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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 01:12
République centrafricaine: la Russie est là pour rester

 

Lu pour vous

© AFP 2020 FLORENT VERGNES

https://fr.sputniknews.com/ 10:00 18.09.2020

 

Après plusieurs mois de pourparlers entre la Fédération de Russie et les autorités centrafricaines, le ministère russe de la Défense va ouvrir une représentation à Bangui, la capitale centrafricaine, preuve que Moscou est dans le pays pour rester. Analyse pour Sputnik du chercheur et journaliste Patrick Mbeko.

L’ouverture d’une antenne du ministère russe de la Défense à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), a été au centre des discussions entre les autorités russes et leurs homologues centrafricaines ces derniers mois. Selon le nouveau représentant du ministère de la Défense russe, le général Oleg Polguev, en mission en Centrafrique, l’ouverture de ce bureau sera bientôt effective.
Accompagné d’une délégation d’experts militaires russes, il en a fait l’annonce au sortir d’une audience avec le Président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le 31 août dernier.

«Nous avons discuté du calendrier d’ouverture et des perspectives de fonctionnement de cette représentation. La date d’ouverture dépend du succès de la mission de reconnaissance qui est déjà prometteuse», a déclaré le général Polguev.

Et de souligner que « l’ouverture de cette représentation impulsera un nouvel élan dans les rapports entre nos deux pays». Preuve que les relations bilatérales entre Moscou et Bangui, notamment dans le domaine de la défense, sont là pour durer.

Savoir profiter des occasions

Lorsque, en septembre 2017, la RCA, minée par des conflits intercommunautaires sanglants et confrontée à une situation de «ni paix-ni guerre», a demandé de l’aide à la France pour faire face à l’instabilité qui régnait dans le pays, Paris a offert quelque 1.400 kalachnikovs piochées dans le stock d’armes confisqué au large de la Somalie par la marine française. À l’époque, la Russie s’y était opposée en mettant son veto au Conseil de sécurité au motif que les armes saisies pour avoir violé l’embargo des Nations unies sur les armes en Somalie ne pouvaient être recyclées pour être utilisées dans un autre pays sous embargo –le cas de la RCA visée par un embargo sur les armes depuis 2013.

Empêtré dans le Sahel, l’Hexagone n’avait plus donné suite à la demande centrafricaine, laissant le champ libre à la Russie qui, sollicitée par le Président Touadéra, avait réclamé au Conseil de sécurité une exemption à l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique afin d’équiper des unités de l’armée de ce pays dépourvue de formation et d’équipements. Avec le feu vert de l’ONU, Moscou profitait de l’opportunité qui s’offrait à lui pour proposer un «package deal» plus important aux autorités centrafricaines.

En effet, les Russes ne se sont pas seulement contentés de livrer des tonnes de Kalachnikovs, de lance-roquettes RPG 7 et de canons antiaériens aux FACA (Forces armées centrafricaines), ils ont aussi et surtout offert leurs services dans le domaine de la défense aux autorités de Bangui. Cela a sonné le début d’une coopération bilatérale russo-centrafricaine importante qui a fait des mécontents ailleurs, notamment en Occident...

Une présence russe qui dérange

En fait, l’arrivée de la Russie sur la scène centrafricaine n’est pas vue d’un bon œil par certaines puissances occidentales, qui craignent que Moscou ne renforce davantage son influence dans le pays via la coopération militaire avec celui-ci. Si la France, ex-puissance coloniale, redoute d’être surpassée dans son ancien pré carré, les États-Unis, que rien de ce que fait la Russie ne laisse indifférents, n’entendent pas permettre à cette rivale de s’implanter durablement au cœur de l’Afrique.

S’exprimant devant la Commission sénatoriale des armés l’année dernière, l’ancien patron de l’Africom (le commandement militaire américain pour l’Afrique), le général Thomas Waldhauser, avait fait part, avec inquiétude, des avancées croissantes de la Russie en République centrafricaine et, dans une moindre mesure, en Algérie, en Libye et au Soudan...

Jouer de la rivalité des grandes puissances…

Pour contrer cette «percée» russe, chacun, tant à Washington qu’à Paris, y va de sa stratégie de séduction pour charmer Bangui après l’avoir snobé pendant un moment. En effet, l’Hexagone, qui avait prématurément retiré la force Sangaris (l’opération française déployée en RCA entre décembre 2013 et octobre 2016) au grand dam des autorités de Bangui, a rétabli un certain nombre de programmes tant dans le domaine militaire que dans le renforcement et la modernisation de l’administration centrafricaine. Les États-Unis ont, pour leur part, fait un don de 12,7 millions à la RCA dans le cadre d’un programme de formation des FACA. La Chine n’a pas été en reste non plus. Début 2018, Pékin a fait un don de plusieurs millions de dollars en termes de projets à la RCA et a annulé sa dette de 30 millions de dollars (environ 17 milliards de francs CFA).

Si l’implication de la Chine, qui se limite au volet économique, peut se comprendre au regard des relations commerciales qu’elle a entretenues dans un passé assez récent avec Bangui, s’agissant des États-Unis et surtout de la France, on peut parler d’un revirement majeur consécutif à la présence de la Russie en Centrafrique. Comme susmentionné, l’Hexagone avait retiré la force Sangaris du pays alors que les groupes armés faisaient régner la loi du chaos. Les autorités centrafricaines avaient très mal vécu ce repli, comme devait l’admettre le Président Faustin-Archange Touadéra: «Il faut reconnaître que nous avions souhaité que la force Sangaris poursuive sa mission et avons regretté son retrait», avait-il alors déclaré.

