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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:35

 

 

 

 

 

 

BAMBARI, 22 avril 2014 (AFP) - Les locaux de la radio Bê-Oko ("Un seul coeur", en sango) sont misérables mais sa mission est immense: à Bambari, la station intercommunautaire cherche à apaiser les tensions entre chrétiens et musulmans, qui ont embrasé la Centrafrique.

 

Le container hébergeant la structure est dévasté : murs déshabillés, troués d'un côté, néon diffusant une lumière trop crue, à la joie de dizaines d'insectes, deux grosses pierres pour caler un ventilateur. Un ordinateur, en panne, est recouvert d'un bout de tissu.

 

"Il n'y a plus rien ici", remarque Philémon Tchang Peuty Palou, l'un des cinq journalistes présents dès les débuts de Bê-Oko en 2004, juste après avoir lancé à l'antenne un magazine sur la protection des enfants produit en langue nationale sango par une ONG.

 

En décembre 2012, la Séléka, ex-rébellion venue du nord-est du pays, part conquérir Bangui, où elle se maintiendra au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014. Les villes que traversent ses hommes sont méthodiquement dévalisées.

 

La radio ne fait pas exception. "La Séléka a tout emporté", juge Philémon, 33 ans. Et d'énumérer les lecteurs CD, DVD, les ordinateurs et divers systèmes nécessaires au bon fonctionnement de la station, aujourd'hui disparus.

 

L'une de ses collègues, coupable d'avoir dénoncé les pillards à leur chef, est sévèrement battue. "Elle a été évacuée à Bangui, elle souffre à présent de troubles mentaux", relate-t-il.

 

Les voleurs se désintéressent toutefois de l'émetteur. Ce qui permet à Bê-Oko de sortir du silence en décembre dernier, grâce à l'aide d'ONG, alors qu'à Bambari le général Ali Darassa, respecté, a succédé à un responsable très craint, surnommé "Ben Laden", à la tête de la Séléka.

 

La situation est alors catastrophique à Bangui. Les anti-balaka, milices à majorité chrétienne, tuent, blessent, volent la population, surtout musulmane, disant venger les chrétiens des sévices que leur a infligés l'ex-rébellion pro-musulmane.

 

- Unique radio -

 

"Un seul coeur", qui est à l'origine une radio catholique, devient multiconfessionnelle. "L'évêque a demandé à chaque leader religieux de prendre le micro. Pour éviter que ce qui se passait à Bangui ne se déroule ici", raconte l'abbé Firmin, qui en a la charge.

 

Les trois communautés (catholiques, protestants et musulmans) achètent des bidons d'essence pour nourrir le groupe électrogène de Bê-Oko, dont le rôle est d'autant plus primordial qu'elle a le monopole des ondes dans la ville et ses environs.

 

La station publique Linga ("tam-tam") a aussi été pillée. Aujourd'hui, "les Séléka vivent dedans", confie un journaliste. Et l'émetteur d'une autre station, Ndélé-Luka ("l'oiseau de la bonne nouvelle") ne fonctionne plus.

 

De 17H30 à 19H30, seule période de diffusion, tout le monde, à 70 km à la ronde, écoute donc Bê-Oko.

 

"La radio est un facteur vraiment important (de pacification), estime le pasteur Ephrem, de l'Eglise évangélique locale. Ce qu'on a dit est rentré dans les crânes. Les musulmans en témoignent. Les jeunes chrétiens aussi."

 

Et d'ajouter : "des gens s'apprêtaient à se venger. Certains nous ont dit : +C'est grâce à vos conseils à la radio que je me suis retenu+."

 

Après deux mois de légère amélioration à Bambari, la situation se dégrade à nouveau. Anti-balaka et Séléka se combattent à Grimari, à 80 km de la ville, où vivent 45.000 habitants, en majorité chrétiens.

 

Les musulmans de la zone sont paniqués. Les rumeurs les plus folles se propagent. "Nous sommes privés de toute liberté. On ne se déplace plus, même au marché. C'est la panique à cause des anti-balaka", s'alarme l'imam de Bambari, Aboubacar Souleymane.

 

A ses côtés, le président du comité islamique de la ville, pourtant pacifiste, prévient que les siens "se défendront par tous les moyens". "Il y a des balaka (machettes) dans tous les magasins. On ira aussi en acheter", avertit-il.

 

Les discours pacificateurs vont reprendre de plus belle sur Bê-Oko. Pour éviter le bain de sang que tous redoutent.

