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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 01:08

 

 

 

 

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/En-Centrafrique-les-evacuations-de-musulmans-s-intensifient-2014-04-28-1142747   28/4/14 - 18 H 36

 

Coincés dans des enclaves protégées par les forces internationales, 1 300 musulmans ont quitté la capitale centrafricaine pour fuir vers le nord.

 

Organisée par l’ONU, l’évacuation a été dénoncée par le gouvernement centrafricain, qui craint une partition du pays.

 

L’insécurité règne toujours : 16 civils, dont trois employés locaux de Médecins sans frontières, ont été tués.

 

Selon l’ONU, l’opération était devenue inéluctable : harcelés depuis des mois dans le quartier PK-12 de Bangui, 1 300 musulmans ont été évacués vers le nord, près de la frontière tchadienne. Dix-huit camions, chargés de familles et de leurs bagages, ont pris la route, escortés par des militaires africains de la Misca. Menacés par des miliciens des quartiers environnants, les musulmans vivaient dans une sorte d’enclave sous protection des soldats français et africains.

 

Sans attendre, des centaines de leurs anciens voisins se sont mis à piller la mosquée. « Si elle n’a pas été détruite, c’est seulement parce que les soldats de la Misca étaient présents », précise Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.

 

Ont eu lieu des scènes de haine à la mesure de la tension qui règne entre les communautés à Bangui. Assimilés à la milice Séléka au pouvoir jusqu’en janvier, les musulmans étaient ciblés depuis décembre et le début de l’intervention française. Au PK-12, 18 personnes seraient mortes par balles, grenade ou machette, et les blessés nombreux.

Des centaines de milliers d’habitants déplacés

 

Un transfert des habitants du PK-12 avait déjà eu lieu dimanche 20 et lundi 21 avril. Il concernait 90 habitants musulmans, réinstallés dans la ville de Bambari, en majorité chrétienne mais relativement épargnée par les tensions entre communautés. Le HCR justifie ces relocalisations par la « radicalisation » des milices anti-balakas, accusées de nombreuses exactions. Elles ont été créées pour combattre les ex-Séléka, eux-mêmes accusés d’abus considérables.

 

Samedi 26 avril après-midi, 16 civils dont trois employés centrafricains de Médecins sans frontières (MSF) ont d’ailleurs été tués dans Boguila (nord). « Des membres armés de l’ex-Séléka ont encerclé l’hôpital où une réunion avait lieu avec quarante responsables de communautés invités par MSF à discuter de l’accès médical et des soins », précise l’ONG française, qui indique avoir suspendu ses activités dans la ville.

 

 « Nous examinons aussi s’il est possible de continuer les opérations dans d’autres zones », précise Stefano Argenziano, chef de la mission de MSF en Centrafrique. Alors que le pays échappe en grande partie au contrôle de l’État, dirigé depuis janvier par la présidente de transition Catherine Samba-Panza, les organisations humanitaires sont souvent les seules à assurer les soins de base à la population. Des centaines de milliers d’habitants sont déplacés.

 

Les musulmans, commerçants du pays

 

« Le plus inquiétant est que l’on sait très peu de chose sur ce qui se passe en province », précise Roland Marchal, chercheur au CNRS. Les forces internationales, longtemps cantonnées à Bangui, se déploient peu à peu dans le pays. Mais les 2 000 soldats de la force française Sangaris, les 6 000 soldats de la Misca et les quelques centaines de soldats européens ont du mal à sécuriser un pays grand comme la France et la Belgique.

 

« Le problème, c’est que la France et la communauté internationale sont concentrées sur l’aspect sécuritaire, juge Roland Marchal. Pour la réconciliation, on se contente de mettre les chefs religieux en avant. Ceux-ci sont très courageux, mais cela ne suffit pas. Il faut relancer l’économie pour que musulmans et chrétiens se rendent compte qu’ils ont besoin les uns des autres. »

 

Représentant environ 15 % de la population avant le début de leur exode, les musulmans centrafricains sont les commerçants du pays. Avec leur départ, l’économie pourra difficilement se relancer et les marchés ne pourront être approvisionnés.

 

Des déplacements et une partition du pays ?

 

Cette menace explique sans doute les critiques du gouvernement de transition. Après l’évacuation de dimanche 27 avril, le gouvernement a dénoncé une opération « unilatérale », menée « à (son) insu et contre (son) gré ». Ces déplacements pourraient créer des « déséquilibres culturels et sociologiques », a jugé la ministre de la réconciliation Antoinette Montaigne.

 

Les autorités craignent que les déplacements ne favorisent une partition du nord du pays, qui abrite une forte population musulmane. « Tous les Centrafricains ont le droit de demander que les pays amis n’aillent pas dans le sens d’une séparation de fait de ce pays », a aussi protesté Antoinette Montaigne.

 

Quelques milliers de musulmans subsistent à Bangui, principalement dans le quartier PK-5. Ils étaient plusieurs dizaines de milliers avant décembre 2013.

 

 

 

 

Evacuation de musulmans et pillages à Bangui

 

BANGUI 28/04/14 (Reuters) - Environ 1.300 musulmans ont quitté Bangui dimanche sous la protection de soldats africains de maintien de la paix et leur quartier a été pillé par des centaines de chrétiens après leur départ.

 

Le quartier PK12 dans le nord de Bangui était l'une des dernières poches musulmanes de la capitale de la Centrafrique, déchirée par des violences à caractères ethnique et religieux depuis que des rebelles essentiellement musulmans regroupés au sein de la Séléka ont renversé le président François Bozizé en mars 2013.

 

"Nous partons pour sauver nos vies", a déclaré à Reuters Mohamed Ali Mohamed, qui est né et a grandi dans ce faubourg, pendant que d'autres musulmans attachaient de gros bidons aux camions prêts à les emmener vers le nord de la Centrafrique.

 

Certains de ceux qui n'ont pas pu emmener leur voiture ont préféré la brûler sur place plutôt que de la laisser aux chrétiens.

 

Tandis que les musulmans préparaient leur départ, des centaines de chrétiens ont patienté derrière des cordes installées par des militaires congolais de la force africaine de maintien de la paix, la Misca. Parmi eux se trouvaient des femmes et des enfants mais aussi des hommes armés de machettes ou d'arcs et de flèches.

 

Une fois les musulmans partis, ces chrétiens ont envahi le quartier et détruit et pillé des maisons sous le regard des soldats africains. Beaucoup scandaient "Libération! Libération!"

 

"C'est une honte mais on ne peut rien y faire", a déclaré Dieudonné Bignilaba, un chrétien de Bangui.

 

"Pendant des années, nous avons vécu ensemble mais ce sont eux qui ont apporté les armes ici pour nous tuer", a-t-il ajouté.

 

DES MUSULMANS NE VEULENT PAS PARTIR

 

Durant leurs mois de présence à Bangui, les rebelles de la Séléka ont multiplié les exactions, ce qui a entraîné la création de milices chrétiennes et animistes, les anti-balaka.

 

Avec le départ en janvier du chef de la Séléka, Michel Djotodia, soumis à de fortes pressions internationales, les violences entre communautés ont franchi un palier supplémentaire malgré la présence de près de 2.000 militaires français et de 6.000 soldats et policiers africains.

 

Le Haut Commissaire de l'Onu pour les réfugiés, Antonio Guterres, a jugé en février que la Centrafrique était en train de sombrer dans un "nettoyage ethnico-religieux".

 

Sous la protection des forces étrangères, des milliers de musulmans ont ainsi fui Bangui. Ces évacuations ont été critiquées récemment par le ministère centrafricain de la Réconciliation, selon lequel cet exode encadré par la communauté internationale fait le jeu des rebelles musulmans désireux de créer un Etat indépendant dans le nord du pays.

