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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 19:05
RCA : la Minusca se réorganise autour de Bambari

 

RCA : la Minusca se réorganise autour de Bambari

 

Par RFI Publié le 02-02-2017 Modifié le 02-02-2017 à 11:29

 

En Centrafrique, la situation impose à la Minusca un redéploiement de ses troupes. Les bases les plus petites sont abandonnées au profit de regroupement de forces plus importantes. La situation est particulièrement tendue dans le Centre et l'Est du pays notamment autour de la ville de Bambari. Depuis plusieurs semaines des combats font rage entre groupes armés issus de l'ex-Seleka.

 

Des combats violents qui opposent l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), qui a son quartier général à Bambari, à une coalition Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique-Mouvement patriotique centrafricain (FPRC-MPC), en particulier autour des deux localités d'Ippy et de Bakala.

 

Du coup, la Minusca craint une offensive de la coalition sur Bambari et a renforcé son dispositif pour protéger la ville. « Par rapport à l’expérience qu’on a eue, on a vu que, quand même dans cette ville, on n’avait pas le droit de laisser les combats se dérouler avec les conséquences en pertes humaines, en déplacement des populations », indique le général Balla Keita, commandant de la Minusca

 

« On a tracé une ligne là-bas, c’est une ligne d’engagement. C’est clair et net, on a communiqué avec l’ensemble des groupes armés. Quiconque commencera à bouger en direction de Bambari par rapport à cette ligne, on va s’engager avec nos moyens aériens », prévient encore le responsable de la Minusca.

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Centrafrique-Presse.com
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 18:53
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Des tirs entendus dans la ville de Bocaranga

 

PAR NOURA OUALOT LE 2 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 2 février 2017—Des tirs d’armes légères ont été entendus ce matin dans la ville de Bocaranca a-t-on appris de sources militaires, généralement bien informées. Quelques boutiques auraient été pillées par les hommes armés qui sont entrés dans cette ville.

 

Ces tirs sont entendus à Bocaranga à lorsque le chef de l’Etat et son gouvernement séjournent à Bossangoa, chef-lieu de l’Ouham, préfecture voisine de Bocaranga. Selon les informations du RJDH, les tirs ont commencé au petit matin sauf que personne ne connait ni l’identité ni les motivations des assaillants.

 

La Minusca qui dispose d’une base à Bocaranga, parle d’un acte de banditisme « très tôt ce matin des hommes armés ont commencé à tirer en l’air dans la ville. Par la suite, ils ont pillé quelques boutiques. Nous ne connaissons pas l’identité de ces hommes armés que nos patrouilles ont contraint à se retirer. Je pense que c’est un acte de banditisme », a confié Vladimir Montéiro, porte-parole de la Minusca joint à la mi-journée.

 

De sources concordantes, plusieurs personnes ont trouvé refuge à coté de la base de la Minusca. Difficile d’avoir des contacts avec les habitants de Bocaranga où depuis ce matin, les réseaux téléphoniques ne passent pas.

 

Le député de Bocaranga, Anicet Georges Dologuelé, contacté par le RJDH dit avoir été informé des tirs entendus à Bocaranga. La ville de Bocaranga où sont constitués plusieurs groupes Antibalaka, est menacée depuis par des rebelles de 3R, un nouveau mouvement armé essentiellement composé de peulhs armés et opérationnel dans l’Ouham Pendé.

 

Il y a trois mois, les députés de l’Ouham Pendé s’étaient rendus dans la région pour discuter de la paix avec les groupes armés. Malgré cette initiative, les attaques et les affrontements ont continué dans le nord du pays.

 

 

Centrafrique : Des déplacés encore sur le site de l’aéroport après la fin de l’opération « Noel à la maison »

 

PAR RJDH LE 2 FÉVRIER 2017ACTUALITÉS, DÉPLACÉS

 

BANGUI, le 02 Février 2017(RJDH)—Plus de 1000 déplacés continuent de vivre sur le site des déplacés de l’aéroport Bangui M’poko après la fin officielle de l’opération Noel à la maison, conduite par le gouvernement. Ces déplacés disent attendre les mesures d’accompagnement promises par la ministre des affaires sociales.

 

Alors que le département des Affaires Sociale annonce la fin de l’opération « Noël à la maison », plus de 1000 déplacés de l’aéroport continuent de vivre sur le site. Tous ceux qui sont restés sur le site, disent attendre l’argent qui a été remis aux autres, « nous sommes tous restés parce que nous n’avons pas eu les fonds qui nous ont destinés. C’est ainsi que nous sommes restés » a expliqué un d’eux.

 

Certains déplacés présents sur le site accusent le comité de gestion de mauvaise organisation, « c’est une désorganisation de la part des responsables des sites. Beaucoup d’intrus venus des quartiers ont bénéficié de l’argent alors qu’ils ne sont pas les vraies cibles. Nous demandons au gouvernement de se pencher sur notre cas, les ayant-droit. Nous attendons cela pour rentrer » a indiqué Jordanne Mongana.

 

Le ministère des Affaires Sociales rejette ces accusations qui, selon le Directeur de Cabinet du ministre ne sont pas fondées, « aujourd’hui, il ne reste que des cas litigieux qui ne dépassent pas 50. Alors le chiffre de 1000 avancé, relève de la machination. C’est une histoire montée de toutes pièces, car beaucoup ont quitté le site avant le profilage, c’est lorsqu’ils ont appris qu’on va intéresser les gens qu’ils sont revenus sur le site après le profilage. Le ministère de la Sécurité publique doit avoir l’œil sur la situation » a confié Antoine Maximilien Mbaga, Directeur de cabinet au ministère des Affaires Sociales.

 

L’opération « Noël à la maison », lancée en décembre 2016 par le chef de l’Etat, visait à libérer le site de l’aéroport qui est le plus grand site des déplacés de la République Centrafricain. Malgré la fin officielle de cette opération, plusieurs déplacés sont encore sur place. Notons que la communauté internationale a décaissé 10 milliards de fonds pour cette opération qui doit être étendue sur l’ensemble du territoire.

 

 

Centrafrique : Plus de 700 ménages sans abris après un incendie sur le site des déplacés de Kaga Bandoro

 

PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 2 FÉVRIER 2017

 

Bangui, le 02 Février 2017 (RJDH)–Une partie du site des déplacés de Kaga-Bandoro (Bloc 2) a été détruite par un incendie, le mercredi 1er Février aux environs de 14h30 mn. Une incidence ménagère serait la cause du drame.

 

L’incendie a ravagé détruit au moins 778 ménages, affectant plusieurs personnes. De sources hospitalières 17 personnes reçoivent des soins à l’hôpital préfectoral et à la base de la Minusca. Enoch Nago Ngoya, Président du site des déplacés de Kaga-Bandoro, justifie cet incident par des manipulations du feu de cuisine, « tout est parti d’un incident de cuisine favorisé par la chaleur qui est intense. Les tentes sont trop rapprochées les unes des autres à tel point que la chance de faire l’économie des dégâts était maigre » a-t-il indiqué, avant de déplorer le sort des affectés, « pour l’heure, nous n’avons pas encore identifié les sans-abris. Mais nous voyons la souffrance des victimes qui sont sous la chaleur pendant le jour et de la nuit jusqu’au petit matin elles souffrent de froid ».

 

Les abris de fortune de ces déplacés sont partis en fumée dans un contexte météorologique difficile et cinq mois après les attaques contre les populations civiles sur le site des déplacés de l’évêché. Les acteurs humanitaires avaient souhaité la délocalisation du site des déplacés près de la base de Minusca au profit du nouveau site de Lazari aménagé par des ONG. Redoutant des attaques de groupes armés, les déplacés avaient refusé de rejoindre le nouveau site. Aujourd’hui, les acteurs humanitaires se désengagent de plus en plus.

 

Cet incendie est signalé sur le site de déplacés après celui du 2 février 2016.

 

 

Centrafrique : Tension à la gendarmerie suite à des mouvements du Directeur Général

 

Par RJDH Centrafrique - 02/02/2017

 

Les mouvements des gendarmes faits ces derniers jours par le Directeur Général Thiery-Marie Metinkoe, sont bloqués. Plusieurs commandants de brigade et des hommes de rang, ont refusé de céder leurs postes.


De sources concordantes, les mouvements faits par le Directeur Général de la gendarmerie, seraient dictés par des proches du chef de l’Etat. Selon un document dont le RJDH a eu copie, le ministre conseiller au DDRR, Séléson a saisi le Directeur Général par un courrier confidentiel à la date du 19 janvier pour lui faire part des doléances des proches du chef de l’Etat qui souhaiteraient que des gendarmes dont la liste est jointe au document, soient nommés à des postes de responsabilité. Le bras de fer entre Jean Serge Bokassa, ministre de la sécurité publique et le Directeur Général de la gendarmerie, Thiery-Marie Metinkoe serait lié à cette affaire. Le Directeur Général, d’après nos sources, aurait rejeté plusieurs instructions du ministre qui, à son tour aurait fait bloquer les mouvements opérés par le général Metinkoe.

 

De sources bien informées, le ministre Jean Serge Bokassa aurait demandé sans succès au Directeur Général de la gendarmerie d’arrêter les mouvements du personnel, « par message porté, le ministre a demandé la suspension des mouvements mais le Directeur n’a pas voulu. Il y a des collaborateurs du ministre qui n’ont pas été reçus par le DG sur cette affaire » a expliqué une autre source.



