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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:59

 

 

 

 

 

La Coordination des Centrafricains de France(CCF)  prend acte de la démission de Messieurs Michel DJOTODJIA et Nicolas TIANGAYE, respectivement Président et Premier Ministre de  Transition, ayant fait l’unanimité autour de  leur incapacité, leur incompétence à gérer la transition, à assurer la paix et la stabilité dans notre pays.

 

Elle note aussitôt après ces démissions, les germes visibles d’une nouvelle crise par l’attitude troublante du Président du Conseil National de Transition qui, sans attendre la déclaration de vacance des fonctions du Chef  d’État de  Transition par la Cour Constitutionnelle pour assurer l’intérim du poste conformément à l’art 23 de la Charte Constitutionnelle, se comporte immédiatement comme tel, en affichant par ailleurs son intention de briguer par divers moyens ces   fonctions, cherchant ainsi à être juge et partie.

 

La Coordination des Centrafricains de France fait par ailleurs remarquer que la coalition SELEKA étant dissoute officiellement par le Président de Transition, la présence de ses représentants au sein du Conseil National de Transition ne se justifiait plus depuis longtemps, question devant être réglée avant le  vote du nouveau Chef d’État de Transition.

 

Tout en réitérant la nécessité impérieuse de la tenue d’Assises nationales souveraines avant les prochaines élections présidentielles et législatives pour le redémarrage du pays sur de bonnes  bases en vue de sa reconstruction, elle attire vivement l’attention des membres du Conseil National de Transition sur la nécessité d‘instituer des critères rigoureux de choix du nouveau Chef d’État de Transition, basés sur l’intégrité morale, la compétence la capacité à rassembler, le sens élevé  du devoir de la République.

 

Il doit en être ainsi en ce qui concerne le Premier Ministre, les membres du gouvernement et du Conseil National de Transition.

 

Le gouvernement à former doit être majoritairement composé des cadres, des technocrates issus  de la société civile, tant sur le plan national que parmi ceux de l’Étranger, compte tenu de  l’échec patent des membres des partis politiques dont l’attachement à leurs intérêts personnels, l’absence d’actions, le mutisme face aux graves et douloureuses convulsions de la population demeurent fraîchement dans les  mémoires.

 

Les missions de ce gouvernement sont à définir très clairement sur la base du mémorandum des Centrafricains de France du 28 décembre2013, avec les priorités ci-après :

 

-Reconstruction de l’Administration tant centrale que provinciale sur des critères d’intégrité, de compétence, d’efficience, d’objectifs définis etc. ;

 

-Réhabilitation des éléments des forces de défense et de sécurité pour participer avec la MISCA et les forces françaises aux  opérations de pacification, notamment le désarmement des rebelles SELEKA, ANTI-BALAKA ainsi que tous les porteurs illégaux d’armes sur l’ensemble du pays, la protection du territoire ;

 

-Démobilisation de tous les anciens rebelles, réinsertion des rebelles centrafricains et raccompagnement de ceux appartenant à d’autres pays chez eux, avec la participation de leurs États respectifs ;

 

-Restructuration des forces de défense et de sécurité sur la base des États Généraux de celles-ci, tenues en 1998 ;

 

-Mise en place des conditions nécessaires favorisant le retour des réfugiés ayant perdu leurs biens, leurs maisons rasées par les différents rebelles ;

 

-Mise en place d’un volet humanitaire, social devant accompagner l’ensemble des actions de la communauté internationale en Centrafrique ;

 

-Mise en place d’une Commission Internationale d’enquêtes pour identifier tous les responsables et auteurs des tragédies humaines que les populations centrafricaines ont connues et leur traduction devant la Cour Pénale Internationale;

 

-Mise en place d’une Commission Nationale pour évaluer les destructions, pillages, vols, crimes commis  par les milices SELEKA, ANTI-BALAKA et autres auteurs afin qu’ils soient tous traduits devant la justice ;  

 

-Mise en place d’un programme d’actions d’envergure d’apaisement, de reconstruction de la cohésion nationale afin de permettre le retour à une vie harmonieuse entre chrétiens et musulmans comme dans le passé ;

 

Fait à PARIS le 14 Janvier 2014

 

Le Coordonnateur des Centrafricains de France

 

Emmanuel Olivier GABIRAULT

DECLARATION DE LA COORDINATION DES CENTRAFRICAINS 02/CCF/C/14

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:23

 

 

 

 

RFI  mercredi 15 janvier 2014 à 15:04

 

La course à la présidence est lancée en Centrafrique. Le Parlement provisoire, le CNT, a ouvert mardi 14 janvier une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, qui aura pour tâche de ramener « la paix et la réconciliation nationale » dans le pays ravagé par des mois de violences. Une dizaine de noms circulent déjà depuis plusieurs jours à Bangui et ce mercredi matin, le chef du conseil de transition, Alexandre-Ferdinand Nguendet a annoncé qu'il ne serait pas candidat.

 

Dans un discours volontiers solennel, le président de la transition par intérim s’est d’abord lancé dans un bilan de ces quatre premiers jours à la tête de la Centrafrique, depuis la démission de Michel Djotodia. Alexandre-Ferdinand Nguendet s’est félicité de son appel aux Forces armées centrafricaines (FACA) à réintégrer leurs casernes. Il a rappelé qu’il avait visité certains quartiers de Bangui pour rassurer la population, qu’il avait aussi demandé aux déplacés de commencer à regagner leurs domiciles. « Tout cela, a-t-il dit, en quatre jours ».

 

Pour autant, en conférence de presse, Alexandre-Ferdinand Nguendet a annoncé ce mercredi matin qu’il n’était pas candidat à la présidence de la transition. La possibilité de sa candidature commençait à susciter un début de polémique à Bangui. Ce mercredi matin, son entourage ne cache pas que l’idée l’a d’abord tenté, mais qu’il a fini par se résigner sous la pression de la communauté internationale, peu favorable à sa candidature.