 

Représentant en Centrafrique de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'agence onusienne impliquée dans ces évacuations, Giuseppe Loprete a déclaré que les musulmans vivant près de la mosquée centrale et dans le quartier PK5 ne voulaient quant à eux pas partir.

 

(Bertrand Boucey pour le service français)

 

Lu pour vous : En Centrafrique, les évacuations de musulmans s’intensifient
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 19:01

 

 

 

28/04/14 (BBC Afrique)

 

Le gouvernement centrafricain déclare qu’il n’a pas été associé à l'évacuation de 1.300 musulmans hors de Bangui, dimanche. Des discussions étaient encore en cours avec les ONG et les organismes onusiens, quand ces 1.300 personnes ont été convoyées hors de Bangui par la force africaine (Misca) et les soldats français de l’opération Sangaris, a déclaré à la BBC la ministre centrafricaine de la Santé publique, des Affaires sociales et de l'Action humanitaire. Selon Marguerite Samba Maliavo, il est possible d’éviter que la capitale centrafricaine se vide de sa population musulmane.

 

Quelque 1.300 musulmans vivant dans la périphérie de Bangui ont quitté dimanche la capitale pour s’installer dans le Nord du Pays. Ils étaient fréquemment attaqués par des milices à majorité chrétienne. Ils rejoignent le Nord, près de la frontière tchadienne, sous une escorte assurée par des soldats de la force africaine déployée en Centrafrique. Quelques milliers de musulmans survivent encore à Bangui, dans le quartier PK-5, où ils bénéficient de la protection des soldats burundais de la Misca.

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/04/140427_bangui-re...

1.300 déplacés: la réaction de Bangui
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 18:53

 

 

 

 

 

AFP 28/04/14

 

Dans les villes, villages, sur les bords de route, elles s'inscrivent partout dans le paysage ; les voitures sans roue de Centrafrique, posées sur des cales, jantes, pierres... témoignent de l'insécurité persistante dans le pays depuis deux ans. Leurs propriétaires ne craignent pas de se faire dérober leurs pneus, comme on pourrait l'imaginer. Habitués aux vols de véhicules, très fréquents, ils usent plutôt de ce stratagème pour protéger l'ensemble. Le phénomène date de décembre 2012. La Séléka, rébellion armée venue du Nord, à dominante musulmane, débute alors sa marche vers Bangui. Elle y prendra le pouvoir et l'exercera de mars 2013 à janvier 2014. Mais ses hommes sont trop souvent à pied. La razzia automobile peut commencer. Les biens des chrétiens sont d'abord confisqués.

 

L'évêché de Bambari, à 300 kilomètres de Bangui, déplore le vol de huit 4x4. "D'abord ils ont volé les véhicules d'humanitaires garés chez nous. Puis ils ont pris les nôtres", raconte l'abbé Sébastien, qui ne veut pas donner son vrai prénom. "Au début, on ne savait pas comment s'en défendre. Puis on s'est dit : +on cache les roues !+", se souvient-il. A leur première tentative, les pères pèchent par ingénuité. Les roues sont simplement dissimulées dans un garage attenant. Les Séléka les retrouvent, les remontent et repartent tranquillement avec l'auto.

 

Le clergé, à l'instar des autres propriétaires de voitures, rivalisera ensuite d'ingéniosité pour escamoter les roues de ses véhicules. Sans succès garanti. Quand les ex-rebelles ne remettent pas la main dessus, ils deviennent violents. Et font plier leurs victimes. Dans la paroisse de Grimari, à 80 kilomètres de Bambari, des ecclésiastiques choisissent de démonter le volant d'un véhicule. Mais ils finissent par le donner, l'un d'eux étant menacé de mort, raconte l'abbé Sébastien. Des centaines de civils chrétiens subiront les mêmes vols. Les musulmans sont également pris pour cible.

 

Tout ce qui roule est méthodiquement confisqué. Les camions ne font pas exception. A Bambari comme ailleurs, les poids lourds sont aussi posés sur cales. - Pyramides humaines - Se déplacer est de fait devenu un luxe en Centrafrique, où les véhicules sont si rares que les passagers dressent des pyramides humaines sur les toits des quelques tacots assurant le transport collectif. Une vieille Peugeot poussive pourra aisément transporter 15 personnes en extérieur, dont au moins une s'assoira sur le pare-brise, en plus des passagers traditionnels, de sacs de riz, caisses de bières, etc. Les voitures sont plus fréquentes à Bangui.

 

Mais le vol y est aussi plus intense. Un petit garagiste chrétien du PK-5, un quartier à la mixité vantée avant la crise, où quelques milliers de musulmans demeurent encore, a mis hors d'usage six des onze voitures qu'il gardait. Mais il a varié les plaisirs. Les roues d'une grosse berline italienne ont été retirées et placées dans son habitacle beige. Les écrous des jantes d'un 4X4, devenu bancal, ont été cachés. Des pièces des moteurs d'autres véhicules ont été retirées. Malgré la chute de la Séléka, aucune des autos n'a été remise sur pied.

 

Le garagiste, qui souhaite rester anonyme, craint à présent les méfaits des anti-balaka (milices majoritairement chrétiennes). Ces jeunes miliciens, après avoir massacré surtout des musulmans, qu'ils estimaient responsables des exactions de la Séléka, s'en prennent aussi aux chrétiens. Chaque nuit ou presque, des Banguissois de toutes confessions sont tués, décapités à la machette, abattus. Des corps sont retrouvés dans des puits. La délinquance violente a pris le relais des massacres confessionnels. Les habitants se terrent, n'osent plus se déplacer, de jour comme de nuit. A la mi-journée, l'affluence est nulle à l'hôpital du quartier Castor, au PK-5. Mais dans la cour de cet établissement jaune et rose, une auto bleue attire le regard. Dressée sur ses roues avant, dégonflées, au milieu d'herbes folles.

 

Les roues arrière ont été démontées. Dans l'habitacle, un drapeau "I love Central Africa republic". Sur la plage arrière, une guirlande argentée, incongrue au mois d'avril. "C'est une femme colonel de police qui a garé ça là, par mesure de sécurité", renseigne l'un des gardiens de l'hôpital. En Centrafrique, même les forces de l'ordre ne peuvent protéger leurs biens. Les voitures sans roues ont de l'avenir.

La Centrafrique, désolant paradis des voitures sans roues
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 18:40

 

 

 

ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION-AFDT

 

-ASD-CRPS-MCP-MDES- MLPC-RDC-

 

 

CONFERENCE DE PRESSE DU 28 AVRIL 2014

 

PROPOS LIMINAIRE

 

La situation sécuritaire de notre pays est toujours très tendue. Face à cette récente et brutale détérioration de la situation sécuritaire, nous devons tous prendre la mesure de la tragédie qui se joue, et dont notre pays pourrait ne jamais se relever si rien n’est fait. Le chaos ne peut perdurer : notre peuple est exsangue, toute une communauté, cible d’un déchainement de violence aveugle, a été contrainte à l’exode. Les conséquences sociales et humanitaires sont dramatiques.

 

L’union sacrée politique est rendue nécessaire, et c’est à nous, classe politique centrafricaine, qu’il appartient de montrer l’exemple et d’incarner cette union sacrée dont le pays a besoin pour que cessent les violences et que le retour à la paix soit envisagé. Nous devons montrer l’exemple, montrer qu’au-delà des logiques partisanes, et des intérêts particuliers, nous savons, le moment venu, nous réunir. Aujourd’hui seuls priment l’intérêt général et l’avenir du Centrafrique et de son peuple.

