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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 02:54

 

 

 

 

http://www.portail-humanitaire.org/ 

 

Alors que des milliers de personnes continuent de fuir la violence en République centrafricaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) a exprimé mardi sa préoccupation concernant les conséquences de cet exode vers les pays voisins, où plus de 150.000 personnes ont un besoin urgent d'assistance humanitaire.
 

« Nous faisons face à une crise régionale qui va bien au-delà des frontières de la Centrafrique. Ces personnes, qui ont souvent tout perdu, ont été victimes ou témoins d'indicibles violences et n'ont eu d'autre choix que de partir », a indiqué la Directrice régionale du PAM pour l'Afrique de l'Ouest, Denise Brown. « Il y a un besoin d'assistance en particulier alimentaire et nutritionnelle à la fois en Centrafrique et dans les pays voisins. Ces personnes en ont besoin maintenant et ne devraient pas avoir à attendre », a-t-elle ajouté. Plus de 70.000 personnes ont fui la République centrafricaine pour le Tchad, 62.000 sont en République démocratique du Congo (RDC), 28.000 sont arrivées au Cameroun dans les dernières semaines, et 12.000 en République du Congo.

 

Depuis décembre 2013, le mouvement de population depuis la République centrafricaine s'est intensifié en direction de régions fragiles et en insécurité alimentaire. L'arrivée de milliers de personnes ajoute aux difficultés auxquelles sont confrontées les populations locales. Parmi ces déplacés figurent un grand nombre de Tchadiens, dont la plupart ne sont jamais allés dans leur pays d'origine ou depuis si longtemps qu'ils ne bénéficient plus de réseaux d'entraide. Le PAM s'inquiète de ne pas pouvoir répondre aux besoins de ces populations extrêmement vulnérables faute de fonds suffisants. Plusieurs pays limitrophes accueillent déjà un grand nombre de réfugiés de différents pays et les ressources disponibles deviennent limitées. En RDC les stocks de céréales destinées aux réfugiés centrafricains sont quasiment épuisés et de nouvelles contributions sont nécessaires rapidement.

 

De son côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a affirmé le besoin de protection urgent de plus de 15.000 personnes dans 18 localités actuellement encerclées et menacées par des groupes armés au nord-ouest et au sud-ouest du pays. « Ces populations encourent un risque très élevé d'attaques et elles ont d'urgence besoin d'une amélioration de la situation de sécurité », a indiqué le porte-parole du HCR Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève. Bien que les violences aient frappé toutes les communautés en République centrafricaine, la plupart des civils actuellement pris au piège sont des musulmans menacés par des miliciens anti-balaka. « Parmi les zones particulièrement préoccupantes, il y a notamment le quartier PK 12 à Bangui ainsi que les villes de Boda, Bouar et Bossangoa », a expliqué M. Edwards.

 

Des civils sont pris pour cible pour des motifs religieux depuis septembre 2013, et cela concerne à la fois les communautés chrétiennes et musulmanes. Dans des localités comme Paoua et dans certains quartiers de Bangui, les communautés continuent de vivre et de travailler ensemble. Cependant, des atrocités sont fréquemment commises. Samedi, trois musulmans auraient été tués dans un quartier de Bangui près de l'aéroport. La semaine dernière, un convoi transportant des personnes fuyant un lieu assiégé dans le quartier PK12 a été attaqué par des miliciens anti-balaka. Les 21 hommes transportés dans ce convoi ont été tués, laissant 119 enfants et 19 femmes apeurés qui ont fui vers un village voisin.

 

Le HCR et ses partenaires répondent à ces situations via la protection par la présence, l'aide humanitaire, le plaidoyer pour des mesures de protection et, dans des cas exceptionnels, par l'organisation du transfert de communautés vers des lieux sûrs. Mais les efforts humanitaires à eux seuls ne suffisent pas pour résoudre cette crise. « Nous réitérons notre appel à tous les éléments armés pour qu'ils cessent les attaques contre les civils. Nous demandons également le déploiement de davantage de troupes internationales car le nombre de celles qui se trouvent actuellement sur place est beaucoup trop faible, compte tenu de la taille du pays et de l'ampleur de la crise », a indiqué le porte-parole.

