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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 17:43
LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE AU CHEVET DES VICTIMES DES INONDATIONS
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LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE AU CHEVET DES VICTIMES DES INONDATIONS

 

 DANS LES 6ème ET 2ème ARRONDISSEMENTS DE BANGUI

 

Témoigner de sa solidarité et apporter un réconfort moral, tel a été le sens ce jeudi après-midi, 24 octobre 2019 de la visite effectuée par l’honorable Laurent NGON-BABA, Président de l’Assemblée Nationale auprès des populations des 6ème et 2ème arrondissements de Bangui, victimes de la montée brusque des eaux du fleuve Oubangui ayant entrainé des inondations à grande échelle.

Sous un soleil de plomb à son arrivée sur le terrain de football Maya-Maya au quartier Mandja-Otto, site qui abrite quelques deux mille sans abris, le Président de l’Assemblée Nationale a été accueilli par le 1er  Vice-président de la municipalité du 6ème, Monsieur Sosthène CHEF et Augustin TO-SAH-BE-NZA, député de la localité en présence d’une foule impressionnante. Puis, s’en était suivie une visite des locaux des sinistrés avant que le visiteur ne puisse constater l’étendue des dégâts marqués par des maisons d’habitation inondées à perte de vue et où certaines victimes se déplacent en pirogues pour aller récupérer ou sauver ce qui peut l’être.

Au niveau de CICI dans le 2ème arrondissement, plus de 300 personnes exposées aux piqûres des moustiques ont trouvé refuge dans un bâtiment abandonné par son propriétaire. Ce qui n’a pas laissé indifférent le numéro du Parlent centrafricain en bon père de famille qui, après avoir délivré un message de soutien et d’espérance a mis la main à la poche.

Le Président de l’Assemblée Nationale Laurent NGON-BABA préoccupé par cette catastrophe naturelle a fait la déclaration suivante : « Nous sommes en pleine saison de pluie surtout pour le mois d’octobre où la saison de pluie tant vers sa fin. Effectivement, nous venons d’être informé de ce que il y’a une inondation forte dans les 2ème  et  6ème  arrondissements de Bangui. Etant Président de l’Assemblée Nationale, député et représentant de la population, nous ne pouvons rester insensibles. C’est ainsi qu’avec les membres du Bureau, les membres de mon cabinet nous sommes transportés sur les sites concernés pour nous rendre compte de la réalité des événements ». 

« Nous sommes allés dans le 6ème   arrondissement avec le député de la dite circonscription à savoir l’honorable TO-SAH-BE-NZA, par ailleurs nous sommes allés dans le 2ème arrondissement avec notre collègue MASSIKINI ensemble, nous avons vu dans quelle situation se trouvait la population. Les maisons envahies d’eau, les enfants qui, aujourd’hui devraient être à l’école, sont abandonnés, sont dans la nature avec des effets scolaires bref, disons ils sont abandonnés. Nous avons vu des femmes et des hommes qui se plaignent des moustiques, qui se plaignent des abris, qui se plaignent de tout. Aujourd’hui, ils sont démunis de tout et nous sommes venus à leur chevet d’abord en tant que représentant du peuple pour les écouter, d’écouter leurs pleurs, d’écouter leurs préoccupations afin de jouer notre rôle de représentant de la nation. C’est ainsi que nous les avons d’abord encouragés parce qu’il faut encourager tes semblables lors qu’ils se trouvent dans une telle situation, ce qui a été fait », a indiqué le Président de l’Assemblée Nationale avant d’ajouter que : «  Dans un deuxième temps nous avons recueilli leur besoins et ça nous permet aujourd’hui nous élus de la nation d’exercer notre rôle. Rôle de représentant auprès des institutions concernées à savoir en premier lieu le Gouvernement avec qui nous devons prendre attache pour voir à quel niveau d’intervention se trouve-t-il. Ensuite il n’y a pas que le Gouvernement, nous devons aussi prendre attache avec les partenaires, les pays amis à la République Centrafricaine, les organisations qui peuvent intervenir dans ce domaine afin d’aider très rapidement et dans un bref délai la population concernée ». 

« La population est dans une situation de tristesse aujourd’hui » a-t-il conclu.

Ont accompagné le Président de l’Assemblée Nationale dans ce déplacement, les 1er, 2ème et 4ème Vice-présidents, respectivement les honorables Jean Symphorien MAPENZI, Mathurin DIMBELET NAKOE et Dieudonné Marien DJEME ainsi que quelques membres du Cabinet.

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 17:36
"En Centrafrique, les acteurs internationaux sont passés des envolées lyriques à la realpolitik"
"En Centrafrique, les acteurs internationaux sont passés des envolées lyriques à la realpolitik"

 

Lu pour vous 

 

https://www.franceculture.fr 25/10/2019

 

Dans une tribune publiée hier dans le journal Le Monde, le chercheur Thierry Vircoulon explique que l'ONU, l'Union africaine, l'UE... se désintéressent de la gouvernance catastrophique d'un pays qu'ils financent pourtant en grande partie, depuis les accords de paix de février dernier. Entretien.

Le 6 février dernier était signé sous l’égide de l’Union africaine, un accord de paix entre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, et quatorze groupes armés. Accord qui engageait les parties à renoncer à « tout recours à la force armée » et à diriger le pays ensemble au sein d’un gouvernement dit « inclusif ». Un texte considéré comme important après six années de guerre, d’exactions de part et d’autres… notamment de la Séléka coalition à majorité musulmane qui a renversé le clan du président François Bozizé en 2013, et des groupes d’autodéfense anti-Séléka.

Près de neuf mois plus tard, l’émissaire des Nations unies pour la République centrafricaine dit qu’aucun groupe armé n’a sérieusement déposé les armes, et que leurs chefs étant nommés conseillés militaires, ministres ou préfets, ils jouissent d’une quasi impunité totale..

Or, l’Union européenne entre autres fait comme si elle ne savait rien, puisqu’elle finance une grande partie de l’Etat centrafricain? C’est ce que dénonçait hier dans le journal Le Monde le chercheur Thierry Vircoulon, que nous recevons ce matin.

Les principaux bailleurs internationaux - Union européenne et Banque mondiale - permettent à une administration moribonde de survivre, et au gouvernement d’exister puisque celui-ci ne contrôle en fait qu’une petite partie du territoire. Ils fournissent un appui budgétaire essentiel : salaires des fonctionnaires centrafricains, secteurs de la santé et de la sécurité. Si l'UE est peu regardante sur la gouvernance de cette aide, c’est sans doute parce que le sentiment général est qu’il faut faire vivre à tout prix cette fiction qu’est l’Etat centrafricain.

Thierry Vircoulon

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 00:20
Sommet Russie-Afrique à Sotchi : un nouveau salon de l'armement ?

 

 

Mise à jour 24.10.2019 à 15:11  par Matthieu Vendrely

 

L'objectif du premier sommet Russie-Afrique à Sotchi ces 23 et 24 octobre 2019 était de marquer officiellement le retour de Moscou sur le continent africain. Au programme, pléthore de dirigeants africains, un discours très volontariste du président russe et, surtout, une belle occasion pour la Russie d'exposer l'un des domaines dans lesquels elle excelle : l'armement.

 

Nous sommes capables, au minimum, de doubler nos échanges commerciaux au cours des cinq prochaines années”. D’entrée, mercredi 23 octobre au matin, le président russe a donné le ton. Comme prévu, le premier sommet Russie-Afrique à Sotchi est destiné à montrer au reste du monde, Chine et Union européenne en tête, qu’il va falloir compter sur Moscou sur le continent africain. Après un passage à vide à la fin de l’Union soviétique et un retour très progressif, pour ne pas dire lent, les Russes espèrent aujourd’hui combler leur retard.

Mais, sur les bords de la Mer Noire, la quarantaine de dirigeants africains et la myriade d’hommes d’affaires ont été plutôt économes en signatures. Et les rares contrats conclus ont essentiellement concerné l’armement, domaine dans lequel la Russie n’a plus grand-chose à prouver. Dans les allées du sommet, Alexandre Mikheev, le patron de Rosoboronexport, la société publique russe en charge des ventes d’armement, a ainsi pu saluer la bonne santé du commerce avec le continent et déclarer à l'Agence France Presse que l’Afrique représente 40% du volume du portefeuille de commandes actuelles à la fois en termes de valeur et de livraisons de différents types d’armes et d’équipements militaires”.


