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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 17:09

 

 

 

 

 

Memorandum-FARE.JPG

 

 

MEMORANDUM SUR LES CIRCONSTANCES

DU DECES DU PRESIDENT ANGE FELIX PATASSE

 

 

A l’occasion du 1er anniversaire de la disparition de feu Ange Félix PATASSE, ancien Président de la République Centrafricaine, le FARE- 2011, se fait le devoir de répondre à travers les lignes suivantes aux propos insolites, surréalistes et méprisants du Général François Bozizé dans l’hebdomadaire Jeune Afrique   (n°  2610 du 16 au 22 Janvier 2012)  à l’égard de l’illustre et digne fils de la République Centrafricaine, décédé le 5 Avril 2011 à DOUALA, République du Cameroun dans des conditions inacceptables.

 

D’entrée de jeu, le FARE – 2011  affirme que le Général Bozizé a proféré des contre-vérités indignes des fonctions d’un Chef d’Etat. La mort du Président PATASSE lui restera collée à la peau et le suivra, tel l’œil de Caïn.

Les multiples fiches mensongères de « coup d’Etat » imputé à PATASSE, fabriquées pour la circonstance par les services ‘’spécialisés’’ de BOZIZE, photocopiées et distribuées aux différents Chefs d’Etat de la sous région et aux responsables des institutions internationales attestent et attesteront de la responsabilité personnelle de ce dernier dans la mort prématurée du Président PATASSE pour non assistance à personne en danger et refus délibéré de le laisser sortir du territoire pour aller se soigner dans des centres médicaux spécialisés.

 

En réponse aux falsifications de la réalité, le FARE – 2011 oppose des faits précis, graves et concordants, conformes à la vérité historique :

 

Déclaration de BOZIZE lors des obsèques Officielles du Président PATASSE

 

Le 21 mai 2011, le peuple centrafricain a suivi avec regret la triste justification sans fondement que le Général Bozizé a cru devoir livrer au sujet des causes réelles du décès prématuré du Président Patassé.

Comme à l’accoutumée, fuyant ses responsabilités multiples au sujet des dérives de son régime en matière de droits fondamentaux de l’homme pourtant garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux dûment ratifiés par la RCA d’une part.

Devant l’immense émotion et le grand désarroi laissé par le Président Patassé du fait de sa mort prématurée d’autre part, le Général Bozizé a  cherché à se justifier en distillant dans son discours des mensonges éhontés et des accusations fallacieuses à l’encontre :

Ø  Des plus proches collaborateurs du Président Patassé,

Ø  Des leaders de l’opposition démocratique.

Il est vrai, le Président Patassé avait des soucis de santé et souffrait notamment de diabète. Cela est connu de tous les Centrafricains avant son accession à la magistrature suprême de l’Etat en 1993.

Depuis l’arrêt brutal du processus démocratique intervenu le 15 mars 2003 qui l’a contraint à  l’exil jusqu’à son retour fin octobre 2009 à Bangui, il était régulièrement suivi sur le plan médical et son état de santé était jugé satisfaisant.

Enfin, sous le régime de Bozizé, le Président Patassé contrairement à ses prédécesseurs, n’a pas pu bénéficier de son statut d’ancien Chef de l’Etat.

 Feu Président Patassé était très loin de penser que les divergences politiques en Centrafrique  sous le régime de Bozizé riment avec inimitié.

En effet, le retour d’Ange Félix Patassé a contribué à redonner de l’espoir aux centrafricains et à renforcer les rangs de l’opposition démocratique pour une alternance démocratique. Feu Président Patassé s’est résolument investi dans la recherche des voies et moyens pour apaiser le climat politique combien délétère à l’orée des élections prévues d’abord en 2010 puis reportées en 2011.

Pendant ce temps, l’état de santé du Président Patassé nécessitait un contrôle sanitaire approfondi dans un centre de soin approprié. L’Hôpital du Val de Grâce était retenu car cet hôpital disposait déjà d’un dossier médical pour avoir dans le passé traité le patient Patassé.

C’est ainsi que le Ministre de la Défense de la République Française, autorité de tutelle dudit hôpital a bien voulu donner suite à la correspondance du Président Patassé sollicitant son hospitalisation. Cette correspondance indiquait la procédure régulière prévue par les textes réglementaires pour toute personne étrangère ne résidant pas sur le territoire français et souhaitant être admise dans un centre de soin ou un hôpital en France.

Il s’agit de fournir un certificat médical transmis par valise diplomatique qui permettra aux services compétents dudit hôpital de prévoir une réservation qui prendrait en compte le type de traitement et la durée, les examens à pratiquer, mais aussi et surtout de déterminer le coût global de la prise en charge.

Cette procédure normale applicable à tous sans exception n’a pu être entreprise car assujettie à une condition essentielle : le versement d’un acompte équivalant à environ 30% du coût global de la prise en charge.

Toute proportion gardée, le Président Patassé s’est résolu à suspendre cette démarche pourtant salutaire pour sa santé eu égard à l’impossibilité pour lui de verser cet acompte.

Après les élections calamiteuses du 23 janvier 2011, la santé du Président Patassé s’est considérablement dégradée. Point n’est besoin de rappeler le climat malsain, exécrable instauré par Bozizé et son régime suite à ce hold-up électoral ayant profondément entamé le moral du Président Patassé

Malgré ce tableau sombre, le Président Patassé a opté pour l’usage des moyens légaux aux côtés des autres leaders de l’opposition démocratique pour la défense de la démocratie par la déclaration du 04 février 2011 et la signature de la plate-forme politique du 04 mars 2011 créant le Front pour l’Annulation et la Reprise ses Elections de 2011.

Admis d’urgence à la clinique CHOUAIB en date du 5 au 9 mars 2011, l’équipe médicale après avis motivé du médecin personnel du Président Patassé a conclu à la nécessité d’une évacuation sanitaire en urgence en date du 10 mars 2011.

L’humanisme compte beaucoup pour certains hommes d’Etat africains. C’est ainsi que le Président de l’Union Africaine, Président de la République sœur de la Guinée Equatoriale a répondu favorablement au cri de détresse du Président Patassé pour des soins appropriés dans son pays eu égard à l’état alarmant des infrastructures sanitaires de notre pays d’une part, et d’autre part, au refus délibéré des autorités centrafricaines de prendre les dispositions nécessaires pour son évacuation en France  à l’Hôpital du Val de Grâce.

A ce propos, contrairement aux allégations du Général Bozizé aucune initiative officielle  d’évacuation sanitaire du Président PATASSE n’a été prise par le Gouvernement Centrafricain.

La Très Haute Autorité équato-guinéenne a pris sur elle d’informer les autorités centrafricaines et surtout le ferme engagement de supporter l’intégralité des  dépenses relatives aux soins du Président PATASSE.

Autorisation d’évacuation sanitaire prise par le Ministre de la Santé Publique et de la Population

En tant que légaliste, le Président Patassé a instruit son Cabinet à prendre contact avec le gouvernement, de la décision administrative d’évacuation sanitaire. Une délégation du Cabinet accompagnée des deux filles du Président PATASSE est reçue en audience par le Ministre de la Santé le 17 mars 2011. La délégation a eu au cours de cette audience à fournir toutes les explications nécessaires:

  1. Sur les démarches au niveau du Val de Grâce, lesquelles démarches sont suspendues en 2010 puis reprises en 2011 mais qui pour les raisons déjà évoquées, et eu égard à la dégradation de la santé du Président Patassé, étaient inopportunes.
  2. De la nouvelle possibilité concrète d’un accueil rapide au niveau de la Guinée Equatoriale.

Le Ministre de la Santé a indiqué à son tour que rien ne s’opposait à la sortie du territoire du Président Patassé, ajoutant à la même occasion aussi que le Président de la République était parfaitement informé de la situation.

Le lundi 21 mars 2011 après avis motivé du médecin personnel du Président Patassé  et de la Commission  Nationale des Evacuations Sanitaires, le Ministre de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte Contre le Sida a autorisé officiellement l’évacuation sanitaire du Président Patassé par  Décision n°107/MSPPLCS/DIRCAB/DGSEH/DDIS/SESE.

Fort de cet acte d’évacuation du Ministre de la Santé, Son Excellence Monsieur Eduardo NDONG ELO NZANG, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Guinée Equatoriale a saisi Francis Bozizé   Ministre délégué à la Défense Nationale en vue de la délivrance de la décision d’autorisation de survol du territoire centrafricain de l’avion médicalisé en provenance de la Guinée Equatoriale.