La présence de la Russie en Centrafrique semble donc avoir poussé certains États occidentaux, à commencer par la France qui avait abandonné le pays à son triste sort, à reconsidérer leur position. Comme l’a fait observer à Jeune Afrique un haut fonctionnaire onusien à propos de la présence des puissances étrangères en RCA:

«La Centrafrique est un échiquier géopolitique où chacun avance ses pions. Quand l’un bouge, les autres regardent et agissent en conséquence.»

Pour le Président Touadéra, ce regain d’intérêt soudain pour la Centrafrique est l’occasion de mieux positionner le pays sur l’échiquier international. Tout le monde s’implique désormais du mieux qu’il peut en RCA: aussi bien la Russie que la France, l’Union européenne, les États-Unis et la Chine. Mais cela suffira-t-il à atténuer l’influence grandissante de l’ours russe dans le pays? Pas sûr.

… tout en accordant une place de choix à la Russie

En effet, même si le Président Faustin-Archange Touadéra semble exploiter la rivalité entre les grandes puissances pour mieux positionner son pays, il n’en reste pas moins qu’il accorde à la Russie une place de choix dans ce qu’il convient d’appeler «le grand jeu centrafricain».

Certes, la France reste présente militairement sur le territoire avec une cinquantaine de formateurs et des drones tactiques, mais cela ne semble pas bousculer sérieusement le «nouvel ordre» qui vient de se mettre en place. La ministre française des Armées Françoise Parly a beau souligner que l’Hexagone débourse 130 millions d’euros pour la Centrafrique –soit l’équivalent d’un tiers du budget centrafricain–, rien n’y fait. Les Américains ont beau affirmer et réaffirmer l’engagement continu des États-Unis en faveur de la paix en RCA, et même si l’Union européenne aide l’État centrafricain à boucler ses fins de mois, rien n’y fait toujours. La Russie est partout en Centrafrique, y compris dans l’entourage immédiat du Président Touadéra. Une unité spéciale de l’armée russe assure en effet la sécurité de ce dernier. Moscou est sans conteste devenu incontournable dans le paysage local. Sa présence se manifeste aussi avec des firmes de sécurité privée comme Wagner, ou des entreprises spécialisées dans le domaine extractif.

Ce «succès africain» est principalement attribuable à la constance de l’engagement russe dans ses rapports avec ses partenaires et/ou alliés et son approche diplomatique en Afrique, qui prend en considération certaines sensibilités, y compris dans le règlement des conflits où Moscou cherche davantage à ménager les différentes susceptibilités que d’imposer les desiderata d’un camp au détriment d’un autre.

À cet égard, il convient de souligner que la Russie a été la cheville ouvrière de l’accord de paix intervenu entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, négocié à Khartoum et signé à Bangui le 6 février 2019.

«C’est bien que la Russie fasse ce que la France ne fait plus», déclarait le principal chef rebelle centrafricain Noureddine Adam quelques semaines avant la signature dudit accord...

Un autre facteur semble expliquer le succès de la Russie en Afrique: contrairement aux États-Unis, à la France et à l’Union européenne, Moscou n’affiche pas la démocratie sur le continent noir comme un objectif prioritaire et, par-dessus tout, il n’a pas la réputation de lâcher ses alliés en difficulté en cours de chemin. À cet égard, il faut dire que même si un grand nombre de chefs d’État africains se sont gardés de se prononcer ouvertement sur le conflit en Syrie, la plupart d’entre eux ont vu comment la Russie a défendu le pays face à la coalition arabo-occidentale conduite par Washington.

Tout ceci semble donner à Moscou un avantage certain sur ses adversaires en Afrique, et ce en dépit du fait qu’il reste loin derrière la France et l’Union européenne en matière d’aides et d’investissements sur le continent en général et en Centrafrique en particulier.

Pour la plupart des dirigeants au sud du Sahara, l’approche russe est d’autant plus préférable que certains d’entre eux tiennent à leur pouvoir comme à la prunelle de leurs yeux. Ils savent qu’ils peuvent dormir sur leurs lauriers sans crainte d’être importunés par une Russie qui se garde généralement de s’immiscer dans les affaires internes des autres États. Une approche qui n’est pas sans déplaire, non plus, et paradoxalement, à des populations africaines de plus en plus hostiles à toute forme d’ingérence, quand bien même elle s’exercerait contre un pouvoir impopulaire. En cause: le sentiment que ces pressions poursuivraient, parfois, d’autres objectifs que la simple affirmation des principes au nom desquels elles se déploient.

Si par le passé, de nombreux pays africains ont pu compter sur l’Union soviétique pour se libérer de la tutelle des anciens colonisateurs européens, aujourd’hui, beaucoup s’appuient sur la Russie pour assurer leur sécurité et se soustraire aux pressions occidentales sur certaines questions. En effet, c’est grâce à Moscou, et dans une moindre mesure à la Chine, que le Burundi a pu résister aux pressions de l’Union européenne et des États-Unis depuis 2015. Chez le voisin congolais, le soutien de Moscou et de Pékin a permis à Joseph Kabila de tenir bon contre les pressions occidentales alors qu’il était en fin de mandat. Quant à la Centrafrique, elle peut toujours compter sur la voix de la Russie qui est devenue son meilleur avocat au Conseil de sécurité.

