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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:10

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  10/9/13

 

Un mouvement rebelle se réclamant du président déchu François Bozizé a attaqué les forces du nouveau régime à l’Ouest du pays.

 

Les combats reprennent en Centrafrique. Six mois après avoir renversé le chef de l’État François Bozizé au cours d’une offensive éclair, la coalition Séléka est confrontée à un mouvement rebelle se réclamant du président déchu. 

 

Les affrontements entre les troupes de la Séléka et la rébellion se concentrent depuis dimanche 8 septembre bautour de la ville de Bossangoa, située à 250 km au nord-ouest de Bangui. Au moins soixante personnes ont été tuées de part et d’autre en 48 heures de combat.

 

Les combats ont frappé sans discrimination les porteurs d’armes et les habitants des villages autour de Bossangoa, poussant sur les routes des centaines de familles. Deux travailleurs humanitaires d’Acted ont également été tués par des soldats de la Séléka qui les prenaient pour des espions. 

 

« La sécurité ne cesse de se détériorer au fil des semaines, observe André Munger, en charge de la Centrafrique chez Médecins sans frontières. Les villageois fuient en brousse, ce qui augmente les risques de paludisme et de malnutrition. »

 

LA CENTRAFRIQUE S’ENFONCE DANS LE CYCLE DES RÉBELLIONS ET REPRÉSAILLES

 

La nouvelle rébellion est un assemblage hétéroclite de milices d’autodéfense et de soldats de l’ancienne armée (Faca) fidèles au président en fuite François Bozizé. D’après des témoignages recueillis sur place, les combattants disposeraient d’armes et d’uniformes. « C’est le début des opérations destinées à remettre au pouvoir le président Bozizé », a affirmé son porte-parole Lévy Yakété. Le dirigeant déchu ne se cache plus. Il a précisé lors d’une visite en France au mois d’août son intention de reprendre le pouvoir « si l’occasion se présentait. »

 

Les rebelles s’appuient sur le mécontentement des villageois et des citadins, épuisés par des mois de privations et effrayés par les pillages et les exactions commises par les forces incontrôlées de la Séléka. « Les gens n’en peuvent plus, témoigne l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné NzapalaingaLa situation humanitaire et l’insécurité ne cessent de s’aggraver. La vie des civils n’a plus beaucoup d’importance. Quand la population exaspérée manifeste sa colère contre les soldats, ils répondent par une violence aveugle, sans discernement. »

 

La Centrafrique s’enfonce en effet dans le cycle des rébellions et représailles. Entre le 16 et le 20 août, les soldats ont incendié 4 500 maisons près de Bouar, à l’Ouest du pays, après des heurts avec des jeunes du village. Une quarantaine de paysans et quatre militaires sont morts durant les affrontements.

 

DES RELATIONS DÉGRADÉES ENTRE CHRÉTIENS ET MUSULMANS

 

Dans leur vengeance, les hommes de la Séléka ont épargné les maisons de la communauté musulmane dont les membres sont présentés comme des fidèles du nouveau régime. « Ce qui est inquiétant, c’est l’écart qui s’est développé entre la communauté musulmane et les autres, note le P. Aurelio Gazzera, missionnaire italien. Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire, mais beaucoup plus de temps pour créer une coexistence pacifique… »

 

Les relations entre les chrétiens et la minorité musulmane de Centrafrique ne cessent de se dégrader malgré les appels au calme lancés par de nombreux responsables religieux. Des tensions attisées par les hommes en armes. « Les rebelles pro-Bozizé n’hésitent pas à cibler des musulmans et des mosquées, s’inquiète une source diplomatique. En représailles, les soldats de la Séléka s’en prennent aux chrétiens, ce qui risque à un moment ou un autre de provoquer la révolte de la population. »

 

Entre division, corruption, incompétence et manque de ressources, les nouvelles autorités de Bangui affichent jour après jour leur impuissance. Le président Michel Dotojia a fait arrêter le directeur général du trésor public, Judes-Alex Ketté. Le haut fonctionnaire est accusé d’avoir empoché une partie des 910 000 € dépensés cet été pour l’achat des décorations portées par le chef de l’État lors de la cérémonie de prestation de serment. Les pierres précieuses étaient du toc...

 

Alors que le pays se fragmente et s’enfonce dans la crise humanitaire, l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre, en est convaincu : « Seule une intervention de la communauté internationale peut empêcher ce pays de sombrer ».

 

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SANT’EGIDIO PROMEUT UN PACTE DE RÉCONCILIATION

 

Un appel pour la « paix et la réconciliation nationale en République centrafricaine » a été signé lundi 9 septembre à Rome entre la communauté de Sant’Egidio, et des membres du gouvernement de transition, responsables religieux et représentants de la société civile de Centrafrique.

 

Ce « pacte républicain » , une « sorte de code éthique » selon le président de Sant’Egidio, Marco Impagliazzo, sera présenté dans les prochains jours, à Bangui, au président et au chef du gouvernement centrafricains pour être approuvé. 

 

Il met l’accent sur la sécurité des citoyens, subordonnée au nécessaire« désarmement des milices », la nécessité de « garantir le retour des réfugiés ainsi que leur réinsertion », le « refus de la violence comme moyen d’accéder au pouvoir » et la création d’un « climat de dialogue constructif entre les parties » . 

 

Ce pacte relève la nécessité de renforcer les institutions, afin de parvenir à des élections dès que possible, il insiste aussi sur « la lutte contre la corruption et la défense de la propriété publique et privée ».

 

OLIVIER TALLÈS

 

 

NDLR : S'agissant de la corruption et des malversations qui continuent malheureusement de défrayer la chronique, on ne peut reprocher au président Michel Djotodia de vouloir chercher à rassembler les Centrafricains en se refusant à la tentation de pratiquer la chasse aux sorcières contre les anciens dignitaires vereux de la bozizie qui ont longtemps bénéficié de l'impunité et qui peuplent encore énormément l'administration centrafricaine hélas.

Lu pour vous : Rébellions et exactions déchirent la Centrafrique

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