Le 31 janvier 2017, le général Metinkoe a pris une note de service pour interdire l’accès des casernes de la gendarmerie au lieutenant-colonel Roger Koi-Kouassi, chargé de mission défense globale au ministère de l’intérieur et au chef d’escadron Roger Toukia, inspecteur central. Ce sont ces deux personnalités que le ministre avait envoyées au Directeur Général pour traiter de la question des mouvements.



Dans l’entourage du Directeur Général de la gendarmerie, on évoque la tentative du ministre de manipuler la gendarmerie à des fins politiques, « la réalité est là. Le ministre veut tout contrôler et utiliser son influence pour des fins politiques » a confié un proche de Thiery-Marie Metinkoe.


Le ministre de la sécurité publique n’a pas été joignable. Le Directeur Général de la gendarmerie, contacté n’a pas souhaité faire des commentaires. La gendarmerie est aujourd’hui divisée à cause de cette tension.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 02:00
RDC: l'opposant historique Étienne Tshisekedi est mort mercredi à Bruxelles (parti)
RDC: l'opposant historique Étienne Tshisekedi est mort mercredi à Bruxelles (parti)

 

 

 


Kinshasa - AFP / 01 février 2017 21h12 - Étienne Tshisekedi, opposant historique en République démocratique du Congo (RDC), est mort mercredi à Bruxelles à l'âge de 84 ans, a-t-on appris à Kinshasa auprès de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).



"Le président Tshisekedi est décédé aujourd'hui à 17H42 à Bruxelles" (16H42 GMT), a déclaré à l'AFP Bruno Tshibala, secrétaire-général adjoint de l'UDPS.



Selon un proche du vieil opposant, Tshisekedi est mort à l'hôpital Sainte-Élisabeth de Bruxelles, dans des circonstances qui n'ont pas été révélées.



Le décès de "Tshitshi", comme le surnommaient affectueusement ses partisans est survenu huit jours après son départ de RDC, en pleines négociations politiques sur un partage du pouvoir entre l'opposition et la majorité soutenant le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.



"Il n'est pas mourant, mais il doit partir pour un contrôle (médical) à Bruxelles", avait alors déclaré à l'AFP un proche de la famille Tshisekedi.



Mais un haut cadre de l'UDPS avait indiqué que la santé du "Vieux", comme l'appelaient certains dirigeants du parti, s'était brusquement dégradée.



Concurrent malheureux de M. Kabila à la présidentielle de novembre 2011, marquée par des irrégularités massives, M. Tshisekedi n'avait jamais reconnu la victoire de M. Kabila et s'était proclamé "président élu" de la RDC après l'annonce des résultats officiels.


(©)

 

 

Etienne Tshisekedi, l'opposant historique congolais, est décédé à Bruxelles (PORTRAIT)

 

http://www.lalibre.be/  MARIE-FRANCE CROS Publié le mercredi 01 février 2017 à 20h36 - Mis à jour le mercredi 01 février 2017 à 21h26

 

Tous les jours de ma vie, j’ai rêvé de devenir Président de la République”, avait-il avoué lors de la campagne présidentielle de 2011 - la seule à laquelle il participa et qui fut marquée par une fraude massive. Etienne Tshisekedi est mort ce mercredi 1er février 2017 à 17h42 à Bruxelles, sans avoir réalisé son rêve malgré “30 ans” de lutte à la fois courageuse, égoïste et erratique. Selon Félix Tshisekedi, son fils interrogé par Jeune Afrique, il aurait succombé à une embolie pulmonaire.

 

Commissaire adjoint à la Justice

 

Né en 1932 à Kananga (Kasaï occidental) d’un père catéchiste, il fut l’un des premiers docteurs en Droit sortis de l’université Lovanium de Kinshasa. Mais il était encore étudiant lorsqu’il devint ministre adjoint de la Justice après le premier coup d’Etat de Mobutu, de septembre 1960 à février 1961.

 

Ses adversaires l’accusent d’avoir participé, en tant que tel, à l’envoi des compagnons de Lumumba - contre lequel il exige de la fermeté - vers le Sud-Kasaï sécessionniste, où ils connurent un sort funeste. Etienne Tshisekedi était entré dans la vie politique en 1958-59 comme “conseiller” du MNC-Kalonji, du nom d’un dissident fédéraliste kasaïen. De 1960 à 62, Albert Kalonji dirigea la sécession kasaïenne; son premier gouvernement, rendu public en juin 1961, annonce Etienne Tshisekedi au poste de ministre de la Santé. Mais il semble que celui-ci ait préféré exercer, à Léopoldville, les fonctions de recteur de l’Ecole nationale de droit et d’administration.

 

Au second coup d’Etat de Mobutu, en novembre 1965, Tshisekedi devient ministre de l’Intérieur, jusqu’en août 1968. C’est sans état d’âme qu’il justifiera, face à la caméra, la pendaison publique, en 1966, des “Martyrs de la Pentecôte”, trois ex-ministres et l’ex-Premier ministre Evariste Kimba, accusés de “complot” contre Mobutu.

 

Baron du mobutisme

 

Il est un des barons du mobutisme. En 1967, il est ainsi un des rédacteurs de la Constitution qui met fin au multipartisme pour n’admettre que deux partis au maximum - une idée que Tshisekedi tentera en vain d’imposer à la place du multipartisme, admis en 1990. Il participe à la création du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) et ne bronchera pas lorsque ce dernier devient parti unique en 1970. Et pour cause: depuis deux ans, et jusqu’en 1972, il en est le secrétaire national, tout en acceptant une ambassade au Maroc, puis le poste de vice-président de l’Assemblée nationale, jusqu’en 1974. De 1977 à 1980, il sera aussi président du conseil d’administration d’Air Zaïre.

 

C’est dans la seconde moitié des années 70 que celui que Mobutu appelait “l’aigri” change de camp. Si certains citent des ambitions non réalisées, c’est à coup sûr le massacre de Katekelay, dans son Kasaï natal, en 1978, qui pousse Tshisekedi à la rébellion: 100 à 300 chercheurs clandestins de diamant - la crise économique commence à frapper les plus faibles - sont tués par l’armée.

 

En 1980, il signe, avec douze autres parlementaires, une lettre à Mobutu réclamant la démocratisation du régime; tous sont relégués en province. Deux ans plus tard, ils créent l’UDPS, l’Union pour la démocratie et le Progrès social. Cela leur vaudra une condamnation à 15 ans de prison, suivie d’une amnistie en 1983.

 

C’est là que tourne le destin de Tshisekedi.

 

Dix ans d’avanies et de gloire

 

Car la création de ce second parti, interdit par la Constitution, va ouvrir pour le Kasaïen dix ans d’avanies, dix ans durant lesquels il ne sera libre que 14 mois - le reste passant en détention, liberté surveillée ou relégation. Dix ans de pressions qu’il subira sans faiblir, contrairement à nombre de ses compagnons. Dix ans à dire “non”, bien planté sur ses deux jambes, le torse puissant faisant face aux coups, refusant, comme un sanglier, de fuir quand on l’attaque.

 

Mais aussi, précisément pour cette résistance qui démythifie Mobutu le Léopard, dix ans de gloire grandissante. Dix ans durant lesquels Tshisekedi devient, pour les Zaïrois, l’opposition faite homme, l’espoir de lendemains qui dansent, le “Moïse” qui les sortira de l’esclavage du mobutisme.

 

En 1992, Etienne Tshisekedi est élu Premier ministre par 70% des 2800 membres de la Conférence nationale souveraine, mise sur pied dans le sillage de l’ouverture au multipartisme décidée en 1990 par Mobutu, toujours habile à flairer le vent. Cette consécration est aussi le commencement de la chute.

 

Les années qui suivent ne seront, en effet, plus celles de la confrontation brutale entre le dictateur et lui, mais un jeu du chat et de la souris, auquel le léopard est infiniment plus habile que le sanglier. Là où le premier ruse, pousse d’une patte légère ou feint de dormir, le second n’a qu’une stratégie, foncer.

 

Trois fois Tshisekedi sera nommé Premier ministre par son vieux rival; trois fois, l’exercice tourne court. De fin septembre à fin octobre 1991; le Kasaïen est remercié pour avoir biffé de sa prestation de serment la mention “garant de la Nation” attribuée au chef de l’Etat. Premier ministre encore d’août 1992 à février 1993. Et d’avril à mai 1997, à la veille de la fuite de Mobutu devant les armées coalisées des pays voisins, alliés à Laurent Kabila.

 

La république de la rue des Pétunias

 

En février 1998, Etienne Tshisekedi est arrêté par Laurent Kabila pour avoir voulu organiser une manifestation. L’ère Kabila va-t-elle relancer la roue du destin pour le Kasaïen?

 

Non. Comme si la mort de Mobutu lui avait enlevé sa rage de vaincre, Tshisekedi interprète, désormais, le rôle de Tshisekedi. Il joue au Premier ministre - puis, après les élections frauduleuses de 2011, au Président - dans sa parcelle de la rue des Pétunias, à Kinshasa, recevant des envoyés parmi des militants UDPS jouant au protocole d’Etat.

