique, comme un ensemble pour dire: «arrêtez, il faut que l'Afrique avance, éduque ses enfants».»

 

 

http://www.leparisien.fr/musique/audio-decouvrez-la-chanson-de-youssou-n-dour-pour-la-paix-en-centrafrique-16-02-2014-3595829.php 

VIDEO. Découvrez la chanson de Youssou N'Dour pour la paix en Centrafrique
VIDEO. Découvrez la chanson de Youssou N'Dour pour la paix en Centrafrique
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 02:40

 

 

 

 

 

INTERVIEW - Marie-Elisabeth Ingres est chef de mission pour Médecins sans Frontières (MSF-France) en Centrafrique. "De toute ma carrière d’humanitaire, je n’ai jamais été confrontée à une situation aussi compliquée", affirme-t-il.

 

La France vient d’annoncer l’envoi de 400 militaires supplémentaires. Est-ce une bonne nouvelle? Une mesure justifiée au vu du diagnostic que vous faites sur place?

 

Il est certain qu’il n’y a pas assez de personnes dans le pays susceptibles d’assurer la protection des civils. A Bangui, par exemple, l’ambiance est très étrange. Depuis une semaine ou dix jours, la vie reprend, il y a davantage de commerces ouverts dans certains quartiers, des taxis qui roulent plus nombreux … Mais c’est un calme très relatif. Les tensions demeurent, on entend toujours parler de pillages, de lynchages, notamment dans les quartiers à la sortie de Bangui où les affrontements sont quotidiens.

 

Et dans le reste du pays?

 

La situation est particulièrement tendue dans l’ouest et le nord-ouest. A l’Ouest, depuis environ le 10 janvier, on assiste à peu près tous les jours aux mêmes scènes : la remontée des Sélékas vers le Nord et avec elle la politique de la terre brulée. Des pillages, des maisons brûlées. Mais aussi les anti-sélékas qui ciblent la communauté musulmane, parfois protégée par les soldats africains de la Misca et français de Sangaris mais pas toujours … Des villages ont été entièrement ou partiellement vidés de leur population. Nous sommes très inquiets quant à la protection des civils, quand on sait que ce pays est grand comme la France et la Belgique.

 

Quelles sont vos conditions de travail?

 

Pour les humanitaires, la situation n’est pas simple. Il nous devient très difficile de transporter un blessé musulman en voiture. Or il n’est pas dans nos principes d’être escortés par des militaires. Nous essayons donc de trouver d’autres moyens de les évacuer et de faire passer le message qui est que nous soignons tout le monde, quelle que soit la confession. Nous n’avons jamais été attaqués mais nous entendons des remarques de ci de là. Les menaces ne sont pour l’heure que verbales mais elles sont grandissantes.

 

Quels types de blessures soignez-vous le plus fréquemment?

 

Nous recueillons des blessés par balles, par grenades, et à la machette. Jusqu’au début du mois de janvier, essentiellement des hommes mais désormais nous soignons également des femmes et des enfants.

 

Diriez-vous que la situation s’aggrave dans tout le pays?

 

Oui, je le crois. Nous parvenons à limiter les dégâts mais nous n’arrivons pas à stopper la violence et la haine qui sont en train de germer dans les esprits. C’est un aveu d’impuissance… La criminalité ordinaire augmente elle aussi en l’absence de toute police et de tout système de service public d’Etat, sachant que les fonctionnaires ne sont plus payés depuis cinq mois. Il faudrait impérativement plus de moyens, plus d’acteurs, d’assistance humanitaire, c’est tout un pays qu’il faudrait aider à se relever. Or le désintérêt de la communauté internationale est tel… Nous voudrions notamment que les Nations unies soient plus présentes, plus actives sur le terrain. De toute ma carrière d’humanitaire, je n’ai jamais été confrontée à une situation aussi compliquée.

 

Alexandre Duyck - Le Journal du Dimanche   dimanche 16 février 2014

 

Centrafrique : "Nous n’arrivons pas à stopper la violence et la haine"
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 02:34

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 16.02.2014 19:19 - Par Anne LE COZ

 

Le chef du gouvernement centrafricain de transition André Nzapayéké a entamé dimanche à Bangui des discussions, appelées à se poursuivre, avec des chefs militaires de la milice "anti-balaka", qui se sont dits "prêts à coopérer", a constaté une journaliste de l'AFP.