 

Seize critères à respecter pour les futurs candidats

 

Certains estiment, en effet que Alexandre-Ferdinand Nguendet était trop proche de l’ex-président Michel Djotodia. D’autres craignent qu’il soit à la fois juge et partie en tant que chef du CNT, le Parlement provisoire étant chargé justement d’élire le prochain chef de l’Etat. C’est d’ailleurs pour cette même raison, que ce mercredi le représentant du président congolais Denis Sassou-Nguesso, le médiateur de la crise centrafricaine, a demandé aux membres de ce Parlement provisoire de ne pas non plus se présenter.

 

Un critère qui s’ajoute aux seize établis par les commissions du CNT, comme par exemple ne pas avoir de cahier judiciaire ou ne pas avoir participé à une milice ou à une rébellion armée ces vingt dernières années. Des critères qui risquent d’exclure un certain nombre de candidats. En tout cas, la liste finale devrait être connue vendredi pour un vote en séance publique à bulletin secret, à partir de samedi matin.

 

 

 

Centrafrique : la course à la présidence de transition lancée après la démission de Djotodia

 

RCA (Bangui) – Entre ambitions personnelles, pressions internationales, et désirs sincères de sortir la Centrafrique de l’impasse, la course à la présidence par intérim est lancée à Bangui, où malgré des signes de stabilisation les centaines de milliers de déplacés craignaient toujours mercredi de rentrer chez eux.

 

En province, une grande partie du pays reste livré à lui-même, sans autorité, sans présence des forces française Sangaris et africaine Misca et sans moyen de communication avec l’extérieur.

 

Les membres du Conseil national de transition, le parlement provisoire, devaient normalement valider mercredi l’agenda établi par le bureau du CNT qui prévoit un dépôt des candidatures jeudi et une élection dès samedi. Mais les manoeuvres ont déjà commencé en coulisses, avant même le départ du président Michel Djotodia, contraint à démissionner vendredi par la communauté internationale, exaspérée par son incapacité à juguler une crise qui a fait au moins un millier de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes.

 

Désormais, pour arrêter la descente aux enfers de la Centrafrique, « il faut un exécutif qui bosse, avec des gens sérieux sur les ministères régaliens. Le FMI est prêt à ouvrir les vannes, mais il n’y aura pas d’aide budgétaire dans un pays si on ne sait pas où va l’argent et si le pouvoir ne fonctionne pas », résume un diplomate occidental.

 

Venus de différentes obédiences politiques, parfois prompts aux retournements d’alliance, les 135 membres du CNT, mis en place pour donner un vernis institutionnel à la transition, vont donc devoir s’entendre sur le nom d’un homme ou une femme qui aura l’immense tâche de rétablir « la paix et la réconciliation nationale » dans un pays ravagé et en faillite. (AFP)

 

 

 

La France fait et défait les présidents

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org   Lutte Ouvrière n°2372 du 17 janvier 2014

 

Hollande vient d'imposer le départ du président de Centrafrique. Même si personne ne le regrettera, rien ne dit que le prochain sera meilleur.

 

En 1960, l'État français soutenait le premier président centrafricain, David Dacko. Puis il le fit renverser par son chef d'état-major Bokassa, ex-capitaine de l'armée française. Même si Bokassa avait donné des diamants à Giscard d'Estaing, la France finit par l'éliminer et fit revenir Dacko. Puis ce fut le général Kolingba, lâché ensuite par Paris au profit de Patassé. Après, il y eut Bozizé, finalement lâché par la France et renversé par Djotodia, que la France vient aujourd'hui de contraindre à partir.

 

Autrement dit, si la Centrafrique est mal gouvernée, c'est par la France. Alors, troupes françaises hors d'Afrique !

 

D. M.

 

 

 

Un calendrier électoral bien difficile à tenir en Centrafrique

 

http://www.lavoixdelamerique.com  15.01.2014

 

En Centrafrique, alors que les consultations se poursuivent pour élire un nouveau président de la transition, la question des élections va très vite se  poser. 



La communauté internationale, dont la France, pousse pour que le scrutin ait lieu au plus tard début 2015.

 

Un calendrier très serré qui semble difficilement réalisable tant les défis auxquels est confrontée la Centrafrique sont gigantesques.

 

C’est dans ce contexte que l’Autorité nationale des élections s’apprête à rendre dans les prochaines semaines son rapport.

 

Ses conclusions sont très attendues pour la crédibilité de l’organisation du prochain scrutin présidentiel

 

Dieudonné Kombo-Yaya dirige l’ANE et précise que les besoins financiers sont énormes. "Nous sommes en train de mener des opérations d’évaluation sur le terrain pour voir quelles sont les conditions actuelles et ce qu’il faut faire pour pouvoir aller aux élections", explique-t-il à la Voix de l'Amérique.

 

Le président de l'ANE ajoute que pour procéder à "un recensement électoral crédible, il faut que tout le monde soit rentré. Rien qu'à Bangui, il y a 100.000 déplacés."

RCA: le chef du CNT se retire de la course à la présidence de la transition

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:20

 

 

 

 

 

2014-01-16 05:55:02  xinhua

 

Les Etats-Unis ont appelé à un processus transparent et inclusif pour sélectionner les nouveaux dirigeants de la République centrafricaine (RCA), a rapporté le département d'Etat américain mercredi.

 

Washington encourage le Conseil national de transition de la RCA à sélectionner des dirigeants intègres pouvant restaurer la stabilité dans le pays par un processus faisant participer "une gamme complète de représentants politiques, religieux, civils et sociaux," a indiqué sa porte-parole Marie Harf dans une déclaration.

 

Le président par intérim de la République centrafricaine (RCA) Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye ont démissionné vendredi suite à des mois de violences ayant fait plus de 3000 morts et déplacé 1,6 million de personnes dans le pays plongé dans le chaos.

 

Selon la charte du pays, le Conseil national de transition de la RCA a 15 jours pour choisir un nouveau président par intérim en remplacement de M. Djotodia.

 

Les Etats-Unis ont également invité le conseil à être en accord avec les conditions de la charte de transition et les accords de Libreville, qui appellent à ce que le Premier ministre vienne de l'opposition démocratique, a souligné Mme Harf.

