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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:53

 

 

 

 

 

Gbossokoto.JPG

http://www.grotius.fr par Gaël Grilhot le 1 juillet 2012  

En Centrafrique, l’histoire récente de la presse écrite indépendante se confond souvent avec celle de  Maka Gbossokoto, directeur de publication du Citoyen. Aujourd’hui reconnu et loué par ses pairs, « Monsieur Maka » est également de plus en plus contesté pour cette position particulière qu’il a réussi à se créer au fil des ans.

Kpetene signifie « celui qui fuit la parole » en Sango. Un jour, un homme sage excédé par l’agitation de la ville, est venu s’exiler dans un bois proche de Bangui et fût appelé ainsi par ses congénères. Depuis, le bois s’est peuplé et l’ermite n’est plus, mais son nom est resté, désormais associé à ce quartier populaire et toujours très boisé en périphérie de la capitale. Pour rejoindre le siège du Citoyen, il faut donc quitter la petite route de latérite qui entre dans Kpetene à hauteur du « km5 », et s’enfoncer dans un petit chemin bordé de concessions en briques. C’est dans l’une d’entre elles, entourée de hauts murs hérissés de barbelés et d’une grille imposante, que se trouve le siège du Citoyen, un des titres les anciens de la presse indépendante centrafricaine.

Son fondateur et directeur de publication, Maka Gbossokoto, est également le président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA). « Quand il a une idée derrière la tête, il veut aller jusqu’au bout », témoigne son ami et confrère Mathurin Constant Momet, Directeur de publication du Confident, qui loue « sa ténacité, son courage et sa détermination qui ont certainement contribué à la consolidation de la liberté de la presse en RCA ». Présent lors de la création de toutes les structures de régulation des médias centrafricains – et désormais souvent en opposition par rapport à elles, Monsieur Maka est devenu au fil du temps un personnage incontournable dans le paysage politico-médiatique centrafricain. Peut-être l’un des seuls, d’ailleurs, à pouvoir aujourd’hui discuter d’égal à égal avec l’Exécutif.

 Du Capital à la Tortue Déchaînée

Rien ou presque ne destinait pourtant  Monsieur Maka à devenir le chef de file des journalistes centrafricains. Le regard vif et malicieux, la barbe blanchie par la soixantaine, il évoque facilement les années, où il enseignait la philosophie en Côte d’Ivoire. De l’idéologie marxiste-léniniste qu’il partageait alors, il dit retenir aujourd’hui « la méthode qui [lui] permet de mieux analyser la situation économique et sociale. Une façon d’appréhender les événements en s’en détachant et en les replaçant dans un contexte plus global ». Mais la principale influence viendra d’une pratique alors courante chez ses homologues ivoiriens. « J’ai été fortement marqué par ces intellectuels qui se sont lancés dans l’agriculture en Côte d’Ivoire.

A mon retour en 1992, j’ai refusé d’intégrer la fonction publique, et me suis lancé dans les plantations de café ». Un Robusta nommé Gbako « qui fait sa force », et pas seulement pour l’énergie procurée par la graine caféinée. Ses quelques cinquante hectares de caféiers du côté de Mbaïki; dans la région de la Lobaye (Sud-Ouest), lui permettent en effet de « rester indépendant et de pouvoir résister à toute forme de tentation financière. » Une qualité rare, dans ce pays, et qui lui sera utile plus d’une fois. « Il est le seul qui a compris que pour faire bouger les choses, il faut de l’énergie, mais aussi des moyens et il lui est arrivé de payer  de sa poche », explique ainsi Pascal Chirha, coordinateur à Bangui de l’institut Panos Paris. C’est également à cette période qu’il se rend compte de l’état désastreux de la presse centrafricaine. Une presse partisane et d’opinion pour la plupart des titres, et quelques journaux privés « truffés de fautes d’orthographe et d’autres erreurs de formes ».

L’absence de formation des journalistes, la multiplication des articles d’opinion et les accusations – souvent sans preuves – lancées à l’encontre des autorités créent d’importantes tensions entre le pouvoir et la presse. Il décide de lancer son propre hebdomadaire satirique, la Tortue déchaînée. Les Centrafricains apprécient, et le journal « marche très bien », mais beaucoup de ses proches lui conseillent rapidement de passer à une publication quotidienne et d’adopter un mode plus sérieux. Le Citoyen est alors né. Il fonctionne dans un premier temps sans annonceurs « toujours par souci d’indépendance », mais peu après, et notamment sur les conseils répétés de Reporters Sans Frontières (RSF), Monsieur Maka accepte d’y insérer des encarts publicitaires.

 Ordonnance 005/02

Vient l’époque des grandes batailles pour la liberté de la presse en Centrafrique. Aujourd’hui, M. Maka sourit de ces anecdotes qui foisonnent, comme lorsqu’il se faisait poursuivre dans les rues de Bangui par le Général Ndjadder, alors Directeur de la sécurité présidentielle d’Ange-Félix Patassé. Ou encore lorsque ce mutin est venu le voir à son bureau pour le menacer de mort s’il continuait à écrire ses articles. « Je lui ai répondu, en le regardant droit dans les yeux, comme on me l’a appris au petit séminaire lorsque j’étais enfant : « Ces armes, ce sont les vôtres ou  celles du peuple ? » ».  Le mutin s’est calmé et a accepté un café. « Deux jours plus tard, poursuit M. Maka en éclatant de rire, il est revenu me dire que le café avait été vraiment trop fort et qu’il n’avait pas réussi à dormir depuis ».