En autorisant l’ouverture d’un bureau du ministère russe de la Défense sur son territoire, Bangui fait comprendre au monde entier que Moscou est là pour rester, et rien n’indique, du moins pour le moment, que l’issue des élections à venir pourrait changer cette donne...

 

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Centrafrique-Presse.com
19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 15:12
Centrafrique: l’Assemblée nationale siège à nouveau sur le code électoral

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 18 septembre 2020 17:01

 

Les députés centrafricains sont convoqués en session extraordinaire à partir de ce vendredi 18 septembre 2020. Durant 6 jours, ils examineront et modifieront certains articles du code électoral. Ils le font à la demande du gouvernement qui a accepté une nouvelle proposition de l’Autorité nationale des élections (ANE) concernant le délai du recensement des électeurs et de la convocation du corps électoral. Les travaux ont été ouverts en présence du premier ministre Firmin NGREBADA.

Cette session extraordinaire des députés s’ouvre à quelques jours de la rentrée parlementaire ordinaire prévue le 1er octobre 2020. L’enjeu est de taille, car l’opposition démocratique est vent debout contre la tenue des élections présidentielle et législatives le 27 décembre 2020.

Durant cette session, les élus de la Nation, dont la plupart se trouvent encore dans leurs circonscriptions électorales, vont se prononcer à nouveau sur le code électoral, déjà adopté par le parlement et promulgué par le Chef de l’Etat le 20 août 2019. En effet, ils auront à examiner et modifier 13 articles de cette loi électorale, conformément à la demande du gouvernement, favorable à un recadrage technique du calendrier électoral proposé par l’ANE.

« Nous sommes sans ignorer qu’un processus électoral se déroule dans le respect scrupuleux des dispositions du code électoral. Nous savons tous que les opérations d’inscription sur la liste électorale demeurent inachevées dans trois préfectures pour des raisons de sécurité mais également à l’étranger. Nous sommes à la veille des élections présidentielle et législatives capitales. L’avenir politique de notre pays se joue aujourd’hui et maintenant », a déclaré El Hadj Moussa Laurent Gon Baba, Président de l’Assemblée nationale à l’ouverture des travaux.

Les échanges entre députés s’annoncent déjà houleux, car l’opposition démocratique réunie au sein de la plateforme COD-2020 est contre la tenue de ces élections le 27 décembre 2020. Pour l’opposition, tout est mis en œuvre pour que ces échéances soient mal organisées, donc truquées. Cependant dans le réaménagement technique du calendrier du recensement électoral et de la convocation du corps électoral proposé au gouvernement par l’ANE, tout serait prêt techniquement au 08 octobre 2020 et le jour du vote reste inchangé.

Même si une partie de la classe politique et de la société reste sceptiques en ce qui concerne l’effectivité de ces élections dans le délai constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale a rappelé aux élus de la Nation, la portée de leur décision.

« Nous avons l’obligation, en tant que représentant du peuple, d’apporter notre contribution pleine et entière dans la recherche de solutions fiables et surtout acceptables pour l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Les pistes de solutions nous sont proposées dans ce projet de loi. Il s’agit pour nous, députés de la Nation, d’examiner et d’adopter en notre âme et conscience les amendements contenus dans 13 articles qui non seulement, opéreraient sur une base légale, un réajustement du chronogramme initial, mais imposeraient aussi et surtout, le respect des délais constitutionnels. Nous devons produire un travail exemplaire dans l’intérêt du peuple que nous représentons » a martelé M. Gon Baba.  

Selon le chronogramme électoral initial, les opérations de recensement des électeurs, de découpage électoral et la mise à disposition des listes électorales devront se faire avant le 27 septembre 2020, date à laquelle le Chef de l’Etat doit convoquer le corps électoral. Face à l’impossibilité de tenir ce calendrier, l’ANE après une série de rencontres avec la Cour constitutionnelle, le cadre de concertation et le gouvernement, a sollicité un report technique du chronogramme pour lui permettre jusqu’au 08 octobre de tout boucler.

Convaincu par les démonstrations de l’ANE, le gouvernement après un conseil des ministres extraordinaire sur la question, renvoie la loi électorale à l’Assemblée nationale en vue de la modification de certains articles pour permettre à l’ANE de mettre à exécution son chronogramme revu.

Comme à l’accoutumée, des soupçons de corruption de certains députés par le gouvernement entachent les travaux qui se déroulent au sein du parlement centrafricain.

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 15:07
RCA: deux ans après sa délocalisation, le siège de la CEMAC revient à Bangui

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 18 septembre 2020 17:19

 

Délocalisé à Malabo en Guinée-équatoriale depuis 2018, le siège de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale fait son retour à Bangui. Ceci, dans un contexte de récession liée à la pandémie de Covid-19. Face à cette situation, l'institution table sur les échanges de la sous-région avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la relance de l’économie dans l’espace CEMAC.

L’annonce du retour du siège de la CEMAC à Bangui a été faite par le président de la Commission de l'institution sous-régionale, Pr Daniel Ona Ondo,  lors d’un point de presse, le jeudi 17 septembre 2020 dans la capitale centrafricaine. En effet, il y a de cela deux ans, le siège de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale a été délocalisé à Malabo en Guinée équatoriale, sur proposition du président en exercice de l'époque, le Tchadien Idriss Deby Itno.  

Au moment où le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, s’apprête à assurer la présidence tournante de la CEMAC, prévu en octobre 2020, le staff de la communauté est de retour au siège sous-régional à Bangui. Lequel siège, avait été déserté à cause de la situation sécuritaire de l’époque. Avec ce retour, le président de la Commission se veut optimiste en dépit des problèmes de libre-circulation et des biens dans cet espace communautaire.