Cette personnalité étrangère de haut rang est restée  pendant plusieurs heures devant le bureau de Francis Bozizé, sans être reçu. Et c’est avec peine et incompréhension que ce diplomate s’est résolu à quitter les lieux et à adresser ses regrets au Président Patassé.

L’on pouvait peut-être penser que Bozizé avait été  victime des actes inhumains de son entourage et lui trouver des excuses. Mais les agissements non équivoques, directs, personnels et indéniables de celui-ci sont révélateurs de sa responsabilité personnelle.

 Rien n’a été fait pour une procédure d’urgence de mise à disposition d’une caisse d’avance dont le montant est généralement fixé par les procédures budgétaires; La mise en œuvre d’une telle procédure aurait eu l’avantage d’attester une supposée bonne foi du Président Bozizé. Or il n’en a rien été.

C’est à la surprise générale que le Président Bozizé a refusé d’autoriser l’avion médicalisé, affrété par le Chef de l’Etat équato-guinéen de survoler la RCA et d’atterrir à Bangui pour évacuer le Président Patassé en Guinée Equatoriale.

Vu la dégradation rapide et inquiétante de sa santé, le Président Patassé avait décidé d’effectuer le voyage à ses propres frais par un vol régulier de la compagnie aérienne KENYAN AIRWAYS qui devait décoller de l’Aéroport International  Bangui M’poko le mercredi 30 mars 2011 à 09h35. La décision de voyager par un vol régulier fait suite au message de l’Ancien Président burundais Pierre BUYOYA, Envoyé Spécial de l’OIF venu à Bangui le 26 mars  selon lequel, « le Président Bozizé ne s’oppose plus à compter du 28 mars 2011 à l’évacuation sanitaire du Président Patassé et par voie de conséquence de l’ensemble des leaders politiques quant à leur sortie du territoire national. »

Interdiction de sortie faite au Président PATASSE et ses conséquences

Une deuxième fois le 29 mars à 10h30, date anniversaire du décès du Président Fondateur Barthélemy BOGANDA, le Président BUYOYA a reconfirmé cet engagement de Bozizé au cours d’une audience en présence de tous les leaders de l’opposition et du Président Patassé. C’est ainsi que le mercredi 30 mars 2011, le Président Patassé ayant cru à la bonne foi et  à la parole d’un officier général et de surcroît Chef d’Etat, s’est rendu à l’aéroport afin d’effectuer ce déplacement. Le commissaire de l’aéroport et la garde présidentielle affichant un mépris inqualifiable, ont empêché le Président Patassé de voyager. Des renseignements pris, ce Commissaire communique directement avec le Général Bozizé. C’est avec les larmes  aux yeux que les leaders de l’opposition rassemblés au sein du FARE-2011, les collaborateurs du Président Patassé, la population de Bangui venue accompagner le patient, ont assisté la mort dans l’âme à cet évènement exceptionnel que Bozizé et son équipe sont capables de faire subir à un homme  d’Etat malade, fatigué. Pourtant Jules Bernard OUANDET et Faustin Archange TOUADERA avaient rassuré au téléphone que rien ne s’opposait au déplacement du Président Patassé. Ce 2ème refus incompréhensible mettant à nu la cruauté de Bozizé a suscité une très vive émotion dans l’opinion nationale et internationale et par la même occasion une condamnation très ferme.

L’on comprendra aisément les propos de l’extravagant Porte-parole du Gouvernement Monsieur Fidèle NGOUANDJIKA, dans l’émission PATARA qui affirmait que le Président Patassé « faisait des simulacres » et « qu’il n’était pas malade ».

Poussant le cynisme à son paroxysme, le Général Bozizé va déclarer et présenter à une délégation de l’Union Africaine  en mission d’observation électorale du 2ème tour des législatives, un faux document faisant mention d’un projet de coup d’Etat que ferait le Président PATASSE une fois à l’extérieur du pays.

C’est à la faveur d’une double audience accordée à une délégation du FARE-2011 que cette  information est donnée par le Chef de la délégation, Coordonateur de la mission d’observation de l’Union Africaine le 31 mars 2011 au Siège même de ladite Institution à Bangui.

La fille-aînée du Président Patassé qui vit au Canada et descendue à Bangui en urgence pour la cause et ayant été témoin de l’humiliation dont a été victime son père a introduit une demande d’audience auprès du Président Bozizé en date du 31 mars 2011. De même, la famille NGAKOUTOU PATASSE lui a emboîté le pas le vendredi 1er Avril 2011.

 Levée tardive de la mesure d’interdiction de sortie

Suite à un coup de téléphone à Monsieur Michel GBEZERA BRIA le Ministre Chargé des Affaires Présidentielles, par le Cabinet du Président Patassé, une audience a eu lieu cette même matinée en présence des enfants Patassé. L’objet de cette audience concerne l’évacuation sanitaire du Président Patassé.

Aux environs de 15 heures, le Cabinet du Président Patassé est informé de la levée de la mesure d’interdiction de sortie de territoire du Président PATASSE.

Le Président Patassé a pu prendre l’avion le 2 avril 2011 en direction de Malabo via Douala au Cameroun par vol régulier.

De Douala, alors que le Président Patassé s’attendait à une suite heureuse pour être enfin pris en charge, le Général Bozizé avec un cynisme dont il est coutumier, va brandir à son homologue équato-guinéen la menace d’un incident diplomatique entre la RCA et la Guinée Equatoriale au motif que le Président Patassé utiliserait son territoire pour déstabiliser le régime de Bangui.

En jouant sur cette démarche machiavélique, le Général Bozizé a encore fait retarder le Président Patassé qui se croyait sorti d’affaire. En apprenant cette malheureuse nouvelle de son frère équato-guinéen qui voulait par mesure de précaution, prendre 24 heures de réflexion et de contacts diplomatiques nécessaires à son accueil, le Président PATASSE va plonger dans un coma d’où son hospitalisation d’urgence à Douala où il décèdera le 5 avril 2011.

Telles sont les vraies circonstances qui ont été à l’origine de la mort du Président PATASSE.

C’est ici l’occasion de rendre un hommage mérité :

Aux autorités équato-guinéennes pour leur bonne volonté, et l’humanisme qui a guidé le Président OBIANG NGUEMA MBASOGO qui a tout mis en oeuvre  pour venir au secours de son frère malade et abandonné par les autorités de son propre pays dont il a pourtant présidé aux destinées pendant dix ans.

 Aux autorités camerounaises qui ont pris des dispositions nécessaires tant sur le plan médical, sécuritaire et financier pour l’admission du Président Patassé à l’Hôpital Général de Douala d’une part et  pour la prise en charge globale de sa délégation dans un hôtel de ladite ville, d’autre part.

Conclusion

Le FARE 2011 accuse le Général François BOZIZE de non assistance à personne en danger  pour avoir délibérément et par méchanceté, empêché un patient d’aller se faire soigner malgré une décision  ministérielle d’évacuation sanitaire.

Le FARE 2011 rend le Général François BOZIZE personnellement responsable de la mort prématurée du Président Ange Félix PATASSE.

 

                                                                       Bangui le 5 Avril 2012

 

     Le FARE - 2011                                  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:50

 

 

 

 

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source : camerounactu.net : Guy Zogo

Selon de hauts fonctionnaires au siège de la CEMAC à Bangui, une affaire d’argent serait au centre de la brouille entre François Bozizé et Antoine Ntsimi. Ainsi, selon des témoignages que nous avons pu obtenir au siège de la CEMAC à Bangui, des hauts fonctionnaires de cette structure qui ont requis l’anonymat, rien de tout ce qui est reproché à Antoine Ntsimi par le président centrafricain ne serait fondé. En effet, l’origine de la brouille entre Antoine Ntsimi et François Bozizé remonte lors de la préparation du sommet de la CEMAC qui s’est tenu à Bangui les 15, 16 et 17 janvier 2010.

A cette occasion, selon nos sources, le président centrafricain convoque Antoine Ntsimi dans son palais. En présence de ses collaborateurs, il réclame au président de la Commission de la CEMAC une somme de 500 millions de FCFA destinés, selon lui, à la rénovation du Palais de l’Assemblée nationale centrafricaine où les chefs d’Etat de la CEMAC devaient être reçus. En outre, François Bozizé revendique 200 millions pour son épouse, aux fins des réceptions à organiser lors de ce sommet.

Le Président de la commission, qui a déjà, à cet instant, une réponse négative, se garde par courtoisie, disent les fonctionnaires de la commission, de l’exprimer à François Bozizé. Il choisit de se donner deux semaines avant de lui expliquer qu’il ne peut accéder à ses demandes. Son refus s’appuie sur les règles de la CEMAC qui stipulent que chaque Etat qui accueille un sommet de cette organisation utilise ses fonds de souveraineté pour son organisation.

