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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:40

 

 

 

 

Le Monde.fr | 26.02.2014 à 14h20 • Mis à jour le 26.02.2014 à 14h34 |Propos recueillis par Hélène Sallon

 

Les violences en Centrafrique ont déplacé près d'un million de Centrafricains, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants, provoquant une crise humanitaire sans précédent dans un pays parmi les plus pauvres du continent. A Bangui, 400 000 personnes, soit la moitié de la population de la ville, vit entassée dans des camps de fortune. Alors que l'opération militaire française Sangaris a été prolongée, le 25 février, pour permettre de juguler les violences et les exactions qui continuent dans le reste du pays, des milliers de personnes affluent toujours dans les camps de réfugiés installés dans les pays limitrophes, au Cameroun et auTchad notamment.

 

Dr Mégo Terzian, responsable des opérations d'urgence à Médecins sans frontières (MSF), revient sur la situation humanitaire observée par ses équipes sur le terrain.

 

Quelle est la situation sur le terrain actuellement ? Le calme est-il revenu à Bangui, la capitale ?

 

Mégo Terzian : A Bangui, la situation s'est améliorée. Il y a toujours des violences sporadiques, des tirs matin et soir et quelques blessés qui arrivent. Plusieurs milliers de personnes vivent toujours dans des camps spontanés organisés par les communautés et les milices dans des églises, des missions catholiques, etc. Le camp de M'Poko, près de l'aéroport, accueille 69 000 déplacés internes.

 

La situation humanitaire ne s'est donc pas améliorée. L'aide distribuée ainsi que les opérations de secours sont inadéquates et timides par rapport aux besoins. Pourtant à Bangui, le problème de l'acheminement de l'aide par avion ne se pose pas et il est possible de minimiser les risques sécuritaires.

 

Les violences continuent dans le reste du pays. Qu'observez-vous ?

 

Dans le nord-ouest du pays, près de la frontière avec le Cameroun, des villages entiers ont été abandonnés, brûlés. Les milices érigent des barrages et sèment la terreur. Des exactions quotidiennes sont commises par différentes communautés : la grande majorité contre les musulmans réfugiés mais les ex-Séléka commettent aussi des exactions contre la population, à Kabo par exemple. Il y a des jours où l'on reçoit beaucoup de blessés.

 

Un peu partout, le même scénario se reproduit avec des gens entassés dans des églises ou des mosquées, protégés par une poignée de soldats de la Misca [Mission internationale de soutien à la Centrafrique]Les populations sont poussées à l'exode. On regroupe des gens pour organiser leur départ vers d'autres pays au lieu de cantonner les milices. Cet exode et ces exactions posent la question de l'efficacité des forces étrangères censées remettre de l'ordre dans le pays.

 

Selon les autorités centrafricaines, 400 000 personnes vivent dans la forêt depuis plusieurs semaines. Ils n'ont pas de nourriture, pas d'accès aux soins. Des cas de rougeole et de méningite ont été constatés par les équipes de MSF en cliniques mobiles. Déjà avant la crise, l'état sanitaire du pays était catastrophique. En 2011, la mortalité était très élevée, de l'ordre de sept morts pour 10 000 par jour. On avait lancé des alertes sur la catastrophe démographique qui se profilait. Avec les violences et les déplacements de populations, la moitié de la population centrafricaine va disparaître d'ici à quelques années si on ne fait rien. C'est très inquiétant.

 

Avez-vous accès à toutes les provinces ? Dans quelles conditions y travaillez-vous ?

 

Hors de Bangui, il y a peu d'humanitaires à l'exception de la Croix-Rouge centrafricaine et de MSF. A MSF, nous avons décidé de prendre des risques mais nous ne pouvons pas couvrir tous les besoins et accéder aux personnes réfugiées dans les forêts ni même à tous les villages. La prudence des ONG hors de Bangui est compréhensible. Des milices arrêtent les ambulances et les convois humanitaires pour transporter leurs troupes. Les populations cachées dans la forêt n'osent plus sortir quand les voitures humanitaires arrivent et dans les villages, les gens fuient à leur approche.

 

Les troupes étrangères ont plus ou moins sécurisé l'axe Bangui - Bouar - Cameroun mais il y a toujours des milices qui perturbent la circulation et attaquent les camions, comme ça a été le cas contre le Programme alimentaire mondial. Les chauffeurs qui transportent l'aide humanitaire ont désormais peur de faire le trajet. Les humanitaires sont pris à partie et accusés de travailler pour un camp plutôt qu'un autre.

 

Quels sont les besoins prioritaires pour les populations en Centrafrique ?

 

Les opérations de secours ne sont pas à la hauteur des besoins. Pour les déplacés de l'intérieur, les besoins prioritaires sont l'accès à l'eau potable et à l'aide alimentaire, ainsi qu'à des abris corrects, puis l'accès aux soins. Des personnes réfugiées au Tchad ont dit, à leur arrivée, n'avoir pas mangé depuis quatre jours.