Centrafrique : l'ONU s'inquiète d'une crise alimentaire régionale due à l'exode
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 02:52

 

 

 

 

http://www.lesoir.be/   Mis en ligne mercredi 26 février 2014, 18h34

 

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a « exhorté » les forces française et africaine en Centrafrique « à faire usage réellement des mandats » de l’ONU pour « mettre hors d’état de nuire les éléments incontrôlés » dans son pays. La présidente centrafricaine a estimé qu’il y avait une « spirale de violence exploitée par des gens qui n’ont pas intérêt à ce que la stabilité revienne dans ce pays », lors d’une conférence de presse donnée dans son bureau au palais présidentiel, à Bangui. La résolution 2127 adoptée par l’ONU le 5 décembre 2013 autorise notamment les forces internationales à « rétablir la sécurité et l’ordre public » en Centrafrique.

Centrafrique la présidente exhorte Français et Africains à faire cesser les violences
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 02:50

 

 

 

 

26/02/2014 à 09:20 (AFP)

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a qualifié aujourd'hui de "oui important" le vote du parlement la veille pour une prolongation de l'intervention française en Centrafrique, Sangaris.


"C'est un oui important", "ce consensus porte un signe d'encouragement et de soutien à nos militaires présents là-bas", a dit le ministre sur Europe 1. "C'est un signe fort à l'égard de la présidente de l'autorité de transition à Bangui"Catherine Samba Panza "qui attendait "ce soutien unanime de la France", selon M. Le Drian. C'est encore un "signe à l'égard des Africains engagés dans cette opération et à l'égard des Nations unies parce que nous souhaitons que rapidement, une opération de maintien de la paix soit diligentée par les Nations unies". "Le fait que la France soit unanime dans l'orientation et l'action est un signe important", a insisté le responsable.

 

Le Parlement français a massivement approuvé mardi une prolongation de Sangaris, lancée le 5 décembre. Sur place? "Tout ne va pas bien, mais nous avons beaucoup avancé depuis deux mois et demi et nos forces ont fait le travail qu'il convenait de faire", selon M. Le Drian. 


Rappelant que la France a été missionnée pour six mois par les Nations unies, et doit revenir au bout de ce délai devant le Conseil de sécurité, il a mis en garde contre les conséquences qu'aurait "un vide sécuritaire" en RCA "qui provoquerait tous les appétits et les risques terroristes, jihadistes et autres provenant à la fois du Nigeria et de la Somalie".

Prolongation Sangaris: "un oui important" (Le Drian)
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 02:48

 

 

 

 

Par La rédaction de RTL.fr | Publié le 26/02/2014 à 08h13 | Mis à jour le 26/02/2014 à 11h46 | RTL Matin

 

INVITÉ RTL - Le sénateur et ancien ministre de la Défense assure que le "risque d'engrenage" en Centrafrique est "réel".

 

"Dans une affaire comme celle-là, très difficile, dans pays où l'État n'a jamais existé et où les structures de l'autorité se sont effondrées, il y a un devoir d'action plus que d'assistance", assure Jean-Pierre Chevènement au micro de RTL, mercredi 26 février. 


"Le risque d'engrenage est réel", estime le sénateur (MRC) du territoire de Belfort, qui a voté mardi la prolongation de l'opération Sangaris en Centrafrique"comme l'ensemble des sénateurs de [son] groupe". 


Selon lui, même si "la date butoir n'est pas fixée", "la perspective de la mise en œuvre d'une opération de maintien de la paix de l'ONU est le terme logique de l'intervention française.

Centrafrique : "La France a un devoir d'action plus que d'assistance", dit Jean-Pierre Chevènement
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 02:46

 

 

 

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/  Lutte Ouvrière n°2378 du 28 février 2014

 

La prolongation de l'intervention militaire en Centrafrique a été largement adoptée à l'Assemblée nationale et au Sénat. Si le Président de la République peut déclencher une guerre sans demander son avis à qui que ce soit, il est obligé au bout de trois mois d'en référer au Parlement. Comme on a pu le voir, cela n'a rien changé et a seulement confirmé le climat d'union sacrée qui règne sur ce sujet entre ceux qui sont au pouvoir et ceux qui rêvent d'y retourner.

 

Nul n'a émis le moindre doute sur la légitimité de cette opération militaire, et les critiques ont uniquement porté sur le fait qu'elle ne rencontrait pas le succès escompté. À l'Assemblée, le vote a été acquis par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions.