 

Nous nous félicitons que tant de responsables, au premier rang desquels les Autorités de la Transition, les Chefs des partis, la société civile et les Chefs des communautés religieuses se soient mobilisés en faveur de ce retour à la paix. Nous lançons un appel pour que les milices et les détenteurs illégaux d'armes de guerre déposent les armes car trop d’entre nous ont souffert, et souffrent encore. Trop d'entre nous ont eu à perdre un proche ou à craindre pour leur vie. Trop d’entre nous ont eu à fuir et fuient encore leurs foyers, leur pays.

 

Nous condamnons de façon unanime les auteurs d’exactions et de violences, qu’ils soient anti-balaka, ou ex-Séléka, quelles que soient leur conviction politique, leur appartenance ethnique, ou leur orientation religieuse. Nous rappelons que tous les auteurs , coauteurs et complices de violences, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis dans le pays, doivent être poursuivis, arrêtés et traduits en justice, notamment en coopération avec les États de la région et la Cour Pénale Internationale.

 

A terme, la chaîne pénale et les infrastructures de base de la justice doivent être rétablies à cet effet. Enfin, nous sommes informés de toutes les manœuvres en cours pour la partition de notre pays, et nous tenons à réaffirmer notre attachement à l'unité et à l'indivisibilité du territoire national.

 

Notre défi aujourd’hui est de conduire les Centrafricains vers la réconciliation dans le seul intérêt de la Nation entière et de créer les conditions d’une paix durable, préalable nécessaire à la stabilité du pays et à l’avènement d’une société démocratique. Nous rappelons que dans le cadre de cette réconciliation que nous appelons de nos vœux, la violence et l’impunité sont exclues.

 

Nous demandons aux Autorités de la Transition de tout mettre en œuvre, en lien avec la communauté internationale, afin que le calendrier électoral et ses différentes étapes soient respectés. C'est pourquoi nous appelons le gouvernement à doter l’Autorité Nationale des Elections des moyens nécessaires à sa mission.

 

Nous restons convaincus que sans l'application intégrale de la Résolution 2127 du Conseil de Sécurité, plaçant le mandat des Forces Internationales sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies avec la nécessité de recourir à la force par le désarmement des milices, il est illusoire de prétendre à la stabilisation de la RCA. C'est pourquoi nous pensons que la délocalisation de nos compatriotes musulmans ne constitue pas une solution durable de la crise.

 

Nous remercions la communauté internationale (CEMAC, CEEAC, UA, UE, ONU, la France et les Etats-Unis) pour son aide et son engagement à nos côtés depuis le début du conflit. Nous lui lançons un nouvel appel : début mars 2014, l'Onu n’avait reçu que moins du cinquième des 551 millions de dollars d'aide sollicités en décembre 2013 pour fournir de la nourriture, une assistance médicale et des abris aux populations locales. Or cette aide est essentielle, tant pour les réfugiés et les déplacés, que pour les populations encore présentes sur place.

 

Sans cette aide, il est difficile d’envisager le retour dans leurs foyers des populations déplacées et refugiées. Nous espérons que la communauté internationale prendra la mesure de l’urgence et accélèrera le versement des dons, car le sort de nos populations en dépend. Enfin, outre sa contribution régulière à la résolution de la crise actuelle, nous voulons réaffirmer que l'AFDT est également porteuse d'un projet pour la période post- transition. En définitive, devant cette situation, nous réitérons nos propositions de sortie de crise suivantes:

 

1- L’application effective, intégrale et immédiate des résolutions 2121 et 2127 du Conseil de Sécurité des Nations Unies par les forces internationales;

 

2- L'équipement et le déploiement des forces de police et de gendarmerie aux côtés des forces internationales sur toute l'étendue du territoire national;

 

3- Le cantonnement, le contrôle et la restructuration des Forces Armées Centrafricaines (FACAS), puis leur équipement et leur déploiement aux côtés des forces internationales sur toute l'étendue du territoire national;

 

4- L'exécution très rapide des programmes de Désarmement-Démobilisation- Réinsertion et Rapatriement (D.D.R.R.) ;

 

5- La restauration de l'autorité de l'Etat par le redéploiement rapide de l'administration;

 

6- La mise en œuvre des procédures judicaires préalables à toute réconciliation; 7- Le retour des réfugiés et des déplacés dans leurs foyers;

 

8- L'accélération du soutien humanitaire aux populations déplacées et en détresse;

 

9- La dotation de l'Autorité Nationale des Elections (ANE) des moyens logistiques et financiers pour l'accomplissement de sa mission.

 

Je vous remercie.

 

 

 

ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION (AFDT) (ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC)

 

APPEL A LA PAIX

 

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) :

 

o Extrêmement préoccupée par la situation désastreuse que traverse notre pays avec des effets catastrophiques pour la population ;

 

o Consciente de la responsabilité historique des Leaders des Partis Politiques qui la composent face au devenir de la République centrafricaine ;

 

o Considérant la dégradation de la situation sécuritaire de notre pays; o Considérant qu’aucun développement ne peut s’envisager sans la paix ;

 

o Prenant en compte l’indéfectible attachement du peuple centrafricain à vivre dans la paix, la cohésion, la solidarité et l’unité nationale ;

 

o Considérant que la République centrafricaine par son histoire et sa position géographique est un creuset de brassages de populations ;

 

o Considérant que la diversité des communautés humaines constitue une source d’enrichissement, tant sur le plan économique, social que culturel et relationnel;

 

o Soucieuse du bien-être des populations et de la prospérité de notre pays ;

 

o Déterminée à accompagner le processus de transition en vue de restaurer les institutions démocratiques et de contribuer au relèvement du pays;

 

APPELLE

 

1. Tous les acteurs politiques à œuvrer dans la communion pour un retour définitif de la paix et de la sécurité en Centrafrique en bannissant toute forme d’action de nature à inciter à la violence, à la haine ethnique, tribale ou religieuse et à animer la vie politique dans un esprit de consensus et de respect mutuel ;

 

2. Tous les compatriotes sans distinction à promouvoir la culture de la paix et à s’abstenir de toute initiative susceptible d’alimenter la haine et la division ;

 

3. Les autorités de la Transition à créer les conditions de la consolidation de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national et à œuvrer pour le retour en Centrafrique des compatriotes réfugiés à l’étranger et des étrangers obligés de quitter notre pays du fait de la crise sécuritaire;

 

4. Les acteurs institutionnels et sociopolitiques à sensibiliser, mobiliser et organiser les citoyens centrafricains autour des idéaux de paix, de démocratie, de justice et de progrès et à contribuer efficacement à l’éducation, à la citoyenneté et au civisme ;

 

5. Les éléments appartenant à l’ex coalition séléka et ceux de la milice anti-balaka à prendre conscience de la situation dans laquelle ils ont plongé leur pays, à déposer effectivement les armes et à renoncer à la violence sous toutes ses formes ;

 

6. Aux forces internationales (MISCA, SANGARIS, EUFOR) déjà déployées en Centrafrique à appliquer sans ambigüité la Résolution 2127 du Conseil de Sécurité de l’ONU en procédant au désarmement effectif des groupes armés, condition sine qua non pour la restauration de la paix;

 

7. A la Communauté internationale à appuyer les institutions de la Transition dans le processus de pacification du pays et de la réconciliation nationale. Que la paix soit ! Qu’elle revienne et qu’elle règne dans nos esprits, dans nos familles respectives et dans notre pays !

 

 

ZIA SIRIRI AKIRI NA YA TI SEWA TI E OKO OKO NGA NA YA TI KODORO TI E !