 

Loin de la rue des Pétunias, le grand parti qu’avait construit la fermeté de Tshisekedi face au Léopard s’est effrité. Parce que le chef est plus obstiné que résolu. Parce que ses choix fédéralistes kasaïens sont devenus un ethnisme luba qui vide peu à peu l’UDPS de ses membres non lubas. Parce que quand les Lubas du Kasaï, en 1992, sont victimes de pogroms au Katanga, après avoir fêté avec morgue la nomination de leur héros au poste de Premier ministre, celui-ci ne lève pas le petit doigt pour les aider: “Je n’interviens pas, pour éviter d’être accusé par les autres Zaïrois d’être intervenu dans le dossier de mes frères”, justifiera-t-il. Parce que le “leader maximo” ne quitte la capitale congolaise que pour aller se faire soigner - des mois, des années durant - en Afrique du Sud et en Belgique. Parce que le culte, parfois délirant, de sa personne finit par lasser les plus fidèles, tout comme sa paresse proverbiale, son autoritarisme (il faudra attendre 28 ans le premier congrès de l’UDPS) et les décisions erratiques qu’il impose au parti.

 

Erreur stratégique

 

Ainsi, en 2006, il commet l’erreur stratégique de ne pas participer aux élections pluralistes organisées sous la surveillance de la communauté internationale; l’UDPS sera donc absente du parlement. Il participe à celles de 2011 après s’être proclamé “Président” avant même le scrutin et avoir refusé toute concertation avec le reste de l’opposition sur une candidature unique: “Je n’ai pas lutté pendant 30 ans pour laisser ma place à un autre (...) S’il y a quelqu’un d’autre qui veut que ce soit sa candidature qui passe, cela ne peut pas se faire”. On sait que des fraudes massives ont diminué son nombre de voix au profit du président sortant Joseph Kabila.

 

Ce fut le dernier tour de piste de Tshisekedi, qui se replie sur sa famille, désormais toute puissante et soupçonnée de rédiger sous son nom les communiqués de la présidence du parti, alors que dissidences et excommunications achèvent d’assécher ce dernier. “Le Vieux” a cessé d’être l’homme providentiel lorsqu’il réussit inopinément, en juin 2016, à se remettre en selle: le “conclave” de l’opposition, à Genval - réputé financé par le milliardaire Katebe Katoto, grand frère de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga passé à l’opposition et seul rival de Tshisekedi dans la popularité auprès des Congolais - le nomme président d’un Rassemblement d’opposition qui doit conduire la lutte contre la prolongation du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Mais si l’opposition s’est largement unie derrière son panache blanc, la monture du “Vieux” n’avance pas: la répression a raison des manifestations et Kabila est prolongé pour un an. Mais les négociations pour parvenir à ce résultat montrent une famille Tshisekedi âpre au gain, réclamant la présidence du Comité de suivi de la transition pour Etienne et le poste de Premier ministre pour son fils, Félix. Trop c’est trop, même pour le “Vieux”, qui a présumé de ses forces. Avant même la fin des négociations - et n’étant plus apparu en public depuis six semaines - Etienne Tshisekedi est emmené pour “un check up” médical à Bruxelles par avion privé le 24 janvier.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 01:48
Lu pour vous : Des tortionnaires français au banc des accusés (Survie)

 

 

 

http://survie.org/   le 1er février 2017

 

(rédigé le 5 octobre 2016) par Yanis Thomas

 

Alors que l’opération militaire française Sangaris, une intervention extérieure déclenchée début décembre 2013 en République centrafricaine, est en pleine mutation, une procédure disciplinaire au sein de l’armée vient éclairer les agissements de certains de ses membres.

 

La nouvelle avait provoqué quelques remous avant l’été : le quotidien Ouest­-France (04/06) révélait que des militaires français appartenant au 2ème régi­ment d’infanterie de marine étaient sous le coup d’une mesure disciplinaire pour avoir tabassé deux Centrafricains au PK12, un quartier au nord de Bangui (la capitale), au début de l’année 2014 [1]. Le passage de cinq militaires devant un conseil d’enquête mili­taire fin septembre a permis de lever, en partie, le voile sur la réalité des exactions commises. Pour une histoire d’engagement commercial non honoré (non livraison de baïonnettes gravées déjà payées), un com­merçant a été sévèrement passé à tabac et menacé. Les informations rapportées par le journal Le Parisien (29/09) sont édifiantes : « "il y a eu des coups donnés, reconnaît un participant. Je peux dire que le marchand servait de punching­-ball." Groggy, la vic­time est attachée à un arbre, mains dans le dos, un sac en plastique sur la tête. Il reste­ra dans cette position plusieurs heures. Un officier finit par le libérer, non sans l’avoir menacé fusil à la main. "Si tu parles, ou si on te revoit dans les parages, c’est finex (sic) pour toi", a­-t­-il averti, selon un té­moin » . Des actes bien loin des reportages laudateurs de la propagande officielle en­tourant l’intervention française en Centra­frique.

 

Une pratique généralisée ?

 

Au delà de cette affaire, la question se pose concernant les « méthodes » em­ployées par les soldats français, ici au cours de l’opération Sangaris. Un autre témoi­gnage de militaire amène à penser que le re­cours à des sévices physiques contre des citoyens centrafricains serait monnaie cou­rante. Il s’agit des confidences recueillies en 2015 par le magazine Vice auprès d’un sol­dat, lui aussi en poste au PK12. Son récit d’une interpellation est glaçant :

 

« Pas le temps de négo­cier, vous savez pour­ quoi vous êtes là. »

 

« ce jour­-là, le mec refuse de se faire fouiller. Il porte des gris­-gris comme ceux des Anti­-Balaka [mi­lices opposées au groupe armé ayant pris le pouvoir en mars 2013, les Séléka], qui sont animistes. Il a un sac. T’es quasi sûr qu’il transporte des munitions ou des grenades. Avec deux gars de l’équipe vous l’emmenez à l’écart de la foule pour régler ça. Der­rière la cahute. Vous êtes trois. Deux pour le tenir, le troisième monte la garde. Il a deux grenades dans son sac mais il dit : "je ne sais rien". Pas le temps de négocier, vous savez pourquoi vous êtes là. Les gars en­chaînent direct. Mains dans le dos, ba­layette. Il se retrouve à plat ventre, la semelle de ta Ranger appuyée sur sa che­ville gauche, de tout ton poids, le genou du capo sur sa tempe. Tu croises son regard. Globules exorbités. Après ça ne dure jamais bien longtemps, quelques coups, le Famas [fusil d’assaut de l’armée française] dans la gueule. Ni plaisir, ni dégoût. Vous en­chaînez les coups-­menaces-­questions. Jus­qu’à ce qu’il vous dise sous quelle pierre ils cachent leurs trois Kalash. Une fois que vous êtes lancés, plus le choix. Faut avoir l’info, pour justifier le reste. Ne pas douter. Aller jusqu’au bout » [2]. Jusqu’où d’autres soldats français sont-­ils allés pour « justifier le reste »... ?

Paix franco-tchadienne

Le Parisien (29/09) rapporte les pro­pos de 5 militaires français jugés pour violences en Centrafrique. Ceux­-ci té­moignent (et parfois en rajoutent visible­ment pour excuser leur propre violence) sur les exactions auxquelles ils ont assis­té au début de l’opération Sangaris, no­tamment de la part des contingents tchadiens censés participer au maintien de la paix : « "On est montés crescendo jusqu’au massacre de la population par les Casques bleus tchadiens (NDLR : ils n’étaient en réalité, à cet instant­-là, pas encore mandatés par l’ONU). Il y avait au moins 30 corps. Là, on était pris à partie par les feux tchadiens", se souvient cet officier. Or dans ce conflit, le Tchad est un allié de la France. Face au bain de sang qui se déroule sous leurs yeux, les marsouins restent im­passibles, faute de directives contraires. "J’étais obligé de poster les mecs en leur donnant l’ordre de ne ja­mais ouvrir le feu sur les Tchadiens. Nous n’avons jamais reçu de conduite à tenir du [poste de commandement] sur cette action des Tchadiens" ». Mais si c’est le prix à payer pour que Jean­ Yves Le Drian puisse continuer à tu­toyer Idriss Déby...

 

Schizophrénie onusienne

 

L’ONU est une habituée des postures contradictoires. L’agence d’information IRIN (02/09), rattachée au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, vient d’en donner un brillant exemple grâce à un cas emblématique en Centrafrique. Ses journalistes ont dé­couvert que les locaux à Bangui de la Mi­nusca, la force de maintien de la paix onusienne présente dans le pays, appar­tiennent à... Badica, une entreprise dia­mantaire sanctionnée (gel de ses avoirs) par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour son soutien aux groupes armés qui dé­chirent le pays. Badica, qui fait partie du groupe Abdoulkarim, dirigé par l’homme d’affaire centrafricain Abdoul­ karim Dan Azoumi (basé à Anvers, en Belgique), servirait d’intermédiaire à ces groupes pour exporter illégalement de l’or et des diamants. L’ONU aurait versé plus d’un demi million de dollar de loyer à cette compagnie pour bénéficier de cette emprise dans la capitale. On croit rêver !

 

[1] Le parquet a ouvert par la suite une enquête préli­minaire pour « violences volontaires en réunion », « menaces avec armes » et « non­-assistance à victime » (RFI, 21/06/2016).