 

Pour les personnes déplacées dans les forêts dans le nord-ouest et le nord-est du pays, l'accès aux soins est prioritaire. Avec les guerres qui ont traversé ces régions, ces populations savent trouver de la nourriture dans la nature. Mais, à défaut de soins, elles peuvent mourir de paludisme ou de diarrhées aiguës. Il y actuellement plus de morts indirects en Centrafrique que de morts par violences.

 

Quelle est la situation des personnes réfugiées dans les pays limitrophes ?

 

Au Cameroun, la prise en charge des réfugiés s'améliore mais au Tchad, où 40 000 personnes sont arrivées en une semaine à Goré, l'aide humanitaire n'est pas organisée du tout et ce, pour des raisons incompréhensibles. Il n'y a pas d'eau potable, ni de réseau d'assainissement, les réfugiés dorment à la belle étoile. A Sido et Bitoé, des camps temporaires érigés par les autorités tchadiennes, les gens sont totalement sans assistance et des informations nous parviennent selon lesquelles les agences de l'ONU fournissent de l'assistance en échange de l'engagement des réfugiés à retourner en RCA. C'est incroyable et inadmissible.

 

Quel est le bilan des victimes depuis le 5 décembre ?

 

C'est très compliqué de faire un bilan des morts car il n'y a plus de système sanitaire qui fonctionne, plus d'hôpitaux. Les morts ne sont donc pas recensés par les hôpitaux et même parfois les blessés refusent d'y aller de peur d'y être tués. Par ailleurs, beaucoup d'exactions ont lieu dans la forêt et peu de monde sait exactement ce qu'il s'y passe.

 

En décembre, un bilan avait été donné de 1 000 morts à Bangui mais nous ne pouvons le confirmer. On pense que ces chiffres sont sous-estimés. Nos équipes à Bangui ont dénombré 200 cadavres à l'hôpital communautaire entre le 5 et le 6 décembre. Il n'y a pas eu autant de morts en 24 heures depuis cet événement. Les équipes de la Croix-rouge centrafricaine ne peuvent pas non plus avoir une vision globale car elles ne sont pas libres de bouger dans tout le pays. A Bangui, elles n'ont que cinq ambulances.

 

Et pour les blessés ?

 

A Bangui, nous étions les seuls à pouvoir traiter des patients donc nous connaissons le nombre de blessés arrivés sur le seul hôpital fonctionnel de la ville, l'hôpital communautaire, ainsi qu'à l'hôpital Castor et au centre de santé du camp de M'Boko. Ces trois sites ont reçu entre le 5 décembre et fin janvier, 4 200 blessés. Les équipes basées à l'hôpital communautaire ont pratiqué 2 000 interventions, dont 1896 sur des victimes de violence, sur la même période. La mortalité hospitalière n'est pas très élevée, elle a été de 2 % sur les interventions médicales et chirurgicales.

 

 Hélène Sallon 


International

RCA : « Il y a plus de morts par défaut de soins que par violence » selon MSF

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 00:28

 

 

 

 

 

 

http://www.francetvinfo.fr/    Mis à jour le 25/02/2014 | 15:59 , publié le 25/02/2014 | 15:42

 

Alors que les parlementaires doivent se prononcer sur la prolongation de la mission française en Centrafrique, le général Vincent Desportes estime que le manque de moyens menace la sécurité des militaires français.

 

Propos recueillis par Hervé Brusini 

 

Le général Vincent Desportes est connu pour son franc-parler. Après une carrière sur le terrain, ce spécialiste de la réflexion stratégique se montre aujourd'hui très critique sur l'évolution de la mission Sangaris conduite par l'armée française en Centrafrique, à l'heure où les parlementaires doivent se prononcer sur sa prolongation, mardi 25 février.

 

Pour francetv info, l'ancien directeur de l'Ecole de guerre, aujourd'hui enseignant et conférencier, passe en revue les questions qui se posent au contingent français.

 

Francetv info : Faut-il prolonger l'opération Sangaris ?

 

Vincent Desportes : Il serait irresponsable de ne pas le faire, mais il est tout aussi irresponsable de le faire sans renforcer les troupes et sans poser la condition suivante à la communauté internationale : nous envoyons plus de soldats jusqu'à cet été mais au-delà, il faudra nous aider. Sinon, nous serons contraints d'abandonner la Centrafrique à son sort au mois d'août.

 

De toute façon, dès le début, cette mission ne s'est pas déroulée comme on l'espérait. La France a fait un pari erroné en misant sur un pseudo effet de sidération. On a pensé que le fait de déployer brutalement 1 600 hommes en Centrafrique suffirait à modifier la situation. Au contraire. Dans la nuit du 5 au 6 décembre [jour du lancement de l'opération], il y a eu plus de mille morts. Les anti-balaka chrétiens ont tué un millier de musulmans, ceux que l'on appelle l'ex-rébellion séléka. Dès le départ, les effectifs étaient insuffisants. Il y a donc eu une erreur initiale. Ce n'est pas très grave. Ce qui l'est en revanche, c'est de ne pas s'être adapté à la situation. On a annoncé un renfort de 400 hommes. Selon moi, il n'y a absolument pas le compte. 

 

Qu'aurait-il fallu faire ?