Depuis lors, assure-t-on au siège de la Commission à Bangui, François Bozizé nourrirait « une haine profonde » à l’endroit d’Antoine Ntsimi. Cela se verra notamment à travers la presse centrafricaine qui va changer de ton à l’endroit du président de la Commission, l’accusant de tous les maux. Comme ce premier stratagème ne suffit pas à ébranler Antoine Ntsimi, les Camerounais auraient été mis à contribution, notamment les journalistes qui sont alors reçus à Bangui d’où ils en repartent plein de consignes et surtout de fric. Ce sont eux qui se chargeront de démolir leur compatriote après l’incident savamment orchestré de l’aéroport de Bangui. Le mot est passé aux autres confrères qui répètent en chœur, « Antoine Ntsimi est arrogant et irrévérencieux à l’endroit du Président centrafricain », « il se prend pour le 7e président de la zone CEMAC », « son cortège se compose de plusieurs voitures qui déambulent dans les rues de Bangui ». A son tour, Jeune Afrique est mis à contribution et sort du chapeau les dépenses dispendieuses du président de la commission de la CEMAC.

Un audit d’ici deux mois

A Bangui, au siège la CEMAC, on estime que, s’agissant de la posture de 7e président qui lui est accolé, Antoine Ntsimi en a les attributions au regard des statuts de la CEMAC. Ceux – ci, depuis le passage du secrétaire exécutif au président de la Commission, lui garantissent « indépendance et droit d’injonction » vis – à vis des Etats membres.

Quant aux dépenses que Jeune Afrique dénonce, la réponse des fonctionnaires de la CEMAC est sans équivoque « Nous ne voyons pas de quoi parle ce journal. Ces documents sont –ils authentifiés ? Ne sont – ils pas sorti de leur contexte ? S’agit –il d’un audit ? S’agit des dépenses liées au budget de fonctionnement ou plutôt du gaspillage des ressources propres de l’institution ? Rien de tout ce que cette mission commandée de François Soudan et Philippe Meyer, qui ont souvent émargé auprès de la CEMAC, racontent n’est fondé. Ils auraient été plus crédibles s’il s’agissait d’un audit, à l’image de l’audit institutionnel annuel de la CEMAC, prévu chaque année et dont celui de l’année 2011 va démarrer d’ici deux mois ».

Au- delà du cas Ntsimi, nos sources soulignent aussi que les deux Camerounais qui ont précédé l’actuel président de la Commission de la CEMAC à Bangui ont rencontré des problèmes autrement plus graves sans que cela ne soit autant médiatisé. Thomas Dakayi Kamga, secrétaire exécutif de la CEMAC, n’a passé que deux années et demie dans ses fonctions, puis a été démis à l’unanimité des cinq autres Etats de la sous-région qui l’accusaient d’inertie et d’incompétence. Il a été débouté par la Cour de justice communautaire à Ndjamena, après avoir saisi cette instance pour se plaindre de la manière dont il a été débarqué.

Pour ce qui est de Jean Nkuete, il a été déchargé de ses fonctions à la demande de l’Union Européenne qui lui reprochait d’avoir distrait 2 milliards de FCFA destinés au Programme indicatif national (PIN), au point que l’Union européenne a menacé de mettre un terme à ce financement communautaire.

Ainsi donc la CEMAC n’aurait jamais été un long fleuve tranquille pour le Cameroun.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:15

 

 

 

 

Ban-Ki-moon.JPG

 

 

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rappelé jeudi que pendant que l'attention du monde est tournée vers le Moyen-Orient, l'Afrique du nord et de l'ouest, une crise oubliée continue de faire des ravages en République Centrafricaine.

« Nous devons faire tout notre possible pour aider le gouvernement à consolider la paix, à reconstruire, à réformer le secteur de la sécurité, à mettre en place des accords de paix et à désarmer, démobiliser et réintégrer les anciens combattants », a déclaré M. Ban dans un message lu par le secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, lors d'une réunion du groupe des « amis de la République Centrafricaine » et en présence du Premier ministre de ce pays, Faustin Touadera.

M. Ban a rappelé que beaucoup a déjà été fait depuis la création du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine, il y a deux ans mais que de nombreux défis restaient à relever dont la pauvreté extrême, des institutions nationales faibles, la corruption, les violations des droits de l'homme et l'impunité.

« Il est primordial de renforcer le processus démocratique. L'ONU a organisé des ateliers rassemblant l'opposition et des représentants du gouvernement pour des discussions politiques. Cela est particulièrement nécessaire étant donné que le parti politique dominant contrôle le parlement et les autres institutions suite au boycott du processus électoral par les partis politiques d'opposition », a rappelé M. Ban.

Le dialogue soutenu par l'ONU est conçu pour créer un espace de recherche de consensus et de dialogue politique inclusif. Le soutien de l'ONU est nécessaire puisque le gouvernement se trouve devant une situation complexe et difficile. Des groupes rebelles et criminels contrôlent une grande partie du territoire ce qui déstabilise le pays et les pays voisins. Le gouvernement a cependant fait preuve d'une grande détermination à mener à bien le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) d'anciens combattants rebelles, et le secrétaire général a réitéré le soutien de l'ONU tout en appelant la communauté internationale à appuyer les efforts du gouvernement centrafricain.

« Le gouvernement a établi un cadre institutionnel pour le DDR, dont un ministère chargé spécifiquement de cet objectif, et il a investi près de 9 millions de dollars dans les activités de DDR dans le nord-ouest du pays. Le Fonds pour la consolidation de la paix a approuvé l'octroi de 2,4 millions de dollars supplémentaires pour aider à améliorer la sécurité dans le pays et dans la sous-région », a indiqué M. Ban.

M. Ban a d'ailleurs salué la ratification par le gouvernement centrafricain des deux protocoles facultatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant en décembre dernier et le projet de réintégration d'anciens enfants soldats dans les communautés.

« Nous sommes conscients qu'il existe des frustrations concernant la lenteur des progrès. De nouveaux retards vont uniquement exacerber les tensions et saper un processus déjà fragile, avec des conséquences potentiellement désastreuses. Avec l'arrivée de la saison pluvieuse dans le nord-est, il sera difficile de mener des opérations de DDR », a mis en garde M. Ban.

Le secrétaire général a lancé un appel aux « amis de la République centrafricaine » pour un soutien qui corresponde aux besoins sur le terrain, et pour ne pas délaisser le processus de DDR. Les conséquences d'un retour au conflit seront lourdes, non seulement pour la République centrafricaine, mais pour toute la sous-région. « Vous avez un rôle fondamental à jouer pour éviter cela », a souligné M. Ban.

 

 

NDLR : En bon diplomate Ban Ki-moon est obligé de lancer cet appel aux « amis » de la RCA qui sont vraiment fatigués et exaspérés par Bozizé et sa clique dont les malversations répétées et la gestion opaque des moyens financiers octroyés par la communauté internationale pour le DDR, notamment par la CEMAC (8 milliards de F CFA), sont systématiquement détournés pour d’autres fins inavouables.

Par ailleurs l’arrestation rocambolesque et la détention purement arbitraire à ce jour du vice-président du comité de pilotage du DDR Jean-Jacques Demafouth, n’incitent pas franchement les bailleurs de fonds à consentir quelques efforts supplémentaires que ce soit qu’on leur demanderait. Tout cela porte bien à croire que Bozizé ne veut nullement qu’il puisse avoir un désarmement dans ce pays car l’insécurité alimente son fonds de commerce et il en fait un véritable business.

Selon nos informations, l’ancien président burundais qui était encore très récemment à Bangui à la demande du Secrétaire Général de l’OIF, pour s’entretenir avec lui et faire le point de la situation en Centrafrique, en serait reparti découragé face à l’entêtement de Bozizé, son refus à s’amender et son obstination à tout verrouiller. Un détail non négligeable: toujours d’après nos informations, avant de descendre à Bangui, Pierre Buyoya a fait un détour par N’djaména pour un entretien avec le président tchadien sans doute au sujet du cas Bozizé.

On comprend pourquoi Bozizé s’est rendu récemment à N’djaména pour une prétendue « visite de travail et d’amitié ». En réalité, c’est pour se faire souffler dans les bronches par son voisin du Nord qui, toujours selon nos informations, en marge de la réunion de Marseille au sujet de l’eau et l’assainissement, se serait entretenu avec le président Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’OIF. On devine que la situation en Centrafrique a dû figurer en bonne place dans leur entretien.  

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:05

 

 

 

 

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Par Carine Frenk (RFI) vendredi 06 avril 2012

 

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En République centrafricaine sévit, selon la Commission européenne, la deuxième crise chronique la plus grave au monde après la Somalie. Une urgence oubliée, aggravée par l’insuffisance de financements.