"Il faut la libre circulation des personnes et des biens. Aujourd'hui, nous avons un passeport CEMAC. Sur 6 pays, c’est seulement 5 qui disposent de ce passeport. Un seul pays ne dispose pas encore de ce document. Pour dire qu’il y a 2 pays qui étaient encore réticents pour la libre circulation. Donc, chacun doit s'ouvrir car, l'idéal c'est d'avoir un marché commun. Cependant, la libre-circulation ne veut pas dire, faire ce qu'on veut"  a fait savoir Pr Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la CEMAC.

Mais il n’y a pas que ça. L’économie dans la sous-région se porte aussi mal. Il faut une action pour la relancer. Pour cela, il faut aller vers le Fonds monétaire international (FMI).

"En 2016, nous avons connu un coup de grisou énorme. Les prix du pétrole ont baissé. Nous avons subi ça de plein fouet. Les chefs d'Etat se sont réunis à Yaoundé et ont décidé de commun accord, de ne pas dévaluer le francs CFA. Ils ont accepté tous d'aller vers le FMI. Négocier avec le Fonds monétaire, c'est pouvoir avoir un programme et des aides budgétaires. Cela permet de régler les problèmes de balance de paiement" a ajouté le président de la Commission de la CEMAC. 

La tâche est ardue et le chemin est encore long. Cela demande l’implication de tous. Le gouvernement centrafricain a injecté de l’argent pour la réhabilitation des propriétés de la CEMAC et favoriser ce retour, gage de l’amélioration de la sécurité à Bangui.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:59
Crimes de guerre en République centrafricaine : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Crimes de guerre en République centrafricaine : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 11h40, mis à jour à 11h53

 

Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, est poursuivi notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre ».

Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé (2003-2013) a été mis en examen vendredi 18 septembre au soir à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué.

Arrêté mardi dans l’est de la France, Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a également été mis en examen pour « actes de torture » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre », pour des faits commis entre 2007 et 2014 « en tant que responsable de la garde présidentielle (…) puis en tant que responsable de milices anti-balaka », précise le Parquet national antiterroriste (PNAT) dans un communiqué.

Eric Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi 15 septembre, par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon. « Il s’agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le PNAT concernant des faits commis en République centrafricaine », selon le communiqué.

L’arrestation a été ordonnée dans le cadre d’une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d’instructions spécialisés du tribunal de Paris. La justice française s’est saisie de ce dossier en vertu d’une compétence universelle, qui l’autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité s’ils passent ou résident sur le territoire français.

Haut responsable au sein des milices anti-balaka

Le nom d’Eric Danboy Bagale est apparu parmi les « Libérateurs », nom donné aux compagnons d’armes du général Bozizé qui l’ont porté au pouvoir en 2003, en renversant le président Ange-Félix Patassé. Membre de l’ethnie Gbaya, comme M. Bozizé, l’officier était devenu un haut responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d’Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire. Selon l’Organisation des Nations unies, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3 000 et 6 000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

 

 

Crimes de guerre en Centrafrique : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Ouest-France avec AFPPublié le 19/09/2020 à 10h02

 

Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé a été mis en examen ce vendredi soir 18 septembre 2020, à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué.

Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a été arrêté mardi dans l’est de la France. Cet ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé a été mis en examen ce vendredi soir 18 septembre 2020, à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué. Il a également été mis en examen pour « actes de torture » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre » pour des faits commis entre 2007 et 2014 « en tant que responsable de la garde présidentielle […] puis en tant que responsable de milices anti-balaka », a précisé le parquet national antiterroriste dans un communiqué, ce samedi 19 septembre.

Un haut-responsable des milices anti-balaka

Éric Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’Humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon.

Cette arrestation a été ordonnée par le pôle « crimes contre l’humanité » du Pnat, dans le cadre d’une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d’instructions spécialisés du tribunal de Paris.

Le nom d’Eric Danboy Bagale est apparu parmi les « Libérateurs », nom donnés aux compagnons d’armes du général Bozizé qui l’ont porté au pouvoir en 2003 en renversant le président Ange-Félix Patassé.

Membre de l’ethnie gbaya, comme M. Bozizé, l’officier était devenu un haut-responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Entre 3 000 et 6 000 morts

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d’Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire. Selon l'ONU, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3 000 et 6 000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

Fin 2014, la France et Monaco avaient gelé les avoirs d’Eric Danboy Bagale et de Jean-Francis Bozizé, le fils de l’ancien président, les accusant d’oeuvrer « à la déstabilisation de la République centrafricaine » et de tenter « de commettre un acte de terrorisme ».

« Il s’agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le Pnat concernant des faits commis en République centrafricaine », a précisé le communiqué.

La justice française s’est saisie de ce dossier en vertu d’une compétence universelle qui l’autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité s’ils passent ou résident sur le territoire français.

En 2019, environ 150 procédures judiciaires étaient menées par ce pôle spécialisé du tribunal de Paris, concernant des exactions commises notamment au Rwanda, en RDC, Syrie, Irak ou encore Libye.

 

 

Crimes de guerre en Centrafrique : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

https://www.journaldemontreal.com/

Paris | Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé (2003-2013) a été mis en examen vendredi soir à Paris, notamment pour «complicité de crimes contre l'humanité» et «complicité de crimes de guerre», puis écroué, a indiqué samedi à l'AFP le Parquet national antiterroriste (PNAT). 