 

Aucun des responsables de groupes parlementaires n'a appelé à voter contre la prolongation de l'intervention. Les députés PS et écologistes l'ont adoptée à l'unanimité. À droite, l'UMP a critiqué la faiblesse des forces engagées et le fait que le gouvernement français n'ait pas réussi à entraîner ses homologues européens dans la guerre. Ces réserves se résument dans la formule « François Hollande n'est pas un vrai chef de guerre », pour faire comprendre que l'UMP serait plus à même de mener ce genre d'intervention impérialiste. C'est au nom de ces critiques que 12 députés de droite, comme Bruno Le Maire, ont voté contre, alors que 136 approuvaient l'intervention.

 

À gauche, le communiste André Chassaigne n'a pas fait entendre un son de cloche très différent sur le fond. Il a terminé son intervention par la formule suivante : 

 

« Nous ne pouvons aujourd'hui retirer nos troupes et abandonner le peuple centrafricain à son triste sort. Nous ne nous opposerons pas à la prolongation de la présence des troupes françaises en Centrafrique. » À aucun moment il n'a dénoncé le véritable motif de cette intervention militaire, qui est de défendre les intérêts de l'impérialisme français sur le continent africain. Il s'est contenté de décrire le chaos actuel et a appelé à une solution non seulement militaire mais aussi politique. Cela ne contredit en rien les objectifs de François Hollande qui s'emploie à remettre sur pied un gouvernement allié de la France et a programmé pour cela des élections au début 2015. Quatre députés du groupe ont voté pour la poursuite de l'intervention, sept se sont abstenus et seulement deux ont voté contre.

 

Cette unanimité presque totale, à l'Assemblée comme au Sénat, montre bien la complicité qui lie les responsables politiques de droite et de gauche lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de l'impérialisme français. Tous font mine de croire que l'intervention militaire française a un but humanitaire, alors qu'elle ne vise qu'à perpétuer le pillage de l'Afrique par les trusts français. C'est bien pourquoi la seule issue vraiment favorable aux peuples d'Afrique, ce serait que les troupes françaises quittent non seulement la Centrafrique, mais tout le continent.

 

Daniel MESCLA

Lu pour vous : Centrafrique : tous les partis unis pour prolonger l'intervention militaire
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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 16:04

 

 

 

 

 

 

PARIS (Reuters) - L'opération française en Centrafrique a coûté 100 millions d'euros à ce jour, et devrait coûter 200 millions d'euros en année pleine, a déclaré mercredi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

Invoquant une situation pré-génocidaire, la France a lancé le 5 décembre dernier l'opération Sangaris aux côtés des forces africaines pour tenter de rétablir la sécurité dans un pays plongé en plein chaos depuis le coup d'Etat des rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, en mars 2013.

 

"Jusqu'ici (le budget de Sangaris) est d'à peu près 100 millions d'euros, si on est en année pleine ça sera aux environs de 200 millions d'euros", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur Europe 1.

 

"Ça rentre dans le cadre des opérations extérieures décidées en cours d'année, et ça ne rentre pas dans le budget de la Défense", a-t-il précisé. "C'est un budget partagé par le budget de l'Etat."

 

Le gouvernement a gratté les fonds de tiroirs pour financer les opérations militaires extérieures de la France (Opex) en 2013, dont l'intervention au Mali.

 

La loi de programmation militaire prévoit 450 millions d'euros pour les Opex en 2014, très en deçà des surcoûts des années passées.

 

Les députés français ont donné massivement mardi leur accord à la prolongation de l'opération Sangaris en Centrafrique, malgré les doutes croissants sur les objectifs d'une intervention confrontée à une situation délicate sur le terrain.

 

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

Sangaris coûterait 200 millions d'euros en année pleine
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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:40

 

 

 

 

Le Monde.fr | 26.02.2014 à 14h20 • Mis à jour le 26.02.2014 à 14h34 |Propos recueillis par Hélène Sallon

 

Les violences en Centrafrique ont déplacé près d'un million de Centrafricains, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants, provoquant une crise humanitaire sans précédent dans un pays parmi les plus pauvres du continent. A Bangui, 400 000 personnes, soit la moitié de la population de la ville, vit entassée dans des camps de fortune. Alors que l'opération militaire française Sangaris a été prolongée, le 25 février, pour permettre de juguler les violences et les exactions qui continuent dans le reste du pays, des milliers de personnes affluent toujours dans les camps de réfugiés installés dans les pays limitrophes, au Cameroun et auTchad notamment.

