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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:48

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  26/6/13

 

Plusieurs mois après ce putsch, les Centrafricains continuent à subir les exactions de plusieurs groupes armés. 

Michel Djotodia répond aujourd’hui aux questions de La Croix

 

La Croix   : Trois mois après votre coup d’État, pourquoi les exactions se poursuivent-elles ? 

 

Michel Djotodia : Le désordre a été planifié par le défunt régime, qui a distribué près de 2 000 armes dans les quartiers de la capitale avant de s’enfuir. Par ailleurs, des gens mal intentionnés profitent de la situation . Presque tous les bandits de grand chemin et les prisonniers échappés se sont retrouvés dans la Séléka. Nous étions 5 000 à notre arrivée à Bangui contre 20 000 aujourd’hui. Mais la paix revient progressivement. Nous avons commencé à cantonner nos éléments dans les casernes. Le désarmement viendra dans un second temps.

 

Des mercenaires soudanais et tchadiens sont présents dans la Séléka. Comment comptez-vous les renvoyer ? 

 

M. D. : Nous sommes au cœur de l’Afrique et nos frontières sont poreuses. Ces personnes ont obtenu la nationalité centrafricaine du temps de Bozizé, après l’avoir aidé à prendre le pouvoir. Ce dernier n’ayant pas tenu ses engagements, ils ont quitté la garde présidentielle en 2012 avant de nous rejoindre.

 

De nombreux chrétiens dénoncent les pillages des paroisses, vous comparant à des conquérants musulmans venus imposer un État islamiste…

 

M. D. : La Centrafrique est un État laïc et le restera. Je n’interférerai jamais dans les affaires religieuses. Ma mère est chrétienne, mon père est musulman. J’ai été au petit séminaire. J’aurais pu devenir prêtre si le destin ne m’avait pas entraîné ailleurs. Qu’ai-je à faire d’un État islamiste ? Cela ne va pas servir ma patrie. Je suis musulman, pas islamiste. La plupart des habitants de ce pays sont chrétiens. On ne peut tout de même pas les islamiser de force.

 

Les caisses de l’État sont vides. Les ministères pillés. Comment allez-vous payer les fonctionnaires ? 

 

M. D. : Nous avons payé un mois d’arriérés. Des aides des États voisins et un emprunt au Congo Brazzaville vont nous permettre de tenir jusqu’au mois d’août. Il faut relancer recettes douanières et rentrées fiscales. La communauté internationale nous a fait des promesses. Elle doit les concrétiser.

 

Qu’est ce qui pourrait empêcher les élections dans dix-huit mois, prévues par les accords de Libreville ? 

 

M. D. : L’absence de sécurité et de listes électorales… Nous ne sommes au pouvoir que depuis trois mois. Nous voulons rétablir la sécurité avant de préparer les élections. Le pays est fatigué. Je parle d’expérience : la vie de rebelle n’a rien de bon. J’espère être le dernier chef d’État à accéder au pouvoir par un putsch.

 

Profitant du chaos, les rebelles de la LRA (Armée de résistance du Seigneur), dont le chef Joseph Kony est accusé de crimes contre l’humanité, ont repris leurs attaques dans l’est. Que comptez-vous faire ? 

 

M. D. : Le précédent régime a accepté la présence d’une force de l’Union africaine composée d’Ougandais pour en finir avec la LRA. Nous ne sommes pas contre une aide étrangère. Mais les Ougandais n’ont pas obtenu de résultats probants en cinq ans et certains sont responsables de vols de bois, de diamants, d’ivoire. Avec l’aide du Soudan du Sud, du Soudan et du Tchad, nous voulons mettre sur pied une force pour chasser la LRA.

 

Recueilli par Olivier Talles (à Bangui)

Michel Djotodia, président centrafricain : « Je ne suis pas un islamiste »

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