Le bras de fer avec le gouvernement s’est poursuivi durant toute l’ère Patassé, où les textes législatifs concernant la presse se succèdent, tous plus liberticides les uns que les autres. Après le coup d’Etat de 2003, il se poursuit avec le nouveau président en place. « Je me suis mis à dénoncer la gabegie, la prédation d’un parent de Bozizé, qui était alors directeur général de l’ENERCA (agence nationale d’électricité). Il piochait dans les caisses, et nous l’avons dénoncé avec preuves à l’appui. Et c’est là où l’on m’a trainé devant les tribunaux, arrêté, puis emprisonné ». Pendant un mois, il est effectivement détenu à la « maison blanche », le quartier VIP de la prison de Ngaragba. La mobilisation de la profession et des ONG internationale ne faiblit pas cependant. Et une fois libéré, M. Maka entreprend de négocier le texte fondateur de la liberté de la presse en Centrafrique. « Nous avons été aidés par le Conseil National de Transition (CNT),  se remémore-t-il, qui était alors composé de nombreuses personnes de l’opposition et de la société civile, et à la tête duquel il y avait Maître Tiangaye, alors président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme. « Selon ce texte, adopté en 2005, aucun journaliste ne devrait théoriquement risquer la prison pour ses écrits ».

L’avenir de ce texte, appelé « ordonnance 00502 », est aujourd’hui fortement compromis. Sous prétexte de vouloir y inclure les médias numériques, le gouvernement menace de le rendre caduque. Déjà, plusieurs journalistes qui s’étaient attaqués à des proches du pouvoir, ont été arrêtés et condamnés ces derniers mois à des peines de prison ferme, à de lourdes amendes, ainsi qu’à une fermeture de leurs journaux. La Justice contourne en effet l’ordonnance en poursuivant les journalistes pour « appel à la haine », une charge passible d’une peine de prison. M. Maka ne nie pas que les journalistes condamnés n’avaient pas commis des erreurs, « il y a certainement eu diffamation ou injure, mais certainement pas “incitation à la haine” ». Avant d’ajouter furieux : « le problème est que  les juges sont de plus en plus manipulés par l’exécutif ».

Passer la main

Le temps a passé, depuis la création de la Tortue Déchaîné, mais les problèmes demeurent à peu près les mêmes au sein de la presse écrite centrafricaine. En 2009, un département de journalisme a bien été créé au sein de l’Université de Bangui, et il a accueilli avec soulagement le programme de formation mis en place conjointement par l’université et l’institut Panos. Mais dans l’ensemble, il admet que la profession reste peu formée, et « commet encore des erreurs », en accusant sans preuves. Lui-même d’ailleurs se transforme à l’occasion en tuteur, pour les courageux jeunes journalistes qui souhaitent travailler avec lui. Courageux, car Monsieur Maka n’est pas un tendre. « C’est une formation à la dure, reconnaît Eddy Doualli. Nous travaillons jusque tard dans la nuit pour avoir les dernières informations, alors que d’autres publications ferment parfois leurs bureaux à 17h ou 18h. » Avant d’ajouter : « Monsieur Maka assure la relecture et la correction de tous les articles, afin d’éviter d’avoir le moindre problème avec les autorités. Même si le journal reste critique. »

Planteur, journaliste, leader syndical, cela fait beaucoup pour un seul homme. D’autant que certaines critiques concernant la gouvernance démocratique de l’UJCA commencent à poindre. Pour Pascal Chirha, le problème se pose ainsi  : « L’Assemblée Générale  ne s’est pas tenue depuis plusieurs années, alors même que Maka en est à son deuxième ou troisième mandat, regrette-t-il. Ce sont des choses qui mettent un peu en cause la dynamique qu’il a lui-même développée. Je pense que c’est quelqu’un qui se sent aujourd’hui tout seul aux commandes.  Il a beaucoup donné, et il a besoin aujourd’hui d’être relayé. » Pour Mathurin Constant Momet, M. Maka cèdera sa place un jour, mais « il n’a pas encore trouvé la bonne personne pour assurer la continuité. Il lui faut trouver quelqu’un qui ne puisse pas être récupéré par le pouvoir. »

Monsieur Maka n’élude pas la question et même s’il ne se fixe aucune échéance, il sait que le temps approche où il devra passer la main, pour se consacrer peut-être un peu plus à ses plantations. Déjà, il tente de s’y rendre « au moins une fois par semaine ». Il demeure injoignable sur son téléphone portable parfois pendant plus de deux jours. Au milieu de ses caféiers, loin des tumultes de la vie politique, lui aussi semble alors choisir de « fuir la parole »…

 

http://www.grotius.fr/marx-la-tortue-dechainee-et-le-cafe-robusta/

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Centrafrique-Presse.com - dans Médias
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:50

 

 

 

 

 

un journaliste centrafricain en formation de linstitut pano

 

 

 

http://www.grotius.fr  par Gaël Grilhot le 15 juillet 2012

Entretien avec Pascal Chirhalwirwa, responsable du bureau de l’Institut Panos Paris en Centrafrique : « les bailleurs et les opérateurs doivent harmoniser leur stratégie de coopération dans le secteur des médias »…

Gaël Grilhot : Les bailleurs de fonds privilégient plutôt le développement des radios, et notamment des radios communautaires. Comment expliquez-vous cette différence de traitement par rapport à d’autres médias, notamment la presse écrite ?

Pascal Chirhalwirwa : Il est vrai qu’il y a un sérieux problème en matière d’appuis à la presse centrafricaine. C’est un secteur qui  n’attire pas du tout les bailleurs. Je pense que ceux qui s’y sont essayé n’ont pas eu les résultats attendus et se sont découragés. Les opérateurs ont finalement tourné leur intérêt vers la radio, en tenant compte de son impact rapide, de son contact direct avec la population. La presse écrite, en outre est plus centrée à Bangui, et n’a donc pas un impact visible au niveau national. C’est une presse qui s’appuie généralement sur des questions politiques, une presse d’opinion qui n’attire pas l’intérêt des bailleurs. Ils ne la considèrent pas comme un vrai acteur de  développement. Leur intérêt est en effet de voir quelles sont les initiatives qui peuvent permettre au pays de démarrer le développement le plus rapidement possible, de contribuer à la culture de la paix etc. Or pour ces bailleurs, la presse écrite n’offre pas encore toutes ces garanties. Il s’agit encore d’un secteur peu ou pas structuré. Les radios sont fragiles, elles aussi, mais elles ont l’avantage d’être plus proches de la population, dans un pays qui a un taux d’analphabétisme très élevé. C’est surtout là où se fait la différence  pour les bailleurs.