A Bambari, la radio "un seul coeur" pour apaiser les tensions entre musulmans et chrétiens centrafricains

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:32

 

 

 

 

 

APA – Douala (Cameroun) 2014-04-22 09:25:02

 

La situation humanitaire est catastrophique en République centrafricaine selon le président de la Commission internationale d’enquête des droits de l’homme, le Camerounais Bernard Muna, ancien procureur général adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


De passage au Cameroun, cet avocat qui conduit la mission des nations unies depuis deux mois, estime que « tout est tombé en désuétude avec le coup d'Etat qui a renversé le président Bozizé en mars 2013 ».


« Vous vous imaginez bien que dans un pays où l'ordre public n'est pas respecté ; on tend vers l'anarchie. Surtout à l'intérieur du pays, c'est la loi du plus fort qui règne », a-t-il déploré.


Si la situation à Bangui, la capitale s'est relativement améliorée depuis le déploiement en décembre dernier des forces françaises SANGARIS et de la Mission de paix des pays de l'Afrique centrale sous l'égide de l'Union africaine (MISCA) a quelque peu ramené le calme, tel n'est pas le reste du pays où « des seigneurs de guerre » font la loi, « chacun est chef dans son espace ».


Selon lui, « les institutions qui incarnent un pays sont inexistantes. L'armée, la police, la gendarmerie, les cours et tribunaux, les prisons l'administration. Nous avons sillonné l'intérieur du pays, il n'y aucune trace de force de maintien de l'ordre », a indiqué l'ancien bâtonnier de l'ordre national des avocats du Cameroun.


La fonction publique qui accumule plus de six mois d'arriérés de salaires n'a que de non, car en plus que les agents de l'Etat n'ont pas d'argent pour se rendre au travail, ceux qui y vont nourrissent la suspicion entre eux.


Un Etat de non droit où des « gens sont tués de façon atroce », les auteurs de ces actes qui se recrutent dans tous les camps se croyant à l'abri de toute sanction.

Dans ces conditions, la décision du Conseil de sécurité de l'ONU de déployer 12 000 casques bleus en Centrafrique en septembre prochain est salutaire, a souligné Bernard Muna, un déploiement qui pourrait éviter la disparition de la Centrafrique de la carte de l'Afrique et entrevoir la reconstruction du pays et la restauration de l'autorité de l'Etat.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601848#sthash.KhWmEg4X.dpuf

« On tend vers l'anarchie en Centrafrique » selon la Commission internationale d'enquête des droits de l'Homme

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:27

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr/    LE MARDI 22 AVRIL 2014 À 07:45

 

Deux mille militaires français sont déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris lancée le 5 décembre dernier.  Des soldats qui sont de plus en plus nombreux à faire remonter des récits parfois sidérants sur leurs conditions de vie et l'état de leur matériel sur place. C'est sur Internet que ces militaires font entendre leur grogne. 

 

Ils ont un devoir de réserve. Les militaires se confient donc anonymement à des tiers : souvent leur femmes ou leurs mères. Qui rédigent et publient leurs récits. Sur des forums, des blogs, on lit des témoignages comme celui-ci "On circule dans des véhicules sans blindage dans des zones pourtant sensibles. Alors on fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles."

 

Caroline, 50 ans, alimente la principale page Facebook où sont collectés ces témoignages anonymes de soldats. Caroline a ses deux fils à Bangui. Ce qui la préoccupe sans doute le plus : les véhicules blindés très fatigués qui tombent très régulièrement en panne.

 

"Nos garçons racontent qu'ils doivent frapper très fort le démarreur  avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces VAB, (véhicules de l'avant blindé). Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu'à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés. On sait que les mécanos commandent souvent des pièces qui n'arrivent jamais.  Car ce sont des modèles de pièces épuisés ou parce que tout simplement, il n'y a pas l'argent. Mes fils me disent parfois qu'ils ont le sentiment qu'un jour on finira par leur demander d'aller au front avec un bâton", s'emporte la maman inquiète.

 

Quelque 56 cas de paludisme

 

Les pannes de véhicules blindés, quasi tous les reporters qui ont été embarqués - ne serait-ce qu'un jour ou deux - avec les militaires en Centrafrique en ont été témoins, que ce soit à Bangui ou dans la brousse.

 

Comme la majorité des soldats qui témoignent, les fils de Caroline parlent aussi des difficiles conditions de vie sur leur base : les douches insuffisantes, les problèmes d'évacuation d'eau, les nuits sous des tentes sans climatisation et sans moustiquaires. Ce sont 56 soldats français qui auraient attrapé le paludisme ces deux derniers mois en Centrafrique.