CONFERENCE DE PRESSE DU 28 AVRIL 2014 DE L'ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION  -  AFDT
CONFERENCE DE PRESSE DU 28 AVRIL 2014 DE L'ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION  -  AFDT
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 15:32

 

 

 

              ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION (AFDT)

 

                                          (ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC)

   

          APPEL A LA PAIX

 

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) :

 

  • Extrêmement préoccupée par la situation désastreuse que traverse notre pays avec des effets catastrophiques pour la population ;

 

  • Consciente de la responsabilité historique des Leaders des Partis Politiques qui la composent face au devenir de la République centrafricaine ;

 

  • Considérant la dégradation de la situation sécuritaire de notre pays;

 

  • Considérant qu’aucun développement ne peut s’envisager sans la paix ;

          

 

  • Prenant en compte l’indéfectible attachement du peuple centrafricain à vivre dans la paix, la cohésion, la solidarité et l’unité nationale ;

 

  • Considérant que la République centrafricaine par son histoire et sa position géographique  est un creuset de brassages de populations ;

 

  • Considérant que la diversité des communautés humaines constitue une source d’enrichissement, tant sur le plan économique, social que culturel et relationnel;

 

  • Soucieuse du bien-être des populations et de la prospérité de notre pays ;

 

  • Déterminée à accompagner le processus de transition en vue de restaurer les institutions démocratiques et de contribuer au relèvement du pays;

 

                                                                     APPELLE

 

  1. Tous les acteurs politiques à œuvrer dans la communion pour un retour définitif de la paix et de la sécurité en Centrafrique en bannissant toute forme d’action de nature à inciter à la violence, à la haine ethnique, tribale ou religieuse et à animer la vie politique dans un esprit de consensus et de respect mutuel ;

 

  1. Tous les compatriotes sans distinction à promouvoir la culture de la paix et à s’abstenir de toute initiative susceptible d’alimenter la haine et la division ;

 

  1. Les autorités de  la Transition à créer les conditions de la consolidation de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national et à œuvrer pour le retour en Centrafrique des compatriotes réfugiés à l’étranger et des étrangers obligés de quitter notre pays du fait de la crise sécuritaire;

 

  1. Les acteurs institutionnels et sociopolitiques à sensibiliser, mobiliser et organiser les citoyens centrafricains autour des idéaux de paix, de démocratie, de justice et de progrès et à contribuer efficacement à l’éducation, à la citoyenneté et au civisme ;

 

  1. Les éléments appartenant à l’ex coalition séléka et ceux de la milice anti-balaka à prendre conscience de la situation dans laquelle ils ont plongé leur pays, à déposer effectivement les armes et à renoncer à la violence sous toutes ses formes ;

 

  1. Aux forces internationales (MISCA, SANGARIS, EUFOR) déjà déployées en Centrafrique à appliquer sans ambigüité la Résolution 2127 du Conseil de Sécurité de l’ONU en procédant au désarmement effectif des groupes armés, condition sine qua non pour la restauration de la paix;

 

  1. A la Communauté internationale à appuyer les institutions de la Transition dans le processus de pacification du pays et de la réconciliation nationale.

 

                                                

Que la paix soit ! Qu’elle revienne et qu’elle règne dans nos esprits, dans nos familles respectives et dans notre pays !

 

ZIA SIRIRI AKIRI NA YA TI SEWA TI E OKO OKO NGA NA YA TI KODORO TI E !

 

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 15:24

 

 

 

ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR  LA TRANSITION

-AFDT

 

-ASD-CRPS-MCP-MDES- MLPC-RDC-

 

CONFERENCE DE PRESSE DU 28 AVRIL 2014

 

            PROPOS LIMINAIRE

 

La situation sécuritaire de notre pays est toujours très tendue. Face  à  cette  récente et brutale détérioration de la situation sécuritaire, nous devons tous prendre la mesure de la tragédie qui se joue, et dont notre pays pourrait ne jamais se relever si rien n’est fait. Le chaos ne peut perdurer : notre peuple est exsangue, toute une communauté, cible d’un déchainement de violence aveugle, a été contrainte à l’exode. Les conséquences sociales et humanitaires sont dramatiques.

 

L’union sacrée politique est rendue nécessaire, et c’est à nous, classe politique centrafricaine, qu’il appartient de montrer l’exemple et d’incarner cette union sacrée dont le pays a besoin pour que cessent les violences  et  que  le retour à la paix soit envisagé.  Nous devons montrer l’exemple, montrer qu’au-delà des logiques partisanes, et des intérêts particuliers, nous savons, le moment  venu, nous réunir. Aujourd’hui seuls priment l’intérêt général et l’avenir du Centrafrique et de son peuple. Nous nous félicitons que tant de responsables, au premier rang desquels les Autorités de la Transition,  les Chefs des partis, la société civile et les Chefs des communautés religieuses se soient mobilisés en faveur de ce retour à la paix.

 

Nous lançons un appel pour que les milices et les détenteurs illégaux d'armes de guerre  déposent les armes car trop d’entre nous ont souffert, et souffrent encore. Trop d'entre nous ont eu à perdre un proche ou à craindre pour leur vie. Trop d’entre nous ont eu à fuir et fuient encore leurs foyers, leur pays.

 

Nous condamnons de façon unanime les auteurs d’exactions et de violences, qu’ils soient anti-balaka, ou ex-Séléka, quelles que soient leur conviction politique, leur appartenance ethnique, ou leur orientation religieuse. Nous rappelons que tous les auteurs , coauteurs et complices de violences, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis dans le pays, doivent être  poursuivis, arrêtés et traduits en justice, notamment en coopération avec les États de la région et la Cour Pénale Internationale.   A terme, la chaîne pénale et les infrastructures de base de la justice doivent être  rétablies à cet effet.

 

Enfin, nous sommes informés de toutes les manœuvres en cours pour la partition de notre pays, et nous tenons à réaffirmer notre attachement à l'unité et à l'indivisibilité du territoire national.

 

Notre  défi  aujourd’hui est de  conduire les Centrafricains vers la réconciliation dans le seul intérêt de la Nation entière et de créer les conditions d’une paix durable, préalable nécessaire à la stabilité du pays et à l’avènement d’une société démocratique. Nous rappelons que dans  le cadre de cette réconciliation que nous appelons de nos vœux, la violence et l’impunité sont exclues.

 

Nous demandons aux Autorités de la Transition de tout mettre en œuvre, en lien avec la communauté internationale, afin que le calendrier électoral et ses différentes étapes soient  respectés. C'est pourquoi nous appelons le gouvernement à doter  l’Autorité Nationale des Elections des moyens nécessaires à sa mission.

 

Nous restons convaincus que sans l'application intégrale de la Résolution 2127 du Conseil de Sécurité, plaçant le mandat des Forces Internationales sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies avec la nécessité de recourir à la force par le désarmement des milices, il est illusoire de prétendre à la stabilisation de la RCA. C'est pourquoi nous pensons que la délocalisation de nos compatriotes musulmans ne constitue pas une solution durable de la crise.

 

Nous remercions la communauté internationale (CEMAC, CEEAC, UA, UE, ONU, la France et les Etats-Unis) pour son aide et son engagement à nos côtés depuis le début du conflit. Nous lui lançons un nouvel appel : début mars 2014, l'Onu n’avait reçu que moins du cinquième des 551 millions de dollars d'aide sollicités en décembre 2013 pour fournir de la nourriture, une assistance médicale et des abris aux populations locales. Or cette aide est essentielle, tant pour les réfugiés et les déplacés, que pour les populations encore présentes sur place. Sans cette aide, il est difficile d’envisager le retour dans leurs foyers des populations déplacées et refugiées. Nous espérons que la communauté internationale prendra la mesure de l’urgence  et accélèrera le versement des dons, car le sort de nos populations en  dépend.