Pour vanter leurs fusils, blindés, ou munitions, les représentants des entreprises Kalachnikov, Pribor ou Almaz-Antey, sous la houlette du conglomérat russe d’Etat Rostec n’ont donc pas chômé à Sotchi. A l'issue de la première journée, l’Ethiopie du tout nouveau prix Nobel de la paix Abiy Ahmed avait acheté un système de défense anti-missile Pantsir-S1. Remarqué également, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra qui, à défaut de signer, a demandé à son homologue russe de renforcer l’aide militaire à son pays en lui envoyant des moyens létaux et des véhicules blindés de transport de troupe”.

Le président namibien Hage Geingo a pour sa part affirmé à Vladimir Poutine : “l’armée m’a demandé de vous dire qu’elle est intéressée pour recevoir l’assistance de conseillers militaires de Russie”.

Effacements de dettes

De son côté, le président russe s’est engagé à continuer d’aider ses interlocuteurs africains en effaçant leur dette. Une méthode déjà appliquée avec succès en Algérie dès 2006 lorsque Vladimir Poutine avait obtenu d’Alger l’achat de plus de six milliards de dollars d’armement contre l’annulation d’une dette évaluée à près de 5 milliards. 

Sommet Russie-Afrique ou salon de l’armement ? Cette grand-messe de Sotchi sera amenée à se répéter. Prochain rendez-vous dans trois ans.

L’occasion, aussi, de dialoguer

Le Premier ministre éthiopien et le président égyptien ont discuté ce jeudi 24 octobre, en marge du sommet de Sotchi, de leur conflit autour d'un projet de barrage sur le Nil. La rencontre a duré 45 minutes et s'est déroulée "dans une atmosphère positive". De son côté, la Russie s'est dite prête à jouer un rôle dans un règlement du conflit. 


L'Egypte craint que la construction du grand barrage de la Renaissance (GERD), un projet de quatre milliards de dollars entamé en 2012 par l'Ethiopie, n'entraîne une réduction du débit du Nil, dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau. (Avec AFP)

 

Matthieu Vendrely

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 22:50
Sommet Russie-Afrique : Poutine dévoile les grands axes de la coopération
Sommet Russie-Afrique : Poutine dévoile les grands axes de la coopération
Sommet Russie-Afrique : Poutine dévoile les grands axes de la coopération
Sommet Russie-Afrique : Poutine dévoile les grands axes de la coopération

 

 

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré en tête-à-tête les présidents du Nigeria, de l’Ouganda et du Soudan mercredi en marge du sommet Russie-Afrique à Sotchi.

Le président ougandais sollicite une nouvelle option au sujet des relations commerciales entre la Russie et les pays du continent.

“Nous voulons en acheter plus. Nous avons payé comptant dans le passé. Cash, cash, cash, cash. Et cela ralentit le rythme parce que nous devons avoir de l’argent pour payer. Ce que je propose, c’est que vous fournissiez et que nous payions. Ce serait une sorte d’offre de crédit. Cela nous fera construire plus vite.”

“Grâce au soutien de nos amis et alliés comme la Fédération de Russie, nous avons considérablement réduit le nombre de terroristes de Boko Haram.”, révèle Muhammadu Buhari, président nigérian.

Le président Vladimir Poutine a dévoilé les axes que son pays entend exploiter dans le cadre de sa coopération avec l’Afrique.

“Nous avons de grands projets actuellement en cours, y compris une coopération sur l’exploration des ressources minérales de base. Les investisseurs russes ont investi des sommes importantes, par exemple dans les mines d’or de votre pays, dont le projet phare est le projet Kush qui produit trois tonnes d’or par an.”

“De notre côté, nous attendons que vous approuviez et signiez l’accord sur la poursuite de la coopération entre le Soudan et la Russie afin que nous puissions coopérer à la réforme de l’institution militaire et au développement des capacités de ses forces armées”, indique Abdel Fattah al-Burhan, chef de l‘État soudanais.

Moscou promet l’annulation de 20 milliards de dollars de la dette des pays africains. À Sotchi, une quarantaine de chefs d’État africains prennent part depuis mercredi 23 octobre au premier sommet Russie-Afrique.

 

 

Sotchi: Poutine se félicite de la « nouvelle page » ouverte avec l'Afrique

 

Par RFI Publié le 24-10-2019 Modifié le 24-10-2019 à 22:49

 

Avec nos envoyés spéciaux à Sotchi, Florence Morice et Daniel Vallot

Ouvert hier, le premier sommet Russie-Afrique s’est achevé ce jeudi 24 octobre à Sotchi. Avec cet évènement, Moscou veut marquer son retour sur le continent et entend pérenniser ce type de rendez-vous.

Vladimir Poutine estime que le sommet de Sotchi a « ouvert une nouvelle page » des relations entre la Russie et l’Afrique. Une chose est sûre, le président russe a réussi à mobiliser. L’intégralité des 54 pays d’Afrique étaient représentés, dont 43 d’entre eux par leur chef d’État et de gouvernement.

Pour autant, aucun contrat majeur n’a été annoncé au cours de ces deux jours. Mais le président russe se félicite d’avoir posé les bases qui devraient permettre dans le futur à son pays d’intensifier ses échanges commerciaux avec le continent.

Rencontres annuelles et triannuelles

Ces échanges sont encore faibles actuellement. Moscou veut les doubler d’ici cinq ans. Pour y arriver, le président Vladimir Poutine a annoncé la création d’un nouveau mécanisme de dialogue. Il prévoit que des sommets comme celui-ci auront désormais lieu tous les trois ans, tour à tour en Russie et dans un pays d’Afrique.

Et que chaque année, des consultations seront organisées au niveau des ministres des Affaires étrangères entre la Russie, d’une part, et trois États africains qui changeront chaque année, en fonction des rotations à la tête de l’Union africaine.

Tout au long du sommet, Vladimir Poutine a insisté sur ce qui unit, selon lui, Moscou et le continent : un passé de lutte anticoloniale et un souci de défendre aujourd’hui le principe de souveraineté. Il a également insisté sur l’importante de l’Afrique pour Moscou aujourd'hui.

Les institutions internationales dans le viseur

« Les États d’Afrique ont de plus en plus d’importance politique et économique, a expliqué le dirigeant russe. Ils s’affirment en tant que piliers du monde multipolaire, et dans de nombreux dossiers nos positions sont proches et même parfois identiques. Cela favorise nos relations au sein des institutions internationales. Et nous allons donc coordonner nos actions avec les pays africains qui sont membres non permanents au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. »

Si Vladimir Poutine évoque les Nations unies, ce n’est pas par hasard. À l’exemple de la Chine, la Russie veut nouer des alliances avec les pays africains au sein de l’organisation onusienne – pour peser davantage sur les nominations, sur les décisions et sur les votes.

De leur côté, plusieurs dirigeants africains ont posé leurs conditions, à cet éventuel rapprochement avec Moscou : que la Russie les soutienne dans leur ambition d’obtenir un poste de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Dans une déclaration commune, signée en conclusion de ce sommet, la Russie et l’Union africaine ont d’ailleurs dénoncé « les diktats politiques et le chantage monétaire » et appelé à une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies pour que l’Afrique y soit mieux représentée.

 

Sommet Russie-Afrique : Poutine dévoile les grands axes de la coopération

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 22:48
La France veut défendre sa place en Afrique face à la Chine (Le Drian)

 

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré jeudi que la France devait “tenir sa place” en Afrique face à la concurrence chinoise, et promis des partenariats “gagnant-gagnant” aux pays africains qui font le choix des entreprises françaises.

“En Afrique nous devons tenir notre place”, a-t-il lancé lors d’un échange avec des chefs d’entreprises à Douala, capitale économique du Cameroun, en référence notamment aux grands chantiers d’infrastructures.

“Parfois on a tendance à oublier que la France a des qualités industrielles et entrepreneuriales dans ce domaine (des infrastructures, NDLR) depuis longtemps. Ce n’est pas obligatoirement l’apanage d’entreprises plus lointaines, qui ont une appétence respectable pour l’Afrique”, a-t-il ajouté en référence à la compétition chinoise.

Pékin a développé une présence massive dans le continent, notamment à travers le projet pharaonique des “nouvelles routes de la soie”, qui prévoit de connecter la Chine à l’Asie, l’Europe et l’Afrique à travers la construction de ports, de lignes ferroviaires et d’aéroports.