 

Dr Mégo Terzian, responsable des opérations d'urgence à Médecins sans frontières (MSF), revient sur la situation humanitaire observée par ses équipes sur le terrain.

 

Quelle est la situation sur le terrain actuellement ? Le calme est-il revenu à Bangui, la capitale ?

 

Mégo Terzian : A Bangui, la situation s'est améliorée. Il y a toujours des violences sporadiques, des tirs matin et soir et quelques blessés qui arrivent. Plusieurs milliers de personnes vivent toujours dans des camps spontanés organisés par les communautés et les milices dans des églises, des missions catholiques, etc. Le camp de M'Poko, près de l'aéroport, accueille 69 000 déplacés internes.

 

La situation humanitaire ne s'est donc pas améliorée. L'aide distribuée ainsi que les opérations de secours sont inadéquates et timides par rapport aux besoins. Pourtant à Bangui, le problème de l'acheminement de l'aide par avion ne se pose pas et il est possible de minimiser les risques sécuritaires.

 

Les violences continuent dans le reste du pays. Qu'observez-vous ?

 

Dans le nord-ouest du pays, près de la frontière avec le Cameroun, des villages entiers ont été abandonnés, brûlés. Les milices érigent des barrages et sèment la terreur. Des exactions quotidiennes sont commises par différentes communautés : la grande majorité contre les musulmans réfugiés mais les ex-Séléka commettent aussi des exactions contre la population, à Kabo par exemple. Il y a des jours où l'on reçoit beaucoup de blessés.

 

Un peu partout, le même scénario se reproduit avec des gens entassés dans des églises ou des mosquées, protégés par une poignée de soldats de la Misca [Mission internationale de soutien à la Centrafrique]Les populations sont poussées à l'exode. On regroupe des gens pour organiser leur départ vers d'autres pays au lieu de cantonner les milices. Cet exode et ces exactions posent la question de l'efficacité des forces étrangères censées remettre de l'ordre dans le pays.

 

Selon les autorités centrafricaines, 400 000 personnes vivent dans la forêt depuis plusieurs semaines. Ils n'ont pas de nourriture, pas d'accès aux soins. Des cas de rougeole et de méningite ont été constatés par les équipes de MSF en cliniques mobiles. Déjà avant la crise, l'état sanitaire du pays était catastrophique. En 2011, la mortalité était très élevée, de l'ordre de sept morts pour 10 000 par jour. On avait lancé des alertes sur la catastrophe démographique qui se profilait. Avec les violences et les déplacements de populations, la moitié de la population centrafricaine va disparaître d'ici à quelques années si on ne fait rien. C'est très inquiétant.

 

Avez-vous accès à toutes les provinces ? Dans quelles conditions y travaillez-vous ?

 

Hors de Bangui, il y a peu d'humanitaires à l'exception de la Croix-Rouge centrafricaine et de MSF. A MSF, nous avons décidé de prendre des risques mais nous ne pouvons pas couvrir tous les besoins et accéder aux personnes réfugiées dans les forêts ni même à tous les villages. La prudence des ONG hors de Bangui est compréhensible. Des milices arrêtent les ambulances et les convois humanitaires pour transporter leurs troupes. Les populations cachées dans la forêt n'osent plus sortir quand les voitures humanitaires arrivent et dans les villages, les gens fuient à leur approche.

 

Les troupes étrangères ont plus ou moins sécurisé l'axe Bangui - Bouar - Cameroun mais il y a toujours des milices qui perturbent la circulation et attaquent les camions, comme ça a été le cas contre le Programme alimentaire mondial. Les chauffeurs qui transportent l'aide humanitaire ont désormais peur de faire le trajet. Les humanitaires sont pris à partie et accusés de travailler pour un camp plutôt qu'un autre.

 

Quels sont les besoins prioritaires pour les populations en Centrafrique ?

 

Les opérations de secours ne sont pas à la hauteur des besoins. Pour les déplacés de l'intérieur, les besoins prioritaires sont l'accès à l'eau potable et à l'aide alimentaire, ainsi qu'à des abris corrects, puis l'accès aux soins. Des personnes réfugiées au Tchad ont dit, à leur arrivée, n'avoir pas mangé depuis quatre jours.