Arrêté mardi dans l'est de la France, Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a également été mis en examen pour «actes de torture» et «association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre» pour des faits commis entre 2007 et 2014 «en tant que responsable de la garde présidentielle [...] puis en tant que responsable de milices anti-balaka», a précisé le Parquet antiterroriste dans un communiqué.

M. Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon.

Cette arrestation a été ordonnée par le pôle «crimes contre l'humanité» du PNAT, dans le cadre d'une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d'instruction spécialisés du tribunal de Paris.

«Il s'agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le PNAT concernant des faits commis en République centrafricaine», a précisé le communiqué.

La justice française s'est saisie de ce dossier en vertu d'une compétence universelle qui l'autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité s'ils passent ou résident sur le territoire français.

En 2019, environ 150 procédures judiciaires étaient menées par ce pôle spécialisé du tribunal de Paris, concernant des exactions commises notamment au Rwanda, en République démocratique du Congo, en Syrie, en Irak ou encore en Libye.

Le nom d'Eric Danboy Bagale est apparu parmi les «libérateurs», nom donné aux compagnons d'armes du général Bozizé qui l'ont porté au pouvoir en 2003 en renversant le président Ange-Félix Patassé.

Membre de l'ethnie gbaya, comme M. Bozizé, l'officier était devenu un haut responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d'Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire.

Selon l'ONU, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3000 et 6000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:57
Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité
Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité

 

https://www.rfi.fr/ 17/09/2020 - 15:51 Par Carine Frenk

 

Le colonel de gendarmerie Éric Émeraux commandait, jusqu’au 1er août, l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), une petite unité d’une vingtaine d’enquêteurs de la gendarmerie qui traque, en France, les auteurs de crimes considérés comme imprescriptibles. C'est cet organisme qui a arrêté, le 16 mai 2020, en banlieue parisienne, Félicien Kabuga, présumé « architecte financier » du génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda. Il vient de publier La traque est mon métier aux éditions Plon, un livre témoignage qui nous emmène en Bosnie-Herzégovine, en Syrie mais aussi au Rwanda et au Liberia.

RFI : Est-ce que l’arrestation le 16 mai de Félicien Kabuga, qui est soupçonné d’être l’investigateur du génocide au Rwanda, est l’une de vos plus grandes fiertés ?

Eric Emeraux : L’arrestation de Kabuga effectivement est l’une de nos plus grandes fiertés, à titre personnel bien sûr, pour l’office d’une manière globale puisque c’est l’aboutissement d’un long travail. C’est l’aboutissement aussi d’une coopération internationale qui s’est avérée très fructueuse, notamment européenne, sur le sujet.

Parce que l’office ne travaille pas seul…

Voilà. La grande leçon de ce type de dossier, c’est qu’on ne travaille pas seuls. Nous, on est intégrés au sein de structures qui coopèrent avec nous en matière de coopération internationale, évidemment tout ce qui est ONU, Cour pénale internationale, Europol, Interpol. Mais aussi, on est en permanence en train de travailler, et c’est vraiment une spécificité de l’office, avec les organisations non gouvernementales, notamment les ONG chercheuses de preuves, qui nous alimentent en permanence en dossiers, en témoignages, etc.

Sur les 150 dossiers traités par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), combien concerne l’Afrique ?

Il faut compter qu’environ 50% des dossiers concernent l’Afrique.

Quels sont les pays, beaucoup de dossiers concernent le Rwanda ?

Notre premier portefeuille concerne effectivement le Rwanda avec 28 ou 29 dossiers. Ensuite, nous avons la République centrafricaine, le Liberia. Nous avons la Libye qui est aussi un pays très important pour nous et ensuite en dégradé, on a le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Soudan, etc.

Pour un pays comme le Rwanda, est-ce que votre travail est devenu plus facile aujourd’hui ?

C’est devenu plus facile dans la mesure où effectivement, les relations diplomatiques se sont apaisées entre la France et le Rwanda, cela est un premier point qui est capital. Le second, c’est qu’effectivement, à partir du moment où on a un certain nombre de dossiers, qu’on les propose aux autorités rwandaises -et c’est toujours comme ça que cela se passe-, par la voie des commissions rogatoires internationales. On leur présente une liste de victimes, de témoins, d’auteurs potentiels, d’auteurs condamnés aussi. Et à partir de là, nous derrière, on enquête au Rwanda avec les autorités rwandaises.

Et à chaque fois, il s’agit d’enquêtes complexes. Un travail très long ?

C’est toujours un travail très long parce que, effectivement, nous sommes de fait et de nature éloignés de la scène de crime dans le temps et dans l’espace. Donc à partir du moment où on reçoit un signalement, on commence à travailler au plan national, ça suppose des écoutes téléphoniques, donc beaucoup d’écoutes téléphoniques, de la surveillance, des filatures si besoin est parce que parfois, il n’y en a pas besoin. Ensuite, il y a des recherches sur les comptes bancaires, sur tout ce qui est mis à la disposition des enquêteurs de manière traditionnelle dans la lutte contre la criminalité organisée ou la lutte contre le terrorisme. Tout ce travail-là, c’est beaucoup, beaucoup de travail. Après, le deuxième volet international doit nous amener et nous amène dans le pays. Et là aussi, cela suppose, par exemple pour un dossier rwandais, d’être en mesure d’entendre entre 50, 70, 80 témoins pour être absolument sûrs d’avoir une vision la plus précise de l’implication ou pas de l’individu dans les atrocités qui lui sont reprochées.