Mais certaines critiques, notamment venues de l’Occident, estiment que les pays les plus pauvres sont poussés à s’endetter pour financer des infrastructures inutiles.

“Lorsqu’on fait, on fait aussi gagnant-gagnant pour nos partenaires africains”, a insisté le chef de la diplomatie française, également chargé du portefeuille du commerce extérieur, à l’intention des autorités camerounaises.

La France reste le premier investisseur étranger au Cameroun, avec 1,1 milliard d’euros en 2018, mais a perdu sa place de premier fournisseur face à la Chine.

Jean-Yves Le Drian s’est rendu symboliquement sur un pont, un ouvrage de 178 millions d’euros financé par l’Agence française de développement (AFD), nouvellement construit au-dessus du fleuve Wouri à Douala.

“Renforcer les partenariats publics-privés”

“Il n’y a pas de symbole plus fort qu’un pont (..) dans la relation que nous voulons renforcer avec le Cameroun”, a souligné Jean-Yves Le Drian.

La visite du ministre mercredi et jeudi au Cameroun avait pour but de renforcer ce partenariat et de soutenir les “efforts de paix” du président Paul Biya, qui a multiplié les gestes d’apaisement ces dernières semaines dans plusieurs crises, notamment celle des régions anglophones.

Le ministre a proposé l’expertise française pour la définition du futur “statut spécial” des deux régions anglophones du nord-ouest et sud-ouest et annoncé une aide française de 60 millions d’euros pour la “reconstruction” de ces deux zones.

“Nous allons aider le Cameroun dans le renforcement de l’intégration régionale qu’il souhaite initier”, a-t-il relevé.

Le ministre a indiqué avoir plaidé la cause des entreprises françaises, confrontées à de nombreuses “difficultés administratives et fiscales”, auprès du président Biya.

La France est aussi disposée à “construire d’autres ponts, être au rendez-vous des énergies renouvelables (..) renforcer les partenariats publics-privés”, a-t-il énuméré.

Le président du patronat camerounais (GICAM), Célestin Tawamba, a insisté sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires au Cameroun, en soulignant que les entreprises étaient “le moyen le plus sûr d’assurer des emplois à des jeunes et le seul rempart contre la bombe à retardement d’une jeunesse sans emploi”, tentée alors par l‘émigration ou l’extrémisme.

AFP  24 oct 2019

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 22:35
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine
Gemmes, Seigneurs de guerre et Mercenaires: Le livre de jeu de la Russie en République centrafricaine

 

Lu pour vous

 

https://www.nytimes.com  Par Dionne Searcey Publié le 30 sept. 2019 Mis à jour le 24 oct. 2019 à 10 h 20

 

Après s'être mêlée aux élections américaines de 2016, la Russie utilise une tactique similaire en République centrafricaine. Mais comme il sème le chaos politique, il cherche aussi cette fois des diamants.

 

BANGUI, République centrafricaine - 30 sept. 2019 Le concessionnaire a tiré un rideau rose brillant et a saupoudré le contenu de deux enveloppes blanches sur son bureau: des diamants étincelants, dont plus de 100.

Certaines pierres précieuses sont vendues légalement, a-t-il expliqué. Mais beaucoup sont victimes de la traite par des rebelles qui se battent pour les mines, ce qui a alimenté un soulèvement qui a duré six ans et qui a tué des milliers de personnes et déplacé plus d'un million de personnes ici en République centrafricaine.

Maintenant, dans l’espoir de contrôler le commerce des diamants et de reconstituer le pays, le gouvernement s’est tourné vers un nouveau partenaire - la Russie -, ce que craignent certains législateurs comme un marché dangereux qui échange une menace contre une autre.

Des mercenaires russes se sont dispersés à travers le pays pour entraîner les soldats locaux. Le président de la République centrafricaine a installé un ancien espion russe comme principal conseiller à la sécurité. Les Russes ont invité les chefs de guerre à participer à des pourparlers de paix avec le gouvernement, contribuant ainsi à la conclusion d'un accord avec plus d'une douzaine de groupes armés pour mettre fin aux combats.

Et selon les responsables locaux et occidentaux, le principal responsable de l'implication de la Russie est Evgueni V. Prigozhin, un confident du président Vladimir V. Poutine, inculpé aux États-Unis l'année dernière, accusé d'avoir contribué au financement de la "guerre de l'information" perturber l'élection américaine de 2016.

Le gouvernement centrafricain a accueilli les Russes, estimant que la stabilité lui permettrait de vendre plus de diamants légalement et d'utiliser cet argent pour reconstruire le pays.

"La rébellion dans notre pays nous a coûté cher", a déclaré Albert Yaloke Mokpeme, porte-parole du président centrafricain. "Personne n'est venu à notre aide à l'exception de la Fédération de Russie."

"Avec l'aide de la Russie", a-t-il ajouté, "nous serons en mesure de sécuriser nos mines de diamants".

Le marchand de diamants, Arab Arab Koussay, qui dirige l’un des plus importants concessionnaires du pays, a placé les pierres précieuses sur son bureau et exprimé un point de vue similaire. "Nous ne pouvons pas tout contrôler dans ce pays", a-t-il déclaré.


Mais l’aide de la Russie a un coût. Ses représentants ont passé des accords avec le gouvernement pour extraire des diamants dans des conditions de commerce licite - un des nombreux signes montrant que l’influence russe dans le pays est étroitement liée aux profits qu’elle peut réaliser. Des membres du gouvernement centrafricain, des responsables occidentaux et certains chefs de guerre eux-mêmes se sont associés à des rebelles meurtriers pour obtenir des diamants dans des zones où le commerce est interdit, profitant ainsi de l'anarchie à laquelle ils ont été condamnés. . Image Plus généralement, le fait que des mercenaires russes entraînent les troupes de la nation a déconcerté certains législateurs. Les violations des droits de l'homme dans le pays sont si courantes que les Nations Unies ont imposé un embargo sur les armes à l'encontre des soldats centrafricains. Mais les entraîneurs russes ont également été accusés d'avoir commis des abus, notamment d'avoir rassemblé des passants innocents lors de balayages en masse. "Je continue de penser au type d'armée que nous aurons si elles sont entraînées par des Russes", a déclaré Hamadou Aboubakar Kabirou, membre du Parlement. M. Prigozhin a des liens avec des sociétés minières, de sécurité et de logistique installées dans le pays depuis 2017, selon des responsables des services de renseignement américains, des diplomates occidentaux et un analyste de la sécurité qui lui ont fourni des documents d'enregistrement le reliant à certaines entreprises. M. Prigozhin s'est également personnellement présenté à des pourparlers de paix avec des groupes rebelles il y a plusieurs mois, selon un chef de guerre présent.

Le rôle de M. Prigozhin dans le pays a déclenché des alarmes internationales. Trois journalistes russes ont été assassinés l'année dernière dans des circonstances suspectes alors qu'il enquêtait sur ses liens avec les mines de diamants et d'or. Le gouvernement centrafricain a déclaré qu’il enquêtait sur les décès, que des responsables russes avaient nié toute implication et que le porte-parole de M. Prigozhin avait refusé de répondre aux questions concernant les activités minières ou les opérations de sécurité des sociétés dans le pays.

Comme aux élections américaines, la bataille pour le contrôle du pays se poursuit également dans les médias et les médias sociaux. Alors que les mercenaires russes liés à M. Prigozhin affluaient dans le pays, des sites Facebook apparaissaient avec des thèmes pro-russes, montrant des photographies de résidents locaux vêtus de t-shirts portant un cœur rouge géant et le slogan «Russie 2018».

D'autres tactiques de puissance douce ont aidé les Russes à nouer des liens plus étroits, voire à en tirer profit. Des panneaux d'affichage ont poussé autour de la capitale, Bangui, avec des photos de soldats locaux sous un drapeau russe.

Une société minière liée à M. Prigozhin a construit des hôpitaux et des abattoirs, parrainé un tournoi de football et organisé un concours de beauté «Miss Centrafrique». Il a créé une station de radio axée sur le russe, avec une portée de diffusion plus étendue que la radio publique.