 

Il aurait fallu se rendre compte que les 1 600 hommes envoyés n'étaient pas capables de régler la situation. Il aurait fallu déployer immédiatement 3 000 à 4 000 hommes de plus. Mais comme nous sommes restés avec un nombre de soldats trop faible, nous avons été contraints de traiter les choses de manière séquentielle. D'abord, nous avons désarmé les ex-séléka. Du coup, cela a renforcé les anti-balaka qui sont allés tuer sauvagement les musulmans de la capitale. Puis, nous nous sommes retournés contre les anti-balaka pour nous inscrire finalement dans une suite d'événements terriblement complexes.

 

Au lieu de traiter de manière radicale le problème, ce traitement séquentiel nous a conduits à un résultat opposé à celui souhaité. Certes, on a fait baisser un peu le niveau de violence, mais on ne l'a fait qu'à Bangui. Par ailleurs, on a en quelque sorte cautionné une épuration ethnique qui est un fait réel.

 

Vous parlez d'épuration ethnique, c'est une accusation grave… 

 

Je pourrais utiliser le mot d'épuration religieuse. Mais force est de constater que tous les musulmans ont quitté Bangui. La plupart d'entre eux, qui sont souvent des Peuls du Nord, partent même vers le Tchad. Je ne vois vraiment pas pourquoi on ne pourrait pas parler d'épuration ethnique. Est-elle organisée par une volonté totalitaire ? Peut-être pas. En tout cas, elle est bien là.

 

La situation que vous décrivez semble être impossible à gérer pour les soldats français.

 

Je dirais que nous nous trouvons dans une situation tendue, un pré-bourbier. Les Européens promettent des contingents mais on ignore combien, qui et quand. De toute façon, ce ne sera pas avant le début de l'été. Les soldats français vont devoir faire face à un créneau de vulnérabilité d'ici là. Et si une force onusienne doit se mettre en place, il faudra une résolution au Conseil de sécurité. Cela aussi prendra du temps. Donc jusqu'à l'été, le pire peut se passer pour nos hommes.

 

Les soldats français sont, selon moi, en danger. Ils n'ont pas les moyens d'accomplir leur mission. La crédibilité de l'armée française est également en péril. Si elle était sortie du Mali auréolée d'une super victoire technique, en Centrafrique elle est gravement menacée d'enlisement. Le gouvernement met en danger la force dissuasive de l'armée. C'est grave.

 

J'ajoute que nous sommes dans une situation pré-rwandaise. Si la mission Sangaris ne reçoit pas les renforts nécessaires, elle ne pourra pas endiguer l'épuration ethnique qui peut toujours aller plus loin. On sait que de nombreuses exactions sont commises dans les campagnes, dans la savane. Demain, la France risque de se retrouver accusée de choses qu'elle aura laissé faire simplement par manque de moyens. Tout cela n'est pas raisonnable.

 

Plusieurs responsables politiques critiquent sévèrement la conduite de cette mission : des renseignements défaillants, une mauvaise évaluation du terrain. Pour eux, il faudrait d'ores et déjà donner une date de retrait. Qu'en pensez-vous ?

 

Certes, l'appréciation n'était pas parfaite, mais la situation était très difficile à évaluer. En matière de stratégie, on sait que dès qu'on prend une décision, elle n'est plus applicable. En fait, l'essentiel est de s'adapter. Regardez les massacres qui ont eu lieu dans la nuit du 5 au 6 décembre. L'erreur a été le manque de volonté d'adapter les moyens de Sangaris à cette sauvagerie grandissante, de s'enfermer dans une forme de déni.

 

Quant au calendrier de retrait, là encore il y a une méconnaissance de ce qu'est la guerre. Ce n'est pas le politique qui commande à la guerre. En revanche, c'est le politique qui doit s'adapter aux événements de la guerre. Si l'on donne un calendrier de retrait, ce ne doit pas être en relation avec l'évolution d'une situation toujours imprévisible, mais en rapport avec nos capacités. C'est ce qu'on appelle maîtriser son action.

Centrafrique : "Les soldats français sont en danger" (gl Vincent Desportes)

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 00:08

 

 

 

 

 

 

PARIS  25/02/14 18:47  (Reuters) - La France a établi une liste de huit personnes, dont l'ex-président centrafricain François Bozizé, contre lesquelles elle souhaite que l'Onu prononce des sanctions pour prévenir l'impunité en RCA, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

 

Les milices "anti-balaka" se sont constituées l'an passé en réaction aux exactions commises par les rebelles musulmans de la Séléka contre les communautés chrétiennes du pays après le renversement de François Bozizé, en mars.

 

Les rivalités entre les deux communautés ont plongé le pays dans une spirale de violences ethniques à l'origine de la chute du président intérimaire Michel Djotodia, leader de la Séléka, et de l'envoi de troupes françaises sous mandat de l'Onu.

 

Fin janvier, le Conseil de sécurité de l'Onu a créé un comité de sanctions, consistant principalement en des interdictions de voyager et des gels d'avoirs.

 

L'objectif est de sanctionner notamment toute personne coupable de violation de l'embargo sur les armes, de violation de droits de l'homme ou de soutien à des groupes armés via l'exploitation des ressources naturelles.

