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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 18:36

 

 

 

 

Libération 25 mars 2013 à 21:36 Par MARIA MALAGARDIS

 

 

RÉCIT : Cet ancien diplomate, qui avait pris la tête de l’opposition, s’est proclamé président de Centrafrique.

 

 

Il a pris tout le monde de vitesse, dimanche soir, en s’autoproclamant président de la République centrafricaine. Quelques heures après que les rebelles du Séléka ont pris le contrôle de Bangui, la capitale, Michel Am Nondrokro Djotodia est ainsi devenu le nouveau maître de ce pays enclavé au cœur de l’Afrique centrale. Certes, ce sexagénaire rondouillard est depuis huit ans un des principaux leaders de l’opposition armée au président sortant, François Bozizé, désormais réfugié au Cameroun. Mais la vitesse avec laquelle Djotodia a annoncé sa prise du pouvoir pourrait laisser penser qu’il a aussi voulu court-circuiter d’autres prétendants au trône.

 

Etonnante tenue de camouflage

 

Coalition de plusieurs rébellions créée en 2012, le Séléka a longtemps été un mouvement sans visage. Quand cette nouvelle alliance lance sa première offensive, début décembre, personne n’en connaît ainsi le chef. Et lorsque des pourparlers de sortie de crise sont annoncés, début janvier, on ignore encore qui se rendra à Libreville au Gabon pour représenter ces mystérieux rebelles aux ambitions confuses, qui viennent alors de conquérir en quelques semaines 80% du pays.

 

C’est là que s’impose une première fois Michel Djotodia. Ses alliés comme ses adversaires auraient alors dû se méfier en le voyant soudain apparaître à Libreville dans une étonnante tenue de camouflage, la tête enturbannée dans un foulard beige : l’homme revendiquait peut-être déjà la paternité du mouvement armé.

 

Né dans le Nord de la Centrafrique, cet ancien diplomate a passé quatorze ans en Union soviétique avant de rentrer dans son pays natal, où il est engagé au ministère du Plan, puis à celui des Affaires étrangères. Il est envoyé ensuite comme consul de la Centrafrique à Nyala, au Sud-Soudan. Il y fait d’intéressantes rencontres : des rebelles tchadiens et peut-être quelques relais pour obtenir des armes le moment voulu. C’est en 2005 qu’il entre en dissidence et rompt avec le régime Bozizé en devenant un des leaders de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). En 2007, alors qu’il est en exil au Bénin, il est arrêté à la demande de Bozizé et passe plusieurs semaines en prison. L’UFDR lui échappe et signe la paix avec Bozizé. Mais, de retour au pays en 2011, Djotodia, qui a échoué deux fois à devenir député aux élections, se lance dans une nouvelle bataille contre le régime.

 

L’histoire de la création du Séléka, dont Djotodia s’affirme aujourd’hui le leader incontesté, reste encore à écrire. Mais il semblerait que le mouvement naissant ait eu dès le départ plusieurs mentors et qu’il ait aussi bénéficié de l’appui décisif du président tchadien, Idriss Déby, exaspéré par François Bozizé, jugé de plus en plus ingérable et peu fiable. En fait, Déby aurait joué double jeu, s’appuyant, selon les circonstances, sur les deux camps. Mais l’un de ses fils, Zakaria, aurait servi d’intermédiaire et de conseil auprès du Séléka. Peu étonnant dans ces circonstances que, selon certaines informations, des conseillers tchadiens encadrent déjà le nouveau président autoproclamé. Faut-il également voir dans la discrétion française face au dernier coup de force à Bangui l’ombre de Déby, devenu un allié incontournable de Paris depuis son engagement sur le terrain malien ?

 

Un civil consensuel

 

Reste que la situation est loin d’être stabilisée en Centrafrique. D’abord parce que la prise de pouvoir de Djotodia n’a pas fait que des heureux au sein même du Séléka où deux hommes, Nourredine Adam, le «militaire» (qui revendique la conquête de Bangui) et Firmin Findiro, «l’intellectuel» (un ancien ministre de la Justice de Bozizé qui a joué un rôle important dans la création du Séléka) nourrissaient eux aussi quelques ambitions. Djotodia va-t-il réussir à apaiser ces frustrations en partageant le pouvoir ? Il a déjà annoncé qu’il respecterait les accords de Libreville et même qu’il était prêt à reprendre le dernier Premier ministre de Bozizé, Nicolas Tiangaye, un civil consensuel mais «soupçonné d’être un peu mou», confie depuis Paris une opposante qui redoute la confusion ambiante et l’absence de leadership légitime.

 

«Comment peut-on s’autoproclamer président comme ça s’inquiète-t-elle, pas vraiment rassurée par la première interview du nouveau maître de Bangui : hier matin sur Radio France internationale (RFI), Michel Djotodia a certes affirmé qu’il voulait «ramener la paix» et que les biens pillés lors de la prise de la ville seraient restitués à leurs propriétaires. Mais combien de temps durerait cette transition ? Trois ans, comme prévu par son prédécesseur à Libreville, a assuré Djotodia, qui promet d’organiser alors des élections. Quant à «remettre le pouvoir» à d’autres à cette occasion, la question fait rire le nouveau président autoproclamé, qui refuse de s’y engager.

 

Michel Djotodia, nouveau boss à Bangui (Libération)

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