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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 14:51

 

 

 

 

RFI  mercredi 10 avril 2013  Par Christophe Boisbouvier

 

Après la suspension provisoire de son pays des instances de la francophonie, Nicolas Tiangaye, le Premier ministre de la Centrafrique, revient sur cette décision. Au micro de RFI, il dit son espoir d’une réintégration au mois de juin. Il affirme que Michel Djotodia, le président autoproclamé, ne sera pas le président du Conseil de transition. De même appelle-t-il à la réflexion, et « à corriger les erreurs ».

 

RFI : Malgré votre voyage à Paris, la Centrafrique est suspendue de la Francophonie. Est-ce que vous êtes déçu ?

 

Nicolas Tiangaye : Le principe a été encore réaffirmé. Mais comme l’a dit Monsieur Louis Michel, c’est une suspension douce dans la mesure où la situation de la République centrafricaine sera réexaminée dans trois mois. Il s’agit là d’une suspension comportant une clause de révision. Donc, on peut toujours revenir à une situation normalisée.

 

Vous avez été reçu par le CPF (Conseil permanent de la francophonie) ce lundi. Comment cela s’est-il passé ?

 

Cela s’est très bien passé. Il fallait expliquer les perspectives d’avenir. Nous sommes en train de mettre en place le Conseil supérieur de la transition pour l’élection d’un président. Et nous allons procéder à la mise en place de la Cour constitutionnelle de transition.

 

Vous espérez revenir dans la Francophonie au mois de juin prochain ?

 

 

Puisque au mois de juin, le Conseil permanent de la francophonie va évaluer les efforts qui auront été fournis, notre souhait est de revenir dans cette famille.

 

Vous parlez du Conseil supérieur de la transition. Sur ses 97 membres à venir, il n’y a apparemment que vingt représentants des partis politiques. Est-ce que c’est suffisant ?

 

Il n’y a pas que les partis politiques. Il y a aussi la société civile. Je pense que ce Conseil supérieur de transition est équilibré et est le pendant du Conseil national de transition qui a travaillé - et très bien travaillé d’ailleurs -, de 2003 à 2005. Nous ne pouvons pas inventer la roue.

 

Est-ce Michel Djotodia qui présidera ce Conseil ?

 

Non, c’est la confusion ! Ce n’est pas lui qui présidera ce Conseil ! Ce Conseil va l’élire comme chef d’Etat. Et il élira en même temps son propre président.

 

Quel peut être son profil ?

 

Une personnalité intègre, compétente et ayant un sens élevé de l’Etat.

 

Et Michel Djotodia lui-même sera élu chef de l’Etat par ce Conseil ?

 

Cela peut être lui, parce qu’il n’y a pas de clause d’exclusion

 

Si Michel Djotodia devient formellement le chef de l’Etat, est-ce qu’il pourra se présenter à la présidentielle qui suivra cette transition ?

 

Il ne se présentera pas, puisque les accords de Libreville avaient prévu que les acteurs majeurs de la transition ne seront pas candidats à l’élection présidentielle à la fin de la transition. Et il l’a déclaré publiquement. Il en sera de même pour le Premier ministre et les autres acteurs principaux de la transition.

 

Vous avez hésité visiblement, quelques heures, quelques jours même, avant d’accepter d’être à nouveau Premier ministre dans le régime actuel. Est-ce parce que, justement, vous attendiez cette garantie que Michel Djotodia ne serait pas candidat à la future présidentielle ?

 

Vous savez, on ne peut pas tout dire ! Je pense simplement que pour accepter un poste de responsabilité à ce niveau, il fallait aussi réfléchir avant de s’engager.

 

Quelle est la nature de vos rapports avec Michel Djotodia ? Comment cela marche entre vous ?

 

Nous avons des bons rapports.

 

Des rapports de confiance ?

 

Oui, tout à fait.

 

La présence de quatre membres de la famille de Michel Djotodia dans votre gouvernement n’est pas un problème ?

 

Je ne cherche pas à connaître les liens de parenté qui existent entre les ministres et  Monsieur Djotodia. C’est maintenant que moi aussi je l’apprends.

 

Mais vous savez que beaucoup de Banguiçois se demandent si, comme à l’époque de François Bozizé, les réflexes de clans ne vont pas prendre le dessus sur la logique républicaine.