 

Washington apprécie que la direction de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale facilite le processus de transition politique en RCA, a-t-elle ajouté.

 

La RCA est plongée dans les troubles depuis que les rebelles de la Seleka de M. Djotodia ont lancé des attaques en décembre 2012 et renversé l'ancien président François Bozize en mars 2013.

Les Etats-Unis appellent à un processus inclusif pour sélectionner les nouveaux dirigeants de la Centrafrique

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:18

 

 

 

 

 

L'objectif serait de déployer de 300 à 500 hommes sous les couleurs de l'UE dans un délai de maximum de dix semaines.

 

Jean-Jacques Mevel   Correspondant à Bruxelles   le 15/01/2014 à 21:44

 

 

L'envoi en Centrafrique d'une force militaire européenne de quelques centaines d'hommes, afin de sécuriser l'aéroport de Bangui, semblait pratiquement acquis mercredi soir à l'issue d'un nouveau huis-clos entre les vingt-huit ambassadeurs de l'UE à Bruxelles.

 

Dans le cheminement bureaucratique de l'accord, une étape cruciale vient d'être franchie avec la préparation d'un «concept de gestion de crise», désormais confiée au SEAE, le «ministère» des affaires étrangères de l'UE. En d'autres termes, Laurent Fabius et ses vingt-sept collègues européens trancheront sur la base d'un vrai plan d'opération lorsqu'ils se retrouveront lundi pour le huis-clos décisif. Formellement, la mission militaire impliquera encore une validation politique à l'unanimité, un feu vert du Conseil de sécurité de l'Onu et une autorisation finale de déploiement.

 

L'accent sur l'aéroport de Bangui

 

L'objectif reste mesuré: il semble être de déployer de 300 à 500 hommes sous les couleurs de l'UE dans un délai de maximum de dix semaines, d'après des sources diplomatiques concordantes. Dans un premier temps, l'accent serait mis sur la sécurité de l'aéroport de Bangui, où 100.000 déplacés ont trouvé refuge. Cela permettrait de libérer pour d'autres engagements une partie des 1600 hommes de la mission française Sangaris, sans disperser ni les troupes européennes; ni le soutien logistique. C'est aussi la solution qui a reçu, dans un premier temps, le soutien de l'état-major à Paris.

 

Au concept d'opération devrait s'ajouter rapidement la «génération de forces», autrement dit la liste des besoins et les contributions nationales. La Pologne et la Belgique ont déjà fait savoir qu'elles seraient présentes, pour peu qu'un cadre européen soit établi. D'autres pays pourraient maintenant se dévoiler, laisse-t-on entendre à Bruxelles.

 

L'opération militaire de l'UE, assortie d'un mandat d'au moins quatre mois ferait la jointure soit avec la Misca, la force militaire africaine, soit avec une mission propre de l'ONU. Un autre scénario, poussé par le SEAE de Catherine Ashton, prévoit de confier ultérieurement aux Européens une «zone de sécurité» à l'ouest de la RCA. Elle engloberait entre autres la route stratégique qui conduit au Cameroun. Mais cette mission supposerait un contingent plus large, de l'ordre du millier d'hommes.

Centrafrique : l'envoi d'une force européenne pratiquement acquis

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:15

 

 

 

 

 

Par AFP, publié le 15/01/2014 à 11:03, mis à jour à 21:22

 

BANGUI - Soumis à de fortes pressions internationales pour élire rapidement un président de transition capable d'incarner la paix et redresser le pays, les "parlementaires" centrafricains peinaient mercredi à s'entendre sur la procédure, au point que l'élection prévue samedi pourrait être repoussée.

 

Le temps presse pourtant dans un pays éprouvé par un an de chaos et de violences, où la climat reste extrêmement tendu. Si la situation se normalise chaque jour un peu plus dans Bangui quadrillée par les forces internationales, le reste du pays reste essentiellement livré à lui-même. 

 

Dans la capitale, un embryon d'administration fonctionne à nouveau et la sécurité s'est largement améliorée. Mais selon des habitants, "ça tue toujours en douce dans les quartiers" et les dizaines de milliers de déplacés ayant fui les violences ne sont pas rentrés chez eux, attendant de savoir quel prochain président sortira du chapeau. 

 

Mercredi après-midi, les parlementaires se sont séparés sans tomber d'accord sur les critères d'éligibilité du futur président de transition, au nombre de 16. Ils reprendront leurs travaux jeudi matin, "ce qui risque de décaler le calendrier", selon Léa Kouyassoum Doumta, qui assure la présidence du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire).

 

"L'élection pourrait se tenir dimanche ou lundi", a-t-elle ajouté. En vertu de la charte constitutionnelle de transition, le CNT, qui a ouvert mardi sa session spéciale, a 15 jours pour procéder à l'élection. 

 

Selon le calendrier initialement prévu, les candidatures devaient être enregistrées jeudi et l'élection se tenir samedi. 

 

Le principal point d'achoppement porte sur la demande officielle de la communauté internationale d'exclure de la candidature les 135 membres du CNT, afin de marquer une rupture avec la période Djotodia. 

 

L'ex-président Michel Djotodia, porté au pouvoir en mars 2013 par une rébellion hétéroclite, la Séléka, a été contraint au départ vendredi par la communauté internationale, France en tête, excédée par son incompétence et son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses qui ont ensanglanté la Centrafrique depuis des mois. 

 

Trouver un candidat, "une gageure" 

 

Pour les partenaires occidentaux et africains de la Centrafrique, qui interviennent militairement dans le pays et financent un Etat quasiment failli, le profil du futur exécutif de transition est: "un président technique, un gouvernement restreint, avec des responsables compétents à la tête des ministères régaliens", selon un diplomate occidental. 

 

"Il y a des exigences des bailleurs de fonds, de la CEEAC (Communauté économique des Etats d'Afrique centrale). Ils nous donnent des +avis+, mais on a quand même l'impression qu'on nous tord le bras", estime un membre du CNT sous couvert de l'anonymat. 