Notre envoyée spéciale en Centrafrique est partie à la rencontre de femmes, dans la région de Kaga Bandoro, dans le nord de la RCA. [Pour cette année 2012, la Coordination des affaires humanitaires a lancé un appel de fonds de 134 millions de dollars pour la République centrafricaine. Seulement 13% de cette somme ont été versés.]

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 02:02

 

 

 

Sylvain-Ndoutingai

 

Preuve que le « vice-président » (comme on l’appelle à Bangui) Sylvain NDOUTINGAÏ a toujours en travers de la gorge le fait de figurer sur la « black list » de l’administration américaine dont l’ambassade parisienne lui avait refusé le visa en septembre dernier alors qu’il devait se rendre aux assemblées annuelles de la Banque Mondiale et du FMI, le toujours ministre d’Etat aux finances et au budget et indéboulonnable pilier de la bozizie a invité en ce début d'année 2012 à son cabinet et en présence de tout son staff, l'ambassadeur des Etats-Unis en Centrafrique, M. Lawrence Wholers pour lui exiger de fournir les raisons du mauvais traitement que lui fait subir l’administration de Washington.

En bon diplomate, l’ambassadeur a refusé de se livrer devant les collaborateurs du ministre mais une fois ceux-ci évacués, il aurait parlé entre quatre yeux au « vice-président ». C’est ainsi qu’il lui aurait clairement fait comprendre que c’est en raison de la découverte par l’administration américaine du montant colossal des avoirs bancaires de NDOUTINGAÏ dans plusieurs banques dans le monde y compris dans certains paradis fiscaux que celle-ci a décidé d’inscrire ce dernier sur la liste noire des personnes interdites de mettre pied sur le territoire américain. Voilà qui a le mérite de la clarté. NDOUTINGAÏ sait donc désormais à quoi s’en tenir.

Contrairement à ce qui avait été supposé, ce n’est donc pas à cause du contentieux qui a opposé les autorités de Bangui, en particulier BOZIZE et NDOUTINGAÏ à l’homme d’affaire et pétrolier du Colorado Jack GRYNBERG au sujet du permis d’exploration pétrolière que feu le président PATASSE lui avait octroyé, que l’administration américaine fait des tracasseries à NDOUTINGAÏ mais c’est à cause de ses milliards qui dorment dans plusieurs comptes bancaires dans le monde entier.

On se souviendra qu’en septembre dernier lorsqu’il a déposé sa demande de visa auprès de l’ambassade des USA à Paris, après le refus opposé initialement, sur intervention de l’ambassadeur de Centrafrique à Washington auprès du Département d’Etat, il a été répondu qu’à titre « exceptionnel et pour cette fois-ci seulement » le visa était accordé à NDOUTINGAÏ mais ce dernier a malgré tout choisi de ne plus se rendre aux USA, craignant d’y être arrêté et menotté comme Dominique Strauss-Kahn avait-il confié  à ses proches.

Dans un pays normal, le fait qu’un ministre des finances d’un pays aussi nécessiteux d’argent que la RCA ne puisse pas mettre pied à Washington où se trouvent précisément les sièges du FMI et de la Banque Mondiale constituerait une raison suffisante pour qu’il aille voir ailleurs mais en Centrafrique sous la bozizie, c’est paradoxalement une source de fierté et de gloriole pour l’intéressé qui plastronne plus que jamais à son poste et sort même renforcé de ce bannissement par les USA.

Rédaction C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 01:05

 

 

 

Cette carte des ressources minières de l’AZAWAD pourrait sans doute expliquer le sens de la guerre d'indépendance à laquelle se livrent les rebelles du MNLA et les mouvements islamistes radicaux au Nord Mali.

A chacun de se faire une idée de la situation au Mali et  les enjeux stratégiques inavouables des uns et des autres et dont personne n’ose parler.

Rédaction C.A.P

 

 

 

 

 

les-richesses-minieres-de-l-AZAWAD.JPG

 

 

 

  carte-Mali-richesses-minieres.JPG

 

Au Mali, "le pétrole est pour le moment un mirage"

LE MONDE | 04.04.2012 à 10h55 • Mis à jour le 04.04.2012 à 15h4

Principal mouvement rebelle, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) souhaite que cette région Nord du Malifasse sécession. S'agit-il d'un enjeu pétrolier ? Réponses avec Benjamin Augé,chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (IFRI) et rédacteur en chef adjoint d'Africa EnergyIntelligence.

Que sait-on des réserves ou des possibilités d'exploitation du pétrole au Mali ?

La région Nord est la plus prometteuse parce qu'elle fait partie du bassin de Taoudenni (partagé entre la Mauritanie, l'Algérie et le Mali). Le Taoudenni ne produit pas encore, mais un forage de Total dans la partie mauritanienne du bassin en 2009-2010 a suscité de grands espoirs. Au Mali, on n'en est pas là. Des travaux sismiques (2D et 3D) ont eu lieu, mais la phase des forages est constamment repoussée, pour des questions de coût et de priorité pour les sociétés présentes.

Que peut peser le pétrole face aux autres ressources naturellesdu Mali, comme l'or ?

Le pétrole est pour le moment un mirage au Mali. On ne peut pas mesurer les réserves sans avoir mené une série de forages dans une zone qui s'étend sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. De plus, le Taoudenni n'est pas le seul bassin. Le Mali abrite aussi le graben de Gao, les bassins du Tamesna et des Iullemeden (tous trois frontaliers avec le Niger), et celui de Nara (proche de Mopti). Pour chacun, on est loin de l'étape du forage. Le pays souffre de son enclavement. Les sociétés sont moins enthousiastes que pour les gisements offshore du golfe de Guinée, où il est facile d'exporter le brut. Pour l'or, en revanche, le Mali est l'un des premiers producteurs du continent.

Quels sont les pays qui s'intéressent particulièrement au nord du Mali du point de vue pétrolier ?

L'Algérie est présente au Mali (ainsi qu'au Niger et en Mauritanie) depuis moins de dix ans, mais avec une position très dominante. Au nord, l'Algérie a pris des blocs par l'intermédiaire de Sipex, filiale internationale de sa société nationale, la Sonatrach, et s'est associée avec l'italienne ENI pour partager les coûts d'exploration. Les deux sociétés opèrent un bloc très prometteur, mais le premier forage aurait dû avoir lieu en février, comme l'avait promis l'ex-premier ministre (arrêtée par la junte) Mariam Kaidaba Cissé Sidibe.

Comment les permis pétroliers ont-ils été attribués ?

Le Mali a monté vers le début 2000 un organisme sous tutelle du ministère des mines, l'Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière (Aurep), qui a accordé le plus grand nombre de blocs en un temps record. Parmi les sociétés sélectionnées, certaines sont sérieuses (Sonatrach, ENI), mais le plus grand nombre n'a pas les capacités techniques et financières nécessaires pour exploiter et retarde la mise en valeur des zones concernées. D'ailleurs, il n'y a pas eu un forage depuis.

La région est-elle susceptible de devenir un eldorado pétrolier ?

On en est loin. L'exploration n'en est qu'à ses débuts, et la zone saharienne reste méconnue. La Mauritanie produit depuis 2006 de petites quantités de brut en mer (8 000 barils par jour en 2011). A la suite d'une sélection rigoureuse du gouvernement, ce sont des sociétés reconnues qui veulent y investir (Total, Tullow Oil, Dana Petroleum, GDF Suez, Wintershall, Repsol...) et faire croître le débit. Le Niger produit depuis 2011 de faibles quantités de brut (20 000 b/j) à l'est (bloc d'Agadem) grâce aux Chinois de CNPC. D'ici cinq à six ans, une partie du brut d'Agadem sera exportée par un oléoduc qui serait raccordé à celui existant entre le Tchad (Doba) et le Cameroun (Kribi) construit en 2003 par Exxon. Le Mali, lui, est à la traîne.

Propos recueillis par Jean-Philippe Rémy

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:30

 

 

 

JP Mara

 

« Construisez le pays ! créez les infrastructures pour permettre de produire pour le bien être du peuple, mais ne touchez pas à la Constitution ! »

Par Jean-Pierre MARA

En République Centrafricaine, les principales sociétés d’Etat chargées de l’exploitation des infrastructures de base c'est-à-dire l’eau courante et potable, l’électricité (Ministère de l’Energie et les infrastructures de Télécommunication (Ministère des Postes et Télécommunications) sont  dans l’ordre la SODECA, l’ENERCA  et la SOCATEL.  A celles-ci s’ajoutent les routes et les ponts (Ministères de l’aménagement du territoire ou des travaux publics).