 

Enfin, outre sa contribution régulière à la résolution de la crise actuelle, nous voulons réaffirmer que l'AFDT est également porteuse d'un projet pour la période post- transition.

 

En définitive, devant cette situation, nous réitérons nos propositions de sortie de crise suivantes:

 

1- L’application effective, intégrale et immédiate des résolutions 2121 et 2127 du Conseil de Sécurité des Nations Unies par les forces internationales;

 

2- L'équipement et le déploiement des forces de police et de gendarmerie aux côtés des forces internationales sur toute l'étendue du territoire national;

 

3- Le cantonnement, le contrôle et la restructuration des Forces Armées Centrafricaines (FACAS), puis leur équipement et leur déploiement aux côtés des forces internationales sur toute l'étendue du territoire national;

 

4- L'exécution très rapide des programmes de Désarmement-Démobilisation-

Réinsertion et Rapatriement (D.D.R.R.) ;

 

5- La restauration de l'autorité de l'Etat par le redéploiement rapide de l'administration;

 

6- La mise en œuvre des procédures judicaires préalables à toute réconciliation;

 

7- Le retour des réfugiés et des déplacés dans leurs foyers;

 

8- L'accélération du soutien humanitaire aux populations déplacées et en détresse;

 

9- La dotation de l'Autorité Nationale des Elections (ANE) des moyens logistiques et financiers pour l'accomplissement de sa mission.

 

Je  vous remercie.

CONFERENCE DE PRESSE DE L'AFDT DU 28 AVRIL 2014
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 13:41

 

 

 

 

 

JOAN TILOUINE Jeune Afrique no 2780 • du 20 au 26 avril 2014

 

Sous Bozizé, c’était une tradition. La distribution de passeports de complaisance a profité à d’innombrables hommes d’affaires, conseillers et amis de la présidence. Une pratique perpétuée sous Djotodia. Mais aujourd’hui, les nouvelles autorités veulent faire le ménage.

 

Sud-est de la France, juillet 2013. Moukhtar Abliazov, homme d’affaires devenu opposant politique à Noursoultan Nazarbaïev, le président du Kazakhstan, se sait traqué. Autrefois patron de la banque BTA, cet ex-ministre de l’Énergie est accusé d’avoir détourné 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Russie ; et le Royaume-Uni, où il avait trouvé refuge dans un premier temps, l’a condamné à vingt-deux mois de prison. Le 29 mai, son épouse, Alma Chalabaïeva, et sa fille avaient été arrêtées par les forces spéciales italiennes dans la banlieue de Rome, avant d’être transférées au Kazakhstan. Pour Moukhtar Abliazov, caché dans une jolie villa de Mouans-Sartoux, non loin de Cannes, la cavale prendra fin deux mois plus tard: le 31 juillet, la police française déploie les grands moyens pour interpeller le milliardaire kazakh…et citoyen centrafricain.

 

Car l’oligarque disposait d’un passeport ordinaire estampillé « RCA ». Un faux, ont affirmé les nouvelles autorités du pays à la justice française. Sur son passeport diplomatique délivré à Bangui en avril 2010, Alma Chalabaïeva apparaît, elle, sous la fausse identité d’Alma Ayan. Son titre: «conseillère diplomatique à la présidence ».

 

Le document est authentifié par la signature du général Antoine Gambi, ministre des Affaires étrangères sous François Bozizé.

 

Comme lui, plusieurs hauts fonctionnaires sont soupçonnés d’avoir distribué ou revendu des passeports diplomatiques dits de complaisance.

 

SÉSAME. Et ils sont nombreux les hommes d’affaires, vrais et faux conseillers, consuls et experts en sécurité, à avoir papillonné dans l’enceinte de la présidence avant d’en repartir avec le précieux sésame, qui, selon la convention de Vienne, garantit une immunité complète à son heureux détenteur.

 

« C’était une tradition solidement établie sous Bozizé », s’amuse l’un d’entre eux, muni de trois passeports de complaisance.

 

C’est ainsi qu’une ancienne conseillère de Mouammar Kaddafi s’est retrouvée affublée du titre de «secrétaire à la présidence» sur son passeport diplomatique centrafricain.

 

Comme elle, des marchands de pétrole, de diamants ou d’armes, des militaires reconvertis dans le privé et de nombreux businessmen forment un bataillon de « diplomates » centrafricains qui peuvent échapper aux contrôles insistants dans les aéroports. Sous la pression de la France, il est cependant arrivé que François Bozizé se résigne à lever l’immunité diplomatique de l’un de ces personnages. Il en a été ainsi, en 2009, pour l’homme d’affaires indopakistanais Saifee Durbar, nommé vice-ministre centrafricain – avec résidence à Londres – alors qu’il était recherché par la justice française, qui l’avait condamné pour escroquerie deux ans plus tôt.

 

Lors de leur prise du palais présidentiel, le 24mars 2013, des éléments de la Séléka ont découvert plusieurs milliers de passeports diplomatiques vierges. Le stock de la présidence a un temps été mis à l’abri par des membres de la rébellion hostiles à Michel Djotodia, pour éviter que l’éphémère président de la transition ne les distribue à son clan. En pure perte.

 

Djotodia a finalement réussi à mettre la main sur ces passeports et, perpétuant la « tradition » de son prédécesseur, a accordé le statut diplomatique à des figures sulfureuses de la Séléka, dont le très controversé Noureddine Adam, son ex-chef de la sécurité. Selon nos informations, ce dernier, qui serait désormais réfugié au Nigeria, en a lui-même délivré à des Occidentaux. Il était d’ailleurs porteur d’un tel laissez-passer lorsqu’il a été brièvement arrêté à Douala, en janvier.

 

SELLETTE. Le trafic de ces documents est d’autant plus aisé qu’ils sont fabriqués à Bangui. Sous François Bozizé, c’est la société Africard (lire encadré) qui a obtenu le marché de production, de distribution et de vente des passeports (au prix de 50000 FCFA l’unité, soit 76 euros). L’État centrafricain, partenaire de l’entreprise, avait imposé la présence de Socrate Bozizé, l’un des fils de l’ancien président, au conseil d’administration– contacté à ce sujet, l’intéressé n’a pas souhaité réagir.

 

Dans le contrat daté du 13 janvier 2010 – que Jeune Afrique a pu consulter –, il est précisé qu’Africard bénéficie d’une exemption de toute taxe. La société reverse toutefois 10 % du prix de chaque passeport à l’État – une part qui devait passer à 25%àcompter de 2014.« Sur toute activité lucrative, la présidence imposait un et axe informelle et exigeait d’être actionnaire, directement ou indirectement », confie un ancien fonctionnaire.

 

Pour les nouvelles autorités, il ne fait aucun doute que ce contrat a été signé dans «des circonstances suspectes ». Déjà, sous Djotodia, « les rapports entre l’État et Africard [étaient] délicats, expliquait Arsène Sendé, alors ministre de la Justice.

 

Les passeports diplomatiques délivrés sous Bozizé ont été passés au peigne fin avec les moyens du bord, très limités. Et des enquêtes sont été lancées sur la part de responsabilité d’Africard».Une commission interministérielle a même été créée à ce sujet, et Charles Zouein, un ancien général libanais devenu directeur d’Africard, est sur la sellette. Ses liens étroits avec Socrate et Jean-Francis Bozizé, deux des fils du président déchu, sont minutieusement examinés.