G.G : Que devrait faire les bailleurs pour renforcer les capacités des médias ?

P-C.C : Je crois qu’il là y a une petite hypocrisie de la part des différents acteurs. Beaucoup ont développé des programmes de soutien aux radios communautaires par exemple, mais sans penser à mieux structurer et organiser le secteur des médias. Or c’est avant tout dans ce domaine qu’il faudrait que la priorité soit mise, avant d’exiger que les médias ne deviennent un acteur réel au service du développement. Le travail effectué par Panos aujourd’hui se situe d’ailleurs dans cette optique. Tous nos partenaires, l’Union européenne, Cordaid, l’ambassade de France sont des bailleurs qui ont compris cette nécessité. Bien évidemment, il faut travailler sur tous les fronts : structuration, renforcement des compétences des journalistes, traiter les questions liées au développement ou aux droits  de l’Homme, au VIH/SIDA, à la corruption etc. Mais il faut que les bailleurs et les opérateurs harmonisent leur stratégie de coopération et mettent en place un plan  bien défini.

G.G : Quel bilan dresser du Projet de formation pratique sur le journalisme sensible aux droits de l’homme (ProPraj DH) ?

P-C.C : Le projet ProPraj est un petit projet mais qui a vite eu un impact . Il répondait à un réel besoin dans ce pays. Le département de journalisme de l’Université de Bangui a été lancé en 2009, mais il a eu du mal à démarrer, surtout sur le plan de la formation pratique. L’UNESCO, qui avait contribué au lancement, avait des difficultés financières pour continuer dans toutes les dimensions de l’enseignement. Et donc le projet PROPRAJ, qui a rapidement été connu sous le nom du journal des droits de l’Homme Kôngô Ti Doli, est venu à point nommé, pour donner une dimension pratique. Néanmoins, le projet est aujourd’hui dans sa dernière phase, alors que l’Université a un caractère permanent. Donc si ce département doit continuer, il faut pouvoir envisager de le pérenniser. Panos a installé tous les dispositifs de base, en équipant notamment le studio radio, qui est désormais opérationnel. Lors de la dernière session, nous avons également lancé un programme de web journalisme pour sensibiliser les stagiaires à ce nouveau type de médias. Nous avons recruté le chargé de suivi, légalement pris en charge, par l’Université, qui a toutes les capacités à continuer ce programme. Si l’Université lui alloue les moyens nécessaires, il sera en mesure de le piloter.

G.G : Quel a été l’impact de Kôngô Ti Doli ?

P-C.C : Il ne se limite pas seulement au niveau pédagogique pour le petit groupe de stagiaires formés, mais s’étend au niveau du public, parce que c’est un produit qui a apporté une certaine nouveauté dans le paysage médiatique centrafricain, au niveau de la forme comme au niveau du contenu. La version papier a en effet été encartée dans les principaux titres de la presse centrafricaine, ce qui a permis aux lecteurs, mais aussi aux journalistes des différentes rédactions de se familiariser avec une autre façon – non partisane – d’aborder l’information liée aux droits de l’Homme. Nous avons reçu aussi les responsables des médias qui ont participé à ce programme, et tous nous ont confirmé que les journalistes qui y avaient participé, ont apporté pas mal de changement dans leur manière de traiter les informations au niveau de leur rédaction. Et ça, je crois que le public en avait besoin, nous avons d’ailleurs reçu de nombreux témoignages en ce sens. De la même manière, l’émission radio créée en parallèle au journal de presse écrite est passée en boucle sur Radio Ndeke Luka, et nous avons reçu de nombreux échos positifs.

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Centrafrique-Presse.com - dans Médias
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:44

 

 

 

 

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Mercredi, 25 Juillet 2012 14:23

Les conseillers économiques et sociaux de la République Centrafricaine renforcent leurs capacités à Bangui. Ils sont en formation  ce 25 juillet 2012 sur « le principe de fonctionnement d’un conseil économique et social, cas du Conseil Economique et Social de France ».

Ils sont plus de 50 personnes à participer à cette séance d’apprentissage. Le Directeur de Cabinet du Conseil Economique, Social et Environnemental de France, Christian Leroux déclare que la présente formation s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle forme de partenariat entre le Conseil Economique et Social centrafricain et celui de la France.

« C’est une décision de la Direction du conseil Economique et Social de la France qui a décidé de travailler étroitement avec le continent africain pour renforcer ses coopérations bilatérales. Pour cette première expérience, nous avons choisi la République Centrafricaine à la demande du bureau du CES de Centrafrique », explique Christian Leroux.

Le formateur français précise ensuite que ces conseillers vont se familiariser avec « les principes de fonctionnement d’un CES pour la réalisation des rapports des avis et des conseils qui sont à fournir au Gouvernement et au parlement.  Voir aussi comment l’Assemblée peut travailler en même temps sur le dialogue social, le dialogue, culturel, le dialogue sociétal et le dialogue académique ».

Cette formation se déroule su siège du Conseil Economique et Social à Bangui. Elle intervient en prélude à la deuxième session ordinaire du CES qui se tiendra à Bangui du 1er août au 14 septembre 2012.