 

"Dès son arrivée, voyant qu'il devait dormir sous la tente sans climatisation, mon fils a fait comme quantité de soldats là-bas. Il est allé au marché de Bangui et il s'est acheté son propre ventilateur pour que ses nuits soient plus supportables. Il l'a payé avec son propre argent. C'est le cas d'ailleurs aussi pour beaucoup de ses affaires : son gilet à poches, ses chaussures, son sac à dos. Tous ces équipements-là, il les a achetés sur Internet ou dans des boutiques spécialisées en France. Car les équipements qui leur sont fournis par l'armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des 'premiers prix', les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n'est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l'étranger", confie Caroline. On se souvient aussi de la polémique sur les chaussures dont les semelles fondaient au contact du sol au nord Mali.

 

Des conditions qui minent le moral des troupes

 

La débrouillardise et l'improvisation des soldats seraient donc l'un des ingrédients indispensables depuis plusieurs années à la réussite des opérations  extérieures.

 

L'Adefdromil, l'une des rares associations de militaires créée en 2001 par des gradés en retraite estime qu'en Centrafrique, plus que jamais, l'armée française est une armée "bout de ficelle". Son président, le colonel Jacques Bessy, rappelle que déjà en 2005, des députés avaient rendu un rapport très documenté  qui était alarmant au sujet du maintien du matériel en condition opérationnelle. "Presque dix ans plus tard, il y a eu trois lois de programmation militaire mais aucun enseignement n'a été tiré de ce rapport. La situation s'est même encore dégradée", dénonce le colonel Jacques Bessy.

 

"Les fantassins ne réclament pas grand-chose finalement. Juste du matériel qui tient la route, des équipements – des radios par exemple – qui fonctionnent. C'est clair que la plus grosse inquiétude porte sur le matériel roulant. Les véhicules de l'avant blindé sont fatigués, en fin de vie. Souvent, quand les pièces s'usent. Il faut désosser deux véhicules pour en faire un seul. C'est ce qu'on appelle la cannibalisation du matériel. Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral. C'est grave car le moral, c'est capital dans une armée en opération. Sans le moral, il y a une baisse de vigilance, et c'est là qu'on augmente le risque de se laisser surprendre", conclut le président de l'Adefdromil.

 

Cette indigence du matériel qui pourrait nuire à la sécurité des hommes, qu'en dit l'état-major ? Pas grand-chose.

 

L'état-major botte en touche

 

Le sujet est très sensible depuis le drame d'Ouzbine : en 2008 en Afghanistan, dix soldats français ont été tués dans une embuscade des talibans. Le rapport de l'OTAN a pointé du doigt le manque de moyens de la section qui a été attaquée. Ils n'avaient qu'une radio et manquaient de munitions.

 

Le général Francisco Soriano commandant de l'opération Sangaris en Centrafrique a été interrogé sur le problème du matériel vétuste et des conditions de vie difficile pour les soldats. Il se veut rassurant : "Oui, les conditions de vie ont été rustiques  au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d'indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d'intervention", a-t-il répondu en visioconférence, il y a deux semaines, lors d'une conférence de presse de l'état-major.

 

Ce que ne peut pas dire ce général, c'est que depuis une vingtaine d'année, les armées françaises sont de plus en plus mobilisées, sur des opérations longues, intenses. Les budgets de maintenance, eux, sont rognés.

 

"Où passe l'argent de nos impôts ?"

 

"Il y a une réelle tendance dans l'armée française comme dans beaucoup d'armées à favoriser les grands programmes très performants très technologiques au détriment des petits équipements, au détriment du petit matériel pourtant indispensable à la vie du soldat au quotidien. L'exemple le plus parlant est celui du Rafale. Il est considéré sans doute comme le meilleur avions de combat du monde, mais il a pesé énormément depuis trente ans sur le budget de la défense", commente Bruno Tertrais de la fondation pour la recherche stratégique.

 

Les soldats qui s'indignent sur le terrain en Centrafrique, leurs épouses, leurs mères qui relaient cette grogne, ont-ils une chance d'être entendus au plus haut niveau ? Ça n'est pas évident.

 

Les soldats sont mal à l'aise, car ils aimeraient qu'on les entende, mais craignent en même temps de parler. Aucun de ceux qui ont été contactés n'a accepté une interview enregistrée pour France Info. "Trop peur d'être identifié", expliquent-ils souvent. Mais les familles sont parfois décidées à se battre pour eux.

 

"Nous, les familles, on en a assez d'être toujours dans une inquiétude qui n'est pas forcément justifiée. Oui c'est leur choix d'avoir embrassé cette carrière. Mais ils n'avaient pas signé pour de telles conditions d'intervention. Ce sont nos enfants, nos maris, nos frères, des hommes courageux. Ils sont dignes de disposer d'un meilleur matériel et de conditions décentes de vie sur le terrain. Moi comme beaucoup de Français, je paye des impôts et je me demande où passe l'argent alloué à la défense", interroge Caroline, la maman qui recueille avec bien d'autres sur Internet les témoignages des hommes sur place.