Et même fait un dessin animé de style propagande pour les enfants, avec un puissant ours russe fonçant dans une forêt hivernale, parcourant le monde et venant à la rescousse de ses amis en guerre dans la nation africaine. Selon des analystes et certains diplomates, la République centrafricaine a proposé à la Russie un projet qu’elle pourrait exporter dans d’autres pays riches en pétrole et en minéraux en échange de droits d’extraction. En Europe et aux États-Unis, la Russie a eu recours au piratage informatique, à la désinformation et à d'autres stratégies pour tenter de pénétrer et de déstabiliser les démocraties occidentales. Mais ici en République centrafricaine, les analystes disent que l'objectif semble différent: affirmer son importance mondiale et en tirer les bénéfices financiers. Alors que les États-Unis cessaient de s’engager avec l’Afrique, de retirer leurs troupes et de ne pas proposer d’agenda politique général, la Russie s’est fortement investie dans le continent, élargissant sa présence dans des pays instables dotés de ressources naturelles abondantes. Plusieurs pays du sud du Sahara ont demandé à la Russie de l’aider dans ses activités de sécurité. En mai, la Russie a annoncé son intention d'envoyer des spécialistes militaires en République démocratique du Congo. En Guinée, un ancien ambassadeur de Russie qui a félicité le président du pays - soutenant un changement constitutionnel lui permettant de briguer un troisième mandat - a récemment été nommé à la tête d’une grande société russe de l’aluminium opérant dans ce pays. M. Poutine a annoncé le premier sommet Russie-Afrique en octobre à Sochi.


"Ils rassemblent des amis et des alliés, et ils trouvent des environnements favorables pour vendre leurs marchandises et gagner des opportunités commerciales", a déclaré Judd Devermont, directeur du programme Afrique au Centre d'études stratégiques et internationales. "Ils utilisent la retraite américaine pour se présenter comme une puissance mondiale." En République centrafricaine, le tumulte a régné depuis 2012, lorsque les rebelles musulmans, fatigués d'être négligés par le gouvernement, ont envahi la capitale et procédé à un coup d'État. Des groupes chrétiens formés pour repousser les rebelles et la nation virée au génocide. Des élections ont eu lieu en 2016, mais des groupes armés violents continuent de se déchaîner contre quiconque se met en travers de leur chemin. Plus du quart de la population a fui son domicile. L’économie est paralysée et la majorité de la population vit dans la pauvreté. Malgré la richesse des diamants ici, la privation est souvent extrême. Sur un marché près des mines, certaines femmes vendaient chacune un seul oignon - coupé en quartiers, car elles n’avaient rien à offrir et les clients n’avaient de toute façon pas les moyens d’en acheter un entier. La République centrafricaine a connu quelques années de stabilité depuis sa libération du régime colonial français dans les années 1960. Beaucoup des vieux bouleversements ont également porté sur le contrôle des diamants. La nation en fourmille. On les trouve au fond de trous creusés par des hommes payés 3 dollars par jour. Ils sont assis dans le sol, à l'extérieur d'un campement délabré, où une fillette de 14 ans a été touchée au visage par des jets de balles tirés par les rebelles. En 2013, le Processus de Kimberley, l’effort international visant à empêcher les groupes armés de tirer profit du commerce du diamant, a qualifié les pierres du pays de «diamants de la guerre» et a interdit toutes les ventes du pays.

« C’est pour l’Etat», dit-il en le remettant dans sa poche, «pas pour moi».

L'année dernière, le président Faustin-Archange Touadéra a limogé son propre conseiller après la fuite d'une vidéo montrant ce dernier affichant des piles de centaines de diamants, d'une valeur de plusieurs livres, menant à son arrestation, ont annoncé des responsables gouvernementaux.

"Il ya toujours des fraudes: des collecteurs, des mines, du gouvernement", a déclaré Sylvain Marius N’Gbatouka, directeur de cabinet du ministère des Mines.

Les Russes sont entrés dans ce scénario difficile.

En octobre 2017, un an après que la France eut déclaré sa propre mission de maintien de la paix complète et généralement désengagée du pays, le président centrafricain s'était rendu à Sochi pour demander de l'aide à la Russie. Alors que les soldats de la paix des Nations Unies sont restés dans le pays, les soldats de son pays ne sont toujours pas autorisés à recevoir des armes et il s’est plaint publiquement du vide laissé par la France.

Plus tard ce mois-ci, Lobaye Invest, une société minière, était enregistrée à Bangui, suivie par une société de sécurité appelée Sewa Security Services 12 jours plus tard, selon les informations d'enregistrement de ces sociétés. Les deux sont affiliés à M. Prigozhin, selon des responsables américains du renseignement, des diplomates occidentaux et un ancien responsable du gouvernement centrafricain.

En décembre 2017, la Russie a alors fait pression pour obtenir une exemption à l'embargo sur les armes, imposé par les Nations Unies. Le mois suivant, le gouvernement russe a envoyé cinq entraîneurs militaires et 170 entraîneurs civils à Bangui.

Les employés de Sewa ont rejoint la garde présidentielle et, après une série de violences perpétrées par des groupes rebelles en 2018, Valeriy Zakharov, un ancien responsable des services de renseignement russes, a été installé en tant que principal conseiller à la sécurité du président du pays, M. Touadéra.

Le président a rapidement demandé des dizaines de mercenaires russes, qui se sont ensuite répandus dans des centres de formation à travers le pays.

Les responsables centrafricains ont commencé à distribuer un journal gratuit contenant des articles faisant valoir les intérêts de la Russie. Les responsables russes ont également visité les médias locaux, offrant formation, argent et équipement, ce que font également les responsables français et américains. Mais certains journalistes qui ont refusé l'aide de la Russie ont été menacés, selon Saber Jendoubi, un ancien journaliste de radio à Bangui qui vit maintenant en France. M. Jendoubi a déclaré avoir été pris au dépourvu et photographié par des agents russes lorsqu'il a commencé à poser des questions sur l'implication de la Russie dans les médias.

Le soutien russe parmi les législateurs a également augmenté. Les membres du Parlement réunis à l'extérieur de la capitale ont été soudoyés pour élire le président du Parlement, considéré comme hostile aux intérêts russes, selon un membre du Parlement et faisant état des paiements effectués par les législateurs.

Lobaye, la société minière liée à M. Prigozhin, a commencé à travailler dans des mines de diamants dans la petite bande du pays à partir de laquelle les gemmes peuvent être exportées légalement, ont déclaré des responsables gouvernementaux. Selon des diplomates, l'ambassadeur de Russie s'est plaint de ce que les activités là-bas produisaient peu.

À peu près au même moment, la société a payé une navette aux chefs de guerre pour les pourparlers de paix au Soudan entre groupes armés centrafricains. M. Prigozhin s'est également présenté aux réunions, selon le chef de guerre présent. Par la suite, le président de la nation a adressé une lettre de remerciement à M. Poutine, adressée à «M. Président et cher ami, ”pour avoir aidé à organiser les discussions, selon un exemplaire publié par les Nations Unies.

En février 2019, sous les yeux des responsables russes, plus d'une douzaine de groupes armés ont signé un accord de paix avec le gouvernement centrafricain. L'accord, que les Nations Unies soutiennent, met en place des chefs de guerre accusés de crimes de grande ampleur à des postes au sein du cabinet.

Lors du défilé du 1er mai, les chefs de guerre se sont assis aux côtés du président de la nation sous un mandat de V.I.P. tente, alors que les majorettes aux gants blancs et les membres du groupe passaient devant des tubas à gaine isolante. Des soldats nationaux masqués patrouillaient dans la rue et des mercenaires russes montaient la garde.

Les autorités américaines estiment maintenant à plus de 400 le nombre de mercenaires russes, dont certains se trouvent dans des zones contrôlées par les rebelles, où ils peuvent être vus en train de conduire dans des camionnettes blanches et de boire dans des bars locaux la nuit. Le ministère russe des Affaires étrangères n'a pas précisé le nombre de ses sous-traitants déployés en République centrafricaine, mais a souligné qu'ils avaient été envoyés en tant qu'instructeurs avec le consentement de l'ONU.

"Beaucoup d'entre eux ont déjà commencé à exécuter des tâches liées à la lutte contre les insurgés et à la surveillance des civils", a déclaré le ministère dans un communiqué.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies en juin, Alexander Repkin, le représentant de la Russie, a insisté sur le fait que son pays espérait simplement « normaliser la situation sans agenda caché».