 

Les autres critères d'éligibilité discutés, adoptés la veille par le bureau national, l'organe dirigeant du CNT, interdisent aussi la candidature de toute personne ayant été membre d'une rébellion ou d'une milice au cours des 20 dernières années, "ce qui fait du monde en Centrafrique", glisse un délégué, parlant d'une "gageure". 

 

Des propositions ont également été faites pour exclure les militaires et les dirigeants de partis politiques de la course à la présidence, selon une autre source parlementaire. 

 

"Moi, je crois qu'il n'y a que trois critères importants: courage, intégrité, indépendance", selon Léonard Sonny, le représentant des professions libérales au sein du CNT. 

 

Premier à avoir fait les frais de la pression internationale, l'actuel chef de l'Etat par intérim et président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a confirmé mercredi qu'il ne se présenterait pas, afin de "favoriser un climat serein". 

 

Par ailleurs, l'Union africaine a appelé les pays de la région des Grands Lacs, réunis en sommet à Luanda, à renforcer la force africaine en Centrafrique (Misca) actuellement déployée dans le pays pour y ramener la paix, sans parvenir à obtenir d'engagement concret: la déclaration finale du sommet ne porte aucune mention de renforts militaires. 

 

La Misca compte actuellement 4.500 hommes, l'UA peinant à réunir davantage d'effectifs alors qu'elle voudrait porter les effectifs à 6.000 hommes. La France a envoyé depuis début décembre 1.600 soldats dans le cadre de son "opération Sangaris". 

Bangui : manoeuvres en cours pour la présidence de la transition

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:12

 

 

 

 

 

BANGUI, 15 janvier 2014 09:46 (AFP) - Les partenaires internationaux de la Centrafrique ont demandé mercredi aux membres du Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire, de ne pas se porter candidats à l'élection du futur président par intérim prévue samedi.

 

"La communauté internationale exhorte le Conseil national de transition à ne pas se poser en juge et partie d'une élection essentielle pour la poursuite stratégique de la transition", a déclaré le général Noël Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, et président du comité technique de suivi.

 

Ce comité représente la communauté internationale, c'est-à-dire les principaux partenaires de la Centrafrique dans la crise qu'elle traverse, notamment la France, les Nations unies et la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).

 

La communauté internationale "invite le CNT à contribuer, par l'adoption de critères consensuels et l'exclusion de tous ses membres de la candidature, à des élections apaisées et transparentes", a précisé le général Essongo dans une déclaration à la presse.

 

Par ailleurs, elle "note avec satisfaction la mobilisation du CNT en vue de l'élection rapide du chef de l'Etat de la transition", a-t-il ajouté.

 

Les "parlementaires" devaient normalement valider mercredi l'agenda établi par le bureau du CNT qui prévoit un dépôt des candidatures jeudi et une élection dès samedi.

 

De différentes obédiences politiques, les 135 membres du CNT mis en place pour donner un vernis institutionnel à la transition, vont devoir s'entendre sur le nom d'un homme ou d'une femme qui aura l'immense tâche de rétablir l'ordre dans un pays déchiré par les violences, ravagé et en faillite.

 

La participation belge en République centrafricaine, décidée en Conseil des ministres mi-décembre, devrait commencer effectivement au début du mois de février, a estimé ce mercredi le ministre de la Défense Pieter De Crem en commission de la Chambre.

 

Des avions belges assureront des liaisons avec Bangui, la capitale centrafricaine, depuis des pays limitrophes, et un C-130 interviendra également pour la logistique.

 

La France souhaite une implication plus grande des autres pays européens, a souligné le ministre, mais «la Belgique n’a pas l’intention d’appuyer la MISCA» (mission en Centrafrique).

 

Le coût de l’opération pour la Belgique est évalué à un peu plus de 4 millions d’euros.

Les partenaires de la Centrafrique demandent aux "parlementaires" de ne pas se présenter à la présidence

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:09

 

 

 

 

http://www.jolpress.com

 

Sous la pression internationale, le président de transition en République centrafricaine, Michel Djotodia, a annoncé sa démission vendredi 10 janvier. Le pays se donne maintenant deux semaines pour choisir un nouveau chef d’État par intérim, qui devra assurer la transition institutionnelle jusqu’aux prochaines élections. En France, les Centrafricains suivent de près les événements, souhaitant avant tout un retour à la paix et à la sécurité, dans un pays où tout est à reconstruire. Entretien avec Sylvain Demangho, président du Collectif des Centrafricains de France.

 

JOL Press : En France, où se trouve principalement la diaspora centrafricaine ?
 

Sylvain Demangho : La majorité des Centrafricains de France se trouve à Paris et dans sa banlieue. La diaspora centrafricaine en France est assez nombreuse : les derniers chiffres parlaient de 6000 à 8000 personnes, mais je pense que l’on peut avancer le chiffre de 10 000 personnes, en sachant que parmi ces Centrafricains se trouvent des binationaux, c’est-à-dire franco-centrafricains.

 

JOL Press : Retrouve-t-on, au sein des Centrafricains qui vivent en France, les mêmes disparités ethniques et religieuses qu’en République centrafricaine ?
 

Sylvain Demangho : Tout dépend de ce que l’on met derrière ces « disparités » communautaires. Au-delà de l’appartenance ethnique et religieuse des gens, je pense que les Centrafricains ne se conçoivent pas à partir de leurs ethnies, mais à partir de leur appartenance à la nation centrafricaine. C’est un élément très important que l’on a tendance à oublier avec la médiatisation du conflit en Centrafrique qui apparaît, pour certains, comme un conflit interreligieux. Au sein des Centrafricains, il n’existe pas réellement de clivage profond entre ethnies ou entre religions. En France en tout cas, il n’y a pas ce phénomène-là. Et s’il existe, il doit être marginal.

 

JOL Press : Il y a donc plutôt un sentiment d’unité, de solidarité ?
 