 

Le budget de la défense, ce sont 31 milliards d'euros par an. Le troisième poste de dépense de l'État, après l'éducation et le remboursement de la dette.

 

 

Des soldats français en Centrafrique dénoncent l'indigence de leur équipement

 

http://www.francetvinfo.fr/    ,

 

Selon France Info, les militaires de l'opération Sangaris se plaignent sur le web, parfois via des tiers, du mauvais état de leurs équipements, mais aussi de mauvaises conditions de vie et d'hygiène.

 

Des tentes sans moustiquaires, des véhicules qui ne démarrent pas ou qui ne sont pas blindés... Les 2 000 soldats français déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris souffrent de leurs conditions de vie et de l'état de leur matériel sur place, rapporte France Info, mardi 22 avril. 

 

Une armée "bout de ficelle", selon l'Association de défense des droits des militaires (Adefdromil). France Info précise que les militaires, tenus par le devoir de réserve, "se confient (...) anonymement à des tiers", souvent des mères ou des femmes. Selon la radio, des forums, des blogs et des pages Facebook hébergent des témoignages anonymes de soldats.

 

Des gilets pare-balles dépliés sur des véhicules sans blindage

 

"Nos garçons racontent qu'ils doivent frapper très fort le démarreur avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces vab [véhicules de l'avant blindé]. Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu'à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés", raconte Caroline, 50 ans, mère de deux soldats présents à Bangui. Elle alimente une page Facebook qui relaie des témoignages anonymes de militaires. "Mes fils me disent parfois qu'ils ont le sentiment qu'un jour, on finira par leur demander d'aller au front avec un bâton." Ces pannes de blindés confirmées par "quasi tous les reporters qui ont été embarqués", ajoute le site de la radio

 

Caroline raconte que les militaires doivent eux-mêmes s'acheter une partie de leur matériel : "Les équipements qui leur sont fournis par l'armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des 'premiers prix', les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n'est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l'étranger." D'autres témoignages font froid dans le dos : comme celui, anonyme, d'un soldat qui raconte que des véhicules sans blindage circulent dans les zones sensibles. "On fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles", rapporte un militaire.

 

Pas de moustiquaire : 56 cas de paludisme

 

Autres difficultés soulevées par les militaires français en Centrafrique : les conditions de vie et d'hygiène. Douches insuffisantes, problèmes d'évacuation d'eau ou encore des tentes sans moustiquaires ni ventilation efficace... Conséquence : 56 soldats auraient contracté le paludisme au cours des deux derniers mois, selon France Info. 

 

"Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral", explique le président de l'Adefdromil, le colonel Jacques Bessy. L'armée française reste peu bavarde à ce sujet et se veut rassurante. "Les conditions de vie ont été rustiques au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d'indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d'intervention", a indiqué il y a deux semaines le général Francisco Soriano, commandant de l'opération Sangaris en Centrafrique.

 

Armée "bouts de ficelle" : la colère des Français en Centrafrique

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:23

 

 

 

 

Centrafrique - 21 Avril AFP

 

À Grimari, bourgade du centre de la Centrafrique, la population accuse l'armée française d'avoir tué des civils, ce qu'elle nie, invoquant la légitime défense.

 

« On pensait que Sangaris était venue nous aider, mais ils assassinent nos enfants ». L'auteur des propos est une vieille femme en pleurs. Hystérique alors que cinq cadavres sont recouverts d'une couverture à quelques mètres d'elle, elle arrache son débardeur, lève les bras au ciel, torse nu, et se met à hurler.

 

Son désespoir est à la mesure de la colère des chrétiens de Grimari. Près de 5 000 d'entre eux se terrent depuis une semaine dans la paroisse de la ville, alors que l'ex-rébellion Séléka (pro-musulmans, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014) et les milices anti-balaka s'affrontent, avec Sangaris comme pacificateur. Mais ils sont désormais en rage contre l'armée française.

 

Un barrage sommaire, fait de quelques bouts de bois, est destiné à empêcher Sangaris de passer, là où quelques jours plus tôt, un blindé léger français assurait justement leur protection.

 

« Ils ont décapité nos frères ! »

 

« Ce matin, les Sangaris ont tué cinq civils, qui étaient partis chercher leurs affaires dans leurs maisons. Ils ont pris peur quand les Sangaris sont arrivés, mais ils les ont quand même tués. Sangaris Séléka ! », vitupère Fabrice Kossingou, un instituteur.

 

Derrière lui, une vingtaine d'hommes se montrent très remontés. L'un d'eux hurle : « Ils ont décapité nos frères ! »Quelques centaines de mètres plus loin, une vingtaine d'habitants entourent cinq corps ensanglantés. Trois des cadavres, dont l'un aux yeux entrouverts, portent les gris-gris typiques des anti-balaka, censés les rendre invulnérables aux balles et aux armes blanches.