 

Pour les personnes déplacées dans les forêts dans le nord-ouest et le nord-est du pays, l'accès aux soins est prioritaire. Avec les guerres qui ont traversé ces régions, ces populations savent trouver de la nourriture dans la nature. Mais, à défaut de soins, elles peuvent mourir de paludisme ou de diarrhées aiguës. Il y actuellement plus de morts indirects en Centrafrique que de morts par violences.

 

Quelle est la situation des personnes réfugiées dans les pays limitrophes ?

 

Au Cameroun, la prise en charge des réfugiés s'améliore mais au Tchad, où 40 000 personnes sont arrivées en une semaine à Goré, l'aide humanitaire n'est pas organisée du tout et ce, pour des raisons incompréhensibles. Il n'y a pas d'eau potable, ni de réseau d'assainissement, les réfugiés dorment à la belle étoile. A Sido et Bitoé, des camps temporaires érigés par les autorités tchadiennes, les gens sont totalement sans assistance et des informations nous parviennent selon lesquelles les agences de l'ONU fournissent de l'assistance en échange de l'engagement des réfugiés à retourner en RCA. C'est incroyable et inadmissible.

 

Quel est le bilan des victimes depuis le 5 décembre ?

 

C'est très compliqué de faire un bilan des morts car il n'y a plus de système sanitaire qui fonctionne, plus d'hôpitaux. Les morts ne sont donc pas recensés par les hôpitaux et même parfois les blessés refusent d'y aller de peur d'y être tués. Par ailleurs, beaucoup d'exactions ont lieu dans la forêt et peu de monde sait exactement ce qu'il s'y passe.

 

En décembre, un bilan avait été donné de 1 000 morts à Bangui mais nous ne pouvons le confirmer. On pense que ces chiffres sont sous-estimés. Nos équipes à Bangui ont dénombré 200 cadavres à l'hôpital communautaire entre le 5 et le 6 décembre. Il n'y a pas eu autant de morts en 24 heures depuis cet événement. Les équipes de la Croix-rouge centrafricaine ne peuvent pas non plus avoir une vision globale car elles ne sont pas libres de bouger dans tout le pays. A Bangui, elles n'ont que cinq ambulances.

 

Et pour les blessés ?

 

A Bangui, nous étions les seuls à pouvoir traiter des patients donc nous connaissons le nombre de blessés arrivés sur le seul hôpital fonctionnel de la ville, l'hôpital communautaire, ainsi qu'à l'hôpital Castor et au centre de santé du camp de M'Boko. Ces trois sites ont reçu entre le 5 décembre et fin janvier, 4 200 blessés. Les équipes basées à l'hôpital communautaire ont pratiqué 2 000 interventions, dont 1896 sur des victimes de violence, sur la même période. La mortalité hospitalière n'est pas très élevée, elle a été de 2 % sur les interventions médicales et chirurgicales.

 

 Hélène Sallon 


International

RCA : « Il y a plus de morts par défaut de soins que par violence » selon MSF
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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 00:28

 

 

 

 

 

 

http://www.francetvinfo.fr/    Mis à jour le 25/02/2014 | 15:59 , publié le 25/02/2014 | 15:42

 

Alors que les parlementaires doivent se prononcer sur la prolongation de la mission française en Centrafrique, le général Vincent Desportes estime que le manque de moyens menace la sécurité des militaires français.

 

Propos recueillis par Hervé Brusini 

 

Le général Vincent Desportes est connu pour son franc-parler. Après une carrière sur le terrain, ce spécialiste de la réflexion stratégique se montre aujourd'hui très critique sur l'évolution de la mission Sangaris conduite par l'armée française en Centrafrique, à l'heure où les parlementaires doivent se prononcer sur sa prolongation, mardi 25 février.

 

Pour francetv info, l'ancien directeur de l'Ecole de guerre, aujourd'hui enseignant et conférencier, passe en revue les questions qui se posent au contingent français.

 

Francetv info : Faut-il prolonger l'opération Sangaris ?

 

Vincent Desportes : Il serait irresponsable de ne pas le faire, mais il est tout aussi irresponsable de le faire sans renforcer les troupes et sans poser la condition suivante à la communauté internationale : nous envoyons plus de soldats jusqu'à cet été mais au-delà, il faudra nous aider. Sinon, nous serons contraints d'abandonner la Centrafrique à son sort au mois d'août.