 

"La France a identifié huit personnes et établi une liste qu'elle a soumise à certains membres du Conseil de sécurité", a déclaré une source diplomatique française.

 

Une autre source a évoqué la présence sur cette liste de certains fils de François Bozizé, de membres de la Séléka et de miliciens chrétiens "anti-balaka".

 

ASPECTS LÉGAUX

 

Elle a été présentée la semaine dernière aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de façon à étudier les aspects légaux avant de la soumettre aux autres membres du Conseil de sécurité. L'objectif est d'établir une liste d'ici début mars.

 

"Toute désignation doit répondre aux exigeants critères américains si elle veut avoir une chance d'avoir l'aval de Washington", a précisé un diplomate onusien.

 

Paris travaille à l'établissement de cette liste depuis décembre, mais elle n'a pu être finalisée qu'après la rencontre entre le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et la présidente centrafricaine par intérim Catherine Samba Panza, le 7 février.

 

"La liste fait toujours l'objet de discussions, c'est très compliqué car il faut des éléments précis", a indiqué l'une des sources françaises. "Ce ne sera peut-être pas une liste définitive, mais elle comprendra différents acteurs du conflit".

 

Les sources françaises soulignent qu'il y a suffisamment de preuves indiquant que François Bozizé a voulu tirer avantage du chaos et travailler avec des "anti-balaka".

 

"Ce n'est pas structuré, mais il essaie d'avoir des "anti-balaka" avec lui. Il est très actif", dit un diplomate.

 

Le gouvernement a obtenu mardi le feu vert de l'Assemblée nationale à la prolongation de la mission des troupes françaises, qui ont déployé 1.600 hommes.

 

Quelque 6.000 casques bleus africains participent également aux opérations de maintien de la paix mais ne parviennent pas à endiguer les attaques contre les musulmans.

 


 

(Elizabeth Pineau et John Irish, avec Louis Charbonneau à l'Onu, édité par Yves Clarisse)



(c) Copyright Thomson Reuters 2014.

 

 

 

RCA / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – 25 février 2014

 

PARIS, France, 25 février 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – 25 février 2014

 

Q – Une liste dressée notamment par la France est en circulation au conseil de sécurité en P3 – avec huit noms de personnes susceptibles d’être visées par des sanctions. Pouvez-vous confirmer que le nom de Bozizé ainsi que de ses fils y figurent ? Quels sont les autres noms ? Des Seleka, des Anti-balaka ?

 

R – Je ne suis pas en mesure de confirmer de noms. Comme vous le savez, la résolution 2134, adoptée le 28 janvier à l’unanimité par le conseil de sécurité, ouvre la voie à la mise en place d’un régime de sanctions individuelles à l’encontre des individus qui feraient obstacle au processus de transition et aux efforts de la communauté internationale pour rétablir la stabilité en RCA.

 

Q – M. Fabius, lorsqu’il s’était entretenu avec Mme Samba-Panza il y a une dizaine de jours, avait soumis une liste à la présidente centrafricaine qui n’avait pas émis d’objection. Vous confirmez qu’une liste est bien en circulation et en discussion à l’ONU ?

 

R – Non. Je vous confirme notre attachement à ce que les auteurs de crimes et d’exactions en RCA répondent de leurs actes devant la justice.

 

Signature : APO

Copyright : © APO

 

Sanctions en préparation contre des ex-dirigeants de la RCA

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:46

 

 

 

 

 

 

Bangui, le 25 février 2014: La Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) se félicite de l’arrestation, ce jour, par les autorités congolaises de Patrice-Édouard Ngaissona, coordonnateur autoproclamé des anti-balaka, avec deux de ses collaborateurs, dans la région frontalière de la Likouala, dans la partie nord de le République du Congo. Les trois personnes appréhendées ont été transférées à Brazzaville.

 

Il convient de rappeler que, le 15 février 2014, des unités de la MISCA, avec le soutien d’éléments de Sangaris, avaient lancé une opération de désarmement dans le quartier de Boy Rabe, situé dans le 4ème arrondissement de la ville de Bangui, afin de neutraliser des éléments du groupe armé illégal dit des anti-balaka. Cette opération avait permis d’appréhender des dirigeants du groupe, dont les noms figurent sur une liste transmise par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de Bangui au Représentant spécial de la Présidente de la Commission et chef de la MISCA, le Général Jean-Marie Michel Mokoko. Plusieurs armes de guerre, ainsi qu’une grande quantité de munitions, d’artifices et autres équipements militaires de diverse nature, avaient été saisis au cours de cette opération.

 

M. Ngaissona, dont le nom figure sur cette liste, s’est, à plusieurs reprises, ouvertement exprimé dans divers organes de presse pour réaffirmer son rôle de «coordonnateur politique» du groupe dit des anti-balaka, dont les éléments continuent de terroriser des populations civiles en RCA et de commettre nombre d'actes criminels, posant ainsi une grave menace à la paix et à la cohabitation paisible entre communautés. C'est dans ce contexte que le chef de la MISCA a maintenu des consultations étroites avec les pays de la région pour faciliter une action coordonnée dans la la lutte contre ce groupe, qui a permis d’appréhender M. Ngaissona.