Selon des diplomates, des responsables locaux et deux chefs de guerre dont les groupes opèrent, les opérations minières russes ont été repérées dans des zones où les pierres précieuses sont considérées comme des diamants du sang. Les régions offrent les joyaux les plus abondants et les plus qualitatifs, régulièrement passés en contrebande par le Cameroun, le Tchad et le Soudan, ont déclaré des responsables gouvernementaux.

Un ancien responsable du gouvernement a déclaré que des mercenaires russes avaient piloté des avions privés - près d'un site où ils entraînaient des soldats locaux - et les avaient chargés de diamants. Les entrepreneurs russes creusent également des diamants près de la frontière soudanaise, selon des responsables locaux et des chefs de guerre.

"Ils concluent ces accords dans l'obscurité", a déclaré Hassan Bouba, un chef rebelle récemment nommé ministre dans le cadre de l'accord de paix et lié au commerce illégal des diamants.

Les trois journalistes russes enquêtant sur les liens de M. Prigozhin avec les mines de diamants et d’or ont été tués l’année dernière dans une mine où sont extraits ces diamants du sang, près de la ville de Bambari, un carrefour de la violence.

Les combats entre groupes rebelles près de là ont forcé les agriculteurs à se réfugier dans des camps délabrés où les gens n’ont que des chemises râpées, des robes déchirées et des pantalons déchirés. Dans une école pour orphelins, où la classe comptait en moyenne plus de 200 personnes, les enfants apprenaient des phrases en français: «J'ai faim» et «J'ai soif» étaient écrits sur un tableau noir.

Le président, M. Touadéra, a tenté de se rendre à Bambari pour une cérémonie cette année, malgré les avertissements des rebelles. Des coups de feu ont chassé les membres du cabinet et leurs contingents de sécurité, annulant le voyage.

Le lendemain, l'armée centrafricaine et ses entraîneurs de mercenaires russes ont procédé à des arrestations massives, balayant ainsi des dizaines de musulmans présumés faisant partie des combats, selon des habitants et un responsable de l'ONU.

Un propriétaire de magasin âgé de 38 ans a déclaré qu'il avait été arrêté par des soldats locaux qui l'avaient déposé au centre de formation russe à proximité. Au cours de quatre jours, il a déclaré avoir été ligoté, battu et coupé à plusieurs reprises par plus d'une douzaine de Russes en civil.

Quand il n’avouerait pas qu’il était un rebelle, l’un des Russes s’est blessé au doigt, a-t-il déclaré. A proximité, il a vu un autre homme, allongé dans une flaque de sang, avec deux doigts manquants. Les Nations Unies ont alerté le gouvernement centrafricain sur les allégations de « détention et de torture » perpétrées par des «individus de nationalité russe» et ont communiqué des documents à l'appui de leurs demandes à des responsables gouvernementaux.

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces affirmations de "fictives".

"La Russie fournit son assistance dans le strict respect" du droit international afin de "parvenir à un règlement durable du conflit violent prolongé", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le porte-parole de M. Prigozhin a également rejeté les accusations. Dans une déclaration, il a déclaré que les forces françaises, qui ont également été accusées de violations des droits de l'homme dans le pays, ont payé un militant pour qu'il mentent au sujet de la torture, qualifiant cet incident "d'incident fictif discréditant les citoyens russes".

Pour l’instant, l’accord de paix que les Russes ont aidé à négocier semble s’être maintenu. Mais de nombreuses victimes d'atrocités se demandent si elles obtiendront justice, en particulier maintenant que les chefs de guerre sont au pouvoir et que des combattants rebelles sont intégrés à l'armée.

«C’est comme si la mort était devenue banale ici», a déclaré Pasquale Serra, une artiste de Bangui qui a participé à une cérémonie au cours de laquelle les familles placent des briques en cercle représentant leurs proches disparus.

Après que ce soit fini, les fonctionnaires ont pris les briques.


 

Eric Schmitt a contribué aux reportages de Washington; Jaime Yaya Barry de Dakar, Sénégal; et Oleg Matsnev de Moscou.

Correction: le 2 octobre 2019

Une image avec une version antérieure de cet article a été publiée par erreur. Il ne s'agissait pas d'une photo de Valeriy Zakharov, un ancien responsable des services de renseignement russes, qui a été supprimée.


 

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 22:33
410 Réfugiés de la République Centrafricaine vivant au Cameroun commencent le retour volontaire
410 Réfugiés de la République Centrafricaine vivant au Cameroun commencent le retour volontaire

 

 

410 Réfugiés de la République Centrafricaine vivant au Cameroun commencent le retour volontaire ce jour par voie terrestre

 

Le premier convoi de rapatriement volontaire de réfugiés centrafricains désireux de rentrer chez eux est parti du Cameroun ce mercredi 23 octobre 2019, composé de 410 personnes.

Ces retours volontaires facilités par voie routière sont coordonnés par les Gouvernements du Cameroun et de la République Centrafricaine (RCA), l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), tous parties prenantes de l'Accord Tripartite signé le 29 juin 2019 pour le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains dans la dignité et la sécurité.

Ce premier groupe comprenait 223 réfugiés représentant 65 ménages qui sont partis du site de Gado pour Bouar en passant par Beloko et 187 réfugiés représentant 93 ménages qui sont partis de Lolo pour Berberati en RCA. Au 31 août, 6,350 réfugiés avaient déjà exprimé le souhait de rentrer chez eux. 

« Avec la mise en œuvre progressive du processus de paix engagé en Centrafrique à travers l’Accord de Paix de Khartoum signé le 06 Février 2019 entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés centrafricains, les Préfectures de Nana Mambere et de Mambere Kadey offrent aujourd’hui une certaine stabilité qui encourage certaines familles de réfugiés à opter pour la solution durable qu’est le rapatriement volontaire librement consenti » a indiqué le représentant du HCR au Cameroun, Kouassi Lazare Etien. 

Le ministre camerounais de l'Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, a officiellement lancé le départ à partir de Gado pour 223 personnes, tandis que l’Inspecteur Général aux Services du Gouverneur de la région de l’Est, Jacques Woulsoum a accompagné les 187 autres partant du site de Lolo. 

« Fin 2013, le Chef de l’Etat Camerounais avait donné des instructions claires pour ouvrir les frontières et accueillir les réfugiés Centrafricains (…) Aujourd’hui nous allons les aider à rentrer quand ils en exprimeront le souhait », a commenté Paul Atanga Nji, insistant sur le caractère volontaire de ces retours. 

La directrice régionale du HCR Millicent Mutuli – qui a fait le déplacement pour l’occasion – a quant à elle réaffirmé l’engagement du HCR à soutenir le retour volontaire des réfugiés Centrafricains dans la sécurité et la dignité. « Le fait que les gens rentrent volontairement chez eux est un signe positif que la situation s’améliore et le HCR continuera à soutenir la RCA et les pays d’asile en vue de faciliter le retour durable des réfugiés centrafricains qui en expriment le besoin » a-t-elle déclaré.

Prenant la parole au nom du gouvernement centrafricain, le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Augustin Yanghana-Hote, a rassuré les rapatriés que le gouvernement, avec l’appui du HCR et d’autres partenaires, a pris toutes les dispositions pour leur assurer un retour digne. Pour Buti Kale, le Représentant du HCR en République centrafricain, ces retours « signalent un moment charnière dans la vie des réfugiés, prêts à recommencer leurs vies et à contribuer à la paix et à la réconciliation dans leur propre pays » a-t-il affirmé.

Pour 2019, le HCR prévoit de faciliter le retour de quelque 4,000 réfugiés, l'objectif étant de dépasser le cap de 25,000 pour 2020. Les retours en 2019 concernent « uniquement les réfugiés installés dans les sites aménagés de Borgop et Ngam dans la région de l’Adamaoua et de Gado, de Timangolo, Mbile et LoLo dans la région de l’Est » a ajouté Kouassi Lazare Etien.

Dans les deux camps des réfugiés, l’émotion était palpable chez les premiers candidats au retour. « Lorsque j’ai quitté la Centrafrique en 2013, j’étais au lycée en classe de 1ère. A Gado, j’ai appris plusieurs métiers en travaillant avec des ONG, et je suis fier aujourd’hui parce qu’avec ce que j’ai appris, je pense que je suis prêt pour rentrer : je suis encore jeune et j’ai des ambitions professionnelles », explique Baptiste, 26 ans, entouré de son épouse Prisca et de sa fille Jennifer, âgée de huit ans. C’est avec émotion qu’il quitte le site qu’il a contribué à bâtir.