 

« Nous travaillons au service des Centrafricains, pas d’un clan ou d’un parti politique, se défend Charles Zouein. Nous n’avons rien à nous reprocher et nous continuons de fabriquer des passeports pour le compte des nouvelles autorités.» Et la profusion de passeports diplomatiques centrafricains sortis de son imprimerie? « Ce ne sont que des rumeurs », balaie-t-il. Reste qu’au sein du gouvernement nombreux sont ceux qui souhaitent tourner la page d’Africard et rompre le contrat.

 

À Bangui, les enquêtes se poursuivent lentement, malgré les changements politiques et une situation sécuritaire chaotique.

 

En tout état de cause, la circulation anarchique de ces passeports – qui se revendent encore 10000 euros sur le marché informel à Paris – préoccupe les nouvelles autorités, qui veulent faire le ménage. « Il y va de la sécurité de l’État, souligne un fonctionnaire. Certains détenteurs de passeports diplomatiques constituent une menace pour la Centrafrique. »

 

CHASSE. En mars, Denis Ouangao Kizimalé, le ministre de la Sécurité publique, a annoncé devant le parlement de transition que plus de 8000 passeports ordinaires et 900 passeports diplomatiques octroyés dans des conditions jugées douteuses sous Djotodia et bien avant pourraient être purement et simplement annulés. Et si le pouvoir reconnaît qu’il ne détient pas la liste exhaustive des bénéficiaires de tels documents, un laborieux processus de dénombrement est en cours, en coordination avec Interpol.

 

La chasse à ces vrais-faux passeports constitue un défi sécuritaire d’autant plus urgent à résoudre que, d’ici à la fin de 2015, le pays doit s’équiper en matériel d’identification biométrique pour se conformer aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

 

Faute de quoi il n’y aura plus de vols internationaux au départ et à destination de Bangui. l

 

 

Jeune Afrique no 2780 • du 20 au 26 avril 2014

 

Si Africard est établi en Centrafrique, ses racines sont à chercher loin, beaucoup plus loin.

La société est rattachée à l’entreprise Inkript, elle-même filiale du libanais Resource Group Holding (RGH). Propriété de la grande famille sunnite Itani – laquelle est très proche de Tammam Salam, l’actuel Premier ministre libanais –, ce holding s’est notamment spécialisé dans les technologies de sécurisation de documents.

 

Pratiques agressives, méthodes présumées douteuses… Sa réputation n’est pas des meilleures.

 

À la chute de François Bozizé, les dirigeants d’Africard ont ainsi tenté un lobbying intense auprès du gouvernement de Michel Djotodia. Objectif: faire renouveler son contrat, qui prévoit notamment le versement de 10 % du prix de chaque passeport à l’État – un seuil largement inférieur aux taux habituellement pratiqués dans ce type de délégation de service public. La situation sécuritaire rendant complexe le lancement d’un appel d’offres, il est probable que les nouvelles autorités optent pour un accord de gré à gré renouvelant le contrat sur une courte durée. Inkript s’est également illustré au Mali: en décembre 2011, sous Amadou Toumani Touré, un marché lui avait été attribué par entente directe. La commande portait sur le matériel électoral (isoloirs, urnes…) pour la présidentielle de 2012 (qui n’a pas eu lieu en raison du coup d’État de mars).

 

Montant du contrat: environ 9 millions d’euros. Aussitôt connu, le deal a provoqué l’ire du patronat malien, qui a déposé une plainte auprès de l’Autorité de régulation des marchés publics. Cela n’a pas empêché le gouvernement de transition de signer, en 2013, un avenant de 720000 euros en faveur d’Inkript.

J.T.

 

 

(Socrate Bozizé avec les Libanais d'Africard)

Lu pour vous dans J.A : Vrais papiers faux diplomates
Lu pour vous dans J.A : Vrais papiers faux diplomates
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 12:19

 

 

 

 

BANGUI, 28/04/14 (AFP) - Quelque 1.300 musulmans qui se terraient en périphérie de Bangui, fréquemment attaqués par des milices à majorité chrétienne, sont enfin partis dimanche dans un imposant convoi, escortés par la force africaine Misca à destination du nord de la Centrafrique. Le gouvernement a dénoncé dans la soirée une opération "unilatérale" menée "à (son) insu et contre (son) gré" par ses partenaires humanitaires, dont il questionne "la neutralité et l'objectivité". Dix-huit camions chargés à plein se sont mis en branle vers 12H00 locale (11H00 GMT).

 

Les déplacés étaient assis sur leurs ballots, planches de bois, motos, frigos... Des centaines de bidons multicolores ornaient les flancs du convoi. Un imposant dispositif de la Misca était mobilisé pour assurer la sécurité des partants. La sortie de Bangui et la traversée des villes de Sibut et de Dékoa, dans le centre du pays, constituent notamment les points chauds de l'opération, a expliqué un cadre de la mission africaine. La mise en route, attendue depuis des semaines, s'est faite finalement sans heurts.

 

Les déplacés, juchés dans sur remorques depuis de longues heures, lèvent les bras en signe de victoire à mesure que leurs véhicules prennent de la vitesse. Au sol, des dizaines, puis des centaines de chrétiens, aux anges, s'affairent à dépecer méthodiquement tout ce que les précédents occupants des lieux ont abandonné. Bouts de bois, chambranles de portes, tôles de toiture, vêtements... Hormis un cercueil abandonné devant la mosquée, tout ou presque disparaît en un petit quart d'heure.

 

L'allégresse générale est à la mesure du soulagement pour les deux communautés, après cinq mois d'une infernale pression enserrant le PK-12, Point kilométrique 12, sorte d'étroit corridor en proche périphérie de Bangui, sur la route menant au nord du pays. Les 1.300 déplacés, qui avaient déjà fui leurs domiciles pour occuper le PK-12, s'y étaient retrouvés piégés alors qu'ils souhaitaient déjà monter dans des convois humanitaires à destination du Tchad. Ils étaient depuis lors régulièrement victimes d'attaques d'anti-balaka (milices majoritairement chrétiennes).

 

- "Merci Dieu pour ce beau dimanche" –

 

Ces groupes de jeunes s'en prennent surtout aux musulmans pour, disent-ils, venger les chrétiens, majoritaires dans le pays (environ 80%), des graves exactions infligées par l'ex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, lorsqu'elle était au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014. Au PK-12, 18 personnes sont ainsi mortes par balle, grenade ou machette depuis décembre et les blessés sont nombreux, affirme la population musulmane. De nombreux monticules de terre marquant des tombes récemment creusées semblent confirmer leurs dires.

 

Les exactions commises par anti-balaka et Séléka illustrent les difficultés qu'ont désormais les deux communautés à vivre ensemble, alors qu'elles ont coexisté en harmonie pendant des décennies. "Je veux détruire tout ça", lance une adolescente à la volée en désignant la mosquée, dont certains chrétiens volent les câbles électriques. Des éléments de la Misca, restés sur place, établissent un cordon autour du bâtiment pour éviter qu'il ne soit anéanti. "Merci Dieu pour ce beau dimanche. Les musulmans sont enfin partis !", hurle une trentenaire, extatique, tout en dansant dans la rue.

 

"Nous, on leur a tout laissé. S'ils gardent, c'est bon. S'il ne gardent pas, tout dépend d'eux", remarque Ibrahim Dodi, qui se dit "très content" de partir après avoir eu "très peur" durant son temps au PK-12. "Devant moi, il y a eu des gens fauchés par des grenades", raconte-t-il. M. Dodi affirme que dix de ses douze enfants ont été tués par des anti-balaka à Bossembelé (centre ouest), attaques qui l'ont amené à se réfugier au PK-12. Les musulmans n'ont toutefois pas hésité à piéger la mosquée du PK-12 avant de quitter les lieux, selon un militaire de la Misca, qui mentionne trois charges.