 

La MISCA remercie vivement les autorités congolaises pour leur soutien et leur réitère son appréciation pour leur contribution inestimable à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en RCA.

 

L'arrestation de M. Ngaissona marque une nouvelle étape dans les efforts visant à isoler et à affaiblir les éléments les plus radicaux des groupes armés centrafricains et, partant, à créer des conditions propices à la poursuite du processus actuel de stabilisation de la situation sécuritaire et de promotion de la réconciliation nationale.

 

La MISCA saisit cette occasion pour se réjouir, encore une fois, de l'amélioration significative de la situation sécuritaire tant à Bangui qu'à l'intérieur du pays, ainsi que du retour progressif à une vie normale. La MISCA est déterminée, en coopération avec les autorités centrafricaines et avec l'appui de l'opération Sangaris, à poursuivre la mise en œuvre robuste du mandat qui lui a été donné par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA dans son communiqué du 19 juillet 2013 et par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2127 du 5 décembre 2014.

 

 

http://www.peaceau.org/fr/article/la-misca-se-felicite-de-l-arrestation-de-patrice-edouard-ngaissona-coordonateur-politique-autoproclame-des-anti-balaka#sthash.ZoWVs5gW.dpuf

La MISCA se félicite de l’arrestation de Patrice-Édouard Ngaissona, « coordonnateur politique » autoproclamé des anti-balaka
La MISCA se félicite de l’arrestation de Patrice-Édouard Ngaissona, « coordonnateur politique » autoproclamé des anti-balaka

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:43

 

 

 

 

 

le Mardi 25 Février 2014 à 19:38 

 

 

Yaya Touré, Angélique Kidjo, Lilian Thuram ont joint leurs voix à celle de Ban Ki-moon Secrétaire général des Nations Unies, pour appeler les Centrafricains à déposer les armes et construire la paix dans leur pays. 


« Que vous soyez chrétiens ou musulmans, vous aimez votre pays. Alors sauvez-le. Sauvez votre Centrafrique. Arrêtez de vous battre. Déposez vos armes », ont-ils dit en substance, dans un appel à la paix en Centrafrique, lancé ce mardi. 


Le footballeur Ivoirien Yaya Touré, est sacré joueur africain de l’année et par ailleurs ambassadeur de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), l’artiste béninoise Angélique Kidjo, primée aux Grammys et Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, et l’ancien footballeur français Lilian Thuram, champion du monde de football en 1998. 


Ces appels font suite à celui lancé le week-end dernier par Ban Ki-moon, et se veut une contribution au retour de la paix en RCA et vise principalement les jeunes Centrafricains dont beaucoup sont impliqués dans les violences en cours dans leur pays. 


Source:Afriscoop

 

 

 

(le foot-balleur ivoirien Yaya Touré)

Yaya Touré, Angélique Kidjo, Lilian Thuram se mobilisent pour sortir la Centrafrique de la crise

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:40

 

 

 

 


BANGUI AFP / 25 février 2014 19h56 - La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza se réjouit que le peuple français accepte de voler au secours du peuple centrafricain, a annoncé son porte-parole à l'AFP, après la décision de la France de prolonger son intervention en Centrafrique mardi. 


La présidente exprime son sentiment de gratitude vis-à-vis de la France et (du président français) François Hollande au vu des efforts déployés pour sortir la Centrafrique de la situation difficile dans laquelle elle se trouve, a ajouté le porte-parole de la présidence, Clément-Anicet Guiyama-Massogo.


La présidente se réjouit du sentiment de sollicitude témoigné par le peuple français au peuple centrafricain.


Mme Samba Panza prendra la parole mercredi pour réagir au vote français, a indiqué son entourage.


Les députés français ont autorisé mardi la prolongation au-delà de quatre mois de l'opération militaire Sangaris en Centrafrique, en dépit d'une reconnaissance par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de difficultés considérables.


Dans un entretien avec l'AFP, la présidente centrafricaine avait demandé vendredi à la France de ne pas abandonner la Centrafrique.


Ce n'est pas le moment d'abandonner la République centrafricaine. J'ose espérer que les décisions qui vont être prises très prochainement à l'Assemblée nationale (française) vont aller dans le sens des attentes de la population, qui continue de compter beaucoup sur l'appui de la communauté internationale et notamment de la France, avait-elle déclaré.


Le cycle infernal des tueries qui secoue la Centrafrique a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la rébellion Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.


En réaction, des milices d'autodéfense majoritairement chrétiennes, les anti-balaka, se sont formées, attaquant elles aussi des civils musulmans, à Bangui notamment, et entraînant un exode depuis décembre de dizaines de milliers d'entre eux, sur fonds de lynchages et de pillages que les soldats français et africains ne parviennent pas à faire cesser.



(©) 

La présidente centrafricaine se réjouit que la France vole au secours de la Centrafrique

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:39

 

 

 

 

 

Alain Barluet     http://www.lefigaro.fr/  Mis à jour le 25/02/2014 à 21:11

 

DÉCRYPTAGE - Le rapport Ban Ki-Moon devrait proposer une force de 10.000 hommes, considérablement plus que les 2000 Français de l'opération «Sangaris» et les 500 à 1000 Européens annoncés.