 

[2] Lire sur : http://www.vice.com/fr/read/souveni...

 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:57
Lu pour vous : Union africaine : les trois raisons de la victoire du Tchadien Moussa Faki Mahamat

 

 

 

Le nouveau président de la Commission de l’UA a été élu au septième tour de scrutin, avec un score confortable de 39 voix.

 

Par Seidik Abba (chroniqueur Le Monde Afrique, Addis-Abeba, envoyé spécial)

 

LE MONDE Le 31.01.2017 à 12h49 • Mis à jour le 31.01.2017 à 13h26


 

L’éclatement du vote des blocs régionaux

 

En théorie, lors du premier tour, les chefs d’Etat votent pour le représentant de leur région. Soutenu par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Abdoulaye Bathily n’a pourtant obtenu que dix des quinze voix de son organisation sous-régionale au premier tour. Avec seize voix, Amina Mohamed a fait, quant à elle, le plein des voix de l’Autorité intergouvernementale pour le développement de l’Afrique de l’Est (IGAD), prenant ainsi la première place du premier tour. Le Tchadien Moussa Faki Mahamat est arrivé deuxième à ce stade du scrutin avec quatorze voix, principalement venant de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

 

Déjà mise à mal au premier et au deuxième tour, la logique de vote par bloc sous-régional a totalement été abandonnée aux troisième et quatrième tours. Résultat : Abdoulaye Bathily a été éliminé au quatrième tour avec trois voix seulement, le candidat équato-guinéen Agapito Ba Mokuy a été écarté également avec deux voix, tout comme la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, sortie de la compétition avec huit voix.

 

Moussa Faki Mahamat a ainsi bénéficié du report des voix de la Cédéao et a pu compter sur le soutient de la CEEAC et des pays d’Afrique du Nord, notamment l’Algérie, la Libye et la Mauritanie. Avec 26 voix au cinquième tour, il est arrivé à faire jeu égal avec la candidate kényane Amina Mohamed qui a obtenu 27 voix. Ce n’est qu’au sixième tour que le ministre tchadien des affaires étrangères a pris le dessus sur la candidate qui a obtenu 25 voix, alors que lui en a obtenu 28. Conformément aux règles de l’UA, le candidat tchadien est resté seul en lice au septième et dernier tour du scrutin. Il a ainsi obtenu 39 voix pour et 15 abstentions.

 

Les dividendes de l’engagement anti-terroriste

 

Dès le premier tour, plusieurs Etats ont choisi de voter pour le candidat tchadien en reconnaissance de l’action de son pays dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Ainsi, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui appartiennent avec le Tchad au G5 Sahel, ont préféré voter pour le candidat tchadien plutôt que pour celui de la Cédéao, leur organisation sous-régionale. La Mauritanie, autre membre du G5 Sahel, a également voté pour le candidat tchadien. Pays membre avec le Niger, le Cameroun et le Tchad de la Force mixte multinationale (FMM), créée pour combattre la secte extrémiste Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, le Nigeria a aussi choisi la reconnaissance envers l’engagement anti-terroriste du Tchad par rapport à la solidarité à l’égard du candidat sous-régional.

 

Le vote anti-Sénégal

 

Le candidat tchadien a tiré profit du fort rejet, non pas d’Abdoulaye Bathily, mais de l’action diplomatique de son pays, le Sénégal. Ainsi, l’Angola, l’Ouganda et le Zimbabwe, qui ne souhaitaient pas le retour du Maroc au sein de l’UA, ont fortement soutenu la candidature de Moussa Faki Mahamat. Car, pour eux, le candidat sénégalais ferait le jeu du Maroc une fois élu à la présidence de la Commission. En Afrique de l’Ouest, les mauvaises relations en ce moment entre le Sénégal et certains pays de la sous-région ont profité dans les urnes au ministre tchadien des affaires étrangères. Ces tensions ont été manifestes lors de la crise post-électorale en Gambie. Alors que Macky Sall poussait pour le déclenchement d’une opération militaire afin de sortir Yahya Jammeh du palais présidentiel, le guinéen Alpha Condé a jusqu’au bout privilégié la voie diplomatique en vue d’obtenir une résolution pacifique de la crise.

 

Avec 39 voix, Moussa Faki Mahamat a donc été confortablement élu président de la Commission de l’UA pour les quatre prochaines années. Passée l’euphorie suscitée par sa désignation dans les rangs de la délégation tchadienne, il devra d’abord convaincre les quinze pays qui se sont abstenus de voter pour lui au septième tour. Il lui faudra également redynamiser une organisation continentale sortie affaiblie de quatre années de gouvernance de NKosazana Dlamini-Zuma.

 

Seidik Abba  chroniqueur Le Monde Afrique, Addis-Abeba, envoyé spécial


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/01/31/union-africaine-les-trois-raisons-de-la-victoire-du-tchadien-moussa-faki-mahamat_5072242_3212.html#0HTCVrBdEEOY8Gyt.99

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:26
Lu pour vous : Un fidèle de Denis Sassou-Nguesso, le président du Congo, mis en examen à Paris

 

 

Par David Bensoussan @@david_bensouss    Le 01.02.2017 à 13h02

 

 

EXCLUSIF

 

 Justin Koumba, l'actuel président de l'Assemblée congolaise, est visé par une information judiciaire pour blanchiment, ouverte à Paris. Il est proche du président Sassou-Nguesso dont la famille est aussi dans le collimateur de la justice française.

 

Les hauts dignitaires congolais n’ont pas la côte auprès des juges français. Selon nos informations, l’actuel président de l’Assemblée nationale du Congo-Brazzaville, Justin Koumba, âgé de 69 ans, a été mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire menée à Paris par la juge Patricia Simon. Les enquêteurs de l’Office centrale de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) le soupçonnent d’avoir blanchi en France de l’argent issu de détournements de fonds sur des marchés publics passés par l’Assemblée de Brazzaville. Ce fidèle du président Denis Sassou-Nguesso, en poste depuis dix ans, effectue des séjours réguliers à Paris où il détient notamment deux appartements, avenue Georges V et rue François 1er, dans le 8ème arrondissement. Ses avocats français, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit, n’ont pas souhaité faire de commentaire.

 

Plusieurs membres de la famille Sassou-NGuesso sont, par ailleurs, dans le collimateur du juge Roger Le Loire, qui mène l’enquête sur les « biens mal acquis » du Congo, du Gabon et de la Guinée équatoriale. Le fis du président, Denis-Christel, son gendre Guy Johnson, et ses neveux Edgar, directeur des grands travaux, et Wilfrid, qui a la main sur les taxes pétrolières, risquent eux aussi une mise en examen dans les prochaines semaines. Le clan est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics via des sociétés offshores aux Seychelles et à Maurice, ayant des comptes bancaires à San Marin. La justice a déjà saisi plusieurs appartements à Paris, Neuilly et Courbevoie, et une villa au Vésinet.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:16
RCA : Dernière Résolution du Conseil de sécurité n° 2339 (suite et fin)

 

 

Embargo sur les armes

 

1. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires battant leur pavillon ou d’aéronefs immatriculés chez eux, d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériels connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’applique pas :

 

a) Aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de la MINUSCA, de la Force régionale d’intervention (FRI) de l’Union africaine, des missions de l’Union européenne et des forces françaises déployées en République centrafricaine, ou à leur utilisation par celles-ci;

 

b) Aux livraisons de matériel non létal et à la fourniture d’une assistance, y compris les activités de formation opérationnelles et non opérationnelles dispensée aux forces de sécurité de la République centrafricaine, dont les services publics civils chargés du maintien de l’ordre, exclusivement destinés à soutenir le processus de réforme de la sécurité en République centrafricaine, ou à être utilisés dans le cadre de celui-ci, en coordination avec la MINUSCA, et sur notification préalable au Comité, et demande à la MINUSCA de lui faire rapport sur la contribution de cette exemption au processus de réforme du secteur de la sécurité, dans le cadre des rapports périodiques qu’il lui soumet;

 

c) Aux fournitures apportées en République centrafricaine par les forces soudanaises ou tchadiennes pour leur usage exclusif dans le cadre des patrouilles internationales de la force tripartite créée le 23 mai 2011 à Khartoum par la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad, pour renforcer la sécurité dans leurs zones frontalières communes, en coopération avec la MINUSCA, telles qu’approuvées préalablement par le Comité;

 

d) Aux livraisons de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection et à l’assistance technique ou à la formation connexes, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;

 

e) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République centrafricaine, pour leur usage personnel uniquement, par le personnel des Nations Unies, les représentants des médias et les agents humanitaires et du développement ou le personnel connexe;

 

f) Aux livraisons d’armes légères et autre matériel connexe destinés exclusivement à être utilisés dans le cadre des patrouilles internationales qui assurent la sécurité dans l’aire protégée du Trinational de la Sangha afin de lutter contre le braconnage, la contrebande d’ivoire et d’armes, et d’autres activités contraires au droit interne de la République centrafricaine ou aux obligations que lui impose le droit international, dont le Comité aura préalablement reçu notification;

 

g) Aux livraisons d’armes et autre matériel létal connexe, destinés aux forces de sécurité centrafricaines, dont les services publics civils chargés du maintien de l’ordre, et devant être utilisés exclusivement aux fins de la réforme du secteur de la sécurité ou de l’appui à celle-ci, sous réserve de l’approbation préalable du Comité; ou