 

NDLR : Le Conseil Economique et Social de la RCA a fait honte lorsque Bozizé avait donné l’ordre à ses services de sécurité de dépecer son  Vice-président Jean Daniel Dengou gérant d'ADMN qui a dû finalement quitter précipitamment le pays pour se mettre à l’abri en France. Il n’y eut pas de la part du CES centrafricain le moindre communiqué d’indignation et de condamnation de la chasse à l’homme qui fut lancée contre lui jusqu'à ce jour.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:38

 

 

 

Réseau des journalistes pour les Droits de l’homme en République Centrafricaine (RJDH-RCA)

Bangui : MSF lutte contre le paludisme et autres maladies dans le sud-est

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Bangui, 25 juillet 2012 (RJDH) – La question du paludisme, des infections respiratoires, de la diarrhée  et la formation des agents de santé communautaires, a été au centre des activités de la mission d’une équipe de l’ONG Médecin Sans Frontière (MSF), basée à Mboki, d’après un communiqué reçu du service de communication de cette organisation.

Cette équipe MSF de Mboki a sillonné la préfecture du Haut- Mbomou (sud-est) pour sensibiliser la population sur ces différentes maladies. Le déplacement a permis également d’assurer la prise en charge des personnes atteintes du paludisme et de chercher à connaitre les causes de cette maladie qui sévit dans le sud-est de la République centrafricaine.

A cet effet, des agents de santé communautaire des communes de Zémio, de Mboki et de Djéma ont été formés à la prise en charge de ces maladies, car ces communes ne disposent pas de structures sanitaires et des personnels soignants.

« Dès notre arrivée à Mboki, nous avons constaté que l’hôpital était presque abandonné. Il n’existait aucune structure sanitaire. Il y a aussi un manque de produits de première nécessité pour les personnes souffrant du paludisme, des infections respiratoires et de la diarrhée », a expliqué Claude Bitaronga, infirmier de MSF de Mboki.

Ces agents de santé communautaire formés par MSF, auront pour tâche de sillonner les quartiers, les villages, les marchés et aussi des églises afin de sensibiliser la population à se faire soigner à l’hôpital en cas de syndrome de cette maladie.

« Nous essayons de sensibiliser les femmes enceintes sur les complications qui peuvent arriver lors des accouchements à la maison, et sur la conduite à tenir pendant la grossesse. Nous sillonnons tous les quartiers de Mboki pour faire la sensibilisation. Parfois nous nous rendons aussi dans des églises  le dimanche pour sensibiliser les gens », a déclaré Paul Nicaise Sadouyo, agent de santé communautaire dans le projet de MSF à Mboki.

Berberati : Le soin des petits en danger à l’hôpital

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Berberati, 25 juillet 2012 (RJDH) – Les agents de santé de l’hôpital préfectoral de Berberati ont refusé de travailler, depuis le  lundi 23 juillet,   pour des raisons de conflit de compétence et d’intérêt ; ce qui joue sur la prise en charge des enfants malades.

« La plupart des infirmités des enfants de la sous-préfecture de Berberati sont liées à des mauvaises ou non-respect des techniques de soin par le personnel. Certains infirmiers ne savent pas faire des injections. Ce qui cause des cas d’infirmité chez les petits enfants », a souligné un infirmier qui a requis l’anonymat.

Pascal Doé, président du conseil de gestion de l’hôpital de Berberati et Rémy Fédangamon, préfet de la Sangha Mbaéré, sont en train de chercher à résoudre le problème, pour que les activités reprennent.

 

Mbaïki : Pénurie de sucre sur le marché

 sucre

 

Mbaïki, 25 juillet 2012 (RJDH) – La pénurie de sucre remarqué à Bangui affecte aussi la ville de Mbaïki (sud), chef-lieu de la préfecture de la Lobaye.

Les informations recueillies par Radio Songo révèlent que les quelques rares boutiques qui en disposent ont augmenté les prix. Sur deux magasins visités,  1 kilogramme de sucre coûte 1200 FCFA au lieu de 800 FCFA.

Un consommateur qui a requis l’anonymat s’est plaint de la hausse du prix et s’est interrogé si le respect de l’arrêté de gel de prix des produits de première nécessité du ministère du commerce.

«Quelle disposition  prendre pour que la mesure prise par le ministère du commerce puisse être appliquée, afin de permettre aux Centrafricains d’avoir des produits de première nécessité à prix abordable ? », s’est-il interrogé.

Bangui : Les correspondants communautaires du RJDH en formation

 un journaliste centrafricain en formation de linstitut pano

 

Bangui, 25 juillet 2012 (RJDH) – Au total 16 correspondants du Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH), venus de l’intérieur du pays prennent part, depuis le lundi 23 juillet, à un atelier de formation sur « le correspondant en état d’alerte ».

Initié  par l’ONG internationale Internews, cet atelier de cinq jours vise à « maintenir en état d’alerte les correspondants du RJDH, afin de  recueillir les informations (humanitaires et des droits de l’homme) pour le réseau », a fait savoir  Roger Clavet, chef du programme d’Internews qui assure la formation.

Selon lui, ces correspondants auront à  aiguiser leurs outils de collecte. Et comme ils sont les yeux et oreilles du RJDH dans leurs localités respectives, « nous pensons qu’une telle formation pourra développer chez eux des réflexes pour sélectionner les éléments d’information les plus signifiants de leurs communautés », a-t-il indiqué.

Evrard Bondadé, secrétaire général de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH), invité pour présenter les activités de son organisation en matière de défense et de protection des droits de l’homme a fait savoir que le but de tout ce travail commun est d’améliorer les conditions de vie de la population en luttant contre toutes les formes de violation de  ses droits.

Il a aussi rappelé aux correspondants l’importance de  la neutralité dans leur travail quotidien, la vérification des informations avant la diffusion, mais aussi la rapidité dans la publication de l’information. Car une information qui arrive à temps peut permettre de sauver des vies, a-t-il ajouté.