 

L'avenir de la Centrafrique passe par l'ONU. Le constat s'est imposé comme une obligation pressante, à mesure que l'opération «Sangaris», «difficile mais nécessaire», selon les mots mardi de Jean-Marc Ayrault, s'avérait au fil des semaines plus complexe et plus floue en termes d'échéances. Le mot d'ordre a donc été rappelé par le premier ministre à la tribune de l'Assemblée nationale qui débattait de la prolongation de l'intervention française : les Nations unies doivent prendre «rapidement le relais» en Centrafrique. La France espère de cette transition qu'elle soulagera la pression croissante qu'elle endure - sur la question des effectifs, des moyens mais aussi des modalités et des finalités de l'intervention. Une perspective onusienne largement approuvée, à droite comme à gauche. Ban Ki-moon est sur la même longueur d'onde, pour d'autres raisons. Le secrétaire général de l'ONU est hanté par le spectre du Rwanda et d'un dérapage génocidaire qui replacerait l'Organisation sous le feu des critiques. Redoutant plus que tout d'être taxé d'inaction, M. Ban multiplie les initiatives et rendra public vendredi un rapport proposant le déploiement de Casques bleus en Centrafrique. Le Conseil de sécurité devrait ensuite être saisi et une résolution votée le mois prochain, selon l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud.

 

Une bouffée d'oxygène

 

La bouffée d'oxygène attendue de ce passage de flambeau est d'ordre militaire, humanitaire, financier et logistique. Dans son rapport, Ban Ki-moon devrait proposer une force de 10.000 hommes, considérablement plus que les 2 000 Français de «Sangaris» et les 500 à 1000 Européens annoncés. Ces Casques bleus devraient être largement issus des rangs des forces africaines de la Misca - 6000 hommes actuellement qu'il faudrait donc étoffer sans attendre, avec 3000 militaires supplémentaires, comme vient de le proposer le secrétaire général des Nations unies. D'autres pays (classiquement le Pakistan ou le Bangladesh) pourraient également être sollicités, selon une source onusienne. Prise en charge par le budget de l'ONU, l'opération bénéficierait aussi d'un commandement mieux coordonné, là où la Misca demeure pour une bonne part une juxtaposition de contingents. Surtout, le passage à une opération de maintien de la paix (OMP) de l'ONU permettrait de donner à l'intervention une véritable dimension civile, enjeu essentiel dans un pays en lambeaux où l'État est entièrement à rebâtir.

 

La mise sur pied d'une OMP en Centrafrique rencontrera certes quelques obstacles, mais ceux-ci devraient être surmontés. Les États-Unis sont réticents à donner leur aval à une opération commandée par l'ONU. L'Union africaine, drapée dans sa fierté, fait valoir qu'elle a sa préférence pour une solution issue du continent. Toutefois, «le rapport de Ban Ki-moon remettra tout le monde sur les rails de l'OMP», anticipe un diplomate français.

 

Reste la question de fond: l'ONU est-elle en mesure de remédier au profond marasme centrafricain? Tandis que l'urgence apparaît flagrante sur le terrain, la mise sur pied d'une OMP prendra au mieux cinq à neuf mois, pas avant l'automne 2014 donc, rendant indispensables des mesures d'accompagnement transitoires. «Le temps est notre principal ennemi», concèdent les militaires. Au-delà, ce qui est en jeu, c'est la capacité, maintes fois prise à défaut, d'une opération onusienne d'ancrer la paix dans un pays où les haines intercommunautaires ont désormais pris le dessus. Dans cette équation improbable, un paramètre sera tout particulièrement à considérer: la mobilité. Véhicules et hélicoptères font actuellement défaut dans un pays plus vaste que la France. C'est en renforçant ces moyens que l'ONU tiendra une des clés du succès.

Centrafrique : Paris espère une «sortie par le haut» grâce à l'ONU

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:09

 

 

 

 

 

AFP le 25/02/2014 à 20:55

 

Le Parlement a autorisé mardi à une large majorité la prolongation au-delà de quatre mois de l'opération militaire française en Centrafrique, à l'issue d'un débat au cours duquel le gouvernement a souligné l'urgence de passer le relais aux Nations-Unies.

 

Les députés se sont prononcés par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions, la plupart des groupes ayant décidé de voter la prolongation. Au Sénat, le vote a été acquis par 328 voix pour, 3 sénateurs ont voté contre et 15 se sont abstenus.

 

A Bangui, la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza s'est aussitôt "réjouie que le peuple français accepte de voler au secours du peuple centrafricain".

 

La situation humanitaire est dramatique en RCA. Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, au moins 15.000 personnes, essentiellement des musulmans, sont encerclées et risquent d'être attaquées par des groupes armés dans l'ouest du pays.

Devant les députés, Jean-Marc Ayrault a appelé les Nations unies à faire "davantage et plus vite" pour prendre le relais de la France.

 

Tout en admettant que les difficultés restent "considérables" en RCA, le Premier ministre a souligné les "réels progrès" réalisés depuis décembre, et assuré que l'opération française a permis d'éviter "l'embrasement général" du pays.