Les entreprises publiques auraient pu être les grands acteurs de la création de richesses nationales c'est-à-dire les maillons forts dans la création des emplois pour sortir les Centrafricains de la  misère et de la pauvreté. Il faut savoir que la RCA ne peut  survivre économiquement dans la CEMAC monétairement surévaluée, sans ces infrastructures, facteurs de construction et du  bon fonctionnement d’un pays.

Pour être clair d’entrée de jeu : ceux qui pensent qu’il faut privatiser l’ENERCA, la SOCATEL et la SODECA  pour mettre ainsi fin aux difficultés de ces sociétés d’Etat se trompent. Par contre, les propositions visant à les recapitaliser sont naturellement les bonnes, pourvu d’y ajouter deux éléments, à savoir : la bonne gouvernance et le capital humain  c’est à dire l’homme qu’il faut  à la place qu’il faut. En d’autres termes  mettre des gens qui savent de quoi ils parlent et cesser de privilégier la théorie de « l’homme de la tribu ou de l’ethnie  selon le principe du  « mo wara mo té biani ».

En fait, il faut rétablir une vraie politique de  la bonne gouvernance économique des entreprises publiques au lieu de se perdre dans la jungle de la privatisation qui rime normalement avec le Libéralisme ; il faut tirer les leçons des politiques libérales avec les conséquences visibles en Europe aujourd'hui.

La taillé du marché centrafricain est relative à   une population de 4 millions qui n’a pas le pouvoir d’achat pour faire vivre un marché libéral voir ultra libéral, orienté vers le gain rapide et facile. Nous savons tous qu’en politique libérale, une entreprise  privée ne peut investir dans les équipements lourds que si le marché lui assure le retour sur investissement immédiatement. Or les investissements dans turbines, alternateurs, transformateurs, lignes de transport haute tension, etc., qu’il faut pour améliorer  l’alimentation du pays en électricité de façon continue ne peut pas s’amortir en un an. En réalité il faudrait déjà que le marché des consommateurs dépasse le seuil du million (1.000.000) de ménages au pouvoir d’achat garanti, ce qui est loin d’être le cas de Bangui avec ces 10.000 fonctionnaires dont 2.000 ménages seulement sont électrifiés. Il n’y a donc que l’Etat susceptible d’investir  dans le renouvellement de ces infrastructures lourdes.

Il en est de même pour la SOCATEL :  Ici, seul l’Etat peut financer les investissements pour la  modernisation des équipements de téléphonie fixe et d’accès à internet haut débit en installant la fibre optique et en finançant le raccordement au réseau téléphonique public câblé de toute nouvelle construction de bâtiment public ou privé, nécessaire pour la communication des entreprises.

Comment faire ?Avant de répondre à cette question, un préalable consiste déjà à circonscrire les erreurs perpétuelles des différents gouvernements qui se succèdent en R.C.A : les exemples pour mettre en évidence ces échecs de stratégie dans le domaine de maintenance et de rénovation des infrastructures techniques de base sont les cas de la SNE privatisée pour devenir SODECA à son époque, SOCATEL et ENERCA dont on parle régulièrement de la privatisation. Quelle est la situation ?

         Lorsque vous envisagez de remplacer les tôles de votre maison qui laissent passer l’eau de pluie, vous vous adresserez aux vendeurs de tôles ou aux partenaires du fabriquant; Vous ne vous adressez pas sûrement à votre voisin qui lui, entretient la sienne mieux que vous.

     Lorsque votre voiture est en panne, vous vous adressez à un garagiste, au constructeur ou alors à son représentant; Vous ne vous adressez pas à votre voisin dont la voiture roule toujours en bon état.

Que constate-t-on comparativement en R.C.A quand il est question de réparer les pompes cassées de la SODECA, les turbines ou les transformateurs obsolètes de l’ENERCA ou encore les commutateurs vétustes de la SOCATEL ?  C’est là le paradoxe centrafricain :

         Dans le passé, les autorités s’adressaient toujours à France Télécom (FT) pour faire réparer les équipements de la SOCATEL, alors que FT n’était pas constructeur d’équipements de Télécommunication mais un exploitant au même titre que la SOCATEL. Le résultat, nous le connaissons aujourd’hui.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des turbines de BOALI,  l’ENERCA ou  les autorités s’adressent  à Electricité de France  (EDF) qui n’est autre chose que l’ENERCA de la France. Ici on retrouve les mêmes erreurs que dans le cas de FT. Pourtant EDF n’est pas constructeur de Centrale ou de turbines. C’est un exploitant qui achète les Centrales chez les constructeurs AREVA, TOTAL  ou SIEMENS… etc.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des pompes,  de la construction des châteaux d’Eau  ou encore des produits hygiéniques, SODECA s’adresse à la SAURE, un autre exploitant français. Nous sommes toujours dans les mêmes erreurs.

Mais pourquoi ne s’adresse-t-on pas  au canadien St-Arnaud Inc, au Français Total ou à l’allemand SIEMENS. Nous savons qu’AREVA a un passif avec le gouvernement mais de grâce, adressez-vous  aux fabricants de turbines ou de centrales hydroélectriques ? D’ailleurs, je me demande pourquoi François BOZIZE n’avait-il pas négocié la réparation des turbines de BOALI avec AREVA à l’époque des négociations sur BAKOUMA ou des milliards se versaient à tour de bras pour l’uranium ?

Les autorités et les gouvernants savent  que ces entreprises traînent des dettes colossales suite aux incapacités managériales et aux  difficultés  de gestion tout de même liées aux nominations ethniques de complaisance ; ils connaissent la vétusté des équipements de nos infrastructures dont certains datent de la période coloniale ; ils savent qu’elles (les autorités), se croient affranchies de l’obligation de payer leurs factures d’électricité et d’eau ; ils savent que  l’Administration Publique cumule les arriérés de paiement des factures d’eau et d’électricité et de téléphone; ils connaissent les raisons du phénomène de la fraude de l’électricité et de l’eau par les ménages avec la complicité des agents de ces entreprises. Et ils savent aussi que ce n’est pas de la faute des fraudeurs qui eux, sont prêts à payer si la qualité est assurée.

Et alors ! Les autorités et les gouvernants savent tout cela mais ne proposent aucune solution. Elles savent que c’est parce qu’elles ont placé des parents ou amis incompétents ou inconscients ou encore moins soucieux du sens de patriotisme qu’ils  refusent de changer l’Etat des choses ! Et nous autres savons tout cela mais ne disons rien ou manifestons de façon isolée (Kpéténé seul, Bimbo seul, Cattin seul, Boy-Rabé seul, Gobongo seul?).

Ces gouvernants qui ne veulent pas des idées de l’opposition politique, n’apportent aucune solution  viable pour le bien-être du  peuple dont ils se disent vouloir le bonheur !  Pour se moquer de ce peuple, on lui rabâche depuis des années  que des Chinois sont en train de construire BOALI. Nous savons que les Chinois financent les projets de cette envergure mais eux aussi achètent les constructions de barrages chez TOTAL, SIEMENS ou ARVEA, donc on peut négocier le financement avec eux mais acheter chez les constructeurs, n’est-ce pas ? Là ou le Gouvernement  perd de crédibilité, c’est quand on annonce dans la presse alors que la mise en route de cette construction chinoise ne résoudra jamais le phénomène de délestage chronique dans la capitale centrafricaine.  Mais alors dans ce cas, pourquoi le finance-t-on ?

Pour parler de l’Eau, la SODECA n’est même pas en mesure de la mettre en bouteille, Est-ce par manque d’imagination alors que nous avons pleins de Sources pouvant servir à cet effet ? On préfère laisser les « amis Libanais » vendre de l’eau infecte.

L’absence d’un réseau fiable du téléphone fixe nécessaire pour le fonctionnement de l’administration et des entreprises susceptibles de créer des emplois, est l’indicateur rouge qui entrave toute démarche des hommes et Femmes d’affaires. Envoyer un  fax ou téléphoner moins cher, même dans Bangui, est un calvaire. Accéder à internet ou encore réserver un nom de domaine en « .cf » relève de l’imaginaire ou de la science-fiction. J’ai essayé de réserver un nom de Domaine chez le Registrar Sud-Africain de la SOCATEL et surprise,  ce dernier me propose les tarifs suivants.

Pour mara.de(Allemagne) ou mara.fr (France)  € 9.50  MAIS pour mara.cf (CENTRAFRIQUE)  € 299.00  (OUI, vous avez bien lu : deux cent quatre vingt dix neuf euros au lieu de neuf euro cinquante !).