Il faut signaler que cette formation qui regroupe les correspondants venus des localités où il n’y a pas de radios communautaires, est la deuxième après celle qui a eu lieu d’avril à mai à Bambari.

Rappelons qu’en dehors de onze radios communautaires avec lesquelles il travaille, le RJDH dispose également d’un réseau de correspondants communautaires dans des zones dépourvues de radios communautaires. Ceux-ci contribuent à la recherche des informations humanitaires et des droits de l’homme à travers le pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 17:01

 

 

 

 

 

CEMAC chefs

 

APA-Brazzaville (Congo) 2012-07-25 14:29:05 - Le Président congolais, Denis Sassou N’Guesso a appelé, mercredi à Brazzaville, ses pairs de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) à mobiliser davantage leurs ‘’énergies’’ et leurs ‘’intelligences’’ dans le but de ‘’propulser plus en avant’’ l’instance sous-régionale ‘’sur la voie de l’intégration et de la prospérité partagée’’.

''L’intégration est le catalyseur de nos opportunités et le levain de notre progrès collectif. Elle est le moyen le plus sûr qui permettra à notre sous –région de s’approprier son destin. La responsabilité nous incombe donc, au cours des présentes assises, de mobiliser davantage nos énergies et nos intelligences pour propulser plus en avant encore notre Communauté sur la voie de l’intégration, la voie de la prospérité partagée’’, a notamment déclaré le Président N’Guesso à l’ouverture de la 11-ème Session ordinaire de la CEMAC.

Denis Sassou N’Guesso a passé en revue les grands axes de débat de cette 11ème Session qui devraient concourir à permettre une intégration effective et rendre les économies de la CEMAC plus performantes.

Parlant à ce propos du passeport biométrique, il a relevé qu’il est ‘’un instrument qui va indubitablement accroitre la mobilité des populations au sein de la Communauté, la nouvelle politique communautaire des transports, la mise en œuvre du Programme économique régional (PER qui va s’étendre jusqu’en 2025) et devrait entrainer une transformation profonde des économies de la sous-région’’.

Pour sa part, le président sortant de la Commission d’organisation de la CEMAC, Antoine Ntsimi s’est réjoui du bilan de son mandat avant de félicité les chefs d’Etat de la CEMAC pour leur engagement pour l’intégration de la sous –région.

 La CEMAC, a été créée en 1994 sur les cendres de l’UDEAC. Six chefs d’Etat ont pris part à l’ouverture de sa 11ème Session ordinaire : François Bozizé de la Centrafrique, Obiang Guéma de la Guinée Equatoriale, Idriss Deby Itno du Tchad ,Paul Biya du Cameroun, Ali Bongo du Gabon et Denis Sassou N’Guesso du Congo.

 

 

Réunion à Brazzaville des chefs d'Etat d'Afrique centrale

http://www.lesechos.fr 25/07 | 18:23

La onzième session de la conférence des chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) s'est ouverte mercredi à Brazzaville pour discuter notamment d'un rapprochement boursier et de la création d'une compagnie aérienne régionale.
Les présidents des six pays membres de la communauté créée en 1999 étaient présents: François Bozize de Centrafrique, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Paul Biya du Cameroun, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Idriss Deby Itno du Tchad, et le Congolais Denis Sassou Nguesso, hôte du sommet.

Selon un membre du comité d'organisation, les Chefs d'Etat devraient débattre du rapprochement entre la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC, basée à Libreville) et le Douala Stock Exchange.

Le président congolais a invité ses homologues à "aller plus loin dans le processus de rapprochement des deux places boursières, comme l'exige de nous la Banque africaine de développement (BAD)".

La désignation d'un nouveau président de la Commission de la CEMAC pour remplacer le Camerounais Antoine Nsimi, la mise en place d'un passeport biométrique et la création d'une compagnie aérienne Air CEMAC sont également à l'ordre du jour.

"Les difficultés de transport en zone CEMAC font que le transport aérien occupe une place prépondérante dans les échanges commerciaux et les mouvements des personnes", a souligné Antoine Nsimi, selon qui le capital de cette compagnie "est déjà constitué, le siège est fixé à Brazzaville et la constitution juridique de la compagnie est effective depuis le 19 novembre 2010".

Les ministres des Transports de la sous-région ont désigné la compagnie Air France comme partenaire technique de cette compagnie.

Les six pays de la CEMAC, dont la monnaie commune est le Franc CFA, représentent un marché de plus de 30 millions de consommateurs. Tous ses Etats membres sont producteurs de pétrole à l'exception de la Centrafrique.

Ils font partie du Bassin du Congo, le deuxième massif forestier tropical de la planète après l'Amazonie. Nombre de leurs habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:41

 

 

 

 

 

bouchers en grève

Mercredi, 25 Juillet 2012 14:24

Il suffit de faire le tour de certains ménages voire des marchés de Bangui pour se rendre compte d’une crise alimentaire sans précédent. Les plaintes fusent de partout : plus personne, du moins les familles moins nanties ne peuvent plus manger à leur faim.

Une pénurie généralisée de la viande de bœuf constatée sur les marchés banguissois. Une pénurie occasionnée par la grève enclenchée depuis 4 jours par les bouchers de Bangui.

Ces derniers exigent de meilleures conditions de travail, notamment le jumelage des marchés à bétail de PK 45 route de Boali (nord de Bangui) et PK 22 route de Damara (nord de Bangui). Ils dénoncent par la même occasion le racket dont ils font l’objet de la part des forces de défense et de sécurité.« J’ai de la peine à remplir mon panier à cause de cette pénurie de la viande de bœuf qui se répercute sur les autres denrées alimentaires. Si bien que les membres de ma famille ne peuvent plus manger à leur faim », explique ce 24 juillet 2012, à Radio Ndeke Luka, une mère de famille rencontrée au Marché Central de Bangui.