 

De toute façon, dès le début, cette mission ne s'est pas déroulée comme on l'espérait. La France a fait un pari erroné en misant sur un pseudo effet de sidération. On a pensé que le fait de déployer brutalement 1 600 hommes en Centrafrique suffirait à modifier la situation. Au contraire. Dans la nuit du 5 au 6 décembre [jour du lancement de l'opération], il y a eu plus de mille morts. Les anti-balaka chrétiens ont tué un millier de musulmans, ceux que l'on appelle l'ex-rébellion séléka. Dès le départ, les effectifs étaient insuffisants. Il y a donc eu une erreur initiale. Ce n'est pas très grave. Ce qui l'est en revanche, c'est de ne pas s'être adapté à la situation. On a annoncé un renfort de 400 hommes. Selon moi, il n'y a absolument pas le compte. 

 

Qu'aurait-il fallu faire ?

 

Il aurait fallu se rendre compte que les 1 600 hommes envoyés n'étaient pas capables de régler la situation. Il aurait fallu déployer immédiatement 3 000 à 4 000 hommes de plus. Mais comme nous sommes restés avec un nombre de soldats trop faible, nous avons été contraints de traiter les choses de manière séquentielle. D'abord, nous avons désarmé les ex-séléka. Du coup, cela a renforcé les anti-balaka qui sont allés tuer sauvagement les musulmans de la capitale. Puis, nous nous sommes retournés contre les anti-balaka pour nous inscrire finalement dans une suite d'événements terriblement complexes.

 

Au lieu de traiter de manière radicale le problème, ce traitement séquentiel nous a conduits à un résultat opposé à celui souhaité. Certes, on a fait baisser un peu le niveau de violence, mais on ne l'a fait qu'à Bangui. Par ailleurs, on a en quelque sorte cautionné une épuration ethnique qui est un fait réel.

 

Vous parlez d'épuration ethnique, c'est une accusation grave… 

 

Je pourrais utiliser le mot d'épuration religieuse. Mais force est de constater que tous les musulmans ont quitté Bangui. La plupart d'entre eux, qui sont souvent des Peuls du Nord, partent même vers le Tchad. Je ne vois vraiment pas pourquoi on ne pourrait pas parler d'épuration ethnique. Est-elle organisée par une volonté totalitaire ? Peut-être pas. En tout cas, elle est bien là.

 

La situation que vous décrivez semble être impossible à gérer pour les soldats français.

 

Je dirais que nous nous trouvons dans une situation tendue, un pré-bourbier. Les Européens promettent des contingents mais on ignore combien, qui et quand. De toute façon, ce ne sera pas avant le début de l'été. Les soldats français vont devoir faire face à un créneau de vulnérabilité d'ici là. Et si une force onusienne doit se mettre en place, il faudra une résolution au Conseil de sécurité. Cela aussi prendra du temps. Donc jusqu'à l'été, le pire peut se passer pour nos hommes.

 

Les soldats français sont, selon moi, en danger. Ils n'ont pas les moyens d'accomplir leur mission. La crédibilité de l'armée française est également en péril. Si elle était sortie du Mali auréolée d'une super victoire technique, en Centrafrique elle est gravement menacée d'enlisement. Le gouvernement met en danger la force dissuasive de l'armée. C'est grave.

 

J'ajoute que nous sommes dans une situation pré-rwandaise. Si la mission Sangaris ne reçoit pas les renforts nécessaires, elle ne pourra pas endiguer l'épuration ethnique qui peut toujours aller plus loin. On sait que de nombreuses exactions sont commises dans les campagnes, dans la savane. Demain, la France risque de se retrouver accusée de choses qu'elle aura laissé faire simplement par manque de moyens. Tout cela n'est pas raisonnable.

 

Plusieurs responsables politiques critiquent sévèrement la conduite de cette mission : des renseignements défaillants, une mauvaise évaluation du terrain. Pour eux, il faudrait d'ores et déjà donner une date de retrait. Qu'en pensez-vous ?