 

h) Aux autres ventes ou livraisons d’armes et de matériels connexes, ou à la fourniture d’une assistance ou de personnel, sous réserve de l’approbation préalable du Comité;

 

2. Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par le paragraphe 1 de la présente résolution à les saisir, à les enregistrer et à les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins de leur élimination), et décide également que tous les États sont tenus de coopérer à cet effort;

 

3. Demande de nouveau aux autorités centrafricaines de s’attaquer, avec l’aide de la MINUSCA et des partenaires internationaux, au transfert illicite, à l’accumulation déstabilisatrice et au détournement d’armes légères et de petit calibre en République centrafricaine et d’assurer de façon sûre et efficace la collecte et la destruction des stocks excédentaires et des armes et munitions saisies, non marquées ou détenues illicitement, et souligne à quel point il importe d’intégrer ces éléments à la réforme du secteur de la sécurité et aux programmes de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement;

 

4. Engage vivement les autorités de la République centrafricaine à renforcer leurs capacités, avec l’appui de la MINUSCA, du Service de la lutte antimines, ainsi que des autres partenaires internationaux, pour ce qui est de stocker et gérer les armes et munitions qu’elles détiennent, y compris celles qui sont transférées des stocks de la MINUSCA, conformément aux pratiques internationales optimales et aux normes internationales, tout en veillant à ce que les forces armées centrafricaines et les forces nationales qui reçoivent de telles armes et munitions soient pleinement formées et contrôlées;

 

Interdiction de voyager

 

5. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour interdire l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des personnes désignées par le Comité, étant entendu que rien dans les dispositions du présent paragraphe n’oblige un État à refuser l’entrée sur son territoire à ses propres nationaux, et demande à cet égard au Gouvernement de la République centrafricaine de renforcer la coopération et les échanges d’informations avec les autres États;

 

6. Engage les États Membres à exiger des compagnies aériennes opérant sur leur territoire, s’il y a lieu et conformément à leur droit interne et aux instruments juridiques et documents cadres internationaux pertinents, qu’elles communiquent à l’avance aux autorités nationales compétentes des informations sur les passagers afin de détecter le départ de leur territoire, ou la tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire, à bord d’appareils civils, de personnes désignées par le Comité;

 

7. Engage également les États Membres à signaler au Comité le départ de leur territoire, ou toute tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire, de personnes désignées, ainsi que d’en informer l’État de résidence ou de nationalité s’il y a lieu et conformément à leur droit interne et à leurs obligations internationales;

 

8. Demande instamment aux autorités centrafricaines de veiller, lorsqu’elles mettront en œuvre les mesures énoncées au paragraphe 5 ci-dessus, à ce que les passeports et autres documents de voyage faux, falsifiés, volés ou perdus, ainsi que les passeports diplomatiques annulés, soient dès que possible retirés de la circulation conformément aux lois et pratiques nationales, et de communiquer les informations qu’elles possèdent sur ces documents aux autres États Membres en passant par la base de données d’INTERPOL;

 

9. Engage les États Membres à transmettre, lorsqu’ils en disposent et dans le respect de leur législation nationale, des photographies et les données biométriques des personnes désignées par le Comité afin qu’elles puissent figurer sur les notices spéciales INTERPOL-Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies;

 

10. Décide que les mesures imposées par le paragraphe 5 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas suivants :

a) Lorsque le Comité établit que tel ou tel voyage se justifie par des raisons humanitaires, y compris un devoir religieux;

b) Lorsque l’entrée ou le passage en transit est nécessaire aux fins d’une procédure judiciaire;

c) Lorsque le Comité conclut que telle ou telle dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de paix et de réconciliation nationale en République centrafricaine et la stabilité dans la région;

 

11. Souligne que les violations de l’interdiction de voyager peuvent mettre en péril la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine et que les personnes ou entités qui facilitent délibérément le voyage d’une personne inscrite sur la liste en violation de l’interdiction de voyager peuvent être considérées par le Comité comme remplissant les critères de désignation prévus dans la présente résolution et engage toutes les parties et tous les États Membres à coopérer avec le Comité et avec le Groupe d’experts sur l’application de l’interdiction de voyager;

 

Gel des avoirs

 

12. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres resteront tenus de geler sans délai les fonds et autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des personnes ou entités désignées par le Comité ou de toute personne ou entité agissant pour le compte ou sur les ordres de celles-ci ou de toute entité en leur possession ou sous leur contrôle, et décide en outre que tous les États Membres doivent continuer d’empêcher leurs nationaux ou toute personne ou entité se trouvant sur leur territoire de mettre à la disposition de ces personnes ou entités des fonds, avoirs financiers ou ressources économiques ou d’en permettre l’utilisation à leur profit;

 

13. Décide que les mesures visées au paragraphe 12 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques dont les États Membres concernés auront déterminé :

 

a) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires – denrées alimentaires, loyers, mensualités de prêts hypothécaires, médicaments, soins médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de services collectifs de distribution – ou pour régler ou rembourser des dépenses engagées dans le cadre de la prestation de services juridiques, notamment des honoraires, conformément à la législation nationale, ou des frais ou commissions liés au maintien en dépôt de fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques gelés, conformément à la législation nationale, après que l’État Membre concerné a informé le Comité de son intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès à ces fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques et en l’absence de décision contraire du Comité dans les cinq jours ouvrables suivant cette notification;

b) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, à condition que le ou les États Membres concernés en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord; ou

c) Qu’ils font l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas ils peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le privilège ou la décision soient antérieurs à la date de la présente résolution, que le créancier privilégié ou le bénéficiaire de la décision judiciaire, administrative ou arbitrale ne soit pas une personne ou une entité désignée par le Comité et que le privilège ou la décision judiciaire, administrative ou arbitrale aient été portés à la connaissance du Comité par l’État ou les États Membres concernés;

 

14. Décide que les États Membres pourront autoriser le versement, aux comptes gelés en vertu des dispositions du paragraphe 12 ci-dessus, des intérêts et autres rémunérations revenant à ces comptes ou des paiements dus au titre de marchés, d’accords ou d’obligations souscrits avant la date à laquelle ces comptes ont été assujettis aux dispositions de la présente résolution, étant entendu que ces intérêts, rémunérations et paiements resteront assujettis auxdites dispositions et resteront gelés;

 

15. Décide que les mesures visées au paragraphe 12 ci-dessus n’interdisent à aucune personne ou entité désignée d’effectuer des paiements au titre d’un contrat passé avant son inscription sur la liste, dès lors que les États concernés se sont assurés que le paiement n’est pas reçu directement ou indirectement par une personne ou entité visée au paragraphe 12 ci-dessus et qu’ils ont signifié au Comité avec un préavis de 10 jours leur intention d’effectuer ou de recevoir de tels paiements ou d’autoriser, selon qu’il conviendrait, le déblocage à cette fin de fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques;

 

Critères de désignation

 

16. Décide que les mesures visées aux paragraphes 5 et 12 s’appliquent aux personnes et entités que le Comité aura désignées comme se livrant ou apportant un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine, notamment des actes qui menacent ou entravent la stabilisation et la réconciliation ou alimentent les violences;

 

17. Décide également, à cet égard, que les mesures visées aux paragraphes 5 et 12 s’appliquent aussi aux individus et entités que le Comité aura désignés comme :

 

a) Agissant en violation de l’embargo sur les armes imposé au paragraphe 54 de la résolution 2127 (2013) et prorogé au paragraphe 1 de la présente résolution ou ayant directement ou indirectement fourni, vendu ou transféré à des groupes armés ou à des réseaux criminels opérant en République centrafricaine des armes ou du matériel connexe ou des conseils techniques, une formation ou une assistance, notamment financière, en rapport avec des activités violentes, ou en ayant été les destinataires;

b) Préparant, donnant l’ordre de commettre ou commettant, en République centrafricaine, des actes contraires au droit international des droits de l’homme ou au droit international humanitaire ou constituant des atteintes aux droits de l’homme ou des violations de ces droits, notamment des attaques dirigées contre des civils, attentats à motivation ethnique ou religieuse, attentats commis contre des écoles et des hôpitaux, enlèvements, déplacements forcés;

c) Préparant, donnant l’ordre de commettre ou commettant des actes de violence sexuelle ou sexiste en République centrafricaine;

d) Recrutant des enfants ou utilisant des enfants dans le conflit armé en République centrafricaine, en violation du droit international;

e) Apportant un appui à des groupes armés ou à des réseaux criminels par l’exploitation ou le trafic illicites de ressources naturelles de la République centrafricaine telles que les diamants, l’or, la faune et la flore sauvages ou les produits qui en sont tirés;

f) Faisant obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire destinée à la République centrafricaine, à l’accès à cette aide ou à sa distribution dans le pays;

g) Préparant, donnant l’ordre de commettre, finançant ou commettant des attaques contre les missions de l’ONU ou les forces internationales de sécurité, notamment la MINUSCA, les missions de l’Union européenne et les forces françaises qui les soutiennent;

h) Dirigeant une entité désignée par le Comité en application des paragraphes 36 et 37 de la résolution 2134 (2014), des paragraphes 11 et 12 de la résolution 2196 (2015), des paragraphes 12 et 13 de la résolution 2262 (2016) ou de la présente résolution, ou ayant apporté un soutien à une personne ou une entité désignée par le Comité en application des paragraphes 36 et 37 de la résolution 2134 (2014) des paragraphes 11 et 12 de la résolution 2196 (2015), des paragraphes 12 et 13 de la résolution 2262 (2016) ou de la présente résolution ou à une entité appartenant à une personne ou une entité désignée ou contrôlée par elle, ou ayant agi en son nom, pour son compte ou sur ses instructions;