 

"La France n'a pas vocation de se substituer aux forces internationales auxquelles il incombe d'assurer dans la durée" la sécurisation du pays, a-t-il affirmé, en soulignant l'urgence de mettre en oeuvre une opération de maintien de paix sous casques bleus de l'ONU.

 

La logique d'un soutien aux forces françaises engagées dans une opération plus complexe que prévu a prévalu chez les élus, malgré les échanges parfois houleux entre majorité et opposition.

 

Interrogations sur les effectifs

 

Début décembre, le président François Hollande avait prédit une opération "rapide". Mais le gouvernement avait reconnu depuis que ce serait "plus long que prévu". Si les violences ont baissé à Bangui, les représailles entre chrétiens et musulmans ont provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord.

 

"Nous sommes en relais d'une opération de maintien de la paix des Nations-Unies", a martelé Jean-Yves Le Drian. Il faut, selon le ministre de la Défense, "tout mettre en oeuvre" pour qu'une élection présidentielle puisse avoir lieu comme annoncé en février 2015 en Centrafrique.

 

"François Hollande n'est pas un bon chef des armées", a asséné l'UMP Christian Jacob. Le président du groupe d'opposition a accusé le chef de l'Etat d'avoir entraîné la France dans "un piège" dont on voit mal comment elle va se sortir. L'UMP a également dénoncé comme une "aberration" la baisse programmée des effectifs de l'armée de terre alors que ses soldats sont plus que jamais sollicités.

 

La durée de l'intervention française a également été au coeur du débat. "Qu'est-ce que deux mois et demi pour un pays plongé depuis des décennies dans un chaos politique ancien et complexe, qui a fini par ébranler l'unité même de son peuple?", s'est interrogé le chef de file des députés PS Bruno Le Roux. Soulignant que "la situation ne pourra s'améliorer durablement sans une aide internationale accrue", il a affirmé que "la France pallie au plus pressé" et regretté que "certains de nos partenaires freinent des quatre fers".

 

Les interrogations ont également été nombreuses sur les effectifs français déployés (bientôt 2.000 après un renfort de 400 soldats), jugés globalement insuffisants, et le montant de la facture dont la France doit pour l'instant s'acquitter seule.

 

Rejetant les critiques selon lesquelles la France est isolée en Centrafrique, Elisabeth Guigou (PS) a souligné que l'Union européenne devait commencer à déployer à partir de mars en RCA une force qui doit compter près d'un millier d'hommes.

 

A l'Assemblée, les centristes de l'UDI ont voté la prolongation tout en exprimant des "réserves". Soutien également des écologistes (EELV), qui ont cependant regretté "la lune de miel" de la France avec le Tchad. Et après des hésitations, les élus du Front de gauche ont finalement voté en ordre dispersé.

 

D'une manière générale, les parlementaires ont réclamé une plus forte implication de l'Union européenne et une accélération du processus des Nations unies pour déployer des casques bleus.

 

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Centrafrique : les députés français autorisent la prolongation de Sangaris

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:51

 

 

 

 

Y. D. avec AFP   Le 25/02/2014 à 18:00

 

Le Premier ministre s'est exprimé devant l'Assemblée nationale, ce mardi, pour demander la poursuite de l'action française en Centrafrique. Tout en lançant un appel aux Nations unies, afin d'organiser une "opération de maintien de la paix".

 

Non, la France n’est pas seule. Mais elle ne serait pas contre une aide plus franche de ses partenaires. Voilà en substance le message délivré par Jean-Marc Ayrault devant l’Assemblée nationale, ce mardi, concernant la poursuite de l’opération Sangaris en Centrafrique.

 

Après avoir dressé un tableau très sombre de la situation, affirmant que "les difficultés (étaient) considérables", le Premier ministre a assuré que la France "ne les sous-estimait pas et ne cherchait pas à les minimiser". Mais il a marqué sa volonté de ne rien lâcher.

 

"Nos efforts ont commencé à porter leurs fruits. L'embrasement généralisé qui menaçait a été évité", a-t-il salué. Selon lui, "les premiers progrès sont réels et une perspective se dessine, dans tous les domaines".

 

Jean-Marc Ayrault a ainsi annoncé que l’Europe allait envoyer des hommes afin de sécuriser l’aéroport et certains quartiers de Bangui, confirmant une information de BFMTV.

 

La France "n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales"

 

Mais il a également sollicité "une opération de maintien de la paix sous Casques bleus". Dans ce cadre, le chef du gouvernement a indiqué que Paris souhaitait que le Conseil de sécurité des Nations unies examine "début mars" le "rapport" que doit présenter dans les prochains jours le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur une opération de maintien de la paix.

 

Quand les Casques bleus seront déployés en Centrafrique, "la France pourra réduire son effort et maintenir une présence en appui à l'opération des Nations unies", selon le Premier ministre. "Mais elle n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales, auxquelles il incombe d'assurer, dans la durée, la sécurisation de la Centrafrique", a-t-il prévenu.