D’abord la SOCATEL n’a pas de serveur DNS  Root en RCA car il n’y a pas d’infrastructure! Bon, j’avoue que c’est trop technique pour le commun des mortels.  Dites-vous seulement qu’il faut passer par les routes en latérite plein de trous avant de tomber sur le goudron (c'est-à-dire la fibre optique). On se demande bien ce que  fait la SOCATEL dans ce domaine et comment l’Etat compte s’investir pour apporter la solution qu’il faut ! Là aussi, il serait intéressant de comprendre pourquoi la Fibre dont on parle depuis 2008 est toujours à l’Etat d’études des répercussions sur les riverains du tracé, comme si la route Bangui-Garouamboulaye est nocive pour les riverains. Le principe de ces études est-il vraiment de résoudre les préalables pour un départ du projet ou bien, ou bien est ce qu’elle sert de prétexte pour soustraire un plus d’argent à la Banque Mondiale  sensible aux arguments de destruction de l’éco système ?  Qu’on nous réponde !

Notre pays a vraiment besoin d’une armée forte et non tribale,  d’une bonne politique d’infrastructures de base pour la relance de l’économie. Au lieu de tripatouiller la Constitution, construisez les infrastructures de base pour permettre à l’armée de disposer des moyens pour nous protéger ! Moyens de communication, bonnes routes pour se déplacer rapidement ! Au lieu de persécuter ceux qui disent que rien ne marche, trouvez les vraies solutions pour la reconstruction de notre pays en achetant chez les équipementiers constructeurs!

C’est pourquoi il est urgent de crier « Touchez-pas à la Constitution » ! Mieux, perdez l’énergie à produire de l’Eau courante et propre, de l’Electricité, à construire les ponts, les routes et le téléphone fixe pour le bon fonctionnement des opérateurs économiques, de l’administration, de l’Armée  Nationale et les autres forces de l’ordre pour garantir la paix et la sécurité physique et alimentaires de la population.

Paris le 4 Avril 2012 

Jean-Pierre MARA

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:04

 

 

 

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Antoine NTSIMI se déplaçait à Bangui flanqué de deux (2) body guards armés...On apprend par ailleurs qu’en son absence sa villa aurait été visitée par des inconnus qui ne lui ont rien subtilisé mais qui se sont en revanche bien copieusement sustentés de mets rares et de champagnes...

Selon nos informations d’une source proche du dossier ayant requis l’anonymat, l'AFD vient de notifier à la CEMAC la suspension du décaissement qui devait être fait suite à la signature de la récente convention, en raison dit-on de l'article paru dans Jeune Afrique paru lundi dernier, le DG/AFD s'inscrivant en faux dans la justification des frais de restaurant de 19 000 € présentés par NTSIMI et se réserve même le droit de porter plainte. Cette suspension sera levée lorsqu'un nouvel organe de gestion sera mis en place. Les Chefs d'Etat sont donc mis en face de leurs responsabilités de ce fait, et n'ont pas le choix. Virer le gangster est  la seule alternative, mais .....!

Rédaction C.A.P

 

 

LIBREVILLE 5 avril (AFP) –  Comment faire fonctionner la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (Cémac) avec un patron camerounais interdit de séjour en Centrafrique... où la Cémac a son siège? Une querelle de clochers qui tourne au casse-tête diplomatique.

Le 21 mars, Antoine Ntsimi, président camerounais de la Commission de la Cémac, est refoulé sans explication à l'aéroport de Bangui.

Cinq jours plus tard, le 26, le ministère des Affaires étrangères centrafricain publie un communiqué on ne peut plus clair: "Afin de préserver les bons rapports entre l'Etat de siège (Centrafrique) et la Commission de la Cémac et d'assurer le maintien des relations fraternelles et cordiales entre la République Centrafricaine et les autres Etats membres de la Communauté, M. Antoine Ntsimi (...) est déclaré persona non grata en République Centrafricaine".

En poste depuis cinq ans pour un mandat qui s'achève cette année, M. Ntsimi n'est visiblement pas apprécié par le président centrafricain François Bozizé.

Ce dernier avait déjà réclamé sa tête lors du sommet de l'organisation en 2010. Il voulait toujours son départ en janvier dernier lorsque la Cémac devait tenir un sommet à Brazzaville, mais qui avait finalement été reporté.

"Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses", a affirmé dernièrement M. Bozizé sur Vox Afrique.

Un haut fonctionnaire centrafricain taxe pour sa part M. Ntsimi de "comportement arrogant", tandis qu'un diplomate gabonais reconnait qu'il a des "relations conflictuelles avec plusieurs chefs d'Etat", estimant toutefois qu'on ne peut pas "virer" les gens comme ça. "Il faut faire ça dans les règles de l'art".

Créée en 1999, la Cemac regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Quelques jours après le refoulement du haut fonctionnaire camerounais, la diplomatie gabonaise s'en mêle: "le ministère des Affaires étrangères tient à marquer son étonnement devant cette situation et invite les parties à la sérénité indispensable au bon fonctionnement de notre institution commune".

Au Cameroun, le pays de M. Ntsimi, on prend l'affaire au sérieux. Le ministre des Relations extérieures, Pierre Moukère Bono a reconnu que le Cameroun avait saisi le président congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Cémac.

Et vendredi dernier, Cameroon Tribune titrait "Ntsimi bientôt à Bangui" en s'appuyant sur des déclarations du ministre congolais de l'Economie Pierre Moussa selon qui M. Ntsimi allait prochainement regagner son poste pour préparer le sommet Cémac de Brazzaville en mai.

Apparemment, Antoine Ntsimi ne paraît trop s'émouvoir de ces critiques: l'ancien ministre des Finances du Cameroun se déclare "candidat à sa propre succession" à la tête de la Cémac sur son site internet.

Dans un long article de sa dernière livraison, l'hebdomadaire Jeune Afrique évoque de son côté une "gestion financière ((...) au niveau de la présidence (de la Cémac) pour le moins troublante", parlant d'une "multiplication hors normes des retraits en espèces à partir du compte ouvert par la Cémac auprès de la Banque des Etats d'Afrique centrale" (BEAC).

Sous le titre "Cémac: le grand déballage", Jeune Afrique mentionne notamment des frais de missions très importants, de gros retraits en liquide à la BEAC par un "homme de confiance" d'Antoine Ntsimi, ainsi que des locations d'avions pour ce dernier.

Cet encombrant dossier sera sans nul doute en tête de l'agenda des chefs d'Etat du prochain sommet de l'organisation à Brazzaville en juin.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés.

 

 

Cemac : les étranges factures d’Antoine Ntsimi

 

03/04/2012 à 17h:00 Par Jeune Afrique

 

Dans son numéro 2673 en kiosque du 1er au 7 avril, Jeune Afrique enquête sur la gestion financière pour le moins relâchée de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Son président, le Camerounais Antoine Louis Ntsimi Menye, est la figure centrale de cette affaire.

 

Une série de locations d’avions privés à des tarifs exorbitants, des frais de missions aux montants tout aussi étonnants, une réception donnée en l’honneur du directeur de l’Agence française de développement (AFD) Dov Zerah - laquelle n’aurait d’ailleurs jamais eu lieu - facturée 19 940 euros… La lecture de certains documents comptables de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), que Jeune Afrique s’est procurés, est tout simplement édifiante.

 

L’homme au centre de cette gestion financière pour le moins troublante n’est autre que le président de ladite Commission, le Camerounais Antoine Louis Ntsimi Menye, 56 ans. De fait, la quasi-totalité des retraits en espèce destinés à régler ces factures pour le moins salées, concernant la fin de l’année 2011 et les deux premiers mois de 2012, ont été effectués par un homme de confiance de ce proche du président Paul Biya.

 

Pour ne rien arranger, celui qu’on surnomme « Chicago Boy » est au cœur de la crise politique profonde que traverse la Cemac, qui réunit le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique, le Gabon, le Congo, et la Guinée équatoriale. Élu le 25 avril 2007 pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, Antoine Louis Ntsimi Menye devait quitter son poste à la fin du mois d’avril, en vertu du principe de rotation alphabétique adopté par la Cemac en 2010 à Bangui. Mais après avoir dans un premier temps accepté de se retirer, il a brusquement changé d’avis courant 2011, se déclarant candidat à sa propre succession.

 

Une décision prise contre l’avis des autorités de Centrafrique, ce qui qui n’a pas contribué à l’amélioration des relations déjà compliquées entre Antoine Ntsimi et le président François Bozizé. En mars dernier, le premier a même été déclaré persona non grata sur le sol centrafricain… où siège la Cemac.