 

18. Se félicite des mesures prises par les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour mettre en œuvre l’Initiative régionale contre l’exploitation illégale des ressources naturelles approuvée dans la Déclaration de Lusaka de 2010, notamment la promotion de l’utilisation par les acteurs économiques de directives en matière de diligence telles que le Guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque, et encourage tous les États, en particulier ceux de la région, à continuer de faire connaître les directives de ce type;

 

Comité des sanctions

 

19. Décide que le mandat du Comité s’applique aux mesures prévues aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites par la présente résolution;

 

20. Souligne qu’il importe de tenir des consultations régulières avec les États Membres concernés, les organisations internationales, régionales et sous-régionales, selon que de besoin, en particulier les États voisins et les États de la région, afin d’assurer la mise en œuvre de toutes les mesures reconduites dans la présente résolution et, à cet égard, encourage le Comité à envisager, le cas échéant, que son président ou ses membres se rendent dans certains pays;

21. Engage tous les États Membres, en particulier les États voisins et ceux qui sont membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, à user des procédures de notification préalable et d’exemption énoncées au paragraphe 1 de la présente résolution pour restituer des armements et matériels connexes de tous types appartenant aux Forces armées centrafricaines, ou pour fournir toute assistance technique ou formation et toute autre aide en rapport avec les activités militaires menées par les forces de sécurité et de défense nationales centrafricaines, et demande à cet égard au Groupe d’experts d’apporter l’aide voulue en application du paragraphe 28 b) de la présente résolution;

 

22. Demande au Comité de recenser tout cas de non-respect des mesures visées aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 ci-dessus et de décider pour chaque cas de la conduite à suivre, et prie le Président du Comité de lui rendre compte des activités menées par le Comité sur cette question dans les rapports qu’il lui présentera en application du paragraphe 37 ci-après;

 

23. Constate que le Processus de Kimberley a décidé que la République centrafricaine pouvait reprendre le commerce de diamants bruts en provenance de « zones conformes » établies aux conditions fixées par le Processus, note que le Processus entend tenir le Conseil de sécurité, le Comité et son groupe d’experts, ainsi que la MINUSCA, informés de ses décisions, et prie la présidence du Groupe de travail chargé du suivi d’informer régulièrement le Comité des travaux de l’Équipe de suivi pour la République centrafricaine et notamment de toute décision concernant les zones désignées comme « zones conformes » et le commerce des stocks de diamants bruts détenus en République centrafricaine;

 

24. Demande aux centres diamantaires et aux États de la région de redoubler de vigilance pour appuyer l’action que mènent les autorités de la République centrafricaine afin de rétablir le commerce légitime et tirer parti de ses ressources naturelles; et se félicite de ce que la République centrafricaine prenne des mesures spéciales pour améliorer la traçabilité des diamants en provenance de zones conformes afin qu’ils ne soient pas utilisés au profit de groupes armés ni pour la déstabiliser;

 

25. Engage le Processus de Kimberley à régler la question des stocks de diamants en coopération avec les autorités de la République centrafricaine et en consultation avec le Comité d’experts;

 

Groupe d’experts

 

26. Exprime son appui sans réserve au Groupe d’experts sur la République centrafricaine créé par le paragraphe 59 de la résolution 2127 (2013);

 

27. Décide de proroger jusqu’au 28 février 2018 le mandat du Groupe d’experts, entend réexaminer le mandat et faire le nécessaire concernant sa reconduction le 31 janvier 2018 au plus tard, et prie le Secrétaire général de prendre dès que possible les dispositions administratives voulues pour soutenir son action;

 

28. Décide que le Groupe d’experts devra notamment exécuter les tâches suivantes :

 

a) Aider le Comité à s’acquitter du mandat défini dans la présente résolution;

b) Réunir, examiner et analyser les informations reçues des États, des organismes des Nations Unies compétents, des organisations régionales et d’autres parties intéressées, concernant l’application des mesures édictées dans la présente résolution, en particulier les violations de ses dispositions, notamment pour fournir aux États Membres, à leur demande, une assistance en matière de renforcement des capacités;

c) Remettre au Conseil de sécurité, après concertation avec le Comité, un bilan à mi-parcours le 30 juillet 2017 au plus tard et lui présenter d’ici au 31 décembre 2016 un rapport final sur la mise en œuvre des mesures visées aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 de la présente résolution;

d) Présenter des mises à jour au Comité, en particulier dans les situations d’urgence ou lorsque le Groupe d’experts le juge nécessaire;

e) Aider le Comité à préciser et à actualiser les informations concernant la liste des personnes et entités désignées par le Comité conformément aux critères réaffirmés aux paragraphes 16 et 17 ci-dessus, notamment en fournissant des données biométriques et d’autres renseignements pouvant servir à établir le résumé des motifs présidant à leur inscription sur la liste, qui est rendu public;

f) Aider le Comité en lui fournissant des renseignements sur les individus et entités susceptibles de remplir les critères de désignation énoncés aux paragraphes 16 et 17 ci-dessus, notamment en communiquant ces renseignements au Comité à mesure qu’ils deviennent disponibles, faire figurer dans ses rapports écrits les noms des individus et entités à inscrire, les informations permettant de les identifier et tous éléments tendant à montrer que ces critères de désignation sont réunis;

g) Coopérer avec l’Équipe de suivi du Processus de Kimberley pour la République centrafricaine pour appuyer la reprise des exportations de diamants bruts en provenance de la République centrafricaine et signaler au Comité si la reprise du commerce déstabilise le pays ou profite à des groupes armés;

 

29. Demande au Secrétariat de lui présenter, d’ici au 30 mai 2017, des options concernant la définition de critères, en coordination avec l’EUTM et d’autres partenaires s’occupant des questions de réforme du secteur de la sécurité et en consultation avec les autorités centrafricaines, qui permettent d’évaluer les mesures d’embargo sur les armes au regard des progrès accomplis dans la réforme du secteur de la sécurité, y compris en ce qui concerne les FACA et les forces de sécurité nationales et leurs besoins, ainsi que de lui fournir des renseignements supplémentaires sur le groupe de travail chargé de l’embargo sur les armes dont le Groupe d’experts lui a recommandé d’envisager la création à la MINUSCA, notamment sur sa composition, ses tâches, son fonctionnement, ses besoins en ressources et les conséquences qui en découleraient pour l’exécution du mandat de la MINUSCA, en se référant aux expériences analogues ayant eu lieu dans d’autres missions de maintien de la paix des Nations Unies;

 

30. Demande au Groupe d’experts de coopérer activement avec les autres groupes d’experts qu’il a créés, si cela est utile à l’exécution de leur mandat;

 

31. Se déclare préoccupé en particulier par les informations selon lesquelles des réseaux de trafiquants continuent de financer et d’approvisionner les groupes armés en République centrafricaine, et encourage le Groupe d’experts à prêter une attention particulière à l’analyse de ces réseaux dans le cadre de l’exécution de son mandat;

 

32. Prie instamment la République centrafricaine, les États voisins et les autres États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs de coopérer au niveau régional en vue d’enquêter sur les réseaux criminels et les groupes armés impliqués dans l’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles, notamment l’or et les diamants, et le braconnage et le trafic d’espèces sauvages;

 

33. Demande instamment à toutes les parties et à tous les États Membres, ainsi qu’aux organisations internationales, régionales et sous-régionales, de coopérer avec le Groupe d’experts et d’assurer la sécurité de ses membres;

 

34. Prie instamment tous les États Membres et tous les organismes compétents des Nations Unies de permettre au Groupe d’experts de consulter toutes personnes et d’accéder à tous documents et sites, afin qu’il puisse s’acquitter de son mandat;

 

35. Demande à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé et à la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit de continuer de communiquer au Comité des informations sur ces questions, conformément au paragraphe 7 de la résolution 1960 (2010) et au paragraphe 9 de la résolution 1998 (2011);

 

Notification des mesures prises et suivi de la situation

 

36. Demande à tous les États, en particulier ceux de la région et ceux dans lesquels se trouvent des personnes ou des entités désignées, de mettre en œuvre activement les mesures prévues par la présente résolution et de rendre régulièrement compte au Comité de ce qu’ils font pour appliquer les mesures prévues aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 de la présente résolution;

 

37. Prie le Comité de lui faire oralement au moins une fois par an, par la voix de son président, un bilan de ses travaux, le cas échéant avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine, et de lui rendre compte en tant que de besoin de la situation en République centrafricaine, et invite le Président du Comité à tenir régulièrement des réunions d’information à l’intention de tous les États Membres intéressés;

 

38. Affirme qu’il continuera de suivre l’évolution de la situation en République centrafricaine et se tiendra prêt à examiner l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, et notamment à apprécier s’il convient de les renforcer par de nouvelles mesures, de les modifier, de les suspendre ou de les lever, en fonction des progrès accomplis dans la stabilisation du pays et le respect de la présente résolution;