 

Ces milices composées majoritairement de chrétiens mènent depuis plusieurs mois une lutte sans merci contre l'ex-rébellion Séléka, mais aussi contre les civils musulmans.

 

Les deux autres dépouilles ne portent aucun signe du genre. « Le premier est mon fils, l'autre son ami. Ils dormaient à la paroisse », dit Jean-Pierre Bongo, vieil homme aux bras ballants et à l'ouïe faible.

 

Pour les habitants du quartier, ces deux derniers, qui étaient « cachés sous un matelas », n'avaient rien à voir avec les anti-balaka

 

« Tirs de riposte »

 

Un typhon semble avoir ravagé la petite case de terre. Des douilles jonchent le sol. Un sommier est retourné, sous lequel « il y a encore le sang, regardez ! », pointe-t-il.

 

« Tout ça, ce sont des impacts de balle », affirme un voisin en montrant des trous dans une plaque de tôle et dans la façade, près de la porte d'entrée. « On n'a pas besoin de ça ici », peste un autre habitant du quartier.

 

Interrogée, l'armée française, stationnée à quelques centaines de mètres de là, présente une version complètement différente des faits.

 

« La force a fait une riposte à des tirs effectués par des anti-balaka », affirme le capitaine Daniel, aux commandes de la force dans la petite ville. « Si une personne a une arme et qu'elle nous tire dessus, la riposte est immédiate. C'est de la légitime défense. »

 

Et de réfuter toute idée d'accident concernant les deux civils présumés. « Ce n'est aucunement une bavure. Les armes (des anti-balaka) sont là. Il y en a pléthore », remarque-t-il.

 

Deux autres anti-balaka, reconnaissables à leurs gris-gris, ont été blessés. L'un, allongé sur un brancard, l'épaule gauche bandée, du carton en guise d'oreiller, respire dans une sorte de clapotis rauque. « Il a vomi du sang. On ne sait pas s'il va y rester », constate Pascal Bouclou, secouriste de la Croix-Rouge locale.

 

Le second, qui présente une blessure profonde au mollet gauche, fait semblant de dormir, mais ses yeux s'ouvrent parfois.

 

« Les Sangaris ont tué deux innocents », déplore Maxime Gbolo-Kouzou, le chef du quartier. Interrogé sur ce qu'il pense des anti-balaka, sa réponse fuse: « ils ne font rien à la population. Ils cherchent les Séléka pour en découdre avec eux. Or les Séléka font peur à la population depuis décembre 2012 ».

 

À la sortie de la ville, une soixantaine d'anti-balaka, portant tous de vieilles armes, certains coiffés d'un chapeau de feuilles, avancent à la queue leu leu, le visage fermé. Dix minutes plus tard, une demi-douzaine de véhicules de la force Sangaris rentrent à Grimari, où la nuit promet d'être longue.

Centrafrique : La population accuse la force Sangaris de meurtre

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:19

 

 

 

 

 

 

(BBC Afrique) 22/04/14

 

Les corps de quatre civils ont été ramassés par les volontaires de la Croix-Rouge locale suite aux affrontements qui ont eu lieu dans la journée de samedi.

 

Selon plusieurs témoins, les combats entre les ex-rebelles de la coalition Seleka et les milices anti-balakas ont eu lieu à quatre kilomètres de la ville.

 

Il pourrait y avoir des morts supplémentaires car les volontaires de la Croix-Rouge n’ont pu se rendre dans les périphéries de la ville où les combats se sont déroulés de même que plusieurs blessés demeurés en brousse n’ont pas pu se faire soigner.

 

Les échanges de tirs ont encore repris ce dimanche jusqu’en début d’après-midi, le nouveau bilan suite à cette reprise n’était pas encore disponible.

 

Pris de panique, de nombreux habitants ont déserté la ville.

 

Environ 2000 d’entre eux ont trouvé refuge au sein de la mission catholique tandis que d’autres ont fui dans les champs où ils sont exposés à tous les risques en cette période de saison pluvieuse.

 

combats entre Selekas et anti-balakas

 

Depuis le début de la semaine, des combats opposent les ex-rebelles de la Seleka aux anti-balakas.

 

Les Seleka ont le contrôle de la ville depuis un an déjà tandis que les anti-balakas veulent les en déloger, et ce, malgré la présence des soldats de la force africaine déployée dans la ville.

 

Les combats de ce week-end font suite à ceux du début de la semaine opposant les mêmes belligérants et qui ont fait une quinzaine de tués.

 

Ces incidents meurtriers qui se sont déjà déroulés ces deux dernières semaines dans plusieurs localités du pays démontrent une fois de plus la difficulté des forces internationales à pacifier ce pays plongé dans la violence depuis plus d’un an.