Sylvain Demangho : Tout à fait. C’est l’appartenance à un même pays, à une même nation, qui prime. Les identités communautaires ne sont pas exacerbées ou en opposition avec d’autres. Il faut bien avoir à l’esprit que la communauté centrafricaine en France n’est pas un bloc, il y a plusieurs catégories sociales : il y a des Centrafricains qui sont des réfugiés politiques, il y en a qui sont des travailleurs, etc. S’il y a disparité, elle se situe donc à ce niveau-là. Mais depuis les récents évènements en Centrafrique, il y a un élan de solidarité avec ceux qui sont restés au pays. Il y a également des personnalités politiques qui s’organisent ici en France pour débattre de la question politique, et il y a ceux qui s’organisent également pour renforcer la solidarité en termes caritatifs.

 

JOL Press : Comment l’annonce de la démission du président Michel Djotodia vendredi dernier a-t-elle été accueillie par les Centrafricains de France ?
 

Sylvain Demangho : La démission a été diversement appréciée. Il faut savoir que le régime de transition qu’incarnait Michel Djotodia avait aussi ses partisans en France, tout comme l’opposition à ce régime-là. Globalement, le départ de Djotodia a été considéré comme une bonne chose, vu que les récents événements s’étaient cristallisés autour de sa personne. Je pense qu’il y a eu un consensus pour qu’il puisse partir et ouvrir la voie vers une transition plus apaisée. C’est ce sentiment-là qui prime chez les Centrafricains de France.

 

JOL Press : Comment le président Djotodia était-il perçu par les Centrafricains ?
 

Sylvain Demangho : La Centrafrique est un pays normal, comme la France, l’Italie ou le Portugal. Il y a donc ceux qui soutiennent le président Djotodia, qui ont cru en lui et au fait qu’il ait une vision pour le pays, et il y a ceux qui se sont opposés à lui. Il n’y a pas un sentiment unanime, « pour » ou « contre » Djotodia. Il faut aussi rappeler que Djotodia a toujours des partisans, au sein de l’armée par exemple, mais aussi des partisans politiques : il a des hommes derrière lui. Je pense que le départ de Djotodia s’inscrit dans une sagesse politique : il pouvait très bien ne pas partir, il avait les moyens de rester et de faire la guerre, mais s’il est parti, il a fait un choix relativement patriotique.

 

JOL Press : L’opposition à Michel Djotodia était-elle soudée ?
 

Sylvain Demangho : Il y a deux choses qu’il faut vraiment retenir : quand on parle de l’opposition en Centrafrique, il y a le groupe qu’on appelle l’opposition démocratique, constituée de partis politiques et d’associations républicaines et démocrates. Et il y a l’opposition militaire, entretenue en grande partie par l’ancien président, le général Bozizé, qui n’a jamais accepté son départ du pouvoir, et qui est derrière certains membres du groupe qu’on appelle « anti-balaka ».

 

Mais c’est l’opposition militaire qui a pris le dessus, puisque l’opposition politique démocratique a en fait accepté le consensus de la transition, pour que des élections puissent se dérouler à la fin de la transition. Les choses se sont exacerbées lorsque des groupes d’opposition militaire, autour des anti-balaka, ont commencé à agir. Il y a donc ces deux types d’opposition qu’il faut prendre en considération lorsqu’on analyse la situation en Centrafrique.

 

JOL Press : Quelles sont les attentes des Centrafricains concernant l’élection du prochain président de transition ?


Sylvain Demangho : La première chose qu’attendent les Centrafricains, c’est la paix, et avec elle, la sécurité. Il faut que la sécurité puisse être assurée sur l’ensemble du territoire : d’abord à Bangui, qui est la capitale politique, mais aussi dans l’arrière-pays. Il faut que l’on puisse désarmer les milices et les forces militaires conventionnelles et non conventionnelles, recréer une nouvelle armée nationale et que la gendarmerie et la police puissent travailler. Je pense que c’est cela la première attente.

 

La deuxième attente est d’ordre politique, puisque le problème, avant d’être ethnique ou confessionnel, est avant tout politique. Il faut donc résoudre le problème politique au travers d’élections, libres et transparentes, pour qu’enfin un nouveau pouvoir légitime et populaire puisse se mettre en place et reconstruire le pays.

 

JOL Press : Quels seront les défis du nouveau président ?
 

Sylvain Demangho : Les prochains défis sont énormes, puisqu’il y a tout le pays à reconstruire, mais c’est surtout la question sécuritaire qui prime. Ce n’est pas dans six mois ou dans un an que l’on résoudra cette question : cela doit être le premier défi du nouveau président par intérim – c’est après la transition que les élections « normales » seront organisées et qu’un président sera élu [au maximum début 2015, ndlr]. Il faut également que le nouveau président de transition puisse travailler sur la question de la réhabilitation de l’État : l’autorité de l’État doit être réhabilitée partout, que ce soit à Bangui ou dans l’arrière-pays. Il faudra aussi qu’il relance les activités économiques. Ce sont là les trois éléments-clés pour que le pays puisse sortir de cette situation difficile.

 

Il faut aussi parler d’une chose que l’on entend peu, c’est que le terreau sur lequel s’est développé le conflit centrafricain est le terreau de la pauvreté et de la misère. En République centrafricaine, entre 80 et 90% de la population vit dans l’extrême pauvreté, et c’est cette extrême pauvreté qui pousse les gens à prendre parfois les armes pour résoudre des questions politiques. Donc si l’économie marche et que les richesses du pays sont redistribuées de manière équitable, je pense qu’une bonne partie des problèmes centrafricains sera résolue.

 

JOL Press : Le nouveau président de transition devra-t-il compter sur l’armée pour mener à bien la sécurisation du pays ?


Sylvain Demangho : Quand on parle de la sécurisation du pays, l’armée joue en effet un rôle important. Or, l’armée actuelle est à genoux. Il faudra donc que le nouveau président reconstruise une armée nationale et patriotique, et ce que ne soit plus les milices qui jouent le rôle de l’armée. L’armée a toute sa place dans les perspectives du pays : une fois l’armée reconstruite, il faut que cette armée soit une armée républicaine et démocratique, qui ne passe pas son temps à faire des coups d’État. L’armée a donc clairement un rôle à jouer dans ce pays.