La traque de ces criminelles a-t-elle beaucoup évolué notamment avec l’apparition des réseaux sociaux ?

Maintenant, on les intègre dans la traque, c’est-à-dire que les réseaux sociaux, la façon dont les gens évoluent, se prennent en photo etc., nous permettent de les localiser plus facilement. Et si ce n’est pas lui, ce sera peut-être son entourage. Puis après derrière, en perquisition, parce que quand on va aller arrêter l’individu, souvent il y a des téléphones, des tablettes, etc., et on peut aussi récupérer ces éléments de preuves.

Avez-vous déjà reçu des pressions politiques ?

Nous n’avons pas forcément à devoir subir des pressions politiques parce que, comme on travaille sous l’égide du pôle crimes contre l’humanité au sein du Parquet national antiterroriste, on reçoit soit-transmis des magistrats qui nous demandent d’enquêter sur tel ou tel individu, sur tel ou tel fait, etc. Donc, à partir de là, on ne subit pas forcément de pressions puisque ce sont des dossiers qui nous sont transmis par les magistrats.

150 dossiers, cela veut dire 150 criminels présumés qui vivent tranquillement en France. Et vous n’avez qu’une petite équipe d’une vingtaine d’enquêteurs au sein de l’office…

Oui, actuellement, il y a environ une vingtaine d’enquêteurs et encore, nous avons été renforcés de dix personnes susceptibles de pouvoir travailler sur ces 150 dossiers, qui sont pourtant des dossiers très importants parce que, ce que l’on ne souhaite pas, c’est que la France devienne un sanctuaire pour les criminels de guerre. Donc, la France, qui parle souvent de lutte contre l’impunité, devrait effectivement se donner les moyens d’arrêter ces individus.

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:54
Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée aux Armées en visite à Bangui
Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée aux Armées en visite à Bangui
Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée aux Armées en visite à Bangui
Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée aux Armées en visite à Bangui

 

Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée aux Armées, a effectué une visite à Bangui ce 18 septembre.

 

 « Nous sommes ici pour la population centrafricaine, pour que la sécurité revienne dans ce pays » 

 

Elle s’est entretenue avec le président Touadéra et la ministre de la Défense Mme Koyara. Elle leur a transmis un message d’amitié et de solidarité de la France, rappelant la constance et la solidité du partenariat de défense entre nos deux pays, pour la sécurité des Centrafricains.

 

Elle a participé à la cérémonie de passation de commandement de l’opération EUTM RCA entre le général français Eric Peltier et le général Portugais Paulo Neves de Abreu. Elle a ainsi témoigné du soutien indéfectible de la France à cette opération européenne : « J’ai dit au président Touadéra que l’EUTM RCA est une belle mission que nous allons continuer à porter. Je rappelle que la France est le premier contingent de l’EUTM. »

 

Elle a également partagé un temps d’échange avec les troupes françaises en mission en Centrafrique, au sein du Détachement d’appui opérationnel (DETAO) et de l’EUTM, leur témoignant sa gratitude pour leur engagement sans faille, au service de la sécurité de la Centrafrique.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:52
Le grand désarmement à Bria

 

 

18 septembre 2020

Mardi 15 septembre, le processus de désarmement an République centrafricaine a commencé dans la ville de Bria. Selon les dernières informations, un peu plus de 500 combattants de divers groupes armés y prendront part.

Il s’agit des anciens combattants de FPRC, RPRC, MLCJ et Anti-Balaka. Selon le capitaine Guy Sylvère Ngoni en charge du suivi dudit processus et de démobilisation, celui-ci comporte notamment le désarmement, une visite médicale, et finalement l’enregistrement de leur liste dans une base de données. Ensuite, les ex-rebelles choisiront leur orientation, soit vers les USMS (Unités spéciales mixtes de sécurité), soit la réintégration socioéconomique.Rappelons que l’étape du programme de désarmement (DDRR) à Bria intervient après ceux à Kaga-Bandoro et Ndéle.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:39
RCA-ELECTIONS  : IL Y AURA UN LEGER GLISSEMENT DU CALENDRIER ELECTORAL 
RCA-ELECTIONS  : IL Y AURA UN LEGER GLISSEMENT DU CALENDRIER ELECTORAL 

 

RCA-ELECTIONS  : IL Y AURA UN LEGER GLISSEMENT DU CALENDRIER ELECTORAL 

 

Bangui le 18 Séptembre 2020

 

On s’approche tout doucement du 27 décembre 2020, date prévue pour les élections présidentielle et législatives en République centrafricaine. Rien n’est encore sûr si effectivement ce délai sera respecté, car l’ANE qui a accusé beaucoup de retard dans le processus électoral a demandé 11 jours supplémentaires afin de boucler le reste des opérations d’enrôlement devant permettre la publication de la liste électorale et la convocation du corps électoral.  

 

Tout semble aujourd’hui inévitable, en ce qui concerne le glissement du calendrier électoral. Car, l’Autorité Nationale des Elections (ANE) n’a pas de miracle à opérer. Mais, elle a l’obligation de tout mettre en œuvre pour réussir le processus électoral. L’institution est aujourd’hui à bout de souffle pour tenir le pari. Cela ne veut pas dire qu’elle ne va pas arriver à se tenir.

 

L’actualité brulante en République centrafricaine est le reste des opérations d’enrôlement des électeurs de la diaspora et dans deux des 16 préfectures que compte le pays. C’est une équation difficile de l’ANE doit résoudre pour respecter le délai.