 

"J'ai rencontré des chefs militaires des +anti-balaka+ pour discuter avec eux et voir, en fonction des moyens de l'Etat, comment les réintégrer", a déclaré à l'AFP le Premier ministre, à l'issue de sa rencontre dans un hôtel de Bangui avec dix représentants de cette milice d'autodéfense à majorité chrétienne, accusée d'exactions et de pillages à l'encontre des civils musulmans à Bangui et en province.

 

Un peu plus tôt, un membre de la délégation "anti-balaka", composée exclusivement de membres des Forces armées centrafricaines (FACA), avait annoncé à l'AFP une scission au sein du mouvement.

 

"Les +anti-balaka+ étaient une seule entité mais des problèmes sont apparus et il y a aujourd'hui une scission", a déclaré le capitaine Joachim Kokaté, ancien ministre des Petites et Moyennes Entreprises (PME), jusqu'ici porte-parole d'un "collectif des officiers libres", créé à l'été 2013 pour lutter pour le retour de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars par la rébellion à dominante musulmane Séléka.

 

"Nous avons voulu parler avec le Premier ministre du problème sécuritaire", a déclaré le capitaine Kokaté. "Notre objectif était de faire partir Michel Djotodia", chef de la rébellion Séléka porté au pouvoir en mars et contraint à démissionner le 10 janvier après avoir été incapable de mettre un terme aux violences et aux tueries intercommunautaires dans le pays.

 

"A partir du moment où il est parti, les armes doivent se taire et il ne doit plus y avoir d'exactions", a-t-il ajouté.

"Les +anti-balaka+ que nous représentons sont prêts à coopérer pour le retour de la paix", a encore dit le capitaine Kokaté, tout en se disant incapable d'estimer leur nombre. "Nous voulons amener les autres groupes à coopérer avec la communauté internationale", a-t-il affirmé.

 

"Nous sommes heureux qu'il y ait parmi les +anti-balaka+ des gens de moins en moins extrémistes qui acceptent de retrouver leur place dans la Nation", a déclaré le Premier ministre, tout en précisant ne "pas avoir d'idée claire de ce que représente ce mouvement aujourd'hui".

 

"Désarmer les comportements"

 

L'ouverture de discussions entre les autorités de transition, en fonction depuis la fin janvier, et une partie des "anti-balaka" survient au lendemain d'une démonstration de force dans leur fief de Bangui par les forces internationales.

 

Samedi matin, les soldats de la force africaine Misca, appuyés par des éléments de l'opération française Sangaris, ont ratissé pendant quatre heures le quartier de Boy Rabe, où ils ont saisi des armes et munitions mais surtout interpellé plusieurs cadres de la milice. L'opération a en revanche manqué son "objectif principal", à savoir l'interpellation du "coordonnateur politique" des "anti-balaka" Patrice-Edouard Ngaissona, ancien ministre et président de la Fédération centrafricaine de football, aujourd'hui en fuite.

 

Interrogé sur le sort de M. Ngaissona, le capitane Kokaté a affirmé l'ignorer, tout en soulignant qu'il s'en désolidarisait. "Il prenait des décisions sans concerter les autres", a-t-il affirmé.

 

"Patrice Edouard Ngaissona a envoyé des listes de noms à la chef de l'Etat de transition (Catherine Samba Panza) et au Premier ministre (avant la constitution du gouvernement NDLR) mais il a agi sans aucune concertation. Il n'a envoyé que des noms de gens de sa famille", a-t-il accusé.

 

"Aujourd'hui, il existe plusieurs factions au sein des +anti-balaka+", a poursuivi le capitaine Kokaté, qui s'est défendu d'agir pour le compte de l'ancien président Bozizé, que beaucoup accusent en Centrafrique d'être derrière la milice des "anti-balaka". "Je ne suis pas pour Bozizé, je suis nationaliste", a-t-il assuré.

 

"Aujourd'hui, il faut désarmer les hommes mais aussi désarmer les comportements", a-t-il estimé, avant de prôner l'organisation d'"un carnaval de réconciliation entre les chrétiens et les musulmans".