 

JOL Press : La France a-t-elle aussi encore un rôle à un jouer en Centrafrique ?
 

Sylvain Demangho : C’est une évidence. La France n’a jamais quitté ce pays depuis les années 60. On pense que la France est là-bas depuis le lancement de l’opération Sangaris. C’est une erreur : les forces françaises militaires n’ont jamais quitté la RCA. Avant même que l’opération Sangaris ne soit déployée en Centrafrique, il y a eu l’opération BOALI [en 2002].

 

La France aura toujours un rôle à jouer dans ce pays, mais tout dépend de la nature de ce rôle : faut-il que la France reste dans le schéma qui a prévalu depuis la période Bokassa, où elle a tout fait à la place des Centrafricains ? Ou bien faut-il essayer de construire un nouveau partenariat, plus équitable et respectueux ?

 

Je pense que les Centrafricains ont le droit de vivre leur souveraineté. La France ne peut que les accompagner. Le rôle que peut jouer la France est d’abord de sortir de ce que certains appellent la Françafrique. Il faut que la France s’inscrive dans un partenariat « gagnant-gagnant », comme on le dit aujourd’hui. On ne peut pas continuer à vouloir intervenir en Afrique comme si on était dans les années 40. Le monde a changé, la géopolitique mondiale aussi, et qu’on le veuille ou non, nous allons dans le sens d’une redistribution des cartes mondiales.

 

Il faut aussi savoir qu’il y a une élite centrafricaine qui n’accepte pas que le pays soit traité comme dans les années 60, où un Bokassa se faisait couronner empereur avec les soutiens d’un certain Valéry Giscard d’Estaing... Il faut sortir de ce schéma-là, et se tourner vers un schéma beaucoup plus avantageux pour la Centrafrique et la France, un partenariat que les Chinois appellent « win-win ». Voilà le rôle que la France peut jouer en Centrafrique.

 

Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press

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Sylvain Demangho est le président du Collectif des Centrafricains de France.

 

 

Lu pour vous : Centrafrique: «Le nouveau président devra réhabiliter l’autorité de l’État»

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:59

 

 

 

 

 

 

Paris (AFP) - 14.01.2014 19:50

 

Le président François Hollande a affirmé mardi qu'en Centrafrique, la France "ne se substitue pas" aux Africains pour trouver une solution au conflit, et n'entend pas renforcer son dispositif militaire dans ce pays.

 

"Nous n'avons pas vocation à choisir les dirigeants de la Centrafrique", a affirmé le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse semestrielle à l'Elysée: "La France aide, elle ne se substitue pas, ce temps-là est terminé, révolu."

 

Le président de la République a écarté l'éventualité d'un renforcement des effectifs français en RCA. "Non. Il y a 1.600 soldats, il y aura de plus en plus de forces africaines, à terme une opération de maintien de la paix, et le 20 janvier sans doute un renfort européen dont je ne peux pas encore préjuger", a-t-il fait valoir.

 

Il a réaffirmé sa volonté d'"en terminer avec ce qu'était depuis 40 ans la politique de la France à l'égard de la Centrafrique comme avec une partie de l'Afrique, où on défaisait et on faisait les présidents". "C'est fini, a-t-il dit. Ce que je veux, c'est sauver la population".

 

Rappelant que Paris est intervenu en RCA dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, il a souligné que "tout n'est pas réglé", un mois après le début de l'opération Sangaris pour tenter de stabiliser le pays. "Nous n'avons pas terminé le travail, nous allons le continuer, mais dans un contexte forcément différent", a poursuivi François Hollande.

 

D'abord, a-t-il dit, "parce que l'Europe va venir", soutenir les efforts de la France. Des opérations "pourront être décidées" le 20 janvier --à l'occasion d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l'UE--, "aussi bien sur le plan sécuritaire qu'humanitaire".

 

"Nous veillons à ce qu'il puisse y avoir l'arrêt des exactions, des violences et des affrontements inter-religieux. Si une solution politique peut y contribuer, tant mieux. Encore faut-il qu'elle soit comprise par la population comme une réconciliation et pas un règlement de comptes", a-t-il poursuivi.

 

Paris, a-t-il dit, travaille "avec l'ensemble des pays de la région pour que la Centrafrique ne soit pas mise sous tutelle, mais soit capable à terme d'avoir une transition politique". Cela suppose "des élections, comme nous avons été capables de le faire au Mali".

 

Environ 1.600 soldats français sont déployés en RCA, au côté de plus de 4.000 soldats de la force africaine. "Là aussi, lorsque la mission aura rencontré le succès attendu, ces forces rentreront", a conclu le chef de l'Etat.

 

Le parlement provisoire centrafricain a ouvert mardi une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, qui aura pour tâche d'incarner "la paix et la réconciliation nationale" dans un pays ravagé par des mois de violences.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: la France "ne se substitue pas" aux Africains estime Hollande

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:44

 

 

 

 

 

 

   Publié le 13-01-2014 à 21h05

 

Après la démission de Michel Djotodia, la Centrafrique a dix jours pour se choisir un nouveau président de transition... et ainsi tenter de combler le vide du pouvoir.

 

L'opération militaire française en Centrafrique a connu vendredi dernier son premier effet – indirect- d'envergure. Michel Djotodia, ancien membre des rebelles de la Seleka et président par intérim depuis son coup d'Etat en mars 2013, a démissionné sous la pression des dirigeants africains, mais surtout de la France et du Tchad. Conformément à la Constitution, le pays a désormais dix jours maintenant pour trouver un nouveau président de transition. C'est Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du Parlement provisoire, le Conseil national de transition (CNT) né après la prise de pouvoir de Michel Djotodia, qui est chargé dès lundi 13 janvier de mener les consultations avec les 135 membres du CNT, issus de différents partis politiques. La date de l'élection par les "députés" n'a pas encore été fixée ; l'élection sera supervisée par le médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso.