 

39. Décide de rester activement saisi de la question.

 

(suite et fin)

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:05
RCA : Dernière Résolution du Conseil de sécurité n° 2339

 

 

* S/2016/1032

CS/12697
27 JANVIER 2017

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

Lettre datée du 5 décembre 2016, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Groupe d’experts sur la République centrafricaine reconduit dans son mandat par la résolution 2262 (2016) (S/2016/1032)

 

Texte du projet de résolution (S/2017/77)

 

Le Conseil de sécurité,

 

Rappelant ses précédentes résolutions et déclarations sur la République centrafricaine, en particulier ses résolutions 2121 (2013), 2127 (2013), 2134 (2014), 2149 (2014), 2181 (2014), 2196 (2015), 2212 (2015), 2217 (2015), 2262 (2016), 2264 (2016), 2281 (2016) et 2301 (2016), ainsi que sa résolution 2272 (2016) et les déclarations de son président en date des 18 décembre 2014 (S/PRST/2014/28), 20 octobre 2015 (S/PRST/2015/17) et 16 novembre 2016 (S/PRST/2016/17),

 

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République centrafricaine, et rappelant l’importance des principes de non-ingérence, de bon voisinage et de coopération régionale,

 

Rappelant qu’il incombe au premier chef aux autorités de la République centrafricaine de protéger toutes les populations du pays contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité,

 

Constatant avec préoccupation que, si elle s’améliore, la sécurité en République centrafricaine n’en demeure pas moins précaire, en raison de la présence constante de groupes armés et autres fauteurs de troubles armés, ainsi que de la violence qui perdure, du manque de moyens des forces nationales de sécurité, de l’autorité limitée de l’État sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, et de la persistance des causes profondes du conflit,

 

Insistant sur le fait que tout règlement durable de la crise en République centrafricaine, y compris le processus politique, doit être aux mains de la République centrafricaine et accorder la priorité à la réconciliation du peuple centrafricain, dans le cadre d’un processus sans exclusive associant les hommes et les femmes, y compris les personnes qui ont été déplacées du fait de la crise, quelle que soit leur origine sociale, économique, politique, religieuse et ethnique,

 

Demandant aux autorités de la République centrafricaine de prendre d’urgence des mesures transparentes et sans exclusive en vue de parvenir à la stabilisation et à la réconciliation dans le pays, y compris des initiatives concrètes pour rétablir l’autorité effective de l’État sur l’ensemble du territoire; à lutter contre l’impunité par le rétablissement de l’administration de la justice et du système de justice pénale, notamment le système pénitentiaire, dans tout le pays; à accélérer la réforme des Forces armées centrafricaines (FACA) et des forces de sécurité nationales afin de mettre en place des services de sécurité multiethniques, professionnels et républicains dans le cadre d’une réforme adaptée du secteur de la sécurité; à prendre des mesures effectives de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de rapatriement (DDRR) s’appliquant à l’ensemble des groupes armés, y compris aux enfants qui leur étaient associés; et à instaurer une gestion efficace des finances publiques pour faire face aux dépenses de fonctionnement de l’État, mettre en œuvre des plans de relèvement rapide et relancer l’économie,

 

Encourageant les autorités de la République centrafricaine, en collaboration avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et la Mission militaire de formation PSDC de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), à assurer l’égalité des chances aux membres des groupes armés, qu’il s’agisse d’éléments « antibalaka » ou d’éléments de l’ex-Séléka, lors de la sélection des membres démobilisés qui remplissent les conditions requises pour intégrer les forces de défense et de sécurité nationales, et à assurer aux soldats des FACA de toutes les préfectures l’égalité d’accès à la procédure d’enregistrement et de vérification simplifiée,

 

Soulignant qu’il importe de refonder en République centrafricaine une armée nationale qui soit multiethnique, républicaine et professionnelle, reconnaissant à cet égard le travail réalisé par l’EUTM-RCA, et se félicitant que les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) aient l’intention de contribuer à la formation des forces de défense et sécurité nationales à l’appui des autorités nationales et en coordination avec l’EUTM,

 

Appelant les autorités de la République centrafricaine à veiller à ce que les auteurs de violations du droit international applicable, y compris celles commises contre des enfants et des femmes, soient exclus des services de sécurité et des forces armées nationales,

 

Accueillant avec satisfaction l’engagement pris par le Secrétaire général d’appliquer rigoureusement sa politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles, se déclarant gravement préoccupé par les nombreuses allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles imputées à des soldats de la paix en République centrafricaine, soulignant qu’il importe au plus haut point que les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police, ainsi que la MINUSCA, enquêtent rapidement sur ces affaires de façon crédible et transparente et fassent en sorte que les auteurs d’infractions pénales ou d’écarts de conduite répondent de leurs actes, et soulignant également qu’il convient de prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles et d’améliorer les mesures prises pour donner suite aux allégations,

 

Accueillant également avec satisfaction le rapport du Secrétaire général daté du 29 septembre 2016 (S/2016/824), établi en application de la résolution 2301 (2016),

 

Saluant le bilan à mi-parcours et le rapport final du Groupe d’experts sur la République centrafricaine (S/2016/1032) créé en application de la résolution 2127 (2013) et reconduit successivement dans son mandat par les résolutions 2134 (2014) et 2262 (2016), et prenant note des recommandations du Groupe d’experts,

 

Condamnant fermement les actes de violence et l’instabilité en République centrafricaine, les menaces de violence, les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits ainsi que les violations du droit international humanitaire, notamment à l’égard des femmes et des enfants; les attaques contre des soldats de la paix des Nations Unies, les forces internationales et le personnel humanitaire; le cycle continu de provocations et de représailles imputables à des groupes armés, tant à Bangui qu’à l’extérieur de la ville et le refus d’accès humanitaire, par des éléments armés, aggravant encore la situation humanitaire extrêmement difficile dans laquelle se trouve la population civile et entravant l’accès des acteurs humanitaires aux populations vulnérables,

 

Soulignant qu’il est urgent et impératif de mettre un terme à l’impunité dont jouissent tous les auteurs de ces actes en République centrafricaine – dont certains peuvent constituer des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, auquel ce pays est partie – et de traduire ces auteurs en justice, notant à cet égard que le Procureur de la Cour a ouvert, le 24 septembre 2014, à la demande des autorités nationales, une enquête sur les crimes qui auraient été commis depuis 2012, et se félicitant de la coopération continue des autorités de la République centrafricaine dans ce domaine,

 

Soulignant également qu’il est primordial d’instaurer un système judiciaire national efficace, et qu’il faut renforcer à cette fin les mécanismes nationaux d’établissement des responsabilités, notamment en poursuivant la mise en œuvre du Mémorandum d’accord du 7 août 2014 sur les mesures temporaires d’urgence et de la loi promulguée en juin 2015 portant création d’une Cour pénale spéciale nationale chargée d’enquêter sur les crimes graves commis en République centrafricaine et d’en traduire les auteurs en justice; et rappelant qu’il importe que la communauté internationale continue d’appuyer le processus engagé par les autorités de la République centrafricaine,

 

Soulignant en outre que ceux qui se livrent à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine ou les appuient, mettent en péril ou entravent le processus politique de stabilisation et de réconciliation, et dirigent des attaques contre des civils ou des soldats de la paix, pourraient répondre aux critères de désignation aux fins de sanctions énoncés dans la présente résolution,

 

Se déclarant préoccupé par le fait que le trafic, le commerce et l’exploitation illicites ainsi que la contrebande de ressources naturelles, notamment l’or, les diamants et la faune et la flore sauvages, ont un impact négatif sur l’économie et le développement du pays et continuent de menacer la paix et la stabilité de la République centrafricaine,

 

Prenant note de la décision administrative du processus de Kimberley relative à la reprise des exportations de diamants bruts de la République centrafricaine, de son cadre opérationnel joint en annexe, et de la mise en place de l’Équipe de suivi du Processus de Kimberley pour la République centrafricaine, et reconnaissant les efforts extraordinaires déployés par les autorités de la République centrafricaine et le Processus de Kimberley pour réintégrer de façon responsable et progressive la République centrafricaine dans le commerce mondial des diamants, l’établissement préalable de « zones conformes »,

 

Prenant note avec inquiétude des conclusions du rapport final du Groupe d’experts, selon lesquelles l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) reste active en République centrafricaine, a établi des liens avec d’autres groupes armés et tire des revenus de l’exploitation et du commerce des ressources naturelles, telles que l’or, les diamants et les produits du braconnage,

 

Prenant également note avec inquiétude des activités liées à la criminalité transnationale qui se poursuivent dans la région, soulignant que la situation en République centrafricaine risque de créer un climat propice à une intensification de ces activités, notamment celles liées au trafic d’armes et à l’utilisation de mercenaires, et de constituer un terreau pour les réseaux extrémistes,

 

Reconnaissant, à cet égard, que l’embargo sur les armes par lui décrété peut jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le transfert illicite d’armes et de matériels connexes en République centrafricaine et dans la région et concourir de façon non négligeable à la consolidation de la paix après les conflits, au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement et à la réintégration (DDRR) ainsi qu’à la réforme du secteur de la sécurité, rappelant ses résolutions 2117 (2013), 2127 (2013), 2220 (2015) et 2262 (2016) et se déclarant vivement préoccupé par la menace que font peser sur la paix et la sécurité en République centrafricaine le transfert illicite, l’accumulation déstabilisatrice et le détournement d’armes légères et de petit calibre ainsi que l’emploi de ces armes contre les civils touchés par le conflit armé,