 

Ce serait dommage ! Mais je pense que ce qu’il faut, c’est réfléchir à corriger les erreurs ! Il peut y avoir des erreurs. Ce qui est important, c’est de se dire qu’un gouvernement n’est jamais mis en place pour toujours. Il y a des possibilités de réaménagements techniques si on s’aperçoit que des erreurs ont été commises. Et on peut les réparer.

 

Est-ce que d’ici 2015, vous croyez vraiment que les Centrafricains pourront choisir librement leur futur président ?

Je le souhaite. Je souhaite vivement que nous sortions le plus rapidement possible de cette période de transition, une période porteuse aussi de dangers.

 

Que faut-il faire ?

 

Nous sommes appelés à relever un certain nombre de défis. Des défis sécuritaires, parce qu’il n’y a pas de sécurité à Bangui et sur l’ensemble du territoire national, un défi humanitaire - 1,5 millions Centrafricains vivent dans des conditions de précarité humanitaire - un défi économique, (car) notre économie a été fragilisée par tout ce qui est arrivé, et puis un défi démocratique institutionnel, parce qu’il faudrait qu’on fasse des élections dans des conditions acceptables pour la population centrafricaine. Il n’y a pas de fatalité.

 

Est-ce que l’équation de Shanghai peut aider la Centrafrique à recevoir des aides de la communauté internationale ?

 

Je ne suis qu’un modeste serviteur de mon pays. Je ne suis pas un prophète.

 

Un diplomate en poste à Bangui dit que vous êtes « un îlot d’honnêteté dans un océan de corruption ».

 

Je le remercie, mais je préfère ne pas me jeter des fleurs à moi-même.

 

En tout cas, cette réputation vous sert peut-être pour demander de l’aide en Europe, aux Etats-Unis...

 

Mais ce n’est pas moi qui doit être aidé. C’est le peuple centrafricain qui doit être aidé. Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas ?

 

Vous avez présidé la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Est-ce qu’il y a des crimes qui ont été commis sous le régime de François Bozizé et qui doivent être punis ?

 

Certainement ! Beaucoup de crimes ont été commis, des cas d’exécutions extrajudiciaires ! Ces crimes ne doivent pas rester impunis !

 

Vous pensez à l’opposant Charles Massi ?

 

Bien entendu !

 

Et pensez-vous que François Bozizé doit comparaître un jour devant un tribunal ?

 

Si la justice décide qu’il en soit ainsi, moi je ne m’y opposerai pas.

 

Du temps de François Bozizé, l’un des acteurs de cette répression, c’était le procureur Firmin Feindiro. Aujourd’hui, il est rallié au nouveau régime. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

 

Je laisse le soin au peuple centrafricain de juger. Cela ne m’inspire rien du tout.

 

 

 

Centrafrique : la transition au centre de toutes les attentions

 

RFI   mercredi 10 avril 2013

 

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour et notre envoyé spécial en Centrafrique,

 

Deux semaines après le coup d’Etat en RCA, le Conseil de sécurité de l’ONU se pose la question de la transition en Centrafrique. Ses membres ont donné pour consigne à l’envoyée spéciale de l’ONU de s’impliquer davantage avec le nouveau pouvoir. Pendant ce temps, à Bangui, les consultations entre les différentes forces politiques se poursuivent.

 

L’envoyée de l’ONU Margaret Vogt a décrit devant le Conseil de sécurité une situation « très volatile » et « très fragile » en RCA. Première préoccupation : la présence de groupes armés incontrôlables, des milices armées par l’ancien président Bozizé et des rebelles qui échappent au contrôle de la Seleka. Inquiétude également sur les enfants soldats. Margaret Vogt rapporte que des enfants qui étaient sortis des groupes armés sont maintenant à nouveau recrutés.

 

Sur le plan politique, le Conseil de sécurité veut voir l’ONU s’impliquer davantage dans la période de transition en Centrafrique. Une transition qui pourrait durer un an et demi ou deux ans. L’ONU doit convaincre le nouvel homme fort Michel Djotodia de respecter les accords de Libreville. Le mot d’ordre du Conseil de sécurité est le « retour à l’ordre constitutionnel ».Personne n’a évoqué le sort de l’ancien président. Pour l’ONU, la page François Bozizé est bel et bien tournée.