 

C’est pourquoi, lors de la réunion des acteurs du processus électoral le 14 septembre dernier à la Primature, l’institution en charge d’organiser les élections a sollicité 11 jours pour sauver ce qui lui reste à faire.

 

Selon le calendrier électoral, l’ANE doit publier la liste électorale avant le 27 septembre courant, date de la convocation du corps électoral par le président de la République, Faustin Archange Touadera. Ce qui devrait aussi permettre à l’institution de d’ouvrir les candidatures et pour la présidentielle et pour les législatives pour que démarrent les compagnes électorales.

 

Rien n’est surprenant que ces derniers temps, il y a des concertations qui se font au haut sommet de l’Etat. La semaine écoulée, le Président de la République a eu des concertations avec différentes entités : les présidents des institutions républicaines, les anciens chefs de l’Etat, les leaders de l’opposition entre autres.

 

Les élections ont été portées sur la tenue des élections. Il s’agit de voir la possibilité de s’accorder sur un délai en cas d’impossibilité de tenir effectivement les élections le 27 décembre 2020.

 

Dans toutes ces tractations, il faut écarter l’idée d’une transition politique comme le souhaite les leaders de l’opposition, même s’il arrivera à former un gouvernement d’union nationale. C’est un avertissement de la Cour constitutionnelle qui a proposé à la classe politique centrafricaine de trouver un consensus en cas de la non tenue de ces élections à la date prévue.

 

Pendant ce temps, les déclarations de candidature à la présidentielle et aux législatives ne cessent d’être enregistrées et que les congrès des partis politiques continuent d’animer l’actualité à Bangui. Le plus important, de réussir ces élections dans la quiétude, l’apaisement et la transparence.

 

 

Incertitudes sur la tenue de la présidentielle fin décembre en Centrafrique

 

Par Camille LAFFONT © 2020 AFP Mise à jour 18.09.2020 à 14:00

 

A moins de quatre mois des élections présidentielle et législatives, c'est l'incertitude en Centrafrique: la guerre civile entamée en 2013, même de basse intensité, sévit toujours, les tensions politiques s'avivent et l'organisation du scrutin prévu le 27 décembre a pris du retard.

Le président Faustin Archange Touadera devrait, en toute logique, briguer un second mandat mais doit composer avec le retour en force de François Bozizé, le chef de l'Etat renversé en 2013 à l'issue d'un putsch de milices à majorité musulmane coalisées au sein de la Séléka. M. Bozizé a annoncé sa candidature.

La question est aussi de savoir si on peut tenir des élections crédibles dans un pays encore aux deux tiers aux mains de groupes armés rebelles, qui risquent de monnayer au prix fort leurs soutiens aux candidats, ou d'empêcher le vote sur de larges portions du territoire.

- Pourquoi ce retard du calendrier électoral ? -

L'enrôlement des quelque deux millions d'électeurs --sur environ 4,7 millions de Centrafricains-- doit s'achever le 27 septembre selon la Constitution. Mais il a fallu attendre juillet pour que le Parlement vote enfin la mise en place de l'Autorité nationale des élections (ANE) pourtant prévue début 2019.

Le travail des agents de l'ANE pour enregistrer les électeurs a été aussitôt perturbé par les violences sporadiques et des difficultés logistiques. "On est restés coincés une semaine en province, et il a fallu payer avec notre salaire pour rentrer à Bangui", témoigne l'un d'eux sous couvert de l'anonymat.

L'ANE a finalement reconnu l'impossibilité de tenir le calendrier prévu par la Constitution et demandé récemment un "délai technique" pour repousser la date-butoir du 27 septembre au 8 octobre pour l'enrôlement. C'est ce délai qui cristallise aujourd'hui les tensions.

Le 27 septembre, "c'est le délai maximal possible sans être obligé de repousser les élections", rappelle Hans de Marie Heungoup, expert de la Centrafrique à l'International crisis group (ICG).

Si le "délai technique" est accordé, le premier tour peut en théorie avoir lieu le 27 décembre, ce que veut le camp Touadéra. S'il est rejeté, il faudra envisager un report des scrutins. C'est l'Assemblée nationale qui doit voter ou non le "délai technique" mais elle n'a été convoquée que vendredi et a jusqu'au 23 septembre pour le faire.

- Un report des scrutins est-il possible ? -

La Cour constitutionnelle a exclu en juin toute prolongation du mandat du chef de l'Etat, qui prend fin le 30 mars 2021. Si le scrutin ne peut avoir lieu dans les temps, la Cour a évoqué la nécessité d'une "concertation nationale" incluant notamment l'opposition pour décider de la suite: un pouvoir de transition négocié entre M. Touadéra et ses adversaires, interprètent les juristes.

"Il sera très difficile de trouver un consensus", juge Hans de Marie Heungoup.

Le dépôt officiel des candidatures n'est pas encore ouvert mais une dizaine de personnes ont déjà annoncé leur intention de se présenter à la présidentielle.

La Coalition de l'opposition démocratique (cod2020), qui réunit les principaux partis opposés à M. Touadéra, a accusé jeudi le pouvoir de vouloir "bâcler les élections" et estimé que l'ANE "ne peut organiser de scrutins crédibles dans les délais constitutionnels".

"Nous ne comprenons pas cet acharnement à vouloir tenir un calendrier à tout prix. Nous voterons contre ce projet de loi", avertit Christian Guenebem, directeur de campagne de François Bozizé.