 

Au-delà du cas Ntsimi, c’est toute une institution qui se retrouve encore une fois au point mort. Et avec elle tous les grands chantiers qu’elle est censée porter depuis le sommet des chefs d’États à Bangui, en janvier 2010 : Air Cemac, passeport unique, fusion des bourses

 

   

Quel peut être l'impact de la crise de la Cemac sur la diplomatie camerounaise?

Quotidien Mutations Jeudi 5 avril 2012 05:58

Depuis qu'a éclaté au grand jour la crise de la Cemac avec comme épicentre le président de la commission de l'institution, notre compatriote Antoine Ntsimi, les actes visibles posés par la diplomatie camerounaise en relation avec cette crise se comptent au bout des doigts.

Un communiqué laconique du ministre des relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo qui se  contente d'indiquer que le président en exercice de l'organisation, le président Sassou Nguesso a été saisi pour trouver une solution au problème. Deux audiences présidentielles. Une accordée à un émissaire du président congolais, Pierre Moussa, ministre d'Etat en charge de l'Economie et l'autre à un émissaire cette fois du président centrafricain François Bozizé, Albert Besse, secrétaire général à la présidence de la RCA.

Si les déclarations à la presse du premier ont laissé penser aux camerounais que l'honneur du pays sortirait sauf de cette crise, celle du second à la même presse ont clairement souligné que les autorités de RCA ne sont pas prêtes à calmer le front. Pierre Moussa, se voulant rassurant en évoquant "un malentendu" avait indiqué qu'Antoine Ntsimi, le président de la Commission de la CEMAC expulsé et humilié par les autorités centrafricaines devrait bientôt regagner Bangui. Quant à l'émissaire du président Bozizé, il a surpris l'opinion camerounaise par une langue de bois fort bien ciselée pour la circonstance en indiquant qu'il avait appris l'affaire en lisant la presse camerounaise.

Honneur et dignité

Devant un tel défi à l'honneur et à la dignité du Cameroun, l'absence de réaction de nos autorités a quelque chose de déconcertant. Beaucoup se demandent ce que le gouvernement camerounais attend pour élever la voix, taper du poing sur la table, expulser un ou plusieurs diplomates centrafricains ou de toute façon faire quelque chose qui manifeste notre volonté de nous faire respecter. Il est temps, soutiennent-ils, de restaurer notre dignité bafouée. Car la "petite" RCA qui a ridiculisé un haut diplomate camerounais et brutalisé quelques autres se permet en plus de nous tourner en bourrique sans même que lui soit exigé un mot d'excuse.
On a pourtant vu notre géant voisin, le Nigéria, frapper du poing sur la table en réaction à un impair dont ont été victimes ses ressortissants en Afrique du Sud en expulsant autant de diplomates nigérians qu'avait expulsés Prétoria. L'Afrique de Sud s'était pourtant déjà confondue en excuses.

Mais on se doute bien qu'à ceux qui dénoncent la mollesse, la timidité, la faiblesse de la diplomatie camerounaise, quelques bonnes âmes prêtes à brandir tous les arguments pour défendre même les plus évidentes carences de l'homme des grandes réalisations vont tenter de nous démontrer qu'il a choisi la voie de la sagesse incarnée dans la gestion de ce dossier. On tentera de nous convaincre que son calme, son silence et sa pondération sont les seules postures qui conviennent face à l'agitation et à la nervosité qu'on a pu observer de l'autre côté du fleuve Oubangui.

L’argument est recevable. Mais on ne saurait oublier que dans la crise en question, ce n'est pas la RCA le problème, mais bien un diplomate camerounais dont les écarts de comportements, les méthodes de management, la mauvaise gouvernance et le bilan désastreux ne peuvent qu'éclabousser l'image du Cameroun. Et ont eu pour résultat d'affaiblir notre diplomatie et plus grave de paralyser le processus d'intégration de la sous-région.

Les révélations de l'hebdomadaire Jeune Afrique dans son édition de cette semaine sur la gabegie de Mr Ntsimi viennent contribuer à charger la barque des miasmes de l'image négative que renvoie le Cameroun de lui-même à travers le comportement de certains de ses ressortissants à l'étranger. Notre réputation de pays ou règne la corruption, terre d'élection des feymen, ces champions du monde de l'escroquerie en sort renforcée. Et dans ce désastreux prisme de notre réalité, il faut reconnaitre qu'Antoine Ntsimi a fait vraiment fort.

Alors, la question qui se pose au Cameroun aujourd'hui, et à laquelle le président Biya, qui est le seul vrai chef de la diplomatie camerounaise se doit de répondre est de savoir ce qu'il convient de faire. Il semble évident qu'il serait incongru de s'entêter à chercher à soutenir un monsieur qui traine autant de casseroles et qui a contribué a l'affaiblissement de notre diplomatie et à la dégradation de notre image. Faut-il pour autant céder le poste de Mr Ntsimi à un autre pays, voire même à la RCA? En fait, la seule issue qui laverait l'honneur du Cameroun dans cette affaire serait de remplacer l'actuel président de la commission par un autre camerounais. A priori, il y a peu de chance que cette solution soit acceptée par nos voisins. Mais c'est une carte que Paul Biya peut habilement jouer en sacrifiant Ntsimi et en profitant de la maladresse et des excès de la réaction de Bozizé pour exiger que le système de rotation adopté en 2010 démarre dans cinq ans. 

Coup diplomatique

Ce serait aussi une façon d'obliger la RCA à s'amender vis à vis du Cameroun. Encore faut-il que Paul Biya soit prêt à faire preuve de fermeté après avoir su calmer le jeu. Ce serait alors un véritable coup diplomatique. On se souvient la prouesse d’Ahidjo faisant remplacer à l’OUA Nzo Ekangaki éclaboussé dans un scandale de corruption par William Eteki Mboumoua.

Enfin cette crise doit nous faire réfléchir sur la place et le rôle du Cameroun en Afrique centrale. Notre pays, à travers son premier responsable ne peut pas continuer à s'estimer leader et renoncer à assumer cette responsabilité. Il faut le dire et le redire, les absences de Paul Biya la scène diplomatique africaine et en particulier au sein de la Cemac sont un préjudice pour le Cameroun mais aussi pour l'intégration sous-régionale. Elles nous valent d'avoir enregistré un recul significatif sur de nombreux fronts diplomatiques et économiques.

C'est ce vide laissé sur le terrain de notre responsabilité en tant que locomotive économique de la sous-région qui a accentué la paralysie de l'intégration dans la zone Cemac. Le quasi échec du projet Air Cemac est le dernier exemple de cette réalité après le coup des deux bourses des valeurs à Douala et Libreville.

Michel Lobé Ewané

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 15:38

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Jeudi, 05 Avril 2012 13:52

Le peuple centrafricain commémore ce 5 avril 2012, le premier anniversaire de la disparition président Ange-Félix Patassé. Aucune manifestation officielle n’a été organisée. Toutefois, le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE-2011) s’est recueilli sur la tombe du défunt président et a ensuite organisé une conférence de presse.

L’interrogation qui revient sur les lèvres des militants, compatriotes de ce défunt candidat malheureux à la dernière présidentielle en République Centrafricaine est, quel est l’état de l’héritage politique de Ange Félix Patassé une année après sa mort ?

En effet, la mort de  cette personnalité relance la question de  l’héritage politique qu’il a laissé depuis la création du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE-2011), en passant par le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le parti politique qu’il aurait  crée même si une nébuleuse entoure encore la problématique  de paternité du MLPC.

Le FARE, faut-il le rappeler, était pour le défunt Président Ange Félix Patassé, un cadre institutionnel pour lui permettre de mener son combat politique. Mais quelles sont les valeurs dont le FARE était porteur au sein de l’espace public politique du vivant de Patassé, et qui sont restées d’actualité ?

Difficile de le dire. Jusque-là les valeurs qui sous tendaient et qui sous-tendent encore l’existence du FARE-2011 peuvent être circonscrites sous l’angle de  la reprise des élections  groupées de janvier 2011. Ange Félix Patassé y croyait  de tout son vœu,  car il misait aussi sur son carnet d’adresses au niveau du continent africain notamment  ses anciens amis Présidents, mais aussi ses relations au-delà du continent africain.

Malheureusement, la mort l’a arraché prématurément, d’où la récupération de cet instrument par l’opposition politique, qui  a estimé que le combat politique de Patassé était légitime. C’est pourquoi elle s’est organisée pour continuer la lutte politique dans le cadre des valeurs qu’elle entend insuffler au niveau de la société centrafricaine.