 

Depuis le début des violences, à chaque fuite des musulmans de leurs quartiers, les mosquées sont détruites par des pillards. Deux charges ont été placées dans l'escalier menant au minaret, barré d'un mince cordon rouge. Un fil sort d'un sac en plastique contenant une sorte de brique, apparemment du "C4", un explosif, explique ce soldat. Une autre charge a été placée à l'étage, poursuit-il. A l'extérieur du bâtiment, un bidon jaune est entouré de pierres.

 

 "Il est piégé. Cela explosera si on le touche ou si on bouge les pierres", explique un autre soldat. La question d'un déplacement massif de la communauté musulmane avait provoqué cette semaine un intense débat politico-humanitaire en Centrafrique. Une ministre avait dénoncé une opération qui accentue la partition religieuse du pays et met à mal la réconciliation. Le monde humanitaire affirme que ces populations ne pouvaient rester davantage, leurs vies étant menacées.

 

"Nous sommes heureux que ce mouvement, qui se tient pour la protection de la communauté de PK-12, ait pu se tenir", s'est réjouie Sandra Black, une porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les déplacés iront vivre à proximité de la frontière tchadienne. Quelques milliers de musulmans survivent au PK-5 de Bangui, un quartier anciennement reconnu pour sa mixité, désormais protégé par les soldats burundais de la Misca. 

 

1.300 musulmans, menacés, fuient Bangui, escortés par la force
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 11:56

 

 

 

 

BANGUI, 28 avril 2014 (AFP) - Vingt-deux personnes dont trois humanitaires de Médecins sans frontières (MSF) ont été tuées dans l'attaque d'un hôpital à Nanga Boguila, à 450 km au nord de Bangui, par des membres présumés de l'ex-rébellion Séléka, a déclaré lundi un officier de la force africaine Misca.

 

"Des hommes armés assimilés aux ex-Séléka et aux Peuls ont attaqué samedi en fin d'après-midi un hôpital soutenu par MSF dans la région de Nanga Boguila, tuant au moins 22 personnes, parmi lesquelles trois centrafricains employés de MSF et faisant près d'une dizaine de blessés", a déclaré l'officier à l'AFP. MSF Pays-Bas a confirmé la mort de ses trois collaborateurs.

 

"La seule chose que nous pouvons confirmer, c'est la mort des trois membres de notre personnel à Nanga Boguila", a déclaré sans plus de détails à l'AFP Samuel Hanryon, porte-parole de MSF en Centrafrique. Selon l'officier de la Misca, "l'attaque a eu lieu alors que se tenait une réunion regroupant des représentants locaux et les employés de MSF (...) Les assaillants ont d'abord ouvert le feu sur un groupe de personnes fauchant quatre d'entre elles. Puis ils se sont dirigés vers l'hôpital où ils ont tué 15 autres personnes".

 

 "Ils ont emporté des ordinateurs et de nombreux autres biens, fracassant des portes des locaux probablement en quête d'argent", a-t-il ajouté. En déroute, l'ex-rébellion Séléka, a été au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014. Depuis le départ forcé de son chef, l'ancien président Michel Djotodia, ses combattants écument plusieurs régions de la Centrafrique, notamment le nord. 

Centrafrique : 22 morts dans l'attaque d'un hôpital de MSF (officier Misca)
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 11:17

 

 

 

 

 

 

Après des décennies de pilotage à vue dues à des gestions du pouvoir hasardeuses parfois chaotiques, la République centrafricaine a rendez-vous avec son histoire et son destin. C’est dire qu’elle se trouve plus que jamais, aujourd’hui, à la croisée des chemins.

 

Sa population est suspendue en permanence à la décision de ses dirigeants. Dans cette optique, deux alternatives implacables s’imposent pour trouver une issue durable à la grave crise qui secoue depuis bientôt deux ans la RCA. Soit choisir de se satisfaire du statu quo ante, position peu avantageuse lorsque l’on sait que le pays poursuit sa descente aux enfers malgré l’investissement et la bonne volonté de la communauté internationale (I), soit choisir de se sortir de cette crise qui devient, chaque jour un peu plus, endémique par le haut (II).

 

Choisir la voie du salut suppose toutefois un acte de courage et une méthode cohérente qui ressortissent à la dimension d’un homme ou d’une femme d’Etat.

 

I.Le choix de la politique du statu quo ante : une position à rapidement dépasser

 

C’est le fait de choisir de ne rien faire ou d’assurer le service minimum sans rapport avec les véritables enjeux. Autrement dit, faire la politique des petits pas. C’est un choix peu avantageux pour le pays et, par conséquent, n’a pour l’instant produit aucun résultat satisfaisant. Or, le peuple a besoin de boussole, d’orientation, de cap politiques clairs pour espérer voir des lendemains meilleurs.

 

La RCA ne peut plus se permettre le luxe de louvoyer, de tergiverser. Trop de sang a coulé. Pratiquement, chaque jour, malheureusement, le pays enregistre sa comptabilité macabre. Nos compatriotes majoritairement de confession musulmane sont continûment pourchassés, harcelés, menacés de mort et contraints d’accepter les opérations de relocalisation, payant ainsi quasiment le même lourd tribut que les populations à majorité chrétienne et animiste soumise aux exactions de toutes sortes à l’époque du régime sélékiste. Ce, sans qu’aucune mesure de sûreté  ne soit prise pour assurer leur intégrité physique. La vie humaine n’a pas de prix. Cela ne peut plus durer.

 

Le peuple veut voir dégager une politique volontariste de sortie de crise et non se contenter de replâtrage, un cautère sur une jambe de bois. Nous osons cette affirmation péremptoire car, plus de 3 mois après la mise en place du gouvernement de transition, l’on n’a toujours pas une vision claire des réformes nécessaires à la hauteur des nombreux défis. Le peuple et la communauté internationale, qui nous vient en aide s’impatientent.

 

Nous sommes pressés- c’est un euphémisme de bon aloi- de voir naître une stratégie globale de stabilisation et de règlement définitif de cette crise multiforme et multidimensionnelle. Avec nous, la communauté internationale, qui est venue à notre chevet, a également hâte d’entrevoir rapidement une issue favorable et durable de cette crise. N’oublions pas qu’elle ne restera pas indéfiniment à nos côtés. Sachons raison garder prendre les taureaux par les cornes. Le temps nous est compté.

 

Le monde nous regarde. L’Afrique nous regarde.

 

Dans ces conditions, nous sommes en droit de nous demander à quand le lancement attendu, conformément à la résolution onusienne, du processus de réconciliation nationale que nous aussi attendons de nos vœux.

 

Sans plus tarder, une feuille de route claire doit être tracée et connue du public. Chaque chef de département ministériel doit faire connaître ses objectifs à atteindre à court terme.

 

Au moment où, j’écris ces lignes, je suis au regret de relever avec un pincement au cœur que nombre de nos compatriotes déplacés intérieurs et extérieurs continuent de camper dans des abris de fortune aux abords de l’aéroport de Bangui et ailleurs sur le territoire national ou en dehors de nos frontières, exposés à la faim et aux violences et à la merci des intempéries et des maladies (épidémies), à l’approche de la saison des pluies et sont, de facto, sans prise directe sur leurs destins. Cela ne peut plus durer.

 

Des mesures urgentes à caractère humanitaire doivent être prises afin de soulager les souffrances de nos concitoyens.