A titre d’exemple, précise-t-elle, « le prix du poisson frais jadis vendu à 5 000 est passé à 7 000 francs CFA. Même les bottes des légumes sont revues ».Justement à propos des légumes, les vendeuses de ces produits issus du maraîchage affirment connaitre une mévente de leurs marchandises. Une situation provoquée par la pénurie de la viande de boeuf. Au marché Combattant situé dans le 8ème arrondissement  de Bangui, ce sont les tas des chenilles qui passent de 100 à 200 ou à 500 francs CFA. Difficile d’ailleurs d’en trouver en quantité suffisante, indique un consommateur. Cette vague de crise alimentaire n’épargne pas aussi le secteur des vendeuses de la viande boucanée. Au Marché PK12 (sortie nord) par exemple, nombreux sont les clients qui se plaignent de la hausse du prix de ces aliments très prisés. Selon les reporters de Radio Ndeke Luka qui sillonnent la ville, même les supers marchés ne disposent plus de stock des poissons de mers. Ces aliments ont  d’ailleurs vu leur prix augmenté.

Entre les bouchers et les autorités, l’heure est aux âpres négociations. Des négociations pour rétablir de l’ordre dans ce secteur. Toutefois, aux dernières nouvelles, les bouchers en colère ont mis ce mercredi de l’eau dans leur vin. Ces derniers ont décidé de reprendre le travail dès 26 juillet 2012.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:36

 

 

 

 

 

restaurant-universitaire-de-Bangui.jpg

Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Juillet 2012 14:27

Les étudiants de l’Université de Bangui qui déjeunaient ce mercredi matin au restaurant universitaire ont été surpris par une pluie de pierres provenant d’une bande de jeunes non identifiés. L’incident s’est produit  aux environs de 4 heures du matin, indique un élément de la garde présidentielle témoin des faits.

L’accrochage entre les étudiants et leurs agresseurs a duré environ 5 minutes avant que les envahisseurs ne puissent prendre la fuite. L’un des assaillants est blessé à la tête tandis qu’un autre, mineur de 16 ans est sauvé des mains des étudiants après avoir pris refuge chez des éléments de la garde présidentielle (GP) qui jouxtent le campus universitaire.

Les étudiants qui ont repoussé l’attaque surprise de leurs offenseurs grâce à leur effectif, laissent entendre que les agresseurs «  détiennent des armes blanches notamment des frondes, couteaux, flèches et 2 pistolets à feu. Mais les armes n’ont pas été utilisées et ils ont préféré battre en retraite ».

Selon le président  du nouveau bureau exécutif de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains ANECA, Fleury Pabandji, « c’est la coalition perdante de Stéphane Youfeïgan, étudiant à l’Université de Bangui, qui a engagé des jeunes des quartiers Boy Rabe, Combattant et Miskine contre le personnel du restaurant universitaire ».

Le militaire témoin qui a pu ensuite mettre la main sur l’un des agresseurs, explique à Radio Ndeke Luka ce qu’il a pu constater avant les accrochages. « C’est très tôt ce matin quand je me levais pour faire ma prière que, j’ai vu non loin de moi, un premier groupe de jeunes rentré dans la concession de l’Université. Peu après, le dernier groupe est venu.  Etant militaire, je les ai trouvé suspects, je me suis rapproché d’eux pour des vérifications et ceux-ci m’ont fait comprendre qu’ils sont une jeunesse chrétienne dit  des ‘’ flambeaux ‘’. Puisqu’ils ont brandi le nom de Dieu, je leur ai dis de vaquer à leurs occupations mais sous notre contrôle. Moins d’une heure, j’ai écouté des bruits et un jeune homme fuyait dans notre direction», raconte ce porteur de tenue.

Interrogé, le présumé commanditaire, Stéphane Youfeïgan, nie toute implication dans l’incident qui a eu lieu au campus «  j’étais à la place mortuaire ce matin. Je n’ai pas participé à une manifestation quelconque sur le campus. C’est plutôt les étudiants qui se sont autoproclamés membres du bureau actuel qui perturbent la quiétude sur le campus ».

Le jeune Romano récupéré par les GP basés au poste des 14 villas, juste à côté de l’Université, affirme que c’est « Stéphane Youfeïgan qui nous a fait venir pour lancer des pierres sur les étudiants et le restaurant. Nous sommes plus de 50 jeunes.  Il ne m’a pas encore dit combien il va me donner, mais pour les autres c’est 1000 FCFA (soit 1 euro 50)».

Pour que le coup soit parfait, les agresseurs ont dans la nuit du 24 juillet « pris du chanvre indien sur instruction de leur recruteur » ajoute le jeune homme devant une foule d’étudiant et les 3 éléments de la garde présidentielle qui l’ont retenu pour sa sécurité.

Pour le moment, le calme est revenu sur le campus après que les étudiants ont par leurs bravoures mis en débandades les jeunes du quartier engagés pour les attaqués. Le campus est sous control des étudiants » rassure le vice-président de l’ANECA.

Tout porte à croire que c’est la gestion du restaurant universitaire qui se cacherait derrière les motivations associatives de nombreux leaders des étudiants de l’UB. L’incident du jour donne raison à ce que dis Freddy Mapouka, ancien président de l’ANECA, « pour de petites considérations, les étudiants centrafricains deviennent toujours imprévisibles et difficiles à maitriser».

Or, ces troubles interviennent juste au moment que l’Université est paralysée par la grève des enseignants qui se poursuit encore. Perturbée par des problèmes post électorales et autres, ces derniers perdent de vue leurs objectifs qui est de bénéficier d’une formation dans ladite institution afin d’avoir quelques garanties pour leur vie future.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:27

 

 

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Juillet 2012 14:26

Des hippopotames ont semé ce 24 juillet 2012 une désolation parmi les agriculteurs de la ville de Bobouin II, village situé à 15 kilomètres de Boali (95 kilomètres nord de Bangui). Il s’agit d’un troupeau d’hippopotames qui a dévasté des champs de : manioc, maïs, courge et arachide.