 

« Aller de l’avant… »

 

A Bangui, après les contestations exprimées, relatives au Conseil supérieur de transition, les consultations vont bon train. Les forces politiques et autres représentants des diverses entités ont été reçues par les autorités. Cyriaque Gonda représente l’ancienne majorité présidentielle qui soutenait François Bozize. Même s’il souligne des imperfections, il rappelle sa volonté « d’aller de l’avant ».

 

« Il y a eu un manque, un déficit de concertation qui devait être impulsé par le Premier ministre dès notre retour de Ndjamena. Il ya des imperfections qui ont été relevées par toutes les parties. Mais oui, on doit aller de l’avant parce que nous avons un schéma, nous avons un délai, et nous avons un calendrier. Les chefs d’Etat de la sous-région et la communauté internationale veulent que nous soyons prêts le 15 avril (pour le nouveau sommet de la CEEAC, ndlr). Puisque ce schéma est national (et que) nous considérons qu’il y a des imperfections, nous allons les corriger au fur et à mesure, et l’ordonnance sera améliorée de façon à respecter le calendrier déterminé par les chefs l’Etat qui doivent (...) donner l’onction à la République centrafricaine pour qu’elle ne soit pas sous sanction ».

 

Questions autour du rôle de la Fomac

 

Dans la capitale centrafricaine, moins de tirs ont été entendus durant la journée du mardi 9 avril. La sécurité reste cependant très relative ce qui pose la question du rôle des 500 soldats de la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale) présents dans la capitale. « Ce n’est pas du jour au lendemain que la quiétude peut revenir, se défend le général Jean Félix Akaga, commandant de la Fomac mais nous travaillons dans ce sens. »

 

« En ce moment, la Fomac joue le rôle de la surveillance de la ville de Bangui, notamment par la protection de tout ce qui est édifice, banque. Et en même temps, nous procédons à des patrouilles communes avec la Seleka pour essayer de ramener la sérénité au niveau de la population. »

 

Interrogé sur l’évolution ou non du mandat de la Fomac, Jean Félix Akaga déclare que lors du sommet des chefs d’Etat prévu le 15 avril, de nouvelles directives seront certainement données à la Fomac. Il rejette l’idée d’une autonomie de ses soldats. « Tous les soldats de la Fomac travaillent en fonction des ordres qui sont donnés par l’état-major de la Fomac, et par les ordres que je donne à l’état-major. Donc, il n’y a pas d’autonomie ».

 

«ON EST DEVANT UNE POTENTIELLE CRISE ALIMENTAIRE»

 

Après la catastrophe sanitaire des premiers jours qui ont suivi la prise de Bangui, la situation s’est stabilisée dans les hôpitaux de la capitale centrafricaine. Une quarantaine de blessés ont été envoyés pour être traités à l’étranger. Georgos Georgantas est le chef de la délégation du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) . Pour lui, presque tout le monde est de retour à la maison. Toutefois, il pointe le problème de déplacés dans l’arrière-pays.

 

« A Bangui, le grand problème était notamment les blessés et la gestion des dépouilles mortelles. Il n’y a pas eu un grand déplacement de la population civile. Quelques civils se sont déplacés aux premières heures, aux premiers jours après les évènements, pour se mettre à l’abri. Mais je pense que maintenant, presque tout le monde est de retour à la maison. Par contre, dans l’arrière-pays, il y a toujours des déplacés.

 

Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les organisations humanitaires qui, historiquement, assurent une grande partie des services de base pour la population parce que l’Etat a été faible depuis de nombreuses années, (...) se sont retirées, ou sont dans une situation de stand-by. On est devant une potentielle crise alimentaire. (...) Si la récolte ne se passe pas bien, on aura de gros problèmes.

 

Et au niveau sanitaire, quand on dit qu’il y a des populations qui se sont déplacées dans la brousse, les soins médicaux ne sont pas au même niveau dans la brousse que dans le centre de santé. En plus, le réapprovisionnement du centre de santé n’a pas été assuré ou n’a pas été régulier de toute façon depuis plusieurs mois. »

 
Nicolas Tiangaye: «Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas?» (RFI)
Nicolas Tiangaye: «Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas?» (RFI)

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