Alidou, est certes pressé de rejoindre son pays avec sa famille, cependant il ne peut s’empêcher de penser aux dernières années qu’il a passées dans le camp de Lolo. « Je n’imaginais plus vivre ce jour, mais une nouvelle opportunité s’ouvre pour ma famille et moi. » Son épouse Amina, tenant la main de son ex-voisine venue lui dire au revoir, nettoie furtivement son visage. « Mes larmes expriment autant ma joie que ma tristesse car je laisse derrière moi une famille » avouera-t-elle après un long silence.

Le Cameroun accueille plus de 280,000 réfugiés centrafricains qui sont installés dans les régions de l’Est, l'Adamaoua et du Nord et aussi dans les grandes villes comme Yaoundé et Douala. La plupart d'entre eux ont été forcés de fuir leur pays à cause des violences qui avaient embrasé la République Centrafricaine.

 

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 19:00
Chars d'assaut et kalachnikovs: la Russie étale ses armes pour séduire l'Afrique
Chars d'assaut et kalachnikovs: la Russie étale ses armes pour séduire l'Afrique
Chars d'assaut et kalachnikovs: la Russie étale ses armes pour séduire l'Afrique

 

Lu pour vous

 

Sotchi (Russie) (AFP) le  24/10/2019 à 17h06

 

Kalachnikovs dernier cri, systèmes de défense anti-aérienne et programmes de reconnaissance faciale: le complexe militaire russe a exposé au premier forum Russie-Afrique toute sa panoplie pour charmer le continent africain, qui pèse lourd dans son carnet de commandes.

"L'Afrique représente 40% du volume du portefeuille de commandes actuelles, à la fois en termes de valeur et de livraisons de différents types d'armes et d'équipements militaires", a assuré à l'AFP Alexandre Mikheev, patron de Rosoboronexport, la société publique russe chargée des ventes d'armements.

Dans les allées du premier forum économique russo-africain à Sotchi, où Vladimir Poutine a reçu depuis mercredi plus de quarante chefs d'état et de gouvernement africains, les stands des entreprises d'armement se taillent la part du lion.

Le conglomérat étatique Rostec, qui comprend l'essentiel du complexe militaro-industriel russe, est représenté notamment par l'entreprise Kalachnikov, le fabricant de système anti-aériens et de blindés Almaz-Antey et le producteur de munitions Pribor.

Des hommes d'affaires russes et africains se pressent pour manipuler les derniers fusils automatiques, se faire prendre en photo l'arme au poing ou feuilleter le "catalogue d'armes d'infanterie et moyens de combat rapproché" traduit en français et portugais pour l'occasion.

"L'Afrique du Sud utilise des modèles plus anciens. Si vous voulez garder les mêmes munitions, elles seront compatibles avec ces nouvelles armes. On les adapte aux besoins de nos clients", vante un représentant du stand en aidant un homme à prendre en main une kalachnikov dernier cri.

"C'est léger!", s'exclame-t-il, avant de glisser: "Je suis médecin en Afrique du Sud mais ça m'intéresse personnellement", puis de s'éloigner pour participer à un panel sur la coopération médicale.

Derrière lui, une représentante de Rosoboronexport chante les louanges du système de reconnaissance faciale "le plus précis du monde" pour garantir "des frontières sûres", "protéger l'infrastructure d'état" et "combattre le trafic illégal".

- 12 milliards de dollars de contrats -

"Nous avons environ 12 milliards de dollars de contrats signés et payés. Vingt pays (africains) travaillent aujourd'hui avec la Russie. Cette année, nous livrons neuf pays africains", dont le Rwanda, le Mozambique, l'Ouganda et l'Angola, reprend le chef de Rosoboronexport.

Selon lui, près de "80% de ce que l'Afrique nous achète est de l'équipement aérien: des hélicoptères de combat, des avions, les systèmes (de défense antiaérienne) Tor, Bouk et S-300", précise-t-il.

"Plus de 900 hélicoptères produits par Russian Helicopters sont enregistrés dans des pays africains. C'est près du quart des hélicoptères du continent", a pour sa part indiqué le PDG de Russian Helicopters dans un communiqué.

Une grande partie de ces contrats concerne également la formation de personnel dans le cadre des accords de coopération militaire signés entre la Russie et des pays africains, ainsi que des programmes de "modernisation et réparation" d'armements anciens.

A l'issue de la première journée, l'Ethiopie a acheté un système de défense antimissile Pantsir-S1, un produit qui intéresse également le Cameroun. Mais aucun contrat d'envergure n'est prévu lors du forum, précise Rosoboronexport.

Ce n'est pas faute de demande: le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a réclamé mercredi à Vladimir Poutine de renforcer l'aide militaire russe à la Centrafrique, avec notamment des livraisons d'"armes plus lourdes".

Depuis 2018, la Centrafrique reçoit des armes russes grâce à assouplissement de l'embargo pesant sur ce pays ravagé par une guerre civile.

Le président namibien Hage Geingob a également dit au président russe que son armée "étaient intéressée par l'aide de conseillers militaires russes".

Mercredi, Vladimir Poutine a indiqué que la Russie continuerait à aider les pays africains en effaçant leurs dettes. Une méthode déjà utilisée par Moscou pour mettre le pied dans la porte en Algérie et en Libye dans les années 2000, effaçant la dette en échange de gigantesques contrats d'armement.

Le patron de Rosoboronexport confirme cette méthode de "soutien étatique" pour les contrats d'armement : "L'effacement des dettes, des prêts octroyés par l'Etat, le versement d'acomptes provisionnels, des prêts de banques russes", énumère-t-il.

"Tout dépend du partenaire, de ses capacités (financières). Nous voyons au cas par cas. Pour nous, même un contrat à 20 ou 30.000 euros est important pour fournir des pièces de rechange ou former des spécialistes".

 

 

Pourquoi Poutine a réuni toute l’Afrique dans la ville russe de Sotchi

 

 

https://fr.sputniknews.com https://fr.sputniknews.com Par Sofia MelnitchoukGalia Ibraguimova 15:16 23.10.2019

 

Le premier sommet Russie-Afrique est considéré comme un événement de politique internationale grandiose. Il a réuni pratiquement tous les leaders de l’un des plus grands continents du monde. Pourquoi Moscou considère-t-il cette partie du monde comme une terre d’opportunités?

L’Afrique, peuplée par plus d’un milliard d'habitants, est riche en gisements de diamants, d’or et de pétrole. Les États-Unis, la Chine et l’Europe se disputent depuis des années le droit de mettre en valeur ces ressources naturelles.

Quoi qu’il en soit, les actualités mondiales ne mentionnent l’Afrique que s’il s’agit d'épidémies, de guerres ou de crises économiques. Le secteur touristique constitue ces dernières années le seul aspect positif de l’image du continent. Cependant, lui aussi fait face à beaucoup d’idées reçues: maladies terribles, crime débridé, animaux sauvages et mœurs culturelles extravagantes des locaux...

Dans tous les cas, les idées des Africains sur le monde extérieur se forment souvent elles aussi sur la base de stéréotypes. S’ils ont certaines connaissances sur l’Europe et l’Amérique depuis la colonisation, leur idée de la Russie est très vague.

Le sommet Russie-Afrique qui s’est ouvert à Sotchi devrait permettre aux politiciens, aux hommes d’affaires et aux citoyens ordinaires de mieux se connaître. Le forum met l’accent sur la coopération économique, mais son ordre du jour ne se limite pas à cette dernière.

L’énergie, la science, l’éducation, le transport, les investissements et le génie civil: toutes ces questions seront examinées par les participants au sommet du 23 au 24 octobre.

Les liens traditionnels

Le sommet Russie-Afrique a attiré les leaders de plus de 40 États africains. Ces derniers sont accompagnés par les représentants du monde des affaires, des structures étatiques et des organisations intergouvernementales - notamment une délégation de l’Union africaine. Grâce à cette liste très solide de participants, le sommet a été qualifié de «sans précédent» et «marquant» longtemps avant son ouverture.