Selon Simplice-Valère Mbotimalé, chef de cantonnement forestier de la localité qui a confirmé l’information au correspondant de Radio Ndeke Luka, la variation des dégâts causés par ces bêtes est à hauteur de plus d’un hectare. L’ampleur desdits dégâts pourrait réduire le rendement agricole à Bobouin II. Une situation qui contribuerait davantage à une insécurité alimentaire que connait la population.

Les habitants du dit village vivent dans la frayeur ; chacun est terré chez lui de peur d’être agressé. Ils ont d’ailleurs reçu consigne de ne pas s’aventurier dans les zones où circulent ces hippopotames, a indiqué Simplice-Valère Mbotimalé. Face aux plaintes de la population, le cantonnement forestier de Boali a affirmé avoir saisi les autorités concernées pour une conduite à tenir.

C’est à un intervalle régulier que ces hippopotames détruisent des champs dans ces régions. Il y a un, ces animaux aquatiques sauvages avaient dévasté des champs à Lambi (45 kilomètres de Boali).

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:12

 

 

 

 

 entête FARE 2011

 

 

Conférence – Débat du FARE-2011 FRANCE

Situation politique, sociale et économique en République Centrafricaine: que faire ?

Intervention du Professeur Raymond Max SIOPATHIS

15/07/2012

 

Situation sociale et sanitaire en RCA : que faire ?

 

Introduction

 

La République Centrafricaine est un pays enclavé, mais doté de ressources naturelles importantes. Néanmoins elle figure parmi les nations les plus pauvres du monde. Le pays compte officiellement 4,5 million d’habitants. Cette population est inégalement repartie sur une superficie de 63.000 km2, soit l’équivalent de la surface de la France et du Benelux. Son taux de croissance démographique est de 1,9%.

L’indice de développement humain du PNUD place la RCA au 179ème rang sur 187 pays avec 62,8% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté (1,25 USD par jour).

L’espérance de vie à la naissance se situe parmi les plus faibles d’Afrique subsaharienne, soit 48,4 ans contre une moyenne de 51 ans.

La RCA est en réalité confrontée à une situation de fragilité profonde et durable en raison des conflits récurrents qu’à connu le pays lesquels ont détérioré les conditions de vie de la population, aggravé par la pauvreté et rendu l’accès de la majorité de la population difficile aux service sociaux de base. En plus une forte proportion (56%) de la population n’arrive pas à satisfaire les besoins alimentaires de base.

Toutes ces tendances vont dans le sens opposé à celui souhaité pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) visant à réduire de moitié la proportion des pauvres à l’horizon 2015.

 

Contexte Social

Sur les 4,5 millions d’habitants, que compte le pays, 67% vivent avec moins d’un dollar par jour. Cette pauvreté compromet de façon durable l’accès d’une plus grande proportion de la population aux soins de santé. Le problème d’accessibilité aux services de soins se pose aussi en termes de mauvaise répartition des infrastructures et d’insuffisance des ressources. Même là où les infrastructures existent, le coût d’accès aux soins médicaux, restent prohibitifs eu égard au faible pouvoir d’achat des ménages notamment en milieu rural.

Le taux d’analphabétisme élevé, plus particulièrement en milieu rural constitue un frein à l’accès aux soins.

 

Système de santé en RCA

 

I Organisation

1-Niveau Central

-Administration, gestion centrale

-Ministère de la santé publique, de la population, de la lutte contre le sida.

 

2-Niveau intermédiaire

Comporte :

Des hôpitaux supposés constitués d’au moins les 4 cliniques de base médecine, chirurgie, maternité, pédiatrie éventuellement spécialité, plateau technique (minimum nécessaire).

-7 régions sanitaires avec les hôpitaux des régions

3-Niveau périphérique

-16 préfectures

- 8 circonscriptions sanitaires de Bangui.

- Centre de santé, maison de santé

- Service minimum et antenne de vaccination

II Prestation des services de santé

1 - Disponibilité des services

Le Paquet Minimum d’Activité (PMA) irréalisable faute de moyens (plateau technique conséquent) est une bonne conception qui demeure théorique

2 - Accessibilité aux services.

Il existe encore en RCA des gros problèmes d’accessibilité géographique aux soins de santé. Au moins 25% de la population parcourent plus de 10 Km de distance pour atteindre une formation sanitaire dont la plupart sont dépourvues d’équipements adéquats, de matériels de premiers soins et des ressources humaines.

3 - L’accessibilité financière.

La dégradation des conditions socio-économiques du pays entrainant un faible pouvoir d’achat des ménages ne leur garantit pas un meilleurs accès aux soins de santé. Des dispositions de prise en charges des indigents et des cas d’urgence sontprévues, mais n’ont jamais été appliquées. Il faut souligner ici que les critères d’indigence n’ont jamais été clairement définis.

4 - Financement des soins de santé

Deux sources :

-Financement public

Il s’agit des ressources propres de l’Etat, des collectivités et ressources extérieures de l’aide publique au développement.

-Financement privé (communauté, ONG tant nationales qu’internationales).

La contribution nationale au financement de la santé figure au budget de l’Etat. Sur la période de 2006 à 2009 par exemple, on constate que le budget prévisionnel de la santé représente en moyenne 1,5% du PIB et 8% du budget général de l’Etat.

Le financement des ressources propre de l’Etat.

En l’absence des données précises, on note que sur la totalité des ressources inscrites au budget de l’Etat en faveur de la santé, le taux d’exécution reste dominé par les dépenses des salaires. Pour certaines périodes dont les données sur l’exécution des différentes dépenses sont disponibles, d’importants arriérés de paiement ont été accumulés.