 

En fin d'après-midi, le Premier ministre André Nzapayéké s'était par ailleurs réuni avec les représentants de la communauté internationale en Centrafrique, ainsi que les chefs de la Force française Sangaris et de la Force africaine Misca. Aucune information n'a filtré sur la teneur de leurs entretiens.

 

© 2014 AFP

 

Centrafrique: des militaires "anti-balaka" annoncent une scission au sein de la milice
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 15:37

 

 

 

 

 

 

Pana 16/02/2014

 

Ban Ki-Moon pour une action accrue contre les atrocités en RCA - Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon a appelé à la solidarité et à une action concertée des Nations Unies et des organisations régionales pour aider les populations de la République Centrafricaine (RCA), rapporte un communiqué de l'ONU transmis, samedi, à la PANA à New York.

 

Ce communiqué qui a été rendu public suite à une réunion à huis-clos du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales, a indiqué que 'les Nations Unies et leurs partenaires régionaux sont confrontés à une nécessité urgente de contrôler la situation en RCA'.


'Les nuages sombres des atrocités de masse et de nettoyage ethnique planent sur la République Centrafricaine, où les lynchages publics, les mutilations et autres actes de violence épouvantables sèment la peur et le chaos', souligne le communiqué.

Offusqué que la paix, la sécurité, les droits de l'homme, le développement et tout ce que l'ONU défend et tente de promouvoir est malmené dans ce pays, Ban Ki-moon a fait remarquer que tous les Centrafricains en sont victimes, les musulmans comme les chrétiens.


Dans cette optique, Ban Ki-moon s'est engagé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher d'autres atrocités et minimiser le risque de partition de fait de ce pays. 'Nous devons désormais agir ensemble, nous devons agir sans hésiter et nous devons agir maintenant pour empêcher le pire', a-t-il dit.


Promettant retourner devant le Conseil de Sécurité, mardi prochain, avec des recommandations pour le contrôle et l'éradication de cette crise, Ban Ki-moon a indiqué être pressé de discuter sur le temps qu'il faudra pour mettre fin à ces violences, sauver des vies, protéger les droits humains, appuyer le déploiement d'une aide humanitaire et renforcer le commandement et le contrôle des forces sur le terrain.

'Ce sera une opportunité de fortifier nos efforts collectifs, une chance de montrer que la coopération entre l'ONU, l'UA, l'UE et d'autres organisations peut aider le peuple centrafricain quand il en a besoin', a-t-il fait remarquer.


Le secrétaire général de l'ONU a demandé de tenir les promesses faites aux Centrafricains et réagir énergiquement face à ce bain de sang. 'Nous ne pouvons pas déclarer nous soucier des atrocités commises dans ce pays, et nous soustraire à ce qu'il faut véritablement faire pour les éviter', a dit Ban Ki-moon.


'Notre engagement à protéger les civils n'a de sens que si nous déployons une force politique, militaire et financière pour les défendre. Notre responsabilité est claire. Nous devons nous ranger du côté du peuple centrafricain', a-t-il insisté.


M. Ban Ki-moon a cependant félicité la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC) et l'Union africaine (UA) pour leurs efforts intensifs afin de résoudre cette crise et pour la mise en place de la Mission internationale de soutien (MISMA) sous la conduite des Africains.


Il a également remercié le gouvernement français pour le déploiement de ses forces en espérant que les prochaines contributions militaires de l'Union européenne (UE) seraient coordonnées avec l'opération MISCA.


La réunion du Conseil de sécurité, note-t-on, était présidée par le ministre des Affaires étrangères de la Lithuanie, Linas Linkevicius, qui occupe la présidence tournante du Conseil pour le mois de février.


Des milliers de personnes ont été tués dans le conflit en RCA, qui a éclaté quand les rebelles Séléka à majorité musulmane ont chassé du pouvoir en décembre 2012 le président Bozizé. Les affrontements ont pris une tournure religieuse, quand les milices à majorité chrétienne, les anti-Balaka (anti-machette) ont pris les armes.


Au total, 2,5 millions de personnes, c'est-à-dire plus de la moitié des 4,6 millions d'habitants de ce pays ont actuellement besoin d'une aide humanitaire.

Centrafrique: Sanctionner les atrocités commises
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