 

Certes, l'appréciation n'était pas parfaite, mais la situation était très difficile à évaluer. En matière de stratégie, on sait que dès qu'on prend une décision, elle n'est plus applicable. En fait, l'essentiel est de s'adapter. Regardez les massacres qui ont eu lieu dans la nuit du 5 au 6 décembre. L'erreur a été le manque de volonté d'adapter les moyens de Sangaris à cette sauvagerie grandissante, de s'enfermer dans une forme de déni.

 

Quant au calendrier de retrait, là encore il y a une méconnaissance de ce qu'est la guerre. Ce n'est pas le politique qui commande à la guerre. En revanche, c'est le politique qui doit s'adapter aux événements de la guerre. Si l'on donne un calendrier de retrait, ce ne doit pas être en relation avec l'évolution d'une situation toujours imprévisible, mais en rapport avec nos capacités. C'est ce qu'on appelle maîtriser son action.

Centrafrique : "Les soldats français sont en danger" (gl Vincent Desportes)
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Centrafrique-Presse.com
26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 00:08

 

 

 

 

 

 

PARIS  25/02/14 18:47  (Reuters) - La France a établi une liste de huit personnes, dont l'ex-président centrafricain François Bozizé, contre lesquelles elle souhaite que l'Onu prononce des sanctions pour prévenir l'impunité en RCA, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

 

Les milices "anti-balaka" se sont constituées l'an passé en réaction aux exactions commises par les rebelles musulmans de la Séléka contre les communautés chrétiennes du pays après le renversement de François Bozizé, en mars.

 

Les rivalités entre les deux communautés ont plongé le pays dans une spirale de violences ethniques à l'origine de la chute du président intérimaire Michel Djotodia, leader de la Séléka, et de l'envoi de troupes françaises sous mandat de l'Onu.

 

Fin janvier, le Conseil de sécurité de l'Onu a créé un comité de sanctions, consistant principalement en des interdictions de voyager et des gels d'avoirs.

 

L'objectif est de sanctionner notamment toute personne coupable de violation de l'embargo sur les armes, de violation de droits de l'homme ou de soutien à des groupes armés via l'exploitation des ressources naturelles.

 

"La France a identifié huit personnes et établi une liste qu'elle a soumise à certains membres du Conseil de sécurité", a déclaré une source diplomatique française.

 

Une autre source a évoqué la présence sur cette liste de certains fils de François Bozizé, de membres de la Séléka et de miliciens chrétiens "anti-balaka".

 

ASPECTS LÉGAUX

 

Elle a été présentée la semaine dernière aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de façon à étudier les aspects légaux avant de la soumettre aux autres membres du Conseil de sécurité. L'objectif est d'établir une liste d'ici début mars.

 

"Toute désignation doit répondre aux exigeants critères américains si elle veut avoir une chance d'avoir l'aval de Washington", a précisé un diplomate onusien.

 

Paris travaille à l'établissement de cette liste depuis décembre, mais elle n'a pu être finalisée qu'après la rencontre entre le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et la présidente centrafricaine par intérim Catherine Samba Panza, le 7 février.

 

"La liste fait toujours l'objet de discussions, c'est très compliqué car il faut des éléments précis", a indiqué l'une des sources françaises. "Ce ne sera peut-être pas une liste définitive, mais elle comprendra différents acteurs du conflit".

 

Les sources françaises soulignent qu'il y a suffisamment de preuves indiquant que François Bozizé a voulu tirer avantage du chaos et travailler avec des "anti-balaka".

 

"Ce n'est pas structuré, mais il essaie d'avoir des "anti-balaka" avec lui. Il est très actif", dit un diplomate.

 

Le gouvernement a obtenu mardi le feu vert de l'Assemblée nationale à la prolongation de la mission des troupes françaises, qui ont déployé 1.600 hommes.

 

Quelque 6.000 casques bleus africains participent également aux opérations de maintien de la paix mais ne parviennent pas à endiguer les attaques contre les musulmans.

 


 

(Elizabeth Pineau et John Irish, avec Louis Charbonneau à l'Onu, édité par Yves Clarisse)



(c) Copyright Thomson Reuters 2014.

 

 

 

RCA / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – 25 février 2014

 

PARIS, France, 25 février 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – 25 février 2014

 

Q – Une liste dressée notamment par la France est en circulation au conseil de sécurité en P3 – avec huit noms de personnes susceptibles d’être visées par des sanctions. Pouvez-vous confirmer que le nom de Bozizé ainsi que de ses fils y figurent ? Quels sont les autres noms ? Des Seleka, des Anti-balaka ?