La première séance plénière du forum se déroule au parc de la science et des arts Sirius à Sotchi. Elle a été ouverte par les Présidents russe et égyptien, suite à leurs négociations bilatérales. Outre la coopération économique et commerciale, les leaders ont examiné le rétablissement des vols charter suspendus à la fin de l’année 2015 après la catastrophe de l’avion russe A-321 au-dessus du Sinaï.

Un autre sujet qui était évoqué par Vladimir Poutine et Abdel Fattah al-Sissi, est lié au Moyen-Orient: les chefs d’État ont débattu des moyens de prévenir la migration des terroristes de Daech* depuis la Syrie vers le continent noir. Il est à noter que, selon le Président russe, se sont habituellement les pays africains qui proposent de coopérer dans le domaine de la sécurité.

«Ils comprennent qu’il faut savoir protéger leur indépendance et leur souveraineté. Cela constitue un encouragement supplémentaire pour la coopération avec la Russie, qui a une expérience riche en matière de lutte contre le terrorisme», a expliqué Vladimir Poutine avant le sommet.

La prévention des menaces extrémistes est une motivation forte - mais pas du tout unique - des contacts entre les structures de force russes et africaines. La migration clandestine, la contrebande et le trafic de stupéfiants constituent des secteurs problématiques en Afrique, où l’expérience de Moscou est toujours en demande.

«Les traditions de notre coopération militaire et technique ont des racines profondes. Elle s’est formée encore dès les premières étapes de l’établissement des États africains et a joué son rôle dans la lutte des peuples du continent pour leur indépendance», estime le Président russe.

Selon lui, plus de 30 pays d’Afrique ont des accords avec la Russie dans ce domaine. Ces ententes prévoient la livraison d’un «large éventail d’armes» vers le continent, la formation des troupes et la maintenance du matériel militaire.

«Une partie des armes est transmise gratuitement. Mais il s’agit d’une pratique ordinaire, adoptée par tous les principaux pays du monde», a souligné Vladimir Poutine.

Au cours du sommet, la Russie devrait signer un accord de coopération militaire avec un autre pays africain: le Nigeria.

Les perspectives russes en Afrique

L’idée d’organiser en Russie un événement majeur réunissant les leaders des pays africains est apparue en Russie encore dans les années 1990. Les problèmes économiques de l’époque avaient cependant forcé Moscou à suspendre la coopération. La Russie avait même fermé ses ambassades et ses consulats dans certains pays. Les liens économiques et culturels sont tombés en désuétude. 

C’est au milieu des années 2000 que le Kremlin s’est de nouveau penché sur un retour éventuel en Afrique. Il a également organisé la première tournée de Vladimir Poutine dans la région. Le Président russe a visité l’Algérie, la Libye, l’Égypte, le Nigeria, la Namibie et l’Angola. La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, a accueilli en 2011 le premier forum d’affaires Russie-Afrique.

«A l’époque soviétique, les relations de Moscou avec l’Éthiopie, tout comme avec les autres pays africains, avaient un élément paternaliste. Ce dernier s’expliquait par la guerre froide pendant laquelle une puissance majeure, l’URSS, s’opposait à une autre, les États-Unis. On octroyait donc cette aide à l’Afrique pour des raisons politiques et pas économiques», estime Evgueni Terekhine, ambassadeur russe en Éthiopie et représentant permanent de la Russie à l’Union africaine.

Selon lui, les relations entre la Russie et les pays africains ont atteint un niveau supérieur au début du millénaire. Il considère l’étape actuelle de la coopération comme un «partenariat mutuellement avantageux». Il souligne en même temps que le développement de ces liens pourrait être «plus dynamique».

«Le volume de la coopération économique russo-éthiopienne varie de 100 à 200 millions de dollars. Il pourrait augmenter mais fait souvent face aux stéréotypes. Les hommes d’affaires russes connaissent mal l’Afrique, n’y voient que la guerre, le désordre et la famine. Cela provoque la peur d’investir. Les entrepreneurs chinois et indiens y sont au contraire très actifs», explique Evgueni Terekhine.

L’ambassadeur espère que le sommet Russie-Afrique sera un encouragement puissant pour la coopération économique.

Le pragmatisme au lieu de la pression

En ce qui concerne l’intérêt de la Russie à développer ses liens avec le continent africain, Vladimir Poutine a souligné l’importance des bénéfices et du respect mutuel.

«Nous constatons que certains États occidentaux recourent à la pression, à l’intimidation et au chantage par rapport aux gouvernements des pays africains souverains. Ils utilisent ces méthodes pour rétablir leur influence perdue et leur position dominante dans leurs anciennes colonies. Quant à nous, nous voulons promouvoir des intérêts économiques communs avec nos partenaires africains», a affirmé le leader russe.    

Il a également évoqué les raisons de la restructuration des dettes datant de l’époque soviétique.

«La Russie a annulé 20 milliards de dollars de dettes des pays africains par rapport à l’URSS. C’était non seulement un geste de générosité, mais aussi un acte de pragmatisme. Beaucoup de pays africains étaient tout simplement incapables de payer les intérêts de ces crédits. C’est pourquoi nous avons décidé qu’il serait optimal pour tout le monde de faire repartir notre coopération d’une page blanche», a expliqué le président.

Il a souligné que tous les crédits étaient actuellement octroyés à l’Afrique selon les conditions du marché. Qui plus est, ce partenariat mutuellement avantageux porte déjà ses fruits. 

Ainsi, le rapport «Russie-Afrique: le partenariat commercial et économique à long terme», rédigé spécialement pour le sommet, indique que l’Afrique est le seul marché qui a élargi ses importations russes dans le contexte des sanctions contre Moscou.

«Si cette tendance perdurait, la Russie augmenterait bientôt sa part dans les importations totales de l’Afrique. Les domaines prioritaires sont le matériel agricole, les automobiles et les céréales», affirme le rapport.

La coopération entre l’UEEA et l’Afrique pourrait également s’avérer prometteuse. La plupart des pays du continent noir ont déjà une certaine expérience de participation aux ensembles d’intégration.

«Au final, tous ces programmes ne visent qu’une chose: aider les Africains à résoudre eux-mêmes les problèmes existants, ce qui permettra de renforcer les États africains, leur souveraineté et leur indépendance. Cela signifie que la situation dans le monde devrait être plus stable et plus prévisible», a souligné Vladimir Poutine.

*Organisation terroriste interdite en Russie

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 18:57
Tchad : l’école officielle sur le site des retournés de la RCA est dépourvue des structures d’accueil

 

Lu pour vous

 

https://tchadinfos.com https://tchadinfos.com  24 octobre 2019 14:35 par Alexis Beramgoto

 

EDUCATION – L’école des retournés de la Centrafrique installés à Gaoui est loin d’être classée parmi les écoles. Cet établissement est manqué de tout ce qu’on appelle équipement scolaire pour encadrer ses élèves. Cette situation a retenu l’attention de Tchadinfos.com.

Soucieux de l’éducation de leurs progénitures, les retournés de la guerre de la Centrafrique ont créé une école dans le camp de Gaoui qui les a accueillis. Elle est située à la sortie nord-est de la capitale tchadienne.

À sa création, l’école des retournés possédait quatre salles de classe. Mais de nos jours, les salles ne sont restées que deux. Elles sont réparties en deux sections bilingues dont une salle qui forme les élèves arabophones et une francophone. Une salle possède en moyenne une trentaine d’élèves chacune.

Le manque des accessoires oblige les responsables de cet établissement à étaler une petite de natte de moins de 2 mètres pour accueillir les élèves. Cette natte est trouée partout et juxtaposée par des fils d’attache. Pour ces élèves, il faut venir tôt pour profiter d’une petite place sur cette natte. Difficile pour un enseignant de s’asseoir. Il est obligé de se tenir debout de 7h à 12h par manque d’espace pour s’installer.

Comme dans toute salle de classe, il faut une petite allée pour permettre à l’enseignant de circuler dans la salle afin de surveiller les élèves. Mais ce qui n’est pas le cas dans cette école, la circulation du maître est limité. Il ne peut que se déplacer de la porte d’entrée au tableau.

Pour le tableau, cette école n’a tout sauf un tableau. Un petit panneau en bois est accroché au mur permettant à l’enseignant d’écrire l’essentiel sur ce qui tient lieu de tableau de moins de 1 mètre carré. La majeure partie du cours est dispensée oralement comme dans une école coranique. L’enseignant est obligé de faire réciter les cours que d’écrire au tableau.