 

Sauf surprise, l'ensemble des groupes parlementaires devraient voter en faveur de la poursuite de l'intervention française en Centrafrique.

Centrafrique: Ayrault en appelle à l’Europe et à l’Onu

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:47

 

 

 

 

 

Le HuffPost avec AFP  |  Par Geoffroy Clavel Publication: 25/02/2014 07h12 CET  |  Mis à jour: 25/02/2014 09h30 CET

 

CENTRAFRIQUE - Ni union sacrée, ni foire d'empoigne. Les débats au Parlement, qui seront suivis d'un vote en vue de prolonger l'intervention militaire française en Centrafrique, devraient être plus tendus qu'à l'accoutumée. Déclenchée le 5 décembre dernier sur décision du président de la République, l'opération Sangaris requiert désormais l'assentiment des parlementaires pour se prolonger au-delà de quatre mois. Le vote aurait dû intervenir fin mars-début avril, mais les travaux du Parlement seront suspendus à cette période en raison des élections municipales.

 

Si l'exécutif devrait obtenir logiquement l'assentiment de l'Assemblée nationale et du Sénat ce mardi 25 février, les craintes de voir l'opération Sangaris s'embourber dans une "guerre civile larvée" à Bangui vont néanmoins contraindre le gouvernement à redoubler de pédagogie sur ses objectifs et son calendrier militaire.

 

Début décembre, le président François Hollande avait promis une opération "rapide" pour faire cesser les violences inter-communautaires et ramener un minimum de stabilité en RCA. Mais la situation s'est rapidement révélée plus complexe que prévu et les 1.600 soldats français sur le terrain ne sont pas parvenus à faire cessez les exactions, nécessitant l'envoi en renforts de près de 400 soldats français.

 

Entre la mort accidentelle d'un soldat français et les violences inter-ethnies qui se poursuivent entre chrétiens et musulmans, le ton monte à l'Assemblée nationale, où certains dénoncent déjà "la précipitation" de l'exécutif.

 

"Le spectre du bourbier inquiète"

 

Présent ces derniers jours à Bangui dans le cadre d'une mission parlementaire, le député UMP et ancien ministre des Affaires européennes Pierre Lellouche critique "une lourde erreur du renseignement" qui a sous-estimé "le degré de violence auquel il fallait s'attendre", et une décision politique d'engager des troupes "très très improvisée". "Nos soldats sont pris dans ce qu'il faut appeler une sorte de guerre civile larvée, ou à tout le moins une épuration ethnique qui ne dit pas son nom", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

"On nous avait promis une opération courte, nous avons la certitude que nous y sommes pour longtemps", constate le député UDI Philippe Folliot, qui était également à Bangui cette semaine. "L'exécutif s'est trompé sur le format en envoyant 1.600 hommes. Nous savons que c'est nettement insuffisant", soutient-il, tout en plaidant pour un vote favorable de son groupe. "Beaucoup s'interrogent" avant le vote de mardi, "le spectre du bourbier est quelque chose qui inquiète", souligne cet élu du Tarn.

 

A Bangui, le socialiste Jean-Paul Bacquet a constaté une situation "dramatique, où tout peut exploser d'un jour à l'autre". "Les soldats français sont d'une qualité professionnelle fantastique, mais on est en train de les conduire à la limite de l'épuisement", souligne ce député. Les élus PS voteront en bloc la reconduction de Sangaris, estime-t-il, parce qu'"il serait irresponsable de voter le retrait".

 

"On ne peut pas faire autrement [que de voter pour], évidemment qu'il faut prolonger le mandat des militaires", résume le député UMp Eric Woerth. Mais "rien n'a été réglé, le pays est toujours à feu et à sang". "On a évité un bain de sang, un massacre", mais "il n'y a pas d'Etat, aucun état: pas de justice pas de police, pas d'école, plus rien".

 

Un bilan plus que mitigé en Centrafrique

 

Résultat des courses: à gauche, les élus communistes devraient s'abstenir et les socialistes voter très majoritairement la reconduction de l'opération. A droite, les parlementaires devraient se partager entre abstention, vote pour et contre.

Au scepticisme des parlementaires, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait opposer l'impératif humanitaire qui a permis à la France d'éviter un bain de sang généralisé à Bangui.

 

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, plaide d'ailleurs pour le maintien de Sangaris jusqu'aux élections prévues début 2015. "Ce n'est pas le moment d'abandonner la République centrafricaine", a-t-elle répété vendredi dans un entretien avec l'AFP et France Inter.

 

Si Sangaris a permis de faire baisser le niveau de violence à Bangui, le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans a provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord et le risque d'une partition du pays. Une situation dramatique à laquelle s'ajoute l'explosion de la criminalité provoquée par les groupes armés.

 

Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le maintien et le renfort des effectifs français demeure "indispensable" en attendant que l'ONU prenne le relais. A terme, les Nations-Unies pourraient déclencher une véritable opération de maintien de la paix, avec près de 10.000 Casques bleus en Centrafrique. Mais il faudra pour cela obtenir le feu vert de l'Union africaine, qui traîne des pieds, de même qu'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Centrafrique: vote tendu au Parlement et critiques sur une "guerre civile larvée"

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