 

Le pari est risqué. Pour la France, d'abord, qui après être intervenue militairement, s'est aussi engagée à s'investir dans la transition. Après avoir ouvertement critiqué Michel Djotodia pour n'avoir "rien pu faire" et même "laissé faire", François Hollande avait estimé qu'"on ne peut pas laisser en place [ce] président". En mettant ainsi l'accent, et à juste titre, sur l'aspect politique pour trouver une solution à la crise, la France est attendue au tournant, et pourrait être tenue responsable en cas d'échec. Pour la Centrafrique aussi bien sûr, l'enjeu est majeur. Il s'agira de prouver que le pays est capable de se relever et d'entamer le travail de réconciliation.

 

Une décision bien accueillie

 

Pour le moment, l'éviction de Michel Djotodia est plutôt bien accueillie. Impopulaire, critiqué pour son incompétence à gérer le pays après la chute de son prédécesseur, François Bozizé, plus personne ne souhaitait le voir encore aux manettes du pays. Lui-même, dont les troupes devinrent très rapidement incontrôlables, ne souhaitait pas garder le pouvoir. Il y avait urgence à remanier une équipe gouvernementale qui souffrait d'un très lourd déficit de légitimité afin de recrédibiliser le gouvernement. "C'est une bonne chose", estime Thierry Vircoulon, chercheur à l'Ifri et directeur du programme Afrique centrale de l'International Crisis Group. "La démission forcée de Michel Djotodia est la sanction du chaos qui s'est installé depuis l'année dernière et le fait qu'on leur inculpe la situation actuelle."

 

Dans les rues de Bangui, la tension est présente mais il semblerait aussi que cette nouvelle ait reçu un accueil favorable. Le "Réseau des journalistes pour les droits de l'Homme en RCA" a recueilli quelques témoignages : "La démission de Michel Djotodia et de son Premier ministre est un ouf de soulagement pour le peuple centrafricain, qui a souffert pendant près d'une année. Maintenant, la balle est dans le camp des conseillers nationaux de transition, qui vont choisir un nouveau président. Ces derniers doivent faire un bon choix, pour qu'on ne retombe pas dans les mêmes erreurs", a ainsi déclaré Nicaise Koumba, un agent de l'Etat. Un étudiant en droit souligne : "Pour moi, la personne qui va être choisie doit être quelqu'un de neutre."

 

A la recherche du bon profil

 

Dès vendredi, plusieurs noms circulaient, dont celui du nouveau président par intérim, candidat malheureux aux élections législatives en 2011, Alexandre-Ferdinand Nguendet. Ce dernier, qui n'a pas souhaité s'avancer sur sa propre candidature, a estimé lundi sur RFI, que le pays avait besoin "d'un compatriote qui a le sens élevé de l'Etat. Un rassembleur qui peut fédérer toutes les tendances pour permettre au pays de retrouver la paix, l'unité et la concorde nationale."

 

Tous les ténors de la classe politique centrafricaine ont déjà fait savoir qu'ils ne brigueraient pas le poste de la transition car la Constitution les empêcherait par la suite de se présenter à l'élection présidentielle. C'est par exemple le cas de Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, principal opposant de François Bozizé et déjà deux fois candidat à une élection présidentielle, en 2005 et en 2011. A défaut de poids lourds, le choix est réduit tant la classe politique centrafricaine est plutôt faible. Excepté le parti historique, le MLPC (Mouvement de libération du peuple africain), il n'y a pas de parti puissant.

 

"C'est difficile de trouver le profil parfait", souligne Thierry Vircoulon, "mais dans la mesure où il s'agit de relever le pays de la crise et de commencer la reconstruction, il faut un profil de technocrate compétent et le plus neutre possible au plan politique. On peut très bien imaginer que le Premier ministre soit ce technocrate compétent et que le président soit une figure consensuelle, sans forcément venir de l'administration. Surtout, il est important que l'équilibre entre les deux communautés religieuses soit trouvé dans le gouvernement."

 

Interrogée par l'AFP, la vice-présidente du CNT, Léa Koyassoum Doumta, syndicaliste et femme politique, estime que le prochain président "doit être quelqu'un qui peut unir les Centrafricains, ramener la sécurité, calmer la tension, remettre tout le monde au travail, préparer le terrain à l'organisation d'élections libres, démocratiques, transparentes", ajoutant qu'il doit "rassurer les ex-Séléka et les anti-balaka, qui sont des produits de la société centrafricaine. Ce sont nos enfants et c'est nous qui les avons créés".

 

Pour de nombreux observateurs, le délai de 15 jours pour trouver cette personnalité est extrêmement périlleux mais nécessaire. "Si cela ne se fait pas rapidement, le vide de pouvoir risque d'être très problématique à Bangui. Plus cette situation d'incertitude dure, plus il y a un risque d'affrontement entre les anti-balaka et les combattants de la Seleka", assure Thierry Vircoulon.

 

Des défis majeurs pour le prochain président

 

Le prochain président de transition aura ensuite pour mission de mener le pays à des élections législatives et présidentielle. Il aura très peu de temps : le calendrier de la transition stipule que les élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015. La France veut qu'elles soient organisées avant...

 

Pour atteindre cet objectif, il faudra dans l'urgence construire un pays à genoux, si ce n'est inexistant. L'administration est à l'arrêt, l'économie est désorganisée, les autorités n'ont d'autorité que leur nom. A cela s'ajoute la crise humanitaire sans précédent et les milliers de déplacés.

 

Interrogé il y a quelques semaines, le spécialiste Roland Marchal soulignait l'importance à donner au redémarrage de l'économie : "Il est d'abord question de droits à donner ou redonner à des populations. On ne peut pas juste faire dans le discours moral sur le vivre-ensemble. Les gens se reconsidéreront uniquement lorsqu'il y aura à manger et plus de sécurité. En somme, uniquement quand l'économie repartira. C'est cela la réconciliation ! Et je regrette que les questions économiques soient totalement mises de côté par la communauté internationale. Tout le monde pense au diamant, à l'uranium, au pétrole, mais personne ne pense à l'agriculture. Avec de petites améliorations, on peut complètement changer les conditions de vie des populations. Il faut remettre les choses à plat avec les opérateurs africains."