 

Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander le réarmement des Forces Armées Centrafricaines alors que le pays subit un embargo en matière d’armes imposé par les nations Unies.

 

Demande réitérée par l’Archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalainga dans son message à l’occasion de la fête de Pâques.

 

« Il convient le plus rapidement de refonder les forces de défense et de sécurité de notre pays, les rééquiper et leur faire jouer tout leur rôle » a-t-il dit.

 

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/04/140420_car_dekoa...

RCA: 4 tués à Dékoa

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:02

 

 

 

  2014-04-21 16:51:32  xinhua

 

Djibouti va envoyer prochainement 140 gendarmes au Centrafrique, a annoncé dimanche le chef de la diplomatie djiboutienne, Mahmoud Ali Youssouf, à l'issue de son entretien avec le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'Union Africaine, Smaïl Chergui en visite à Djibouti.

 

"Les gendarmes djiboutiens qui seront prochainement déployés en Centrafrique seront au nombre de 140, ils seront affectés à des missions de formation et d'encadrement de la police et de la gendarmerie de Centrafrique", a-t-il indiqué.

 

Selon lui, cette initiative démontre le respect des engagements pris par le gouvernement de Djibouti dans la création des conditions nécessaires au règlement des crises africaines par les africains eux-mêmes.

 

Le ministre djiboutien des Affaires étrangères a également rappelé que son pays allait bientôt procéder au déploiement d'un second bataillon en Somalie, dans le cadre de la Mission de l'Union Africaine en Somalie (AMISOM).

 

"Ce nouveau bataillon contribuera à consolider les victoires acquises contre les Shebabs et appuiera leur éviction de régions de la Somalie encore sous leur contrôle", a dit-t-il.

 

 

 

 

Djibouti va envoyer 140 gendarmes au Centrafrique

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:18

 

 

 

 


Bangui AFP / 21 avril 2014 20h38 - Plus de 90 musulmans ont été évacués par l'ONU de Bangui à Bambari, une ville du centre à majorité chrétienne, pour échapper aux violences et exactions dans la capitale centrafricaine, ont déclaré lundi des responsables.

Les 93 déplacés, pris en charge par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), ont entamé les 300 km séparant les deux villes dimanche et sont arrivés lundi à Bambari, a indiqué le préfet de Bambari El Hadj Abacar ben Ousmane.

 

Dimanche soir, l'AFP a croisé leurs deux camions encadrés par une grosse demi-douzaine de véhicules de la force française Sangaris à proximité de Grimari, une ville sous tension à 80 kilomètres de Bambari. Ils étaient accompagnés par deux voitures du HCR et de l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations.


C'est une mesure visant à sauver leur vie, prise en dernier recours, après avoir longtemps réfléchi sur leur cas, a déclaré à l'AFP Tammi Sharpe, adjointe au responsable du HCR en Centrafrique.


Ces déplacés, qui vivaient au PK 12, un quartier anciennement mixte du nord de la ville, où les exactions ont été particulièrement fortes, étaient constamment attaqués et vivaient dans des conditions très tendues, a-t-elle observé.


A Bambari, 45.000 habitants, musulmans et chrétiens vivent en harmonie, a déclaré le préfet. Nous ne voyons aucun inconvénient à en accueillir d'autres. Nous ne faisons pas de différence, a-t-il poursuivi.


La Centrafrique a connu plus d'une année de conflit interne, marqué par des violences intercommunautaires.


Les anti-balaka, milices à majorité chrétienne s'en prennent particulièrement aux populations musulmanes, disant venger les chrétiens des sévices que leur a infligés l'ex-rébellion Séléka à majorité musulmane quand elle était au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.


Le convoi a ainsi été la cible de jets de pierres à Sibut, à moins de 200 km de Bangui, une ville tenue par la force africaine Misca mais où les anti-balaka sont très présents, a indiqué à l'AFP un membre de la Misca. 


D'autres musulmans issus de la même communauté que les 93 déplacés restent encore à Bangui. Leur relocalisation se fera au cas par cas, selon la volonté de ces personnes et celle des autorités centrafricaines, a observé Tammi Sharpe.

L'Etat n'est pas capable d'assurer la sécurité de ses pauvres citoyens à cause des organisations qui ont maltraité le pays (...) Les étrangers doivent intervenir pour assurer la sécurité de ses fils et de ses filles. C'est vraiment déplorable, a regretté le préfet ben Ousmane.


Les déplacements de population sont massifs en Centrafrique. Des milliers de musulmans ont fui pour les régions dites islamisées du nord-est du pays, où ils vivent généralement chez des parents.