Le financement sur les ressources extérieures.

La RCA bénéficie fortement de l’appui extérieur dans le financement des dépenses d’investissements du secteur de la santé sous forme de subvention et de prêts. La tendance générale de cette aide est à la hausse. Le financement extérieur se situe en moyenne autour de 4 milliards par an.

La participation communautaire.

C’est le moyen de financement approprié pour atteindre les bénéficiaires et ce, sous deux formes

Des coûts : l’achat des médicaments, les consultations, les actes et les hospitalisations. Les tarifs des consultations varient de 500 à 2000 CFA selon les niveaux de la structure et la qualification des praticiens. Tandis que pour les prestations les tarifications varient selon la nature des actes et les habitudes de prescription, ce qui rend difficile l’accès aux soins a une bonne partie de la population.

L’approche participative se mesure par la contribution de la communauté sous forme des travaux manuels, apports de matériaux et contribution financière directe pour les constructions des postes et cases de santé et les pharmacies villageoises dans les communes.

Le financement privé

Il concerne en grande partie les formations sanitaires privées (Cabinets médicaux et Clinique privées).

Nous venons de présenter le paysage sanitaire de la RCA avec l’extrême faiblesse de ses moyens et l’environnement favorable à une crise humanitaire durable. Cela nous permet d’identifier les facteurs qui peuvent influencer positivement ou négativement le développement des RHS (ressources humaines de santé) et des services de santé.

L’état de pauvreté, le taux d’analphabétisme notamment en milieu rural rendent les services des soins difficilement accessibles à la plupart des populations.

Les structures même existantes sont souvent hors de portée de bon nombre de personnes sinon d’un coût prohibitif compte tenue des moyens des individus.

La qualité des soins appelle une réflexion sérieuse car souvent, les moyens font défauts ou sont insuffisants.

Je parlerais enfin du problème de la disponibilité des personnels.

Les personnels de la santé, de toutes catégories formées par la faculté des Sciences de la Santé sont recrutés par le ministre de la fonction public et mis à la disposition du ministère de la santé. Seul le ministre des finances autorise le quota à recruter. Certaines catégories de ces personnels n’acceptent pas l’affectation en province. Il s’agit souvent de médecins spécialistes, de sages-femmes de personnel féminins etc. Il en résulte une relative pléthore dans la capitale et une pénurie criarde en province.

L’exactitude et l’assiduité doit être l’objet de gestion efficace par la DRHS du ministère de la santé. Pour résoudre ce problèmes, les personnels toutes catégories doivent être régulièrement payés afin d’éviter autant que possible les dispersions.

La santé ne peut bien évoluer que dans un environnement sain. L’assainissement des superficies habitable et habité, les eaux stagnantes doivent être évacuées. La désinsectisation doit être une règle. L’eau potable est un élément indispensable pour la vie de l’homme sain.

Enfin le paupérisme a conduit en corollaire à la famine, et par conséquent la malnutrition a vu sa prévalence augmenter. En ce qui concerne sa variante la dénutrition, phénomène plus brutal, le taux amorce depuis quelques temps une courbe ascendante chez les individus de toutes les tranches d’âge.

Cet affaiblissement physique fait le lit de la maladie.

« La santé est un bien-être physique, morale et psychique » «OMS »

La richesse la plus précieuse et qui fait la puissance d’une nation est bien sa population. Elle est le creuset des cerveaux indispensables à l’évolution du pays. Pour bâtir une nation forte et prospère, il faut nécessairement des hommes valides et épanouis. Les plus grandes puissances du monde ne sont-elles pas les plus peuplés ? L’exemple de la Chine, de l’Inde, de la Russie et des Etats Unis édifie à suffisance. Tout près de la RCA on trouve le puissant Nigeria.

Les efforts en direction du secteur de la santé doivent se faire sans compter.

Un économiste à dit : « L’homme est le moteur du développement ».

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Source : Projection RGPH 2003

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 03:14

 

 

 

 

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RFI 24 Juillet 2012

Les six chefs d'État de la Cemac, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, se retrouvent le 25 juillet à Brazzaville pour leur onzième sommet ordinaire.

Un événement en soi, puisque cela fait plus de deux ans que les dirigeants du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de Guinée équatoriale et du Tchad ne se sont pas retrouvés dans le cadre de la Cémac.

A l'ordre du jour, la désignation d'un nouveau président de la Commission de l'organisation sous-régionale, la gestion du président sortant, le Camerounais Antoine Ntsimi, ayant été largement mise en cause.

Antoine Ntsimi, le très controversé président de la Commission parviendra-t-il à sauver sa tête ? Sa gestion, pour le moins critiquée, à la tête de l'institution et surtout ses rapports exécrables avec le président Bozizé dont le pays abrite le siège de la Cemac ne plaident pas en sa faveur.

Mais si le départ de celui qu'on surnomme «Chicago Boy» est quasiment acté, les chefs d'Etat devront batailler dur pour imposer leur candidat, car chacun en a bien sûr un.

La Centrafrique, dont c'est le tour en fonction du principe de rotation alphabétique, a dans sa besace deux anciens Premiers ministres. Mais d'ores et déjà, le Tchad proteste et estime qu'un même pays ne peut disposer à la fois du siège et de la présidence de la Commission.

Le Congo, quant à lui, garde sous la main une carte en cas de blocage - en l'occurrence, le ministre d'État Pierre Moussa -, alors que le Cameroun attend une « compensation » en échange d'Antoine Ntsimi.

Un vrai casse-tête pour le président en exercice de la Cemac d'autant que le sommet devrait également examiner les dossiers récurrents du passeport commun, de la compagnie Air Cemac et de la BDEAC, Banque de développement des États de l'Afrique centrale, cette banque régionale publique axée sur le financement de projets, et qui affiche des pertes de plus de 5 milliards de FCFA.

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