 

Réaffirmant qu’il importe que tous les États Membres appliquent intégralement les mesures énoncées dans ses résolutions 2127 (2013), 2134 (2014), 2196 (2015), 2262 (2016) ainsi que dans la présente résolution, y compris l’obligation de mettre en œuvre des sanctions ciblées contre les personnes et entités désignées par le Comité des sanctions créé en application de la résolution 2127 (2013),

 

Notant l’importance déterminante d’une bonne application du régime de sanctions, notamment le rôle clef que les États voisins, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales, peuvent jouer à cet égard, et encourageant les efforts visant à renforcer encore la coopération et l’application du régime des sanctions sous tous ses aspects,

 

Prenant note avec inquiétude des informations selon lesquelles des personnes visées par les sanctions voyagent dans la région en violation de l’interdiction de voyager, et soulignant que les individus ou entités qui facilitent délibérément le voyage de personnes inscrites sur la Liste en violation de ladite interdiction, peuvent être considérées par le Comité comme remplissant les critères de désignation pour figurer sur la Liste,

 

Se félicitant des dispositions prises par son président et par le Président du Comité des sanctions pour appuyer et renforcer l’application des mesures imposées en application de la résolution 2262 (2016), notamment du dialogue établi avec les États Membres, en particulier les États de la région, et se félicitant, à cet égard, du voyage effectué en République centrafricaine par le Président et les membres du Comité en mai 2016,

 

Accueillant avec satisfaction le document final de la conférence internationale de soutien qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2016 et les contributions qui ont été annoncées durant cette conférence, en engageant les États Membres à les verser rapidement, et encourage une mobilisation encore plus poussée lors de la Conférence de solidarité de l’Union africaine pour la République centrafricaine qui se tiendra à Addis-Abeba en février 2017,

 

Constatant que la situation en République centrafricaine continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

 

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

 

(A suivre)

 

 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 18:42

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

Bangui, le 1er février 2017 – Le redéploiement de la Force de la MINUSCA, actuellement en cours sur le territoire de la République centrafricaine, est une réponse à la présence et à la menace des groupes armés, a indiqué mercredi le Commandant de la Force, le Général Balla Keita. Le Général a précisé que même si des bases opérationnelles temporaires sont fermées dans le cadre de cette mesure, la Force restera présente pour protéger les populations civiles.

 

« Nous ne laissons personne. Nous avons seulement changé de mode d’action pour être plus efficaces face aux groupes armés et mieux protéger les populations », a dit le Commandant de la Force lors de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA, en compagnie du chef de la Section des Affaires civiles de la Mission, Laurent Guépin.

 

« Avant, nos troupes étaient disposées un peu partout sur le territoire avec des bases opérationnelles temporaires. Avec le mandat adopté en juillet 2016, il fallait regrouper et former une force consistante. Les commandants de secteurs pourront disposer chacun d’une réserve qu’ils pourront utiliser en cas de besoin », a ajouté le Général Keita. En plus de la concentration des forces, le redéploiement permettra “plus de mobilité, plus de flexibilité et une plus grande de réactivité”. En outre, la Force va augmenter ses points de contrôle et ses patrouilles, notamment sur de longues distances et pendant la nuit pour assurer la sécurité des populations, mais également réhabiliter des routes et des ponts pour faciliter la mobilité des casques bleus.

 

Le Commandant de la Force a rappelé que la protection des civils reste au centre du mandat de la MINUSCA et que, dans ce cadre, la Mission ne permettra pas que la crise entre groupes armés dans la région de Bambari n’entraine une guerre dans la ville qui « provoquerait des milliers de victimes civiles et de déplacés ». Quant aux groupes armés, le Général Keita a souligné que la MINUSCA continue à travailler pour les amener autour de la table et discuter dans le cadre du dialogue mis en place par les autorités. « On va continuer à communiquer avec les groupes armés. Pour ceux qui ne veulent pas dialoguer, nous trouverons d’autres moyens », a conclu le Commandant de la Force.

 

Pour sa part, le chef de la Section des Affaires civiles de la MINUSCA a rappelé le rôle de la composante civile de la Mission dans la protection des populations civiles. « La responsabilité de protéger est collective et n’implique pas que la Force. Elle concerne en premier lieu les autorités centrafricaines, la population, les autres composantes de la MINUSCA, les organisations humanitaires, les ONGs, etc. », a expliqué Laurent Guépin.

 

Le chef de des Affaires civiles a ajouté que sa division travaille « en étroite collaboration avec la Force », notamment avec ses 52 agents de liaison communautaire déployés dans 35 localités des 16 préfectures et qui sont « le lien entre les communautés, les autorités locales et la Force ». « Ce sont des citoyens centrafricains qui travaillent pour la MINUSCA pour essayer de trouver des réponses aux problèmes des Centrafricains », a-t-il souligné.

 

Concernant l’impact du redéploiement des militaires sur l’action des agents de liaison communautaire, Guépin a précisé qu’il suffira de suivre et de s’adapter à « la configuration de la Force. » « Si la Force est plus mobile, nos agents vont suivre les mouvements pour continuer à apporter leur contribution en terme de liaison et d’amélioration de nos réponses aux attentes des populations notamment dans les patrouilles », a affirmé Guépin. Selon le responsable, la MINUSCA compte porter à 87 le nombre d’agents de liaison communautaire avec le recrutement d’une trentaine de personnes supplémentaires.

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Bureau de la Communication et de l'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

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LE REDEPLOIEMENT DE LA FORCE EST UNE REPONSE A LA PROBLEMATIQUE DES GROUPES ARMES
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 01:20
Lu pour vous : Moussa Faki Mahamat, un fidèle d'Idriss Déby élu à la tête de l'Union africaine

 

 

 

Par Célian Macé — Libération 30 janvier 2017 à 18:11

 

Le choix du Tchadien, qui remplace la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, consacre la montée en puissance de N’Djaména sur la scène continentale.

 

L’élection du successeur de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma était l’un des grands enjeux du 28e sommet de l’Union africaine. Cet été, les pays membres avaient échoué à se mettre d’accord sur le nom du futur président de la Commission de l’UA, le bras exécutif de l’organisation. Ce lundi, à Addis-Abeba, c’est finalement le Tchadien Moussa Faki Mahamat qui a été préféré, par 39 voix sur 54, à la ministre des Affaires étrangères kényane, Amina Mohamed.

 

Cet ancien Premier ministre du Tchad (2003-2005) de 56 ans est un «homme de confiance du président Idriss Déby», décrit Jérôme Tubiana, chercheur indépendant spécialiste du Tchad. Il fut le directeur de cabinet (1999-2000) et le directeur de campagne (2001) du chef de l’Etat. Depuis 2008, il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères. «C’est un nordiste, de l’ethnie zaghawa comme Déby, mais il n’a pas vraiment d’influence sur le plan communautaire, précise Jérôme Tubiana. Il a grandi dans un milieu arabe, c’est un intellectuel. Donc ce n’est pas un rival pour le Président.»

 

Son élection consacre en tout cas la montée en puissance de N’Djaména sur la scène continentale. Géographiquement situé au centre de toutes les crises régionales – Mali, Libye, Soudan, Nigeria, Centrafrique –, le Tchad est intervenu militairement à plusieurs reprises ces dernières années, notamment aux côtés de des soldats français pendant l’opération Barkhane. L’efficacité de son armée en fait un acteur redouté. «Avant son intervention au Mali, en 2013, le Tchad était invisible, rappelle le chercheur. De 2014 à 2015, il a eu un siège pendant deux ans au Conseil de sécurité de l’ONU, et en 2016, il a présidé l’Union africaine. C’est désormais un poids lourd.»

 

Moussa Faki Mahamat a déjà déclaré que les priorités de son mandat de quatre ans seraient le développement et la sécurité. Il a la réputation d’un homme pragmatique, qui connaît bien les dossiers régionaux. «Je pense que l’Union africaine a besoin d’un leadership affirmé, expliquait-il sur RFI la semaine dernière. Qui trop embrasse mal étreint. Je crois qu’il faut recentrer sur l’essentiel. Par exemple, depuis 2002, nous avons adopté aux alentours de 1 800 décisions et résolutions. Moins de 15% ont été réellement mises en œuvre.» Sur ce plan, la présidente sortante, Nkosazana Dlamini-Zuma, en poste depuis 2012, a en effet beaucoup déçu. «Elle ne voyait pas beaucoup plus loin que l’Afrique australe», commente Jérôme Tubiana.

 

La désignation du Tchadien, après sept tours de scrutin, est aussi une victoire pour le camp francophone, dans la lutte d’influence – toujours sous-jacente – avec l’Afrique anglophone. Moussa Faki Mahamat s’est, par ailleurs, déjà prononcé en faveur du retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine, après trente-deux ans d’absence. C’est l’autre dossier brûlant du sommet d’Addis-Abeba. Il devrait être tranché dans les prochaines vingt-quatre heures.

 

Célian Macé

 

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