 

Quand on fait de la politique- a fortiori quand on a entre les mains le destin d’une nation-, il faut savoir poser des actes forts en temps opportun. C’est à l’aune de cette considération, qu’on mesurera la grandeur d’un homme ou d’une femme d’Etat. Les moyens, on peut toujours les trouver pour peu qu’on en ait la volonté et la détermination. Mais le statu quo n’est plus tenable et doit être dépassé. D’autant plus qu’il a, jusque-là, montré ses limites patentes.

 

II.Le choix de la politique de sortie de la grave crise par le haut

 

Il  s’agit ici de prendre les taureaux par les cornes, de s’attaquer aux vrais problèmes auxquels le pays est confronté. Nous ne le dirons jamais assez, mais la priorité des priorités demeure l’enjeu sécuritaire.

 

L’armée doit être restructurée et remembrée afin qu’elle puisse remplir son rôle de principale actrice de sauvegarde de l’intégrité territoriale et de protectrice du peuple. A cet égard, une vaste réforme du secteur de la sécurité doit être entreprise afin de doter notre armée de moyens adéquats. Si l’armée centrafricaine n’a su jusqu’ici remplir sa mission, c’est parce qu’elle n’a pas été correctement prise en charge.

 

Les précédents régimes qui ont succédé au pouvoir ont préféré, de tout temps, privilégier une approche ethno-régionaliste de l’armée au détriment d’une vision nationale et républicaine de cette armée.

 

C’est dans ce contexte que des négociations doivent être engagées avec la communauté internationale (l’ONU et la France) afin de permettre à notre outil de défense et de sécurité d’être opérationnel sur le terrain. Car sans moyen, il ne pourrait remplir utilement sa mission. Dans cette perspective, nous appelons à la levée, au moins, partielle de l’embargo sur les armes qui pèse sur notre pays depuis l’éclatement du conflit afin que notre système de défense et sécurité puissent remplir fidèlement sa mission.

 

Si cette mesure (d’embargo) a été, un temps, compréhensible dans son principe, elle devient aujourd’hui dépassée à l’épreuve des faits. Un réarmement, ne serait-ce, que partiel et allégé de nos forces armées pourrait leur permettre d’effectuer la tache principale de cantonnement et de désarmement des milices et des bandes armées ; les forces armées centrafricaines (FACA) ayant l’avantage de mieux connaître les réalités du terrain- connaissant les coins et recoins du pays-, sans vouloir réduire l’action efficace et salutaire menée par les forces impartiales.

 

Les forces de police et de gendarmerie doivent rapidement monter en puissance afin d’assurer la sécurité des populations à l’intérieur des villes et villages.

 

Les forces internationales (les forces françaises de Sangaris et les forces africaines de la Misca) ne sauraient se substituer indéfiniment aux forces nationales dont elles ne devraient venir qu’en appui.

 

Le gouvernement de transition doit faire de la question de l’urgence humanitaire la seconde priorité nationale. Dans cette perspective, il doit créer les conditions optimales et convaincre les déplacés de regagner chez eux afin de réduire les risques encourus liés notamment à leur sécurité physique et aux épidémies et aggravés avec l’avènement de la saison des pluies.

 

Rétablir l’autorité républicaine sur l’ensemble du territoire national afin de permettre aux préfets et sous-préfets de rejoindre leurs postes nous paraît être la troisième priorité nationale.

 

Inciter les enseignants du primaire et du secondaire à rejoindre leurs lieux d’affectation respectifs en province afin d’éviter aux écoliers et élèves une année blanche participe également de ces actions prioritaires.

 

Rétablir et poursuivre l’amélioration du cadre macro économique du pays afin d’attirer les investisseurs et accroître l’assiette fiscalo-douanière de l’Etat deviennent un impératif catégorique. Condition sine qua non pour mériter la confiance des bailleurs de fonds et des partenaires au développement.

 

Compte tenu de l’état de nos finances publiques particulièrement exsangues- l’Etat centrafricain peine, aujourd’hui, à réunir sur fonds propres et sans l’aide financière extérieure l’équivalent de la masse salariale mensuelle soit la coquette somme de quatre milliards de francs CFA pour payer les salaires de la fonction publique et régler les dépenses de fonctionnement-, on pourrait, par exemple, songer à réduire la voilure en révisant drastiquement à la baisse le nombre des conseillers à la Présidence de la République qui font désormais office de gouvernement bis et à la Primature. Ceci, sans impact positif et portée réelle pour le pays en termes d’efficacité de l’action publique.

 

Sensibiliser les paysans et éleveurs à la reprise des activités agrestes et agro-pastorales pour lubrifier la machine économique et surtout alimenter nos marchés en produits alimentaires est de nature à contribuer à l’apaisement du tissu social.

 

Restaurer un minimum d’Etat de droit, par la remise en marche des Cours et tribunaux, contribue à regagner la confiance des partenaires. Réhabiliter les établissements pénitentiaires, maisons d’arrêt et de correction et lieux de privation de liberté et de détention du pays sont des mesures salutaires et de salubrité publique.

 

Mettre en place une commission pluraliste chargée d’organiser une conférence nationale de réconciliation sur le modèle sud-africain de la Commission vérité et réconciliation est l’une des priorités majeures de cette période de transition. A cet égard, on pourrait utilement bénéficier de l’expertise et de l’expérience sud-africaines en la matière.

 

Les Centrafricains doivent réapprendre à dialoguer, à se parler et à vivre ensemble au-delà de leur appartenance politique, ethnique et religieuse.

 

Un véritable travail d’éducation civique, grâce à la mobilisation tous azimuts des medias, doit être opéré en direction des populations afin de les sensibiliser à la promotion des valeurs de paix, d’unité, de civisme et de respect des droits humains et de la personne humaine. Il ne saurait être toléré, sous aucun prétexte, que des individus se livrent à des meurtres suivis de la commission même isolée d’actes d’anthropophagie et de cannibalisme. Ces pratiques et mœurs ne sauraient avoir cours et prospérer sur notre sol.

 

Concomitamment à ces actions à mettre en œuvre, qui relève de la compétence du pouvoir exécutif, nous pouvons le moment venu compter sur la perspicacité, la sagacité et la diligence des membres du Conseil national de transition (CNT), notre organe législatif transitoire, qui joue également le rôle d’organe constituant afin d’élaborer un projet de Constitution consensuel qui pourrait permettre d’éviter au pays de retomber dans les affres de la division et de la guerre civile.

 

Nous souhaitons que le gouvernement de Madame la Présidente de transition Catherine Samba Panza et de monsieur le Premier  ministre André Nzapayéké se saisisse, d’ores et déjà, de ces propositions qui relèvent du simple bon sens,- propositions, qui loin de constituer la solution d’exhaustivité à toute épreuve et ne prétendent nullement régler tous les problèmes de la RCA,- pour impulser une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale et ainsi permettre au pays d’aller de l’avant c’est-à-dire sortir de cette grave crise par le haut.

 

Le pays n’a plus de temps à perdre et l’on ne doit pas tout attendre de la communauté internationale qui a déjà dû, à son corps défendant, peser de tout son poids pour nous éviter un bain de sang et une hémorragie économique et sociale. Les contributions à l’effort de paix, à travers des débats constructifs, peuvent aussi émaner de citoyens de bonne volonté épris de liberté, de justice, d’amour et de développement du pays sans arrière-pensée ni calcul politique.

 

                                                                                        Fait à Paris le 26/04/2014

 

 

                                                                                      Wilfried Willy ROOSALEM

Peut-on raisonnablement admettre une issue honorable à la grave crise centrafricaine ? par Wilfried Willy ROOSALEM
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