Selon nos informations, le corps humanitaire en charge des réfugiés affirme avoir quitté le lieu. Certains retournés auraient trouvé des maisons dans des quartiers pour leur installation définitive. Donc il a été décidé que ce site soit fermé mais le ministère de la femme qui aurait la gestion de ce camp.

Cette précarité n’a pas démotivé les enseignants de renoncer à leur engagement dans la formation des enfants. Les élèves de leur côté ont dressé un cahier de doléance aux associations et organisations de voler à leur secours.

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 18:43
 Le pape prêt à faire une croix sur le célibat des prêtres

 

Lu pour vous

 

Par Bernadette Sauvaget, envoyée spéciale à Rome Libération — 23 octobre 2019 à 21:01

 

Pour lutter contre la pénurie de curés en Amazonie, deux sujets sont débattus jusqu’à samedi au Vatican : l’ordination d’hommes mariés et l’attribution de «ministères» aux femmes. Une révolution au sein de l’Eglise catholique, qui pourrait inspirer d’autres épiscopats.

 

Plumet rouge sur le casque, les deux gardes suisses montent imperturbablement la garde devant le hall d’entrée de la salle du synode, au Vatican. Quand passent les cardinaux, évêques et experts, ils exécutent une sorte de salut militaire. Le geste est bref mais soigné. Le catholicisme vit ces jours-ci au Vatican un moment historique car il débat de deux questions qui étaient jusqu’à présent de véritables tabous : l’accès à la prêtrise d’hommes mariés et les «ministères» féminins, autrement dit le rôle officiel que l’on pourrait attribuer aux femmes. Que la discussion ait lieu est en soi une révolution culturelle tant le célibat des prêtres et le pouvoir masculin structurent l’Eglise catholique. Aucune autre religion - et même confession chrétienne - n’impose de telles règles à ses ministres du culte. «C’est l’effet François, estime un expert du Vatican. Ce pape a libéré la parole.» A terme, il n’est donc plus exclu que les femmes puissent être ordonnées diacres, le grade juste en dessous de prêtres. Elles pourraient, par exemple, procéder à des baptêmes et célébrer des enterrements. Mais pas la messe, cérémonie centrale dans la piété catholique. Que des hommes mariés (des viri probati dans le latin de l’Eglise : des hommes expérimentés et exemplaires) deviennent, eux, prêtres pourrait être autorisé. Prudent, François a quand même limité (pour le moment) ces deux options à l’Amazonie. Mais c’est une brèche dans laquelle d’autres pourraient s’engouffrer…

Depuis le 6 octobre et jusqu’à samedi se tient donc un synode (c’est-à-dire une assemblée extraordinaire) centré sur les problèmes de l’Amazonie. Voulu par François, c’est un concentré de son pontificat, mettant en avant les priorités qu’il s’est données : l’écologie, la défense des minorités (les droits des peuples indigènes en l’occurrence), une critique virulente d’une économie mondiale prédatrice fabriquant de la pauvreté et des désastres écologiques. Une critique aussi de son Eglise qu’il juge trop cléricale, trop mondaine et pas suffisamment proche des pauvres.

Concurrence des évangéliques

Mais pourquoi débattre de l’ordination d’hommes mariés et des ministères féminins au synode sur l’Amazonie ? A cause du manque criant de prêtres en fonction sur cet immense territoire. Et du rôle éminent qu’y jouent les femmes dans l’animation des communautés catholiques, comme le catéchisme auprès des enfants, les discussions sur l’Evangile. Ce qui de fait mériterait, au minimum, reconnaissance. Sur place, le contingent des missionnaires occidentaux a chuté drastiquement, laissant un grand vide. «70 % à 80 % des communautés chrétiennes souffrent d’un manque d’accès aux sacrements», expliquait, il y a quelques semaines, le cardinal brésilien Claudio Hummes, rapporteur du synode, fidèle parmi les fidèles du pape François. Un des participants aux débats remarquait également que des régions grandes comme la moitié de l’Italie ne disposaient que d’une soixantaine de prêtres. «Nous assistons à une véritable déforestation de la culture catholique», estime un expert.

Si l’Eglise catholique veut maintenir sa présence en Amazonie, elle est donc condamnée à trouver des solutions audacieuses. Dans la région amazonienne, à l’instar d’une grande partie de l’Amérique latine, le catholicisme fait aussi face à une très rude concurrence des évangéliques. L’enjeu est de taille : à terme, l’Eglise catholique est menacée dans son statut de religion majoritaire. «C’est un défi», reconnaît, du bout des lèvres, l’un des assistants au synode. La question est donc cruciale. Certes, elle n’est pas abordée de front (sans doute pour ne pas donner l’impression de déclarer ouvertement la guerre aux évangéliques) mais elle est en filigrane des discussions. Là aussi, c’est une première pour le catholicisme. Comment peut-il contenir la montée en puissance des évangéliques ? Quant au manque criant de prêtres, la situation de l’Amazonie n’est pas, en soi, une exception. C’est ce qu’a fait remarquer le cardinal autrichien Christoph Schönborn pendant le synode. Des pays comme la France sont sur le point de connaître une chute drastique du nombre de curés catholiques. Dans l’Hexagone, les zones rurales en sont déjà largement dépourvues. Mais l’épiscopat français est loin d’être en pointe sur la question de l’ordination de prêtres mariés, contrairement à l’Allemagne ou à la Belgique, où les évêques suivent de très près ce qui se joue à Rome ces jours-ci.

«La porte est toujours ouverte»

Le pape et ses alliés (des cardinaux latino-américains mais aussi européens tel que l’Allemand Reinhard Marx) envisagent l’Amazonie comme une sorte de laboratoire. Mais il reste peu de temps au jésuite argentin, élu en mars 2013 et qui fêtera ses 83 ans le 17 décembre. «Nous avons encore deux ans pour faire nos révolutions», affirmait, il y a peu, un cardinal latino-américain, l’un de ses proches conseillers. Sur l’affaire des viri probati et des ministères féminins, le pape est prudent. Et en bon jésuite, il avance sans dévoiler toutes ses cartes. Début 2019, dans l’avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse qui avaient eu lieu au Panamá, il avait pris garde d’affirmer son attachement personnel à la discipline du célibat. «Je crois que c’est un don pour l’Eglise», disait-il. Et d’ajouter aussitôt : «Comme ce n’est pas un dogme de foi, la porte est toujours ouverte.»

L’ordination d’hommes mariés est un énorme casus belli au sein du catholicisme. Majoritairement, les prélats y sont plutôt opposés. Les rangs conservateurs, déjà très critiques à l’égard de ce pontificat qu’ils trouvent politiquement trop à gauche, se sont déjà braqués. Les ennemis de François voulant encore croire que cela ne se ferait pas. Au cours des discussions à Rome, le pape a pris la mesure de l’opposition de la curie romaine. Plusieurs cardinaux qui assistent au synode se sont déclarés contre l’ordination d’hommes mariés y compris du côté des alliés de François, comme le Ghanéen Peter Turkson à qui il a confié un dicastère (un ministère) chargé du développement humain intégral… une création du pape.

Le synode sur l’Amazonie qui va finaliser son document samedi, n’a pas la latitude de prendre la décision mais de faire des propositions au pape. La balle sera ensuite dans son camp. Son homélie, qu’il prononcera à la messe de clôture dimanche, est pour le moins très attendue. Lui-même formalisera ses décisions au printemps. A ce moment-là, les évêques allemands auront déjà entamé leurs discussions.

Effet cliquet

A Rome, plusieurs observateurs soufflent que le pape hésite encore à franchir le pas à cause d’un risque de schisme. Fin politique, le jésuite argentin pourrait plutôt donner le change pour ne pas trop braquer ses opposants, laissant croire qu’il réfléchit encore, tant la révolution des hommes mariés bousculerait l’Eglise catholique. Quoi qu’il en soit le dispositif semble prêt pour qu’il y ait un effet cliquet. En clair, que d’autres épiscopats ne fassent, à leur tour, leur révolution après l’Amazonie. Mais de toute évidence pas en France… Du moins pas avant longtemps ! «L’ordination d’hommes mariés serait un acte décisif, conclut sous couvert d’anonymat un théologien français, très au fait des arcanes du Vatican. Car il ferait entrer le pontificat de François dans l’histoire.»

 

Bernadette Sauvaget envoyée spéciale à Rome

 

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