 

En juin 2013, dans un épais rapport, l'International Crisis Group estimait que "la Centrafrique est aujourd’hui confrontée à trois défis : à court terme, restaurer la sécurité et l'ordre public et fournir une aide humanitaire d'urgence ; à moyen terme, mener à bien la transition politique qui doit durer dix-huit mois ; à long terme, rebâtir l’Etat. La transition et la reconstruction de l’Etat ont pour préalable le retour d’une sécurité minimale."

 

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : Le difficile choix du successeur de Djotodia :
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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:27

 

 

 

 

LE MONDE | 14.01.2014 à 19h01 |Par Cyril Bensimon

 

Le Tchad a donné, le Tchad a repris. Lorsque le président Idriss Déby, fermement soutenu par la France et par le Congo-Brazzaville, l'a décidé, Michel Djotodia n'a eu d'autre choix que de s'exécuter et de se dévêtir d'un costume présidentiel trop grand pour lui. En République centrafricaine (RCA), l'histoire vient de bégayer. En 2003, François Bozizé avait conquis le pouvoir par les armes avec l'assentiment de son voisin du Nord. La Séléka, une coalition de mouvements rebelles, l'a renversé le 24 mars 2013 parce que N'Djamena l'a bien voulu et, selon des sources concordantes, a même appuyé le coup de force.

 

M. Bozizé aura tenu dix ans avant d'être poussé à l'exil, M. Djotodia n'aura eu que dix mois. Le temps que cet ancien fonctionnaire du ministère du plan, formé en Union soviétique, devenu chef rebelle puis président de transition, démontre son incapacité à tenir les rênes du pouvoir. Mais il n'est pas le seul responsable de l'effondrement total de son pays.

 

UN ETAT FANTÔME

 

Même s'ils s'en défendent, M. Bozizé et son clan ont, selon des sources centrafricaines et françaises bien informées, soufflé sur les braises et soutenu la déstabilisation depuis les pays environnants – Cameroun, République démocratique du Congo, Soudan du Sud et Ouganda. En un an, depuis les premières attaques de la Séléka en décembre 2012, la Centrafrique est passée du rang de pays malade à celui d'Etat fantôme.

 

Les provinces septentrionales du pays avaient, depuis des années, été laissées à l'abandon. Lorsque les rebelles sont entrés dans Bangui en mars 2013 après avoir balayé en trois jours la dernière résistance d'un régime moribond, ils se sont tout d'abord livrés à un gigantesque pillage, désossant les administrations, emportant tout ce qui avait la moindre valeur.

 

Ces combattants, originaires des provinces du nord de la Centrafrique, et des mercenaires venus du Tchad et du Soudan, auxquels se sont ajoutés des milliers de jeunes opportunistes et des combattants de la 25e heure, avaient pour seule ambition de se servir, pas de servir l'Etat. En province, durant trois mois, ils ont semé les germes de la haine intercommunautaire, qui a enflé depuis, en pillant les églises et en détruisant les registres d'état civil.

 

Après leur conquête du pouvoir, ils ont mené une campagne de terreur. On ne compte plus le nombre de maisons brûlées, d'exécutions sommaires. Selon l'ONU, un Centrafricain sur cinq a dû fuir son domicile. A l'extrême violence des combattants de la Séléka, leurs opposants, des miliciens « anti-Balaka » et des militaires des forces centrafricaines, ont répondu par des crimes aussi ignobles, n'épargnant ni les femmes ni les enfants, dont le seul tort était d'être musulmans et, par amalgame, complices du régime.

 

Les musulmans de Centrafrique et les ressortissants tchadiens qui n'ont pas fui vivent dans la terreur d'un « match retour » que leur promet une partie de la population majoritairement chrétienne. Leur protection à Bangui ne dépend que des soldats africains de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) et des militaires français de l'opération « Sangaris ». Les troupes internationales, largement déployées dans la capitale, ont empêché des massacres de grande ampleur mais la faiblesse des effectifs empêche une projection dans l'intérieur du pays.

 

PÉRIODE D'INCERTITUDES

 

Une nouvelle phase remplie d'incertitudes se dessine en Centrafrique avec la recherche d'un nouveau président de transition. Les jeux sont ouverts, les prétendants ne manquent pas mais trouver une personnalité consensuelle chargée de conduire le pays à de nouvelles élections ne sera pas aisé. M. Djotodia était entré mal assuré dans son rôle de président autoproclamé. L'ex-chef rebelle est parti en exil au Bénin, honni par la grande majorité de la population. Dix mois durant, ses déclarations de bonnes intentions ont été aussitôt démenties par la réalité. Lorsqu'il promet de mettre un terme au népotisme, qui caractérisait le régime précédent, il nomme des membres de sa famille et de sa communauté, les Goula, aux postes-clés comme le juteux ministère des mines. « On n'a rien contre Djotodia mais au moins il aurait pu nous éviter de nouvelles bêtises », ironisait il y a quelques semaines un jeune entrepreneur banguissois.

 

En septembre, face à la multiplication des exactions commises par ses combattants, le président annonce la dissolution de la Séléka mais, dans les faits, les « généraux » de l'ex-rébellion tiennent tous les leviers sécuritaires et les crimes se poursuivent. Il se pose en garant de l'unité du pays mais agite la menace de sécession. Il jure vouloir protéger le caractère laïque de la Centrafrique, réfute toute volonté d'islamisation (sa mère est chrétienne), mais ses soldats s'en prennent quasi exclusivement aux populations chrétiennes, au point que le spectre d'un conflit interconfessionnel plane sur le pays.

 

Avec son premier ministre, l'avocat Nicolas Tiangaye, qui avait sans l'avouer soutenu le coup d'Etat de mars 2013, les relations sont rapidement devenues exécrables. Les deux têtes de l'exécutif se sont enfermées dans une querelle d'ego paralysant le fonctionnement des institutions et la reprise économique. Leur bilan est catastrophique, ils laissent derrière eux un pays au bord du gouffre, rongé par la haine et où la situation humanitaire est effroyable.

Lu pour vous : Centrafrique, un pays au bord du gouffre

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