Le FARE-2011 est resté tangible dans sa logique de reprise des élections groupées, même si  elle n’a pas les moyens de mener son combat politique. Cette question de Reprise des Elections de 2011 est toujours balayée du revers de la main, par le président François Bozizé qui a toujours minimisé l’existence du FARE-2011. D’ailleurs dans certaines de ses allocutions, il a même déclaré que « les phares sont déjà crevées » faisant allusion FARE ayant la même consonance. De ce point de vue, Bozizé estime que le  FARE-2011 n’a pas la capacité de l’inquiéter, car il n’est qu’une coquille vide.

De leur côté, les observateurs de la vie politique centrafricaine pensent  qu’en l’absence de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) qui s’est éteinte à la veille des élections de janvier 2011, quelques   partis politiques de l’opposition avaient resserré leur rang.

Il s’agit du MLPC, du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), le Congrès Républicain pour le Progrès Social (CRPS), le Mouvement de Libération des Démocrates (MLD). Ces partis, membres actifs du FARE-2011 mènent à ce jour un combat commun contre la chute du pouvoir de Bangui. Ils ne cessent de dénoncer les dérives politiques de Bozizé et son équipe.

Quant au MLPC, parti politique qui a porté Ange Félix Patassé au pouvoir en 1993, et qui est dirigé à ce jour par Martin Ziguélé, il est de plus en plus miné de l’intérieur par les querelles intestines.

Son ancien Secrétaire général Jean-Michel Mandaba est rentré au gouvernement Touadéra III, sans l’accord de son parti. Sanctionné,  il a claqué la porte du MLPC amenant avec lui certains militants, pour créer son propre parti.

Le départ de Jean-Michel Mandaba a ouvert la porte aux ambitions démesurées des autres militants de ce parti,  à l’instar de Jacques Boniba qui a également quitté le MLPC,  pour créer  le MLD.

Certes qu’il  y’a eu des départs du MLPC. En revanche, d’autres militants qui avaient regagné le rang du défunt président Ange Félix Patassé à travers le comité de soutien au candidat Ange Félix Patassé, sont revenus grossir l’effectif des militants et sympathisants de cette famille politique qui est le MLPC.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 03:10

 

 

 

Shaolin

 

 

cercueil AF Patassé

cortège funèbre Patassé à Bangui

 

mausolée Patassé

 mausolée Patassé 2

                                               mausolée d'Ange-Félix Patassé au Pk 26 route de Boali

 

Voici un an jour pour jour que le président Ange–Félix Patassé, le « barbu national » a quitté ce bas monde pour son repos éternel. Sa brutale disparition, de surcroît sur un territoire étranger, a beaucoup défrayé la chronique et suscité une réprobation générale et une indignation qui ont dépassé les frontières du Centrafrique en raison de la méchanceté gratuite d’un homme sans cœur nommé François Bozizé, celui-là même pour qui l’illustre défunt avait pourtant tant fait par le passé.

Bozizé s’est laissé manipulé par son « sécurocrate » Claude Richard Gouandja qui lui a fait croire à la « véracité » d’une fiche mensongère montée de toute pièce et disant que le président Patassé voulait se rendre à Malabo non pas pour raison de santé mais afin d’y recruter des mercenaires pour venir renverser Bozizé du pouvoir.  

La matérialité de ce funeste complot a été confirmée par Bozizé lui-même dans son allocution improvisée lors  des obsèques officielles de Patassé sur l’avenue des Martyrs. Il avait en effet ce jour, reconnu avoir affrété un avion pour dépêcher à Malabo une mission constituée notamment de son directeur de cabinet et l’ambassadeur de France rencontrer le président équato-guinéen pour tirer clair cette affaire de recrutement de mercenaires par Patassé.  

En apprenant depuis son escale de Douala la mission à Malabo de ces émissaires, Patassé avait fait un arrêt cardiaque dans un premier temps et a pu être ranimé avant de décéder 48 heures après. C’est l’irréfutable preuve de la responsabilité de Bozizé dans sa mort. C’est pourquoi les élucubrations et tentatives de Bozizé lors des funérailles de Patassé de nier ses responsabilités dans la mort du « barbu national» tout en se défaussant sur d’autres sont vaines. Il aura perpétuellement sur sa conscience la mort de Patassé, qu’il le veuille ou non. A cause de Bozizé, Patassé a été contraint à deux reprises à de longs exils togolais.

Pris de beaucoup de remords, il a tout fait pour récupérer ses funérailles officielles afin de tenter de se dédouaner mais personne n’en est dupe en Centrafrique.  Depuis son coup d’Etat qui a chassé du pouvoir le président Patassé, il a arbitrairement saisi et s’est accaparé certains biens de ce dernier. Selon nos informations, à ce jour, aucune main levée n’est intervenue sur les biens de Patassé, notamment son patrimoine immobilier.

Sans scrupule, Bozizé se sert même de la Mercedes 4x4 blindée personnelle de Patassé pour ses quatre cents coups dans les quartiers de Bangui. Les cinq millions de la caution du candidat Patassé à l’élection présidentielle de 2011 n’ont pas non plus été restitués à ses héritiers à ce jour selon nos informations, alors que son score permet amplement ce remboursement.

Il en de même de son maître Bokassa dont Bozizé s’est opportunément dépêché de décréter la réhabilitation mais dont les ayants droit se plaignent de n’avoir toujours pas pris possession de ses biens. Bozizé c’est aussi cela ; l’ingratitude caractérisée à l’égard de ceux-là mêmes qui l’ont aidé, amené au pouvoir et rendu d’incommensurables services dans la vie, notamment lors de ses moments galère et de traversée de désert. Beaucoup de ceux-là regrettent aujourd’hui et s’en  mordent amèrement les doigts. Une fois au pouvoir, il ne les connaît plus et est incapable de leur renvoyer l’ascenseur se contentent-ils de maugréer.

En effet, force est de constater aujourd’hui que le pouvoir de Bozizé est réduit à lui-même, ses sœurs, ses enfants, ses multiples maîtresses et copines, ses neveux, cousins et quelques gbaya limités à son village, son clan familial qu’il a placé aux endroits stratégiques pour la prédation et dont il a aussi savamment orchestré l’entrée à l’assemblée nationale.

Pour revenir à l’homme Patassé, les Centrafricains auront retenu que son arrivée  à la tête de leur pays avait suscité beaucoup d’espoir malheureusement bien vite déçu du fait du harcèlement permanent de ses nombreux ennemis tant intérieurs qu’extérieurs mais aussi en raison de ses lubies et sa gestion assez brouillonne du pouvoir qui a fini par lui être fatale ce 15 mars 2003.

Moins d’un an après sa disparition, plusieurs partis ont vu le jour pour se revendiquer de son héritage politique alors que le MLPC son parti originel, qui l’avait un temps exclu l’avait pourtant réhabilité et fait de lui son président d’honneur à titre posthume. Son président Martin Ziguélé s’étant même réconcilié avec Patassé bien longtemps avant sa disparition, ce qui a rendu possible la création du FARE-2011 à laquelle Patassé avait grandement contribuée.  

Alors que rien ne l’obligeait à se rendre à Niamey pour prendre part à ce sommet de la Cen-Sad qui devait s’y tenir, il avait cru sa présence absolument indispensable, tenant coûte que coûte à intervenir devant entre autre, le colonel Mouammar Kadhafi, au sujet du fameux projet d’alimentation du lac Tchad  avec une partie des eaux de l’Oubangui auquel il croyait beaucoup. C’était sans compter sur la farouche volonté de Bozizé et tous ceux qui complotaient frénétiquement dans l’ombre pour le renverser à tout prix.

Avec le recul, ceux-là aussi s’en mordent beaucoup les doigts et regrettent d’avoir porté leur choix sur un certain François Bozizé sur qui ils avaient juste tablé pour venir mettre un peu d’ordre dans la maison Centrafrique mais qui a fini par prendre goût au pouvoir et les a tous roulés dans la farine aujourd’hui.

Presque tous ses  homologues d’Afrique centrale qui n’ont cessé de le « biberonner » depuis le début de son aventure, le trouvent maintenant encombrant. Selon nos informations, ils sont tellement exaspérés de lui qu’ils l’ont désormais rejeté dans les bras du seul président tchadien, obligé de se débrouiller  avec lui. La décision pour le moins cavalière, de déclarer persona non grata le président de la Commission de la CEMAC Antoine Ntsimi, quelle que soit la gravité de ce qu’on pourrait à juste titre lui reprocher, est venue les renforcer dans leur exaspération de Bozizé. C’est dire… !

A l’occasion du premier anniversaire de sa disparition, la rédaction de Centrafrique Presse comme beaucoup de Centrafricains, a une pensée pour Ange-Félix Patassé et lui souhaite encore de reposer en paix.

Rédaction C.A.P

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