Des dizaines de milliers d'autres ont gagné les pays frontaliers, Tchad et Cameroun notamment.


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=470114 

Plus de 90 musulmans de Bangui évacués dans le centre de la Centrafrique

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:07

 

 

 

 

 

APA-Pretoria (Afrique du Sud) 2014-04-21 15:50:08 - L’archevêque anglican retraité Desmond Tutu, a tiré le signal d'alarme sur ​​la détérioration de la situation en République centrafricaine, affirmant que le pays en crise pourrait être confronté à un génocide.

 

Dans un communiqué publié dimanche par sa fondation Desmond & Leah Tutu Legacy Foundation, l'archevêque a déclaré: « le pays est au bord du génocide, certains diront qu'il a déjà commencé ».


Treize mois de violence ont créé l'anarchie et la situation pourrait se détériorer, a estimé Desmond Tutu, appelant la communauté internationale à intervenir efficacement.

Il a affirmé que le nettoyage ethnique causé par la haine rendait la situation plus dangereuse pour tous les Centrafricains qui, à son avis, détiennent la clé d'une paix durable dans ce pays.


C'est le peuple qui doit réapprendre à vivre ensemble, poursuit Tutu dans le communiqué.

Depuis l'année dernière, la Centrafrique est en proie à un conflit mettant en scène les anti-Balaka et les Séléka, dans des attaques et ripostes.


Des milliers de personnes sont mortes et plus d'un million ont été déplacées depuis le début du conflit.


L'ONU a décidé d'envoyer une force de maintien de la paix pour aider l'Union africaine et les troupes françaises à faire face aux défis de sécurité dans ce pays.

Desmond Tutu met en garde contre un génocide en Centrafrique

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 23:51

 

 

 

 

 

Par Rédaction The Associated Press

 

BANGUI, République centrafricaine - 21 avril 2014 | 13:59 – Des affrontements entre une milice chrétienne et des soldats français ont fait plusieurs morts en République centrafricaine, selon un témoin.

 

Une milice chrétienne et d’anciens membres d’un groupe de rebelles musulmans se livraient bataille à Grimari, dans le centre du pays, dimanche, lorsque les forces françaises sont arrivées, a relaté Dimanche Ngodi, un responsable de la ville.

 

Les soldats français ont tenté d’intervenir, mais on leur a tiré dessus. Ils ont alors pris les militants chrétiens en chasse et tué plusieurs d’entre eux. Selon Dimanche Ngodi, la plupart des victimes étaient armées, sauf trois.

 

Le capitaine Sébastien Isern, un porte-parole de l’armée française, a signalé que des patrouilles avaient lieu fréquemment dans la ville de Grimari.

 

Il n’a pu fournir un bilan des victimes, se contentant de mentionner que les belligérants avaient été «neutralisés».

 

Les violences interconfessionnelles durent depuis mars dernier en République centrafricaine, à la suite du coup d’État qui a porté la coalition Séléka — à majorité musulmane — au pouvoir.

 

Les membres de la coalition ont été accusés d’avoir violé, torturé et tué des civils, en particulier les chrétiens. Des milices chrétiennes ont alors fait leur apparition pour riposter aux attaques.

 

La ville de Grimari a récemment été le théâtre de plusieurs heurts entre les deux camps, ce qui a provoqué la fuite de plusieurs habitants.

 

Des troupes françaises ont été déployées dans la région pour tenter de ramener le calme.

 

 

Centrafrique: opération de relocalisation des musulmans du PK12

 

par RFI  21-04-2014 à 20:47

 

 

Cette opération est la première en République centrafricaine (RCA) depuis que les anti-balaka ont déclaré la guerre aux musulmans. Une équipe du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ainsi que plusieurs acteurs humanitaires ont commencé, ce lundi 21 avril, à regrouper des déplacés sur un site à Bambari, à environ 400 kilomètres au nord-est de Bangui, la capitale.

 

C'est une opération qui ne concerne, pour l'instant, que quelque 93 personnes déplacées. Dans le passé, les musulmans qui tentaient d'échapper aux violences se réfugiaient dans les pays voisins, notamment au Tchad et au Cameroun.

 

Il s’agit d’une opération pilote, appelée à se généraliser en territoire centrafricain. C'est le souhait des organisateurs de ce regroupement à Bambari. Mais pour Josep Zapater, coordinateur au HCR, il n'est pas question de fixer définitivement à Bambari ces populations :

 

« Il y a des mesures d’assistance, d’hébergement et des protections pour ces populations que nous prenons en charge car, comme vous le savez, les autorités et l’Etat se trouvent en situation de faiblesse et en manque de ressources. Nous allons donc soutenir tous ces efforts pour que la population ne soit pas une charge, ni pour la population locale ni pour les autorités locales, ce qui ne veut pas dire qu'on cherche à fixer la population dans le long terme», explique Josep Zapater.