 

R – Je ne suis pas en mesure de confirmer de noms. Comme vous le savez, la résolution 2134, adoptée le 28 janvier à l’unanimité par le conseil de sécurité, ouvre la voie à la mise en place d’un régime de sanctions individuelles à l’encontre des individus qui feraient obstacle au processus de transition et aux efforts de la communauté internationale pour rétablir la stabilité en RCA.

 

Q – M. Fabius, lorsqu’il s’était entretenu avec Mme Samba-Panza il y a une dizaine de jours, avait soumis une liste à la présidente centrafricaine qui n’avait pas émis d’objection. Vous confirmez qu’une liste est bien en circulation et en discussion à l’ONU ?

 

R – Non. Je vous confirme notre attachement à ce que les auteurs de crimes et d’exactions en RCA répondent de leurs actes devant la justice.

 

Signature : APO

Copyright : © APO

 

Sanctions en préparation contre des ex-dirigeants de la RCA
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:46

 

 

 

 

 

 

Bangui, le 25 février 2014: La Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) se félicite de l’arrestation, ce jour, par les autorités congolaises de Patrice-Édouard Ngaissona, coordonnateur autoproclamé des anti-balaka, avec deux de ses collaborateurs, dans la région frontalière de la Likouala, dans la partie nord de le République du Congo. Les trois personnes appréhendées ont été transférées à Brazzaville.

 

Il convient de rappeler que, le 15 février 2014, des unités de la MISCA, avec le soutien d’éléments de Sangaris, avaient lancé une opération de désarmement dans le quartier de Boy Rabe, situé dans le 4ème arrondissement de la ville de Bangui, afin de neutraliser des éléments du groupe armé illégal dit des anti-balaka. Cette opération avait permis d’appréhender des dirigeants du groupe, dont les noms figurent sur une liste transmise par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de Bangui au Représentant spécial de la Présidente de la Commission et chef de la MISCA, le Général Jean-Marie Michel Mokoko. Plusieurs armes de guerre, ainsi qu’une grande quantité de munitions, d’artifices et autres équipements militaires de diverse nature, avaient été saisis au cours de cette opération.

 

M. Ngaissona, dont le nom figure sur cette liste, s’est, à plusieurs reprises, ouvertement exprimé dans divers organes de presse pour réaffirmer son rôle de «coordonnateur politique» du groupe dit des anti-balaka, dont les éléments continuent de terroriser des populations civiles en RCA et de commettre nombre d'actes criminels, posant ainsi une grave menace à la paix et à la cohabitation paisible entre communautés. C'est dans ce contexte que le chef de la MISCA a maintenu des consultations étroites avec les pays de la région pour faciliter une action coordonnée dans la la lutte contre ce groupe, qui a permis d’appréhender M. Ngaissona.

 

La MISCA remercie vivement les autorités congolaises pour leur soutien et leur réitère son appréciation pour leur contribution inestimable à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en RCA.

 

L'arrestation de M. Ngaissona marque une nouvelle étape dans les efforts visant à isoler et à affaiblir les éléments les plus radicaux des groupes armés centrafricains et, partant, à créer des conditions propices à la poursuite du processus actuel de stabilisation de la situation sécuritaire et de promotion de la réconciliation nationale.

 

La MISCA saisit cette occasion pour se réjouir, encore une fois, de l'amélioration significative de la situation sécuritaire tant à Bangui qu'à l'intérieur du pays, ainsi que du retour progressif à une vie normale. La MISCA est déterminée, en coopération avec les autorités centrafricaines et avec l'appui de l'opération Sangaris, à poursuivre la mise en œuvre robuste du mandat qui lui a été donné par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA dans son communiqué du 19 juillet 2013 et par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2127 du 5 décembre 2014.

 

 

http://www.peaceau.org/fr/article/la-misca-se-felicite-de-l-arrestation-de-patrice-edouard-ngaissona-coordonateur-politique-autoproclame-des-anti-balaka#sthash.ZoWVs5gW.dpuf

La MISCA se félicite de l’arrestation de Patrice-Édouard Ngaissona, « coordonnateur politique » autoproclamé des anti-balaka
La MISCA se félicite de l’arrestation de Patrice-Édouard Ngaissona, « coordonnateur politique » autoproclamé des anti-balaka
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