Or, la majorité présidentielle est fragile: elle a déjà essuyé un revers récemment lors d'un vote concernant l'ANE. Ce qui laisse présager une âpre bataille parlementaire sur le "délai technique" avec le report des élections en toile de fond.

- Des élections sous la coupe des groupes rebelles ? -

Agents recenseurs kidnappés, communes interdites d'accès… Les opérations électorales restent soumises au bon vouloir des milices, qui tiennent les deux tiers du territoire.

Malgré la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés en février 2019, les civils sont toujours en proie aux exactions et crimes des miliciens.

Le gouvernement a activé lundi le "plan de sécurisation du processus électoral" avec l'aide des Casques bleus de la Minusca, mais cette mission des Nations unies en Centrafrique n'a jamais pu empêcher les milices de sévir sur la majorité du territoire.

L'opposition fustige la proximité de groupes armés avec le pouvoir de M. Touadéra qui, selon elle, fait preuve de beaucoup de mansuétude à l'égard de certains chefs de guerre.

L'opposition n'est pas non plus épargnée par ces accusations: le parti Kwa Na Kwa (KNK) de M. Bozizé est réputé proche des milices chrétiennes anti-balaka, formées en 2013 pour combattre la Séléka et, comme cette dernière, accusées de crimes de guerre en 2015 par l'ONU.

M. Bozizé cristallise les inquiétudes du camp Touadéra, qui redoute un éventuel coup de force en cas de contestation électorale.

 

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 00:36
Brèves nouvelles nationales sur Xinhua
Brèves nouvelles nationales sur Xinhua

 

 

Sénégal : le directeur général sortant de l'ASECNA réélu pour un nouveau mandat de quatre ans (presse)

DAKAR -- Le Nigérien Mohamed Moussa, directeur général sortant de l'Agence pour la sécurité de la navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) a été réélu lundi à Dakar pour un nouveau mandat de quatre ans à compter du 1er janvier 2021, a rapporté lundi soir l'Agence de presse sénégalaise (APS). Durant la 66e session extraordinaire du Comité des ministres de l'ASECNA tenue ce lundi, M. Moussa, candidat à sa propre succession, faisait face à trois challengers. Il s'agissait du Mauritanien Hassen Ould Ely, du Centrafricain Théodore Jousso et du Camerounais Zoa Etoundi. Fin

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : 60 rebelles désarmés dans la Nana-Grébizi (nord) (préfet)

BANGUI -- Dans le cadre de la mise en oeuvre du processus de paix dans la ville centrafricaine de Kaga-Bandoro (nord), 60 rebelles ont été désarmés et démobilisés jusqu'à dimanche dernier, a indiqué lundi Abdoulaye Mahamat, préfet de la Nana-Grébizi dont Kaga-Bandoro est le chef-lieu. Il s'agit de 53 ex-combattants du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), et sept autres de la Séléka rénovée. Ils ont choisi la paix après avoir obtenu un préalable de la part d'une mission officielle chargée du désarmement. Celui-ci concerne notamment le cantonnement immédiat et la prise en charge des ex-rebelles par le gouvernement, a précisé le préfet.

Source: Agence de presse Xinhua

 

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 00:26
 La crise alimentaire en Centrafrique s'accentue

 

Lu pour vous

 

By Dalia Hassan and Samuel Thierry NZAM BRIA avec Africanews Dernière MAJ: 15/09 - 08:31

 

Plus de deux millions trois cent mille personnes, soit environ la moitié de la population de la République Centrafricaine vivent dans un état d’insécurité alimentaire aïgue.

Les déplacements de populations et les épisodes de violence empêchent une production vivrière normale.

Rachida habite dans le quartier de Bornu à Bria. Elle possède un potager et recueille chaque matin une maigre récolte de fruits et légumes qui permettent à sa famille de subsister :

« Avant nous avions suffisamment à manger, jusqu'à trois repas par jour, mais actuellement c’est très difficile. Avec un peu de chance nous mangeons une fois par jour , parfois rien du tout, et les enfants vont au lit sans manger. Sur le marché tout est cher, même gagner de l’argent est très difficile », dit-elle.

Au marché, la pénurie de denrées alimentaires se fait ressentir, même la farine de manioc, la plus consommée, et dont le prix est pourtant accessible se fait rare.

La crise économique et sociale engendrée par le coronavirus ne permet plus à la population d’aller s’approvisionner dans les champs.

Zibert MOUNA, commerçante, est en rupture de stock :

« Nous vendions le manioc entre 3 et 4 dollars, mais aujourd’hui il devient difficile de s'en procurer. C’est compliqué de se rendre aux champs et les pluies ont dévasté les terrains agricoles. Les gens parcourent deux à trois kilomètres pour nous en livrer. »

Face à ces difficultés, des bénévoles se sont mobilisés pour distribuer des vivres à la population qui vit sous la menace constante des groupes armés.

Leur objectif est aussi d'initier les habitants à l'agriculture et promouvoir l’autosuffisance alimentaire à travers des formations en agronomie, tel que l'explique Fatmata FOFANA BINTOU, responsable sécurité alimentaire OXFAM BRIA :

« Nous sommes en train d’apprendre aux producteurs une technique qui va leurs permettre d’augmenter leur productivité, même s’ils ne peuvent pas aller au-delà de la ville pour cultiver cela va leurs permettre de cultiver aux alentours de leurs maisons pour faire face à cette situation de l’insécurité alimentaire. »

 

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