 

Une opération de regroupement dénoncée par Antoinette Montaigne, ministre en charge de la Réconciliation. Elle aurait préféré être associée à la décision. « J'ai beau être membre du gouvernement, personne ne m'a contactée en tant que ministre de la Réconciliation pour voir ce que je peux faire. Nous, nous constatons simplement que la communauté internationale déplace les populations musulmanes tantôt à l’extérieur du pays, tantôt à l’intérieur du pays, constituant de facto les prémices de la division alléguées de notre pays », a déclaré la ministre.

 

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le pays compte quelque 650 000 déplacés depuis le début de la crise.

Centrafrique : heurts entre soldats et chrétiens
Centrafrique : heurts entre soldats et chrétiens

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 23:51

 

 

 

 

 

Par Rédaction The Associated Press

 

BANGUI, République centrafricaine - 21 avril 2014 | 13:59 – Des affrontements entre une milice chrétienne et des soldats français ont fait plusieurs morts en République centrafricaine, selon un témoin.

 

Une milice chrétienne et d’anciens membres d’un groupe de rebelles musulmans se livraient bataille à Grimari, dans le centre du pays, dimanche, lorsque les forces françaises sont arrivées, a relaté Dimanche Ngodi, un responsable de la ville.

 

Les soldats français ont tenté d’intervenir, mais on leur a tiré dessus. Ils ont alors pris les militants chrétiens en chasse et tué plusieurs d’entre eux. Selon Dimanche Ngodi, la plupart des victimes étaient armées, sauf trois.

 

Le capitaine Sébastien Isern, un porte-parole de l’armée française, a signalé que des patrouilles avaient lieu fréquemment dans la ville de Grimari.

 

Il n’a pu fournir un bilan des victimes, se contentant de mentionner que les belligérants avaient été «neutralisés».

 

Les violences interconfessionnelles durent depuis mars dernier en République centrafricaine, à la suite du coup d’État qui a porté la coalition Séléka — à majorité musulmane — au pouvoir.

 

Les membres de la coalition ont été accusés d’avoir violé, torturé et tué des civils, en particulier les chrétiens. Des milices chrétiennes ont alors fait leur apparition pour riposter aux attaques.

 

La ville de Grimari a récemment été le théâtre de plusieurs heurts entre les deux camps, ce qui a provoqué la fuite de plusieurs habitants.

 

Des troupes françaises ont été déployées dans la région pour tenter de ramener le calme.

 

 

Centrafrique: opération de relocalisation des musulmans du PK12

 

par RFI  21-04-2014 à 20:47

 

 

Cette opération est la première en République centrafricaine (RCA) depuis que les anti-balaka ont déclaré la guerre aux musulmans. Une équipe du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ainsi que plusieurs acteurs humanitaires ont commencé, ce lundi 21 avril, à regrouper des déplacés sur un site à Bambari, à environ 400 kilomètres au nord-est de Bangui, la capitale.

 

C'est une opération qui ne concerne, pour l'instant, que quelque 93 personnes déplacées. Dans le passé, les musulmans qui tentaient d'échapper aux violences se réfugiaient dans les pays voisins, notamment au Tchad et au Cameroun.

 

Il s’agit d’une opération pilote, appelée à se généraliser en territoire centrafricain. C'est le souhait des organisateurs de ce regroupement à Bambari. Mais pour Josep Zapater, coordinateur au HCR, il n'est pas question de fixer définitivement à Bambari ces populations :

 

« Il y a des mesures d’assistance, d’hébergement et des protections pour ces populations que nous prenons en charge car, comme vous le savez, les autorités et l’Etat se trouvent en situation de faiblesse et en manque de ressources. Nous allons donc soutenir tous ces efforts pour que la population ne soit pas une charge, ni pour la population locale ni pour les autorités locales, ce qui ne veut pas dire qu'on cherche à fixer la population dans le long terme», explique Josep Zapater.

 

Une opération de regroupement dénoncée par Antoinette Montaigne, ministre en charge de la Réconciliation. Elle aurait préféré être associée à la décision. « J'ai beau être membre du gouvernement, personne ne m'a contactée en tant que ministre de la Réconciliation pour voir ce que je peux faire. Nous, nous constatons simplement que la communauté internationale déplace les populations musulmanes tantôt à l’extérieur du pays, tantôt à l’intérieur du pays, constituant de facto les prémices de la division alléguées de notre pays », a déclaré la ministre.

 

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le pays compte quelque 650 000 déplacés depuis le début de la crise.

Centrafrique : heurts entre soldats et chrétiens
Centrafrique : heurts entre soldats et chrétiens

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